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SPECTACLE & TÉLÉVISION EN ROUMANIE

À PARTIR DE 1980 JUSQU’AUJOURD'HUI

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g l o b a l i s a t i o n

QU'EST-CE QUE NOUS AVONS GAGNÉ ET NOUS AVONS PERDU?

On sait que l’information est “la monnaie forte” de la société moderne. Ceux qui dirigent dans l'ombre connaissent sa valeur. La réception d’un message audio- visuel est éminemment, et par conséquent, la télévision se transforme dans la plus grande machinerie de manipulation qui fait les jeux, contribue aux débats éternels en donnant la parole à n’importe quel quidam. Les médias se sont transformés dans un spectacle à raisons financières et manipulatives. La télévision roumaine en communisme a signifié l'oppression, la peur, la manipulation, le manque de la libérté d’opinions, celle de la démocratie devrait signifier la victoire de la parole sans contraintes, mais c’est la manipulation de la réalité d'aujourd'hui. Il y a deux décennies les gens se sont révoltés contre le mensonge, aujourd'hui, il est toléré mais surtout encouragé.

Contes de “l’Age d’or” ! Toutes circulent depuis 20 années, une période de grand marasme, de crise profonde, que la propagande communiste de l’époque tenta de dissimuler sous cette appellation ron- flante, essayant de valoriser l’image d’une nation forte et unie. La réalité très dure, très froide de ces années de plomb roumaines. C’est une période ou la population était soumise aux désidératas des exécutifs, des hauts dignitaires du Parti Communiste, une période avec de grands problèmes en ce qui concerne la libérté d’expression des gens. Tout en contraste de cette attitude avec la misère, paradoxalement, le président érige un véritable culte en son honneur: il cherche à se faire adorer comme un dieu par le peuple (“Le culte de la per- sonnalité de Nicolae Ceausescu est allé de pair avec la destruction de l’identité roumaine”) est le plus

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evident, visible moyen de manipulation pour les gens étaient la Télévision Roumaine, l’unique chaîne, sans compétition. La “révolution culturelle”, inspirée auprès des modèles maoïste et de la Corée du Nord a débuté en huitième décennie, transformant progressivement l’histoire dans une image caricaturale. Cette péri- ode est la plus riche dans la création de faux mythes, et de la mystification, sans honte). L’histoire est devenue un pur instrument de propagande, une invasion, à l’aide de la la presse et des émissions de radio et de télévision avec des événements stéréotypés. Bien sûr, l'absence des exercices a atrophié les muscles, le manque d'initiative a épuisé, en nous con- vertant en soumis de la silance. À “l’Age d’or”, la télévision est devenue un phénomène social jouant un rôle dans la société, prin- cipalement pour éduquer et moins pour informer et divertir. Ceausescu a essayé avec cet outil de manipuler l'opinion publique, pour la promotion de ses réussites en tant que "président" de la Roumanie. Avec la télévision il a manipulé bien 20 millions de cerveaux. Autre arme plus efficace a été l’absence de médias concurrents qui aurait controversé les messages propagandistes.

Divertissement et culture à portion, propagande communiste - instrument hypnotique

Divertissement et culture à portion. C’est trop fort! Les bandes dessinées étaient autre chose à la période communiste. Si les jeunes "tehnofreaks" d’au- jourd'hui se sont ennuyés de “zapper” les chaînes, cherchant leurs personnages de dessins favorits en préférant les animer eux-mêmes avec “le controller” de Wii, à ce temps là, non seulements les enfants, mais aussi toute la famille faisait leur plan de jour selon le programme de dessins animés. De nombreuses dessins animés ont été censurés. Olive, le personnage féminine de "Popeye, le marin” a eu la malchance de rassembler à Elena Ceausescu, est, c'est pourquoi il a été exclu de petits écrans, ainsi que le "101 Dalmatien" qui incitait les enfants à adopter des animaux de compagnie, une habitude considérée bourgeoise. À son tour, Tom et Jerry ont été considérés comme des carac- tères parfois très violentes. Le cinéma et la culture cinématographique de “l’Age d’or” connait une période de sécheresse ter- rible, seulement des films venus du bloc soviétique étaient acceptés, parce que le régime a réduit tous les investissements de nouveaux films.

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Les deux heures d'émissions de télévision par jour a développé une affaire, une alternative comme une bénédiction (affaire avec des appareils et des bandes vidéo). Comment donnait un coup d’oeil aux télévisions des voisins? Dans ces circonstances comme les roumains ont été toujours ingénieux ils ont trouvé la solution de regarder aux émissions des voisins. (les Bulgares, les Hongrois et les Serbes). Propagande communiste - instrument hypnotique Les dernières années du communisme ont été dures. Les Roumains ont avaient seulement 2 heures de programme TV, le téléjoural pésentait des discours et des images avec le bien-aimé du pays et son épouse qui visitaient une zone de loisirs, le canal de Cernavoda, les festivités de la Journée Nationale et des rapports sur les grandes réalisations. Une autre invension du communisme a été “Cenaclul Flacara”, en Woodstock de socialisme À une époque où l'émission de télévision était juste un long discours sur les grandes réalisations, “Cenaclul Flacara” a animé les jeunes par une illusion que quelque chose change. Controversé aussi à ce temps-là, le mouvement artistique dirigé par le poète Adrian Paunescu était un mélange de courage, de talent et des compromis. Le manque d’une télévision libre, sans contrainte a eu des répercussions psychologiques, pouvoir limité à l'expression libre, un comportement inhibé, isolé. Rien n'est plus cruel que l'isolement, rup- ture totale avec la vie quotidienne, l'absence de toute information sur la famille, les événements dans le pays ou à l'étranger. Le sens de la pratique, de la justice, d'équité n’a pas pu être réveillés com- bien de temps notre décision a été l'ignorer.

Qu'est-ce qu’on peut regarder à la télé aujourd’hui?

Multitudes de chaînes TV, revues de presse, programmes de divertissement, talk-show, télé-réalités, films, musique - ce qui décident la grille des programmes imposent ces émissions à raison que “c’est le publique qui décide et impose les sujets et la manière qu’on fait télévision aujourd’hui”. Je dit que le publique désire ce qui’il est éduqué à choisir, “ce sont leurs options morales et intellectuelles”, disent en leur défense les réalisateurs. Les Roumains ont reçu un nouveau nom, le pays démocratique. Abraham Lincoln, président améri- cain a déclaré: "Si vous souhaitez tester un homme, lui donne de la force”. Quelle puissance peut être plus grande que celle d'être entièrement libre, pour avoir le droit de choisir les gens à gouver-

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ner en votre nom, et de rejeter, sinon? Nous avons gagné, avec les pays européens, la liberté d'ex-

pression, de vivre, de prendre nos propres décisions

er ces libertés? L’audience est devenue le but le plus important pour les télévisions qui est la seule certitude pour les réalisateurs de garder leurs positions au travail faisant des compromis. La libérté des paroles a été gagnée et remplacée avec l’argent. L’argent et l’audience sont plus importants que le contenu, le format, les idées. Un mélange des emissions avec des invités grotesques, les moderateurs ont perdu leur liberté avant de l’avoir. Les émissions ne sont que des clichés, des imitations et formats achétés. Tout est calculé par la médi- amétrie, minute par minute, d'allumage, d'extinction, et de changement de chaîne du poste. Chaque matin, les chaînes et les annonceurs disposent ainsi des volumes et des structures de l'audi- ence des émissions. Depuis 1995 la télévision commerciale roumaine a essayé de promouvoir la fonction éducative de la télévision, mais il avait très peu de succès. Pour quelle raison? Très simple. La médiatisation du spé- claculaire, le melange de l'information et de la fonction de divertissement, une combinaison indé- cente "d’informations avec sensationnel ou de divertissement, gens nourris avec des subjets stupides la promotion de la non-culture, tous ça à raison financière. C'est une question de marketing. Les gens ont besoin d'éducation. On a perdu l’information, la formation et le divertissement. Le mode de l’adressabilité des journalistes, des présentateurs donne l’impression d’un dialogue, créeant un “nous” fictif, imaginaire, et le téléspectateur participe à l’instalations d’un rapport de légitimié, authorité et crédibilité. En cette manière se réalise un “contract d’information” et le public devient fidèle, projètant dans l’inconscient le désire d’évader de l’uniformité de la bande roulante. Les téléspctateurs sentent la nécéssité d’oublier leurs propres réalités et la télévision et une sortie d’une dépréssion. Le sentationel, la tragédie, la panique attire par l’empathie parce qu’il existe une fascination pour le mal dans une manière fataliste du public. “La réalité” est présentée comme un spectacle qui a tout à fait, une résonance publique. Comme ça se réalise un ”contract d’information”, une création d’un rapport de légitimité, authorité et de crédibilité de la télévision. La manière de taiter les émissions TV, la présence des acteurs, le rapport entre les informations de toutes sortes et les faits divers, assure l’image fausse du pluralisme de points de vues.

mais nous savons également comment utilis-

L’impact de la télévision est grand, la communication de masse en général (pour la télévision en par- ticulier) réside dans la croyance que les gens peuvent persuader les systèmes de médias à accepter presque tous les termes souhaités par le communicateur. La manipulation, l'exploitation et la vul- nérabilité sont les mots clés. Le chercheur et W. Lippmann a estimé que les médias exercent un effet profond et direct sur les con- sommateurs, non seulement individuellement, mais aussi à la communauté. Il n'était pas question de

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l'existence ou la non-existence de ces effets, mais leur degré d'intensité, de leur durabilité ”l'image des choses que nous ne voyez pas, que ne nous pouvons pas connaitre, par expérience directe sont décrits (remplis) par les médias” - (Théorie des effets). De même, Michael Novak estime que “la télévision est un modèle de la géographie de l'âme.” Construire une structure psychique ensemble des attentes. Et ce qui se passe dans une action simi- laire sur l'esprit les enseignements tirés à l'école, dont les effets se produisent au fil du temps. Enseignements en vue de Novak sont représentés dans le système audio-visuels, la télévision - la vraie réformateurs sociaux - qui construisent leurs idées politiques, économiques, culturelles comme un scénario approprié. Daniel Boorstin a progressé avant même l'italien Giovannini, l'idée même de “télé-réalité”. La télévision est utilisée pour construire la réalité d'une série de pseudo-événements, des événements à-dire produite, provoquée même délibérément, de manière spontanée, mais consciente et délibérée, dont le seul but est la reproduction de la télévision. Ces peudo-événements, estime Boorstin, tendent à remplacer les événements spontanés. La télévision semble faire d’eux, son domaine de prédilec- tion des raisons économiques, y compris: pseudo-événements sont plus dramatiques, “au goût du public”, mais répétés indéfiniment, sont plus facile à gérer et de propagation, sont plus spectaculaires et plus socialisés, et, surtout, générer d'autres peudo et autres événements. Qu'est-ce que, par con- séquent, de la télévision? Prélever un petit nombre de faits nouveaux suffisants pour créer, puis, à travers eux, sa réalité spécifique. Nous sommes presque obligés de reconnaître, une fois encore, la validité des énoncés de McLuhan:

"le moyen d’information est le message” parce que la télévision change le cerveau de l'homme, l'or- ganisation de son environnement, sa réalité”

Qu'est-ce que nous avons gagné et nous avons perdu?

Le prix de la Révolution a été cher. Avant le mal avait un nom, était plus facile de le combattre. La liberté a été gagnée, mais une fois acceptée, la responsabilité de l’information doit être assumée. Non seulement l'épine dorsale de la voix est perdue. Les parents d'aujourd'hui ont rarement de la littérature obligatoire. À cause du manque d'activité avant 1989, les jeunes se sont réunis, ont parlé, de la philosophie, de l'invention, lire, jouer, aimer est idéaliste. Ils ont vécu pour quelque chose. Les bons livres étaient la solution d’échapper du communisme. À une époque où le régime

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politique tentaite de saisir les pensées des gens, la lecture était considérée comme une évasion, les gens faisaient la queue pour acheter des livres. Aujourd'hui, l'information est à portée de click. La liberté a été gagnée, mais l'objectif a été perdu: avoir une vie meilleure. On a gagné le droit de se défendre et de l’utiliser pour lutter contre les choses inutiles. Le respect est au niveau de la théorie. On a beaucoup perdu, on a gagné l'expérience de la révolte. La réalité d’aujourd’hui est “un specta- cle en direct” présentée commme un thriller ou un soap opera. On parle de ce temps là de l'isolement, rupture totale avec la vie quotidienne, l'absence de toute information sur la famille, les événements dans le pays ou à l'étranger, aujourd’hui on parle de diver- tissement grossiers, des émissions construites à la hâte, seul critère “ne pas avoir plus de concurrence que nous”. Mais cette liberté a apporté de bonnes choses? Oui, la liberté des médias et des gens! Mais il faut comprendre comment percevoir et utiliser cette liberté pour nous-mêmes.

DRAGAN Ioan, Téléroumanie en 10 jours, Bucarest, Editure Tritronic, 2009

SACHELARIE Octavian Mihai, Document publié en “Arges: Revue de culture”, Pitesti, an IV(39), no. 8(278), août 2005

GEORGESCU Vlad, Politique et histoire. Le cas des communistes roumains (1944-1977), Bucarest, Humanitas, 2008, 2e édition

JULLER, Laura Capatana, Roumanie: l’âge d’or de Ceaucescu, Traduction Julie Stroz, http://www.cafebabel.fr [on-line]

BOUSTUN N., “Contes de l’âge d’or”, - http://www.paperblog.fr [on-line]

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http://www.dilemaveche.ro, [on-line] CRISAN Sabina, Compte tenu de l'apparente liberté

VASILESCU Mircea, Votre Europe - Loisirs communiste et post-communiste

- Est-ce que nous avons gagné ou nous avons perdu?