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Femmes âgées immigrées en PACA - Rapport Définitif & Synthèse Des d'études Locales

Femmes âgées immigrées en PACA - Rapport Définitif & Synthèse Des d'études Locales

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Rapport définitif présentant les réponses apportées aux besoins identifiés, les manques identifiés.
Rapport définitif présentant les réponses apportées aux besoins identifiés, les manques identifiés.

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Direction Régionale PACA

Marché N°2005 33 DDP 01 - lot 21

Diagnostics territoriaux stratégiques dans les domaines de l’intégration et de la lutte contre les discriminations

LES FEMMES AGEES IMMIGREES
EN REGION PACA
Réalité statistique et visibilité sociale

NOTE 3 :

RAPPORT FINAL SYNTHESE DES ETUDES LOCALES
Des pistes pour l’action AOUT 2006

groupereflex_
Acadie, Paris Aceif.st, Strasbourg Adeus, Marseille Aurès, Nantes Cerur, Rennes Place, Bordeaux Trajectoires, Lyon

Adeus groupereflex_
260 rue Rabelais • 13 016 MARSEILLE • tel : 04 91 03 76 09 • fax : 04 91 03 71 46 • mel : adeus@adeus-reflex.org SARL à capital de 7.622 € • Siret 380 354 159 00028 •APE 741 E www.adeus-reflex.org
HT TH HT TH

Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Etude réalisée par :

Maxence MORETEAU – chargé d’étude à l’Adeus groupereflex_
Myriam HOUSNI – Stagiaire dans le cadre du Master Professionnel « Questions Sociales, Action Publique dans l’espace Euroméditerranéen », Université de Provence Sous a direction de :

Salvatore CONDRO – Sociologue ethnologue, directeur d’étude à l’ Adeus groupereflex_

Note 3 : Rapport final page 1 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

Adeus groupereflex_

Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Sommaire
Rappel de la démarche, Précisions méthodologiques____________ 4 1 L’approche statistique sur des micro-territoires ________________ 6
1.1 1.2 1.3 Cadrage statistique : Nice _________________________________________ 7 Cadrage statistique : Marseille Nord _______________________________ 13 Cadrage statistique : Nord-Vaucluse ______________________________ 25

2

Une approche genrée ? ____________________________________ 31
2.1 Des parcours migratoires différents… ______________________________ 31
Des femmes qui ont suivi ou rejoint un époux en situation de travail..............................31 Des femmes qui ont migré en famille, plus récemment ....................................................34 Des femmes qui ont migré seules ..........................................................................................35

2.2 … qui se traduisent par des légitimations différentes de la migration féminine. _____________________________________________________ 38
Venir en France pour être avec son mari… ........................................................................38 … ou pour y trouver, pour soit-même et sa famille, meilleures conditions de vie et épanouissement personnel ........................................................................................................39

2.3 Tentative de typologie : une « échelle de précarité » des publics, liée aux parcours migratoires ____________________________________________ 40
Des femmes âgées impliquées dans la vie locales, maîtrisant bien la langue française.............................................................................................................................................40 Des femmes passives dans la migration, longtemps soumises à la domination de l’époux, qui cumulent les handicaps dans la recherche d’une émancipation tardive.................................................................................................................................................41 Les femmes âgées arrivées récemment : l’expérience d’un « déracinement tardif » .................................................................................................................................................42

2.4

De la difficulté à parler de « triple discrimination » __________________ 44

3

Des problématiques communes à l’ensemble des sites…_____ 45
3.1 Les cours d’alphabétisation, une réponse à un réel besoin de maîtrise de la langue mais également à un besoin de socialisation. _______ 45
Des femmes âgées immigrées qui maîtrisent encore majoritairement mal la langue française, malgré l’existence ancienne des dispositifs de formation linguistique..........................................................................................................................................45 Une réponse à un double besoin : maîtrise de la langue et socialisation......................46 La nécessité de dispositifs adaptés alliant « alphabétisation appliquée » et socialisation, par des méthodes innovantes. ...............................................................................46

3.2

Le passage à la retraite, révélateur des difficultés d’accès aux droits pour les immigrés vieillissants… ......................................................................................................................48 … et souvent plus prégnant pour les femmes, bien qu’existent des inégalités entre les femmes âgées immigrées. ..............................................................................................48 Un accès aux dispositifs de droit commun pour les personnes âgées limité .................51

Des difficultés récurrentes dans l’accès aux droits __________________ 48

Note 3 : Rapport final page 2 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

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3.3 La santé des femmes âgées immigrées : plusieurs approches nécessaires_____________________________________________________________ 52
Le rapport au corps, à la vieillesse et aux soins...................................................................52 La santé : également une question administrative ............................................................55 Des inégalités territoriales........................................................................................................56

3.4 Un isolement qui s’oppose à un fort besoin de socialisation et de découverte du pays. ___________________________________________________ 58
Une population spatialement ségrégée..............................................................................58 Une distension des liens intergénérationnels qui peut se traduire par des situations d’isolement. ......................................................................................................................58 Des femmes qui expriment toutes un besoin de socialisation et d’appartenance à la France .........................................................................................................59

3.5 Un besoin de formation spécifique des opérateurs sociaux et associatifs. _____________________________________________________________ 63
Améliorer la coordination et le travail en réseaux .............................................................63 La question des nouvelles migrations : anticiper le vieillissement ....................................64 La question spécifique des femmes âgées .........................................................................64

4

Des problématiques particulières, fonction des spécificités locales ____________________________________________________ 65
4.1
Un isolement plus fort du fait d’un nombre restreint d’opérateurs associatifs. ..............65 La question de la mobilité, particulièrement sensible en milieu rural, touche particulièrement les femmes âgées. .............................................................................................66 Une société « traditionaliste » dans laquelle la Femme a encore du mal à sortir du foyer, chose à quoi elle aspire en vieillissant. .........................................................................67 Des opérateurs sociaux de droit commun parfois peu sensibilisés à la question de la spécificité des publics............................................................................................................68

Dans les zones rurales (l’exemple du Nord-Vaucluse) _______________ 65

4.2 Dans les zones d’habitat social des pôles urbains (l’exemple des quartiers Nord de Marseille) _____________________________________________ 69
Un isolement moins fort du fait de la présence d’acteurs associatifs, mais un besoin tout aussi prégnant de socialisation. ................................................................................69 Une multiplicité d’acteurs, mais un manque de coordination qui ne permet pas une mutualisation des moyens et compétences ........................................................................70 La nécessité d’une prise en compte dans la gestion des logements.............................71 Un exemple emblématique : la cité des Créneaux....................................................................73

4.3 Dans les centres-anciens des pôles urbains (l’exemple du centreville de Nice) ___________________________________________________________ 75
La question du logement........................................................................................................75 Des problématiques sensiblement identiques aux autres sites étudiés...........................77

Conclusion____________________________________________________ 78
Chaque point des chapitres 3 et 4 se conclue par un encadré où l’on retrouve des pistes d’actions et des propositions pour améliorer la prise en compte du public spécifique « femmes âgées immigrées » dans les différents domaines.

Note 3 : Rapport final page 3 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Rappel de la démarche, Précisions méthodologiques

C

e diagnostic territorial d’intégration des femmes âgées immigrées en région PACA doit permettre : de palier à un déficit de connaissance ; de mener une réflexion collective, à laquelle ont participé partenaires institutionnels et associatifs ; de bâtir un cadre de référence pour alimenter les réflexions stratégiques de la CRILD.

L’observation des femmes âgées immigrées s’est faite, dans un premier temps, à l’aide de l’outil statistique. Cette première phase de travail a permis l’élaboration d’un atlas statistique régional 1 à l’aide des recensements de l’INSEE de 1990 et 1999. Cette démarche, complétée par une série d’entretiens auprès de différents acteurs, a mis à jour des problématiques spécifiques 2 quant à l’accès au droit, le logement, la santé… Dans un second temps, l’approche qualitative sur la base de trois territoires nous a permis : d’approfondir les problématiques mises à jour durant la première phase, et notamment de mettre en évidence certains spécificités locales des territoires : centre-ville, quartiers d’habitat social, petites villes d’une zone rurale ; d’associer activement les partenaires de terrain, par des entretiens ciblés et la mise en place de groupes de travail territoriaux ; de créer en aval une dynamique régionale autour et à partir de la mise en œuvre des études territoriales locales : les entretiens et les groupes de travail avaient autant vocation à « faire remonter » de l’information qu’à diffuser de la connaissance et sensibiliser les acteurs.
1 2

Voir « Note 1 : Atlas statistique commenté » ADEUS/FASILD 2006 Voir « Note 2 : Problématiques identifiées » ADEUS/FASILD 2006
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Note 3 : Rapport final page 4 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Cette dynamique régionale doit se poursuivre par la mise en place du groupe de travail CRILD et par l’éventuelle diffusion de cette étude. Cette démarche a abouti à des approches monographiques, sur trois territoires différents de la région PACA (Marseille-Nord, Nice-Centre et Nord-Vaucluse), dont le présent document constitue la synthèse. Il présente les problématiques rencontrées par les femmes âgées immigrées en fonction des parcours migratoires et des territoires d’accueil (centre ancien, zone d’habitat social, zone rurale), mais également les moyens mis en œuvre par les acteurs locaux pour accueillir ce public, leur capacité d’identification des besoins spécifiques ainsi que leurs éventuels besoins propres (formation, mise en réseau d’acteurs…) Pour chaque territoire, nous avons essayé d’organiser un groupe de travail en prenant appui sur un opérateur local afin de capitaliser connaissance locale des problématiques, des dispositifs et des acteurs. Il s’agissait : Pour le territoire de Nice Centre-Ville, de l’association ASSIC (Association Solidarité Intégration Citoyenneté) et de l’association Les Chibanis (Café Social), toutes deux membres du Comité de Pilotage du diagnostic ; Pour le territoire de Marseille Nord, du CLIC Géront’O Nord, membre du Comité de Pilotage ; Pour le territoire Nord-Vaucluse, de M. Sallah AZEDAG, référent des Points d’Accès aux Droits des Étrangers (PADE) de Bollène et Valréas, par ailleurs président de l’association Entente du Vaucluse. Malheureusement, ce n’est que sur Nice que le groupe de travail a pu se réunir. Ceci montre bien toute la difficulté à réunir les acteurs concernés par cette problématique. Ce travail constitue la base d’un référentiel d’actions pour alimenter les réflexions stratégiques de la Commission Régionale d’Intégration et de Lutte contre les Discriminations (CRILD).

Note 3 : Rapport final page 5 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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1 L’approche statistique sur des micro-territoires

L’

immigration n’est plus un phénomène masculin : la part des femmes immigrées, dans la région PACA, est de plus en plus importantes. Alors que pendant de nombreuses années, la migration était essentiellement une histoire d’hommes, aujourd’hui, les mouvements migratoires se sont homogénéisés grâce au regroupement familial, et par l’espérance de vie des femmes plus longues que celle des hommes. Ainsi, la part des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus ne cesse de s’accroître, pour atteindre en 1999, 53% de la population immigrée régionale. De plus, la population immigrée résidant dans la région est plus âgée qu’en moyenne en France, surtout les femmes : 35,6% des femmes immigrées ont 60 ans ou plus contre seulement 26% au niveau de la France entière.
Le département des Alpes-Maritimes accueillait en 1999 23 979 femmes immigrées âgées de 60 ans ou plus, soit 31,1% des femmes âgées immigrées de la région alors qu’elle n’accueille que 22,6% des habitants et 28,2% de la population immigrée de la région. C’est ainsi le département où les femmes âgées immigrées sont le plus représentées dans la population totale. Cette population est, de par son profil, différente des autres départements. Les femmes âgées originaires de pays de l’Union Européenne à 15 y sont largement majoritaires, ce qui explique la sur-représentation féminine, notamment chez les migrants les plus âgés. Les femmes immigrées âgées de 60 ans et plus dans le département des Bouches du Rhône représentent 38,9% du total de la région. Elles se concentrent majoritairement dans certains arrondissements marseillais, comme nous allons le voir. En terme d’origine, en 1999, les femmes immigrées âgées de 60 ans et plus sont principalement originaires de l’UE à 15 (51,4% contre 33,5% de femmes issues du Maghreb qui représentent 52,6% des immigrées maghrébines âgées de la région) et 15,1% issues d’autres pays hors UE et hors Maghreb. Le département du Vaucluse regroupe 8,4% de la population féminine immigrée âgée de 60 ans et plus de la région, soit 6 476 femmes toutes origines confondues. Bien que l’effectif des femmes immigrées âgées soit plus important dans certaines communes comme Avignon, il est apparut intéressant d’étudier le nord du département, zone plus rurale.

Note 3 : Rapport final page 6 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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1.1

Cadrage statistique : Nice
Total femmes immigrées âgées de 60 ans et plus en 99 femmes immigrées âgées de 60 ans et plus: Union européenne à 15 femmes immigrées âgées de 60 ans et plus: Maghreb femmes immigrées âgées de 60 ans et plus: Hors UE hors Maghreb

Pop totale99

pop immigrée en 99

Pop immigrée âgées de 60 et + en 99

femmes immigrées en 99

343 166 45 300 16 289 22 973 Nice en % de la population totale 13,2% 4,7% 6,7% en % de la population immigrée 36,0% 50,7% en % de la population immigrée de 60 ans et plus en % des femmes immigrées en % des femmes immigrées âgées de 60

8 781 2,6% 19,4% 53,9% 38,2% ans et plus

5 092 1,5% 11,2% 31,3% 22,2% 58,0%

2 240 0,7% 4,9% 13,8% 9,8% 25,5%

1 449 0,4% 3,2% 8,9% 6,3% 16,5%

Avec 8 781 femmes âgées immigrées, la ville de Nice accueille 36,6% des femmes âgées immigrées du département. 54% des immigrés âgés de 60 ans ou plus sont des femmes, dont une large majorité originaire de l’Union Européenne (58%), plus d’un quart originaires du Maghreb et 16,5% d’autres pays.
Part, dans la population totale, des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus originaires...

Part, dans la population immigrée, des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus originaires...

1,60% 1,40% 1,20% 1,00% 0,80% 0,60% 0,40% 0,20% 0,00%
0,65%

...du Maghreb 1,48% ...de pays Hors UE hors Maghreb ...de l'Union européenne à 15

12,00% 10,00% 8,00% 6,00% 4,00% 2,00% 0,00% % de la population immigrée 4,94% 3,20% 11,24%

...du Maghreb

...de pays Hors UE hors Maghreb ...de l'Union européenne à 15

0,42%

% de la population totale

Part, dans la population immigrée féminine, des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus originaires... 25% 20% 15% 10% 5% 0% % des femmes immigrées 9,75% 6,31% 22,17% ...de pays Hors UE hors Maghreb ...de l'Union européenne à 15 ...du Maghreb

Part, dans la population immigrée âgée de 60 ans et plus, des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus originaires... ...du Maghreb 35% 31,26% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% 13,75% 8,90% ...de pays Hors UE hors Maghreb ...de l'Union européenn e à 15

% des immigrées âgées de 60 ans et plus

Note 3 : Rapport final page 7 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Répartition selon l'origines des femmes immigrées âgées de 60 ans et + à Nice en 1999

8% 1% 4% 2% 2%

Si les AlpesMaritimes, et la ville de Nice en 1) Algérie particulier, 2) Maroc 58% accueillent – en 3) Tunisie opposition aux 4) Autres pays Bouches-du-Rhône – d'Afrique une population 5) Turquie immigrée où 6) Asie dominent les 6% 7) Amérique-Océanie personnes d’origine 5% 14% européenne, la 9) Autres pays d'Europe répartition des autres 8) Union européenne à origines est 15 également sensiblement différente : la population maghrébine est majoritairement tunisienne (14%, contre 5% de femmes âgées originaires du Maroc et 6% d’Algérie), tandis que les autres pays européens constituent l’origine majoritaire des femmes âgées hors UE et hors Maghreb.

E v o lu tio n d u n o mb r e d e fe mme s immig ré e s âg é e s d e 60 an s e t p lu s e n tr e 1990 e t 1999 à N ice
40% 30% 20% 10% 0% -1 0 % -2 0 % -3 0 % -4 0 % -5 0 % -4 8 ,5 % 1 5 ,7 % 0 ,7 % -6 ,9 % -1 4 ,7 % -2 3 ,1 % -3 1 ,3 % 1 4 ,6 % 3 6 ,3 % 2 7 ,9 %

Comme dans l’ensemble de la région se sont les femmes âgées originaires du Maghreb qui ont les taux de croissance les plus importants, principalement en ce qui concerne les femmes originaires d’Algérie (+36,3%) et du Maroc (+28%).

Note 3 : Rapport final page 8 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

1) Algérie

2) Maroc

3) Tunisie

4) Autres pays d'Afrique

5) Turquie

6) Asie

7) Amérique -Océanie

9) Autres pays d'Europe

8) Union europ éenne à 15

Ensemble

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

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Comparaison de la répartition selon l'origine des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus
100% 90% 80% 70% 60% Turquie 50% 40% 30% 20% 10% 0% Nice Alpes Maritimes hors Nice 679 385 141 1263 481 496 1 562 412 233 1 103 559 632 Autres pays d'Afrique Tunisie Maroc Algérie 5092 10 365 Asie Union européenne à 15 Autres pays d'Europe Amérique-Océanie

Des origines plus diversifiées à Nice que dans le reste du département Ne disposant pas des statistiques détaillées selon les quartiers de Nice, nous avons fait le choix de comparer Nice au reste du département des AlpesMaritimes. On remarque ainsi que la ville centre accueille de manière privilégiée les femmes âgées immigrées originaires des trois pays du Maghreb, de Turquie et d’Asie : alors qu’elle accueille globalement 36,6% des femmes âgées immigrées, c’est le cas de la moitié (49,4%) des femmes âgées maghrébines, 57% de Turquie et 48% d’Asie.

Rapport Nice / "reste des Alpes-Maritimes" dans l'accueil des femmes âgées immigrées selon l'origine
100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Algérie Maroc Tunisie Autres pays d'Afrique Turquie Asie Amérique -Océanie Autres pays d'Europe Union europ éenne à 15 Ensemble Nice Alpes Maritim es hors Nice

Les origines femmes des âgées immigrées dans la ville-centre apparaissent ainsi beaucoup plus diversifiées que dans le reste du département où plus de 60% des femmes âgées immigrées sont originaires des pays de l’Union Européenne à 15.

Note 3 : Rapport final page 9 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Pourcentage de femmes âgées immigrées vivant seules selon l'origine - comparaison Nice/hors Nice
50% 45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% 40,1% 37,3% 33,8% 36,7% 44,8% 46,7%

Une présence plus marquée des femmes seules sur la ville centre

100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%

Les graphiques ci-contre font bien apparaître une surreprésentation très marquée des femmes seules dans la ville de Nice en comparaison au reste des Alpes-Maritimes, et ce quelle que soit l’origine des femmes Nice: hors Nice: Nice: Hors hors Nice: Nice: Union hors Nice: Maghreb Maghreb UE hors Hors UE européenne Union âgées immigrées. Alors qu’à Maghreb hors à1 5 européenne l’échelle régionale un Maghreb à1 5 Répartition des femmes âgées immigrées selon la taille du peu plus de 35% des ménage et l'origine - comparaison Nice/hors Nice femmes âgées 48 28 296 103 97 157 immigrées vivent seules, vivant dans un 476 155 1093 266 299 ménage de 5 ou 6 c’est le cas sur Nice de 397 personnes 40% des femmes âgées 2048 577 vivant dans un maghrébines, de 45% 4 569 1 018 916 ménage de 3 ou 4 884 des femmes âgées hors personnes UE et hors Maghreb et vivant dans un de 47% des femmes ménage de 2 2377 649 personnes âgées de l’UE à 15. 898 946 3 799 776 L’écart est Femmes vivant particulièrement fort seules Nice: hors Nice: Nice: Hors hors Nice: Nice: Union hors Nice: pour les femmes Maghreb Maghreb UE hors Hors UE européenne Union maghrébines, dont moins Maghreb hors à1 5 européenne Maghreb à1 5 de 30% vivent seules à l’échelle régionale. Corrélativement, les ménages de 3 personnes et plus sont sensiblement moins représentés dans le pôle urbain que dans le reste du département. Le nombre de femmes seules peut être qualifié par les situations matrimoniales : les proportions de femmes veuves, célibataires ou divorcées sont toujours plus importantes à Nice que dans le reste des Alpes-Maritimes.

Répartition des femmes âgées immigrées selon le statut matrimonial et l'origine, comparaison Nice / reste des AlpesMaritimes
100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%
Nice: Maghreb

177

147

126

216

334

613 Divorcée

902

949 698

1 008

2471

4 632 Veuve

Mariée 1004 1 112 516 1 115 1989 4 616

célibataire

157

86

109
Nice: Hors UE hors Maghreb

200

298
Nice: Union européenne à 15

504

Note 3 : Rapport final page 10 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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FASILD

Les femmes âgées immigrées vivent fréquemment dans de petits logements, mais moins que ce que la structure du parc laisserait supposer La proportion de femmes vivant seules peut être liée à la taille de logements occupés. On constate ici encore que le nombre de pièces est toujours sensiblement inférieur sur Nice que dans le reste des Alpes-Maritimes, et ce quelle que soit l’origine. Néanmoins, ces données doivent être relativisées avec la typologie du parc de logement de la ville. On constate alors que les femmes âgées immigrées vivent proportionnellement dans des grands logements ! En effet, 40,5% du parc de la commune est composé de logements de 1 ou 2 pièces, alors que seulement 36% des femmes âgées maghrébines, 38% de celles originaires de pays hors UE et hors Maghreb et 39% des femmes âgées originaires d’un pays de l’UE vivent dans des logements de ce type.
Répartition des femmes âgées immigrées selon l'origine et la taille des logements - comparaison Nice/hors Nice
100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%
Nice: Maghreb hors Nice: Nice: Hors UE hors Nice: Nice: Union hors Nice: Union Maghreb hors Maghreb Hors UE hors européenne à européenne à 1 5 Maghreb 1 5

136

215

90 376

352

1 525

vivant dans logement de 5 pièces ou plus

1275

775 1 311 1 151

2667 5 399 vivant dans logement de 3 ou 4 pièces

805

688

544

800

1930

2 833

vivant dans logement de 1 ou 2 pièces

En ce qui concerne l’analyse des statuts d’occupation, on note une représentation moins élevée des propriétaires à Nice que dans le reste du département, et une plus faible propension des femmes âgées maghrébines par rapport aux autres origines à être propriétaires.

Note 3 : Rapport final page 11 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Répartition des femmes âgées immigrées selon l'origine et le statut d'occupation - comparaison Nice/hors Nice
100% 90% 80% 28,3% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%
Nice: Maghreb hors Nice: Maghreb Nice: Hors UE hors Maghreb hors Nice: Hors UE hors Maghreb Nice: Union hors Nice: Ensemble de européenne Union la population à1 5 européenne à Nice à1 5

4,2% 17,5%

5,1% 19,1%

6,9% 5,0%

7,7% 3,2% 22,9%

7,3% 9,6%

7,1% 5,7% 19,7%

5,2% 12,7%

logés gratuits

25,3% 33,1%

35,1%

30,8%

loc ou sous-loc meublé ou chambre d'hôtel locataires HLM

58,7% 41,7% 43,4%

64,8%

66,4% 56,7% 46,5%

locataires parc privé propriétaires

On note ainsi que les femmes âgées maghrébines sont moins souvent propriétaires que les autres femmes âgées immigrées, mais aussi que la population globale sur Nice, alors que les personnes âgées sont habituellement plus souvent propriétaires. A l’inverse, c’est une population sur-représentée dans le secteur locatif, dans le parc privé (35,1% contre 33,1% pour la population niçoise dans son ensemble) et encore plus dans le parc social (17,5% contre 12,7% de la population globale). Les femmes âgées d’autres origines sont à l’inverse beaucoup moins représentées sur le secteur locatif, tant privé que social.

Note 3 : Rapport final page 12 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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1.2

Cadrage statistique : Marseille Nord Le département des Bouches du Rhône représentait en 1999 39% de la population féminine immigrées âgées de 60 ans et plus de la région et près de 87% de celle du département, c'est-à-dire 30 024 femmes toutes origines confondues. C’est dans les 3 premiers arrondissements et dans les 4 derniers que la part des femmes âgées immigrées dans la population est la plus importante. Ces deux groupes sont toujours plus importants dans l’accueil des femmes âgées immigrées que dans l’accueil de la population totale : Les 3 arrondissements du Centre regroupent 8,8% des femmes âgées immigrées contre seulement 7,6% de la population totale, les 4 arrondissements Nord 19,7% contre 16,3%.
Poids de Poids de Part des Part des l'arrondissement Poids de l'arrondissement Femmes femmes par rapport à femmes population l'arrondissement par rapport à Population l'ensemble de la immigrées âgées âgées par rapport à l'ensemble de la immigrée totale en âgées de immigrées immigrées ville dans l'ensemble de la totale en ville dans 99 60 ans et dans la l'accueil de la dans la 99 ville (population l'accueil des population + Total population population totale) femmes âgées totale immigrée immigrée immigrées globale

1er 2è 3è Arrdt Centre (1 2 3) 4è 5è 6è 7è 8è 9è 10è 11è 12è Arrdt 4 à 12 13è 14è 15è 16è Arrdt Nord (13 14 15 16) Total Marseille Total BdR

37 280 24 571 41 659 103 510 43 772 41 295 41 303 35 946 75 300 72 731 49 160 53 346 56 396 469 249 80 252 56 586 70 484 16 444 223 766 1 369 284 1 825 430

8 963 5 348 8 530 22 841 3 209 3 423 4 109 2 072 5 488 5 507 4 848 5 135 3 564 37 355 9 453 8 834 12 083 1 704 32 074 152 466 175 620

871 522 912 2 305 788 592 711 532 1288 1136 1048 926 1136 8 157 1792 1253 1624 456 5 125 26 049 30 024

2,3% 2,1% 2,2% 2,2% 1,8% 1,4% 1,7% 1,5% 1,7% 1,6% 2,1% 1,7% 2,0% 1,7% 2,2% 2,2% 2,3% 2,8% 2,3% 1,9% 1,64%

9,7% 9,8% 10,7% 10,1% 24,6% 17,3% 17,3% 25,7% 23,5% 20,6% 21,6% 18,0% 31,9% 21,8% 19,0% 14,2% 13,4% 26,8% 16,0% 17,1% 17,10%

2,7% 1,8% 3,0% 7,6% 3,2% 3,0% 3,0% 2,6% 5,5% 5,3% 3,6% 3,9% 4,1% 34,3% 5,9% 4,1% 5,1% 1,2% 16,3% 100,0%

5,9% 3,5% 5,6% 15,0% 2,1% 2,2% 2,7% 1,4% 3,6% 3,6% 3,2% 3,4% 2,3% 24,5% 6,2% 5,8% 7,9% 1,1% 21,0% 100,0%

3,3% 2,0% 3,5% 8,8% 3,0% 2,3% 2,7% 2,0% 4,9% 4,4% 4,0% 3,6% 4,4% 31,3% 6,9% 4,8% 6,2% 1,8% 19,7% 100,0%

Note 3 : Rapport final page 13 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

C’est dans les 7ème, 12ème et 16ème arrondissements que les femmes âgées sont le plus représentées dans la population immigrée totale. Ces arrondissements accueillent donc une population immigrée féminine et vieillissante. Par contre, ce sont très clairement les 13ème, 14ème et 15ème arrondissement qui accueillent de manière privilégiée les femmes âgées immigrées en comparaison aux autres arrondissements.
Part de chaque origine dans la population globale femmes âgées immigrées Total Femmes Femmes immigrées immigrées âgées de 60 âgées de 60 ans et + ans et + Total Maghreb Total Femmes Femmes Total immigrées immigrées Femmes âgées de âgées de immigrées 60 ans et + 60 ans et âgées de 60 hors UE et + ans et + UE à 15 Maghreb hors Maghreb 216 115 148 479 124 126 130 92 268 208 148 130 408 1 634 412 153 267 36 868 2 981 4 540 204 139 328 671 360 248 329 336 480 532 540 519 436 3 780 632 414 637 276 1 959 6 410 15 433 51,8% 51,3% 47,8% 50,1% 38,6% 36,8% 35,4% 19,5% 41,9% 34,9% 34,4% 29,9% 25,7% 33,6% 41,7% 54,7% 44,3% 31,6% 44,8% 23,8% 33,48% Poids des arrondissements dans le total de la ville

Total Total Total Femmes Femmes Femmes Femmes Femmes immigrées immigrées immigréesimmigrées immigrées âgées de âgées de âgées de âgées de âgées de 60 ans et + 60 ans et 60 ans et 60 ans et 60 ans et hors UE et + + hors UE + + UE à 15 hors et hors UE à 15 Maghreb Maghreb Maghreb 24,8% 22,0% 16,2% 20,8% 15,7% 21,3% 18,3% 17,3% 20,8% 18,3% 14,1% 14,0% 35,9% 20,0% 23,0% 12,2% 16,4% 7,9% 16,9% 11,4% 15,12% 23,4% 26,6% 36,0% 29,1% 45,7% 41,9% 46,3% 63,2% 37,3% 46,8% 51,5% 56,0% 38,4% 46,3% 35,3% 33,0% 39,2% 60,5% 38,2% 24,6% 51,40% 7,3% 4,3% 7,0% 18,6% 4,9% 3,5% 4,1% 1,7% 8,7% 6,4% 5,8% 4,5% 4,7% 44,3% 12,1% 11,1% 11,6% 2,3% 37,1% 100,0% 7,2% 3,9% 5,0% 16,1% 4,2% 4,2% 4,4% 3,1% 9,0% 7,0% 5,0% 4,4% 13,7% 54,8% 13,8% 5,1% 9,0% 1,2% 29,1% 100,0% 3,2% 2,2% 5,1% 10,5% 5,6% 3,9% 5,1% 5,2% 7,5% 8,3% 8,4% 8,1% 6,8% 59,0% 9,9% 6,5% 9,9% 4,3% 30,6% 100,0%

1er 2è 3è Arrdt Centre (1 2 3) 4è 5è 6è 7è 8è 9è 10è 11è 12è Arrdt 4 à 12 13è 14è 15è 16è Arrdt Nord (13 14 15 16) Total Marseille Total BdR

871 522 912 2 305 788 592 711 532 1288 1136 1048 926 1136 8 157 1792 1253 1624 456 5 125 26 049 30 024

451 268 436 1 155 304 218 252 104 540 396 360 277 292 2 743 748 686 720 144 2 298 6 196 10 051

Les femmes immigrées âgées de 60 ans et plus ne sont pas réparties de la même manière selon leur origine. Bien que les femmes originaires de l’UE à 15 soient dans la majorité des arrondissements les plus nombreuses, celles qui sont originaires du Maghreb et celles des autres pays ne se distribuent pas de la même manière dans les différents arrondissements. Les Maghrébines sont essentiellement concentrées dans les arrondissements du centre (1-2-3) et dans les 13ème, 14ème, et 15ème arrondissements.
Note 3 : Rapport final page 14 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Répartition selon l'origine des femmes âgées immigrées de 60 ans et plus dans les arrondissements Marseillais en 1999
100% 90% 80% 70% 60% 50% 97 40% 30% 20% 278 161 10% 0% 1er 2è 3è 4è 5è 6è 7è 8è 9è 10è 11è 12è 13è 14è 15è 16è Total Marseille 224 72 64 24 70 54 83 76 58 49 204 139 328 360 4 80 44 36 5 65 12 25 4 48 16 48 248 329 336 32 56 40 64 184 44 28 140 8 36 4 152 72 32 40 156 208 68 44 148 72 28 20 62 28 24 168 32 84 148 36 364 417 416 124 2 910 300 47 20 50 38 200 39 104 222 60 8 125 63 17 632 414 480 532 540 519 436 637 276 6 410 8 16 28 8
Femmes immigrées âgées de 60 ans et + A utre Euro pe Femmes immigrées âgées de 60 ans et + UE à 1 5 Femmes immigrées âgées de 60 ans et + A mérique Océanie Femmes immigrées âgées de 60 ans et + A sie

52

32

16

44

30

12

76

64

28

52

26

54

546

12 52 24 156 20

19 29 26 8

4 37 45 14

112 1 160 708 455

Femmes immigrées âgées de 60 ans et + Turquie Femmes immigrées âgées de 60 ans et + A utre A frique Femmes immigrées âgées de 60 ans et + Tunisie Femmes immigrées âgées de 60 ans et + M aro c Femmes immigrées âgées de 60 ans et + A lgérie

56 168 124 115

245 16 12 2 381 0 16 59 4 905

56 36 216 172 96 32

85 108

Nombres de femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon l'origine par arrondissements
800 700 600 500 400 300 200 100 0 1er 2è 3è 4è 5è 6è 7è 8è 9è 10è 11è 12è 13è 14è 15è 16è Femmes immigrées âgées de 60 ans et + UE à 15 Total Femmes immigéres âgées de 60 ans et + hors UE et hors Maghreb Total Femmes immigrées âgées de 60 ans et + Maghreb

Note 3 : Rapport final page 15 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Répartition selon les grands groupes d'origines des femmes âgées immigrées selon les secteurs de la ville

100% 90% 80% 70% 60% 50%
1634 479 868 5 094 671 1959 3 780 10 861

Femmes immigrées âgées de 60 ans et + UE à 15

Total Femmes immigéres âgées de 60 ans et + hors UE et hors Maghreb

40% 30%
1155 2 298 2 743 10 094

20% 10% 0%

Total Femmes immigrées âgées de 60 ans et + Maghreb

Arrdt Arrdt 4 à Arrdt Total Centre (1 12 Nord (13 Marseille 2 3) 14 15 16)

Dans les quatre derniers arrondissements marseillais, ce sont les femmes issues du Maghreb qui sont le plus représentées. Plus d’une femme âgée maghrébine vivant à Marseille sur 3 (37%) habite dans un de ces arrondissements, contre seulement 16,3% de la population globale et 19,7% du total des femmes âgées immigrées. Dans les quartiers Nord, une sur-représentation des femmes originaires du Maghreb vivant seules…
Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon l'origine et la la taille du ménage comparaison par arrondissements 99 Maghreb
450 400 350 300 250 200 1 50 1 00 50 0
A rrdt centre (1 2-3) M aghreb A rrdt 4 à 1 2 M aghreb A rrdt No rd 1 A rrdt centre (1 A rrdt 4 à 1 UE A rrdt No rd 1 A rrdt centre (1 32 31 5-1 4-1 6 2-3) UE à 1 UE 5 à1 5 1 5-1 UE à 1 4-1 6 5 2-3) A utres M aghreb à1 5 pays A rrdt 4 à 1 2 A utres pays A rrdt No rd 1 31 5-1 A utres 4-1 6 pays

UE à 15

autre pays

vivant seules

vivant dans un ménage de 2 personnes vivant dans un ménage de 3 ou 4 personnes vivant dans un ménage de 5 personnes ou plus

Note 3 : Rapport final page 16 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Composition du ménage des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus - pourcentage en ligne

100%

6,3 18,8

1,2 7,3

5,1 14,4

90%

vivant dans un ménage de 5 personnes ou plus vivant dans un ménage de 3 ou 4 personnes vivant dans un ménage de 2 personnes vivant seules

80%

70%

47,6 35,9

29,7

60%

50%

40%

30%

20%

39,1

43,9

50,8

Les femmes immigrées du Maghreb vivent plus souvent seules dans les quartiers nord que dans les autres arrondissements. Cette situation se retrouve chez les femmes issues des autres pays hors UE et hors Maghreb, alors que celles issues de l’UE à 15 vivent plus souvent dans des ménages de deux personnes.

10%

0%

M aghreb

UE à 1 5

A utres pays

Mais une majorité de femmes mariées Même si les femmes originaires du Maghreb déclarent le plus souvent seules dans les derniers

vivre

Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon la situation matrimoniale
Maghreb
550 500 450 400 350 300 250 200 1 50 1 00 50 0 Arrdt centre (1 -2-3) Maghreb Arrdt 4 à 1 2 Maghreb Arrdt Nord Arrdt centre 1 4-1 6 (1 3-1 5-1 -2-3) UE à 1 5 Maghreb UE à 1 5 Arrdt 4 à 1 2 Arrdt Nord Arrdt centre Arrdt 4 à 1 2 UE à 1 5 1 4-1 6 UE (1 3-1 5-1 -2-3) Autres Autres pays à1 5 pays Arrdt Nord 1 4-1 6 3-1 5-1 Autres pays

UE à 15

autre pays

célibataire Mariée Veuve Divorcée

arrondissements de Marseille, nous constatons qu’elles sont majoritairement mariées, alors que les autres origines sont majoritairement veuves. Ceci pourrait être rapproché des
Note 3 : Rapport final page 17 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

données recueillies par entretiens : les hommes rentrent plus que les femmes vivre au pays à l’âge de la retraite, tout en restant mariés, tandis que les femmes préfèrent rester en France, à proximité de leurs enfants.

Situation m atrim oniale des fem m es im m igrées âgées de 60 ans et plus dans les arrondissem ents nord de Marseille en 1999

100% 80%

117

28

36

377 60% 40% 423 20% 0% 41 Maghreb

164

219

Divorcée Veuve Mariée célibataire

124 12 UE à 15

113 30 Autres pays

Des femmes qui vivent plutôt dans de grands logements, en propriété ou dans le parc locatif
Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon la taille du logement comparaison par arrondissements Maghreb
700

UE à 15

autre pays

600

500

400

vivant dans logement de 1 ou 2 pièces vivant dans logement de 3 ou 4 pièces vivant dans logement de 5 pièces ou plus
A rrdt centre (1 -2-3) M aghreb A rrdt 4 à 1 2 M aghreb A rrdt No rd 1 3- A rrdt centre A rrdt 4 à 1 UE A rrdt No rd 1 2 3- A rrdt centre 1 5-1 4-1 6 (1 -2-3) UE à 1 5 à1 5 1 5-1 UE à (1 4-1 6 -2-3) A utres M aghreb UE à 1 5 1 5 pays A rrdt 4 à 1 2 A utres pays A rrdt No rd 1 31 5-1 4-1 6 A utres pays

300

200

1 00

0

Note 3 : Rapport final page 18 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Les femmes âgées immigrées, quelles que soient leurs origines, vivent majoritairement - dans les quartiers Nord mais également dans les autres arrondissements - dans des logements de plus de 3 pièces. Ceci doit être rapproché d’une faible mobilité résidentielle : les femmes âgées vivent généralement dans le même logement depuis longtemps, celui où elles ont élevé leurs enfants.

Nom bre de pièces dans lesquelles les fem m es im m igrées âgées de 60 ans et plus vivent - pourcentages en colonne

100%

5,1 58,2 36,7 21,3

80%

vivant dans logement de 5 pièces ou plus vivant dans logement de 3 ou 4 pièces

60%

57,2 21,6
40%

vivant dans logement de 1 ou 2 pièces

19,1
20%

55,8

25,1

0%

M aghreb

UE à 15

Aut res pays

Dans les quartiers Nord, les femmes âgées d’origine maghrébine vivent de manière privilégiée dans de grands appartements. Elles représentent plus de 58% des femmes âgées immigrées qui vivent dans des logements de 5 pièces ou plus, alors qu’elles ne représentent dans ces arrondissements que 44,8% de la population des immigrées de 60 ans et plus. Ceci s’explique dans ces quartiers par une surreprésentation de cette population originaire du Maghreb d’une part dans les logements anciens des noyaux villageois (type « maisons de ville ») avec un statut de propriétaire, mais également dans les logements des années 60 du parc HLM et des grandes copropriétés privées, qui offre également beaucoup de grands logements [cf. graphiques pages suivantes].

Note 3 : Rapport final page 19 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon la période de construction du logement - comparaison par arrondissements 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0

immeuble avt 1915 1915-1948 1949-1967 1968-1974 1975-1981 1982-1989 1990 ou après

Arrdt centre (1 -2-3) Maghreb

Arrdt 4 à 1 2 Maghreb

Arrdt Nord 1 Arrdt centre 3(1 -2-3) UE à 1 5 1 5-1 4-1 6 UE à 1 5 Maghreb

Arrdt 4 à 1 2 UE à 1 5

Arrdt Nord 1 A rrdt centre 3-2-3) Autres 1 5-1 UE à (1 4-1 6 pays 1 5

Arrdt 4 à 1 Arrdt Nord 1 2 3Autres pays 1 5-1 4-1 6 Autres pays

Répartition des fem m es im m igrées âgées de 60 ans et plus selon le statut d'occupation
600

propriétaire

500

400

locataires non HLM

300

locataire HLM

200

1 00

0 2 A rrdt centre A rrdt 4 à 1 M aghreb (1 -2-3) M aghreb 2 2 A rrdt No rd A rrdt centre A rrdt 4 à 1 A rrdt No rd A rrdt centre A rrdt 4 à 1 A rrdt No rd A utres pays 1 4-1 6 3-1 5-1 (1 -2-3) UE à 1 5 1 4-1 6 3-1 5-1 -2-3) UE à 1 4-1 6 (1 3-1 5-1 A utres pays A utres pays UE à 1 5 1 UE à 1 5 5 M aghreb

loc ou sousloc meublé ou chambre d'hôtel logés gratuits

Note 3 : Rapport final page 20 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon le statut d'occupation dans les arrondissements Nord de Marseille

100%

3,1 15,4

8,5 12,2

3,3 9,2 Logées gratuits 27,4 Location en meublés locataires HLM locataires non HLM

80% 19,5 40,3 60%

40% 59,8 40,8 59,0

Propriétaires

20%

0% Maghreb UE à 15 Autres pays

Dans les quartiers nord, les femmes âgées immigrées d’autres origines sont plus souvent propriétaires que les Maghrébines. Celles-ci sont à l’inverse plus que les autres logées dans le parc locatif, social comme privé.

Note 3 : Rapport final page 21 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

Les données de la Caisse d’Allocations Familiales Ce n’est que sur le secteur de la CAF des Bouchesdu-Rhône que nous avons pu obtenir des données relatives aux prestations sociales délivrées par cet organisme 3 . C’est dans le 15ème arrondissement que le nombre d’allocataires féminines de nationalité étrangère âgées de 60 ans et plus est le plus important. C’est le deuxième arrondissement en poids démographique des femmes âgées immigrées, derrière le 13ème où l’on trouve pourtant moins d’allocataires. En regard du nombre de femmes âgées immigrées, le 14ème arrondissement est celui où l’on trouve proportionnellement le plus d’allocataires CAF.
Nombre de femmes âgées étrangères (CEE et hors CEE) bénéficiant de prestations CAF en tant qu'allocataires ou conjointe d'allocataire, dans les arrondissements Nord de Marseille (source: CAF 13)
450 400 145 350 119 300 250 200 150 100 50 0 13ème 14ème 15ème 10 30 6 23 8 20 68 8 16ème 218 228 264 66 CEE RESP. DOSSIER 144 AUTRES ETRANGERES CONJOINTES AUTRES ETRANGERES RESP. DOSSIER CEE CONJOINTES

Ces éléments donnent un éclairage particulier sur la précarité qui peut toucher les femmes âgées étrangères et 15ème arrondissements. Il n’est des 14ème malheureusement pas possible de comparer les chiffres pour des problèmes d’années et de structures des échantillons. La CAF se base sur les femmes de nationalité étrangère, et les chiffres datent de 2005, tandis que nous avons travaillé pour le reste des données statistiques sur les femmes immigrées (étrangères ou françaises nées à l’étranger) de 1999.

3

La CAF du Vaucluse nous a adressé une fin de non-recevoir ; la Caf des Alpes-Maritimes nous a adressé un devis qui nous a paru prohibitif en regard des données recherchées et de la finesse de l’approche territoriale à laquelle il était possible de les obtenir.
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Note 3 : Rapport final page 22 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

L’analyse de la nature des prestations reçues par ces femmes âgées de nationalité étrangères nous renseigne également sur différents éléments. Dans les 13ème, 14ème et 16ème arrondissements, plus de 80% des prestations relèvent de l’APL. Il s’agit donc d’aides au logement versées à des femmes logées dans le parc social. Dans le 15ème arrondissement, la part des bénéficiaires de l’ALS est plus importante : il s’agit d’une aide au logement sous conditions de ressources pour les personnes vivant dans le parc privé.

Répartition des prestations CAF selon les arrondissements et selon le statut du bénéficiaire (source: CAF 13)
100% 90%

APL
80% 70% 60% 50% 199 110 127 218 115 61

ALS
203 62 1095

ALF

AAH
40% 30% 20% 37 10% 0% RESPONSABLE DOSSIER - 14ème RESPONSABLE DOSSIER - 15ème CONJOINTE - 14ème CONJOINTE - 15ème CONJOINTE - 13ème CONJOINTE - 16ème RESPONSABLE DOSSIER - 13ème RESPONSABLE DOSSIER - 16ème TOTAL 18 5 18 20 25 6 5 15 34 6 24 6 13 17 5 0 57 68 221

API

RMI

La troisième allocation la plus importante en nombre est le Revenu Minimum d’Insertion, qui peut dans certains cas être perçu par des femmes âgées de 60 ans ou plus.

Note 3 : Rapport final page 23 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Il est également important de noter que certaines femmes âgées bénéficient de l’ALF (Allocation Logement Familial 4 ) et de l’API (Allocation Parent Isolé), ce qui confirme le fait que certaines femmes âgées célibataires ou veuves ont des enfants à charge.

Répartition des femmes âgées immigrées allocataires CAF ou conjointes d'allocataire, selon les type de prestation, dans les arrondissements Nords de Marseille (13 à 16) (source CAF 13)

1095

221 57

17 RMI

5 AAH ALF ALS APL

Globalement, à l’échelle des 4 derniers arrondissements, 95% des prestations dont bénéficient les femmes âgées immigrées concernent les aides au logement (APL, ALS, ALF).

4

L’Allocation de logement familiale (ALF)concerne les personnes qui n'entrent pas dans le champ d'application de l'APL et qui ont des enfants (nés ou à naître) ou certaines autres personnes à charge, ou forment un ménage marié depuis moins de 5 ans, le mariage ayant eu lieu avant les 40 ans de chacun des conjoints
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Note 3 : Rapport final page 24 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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1.3

Cadrage statistique : Nord-Vaucluse Le département du Vaucluse regroupe 8,4% de la population féminine immigrée âgée de 60 ans et plus de la région, soit 6 476 femmes toutes origines confondues. Bien que l’effectif des femmes immigrées âgées soit plus important dans certaines communes comme Avignon, il est intéressant d’étudier le nord du département que nous pouvons qualifier comme étant une zone rurale. Pour ce territoire Nord-Vaucluse, nous avons travaillé sur les communes de Valréas, Bollène, Vaison La Romaine et Orange. C’est à Bollène que la part des femmes âgées immigrées dans la population totale est la plus importante (1,4%) ; mais c’est à Orange que la population immigrée âgée de 60 ans ou plus est la plus féminine (52,6%) et que la population féminine immigrée est la plus âgée (25,7% de personnes de 60 ans et plus parmi les femmes immigrées). C’est également dans cette commune que le nombre de femmes âgées immigrées est en forte augmentation (+8,5%) entre 90 et 99. Néanmoins, cette croissance reste inférieure à celle du département, largement alimentée par Avignon, mais également par les toutes petites communes sur lesquelles nous n’avons pas pu obtenir de données (seuil des 5.000 habitants non-atteint).

immi Pop pop agés totale99 immi99 de 60 et +

Part des Part des Part des évolution femmes femmes femmes de 90/99 du âgées Femmes Femmes dans la 60 ans et + nombre de femmes âgées âgées immigrées population dans la femmes immigréesimmigréesimmigrées dans la immigrée population immigrées en 1990 en 1999 population de 60 ans et immigrée de 60 ans totale en + féminine ou + 1999

Bollène Orange Vaison-laRomaine Vaucluse

14 151 1 848 27 902 3 117 5 877 592

404 624 144

940 1 274 300
23 208

192 300 76
5 824

196 328 72
6 476

1,4% 1,2% 1,2%
1,3%

48,5% 52,6% 50,0%
51,3%

20,9% 25,7% 24,0%
27,9%

2,0% 8,5% -5,6%
10,1%

491 307 45 890 12 612

Note 3 : Rapport final page 25 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Sur l’ensemble de ces 4 communes, les femmes âgées immigrées sont généralement issues de l’Union Européenne à 15, alors que les femmes issues des pays hors UE et hors Maghreb sont les moins représentées.
Femmes immigrées âgées de 60 ans et plus en 1999 4 753 1 124 599 Pourcentage des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus en 99 73,4% 17,4% 9,3%

Origines UE à 15 Maghreb Autres pays hors UE et hors Maghreb

C’est à Orange que la population des femmes âgées immigrées apparaît le plus diversifiée en terme d’origines. Près d’une sur trois y est originaire du Maghreb, contre une sur quatre à Bollène.

Répartition selon l'origine des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus en 1999 dans les villes du Nord Vaucluse
9) Autres pays d'Europe 28 8 8 8) Union européenne à 15 7) AmériqueOcéanie 136 188 96 60 4) Autres pays d'Afrique 4 12 36 20 12 64 4 0% 84019BOLLENE 84087-ORANGE 84137-VAISONLA-ROMAINE 84138VALREAS 8 12 1) Algérie 3) Tunisie 2) Maroc 6) Asie 5) Turquie

100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10%

4

Dans ces deux communes, ce sont les femmes issues d’Algérie qui sont les plus nombreuses, comme nous le confirme le graphique suivant. A Vaison la Romaine, seules les femmes originaires du Maroc sont représentées. Ceci va à l’encontre des représentations traditionnellement admises d’une surreprésentation des immigrés originaires du Maroc dans le

Note 3 : Rapport final page 26 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Répartition des femmes immigrées originaires du Maghreb et âgées de 60 ans et plus dans le nord du Vaucluse

80

Vaucluse, employés dans l’agriculture. Cette répartition selon l’origine de ne retrouve pas pour les femmes âgées. Des femmes immigrées qui plus souvent en que dans les territoires âgées vivent famille autres

64
60

Algérie
40

36

Maroc Tunisie

20

12

0 BOLLENE

1 20

1 00

80

60

40

20

0
BOLLENE

ORANGE

Pour ce qui est de la situation matrimoniale, les femmes immigrées âgées 12 12 8 originaires du Maghreb sont 4 4 autant mariées que veuves dans le département du nord ORANGE VAISON-LA-ROM AINE VALREAS Vaucluse, respectivement 76 mariées et 72 veuves. Les Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon la femmes issues situation matrimoniale des autres pays sont plus célibatair e souvent Mariée veuves, tout Veuve comme celles Divorcée issues de l’UE à 15. Par contre, la situation matrimoniale des femmes immigrées ne se distribue pas de la même manière. Comme nous avons pu le constater auparavant, Maghreb Autres pays UE à 1 5 les seules M h b femmes vivant dans la commune de Vaison la Romaine sont d’origine marocaine. Grâce à ce graphique nous savons que toutes sont mariées. Mais le graphique suivant nous informera sur la distribution spatiale de la situation matrimoniale des femmes selon leur origine.
20
VAISON-LAROMAINE VALREAS BOLLENE ORANGE VAISON-LAROMAINE VALREAS BOLLENE ORANGE VAISON-LAROMAINE VALREAS

Note 3 : Rapport final page 27 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Répartition des femmes immigrées originaires du Maghreb selon leur origine
35

célibataire Mariée
30

Veuve Divorcée

25

20

15

10

5

0 BOLLENE ORANGE VAISONLAROMAINE VALREAS BOLLENE ORANGE VAISONLAROMAINE VALREAS BOLLENE ORANGE VAISONLAROMAINE VALREAS

Algérie

Maroc

Tunisie

200 180 160 140 120 100

Les femmes originaires d’Algérie sont autant mariées que veuves, respectivement 40 et 44, alors que les celles issues du Maroc sont généralement mariées, elles représentent 60% des femmes âgées. Les femmes originaires de Tunisie sont quant à elles Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus majoritairement selon la taille du ménage dans le nord Vaucluse veuves, elles sont 188 188 62,5%. Pour ces deux vivant dernières origines, on seules ne retrouve pas de femmes âgées célibataires, vivant dans contrairement aux un ménage femmes algériennes. de 2
personnes 84 vivant dans un ménage de 3 ou 4 personnes vivant dans un ménage de 5 personnes ou plus

80

60
60 40 20

48 36 28 32 24 4 8

Une des caractéristiques de ces territoires est une proportion sensiblement plus faible de femmes qui vivent seules, comparée aux autres secteurs de l’étude.

0 MAGHREB AUTRES PAYS UE 15

Note 3 : Rapport final page 28 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Répartition des fem m es im m igrées âgées de 60 ans et plus selon la taille du logem ent dans le nord Vaucluse
300 280 260 240 220 200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 MAGHREB AUTRES PAYS UE 15

280

vivant dans logement de 1 ou 2 pièces vivant dans logement de 3 ou 4 pièces vivant dans logement de 5 pièces ou

148

100 48 24 8 28 24 40

En terme de logements, les caractéristiques sont sensiblement les mêmes que sur les autres territoires : les femmes âgées immigrées vivent plutôt dans de grands logements (3 pièces et plus), et ce quelle que soient leur origine.
Répartition des femmes immigrées âgées de 60 ans et plus selon le statut d'occupation du logement
120

Maghreb
100

Autres pays

UE à 15

propriétaire

80

location non HLM

60

location HLM

40

20

loc ou sousloc meublé ou chambre d'hôtel logés gratuits

0
BOLLENEORANGE VAISON- VALREASBOLLENEORANGE VAISON- VALREASBOLLENEORANGE VAISON- VALREAS LALALAROMAINE ROMAINE ROMAINE

Note 3 : Rapport final page 29 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Les statuts d’occupation sont d’une part liés à la typologie du Parc de logement, d’autre part à l’origine des migrantes âgées. L’accueil dans le parc locatif social se fait là où il existe, c’est à dire principalement à Orange, et dans une moindre mesure dans les autres communes. On note que c’est un des statuts d’occupation les plus fréquents pour les femmes âgées d’origine maghrébine, notamment sur cette commune d’Orange. Les femmes âgées d’origine européenne sont beaucoup plus souvent propriétaires de leur logement.

Les femmes originaires de l’UE à 15 représentent 73,4% de la population féminine immigrées âgées de 60 ans et plus de ces territoires et sont plus nombreuses à vivre dans la commune d’Orange. Elles sont majoritairement veuves et vivent autant seules que dans un ménage de deux personnes. Elles vivent principalement dans des logements de 3 et 4 pièces dont elles sont propriétaires. Les femmes originaires du Maghreb, représentant 17,4% de la population féminine immigrées âgées de 60 ans et plus de ces 4 communes, vivent pour plus de la moitié d’entre elles (56%) à Orange. Elles sont plus souvent mariées, mais vivent pourtant majoritairement seules. Elles sont généralement locataires d’un logement ayant entre 3 et 4 pièces, le plus souvent dans le parc social. Les femmes originaires des autres pays hors UE et hors Maghreb ne représentent que 9,3% de la population féminine immigrée âgée de 60 ans et plus. Majoritairement veuves, elles vivent le plus souvent seules dans des logements de 3 ou 4 pièces dont elles sont propriétaires.

Note 3 : Rapport final page 30 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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2 Une approche genrée ?
partir d’une série d’entretiens réalisés auprès de femmes âgées immigrées, en face à face ou en groupe dans le cadre de réunions associatives, nous avons tenté de dégager les caractéristiques qui rendent spécifique la migration féminine. Ces informations concernent essentiellement les femmes d’origine maghrébine, celles-ci étant plus représentées et plus « structurées » au niveau associatif. Il s’agit d’un tentative de typologie, exercice forcément réducteur quant à la diversité des situations observées. Les « limites » entre les différents profils sont perméables, certaines parcours peuvent emprunter des éléments à plusieurs situations décrites. Mais c’est dans un soucis de clarté que nous avons opté pour cette présentation.

A

2.1

Des parcours migratoires différents… On observe chez les femmes immigrées plusieurs formes de parcours migratoires, que nous avons regroupés selon trois grandes « familles ».
Des femmes qui ont suivi ou rejoint un époux en situation de travail

Le premier parcours migratoire, celui que l’on retrouve le plus souvent chez les femmes d’origine maghrébine, est celui de femmes qui ont rejoint un conjoint plus ou moins longtemps après la migration de celui-ci. M., 73 ans : « Moi, je suis venue en France vers les années 50… 53, je sais plus très bien. J’avais même pas vingt ans, et dès que j’ai été mariée, mon mari il est venu en France, pour faire comme les autres du village, parce qu’on disait là-bas qu’il y avait beaucoup de travail ici en France. Il était venu pour faire le paysan, comme au pays, alors il était à Bollène et il travaillait aux champs. Moi je suis venue quelques mois après, j’étais déjà enceinte. Alors je suis venue aussi à Bollène. […] Je restais à la maison, je sortais pas, je m’occupais des enfants… je faisais le ménage. […] Après, j’ai travaillé un peu pour le patron de mon mari, pour les vendanges ou pour ramasser les pommes de terres ou les salades […]. Après, mon mari il a été au chômage, et c’est là qu’on est venu à Marseille, parce que son ami il avait trouvé du travail ici, mais dans le
Note 3 : Rapport final page 31 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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bâtiment. […] Ici, j’ai jamais travaillé… toujours, je suis restée à la maison. On a eu six enfants. Quand le cinquième il est né, on a déménagé dans une maison dans le 15ème arrondissement, à St Louis […]. C’est vieux, c’est un peu grand maintenant que je suis toute seule, mais où tu veux que j’aille ? C’est ici ma maison… » 5 . N., 80 ans : « Je suis venue ici pour rejoindre mon mari… je voulais pas rester seule dans son village… tu sais, une femme seule dans une maison, elle est souvent harcelée… C’est pour ça… […] mon mari, il avait du travail dans les champs, les pommes de terres, les pommes… il travaillait à côté de Dignes […] J’avais qu’un seul enfant quand je suis venu le rejoindre, l’autre il est né après, ici en France, c’est son pays. […] La femme du patron venait me voir de temps en temps et elle apportait toujours des bonbons ou des gâteaux pour les enfants ; elle m’a toujours dit, si tu as besoin de quelque chose, tu viens sonner, parce qu’elle m’avait montré la sonnette de sa maison. Quand je faisais le couscous ou le pain, je lui en donnais et le lendemain elle me regardait et elle embrassait ses mains, elle me disait ‘c’est du beurre ce que vous faites’ […]. Mon mari, quand je l’ai rejoint, il n’y avait que très peu de voitures, c’est les chevaux qui tractaient les gens à cette époque !… alors ça fait longtemps ! […] Moi je travaillais pas dans les champs, je restais à la maison à faire le ménage, la lessive… tu sais il n’y avait pas de machine à laver le linge à l’époque […]. Je sais plus combien on est resté à Digne… quelques années et on est parti parce qu’on avait pas assez d’argent. Un copain à mon mari, il lui a dit que le bâtiment ça payait mieux, alors il a travaillé dans le bâtiment, maçon… […] Mais là où on était, il n’y avait pas trop de travail, parce que le travail en bâtiment, tu peux le faire que là où il y a beaucoup de monde qui habite, alors on est parti à Marseille… pour le travail. Il y avait beaucoup d’Arabes ici, il a vite trouvé du travail… tu sais le bouche à oreille. Mon mari sortait un peu et vite il a trouvé du travail, il n’est jamais resté au chômage, c’était un travailleur… Mais voilà, avec le travail qu’il faisait, où ça l’a mené ?… il est mort, usé par son travail, la poussière, la fatigue… […] Et avec tout ce qu’il a travaillé, tout ce qu’il a fait pour la France, moi aujourd’hui, j’ai droit a rien… regarde… ma retraite, c’est quoi [500 € de pension de réversion, ndr] ?… comment je fais pour vivre ? et en plus il a fallu que je me batte pour qu’ils me la donnent… »
5

entretien
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Note 3 : Rapport final page 32 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

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Ce type de parcours est le plus fréquent, notamment sur Marseille : Migration du conjoint, seul, en tant qu’ouvrier agricole dans le Vaucluse ou les Alpes-de-HauteProvence ; sa femme le rejoint alors qu’elle est enceinte ou a déjà un premier enfant ; Suite à une période de chômage du conjoint, « exode rural » dans les quartiers nord de Marseille, où le mari travaille dans le bâtiment. Souvent à partir de ce moment, la femme ne travaille plus et se consacre à ses enfants.

Naissance du premier enfant

Chômage du conjoint

Migration du conjoint dans une zone agricole

Migration féminine La femme reste au foyer mais peut être amenée à travailler aux champs

« exode rural » ; installation en zone urbaine. La femmes reste au foyer

Nouvel emploi du conjoint

La vie est centrée sur le foyer et sur le quartier

1940-1950

1950 à 1970

1980

1990

2000

Mme T.K « Je suis née en 1937 à Kercha, en Algérie… mon mari est venu en France en 1952, et il m’a demandé en mariage en 1957. Il est resté trois mois et il est reparti en France, j’étais alors enceinte de ma première fille. […] Je vivais avec sa famille, chez ses parents. On menait une vie de paysans, je trayais les vaches et les brebis, je m’occupais de la maison. […] Comme je ne m’entendais pas avec ma belle-mère, je suis partie de la maison. J’ai du me débrouiller toute seule pour trouver un toit. Lui il travaillait en France et il m’envoyait de l’argent […] Quand j’ai eu mes deux premiers enfants, il m’a demandé de l’accompagner, mais j’ai refusé. J’ai préféré rester pour m’occuper des enfants. Je voulais qu’ils fassent des études, qu’ils soient bien nourris et qu’ils aient un bel avenir […] les enfants ont grandi sans la présence de leur père. Comme ils ne le voyaient qu’une fois par an, ils ne le craignaient pas. […] Pendant une vingtaine d’années, je faisais les allers et retours entre ici et là-bas. Je venais le voir
Note 3 : Rapport final page 33 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Décès du conjoint, départ des enfants

Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

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et je repartais. A l’époque il ne fallait pas de visa. […] Maintenant que les enfants sont grands et que chacun a sa petite vie, j’ai décidé de venir vivre avec lui ici en France. Les procédures du regroupement familial sont très longues, mais je suis arrivée en 2002 […] 6 » On notera que dans les secteurs ruraux que nous avons étudiés, on retrouve la première phase de ce parcours migratoire, qui se rompt à la phase d’exode rural. Les familles sont restées vivre dans les territoires du NordVaucluse par exemple. C’est également sur ces territoires que l’on observe encore ce type de profils migratoires de femmes qui viennent rejoindre un conjoint installé, la migration féminine pouvant avoir lieu alors que le conjoint est déjà à la retraite [cf. note 2], même si on le retrouve également en ville (3ème extrait d’entretien).
Des femmes qui ont migré en famille, plus récemment

Certaines femmes ont migré avec leur conjoint et leurs enfants, en famille. Ces profils sont plus rares chez les femmes âgées, ces migrations semblant correspondre à une période encore récente et souvent liées aux conditions socio-politiques. Il s’agit généralement de familles déjà urbaines dans le pays d’origine, ayant souvent un niveau social relativement élevé, lequel a souvent été perdu lors de l’arrivée en France. Certaines de ces familles ont migré dans les années 50 à 70, mais la majorité plus récemment, en lien avec les conflits dans les pays d’émigration ; on retrouve ainsi beaucoup de femmes algériennes ayant migré en famille dans les années 90, mais c’est également dans ce profil que l’on retrouve la plupart des personnes originaires d’Europe de l’Est et d’Afrique sub-saharienne. K., 56 ans : « On est venu en 94… Mon mari travaillait en Algérie, moi j’avais arrêté quand j’ai eu mon premier fils… […] Là-bas, j’avais fait des études de comptabilité, mais ici, j’ai pas pu trouver du travail… nos diplômes, ils valent rien ici, il aurait fallu que je recommence tout… alors je suis restée m’occuper de la maison, même si les enfants ils étaient déjà un peu grands, ils n’avaient plus besoin de moi tout le temps comme quand ils sont petits… Mais moi, au départ, je pensais que j’allais travailler de nouveau […]. On est venu parce qu’on avait peur, on voulait pas que
6

extrait des récits réalisés par l’association « Les Chibanis »
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Note 3 : Rapport final page 34 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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nos enfants y grandissent dans la guerre, et puis ici, c’était plus facile pour qu’ils aient une bonne éducation, qu’ils aillent à l’école, qu’ils fassent des études […]. Ça a été dur pour le plus grand, les autres ça va… […] Mon mari, il a pas trouvé du travail tout de suite, c’était difficile… On est venu ici [à Marseille, ndr.] parce qu’on connaissait un peu, il y avait la famille et tout, qui nous ont hébergés au début… […] Après mon mari a trouvé du travail, mais dans le bâtiment, et des fois il travaillait pas… c’était pas régulier. Aujourd’hui il est à la retraite, mais on n’a pas grand chose… Il n’a pas travaillé assez longtemps ici, alors… mais ça va, on arrive à s’en sortir, parce qu’aussi je parle bien français, je l’avais appris là-bas, au pays, alors j’arrive à me débrouiller. C’est pas comme ceux qui sont arrivés y a 30 ans, ou 40 ans, et dès fois leurs femmes elle parle même pas français… Qu’est-ce qu’elles ont fait pendant tout ce temps ?… » 7 Si dans le premier parcours migratoire, la décision revenait à l’homme et la migration féminine semblait liée à la naissance d’un enfant, elle est ici davantage liée à une cause externe (conflit principalement). Face à une situation qui paraît dangereuse, c’est le couple qui décide de migrer, dans le souci notamment d’assurer un avenir « serein » aux enfants.

Des femmes qui ont migré seules

Le troisième profil rencontré est celui de femmes ayant migré seules. Les situations sont néanmoins très variées. On observe en effet des femmes qui ont migré seules dès les années 50-60, « des femmes qui ont migré comme des hommes 8 », pour un motif principalement économique. Leur situation est assez semblable à celles des vieux immigrés maghrébins, entre ici et là-bas. Mais également des femmes célibataires avec ou sans enfants, des femmes ayant fuit un mariage dont elles ne voulaient pas, des femmes ayant suivi un « patron »… La migration est pour elles une véritable rupture, tant géographique que familiale, les liens avec le pays ayant souvent étés rompus. D., 68 ans : « Pourquoi je suis venue en France ?… ben c’est la vie, hein… […] Au pays [en Tunisie, ndr.], je
7 8

entretien entretien responsable associatif
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Note 3 : Rapport final page 35 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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travaillais pour un patron, il avait des terres, des cultures, je m’occupais de la maison, je faisais à manger, le linge, je gardais les enfants… c’était bien, c’était un bon patron, je vivais là-bas et tout. Puis après, vers… 71, je crois ou 72, il est revenu en France, parce que c’était un Français… et puis il m’a dit ‘qu’est ce que tu vas faire ici ?’… Moi je savais pas, je lui ai dit que j’allais voir et il m’a dit que si je voulais je pouvais venir avec lui et continuer pareil. Alors je suis partie […]. Ma famille elle a pas trop accepté, parce que je partais comme ça, j’avais pas de mari, ils disaient que j’étais comme une esclave… mais être l’esclave d’un patron ou d’un mari, hein… alors… […] Au début, c’était dans le Var, je travaillais pareil… Et puis après, comme ça, il m’a dit qu’il pouvait plus me garder, il a cherché des explications, mais je sais pas pourquoi… […] Alors je suis venue ici [à Nice, ndr.] et j’ai commencé à travailler comme femme de ménage. Mais là c’était dur, parce qu’en plus je devais payer un logement et tout… […] Je pouvais plus envoyer d’argent à la famille, alors là ça a vraiment été la fin… pour eux j’étais perdue ! […] Voilà, c’est ça ma vie… j’ai été toujours toute seule, j’ai pas eu ni mari ni enfants… alors pour une femme… 9 » K., 74 ans : « J’étais la deuxième fille, et mes parents ils ont attendu longtemps avant d’avoir un garçon… Alors à cette époque, il fallait partir pour trouver du travail et de l’argent. C’était à Oujda [frontière Est du Maroc, ndr.] et pour trouver du travail il fallait partir… et comme j’étais la deuxième c’est moi qui suis partie… […] Je suis venue à Marseille, mais j’ai travaillé aussi à Nice, à Marseille, à Nîmes, je connais pleins d’endroits. J’ai toujours fais femme de ménage, m’occuper des maisons, des enfants… hé oui… […] Mais c’est pas facile, parce que je sais pas lire, alors hein, pour faire les choses… c’est pas facile… En plus aujourd’hui je suis vieille, je suis fatiguée, regarde, je peux plus faire les choses comme avant… […] Quand je travaillais, c’est ma patronne qui m’aidait pour faire les choses, la banque, les papiers. Moi, j’ai toujours été voter, depuis que je suis française ! mais comme je sais pas lire, c’est ma patronne qui me disait quel papier je devais mettre… Mais maintenant, comme je travaille plus, y a plus personnes pour m’aider, alors je vais plus voter ! hé oui [rires]… A chaque fois, faut que mes voisins ils m’aident, pour le courrier, pour les papiers… […] Ici, j’ai mes neveux et ma nièce, ils viennent tout le temps, mais que pour prendre des trucs dans le frigo ou pour me demander de
9

entretien
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Note 3 : Rapport final page 36 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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l’argent, ou pour que je garde le petit… Mais pas pour m’aider… […] C’est moi qui les ai élevés, ils sont venus en France parce que j’étais là, je les ai… comment on dit… adoptés ? C’est comme mes enfants, sauf que des enfants j’en ai jamais eu ! c’est les enfants de ma sœur, mais elle, elle est restée à Oujda. […] je vais la bas, au moins deux fois par an, mais ça me fatigue… il fait chaud, il y a tout le monde, alors je sors pas, je reste dans la maison… je vais plus y aller je crois… […] C’est dur tu sais… parce que regarde, ce que la retraite elle me donne… et après le loyer, les charges elles augmentent, et tout… et l’argent pour aller au bled, et j’envoie un tout petit peu, et quand M. [le neveu] il vient il faut que je lui donne aussi un peu… pourtant il travaille, hein, mais y a la voiture et tout… et j’achète à manger pour le petit [fils de sa nièce], parce que elle… elle sait pas, avec elle il mange rien ! […] Alors tu vois, à la fin, y reste pas grand chose hein… 10 » Ces deux extraits d’entretiens illustrent les parcours migratoires de ces femmes qui ont migré seules, la migration pouvant être un choix individuel – émancipation, autonomie - ou pouvant relever, comme pour les hommes, d’une émigration « ordonnée » (comme cela semble être le cas dans le deuxième entretien).

10

entretien
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Note 3 : Rapport final page 37 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

Les femmes âgées immigrées en Région PACA Réalité statistique et visibilité sociale

FASILD

2.2

… qui se traduisent par des légitimations différentes de la migration féminine. Les différents parcours migratoires observés et décrits ci-avant se traduisent, pour les femmes elles-mêmes, par des légitimations différentes de leur migration. Pour certaines, leur migration leur semble un fait « naturel », puisque c’était leur rôle d’épouse de rejoindre leur mari, à qui a incombé cette décision. Pour d’autres, la migration a relevé d’un choix de vie, qui vient souvent se masquer derrière « les enfants ». Venir en France, c’était pour elles assurer aux enfants une scolarité de qualité, un cadre de vie, etc. C’est en fait une minorité qui déclare être venue pour son propre épanouissement. Néanmoins, ces différentes légitimations se combinent. Il est bien entendu qu’une femmes venue rejoindre son mari peut tout à fait avoir été elle-même porteuse du projet migratoire. L’explicitations ciaprès vient schématiser les différents processus observés, dans le soucis d’apporter un éclairage sur la diversité des situations.
Venir en France pour être avec son mari…

Comme nous l’avons vu, la majorité des femmes rencontrées déclarent être venue en France pour rejoindre un conjoint déjà installé et travaillant ici. Le « déclencheur » de la migration féminine est souvent l’arrivée du premier enfant. Les femmes insistent parfois sur le rôle de l’époux dans leur venue. « Quand mon premier fils est né, mon mari a voulu que je le rejoigne, il voulait le voir grandir, même si c’est moi qui m’en suis occupé… ». « Je vivais chez ma belle-famille, dans la maison des parents de mon mari. Ça se passait bien, je m’entendais bien avec ma belle-mère, j’aidais à la maison. Et puis quand le petit il a eu 8 mois, mon mari il est rentré pour les vacances et il a dit que j’allais avec lui en France, qu’il s’était occupé de tout, qu’il avait fait la demande et qu’il avait les papiers… Moi, je voulais pas trop partir, j’avis peur, je connaissais pas, je parlais pas, j’avais le petit et je devais tout quitter, tout le monde, la famille… 11 » Certains travailleurs sociaux vont dans le même sens, et précisent que cette décision masculine d’une migration féminine se trouve encore, notamment chez certains hommes préparant la venue de leur compagne pour leur retraite.
11

entretiens
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Avec l’absence de projet migratoire propre, une forme de passivité dans la migration, celle-ci peut être interprétée comme une perpétuation de la relation de domination à l’époux et à la famille. Ce n’est pas la femme elle-même qui fait le choix de la migration, mais bien son époux, sa famille, voire un groupe social plus large tel que c’était le cas dans l’émigration ordonnée (SAYAD, 1999). Néanmoins, cette légitimation de la migration passe également très souvent par les enfants, et donc par les femmes elles-mêmes : « Moi, ce que je voulais, c’était le meilleur pour mes enfants, une bonne vie, une bonne école, c’est ça que je voulais quand j’ai accepté de rejoindre mon mari… et c’est ça qui me donnait envie de venir 12 ».
… ou pour y trouver, pour soit-même et sa famille, meilleures conditions de vie et épanouissement personnel

Bien que le conjoint soit presque toujours évoqué comme étant à l’origine de la migration féminine, les femmes n’en sont pas pour autant moins actives dans le projet migratoire. Nous l’avons vu, l’éducation et l’avenir des enfants jouent un rôle primordial dans ce projet. Si c’est souvent la venue au monde d’un enfant qui a poussé une femme à rejoindre son conjoint en terre d’immigration, c’est encore les enfants qui motivent à rester en France, rendant hypothétique le retour au pays. « C’est ici que j’ai élevé mes enfants, qu’ils ont grandis. L’Algérie, ils ne connaissent pas, ils veulent même pas y aller pour les vacances… Alors si leur pays c’est ici, je me dis que j’ai bien fais de venir, même si au début je savais pas trop… »
Ainsi, même si elles n’apparaissent pas directement porteuses du projet migratoire, les femmes y contribuent la plupart du temps.

Pour certaines, porteuses d’une dynamique d’émancipation, la migration est un acte personnel. C’est typiquement le cas des femmes qui ont émigré seules – et souvent dans une recherche directe d’émancipation familiale et sociale – mais également le cas des femmes qui ont migré en famille : c’est la recherche d’un meilleur pour leur famille et pour elles-mêmes qui a motivé la migration. Elles ont participé pleinement à la décision de quitter un pays pour venir s’installer en France.

12

entretien
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2.3

Tentative de typologie : une « échelle de précarité » des publics, liée aux parcours migratoires Au cours de nos investigations, nous avons pu identifier plusieurs types de public, s’inscrivant dans des trajectoires migratoires différentes et présentant des degrés de « risques de précarisation » plus ou moins élevés. Encore une fois, le risque inhérent à toute exercice de typologie est d’être réducteur quant à la diversité des situations. Il est donc bien entendu que les profils présentés ci-après sont théoriques est visent à faciliter l’appréhension de ce public. Ils ne doivent pas masquer la « perméabilité » qui existe entre les différentes situations.
Des femmes âgées impliquées dans la vie locales, maîtrisant bien la langue française
Des femmes actives dans le projet migratoire, souvent dans une dynamique d’émancipation

La majorité des femmes âgées originaires de l’Union Européenne à 15 (essentiellement des trois pays de l’Europe du Sud : Italie, Espagne, Portugal), ainsi qu’une minorité des femmes âgées originaires du Maghreb, présentent un profil particulier. Il s’agit pour l’essentiel de femmes ayant migré avant les années cinquante, en général en compagnie de leur conjoint, mais pas uniquement dans le but « de suivre le mari ». Il est intéressant de noter que ce sont ici des femmes ellesmêmes porteuses d’un projet migratoire, et qui se sont par conséquent inscrites pour elles dans une démarche d’intégration : elles ont en majorité fait une carrière professionnelle, éventuellement suivi des formations en France après avoir été scolarisées au pays, se sont inscrites dans les mouvements revendicatifs des années 80, et sont aujourd’hui encore souvent impliquées dans le mouvement associatif. Elles maîtrisent bien la langue française. Il est significatif de préciser que ce sont souvent ces femmes qui sont porteuses ou à l’origine des associations qui interviennent auprès des autres femmes âgées immigrées. Ainsi, une femme âgée d’origine espagnole, responsable d’une association menant des actions de socialisation (ateliers couture, sorties…) à Orange nous déclarait « Moi, je fais ça parce que je me revois à leur place… Je fais ce qui nous a manqué à nous quand on est arrivées. Mais la différence, c’est que les femmes qui viennent aujourd’hui, ça fait dès fois plus de vingt ans
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qu’elles sont en France ; mais elles sont jamais sorties, c’est que maintenant qu’elles peuvent sortir des chez elles… 13 » Néanmoins, parmi ces femmes, une part importante est dans une situation financière préoccupante ; et, malgré une bonne connaissance des institutions, est parfois dans la difficulté à faire valoir ses droits.
Des femmes passives dans la migration, longtemps soumises à la domination de l’époux, qui cumulent les handicaps dans la recherche d’une émancipation tardive.
La majorité des femmes âgées immigrées est aujourd’hui dans une démarche d’émancipation.

Il ressort de la totalité des entretiens effectués, tant auprès des opérateurs associatifs que des femmes ellesmêmes, que ces femmes veulent avant tout sortir de chezelles, découvrir la ville, le pays dans lequel elles vivent. Mais elles se heurtent à la barrière de la langue et à la peur d’un « extérieur » qu’elles ne connaissent pas. Soumises depuis leur arrivée en France à la domination familiale, assignées à un rôle de mère au foyer, garantes de la stabilité du ménage, elles n’ont que peu été actrices d’une émigration parfois présentée comme subie, et souvent résumée à la vie domestique. En effet, que nous disent ces personnes ? Qu’elles sont venues en France « pour rejoindre leur mari », qu’elles viennent principalement de zones rurales, que leur époux était souvent au départ ouvrier agricole ou manœuvre et qu’ils sont rapidement venus s’installer à la ville ; « qu’il [le mari] avait peur que je sorte », et qu’elles sont restées à la maison : « c’est les enfants ; quand un y grandissait, y en a un autre qui arrivait… fallait toujours que je sois à la maison parce qu’il y avait toujours des enfants petits ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Un nombre important a encore de grandes difficultés pour s’exprimer en français, et toutes sont dans ce paradoxe de vivre dans un pays qu’elles considèrent comme le leur (« mon pays c’est la France, ça fait vingt ans que je suis ici, mes enfants sont là… ») et qu’elles ne connaissent que très peu (tant à un niveau culturel, institutionnel que géographique).
Des degrés différents

Parmi ce type de public, les situations sont graduées. On ne peut donc pas parler de « profil » type. Certaines parlent à peine le français, d’autres maîtrisent mieux la langue mais ont des difficultés quant à la connaissance
13

entretiens responsable associative
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des institutions. Certaines sont dans la nécessité de se faire accompagner pour faire les courses ou aller au marché, d’autre ont une autonomie bien supérieure. Il semblerait que ces différences soient principalement liées au niveau social d’origine et aux rapports de domination familiaux, l’ascendant principal étant le conjoint. Les profils sont en effet différent selon qu’il s’agit d’une femme ayant étudié et travaillé au pays avant de venir – laquelle aura fréquemment travaillé également en France – seulement étudié au pays et jamais travaillé, ou s’il s’agit d’une femme issue d’une zone agricole au pays, qui n’a jamais été scolarisée. Dans ce dernier cas, la seule langue maîtrisée est souvent le berbère ou le kabyle, et la domination à l’époux, la reproduction des schémas familiaux traditionnels restent très prégnant.
Les femmes âgées arrivées récemment : l’expérience d’un « déracinement tardif »

Cette question des femmes arrivant par regroupement familial lors de la retraite de leur conjoint est apparue comme centrale lors de la première phase de notre étude. Tous les opérateurs rencontrés nous avaient alertés sur la situation de ces femmes qui arrivent en France souvent à un âge avancé, sans maîtriser la langue, sans aucun réseau. Pourtant, leur nombre semble être largement sur-évalué par les opérateurs du fait des difficultés qu’ils rencontrent dans leur accueil et dans les réponses qu’ils ont à apporter. Selon l’INSEE, 458 femmes maghrébines âgées de plus de 60 ans et 464 âgées de 50 à 59 ans sont arrivées d’un pays hors Union Européenne en région PACA entre 1990 et 1999, soit respectivement 2,4% et 4,3% de la population féminine maghrébine de ces classes d’âge. Ces chiffres sont sensiblement plus importants pour les femmes âgées originaires d’autres pays : sur la même période 90-99, elles étaient 689 âgées de plus de 60 ans et 516 âgées de 50 à 59 ans, principalement originaires de pays européens (hors UE à 15) et asiatiques, soit 6,1% et 10,7%. Ces chiffres nous sont confirmés par l’ANAEM, qui n’a malheureusement pas été en mesure de nous fournir des chiffres précis. Leur situation est sensiblement identique à celles des primo-arrivantes, mais les difficultés en sont exacerbées du fait de leur âge et du fait que la décision de leur venue incombe souvent au conjoint. Ces femmes, qui disposaient au pays d’une situation sociale et familiale correspondant
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– en dehors de l’absence du mari – à leurs schémas de représentations (accession au statut de maîtresse de maison, à certains pouvoirs ou contre-pouvoirs à la domination masculine), se voient soudainement privées de cette forme de reconnaissance (LACOSTE-DUJARDIN, 1999). Cette transition, qui se produit tout au long de la vie des femmes migrant jeunes, apparaît pour ces femmes comme une véritable rupture. La première barrière est celle du langage. Ces femmes ne parlent en général pas le français, et pour certaines sont analphabètes dans leur langue d’origine. Elles parlent l’arabe dialectal, mais sont dans l’incapacité de suivre des informations télévisées sur une chaîne arabophone. Cette première barrière induit une situation d’isolement, forme de « cercle vicieux » qu’il apparaît difficile, tant de la part des femmes elles-mêmes que des opérateurs sociaux, de briser. Isolées, dans un face à face duel avec leur époux, les femmes arrivant par regroupement familial tardif n’ont pas accès aux dispositifs sociaux tels qu’ils existent pour les primo-arrivants, soit du fait de dispositifs eux mêmes discriminants (limites d’âge pour les formations, les cours d’alphabétisation, etc.), soit du fait de leur méconnaissance des dispositifs auxquels elles peuvent prétendre. Mais le problème vient bien d’une rupture entre cette population et les acteurs sociaux pouvant agir à son intégration : tous déclarent être démunis pour toucher ce public, souvent confiné au foyer. Cet état de fait semble être d’autant plus prégnant dans les zones rurales, dans les zones d’habitat diffus. De cette rupture, découlent des difficultés dans l’accès aux droits sociaux et aux soins. L’essentiel des démarches est souvent fait par le conjoint 14 en ce qui concerne la situation administrative, mais il semble qu’il existe une véritable barrière en terme d’accès aux soins. Se pose la question de la situation de ces femmes lors du décès de leur conjoint. Isolées, sans réseaux de socialisation, sans connaissance des institutions, sans revenus propres, quelles perspectives s’offrent à elles ? Nous ne reviendrons pas ici sur les situations de précarité extrêmes décrites dans la Note 2, qui peuvent mener jusqu’à la prostitution.

certains opérateurs nous ont signifié leurs difficultés à ne serait-ce que rencontrer ces femmes, le mari étant souvent réticent à venir accompagné de sa femme.
14

Note 3 : Rapport final page 43 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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2.4

De la difficulté à parler de « triple discrimination » Sans conteste, on peut affirmer que les femmes âgées immigrées sont trois fois susceptibles d’être victime de discrimination. D’une part, de par leur statut de personne âgée. Nous l’avons vu, l’âge leur rend certains dispositifs inaccessibles, notamment lorsqu’ils sont à finalité professionnelle. Ainsi l’exemple de cet organisme dispensant des cours d’alphabétisation, mais n’accueillant pas les publics après 60 ans du fait de la vocation professionnalisante de cet enseignement. D’autre part, le statut de femme peut conduire également à discrimination. Cela peut se situer au niveau familial et s’exprimer par un rapport de soumission à l’époux. Cela peut aussi se situer à un niveau administratif et institutionnel : pour monter un dossier de demande de retraite, la femme devra produire des pièces supplémentaires à celles demandées à son conjoint (certificat de mariages traduit et certifié conforme, certificat de vie commune…). Enfin, le statut d’immigré constitue également un discriminant. Ici aussi, il peut s’agir de discriminations « sociales » dans les démarches quotidiennes (logement, services, droit, etc.) mais il s’agit également de discriminations institutionnelles (dossiers caisses de retraite, demande de pension de réversion d’ancien combattant, etc. pour lesquels le nombre de pièces à fournir est plus important du fait du statut immigré). Pour autant, peut-on parler discrimination » ou doit-on s’en discriminations » ? d’« une tenir triple « trois

Il semble que se soit ici un processus combinatoire des variables discriminantes qui soit à l’œuvre. Chaque discriminant va ainsi se superposer ou se combiner à un autre, sans pour autant qu’existe de manière générale une discrimination envers les femmes âgées immigrées identifiée en tant que telles.

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3 Des problématiques communes à l’ensemble des sites…
3.1 Les cours d’alphabétisation, une réponse à un réel besoin de maîtrise de la langue mais également à un besoin de socialisation.
Des femmes âgées immigrées qui maîtrisent encore majoritairement mal la langue française, malgré l’existence ancienne des dispositifs de formation linguistique.

La non-maîtrise de la langue française est la problématique récurrente sur les trois types de territoires, celle systématiquement abordée en premier par tous les opérateurs rencontrés lorsqu’on aborde avec eux la question des femmes âgées immigrées. En effet, que ce soit dans les quartiers nord de Marseille, dans le centre ville de Nice ou dans les petites communes du nord du Vaucluse, une proportion importante de femmes âgées immigrées ne parle que difficilement le français.
Comment s’explique cette situation alors que les dispositifs de formation linguistique financés par le FASILD existent depuis de nombreuses années ?

Tout simplement par la spécificité du public immigré âgé, en particulier féminin. Comme nous l’avons vu dans notre tentative de « typologie » des publics, ces femmes qui bien qu’arrivées en France il y a longtemps ne parlent pas la langue correspondent à des profils migratoires particuliers. Venues pour suivre ou rejoindre un conjoint, mais pas elles-même porteuses d’un projet migratoire propre, elles ont vécu « à l’intérieur » de leur logement, fortement soumises à une domination masculine les assignant à cette place de mère, de femme « du » foyer et donc de femme « au » foyer. Cette situation semble avoir été une forme de « cercle vicieux » : ne sortant que très peu du logement du fait du mari, la méconnaissance des institutions, des associations et des dispositifs existants c’est renforcée, ce qui a contribué à renforcer l’isolement. Par exemple, lors d’un entretien, une femme nous déclare qu’elle vivait chez elle et que son mari ne voulait pas qu’elle sorte ; cette femme ne consultait ni les services du planning familial, ni un gynécologue. Elle n’avait aucune connaissance des moyens de contraception. Enceinte à chaque « retour de couche », ses grossesses se sont enchaînées tous les deux ans. Ayant toujours un enfant en bas âge, son « assignation » au foyer était renforcée.
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Aujourd’hui, la plupart de ces femmes expriment leur besoin de découvrir le pays dans lequel elles vivent, mais la maîtrise de sa langue est un pré-requis. De plus, la vieillesse et le passage à la retraite constituent une période durant laquelle les démarches administratives et institutionnelles sont nombreuses, parfois lourdes, et nécessitent cette connaissance du français.
Une réponse à un double besoin : maîtrise de la langue et socialisation.

Les cours d’alphabétisation représentent donc un double enjeu, celui de la socialisation et celui de la compréhension institutionnelle. La première demande des femmes âgées immigrées est « de sortir de chez elles ». Les cours d’alphabétisation jouent ici un rôle socialisant : les femmes y viennent pour se retrouver entre elles, pour y parler de leurs problèmes, de leur condition de femmes âgées en même temps que pour apprendre la langue. Cet apprentissage constitue ici un vecteur de socialisation, en l’absence d’espaces dédiés 15 . La deuxième demande est par contre directement centrée sur l’apprentissage de la langue. Il s’agit bien ici pour les femmes âgées d’arriver à « pouvoir se débrouiller » pour faire les courses, aller chez le médecin, à la poste, et faciliter la compréhension lors des rencontres avec les différents acteurs sociaux (caisses de retraites, CAF, CRAM, etc.).
La nécessité de dispositifs adaptés alliant « alphabétisation appliquée » et socialisation, par des méthodes innovantes.

Mais cette demande ne paraît que partiellement satisfaite par les cours d’alphabétisation tels que dispensés généralement. Les femmes âgées sont souvent en difficulté dans des ateliers parfois qualifiés de « scolaires », souvent ciblés pour les primo-arrivants ou pour des populations en recherche d’emploi, avec une dominante « insertion professionnelle ». Certains opérateurs ont développé des méthodes innovantes qui intègrent la spécificité du public « femmes âgées ». Les ateliers peuvent par exemple être organisés autour de thématiques globales, lesquelles sont ensuite déclinées en différents points. Par exemple, un atelier est organisé autour de la santé. Il sera décliné en :

15

Cette fonction des ateliers d’alphabétisation est d’autant plus forte dans les territoires ruraux du fait de la faiblesse du nombre d’opérateurs associatifs.
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Note 3 : Rapport final page 46 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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-

Le corps, les symptômes : apprendre à décrire son corps, les symptômes ressentis, la douleur… La visite chez le médecin : se présenter, expliquer son cas, les moyens de paiement, l’ordonnance, la pharmacie, la prise du traitement… La protection sociale : la couverture santé, l’assurance maladie, la carte vitale, la CMU, la CMUc, les complémentaires santé, les relations avec la CPAM ou la MSA…

-

C’est en fait une véritable « opérationnalité » qui doit être recherchée.

La question de l’alphabétisation est donc centrale pour les femmes âgées immigrées. Il est donc au minimum primordial de conserver les dispositifs actuels, en veillant à maintenir leur accès pour les personnes âgées, c’est à dire à ne pas focaliser l’action des ateliers d’alphabétisation sur les primo-arrivants et l’insertion professionnelle. Dans l’idéal, les cours d’alphabétisation spécifiques devraient être amenés à se développer, centrés comme nous l’avons vu autour des questions prioritaires pour les femmes âgées. Ils peuvent se dérouler sous la forme d’ateliers, comme certains opérateurs le pratiquent déjà, sur les thématiques des démarches administratives (identification des acteurs, des institutions ; démarches ; formulaires ; droits…), de la santé, etc. Pour ce, une qualification des acteurs doit être envisagée, autour des méthodes, mais également des contenus.

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3.2

Des difficultés récurrentes dans l’accès aux droits
Le passage à la retraite, révélateur des difficultés d’accès aux droits pour les immigrés vieillissants…

Concrètement, le passage à la retraite confronte de nombreux immigrés à une complexité administrative que leurs difficultés à s'exprimer, à lire et à écrire le français rendent d'autant plus obscure. Les nombreuses démarches à effectuer, les formulaires, les imprimés à remplir, les justificatifs à retrouver, l'éloignement géographique avec leur lieu de naissance, les délais à respecter, constituent des obstacles au bon suivi de leur dossier. A cela s'ajoutent les problèmes tels que la retranscription des noms (nombreux litiges sur l'état-civil des Portugais et des Maghrébins), les changements de patronymes, la nonconservation de papiers justifiant les périodes de travail, la difficile validation des périodes de travail en Algérie avant l'indépendance, le service militaire, etc. (GALLOU, 2001) Ceci est d’autant plus prégnant que pour bénéficier de la retraite, les immigrés doivent fournir plus de documents que les nationaux, documents parfois difficiles à obtenir (fiche individuelle d’Etat civil certifiée conforme dans le pays d’origine par exemple).
… et souvent plus prégnant pour les femmes, bien qu’existent des inégalités entre les femmes âgées immigrées.

Plusieurs opérateurs nous ont fait part d’une plutôt bonne connaissance de la part des femmes âgées immigrées quant à leurs droits. Il s’agit ici d’un public présent en France depuis longtemps, essentiellement issu de l’immigration maghrébine ou européenne. La plupart maîtrisent bien la langue française, ce qui tend à accréditer l’importance de l’analphabétisme dans les difficultés d’accès aux droits. Vivant en France depuis plus de 15 ans, elles ont appris – souvent dans un premier temps accompagnées par leurs enfants – à connaître et utiliser le système administratif et social français. Ainsi, plusieurs responsables d’associations ou professionnels de la santé ont pu nous affirmer que certaines femmes âgées immigrées savaient parfaitement tirer parti de l’ensemble des possibilités offertes, qu’elles avaient en général une couverture maladie, qu’elles savaient à quelles administrations s’adresser en fonction de la démarche. Certains nous ont même mentionné qu’elles pouvaient
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parfois s’adresser à plusieurs services sociaux ou associations d’accompagnement social, en fonction de la « performance » de chacun : telle association est identifiée pour aider à monter un dossier de demande de RMI, telle autre pour un dossier de regroupement familial… Il semble qu’il en soit de même pour une partie de la communauté d’Afrique Noire. Les quelques personnes nous ayant renseigné à ce sujet nous ont affirmé que, de par l’existence de réseaux très bien organisés, les femmes âgées notamment d’origine sénégalaise maîtrisent bien le système administratif et social. La situation est radicalement différente en ce qui concerne le deuxième groupe de femmes, celles venues sans projet migratoire propre, ainsi que les « primoarrivantes », qu’elles soient originaires d’Algérie ou du Maroc (arrivées dans le cadre d’un regroupement familial ou par ascendant tardif ou par naturalisation du conjoint) ou d’Europe de l’Est. Pour ces femmes, l’analphabétisme, l’isolement et la quasi-absence de liens sociaux se traduisent par de fortes difficultés dans l’accès aux droits. Ainsi, le mari ou les enfants sont encore souvent chargés des démarches, lorsqu’ils sont présents et en capacité de le faire. Certains travailleurs sociaux nous ont même déclaré avoir des difficultés à rencontrer ces femmes, l’époux étant parfois « réticent » à venir avec son épouse. Ces femmes sont démunies face à un système administratif qu’elles ne comprennent pas. On est donc ici en présence d’une population réellement très éloignée de toute cette dimension administrative de l’accès aux droits, d’autant plus que ce sont souvent des personnes originaires - au pays - de milieux ruraux. Mais il est également inquiétant que mêmes les opérateurs associatifs, généralement bien identifiés au sein des différentes communautés, se trouvent souvent dans l’incapacité d’accompagner ces personnes. Si l’époux est capable de les solliciter pour la demande de regroupement familial, il semble qu’il y ait une rupture à partir de l’arrivée en France, rupture qui se traduit avant tout par une situation d’isolement social.

Note 3 : Rapport final page 49 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Certains opérateurs nous ont interpellés sur le système d’accompagnement social, qui aurait tendance à renforcer la place symbolique à laquelle est assignée la femme immigrée. Ils insistent notamment sur le fait qu’on ne leur a pas expliqué, au moment de leur venue, qu’elles disposaient de droits et de devoirs, qu’elles s’inscrivaient dans un système administratif complexe. « Le problème des femmes immigrées est que durant 10 ou 15 ans, elles ont suivi des stages d’insertion, et aujourd’hui, tout ça s’arrête, plus rien ! Elles n’ont jamais été mises au courant de leurs droits. Elles croient que tout est acquis : RMI, CMU, allocations… Elles ne savent pas qu’il y a des conditions (enfants à charges, etc.) ou des devoirs pour bénéficier des aides sociales 16 . ». « Il n’y a pas eu d’accompagnement du travail mené, pas de suivi ; on leur a dit : tiens, tu va faire un stage là, prendre des cours d’alphabétisation, on va remplir ces papiers et tu auras droit à telle ou telle prestation sociale… mais elles n’ont jamais été actrice de tout çà… on les a menées de stages parkings en stages parkings…5 » C’est ce qui expliquerait partiellement, chez certaines femmes âgées, un fatalisme plus présent que pour d’autres parties de la population immigrée. « Des fois, elles ne veulent pas, elles ne se bougent pas.5 » Ce fatalisme de l’âge est en partie culturel. Elles s’aperçoivent qu’elles ont perdu énormément de temps (« demain était un autre jour ») et qu’aujourd’hui il est trop tard. « Souvent, elles baissent les bras et se résignent.5 »

L’accès aux droits pourra être amélioré notamment par la mise en place d’ateliers de socialisation et d’alphabétisation tels que développés au point précédent.

16

entretiens
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Un accès aux dispositifs de droit commun pour les personnes âgées limité

La participation des femmes âgées immigrées aux activités de droit commun pour le « 3ème âge » apparaît très faible. Les « clubs du 3ème âge » n’accueillent que très rarement des personnes immigrées non-européenne. Ceci est souvent justifié, par les opérateurs comme par les femmes elles-mêmes, par un trop grand écart culturel. « Nous, on a fait des efforts, on les a invité, comme eux nous avaient invités… Mais nous le couscous, on l’avait mangé, et eux, quand ils sont venus, ils sont restés ensemble, ils voulaient pas boire de vin… je sais pas… c’est pas pareil, on mange pas les mêmes choses, on danse pas sur les mêmes musiques,… Eux, les femmes, elles viennent pas, c’est que les hommes, ensembles, en groupe… 17 » On observe la même ségrégation en ce qui concerne le logement spécifique. Nous avons contacté 21 maisons de retraite dans les arrondissements Marseillais 13 à 16 et dans le 1er. Nous avons eu 14 réponses 18 : Sur un total de 1 249 résidents: 0,7% d’immigrés hors UE (9 hommes) 0,5% d’immigrées hors UE (6 femmes, 3 dans le 14ème et 3 dans le 1er arrdt.) Nous avons effectué la même démarche auprès de 6 maisons de retraite dans le Nord Vaucluse, où nous avons obtenu 5 réponses Sur un total de 402 résidents: 0,25% d’immigrés Hors UE (1 homme) 0 immigrées femmes hors UE Le CLIC de Cavaillon nous déclarait également que c’était un public qui fréquente peu les permanences qui existent pour les personnes âgées, et qui sollicite peu les dispositifs d’aide à domicile.

entretien avec une personne d’un club du 3ème âge dans le Vaucluse. Les 7 autres établissements ont refusé de nous dire s’ils accueillaient des immigrés noneuropéens parmi leurs résidents.
17 18

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3.3

La santé nécessaires

des

femmes

âgées

immigrées :

plusieurs

approches

Ce thème de la santé soulève plusieurs questions, à différents niveaux : celui purement médical de l’accueil et du traitement de femmes qui souffrent de certaines pathologies particulières et ne maîtrise pas toujours la langue, mais aussi celui plus administratif lié aux questions de couverture santé et d’accès aux soins.
Le rapport au corps, à la vieillesse et aux soins

Pour beaucoup de femmes rencontrées, la santé fait référence à un temps passé, à une période déterminée : elles étaient en âge de procréer. Pour beaucoup, et on retrouve ici quelque chose de typiquement féminin, elles associent la vieillesse à un changement de statut : fin de la période où il est possible de mettre au monde des enfants, mais aussi où il n’est plus nécessaire « de marcher pendants des kilomètres pour emmener les enfants ici ou là », de « faire deux ou trois pains par jour 19 », etc. Là où la jeunesse était synonyme de santé, la vieillesse devient synonyme de « fatigue » et d’« infécondité ». Pour autant, elle n’est pas forcément associée à une consommation médicale plus importante. Ainsi, plusieurs femmes âgées déclarent ne pas avoir besoin d’aller chez le gynécologue : « Pourquoi j’irai le voir ? Je ne peux plus avoir d’enfants, ça servirait à quoi, hein ? 20 » Si elles ne consultent pas pour les troubles liés à la ménopause, les femmes âgées, principalement maghrébines, souffrent de différents autres symptômes. Beaucoup sont touchées par le diabète noninsulinodépendant (type 2). Les médecins rencontrés mettent en avant l’hygiène de vie (nourriture grasse, inactivité physique). Leur message est assez mal perçu par les femmes, qui se sentent remises en cause dans leur pratique quotidienne de préparation des repas. Elles rejettent de plus cet argument, au prétexte que ceux « restés au pays ne sont pas malades…mon oncle ne

19 20

entretiens ibid.
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mangeait que du pain et de l’huile d’olive tous les soirs, et il est mort très vieux… alors… 21 » On retrouve la même incompréhension pour l’hypertension artérielle dont souffrent également de nombreuses femmes. Les études épidémiologiques montrent le lien avec différents facteurs sociodémographiques et économiques : âge, sexe, statut social, alimentation, consommation de sel, activité physique…, mais également avec certaines pathologies, notamment le diabète. Les femmes elles-mêmes lient l’hypertension davantage à leurs conditions de vie, à un état de stress, de « fatigue », souvent lui-même corrélé à la qualité des relations entretenues avec les enfants (« Je me suis occupée de mes enfants toute ma vie, et aujourd’hui, ils viennent me voir deux fois par an… c’est normal que je sois malade 22 ! »). Mais ce malaise est également souvent relié au statut de migrante et au pays d’accueil. Leurs conditions de santé viennent parfois exprimer un sentiment d’échec de la migration : « j’étais en pleine forme quand j’étais jeune, au pays, alors que j’avais rien du tout, mais ici aussi, j’ai vécu dans la misère, et en plus je suis malade, je suis fatiguée… » ; « Des fois, je repense le temps d’avant, comment c’était, et il y a tout qui me revient… je pleure… Mes enfants ne viennent plus me voir, je suis toute seule. Je pense et ça me revient… Moi, je suis une arabe, donc j’ai élevé mes enfants comme une arabe, ils connaissent tout, comme les fêtes et tout, mais ils sont comme des français, maintenant… Pour eux, y a que Noël, l’Aïd ça n’existe plus ! On dirait qu’ils ont tout oublié, même leur mère et leurs origines… et ça, ça fait mal dans le cœur… et puis maintenant, ils appellent pour me demander de l’argent, à moi !C’est plutôt à moi de leur demander de l’argent ! […] C’est pour ça, à chaque fois le médecin il me dit « Madame, il faut vous calmer, vous avez de la tension encore » mais je peux pas me calmer ! Comment je pourrais me calmer avec ça ! Je suis tout le temps en train de penser à l’un à l’autre, ça ne me sort pas de la tête 23 ». Les médecins proposent donc aux femmes des traitements médicamenteux, alors que celles-ci voient à leurs symptômes autant des causes sociales et psychologiques que physiologiques. On est alors fréquemment confronté à des problèmes de suivi des traitements. Plusieurs médecins dénoncent le fait que les
Entretien ibid. 23 Ibid.
21 22

Note 3 : Rapport final page 53 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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femmes ne suivent pas leur traitement, l’interrompent dès qu’il y a un mieux être.

qu’elles

Les symptômes évoqués précédemment sont également interprétés par les médecins comme d’origine psychosomatique. Les fatigues chroniques sont souvent associées à des troubles dépressifs, voire à un état de démence. Ces pathologies ne se retrouvent pas uniquement chez les femmes ayant connu des conditions de vie très difficiles, mais sur une grande majorité d’entre elles. Parmi les causes de ces troubles, la « vacance » que constitue le temps de la vieillesse des immigrés, vacance renforcée par la faiblesse des activités socialisatrices (voir à ce sujet le paragraphe qui y est consacré), est souvent mise en avant 24 . Concernant le traitement de ces troubles, il existe à Nice un psychiatre arabophone d’origine maghrébine, vers qui médecins généralistes, psychiatres et associations renvoient régulièrement les femmes âgées maghrébines, en partant du présupposé que « issu de la même culture, il peut les aider et nous aider à mieux les comprendre 25 . » Celui-ci fait le lien entre certaines souffrances des femmes et des lieux symboliques du corps dans l’Islam (association tête / cou / gorge comme siège de l’âme par exemple). Néanmoins, il semble que se soit avant tout sa maîtrise de la langue plus qu’une « compréhension de la culture » qui lui permette un meilleur suivi des patientes. Une des grandes difficultés des femmes âgées d’origine maghrébine dans leur accès aux soins réside donc dans les problèmes de communication avec les médecins : compréhension des ordonnances, respect des prescriptions pour les femmes, compréhension des symptômes pour les médecins. Mais il est nécessaire de garder à l’esprit qu’un certain nombre de ces symptômes peuvent être liés au statut de femmes âgées immigrées.

Notamment par A. SAYAD « La vacance comme pathologie de la condition d’immigré - Le cas de la retraite et de la pré-retraite », in Emigrés – Immigrés, vieillir ici et là-bas, Revue Européenne des Migrations Internationales (REMI), Vol.17, n°2001-1, AEMI, Poitiers, 2001 25 entretien médecin généraliste
24

Note 3 : Rapport final page 54 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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La santé : également une question administrative

Un deuxième thème doit être évoqué, celui plus administratif de la protection sociale. Les acteurs associatifs rencontrés nous ont tous déclaré recevoir beaucoup de femmes ne pouvant bénéficier de la CMU complémentaire, du fait de la limite des plafonds de ressources 26 , considérés par tous comme inadaptés à la situation des personnes âgées. Ainsi, par exemple, une femme seule qui toucherait un revenu de 580€ (pension de réversion, retraite personnelle) et bénéficierait d’une APL n’a pas droit à la CMUc. Face à ce problème de plafonds, un dispositif a été mis en place par l’État. L’aide pour une complémentaire santé est un dispositif prévu pour les personnes dont les ressources sont supérieures, dans la limite de 15 %, au plafond fixé pour l’attribution de la CMU complémentaire. Ce dispositif est entré en vigueur au 1er janvier 2005. Il remplace, depuis cette date, le dispositif d'aide à la mutualisation. En pratique, il s'agit d'une déduction sur le paiement d'une cotisation ou d'une prime pour une complémentaire santé. Le montant de cette aide varie de 100€ à 400€, selon l'âge du bénéficiaire. Pour bénéficier de l'aide pour une complémentaire santé, il convient de déposer un dossier de demande auprès de sa caisse d'Assurance Maladie. A noter que, depuis le 1er janvier 2006, les personnes qui ont droit à l'aide pour une complémentaire santé peuvent bénéficier également, lors d'une consultation médicale dans le cadre du parcours de soins coordonnés, de la dispense d'avance des frais pour la part des honoraires pris en charge par l'Assurance Maladie. Cependant, cette aide ne couvre pas tout le montant des cotisations à une complémentaire santé. Il est intéressant de noter que certaines associations (dans le Vaucluse et à Nice) ont entrepris des démarches pour négocier des tarifs préférentiels auprès d’organismes. Il serait ici intéressant d’envisager une mutualisation des associations entre-elles afin d’élargir le nombre de bénéficiaires et d’augmenter la force de négociation.
598,23€ pour une personne seule ; 897,35€ pour un couple, auxquels s’ajoute un « forfait logement » pour les bénéficiaires de l’APL de 51,05€ pour une personne seule ; 89,33€pour deux personnes.
26

Note 3 : Rapport final page 55 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Des inégalités territoriales

Enfin, le lien doit être fait entre la présence de praticiens généralistes ou spécialistes et celles des femmes âgées immigrées. Ce n’est que sur Marseille où nous avons pu faire un découpage précis, du fait des arrondissements. L’utilisation des services et des ressources disponibles pour réparer ou prévenir des dégradations de santé varie selon la structuration spatiale de l’offre de soins. Les entretiens nous ont montré une prédominance des consultations chez le généraliste pour les femmes immigrées âgées, qui peut s’expliquer de par une proximité spatiale. Comme le montre le graphique ci-dessous, dans les trois derniers arrondissements où les femmes immigrées d’origine non-européenne sont les plus représentées (en part relative de la population totale et de la population globale femmes âgées immigrées), les médecins généralistes sont les plus nombreux, contrairement aux autres secteurs.

Rapport entre l'installation des praticiens et les femmes immigrées âgées à Marseille

4 000 3 500
Femmes immigrées âgées

1400 1200 1000
Praticiens
Femmes maghrébines Femmes UE à 15 Femmes autres pays Médecins généralistes Médecins spécialistes

3 000 2 500

800 2 000 600 1 500 1 000 500 0 1er au 3ème 4ème au 12ème 13ème au 16ème 400 200 0

Note 3 : Rapport final page 56 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Sur cette thématique de la santé, plusieurs pistes d’action doivent être évoquées. La première est celle d’une sensibilisation / formation des médecins et du personnel médical sur une approche globale, et non uniquement centrée sur la santé, de la situation des femmes âgées immigrées. En effet, nous avons vu que le discours des praticiens est souvent celui d’une mauvaise volonté ou d’une incompréhension de la part des femmes, sans que ne soit remise en cause leur pratique professionnelle. Nombreux sont ceux qui parlent de troubles psychiatriques nécessitant l’intervention d’un spécialiste. Pour autant, une meilleure compréhension des représentations du corps et de la maladie chez les femmes selon les origines pourrait améliorer la compréhension, donc le diagnostic et la prise en charge. Ce discours se doit d’être porté auprès du corps médical par des intervenants ayant auprès d’eux une légitimité d’action, une reconnaissance. La deuxième est déjà en partie mise en place. Il s’agit de coordonner les demandes de complémentaires santé, afin d’augmenter le pouvoir de négociation auprès des organismes et donc de faire baisser les tarifs pour les publics les plus démunis. Ces démarches ont déjà été entreprises par différentes structures, lesquelles devraient être amenées à se regrouper dans ce domaine. Enfin, en troisième lieu, il nous paraît important que les femmes âgées immigrées soient identifiées comme « public spécifique » à part entière par les différents organismes compétents. A titre d’exemple, l’Observatoire Régional de la Santé, qui réalise et dispose pourtant de nombreuses études très fines sur des publics très ciblés, ne disposait d’aucune donnée sur la santé des femmes âgées immigrées. Dans le même sens, il convient d’intégrer ce public en tant que tel au différents documents de programmation, tel que le PRAPS (Programme Régional d’Accès à la Prévention et aux Soins) et le PRS (Programme Régionaux de la Santé).

Note 3 : Rapport final page 57 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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3.4

Un isolement qui s’oppose à un fort besoin de socialisation et de découverte du pays. Un des points récurrents de l’étude, et ce quels que soient les territoires étudiés, est la volonté des femmes âgées immigrées de sortir de leur foyer, de rencontrer d’autres femmes et de découvrir un pays dans lequel elles vivent depuis souvent fort longtemps.
Une population spatialement ségrégée

Ce besoin d’ouverture peut s’expliquer en partie par la forte ségrégation urbaine à l’œuvre. Sur les trois territoires étudiés, le public ciblé par l’étude est toujours localisé, en terme d’habitat, sur des secteurs définis. Il s’agit soit de cités d’habitat social (Marseille Nord, Nord Vaucluse), soit de secteurs déqualifiés du parc privé, (Nice centre et Nord Vaucluse). La barrière du foyer est ainsi renforcée par celle du quartier, territoire rassurant car accueillant des personnes dans la même situation que soit.
Une distension des liens intergénérationnels qui peut se traduire par des situations d’isolement.

Un autre facteur explicatif de ce besoin d’ouverture et de socialisation est sans doute l’évolution des rapports parents enfants. Si la perpétuation de la présence en France et l’abandon de l’idée d’un retour au pays est la conséquence de la présence en France des enfants, les liens intergénérationnels ne sont semble-t-il pas toujours à la hauteur des attentes des femmes âgées. R. : « Ah, ne me parle pas des gosses… J’ai deux enfants, ils vivent pas loin d’ici, hein… et ils ne viennent jamais, sauf pour l’Aïd… Y a que l’Aïd qu’ils connaissent… […] Des fois ils me téléphonent qu’ils peuvent pas venir… Ils ont leur famille aussi, leur travail, leurs enfants… je sais que c’est dur en ce moment, on est dans une mauvaise époque. Mais même avec ça ils ne viennent plus me voir, c’est rare… Quand mon mari était là, ils venaient plus souvent. Tous les vendredis, ils venaient manger le couscous, on se retrouvait en famille, et aujourd’hui, plus rien ! » D. : « Ils viennent que quand ils en ont envie ! […] ça me fait mal ! Je me dis que j’ai passé toute ma vie à les élever et maintenant que j’ai besoin d’eux y a plus personne ! ça
Note 3 : Rapport final page 58 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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c’est parce que je suis seule, parce que si leur père était encore là, paix à son âme, ils viendraient plus souvent » Ces extraits d’entretiens montrent bien le sentiment « d’abandon » que ressentent de nombreuses femmes âgées, après le départ de leurs enfants. Il semble que le veuvage, en plus d’augmenter la solitude, se traduise pour ces personnes par un sentiment encore plus fort d’éloignement des enfants, ceux-ci pouvant faire plus d’effort sir le père, détenteur de l’autorité, est encore présent.
Des femmes qui expriment toutes un besoin de socialisation et d’appartenance à la France

Relayé par les acteurs associatifs, le besoin de socialisation- sous la forme d’activités socio-culturelles, de sorties… - semble être la principale « revendication » des femmes âgées immigrées. L. : « Moi, toute ma vie je suis restée chez moi… pour être une bonne ère pour mes enfants, une bonne femme pour mon mari… Mais lui il sortait, il allait au travail, voir ses amis… Moi, je connaissais que les gens de ma cage d’escalier… […] Aujourd’hui c’est pas pareil, avec l’association, on peut se retrouver, discuter entre nous, entre femmes, on a un endroit… […] Mon pays, en vrai c’est pas l’Algérie… c’est ici, parce que l’Algérie, j’y vais une fois par an, mais ça a beaucoup changé, c’est plus pareil, c’est plus comme je connaissais… Mais ici, le pays où mes enfants ils ont grandis, le mien aussi, je connais pas bien… Moi j’aimerais bien connaître autre chose que le quartier, aller au marché en centre ville avec mes amies, aller visiter… le Pont d’Avignon, la Tour Eiffel, les châteaux… y a plein de chose à voir en France, c’est pas comme en Algérie où y a rien, mais nous on connaît pas, on n’est jamais allé, et on sait pas comment… oui, comment faire. 27 » Z. : « Avant, je pouvais rien faire, y avait mon mari qui voulait que je sois à la maison, il avait peur pour ma réputation, y avait les enfants qu’il fallait que je m’occupe, tout ça… Et aujourd’hui je suis toute seule, je peux en profiter, au lieu de me plaindre que je suis toute seule, mais… je sais pas comment dire… c’est difficile, quand on connaît pas, quand on sait pas, quand on n’est jamais trop sortis… je vais pas partir comme ça, toute seule… C’est
27

Entretien à Bollène
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Note 3 : Rapport final page 59 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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pour ça que c’est bien quand il y a des associations, comme ça, qui s’occupe un peu de nous, qui nous emmènent ; dès fois ils poussent un peu celles qui ne veulent pas se bouger… parce qu’il faut sortir, sinon on va vieillir plus vite… 28 » Après s’être occupé des autres pendant longtemps, le besoin que l’on s’occupe d’elle est très nettement exprimé ; néanmoins, ce besoin ne doit pas passer par une nécessité de santé, un problème physique. Elles refusent d’être qualifiées de « chibanias », lesquelles sont pour elles les vieilles « impotentes et grabataires », qui ne peuvent plus bouger. On retrouve aussi dans les entretiens la volonté de se retrouver « entre femmes ». Pour elles, c’est un besoin : certaines choses ne se discutent qu’entre femmes, et en l’absence d’oreilles masculines. Nous l’avons vérifié lors des entretiens, le contact n’était pas du tout le même selon que l’entretien était conduit par un homme ou une femme. Il était beaucoup plus aisé d’aborder certaines thématique (santé, corps, vieillesse, relation aux enfants…) avec elle. Le déroulement des entretiens montre bien le besoin de parler, de raconter leur histoire, leurs expériences qu’ont les femmes âgées. En ce sens, tous les travaux relatifs à la mémoire et à la transmission sont à encourager. Le sentiment d’appartenance à la France est également très présent. Si les travaux sur les « vieux travailleurs immigrés » font tous état d’une vie « entre ici et là-bas », la position des femmes âgées semble être beaucoup plus tranchée : leur pays, c’est ici. A ce titre, nous avons pu observer plusieurs cas de femmes Evolution du nombre de DEMANDES de naturalisations de la part « célibataires » dont le mari de femms âgées de 60 ans et plus selon l'origine en région PACA était rentré au pays, elles préférant rester en France à proximité de leurs 24 enfants. Les chiffres des 27 demandes de 27 23 autres naturalisation peuvent ici 23 Maghreb 149 être utilisés comme 109 UE indicateur de cette 84 94 75 volonté d’intégration à la communauté nationale. En 19 17 15 10 8 2004, ce sont ainsi 181 2000 2001 2002 2003 2004 demandes de
28

200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0

entretien à Marseille
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Note 3 : Rapport final page 60 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Répartition des demande de naturalisation déposées par des femmes âgées de 60 ans ou plus, par département, entre 2000 et 2004 (source DPM)
200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 2000 2001 2002 2003 2004 04 06 05 13 84 83

naturalisation qui on été déposées en préfecture pour la région PACA, dont une grande majorité issues de femmes originaire du Maghreb. On voit également que c’est dans les Bouches-du-Rhône que le nombre de demandes est le plus important. Ces chiffres sont relativement en hausse sur la période 2000-2004, malgré une diminution en 2002 et 2003.

140

Evolution du nombre de naturalisations par décret de femmes âgées de 60 ans et plus en région PACA selon l'origine (source DPM)
131

160

Evolution du nombre de demandes de naturalisationsde femmes âgées de 60 ans et plus en région PACA selon l'origine (source DPM)
149

120

116 100 92 UE

100

140

80
120 109 100 94 80 84 75 60 UE Maghreb autres

Maghreb autres

60

58

40 18 20 8 8 15 17 20 18 21

27

21

40 23 20 15

27 19

27

23

24

0 2000 2001 2002 2003 2004

17 0 2000 2001 10 2002 2003 8 2004
6

Evolution du nombre de naturalisations par mariages de femmes âgées de 60 ans et plus en région PACA selon l'origine (source DPM)
5

La majorité des naturalisations de femmes âgées se font par décret, les naturalisations par mariage étant inférieures à une dizaine chaque année. En ce qui concerne les naturalisations accordées par décret, leur nombre augment de manière régulière depuis 2001.

5

5

5

4 4 3 3 2 2 2 2 2 3 UE 3 Maghreb autres

1 0 0 2000 0 2001 2002

1

2003

0 2004

Note 3 : Rapport final page 61 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Au vu de cette demande – socialisation, appartenance à la communauté nationale… -, émanant aussi bien des femmes âgées elles-mêmes que des travailleurs sociaux impliqués dans leur accueil et leur accompagnement, il convient de soutenir les démarches portées par les structures associatives visant à mettre en place des actions spécifiques en direction des femmes âgées.
A ce titre, il est important de sortir du débat autour de la notion d’« occupationnel ». Nous l’avons vu, la vacance que

constitue le temps de la vieillesse pour les immigrées peut constituer pour certaines un facteur aggravant des troubles psychologiques : états dépressifs, démence. Ceuxci vont être également accrus par les situations d’isolement. C’est pourquoi il nous apparaît important de développer les activités socio-culturelles à destination de ce public, étant entendu que les femmes immigrées noneuropéennes sont très peu présentes dans les « clubs de troisième âge », en fait peu adaptés. Néanmoins (voir ci-après), ces activités doivent être coordonnées afin de ne pas conduire à une logique de multiplication des actions et à un « saupoudrage » en terme de subvention, et de maintenir une rationalité dans l’action.

Note 3 : Rapport final page 62 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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3.5

Un besoin de formation spécifique des opérateurs sociaux et associatifs. En dehors des besoins directement liés aux femmes âgées immigrés, les différents acteurs intervenant auprès de ce public font également part de certains points sur lesquels il semble nécessaire d’intervenir.
Améliorer la coordination et le travail en réseaux

Le premier point évoqué est celui de la coordination des différents acteurs – institutionnels ou associatifs – qui interviennent auprès des femmes âgées immigrées. Avec des spécificités selon les territoires (que nous détaillerons ciaprès), cette question apparaît primordiale. Plusieurs cas de figure se présentent. Dans le NordVaucluse, les acteurs sont très peu nombreux et ne se connaissent pas entre eux. Il n’existe de plus que très peu de passerelles entre associatifs et institutionnels. Sur Marseille, on est semble-t-il dans une situation inverse. Les acteurs associatifs sont très nombreux, agissant à l’échelle des quartiers, et se livrent à une sorte de concurrence, exacerbés en cela par la course aux subventions. A Nice, la situation semble « un peu meilleure », avec une relative interconnaissance des différentes structures, un travail partenarial amorcé entre associatifs et administrations, un réseau qui apparaît fonctionnel.

Pour améliorer ce travail, il sera nécessaire de positionner, de manière institutionnelle, une « tête de réseau » qui interviendra en tant que coordinateur, avec une vision globale sur un territoire donné. Son rôle devra être de faciliter la mutualisation des moyens, des savoirsfaire, de capitaliser les expériences. Il pourra s’agir de structure jouant déjà ce rôle (les CLIC par exemple, auxquels les moyens d’assumer cette mission doivent être données), leur légitimité à intervenir sur ce champ étant garante de l’effectivité du partenariat.

Note 3 : Rapport final page 63 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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La question vieillissement

des

nouvelles

migrations :

anticiper

le

Plusieurs opérateurs nous ont alerté sur le fait qu’ils se sentent plus ou moins démunis face à certaines populations. Ainsi, ceux que l’on qualifie de « nouveaux migrants », originaires d’Europe de l’Est, d’Asie, d’Afrique sub-saharienne dans une moindre mesure sont encore méconnus de nombreux acteurs sociaux. En dehors de la question du vieillissement, les opérateurs sont demandeurs de formations sur la prise en charge de ces publics, qui demandent souvent une approche différente (en terme culturel et social) des populations maghrébines auxquelles ils sont habitués. A plus long terme, il s’agit d’anticiper sur la question du vieillissement, afin d’éviter qu’elle ne se pose de la même manière que pour l’immigration maghrébine, et qu’elle soit traité dans l’urgence. Pour ce faire, il paraît important de mettre en œuvre des sessions de formation à destination des personnels des associations et des institutions (CAF, Caisses de retraite, CCAS, etc.), sur cette thématique des nouveaux migrants : schémas et modèles familiaux, culture, approche historique ; mais également sur la question du vieillissement de ces migrants et migrantes.

La question spécifique des femmes âgées

Enfin, il nous semble important de perpétuer le travail amorcé par cette étude d’une réflexion globale concertant les femmes âgées immigrées et d’une qualification des acteurs sur cette thématique. En effet, un certain nombre d’opérateurs associatifs nous ont fait part de la méconnaissance de ce public de la part des personnels de différentes institutions : CAF, MSA, bailleurs sociaux, caisses de retraite. Il pourrait s’agir d’une valorisation de cette étude, sous la forme de sessions de formation à destination des agents des collectivités et administrations, par exemple par le biais du CNFPT.

Note 3 : Rapport final page 64 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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4 Des problématiques particulières, fonction des spécificités locales
4.1 Dans les zones rurales (l’exemple du Nord-Vaucluse)
Un isolement plus fort du fait d’un nombre restreint d’opérateurs associatifs.

Une de spécificités des territoires du Nord Vaucluse est la relative faiblesse du nombre des opérateurs associatifs, et pour le moins leurs difficultés à travailler ensemble. Ainsi, chaque acteur intervient prioritairement sur un territoire restreint (généralement à l’échelle d’une cité), alors que son action pourrait bénéficier à une population plus large. Par conséquent, les publics ne se trouvant pas à proximité de ces opérateurs n’y ont bien souvent pas accès. Ceci renvoie à la question de la mobilité (voir ciaprès) mais également à celle du maillage du territoire. Ainsi, seul le centre social d’Orange offre un ensemble complet de prestations qui couvrent tous les domaines (santé, accès au droit, activités socio-culturelles). Tous les autres opérateurs apparaissent spécialisés sur une seule thématique. En conséquence, les femmes âgées immigrées se retrouvent contraintes à s’adapter à l’offre. On observe ainsi sur certains secteurs des cours d’alphabétisation qui ne désemplissent pas, sur d’autres des ateliers couture où les femmes continuent de venir se faire aider à faire un ourlet qu’elles savent parfaitement réaliser seules. On mesure bien ici toute la dimension de lutte contre l’isolement que peuvent représenter ces structures.

Il est donc important de maintenir et diversifier l’offre en direction des publics féminins âgés sur ces territoires. Il faut pour ce encourager les acteurs déjà présents, qualifiés sur un domaine, à intervenir sur d’autres secteurs. Pour ce, la mise à disposition de locaux « partagés » entre les différents opérateurs nous semble un préalable. Les acteurs pourraient ainsi « tourner » sur les différentes communes, comme c’est par exemple le cas des Points d’Accès aux
Note 3 : Rapport final page 65 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Droits des Etrangers. Tel acteur associatif interviendrait tel jour à Bollène, tel jour à Valréas, tel jour à Visan… Dans chaque commune, le local pourrait accueillir un jour une permanence d’accès aux droit, un jour un atelier d’alphabétisation spécifique pour les femmes âgées, un jour une activité socio-culturelle ou sportive.
Il est prioritaire d’associer les collectivités locales à ce type de démarches, notamment pour la mise à disposition de

locaux. Il sera également nécessaire que ces acteurs soient coordonnés dans leurs actions et les territoires d’intervention ; c’est un des points sur lesquels le FASILD peut être amené à se positionner directement.

La question de la mobilité, particulièrement sensible en milieu rural, touche particulièrement les femmes âgées.

Comme annoncé précédemment, les problèmes de mobilité sont particulièrement prégnant dans ces territoires ruraux. Les femmes âgées immigrées sont particulièrement touchées par ce problème, du fait de l’absence de permis de conduire, de véhicules, et accentués par l’analphabétisme (difficultés à lire les horaires et lignes des transports en commun par exemple). Ce problème de mobilité contribue donc également à renforcer l’isolement, mais est de plus un facteur limitatif en ce qui concerne l’accès aux droits et à la santé notamment. Se rendre à la permanence de la Caisse d’Allocation Familiale ou consulter un médecin spécialiste devient très vite une expédition d’une journée si l’on ne dispose pas d’un accompagnateur véhiculé.

Certaines communes urbaines mettent en place des dispositifs innovants 29 de « bus à la demande » ou « taxibus », où il suffit de téléphoner pour que le bus s’arrête à proximité de son domicile sur des créneaux horaires définis par l’utilisateur. Ce type de dispositifs, pilotés et gérés à l’échelle intercommunale (syndicat intercommunal de transports, Communautés de Communes…), permettraient grandement de désenclaver certains secteurs, sans les contraintes des transports en commun classiques. Ce type de dispositif aurait bien sûr une vocation beaucoup plus
Par exemple dans l’agglomération toulousaine où ce dispositif a été mis en place pour desservir les zones d’habitat peu denses où les transports en commun n’étaient pas adaptés.
29

Note 3 : Rapport final page 66 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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large que le seul transport des femmes âgées immigrées, mais des actions d’informations en leur direction permettraient de les associer au projet. Solution plus facile à mettre en place, des aides financières pour régler les taxis et pour aider les associations à s’équiper de moyens de transports peuvent également être envisagées.

Une société « traditionaliste » dans laquelle la Femme a encore du mal à sortir du foyer, chose à quoi elle aspire en vieillissant.

La population immigrée des zones rurales est encore fortement liée à l’activité agricole. Parmi les immigrés, beaucoup étaient agriculteurs au pays et sont venus en France pour exercer dans le même secteur. L’attachement aux valeurs traditionnelles y est encore très prégnant, notamment en ce qui concerne la place de la femme. C’est dans ces territoires que la difficulté des femmes à sortir, à bénéficier des ateliers d’alphabétisation, d’activités socio-culturelles est la plus importante du fait du conjoint. Beaucoup de femmes déclarent en effet être contraintes par leur époux à rester à la maison et à porter le voile lorsqu’elles sortent. R. : « Ici, je viens, j’ai le droit, parce que mon mari il connaît, les dames de l’association elles l’ont rencontré, et puis c’est des arabes, c’est pas pareil, mais sinon, il veut pas… il dit que je vais faire des mauvaises rencontres ou je sais pas, moi… 30 » Ce discours est largement relayé par les acteurs associatifs, qui insistent sur la difficulté qu’ils peuvent avoir à rencontrer les femmes.

Il s’agit ici de faire évoluer les représentations masculines de la condition féminine. C’est donc en direction des hommes que doivent être menées des actions pédagogiques d’information relatives au droit des femmes et à leur besoin de socialisation te d’autonomie. Celles-ci pourront passer par différents médias, l’idée à faire passer étant celle de la nécessité – pour les hommes comme pour les femmes - d’une autonomisation : ateliers d’alphabétisation, dans le cadre de formations professionnelles, évènements (journée de la femme,
30

Entretien à Valréas
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projection de films…) sans toutefois stigmatiser le public masculin, ce qui serait contre-productif. En ce sens, il serait intéressant d’envisager des groupes de paroles mixtes, sur un terrain neutre : le transfert sur la situation des enfants est à ce titre une thématique à privilégier.

Des opérateurs sociaux de droit commun parfois peu sensibilisés à la question de la spécificité des publics

En dernier lieu, il est important de revenir sur le manque de connaissance du public de certains opérateurs de droit commun. Ce sont ainsi des dispositifs spécifiques (PADE, permanences d’accès aux droits des différentes associations) qui vont être saisis directement pour effectuer certaines démarches administratives. Certaines associations ont ainsi acquis une réelle compétence dans le montage des dossiers de retraites. Certains organismes (la MSA du Vaucluse par exemple) tendent déjà à prendre en compte les spécificités du public immigré âgé à un niveau global. Mais il semble plus que le problème relève de conditions d’accueil parfois inadaptées, d’un personnel pas toujours disponible pour prendre le temps qu’il faut, etc.

Plus qu’un problème de prise en compte du public au niveau institutionnel, il semble que se soit la question de la formation des agents directement en charge de l’accueil et du traitement des dossiers qui soit en cause. Nous appuierons ici la proposition déjà formulée de mettre en place des formations à destination des personnels directement au contact de ce public dans les différentes institutions (CAF, MSA, Caisses de retraite…), formations qui devront associer connaissance sociale du public et spécificités techniques propres à chaque opérateur.

Note 3 : Rapport final page 68 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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4.2

Dans les zones d’habitat social des pôles urbains (l’exemple des quartiers Nord de Marseille)
Un isolement moins fort du fait de la présence d’acteurs associatifs, mais un besoin tout aussi prégnant de socialisation.

Sur un territoire tel que les « quartiers nord » de Marseille, la problématique est très différente de celle observée précédemment dans le Nord Vaucluse. On est en effet dans une situation inverse de multiplicité des acteurs. L’isolement y est donc moins fort, mais pour autant les besoins de socialisation exprimés par les femmes âgées y sont très importants. Dans les différents quartiers, la volonté de « sortir de la cité » est un élément récurrent. Les sorties organisées par les associations rencontrent beaucoup de succès. Les sorties au marché en centre-ville, les promenades, sont très appréciées de ces femmes qui ne connaissent parfois que leur cité. Elles sont un moyen d’échanger entre-elles, d’échanger avec les accompagnatrices. En ce sens, les sorties et activités sont un média qui permet aux femmes d’évacuer leur besoin de parler. Ce besoin de se raconter a été fortement ressenti lors du déroulement des entretiens. La plupart des femmes rencontrées étaient très touchées de raconter leur vie, leurs souvenirs et leurs liens au pays d’origine, leur migration, les rapports à leurs enfants, à leur époux. Malgré cette volonté de sortir, de « découvrir » l’extérieur, la nécessité d’un accompagnement reste une constante. Toutes déclarent que seules, elles ne feraient pas cette démarche de sortir de chez elles, malgré le bien que cela leur procure. « Moi toute seule, je peux pas… il faudrait que je prenne le bus, que j’arrive dans des quartiers… mais je connais pas, j’ai peur de me perdre… Si on a été déjà une fois, alors là oui, je peux y retourner… mais sinon non… 31 » Cet accompagnement reste également pour certaines une nécessité pour certaines démarches, notamment se rendre chez le médecin. Beaucoup d’associations développent ainsi un accompagnement « à la demande ».

31

entretien, Marseille
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L’isolement est donc moins fort, du fait des possibilités de « réunions » offertes par les structures associatives présentes. Celles-ci répondent à un réel besoin de socialisation et d’ouverture. Cependant, elles pourraient être améliorées par un fonctionnement plus ouvert entre les cités et entre les migrants de différentes origines. Certaines structures travaillent sur plusieurs quartiers, mais les publics ne sont pour autant pas en relation. Les sorties mériteraient ainsi d’être « mutualisées ». De plus, il nous semble important de développer le transfert intergénérationnel. Les femmes rencontrées expriment leur besoin de parler, mais aussi de partager leur expérience et de transmettre leur culture. Des passerelles sont à créer entre les activités des plus jeunes et les groupes de personnes âgées. Le personnel d’accompagnement mériterait d’être renforcé par des jeunes, dont certains sont justement en recherche de racines et d’identité. A ce titre, des partenariats avec des institutions sont à envisager. Par exemple, des jeunes filles dépendant de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (« école d’application », Unité Educative d’Activité de Jour, Unité Educative de Milieu Ouvert par exemple) pourraient être employées comme accompagnatrices, développant par là-même une expérience professionnelle dans le secteur des services à la personne, actuellement en plein développement. La difficulté consiste ici à créer les passerelles entre les institutions et les associations.

Une multiplicité d’acteurs, mais un manque de coordination qui ne permet pas une mutualisation des moyens et compétences

La spécificité de ce territoire d’étude est la présence de nombreux acteurs, qu’ils soient opérateurs de terrain ou délégataires d’une mission de service public dans le domaine de l’action gérontologique et sociale. Il semble que cette multiplicité ne soit pour l’instant pas porteuse d’une réelle plus-value, mais à l’inverse qu’elle entraîne une forme de dissolution des moyens et des actions. Ainsi, sur chaque cité se mettent en place des « pôles aînés » portés par des associations, certaines intervenant sur plusieurs secteurs. Parallèlement, le CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination
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Gérontologique) nous a fait part de ses difficultés à créer une synergie entre les différents opérateurs. La problématique apparaît donc très sectorisée, tant géographiquement que par domaines d’intervention. Chaque association est porteuse de son projet pour les personnes âgées, généralement axé vers le développement d’activités (socialisation) et l’accompagnement social aux démarches. Mais aucune ne prend réellement en compte de manière globale et transversale la problématique géronto-sociale, laissée au CLIC. Ainsi, plusieurs opérateurs sont financés sur des projets sensiblement identiques, sans que n’existe un travail en réseau, les opérateurs ne semblant pas convaincus de son utilité. Le CLIC GérontO’Nord nous a fait part de ses difficultés à réunir autour de la thématique du vieillissement les opérateurs associatifs qui pourtant mettent en place, chacun sur leur territoire, des « pôles aînés ». Cet organisme de coordination a donc pris le parti de s’appuyer sur le dispositif Contrat de Ville, principal financeur, pour tenter de mettre en place un fonctionnement en réseau.

Il apparaît comme une nécessité de positionner d’imposer ? - le CLIC comme « tête de réseau » en ce qui concerne les actions sociales en direction des personnes âgées dans les quartiers, en particulier des femmes âgées immigrées. C’est en effet un organisme qui dispose des compétences pluridisciplinaires et d’une mission de mise en réseau particulièrement adapté. Au préalable, les moyens financiers et humains d’assumer cette mission devront lui être donnés par les organismes financeurs.

La nécessité d’une prise en compte dans la gestion des logements

La gestion des logements sociaux ne prend pas toujours suffisamment en compte la question des femmes âges immigrées. Les demandes de mutation dans des logements plus petits sont souvent difficiles à obtenir, maintenant des personnes seules dans de grands logements dont les loyers ne correspondent plus aux revenus disponibles.
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D’autre part se pose la question des réhabilitations. Bien que soient en général mise en place des maîtrises d’œuvre sociales, visant à un accompagnement social des réhabilitations, celles-ci ne prennent pas toujours en compte la spécificité des publics. De plus, les MOS n’existent que sur la durée de la réhabilitation. Comme nous le montre l’exemple de la cité des Créneaux (voir paragraphe ci-après), c’est un travail en amont qui doit être mené. Sur cette cité, des réunions d’information ont eu lieu, mais il s’agissait plus d’une information des locataires que d’une prise en compte des publics. D., 67 ans : « Là, je ne sais pas comment on va faire, parce qu’ils vont démolir la cité mais on sait pas encore où on va aller… ça cause des problèmes ça tu sais de na pas savoir où est-ce que tu va aller demain… mais le pire, ici, c’est les vieilles femmes, elles ont toujours vécu ici, elles ont leurs habitudes et tout et maintenant ils les jettent… ça leur cause encore plus de soucis à elles… On verra bien comment ça va se passer ! mais ça fait des soucis tout ça de ne pas savoir où on va habiter ; moi ça fait des années que j’habite ici et j’ai peur de me retrouver dans un quartier que je ne connais pas. Ici je connais tout le monde ! Tout le monde est gentil, ici, les jeunes viennent m’aider quand je porte les courses, tout le monde est bien et je n’ai pas envie de partir d’ici… […] je passe tout mon temps à penser à ça, ça me ronge qu’on puisse mettre des gens dehors comme ça. En plus, moi, j’ai toujours payé mes loyers, je n’ai jamais été en retard, jamais, et là, on va tous être dehors… »

Une sensibilisation des opérateurs de logement social doit être engagée, sur la base des « enquêtes d’occupation du parc social ». Celles-ci, réalisées par les bailleurs chaque année, devront leur permettre d’identifier les secteurs de leur parc où les femmes âgées sont particulièrement représentées et de prendre en compte cette spécificité dans leur gestion locative.

Note 3 : Rapport final page 72 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Un exemple emblématique : la cité des Créneaux

L’exemple de la cité des Créneaux (15ème arrondissement) nous semble illustrer de manière intéressante la problématique du fait d’une concentration du public ciblé par l’étude et d’autre part des difficultés auxquelles ont à faire face les femmes âgées, en lien avec l’enclavement de ce petit ensemble d’habitat social. La cité des Créneaux est une ancienne « cité de transit » dont la réhabilitation, puis la démolition sont envisagées depuis de nombreuses années. La population des Créneaux est constituée de familles issues de la résorption des bidonvilles, de foyers SONACOTRA et des Tilleuls. Selon le bailleur, un fonctionnement très « clanique » est observé, avec des regroupements de certaines familles et une concentration de personnes de la même origine géographique (à l’échelle du village). Il s’ensuit une appropriation très forte de la cité, qui vit de manière très fermée sur elle-même, fonctionnement renforcé par son enclavement géographique (éloignement des grands axes urbains, absence de transports en commun). Aujourd’hui, selon un opérateur associatif intervenant auprès des femmes sur la cité, sur 86 logements occupés, 45 le seraient par des femmes d’origine algérienne (région des Aurès) âgées de 60 à 87 ans, veuves, vivant le plus souvent seules dans leur logement et ayant migré dans les années 45-50. Dans l’hypothèse d’une future démolition, le bailleur ne remet pas sur le marché les logements après départ ou décès des locataires. Ajouté à cela l’effet « répulsif » pour certains ménages de la cité, on observe un vieillissement très fort de la population. Sur cette cité, le principal problème rencontré par les femmes âgées est l’isolement social, isolement renforcé par la non-maîtrise de la langue et l’enclavement de la cité. La majorité des ces vieilles femmes d’origine algérienne est venue en France pour rejoindre un époux qui travaillait en général comme ouvrier agricole dans les Bouches-du-Rhône ou le Vaucluse. La vie « nomade » de l’ouvrier agricole suivant les exploitations au rythme des saisons étant difficilement compatible avec la vie de
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familiale, ces familles se sont progressivement « citadinisée » - selon l’expression de SAYAD - et implantée dans les grandes zones urbaines. Ces femmes déclarent toutes être venues en France pour rejoindre leur mari, et insistent sur le fait qu’elles sont restées au foyer toute leur vie. Sur l’ensemble des femmes âgées vivant aux Créneaux, très peu maîtrisent la langue française malgré leur présence ancienne en France. Elles justifient cet état de fait par cette assignation à un rôle domestique. Elles ne « pouvaient pas » bénéficier des cours d’alphabétisation du fait de cette situation. Aujourd’hui, ces femmes se retrouvent quotidiennement dans les locaux mis à disposition d’une association par le bailleur. Elles y discutent entre elles, abordent avec les animatrices de l’association différents problèmes auxquels elles sont confrontées. Ces dernières les accompagnent dans leurs démarches (aller chez le médecin, remplir des papiers…) sans pour autant qu’elles bénéficient d’une formation appropriée.

Note 3 : Rapport final page 74 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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4.3

Dans les centres-anciens des pôles urbains (l’exemple du centre-ville de Nice)
La question du logement

Comme nous l’avons vu en première partie, la part des femmes âgées immigrées vivant dans un logement dont elle ou leur conjoint est propriétaire dépasse toujours les 40% sur l’ensemble de la commune de Nice ; c’est un des plus élevé de la région. Pour autant, ce chiffre ne doit pas masquer deux réalités : D’une part, les conditions de logement de ces femmes qui ne sont pas en location. L’accession des ménages immigrés, et à fortiori des femmes âgées, se concentre sur certains secteurs déqualifiés du parc de logement (Gambetta, Dabray…) : vétusté des logements, nuisances (proximité de voies d’autoroute, chemin de fer…). Ce sont de plus des ménages dont la capacité financière est souvent trop faible pour pouvoir envisager des travaux d’amélioration de l’habitat, situation renforcée par les difficultés de compréhension de la langue et des rouages administratifs, et donc d’accès aux dispositifs financiers et techniques d’aide à l’amélioration de l’habitat lorsqu’ils existent (OPAH par exemple). D’autre part, les 60% des femmes âgées immigrées maghrébines qui ne sont pas propriétaires vivent des situations diverses. La part de celles qui vivent dans le parc locatif social est confrontées à des difficultés de mutations. Le parc social niçois offre relativement peu de petits logements, et les ménages de personnes âgées sont souvent appréciés des bailleurs (du fait que se sont des éléments « calmes » et « stables » à l’échelle d’un groupe d’habitation). Ces derniers opposent donc fréquemment un refus aux demandes de mutations, tandis que des ménages composés d’une personne seule sont contraints de vivre dans de grands logements dont ils ne peuvent que difficilement assumer loyers et charges. L’accès au logement spécifique est rare. Les acteurs rencontrés insistent sur une relative autonomie des femmes âgées immigrés, notamment les isolées, par rapport au logement. Ainsi, le logement en hôtel meublé et les pratiques de collocation sont rares, la situation des femmes s’opposant ici à celle des hommes seuls. Ceci est accentué par le fait que les foyers SONACOTRA des AlpesMaritimes accueillent exclusivement des hommes. La
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présence des femmes immigrées dans les maisons de retraites est exceptionnelle en dehors des femmes originaires des pays de l’Union Européenne. Dans le parc locatif privé, les femmes âgées immigrées sont confrontées sensiblement aux même problématiques que les propriétaires : ségrégation urbaine dans les secteurs déqualifiés du parc, vétusté et inconfort des logements, peur – et méconnaissance des droits - des locataires d’entamer des démarches auprès du propriétaire pour demander des travaux d’amélioration. Les problèmes rencontrés par les femmes âgées immigrées originaires des pays hors Union Européenne dans le centre niçois ne diffèrent guère de la problématique générale du logement des populations immigrées : ségrégation / agrégation dans les zones reléguées (cités d’habitat social et secteurs déqualifiés du parc privé), faiblesse des revenus, méconnaissance des droits des locataires et des dispositifs publics d’amélioration de l’habitat. Cependant, ces différents facteurs sont accentués par la situation particulière de « femme » et de « personne âgée ». Se rajoutent en effet les problématiques plus spécifiques du logement des personnes âgées (accessibilité, médicalisation, services…) mais également l’extrême faiblesse des revenus, notamment en ce qui concerne les femmes seules qui ne bénéficient que d’une pension de réversion souvent limitée [voir sur ce point la note 2 : « Femmes âgées immigrées en région PACA – Problématiques identifiées »]. Le problème des revenus est d’autant plus prégnant du fait de la forte pression immobilière observée sur le territoire niçois. Se joue aussi la question de l’isolement : les démarches liées au logement (recherche, travaux, etc.) étaient souvent accaparées par les hommes, les femmes se trouvant inexpérimentées lors de leur disparition. In fine, c’est bien la question des politiques publiques du logement et de leur prise en compte du public spécifique « femmes âgées immigrées » qui est posée. Il s’agit donc d’intégrer – ou de mieux prendre en compte ces personnes aux différents dispositifs existants : logements pour les personnes âgées, opération d’amélioration de l’habitat, politique du logement social… C’est donc l’ensemble des opérateurs intervenant sur cette question qui doivent être associés : administrations, collectivités locales, etc.

Note 3 : Rapport final page 76 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Des problématiques sensiblement identiques aux autres sites étudiés

On retrouve dans le centre de Nice globalement les mêmes problématiques que sur les autres sites étudiés : Une demande d’ateliers d’alphabétisation spécifiques en direction des publics féminins âgés [cf. point 3.1]; Un risque d’isolement du fait des mécanismes de ségrégation socio-spatiale, de la distension des liens intergénérationnels et d’une présence importante des femmes seules – célibataires, veuves [cf. point 3.4] ; Un besoin de socialisation fort, qui passe notamment par les activités et animations socio-culturelles et sportives [cf. point 3.4]; Un nombre assez important d’acteurs qui interviennent auprès de ces publics. Sur ce territoire, on note à ce niveau un travail partenarial déjà engagé. Les associations, institutions, médecins, travaillent en effet fréquemment de manière conjointe. C’est ainsi sur ce seul territoire que nous avons réussi à organiser une rencontre des différents acteurs autours d’une même table. C’est également à Nice que les acteurs s’identifient le mieux entre-eux. Ainsi, chacun a pu nous renvoyer vers d’autres, vers un médecin, vers une administration avec laquelle il travaille en partenariat.

Note 3 : Rapport final page 77 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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Conclusion
a question du vieillissement des personnes immigrées est régulièrement étudiée, sous ses différents aspects, depuis plusieurs années. Différents travaux menés sur cette problématique ont fait apparaître au sein de cette population un groupe exprimant des besoins spécifiques, mais encore peu étudié et souffrant d’une forme d’invisibilité sociale : les femmes âgées immigrées. Il s’avère qu’aujourd’hui, la population immigrée s’est largement féminisée. Le stéréotype du travailleur immigré célibataire n’est plus, loin s’en faut, une réalité. Aujourd’hui, plus d’un immigré sur deux âgé de 60 ans ou plus est une femme. Ces femmes âgées immigrées représentent ainsi près de 20% de la population immigrée, et plus de 35% de la population immigrée féminine. Cette population se concentre principalement dans les grandes métropoles de la région (Marseille, Nice, Toulon, Avignon), mais est également présente dans les autres communes où elle est moins visible. C’est d’ailleurs dans ces communes plus petites qu’elle est le plus en augmentation, notamment dans le nord des Bouches-duRhône, le Vaucluse et le Var. Si le nombre de femmes âgées immigrées originaires de pays de l’Union Européenne à 15 diminue partout, elles restent les plus représentées. Pourtant, certains territoires voient la population d’origine maghrébine croître de manière importante. Sur ces secteurs (les Bouches du Rhône notamment), les femmes âgées originaires des pays du Maghreb, mais également d’autres régions du monde (Afrique sub-saharienne, Asie, Europe de l’Est) seront bientôt plus nombreuses. On peut donc parler d’une diversification de l’origine des femmes âgées immigrées : A l’échelle régionale, les femmes âgées européennes représentaient 69% des femmes âgées immigrées en 1990, mais plus que 61% en 1999. A la même date, parmi les femmes âgées de 59 à 60 ans, seulement 48% étaient d’origine européenne. Si la « réalité statistique », avec tous ses biais, montre bien l’importance croissante de cette population, qu’en est-il de sa « visibilité sociale » ?
Note 3 : Rapport final page 78 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

L

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Les femmes âgées immigrées semblent encore bien peu prises en compte par les politiques publiques. D’une part en terme d’identification : Aucun organisme institutionnel n’a pour l’instant identifié ce public et l’intègre en tant que tel à ses statistiques ou à ses programmes, contrairement aux immigrés âgés masculins. D’autre part, même en terme d’actions associatives, les activités ciblées directement sur ce public sont encore rares, même si l’expression des besoins aidant, on trouve de plus en plus d’initiatives, parfois innovantes. Corrélativement à cette absence de visibilité sociale des femmes âgées immigrées, nous avons été confrontés à des difficultés à réunir les acteurs autour de cette problématique. Il semble que pour beaucoup d’institutionnels notamment, la question ne se pose pas réellement. Dans notre analyse, nous avons cherché à définir des parcours migratoires, lesquels se traduisent par des légitimations différentes de la migration dont les conséquences se traduisent, à l’âge de la retraite, en terme de situations sociales. Si certaines femmes se sont « impliquée » dans la migration et ont contribué à la construction d’un projet de vie familial, d’autres ont vécu leur migration de manière plus passive ou uniquement dans un projection à travers leurs enfants. Pour celles-ci, l’autonomie, l’accès aux droits et l’implication dans la vie locale est beaucoup plus difficile. Un certain nombre de points doivent notamment être améliorés. En premier lieu, il apparaît primordial de maintenir et développer l’accès des femmes âgées aux cours d’alphabétisation, en envisageant notamment des ateliers spécifiques. La maîtrise de la langue reste en effet le principal frein à l’intégration. Ces ateliers à vocation socialisante devront aussi permettre d’améliorer l’accès aux droits et répondre au besoin de socialisation exprimé par le public. La question de la santé doit également être améliorée, par une double approche, aussi bien médicale qu’administrative. Des actions de sensibilisation des médecins et l’intégration des femmes âgées immigrées comme public prioritaire dans les différents documents de programmation régionaux doivent améliorer la prise en compte du public. En même temps, une coordination des acteurs intervenant dans ce domaine doit permettre une
Note 3 : Rapport final page 79 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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meilleure prise en charge, aussi bien en matière de soins que de protection sociale. Sur les différents territoires étudiés, la question de la socialisation et des activités a toujours été un élément central. Beaucoup de structures n’arrivent pas à développer des activités qualifiées « d’occupationnelles » pour lesquelles les financeurs ne veulent pas s’engager. Pourtant, que se soit en terme d’amélioration du bien être psychique et physique, de lutte contre l’isolement, de socialisation, les activités socio-culturelles sont un temps majeur dans la vie des personnes âgées. Ce point est d’autant plus important que les femmes âgées immigrées non que très peu accès aux activités pour les personnes âgées de droit commun, du fait de blocages culturels et sociaux qu’il semble difficile de déverrouiller rapidement. Enfin, les différents acteurs qui interviennent sur ce champ expriment tous – de différents manières – le besoin de formation pour prendre en charge ce public spécifique. En effet, certaines actions peuvent être très techniques (montage des dossiers de caisse de retraite par exemple), et des activités peuvent nécessiter une dimension « novatrice » (ateliers spécifiques santé/alphabétisation part exemple). En ce sens, une coordination des acteurs institutionnels et associatifs doit être envisagée. L’approche par micro-territoire a quant à elle fait émerger des problématiques plus spécifiques : isolement et mobilité, condition féminine, faible nombre d’opérateurs dans les territoires ruraux ; besoin de socialisation, multiplicité des acteurs, logement social dans les quartiers Nord de Marseille ; logement privé, ségrégation sociospatiale et isolement dans le centre de Nice.

Globalement, le tissu associatif et la présence institutionnelle ne font pas défaut. Le principal enjeu dans la problématique de l’intégration des femmes âgées immigrée – et nos propositions vont toutes en ce sens - est d’arriver à coordonner, mutualiser et cibler l’action en direction de ces publics, sans pour autant contribuer à l’exclusion par des dispositifs trop spécifiques.

Note 3 : Rapport final page 80 Synthèse des Etudes Locales – Pistes d’action

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groupe

écrire les territoires, dessiner la chose publique

reflex_
Acadie, Paris Aceif.st, Strasbourg Adeus, Marseille Aures, Nantes Cérur, Rennes Place, Bordeaux Trajectoires, Lyon

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