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Marx et les sciences sociales aujourd’hui du Mardi 20 mars 2012 à Liège par Soheil

Marx et les sciences sociales aujourd'hui

1. Introduction :

Pour l'exposé d'aujourd'hui, je m'étais assigné pour tâche de mettre en évidence en quoi une lecture de Marx qui ne passerait pas par le filtre du « Marxisme classique » pourrait constituer la base normative de la recherche en science sociale. D'emblée, je voudrais réduire cette thèse de manière à ce qu'elle soit abordable dans le cadre de mon exposé d'une heure et demie et parce qu'en réduisant cette thèse nous gagnerons en modestie et en précision. Premièrement, je me concentrerai sur deux ouvrages de Marx : Les manuscrits de 1844 et L'Idéologie Allemande. Se concentrer sur ces deux ouvrages m'a paru être un choix raisonnable puisque d'une part nous les avons lus et d'autre part parce que la polémique voudrait qu'il y ait oui ou non une rupture à partir de ces deux textes dans la pensée de Marx. C'est donc un point charnière qui me permettra, si j'en suis capable dans la suite de mon exposé, de jeter un œil vers le jeune Marx et un autre œil de l'autre côté, vers le Marx de Maturité. De voir s'il y a rupture ou continuité, de voir les polémiques et les divergences. Deuxièmement, je réduis l'expression « la recherche en science sociale » à un domaine, à celui de la « communication » et plus exactement à la perspective communicationnelle dans l'anthropologie de la communication telle qu'elle se pratique aujourd'hui. Je prétends donc qu'il existe des parallèles entre la pensée de Karl Marx et de Gregory Bateson. Je prétends aussi que la philosophie pragmatique de langage de Wittgenstein est à mettre en parallèle avec la pensée de Karl Marx. La problématique devient donc celle-ci : la pensée marxienne a-t-elle des applications dans la perspective communicationnelle de l'anthropologie de la communication ? » Avec mon professeur de l'anthropologie de la communication, nous avions constaté le rapprochement étonnant entre les concepts hégéliens et les notions d'ordre anthropologique découlant des expériences des terrains dans le domaine de la communication. Cependant, si la satisfaction dans la comparaison théorique me remplissait de joie et de curiosité, il restait des problèmes que je ne parvenais pas à résoudre avec Hegel. D'une part, je ne maîtrise pas assez Hegel pour pouvoir en tirer toutes les conséquences dans le domaine des sciences sociales et d'autre part la pensée hégélienne en restait, à mon sens, à une abstraction convenable pour une corrélation des définitions entre elles, mais incapable de saisir la praxis des hommes de manière concrète. Il y avait donc avec Hegel une « liaison », comme la ligne d'horizon entre le ciel et la Terre, quand il s'agissait des définitions pour elles-mêmes, mais il y avait une rupture entre le ciel et la Terre quand il s'agissait de rendre compte des expériences concrètes. Cette métaphore que je viens d'introduire

pour insister sur le fait que ma pensée « se cherche », me permet également de vous signifier la précarité de ma position. J'ai devant moi des jeunes gens intelligents et mon propos doit être à la hauteur de ceux qui m'écoutent or je n'ai qu'une pensée qui se cherche. De manière métaphorique encore, je dirai que je n'ai nullement fait le tour de la question, mais que ce sont plutôt les questions qui me tournent autour. Pour ma défense cependant, je dirai que cette pensée est vivante et je pense que vous apprécierez son cheminement dans la suite de cet exposé. Saisir avec Hegel la pensée de Wittgenstein, l'une des dernières bases philosophiques dans le domaine de l'anthropologie de la communication ne pouvait être chose aisée. Vous le savez sans doute, le cercle de Vienne avait une volonté affichée de détruire Hegel ; injustifié à mes yeux de vouloir détruire Hegel, je ne comprenais pas à l'époque ce paradoxe : Hegel permet de saisir les définitions et ne permet pas de saisir la praxis des hommes et ceux qui saisissent l'homme et ses pratiques langagières veulent détruire Hegel. Aussi ma tentative de saisir les sciences sociales avec Marx englobe t elle les critiques du Cercle de Vienne non pas dans une volonté de détruire, mais dans une volonté d’intégrer Hegel en dépassant Hegel c'est-à-dire en usant de la méthode hégélienne.

2. La Structure de mon exposé :

Cheminement ! En effet, même si je n'épuiserai pas le sujet, que je l'effleurerai avec les bouts de

mes petits doigts, je suis tout de même en mesure de vous indiquer la direction que je suivrai lors de

mon exposé.

Premièrement, je commencerai par discuter quelque peu le concept d' idéologie dans le texte de

L'Idéologie Allemande.

Deuxièmement, je m'attarderai sur la reprise althussérienne de ce concept à partir de « L'idéologie

et appareil idéologique de l’État ». Je vous présenterai ensuite les implications de ce concept dans

les sciences sociales : les implications sociologiques, à travers l'interprétation de Marx qu'on

retient en général dans les sciences sociales. Ce qui sera pour nous l'occasion de présenter les

travaux de John Elster, Boltanski et Ève Chiapello, Mannheim et Paul Ricœur. Je vous

présenterai enfin en quoi la boucle était déjà bouclée avec Bourdieu qui avait repris

sociologiquement l'interprétation althussérienne du concept de l'idéologie 1 dans ses travaux.

Troisièmement, il sera alors l'occasion pour moi de passer à une autre interprétation du concept de

l'idéologie. Je pense qu'elle nous apportera des clés de compréhension quant aux deux remarques

philologiques de Stany lors de son exposé (je vous les rappellerai au temps voulu). Je présenterai

d'abord l'interprétation que partage Étienne Balibar avec Isabelle Garo du concept de l'idéologie.

C'est à cette occasion qu'on pourra mesurer leurs divergences d'interprétations, car avec

l'interprétation Althusserien nous sommes face à la fameuse « coupure épistémologique » alors

qu'avec l'interprétation de Balibar nous sommes face à une continuité de telle sorte que le concept

d' « idéologie » sera englobé et repris dans le concept du fétichisme par Marx. Je vous présenterai la

logique de cette interprétation succinctement. Ensuite, je prendrai le temps de m’intéresser au

langage. J'attire votre attention sur le fait qu'approcher le langage nous est seulement permise, car

nous sommes passé de l'idéologie au concept du fétichisme. De plus, une distinction entre la

linguistique interne et la linguistique externe sera nécessaire. Je développerai ce point en

critiquant la linguistique de Saussure et de Chomsky ; cette critique sera pour moi l'occasion de

mettre en selle le pragmatisme comme alternative au monde désincarné de la linguistique interne et

c'est ici que j'aborderai les rapprochements possibles entre Wittgenstein et Marx. Enfin, je vous

exposerai quelques travaux de la perspective communicationnelle qui s'éclairent à l'aune d'une

1 Attention : Je ne respecte pas la chronologie des travaux pour garder une certaine symétrie dans le corps de mon exposé. Les travaux de Bourdieu sont par exemple antérieurs à ceux de Boltanski et Ève Chiapello.

philosophie du langage basé sur la praxis. Je distinguerai brièvement la praxis de l'acte et présenterai les travaux de Tomasello ; c'est ici que je voyais Hegel et ensuite Marx comme ayant prévu dans leurs philosophies les résultats des recherches dans la perspective communicationnelle de l'anthropologie de la communication.

Je terminerai mon intervention avec un questionnement général.

3. Le concept d' « idéologie » dans L'idéologie Allemande

Je ne reprendrai pas dans ce point une analyse poussée de L’idéologie Allemande étant donné que nous l'avons lu et que Stany nous a fait une présentation à ce sujet. Je tâcherai seulement de mettre en perspective quelques points qui me serviront dans la suite de mon exposé.

Premièrement, comme vous le savez, le concept d' « idéologie » est un concept instable du fait qu'il

a était réactualisé par Marx dans un ouvrage de nature polémique, publié tardivement (György

Lukács ne l'avait pas lu) et de manière incomplète (critique rongeuse des rats). Il est aussi remarquable que le concept d' « idéologie » chez Marx se raréfie avant de disparaître intégralement de son corpus théorique. En effet, ce concept n'est pas du tout utilisé dans le capital par exemple.

On peut prétendre que ce concept abandonné par Marx est repris par Engels dans deux œuvres :

L'Anti-Dühring et dans Ludwig Feuerbach et la sortie de la philosophie classique allemande. C'est avec la réinterprétation proposée par Althusser que ce concept va connaître un souffle nouveau témoignant de sa persistance dans l'actualité des disciplines telles que la philosophie et la sociologie, le droit, les sciences politiques, etc.

Il est donc nécessaire de garder à l'esprit que le concept d' « idéologie » est enrichi rétrospectivement des sens que lui ont été donnés par des auteurs postérieurs à Marx. La confusion est grande donc quant à ce qu'entendait Marx par ce concept, l'utilisation qu'il en faisait et les interprétations et usages postérieurs à lui.

Il est tout aussi nécessaire de garder à l'esprit que le concept d' « idéologie » chez Marx lui-même

est un concept polysémique et qui induit dans son usage en dehors et dedans L'idéologie Allemande des contradictions et des apories insolubles.

Marx affirmait dans sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel que « la religion est l'opium du peuple ». Quelques années plus tard, il affirme le contraire dans L'idéologie Allemande : « Pour la masse des hommes, c'est-à-dire pour le prolétariat, ces représentations théoriques n'existent pas, donc pour cette masse elles n'ont plus besoin d'être supprimées et, si celle- ci n’a jamais eu quelques représentations théoriques telles que la religion, il y a longtemps déjà qu'elles sont détruites par les circonstances ». Quant à la classe dominante, elle est illusionniste et illusionnée suivant la proximité des membres de cette classe dominante avec la sphère intellectuelle (cela est dû à la division du travail) et les intellectuelles, quant à eux, sont illusionnistes et illusionnés alors que le reste de la classe dominante est illusionné sans être nécessairement illusionniste.

Repris dans le texte, on peut voir émerger cette thèse de la manière suivante : « [L'idéologie] se manifeste aussi dans la classe dominante sous forme de division entre le travail intellectuel et le travail matériel, si bien que nous aurons deux catégories d'individus à l'intérieur de cette même classe. Les uns seront les penseurs de cette classe (les idéologues actifs, qui réfléchissent et tirent leur substance principale de l'élaboration de l'illusion que cette classe se fait sur elle-même) tandis que les autres auront une attitude plus passive et plus réceptive ».

La conséquence semble immédiate : plus on est proche de l'activité productrice des idées de la classe dominante, plus on est illusionné autant qu'illusionniste. Ce qui fera conclure que le prolétariat est en quelque sorte en dehors des illusions.

la bourgeoisie veut faire passer ses intérêts très

particuliers pour l'intérêt général ». Dans ce cas, les idéologues ne sont pas illusionnés, mais ils s’efforcent volontairement de transfigurer le particulier en universel.

Cependant, Marx ajoutera plus loin que « [

]

Il y a donc non pas un, mais deux discours possibles sur l'idéologie : dans le premier discours, nous sommes face à l’innocence et la non-opérativité de l'idéologie et dans l'autre, à l'exact opposé du premier discours, nous sommes dans l'intentionnalité coupable et mensongère.

Je suggère que nous laissions de côté le deuxième discours sur l'idéologie avec l'intentionnalité coupable et mensongère et pour nous concentrer plutôt sur le premier discours, discours renvoyant à un jeu social « naturel ».

Nous pouvons conclure que c'est ce premier discours qui revient le plus souvent dans le texte de L’idéologie Allemande pour expliquer l'idéologie. Cependant, il faut distinguer encore une fois entre deux interprétations possibles de ce concept à l'intérieur de ce premier discours sur l'idéologie. La première, l’interprétation mécaniste, suggère essentiellement les métaphores de l'écho, du reflet et la fameuse 'caméra obscure'. La vie des dominants est inéluctablement accompagnée par un certain nombre de représentations reflétant, avec une certaine fidélité, leur pratique réel. Ici, l'idéologie, le reflet, l'écho témoignent d'une faiblesse ontologique et insistent sur l'inconsistance de ce concept. La seconde, quant à elle, s’appuie sur l'expression. En effet, Marx, dans une note de bas de page qui a fait l'objet de l'une des remarques philologiques de Stany (voir intervention du lundi 20-02- 2012), précise ceci :

« Les représentations que se font ces individus sont des idées soit sur leurs rapports avec la nature, soit sur leurs rapports entre eux, soit sur leur propre nature. Il est évident que, dans tous ces cas, ces représentations sont l'expression consciente réelle ou imaginaire de leurs rapports et de leurs activités réelles, de leurs productions, de leur commerce, de leur (organisation) comportement politique et social ».

Cette interprétation nous permet de penser la relation qui s'établit ent re deux ordres hétérogènes la où l'écho ou le reflet ne pouvait transfigurer que le même : l'idéologie n'est pas un miroir qu'on promène le long d'un chemin. Voilà pourquoi Marx peut affirmer que :

« La production des idées, des représentations et de la conscience est d'abord directement et intimement mêlée à l'activité matérielle et au commerce matériel des hommes, elle est le langage de la vie réelle. Les représentations, la pensée, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme l'émanation directe de leur comportement matériel. Il en va de même de la production intellectuelle telle qu'elle se présente dans la langue de la politique, celle des lois, de la morale, de la religion, de la métaphysique, etc., de tout un peuple ».

Je conclurai ce point en mettant l'accent sur la faiblesse théorique de ce concept chez Marx lui- même et en soulignant son usage polémique (contre les jeunes-hégéliens de gauche). Je ne vous cacherai pas qu'entre Althusser, qui à mon sens reprend à son compte et développe la première interprétation du premier discours sur l'idéologie, l'interprétation mécaniste, et Étienne Balibar qui prend à son compte la deuxième interprétation, l'interprétation expressive, je penche plus pour la deuxième interprétation. Comme le dit Étienne Balibar, et là j’anticipe sur ce qui va su ivre, tout semble finalement concourir à valider la thèse selon laquelle « les apories internes au concept de l'idéologie auraient précipité son abandon définitif par Marx lui-même. Passé le moment de son utilité polémique, le terme devait s'éclipser pour laisser la place à la théorie du « fétichisme »,

Dans la suite de mon exposé, je tâcherai de montrer qu'il y a dans les sciences sociales deux usages de ces interprétations et ce, en partant du concept d'idéologie présent dans L'Idéologie Allemande.

4. L'interprétation Althussérienne de L'idéologie

En 1976, dans la revue Position, Althusser fait paraitre un long texte intitulé « L'idéologie et Appareils idéologiques de l’État » ; pour Althusser, l'idéologie s'écrit au singulier tandis qu'il existe plusieurs appareils idéologiques de l’État. Il dira de l'idéologie, tout comme Freud le disait de l'inconscient, qu'elle est éternelle. Je reviendrai sur ce point en guise de conclusion avec Erich Fromm et les critiques qu'il adresse à Freud. Des critiques qu'on peut transposer aisément à l'idéologie telle qu'il est conçu par Althusser.

Avant de passer à cette critique que je ferai intervenir dans mon exposé comme étant une digression, et donc à proprement parlé avant de passer à l'implication de l'interprétation Althussérien de l'idéologie dans les sciences sociales, la sociologie plus exactement.

Pour Althusser toute formation sociale relève d'un mode de production dominant et pour exister, cette formation sociale doit, en même temps qu'elle produit, et pour pouvoir produire, reproduire les

conditions de sa production. Elle doit donc reproduire les forces productives et les rapports de productions existants.

Althusser désigne donc un mode de production dominant pour chaque formation sociale en prenant en compte le point de vue de la production et le point de vue de la reproduction. Ainsi la production et la reproduction des conditions matérielles de la production ne sont possibles qu'avec la reproduction des moyens de production. La reproduction de la force du travail, suivant le schéma de la division du travail, fait en sorte que la force de travail est elle-même diversement qualifiée. La reproduction de la force matérielle exige à son tour non seulement une reproduction de sa qualification, mais en même temps une soumission aux règles de l'ordre établi, c'est-à-dire une reproduction de sa soumission à l'idéologie dominante pour les ouvriers et une reproduction de la capacité à bien manier l'idéologie dominante pour les agents de l'exploitation et de la répression, afin qu'ils assurent aussi par la parole la domination de la classe dominante. D'un côté nous avons l'assujettissement à l'idéologie dominante et de l'autre la maîtrise de sa pratique. Remarquez qu'Althusser parle d' « agent » et qu'en sociologie cela relève d'une distinction fondamentale : un agent est prisonnier d'une structure et se différencie de l'individu qui lui est libre. Cette remarque me permet de rebondir sur ce qu'écrit Althusser dans ce sens et il nous dit « le caractère révolutionnaire de la conception marxiste consiste dans le fait qu'il insiste sur le « tout social » en ce qui le distingue de la « totalité » hégélienne ». C'est ce point de vue que j'appelle la mort du sujet et la domination de la structure (tout comme chez Lévis-Strauss).

Althusser prend à son compte la dichotomie Infrastructure/Superstructure en soulignant le fait que les étages supérieurs ne pourraient « tenir » (en l'air) tout seul, s'ils ne reposaient précisément sur leur base. Cependant, il ajoute qu'il existe une « autonomie relative » de la superstructure et d'action en retour de la superstructure. Il parle en effet en ces termes : « les étages de la superstructure se trouvent évidemment affectés d'indices d’efficacité différents ».

Si mon propos ne concernait que l'idéologie jusqu'à maintenant, alors il faut préciser aussi ce qu'entend Althusser par « appareils idéologiques ». Il distingue en effet l'appareil idéologique et le pouvoir d’État comme suit : le pouvoir se prend mais l'appareil idéologique demeure. C'est-à-dire que la nouvelle classe prend à son service les anciens appareils d’État ; il distingue aussi l'appareil répressif de l’État et les appareils idéologiques de l’État.

Pour Althusser, les appareils idéologiques de l’État sont :

l'AIE religieux

l'AIE scolaire

l'AIE familial

l'AIE juridique

l'AIE politique

l'AIE syndical, l'AIE de l'information ; L'AIE culturel

, Etc

Résumons tout ce qui vient d'être dit par un schéma pour rappeler que notre question porte sur

l'idéologie, c'est à dire la deuxième entité de l'unité de superstructure :

Superstructure (unité de : 1) juridico-politique (le droit et l’État) 2) L'idéologie (religion, morale,
Superstructure (unité de :
1) juridico-politique (le droit et l’État)
2) L'idéologie (religion, morale, juidiques, politiques, etc.).
Infrastructure (unité des forces productives + Rapports de production).

Précisons. Althusser nous apprend que ce que dit Marx à propos de l'idéologie dans les manuscrits

de 44 et dans L'idéologie Allemande n'est pas marxiste. Tout au plus, le capital contient par moment

nombre d'indications pour développer une théorie des idéologies dépendant à son tour d'une théorie

de l'idéologie en général. Il se propose donc de développer cette dernière. Pour Althusser, Marx

assimile dans l'Idéologie allemande le concept d' « idéologie » à un « bricolage imaginaire », à un

« pur rêve », à un « résidu diurne » et c'est à ce titre qu'il nous apprend, que l'idéologie n'a pas

d'histoire, puisque son histoire est en dehors d'elle, là où existe la seule histoire qui existe, celle des

individus concrets, etc. Cette thèse de I.A. est donc une thèse négative puisqu'elle signifie :

premièrement que l'idéologie n'est rien en tant que pur rêve, fabriqué par l’aliénation de la division

du travail et deuxièmement qu'elle n'a pas d'histoire propre ; sauf comme pâle reflet vide et inversé

de l'histoire réelle.

Or pour Althusser, corrigeant du coup le jeune Marx, l'idéologie a un sens positif. L'idéologie est

éternelle, tout comme l'inconscient.

L'idéologie représente le rapport imaginaire des individus à

leurs conditions réelles d'existence. Il suffit donc d'interpréter pour retrouver sous leur représentation imaginaire du monde, la réalité même de ce monde. Dans ce sens, l'idéologie est une illusion et une allusion : elle est l'inconscient d'une formation sociale, pas d'un sujet ; c'est ici qu'on différencie l'idéologie de l'inconscient. Son interprétation est aussi au niveau de toute la société. Par exemple, l'interprétation mécaniste de Dieu est la représentation imaginaire du roi réel. L'idéologie a une existence matérielle dans le sens ou l'idéologie est le rapport imaginaire à des rapports réels et que ce rapport imaginaire est doté lui-même d'une existence matérielle (des actes, des pratiques, des rituels). Dans ce cadre, le sujet est agi par le système et l'idéologie interpelle les individus en sujets dans le sens où les individus sont toujours-déjà des sujets (avoir un prénom à la naissance, un nom, une nationalité, etc.).

Il me semble que nous avons fait le tour de la question de l'idéologie tel qu'Althusser la pose. Pour conclure cette quatrième partie, je voudrais terminer en citant Erich Fromm en vous laissant le soin de transposer cette critique de la psychanalyse freudienne à la conception de l'idéologie sur le même mode que l'inconscient. Fromm nous dit ceci après inventaire et sélection de l'héritage de Freud :

« Si la sexualité est valorisée au lieu de l'amour, c'est que nos sociétés à dominance masculine ont perverti l'amour, c'est qu'elles tendent à faire de la femme un simple objet sexuel. Le plaisir sexuel apparaît alors comme un but en soi [c'est ici que le parallélisme entre une théorie de l'inconscient et l'idéologie comme étant éternel est le plus visible : un but en soi] le partenaire n'est qu'un moyen pour l'atteindre ; il n'est effectivement qu'un objet. Le mérite de Freud est d'avoir arraché les voiles pudiques qui camouflent l'idéologie patriarcale, d'avoir dénoncé l'hypocrisie victorienne de son temps, mais cette idéologie reste sienne profondément ; d’où son erreur à considérer la sexualité [l’inconscient/l'idéologie] comme le ressort ultime et universel de la nature humaine [du tout social] ».

4.1. Les implications sociologiques de l'interprétation Althussérien de l'idéologie

a) Interprétation dominante de Marx dans les sciences sociales

b) John Elster et le marxisme analytique

Voir note manuscrit A. (non disponible pour la version numérique). Pour une critique du marxisme analytique : voir Textes supplémentaires (1), (2), (3) (non disponible pour la version numérique).

c)

Boltanski et Ève Chiapello et l'Esprit du capitalisme

À expliquer brièvement à partir du texte. L'esprit du capitalisme est repris dans cette partie de l'exposé dû à son objet. Il ne fait pas partie de l'interprétation Althussérien de l'idéologie. Il découle d'une critique de la sociologie critique et s’appuie sur une sociologie de la critique. Pour cette sociologie les acteurs ont des compétences. C'est d'ailleurs sur ce point, point de vue représentationiste à la Chomsky qu'on peut lui faire des critiques. Sur l'aspect pragmatique et sur le fond, on a beaucoup à apprendre de ce livre magistral. Mais par manque de temps nous n'aborderons pas ce livre si ce n'est qu'en surface.

Voir texte B.

d) Le paradoxe de Mannheim

Pris dans ce paradoxe, Althusser nous dit ceci : « J'en demande pardon aux maîtres qui, dans des

conditions épouvantables, tentent de retourner contre l'idéologie,

peuvent trouver dans l'histoire et le savoir qu'ils enseignent. Ce sont des espèces de héros ». On voit bien combien on sort du domaine de production philosophique quand on est pris dans un tel

paradoxe et qu'on en vient forcément à en demander pardon ! Mais de quoi s'agit-t-il ? Pour cela nous allons nous intéresser à Paul Ricœur en même temps que nous discutons le paradoxe de Mannheim.

, les quelques armes qu'ils

e) Paul Ricœur, l'utopie et l'idéologie

Pour comprendre ce que Paul Ricœur veut analyser et articuler à travers le concept d' « idéologie » et du concept de l'utopie, il faudrait partir d'une définition large de l'idéologie comme étant « une grille de conception, de construction, d'explication et d'interprétation du monde ». Pour Ricœur l'idéologie renvoie à l'ensemble des mécanismes symboliques grâce auxquels l'homme se comprend dans une culture donnée et il élargit considérablement la fonction de l'idéolo gie en proposant plusieurs niveaux d'intelligibilité ; il puise, sur le plan méthodologique et sur le plan des paradigmes dans des courants peu conciliables.

Il tente ensuite de déplacer le discours sur l'idéologie vers l'utopie. L'idéologie a quatre fonctions. Premièrement, l'idéologie est vue comme opposition à la réalité. C'est sa fonction de distorsion. On est donc dans l'image inversée des objets qui se projette sur la rétine. Deuxièmement, l'idéologie est vue comme une opposition à la science. Ces deux fonctions de l'idéologie sont des fonctions négatives. Troisièmement, l'idéologie est vue comme une fonction d’intégration ; elle a un effet

descriptif et d'explication. L'action est donc réglée immédiatement par des formes culturelles, procurant matrices et cadres pour l'organisation de processus sociaux ; médiation symbolique et nécessaire. L'idée fondamentale est la suivante : nous ne pouvons rien percevoir sans projeter en même temps un ensemble de formes, de matrices et de cadres à travers lesquels nous articulons notre expérience. Aussi, c'est parce que la structure de la vie sociale des hommes est symbolique qu'elle est susceptible d'être distordue. C'est ici que nous pouvons comprendre le paradoxe de Mannheim : prétendre accéder à une réalité nue, à une pure praxis dé-symbolisé est illusoire. Vouloir démasquer derrière un système symbolique une réalité qui ne le serait pas c'est découvrir une couche symbolique derrière la couche symbolique qu'on tente de dévoiler, le nôtre. L'effet est dès lors télescopique et aucune position de surplomb n'est possible. Quatrièmement et dernièrement, l'idéologie a une fonction normative ou de légitimation. Parce que nous n'avons pas de système génétique d'information pour le comportement humain, nous avons besoin d'un système culturel. Les idéologies sont des schémas qui permettent à l'acteur social de s'orienter dans la complexité du monde social. Dans ce sens l'idéologie ne dessine pas seulement les routes qui existent, mais elle indique aussi la route à suivre.

Mannheim tenta d'abord de résoudre le paradoxe en proposant de chercher la position de spectateur absolu, mais il reconnaîtra ensuite qu'une telle neutralité axiologique n'est pas possible. Sa deuxième tentative sera de procéder par une évaluation historique dans le sens ou les théories vétustes et inapplicables sont appelées à dégénérer en idéologies. Cette solution renoue avec le concept d'idéologie chez le Jeune Marx où l'opposition entre la réalité et l'idéologie est opérante. Elle suppose de pouvoir accéder à une réalité épurée de toute symbolique. Mais la question qu'on peut se poser alors c'est de se demander : qui sera le bon juge.

C'est un retour à Ricœur qui s'impose et son introduction du concept d'utopie. Ricœur définit l'utopie comme un système d'idées qui crée une « distance entre ce qui est et ce qui doit être ». On perçoit ici une fonction positive de l'utopie. Mais pour Ricœur, l'utopie comme l'idéologie revêt un côté négatif aussi : la chimère.

Nous retrouvons alors un carré sociologique de telle sorte que :

 

Idéologie

Utopie

Négatif

Fonction de distorsion

Chimère

Positif

Fonction d'intégration

Fonction subversive et régulatrice

On peut conclure ce point en disant que la fonction positive de l'utopie consiste à ébranler l'ordre donné, à subvertir le monde existant en proposant de nouveaux horizons d'attente aux sociétés. Pour

Ricœur, il n'y a pas d'intégration sociale sans subversion sociale. Cependant, il y a en contrepartie, une fonction « pathologique » de l'utopie lorsque celle-ci devient prétexte à fuir.

On voit donc que Ricœur dépasse en quelque sorte le paradoxe de Mannheim en substituant à l'opposition conceptuelle science/idéologie une dialectique entre l'idéologie et l'utopie. L'utopie joue ainsi une fonction épistémologique de mise à distance et de réflexivité de l'idéologie. De sorte que le système culturel est vu de l'extérieur à cause d'un « nulle part ».

f) Bourdieu et la reproduction symbolique (l’école comme appareil idéologique dominante)

Althusser écrit dans "L'idéologie et les appareils idéologiques de l'État" que :

« L'appareil idéologique de l'État qui a été mis en position dominante dans les formations capitalistes m[ures, à l'issue d'une violente lutte de classe politique et idéologique contre l'ancien appareil idéologique d'État dominant est l'appareil idéologique scolaire ».

De sorte que le couple Ecole-Famille a remplacé le couple Eglise-Famille.

Quant à Bourdieu, il reprend cette analyse et l'enrichit en dépassant le structuralisme des années 70. C'est d'ailleurs à ce titre que je le présente en dernier, car il nous permettra de faire le pas vers l'autre interprétation, l'interprétation expressive si vous vous en souvenez, dans le premier discours sur l'idéologie.

Les points d'enrichissement et de dépassement de Bourdieu se situent à différents niveaux : le 30 octobre 1977, à Limoges, Pierre Bourdieu fait un discours devant l'association française des enseignants de français il explique que contrairement à ce que croit la linguistique interne, le langage employé dans une situation donnée ne dépend pas seulement de la compétence, au sens chomskyen et que « toute situation linguistique fonctionne comme un marché sur lequel le locuteur place ces produits et les produits qu'il produit pour ce marché dépendent de l'anticipation qu'il a des prix que vont recevoir ses produits ». Dans "Ce que parler veut dire", il rappelle que l'école n'est pas le lieu d'égalité langagière, mais plutôt un rouage central dans la mécanique de la « reproduction ».

Aussi, il montrera que la production langagière obéit à un marché linguistique dominé par la couche cultivée de la société qui détient le « capital symbolique » qu'est la culture. La variété linguistique du groupe dominant s'impose comme marque de prestige et détermine l'évaluation que les dominés font de leur façon de parler. Ainsi les colonisateurs s’efforçaient-ils d'imposer une évaluation péjorative des langues vernaculaires des colonisés, qui finissaient par mépriser leur propre dialecte. Cependant, Bourdieu souligne aussi l'existence de ce qu'il nomme un « marché franc » qui entre en

résistance avec le marché dominant et qui témoigne donc d'un relatif degré d'autonomie.

Parler de Bourdieu, en plus de parallèle avec Althusser, nous permet enfin de passer à la deuxième interprétation de l'idéologie. Pour cela je vais d'abord rappeler les deux remarques philologiques de Stany (Analyse de L'Idéologie allemande du lundi 20-02-12).

5. Deux

remarques

Allemande

philologiques au

sujet

de

l'Idéologie

Je prends une des deux remarques formulées par Stany à savoir :

-Der Verkehr est très problématique. Comme Marx le signal dans lettre à Annenkov du 18 décembre 46, il faut entendre Verkehr par « commerce au sens large ». On traduit en général avec ‘commerce’ ou ‘échange’, faute de mieux, mais cela est dangereux. Marx dit en effet dans la même lettre « (…) où le mode de leur commerce ne correspond plus aux forces productives (…) ». On voit donc un sens très inhabituel de ‘commerce’. Surtout si on se rappelle qu’en 59 Marx reprend cette phrase quasi telle qu’elle dans une formule très connue et parlera alors de ‘rapports de productions’. Je me demande si cette ambiguïté reconnue sur le mot ne recoupe pas une ambiguïté sur le concept, comme je l’avais soulevé la dernière fois (on ne serait pas encore totalement dans la définition d’un ‘mode de production», mais plus non plus dans la description de la ‘propriété privée’ comme lien intersubjectif entre les hommes empiriques).

La question que je me pose à partir de cette remarque c'est de savoir en quoi le communisme et la communication peuvent se recouper. Plus précisément, en quoi les concepts d'échange, de communisme et de communication s'articulent? Le communisme suppose t il un mode de communication particulier ? La propriété privée n'est-elle pas la dernière forme d'aliénation d'un mode de communication, réduit au commerce, dans une suite des modes de communication aliénée, et qu'en cela nous sommes en droit de parler de mode de production ? Si l'économie est devenue la base, la catégorie de médiation nécessaire dans les sociétés capitalistes avancées, son dépassement ne nécessite t il pas de réfléchir sur un mode de communication qui sera le dépassement du fétichisme de la marchandise, sorte d'écran de fumé entre les rapports des hommes entre eux et les hommes aux choses ?

Prendre cette hypothèse au sérieux, c'est réfléchir directement sur le concept de fétichisme et sur la médiation symbolique nécessaire pour faire société (le plus haut lieu de l'abstraction et du fétichisme serait ainsi le langage). Dans les Manuscrits, Marx disait que le communisme c'est l'humain naturalisé et la nature humanisée et il a ajouté ailleurs que « L'amour c'est l'humanisme de la nature effectivement réalisé, c'est le naturalisme de l'homme effectivement réalisé ». C'est dans ce sens que je m’intéresse à la question de la communication. L'amour comme étant une forme de

communication.

Gardez en tête que je suis simplement à l'état de questionnement. Pour discuter ces questions, il m'a semblé nécessaire de partir d'une deuxième interprétation du premier discours de Marx sur l'idéologie.

6. La deuxième interprétation de l'Idéologie (Étienne Balibar et Isabelle Garo)

Contrairement à la thèse qui a été longtemps admise après l'interprétation Althussérien de la pensée du Jeune Marx, version selon laquelle le concept de l'aliénation disparaissait du discours marxiste à partir de l'idéologie allemande, nous dirons ici que Marx, dans ce texte de l'idéologie allemande, continue à penser l'aliénation en la repensant comme indissociablement liée au concept de « division du travail », dont elle est l'effet inéluctable. Marx pointe ainsi les différentes déterminations de la division du travail, liées les unes aux autres comme relevant d'un seul processus ; à ces différentes déterminations de la division du travail manuel et du travail intellectuel correspondent autant de figures d'aliénation différente et pourtant toujours énoncées comme le fait que les individus ne se reconnaissent pas dans le produit de leur activité, mais que celui-ci en vient à une existence autonome fixant leur place et leur forme, au lieu d'être la marque de leur coopération.

6.1. Idéologique et fétichisme

Marx nous dit dans l'idéologie allemande :

« Cette conception de l'histoire a donc pour base le développement du procès réel de la production et, cela en partant de la production matérielle de la vie immédiate ; elle conçoit la forme des relations humaines liée à ce mode de production et engendrée par elle, je veux dire la société civile à ses différents stades, comme étant le fondement de toute l'histoire, ce qui consiste à représenter dans son action en tant qu'État aussi bien qu'à expliquer par elle l'ensemble des diverses productions théoriques et des formes de la conscience, religion, philosophie, morale, etc., et à suivre sa genèse à partir de ces productions, ce qui permet alors naturellement de représenter la chose dans sa totalité (et d'examiner aussi l'action réciproque de ses différents aspects) ».

Il ne s'agit pas seulement de reconnaître une action en retour de la superst ructure sur la base, il ne s'agit pas seulement de reconnaitre en dernière instance une action de la base sur la superstructure, mais comme le dit Lukács « ce n'est pas la prédominance des motifs économiques dans l'explication de l'histoire qui distingue de façon décisive le marxisme de la science bourgeoise, c'est le point de vue de la totalité ».

Le point de vue de la totalité implique alors de chercher la source de l'aliénation et sa déclinaison dans une formation sociale donnée. Dans le Capital, Marx dit que la source du fétichisme se trouve dans la forme même de la marchandise. C'est-à-dire que l'illusion, l'idéologie, concept qui est alors abandonné, trouve sa source dans la forme-marchandise elle-même. Le fétichisme apparaît donc bel et bien comme une illusion sociale active contribuant à la légitimation spontanée et à la reproduction continue du système capitaliste. Le fétichisme structure le monde pratique, il structure inévitablement les sujets qui y vivent, pensent et agissent.

Je cite ici Balibar qui va dans ce sens : « Si la constitution de l'objectivité dans le fétichisme ne dépend pas de la donnée préalable d'un sujet, d'une conscience ou d'une raison, en revanche elle constitue des sujets, qui font partie de l'objectivité elle-même, c'est-à-dire qu'ils sont donnés dans l'expérience à côté des choses, des marchandises, et en rapport avec elles. Ces sujets non pas constituants, mais constitués, ce sont tout simplement les « sujets économiques » ou plus exactement ce sont tous les individus qui, dans la société bourgeoise, sont d'abord des sujets économiques. Le renversement opéré par Marx est donc complet : sa constitution du monde n'est pas l’œuvre d'un sujet, elle est une genèse de la subjectivité (une forme de subjectivité historique déterminée) comme partie et contre partie du monde social de l'objectivité ».

Je conclurai mon intervention sur cette courte citation d' Husserl : « La conscience est toujours la conscience de quelque chose ». Dans le même ordre d'idée, Marx nous dit que la conscience est le produit dérivé d'une construction historique.

6.2. La linguistique interne de Saussure et de Chomsky

Voir Livre : Philosophie marxiste du langage (non disponible dans la version numérique).

6.3. La linguistique externe : la sociolinguistique

Voir Livre : Philosophie marxiste du langage (non disponible dans la version numérique).

6.4. Le pragmatisme de Wittgenstein et Marx

-> Voir l'article (non disponible dans la version numérique).

6.5. La praxis et l'acte

6.6. La

perspective

communicationnelle

dans

l'anthropologie

de

la

communication

6.7. Quelques travaux dans ce domaine avec Tomasello

7. Questionnement général

Le texte sur l'attachement (non disponible dans la version numérique).

http://detourradical.blogspot.com/

la version numérique). http://detourradical.blogspot.com/ Marx et les sciences sociales aujourd’hui du Mardi 20