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Cours de combustion 1ière partie Notions
I Rappels sur la structure de la matière et les forces naturelles I-1 Généralités Toute matière (gaz, liquide ou solide) est constituée d’atomes. L’atome est composé de protons, de neutrons et d’électrons. Les neutrons sont électriquement neutres, les protons sont chargés positivement : ils constituent le noyau. Ils ont tous les deux la même masse. Les électrons chargés négativement tournent autour du noyau et sont attirés par les charges positives des protons. Ils sont beaucoup plus légers que les protons et sont en général en nombre identique aux protons pour que l’atome ou la molécule soit électriquement neutre. Leurs orbites sont disposées en couches ayant un nombre d’électrons toujours identique à saturation (2 sur la première, 8 sur la seconde et troisième, 18 sur les 4ième et 5ième …). Lorsqu’une couche est saturée, on commence à remplir la couche immédiatement supérieure. Dans le tableau ci-dessous appelé « tableau périodique » les atomes ou éléments chimiques sont classés de telle manière que dans la même ligne on retrouve les éléments ayant le même nombre de couches et dans la même colonne les éléments ayant le même nombre d’électrons sur la couche extérieure, ce qui leur confère des propriétés chimiques voisines.

Dans chaque case, le nombre de gauche est le nombre de protons appelé numéro atomique et celui de droite est la masse atomique. Les atomes sont rarement seuls (sauf les gaz rares ou inertes dont la couche électronique extérieure est saturée) car, dans ce cas, cet état n’est pas stable pour deux raisons:

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Pour les gaz. en général.4l sous les conditions normales de pression et de température (0°C. Ces atomes sont donc.soit. ils ne sont plus électriquement neutres (on dit ionisés) comme c’est le cas par exemple dans les gaz à haute température (plasma. panaches luminescents de chalumeaux. Un corps composé de molécules toutes identiques est un corps pur.soit.023. une mole occupe 22.2 . Ils tendent alors à la saturer pour retrouver un état stable comme les gaz inertes en partageant des électrons avec un autre atome. regroupés pour former des molécules (ou des cristaux dans le cas d’un solide). . On appelle cet état une liaison de covalence. Un corps simple est un corps pur où les molécules sont formées d’une seule sorte d’atomes. On multiplie ces quantités par le nombre d’Avogadro 6. leur couche électronique extérieure n’est pas saturée (radicaux libres des combustions). I-2 Quelques ordres de grandeur : Christian Guilié Novembre 2006 . colonne d’arc électrique).1atm).1023 ainsi chaque molécule représente une mole. Corps pur Corps simple Mélange Les quantités représentées ci-dessus sont trop faibles pour l’échelle macroscopique.

105J/mole (20 millions de fois plus faibles que les forces nucléaires). Pour décrire ce processus. Nous les avons étudiés dans les cours précédents.Les forces intermoléculaires régissent les changements de phase. L’ordre de grandeur est de 5. Si Christian Guilié Novembre 2006 . Ce sont celles qui nous intéressent dans ce cours. Le rapport des diamètres de l’atome et du noyau est du même ordre que le rapport de l’orbite de la terre et de celui du soleil : la matière est essentiellement composée de vide ! Dans les gaz. on se sert des équations chimiques qui transcrivent sous forme mathématique la réalité précédente. . II Equations chimiques globales II-1 Définitions. leur ordre de grandeur est de 5. rappels Une réaction chimique est une transformation qui intervertit les liaisons chimiques sans changer la nature des atomes Avant -stable Après +stable Le nombre des atomes de chaque espèce se conserve donc et par voie de conséquence la quantité de matière aussi : mavant=maprès. Elles interviennent au cours d’une réaction nucléaire de fission ou de fusion. électrostatiques ou interatomiques et intermoléculaires. On les exprime en J/mole : c’est l’énergie qu’elles libèrent sous forme de chaleur ou de rayonnement au cours de leur rupture. le proton et l’électron ont un diamètre du même ordre que le noyau (environ 2.) et de 3Amström pour les liquides et les solides. la vitesse de déplacement des molécules est de l’ordre de 700m/s et la vitesse des électrons autour du noyau de l’ordre de 3000km/s. la distance intermoléculaire est de l’ordre de 30Amström dans les conditions normales (0°C. 1atm. . Donc la masse volumique des gaz est de l’ordre de 1kg/m3 et les forces intermoléculaires sont faibles alors que celle des liquides et des solides est de 1000kg/m3 et les liaisons intermoléculaires sont très fortes de sorte que les liquides sont incompressibles et les solides indéformables contrairement aux gaz. Leur ordre de grandeur est de 1013J/mole.3 Le diamètre de l’atome est de l’ordre de 10-10m (1Amström).10-15m).104J/mole. Les forces naturelles microscopiques qui s’exercent au niveau de l’atome sont de trois sortes : nucléaires. Dans les gaz.Les forces électrostatiques interatomiques (cohésion de la molécule) interviennent au cours d’une réaction chimique. -Les forces nucléaires sont les forces de cohésion du noyau. La densité du noyau est de l’ordre de 400000t/mm3. le noyau est environ 10000 à 50000 fois plus petit.

c'est à dire les plus stables (dégagement de chaleur maximum) Exemple : C + 2 02 C02 + 02 il y a trop d'oxygène 2 C + 02 C02 + C il y a trop de carbone C + 02 C02 la réaction est stœchiométrique Le problème revient à équilibrer la réaction complète (appelée aussi neutre). Pour ce qui nous concerne. nous ne nous intéresserons qu'à la réaction du carbone et de l'hydrogène avec l'oxygène.77N2). Nous n'étudierons que la combustion des hydrocarbures (molécules formées d'atomes de carbone et d'hydrogène). II-2 Dosage: Pour caractériser un mélange combustible-comburant. avec de l'oxygène ou de l'air (de composition chimique moyenne 02+3. Equilibrer une équation chimique consiste à faire en sorte que l’on retrouve le même nombre d’atome de chaque espèce de part et d’autre de la flèche. Une étude plus fine montre qu’il existe une succession de réactions élémentaires : la combustion est en fait une « réaction en chaine ». 3C+O+O2 CO2+C+CO Comme nous l’avons dit. mais il existe de nombreux autres produits possibles dont le plus courant est le monoxyde de carbone CO. donc à connaître tout d'abord les produits de la réaction complète des réactifs donnés. L’équation précédente est l’équation chimique globale : elle ne nous explique pas le mécanisme de la réaction mais décrit seulement les compositions avant et après réaction. Nous verrons dans la deuxième partie de ce cours le mécanisme des réactions en chaine.4 par exemple est un atome de carbone C et réaction précédente : 3C+1O+1OO est un atome d’oxygène O. Un mélange réactif est dit stœchiométrique si les proportions de ce mélange sont telles que toutes les molécules de réactant sont susceptibles de se transformer en produit de réaction complète. chaque quantité élémentaire s’adresse à une mole. on écrit pour la 1COO+1C+1CO Ou. on compare toujours sa composition à la composition stœchiométrique. La combustion est une réaction vive avec dégagement de chaleur. Exemple : On veut équilibrer :H2+O2 H2O On vérifie pour H : c’est correct par contre il ya deux fois trop de O dans le premier membre donc finalement :H2+1/2O2 H2O : c’est équilibré. Envisageons la combustion complète d'un hydrocarbure de formule chimique fictive CxHy dans l'oxygène: CxHy + O2 CO2 + H2O Equilibrons l’équation : Christian Guilié Novembre 2006 . dont les produits les plus stables sont le gaz carbonique CO2 et l'eau H20.

Ma = Na . Il peut.V où V est le volume molaire or toutes les molécules gazeuses occupent le même volume (Avogadro voir chapitre gaz parfait) donc : Va=Na Pour un combustible liquide: (Ma et Mc sont les masses molaires de l’air et du carburant) na. 4 12 x + y Christian Guilié Novembre 2006 .5 CxHy.Mc  ma  Va  Ou aussi : Va =  =   mc.Ma Ma  ma  Ma =  = = Na  Mc  mc  stoech nc. être exprimé en moles. Lorsqu'il s'agit de combustibles gazeux on préfère l'exprimer en volume (voir 2ème partie §II-2). + (x + y/4) O2 x CO2 + (y/2) H2O La composition molaire du mélange stœchiométrique est donc de : une molécule de CxHy pour (x + y/4) d'oxygène. selon le cas. on peut donc écrire : Na = Va = x + y 2.29 Pour un mélange quelconque. Va =na. on l'exprime en masse.V.16 . Le pouvoir comburivore est le rapport : quantité de comburant sur quantité de combustible à la stœchiométrie.(ρa )  mc  stoech  Normal  Ma  = en Nm3/kg   stoech 1.  na   Va  Na =   . par contre pour les combustibles liquides. on définit la richesse R et le facteur d'air du mélange λ:  na   Va   ma       n  V  m   1  c  réel  c  réel  c  réel λ= = = = R  na   Va   ma        n  V     c  stoech  c  stoech  mc  stoech Donc :  na      1  nc  réel λ= = = R Na  Va    V   c  réel = Va  ma   m    c  réel Ma e=λ-1 est appelé excès d’air Pour la combustion un hydrocarbure simple dans l’oxygène. Va =    nc  stoech  Vc  stoech Vc =nc. en volume ou en masse.

84( c h c h + ) = 137. Exprimons x et y en fonction des teneurs pondérales c et h : x = c/12.77 (x +y/4)N2 CO2 + H2O + N2 y donc: Na = Va = 4.).6 La plupart des combustions qui nous intéressent sont des combustions d'hydrocarbures dans l’air.39 3n + 1 7n + 1 Fig :Pouvoir comburivore des produits de combustion des alcanes dans l’air Dans le cas de mélanges complexes (essence.84 4  Ma = Na( ) = 34.39 12 x + y  3x + y    4  Dans le cas des alcanes CnH(2n+2).28. alcool…) on utilise les teneurs pondérales c. L'azote ne réagit pas ou peu (voir §II-4 2ième partie) avec les autres composants du mélange (appelé diluant dans certaines documentations) donc on le retrouve intégralement dans les produits de combustion: CxHy+ (O2 + 3.o…(titre massique des substances élémentaires C. y= h et c + h = 1 Donc : Ma = 4.77 N2) Equilibrons l'équation chimique: CxHy + (x+ y/4) (O2 + 3. 0 ..77.6( + + − ) 12 4 32 32 Christian Guilié Novembre 2006 . gaz-oil.h..6( + ) 12 4 12 4 On peut généraliser dans le cas des alcools et des carburants soufrés ou azotés: c h s o Ma = 137.77 N2) xCO2 + (y/2) H2O + 3.77( x + ) 4 y    x+  28. H. on obtient : Ma = 34.

Combustion complète de l’oxygène : Dans le cas d'un mélange riche R>1.h=4/32=12. le carburant pourra être totalement consommé et il restera alors de l'oxygène dans les fumées (hypothèse 1). Dans ce cas.5% s=3% n=0.1 Ma=15 Ma=13. dans le cas général où le mélange est différent du mélange stœchiométrique.5%. .. Ce calcul sert à déterminer théoriquement la composition massique ou molaire des fumées et ainsi leurs caractéristiques thermodynamiques pour calculer les pertes thermiques aux fumées mais aussi à faire le diagnostic d'une combustion en ayant déterminé la composition des fumées à l'aide d'un analyseur de fumées. il faut connaitre les teneurs par analyse de fumée.O=16/46=35% II-3 Composition des produits de combustion Ma=6. Une hypothèse plus fine consiste à supposer que tout l'hydrogène brûle et que la combustion du carbone est incomplète et donne du CO (hypothèse 2). plusieurs hypothèses sont possibles: -on peut considérer suivant la précision du calcul souhaitée que le carburant en excès se conserve au cours de la réaction.36% NB : Les pouvoirs comburivores massiques sont pratiquement identiques pour tous les hydrocarbures: Ma = 15 Par contre pour les alcools il est très différent : Méthanol CH3OH : c=12/32=37.O=16/32=50% Ethanol C2H5OH : c=24/46=52%.45 Ma=8.Combustion incomplète : dans le cas où le bruleur fonctionne mal.93 Calculons la composition des produits d'une combustion. Pour effectuer ce calcul..Combustion complète du carburant : dans le cas où l'air est en excès λ>1.. . mais cette hypothèse est grossière car à la température atteinte dans une flamme. de l’hydrogène. Elle donne d’assez bons résultats pour les calculs de pertes mais ne correspond pas du tout à ce qu’on peut observer à l’aide d’analyseurs de fumées. Le calcul est simple. il peut subsister de l’oxygène et du mono-oxyde de carbone. la molécule d'hydrocarbure ne peut rester intègre.24 o=0.6 gaz-oil ou fuel domestique : c=85%.7 Exemple: essence : c=84% h=16% Ma=15. des hydrocarbures imbrûlés. plusieurs hypothèses sont possibles : .3%) fuel lourd c=85. -on peut encore affiner en postulant qu'il existe une relation d'équilibre entre CO et H2 mais le calcul devient plus complexe (voir §III-2 calcul du rendement de combustion). Christian Guilié Novembre 2006 .h=6/46=13%. h=15% (autre<0.9% h=10.5%.

77λ ( x + ) 4 Ces fonctions sont représentées sur la figure cicontre pour un hydrocarbure lourd saturé (CnH(2n+2) et n>>1): Exemple de diagnostique : Si la teneur en C02 est inférieure à 15 % dans le cas d'un hydrocarbure lourd : cela signifiera que la combustion est incomplète ou pauvre. cas dans la seconde partie de ce cours (diagramme En utilisant les deux premières hypothèses (hypothèses 1 et 2). la combustion est trop riche.77N2) CO2 + H2O + O2 + CO + N2 1 x y/2 (λ-1)(x+y/4) 0 λ>1 λ(x+y/4) 3. en équilibrant l’équation chimique de la réaction.77λ ( x + ) 2 4 y 2(1 − λ )( x + ) 4 γ CO = y ( x + 3. le brûleur est mal calculé ou endommagé. la combustion est mauvaise.77λ(x+y/4) 1 0 λ<1 λ(x+y/4) x-2(1-λ)(x+y/4) y/2 2(1-λ)(x+y/4) 3. γ i = i n FH n FS Par exemple pour le CO et λ<1 : y 2(1 − λ )( x + ) 4 X CO = y y ( x + + 3. S'il reste du CO sans oxygène. III Thermodynamique de la combustion III-1 Premier principe 1°) Premier principe en système fermé Considérons un mélange combustible enfermé dans un récipient: Christian Guilié Novembre 2006 . S’il reste de l'oxygène sans CO. le titre molaire de chacune des substances rapporté aux produits de combustion secs (nFS) ou humides (nFH): n n Xi = i .8 Nous étudierons ce dernier d’Oswald). on peut écrire: CxHy+(O2+3. elle est trop pauvre. grâce au tableau précédent. 2 4 4 On peut calculer. Enfin s'i1 reste de l'oxygène et du CO.77λ(x+y/4) Pour λ<1 on doit résoudre un système de deux équations : la conservation du carbone 1 y y CO2 + CO = x et celle de l’oxygène : CO2 + CO = λ ( x + ) − .

760mmHg. C'est ce qu'on appelle chaleur de réaction isochore : Qc= -( UP0 -UR0) Le premier principe peut donc s'écrire pour un système fermé avec combustion: We+Qe+Qc= U’P . U’R= UR-UR0 Où UR0 et UP0 sont les énergies internes respectivement des réactants et des produits de combustion dans les conditions de référence donc : We+Qe = U’P -U’R+(UP0 -UR0) Il est commode d'écrire: We+Qe -( UP0 -UR0)= U’P . les conditions 25°C. On pose donc : U’P= UP-UP0. donc comme un transfert de chaleur. Le premier principe s'écrit donc: We+Qe=UP-UR On peut écrire aussi la conservation de la quantité de matière: mP=mR=m Les chimistes ont coutume d’utiliser pour origine des fonctions thermodynamiques (indice 0).U’R La variation d'énergie interne due au changement de composition chimique dans les conditions normales: (UP0 – UR0) apparaît dans le premier membre. Les produits d'une réaction exothermique Christian Guilié Novembre 2006 . négative dans le cas d'une réaction endothermique.9 Combustion R Réactants Travail We Chaleur Qe P Produits de combustion Le système hachuré est un système fermé.U’R Qc est positive dans le cas d'une réaction exothermique (cas des combustions).

dans les mêmes conditions de pression et de température est plus faible donc: UP0 <UR0 <=> Qc>O Si les réactants et produits peuvent être considérés comme des mélanges de gaz parfaits. On définit de la même façon la chaleur de réaction isobare.Φ Comme précédemment. leur énergie interne. 2°) Premier principe en système ouvert Réactants Produits Pi. on pose H'R=HR-HR0 et H'P=HP-HP0 où HR0 et HP0 sont les enthalpies des gaz frais et des produits de combustion dans les conditions de référence.CvR(TR-298) Si CvP et CvR sont voisins : u’P . Nous la calculerons plus loin. Il existe bien sûr une relation entre Qc et Q’c.u’R =CvP(TP-298).u ' R = ∫ Cv P dT + ∫ Cv R dT 298 298 Tp Tr Ou même idéaux : u’P .10 étant plus stables que les gaz frais. Q’c=-(HP0 .HR0) Le premier principe pour un système ouvert avec combustion s'écrit donc: Wi+Qe+Q'c=∆H'+∆Ep+∆Ec Sous forme de puissance et en généralisant : Pi+Φ+Pc=Σqms(h’s+eps+ecs)-Σqme(h’e+epe+ece) Pc est la puissance calorifique de la combustion. Par définition de l’enthalpie : H=U+pV donc : Q'c=-( HP0 .u’R =CvP(TP-TR) Car TR est souvent proche de 298K.HR0)=-( UP0 -UR0+p0VP0 – p0VR0)=Qc – (p0VP0 – p0VR0) Si on considère les produits de combustion et les gaz frais comme des gaz parfaits. alors: u ' P . on a ∆pV=∆nRT d'où : Christian Guilié Novembre 2006 .

h’R =CpP(TP-TR) 3°) Enthalpie de formation En chimie.9kJ/mole Exemple : Pour calculer la chaleur de combustion du méthane dans l’air : CH4+2(O2+3. Elle est appelée enthalpie de formation du corps complexe formé.77N2) CO2+2H2O+7.h’R =CpP(TP-298). alors: h' P − h' R = ∫ Cp P dT − ∫ Cp R dT 298 298 Tp Tr Et comme précédemment.8kJ/mole On peut faire de même avec le gaz carbonique : Hf0CO2=-393.9+393. C’est la forme la plus stable qui sert de référence. Tous les corps simples existent sous différents états : par exemple l’oxygène existe sous forme O2 mais aussi monoatomique O ou triatomique O3 (ozone). Christian Guilié Novembre 2006 . Par exemple Pour l’eau vapeur: 1 H 2 + O 2 → H 2 O . on leur donne une enthalpie de 0 dans les conditions de référence (25°C. « créer » tous les autres corps complexes. Les corps simples serviront de référence. s’il sont idéaux : h’P .5kJ/mole Ou pour le méthane : Hf0CH4=-74. Q’c=241.1%. Si les réactants et produits peuvent être considérés comme des mélanges de gaz parfaits. Comme à partir des corps simples on peut. elle est donc inférieure à la précision de nos mesures.Hf0CO2-2 Hf0H2O =-74. pour l’oxygène la forme diatomique O2.54N2 Q’c= Hf0CH4. En déterminant la chaleur à pression constante de la réaction conduisant à la formation d’un corps complexe à partir de corps simples.RT0 La différence entre Qc et Q’c est très faible de l’ordre de 0. on utilise la notion d’enthalpie de formation qui permet de déterminer à l’aide d’un minimum de données les chaleurs de réaction.2kJ/mole Les valeurs ci-dessus sont extraites de « thermodynamique appliquée » de Van Wylen et Sonntag. la forme graphite sert de référence. 1atm). on peut obtenir l'enthalpie de référence du produit HP0=-Q’c.8kJ/mole 2 Donc l’enthalpie de formation de l’eau vapeur est de Hf0H2O=-241.8=802.CpR(TR-298) Si CpP et CpR sont voisins : h’P . On la néglige en général.241.11 Q’c=Qc-(nP-nR). Pour le carbone C qui peut se trouver sous forme solide (graphite ou diamant) ou sous forme gazeuse.5+2.

que la chaleur soit à pression constante (indice p) ou à volume constant (noté v) et que la quantité soit massique ou volumique (notée ‘). On n’utilise dans la pratique que le pouvoir calorifique inférieur à pression constante Ip ou I’p car l’eau des produits de combustion reste en général sous forme vapeur.803 = 395kJ / mole On retrouve bien à peu près les valeurs précédentes des enthalpies de formation (les énergies de liaisons ont été arrondies).462 = 245.12 Pour déterminer les enthalpies de formation. On pourrait faire la même chose pour le méthane et les autres hydrocarbures ou alcools. Comme on l’a dit au §II-2 on utilise les volumes pour les combustibles gazeux et les masses pour les combustibles liquides et gazeux. briser une liaison O=O et créer deux liaisons C=O. Pour nous. on doit briser une liaison H-H. On notera par exemple P’v le pouvoir calorifique volumique à volume constant d’un gaz. on doit transformer le graphite (qui sert de référence pour l’enthalpie de formation) en gaz. 2 ½liaison O=O et on recrée 2 liaisons O-H.5kJ / mole 2 Pour la réaction C+O2 CO2. la notion de pouvoir calorifique est plus aisée à utiliser. C’est ces valeurs que l’on trouvera dans les tables et nous verrons dans la seconde partie du cours les formules empiriques permettant de les calculer. a) Pouvoir calorifique Le pouvoir calorifique PC est la chaleur de réaction de la combustion complète rapportée à l’unité de quantité de combustible : Qc PC = mc Il y a de nombreuses façons de traduire cette définition selon que l’on tient compte de la chaleur de condensation de l’eau ou non (PC Supérieur noté P ou Inférieur noté I). 1 Donc : Q' c = −(432 + 493) + 2. sauf dans le cas de chaudières à condensation où l’on utilise P’p et comme nous l’avons dit précédemment la différence entre volume et pression constante est négligeable. Christian Guilié Novembre 2006 . Donc : Q ' c = −(493 + 718) + 2. les chimistes se servent des énergies de liaison. Ce sont des doubles liaisons car le carbone est tétravalent (4 électrons à mettre en commun) et l’oxygène est divalent). III-2 Pouvoir calorifique et calcul de la chaleur de combustion En énergétique les seules réactions qui nous intéressent sont les combustions dans l’air. Pour ce qui nous concerne les valeurs ci-dessous suffisent (voir TP thermodynamique de 1ère année): Liaison Energie kJ/mole C-H 415 C-C 345 C=C 609 C-O 357 H-H 432 O-H 462 O=O 493 C=O 803 Graphite 718 Cgaz Par exemple : pour la réaction H 2 + 1 O 2 → H 2 O .

en fonction du pouvoir calorifique et de λ.Ma + 1 . b) Chaleur de combustion Nous allons calculer. la chaleur de combustion massique rapportée à l’unité de masse des réactants ou des produits de combustion (mP=mF=m) en se servant des différentes hypothèses expliquées au §II-3. Ip=40000kJ/kg) : Christian Guilié Novembre 2006 . elle donne de bons résultats dans le cas des combustions en défaut d’air.Ip donc : qc = (mc) stoech .Ip Ip = ma + mc Ma + R (mc) stoech qc ηc = = qCM mc Ip donc: qc = . On omet le « ‘ » qui va de soit en général. Le pouvoir calorifique utilisé dans 99% des cas est le PCI noté Ip.Ip donc : Ip.mc Ip qc = = m λ .13 Le pouvoir calorifique supérieur n’est utilisé que pour le gaz naturel dans les chaudières à condensation. on obtient le diagramme suivant pour un hydrocarbure lourd (Ma=15.Combustion totale de l’oxygène Même si cette hypothèse n’est pas réaliste. ηc = λ Ma + R En utilisant ces deux hypothèses. La combustion étant complète mc dégage la chaleur Qc=mc. -Combustion complète du carburant Tout le carburant est changé en CO2 et H2O et il reste de l’oxygène en excès. Le rendement de combustion est donc de : ηc = 1 Par définition du §II-2 λ=(ma/mc)/Ma et qc se rapporte à la masse totale des réactants et des produits de combustion :qc=Qc/m avec m=ma+mc. Cette fois ci seule la quantité stœchiométrique de carburant brûle en dégageant la chaleur Qc=(mc)stoe.

si l’on veut un bon rendement. il faut travailler en mélange riche λ<1 .H2…).Combustion incomplète C’est le cas en particulier lorsque.CH. on utilise un analyseur de combustion pour faire le diagnostique ou le bilan d’une installation quelconque. Il faut donc prendre qvI dans les conditions normales: qvI=XI.(1-XH2O)Σ γI. est connue.(1-XH2O) Donc finalement : PI =qvP. On suppose ici que la composition des fumées. en particulier en imbrulés (CO. Donc nous n’avons accès qu’à la teneur en imbrulés se rapportant aux fumées sèches γI : XI=γI. Où XI est le titre molaire de l’imbrulé I et qvP le débit des produits de combustion dans les conditions normales. il faut travailler en mélange pauvre λ>1 C’est un résultat que nous retrouvons dans la 2ème partie de ce cours. Les analyseurs travaillent à basse température et la quasi-totalité de l’eau est condensée et extraite avant l’analyseur. concrètement.I’pI Et simplement : ηc = P Pc = 1− I PCM PCM Christian Guilié Novembre 2006 . On peut écrire que la puissance dégagée par la combustion est celle de la combustion complète PCM moins celle que l’on pourrait récupérer en brulant complètement les imbrulés PI : Pc=PCM-PI Avec : PCM =qmcIp ou qvcI’p Les pertes par imbrûlés PI sont égales à : PI =qvII’pI où I’pI est exprimé en kJ/Nm3 car les imbrulés sont des gaz. Cela nous permettra de connaitre XH2O. qvP.14 Il apparaît sur ces courbes que : -si l’on veut une forte puissance. L’excès d’air sera déterminé dans les paragraphes suivants par la connaissance de O2. .

Elle montre qu’il existe une relation qui lie les concentrations de CO et de H2 à haute température et que du fait de la « trempe des produits de combustion » à cause de leur refroidissement rapide par détente (dans un moteur) ou par transfert de chaleur (dans une chaudière ou un four) le rapport se conserve dans les fumées. Pour les hydrocarbures lourds : x/y~1/2. Les analyseurs courants ne donnent que CO comme imbrulé les autres imbrulés étant en général en quantité négligeable. h=15%.15 Nous verrons dans la seconde partie de ce cours comment accéder à qvP et XH2O mais pour un calcul rapide.qmP et XH2O =13% (hydrocarbure lourd) à 19% (méthane) lorsque l’on est proche de la stœchiométrie et entre les deux dans le cas d’une combustion d’hydrocarbure moyen dans l’air. On a donc : Pour les moteurs (équilibre supposé à 1500°C) : γCO /γH2 =8x/y Pour les fours ou chaudières (1000°C) : γCO /γH2 =5x/y Le carburant ayant pour formule chimique : CxHy. Les tables donnent par ailleurs I’pCO=12600kJ/Nm3 et I’pH2=10760kJ/Nm3 dans les conditions normales.47 Christian Guilié Novembre 2006 . x=c /12. y=h x/y=0.78. On peut affiner le calcul en utilisant les résultats de l’étude des réactions d’équilibre chimique à haute température (§II-1 2ème partie). Exemple pour le fuel c=85%. Pour les combustibles liquides voir le calcul des teneurs pondéral (§ II-2 1ère partie). on peut prendre : qvP=0.