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Cours H2 – 1 ère GE : De 1945 à nos jours, l’affrontement est-ouest :

Documents d’étude :

« Plus nous nous éloignons de la fin de la guerre et plus nettement apparaissent les deux principales directions de la politique internationale de l'après-guerre, correspondant à la disposition en deux camps principaux des forces politiques qui opèrent sur l'arène mondiale : le camp impérialiste et antidémocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique. »

« Les États-Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste. L 'Angleterre et la France sont unies aux États-Unis et marchent comme des satellites en ce qui concerne les questions principales, dans l'ornière de la politique impérialiste des États-Unis. Le camp impérialiste est soutenu aussi par des États possesseurs de colonies, tels que la Belgique et la Hollande, et par des pays au régime réactionnaire antidémocratique, tels que la Turquie et la Grèce, ainsi que par des pays dépendant politiquement et économiquement des États-Unis, tels que le Proche-Orient, l'Amérique du Sud, la Chine. »

« Les forces anti-impérialistes et antifascistes forment l'autre camp. L'URSS et les pays de la démocratie nouvelle en sont le fondement. Les pays qui ont rompu avec l'impérialisme et qui se sont engagés résolument dans la voie du progrès démocratique, tels que la Roumanie, la Hongrie, la Finlande, en font partie. Au camp anti-impérialiste adhèrent l'Indonésie, le Viêt-Nam, l'Inde. L'Egypte et la Syrie y apportent leurs sympathies. Le camp anti-impérialiste s'appuie dans tous les pays sur le mouvement ouvrier et démocratique, sur les partis communistes frères, sur les combattants des mouvements de libération nationale dans les pays coloniaux et dépendants, sur toutes les forces progressistes et démocratiques qui existent dans chaque pays… Une tâche particulière incombe aux partis communistes frères de France, d'Italie, d'Angleterre et des autres pays. Ils doivent prendre en main le drapeau de la défense nationale et de la souveraineté de leurs propres pays. »

« Le but que se donnent les États-Unis est l'établissement de la domination mondiale de l'impérialisme américain. C'est aux partis communistes qu'incombe le rôle historique de se mettre à la tête de la résistance au plan américain d'asservissement de l'Europe. S'ils restent fermes sur leurs positions, s’ils ne se laissent pas influencer par l’intimidation et le chantage, s’ils se comportent résolument en sentinelles de la paix durable et de la démocratie populaire, de la souveraineté nationale, de la liberté et de l’indépendance de leur pays, s’ils savent, dans leur lutte contre les tentatives d’asservissement économique et politique de leur pays, se mettre à la tête de toutes les forces disposées à défendre la cause de l’honneur et de l’indépendance nationale, aucun des plans d’asservissement de l’Europe ne pourra être réalisé. »

Doctrine Jdanov

« Je crois que les États-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement

(

).

Je crois que nous devons aider les peuples libres à forger leur destin (

)

).

Je crois que notre aide doit

... consister essentiellement en un soutien économique et financier. (

... de maintenir la liberté des États du

... monde et à les protéger de l'avancée communiste. » Harry Truman, 12 mars 1947

Lisez bien les deux doctrines : les différences politiques majeures y transparaissent : Explication :

Du côté russe (Jdanov), on considère que le camp américain est « impérialiste », c'est-à-dire que « le bloc de l’ouest » veut asservir le reste du monde à ses propres intérêts et à la « doctrine capitaliste » ; en effet, le communisme est un modèle social où tous les biens de la société sont mis en commun, où l’état assure le bonheur du peuple, la société ayant alors plus de pouvoir qu’un individu seul, ce qui implique une perte de certaines liberté pour que tous puissent être égaux.

Le communisme est critiqué pour plusieurs raisons : l’absence de liberté d’expression et de pensée, la répression politique féroce (procès de Moscou où les jugements sont rendus sans impartialité) et les conditions de vie très dure de la population ; la mainmise d’un dictateur (Staline, meurt en 1953), à qui l’on développe un culte de la personnalité, qui concentre tous les pouvoir (Staline).

A l’opposé, le modèle « libéral », où l’individu a beaucoup plus de droit et de liberté, a pour but de laisser chacun faire comme il l’entend pour mener sa vie, tant que les libertés de l’autre et la loi ne sont pas transgressées ; . Le défaut de ce modèle est de laisser de côté les questions sociales et la pauvreté, sans compter les critiques sur une tendance américaine à vouloir dominer les autres états qui adoptent ce modèle libéral.

Introduction :

L’année 1947 marque la fin de l’alliance entre USA et URSS ; l’Allemagne avait été vaincue en 1945, les nazis avaient été balayés par l’action conjointe du front de l’est et du front de l’ouest qui se rejoignirent à Berlin. Coupée en deux parties, le territoire allemand allait rapidement empoisonner les relations entre les deux camps.

Séparée en deux par le

rideau de fer
rideau de fer

(nom donné à

la frontière séparant les pays d’Europe de l’est des pays d’Europe de l’ouest, voir ci-contre), l’Europe allait devenir l’un des grands terrains de ce conflit qui jamais n’aboutit à un conflit ouvert entre les deux puissances (d’où le nom de GUERRE FROIDE).

Problématique :

Quelles

sont

les

modalités

du

conflit ?

Quelles

en

sont

 

les

conséquences

sur

le

monde

d’aujourd’hui ?

 

I] Un monde bipolaire (1947-1962)

A l’opposé, le modèle « libéral », où l’individu a beaucoup plus de droit et de

PBMTQ : Quels sont les motifs de la Guerre Froide ? Quelles en sont les 1ères crises ?

  • A) La situation en 1947 :

En 1947, Harry Truman (voir page précédente), président des USA, prend conscience du poids du régime stalinien en Europe et de l’influence acquise par l’URSS. Depuis la 2 nde GM, l’armée rouge occupe en effet tous les territoires qu’elle a traversé des frontières de l’actuelle Russie jusqu’à Berlin (Pologne, Roumanie, Bulgarie, Hongrie, RDA…).

Staline jouit en outre d’une très grande popularité dans de nombreux états d’Europe, notamment la France, où les partis communistes sont souvent les 2 nds partis politiques, avec des scores supérieurs à 30% des voix dans chaque état d’Europe.

Truman est effrayé de voir la possibilité d’un conflit qui opposerait un bloc constitué d’une Europe entière sous domination soviétique. Il pense alors à renforcer l’Europe occidentale par un réseau d’aide à la reconstruction d’après guerre (Plan Marshall), qui permettrait à chaque état de se débarrasser de cette emprise russe de son point de vue.

Les Russes ripostent à cette « provocation » de deux façons :

_ A l’est, en développant le

KOMINFORM
KOMINFORM

(Traduction littérale : « bureau d’information communiste ») en 1948,

qui permet d’imposer grâce à la présence de l’Armée Rouge, des régimes calqués sur celui de l’URSS, aux ordres

de Moscou.

 

_ Le

CAEM
CAEM

(Conseil d’Assistance Economique Mutuel) se développe en 1949 en réponse au plan Marshall : c’est

une union économique qui permet théoriquement aux pays de l’Europe de l’est de se voir accorder les richesses

de l’URSS (pétrole peu cher par ex.) en échange de produits alimentaires et de coopération économique totale (Moscou impose ses prix).

  • B) Les débuts de la Guerre Froide :

Les relations, progressivement, se tendent encore plus : en 1948, la France, le Royaume-Uni et les USA font

dusionner leur zone d’occupation en Allemagne, ce qui permet la création de la Allemande)

Berlin,

en

plein

territoire

sous

occupation allemande, reste occupée par les alliés (Berlin Ouest), tandis que les russes occupent à la fois la partie est de Berlin et l’est du territoire.

En représailles, les russes qui veulent

faire

partir

de

Berlin

Ouest

les

alliés ;

Berlin est en effet un symbole qui

permettrait aux russes d’affirmer leur domination sur l’Allemagne.

Durant 322 jours jusqu’en 1949, le blocus (= siège de la ville) est organisé et fonctionne très bien (lignes téléphoniques, routes et voies ferrées sont coupées vers l’ouest : Berlin-Ouest est isolée, mais continue d’être approvisionnée grâce à un PONT AERIEN qui approvisionne la ville.

(Les Russes ne descendent pas les avions des USA, ce serait un motif de guerre !)

RFA
RFA

(République Fédérale

B) Les débuts de la Guerre Froide : Les relations, progressivement, se tendent encore plus :

Staline cède enfin. Cela a deux conséquences :

_ La création de deux Allemagne distinctes :

… à l’ouest, la RFA qui adopte le modèle capitaliste américain (NB : les Lander (= régions) sont calqués sur le modèle d’organisation territorial des USA, avec un gouverneur à la tête de chaque région très largement autonome, la RFA étant une fédération de régions (d’où le nom !).

… à l’est, le modèle de la

RDA
RDA

(République Démocratique Allemande), qui adopte le communisme.

_ De relation froide, on passe à des relations glaciales entre russes et américains : les USA proposent en 1949

l’

OTAN
OTAN

(Organisation du traité de l’Atlantique Nord) aux états de l’ouest, une alliance militaire d’entraide

contre une attaque soviétique ; en 1955, l’URSS riposte en développant le traité de Varsovie qui est une alliance

du bloc de l’est contre une éventuelle menace du bloc de l’ouest (voir carte page 2).

Les soviétiques reçoivent aussi un nouvel allié en 1949 : la Chine de Mao Zedong rejoint le camp russe

et la peur américaine augmente encore d’un cran : sur le sol américain, le

Maccarthisme
Maccarthisme

se développe et va

traquer les sympathisants communistes en bafouant toutes les libertés constitutionnelles (arrestation, détention arbitraire…). Du côté russe, les expatriations des opposants politiques, les déportations dans les « goulags » (camps de travaux forcés censés « rééduquer » politiquement), les enlèvements et assassinats commis par le KGB sont fréquents.

  • C) Du rideau de Fer à la crise de Cuba

_ Les 1ers affrontements entre les deux camps se font par des intermédiaires : lors de la guerre entre les deux Corée, le nord est armé par la Chine (armée par l’URSS), tandis que le sud est soutenu par les USA. En

1953, les deux camps signent l’arrêt des hostilités… et le partage d’un pays toujours coupé en deux parties (Corée du Sud, modèle capitaliste, Corée du Nord, enfoncé dans une dictature communiste très dure).

_ En 1961, en Europe, les fuites des opposants politiques, qu’ils soient allemands ou issus du bloc de l’est, se sont multipliés depuis 1950. Afin d’arrêter cette hémorragie de réfugier vers l’ouest, les communistes décident

de fortifier la frontière qui séparait l’Europe : le RIDEAU DE FER était né. A Berlin, le tronçon de la frontière

allait s’appeler le

Mur de Berlin
Mur de Berlin

(construit à partir d’août 1961). Il allait symboliser jusqu’en novembre 1989

(date de la chute du Mur) l’absence de liberté dans le camp soviétique.

_ En 1961, les USA installent en Europe des missiles Jupiter (45 têtes, en Italie et en Turquie), Visant directement le sol russe en cas de menace. Cela va avoir des conséquences… de nouvelles représailles.

En 1962, un avion espion U-2 survole Cuba, petite île au large de la Floride dans le golfe du Mexique (voir carte page suivante) devenue une dictature militaire après la prise de pouvoir de Fidel Castro en 1959 (il dépose le général Batista, allié des USA). Il y découvre l’installation de missile SS-4 nucléaire SCUD menaçant directement le territoire américain, chose qui ne s’était auparavant jamais produite. Castro, en effet, afin d’assurer la pérennité de son régime, avait fait appel à la protection des soviétique et leur avait demandé

d’installer des sites balistiques

Evidemment, Khroutchev, successeur de Staline depuis 1953, avait sauté sur

... l’occasion, afin de rendre la pareille aux USA et de les menacer à leur tour sur leur territoire !

La réaction est terrible : (vous ne devez pas connaître cet évènement par cœur, mais les grandes lignes sont importantes : soyez capables de l’expliquer).

-14 octobre, un U2 survole les sites d'installation des missiles et prend des photographies aériennes. Le lendemain, la lecture des films révèle aux États-Unis que l'URSS est en train d'installer des missiles SS-4et leurs rampes de lancement. On repère également un convoi de 26 navires soviétiques transportant des ogives nucléaires (opérationnelles en 10 jours) en route vers l'île.

  • - 22 octobre, JFK est informé de la présence de quatre sous-marins soviétiques (armés de torpilles 53-56V à charge

nucléaire) dans le golfe du Mexique. Kennedy demande alors à Khrouchtchev l'arrêt des opérations en cours, annonce au peuple américain la teneur des informations révélées par l'avion U2 et les mesures de blocus naval décidées. Les sous-marins soviétiques atteignent la ligne de blocus en même temps que les navires de la flotte US. Kennedy obtient la promesse que la France, le Royaume-Uni, le Canda et les autres nations occidentales le soutiendront en cas de guerre contre l'URSS.

  • - 24 octobre, à 10h00, le blocus est en place. Trente cargos soviétiques sont en route. Parmi eux, quatre ont des

missiles nucléaires dans leurs soutes. Deux arrivent sur la ligne de blocus : le Khemov et le Gagarine. À 10h25, les cargos stoppent. Khrouchtchev ne juge pas utile de rompre le blocus. Les missiles déjà en place à Cuba suffisent ; la moitié du convoi fait donc demi-tour.

  • - 26 octobre, Khrouchtchev fait savoir à Kennedy qu'il continuera son action : « Si les États-Unis veulent la guerre, alors nous nous retrouverons en enfer ».

  • - 27 octobre, un U2 survolant la flotte russe est abattu. Khrouchtchev n'avait pas donné cet ordre. Il ne souhaitait pas accomplir le premier geste. Kennedy donne l'ordre en cas de nouvelle agression de bombarder les sites de missiles. Le

monde est alors presque dans une 3 ème guerre mondiale.

  • - 28 octobre, la CIA annonce que 24 missiles sont désormais opérationnels et pointés sur des points précis du sol américain. Khrouchtchev cède cependant. Il annonce sur Radio Moscou qu'il donne l'ordre de démanteler les sites de missiles.

Cependant, la chasse aux sous-marins bat son plein autour de Cuba. Le Dubivko, lors d'une manœuvre, se fait arracher son mat d'antenne par un contre-torpilleur américain. Le Shumkov est toujours en plongée. Trois grenades d'exercice sont lancées par son poursuivant pour lui intimer l'ordre de faire surface. Il choisit de plonger en lançant un leurre. À bout de ses réserves d'oxygène, il fait surface… au milieu de quatre contre-torpilleurs de l’US Navy en manquant d’en éperonner un.

- 29 octobre, l'URSS recule et fait retirer ses navires. Elle promet également d'enlever toutes ses

- 29 octobre, l'URSS recule et fait retirer ses navires. Elle promet également d'enlever toutes ses installations. En contrepartie, les États-Unis s'engagent à ne pas attaquer Cuba et à démonter leurs fusées installées en Turquie (et donc pointées vers le bloc russe).

II] De l’équilibre de la Terreur au Glasnost (1962-1991)

PBMTQ : Les relations russo-américaines se sont-elle vraiment apaisées ? Quelles ont été les tensions de la période 1962-91?

  • A) La détente et la fin de l’homogénéité des blocs :

Pour éviter une nouvelle et tragique escalade des tensions risquant de mener vers une guerre mondiale, les

USA et l’URSS mettent en place le

Téléphone Rouge

n1963, une ligne directe entre Moscou et Washington qui

permet de dialoguer. En 1968, ils poussent le rapprochement encore plus loin : les deux camps acceptent de signer des accords de non-prolifération nucléaire.

En 1972, les Accord SALT1

accords d’Helsinki
accords d’Helsinki

sont signé : chaque camp peut alors inspecter l’arsenal nucléaire de son voisin.

permettent la reconnaissance officielle des frontières de l’URSS en

En 1975 enfin, les

échange de la promesse de faire progresser les libertés et les droits de l’homme dans le bloc de l’est.

Cependant, les deux camps connaissent des défections : la France a quitté l’OTAN en 1966 pour pouvoir développer son propre arsenal nucléaire sans être limité par les accords SALT1 et la pression américaine. Les

chinois du côté soviétique ont perçu le dénouement de la crise de Cuba comme une trahison, et cessent toutes relations dès 1962 avec l’URSS.

L’image des deux blocs est également largement écornée dans le monde entier : les USA perdent la guerre du Vietnam et leur image est absolument détruite par la violence des combats et les pertes civiles innocentes, largement médiatisée (+ mouvement hippie des années 70, anti-guerre, très développé). L’utilisation de Napalm, de l’Agent Orange qui polluera durablement les sols et entrainera des malformations, l’extrême brutalité auront de larges échos dans le monde entier.

chinois du côté soviétique ont perçu le dénouement de la crise de Cuba comme une trahison,
chinois du côté soviétique ont perçu le dénouement de la crise de Cuba comme une trahison,
Du côté russe, la situation n’est guère meilleure : en 1968, le printemps de Prague en

Du côté russe, la situation n’est guère meilleure : en 1968, le printemps de Prague en Tchécoslovaquie est écrasé sans pitié par l’Armée rouge, devenant ainsi un symbole supplémentaire de la répression russe.

Du côté russe, la situation n’est guère meilleure : en 1968, le printemps de Prague en
  • B) De nouvelles tensions :

    • - De nouveau, les deux camps vont s’affronter indirectement tout le long des années 70. Si les Viêt-Cong

sont armés par les communistes, en 1979, la fin du régime du Shah, le roi d’Iran soutenu par les USA est un coup dur pour la politique de stabilité américaine ; au début de la Révolution Islamique Iranienne et l’arrivée au

pouvoir de l’ayatollah Khomeiny, les révolutionnaires iraniens sont en effet soutenus par l’URSS.

En représailles, la résistance afghane lorsque l’Afghanistan est engagé dans un conflit avec les soviétiques, sera formée et armée par la CIA (les services secrets américains). En Amérique du sud, les américains vont soutenir des régimes militaires (dits « des colonels »), au Nicaragua, à Panama, en Colombie, tandis que les paramilitaires se voyaient appuyés par l’URSS (exemple de FARCS en Colombie, guérilla d’extrême gauche).

  • - La crise s’intensifie de nouveau à partir de 1977 et on se dirige encore vers une nouvelle crise de missile :

en Europe, les russes installent des lance missile SS-20 dans l’ensemble des pays du Pacte de Varsovie. L’OTAN va riposter en installant des missiles Piershing II dès 1980, en Turquie et en RFA.

La course à l’armement non conventionnel se développe alors de deux manières :

1) Le nucléaire : les accords SALT forcent les deux camps à avoir moins d’armes nucléaires… Alors on va rendre plus efficaces celles que l’on possède.

- Côté américain, on augmente la précision des missiles nucléaires. Ainsi, la nouvelle génération actuelle de têtes nucléaires issues de la guerre froide peut atteindre une cible à 10.000 km avec quelques centimètres de marge d’erreur ; le « mini-nuke » (surnom donné par les soldats) est une ogive dont les retombées radioactives sont extrêmement faible mais qui représente un pouvoir plusieurs centaines de fois plus destructeur qu’Hiroshima.

- Côté soviétique : la précision ne sera jamais le point fort des armes nucléaires russes ; dès lors, on augmente la puissance des armes, jusqu’à atteindre la centaine de mégatonne (plus de 4000 fois la puissance d’Hiroshima)

La bombe explosa à 11h32 le 30 octobre 1961 à une altitude de 4 200 m au-dessus du niveau de la mer, lors d’un test dans l’archipel de la Nouvelle-Zemble (océan Arctique, nord de la Sibérie). Elle fut larguée d’un bombardier Tu-95 piloté par Andreï E. Dournovtsev de 10 500 m d’altitude. La bombe était équipée d’un parachute pour permettre au bombardier de s’éloigner à une distance de sécurité de la zone d’explosion.

La détonation développa une boule de feu de 7 km de diamètre. L’éclair de l’explosion fut visible à plus de 1 000 km du point d’impact et le champignon atomique en résultant parvint à une altitude de 64 km avec un diamètre de 30 à 40 km. Au niveau de l’explosion, tout était effacé, le sol avait été nivelé et faisait penser à une « patinoire ». Des maisons de bois furent détruites à des centaines de kilomètres, d’autres perdirent leur toit. La chaleur fut ressentie à 300 km. La Tsar Bomba pouvait infliger des brûlures au troisième degré à plus de 100 km de distance derrière une plaque de béton armé, alors que la zone de destruction complète se situait dans un rayon de 35 km. Sur un rayon de 180 km, les retombées radioactives étaient potentiellement mortelles durant une semaine.

Test de « Tsar Bomba », Nouvelle Zambie.

2) Les armes non conventionnelles : Puisque l’on ne pouvait plus sans violer SLAT1 construire un arsenal nucléaire plus important, les deux blocs tentèrent de faire des recherches parfois complètement farfelues, parfois visionnaires, dans différents domaines de l’armement.

_ Les éléments complètement farfelus : dans les deux camps, on s’intéressa à la parapsychologie. En effet, chaque bloc pensait qu’en parvenant à créer des médiums (!), on gagnerait ainsi la supériorité sur l’adversaire dans le renseignement. Evidemment, ce fut un bide total

- La conquête spatiale avait donné lieu a de nouvelles idées : construire une arme laser à haute intensité que l’on mettrait sur un satellite (principe du canon à ion). Des millions furent dépensés… en vain : l’intensité n’était jamais suffisante pour rendre l’arme efficace.

Cependant, les utilisations multiples de ces recherches furent intéressantes : le laser ainsi développé a eu une application civile directe : la fibre optique qui permet de transmettre des informations via un laser qui circule dans le câble ; dans le domaine militaire, le guidage laser fut ainsi mis au point, augmentant la précision des armes.

En revanche, d’autres inventions quelque peu oubliées aujourd’hui furent réalisées avec un certain succès. Ainsi, « le monstre de la Caspienne », un nouveau type d’appareil utilisant un principe élémentaire de la physique (la création d’un coussin d’air sous un appareil au dessus d l’eau, pour être simple), fut réalisé dans les années 50. Sorte de croisement entre un avion et un croiseur naval, ses usages pouvaient être multiples, du lancement de missiles tactiques à la barge de débarquement rapide.

- La conquête spatiale avait donné lieu a de nouvelles idées : construire une arme laser

LUM 6803, Ekranoplane lanceur de missile balistique… 550 km/h

F117 Nighthawk, avion furtif mis en place dans les années 70, retiré en 2008. Avait un
F117 Nighthawk, avion furtif
mis en place dans les années 70,
retiré en 2008.
Avait un défaut majeur… La
peinture avec les missions avait
tendance à retenir les gouttes,
rendant l’avion détectable aux radars.
Il était par ailleurs réputé très
difficile à piloter.
L’espionnage et la surveillance du sol russe étaient recherchés par les américains. Le F117 Nighthawk et
L’espionnage et la surveillance du sol russe étaient recherchés par les américains. Le F117 Nighthawk et
le B2 Spirit sont des avions furtifs. D’autre comme le Blackbird étaient chargés des missions de reconnaissance,
tandis que les russes développaient des flottes d’Antonov 225, restant encore le plus gros porteur de l’histoire
de l’aviation), des sous-marins nucléaires lanceurs d’engin) de classe Koursk complètement autonomes (4 mois
de mer sans
remonter en
surface).
B2 Bombardier
nucléaire
américain,
furtif. En
service
jusqu’en 2058.
SR-71 Blackbird, avion furtif capable d’atteindre Mach 3.5 et de voler à un plafond de 26
SR-71 Blackbird,
avion furtif capable
d’atteindre Mach
3.5 et de voler à un
plafond de 26 km
d’altitude…
Aurait
à
un
remplaçant, le SR-
91 Aurora à moteur
impulsion
(capable
d’atteindre Mach
6), mais cela n’a pas
été confirmé ou
infirmé par les USA.
Antonov AN225. A connu de multiples déclinaisons (fret, transports militaires, de navette spatiales (entière à l’intérieur

Antonov AN225. A connu de multiples déclinaisons (fret, transports militaires, de navette spatiales (entière à l’intérieur (!) ou accrochée au dessus).

Antonov AN225. A connu de multiples déclinaisons (fret, transports militaires, de navette spatiales (entière à l’intérieur

Le catamaran YJ83 chinois est un héritage des armes développées à l’extrême fin des années 80 par l’URSS. La technologie fut ensuite acquise par les chinois lorsque l’URSS s’écroula économiquement. 50 navires de ce type sont en service. Furtif et probablement parmi les navires les plus rapides du monde dans leur catégorie.

Page suivante : plateforme équipée du système SBX et de missile Aegis, chargée de l’interception des missiles de croisière dans la politique du bouclier antimissile américain, déséquilibrant ainsi la terreur nucléaire c’était l’une des critiques sur la politique de Bush, la relance de ce programme en 2002). La photo date de 2004, mais le programme date bel et bien de la guerre froide.

Et deux derniers : l’arme à micro-onde non létale, développée pendant 3 décennies par les USA,

Et deux derniers : l’arme à micro-onde non létale, développée pendant 3 décennies par les USA, mise au point récemment (l’armée a commandé quelques centaines de ces armes) et le fameux « Taser »… des technologies issues de la guerre froide. Tout comme « l’avion-hélicoptère » plus bas.

Et deux derniers : l’arme à micro-onde non létale, développée pendant 3 décennies par les USA,
V22 Osprey en plein décollage – 2006 – USS ‘Iwo Jima’ Pour conclure cette dernière partie,

V22 Osprey en plein décollage – 2006 – USS ‘Iwo Jima’

Pour conclure cette dernière partie, si les deux camps ne se sont jamais affronté, ils ont chacun développé de leur côté un arsenal et entrepris des recherches dignes des meilleurs Jame’s Bond ! Des technologies parfois farfelues, comme le parapluie Bulgare ou des armes miniatures, ont été développées et employées dans le cadre de la guerre Froide pour tuer, espionner, tenter de vaincre l’adversaire sans déclencher des hostilités.

Parapluie « bulgare » (schéma) – Ci contre, Pistolet à deux coup de la taille d’un
Parapluie « bulgare » (schéma) – Ci contre, Pistolet à deux coup de
la taille d’un briquet.

A retenir : la guerre froide est une époque de formidables avancées technologiques dans le domaine civil et militaire.

  • C) La fin du bloc de l’est :

En 1985, Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir. La situation économique de la Russie est alors catastrophique. Le pays est enlisé en Afghanistan dans un conflit terrible. En 1988, le pays est évacué par les russes. Gorbatchev met alors en place deux politiques : la Perestroïka (réformes) et le Glasnost (transparence). Le 1 er but est de réformer économiquement l’URSS en lui redonnant une puissance économique et une influence sur la scène internationale, tout en combattant la corruption importante du régime.

C’est un échec. L’inflation (= hausse général du coût de la vie) est énorme, le rouble (monnaie russe) perd toute valeur. Le retard économique face au bloc de l’ouest est trop important (la Russie n’a pas d’entreprises internationales majeures, n’a pas de recherches dans les domaines informatiques ou les biotechnologies, etc…). Les années 89-91 marquent aussi l’éclatement du bloc de l’est : après la chute du Mur de Berlin en novembre 1989, chaque pays du Pacte de Varsovie prend son indépendance, le parti communiste est

balayé dans chaque pays lors des 1ères élections démocratiques. C’est à la fois la fin du CAEM et la fin du pacte de Varsovie, la fin de la Guerre Froide.

L’URSS éclate en décembre 91 ; la Russie et les quatorze anciennes Républiques de l’URSS fondent alors la CEI (Communauté des Etats Indépendants). La Russie devient alors une puissance secondaire.

  • Russie, (1991), membre fondateur

  • Biélorussie (1991), membre fondateur

  • Ukraine (1991), membre fondateur

  • Arménie (1991)

  • Azerbaïdjan (1991)

  • Kazakhstan (1991)

  • Kirghizistan (1991)

  • Moldavie (1991)

  • Ouzbékistan (1991)

  • Tadjikistan (1991)

  • La Géorgie (1993-2008) : le 14 août 2008, à la suite de la Guerre d'Ossétie du Sud, le parlement géorgien a voté la sortie de la République de Géorgie de la CEI.

Le grand vainqueur de la Guerre Froide reste les USA. Economiquement, ils ont triomphé de leur adversaire soviétique et s’affirment alors comme la puissance mondiale incontournable (voir cours suivant, 1 ère économie de la planète, 1 er PIB, 1 er IDH, etc…).

III] Le monde depuis 1991 :

PBMTQ : Quelles ont été les conséquences de la fin de la Guerre Froide ? Quelles furent les nouvelles menaces qui se développèrent ?

  • A) L’affirmation du « gendarme du monde »

Les USA au début des années 90 développent une stratégie de présence consciente et involontaire à l’achelle de la planète :

_ Culturellement, l’Amérique s’est implantée partout sur la planète (Mc Donald, nombre de séries américaines à la télévision, « blockbusters » (= film à grandes entrées) du cinéma).

_ Economiquement, les USA ont injecté des finances partout sur la planète ;

leur monnaie (le dollar) est une

référence pour les échanges internationaux (on calcule les produits en dollar, par exemple, le cours du baril de

pétrole). La bourse américaine est la plus importante de la planète (L’indice Dow Jones et le NASDAC de Wall Street sont les 1 ers lieux d’échanges mondiaux d’action et de valeurs boursières.

_ Militairement, la puissance américaine est incontestable ; 7 flottes composées de porte avions et d’une trentaine de bâtiments d’escorte (dont sous-marins) répartis sur l’ensemble de la planète lui permettent d’intervenir partout dans le monde en moins de 48 heures, donnant aux américains le surnom de « gendarmes du monde ». L’armement est à la pointe de la technologie, avec des budgets très élevés (seule la Chine dépense plus que les Usa actuellement dans ce domaine).

_ Politiquement, les USA dominent l’ONU, installée d’ailleurs à New-York (voir la crise d’Irak en 2003, avec Colin Powell soutenant la thèse des armes de destruction massive) et s’affirment comme l’arbitre des grandes crises internationales (par exemple, au Proche-Orient). Il n’est que voir l’importance accordée à chaque élection présidentielle américaine, retransmise en direct dans le monde entier.

En revanche aujourd’hui, ce modèle est mis à mal et contesté :

_ La crise économique actuelle et l’endettement américain (15.000 milliards de dollars) colossal ont entraîné une crise de confiance. La Chine, qui devient une puissance commerciale majeure, concurrence très fortement les productions américaines.

_ Un front « anticapitaliste » s’est constitué pour lutter contre le gouvernement-Bush, autour du Venezuela de Chavez et de certains pays comme l’Iran, depuis la guerre en Irak de 2003. L’image américaine en est assez écornée.

Malgré tous ses efforts, les USA n’ont pas non plus réussi à réduire le terrorisme et à maintenir la paix dans le monde par la voie diplomatique ou militaire (Attentats du WTC en 1993 et en 2001 ; attentat à Oklahoma City en 1995) ; leur hégémonie a été de plus en plus mal perçue dans certains états d’Amérique latine et au proche orient, et l’ennemi n’est plus clairement lié à un état bien défini comme auparavant, c’est le problème du terrorisme.

Le 1 er attentat (NB je ne parle pas du second, en général bien connu ;
Le 1 er attentat (NB je ne parle pas du second,
en général bien connu ; évitez de faire du
« conspirationnisme » devant l’examinateur :
présentez les faits si vous tombez sur un sujet
utilisant ce thème).
Le 1 er attentat se déroula le 26 février 1993,
680 kg d’explosif furent placé dans l'intention
de faire basculer la Tour Nord sur la Tour Sud,
détruisant ainsi le complexe et tuant des
milliers de civils. Ce fut heureusement un
échec. La bombe tua néanmoins 6 personnes
et en blessa un millier.
L’explosion détruisit 5 niveaux de sous-sol ;
les deux tours restèrent fermées pendant
plusieurs mois pour consolider les fondations. Vue de ce qu’il reste des 5 niveaux du parking quelque jours après
l’explosion de 1993.
  • B) La montée de mouvements non gouvernementaux :

Les états, à la fin de la guerre Froide, ne sont plus les seuls à occuper une place internationale.

+ Des ONG : à partir de 1990, il y a le développement d’organisation non gouvernementales (ACF, Médecins sans frontières, Médecins du Monde, etc.). Plus de 3.000 ONG existent aujourd’hui dans le monde ; très populaires en général (mis à part dans certaines dictatures, telle en Lybie (affaire des infirmières bulgares)), elles sont essentiellement humanitaires. Des mouvements associatifs, type « resto du cœur » existent enfin à l’intérieur des pays, hors de contrôle d’état (par exemple des « Enfants de Don Quichotte », en 2007).

/ Des multinationales : Renault-Dacia-Nissan-Samsung-Lada-Tondar-Mahindra (et probablement bientôt Volvo) , LVMH, Carrefour, Procter & Gamble, etc. Autant d’entreprises qui essaiment le monde entier, préoccupée par les affaires, au delà de la diplomatie (par exemple, alors que l’Irak est sous embargo militaire après la 1 ère guerre du Golfe en 1991, Dassault vendre des radars à l’Irak ; en 1994, 5 croiseurs (navire de guerre) seront vendus à Taïwan (île au large de la Chien, indépendante et non reconnue par le gouvernement chinois), alors que la Chine voulait que la France face pression sur les entreprises produisant ces navires pour qu’ils ne soit pas livrés.

Si l‘on peut s’exprimer familièrement « c’est du business », et les états parviennent de moins en moins à influencer les entreprises privées.

- Enfin, la montée d’entreprises de mercenariat PMC (Private Militarised Corporation, en français SPS, Société Privée de Sécurité), constitue le denier exemple de mouvements non-gouvernementaux très fortement dangereux ; Blackwater, Aegis, deux des plus grandes sociétés (sur 600 recensées), sont employées pour faire la guerre sur 3 continents, ce qui augmente la propagation de conflits dont vivent ces entreprises, devenues si puissantes qu’elles peuvent éditer des magazines en 26 langues (Soldier Of Fortune) et bénéficier d’une logistique impressionnante et parfois supérieure au matériel traditionnel des états.

C) De nouvelles menaces :

Avec l’éclatement de l’URSS, de nouveaux risques sont apparus dans le monde ; en ex-URSS, le trafic d’arme

de la part d’anciens de l’armée et du KGB, sous le mandat de Boris Eltsine, ont explosé dans bien des domaines. Les mouvements terroristes ont ainsi été largement alimentés en AK47, blindés légers, explosifs de qualité militaire volés dans les stocks de l’ex-URSS lorsque le délabrement du pays était total. L’Afrique du sud fut ainsi un des pays a reconnaître et à restituer avoir acheté 7 têtes nucléaires russes (missile SS-22M) et les avoir démantelé sous contrôle des nations unis dans les années 90. Le risque de prolifération nouvelle de l’arme nucléaire, ainsi que la mainmise de

l’arme nucléaire par des groupes terroristes (risque de

« bombe sale »,
« bombe sale »,

c'est-à-dire une charge conventionnelle qui

disperse un élément radioactif comme le plutonium pour polluer une zone par les radiations ; il n’y a pas d’explosion

nucléaire dans ce type de bombe).

A l’ouest, le narcotrafic a explosé et a financé certaines guérilla (les FARCS par exemple, dont l’économie est basée sur le trafic de drogue en Colombie). Le risque de cellule « dormantes » s’est aussi multiplié ; l’ennemi n’est plus « le soviétique », mais est devenu multiforme (groupuscule d’extrême gauche, mouvements islamistes radicaux, pays inscrits dans « l’Axe du Mal », etc…) ; ces menaces en sont à un tel point qu’après les attentats du 11/09, les USA adoptèrent le « Patriot Act », une loi permettant d’emprisonner sans jugement tout personne suspectée de terrorisme.

Enfin, en Europe, de nouveaux conflits sont apparus avec l’apparition de nouveaux états revendiquant des frontières contestées : si la Tchécoslovaquie est un exemple de séparation amiable entre Tchèques et Slovaques (aujourd’hui dans l’UE), l’Ex-Yougoslavie a été un véritable cauchemar, entrainant la Bosnie Herzégovine dans un conflit meurtrier entre Serbes et Croates en 1995. Plus récemment, à l’été 2008, la Géorgie et les séparatistes d’Ossétie du Nord ont été un nouvel exemple de République se créant dans le sang (voir page suivante).

Conclusion :

Le monde a considérablement évolué depuis la fin de la Guerre Froide. L’éclatement des blocs a entraîné de nouvelles menaces avec l’affaiblissement de l’influence américaine et la disparation du bloc de l’est. Aujourd’hui, l’avènement de la Chine, du Brésil ou de l’Inde comme nouvelles superpuissances fait se développer de nouvelles contestations dans le monde (mouvements séparatistes en Chine, Guerre Froide entre Inde et Pakistan, tentative d’hégémonie du Brésil sur l’Amérique du sud, lasse de l’antiaméricanisme de Chavez, etc.).

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