Votre jeunesse s’envolera défini­ tivement.

Si vous ne restez pas dans le cercle licite, d'une part elle sera perdue, d'autre part elle vous appor­ tera des malheurs et des souffrances aussi bien dans ce monde que dans la tombe et dans l'au-delà. Si vous vivez cette jeunesse en suivant les préceptes de l’Islam dans la recon­ naissance, la pudeur, les bonnes mœurs, l'obéissance, elle restera spirituellement perpétuelle et sera le m oyen de gagner une jeu n esse éternelle. Le m eilleur jeune est celui qui travaille pour son au-delà, en pen­ sant comme un vieillard à sa mort, il n'est ni noyé, ni emprisonné dans ses désirs de la jeunesse.

Edition

2008

Titre original : Gençlik Rehberi Editions : ENVAR NESRÎYAT
Pierloti Cad. Dostlukyurdu Sk. HacibeyApt. No: 10/3 34400 Çemberlita§ ISTANBUL-TURQUIE

www.envarnesriyat.com
Tel: +90 212 516 20 42 - 518 62 71 Fax: +90 212 516 20 14

Imprimerie :

Enes Basim Yaym ve Mat. Ltd. §ti.
ISTANBUL-TURQUIE Tel: +90 212 501 47 63

ISBN

978 - 975 - 990 - 216-2

© Copyright: tous droits réservés: les copies ou reproduc­ tions destinées à une utilisation collective sont interdites. Toute re p ré se n tatio n ou reproduction intég rale ou p a r­ tielle faite p a r quelque procédé que ce soit, san s le con­ se n tem en t de l’éditeur, est illicite et constitue une con­ trefaçon sanctionnée p a r les articles du Code pénal. (“Gençlik Rehberi” Fransizca Tercümesi)

C ollection R is a le -i N ur

GUIDE A L'USAGE DES JEUNES

B ed iü zzam an

Said Nursî

Ouvrage traduit par Dr. M. Karadag

PREFACE Comme ce Guide à l’Usage des Jeunes a été édité en lettres latines, lorsqu’il a été aussi polycopié à Isparta avec l’écriture coranique, le fa it que le gouvernem ent et la police ne l’ont pas touché et qu’il a été lu avec beaucoup de p la isir ainsi qu’il a été répandu montre que ce Guide est très utile pour le peuple, surtout pour les jeunes. Sans lire la “ cin­ quième ligne” de la “ page cinquantedeux” qui est la citation “ raison de en l’autorisation des écoles privées pour l’ enseignement de la religion” le com­ , missaire général d ’ nkara avait, seule­ A ment, critiqué à la “ huitièm e ligne” “il fa u d ra it ouvrir à chaque endroit une petite école de Risale-i N ur.” Donc, p lus tard, p u isq u ’il a compris la réalité, il n ’a p lu s empêché sa publication.

Même si «l’approche du souffle» est profonde, tout un chacun ne peut la com­ prendre en une seule fois, m ais étant donné que cette approche met en pièces la pierre fondamentale des matérialistes et des incroyants, elle a aussi amené beaucoup de philosophes obstinés à la foi en les laissant dans l’ étonnement. De plus, l’œ il de la certitude qui est un ciné­ m a de l’au-delà s’ouvre avec la clef du voyage spirituel du monde sim ilaire qui s ’ouvre, à son tour, avec la clef de cette approche du souffle. E tant très m ys­ térieux, il n ’ pas été dicté. a Bediuzzaman Said N ursi

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PREM IER E PAROLE
«Bismillah» (au Nom de Dieu) est le début de tout bien. Nous aussi, nous commençons par cette parole. 0 mon âme! Sache que cette parole bénie n ’est pas seulement l’emblème de l’Islam mais encore la litanie de toutes les créatures selon leur mode d’expression. Si tu veux saisir combien «Bismillah» est une grande force intarissable, une bénédiction immense et inépuisable, regarde cette parabole, écoute-là... Voici: Pour qu’un homme voyage dans les déserts arabes des bédouins, il doit se référer à un chef
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de tribu et se placer sous sa protection afin de pouvoir échapper aux dangers causés par les brigands et pour subvenir à ses besoins. Sinon, il se retrouvera tout seul, désarmé face à ses ennemis et en proie à des besoins in­ nombrables. Ainsi, deux hommes prennent le désert et partent pour un tel voyage. L’un des deux était humble, l’autre arrogant. L’humble s’est référé à un chef, l’autre ne l’a pas fait. Celui-là a voyagé partout en sécurité. Lorsqu’il rencontre un voleur de grands chemins, il lui dit: «Je voyage au nom de tel chef». Le brigand s’en va sans pouvoir l’importuner. Lorsqu’il pénètre dans une tente, sous ce nom il est traité avec respect. L’autre, arrogant, a subi plus de m alheurs tout au long de son voyage qu’on ne saurait les nommer. Tout le temps il tremblait, tout le temps il mendiait. Il est devenu vil et abject. Voilà, ô mon âme arrogante! Tu es ce voyageur. Q uant à ce monde, c’est un désert. Ton impuissance et ta pauvreté sont illimitées. Tes ennemis et tes besoins sont infinis. Puisque c’est le cas, invoque le nom du Seigneur Eternel, le Sage Perpétuel pour que tu sois

sauvé de la mendicité dans tout l’univers et du tremblement devant chaque événement. Oui, cette parole est un trésor si béni que, en reliant ton impuissance et ta pauvreté infinies à une puissance et une miséricorde infinies, elle les transforme en intercesseurs les plus agréés auprès de la cour du Tout Puissant M iséri­ cordieux. Oui, celui qui agit avec cette parole est comme le soldat qui s’engage dans l’armée. Il agit au nom de l’Etat. Il ne craint personne. En disant: «Au nom de la loi, au nom de l’E tat”, il accomplit toute mission et résiste à toute chose. Nous avions dit au début: toutes les créa­ tures disent «Bismillah» selon leur mode d’ex­ pression. Comment? Oui, par exemple si tu vois qu’un homme est venu. Il a conduit par force toute la population de la ville à un endroit et fit exécuter dif­ férentes tâches par contrainte. Tu sais sûre­ m ent que cet homme n’agit ni en son propre nom, ni par sa propre force. Certainement, c’est un soldat. Il agit au nom de l’Etat. Il se repose sur la force d’un souverain.
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De même, toutes les choses qui sont les semences et les noyaux portent comme les atomes, les arbres gigantesques, agissent au nom de l’Etre Absolu. Ils soulèvent des poids comme ceux des montagnes. Donc, chacun des arbres dit «Bismillah». Il remplit ses mains des fruits du Trésor de la Miséricorde, il nous les offre sur des branches. Chaque jardin dit «Bismillah». Il devient une marm ite de la cui­ sine de la puissance divine dans laquelle sont cuits toute sorte de mets savoureux et variés. Chacun des animaux bénis tels la vache, le chameau, la brebis ou la chèvre disent «Bismillah». Ils deviennent une source de lait par l’abondance de la Miséricorde. Au nom du Pourvoyeur, ils nous présentent un alim ent comme l’eau vitale, la plus douce, la plus pro­ pre. Les troncs et les racines de chaque arbre, les tiges et les racines de chaque herbe et de chaque plante dont la tendresse est semblable à la soie disent «Bismillah». En perçant la pierre et la terre dures, ils les traversent. En disant au nom de Dieu, au nom du Miséricordieux, tout leur devient facile.
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Oui, comme l’extension des branches et les fruits qu’elles produisent avec une parfaite beauté dans l’air, la ramification des racines dans la pierre et la poussière dures, le fait que ces branches donnent des fruits sous la terre et aussi que les feuilles fines et vertes restent fraîches contre 1’ extrême chaleur pendant des mois giflent avec force contre les propos des naturalistes. Tout cela met le doigt dans leur œil aveugle et dit: la solidité et la chaleur dans lesquelles vous mettez votre confiance agissent sous un ordre et ainsi les racines aussi douces que la soie suivent cet ordre

chacune d’elles comme le bâton de Moise (psi) brise et traverse la pierre. Et les feuilles aussi fines et délicates que le papier de cigarette lisent comme chacun des organes d’Abraham (psi) le verset:

contre une chaleur infernale. Puisque toute chose dit «Bismillah» avec son propre langage, nous apporte et nous donne au
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nom de Dieu Ses bienfaits; nous aussi, nous devons dire «Bismillah». Nous devons donner au nom de Dieu, recevoir au nom de Dieu. Par conséquent, nous ne devons pas recevoir ce qui vient des gens insouciants qui ne donnent pas au nom de Dieu. Question: nous payons un prix aux gens qui ont le rôle de marchand. Quel est alors le prix que nous demande le Vrai Bienfaiteur qui est Dieu? Réponse: oui, le Vrai Bienfaiteur nous demande trois choses pour prix de ses précieux bienfaits: le premier est le rappel, le deuxième, le remerciement et le troisième, la réflexion. Au début dire «Bismillah» est le rappel (zikr). A la fin dire «Elhamdulillah» (Dieu soit loué) est le remerciement (shukr). Au milieu penser et comprendre que ces bienfaits de valeur qui sont des œuvres d’a rt extraordi­ naires qui appartiennent à l’Etre Unique et Absolu, c’est la réflexion (fikr). Combien est stupide le fait d’embrasser les pieds d’un pauvre homme qui est venu t’apporter le pré­ cieux cadeau d’un souverain et de ne pas con­
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naître le Bienfaiteur du cadeau; aimer et faire l’éloge de pourvoyeurs apparents et oublier le Vrai Pourvoyeur, c’est mille fois plus stupide. 0 mon âme! Ainsi, si tu ne veux pas être stupide, donne au nom de Dieu, reçois au nom de Dieu, commence au nom de Dieu, travaille au nom de Dieu. Et tu seras en paix.

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DEUXIEME SECTION DE LA TREIZIEME PAROLE
[Il s’agit d’une conversation avec quelques jeunes que les tentations assaillent, mais qui n’ont pas encore perdu leur raison.]

Certains jeunes, en disant: “Comment pou­ vons-nous sauver notre vie dans l’au-delà?” ont demandé secours à Risale-i N ur face à l’attra it et aux assauts des séductions de la débauche et des plaisirs de notre époque. E tant donné la valeur morale de Risale-i Nur, je leur ai dit que toute vie finit dans la tombe. Personne ne peut le nier. Quoi qu’il en soit, c’est notre fin com­ mune. E t Trois Voies, au choix, nous y con­ duisent. Première Voie: pour les croyants, la tombe est une porte qui s’ouvre sur un monde encore plus beau que ce monde.
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Seconde Voie: pour les gens qui croient en l’au-delà, mais qui vont dans la débauche et dans l’égarement, c’est une porte qui s’ouvre sur une prison à perpétuité, une prison soli­ taire, une cellule les séparant de tous leurs amis. E tant donné qu’ils pensent et croient ain­ si, sans pratiquer ce qu’ils croient, ils seront traités de la même façon. Troisième Voie: elle représente la porte de la pendaison éternelle pour les mécréants et les égarés qui ne croient pas en l’au-delà. C’est-àdire, la tombe est une pendaison qui les exécute eux-mêmes et tous ceux qu’ils aiment. E tant donné qu’ils vivaient ainsi, ils seront sanction­ nés de la même sorte. Ces deux dernières voies sont évidentes, elles n’ont pas besoin de preuve, on les voit clairement. Puisque la fin de la vie est tenue secrète, à tout moment, la mort peut venir décapiter. E t il n’y a pas de différence entre jeunes et personnes âgées. Le problème du pauvre homme aussi énorme que la terre, c’est de chercher à se sauver de la cellule et de la pendaison à perpétuité qui est toujours devant ses yeux comme un puits sans fond et de chercher, pour lui, à transform er la porte de la
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tombe en une porte qui s’ouvre sur un monde immortel, un bonheur éternel et un monde lumineux. Cette vérité certaine qui se trouve dans trois voies ayant à leur tour trois vérités citées est transm ise par cent vingt-quatre mille messagers, véridiques ayant dans leurs mains les signes de confirmation, les miracles et cette vérité est témoignée et signée par cent vingtquatre millions de saints, avec attestations, confirmations et plaisirs spirituels et elle est démontrée par les preuves d’un nombre illim­ ité, infini de chercheurs spirituels qui déclar­ ent, à l’unanimité, avec une probabilité certaine de quatre-vingt-dix-neuf pour cent, logique­ ment au niveau sûr des connaissances <>ils dis­ * ent: “Pour se sauver de la pendaison et du cachot éternel et transform er le dit chemin en bonheur, c’est uniquement par la foi et l’obéis­ sance en Dieu.” Si on prend en considération la parole d’un seul messager qui dit de ne pas suivre un chemin dangereux, quand il y a risque de péril
Comme tout le monde le sait, Risale-i N ur en fait partie. 16

et de probabilité d’un pour cent, on doit écouter sa parole. Alors, la souffrance venant de l’in­ quiétude du péril coupera l’appétit de l’homme qui voulait suivre le mauvais chemin. De même, bien que des centaines de milliers de messagers véridiques et vérifiés annoncent et m ontrent des traces et des œuvres avec une probabilité de cent pour cent m ontrant que l’é­ garem ent et la débauche causent une pendai­ son et une cellule de prison à perpétuité devant nos yeux, bien que la foi et l’adoration, en sup­ prim ant la pendaison, en fermant la cellule de la prison, transform ent la tombe devant nos yeux en une porte s’ouvrant sur un palais de bonheur avec une probabilité de cent pour cent, je vous demande: s’il n’y avait pas de foi et d’adoration, même si toute la souveraineté et tous les plaisirs étaient attribués à un seul indi­ vidu, pourraient-ils sauver, de l’anxiété douloureuse, cet individu qui attend, à son tour, d’être appelé à tout moment devant ses yeux? Puisque la vieillesse, la maladie, les désas­ tres et les décès provoquent cette douleur inquiétante et la rappelle, même si les gens égarés et débauchés prennent cent mille goûts
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et plaisirs, ils vivent, sans doute, dans leurs cœurs, un enfer spirituel qui les brûle. Mais, le voile intense de l’insouciance ne le fait pas ressentir même temporairement. Puisque les gens croyants et obéissants pensent que la tombe devant leurs yeux est une porte qui s’ouvre sur un trésor perpétuel et un bonheur sans fin, puisqu’ils pensent qu’un bil­ let de la loterie du destin éternel leur fera gag­ ner des milliards de pièces d’or et de diamants par l’attestation de la foi puisqu’ils pensent qu’ils doivent attendre qu’on leur dise à tout moment: “Vous venez chercher votre billet!” il y a un tel plaisir profond, essentiel, vrai et spir­ ituel que si ce plaisir se concrétise, c’est comme ce noyau qui devient un arbre, une sorte de par­ adis. Alors, celui qui quitte un tel plaisir et un tel goût extraordinaires et qui choisit le plaisir illégal, éphémère de la débauche et des pulsions qui ressemblent à un miel empoisonné, mêlé d’innombrables peines, tombe cent degrés plus bas que l’animal. Il ne pourra même pas res­ sembler aux mécréants étrangers. Si ceux-ci nient le Prophète, ils peuvent connaître les autres prophètes. S’ils les nient, ils peuvent
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connaître Dieu. S’ils ne connaissent pas Dieu, il peut leur rester quelques bonnes habitudes, dignes de perfection. Mais, un musulman con­ naît les prophètes ainsi que son Seigneur uniquement par le moyen de toutes les perfec­ tions de Muhammed l’Arabe (pssl). Celui qui abandonnera son éducation et sa chaîne de transm ission ne reconnaîtra plus aucun autre prophète, ne reconnaîtra pas, non plus Dieu. Et il ne préservera plus aucune autre qualité dans son âme. Parce que: celui qui abandonne les principes de l’éducation et le fondement de la religion du prophète qui est le préféré du genre humain, étant le sceau et le plus grand des prophètes dont la religion et l’invitation s’ad­ ressent à toute l’humanité, dont les miracles et la religion sont au-dessus des autres et dont il est le m aître de l’hum anité dans toutes les vérités en éclairant très bien quatorze siècles, ne pourra certainem ent trouver ni lumière, ni perfection nulle part. Il sera condamné au déclin absolu. O pauvres gens qui êtes habitués aux plaisirs de la vie terrestre et qui tentez de sub­ venir à vos besoins du futur avec le stress de
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l’avenir! Si vous désirez les plaisirs et la joie, le bonheur et la tranquillité dans ce monde, contentez-vous-en dans le cercle licite. Il suffit à vos plaisirs. Vous avez, sûrdment, compris dans nos autres explications qu’un plaisir dans un autre cercle et dans le cercle illicite est lié à mille peines. Comme il y a le cinéma qui mon­ tre, dans le présent, les événements du temps passé, s’il y avait, aussi, un cinéma des événe­ m ents du futur -s u r cinquante ans par exem­ p le- pour leur projection, au lieu de s’am user dans le présent, les gens débauchés auraient pleuré en regrettant avec horreur des centaines de milliers de fois. Ceux qui souhaitent la joie éternelle et per­ m anente, dans le monde et dans l’au-delà doivent prendre, pour eux, comme guide, l’édu­ cation “muhammédienne” (du Prophète pssl) dans la sphère de la foi.

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UNE FOIS, J’ETAIS ASSIS A LA FENETRE DE LA PRISON D’ESKISEHIR Au moment où les grandes filles du lycée d’en face dansaient dans la cour en éclatant de rire, je les ai trouvées, dans leur paradis du monde, comme les “houris” de l’enfer. Mais, soudain m’apparut leur situation de cinquante ans après. Leurs éclats de rire se transfor­ m èrent en pleurs pitoyables. La vérité suivante s’en dévoila. C’est-à-dire, dans leur situation de cinquante ans après, avec un cinéma spirituel et imaginaire, j ’ai vu, cinquante parmi soixante filles qui avaient ri, souffrir des tourm ents sépulcraux, réduites en poussières et dix autres, âgées de soixante-dix ans, attira n t le regard de dégoût de tout le monde. J ’ai pleuré de leur situation. La nature des tentations de la fin des temps m’est apparue et la plus terrible, la plus séduc­ trice vient des femmes sans pudeur. Sans laiss­ er la possibilité de choix, cette tentation jette
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des gens comme une hélice de feu aux feux de la débauche. E t elle fait préférer une minute de plaisir terrestre à des années de la vie éternelle. Un jour, en regardant la rue, j ’ai ressenti un exemple im portant de cette tentation. J ’ai eu beaucoup de pitié des jeunes. J ’ai dit: les pau­ vres jeunes ne pourront se sauver du feu de la tentation attirante comme l’aimant. En y pen­ sant, une personne, celle qui représente toutes les tentations allume et instruit la tentation, à la manière du renégat, est apparue, là, soudain, devant moi. Moi aussi, j ’ai dit à cette personne et aux impies qui reçoivent, d’elle, leurs leçons: 0 créature misérable, toi qui sacrifies ta religion pour prendre p laisir avec les “houris” de l’enfer, toi qui choisis, avec plaisir, l’égare­ m ent dans la débauche, toi qui acceptes l’irréli­ gion et l’hérésie pour les plaisirs et les pulsions de l’âme qui désire le mal, toi qui es terrifiée par la mort et qui adores la vie, ou encore toi qui tournes la face vers l’apostasie! Sache définitivement qu’en raison de ton irréligion, ton monde immense, avant cette heure et après cette minute, tout ton univers, ton passé et ton futur, ton genre humain et ton espèce du passé,
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les créatures et les générations à venir, les mon­ des et les peuples disparus, les gens et les peu­ ples du futur sont complètement inexistants et morts. Voilà, en raison de ton hum anité et de ton intelligence, tous les mondes passagers et les univers éphémères te font pleuvoir des souf­ frances, continuellement, pour ton égarement, avec ta n t de peines sévères, des morts terribles et innombrables. Si tu possèdes une conscience, l’égarement en question laisse brûler ton cœur. Si tu possèdes un esprit, il prend feu... Si ta rai­ son n’est pas éteinte, il la fait noyer dans des soucis... Si une petite heure de débauche et de plaisirs néfastes avec alcool suffit à toutes ces peines, à tous ces soucis et à toutes ces souf­ frances, restes-y. Sinon, reprends ta raison! Ecoute la leçon du Coran pour te sauver de cet enfer moral et pour entrer dans un paradis spirituel que la foi procure dans ce monde même... Echange une minute de plaisirs par­ tiels et passagers du monde contre une minute de plaisirs universels, perpétuels, perm anents de la foi (Note)...
(Note) Oui, la foi peut procurer les plaisirs du Paradis même dans ce monde. Regarde un bénéfice 23

De plus, ne dis pas: “Je passerai ma vie comme l’animal.” Parce que: pour l’animal, le passé et le futur sont presque inexistants. Le Sage Miséricordieux Absolu a sauvé les ani­ maux, des peines illimitées, en ne leur faisant pas savoir l’invisible. Même, une poule allongée pour être égorgée ne ressent ni peine, ni grief. Au moment où le couteau l’égorge, elle tend à le ressentir, mais cette sensibilité s’en va, elle est
parm i des centaines de plaisirs lumineux: supposons qu'au moment où tu vois en danger de mort quelqu'un que tu aimes beaucoup, un médecin qui ressemble à Loqman le Sage et à Khidr arriva. Soudain, il fut réan­ imé. Quelle joie tu ressens! De même, la foi t'apporte au tan t de joies et de gaietés que les morts que tu aimes et avec lesquels tu es en relation. Parce que, des mil­ lions de gens, gravés dans la mémoire de tan t d’années du cimetière du passé sont délivrés, soudain, en face de toi, de la fin et de la mort, avec la lumière de la foi. En disant: "Nous ne sommes pas morts et nous ne serons pas morts.", ils reprennent vie. A la place des peines, sans fin, résultant, de ces séparations innombrables, des plaisirs et des joies illimités qui viennent de la ren­ contre et de la reprise de la vie à travers la foi, mon­ tren t que celle-ci est un noyau qui produit et produira des jacinthes aux gens pour tous les plaisirs et toutes les beautés du Paradis. 24

sauvée aussi de cette peine. Donc, une très grande et parfaite compassion, une clémence et une tendresse de l’Etre Absolu ne lui font pas savoir l’invisible. Elles sont encore plus com­ plètes pour les animaux innocents. Donc, tu ne peux atteindre le niveau de l’animal dans le plaisir de la débauche. Là, tu tomberas mille degrés plus bas que l’animal. Parce que: ton intelligence voit et prend la souffrance avec des choses qui sont dans l’invisible pour l’animal. Ta es complètement privé de la paix totale et cachée par l’invisible. Puis, étant donné que tes qualités comme la fraternité, le respect et le civisme sont re st­ reintes à un temps très limité, dans l’espace d’un doigt par rapport à un grand désert et con­ cernées uniquement par l’heure présente, par rapport à un temps illimité, alors elles sont artificielles, temporaires, fausses, sans fonde­ ments et partielles et ton humanité, tes perfec­ tions sont diminuées proportionnellement et réduites au néant. Mais, comme la fraternité, le respect, l’amour et le civisme des hommes de foi englobent le passé et le futur par cette foi, leur hum anisme et leurs perfections s’élèvent pro25

portionnellement. Puis, comme ta réussite pour ce monde ressemble à un juif fou qui achète les débris de verre au prix du diamant, toi aussi, puisque tu donnes à un temps très bref, très court, le prix d’une longue vie perm anente et immense, tu domineras, certainement, dans un cercle limité. Le fait que tu consacres des émo­ tions comme l’avidité, l’amour et la vengeance extrêmes pendant un an au lieu d’une m inute l’emporte pour toi temporairement sur des religieux. Enfin, étant donné que ta raison, ton esprit, ton cœur et tes sens abandonnent leurs devoirs élevés et qu’ils participent aux tâches ignobles de l’âme basse et contribuent à attacher celle-ci aux mauvais désirs, tu l’emportes sur les gens de foi dans ce monde. Et, en apparence, tu peux paraître plus sympathique. Parce que, ta ra i­ son, ton cœur et ton esprit qui sont dégénérés, déclinés et tombés au degré le plus bas, sont transformés, déformés et rabaissés en désirs mauvais et en âme basse. Par cet aspect, tu auras, certainement, un succès temporaire qui te fera gagner l’Enfer et qui fera gagner le Paradis aux croyants opprimés.
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UN TEXTE DE NOTRE MAITRE QUI DOIT ETRE AJOUTE AU GUIDE A L’USAGE DES JEUNES Il est convenable d’enlever les pages “vingttrois et vingt-quatre” portant le titre “un prob­ lème im portant” qui se trouve au début du Guide, venu de Mersin. Parce que, comme une grande part de la méthode de Risale-i N ur est la tendresse, plus que les hommes, il y a des femmes qui sont, avec sérieux et sincérité, en contact avec les livres de Nur fidèlement. Il ne faut pas que ces sœurs bénies, héroïnes de la tendresse, soient attristées en s’occupant de la sévérité de ces deux pages. Parce qu’à ce sujet, elles sont composées pour avertir des filles musulmanes qui tendent à im iter des filles grecques et arméniennes portant des tenues indécentes et à moitié nues dans des endroits comme à Istanbul. Tandis qu’à Istanbul, les hypocrites et les francs-maçons et aussi dernièrement certains journaux qui ont donné une mauvaise interpré­ tation à ce point causant leur calomnie, ils
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voulaient couper la relation qu’ont certaines femmes avec la collection Risale-i Nur. En ce moment, que ces deux pages soient retirées. A leur place, que soit mis le texte “Conversation avec les femmes” dans le Guide à l’Usage des Femmes. Said N ursi

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(Note) Comme, par exemple, à un certain temps, des comités secrets contraires à l'éducation islamique pour pervertir les jeunes, m aintenant pour égarer les pauvres femmes, certains comités secrets et athéistes travaillent. Pour ne pas subir les calomnies de ces comités pervers, que le texte cité ci-dessus soit donné à celles qui ont le Guide à l'Usage des Jeunes. A la place de deux pages retirées du Guide à l’ Usage des Femmes, qu'elles lisent le texte "une conversation avec les dames" qui se trouve dans le Guide à l’Usage des Femmes âgées et jeunes. Pour remplacer ces deux pages retirées, que soit mis le texte de notre m aître dont nous venons de parler. 28

UN PROBLEME IMPORTANT SOUDAIN AVERTI On comprend selon les hadiths rapportés que certains groupes de femmes et certaines de leurs provocations jouent à la fin des temps le rôle le plus terrifiant. Oui, les livres d’histoire de l’antiquité rapportent que le groupe de femmes, armées, nommées Amazones livraient des batailles extraordinaires. De même, l’é­ garem ent de l’hérésie utilise, dans sa guerre contre l’Islam, la plus terrifiante des sectes qui est composée de femmes à moitié nue dont les jambes attaquent et blessent les fidèles, dans la ruse, l’âme qui désire le mal. Elles m ettent leur groupe sous le commandement de Satan. En travaillant pour fermer la voie du mariage et développer celle des maisons closes, elles ren­ dent esclaves, en peu de temps, les âmes de la plupart des gens, elles blessent leurs cœurs et leurs esprits avec les péchés capitaux. Plutôt, elles tuent une partie de ces cœurs. La sanction complète de montrer ses désirs illicites pendant
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quelques années est que tout d’abord ces jambes de couteaux, en devenant les bois de l’Enfer, brûleront et qu’ensuite, elles ne pour­ ront trouver le mari convenable qu’elles désirent de par leur création et dont elles ont besoin de part leur nature après avoir perdu confiance. Même si elles en trouvent un, ce sera un malheur. On comprend selon les hadiths rapportés qu’à la fin des temps, en raison du mariage non suivi et négligé, quarante femmes dépendront d’un homme au point où le mariage deviendra sans importance, sans protection et sans valeur. Puisque c’est ainsi la vérité et que chaque belle aime sa beauté et fait tout son possible pour la protéger et ne souhaite pas qu’elle soit altérée, puisque la beauté est un bienfait, elle change et devient laide, si on ne remercie pas pour cette beauté, si une telle femme possède la raison, elle fuira certainement, avec toutes ses forces, le fait qui transforme sa bonté et sa beauté en moyens de commettre et de faire com­ m ettre des péchés, de les rendre laides et empoisonnées et le bien en moyen du châtiment par la mécréance. E t elle remerciera pour ce
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bienfait en l’utilisant d’une façon légale pour éterniser cette beauté passagère-là de cinq ou dix ans. Sinon, elle sera repoussée longtemps dans la vieillesse et elle pleurera tristement. Il est établi dans le hadith d’une manière certaine que si cette beauté-là est rendue encore plus belle dans le cercle de l’Islam avec le savoir-être coranique, cette beauté passagère sera spirituellem ent éternelle. Et celle-ci sera encore plus agréable que celle des “houris” du Paradis et elle lui sera rendue dans un état encore plus brillant. Si une telle belle a un grain d’intelligence, elle ne perdra pas ce beau résultat, brillant et éternel.

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Mes chers et loyaux frères Nous envoyons un entretien intitulé “une lettre d’avertissem ent aux jeunes qui sont dans une situation dangereuse” pour que les jeunes disciples de Risale-i N ur prouvent encore une fois combien sont im portantes au niveau de la jeu ­ nesse la droiture, la pudeur et l’applica­ tion de la Sunna lumineuse et qu’ils prou­ vent que la jeunesse vraie et joyeuse est l’heureuse jeunesse qui suit cette manière afin qu’ils m ontrent qui sont les vrais jeunes turcs.

Votre frère

Said N ursi * * *
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C’EST UN CONSEIL, UNE LEÇON ET UN AVERTISSEMENT A QUELQUES JEUNES Un jour, quelques jeunes sont venus chez moi. Comme j’avais déjà dit dans le passé aux jeunes qui avaient demandé secours à Risale-i Nur, j ’ai dit aussi à ces jeunes qui veulent recevoir un avertissement efficace pour se pro­ téger des dangers qui viennent de la vie, de la jeunesse et des désirs: Votre jeunesse s’envolera définitivement. Si vous ne restez pas dans le cercle licite, d’une p art elle sera perdue, d’autre part elle vous apportera des malheurs et des souffrances aus­ si bien dans ce monde que dans la tombe et dans l’au-delà. Si vous vivez cette jeunesse en suivant les préceptes de l’Islam dans la recon­ naissance, la pudeur, les bonnes mœurs, l’obéis­ sance, elle restera spirituellement perpétuelle et sera le moyen de gagner une jeunesse éter­ nelle.
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Quant à la vie, si la foi n’existe pas ou bien si elle existe avec rébellion, si elle est inefficace, cette vie produira des peines, des soucis et des souffrances, des milliers de fois plus qu’une joie ou un plaisir passager. Parce que: contraire­ ment à l’animal, l’homme est, de par sa nature, en rapport aussi bien avec le présent qu’avec le futur et le passé. Il peut prendre de ces temps aussi bien des peines que des plaisirs. Quant à l’animal, étant donné qu’il n’a pas de pensée, les peines qui viennent du passé, les peurs et les anxiétés qui viennent du futur ne troublent pas son plaisir présent. Or, l’homme, s’il est tombé dans l’égarement et dans l’insouciance, les peines qui viennent du passé et les inquiétudes qui viennent du futur troublent et rendent sérieusement, amer, son plaisir présent et par­ tiel. Si ce plaisir est, particulièrement, illicite, il sera tout à fait comme le miel empoisonné. Donc, du point de vue du plaisir de la vie, l’homme tombe cent fois plus bas que l’animal. La vie des gens égarés et des insouciants, leur existence, leur univers, c’est le jour dans lequel ils vivent. Tout le temps passé et tous les univers sont inexistants, morts selon leur
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égarement. E tant donné que la raison est en relation avec ces choses, elle apporte à un tel homme des obscurités et des ténèbres. Les temps du futur représentent le néant par l’ab­ sence de sa croyance. E t les séparations éter­ nelles qui sont produites par le néant engen­ drent, continuellement, des ténèbres par son idée sur sa vie. Si la foi donne existence à la vie, alors le passé et le futur sont éclairés et prennent vie avec la lumière de la foi. Comme le temps présent, celle-ci produit des lumières et des plaisirs élevés, spirituels et des lumières vitales pour son esprit et son cœur du point de vue de la foi. Puisque cette vérité est expliquée dans le Septième Espoir du Traité à l’Usage des Personnes Agées, vous pouvez vous-y référer. Voilà, c’est ainsi la vie: si vous désirez les plaisirs et les joies de la vie, donnez vie à votre vie par la foi, embellissez-la avec les obligations et préservez-là en vous abstenant des péchés. En ce qui concerne les décès de chaque jour, de chaque endroit et de chaque in stant qui m ontrent la vérité épouvantable de la mort,
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comme je l’ai dit à d’autres jeunes, je vais vous l’expliquer avec une parabole: Ici, par exemple, un gibet est dressé devant nos yeux. Mais, à côté, il y a un bureau de loterie qui distribue de gros billets aux gag­ nants. Quoi qu’il en soit, quelle que soit la situ­ ation, sans aucune autre alternative, ici, nous les dix personnes, nous y serons invitées. Nous y serons convoquées et puisque l’heure de la convocation est tenue secrète, dans l’attente qu’on nous dise, à tout moment: “Prends ton ticket d’exécution, monte au gibet.” ou bien “Viens, tu as gagné un ticket qui t’apporte des millions de pièces d’or. Viens le chercher.” Soudain, deux personnes apparaissent à la porte. L’une est une femme à moitié nue, belle et trompeuse. Elle veut faire manger des gâteaux qui sont dans ses mains, apparemment extrêmem ent délicieux, mais empoisonnés. L’autre, c’est un homme qui ne trompe pas et qui ne se laisse pas tromper. Il y entre après cette femme-là. Il dit: “Je vous ai apporté un talism an, une leçon. Si vous le lisez bien et si vous ne mangez pas de ces gâteaux, vous serez sauvés du gibet. Vous
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recevrez, avec ce talisman, le ticket incompara­ ble du gagnant. Voilà, vous voyez avec vos pro­ pres yeux, que ceux qui mangent de ce miel vont de toute façon au gibet et avant d’y aller, ils souffrent terriblem ent en raison du poison qui est dans les gâteaux. Et même si on ne voit pas ceux qui reçoivent le ticket du grand gag­ nant, même si on les voit d’apparence monter au gibet, mais, il y a des millions de témoins qui informent qu’ils ne sont pas pendus, au con­ traire ils l’utilisent comme des marches d’escalier pour aller facilement au bureau de la loterie. Voilà, regardez par les fenêtres. Les plus hauts fonctionnaires et les personnes com­ pétentes de cette affaire proclament, à haute voix et informent: comme vous voyez avec vos propres yeux ceux qui vont au gibet, sachez sûrem ent et certainement que les lecteurs du talism an reçoivent le ticket du gagnant aussi clairement que le jour.” En effet, comme dans cet exemple, puisque les plaisirs illicites du cercle de la débauche de la jeunesse qui ressemblent à un miel empoi­ sonné font perdre la foi qui est le ticket et l’a t­ testation du trésor éternel et du bonheur per­
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pétuel, à un jeune, celui-ci est saisi par la mort ressem blant au gibet et il tombe, comme on le voit réellement, dans le m alheur de la tombe qui est la porte des ténèbres de toute éternité. E tan t donné que la fin de la vie est tenue secrète, le bourreau peut, à tout moment, venir trancher la tête aux personnes jeunes, âgées, sans les distinguer. Ceux qui quittent leurs désirs illicites, semblables au miel empoisonné, recevront le ticket du trésor du bonheur éternel comme la loterie extraordinaire destinée à l’homme, selon l’information faite à l’unanimité par les cent vingt-quatre mille prophètes (pse), suivis par des saints et des savants de la vérité spirituelle en nombre illimité, infini après avoir obtenu la foi et les obligations faisant partie du talism an coranique. Et ils m ontrent leurs œuvres. En somme: la jeunesse s’en ira. Si elle est dépensée dans la débauche, elle résultera, aus­ si bien de ce monde que de l’au-delà, des mil­ liers de m alheurs et des peines. E t interrogez les hôpitaux, les prisons et les cimetières, si vous voulez comprendre que de tels jeunes tomberont, souvent, dans les hôpitaux avec des
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maladies imaginaires provenant de mauvais abus et du gaspillage, dans les prisons ou dans les lieux de débauche avec excès, dans les cabarets avec soucis et peines. Vous entendrez, sûrement, par le langage propre aux hôpitaux des “O quel dommage! O quel malheur!” qui viennent des maladies provenant de différentes formes du gaspillage et de l’abus en raison de la jeunesse comme vous entendrez dans des pris­ ons, souvent, les regrets des jeunes malheureux qui reçoivent, dans leurs débordements, des gifles de leurs actions du cercle illicite. Vous saurez par les témoignages des saints de la découverte spirituelle des tombes et par l’affir­ mation et l’attestation de tous ceux de la vérité spirituelle que la plupart des tourm ents sont le résu ltat de tous genres d’abus de la jeunesse dans le monde de la tombe, dans le monde interm édiaire où les portes s’ouvrent et se fer­ m ent continuellement. Enfin, interrogez les personnes âgées et les malades qui constituent la majorité du genre humain. La grande majorité dira certainement avec regret et déception: “Hélas! Nous avons dilapidé notre jeunesse dans des passions, ain­
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si nous l’avons perdue. Surtout! Ne faites pas comme nous!” Parce que, même si un homme qui passe sa jeunesse de cinq ou dix ans dans les plaisirs illicites et qui subit des remords et des peines pendant beaucoup d’années dans le monde, des tourments dans le mondes interm é­ diaire, des malheurs de l’Enfer et de la géhenne dans l’au-delà, attire la pitié, mais avec le mys­ tère

il ne pourra pas du tout m ériter la pitié. Parce qu’on n’accorde pas de compassion à celui qui entre dans la perte avec son propre consente­ ment. Il ne la mérite pas. Que l’Etre Absolu vous sauve et nous aussi des tentations attirantes de notre époque et qu’il nous en préserve tous, Amen!

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REPONSE A UNE QUESTION POSEE PAR DES DISCIPLES DE RISALE-I NUR Nous avons interrogé notre maître en disant: “Vous n ’avez rien demandé, même pas une seule fois, ni à nous, ni à Emin qui s’occupe, chaque jour, de vos besoins au sujet de cette Seconde Guerre Mondiale qui concerne, sé­ rieusement, le Monde Musulman. D urant deux ans et à présent depuis dix ans, vous ne lui avez donné aucune importance. Y a-t-il une vérité plus im portante qui a occupé tout votre esprit et tout votre intérêt que ce grand événement qui le rend sans importance à vos yeux? Ou y at-il un risque de s’en occuper?” Comme réponse, il a dit: —Oui, étant donné qu’une vérité plus grande ou un événement lourd de conséquences tel que la Guerre Mondiale génère, celle-ci est, extrêmement, sans grande importance par rap­ port à cette vérité. Parce qu’ au moment où deux gouvernements se disputent la supré­
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matie dans le monde et se jugent, alors le procès de réconciliation de deux grandes reli­ gions pour la paix sera commencé et au moment où le mouvement athéiste le plus terrifiant con­ tre les religions célestes commence .à se faire jour, un des plus grands procès de leur juge­ m ent suprême du prolétariat et de la bour­ geoisie est ouvert et une très grande vérité en est sortie dont la partie qui touche un seul homme est plus grande que la Guerre Mon­ diale. Voici le procès: A notre époque, pour tout croyant, plutôt pour tout individu, l’ouverture d’un procès a commencé pour gagner ou perdre une propriété composée des terres et des terrains aussi grande que le globe terrestre qui est, du début à la fin, embellie par des jardins et des palais. A utrem ent dit, pour tout homme, l’ouverture d’un tel procès a commencé, si l’individu a au tan t de fortune et de puissance que l’Anglais et l’Allemand et s’il est intelligent, il dépensera le tout pour gagner ce procès. Est, certaine­ ment, fou celui qui donne de l’importance à d’autres choses avant de le gagner. Même, ce procès est devenu, tellement risqué que selon
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l’observation de quelqu’un qui découvre la vérité de la tombe, un individu sur quarante a gagné, dans un endroit, le certificat de démo­ bilisation au moment du rendez-vous avec la mort. Les trente-neuf l’ont perdu. Voilà, s’il y a un défenseur de cette cause qui fait gagner ce procès important et grand et qui fait gagner au huit dixième de ses disciples depuis vingt ans avec des expériences établies, tout individu raisonnable doit conduire ce défenseur à son devoir de servir et lui donner de l’importance avant tout autre événement. Ensuite, des milliers de gens qui ont gagné ce procès témoignent que l’un des défenseurs de cette cause, même le premier est Risale-i N ur qui est issue, née et dérivée du Coran à la clarté miraculeuse. En effet, il est établi indiscutablement que tout homme est envoyé comme chargé de m is­ sion sur terre, qu’il est invité et passager ici et qu’il est, de par son essence, tourné vers la vie perpétuelle. Comme la citadelle constituant le point d’appui qui pourrait sauver la vie éter­ nelle de tout un chacun est ébranlée, le procès de quitter éternellem ent le monde et tous ses
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amis dedans, ainsi que de perdre ou de gagner une propriété pour toujours, des milliers de fois plus parfaite que ce monde, est ouvert. Si l’homme n’obtient pas, sérieusement, l’attesta­ tion de la foi, il perdra ce procès. Y a-t-il quel­ que chose qui pourrait remplacer ce qu’il perd? De plus, en conséquence de cette vérité, moi et mes frères, si chacun de nous avions cent fois plus d’intelligence et plus de pensées, cela ne pourrait suffire à cet immense devoir sacré. Pour nous, tourner notre regard vers d’autres sujets est aussi bien superflu qu’insignifiant. Seulement, ceci est à signaler, comme une p ar­ tie des disciples de Risale-i Nur se trouvent dans d’autres affaires, au moment où certaines personnes dénuées d’intelligence nous agres­ sent et nous attaquent inutilement et sans rai­ son, nous y prêtons attention y ayant été con­ traints Ensuite, c’est un dommage de s’occuper en pensée et en cœur des causes et des conflits qui sont en dehors de cette cause vraie et immense.
C'est une référence aux plaidoiries devant la cour. 44

Parce que: si un homme fait attention aux cer­ cles larges, politiques et passionnels, s’il est préoccupé par ces cercles, il négligera ses devoirs importants ou il sera démoralisé. Enfin, celui qui s’intéresse avec enthousiasme aux sphères larges de la politique et des conflits, il en dépend parfois. D’une part, il est incapable d’accomplir son devoir, d’autre part, même s’il ne perd pas la paix de son cœur, sa bonne inten­ tion, l’intégrité de sa pensée et la sincérité de son service, il risque d’être accusé. En fait, quand on m’a attaqué au tribunal sur ce point, j ’ai répondu: “D’une part, les vérités de la foi et du Coran ne peuvent être soumises aux attraits des lumières éphémères de la terre, ni instrum entalisées, d’autre part, celui qui connaît sérieuse­ ment ces vérités ne peut les sacrifier aux événe­ ments du globe terrestre, même pas à l’u ­ nivers.” En le disant, je les ai fait taire. Voilà, la réponse de notre m aître est te r­ minée. Nous la confirmons de toutes nos forces. Disciples de Risale-i Nur

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NOTE DE LA DEUXIEME SECTION DE LA TREIZIEME PAROLE PARMI LES COMPARAISONS DE RISALE-I NUR Les prisonniers ont beaucoup besoin de vraies consolations de Risale-i Nur. Particu­ lièrement, les jeunes, qui passent leur vie fraîche et agréable en prison, en ont besoin au tan t qu’ils ont besoin du pain après avoir reçu des coups de la jeunesse. En effet, le filon de la jeunesse suit plus les sentim ents que la raison. Quant aux émotions et aux désirs, ils sont aveugles, ils ne voient pas les con­ séquences. Ils préfèrent une once de plaisir immédiat à des tonnes de plaisir futur. Un jeune tue quelqu’un, en une minute, par plaisir de vengeance, il souffre, en prison, durant qua­ tre-vingts mille heures. Et un tel jeune détruit, pendant des milliers de jours, le bonheur de sa vie, dans l’anxiété de ses ennemis et de la prison, aussi dans des soucis, pour le plaisir d’une heure de débauche pour un honneur. Comme cet exemple, les pauvres jeunes ont
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tellement de risques qui transform ent leur vie la plus agréable en une vie la plus pitoyable. En fait, un grand E tat au nord ébranle ce siècle en causant des tempêtes aux jeunes après avoir mis en sa possession leurs passions. Parce que: cet E tat m et les belles filles et les femmes des gens honorables à la disposition des jeunes qui suivent leurs passions sans en voir les con­ séquences. Plutôt, il encourage cette immoralité en autorisant les hommes et les femmes à entr­ er nus ensemble dans les bains publics. Il con­ sidère légaux les biens des riches pour les vagabonds et pour les pauvres, toute l’hum an­ ité tremble devant une telle calamité. Voilà, il est nécessaire que les jeunes musul­ mans et les jeunes turcs répondent héroïque­ ment avec les épées efficaces de Risale-i Nur comme le Traité du Fruit et le Guide à l’Usage des Jeunes contre ce danger de double attaque. Sinon, un jeune malheureux détruit aussi bien son avenir dans ce monde, sa vie heureuse que son bonheur dans l’au-delà et sa vie éternelle en les transform ant en tourm ents et en souf­ frances. Il tombe dans les hôpitaux avec abus et débauche, dans les prisons avec excès des pas­
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sions. A l’âge avancé, il pleurera beaucoup avec des amertumes et des regrets. S’il se protège avec l’éducation du Coran et les vérités de Risale-i Nur, il deviendra un vrai jeune héros, un parfait être humain, un m usul­ man heureux, en quelque sorte, un souverain par rapport aux autres êtres vivants et aux ani­ maux. Oui, quand un jeune consacre, en prison, une heure sur vingt-quatre de sa vie de tous les jours, aux cinq prières obligatoires et puisque la prison l’empêche de la plupart des péchés, s’il se repent des fautes qu’il a commises et qui lui ont causé la prison et s’il se retire d’autres péchés nuisibles, en effet il sera très utile pour sa vie, pour son avenir, pour sa patrie, pour son peuple et pour ses proches, de plus le Coran à la clarté miraculeuse, en tête et les autres Livres et Feuillets Célestes informent et donnent cer­ tainem ent la bonne nouvelle qu’il gagnera une brillante jeunesse éternelle, au lieu d’une jeunesse éphémère de dix ou quinze ans. Oui, s’il montre une reconnaissance au bien­ fait de la belle jeunesse avec bon sens et obéis­ sance, alors ce bienfait augmente, il devient
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éternel et donne du plaisir. Sinon, il apporte m alheur et tristesse, souffrance et cauchemar. Il ressemblera à un vagabond nuisible à ses proches, à son pays ainsi qu’à son peuple. Si le prisonnier est injustem ent condamné, chacune de ses heures équivaudra à un jour de prière à condition de faire sa prière obligatoire, et cette prison en devenant pour lui une cellule isolée, il peut être considéré comme des ermites pieux qui allaient aux cavernes dans les temps passés pour prier. S’il est pauvre, âgé, malade et désireux des vérités de la foi, à condition de faire sa prière obligatoire et de se repentir, alors chacune de ses heures équivaudra à une vingtaine d’heures et la prison ressemblera pour lui à un lieu de repos et pour les amis qui s’occupent de lui avec affection, un lieu d’ami­ tié, un lieu d’éducation et de formation. Il peut être beaucoup plus content de rester en prison que d’être libre, si cette liberté l’expose aux attaques des péchés mêlés à la vie et se trou­ vant partout. Il recevra, de la prison, une édu­ cation totale. Lorsqu’il sera relaxé, pas comme un tu eur ou un vengeur, il sortira comme un homme repenti, expérimenté, éduqué et utile pour le peuple. En fait, quand certaines person49

nés concernées par la question ont vu les pris­ onniers de la prison de Denizli avoir pris une bonne leçon de morale en ayant étudié, en peu de temps, Risale-i N ur ont dit: “ Si les prison­ niers recevaient durant quinze semaines, la leçon de Risale-i Nur pour l’éducation au lieu de rester en prison durant quinze ans, celle-ci les corrigerait encore plus.” Puisqu’on ne peut échapper à la mort, que la fin de la vie est cachée, et qu’elle peut venir à tout moment, puisque la tombe n’est pas close et que groupe par groupe les gens se suivent pour y aller et disparaissent, puisqu’ avec la vérité coranique, il a été montré que la mort transforme la pendaison éternelle en une attes­ tation de démobilisation* pour les croyants, et qu’elle est, clairement, une pendaison éternelle pour les gens égarés et ceux de la débauche et qu’elle est une séparation sans fin de tous les amis et de tous les êtres, il est sûr et certain que le plus heureux est celui qui tente d’accomplir son devoir de servir la foi et le Coran, dans le bon sens, avec patience et remerciement, en recevant l’enseignement de Risale-i N ur et en profitant au maximum du temps de prison.
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0 pauvres gens qui êtes habitués aux plaisirs et aux joies! J ’ai soixante-quinze ans, j ’ai appris et observé, certainement, avec des milliers de preuves et de faits ceci: Le vrai plaisir, la joie sans peine et le bon­ heur dans la vie se trouvent, uniquement, dans la foi et dans le cercle des vérités de la foi. Sinon, il y a beaucoup de peines dans un plaisir du monde. Celui-ci fait manger un grain de raisin, il donne dix gifles, alors il fait fuir le plaisir de la vie. O pauvre gens ayant subi le m alheur de la prison! Puisque votre monde pleure et que votre vie est devenue amère, travaillez pour que votre au-delà ne pleure pas aussi et que votre vie éternelle devienne souriante et agréable. Profitez de la prison. Parfois, une heure de garde, par exemple, face à l’ennemi, peut pren­ dre, dans des conditions difficiles, la valeur d’une année d’adoration. De même, chacune des heures de la difficulté d’adoration dans vos con­ ditions graves équivaut à de nombreuses heures et elle transforme les difficultés en com­ passion. * *
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Mes Chers et Sincères Frères, Je vais expliquer en Trois Points un fort soulagement pour ceux qui sont tombés dans le m alheur de la prison et pour ceux qui surveil­ lent leurs aliments venant de l’extérieur et qui les aident avec compassion et fidélité. Premier Point: chacun des jours de la vie, passés en prison, peut faire gagner au tan t d’adoration que dix jours. Et il peut tra n s­ former les heures éphémères avec leurs fruits en heures permanentes. La sanction de cinq ou de dix ans peut donner l’occasion d’être sauvé des millions d’années de la prison éternelle. Voilà, pour les croyants, la condition d’avoir cet avantage de valeur et de quantité très signi­ ficative est de faire sa prière, de se repentir des péchés qui ont occasionné l’emprisonnement et
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de remercier dans la patience. De toute façon, la prison est un obstacle contre beaucoup de péchés, elle ne donne pas l’occasion d’en com­ mettre. Deuxième Point: comme la cessation du plaisir est une peine, la cessation de la peine aussi est un plaisir. Oui, si chacun pense à ses jours heureux et joyeux, en ressentant les peines spirituelles du regret et de la tristesse, il dira: “Hélas!” et en se rappelant les jours m al­ heureux et tristes du passé, il ressentira un plaisir spirituel de leur disparition: “Louange à Dieu, merci. Ce malheur-là est parti après avoir laissé son bon côté.” dira-t-il. Il respirera avec aisance. Donc, une heure de peine éphémère laisse, dans l’esprit, un plaisir spirituel et au contraire une heure de plaisir laisse de la peine. Puisque c’est ainsi la vérité, puisque les heures des m alheurs passés sont devenues néants et inexistantes et que les jours des m alheurs futurs n’existent pas à cet instant ou ne représentent rien, alors du néant il n’y a pas de peine, du rien il n’y a pas de souci. Par exemple: combien c’est fou de manger, aujourd’hui, sans arrêt, à cause de la possibilité d’avoir faim et
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soif dans quelques jours. De même, puisque les peines du passé et du futur sont néant, inexis­ tantes et non avenues, c’est aussi de la folie de s’im patienter en y pensant et de se plaindre de Dieu en laissant de côté son âme fautive comme pour dire «Quel malheur!», «Quel malheur!». Si on ne dilapidait pas la force de la patience à droite, à gauche, c’est-à-dire, au passé et au futur, si on l’utilisait pour l’heure présente, pour le jour même, elle suffirait tout à fait. La détresse serait réduite au dixième. En fait, sans que ce soit une plainte, dans cette troisième «madrasa» à la manière de Joseph (psi), le m al­ heur causé par ma maladie et le m alheur matériel, spirituel que je n’ai jam ais vécu, en quelques jours, particulièrement l’affliction et les soucis qui touchent mon cœur et mon esprit, viennent de ma privation de servir Risale-i Nur, au moment où tout cela m’écrasait, la faveur divine se manifesta sur cette dite vérité. Alors, je fus content de ma maladie ennuyeuse et de mon emprisonnement. Parce que j’ai remercié en disant: “C’est un très grand profit de chang­ er, en dix sortes d’adoration, une heure qui peut passer dans l’insouciance pour un pauvre
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homme comme moi, proche de la porte de la tombe.”
Troisièm e Point: assister les prisonniers avec tendresse, donner dans leurs mains la sub­ sistance dont ils ont besoin et m ettre du baume sur leurs blessures morales pour consolation, c’est un très grand bénéfice avec peu d’actions. Et apporter leurs repas qui viennent de l’ex­ térieur est inscrit dans le registre de bonnes actions au tan t que les repas aussi bien pour leurs gardiens que pour ceux qui travaillent à l’intérieur et à l’extérieur avec eux. Spéciale­ ment, si les prisonniers malheureux sont des personnes âgées, malades, pauvres ou étran ­ gères, la récompense de la bonne action spir­ ituelle augmente davantage.

Voilà, la condition d’avoir ce bénéfice impor­ ta n t est de faire la prière obligatoire pour qu’un tel service soit fait pour Dieu. Et une autre con­ dition est de courir à leur assistance avec sin­ cérité, compassion et avec joie sans leur reprocher cette assistance. * * *

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O mes compagnons de prison et mes core­ ligionnaires!

Mon cœur a été averti de vous expliquer une vérité qui vous sauvera aussi bien de la souf­ france de ce monde que de celle de l’au-delà. La voilà:
Par exemple: quelqu’un a tué le frère d’un autre ou un de ses proches. Pour le plaisir d’une minute de vengeance, un m eurtre fait subir la détresse au cœur et l’angoisse de la prison à la personne pendant un million de minutes. Et le proche du tué aussi fait fuir le plaisir de sa vie et la joie de son existence avec l’anxiété de la vengeance et en pensant à son ennemi en sa présence. Il souffre aussi bien de la peur que de la colère. Il y a une seule solution à cela: faire la paix et se réconcilier, c’est ce que le Coran com­ mande, c’est ce que nécessitent et encouragent
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le vrai, la réalité, l’intérêt, l’hum anité et l’Islam. Oui, la réalité et la nécessité, c’est la paix. En effet, la vie a une fin, cette fin ne change pas. Si la fin de la vie du tué était arrivée, il ne serait pas resté plus longtemps. Quant au tueur, il a causé le décret divin. Si la paix n’in­ tervient pas, les deux parties souffriront, per­ pétuellement, des tourments de la peur et de la vengeance. C’est pourquoi l’Islam ordonne ceci: “Le croyant ne doit pas se fâcher avec le croyant plus de trois jours”. Il faut vite faire la paix si ce m eurtre est le résultat d’une hostilité ou d’une rancune, d’une haine ou bien le résultat d’une discorde causée par un hypocrite. Sinon, ce petit m alheur devient grand et il continue. S’ils font la paix, si le tueur se repent et s’il prie en faveur du tué, alors les deux côtés seront très gagnants et ils deviendront comme des frères. A la place d’un frère parti, le côté concerné gagn­ era quelques frères pieux. Il pardonnera à son ennemi en se résignant à la destinée et au des­ tin divin. E t surtout, puisqu’ils ont reçu l’en­ seignement de Risale-i Nur, aussi bien l’intérêt, la paix personnelle et la paix publique que la
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fraternité du cercle de Risale-i N ur nécessitent certainem ent qu’on laisse tomber toutes les fâcheries. Comme par exemple à la prison de Denizli, tous les prisonniers étaient des ennemis, les uns contre les autres, ils sont devenus des frères avec les leçons de Risale-i Nur. En devenant la cause de notre acquittement, ils ont fait dire à propos des prisonniers même aux irréligieux et aux vagabonds “Mashallah» (telle est la volonté de Dieu), Barakallah” (telle est la bénédiction de Dieu). Ces prisonniers ont en­ tièrem ent gagné la tranquillité. J ’ai vu cent hommes souffrir sans aller ensemble à la ré­ création à cause d’un homme. C’est une oppres­ sion contre eux. Un croyant brave et doué de conscience ne porte pas préjudice à une cen­ taine de croyants pour une faute ou un bénéfice petit et partiel. S’il se trompe ou s’il porte préju­ dice, il doit immédiatement se repentir. * * *

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Mes Chers Nouveaux Frères et A nciens Prisonniers!

Je suis sûrem ent convaincu qu’une raison im portante de notre arrivée ici selon la faveur divine, c’est vous. C’est-à-dire, les écrits de Risale-i N ur avec leurs consolations et avec leurs vérités de la foi vous apportent un soulagement entier en vous sauvant des soucis causés par le m alheur de la prison et de beau­ coup de pertes de ce monde, en sauvant votre vie, semée au vent, qui passe inutilement dans l’inquiétude et la tristesse, en vous sauvant des pleurs de ce monde autant que ceux de l’autre monde. Puisque c’est ainsi la vérité, vous aussi, il faut que vous soyez certainem ent des frères comme les prisonniers de Denizli et les disciples de Risale-i Nur. Vous voyez les gardiens rem uer toutes vos affaires qui viennent de l’extérieur
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comme un plat, du pain et de la soupe pour qu’un couteau n’y soit pas introduit et que les uns n’attaquent pas les autres. En vous servant sérieusement, ces gardiens en souffrent beau­ coup. De plus, vous n’allez pas ensemble à la récréation: on dirait que vous vous attaqueriez comme des monstres et des fauves. Voilà, à présent, vous êtes de nouveaux compagnons courageux de par votre nature, dites ceci à la délégation avec un grand courage moral pour notre temps: “Non seulement si vous nous donniez le m auser et le revolver, mais aussi, si vous nous disiez de faire feu, nous n’aurions pas touché ces pauvres compagnons malheureux comme nous. Nous avons décidé de ne pas les blesser tout en leur pardonnant avec le commande­ ment et les directives du Coran, de la foi, de la fraternité islamique et de l’exigence de notre intérêt, même si nous avions une centaine d’hostilités et d’animosités par le passé.” en le disant, transformez cette prison en une «madrasa» bénie. * * *
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SUPPLEMENT DE LA DEUXIEME PARTIE DE LA TREIZIEME PAROLE

UN PROBLEME IMPORTANT DONT LA NUIT DU DESTIN NOUS AVERTIT

Nous allons faire brièvement allusion à une vaste et grande vérité venue au cœur de la Nuit du Destin. La voici: La destruction de l’hum anité par l’extrême tyrannie et le despotisme de la Guerre Mon­ diale et le fait de rendre malheureux une cen­ taine d’innocents contre un seul ennemi, le désespoir terrible des vaincus et l’inquiétude horrible des vainqueurs, la douleur de leurs consciences devant l’impossibilité de conserver leur suprématie, le fait de ne pas être capables, de leur part, de réparer leurs destructions et la vie de ce monde, ( tout à fait, comprise qu’elle est éphémère et passagère,) ainsi que les fan­ taisies de la civilisation sont trompeuses et intoxiquent la nature humaine, les hautes
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capacités de cette nature humaine et son essence, gravement, blessées, l’insouciance, l’é­ garement et la nature dure, sourde, trompeuse, brisés sous les épées en diam ant du Coran, la vraie apparition de la politique mondiale la plus cruelle, la plus étouffante et la plus trompeuse, l’insouciance et l’égarement, tout cela, par conséquent, commence à montrer des signes au Nord, à l’Ouest et en Amérique que la vie sur terre qui est, sans aucun doute, la bienaimée, métaphoriquement, du genre humain, toute laide et passagère qu’elle soit. Donc, la nature humaine cherchera avec toutes ses forces la vie éternelle qu’elle aime vraiment. En effet, comme depuis mille trois cent soixante ans, à chaque siècle, le Coran à la clarté mirac­ uleuse a trois cents millions de disciples, que des millions de chercheurs de vérité affirm ent et signent chacun de ses jugements et chacune de ses causes qu’il est présent, de manière sacrée, à chaque minute, dans les cœurs des millions des récitants qui instruisent l’hum an­ ité par leurs lectures qu’il enseigne la bonne nouvelle à l’hum anité sur la vie perpétuelle et sur le bonheur éternel d’une manière qui n’ex­ iste dans aucun autre livre qu’il panse toutes
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les blessures de l’humanité, qu’il informe des milliers de fois par des milliers de versets insis­ tants, persistants et répétitifs qu’il défend cer­ tainem ent explicitement et implicitement avec des preuves sûres, inébranlables et des argu­ ments certains, qu’il enseigne, sûrement, la vie perpétuelle et la félicité pour toujours, si le genre humain ne perd pas tout à fait sa raison, ou si une apocalypse matérielle ou morale, n’ex­ plose pas sur sa tête, alors les vastes continents et les grands E tats du globe terrestre cher­ cheront le Coran à la clarté miraculeuse comme les grands orateurs de la Suède, de la Norvège, de la Finlande, de l’Angleterre et l’im portante organisation américaine qui recherche la vraie religion et ils s’y attacheront corps et âme après avoir compris ses vérités. Parce qu’ au regard de cette vérité, le Coran n’a absolument pas d’é­ gal et il ne peut en avoir. En fait, rien ne rem ­ place ce miracle qui est le plus grand. Deuxièmement: puisque Risale-i N ur s’est montrée comme une épée en diamant au service de ce miracle, le plus grand, et a mis en soumis­ sion ses ennemis obstinés, puisque cette Risale-i N ur accomplit très bien ce devoir en
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éclairant le cœur, l’esprit et les sens en leur apportant les remèdes nécessaires qu’elle est le héraut du Coran, qu’elle n’a pas une autre source, une autre référence que lui, qu’elle est un de ses miracles spirituels puisqu’elle a com­ plètem ent vaincu les propagandes terribles et les hérétiques les plus obstinés qu’elle a mis en pièces, par le Traité de la Nature, la pensée m atérialiste qui est la citadelle la plus dure de l’égarement, qu’elle a démontré très brillam ­ m ent la lumière de la foi en chassant l’erreur, en faisant disparaître les horizons les plus épais, les plus étouffants de l’incroyance et les voiles les plus vastes de la science avec le Sixième Problème, la Première, la Deuxième, la Troisième et la Huitième Preuves du Traité du Fruit inclus dans le Bâton de Moïse. Après que l’enseignement de la religion a été, officiellement, autorisé dans des établisse­ ments privés, il est, sans doute, nécessaire pour nous et essentiel pour le peuple que les disci­ ples de Risale-i Nur ouvrent, partout, de petits centres de Risale-i Nur au tan t que possible. Même si tout un chacun peut en profiter en partie, il ne peut entièrement comprendre cha­
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cun de ses thèmes. E tant donné que ses matières présentent les explications des vérités de la foi, elles sont aussi bien la science, les con­ naissances divines que la présence divine et la prière. P ar rapport aux cinq ou dix ans des “m adrasas” d’autrefois, celles de Risale-i Nur produiront les mêmes résultats en cinq ou dix semaines et elles le font depuis vingt ans. Enfin, surtout que le pouvoir ne cause pas de tort à ces Eclairs du Coran et à Risale-Nur, son héraut. Car, ils sont très bénéfiques à la vie du gouvernement, de ce peuple, de ce pays, à leur vie politique et à celle de l’au-delà. Mais, il est, aussi, nécessaire que les autorités les encouragent et aident leurs publications pour que ces Eclairs et ce H éraut soient l’expiation de graves péchés du passé et une barrière con­ tre de grands malheurs et l’anarchie du futur.
S a id N u rsi

* * *

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(E xtrait du V ingt-Sixièm e Eclair)

S E P T IE M E E S P O IR

Un jour, au début de ma vieillesse, au mo­ ment où les rires de l’Ancien Said se sont tra n s­ formés en pleurs du Nouveau Said, les gens attachés à ce monde à Ankara m’y ont invité en supposant que j ’étais Ancien Said, j ’y suis allé. J ’ai grimpé au sommet de la citadelle d’Ankara beaucoup plus ancienne, et âgée que moi à la fin d’automne. Cette citadelle m’a apparu sous forme d’événements historiques émigrés. La saison vieillie de l’année avec ma vieillesse, celle de la citadelle, la vieillesse de l’humanité, la vieillesse du célèbre E tat ottoman, la mort de la souveraineté du Califat et la vieillesse du monde m’ont fait regarder, de cette haute citadelle, les vallées du passé et les montagnes du futur dans un état très triste, très touchant et très mélancolique et je les ai regardés.
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Puisque j ’ai senti un état d’âme (Note) très obscur à Ankara dans quatre ou cinq obscurités de la vieillesse, les unes, imbriquées dans les autres, qui m’entouraient, j ’ai cherché une lumière, un soulagement et un espoir. En regardant ma droite, c’est-à-dire, le passé pour trouver un soulagement, il m’a apparu comme une énorme tombe de mon père, de mes ancêtres et de mon genre, il m’a terrifié au lieu de me consoler. En cherchant un remède, j ’ai regardé ma gauche qui représente le futur. Je l’ai vu apparaître sous forme d’un cimetière vaste et obscur pour mes semblables, moimême et la génération future. Le futur a pro­ duit de l’horreur au lieu de me familiariser avec lui. Ayant été terrifié par le passé et le futur, j ’ai regardé le jour présent. Ce jour de l’insouciance ressem blant à un jour d’histoire, à moitié fini, est apparu à ma vue comme un cercueil qui porte mon corps mort souffrant du mouvement (Note) En ce tem ps-là, cet é ta t d am e se m anifes­ ta au cœ ur sous une forme d'invocation en persan, je l'ai écrite. Elle a été publiée dans un tra ité in titu lé les G raines.
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désespéré. Quand j ’ai été attristé de cette direction-là, en levant ma tête j ’ai regardé le sommet de l’arbre de ma vie. J ’ai vu que cet arbre n’avait qu’un seul fruit. Celui-ci est mon corps sans vie qui reste au sommet de l’arbre et qui me regarde. J ’ai senti l’horreur dans cette direc­ tion aussi et j’ai baissé ma tête. J ’ai regardé le bas, les racines de l’arbre de la vie. J ’ai vu être piétinées sous mes pieds la poussière du bas, mélangée avec celle de mes os et la poussière du début de ma création. Cette direction n’a pas remédié à ma peine, au contraire elle en a ajouté. Après, j ’ai obligatoirement regardé der­ rière moi. J ’ai vu que te monde sans fondement et éphémère continuait à dégringoler des val­ lées du néant aux obscurités de l’inexistence. En cherchant un remède à ma peine, cette direction aussi, a ajouté du poison. Puisque je n’ai pas trouvé de bien de ce côté-là, j ’ai regardé devant moi, j’ai tourné mon regard plus loin. J ’ai vu me regarder la porte de la tombe tout à fait sur mon chemin, son orifice parut grande ouverte. Les convois qui allaient dans l’avenue longeant l’éternité étaient visibles au loin der­ rière cette porte de la tombe.
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Je n’avais aucune autre chose qu’une partie du libre arbitre en ma possession comme le point d’appui et l’arme de défense contre les horreurs qui venaient de ces six directions. Ce libre arbitre est la seule arme humaine contre les ennemis innombrables, les choses nuisibles, il est insuffisant, petit, im puissant et infruc­ tueux, alors il ne possède autre chose que sa volonté. Il ne peut ni pénétrer dans le passé pour arrêter sa tristesse, ni entrer dans le futur pour interdire ses peurs. J ’ai vu ce libre arbitre être inutile à mes espoirs et à mes peines du passé et du futur. Au moment où je me débat­ tais dans des horreurs, des désolations, des obscurités et des désespoirs qui venaient de six directions, les lumières de la foi, scintillantes dans le ciel du Coran à la clarté miraculeuse m’ont soudain secouru. Elles ont tellem ent éclairé et illuminé les six directions que même si les horreurs et les obscurités que j ’avais vues étaient cent degrés plus fortes, ces lumières auraient été suffisantes pour chasser ces maux et satisfaire ceux qui en souffraient. Elles ont transform é chacune des horreurs en consola­ tions et chacune des désolations en présence divine. Les voici:
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En brisant l’image de la grande tombe du temps passé, temps terrifiant, la foi a éclairé une assemblée d’amis familiers avec l’œil de la certitude et de la vérité. Puis, la foi a montré, avec la science de la certitude, sous forme d’une assemblée de ban­ quet du Miséricordieux dans des palais de bon­ heur le temps futur qui apparaissait au regard de l’insouciance, sous la forme d’une grande tombe. De plus, en brisant le temps présent qui ressemble à un cercueil et la forme de ce cer­ cueil pour le jour présent au regard de l’insou­ ciance, la foi a montré, par observation, l’image d’un magasin pour le commerce de l’au-delà et celle d’un lieu splendide pour les invités du Miséricordieux. Qui plus est, la foi a montré avec la “science certaine” que le seul fruit qui apparaît au regard insouciant comme un cercueil à la tête de l’arbre de la vie ne l’est pas, mais que ce fruit qui est mon esprit, reflet d’une vie éternelle et candidat au bonheur perpétuel, est parti voy­ ager dans les étoiles après avoir quitté sa coquille vieillie.
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Ensuite, la foi a montré avec son mystère que mes os et la poussière du début de ma créa­ tion ne sont pas des os réduits à la poussière sous les pieds, mais que cette poussière repré­ sente un voile de la miséricorde et un salon du Paradis. Et face à la situation du monde qui tombe, derrière moi, dans les obscurités du néant, de l’inexistence, au regard de l’insouciance, la foi a montré avec le mystère du Coran que le monde qui paraissait rouler dans des obscurités, a accompli son devoir, elle a montré le sens qu’il a donné et que ce monde a laissé, comme résul­ tats, une partie des lettres éternelles et des pages ornées et sublimes dans le corps à sa place et qu’il a fait savoir, avec la science de la certitude, ceci qui signifie l’essence du monde. E t face à la tombe dont l’œil ouvert me regarde au loin et face à l’avenue qui va à l’é­ ternité derrière la tombe, la foi a montré avec la lumière du Coran que cette tombe-là n’est pas la porte d’un puits, mais qu’en revanche elle est la porte du monde de la lumière. Quant au chemin, comme cette lumière a montré à un degré tout à fait convaincant qu’il ne conduit
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pas au néant et à l’inexistence, mais qu’au con­ traire il mène au pays de la lumière et au bon­ heur éternel, alors il est devenu pour mes blessures aussi bien un remède qu’une guéri­ son. Ou encore, au lieu d’un libre arbitre qui pos­ sède une volonté très limitée, contre les enne­ mis et les obscurités innombrables, la foi met une attestation à la disposition du libre arbitre pour s’appuyer sur un pouvoir illimité et se relier à une miséricorde sans fin. Plutôt, la foi devient une attestation pour le libre arbitre. En effet, cette arme humaine qui est le libre arbitre est aussi bien insuffisante, im puissante que défectueuse dans son essence. Mais, c’est comme l’exemple d’un soldat qui met sa force partielle au service de l’E tat peut réaliser des choses dépassant des milliers de fois sa force. Ainsi, si l’homme utilise ce pouvoir partiel de choix au nom de l’Etre Absolu, pour sa cause, il peut gagner un Paradis, vaste de cinq cents ans. Enfin, en saisissant le corps, la foi prend les rênes du libre arbitre qui ne peut pénétrer ni le passé, ni le présent et le confie au cœur et à l’e­
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sprit. Quant au cercle de la vie de l’esprit et du cœur, il n’est pas restreint comme le corps au temps présent, puisque beaucoup d’années du passé et beaucoup d’années du futur sont incluses dans ce cercle, en quittant le cercle restreint, le libre arbitre acquiert l’universalité. E tan t donné que ce libre arbitre peut pénétrer dans les vallées les plus profondes du passé avec la force de la foi qu’il fait disparaître les peines et les obscurités, il peut aussi monter jusqu’ aux montagnes les plus lointaines du futur avec la lumière de la foi et il fait dis­ paraître les peurs. Voilà, ô frères et sœurs âgés qui souffrez, comme moi, des difficultés de la vieillesse! Puisque nous sommes, Dieu merci, des gens croyants, puisqu’il y a ta n t de trésors lumineux, agréables, beaux et doux, et puisque notre vieil­ lesse nous conduit davantage à l’intérieur de ce trésor, sans doute, au lieu de nous plaindre de cette vieillesse, au contraire nous devons, y adresser mille remerciements. * * *

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H U IT IE M E E S P O IR

Au moment où des cheveux blancs, signe de vieillesse, ont apparu sur ma tête, les tour­ m ents de la Grande Guerre qui rendaient encore plus profond le sommeil de la jeunesse, les bouleversements de ma captivité comme prisonnier de guerre, la position de la célébrité et de l’honneur que j’avais lorsque je suis finale­ m ent rentré à Istanbul, même du Calife, du Sheikh-el Islam, du Commandant en Chef des Armées, jusqu’aux étudiants des «madrasas» qui ont manifesté très excessivement leur bon accueil et leur attention à mon égard, la folie de la jeunesse et l’état d’âme produit par la situa­ tion présente, tout cela a tellem ent ajouté du sommeil à mon sommeil, je me voyais dans un état bizarre, en quelque sorte, dans un monde perm anent et moi-même éternellem ent accro­ ché à ce monde. Voilà, en ce moment-là, je suis allé écouter les récitants sincères à la Mosquée Bayezid
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sacrée au mois de ram adan béni. Le Coran à la clarté miraculeuse a annoncé, avec les langues des récitants, à voix très haute, le décret

qui donne, avec son éloquence élevée, l’informa­ tion sur la fin de l’humanité et la mort des êtres vivants. En passant par mes oreilles, en péné­ tra n t dans mon cœur, ce décret a mis en pièces les couches profondes de l’insouciance, du som­ meil et de l’intoxication. Je suis sorti de la mosquée. Avec l’étourderie du vieux sommeil qui était installé dans mon esprit depuis longtemps, je me suis trouvé pendant quelques jours dans un état de tempête, dans un feu de la fumée et comme un bateau dont la boussole est mal réglée. Plus je regardais mes cheveux dans le miroir, plus les cheveux blancs me disaient: “Fais attention!” En fait, la situation s’est éclaircie avec l’avertissement de ces cheveux blancs. J ’ai vu me dire au revoir la jeunesse dans laquelle j’avais beaucoup de confiance et dont j ’étais épris pour ses plaisirs. Et la vie ter­ restre avec laquelle j ’étais beaucoup trop en rapport s’éteignait. Le monde dont j’étais beau­
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coup trop, en quelque sorte, épris et avec lequel j ’étais en rapport, m’avertissait en me disant: “Au revoir!” pour mon départ de ce lieu des invités. Ce monde même, en disant: “adieu!”, se prépare à partir. Le sens général du verset du Coran à la clarté miraculeuse s’ouvrait à mon cœur avec les indications:

le genre hum ain est comme une personne, il m ourra aussi; et le globe terrestre est comme une personne, il mourra également pour accéder à la transformation éternelle; le monde est comme une personne, il mourra aussi pour prendre la forme de l’au-delà. Voilà, dans cet état, j ’ai regardé ma situa­ tion: la jeunesse qui est source de plaisirs s’en va; la vieillesse qui est source d’angoisses s’ap­ proche. La vie brillante et lumineuse s’en va, la mort, d’apparence obscure et terrifiante se pré­ pare pour la remplacer. Et j’ai vu courir, à toute vitesse à la disparition, le monde qui est le bienaimé des insouciants, considéré comme très aimable et permanent.
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Pour me tromper et pour plonger ma tête dans l’insouciance, j ’ai pris en considération beaucoup trop de plaisirs du rang social que j’avais reçus, aucun n’a porté un quelconque avantage. Tout leur regard, toute leur attention et toute leur consolation ne peuvent atteindre que jusqu’à la porte de la tombe qui est à côté de moi. Ils s’y éteignent. E tant donné que j ’ai vu une hypocrisie lourde, un égoïsme froid et une folie passagère derrière le beau voile de la gloire et de la célébrité qui constituent l’objectif de l’imagination des stars, j ’ai compris que ces choses qui m’ont trompé jusqu’à m aintenant ne peuvent m’apporter aucun soulagement et qu’en elles, il n’y a aucune lumière. Pour me réveiller complètement, j’ai recom­ mencé à écouter les récitants à la Mosquée Bayezid afin de saisir la leçon céleste du Coran. De cette leçon céleste, j ’ai entendu de bonnes nouvelles à travers des décrets sacrés

Avec la bénédiction que j’ai reçue du Coran, ce n’est pas pour chercher une consolation à l’extérieur, plutôt j’ai cherché la consolation,
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l’espoir et la lumière sur les points dont j’ai eu l’horreur, la désolation et le désespoir. Je rem ercie cent mille fois l’E tre Absolu de m’avoir fait trouver le remède dans la maladie, la lumière dans l’obscurité et la consolation dans l’horreur. J ’ai regardé la face de la mort qui fait peur à tout le monde, on imagine que c’est la chose la plus terrifiante. J ’ai vu avec la lumière du Coran que même si le voile de la mort est obscur, noir et laid, sa vraie face pour le croyant est lumineuse et belle. Et nous avons démontré, avec certitude, cette vérité dans beaucoup de traités. Comme nous avons expliqué dans de nombreux fascicules de Risale-i Nur, tels que la Huitième Parole, ou la Vingtième Lettre, la mort n’est pas la pendaison, elle n’est pas la séparation, en revanche la mort est le début de la vie éternelle, son introduction; elle est un repos, une démobilisation de la charge du devoir de vie, un changement de lieu; elle est une rencontre avec les groupes d’amis émigrés dans le monde intermédiaire et ainsi de suite. J ’ai vu, avec de telles vérités, la vraie, la belle face de la mort. Sans avoir peur de la mort, au
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contraire j ’ai regardé sa face avec désir. J ’ai compris un mystère de la contemplation de la mort chez les gens des confréries. Ensuite, j ’ai regardé ma jeunesse passée et qui continue à se dérouler, cette jeunesse qui fait pleurer tout le monde par sa disparition et dont tout le monde est épris, cette jeunesse qui passe dans les péchés et l’insouciance. Dans son habit brodé et beau, j’ai vu, dans cette jeunesse, une face laide, intoxiquée et étourdie. Si je ne connaissais pas son essence, elle m’aurait fait pleurer même si je vivais cent ans sur terre con­ tre quelques années où elle me ferait rire en me rendant malade. A ce titre, quelqu’un a dit en pleurant

C’est-à-dire, “Ah! S i ma jeunesse revenait un jour, en me plaign an t d ’elle, je lui d ira is à quel p o in t la vieillesse me causait des m om ents tristes.” Oui, les personnes âgées,, qui ne savent pas l’essence de la jeunesse comme cette personne, pleurent avec tristesse et regret. Tandis que si
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la jeunesse se trouve chez les croyants dont le cœur est éveillé, la présence divine existe, la raison et le cœur ont leur place convenable, s’ils dépensent leur jeunesse dans l’adoration, dans de bonnes actions et dans le commerce de l’audelà, cette jeunesse sera la force la plus efficace de ce commerce et le moyen le plus beau et agréable de bonnes actions. Pour les jeunes qui accomplissent leurs devoirs religieux sans faire un mauvais usage de leur jeunesse, celle-ci est un bienfait précieux et agréable. S’il n’y a pas de modération, de pudeur et de piété, beaucoup de dangers existent. Leurs débordements endommagent leur vie éternelle et leur vie de l’au-delà. Plutôt, ces débordements détruisent leur vie de ce monde. En effet, contre un an ou deux ans des plaisirs de jeunesse, de nom­ breuses années de vieillesse passent dans des tristesses et dans des angoisses. Puisque la jeunesse tombe mal pour la plu­ p art des gens, nous, les personnes âgées, de­ vons remercier Dieu que nous sommes sauvés des dangers et des risques de la jeunesse. Comme toutes choses, les plaisirs de la jeunesse s’en iront. Si elle est dépensée dans l’adoration
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et dans de bonnes actions, les fruits d’une telle jeunesse resteront à la place de celle-ci per­ pétuellement et ils seront le moyen de gagner une jeunesse éternelle. Puis, j ’ai regardé la vie de ce monde de laquelle tout le monde est épris et à laquelle tout le monde est habitué. J ’ai vu avec la lumière du Coran qu’il y a trois faces impor­ tantes du monde:
La première: elle concerne les Noms Divins. Elle est leur miroir. La deuxièm e face: elle concerne l’au-delà. Elle représente le champ à ensemencer de celui-ci. La troisièm e face: elle concerne les gens attachés au monde, elle est le lieu de jeux des insouciants.

Puisque chacun a un monde énorme dans ce monde. On dirait qu’il y a autant de mondes que d’êtres humains, les uns dans les autres. Le pilier de la vie privée de chacun est sa propre vie. Quand son corps s’écroule, son monde lui tombe dessus, son apocalypse éclate. E tant don­ né que les insouciants ne réalisent pas que la
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situation de leur monde se détruit si vite, ils supposent leur monde permanent, ressem blant à un monde général et ils l’adorent. “Comme le monde des autres, j ’ai un monde privé qui se démolit et qui se détruit vite. Quelle valeur a mon monde privé avec ma vie brève?” ai-je pen­ sé. J ’ai vu avec la lumière du Coran que ce monde est un magasin éphémère de commerce, au tan t pour moi que pour les autres, un lieu pour les invités qui se remplit et qui se vide tous les jours, un marché perm ettant de faire des courses à ceux qui y vont et qui y viennent, un cahier de charges de l’Architecte Eternel qui se renouvelle continuellement où on écrit et on efface avec sagesse, chacun des printemps une lettre dorée, chacun des étés une ode rimée, des miroirs qui m ontrent et qui renouvellent les manifestations des Noms du Créateur Glorieux, un jardin de pépinières de l’au-delà, un pot de fleurs de la compassion divine, un atelier pas­ sager et particulier qui prépare des scènes pour leurs projections dans le monde perpétuel. J ’ai remercié cent mille fois le C réateur Glorieux qui a créé le monde de cette façon. E t j ’ai com­ pris que comme l’amour qui est donné au genre hum ain pour les faces intérieures du monde
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tournées vers l’au-delà et vers les Noms Divins est consacré à la face éphémère, laide, m au­ vaise et insouciante de l’homme, celui-ci reflète la manifestation du noble Hadith

Voilà, ô personnes âgées! Avec la lumière du Sage Coran, l’avertissement de ma vieillesse et puisque la foi m’a ouvert les yeux, j ’ai vu cette vérité. E t je l’ai démontré avec des preuves déci­ sives dans de nombreux traités. Pour moi, j ’ai trouvé un vrai soulagement, un bon espoir et une brillante lumière. J ’ai été content de ma vieillesse. E t j ’ai été joyeux que ma jeunesse soit partie. Vous aussi, ne pleurez pas, mais remerciez. Puisque la foi existe et c’est ainsi la vérité, que les croyants ne pleurent pas, que les insouciants se lamentent. * * *

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SIXIEME PROBLEME DU TRAITE DU FRUIT [Parmi des m illiers de preuves com ­ plètes, nous allons faire une brève rem arque à une seule preuve du p ilier de la foi qui a des exp lications et des preuves certaines dans de nom breux passages de Risale-i Nur.]

A Kastamonu, un groupe de lycéens est venu chez moi: “Fais-nous connaître notre Créateur, nos professeurs ne nous parlent pas de Dieu.” m’ont-ils demandé. J ’ai répondu: Chacune des sciences que vous étudiez parle, continuelle­ ment, de Dieu dans son propre langage, elle fait connaître le Créateur. Ecoutez-les, plutôt que les professeurs. P ar exemple: supposons une parfaite phar­ macie qui possède des électuaires et des an ti­ dotes vivifiants préparées avec des mesures extraordinaires et précises dans chacun des fla­
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cons, ceci qui montre un pharmacien habile, professionnel et sage. A quel point est parfaite et grande, par rapport à la pharmacie du marché, celle du globe terrestre qui contient les électuaires et les antidotes vivifiants des fla ­ cons, de quatre cent mille espèces de végétaux et d’animaux, cette pharmacie du globe te r­ restre montre et fait connaître, aux non voyants à quel point même, le Tout Sage Glorieux, le Pharmacien de la plus grande pharmacie qu’est le globe terrestre selon les critères de la médecine que vous étudiez. Ensuite, par exemple: une merveilleuse usine qui tisse différentes sortes de tissus à partir d’une simple matière, démontre qu’il y a un fabricant et un mécanicien habile. De même, au tan t cette machine seigneuriale voyageuse, qui est appelée le globe terrestre porte des cen­ taines de milliers de têtes dont chacune possède des centaines de milliers d’usines parfaites, est plus élevée, plus parfaite que l’usine de l’hom­ me, au tan t elle fait comprendre et connaître le m aître et le seigneur du globe terrestre selon les critères de la science de l’ingénierie que vous étudiez.
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De plus, par exemple: un dépôt, un entrepôt et un magasin dans lesquels sont très bien mis en ordre, préparés et stockés mille et une var­ iétés de parfaites provisions font, certainement, connaître leur maître, leur possesseur et leur responsable. De même, cet entrepôt de provi­ sions, miséricordieux et ce bateau divin, appelé Globe Terrestre qui voyage agréablement, en un an, dans une orbite de vingt-quatre mille ans de marche, qui contient des groupes d’êtres dem andant des centaines de milliers d’aliments différents, qui, en passant par les saisons, lors de son voyage, fait venir le printemps comme un grand wagon, rempli de milliers d’aliments pour les pauvres êtres vivants dont les provi­ sions sont épuisées, en hiver, et ce dépôt, ce m agasin seigneurial qui porte mille et un équipements, biens et paquets des produits de conserve, au tan t ce globe terrestre est plus grand, plus perfectionné que l’usine en ques­ tion, au tan t cela fait comprendre, connaître et aimer le Possesseur, l’Administrateur et l’Organ isateur du dépôt de Globe Terrestre selon les critères de la gestion.
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Qui plus est, par exemple: une armée et son camp, composée de quatre cent mille peuples dont chacun désire des provisions différentes, utilise des armes différentes, porte des uni­ formes différents, a des instructions différentes et la démobilisation différente m ontrent et font aimer avec appréciation que le commandant qui donne tout seul à tous ces peuples différem­ ment, leurs provisions, leurs armes, leurs uni­ formes, leurs équipements, sans rien oublier, sans se tromper, est un chef extraordinaire des armées. De même, à chaque printemps, dans le camp que représente la surface de la terre, au tan t quatre cent mille espèces d’uniformes, d’aliments, d’armes, d’instructions et de démo­ bilisations, composées de végétaux et d’ani­ maux données, sans rien oublier, sans se tromper, par le plus grand et unique Comman­ dant, dans ce camp printanier du Globe Ter­ restre, sont parfaitem ent organisées par rap ­ port à l’armée et au camp militaire humains, au tan t cette armée et ce camp printaniers font connaître avec étonnement et sainteté, avec reconnaissance et glorifications, le Sage, le Seigneur, l’O rganisateur et le Commandant Sacré à ceux qui gardent leur raison et à ceux
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qui sont attentifs selon les critères des sciences militaires que vous étudierez. Ou encore, dans une ville extraordinaire, si des millions de lampes électriques bougent et voyagent partout, si malgré cela leurs com­ bustibles ne tarissent pas, ces lampes et leur usine font connaître avec étonnement et félici­ tations, font aimer avec des vivats un ingénieur miraculeux ou un électricien très professionnel qui fabrique ces lampes ambulantes et qui les gère, qui construit leur usine et qui apporte leurs combustibles. Comme dans cet exemple, où l’on voit que cette ville qu’est le monde pos­ sède des lampes -étoiles du to it- ciel du palais du monde, si on regarde ce que dit l’astronomie, bien que certaines d’entre elles soient mille fois plus rapides que le Globe Terrestre et soixantedix fois plus que le boulet du canon, elles ne détraquent pas leur ordre, elles ne se heurtent pas, elles ne s’éteignent pas et leurs com­ bustibles ne finissent pas. Selon l’astronomie que vous étudiez, pour que le soleil, qui est mille fois plus grand que le Globe Terrestre, qui vit depuis plus d’un million d’années et qui est une lampe et un chauffage dans le lieu des

invités du Miséricordieux, continue à s’allumer et sans s’éteindre, il faut tous les jours, une quantité d’énergie équivalente à celle que pro­ duiraient soit l’ensemble des océans comme car­ burant et la masse de toutes les montagnes réu­ nies comme charbon soit mille fois la totalité du bois à brûler que la Terre contiendrait. A utant les lampes électriques et leur gérance dans cette ville grandiose qu’est l’univers montrent, comme les lumières semblables aux doigts, une puissance ou une souveraineté infinie qui allume, sans éteindre, le soleil et d’autres étoiles énormes, sans combustible, sans bois et sans charbon, qui les fait voyager vite et ensem­ ble, sans heurt, sont grandioses et parfaites par rapport à l’exemple cité, autant elles font con­ naître le Seigneur, l’Eclaireur, l’ingénieur de cette ville, la plus grande, que l’univers re­ présente, en m ontrant, comme témoins, ces astres lumineux, font aimer et adorer avec glo­ rification et sainteté selon les critères de la sci­ ence de l’électricité. Enfin, si on prend en considération l’exem­ ple d’un livre dont, dans chacune des lignes, un livre est, finement, écrit, dans chacun des mots,
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une sourate coranique est écrite avec un stylo fin et tous les sujets se corroborent les uns les autres. Et une telle collection extraordinaire qui démontre un écrivain, un auteur fort habile et professionnel fait certainement connaître, comprendre et fait apprécier avec le terme «mashallah» (telle est la volonté de Dieu), «barakallah» (telle est la bénédiction de Dieu). De même, nous voyons de nos propres yeux un stylet tracer le livre le plus grand qu’est l’u­ nivers dont une seule page qui représente la surface de la terre, un seul fascicule, le p rin t­ emps et contenir trois cent mille espèces de végétaux et d’animaux comme trois cents mille livres, différentes, ensembles, sans faute, sans erreur, sans confusion et sans oubli, parfaite­ m ent organisées, parfois une ode dans un mot, comme l’arbre dans un point et le noyau comme l’index complet d’un livre. A utant cet ensemble des fascicules du livre de l’univers ou ce Coran concret que le monde le plus grand représente, dont chacun des mots a beaucoup de sens et de significations infinies est grand, parfait et sig­ nificatif par rapport au livre de l’exemple cité, au tan t il fait comprendre l’écrivain, l’auteur de ce livre de l’univers avec ses perfections illim­
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itées selon les critères et les règles des sciences citées, semblables aux jumelles des sciences naturelles, les sciences de la lecture et de l’écri­ ture auxquelles vous êtes habitués par vos pra­ tiques dans l’établissement scolaire. Ces cri­ tères Le font comprendre avec la phrase «Allahu akbar» (Dieu est le plus grand), L’ex­ plique avec la sainteté «Subhanallah » (louan­ ge à Dieu) et Le font aimer avec les louanges de «Alhamdulillah» (Dieu merci). Voilà, en com­ paraison avec ces sciences, les vastes critères de chacune des centaines de sciences, avec son pro­ pre miroir, sa vue de jumelles et son regard d’expériences font connaître le C réateur Glo­ rieux de cet univers avec ses qualités et fait comprendre avec ses perfections. En somme, pour enseigner la dite démon­ stration qui est une preuve magnifique et bril­ lante de l’Unicité, le Coran à la clarté mirac­ uleuse nous fait connaître notre C réateur en répétant, le plus souvent, les versets

ai-je dit à ces jeunes élèves. Eux aussi, en affir­ m ant complètement, ils ont répondu: “Merci
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infinim ent à notre Seigneur, nous avons reçu une leçon tout à fait sacrée et entièrem ent vraie. Que Dieu soit satisfait de toi!” Alors, je leur ai dit: Bien que l’homme soit une machine vivante qui souffre des milliers de sortes de peine et qui reçoit des milliers d’espèces de plaisir, bien qu’il soit une misérable créature, en dépit de son impuissance totale, il a des ennemis innom­ brables, en dépit de sa pauvreté illimitée il a des besoins physiques et spirituels énormes et il reçoit les soufflets de la disparition et de la séparation continuellement, s’il est, soudain, relié, par sa foi, à un Souverain infinim ent Puissant et Miséricordieux contre tous ses ennemis comme un point d’appui et contre tous ses besoins comme une source d’aide, puisque chacun est fier de l’honneur et du rang de son supérieur, ainsi si l’homme se réfugie, soudain, auprès du Souverain Glorieux et s’il rentre à son service par la foi et l’adoration, comparez à quel point il peut être content, reconnaissant, fier et il en remercie autant en transform ant l’annonce de l’exécution de la fin de la vie en une attestation de démobilisation. E tant donné
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que je l’ai dit aux jeunes élèves, je le dis égale­ ment aux prisonniers malheureux, en répétant: Est heureux celui qui connaît Dieu et qui Lui obéit, même s’il est dans une prison. Est m al­ heureux et prisonnier, celui qui L’oublie, même s’il est dans un palais. Même, au moment où un opprimé heureux est exécuté, il dit à ses tyrans malheureux: “Je ne suis pas exécuté. Au con­ traire, avec la démobilisation je vais vers le bonheur. Mais, je prends, parfaitement, ma revanche de vous. Il n’y a de divinité que Dieu.” En le disant, il rend l’âme avec joie.

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UN SUPPLEMENT IMPORTANT DE LA DIXIÈME PAROLE ET LA PREMIERE PARTIE DE SON ADITIF

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Des Signes Suprêmes Célestes qui m ontrent un pôle de la foi et une très grande approche avec
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un argum ent immense et des preuves sacrées qui affirm ent la réalité de la Résurrection seront expliqués dans ce Neuvième Rayon. C’est une subtile indication de la grâce divine qu’à la fin de l’ouvrage intitulé “Les Raison­ nements”, comme une introduction au commen­ taire du Coran, il y a trente ans, Ancien Said écrivait: “Au nom du Clément et M iséri­ cordieux: Deuxième Objectif: deux versets qui indiquent la Résurrection seront commentés et expliqués.” s’arrêta-il sans pouvoir continuer. Que des remerciements et des reconnaissances au tan t que les arguments et les indications de la Résurrection soient rendus au C réateur Miséricordieux qui a donné cette réussite trente ans après! Oui, Il a il y a neuf ou dix ans, Il a offert le bienfait de la Dixième et de la VingtCinquième Paroles qui sont des arguments et des explications très forts, très brillants du décret divin de l’un des deux versets qui est:

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Elles ont fait taire les mécréants. Aussi a-t-Il accordé sa grâce neuf ou dix ans après avec ce traité le commentaire des versets suprêmes cités, en premier lieu le deuxième verset, qui constituent deux citadelles solides et inat­ taquables de la foi en la Résurrection. Voilà, ce Neuvième Rayon est composé des Neuf Hautes Sections et d’une importante Introduction faisant référence au verset précédent. * * *

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INTRO DUCTIO N
Il s’agit de Deux Points pour expliquer brièvem ent un résultat général de nom ­ breux bénéfices et des conséquences vitales de la foi en la Résurrection, pour dévoiler à quel point cette foi est nécessaire et essen ­ tielle à la vie humaine, particulièrem ent à la vie sociale, pour prouver sommairement par un seul argument général parmi beaucoup d’autres arguments sur la foi en la Résurrec­ tion, pour expliciter, à quel degré, elle est claire et indéniable.

PREMIER POINT: Nous allons indiquer seulement quatre arguments parmi des cen­ taines sur la foi en l’au-delà qui est la base de la base, le bonheur et les fondations des perfec­ tions de la vie sociale et de la vie personnelle. Le premier argument: les enfants qui com­ posent le cinquième du genre humain peuvent mieux supporter l’idée de la mort grâce à la pensée du Paradis lorsqu’ils sont mis en face des défunts et que ces décès leur apparaissent
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tragiques et font jaillir leurs larmes; ils peuvent en trouver une force spirituelle pour leurs corps faibles et délicats; de même, ils peuvent vivre heureux en gardant un espoir avec l’idée du Paradis pour fortifier leurs corps et leurs âmes très vulnérables qui les font pleurer à la moin­ dre chose. Avec cette même idée du Paradis, par exemple: “Mon frère ou mon camarade est mort. Il est devenu un oiseau du Paradis. Il s’y promène. Il vit mieux que nous.” dit-l’enfant. Sinon, la mort des enfants ou celle des adultes frappe le regard anxieux de pauvres enfants fragiles, pulvérise leur résistance et leur force spirituelle, en faisant pleurer leurs âmes, leurs cœurs, leur raison avec leurs yeux ainsi que toutes leurs facultés à tel point qu’ils seraient détruits ou ressembleraient à des animaux fous et malheureux.
Le deuxième argument: les personnes âgées qui représentent, en quelque sorte, la moitié du genre humain ne peuvent supporter la tombe très proche d’elles qu’avec l’idée de la vie de l’au-delà. Et contre le désespoir triste et tragique venant de la mort et de la disparition de leurs âmes, elles sont devenues sensibles
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avec leur tempérament comme des enfants, ces personnes âgées peuvent faire face avec l’espoir de la vie Eternelle. Sinon, ces chers anciens qui ont besoin de la tendresse et ces pères, mères, anxieux qui ont beaucoup besoin de la tranquil­ lité, de la paix du cœur auraient senti un tel cri de l’âme et un grand bouleversement du cœur que ce monde aurait été comme une prison obscure et la vie aussi un tourment angoissant.
Le troisième argument: quant aux jeunes, aux adolescents qui sont le pivot de la vie sociale, c’est uniquement l’idée de l’Enfer qui permet d’assurer le bon déroulement de cette vie sociale, d’éloigner de la transgression, de l’oppression et de la destruction leurs senti­ ments très débordants, leurs âmes et leurs pen­ chants orageux. En effet, s’ils n’ont pas l’in­ quiétude de l’Enfer, selon le principe: “Le fort l’emporte sur le faible”, ces jeunes intoxiqués, en courant derrière leurs passions, auraient transformé le monde en Enfer pour les faibles, les impuissants et auraient retourné la haute humanité en très basse bestialité. Le quatrième argument: dans la vie hu­ maine, le centre de rassemblement, le ressort
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fondamental, un paradis pour le bonheur ter­ restre et une citadelle, c’est la vie familiale. Et la maison de chacun est son petit monde. La vitalité de ce foyer, la joie de la vie et son bon­ heur, cela ne peut l’être qu’avec le respect sincère, sérieux, dévoué et la compassion vraie et tendre. Quant à ce respect vrai et à cette compassion sincère, ils peuvent exister dans une compagnie éternelle, dans une camaraderie perpétuelle, dans une cohabitation perma­ nente, pour un temps illimité, une vie infinie, avec l’idée et la conviction de bonnes relations comme celles qu’on a avec son père, son enfant, son frère, son camarade. Par exemple, l’homme dira: “Cette femme est la compagne permanente de ma vie dans un monde éternel et dans une vie infinie. Si, en ce moment, elle est vieillie, ce n’est pas grave, parce qu’elle a une beauté éter­ nelle à l’avenir, alors je ferai toute sorte de sac­ rifice et de compassion en raison de cette com­ pagnie intemporelle.”, en le disant, il traitera sa femme âgée comme une belle “houri” avec amour, tendresse et compassion. Sinon, après une rencontre courte et apparente d’une heure
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ou de deux heures, la compagnie qui subit une séparation et une disparition éternelles peut, sans doute, donner un instinct sexuel comme chez l’animal, le sens d’une compassion très superficielle et d’un respect artificiel, tempo­ raire et sans fondement, alors une telle rencon­ tre transformera ce paradis terrestre en enfer après que d’autres intérêts et sentiments forts mettront en défaite ce respect et cette compas­ sion comme chez les animaux. Voilà une des centaines de conséquences de la foi en Dieu qui relate la vie sociale de l’homme! Si on compare des centaines d’aspects et de bénéfices de ce seul résultat aux quatre thèses, on comprendra que la réalisation et l’oc­ currence de la vérité de la résurrection est aus­ si certaine que la sublime vérité de l’homme et son besoin universel. En effet, cette vérité est encore plus manifeste que l’existence, l’indica­ tion du besoin d’estomac de l’homme pour celle des aliments et elle le fait savoir davantage. Si les conséquences de ces vérités de la Résur­ rection quittent l’homme, cela prouvera que l’essence humaine, si importante, élevée et
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vitale chutera à un niveau de cadavre puant, impur, nid des microbes. Que sonnent les oreilles des sociologues, des politiciens et des moralistes qui s’occupent beaucoup de l’administration, de la morale et de la vie sociale de l’homme! Qu’ils viennent! Avec quoi peuvent-ils combler ce vide et remédier à ces blessures?
DEUXIÈME POINT: Ce point explique une des preuves innombrables venant du résumé des témoignages concernant les vérités de la Résurrection par les autres piliers de la foi. La voici:

Tous les miracles qui indiquent que Muhammed le Noble (pssl) est un messager, tous les arguments de sa prophétie, toutes les évidences de sa véracité témoignent, ensemble, de la réa­ lisation de la Résurrection et la prouvent. Parce qu’après l’unité de Dieu, durant sa vie, toutes les causes de cette personne (pssl) se concen­ trent sur la Résurrection. De plus, tous ses mi­ racles et toutes ses preuves qui attestent et qui font attester tous les prophètes (psi), té­ moignent, aussi, de la vérité en question. Ou
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encore, le témoignage du terme “et Ses Messagers”, qui développent, au degré évident, celui du terme “et Ses

Livres”, indiquent la même vérité. La voici: Tous les miracles, toutes les vérités et tous les argum ents qui démontrent la véracité du Coran Clair et Miraculeux indiquent l’événe­ m ent et la réalisation de la Résurrection et en témoignent ensemble. Parce qu’environ un tiers du Coran traite de la Résurrection et ce sont de forts versets de la Résurrection qui se trouvent à la tête de la plupart de courtes sourates. Par exemple:

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ainsi, pas seulement à la tête de trente ou qua­ rante sourates qui montrent avec certitude que la vérité de la résurrection est une des plus importantes, une des plus nécessaires de l’u­ nivers, mais aussi les autres versets expliquent et convainquent l’homme par de différentes sortes d’argument. Est-il, en aucun cas, possible de nier la foi en la Résurrection qui est aussi claire que le soleil, la nier qui équivaut à la négation du soleil, même à celle de l’univers, ce qui est cent fois impossible et faux, malgré la cause et les nom­ breux témoignages d’un tel Livre qui donne des milliers d’enseignements sur les vérités exis­ tentielles du cosmos dans de nombreuses sci­ ences de l’Islam devant nos yeux alors qu’un seul verset y suffirait avec une seule indica­ tion? Même pour le seul signe d’un souverain, par­ fois une armée agit et mène un combat afin que son indication ne soit pas fausse, est-il possible que des milliers de paroles, de promesses et de menaces d’un tel souverain très sérieux, ayant une très grande dignité, soient mensonges et sans fondement?
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Bien qu’une seule indication suffise quand elle vient du souverain glorieux qui règne con­ tinuellement depuis treize siècles sur les esprits, la raison, les cœurs et les âmes innom­ brables, après avoir montré et prouvé l’au-delà, avec des explications évidentes, ne faudrait-il pas le châtiment de l’enfer pour quelqu’un de très ignorant et de déraisonnable qui le dénie, n’y aurait-il pas, là, la justice elle-même? De plus, les Pages célestes et les Livres sacrés qui ont régné chacun sur un temps, une période et le Coran qui règne sur tout le futur et tous les temps et qui l’explicite, prouve les vérités de la Résurrection avec tant de détails, tant d’explications et de répétitions, acceptent et expliquent, avec certitude, ces vérités, sans entrer dans les détails, d’une façon voilée et résumée, mais en confirmant la cause du Coran par de très fortes affirmations et preuves, avec des milliers de signatures. En raison de ce sujet, nous insérons ici une preuve de la Résurrection, très forte et ré­ sumée, qui fait disparaître tous les doutes et les illusions, preuve citée sous forme d’invocation, sur le pilier “foi en le jour dernier”, surtout sur
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les autres piliers comme les témoignages des Envoyés et des Livres à la fin du Traité des Invocations. Il a été, ainsi, dit dans ces Invocations:
0 mon Seigneur Miséricordieux! A travers l’enseignement de ton noble messager et les instructions de ton Sage Coran, j ’ai compris que tous les Livres Sacrés et tous les prophètes et à leur tête le Coran avec le Noble Prophète, con­ tinueront à témoigner, à indiquer et à montrer, ensemble et à l’unanimité, les reflets des noms beaux et glorieux dont on voit les exemples, les bontés dont on observe les spécimens éternelle­ ment et beaucoup plus brillamment dans la demeure perpétuelle d’une façon grandiose, tout en comprenant que les passionnés qui les voient avec plaisir, qui les accompagnent avec amour dans cette vie très brève les accompag­ neront, aussi, dans l’au-delà et seront ensem­ ble.

En me basant sur des centaines de miracles évidents et des versets décisifs, à leur tête, le Noble Prophète et le Sage Coran, tous les Prophètes qui ont leur esprit éclairant, tous les pôles spirituels qui ont leur cœur éclairé et tous
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les savants purs qui sont source d’une raison lumineuse, en me fondant sur tes promesses et tes menaces aussi dans Tes Feuillets Célestes et dans Tes Livres Sacrés avec beaucoup de répétitions, tous tes attributs sacrés: puissance, grâce, miséricorde, sagesse, splendeur, beauté et toutes tes affaires nécessitent l’existence de l’au-delà dans la confiance de Ta gloire et dans la souveraineté de ta seigneurie, de plus les découvertes spirituelles illimitées qui font con­ naître les traces et les manifestations de l’audelà à la suite de leur foi et de leur conviction au degré de la science certaine et de l’œil de la certitude donnent la bonne nouvelle d’une féli­ cité éternelle. En informant ils déclarent, en y croyant fermement ils témoignent qu’il y a l’Enfer pour les gens égarés et le Paradis pour les gens bien guidés. O Sage Tout Puissant! 0 Clément Miséri­ cordieux! 0 Généreux et Sincère Prometteur! O Impérieux et Glorieux, possesseur de la Splen­ deur, de la Magnificence et de l’Exaltation! Des centaines de milliers de degrés Tu es exalté et exempt et Tu es infiniment sacré par rapport à la négation de l’au-delà prônée par les gens
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égarés et les mécréants qui blessent Ta ten­ dresse seigneuriale, qui touchent Ta dignité majestueuse et qui se rebellent contre Ta grandeur et Ta splendeur, aussi des centaines de milliers de degrés Tu es exalté et exempt et Tu es infiniment sacré de démentir et de faire démentir Tes promesses si nombreuses, Tes attributs si innombrables, Tes affaires si illim­ itées et tant d’amis pour ne pas réaliser la Résurrection, en refusant les nécessités cer­ taines de la souveraineté de Ta seigneurie, de refuser et de ne pas entendre les prières et les réclamations de Tes serviteurs innombrables que tu aimes et qui T’attestent, qui T’obéissent en se faisant aimer par Toi! Nous exaltons Ta justice infinies, Ta beauté infinie et Ta miséri­ corde infinie avec un immense degré contre l’oppression et l’abomination infinie. Nous croyons avec toute notre force à la vérité et à la véracité des témoignages de centaines de mil­ liers de Tes messagers et du nombre illimité de Tes prophètes, de Tes savants purs, de Tes saints qui représentent les hérauts de Ta sou­ veraineté avec une science certaine au sujet de Tes trésors de la miséricorde de l’au-delà, de Tes richesses des bienfaits du monde éternel et de
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belles manifestations extraordinaires de Tes Noms qui apparaîtront entièrement dans la demeure du bonheur. Ainsi, leurs indications sont justes et correctes. Leurs bonnes nouvelles sont sincères et véridiques. Dans un cercle juste, à travers Ton ordre, tous ces gens-là enseignent, à tes serviteurs, le plus grand ray­ on de Ton Nom Réalité qui est la source, le soleil et le protecteur de toutes les vérités, étant la vérité de la Résurrection à laquelle ils croient. Et ceux-ci instruisent Tes serviteurs par ces vérités telles qu’elles sont. O Seigneur! Pour le droit et le respect de leurs enseignements et de leurs instructions, donne-nous, aux disciples de Risale-i Nur, la foi parfaite et une fin heureuse! Et accorde-nous leur intercession! Amen! Qui plus est, toutes les preuves et les évi­ dences qui démontrent la véracité du Coran, plutôt celles de tous les Livres Célestes, tous les miracles et les arguments qui démontrent la prophétie du Bien Aimé de Dieu, plutôt celle de tous les prophètes indiquent, indirectement, la réalisation de l’au-delà qui est pour eux une affirmation suprême. De même, la plupart des évidences et les preuves qui témoignent de
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l’existence et de l’unicité de l’Etre Absolu témoignent indirectement de l’existence et de l’ouverture de la demeure du bonheur et du monde éternel qui sont la plus grande cause et le plus grand reflet de Sa Seigneurie et de Sa Souveraineté. En effet, comme ce sera expliqué et prouvé plus loin, aussi bien l’existence, tous les attributs de l’Etre Nécessaire, la plupart de Ses Noms que Ses Marques, Ses Affaires tels que Seigneurie, Divinité, Providence, Miséri­ corde, Sagesse et Justice exigent l’au-delà et la Résurrection au degré nécessaire le futur, au degré obligatoire un monde perpétuel, au degré absolu la sanction et la récompense. Oui, puisqu’il y a un Dieu éternel et perpétuel, il y aura, certainement, l’au-delà qui est le moyen perpétuel de la Souveraineté Divine. Puisqu’­ une Seigneurie Absolue se manifeste dans l’u­ nivers et chez les êtres vivants d’une façon grandiose, sage et tendre, puisqu’on Le voit, il y aura une demeure de bonheur éternelle pour la préserver, de la chute, la grandeur de cette seigneurie, de l’absurdité Sa sagesse, de la vanité Sa tendresse et on y entrera.
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Puis, ces générosités, ces faveurs, cette mi­ séricorde, cette magnificence, ces providences, toutes ces bontés divines et infinies que nous voyons de nos propres yeux démontrent à ceux qui ont la raison en éveil et le cœur vivant qu’il existe un Etre Clément et Miséricordieux der­ rière le voile invisible. Il y a et il y aura, cer­ tainement une vie éternelle dans un monde éternel pour préserver de la moquerie la faveur, de la tromperie le bienfait, de l’hostilité la prov­ idence, du châtiment la miséricorde, du déni­ grement, la grâce et la générosité et ce qui fait de la bonté et de la faveur, la vraie bonté et la vraie faveur. Qui plus est, le Stylet du Destin écrit, sans être fatigué, cent mille livres, les uns dans les autres, devant nos yeux, dans l’étroite page de la Terre, au printemps. Et le propriétaire de ce stylet a assuré et a promis: “Dans un endroit plus vaste, J ’écrirai un livre beau et immortel que je vous ferai lire, ce livre sera plus facile que celui du printemps qui est petit, confus et condensé.” dit-il en le mentionnant dans tous Ses décrets. L’original de ce livre est, sûrement et certainement, écrit; ses notes, ses annota­
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tions et ses publications seront inscrites. Les actes du registre de tout un chacun y seront notés. De plus, étant donné que la terre est la demeure, la source, l’usine et le lieu de rassem ­ blement des centaines de milliers d’espèces variées par rapport à la multiplicité des créa­ tures avec vie, d’autres avec âme qui changent continuellement et malgré sa petitesse, cette Terre, qui est le cœur, le centre, le résultat, le résumé et la raison de la création de l’univers auquel elle est tenue égale, a une très grande importance. C’est pour cela que dans les décrets célestes, elle est citée Il y a le genre humain qui règne partout sur Terre, et qui gère la plupart des êtres de ce monde, que ce genre humain réunit autour de lui la majorité des créatures auxquelles il a facilement accès et qu’il les unit en les embel­ lissant considérablement selon ses désirs et les règles de ses besoins, en les arrangeant, en les exposant, en les décorant et en rassem blant ses espèces multiples et antiques, qui perm ettent au genre hum ain de capter, non seulement le
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regard, l’attention des hommes et des djinns, mais aussi ceux des habitants de cieux, le regard, l’attention et l’appréciation de l’univers, alors il prend une importance et une valeur suprêmes, il ajoute, à cet honneur, ses sciences et ses arts, comme un registre dans un lieu don­ né, qu’il montre ainsi son importance et sa valeur, la raison de la création de l’univers, son résultat, son fruit précieux et son vicaire et qu’il expose, dans un très bon ordre, les oeuvres miraculeuses du Créateur de l’univers, malgré sa révolte et sa rébellion, son abandon sur terre et son châtiment retardé, en raison de son ser­ vice, gagnant ainsi du temps, il réussit. Bien que le genre humain, possesseur d’une telle nature, soit d’une faiblesse et d’une impuissance extrêmes, il a des besoins innom­ brables et il doit être continuellement instruit pour subvenir à ceux-ci. Dans son impuissance et sa pauvreté, il rencontre un Gérant fort, sage et tendre qui s’occupe de lui, le nourrit et lui donne tout ce qu’il veut;* ce Gérant le dépasse par Sa force et Sa volonté, car II transforme le Globe Terrestre en un entrepôt pour toutes sortes de minerai, en un dépôt pour toutes
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sortes de nourriture, en un magasin pour tous les biens qui lui plaisent. Et puisqu’un Seigneur possède de telles qualités, aime l’homme puisqu’il se fait aimer par lui, Il est éternel et il a des mondes éter­ nels, Il est juste dans toutes ses affaires et II fait tout avec sagesse. Alors, la grandeur seigneuriale et la perpétuité royale du Sou­ verain Eternel ne peuvent être contenues dans cette brève vie terrestre; la durée de vie de l’homme est très limitée en cette terre éphémère, passagère. Contrairement à l’ordre, à la justice, contrairement à l’équilibre et à la beauté de l’univers, on peut constater de très grandes injustices et rébellions, des trahisons, des négations et la mécréance salissent le genre humain; tout cela est contre le Créateur qui est aussi un tendre bienfaiteur; s’ils ne sont pas sanctionnés dans ce monde, les oppresseurs et les injustes, ceux qui passent leur vie dans l’ai­ sance, le seront dans l’autre, les pauvres, les opprimés passent leur vie dans la misère. Quant à la Justice Absolue dont les traces sont visibles dans tout l’univers, elle est totalement opposée, inconciliable, elle ne permet pas que
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les oppresseurs cruels et les opprimés mal­ heureux soient égaux dans la mort. Puisque le possesseur de l’univers a donné à l’homme un rang très élevé et une très grande importance après avoir choisi la Terre au sein du cosmos et l’homme plutôt que d’autres créa­ tures, de même II a préféré, parmi les humains, ceux qui sont les vrais, à savoir, les prophètes, les saints et les savants purs qui suivent con­ venablement les objectifs seigneuriaux et qui se font aimer par la foi et la soumission, Il les prend comme amis et interlocuteurs, en les récompensant par des miracles et des réussites et en sanctionnant leurs ennemis par des châ­ timents célestes. Et parmi ces amis chers et aimables, Il a choisi comme leur guide et Son préféré Muhammed (pssl) en éclairant, par sa lumière, la moitié de la terre et le cinquième de l’humanité depuis de longs siècles. Tous Ses objectifs se manifestent par lui, par sa religion et par son Coran, on dirait que cet univers est créé pour lui. Et, bien que ses services innombrables et importants lui donnent le droit et le mérite des salaires de vivre des milliers d’années dans un
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temps illimité, il a reçu une durée de vie courte comme soixante-trois ans dans des difficultés et des tribulations énormes. Est-il, en aucun cas, possible, imaginable et concevable que cette personne ne soit pas ressuscitée avec ses semb­ lables et ses amis et qu’elle ne soit pas vive et vivante en âme ou qu’ils soient tous anéantis par l’éternelle damnation?! Non, cent mille fois non, à Dieu ne plaise! Et étant donné que le Septième Rayon, inti­ tulé “le Signe Suprême”, dont chacune des trente-trois preuves grandioses aussi solide que la montagne, démontre que cet univers sort d’un seul pouvoir, qu’il appartient à un seul Etre, alors toutes ces preuves montrent que Son unité et Son unicité constituent les évidences intrinsèques des perfections divines; toutes les créatures deviennent les soldats obéissants et les serviteurs soumis de l’Etre Unique par l’u­ nité et l’unicité; et avec l’arrivée de l’au-delà, sont sauvés, de la chute, Ses perfections, de la vanité ironique absolue, Sa Justice Absolue, de la mauvaise fin à la manière d’une débauche, Sa sagesse universelle, du tourment frivole, Sa
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vaste miséricorde, du pouvoir bas, la dignité de Sa puissance, toutes ses notions exaltées. En raison de ces huit vérités contenant les raisons d’une centaine d’approches sur la foi en Dieu, il y aura, d’une façon absolument sure et certaine, l’apocalypse, ainsi que la Résurrection et le rassemblement, l’ouverture d’une demeure de châtiment et de récompense pour que se réalisent l’importance et l’état central cités de la Terre, que se concrétisent la sagesse, la miséricorde et la souveraineté du Gérant Sage qui est le Créateur, le Seigneur de l’homme et de la Terre, que soient sauvés, de la damnation éternelle, les vrais amis cités de ce Seigneur perpétuel et ses passionnés, que puisse recevoir le meilleur de ces amis, le plus estimé, la récom­ pense de ses services sacrés qui font contenter et reconnaître tout l’univers et qu’ainsi soient purifiées, exaltées et exemptes du manque et de la faute, les perfections du Souverain Eternel, de l’impuissance, Sa puissance, de la débauche, Sa sagesse, de l’oppression, Sa jus­ tice.
En somme, puisque Dieu existe, l’au-delà existe sûrement...
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De plus, étant donné que les trois piliers cités de la foi témoignent de la Résurrection, l’indiquent avec toutes les preuves et les démontrent, de même

deux autre piliers aussi, en nécessitant la Résurrection, ils témoignent du monde éternel et l’indiquent de manière solide. Par exemple: Toutes les preuves, les témoignages, les con­ versations illimités qui prouvent l’existence des anges attestent aussi indirectement celle du monde des esprits, du monde invisible, du monde éternel, du monde de l’au-delà, de la demeure du bonheur, du Paradis et de L’Enfer qui seront animés par des djinns et des humains. Parce que: les anges peuvent voir ces mondes avec l’aide divine et ils y entrent; aussi, les archanges comme Gabriel qui rencontrent des humains rapportent à l’unanimité leur exis­ tence et leurs voyages dans ces lieux-là. Comme nous savons avec certitude l’existence du conti­ nent américain par l’information des gens qui viennent de là-bas, il faudrait croire avec certi­ tude à celle du monde éternel, du monde de
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l’au-delà, du Paradis et de L’enfer avec les infor­ mations transmises des anges qui ont la valeur de cent consentements et nous y croyons. Qui plus est, toutes les preuves contenues, dans le Traité du Destin qui est la VingtSixième Parole, qui expliquent le pilier de la foi en le Destin attestent indirectement la Résur­ rection, l’ouverture des pages du registre de chacun et la pesée des actes dans la balance suprême. Parce qu’enregistrer, avec ordre et mesure les événements de l’existence de toute chose, inscrire la biographie de chaque être vivant dans sa mémoire, dans son noyau et dans d’autres tablettes similaires, enregistrer et protéger les actes du registre de chacun des êtres doués d’âme, particulièrement ceux de l’homme dans les Tables Gardées, enfin un tel destin universel, une telle destinée sage, une telle inscription exacte, un tel registre protégé, tout cela ne peut exister, certainement, que dans un Tribunal Suprême comme le résultat d’un jugement universel pour une récompense et un châtiment permanents. Sinon, l’enre­ gistrement et la protection universels et très minutieux seraient insignifiants et inutiles. Ils
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seraient opposés à la sagesse et à la vérité. Ou encore, si la Résurrection n’a pas lieu, toutes les significations évidentes du Livre de l’Univers écrites avec le stylet du Destin seront, certaine­ ment, détruits, ce qui ne peut être, en aucun cas, possible, ni probable, et une telle impossi­ bilité devient, en quelque sorte, la négation de cet univers et plutôt une dérision...
En somme: les cinq piliers de la foi exigent et indiquent, témoignent et demandent, avec toutes leurs preuves, l’événement et l’existence de la Résurrection et de l’éternité, l’existence et l’ouverture de la demeure de l’autre monde. Voilà, comme il existe des fondements et des preuves grandioses et inébranlables, tout à fait, à la hauteur de la vérité de la résurrection, à peu près un tiers du Coran, à la clarté mirac­ uleuse, contient la résurrection et l’au-delà, enfin il en fait la pierre fondamentale et la base essentielle de toutes ses vérités sur lesquelles il construit toute chose.
(Fin de l ’introduction)

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APPROCHE DU SOUFFLE

Mes Frères Chers et Loyaux, Frères, en méditant sur un certain aspect du souffle divin, j ’ai observé, dans une vision, une approche subtile, apparue soudain, dans le te r­ me souffle des phrases du point de vue matériel alors que la voie de la foi est infinim ent facile et nécessairement com­ mode et qu’il y a des milliers de difficultés dans la voie du polythéisme et de l’égarement. Je vais expliquer cette approche vaste et longue par une brève indication: Oui, si on attribue à la nature et aux causes le fait qu’un pot de fleurs abrite, dans une poignée de terre, des centaines de plantes et
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qu’il les sert toutes, il faudra qu’il y ait, dans ce pot, des centaines de machines et d’usines immatérielles, plutôt, aussi nombreux que les plantes ou bien que chacun des atomes sache, dans cette poignée de terre, faire fabriquer toutes les différentes plantes avec leurs carac­ téristiques et leurs organes vivants. On dirait que cet atome possède, comme une divinité, une science infinie et une puissance illimitée. De même, chacune des particules de l’air et du vent qui est la terre de la volonté et de l’ordre divin et que cette petite quantité d’air, comme le doigt, petit comme un doigt, le souffle devienne à échelle réduite le centre, la centrale, le receveur et le transm etteur de tous les télé­ phones, de toutes les télégraphies, de toutes les radios et de toutes les communications dif­ férentes et sans fin, dans le monde entier, et que cette particule fasse ces activités ensemble et en un instant. Ou bien, que chaque particule de chaque atome de la matière air possède toutes les personnalités et les qualités spir­ ituelles autant que les téléphonistes, les dif­ férents télégraphistes et ceux qui parlent à la radio et qu’il connaisse leurs langues, qu’il les adresse aux autres atomes et qu’il les publie, en
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même temps. Parce qu’on voit cette situation en partie et effectivement et chacune des partic­ ules de l’air possède cette qualité. Voilà, on voit, clairement, pas seulement une impossibilité plutôt des impossibilités, des improbabilités et des difficultés du nombre des atomes, dans la voie des incroyants, des naturalistes et des matérialistes. Si on attribue ces actes au Créateur Glorieux, l’air avec tous ses atomes devient un soldat obéissant. Alors, tous les devoirs d’un atome, universels et illimités, se réalisent, facilement comme l’air, dans l’ordre, comme un seul devoir, en un instant avec le souffle, ainsi le mouvement de l’air, à la vitesse de l’éclair, en se réfugiant auprès de son Créateur, en s’appuyant sur Lui et sa puis­ sance, avec le reflet de son Seigneur et sa per­ mission. Dans ce cas-la, «l’air» constitue une page pour les écritures infinies, extraordinaires et ordonnées du stylet du pouvoir. Et ses atom­ es sont les pointes de ce stylet, même les devoirs des atomes deviennent les points du stylet du destin. Les fonctions de «l’air» se réalisent aussi facilement que le mouvement d’un seul atome.
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Voilà, au moment où j ’étudiais la page de la matière «air», au moment où je regardais le monde de «l’air» durant mon voyage de re­ cherche d’idée, relatif aux phrases et J ’ai tout à fait observé cette

vérité concise clairement et en détail par l’œil de certitude. Et comme j ’ai su qu’il y a aussi bien une telle preuve brillante et un tel éclair de l’unicité dans le mot souffle et dans son «air», qu’un reflet très éclairant de l’unicité et une manifestation de l’unité divine, puisqu’il y a l’indication absolue et inconnue qui clarifie à qui renvoie le nom souffle, en raison de cette démonstration, le Coran miraculeux, aussi les gens de “dhikr” (d’invocation) répètent ce mot sacré. Oui, par exemple: j’ai vu avec l’œil de la cer­ titude que si on met deux ou trois points sur un point d’une page blanche, ils se mélangeront et si un homme tente d’accomplir plusieurs et dif­ férents travaux à la fois, il se trompera, si on charge, de plusieurs poids, un être vivant, celuici sera écrasé, si plusieurs mots entrent dans une bouche et dans une oreille, ou ils en sor125

tent, ce sera un désordre. De même, j ’ai vu aus­ si avec l’œil de la certitude lorsque j ’ai fait le voyage d’idées avec le reflet et la boussole du souffle dans chacune des particules de la m atière ou même dans chacun de ses atomes, bien que des milliers de points, de lettres, et de mots y soient mis ou qu’il y ait la possibilité de les y mettre, ils ne se mélangent pas, leur ordre ne se dérègle pas, bien que cette particule et cet atome accomplissent des devoirs différents et variés, sans se tromper du tout, bien qu’ils soient trop chargés, ils ne m ontrent aucune faiblesse, sans être en retard et qu’ils em réali­ sent une bonne organisation, alors que des mil­ liers de mots, et de sons dans différentes manières y entrent, avec parfait ordre, dans ces minces langues et ces petites oreilles, sans se mélanger et sans les mélanger, chaque atome et chaque particule accomplissent leurs devoirs extraordinaires, en disant et

avec leur mode d’expression, très librem ent et avec attrait, leurs devoirs, sans qu’ils se trompent, sans qu’un travail empêche un autre.
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Donc, chacun des atomes, chacune des par­ ticules doit posséder, dans l’air, les particular­ ités d’une sagesse, d’une science, d’une volonté et d’un pouvoir infini pour qu’ils puissent dominer les autres atomes et être la cause de ces réalisations. Cela a des impossibilités et des faussetés aussi nombreuses que les atomes. Même, aucun démon ne peut le dire. Dans ce cas-là, dans ce souffle, l’Etre Glorieux fait clairement travailler, avec sa science et sa sagesse illimitées, au degré de la certitude, au degré de l’observation et au degré de la con­ naissance, comme une page changeante du stylet du pouvoir et du destin, comme un tableau d’écriture et d’effacement venant de la table d’apparition et de dissolution de la Table Gardée dans le monde des changements. Voilà, puisque la matière «air» manifeste le reflet de l’unicité et des actes dans la transmis­ sion de la voix, l’un des autres devoirs de cet élément «air» est la transmission des forces subtiles comme l’électricité, l’attraction, la répulsion et la lumière, sans se tromper, par­ faitement, ainsi que le transport des besoins nécessaires, en même temps, à la vie comme la
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respiration et la fécondation de tous les végé­ taux et animaux dans la meilleure organisa­ tion. J ’ai été convaincu, avec certitude, que cette m atière air est le commandement de la direction et de la volonté divine, d’une façon absolue, et qu’il n’est, en aucun cas, possible et probable que le hasard vagabond, la force aveu­ gle, la nature sourde, les causes confuses et sans but, les créatures impuissantes, inertes et ignorantes interfèrent dans des écritures et devoirs de cette parcelle de l’air. Et j ’ai entendu chaque atome et chaque particule dire avec leur langage d’expression et Comme j ’ai vu cette situation extraordinaire dans la clef «souffle» par l’aspect matériel de l’air; quant à la m atière de l’air, elle aussi, en ta n t que le «souffle», celui-ci est devenu une clef du monde des similitudes et du monde des sens. J ’ai vu le Monde des similitudes, composé des images innombrables, photographier, en même temps, les événements illimités du monde sans les mélanger. J ’ai su, aussi, le monde des similitudes, des milliers de fois plus
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grand et plus large que ce monde, pour projeter, sur l’écran géant, les situations et les états pas­ sagers et éphémères des êtres finis, les fruits de leurs vies brèves dans des salles de cinémas perm anents aux amis du bonheur éternel, dans le Paradis, leurs aventures sur terre, les scènes de leurs souvenirs (Note). Ou encore, les deux facultés de la mémoire et de l’imagination qui constituent deux preuves, deux petits exemples et deux points de la Table Gardée et du Monde des Similitudes et qui sont aussi petites qu’une lentille dans la tête de l’homme, contiennent des connaissances ins­ crites aussi nombreuses qu’une grande librai­ rie, démontrent que les exemples suprêmes, les plus grands de ces deux facultés sont le Monde des Similitudes et la Table Gardée. Enfin, les éléments l’air et l’eau, partic­ ulièrem ent des gouttes d’eau et l’élément de
(Note) Mais, le temps et le lieu, le ta t et la situa­ tion dans lesquels je me trouvais ne m'ont pas per­ mis de démontrer cette notion avec de très forts arguments et preuves comme des vérités évidentes. Cela a été coupé court.
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l’air sont inscrits beaucoup plus que l’élément de la terre avec plus de sagesse et plus de volon­ té par le stylet du destin et de la puissance, ain­ si il a été établi, par le degré de la connaissance, qu’il est cent fois impossible et improbable que le hasard, la force aveugle, la nature sourde, les causes confuses et sans but s’en mêlent et qu’ils constituent la page du destin et de la sagesse du Sage Glorieux.
(Le reste n ’a p a s été dicté.) Des m illiers de salutations à tous.

* * *

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DEUXIEME SECTION DE LA DIX-SEPTIEME PAROLE (Note)
O pauvre laisse les lamentations de la m ala­ die, aie confiance en Lui. Car, lam entations, c’est m alheur sur m a l­ heur, faute sur faute. Si tu as trouvé celui qui a donné le malheur; c’est p la isir même, c’est bonté même, sache-le. S i tu ne l ’as p a s trouvé, toute la terre est fardeau même, fin même, m alheur même, sache-le. Bien que ta tête soit remplie des m alheurs du monde pourquoi cries-tu à cause d ’un p etit malheur, place ta confiance en Lui. Avec la confiance, souris à la face du m a l­ heur pour qu’il sourie aussi. Tant qu’il sourira, il sera réduit, il changera.

(Note) Les textes de cette deuxième section ressemblent à la poésie, mais ils ne sont pas des poèmes. Ils ne sont pas rimés exprès. Plutôt, en raison d’excellent ordre des vérités, ils ont pris, d'une certaine manière, une forme poétique.
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Sache, ô arrogant! Le bonheur dan s ce monde est son abandon. S i tu connais Dieu, ça suffit: toutes les choses sont à toi, même si tu les abandonnes. S i tu es égoïste, c’est la ruine: toutes les choses sont contre toi quoi que tu fasses. Donc fau t-il abandonner ce monde dans les deux cas. L’abandonner veut dire: c’est la sou­ veraineté de Dieu, ne le regarder qu ’avec Sa perm ission et en Son Nom. S i tu veux faire du commerce, change cette vie que tu as contre la vie éternelle. S i tu aim es ton âme, elle est pourrie et sans fondation. S i tu veux des illusions, le sceau de sa fin y figure, Ce monde ne mérite p a s donc d ’être acheté, c’est un bien périm é dans ce marché. Alors, passes-y, ils sont rangés derrière lui, les biens de qualité.

* * *
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UN FRUIT DU MURIER NOIR
(Ancien Said a parlé avec le langage du Nouveau Said au sommet du mûrier béni.)

Je ne m ’adresse p a s à Ziya Pacha, m ais aux gens éblouis p a r l'Europe. Au nom du disciple du Coran, celui qui est mon cœur, ce n ’est p a s mon âme. Les paroles dites son t toutes vraies. S u rt­ out, ne te trom pe pas. N e dépasse p a s les bornes. Ne te laisse p a s d évier p a r les idées an tire­ ligieuses des m écréants C’est l ’égarement, n ’ tends p a s l ’oreille, y elles te feront regretter. Tu vois s ’exclam er le p lu s éclairé, le p lu s in telligen t d ’entre eu x dans un étonnem ent perm anent: “Quel m alheur! D e qui à qui dois-je me p lain dre, je suis confus comme vous.”
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Le Coran fa it dire: “ dépose ma plainte Je auprès de Lui et pour L u i” Sans être confus comme toi, en le disant sans reculer. J ’appelle du Juste au Juste sans dépasser les bornes comme toi. Je défends ma cause, du ciel à la terre, sans fu ir comme toi. L’ objectif dans le Coran est d ’une lumière à une autre sans renoncer comme toi. C’ dans le Coran la sagesse juste, je le est prouve. La philosophie qui y est opposée ne vaut pas deux sous. La vérité comme le diam ant est dans le Livre qui la distingue, je m ’ consacre corps et y âme. Je ne la vends pas comme toi. J ’observe de la création au Créateur sans me dévier. Je survole le chemin épineux sans poser le pied comme toi.
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Je remercie de la terre au trône sans rien négliger comme toi. Je regarde la mort, la fin de la vie, comme un am i sans avoir peur comme toi. Je vais à la tombe en riant sans trembler comme toi. La gueule du monstre, un lieu d ’horreur, un trou du néant, je ne le vois pas comme toi. La tombe me rapproche des amis, je n ’ en suis pas vexé, je ne me fâche pas avec elle comme toi. Cette tombe est la porte de la Miséricorde, de la lumière et du juste; elle ne gêne pas, je ne recule pas. Je la frappe en disant “ nom de D ieu” au (Note). Je ne regarde pas derrière moi, je ne panique pas.
(Note) Je ne finis pas en m'exclamant “Quel mal­ heur!”.
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En d isa n t “lounge à D ieu”, je trouve l ’apisem ent. Je dors sans peine et sans brutalité Je me lèverai en entendant l ’appel à la prière de l ’aube: “Dieu est le p lu s g ra n d ” (Note). Je ne recule p a s devan t le p lu s g ra n d rassem blem ent, je ne me retire p a s de la p lu s gran de prosternation. Je n ’ai aucune détresse grâce à la faveu r divine, à la lumière du Coran et à l’abondance de la foi. Je courrai sans m ’arrêter, je volerai vers l ’ombre du trône du M iséricordieux sans me trom per comme toi.

* * *

(Note) Je me lèverai en disant “Dieu est le plus grand” après avoir entendu l'appel de l'aube de la Résurrection par l’archange Saint Michel (Israfil). Je ne reculerai pas devant la plus grande prière et je n'au­ rai pas peur d'affronter le plus grand rassemblement.
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Mes Chers et Loyaux Frères, Tout d’abord, en souhaitant bonne fête à tous les disciples de Risale-i N ur et aussi à ceux qui se trouvent au grand pèlerinage ainsi qu’aux amis qui y sont, cette fête bénie nous annonce la bonne nouvelle de la fête du monde m usul­ man de grands pays naissant dont les Indes et l’Arabie qui étaient colonisés après avoir perdu leur indépendance, chacun comme un E tat mu­ sulman, à l’exemple de Java avec plus de cent millions d’habitants dans l’union musulmane comme un début de l’union des républiques, à l’in star des quatre ou cinq gouvernements qui forment la Ligue arabe en Arabie. En second lieu: selon ce que M essieurs Refet et Mustafa Oruc écrivent, les lumières du Coran qui existaient à travers les versets en écriture coranique

ont été cachées avec du marbre sur le bâtim ent extraordinaire du Ministère de la Défense et de
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l’Armée, en place publique, qui a, souvent, servi d’adm inistration pour l’armée de l’Islam et qui a été transformé, par la suite, en faculté des sci­ ences. Puisque, m aintenant, l’écriture corani­ que est permise, que cette permission est un moyen d’arriver aux objectifs de Risale-i N ur et que c’est un signe indiquant la transformation spirituelle de l’université en un centre de N ur plus tard, parmi les disciples Nurcus, Ahmet et ses amis ont extrait un texte de l’œuvre du grand Bismarck, célèbre savant, à l’apogée de la raison, le plus grand philosophe social du dixneuvième siècle, qui dit en s’adressant au Prophète: “0 Muhammed! Je suis triste que je n’aie pu être ton contemporain. L’hum anité a vu une excellente personne comme toi une seule fois. Elle ne pourra l’avoir une deuxième fois. Par conséquent, je m’incline devant toi avec parfait respect.”, en y m ettant sa signature < > *, comme il amoindrit la valeur des Livres Célestes, altérés et abrogés, ces phrases-là ne doivent pas y figurer.
Le texte, auquel les Ahmet font allusion, peut entrer dans le Guide à l'Usage des Jeunes, accompagné de cette lettre que je vous envoie.
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Alors, j ’ai remarqué que c’est une des plus grandes intelligences, un des plus grands philosophes, une des plus grandes personnal­ ités de la vie politique et sociale humaine du dix-neuvième siècle. De plus, le fait que le monde musulman a pris, en partie, son indé­ pendance que les gouvernements non m usul­ mans cherchent les vérités coraniques, le fait qu’en Occident et dans les pays nordiques un grand courant existe en faveur de l’Islam, puis le fait que le philosophe le plus célèbre de lAmérique Thomas Carlyle a dit comme Bismarck: “Les autres Livres ne peuvent, en aucun cas, atteindre le Coran. La parole, c’est lui. Nous devons l’écouter.” en le jugeant avec certitude (**>, aussi les conquêtes et les progrès des écrits de N ur font bon augure chez les non musulmans, alors il y a des signes que beau­ coup de Bismarck et de Thomas Carlyle naît­ ront, voilà ce que nous présentons aux Nurcus (disciples de Risale-i Nur) comme un cadeau de

(**) Il y a trente ans, un des livres, les Signes Miraculeux en arabe, de Risale-i Nur, commentaire du Coran, a fait allusion à son jugement précieux et juste.
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la fête que nous envoyons, ci-joint, le texte de Bismarck. Salutations à tous.
Votre frère

Said Nursi * * * DECLARATION DE BISMARCK DANS LA LETTRE DES AHMET A l’attention de notre Honoré Maître, Nous envoyons, à notre Cher Maître, les paroles du Prince Bismarck qui est un des célèbres dirigeants allemands à propos des reli­ gions célestes et surtout à propos de l’Islam. Ces paroles m ontrent à quel point l’Islam pro­ gressera en Occident.
Déclaration du feu Prince Bismarck, qui est un des plus grands observateurs de la vie sociale, un des hommes parmi les plus distingués du dix-neu­ vième siècle, au sujet des religions abrogées:

“J ’ai étudié minutieusement tous les Livres considérés comme célestes, révélés, à diffé­ rentes époques par Dieu pour diriger l’hum an­ ité. Comme ils sont abrogés, je n’ai trouvé, dans
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aucun d’eux, la sagesse que je cherchais. Leurs lois sont, d’une nature très loin d’assurer le bonheur de l’homme. En revanche, le Coran de ceux qui suivent Muhammed est au-dessus de ces contraintes. J ’ai étudié le Coran par tous les aspects, sur tous les plans. J ’ai trouvé une grande sagesse dans chacun de ses mots. Même si certains prétendent que la production de ce Livre vient du Prophète, prétendre un tel livre extraordinaire de la part d’une intelligence par­ faite, cela signifie fermer l’œil à la vérité et céder à l’arrière pensée, ce qui n’est pas com­ patible avec la science et la sagesse. Je prétends ceci: le Prophète est un excellent pouvoir. Comme probabilité, c’est impossible que le Tout Puissant m ette une telle deuxième existence sur scène. 0 Muhammed! Je suis triste de n’avoir pu être ton contemporain! Ce Livre que tu publies n’est pas le tien. En revanche, nier qu’il vient de Dieu, c’est aussi ridicule que de nier la fausseté des sujets de la science. L’hum anité a vu un pouvoir parfait comme toi une seule fois. Par conséquent, je m’incline devant toi avec parfait respect.” B ism arck
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(Extrait des «Lettres»)

CINQUIEME PROBLEME Puisque le monde est passager De plus, puisque la vie est brève Et puisque les devoirs im portants sont nom­ breux E t que la vie éternelle sera gagnée ici-bas que le monde n’est pas sans maître que cette auberge du monde a un Responsable Sage et Généreux que ni la bonté, ni la méchanceté ne seront sans réponse que selon le mystère

rien d’insupportable n’est imposé Puisque la voie sans risque est préférable à la voie risquée Puisque les amis de ce monde et les positions vont jusqu’à la porte de la tombe
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Certes est heureux: celui qui n’oublie pas son au-delà pour la vie de ce monde, celui qui ne gâte pas sa vie éternelle pour sa vie de ce monde celui qui ne sacrifie pas son au-delà à ce monde celui qui ne perd pas sa vie dans des choses futiles celui qui, se considère comme un invité, se con­ forme aux ordres du maître de l’auberge celui qui, ouvre la porte de la tombe accède, enfin, au bonheur éternel. * * * VOTRE SEPTIEME QUESTION

Est-ce un hadith? Que signifie-t-il? Réponse: j ’avais entendu que c’est un hadith. Il signifie ceci: “Le meilleur jeune est celui qui travaille pour son au-delà, en pensant comme un vieillard à sa mort, il n’est ni noyé, ni emprisonné dans ses désirs de la jeunesse. Et le pire des vieillards est, comme un enfant, celui
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qui suit les désirs de son âme en voulant ressembler aux jeunes dans la sensualité et l’in­ souciance.” La forme correcte de la deuxième partie que tu as vue à ton tableau est la suivante: j ’ai affiché ce tableau au-dessus de ma tête. Je le regarde m atin et soir, je reçois ma leçon: “Si tu veux un ami, c’est Dieu qui te suffit.” Oui, s’il est ami, tout est ami. “Si tu veux un compagnon, le Coran te suf­ fit.” Oui, tu y rencontres les prophètes et les anges et tu regardes leurs événements dans l’imagination. “Si tu veux la richesse, la sobriété te suffit.” Oui, celui qui est sobre est économe. Celui qui est économe trouve l’abondance. “Si tu veux un ennemi, ton âme te suffit.” Oui, celui, qui admire son âme, trouve des dif­ ficultés. Celui qui ne s’admire pas à lui-même, trouve la joie, la Miséricorde. “Si tu veux un conseil, la mort te suffit.” Oui, celui qui pense à la mort est sauvé de l’amour du monde et travaille sérieusement, pour son au-delà.
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(Extrait des Eclairs)

CINQUIEME REMEDE: 0 malade éprouvé par la maladie! De nos jours, je suis convaincu par expérience que, pour certains, la maladie est un bienfait divin, un cadeau du Miséri­ cordieux. Depuis ces huit-neuf ans, bien que je ne le mérite pas, certaines jeunes personnes m’ont rencontré pour que je prie en leur faveur à cause de leur maladie. J ’ai remarqué que quel que soit le jeune malade que je rencontre, il commence à penser à son au-delà plus que les autres jeunes; il n’a pas l’ivresse de la jeunesse. Il se sauve d’un certain degré de pulsions bes­ tiales qui se trouvent dans l’inconscience. Je les avertissais que je voyais comme un bienfait divin ces maladies qui étaient dans la limite du supportable. Je disais: «Mon frère, je ne suis pas contre ta maladie, je ne ressens pas de pitié pour toi au point de ressentir de la tendresse afin que je prie. Patiente jusqu’à ce que la maladie te réveille complètement; après que la maladie aura terminé son devoir, j’espère que le C réateur Miséricordieux te donnera la santé.» Je disais aussi: «Certains de tes semblables ébranlent leur vie éternelle; plutôt, ils la dé145

truisent en tombant dans l’insouciance à cause du m alheur lié à la bonne santé, ne pensant pas à l’au-delà, en délaissant la Prière, en oubliant Dieu pour une heure de plaisir apparent de la vie d’ici-bas. Tu vois certainement avec l’œil de la maladie ta tombe qui est une étape et der­ rière laquelle il y aura d’autres étapes de l’audelà où tu iras et tu agiras en fonction d’elles. Donc, pour toi, la maladie est une santé, la san­ té, chez une partie de tes semblables, est une maladie. * * *
(Extrait des Eclairs)

C’est-à-dire (Note): le verset “L’âme désire toujours les mauvaises choses.”, aussi le sens du noble hadith
(Note) Cet extrait est utile pour tout le monde.
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“Ton ennemi le plus nuisible est ton âme.” C’est une approche de ce verset: A condition d’avoir une âme non purifiée, une âme qui ordonne le mal, celui qui se plaît et qui s’aime, ne peut aimer autrui. Même s’il aime autrui, d’apparence, il ne peut l’aimer sincèrement. Plutôt, il aime ses intérêts et ses plaisirs chez lui. Il tâche, toujours, de se faire admirer et de se faire aimer. Et, il ne s’attribue pas les fautes à lui-même, plutôt il se défend comme un avocat et se considère sans faute. Il se vante avec des exagérations, même avec des mensonges, il voit son âme loin des défauts, comme s’il la voyait sacrée et selon

il reçoit une gifle du verset. Quant au fait de se vanter et se faire aimer, cela provoque, comme une réaction, une antipathie, avec une indif­ férence et un accueil froid. Ou encore, un tel individu perd la sincérité dans le travail de l’au-delà, il y mêlera l’hypo147

crisie. E tant vaincu par les émotions et les pul­ sions de l’âme qui ne voient pas les résultats et ne pensent pas aux conséquences puisqu’elles sont habituées aux plaisirs de l’instant, il passe un an en prison pour une heure de plaisirs sous l’effet des émotions confuses. En raison d’une m inute d’arrogance ou de vengeance, il subit dix ans de punition. Il ressemble à un enfant gâté qui vend son livre de lecture du Coran -trentièm e «juz»- contre un bonbon, de même il devient perdant dans des choses bénéfiques en utilisant ses bonnes actions qui ont la valeur des diam ants pour caresser ses émotions, con­ tenter ses sens et satisfaire ses plaisirs égoïstes qui ont la valeur des débris de verre.

* * *
(Extrait des «Poèmes à la Lumière»)

Sache ô mon cher ami! Je confirme le sens du poème

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c’est-à-dire, “Mes yeux étaient endormis pen­ dant ma jeunesse qui ressemble à la nuit. Je me suis réveillé au matin de la vieillesse.” Parce que dans ma jeunesse je croyais que j ’étais monté au plus grand sommet de l’éveil. A présent je comprends que cet éveil-là n’était pas un éveil. Il était seulement le fin fond du puits du sommeil. Alors, ceux qui se disent civilisés en se vantant avec fierté ressemblent à l’état de réveil de ma jeunesse. Leur exemple est une allusion au dormeur qui raconte son rêve à d’autres en se consid­ érant éveillé. Tandis que son réveil dans le rêve est une indication qu’il passe d’un voile léger du sommeil à un voile épais et profond. Un tel dormeur ressemble à un mort. Comment peutil réveiller les gens qui sont à moitié endormis? 0 gens, vous qui vous considérez éveillés alors que vous êtes en sommeil! Ne vous approchez pas des gens qui se disent civilisés en étant permissifs dans les affaires de religion ou en essayant de leur ressembler! Parce que: le fossé est très profond entre nous. Vous ne pou­ vez pas établir la ligne de communication en
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comblant ce fossé. Soit vous les rejoindrez, soit vous serez noyés en tombant dans l’égarement. * * *
(Extrait des «Poèmes à la Lumière»)

Troisième Signe: un état très étrange que le C réateur Glorieux a mis dans ta nature est celui-ci: parfois, le monde ne peut te contenir. Tu ressembles à un homme qui étouffe en prison, tu dis “Ouf!”, “Ouf!” et tu demandes un lieu plus vaste, parfois tu t ’installes dans une cellule aussi petite que l’atome, dans un petit souvenir, dans une minute. Ton cœur et ta pen­ sée qui ne peuvent être contenus dans le monde s’installent dans cet atome-là. Avec de très fortes émotions, tu te promènes dans un laps de temps et dans un souvenir tout petit. De plus, de telles facultés spirituelles et sub­ tilités te sont données dont certaines ne seront pas satisfaites, même si elles avalent le monde entier. D’autres ne peuvent contenir un atome en elles. Bien que la tête porte une pierre aussi lourde qu’une tonne, l’œil ne peut porter un cheveu, également certaines facultés ne peu­ vent supporter un poids aussi léger qu’un
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cheveu, c’est-à-dire, un état qui vient de l’in­ souciance et de l’égarement. Même parfois, elle s’éteint et meurt. Puisque c’est ainsi, fais atten­ tion, fais la paix, avance doucement, aie peur d’être noyé. Ne sois pas noyé, d’une bouchée, d’un mot, d’une graine, d’un éclair, d’un signe et par un baiser. Ne laisse pas submergées toutes tes facultés qui avalent le monde. Parce qu’il y a de très petites choses qui avalent, en quelque sorte, de très grandes choses. Par exemple: le ciel avec ses étoiles entre et se noie dans un morceau de verre. E tant donné que la page de tes actes et la plupart des pages de ta vie entrent dans ta faculté de mémoire ressem ­ blant à une graine de moutarde, il y a de toutes petites particules qui contiennent, en quelque sorte, de grandes choses et elles élargissent leurs capacités. * * *
(Extrait des Correspondances de Kastamonu)

Un récitant du Coran, celui qui le connait par cœur, «hâfiz» parmi les disciples de Risal-i Nur, m’a dit comme beaucoup trop de gens le disent: “L’oubli devient une maladie chez moi.
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Que dois-je faire?” Je lui ai répondu: “A utant que possible, ne regarde pas l’interdit.” Parce que le hadith en parle. Comme le dit Imam Shafîi (que Dieu l’agrée): “L’interdit cause l’ou­ bli.” Oui, chez les musulmans, plus le regard vers l’interdit augmente, plus les désirs de l’âme sont excités, alors l’abus du mauvais usage du corps augmente. Un tel individu sera obligé de se laver complètement en faisant ses grandes ablutions plusieurs fois par semaine. De là, selon la médecine, sa mémoire subit la perte. Oui, à notre époque, en raison des tenues indécentes, particulièrement, dans ces pays chauds, une perte générale de mémoire résulte du regard interdit ou du mauvais usage du corps. Tout le monde s’en plaint plus ou moins. Voilà, on voit le début du commentaire dont le noble hadith donne l’information extraordi­ naire. Celui-ci décrète: “A la fin des temps, le Coran, oublié, sort et part de la poitrine des «récitants».” Donc, cette maladie prendra de l’ampleur. Chez certains, la mémorisation du Coran sera limitée à cause du mauvais regard, ce qui explique le hadith en question.
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L

(Cette lettre est très importante)

Mes Chers et Loyaux Frères, Ces jours-ci, j ’ai pensé que selon le Sage Coran, ce qui est essentiel après la foi, c’est la piété et la bonne action. La piété, c’est de s’éloigner des interdits et des péchés, la bonne action, c’est d’agir dans le cercle licite et gagn­ er de bonnes actions. Bien que, de tout temps, il soit plus prudent de se m ettre à l’abri du mal avant même de rechercher le bien, dans cette époque de destructions, de débauche et de plaisirs attractifs, alors repousser les te n ta ­ tions sensuelles ou abandonner les péchés cap­ itaux qui sont devenus essentiels, est une pri­ orité. A cette époque, puisque la destruction et le courant athéiste sont devenus effrayants, la piété est une base fondamentale contre cette destruction. Celui, qui accomplit les obligations et qui ne commet pas des péchés capitaux, est
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sauvé. Il est très rare de réussir la bonne action, avec sincérité, à l’époque de très grands péchés. Ensuite, une petite et bonne œuvre est, dans ces conditions, considérée comme grande. Qui plus est, il existe une sorte de bonne œuvre dans la piété. Parce qu’ abandonner un interdit est obligatoire. Pratiquer un acte obli­ gatoire correspond à une récompense qui équiv­ aut à beaucoup de sunnas du Prophète (pssl). A notre époque où des milliers de péchés attaque­ nt, s’éloigner d’un seul, impliquant l’éloignement de cent péchés, est considéré comme avoir accompli cent actions obligatoires. Ce point im portant est une œuvre bonne et précieuse qui provient de l’adoration “négative”, avec inten­ tion, pour la piété, en s’éloignant exprès des péchés. A notre époque, le devoir le plus im portant des disciples de Risale- Nur, c’est de prendre comme base la piété face à la destruction et les péchés. Puisqu’à chaque minute, cent péchés attaquent l’homme, dans la conduite de la vie sociale d’aujourd’hui, la piété et l’intention de
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s’en éloigner équivalent, certainem ent, à cent bonnes œuvres. Il est bien établi que vingt hommes ne peuvent reconstruire en vingt jours un palais qu’un homme détruit en un jour. Et étant donné qu’il faudrait qu’une vingtaine d’hommes travaillent contre la destruction d’un homme, s’il y a une telle résistance et une telle influence de la part d’un rénovateur comme Risale-i Nur, c’est vraim ent extraordinaire. Si ces deux forces face à face étaient au même niveau, la réussite et le triomphe seraient miraculeux. Par exemple: Le respect et la compassion qui sont des principes im portants pour adm inistrer la vie sociale sont ébranlés. Dans certains endroits, les conséquences concernant les personnes âgées, les pères et les mères sont extrêmement graves. Grâce à l’Etre Absolu que Risale-i Nur confrbnte et répare contre cette extraordinaire destruction dans les endroits où elle entre. Après la barrière de Zul Qarnayn, étant don­ né que Gog et Magog ont mis le monde en désordre, suite à la chute de la barrière de loi “muhammédienne” (du Prophète), encore beau­ coup plus forts que Gog et Magog, une anarchie
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obscurantiste dans la morale, dans la vie et un athéisme oppresseur dans la subversion com­ mencent à se faire jour. Face à une telle situation, si Dieu le permet, l’effort spirituel des disciples de Risale-i N ur sera le moyen de très bonnes récompenses et d’œuvres pieuses avec peu d’actes comme à l’époque des Compagnons du Prophète. Chers frères, voilà, à une telle époque, face à de tels événements, après la force de la sincérité, notre force la plus grande avec le principe de l’association d’œuvres pieuses de l’au-delà, c’est inscrire, pas seulement, de bonnes actions, les uns pour les autres, dans leurs registres de bonnes œuvres, mais aussi envoyer la force et le secours, les uns avec la langue des autres, à la citadelle et à la fortifi­ cation de la piété. C’est le travail des coura­ geux, des fidèles et des tendres, comme vous, de courir, pendant la période de trois mois bénis et de célèbres jours sacrés, à l’aide de votre pauvre et faible frère qui subit des attaques orageuses. Avec tout mon esprit, je vous demande ce sec­ ours spirituel. Moi aussi, à condition d’avoir la foi et la fidélité, j ’inclus tous les disciples de
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Risale-i N ur à mes prières et gains spirituels, avec le principe de l’association d’œuvres pieuses de l’au-delà, parfois cent fois en vingtquatre heures, par leur titre de disciples de Risale-i Nur. Said N ursi
(Extrait des Correspondances de Kastamonu)

* * * ... Ceux qui connaissent ma vie savent que j ’ai passé, à Bitlis, deux ans, chez le Préfet Omer Pacha, il y a cinquante-cinq ans, quand j’avais vingt ans, en raison de son insistance et de son grand respect pour la science. Il avait six filles dont trois petites, trois grandes. Bien que les trois grandes et moi, nous ayons habité, ensemble, la même maison, pendant deux ans, je ne les. connaissais pas, je ne les distinguais pas. Je ne prêtais pas attention à tel point que je ne pouvais les distinguer. Cependant, un invité savant est venu me rendre visite. En deux jours, il les a distinguées, il les a recon­ nues. Tout le monde m’a interrogé en étant ébahi de mon état: “Pourquoi ne regardes-tu
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pas?” J ’ai répondu: “Le fait de protéger la dig­ nité de la science ne me permet pas de regarder.” Ou encore, il y a quarante ans, à Istanbul, le jour particulier de la Fête de Kagithane, au moment où des milliers de femmes et de filles grecques, arméniennes et istanbuliotes étaient rangées des deux côtés de la Corne d’Or, Molla Seyyid Taha et le député Haci Ilyas et moimême, nous avons pris une barque. Nous sommes passés devant ces femmes-là. Je ne savais rien du tout. Tandis que Molla Taha et Haci Ilyas avaient décidé de me m ettre à l’épreuve et chacun à son tour me surveillait. Une heure après, ils l’ont avoué en disant: “Nous sommes frappés par ton état. Tu n’as pas du tout regardé.” Je leur ai répondu: “Comme les conséquences des plaisirs inutiles, éphé­ mères et mêlés des péchés sont des peines et des regrets, je n’en veux pas.”
(Extrait de la Biographie de Bediuzzaman Said Nursi)

* * *

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(Extrait de la Troisième Section de la Trente-Deuxième Parole)

DEUXIEME THEME D U DEUXIEME POINT
Comme le représentant des gens égarés n ’a trouvé aucun support, ni base sur lesquels il pouvait s’appuyer, étant obligé de garder le silence, il a dit: “Puisque je trouve le bonheur du monde, le plaisir de la vie, les progrès de la civilisation, les perfections de l’art, selon moi, dans le fait de ne pas penser à l’au-delà, de ne pas connaître Dieu, dans l’amour du monde, dans la liberté absolue et dans la totale confiance en moi, c’est pourquoi j’ai emmené la majorité des gens dans cette voie avec l’aide de Satan et je continue à le faire.”

Réponse: nous disons au nom du Coran: ô
pauvre homme! Reprends ta raison. N’écoute pas le représentant des gens égarés. Si tu l’écoutes, ta perte sera tellem ent grande que l’e­
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sprit, la raison et le cœur auront peur de l’imag­ iner. Il y a deux voies devant toi: La première: c’est la voie pernicieuse que le représentant des gens égarés te montre. L’autre: la voie du bonheur que le Sage Coran explique. Voilà, tu as vu et compris, dans les Paroles, surtout dans les Petites Paroles, beaucoup de comparaisons entre ces deux voies. A présent, en raison du sujet, vois et comprends de nouveau une comparaison parmi des mil­ liers. La voilà: La voie de l’idolâtrie et de l’égarement, de grands péchés et de la débauche fait chuter l’homme au plus bas degré. Cette voie charge le dos de l’homme, faible et impuissant, d’un poids extrêmem ent lourd avec des peines infinies. Parce que: si l’homme ne connaît pas l’Etre Absolu, s’il ne met pas sa confiance en Lui, alors il s’en va seul aux obscurités de la tombe, après être descendu à la valeur d’un animal, infinim ent impuissant, faible, triste, m al­ heureux et éphémère, aussi exposé aux nom­ breux problèmes, très besogneux, misérable, en quittant, continuellement, tous les objets qu’il aim ait et avec lesquels il était en relation, en
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laissant tous ses amis dans une séparation touchante. Puis, il lutte toute sa vie, avec une toute petite volonté, un tout petit pouvoir, une existence limitée, une pensée très terne, dans une vie brève, mêlée de soucis innombrables et d’objectifs inutiles. Il travaille vainement, sans résultat pour satisfaire les désirs et les buts illimités. Ensuite, il porte l’énorme poids du monde sur sa tête et sur son dos faible alors qu’il est incapable de porter son propre poids. Il souffre du tourm ent de l’Enfer avant d’y aller. Oui, pour ne pas sentir cette peine grave et cette extrême souffrance spirituelle, les gens égarés ont recours, en quelque sorte, à l’annu­ lation des sens avec l’ivresse de l’insouciance et ils ne le sentent pas temporairement. Mais, au moment où ils le ressentent, ils sont proches de la tombe, cela leur arrive soudain. Parce que: si l’homme n’est pas un vrai serviteur de l’Etre Absolu, il croira se posséder. Or, il est incapable de diriger son existence avec sa volonté par­ tielle et son petit pouvoir dans ce monde orageux. Il voit des milliers d’ennemis de dif­ férentes sortes, du microbe nuisible au séisme attaquer sa vie. Il regarde la porte de la tombe tout le temps lui paraître terrifiante dans une
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extrême peur douloureuse. Et puisque l’homme égaré est, dans cet état, en relation avec le genre hum ain et le monde, puisqu’il n’imagine pas le monde sous le contrôle d’un Etre Savant, Puissant, Miséricordieux et Généreux, puisqu’il les renvoie au hasard et à la nature, les peurs du monde et la situation de l’homme lui font continuellement de la peine. Il souffre aussi bien de ses difficultés que de celles des autres. Le séisme, la peste, les catastrophes, la famine et la faim, la disparition et la séparation du monde le font souffrir d’un m alheur très intense et sombre. E t dans cette situation, l’homme égoïste ne mérite pas la pitié et la sympathie. Parce que, c’est lui qui est la cause de cette horreur. Comme il a été dit, dans la Huitième Parole, lors de la comparaison entre deux frères qui descendent dans un puits, si un homme ne se contente pas d’un plaisir ou d’un amusement propre, agréable, honorable et licite, dans un jardin et dans une invitation au milieu de bons amis, s’il boit de l’alcool désagréable et sale pour un plaisir illicite et impur, en devenant ivre, s’il s’imagine en hiver et dans un lieu insalubre, même au milieu des monstres, s’il
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commence à trem bler et à crier, alors il ne mérite pas la compassion. Car, il considère comme des monstres ses compagnons honor­ ables et bénis. Il les insulte. Ensuite, en imagi­ nant les plats délicieux et propres comme des pierres impures et mauvaises, il commence à les casser. Il imagine aussi les livres respecta­ bles et les lettres significatives, dans l’assem­ blée, comme des ornements insignifiants et banals, en les déchirant il les piétine, ainsi de suite. Une telle personne ne mérite pas la sym­ pathie, plutôt elle mérite une correction. De même, avec l’ivresse de la mécréance et la folie de l’égarement qui résultent de son mauvais choix, en s’illusionnant que ce monde qui est une auberge du Sage Créateur est considéré comme un lieu des jeux du hasard et des jeux de la nature, en imaginant les créatures qui renou­ vellent les manifestations des Noms Divins pour passer au monde invisible après avoir fini leurs devoirs comme une exécution et une anni­ hilation, en im aginant les voix de la glorifica­ tion de Dieu comme les lamentations de la fin et de la séparation éternelles, en imaginant les créatures qui sont les pages, les inscriptions d’un Etre Perpétuel, comme insignifiantes et
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confuses, en imaginant la porte de la tombe qui s’ouvre sur le monde de la Miséricorde comme l’entrée de l’inexistence obscure, en im aginant la fin de la vie qui est, en effet, une invitation avec de vrais amis, comme l’arrivée de la sépa­ ration de tous les amis, d’une part, puisqu’il se m et dans des tourm ents très graves, d’autre part, il dénie, il dénigre et il insulte aussi bien les créatures que les Noms de l’Etre Absolu, non seulement il ne mérite pas la compassion et la sympathie, mais plutôt une punition sévère. Dans tous les cas, il ne mérite pas la pitié. Voilà, ô gens égarés et débauchés! Laquelle de vos évolutions, laquelle de vos sciences, laquelle de vos perfections, laquelle de vos civil­ isations, lequel de vos progrès peuvent-ils faire face à cette chute extrême et à ce désespoir, pleins de tourments? Où peut trouver l’esprit hum ain la vraie consolation dont il a intensé­ ment besoin? Qui plus est, laquelle de vos natures, laque­ lle de vos causes, lequel de vos idolâtres, laque­ lle de vos découvertes, lequel de vos peuples, lequel de vos objets d’adoration, dans lesquels vous mettez votre confiance, sur lesquels vous
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comptez et auxquels vous attribuez les œuvres divines et bontés seigneuriales peuvent-ils vous sauver des obscurités de la tombe qui con­ stituent la pendaison éternelle pour vous con­ duire, avec sagesse, dans la frontière du monde intermédiaire, dans la frontière du lieu de la résurrection, sur le pont de Sirat et pour vous amener au bonheur éternel? Or, puisque vous ne pouvez pas fermer la porte de la tombe, vous êtes, certainement, le voyageur de ce chemin. Un tel voyageur doit s’appuyer sur quelqu’Un qui contrôle et qui commande ce cercle le plus grand, ces frontières les plus vastes. Ou encore, ô gens malheureux et insou­ ciants! Selon le principe “Le résultat d’un amour illicite est une souffrance terrible.”, étan t donné que vous avez dépensé, illégale­ ment, pour votre âme et pour le monde, les capacités d’amour et de connaissance, les fac­ ultés de remerciement et d’adoration, qui devraient être consacrées à l’Etre Absolu, à Ses A ttributs et à Ses Noms, vous subissez, ju ste ­ ment, la sanction. Car, vous avez donné à votre âme l’amour qui appartient à l’Etre Absolu.
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Vous subissez d’innombrables m alheurs de votre âme qui est .votre bien aimée. Parce que: vous n’attribuez pas la vraie tranquillité à votre Bien Aimé. Et vous ne la rendez pas, avec con­ fiance, au vrai Bien Aimé qui est le Tout Puissant. Vous souffrez constamment. Puis, vous avez attribué au monde l’amour qui appar­ tient à l’E tre Absolu, à ses Noms et à ses A ttributs et vous avez divisé ses œuvres d’art aux causes terrestres, aussi vous en souffrez. Parce qu’une partie de vos biens aimés vous laisse tomber et s’en va en vous tournant le dos sans dire “au revoir.” Un autre groupe ne vous reconnaît pas du tout. Même s’il vous connaît, il ne vous aime pas. Même s’il vous aime, il vous est inutile. Vous souffrez constamment à cause des séparations sans fin et des disparitions sans retour. Voilà, c’est l’essence et la nature des choses, appelées par les gens égarés, le “bonheur de la vie”, “les progrès humains”, “les avantages de la civilisation”, “le plaisir de la liberté”. La débauche et l’ivresse, sont un voile qui empêche de les ressentir temporairement. Dis: “Tant pis pour leur intelligence!”
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Quant à l’avenue lumineuse du Coran: elle remédie aux blessures des gens égarés par les vérités de la foi. Elle fait disparaître les obscu­ rités qui se trouvaient sur l’autre avenue. Elle ferme toutes les portes de l’égarement et de la perdition. Par exemple: Cette avenue lumineuse remédie à la faib­ lesse, à l’impuissance, à la pauvreté et au besoin de l’homme, en m ettant la confiance, en un Puissant Miséricordieux. En laissant à sa Puissance, à sa Miséricorde, le poids de la vie et celui de l’existence sans les endosser, au con­ traire, en quelque sorte, l’homme s’élève audessus de sa vie et de son âme, il trouve la tra n ­ quillité d’esprit. Elle fait savoir à l’homme qu’il n’est pas un “animal parlant”, mais plutôt un vrai homme, un invité de valeur. En m ontrant le monde comme une auberge des invités, les êtres qui y sont comme les miroirs des Noms Divins et les créatures comme les lettres de l’Eternel qui se renouvellent continuellement, cette avenue remédie bien aux blessures de l’homme qui proviennent de l’état temporaire du monde, de la nature éphémère des choses et de leur amour pour tout ce qui est passager et elle délivre l’homme de l’obscurité des illusions.
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De plus, cette avenue montre la m ort et la fin de la vie comme une rencontre et le début d’un dialogue avec les amis qui sont dans le monde interm édiaire et dans le monde per­ pétuel. Elle remédie, ainsi, aux blessures de la mort que les égarés considèrent comme une éternelle séparation. Et elle prouve que cette séparation est la rencontre elle-même. Ensuite, en prouvant que la tombe est une porte qui s’ouvre sur le monde de la miséricorde, sur la demeure du bonheur, sur les jardins du Paradis, et sur le royaume éclairé de la com­ passion, en m ettant fin, ainsi, à la peur extrême de l’homme, l’avenue lumineuse du Coran montre le plus joyeux, le plus agréable et le plus beau voyage du monde intermédiaire qui est le plus ennuyeux, le plus obscur et le plus terrifiant. Avec la tombe, en ferm ant la gueule du monstre, elle ouvre une porte donnant sur un beau jardin. C’est-à-dire, elle montre que la tombe n’est pas une gueule de monstre, au con­ traire, elle est une porte qui s’ouvre sur les jardins de la compassion. De plus, elle dit au croyant: “Si tu as une volonté partielle, laisse ton affaire à la volonté universelle de ton maître. Si ton pouvoir est
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limité, aie confiance dans le pouvoir du Tout Puissant. Si ta vie est brève, pense à la vie éter­ nelle. Si la durée de ton existence est comptée, tu as une durée illimitée, ne t ’inquiète pas. Si ta pensée est terne, entre sous le soleil du Coran. Regarde avec la lumière de la foi que chacun des versets du Coran t’éclaire comme une étoile à la place de ta pensée qui ressemble à une luci­ ole. E t si tu as des buts et des peines innom­ brables, une bénédiction infinie et une compas­ sion illimitée t’attendent. Ou si tu as des désirs et des objectifs innombrables, ne souffre pas en y pensant. Ils ne peuvent être contenus dans ce monde. Leur place se trouve dans une autre demeure. Celui qui les a donnés est Quelqu’u n d’autre.” Puis, elle dit: “0 homme! Tu ne te possèdes pas. Tu es le serviteur d’un Tout Puissant dont la puissance est illimitée, d’un Etre Glorieux et Miséricordieux dont la compassion est infinie. P ar conséquent, ne te soucie pas en te char­ geant du poids de la vie. Parce que: c’est Lui qui donne la vie, comme c’est Lui qui dirige cette vie.
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Ensuite, puisque le monde n’est pas sans maître, ne t ’afflige pas en chargeant ta tête de son poids, en pensant à ses états. Parce que: son m aître est tout sage, tout savant. Or, tu es un invité; ne t ’en mêle pas, ne complique pas vainement la situation. Qui plus est, les créatures comme les h u ­ mains ainsi que les animaux, ne sont pas aban­ données à eux-mêmes. En revanche, ce sont des serviteurs, chargés de mission. Ces êtres sont sous le regard d’un Sage Miséricordieux. Ne tourm ente pas ton esprit de leurs peines et de leurs difficultés. N’exagère pas dans ta sympa­ thie pour ces créatures plus que celle de leur C réateur Miséricordieux. Et, les rênes de toutes les choses, du mic­ robe, aux catastrophes, à la famine et au séisme qui ont un rôle d’hostilité se trouvent dans la main d’un Etre Miséricordieux et Sage. Il est Sage, Il ne fait pas de mauvaises choses. Il est Miséricordieux, Il a beaucoup de miséricorde. Il y a, en quelque sorte, une grâce dans toute chose qu’il réalise.” Ou elle dit: “En dépit de l’état éphémère de ce monde, il produit les nécessités d’un monde
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éternel. En dépit de son état temporaire et pas­ sager, il donne des fruits perpétuels, il reflète les noms immuables d’un Etre Immuable. Et, en dépit de peu de plaisirs et de peines nom­ breuses, ce monde représente les faveurs, les plaisirs éternels et vrais du Clément Miséricor­ dieux. Quant aux peines de ce monde, elles apportent des plaisirs spirituels au regard des récompenses. E tant donné que le cercle licite suffit à tous les plaisirs, aux joies et aux diver­ tissements de l’esprit, du cœur et de l’âme, n’en­ tre pas dans le cercle illicite. Parce que: parfois, un plaisir de ce cercle apporte mille peines.” “Aussi un tel plaisir n’est-il pas la cause de la perte des faveurs du Miséricordieux qui sont les vrais et perpétuels plaisirs.” “Aussi, comme il a été déjà expliqué, bien que le chemin de l’égarement fasse chuter l’homme au degré le plus bas, à un tel point, contre lequel aucune civilisation ou aucune philosophie ne trouve de solution et d’où aucun progrès hum ain ou aucune perfection scien­ tifique ne peut le faire sortir du puits des té­ nèbres, mais, le Sage Coran fait sortir l’homme de la chute: il l’élève du plus bas degré au plus
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h aut degré à travers sa foi et ses bonnes œuvres. Et, il démontre avec des preuves cer­ taines qu’il peut le faire sortir de ces ténèbres. Et, il remplit ce puits profond avec les marches des progrès spirituels et les moyens des perfec­ tions de l’esprit.” “De plus, cette avenue lumineuse du Coran facilite et simplifie très bien le voyage, long, orageux et agité, du côté de l’éternité. Elle mon­ tre les moyens de parcourir, en un jour, une dis­ tance de mille, ou plutôt de cinquante mille ans. “Ensuite, en faisant connaître le Souverain de toute éternité, elle confère, à l’homme, un rôle de serviteur, chargé d’une mission et un rôle d’invité, chargé d’un devoir. Elle lui assure un voyage en toute tranquillité, aussi bien dans l’auberge du monde que dans les situations du monde Intermédiaire et dans celui de l’au-delà. Comme, par exemple, l’officier loyal d’un sou­ verain voyage et traverse, facilement, son roy­ aume, dans les frontières de chaque région, avec des transports rapides tels que l’avion, le bateau et le train. De même, l’homme qui se m et en relation, avec le Souverain de toute
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éternité, par la foi, et qui lui obéit à travers de bonnes œuvres traversera en passant de ce lieu d’invités, du monde du rassemblement c’est-àdire, de toutes leurs frontières jusqu’à ce qu’il trouve le bonheur éternel avec la vitesse de l’é­ clair et celle du Bouraq.” Elle explique, cer­ tainement, cette vérité. Elle montre les purs et les saints. Puis, cette vérité du Coran dit: “0 croyant! Ne donne pas tes capacités illimitées d’amour à ton âme mauvaise, insuffisante, maléfique et nuisible qui ordonne le mal. Ne la prends pas comme ton objet d’amour et ni ses désirs comme tes objets d’adoration. En revanche, prends comme Bien Aimé et Adoré: Celui qui crée tes capacités infinies d’amour et qui peut te les offrir infiniment, Celui qui te rend, infinim ent heureux et qui rend heureux, par ses bontés, toutes les person­ nes avec lesquelles tu es heureux, Celui qui possède les perfections illimitées, Celui qui est, à un degré infini, sacré, élevé, sans défaut, sans faute, sans erreur, Celui qui a une beauté infinie,
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Celui qui a toutes sortes de lumière de beauté et de bonté dans chacun de ses Noms, Celui dont le Paradis montre, avec toutes ses beautés et ses bienfaits, la beauté de sa miséri­ corde et la miséricorde de sa beauté, Celui qui est aimable et qui aime et que toutes les beautés, toutes les bontés, tous les bienfaits indiquent et font allusion à sa beauté et à sa perfection.” Elle dit aussi: “O homme! N’éparpille pas, aux créatures éphémères et ne distribue pas aux êtres inutiles, tes capacités d’amour qui appartiennent à Ses Noms et à Ses Attributs. Parce que: les œuvres et les créatures sont pas­ sagères. Mais, les Beaux Noms qui se manifes­ tent dans ces œuvres et dans ces créatures sont éternels et permanents. Et dans chacun de ses noms et de ses qualités, il y a des milliers de degrés de bontés et de beautés, des milliers de niveaux de perfection et d’amour. Regarde, seulement, le nom Miséricorde dont le Paradis est un reflet, le bonheur éternel un rayon, toute la subsistance et toute la bonté sur terre une goutte.”
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Voilà, fais attention à la comparaison du ver­ set qui fait allusion, à la vraie nature, du point de vue de la vie et du devoir entre les gens de foi et les égarés:

et aussi à la comparaison du verset qui fait allusion à leurs résultats et à leur fin:

ils expriment à quel point, la comparaison dont nous venons de parler est sublime et mirac­ uleuse. Puisque le premier verset explique cette vérité, en détail, d’une façon éloquente et miraculeuse, à l’Onzième Parole, nous y ren­ voyons le lecteur. Quant au deuxième verset, nous allons don­ ner une petite indication pour montrer combien il exprime une sublime vérité. La voici: Ce verset décrète ceci comme sens explicite: “Les cieux et la terre ne pleurent pas à la mort des gens égarés.” Et il indique qu’à contrario les
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deux et la terre pleurent le départ des croyants du monde. C’est-à-dire, puisque les égarés dénient les devoirs des cieux et de la terre, ils ignorent leur sens, rejettent leur valeur et ne reconnaissent pas leur Créateur, puisqu’ils por­ ten t mépris et hostilité contre eux, certaine­ m ent non seulement les cieux et la terre ne pleurent pas leur mort, mais aussi qu’ils les m audissent. Avec leur mort, ils sont contents. E t avec le raisonnement à contrario, le verset dit: “A la mort des croyants, les cieux et la terre pleurent.” Car, les croyants reconnaissent leur devoir. Ils attestent leur vraie réalité. Les croy­ ants comprennent, avec la foi, les significations que les cieux et la terre donnent: “Comme ils sont bien faits! Comme ils servent bien!” disentils. E t ils leur expriment la valeur qu’ils méri­ tent, ils les respectent. Ils les aiment au nom de l’Etre Absolu ainsi que les Noms qu’ils manifes­ tent. Voilà, c’est le mystère pour lequel les cieux et la terre sont tristes au départ des croy­ ants, on dirait qu’ils en pleurent. Une Question Importante: vous dites: “L’amour est involontaire. Comme la consé­ quence d’un besoin inné, j ’aime les plats et les fruits délicieux. J ’aime mon père, ma mère et
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mes enfants. J ’aime la compagne de ma vie. J ’aime mes amis et mes compagnons. J ’aime les prophètes et les saints. J ’aime ma vie et ma jeunesse. J ’aime le printemps, les belles choses et le monde. Comment pourrai-je ne pas les aimer? Comment pourrai-je donner toutes ces amours à l’Etre Absolu, à Ses Attributs et à Ses Noms? Qu’est-ce que cela veut dire?” Réponse: Ecoute Quatre Approches. Première Approche: même si l’amour n’est pas volontaire, mais, avec la volonté, l’aspect de l’amour peut se transformer en changeant d’ob­ jet. P ar exemple: quand on montre la laideur d’un bien aimé ou bien quand celui-ci est le voile d’un autre bien aimé ou qu’il le reflète, on peut transform er l’aspect de l’amour, d’un amour métaphorique en un amour vrai. Deuxième Approche: nous ne te disons pas de ne pas aimer les choses et les personnes que tu énumères, mais nous te disons de les aimer au nom de l’Etre Absolu et pour son amour. Par exemple: aimer les plats délicieux et les bons fruits comme les bontés de l’Etre Absolu et les bienfaits du Clément Miséricordieux, c’est ai­ mer les noms Miséricordieux et le Bienfaiteur;
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c’est aussi un remerciement spirituel. Pour cet amour, il s’agit de montrer qu’on gagne, sobre­ ment, dans le cercle licite, et qu’on consomme, avec méditation et gratitude, ce qui prouve que cet amour n’est pas pour l’âme, mais unique­ ment au nom du Miséricordieux. Le respect et l’amour envers le père et la mère au nom de la sagesse et de la compassion qui te font éduquer par le père et la mère qui sont, eux-mêmes, formés par la tendresse et avec des facultés, ce respect et cet amour font partie de l’amour de l’Etre Absolu. Voici, le signe indiquant que l’amour et le respect en question sont au nom de l’Etre Absolu: quand ils deviennent âgés, quand ils ne sont plus utiles pour toi, même quand ils te causent des peines et des difficultés, c’est de les aimer plus, de leur m anifester plus de compassion et plus de tendresse. Le fait que le verset

invite l’enfant au respect et à la tendresse à leur égard en cinq niveaux démontre à quelpoint les droits parentaux sont im portants et à quel point l’ingratitude est mauvaise au regard
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du Coran. Puisque le père ne préfère personne d’autre que son enfant mieux que lui, alors face au père, l’enfant aussi ne peut prétendre à un quelconque droit. Donc, il n’y a pas de cause de dispute naturelle entre les parents et l’enfant. Car, la dispute vient de l’envie et de la jalousie. Chez le père, il ne peut y en avoir contre son fils. Ou bien, la dispute vient de l’injustice. Or, il n’est pas juste que le fils prétende à un quel­ conque droit contre son père. Même s’il voit son père injuste, il ne peut se rebeller contre lui. Donc, celui qui se révolte contre son père est un monstre. Aimer ses enfants et les protéger, avec parfaite tendresse et compassion, les considér­ er comme les cadeaux du Cléments Miséricor­ dieux, appartient encore à l’Etre Juste. Quant au signe qui montre que cet amour est au nom de l’Etre Absolu, c’est de patienter avec recon­ naissance quand ils décèdent et de ne pas crier avec désespoir: “C’était une créature, un servi­ teur du Créateur qui me l’avait confié pour que je veuille sur lui. A présent, sa sagesse a néces­ sité de me le reprendre. Il l’a mis dans un meilleur endroit. Même si j ’avais une part apparente de cette créature, mille parts appar­ tiennent à son Créateur. En disant « le juge­
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m ent appartient à Dieu”, on se soumet à la volonté de Dieu. Ensuite, quant aux amis et compagnons, s’ils sont les amis de l’Etre Absolu par leurs bonnes actions, selon le sens “aimer pour Dieu”, cet amour aussi appartient à l’Etre Juste. Puis, aime et apprécie ta compagne dans la vie comme un cadeau agréable et gracieux de la miséricorde divine. Mais, n’attache pas ton amour à sa beauté physique. En revanche, la beauté la plus attractive et la plus douce, c’est son bon caractère qui se trouve dans la finesse et la délicatesse propres à la femme. Et quant à sa beauté la plus précieuse et la plus douce, c’est sa tendresse élevée, sérieuse, sincère et lumineuse. Cette beauté de la tendresse et ce bon caractère continuent et augmentent jusqu’à la fin de la vie. Et le respect des droits de cette créature faible et délicate est protégé par un tel amour. Sinon, la pauvre femme perd ses droits au moment où elle en a besoin après la fin de sa beauté physique. De plus, aimer les prophètes et les saints, comme les serviteurs estimés de l’Etre Absolu,
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cet amour est au nom et pour l’Etre Absolu. De ce point de vue, il Lui appartient. Qui plus est, aimer la vie, la protéger et l’u­ tiliser au service de l’Etre Absolu, comme le capital, le trésor le plus important pour gagner la vie éternelle et la grande richesse qui conti­ ennent les parfaites facultés perpétuelles, cet amour appartient, en quelque sorte, à l’Etre Absolu. Ou, apprécier, aimer et faire bon usage, de la délicatesse et de la beauté de la jeunesse, comme une providence tendre et douce de l’Etre Absolu est, en quelque sorte, un amour légal dans la reconnaissance. Ou encore, aimer le printemps, avec m édita­ tion, comme une page très subtile de beaux ornements de Noms lumineux, une exposition merveilleuse et parfaitem ent décorée des arts authentiques du Sage Créateur, c’est aimer les Noms de l’Etre Absolu. De plus, aimer le monde comme un champ à ensemencer, le miroir de Beaux Noms Divins, une lettre de l’Etre Absolu et son auberge pro­ visoire - à condition que l’âme qui désire le mal
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ne s’en mêle pas-, cet amour appartient à l’Etre Nécessaire. En somme: aime le monde et les créatures qui y sont pour leurs relations divines. N’aime pas ces créatures pour ce qu’elles sont en ellesmêmes. Dis: “Que c’est bien créé!” Ne dis pas: “Que c’est beau!” Ne laisse pas pénétrer au fond de ton cœur les autres amours. Parce que le fond du cœur est le miroir de l’Eternel. Il lui appartient. Dis:

Voilà, si toutes les amours que nous avons énumérées sont sous cette forme, elles pro­ duisent un plaisir sans peine, elles développent l’amour de Dieu, elles présentent un ensemble d’amours licites, elles sont un remerciement dans lequel il y a un plaisir, ainsi qu’une pensée dans laquelle existe un amour pur. P ar exemple: si un grand souverain (Note) t ’offre une pomme pour laquelle il y a deux
(Note) Il était une fois deux chefs de tribus qui sont entrés en présence d'un souverain. Ils ont présenté une situation qui a eu lieu telle quelle est décrite ici.
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appréciations et deux plaisirs. Le premier, on aime la pomme, car c’est une pomme. Elle donne un plaisir particulier, propre à elle, un plaisir qu’une pomme peut produire. Ce plaisir ne concerne pas le souverain. Plutôt, celui, qui est en présence du souverain, prend la pomme et la mange, préfère son âme au lieu d’aimer le souverain. Il arrive que le souverain n’apprécie pas cet amour égoïste. Il le déteste. Même le plaisir de la pomme est partiel, il passe vite. Après avoir mangé la pomme, un tel plaisir finit, le regret reste. Quant au deuxième amour: c’est la faveur royale qui se manifeste dans la pomme et avec la pomme. En disant: “Elle est le signe de la faveur royale, un exemple concret.” l’homme apprécie beaucoup la pomme, ainsi il montre qu’il aime le souverain. Aussi le plaisir de la pomme contenant la faveur est au-dessus du plaisir de mille pommes. Voilà, ce plaisir est l’essence de la reconnaissance. Cet amour est un amour respectueux envers le souverain. De même, exactement, si l’homme aime tous les fruits et les faveurs pour eux-mêmes, s’il en prend, seulement, un plaisir physique, avec
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insouciance, cet amour concerne l’âme. Ces plaisirs aussi sont passagers et pénibles. S’il les aime comme les faveurs de Sa miséricorde et les fruits de Ses bontés, s’il en prend, parfaitement, plaisir pour apprécier les degrés élevés des bienfaits et des faveurs, c’est aussi bien un remerciement spirituel qu’un plaisir sans peine. Troisième Approche: il y a les degrés d’amour des Noms de l’Etre Absolu. Comme nous l’avons déjà expliqué, parfois avec l’amour des œuvres, l’homme aime ses Noms. Parfois, il aime ses Noms parce qu’ils sont les titres des perfections divines. Parfois, l’homme a besoin de ces Noms qui lui m anquent en raison de sa nature universelle et de ses besoins innom­ brables. Il les aime à travers ses besoins. Par exemple: bien que tu portes une tendresse envers tous les êtres: proches parents, pauvres, faibles, besogneux et que tu sentes l’envie de les secourir en dépit de ton impuissance, si quelqu’un se manifeste pour leur porter assis­ tance, combien te plaisent son titre m iséri­ cordieux et son nom généreux! Combien tu aimes cette personne! De même, pense aux
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Noms Clément et Miséricordieux de l’Etre Absolu: étant donné qu’ils te le m ontrent, en rendant heureux tous les gens croyants: pères et mères, ancêtres, proches parents et amis que tu aimes et pour lesquels tu portes une sympa­ thie pour les bienfaits variés et le bonheur éter­ nel dans le Paradis et l’Etre Absolu se m ani­ feste à eux, tu peux comparer combien le Nom Clément et le titre Miséricordieux m éritent d’être aimés et à quel degré l’esprit hum ain a besoin de ces deux noms et tu comprendras à quel point les termes “Louange à la Clémence et à la Miséricorde de Dieu.” en sont dignes. Ensuite, si tu fais attention, tu comprendras combien ton âme a besoin du Nom Sage et des qualités de l’Educateur Suprême, combien ces noms divins lui manquent, combien Celui qui met en ordre, Celui qui prend précaution et Celui qui éduque le monde avec les êtres dedans, avec une parfaite sagesse, tu compren­ dras que ces Noms aussi lui m anquent ainsi que le monde ressem blant à ta maison, ses êtres à tes objets familiaux et à tes décorations agréables avec lesquels tu es en relation dont tu es affligé quand ils sont en désordre. Si tu
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prêtes attention, tu comprendras combien ton as besoin des Attributs d’un Etre Miséricor­ dieux, Celui qui ressuscite et Ses Noms E ter­ nel, Généreux, Donneur de Vie, Bienfaiteur et cet Etre qui installe lors de la mort de tous les humains avec qui tu était en affinité et pour la disparition desquels tu es affligé dans une autre auberge meilleure que ce monde en sauvant des ténèbres du néant. Voilà, comme l’hum anité est élevée, aussi dans sa disposition complète, l’homme a beau­ coup de besoins qui correspondent aux milliers des Noms Divins dont chacun répond à un besoin. Un besoin intensif est un désir ardent, celui-ci est un amour ardent et cet amour-là est une passion. Par rapport aux capacités de l’e­ sprit, les degrés d’amour se développent selon les niveaux des Noms. Puisque ces Noms sont les titres et les manifestations de l’Etre Glo­ rieux, leur amour se transforme en amour divin. A présent, nous allons expliquer, à titre d’exemple, un des milliers de degrés concernant les Noms Juste, Juge, Véridique («’haq») et Miséricorde seulement parmi des milliers. Le voilà:
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Si tu veux voir le Clément Miséricordieux dans la Sagesse et dans la Justice et si tu veux voir le Nom Juste dans le cercle le plus large, regarde cette comparaison: nous considérons une armée composée de quatre cent mille com­ munautés: bien que leurs uniformes soient dif­ férentes, leurs provisions différentes, ses armes préférées également, les médicaments qui con­ viennent à leur nature tout autant, malgré ce mélange de quatre cent mille communautés sans différencier leurs section, leurs compag­ nies, si un souverain donne personnellement, de par sa générosité et sa miséricorde parfaites, de sa puissance extraordinaire, de sa science et conception miraculeuses, de sa justice et sa­ gesse prodigieuses, à toutes ces communautés, leurs uniformes, leurs provisions, leurs re­ mèdes et leurs armes appropriés, à chacune d’elles, différemment, sans avoir l’aide d’une autre personne, sans les confondre, sans oubli­ er aucune, tu comprendras à quel point, un tel souverain est puissant, tendre, juste et géné­ reux. Parce que s’il y a neuf nationalités dans un bataillon, puisqu’il est extrêmement difficile de vêtir et d’équiper, différemment, chacune
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d’elles, on les équipe de la même façon, quelles que soient leurs nationalités. Voilà, de la même façon, si tu veux voir les manifestations des Noms Vrai et Clément, Miséricordieux dans la justice et la sagesse de l’Etre Absolu, regarde l’armée des végétaux et des animaux, composée de quatre cent mille espèces magnifiques dont les tentes sont dressées au printemps sur le globe terrestre: bien que toutes ces espèces, toutes ces commu­ nautés soient mêlées et que leurs uniformes, leurs provisions, leurs armes, leurs modes de vie, leurs instructions, leurs démobilisations soient différentes et bien qu’elles ne possèdent ni le pouvoir de subvenir à leurs besoins, ni les langues de les demander, regarde et vois les Attributs Vrai, Clément, Pourvoyeur, Miséricor­ dieux, Généreux, avec mesure et ordre, dans le cercle de la sagesse et de la justice. Comment ces A ttributs les éduquent, assurent leur ges­ tion et les adm inistrent sans erreur, sans oubli et sans confusion! Voilà, qui peut m ettre le doigt sur un travail qui se réalise, avec ordre et mesure, qui englobe tout et qui étonne tout le monde à part un Etre
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Seul et Unique, Sage Absolu, Tout Puissant? Qui peut m ettre la main dans cette pâte de l’art, dans cette adm inistration et dans cette organisation? Quelle cause peut s’en mêler? Quatrième Approche: tu demandes: “Quels résultats, quelles utilités résulteraient, si mes amours variées et différentes étaient comme le Coran l’ordonne pour les plats, pour mon âme, ainsi que ma femme, mes parents, mes enfants, mes amis, les saints, les prophètes, pour les belles choses, le printemps et pour tout ce qui est relatif au monde?” Réponse: il faudrait écrire un grand livre pour expliquer tous les résultats. On fera, seulement, allusion à un ou à deux résultats. D’abord, son résultat immédiat dans le monde sera expliqué. Après, son résultat dans l’audelà, qui se manifestera, sera mentionné. Les voici: E tan t donné qu’il a été déjà expliqué précé­ demment que les amours qui sont à la manière des insouciants et des gens attachés au monde ont leurs malheurs, leurs peines et leurs souf­ frances dans le monde, ces amours apportent
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peu de joies, peu de plaisirs et peu de tranquil­ lité. P ar exemple: la tendresse devient une peine en raison de l’impossibilité pour quel­ qu’un d’aider celui qu’il aime. L’amour devient un chagrin douloureux en raison de la sépara­ tion. Le plaisir devient une boisson empoison­ née en raison de la disparition. A l’au-delà, puisqu’ils ne sont pas au nom de l’Etre Absolu, ou bien, ils sont inutiles, ou bien, ce sont des tourm ents -s i la personne est entrée dans le cercle illicite-. Question: comment l’amour pour les pro­ phètes et les saints devient-il inutile? Réponse: c’est comme l’amour que les gens de la trinité portent pour Jésus (paix sur lui) et les hérétiques pour Ali (que Dieu l’agrée). Si ces amours sont comme le Coran le guide, si elles sont au compte de l’Etre Absolu, si elles existent pour l’amour du Clément, elles pro­ duiront de bons résultats aussi bien dans le monde que dans l’au-delà. Quant à l’amour pour les plats délicieux et aux bons fruits, il est un bienfait sans peine et un plaisir qui est l’essence du remerciement.
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En ce qui concerne l’amour pour ton âme, il s’agit d’avoir pitié d’elle, de l’éduquer et de l’éloigner des désirs nuisibles. Alors, l’âme ne te domine pas, elle ne te considère pas comme prisonnier de ses désirs. Plutôt, c’est toi qui la domines. Tu ne la conduiras pas aux passions, mais au bon sens. Quant à l’amour pour la compagne de ta vie, puisqu’il est construit sur la finesse du carac­ tère, sur la mine de la tendresse et sur le cadeau de la miséricorde, si tu manifestes un amour et une affection sincères, pour elle, celleci aura aussi pour toi un respect et un amour sérieux. Plus, vous deux, vous prendrez de l’âge, plus cet état-là augmentera, tu passeras une vie heureuse. Sinon, si l’âme ne s’attache qu’à la beauté physique, son amour s’altère vite. Il altère aussi les bonnes relations. En ce qui concerne l’amour pour t.on père et ta mère, puisqu’il est pour le compte de l’Etre Absolu, d’une part cet amour comprend l’adora­ tion, d’autre part, plus ils prennent de l’âge, plus tu augmenteras ton respect et ton amour envers eux. En souhaitant, sincèrement, une longue vie, pour eux, avec les sentim ents les
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plus nobles et du fond de cœur et en demandant par la prière la continuité de leur vie, tu diras: “Je gagne plus de bonnes actions grâce à eux.” Em brasser leurs mains, c’est prendre un plaisir élevé relatif à l’esprit. Sinon, selon le désir de l’âme et du bas monde, lorsqu’ils entrent dans une situation où plus ils vieillissent, plus ils deviennent une charge pour toi, c’est une peine, une sauvagerie pour l’esprit comme faire un mauvais traitem ent pour l’existence de ces gens honorés qui sont la cause de ta vie et désirer leur mort avec les sentiments les plus bas et les plus vils. Quant à l’amour pour tes enfants: c’est un amour et une faveur dans le bonheur le fait d’aimer ces créatures mises en ta compagnie par l’Etre Absolu pour leur surveillance et leur éducation. Tu ne dois pas trop souffrir de leurs malheurs, tu ne dois pas gémir non plus de leur mort, d’une façon désespérée. Comme il a déjà été dit, puisque leur C réateur est aussi bien Sage que Miséricordieux, tu diras: “La mort, pour eux, est un bonheur.” Pour toi aussi, tu penseras à la miséricorde de Celui qui te les a
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donnés. Tu seras délivré de la peine de la sépa­ ration. En ce qui concerne l’amour pour tes amis: puisqu’il est pour Dieu, la séparation d’avec les amis, ou même leur mort ne peut empêcher notre conversation et notre fraternité, tu peux bénéficier de cette conversation immatérielle et de cette relation avec l’esprit. Et le plaisir de la rencontre est permanent. Si elle n’est pas pour Dieu, le plaisir d’une heure d’une telle rencon­ tre engendre la peine de cent jours de sépara­ tion (Note). Q uant à l’amour pour les Prophètes et pour les Saints: puisque le monde interm édiaire apparaît aux insouciants comme le lieu des peurs obscures et qu’ils t’apparaissent comme les lieux éclairés par l’existence lumineuse des prophètes et des saints, entrer dans ce mondelà ne provoque pas peur et terreur, mais au con­ traire inclination et désir, y entrer ne fait pas fuir non plus le plaisir de ce monde. Si ce n’est pas le cas, aimer les prophètes et les saints
(Note) La rencontre d'une seconde pour Dieu est un an. Si elle est pour le monde, un an est une seconde.
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comme les fanatiques qui aiment leurs célèbres idoles, et penser à la mort, à la disparition de ces gens parfaits et à leur réduction en pous­ sière dans la plus grande tombe qui est le passé, cela ajoute, à la vie malheureuse, une souffrance de plus. C’est-à-dire, un tel individu dira: “Moi-aussi, j ’irai dans une tombe qui réduit en poussière de telles gens parfaits.”. Alors, il dirigera son regard vers le cimetière avec un regard inquiet. Avec regret: “Hélas!” gémira-t-il. Tandis qu’au regard précédent, il verra, tout à fait tranquillem ent, le cimetière en parfaite compagnie, en laissant son habitcorps dans le passé, en pensant son séjour dans le Monde Interm édiaire qui est l’antichambre du futur. Pour ce qui est de l’amour de belles choses: puisque cet amour est au nom de leur Créateur, il contient une admiration: “Comme elles sont bien créées!” Bien que ton amour soit une médi­ tation accompagnée de plaisir, il fait voir et il entraîne un regard de plaisir, qui aime la bon­ té et la beauté, vers les trésors des degrés plus élevés, plus sacrés et des milliers de fois plus beaux. Parce que: cet amour fait transférer la
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beauté de belles œuvres à la beauté des actes divins. De là, on ouvre dans le cœur une voie à la beauté des Noms, de là, à la beauté des a ttri­ buts, de là, à la beauté inégalée de l’Etre Glorieux. Voilà, si cet amour est, dans cette forme, il est aussi bien un plaisir, une adoration qu’une méditation. En fce qui concerne l’amour pour ta jeunesse: étant donné que tu as aimé cette jeunesse comme un agréable bienfait de l’Etre Absolu, tu dois, certainement, la passer dans l’adoration, tu ne dois pas l’étouffer, ni la tuer dans la débauche. Dans ce cas-là, les prières que tu as gagnées pendant ta jeunesse, ce seront les fruits perm anents de ta jeunesse éphémère. Plus tu vieilliras, plus tu seras délivré des pertes et des excès de la jeunesse tout en gar­ dant les fruits permanents qui sont ses bontés. Ensuite, tu penseras que tu réussiras davan­ tage dans l’adoration et que tu m ériteras plus la miséricorde divine dans la vieillesse. Tu ne dois pas la pleurer pendant cinquante ans avec des cris: “Quel malheur! J ’ai perdu ma jeunesse” pour ses plaisirs de cinq ou de dix ans
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comme ceux des insouciants. Puisque l’un d’en­ tre eux a dit:

C’est-à-dire: “ Ah! S i ma jeunesse revenait un jour, en me plaignant, je l’inform erais de ce q u ’ fa it de moi, la vieillesse.” a, En ce qui concerne l’amour de belles choses exposées comme le printemps: puisqu’il s’agit de contempler les œuvres divines, le plaisir de les avoir regardées ne disparaît pas avec le départ du printemps. Parce que: tu peux, à tout moment, regarder les significations du p rin t­ emps qui les produit comme une lettre dorée. Ton imagination et ton temps, tous les deux, comme un film du cinéma, te renouvellent les significations et les beautés du printemps tout en te procurant la continuité du plaisir de ce regard. Alors, ton amour ne peut être mêlé de regret et de peine, il est rempli de plaisir et de joie. Ce qui est de ton amour pour ce monde: puisqu’il est au nom de l’Etre Absolu, les créa­ tures de l’univers qui te terrifient deviennent
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comme des amis familiers pour toi. E tant donné que tu les aimes comme les êtres d’un champ à ensemencer de l’au-delà, tu es capable récolter dans toute chose un capital, un fruit utile pour l’au-delà. Ni ses désastres ne te font peur, ni leurs départs et ni leurs disparitions ne te trou­ blent. Tu passes ton séjour, dans ce lieu des invités, avec parfaite tranquillité. P ar con­ séquent, si tu aimes le monde à la manière des égarés, nous t’avons, une centaine de fois, dit que tu partiras, noyé dans un amour stressant, écrasant, étouffant, condamné à la disparition et sans résultat. Voilà, nous avons montré un centième des approches de certains biens aimés qui suivent les enseignements du Coran. Nous avons indiqué un centième des pertes si ces directives ne sont pas suivies comme le Coran le montre. A présent, si tu veux entendre et comprendre les résultats de ces amours auxquels les signes clairs du Sage Coran font référence, dans la demeure éternelle, dans l’au-delà, nous allons brièvement indiquer un centième des bénéfices de ces amours positives, dans l’autre monde, par une Introduction et Neuf Indications.
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INTRODUCTION L’Etre Absolu a équipé et a décoré tellem ent par sa divinité glorieuse, sa grande seigneurie, sa noble tendresse, son immense puissance et sa sublime sagesse, le petit corps humain, avec ta n t de sens et de sensations, avec ta n t d’essences et d’appareils, avec ta n t de membres et d’outils, avec tan t de subtilités et de facultés très riches pour qu’il fasse sentir et connaître, goûter et comprendre ses bienfaits de sortes illimitées avec des facultés nombreuses, variées et les degrés de Sa Miséricorde et qu’il fasse savoir, peser, aimer à l’homme les m anifesta­ tions sans fin des espèces de ses mille et un Noms avec ces organes. E tant donné que cha­ cun des organes et chacune des facultés qui sont si nombreux ont leur service et leur prière, ils ont aussi leur plaisir et leur peine, leur devoir et leur récompense différente. Par exemple: l’œil regarde les splendeurs qui se trouvent dans les formes et les variétés de beautés miraculeuses de la puissance dans le monde des choses visibles. Son devoir est de
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remercier leur Créateur en en tiran t leçon. Les plaisirs et les peines relatifs au regard sont con­ nus, pas besoin de les expliquer. P ar exemple: l’oreille perçoit les différentes sortes de sons, leurs mélodies et les subtilités de la miséricorde dans le monde de ce que l’on entend. Elle a une adoration différente, un plaisir différent et aussi une récompense dif­ férente. Par exemple: l’odorat perçoit les subtilités de la miséricorde qui se trouvent dans le monde des odeurs. Cette faculté a un devoir de recon­ naissance et un plaisir. Sans doute a-t-elle une récompense. P ar exemple: le goût accomplit une très grande reconnaissance spirituelle s’il apprécie les plaisirs de tous les aliments. Et ainsi de suite, tous les organes humains, les grandes et im portantes facultés comme le cœur, la raison et l’esprit ont de tels devoirs, de tels plaisirs et de telles peines. Voilà, l’Etre Absolu, Possesseur de la Sagesse Infinie, distribuera certainem ent la récompense appropriée à chacune des facultés qu’il emploie chez l’homme. Tout un chacun
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perçoit, dans le monde, avec sa conscience, les résultats immédiats de toutes ces espèces d’amour nombreuses qui ont été précédemment expliquées. Ces résultats peuvent être confir­ més à travers l’intuition certaine. Quant à leurs résultats de l’au-delà, puisque leur existence et leur réalisation sont, certainement, prouvés dans les Douze Vérités de la Dixième Parole et dans les Six Piliers approfondis de la VingtNeuvième Parole, il est, sûrement, établi dans leurs détails, par les signes clairs comme

et par les déclarations, les allusions, les indica­ tions et les signes du Coran. Pas besoin d’ap­ porter d’autres preuves plus longues. De toutes les façons, beaucoup de preuves ont été abor­ dées dans d’autres Paroles, telles que la deux­ ième section en arabe de la Vingt-Huitième Parole relative au Paradis et la VingtNeuvième Parole. Première Indication: le résultat de l’amour licite pour les plats délicieux et les bons fruits, dans l’au-delà, à la manière d’une reconnais­ sance, selon les versets du Coran, c’est une
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forme appropriée des plats délicieux et de bons fruits du Paradis. Et c’est une appréciation qui ouvre l’appétit à ces plats et à ces fruits. Même, quand tu dis “al hamdulillah” (louange à Dieu) à la suite d’un fruit que tu manges, dans ce monde, il est transformé en un fruit dans le Paradis et il te sera présenté. Ici, tu manges un fruit, là-bas tu manges le fruit de ta louange. Et puisque tu vois la bienfaisance divine et la faveur du Miséricordieux dans la bonté et dans la nourriture, il est bien établi selon le texte du hadith, l’indication du Coran et par la nécessité de la sagesse et de la compassion, que cette reconnaissance spirituelle dans le plaisir te sera donnée comme une nourriture délicieuse dans le Paradis. Deuxième Indication: quant à l’amour du soi d’une façon licite sur terre, c’est-à-dire, il ne s’agit pas de porter l’amour sur les qualités de soi, mais des objets d’amour qui sont donnés au Paradis pour avoir corrigé son âme et l’avoir éduquée pour l’avoir développée avec tendresse et l’avoir conduite aux bonnes actions après avoir vu ses défauts. Puisque l’âme a utilisé ses désirs et ses passions dans le monde et dans la
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voie de l’Etre Absolu, puisqu’elle a fait bon usage de ses facultés et de ses sens, comme résultat d’un amour légal à la manière d’une adoration, de très nombreux versets expliquent clairement et prouvent que le Généreux Absolu lui donnera des “houris” dans le Paradis après que leurs corps seront vêtus de soixante-dix habits des finesses différentes et des beautés variées qui caresseront et qui satisferont tous les sens de l’âme et chacune de ces “houris” ressemblera à un petit paradis animé dans la demeure éternelle. De plus, aimer sa jeunesse dans ce monde, c’est-à-dire, le résultat de dépenser la force de la jeunesse dans l’adoration produit une jeunesse éternelle dans la demeure perpétuelle. Troisième Indication: dans l’au-delà, le résultat d’aimer sa compagne de vie dans le cer­ cle licite, c’est-à-dire l’aimer sincèrement face à sa tendresse délicate, à sa bonne vertu et à son bon caractère, le résultat de la protéger de la violation de ses devoirs conjugaux et d’autres péchés, le Miséricordieux Absolu a promis que cette compagne de vie sera plus belle et plus attractive, mieux embellie que les “houris”, aus­
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si sera-t-elle intime, gracieuse, éternelle, aimée, aimante dans la demeure du bonheur où tous les deux pourront, se raconter agréablement, les anciennes aventures et se rappeler leurs souvenirs terrestres. Il donnera, certainement, ce qu’il a promis. Quatrième Indication: la conséquence pour l’amour des parents et des enfants selon le texte du verset du Coran, l’Etre Clément, M iséri­ cordieux offrira le pur plaisir de se rencontrer, la bonté pour toujours, à la famille heureuse, même si les membres ont des niveaux dif­ férents, dans la bonne entente, digne du P ara­ dis, à la Demeure Eternelle. En ce qui concerne les enfants qui décèdent avant d’atteindre quinze ans, c’est-à-dire avant d’arriver à l’âge de la puberté sont nommés enfants du Paradis, Il m ettra, aux bras de leurs pères et mères, ces enfants du Paradis d’une façon appropriée à celui-ci, embellies et aimables, Il satisfera les sentiments de l’amour parental dans le plaisir et la joie. Car, comme ces enfants n’ont pas atteint l’âge de la responsabilité, ils resteront éternellement des enfants aimables et
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agréables. Toute chose qui porte plaisir dans le monde trouve sa meilleure forme dans le Paradis. Mais, seulement, on croyait qu’il n’y avait pas d’amour très doux, c’est-à-dire le plaisir d’aimer et de caresser les enfants puisque le Paradis n’était pas approprié pour la reproduction. Voilà, de cette façon, cet amour existe aussi, même dans le meilleur plaisir et dans la meilleure douceur. Enfin, bonne nou­ velle pour ceux dont les enfants décèdent avant la puberté! Cinquième Indication: la conséquence d’aimer les bons amis selon le jugem ent “L’amour pour Dieu”, ce qui est nommé par

établi selon le texte coranique que les dits amis seront assis face à face sur des chaises du Paradis et se raconteront les douces et belles, les agréables et plaisantes aventures et les anciens souvenirs sous forme de s’am user en dialoguant avec un amour pur et sans sépara­ tion. Sixième Indication: le résultat d’aim er les prophètes et les saints, comme le Coran le
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définit est de bénéficier aussi bien de leur intercession dans le Monde Interm édiaire et dans la Résurrection que de profiter de leurs rangs et de leurs émanations par le moyen de cet amour. En effet, selon le mystère

un homme ordinaire peut s’approcher d’un rang élevé en suivant une personne ayant un rang élevé et étant apprécié par cette personne. Septièm e Indication: la conséquence d’ai­ mer les belles choses et le printemps, c’est-àdire de s’écrier: “Que ces choses sont bien crées!” et aimer la beauté de l’ordre qui sont derrière ces œuvres d’art, aimer les reflets des Beaux Noms qui se trouvent derrière l’ordre des actes et les reflets des attributs derrière les Beaux Noms, etc., c’est voir, dans la demeure éternelle, les manifestations de ces Noms et de tous ces attributs qui s’y trouvent, dans le Paradis, par rapport à ces belles créatures que tu vois. Même Imam Rabbani a dit: “Les plaisirs exquis du Paradis représentent les similitudes des manifestations des Noms.” Considérez-le!
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Huitième Indication: la conséquence de l’amour pour les deux belles faces du monde sur terre, avec la méditation, qui est le champ de labour de l’au-delà et qui représente le miroir des Noms Divins, c’est qu’un Paradis éternel, aussi grand que le monde, mais qui n’est pas passager comme celui-ci, sera donné. De plus, les Noms dont les ombres ne sont montrées que faiblement dans le monde seront présentés avec le plus grand éclat dans les miroirs de ce Paradis. Puis, le résultat d’aimer le monde comme le champ à ensemencer ou la pépinière de l’audelà, est qu’il prend la valeur d’un petit champ où sont cultivées de petites plantes donnant un tel Paradis où les sens et les facultés hum ains seront, parfaitement, développés alors que dans le monde, ils ressemblent aux petites plantes et les capacités qui ressemblent aux graines seront offertes à l’homme après qu’elles seront développées comme les jacinthes avec toutes sortes de plaisir et de perfection selon la néces­ sité de la compassion et de la sagesse, d’après les textes du hadith et les allusions du Coran.
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Ou encore, puisqu’il ne s’agit pas d’amour éphémère qui est la source de tous les péchés, mais de deux faces que l’homme a aimées pour les Noms Divins et l’au-delà, puisqu’il a cul­ tivées avec adoration comme s’il a réalisé cette adoration avec tout son monde, la compassion et la sagesse nécessitent tout à fait qu’il obti­ enne une récompense aussi grande que le monde. Aussi a-t-il aimé avec l’amour de l’audelà comme son champ à ensemencer et a-t-il aimé avec l’amour de l’Etre Absolu le miroir de Ses Noms. Il désirera, sûrement, un objet d’amour grand comme le monde. Quant à celuici, c’est un Paradis aussi grand que le monde. Question: à quoi sert un Paradis si grand, si vide? Réponse: si c’était possible que tu traverses, avec la vitesse de l’imagination, les régions de la Terre et la plupart des étoiles, tu pourrais dire: “Tout l’univers m’appartient.”, le fait que les anges, les hum ains et les animaux y p ar­ ticipent ne changent rien à ta décision. Comme cet exemple, même si le Paradis est plein, tu pourras dire: “Ce Paradis est à moi.” Le sens du hadith: “Un Paradis immense de cinq cents ans
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qui est donné à certaines gens de la félicité éter­ nelle” a été expliqué dans la Vingt-huitième Parole et dans le Traité de la Sincérité. Neuvième Indication: le résultat d’avoir la foi et l’amour de Dieu selon le consensus de ceux qui font une recherche et une découverte spirituelles, par le hadith certain et le texte du Coran, c’est la vie du Paradis face à laquelle mille ans de vie heureuse sur terre n’atteignent pas une heure de la vie céleste et quant à la con­ tem plation et la vision (Note) d’un Etre Glo­ rieux, sacré, possesseur de la beauté et de la perfection incomparables face à laquelle mille ans de la vie du Paradis n’atteignent pas une heure de cette contemplation. Toute personne ressent, à quel point, à travers sa conscience, la curiosité et le désir
(Note) Selon le texte du hadith “Cette contempla­ tion est tellement au-dessus de tous les plaisirs du Paradis au point quelle fait oublier les plaisirs de celuici à ceux qui vivent cette contemplation. Après cette vision, la beauté de ceux qui y assisteront sera si élevée que leurs épouses dans leurs palais ne pourront les reconnaître que difficilement et avec beaucoup d'atten­ tion.” 208

ardent de voir une personne aussi réputée que le prophète Salomon (psi) pour sa perfection magnifique et une curiosité, un désir ardent, pour une personne distinguée par sa beauté, hors du commun, comme le prophète Joseph (psi). Compare si tu peux comparer: toutes les beautés et toutes les perfections du Paradis qui sont des milliers de fois supérieures à celles du monde représentent la manifestation d’une beauté et d’une perfection de la vision d’un Etre dont la vue est ardemment désirée et sollicitée et le regard ta n t demandé avec une grande envie et une grande volonté.

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DEUXIEM E SECTION D U QUATORZIEME ECLAIR
Il s ’agit de six m ystères qui sont contenus dans le verset “ u nom de A Dieu Clément et M iséricordieux”.

AVERTISSEMENT: une lumière brillante de l’expression “Au nom de Dieu (Bismillah)” est parue, au loin, à ma raison terne au regard de la Miséri­ corde. J’ai voulu prendre note sous forme d’aver­ tissem ent pour mon âme. J’ai voulu faire un cercle autour de cette lumière pour la pourchasser et la capturer dans deux ou trois m ystères. Mais, mal­ heureusement, je n’ai pas réussi; ces mystères sont diminués de vingt ou trente aux cinq ou six.
Quand je dis “0 homme!”, je m’adresse à mon âme. Bien que cette leçon soit particulièrement des­ tinée à mon âme, je la laisse à l’approbation de mes frères m éticuleux dans l’intention que cette leçon, intitulée Deuxième Section du Quatorzième Eclair, sera, peut-être, utile pour les personnes qui sont avec moi et qui ont l’esprit plus éveillé que le mien. Elle est tournée plus vers le cœur que la raison, plus vers le plaisir spirituel que la preuve évidente.
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Un certain nombre de mystères seront expliqués dans cette section: Premier mystère: j ’ai vu une manifestation du verset “Au nom de Dieu Clément et Miséri­ cordieux”. La voici: La face de l’univers, la face de la Terre et la face de l’homme constituent les trois sceaux de la Seigneurie dont les unes sont dans les autres, les unes m ontrent les autres. Le premier: l’expression “Au nom de Dieu” concerne le sceau suprême divin qui se m ani­ feste à travers l’assistance mutuelle, la coopéra­ tion, la solidarité et la correspondance dans l’ensemble de l’univers. Le deuxième: le verset

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“Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux” regarde le Sceau Suprême de la Miséricorde qui se manifeste à travers la ressemblance, la pro­ portion, l’ordre, l’harmonie, la faveur et la com­ passion mutuels se trouvant dans la disposi­ tion, l’éducation, l’administration des végétaux et des animaux de la face du globe terrestre. Puis, c’est le Sceau Exalté de la Miséricorde Divine duquel se manifestent les rayons de la compassion, les subtilités de la clémence et les minuties de la tendresse dans la face de la nature complète de l’homme que regarde le mis­ éricordieux du verset

(“Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux”). Donc, ce verset est le titre sacré des trois sceaux de l’Unicité qui forment une ligne lumineuse sur la page du monde. Cette expression est aus­ si une corde solide et une écriture brillante de l’Unicité. C’est-à-dire, cette révélation céleste touche l’homme qui est le fruit de l’univers et la copie en m iniature de ce monde. Il lie le monde au Trône. Il trouve un chemin pour monter l’homme au Trône.
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Deuxième Mystère: le Coran à la clarté miraculeuse montre toujours l’unité dans l’u­ nicité pour ne pas laisser la raison s’étouffer dans l’unicité qui se manifeste à travers la multiplicité des créatures. Par exemple, puis­ que le soleil englobe la multiplicité des choses avec sa lumière, puisque pour considérer l’es­ sence du soleil, il faut une imagination vaste et une vue globale, donc pour ne pas se faire oublier, il se montre par le biais de son reflet dans chacune des choses brillantes. Selon sa capacité, chacune de ces choses ne m ontre pas seulement le reflet de l’essence du soleil, mais encore ses qualités telles que sa lumière et sa chaleur. Toute chose brillante montre, selon sa capacité, le soleil avec toutes ses qualités, cha­ cune d’elles, telles que la lumière, la chaleur et les sept couleurs qui se trouvent dans sa lumière aussi, une telle qualité englobe toutes les choses qui sont en face d’elle. De même, -il ne faut pas d’erreur dans la com paraison- étan t donné que l’unité et l’éternité divines avec tous les Noms consti­ tuent une manifestation dans chacune des
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choses, surtout chez les êtres vivants, par­ ticulièrement dans le miroir de l’essence de l’homme, alors chacun des Noms qui est en relation avec les autres êtres, englobe ces créatures par les aspects unité et unicité. Voilà, pour ne pas laisser la raison se noyer dans l’unité et pour ne pas faire oublier l’Etre Sacré, aux cœurs, le Coran met constamment devant nos yeux le Sceau de l’Unicité dans l’Unité avec le verset “Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux”; ainsi, le sens des trois difficultés résolues. Troisième Mystère: ce qui anime cet univers sans fin, c’est la Miséricorde. Ce qui illumine ces êtres dans l’obscurité, c’est évidem­ m ent la Miséricorde. Et ce qui éduque ces créa­ tures empêtrées dans des besoins innom­ brables, encore c’est la Miséricorde. Tout l’u­ nivers semblable à un arbre qui se tourne avec tout son ensemble vers son fruit, ce qui fait tourner et regarder, ce qui fait que cet univers assiste l’homme, c’est la Miséricorde. Ce qui remplit, illumine et anime ce cosmos illimité et cet espace vide, ce monde libre, nous observons
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que c’est la Miséricorde. Ce qui désigne l’homme passager est, sûrement, comme un interlocuteur ami à l’Etre de toute éternité, c’est, évidemment, la Miséricorde. 0 homme! Puisque la Miséricorde est ainsi une vérité forte, attirante, assistante, aimable et louable, dis accroche-toi à cette vérité et sois sauvé de l’hor­ reur absolu et des difficultés de besoins innom­ brables. Approche-toi du trône du Souverain de toute éternité. Sois son interlocuteur et son ami intime grâce à la compassion et aux rayons de cette Miséricorde. Oui, faire réunir les espèces de créatures dans l’univers autour de l’homme dans le cercle de la sagesse en lui faisant courir tous ses besoins avec parfaits ordre et assistance, c’est, évidemment, l’un de deux états: ou chacune des espèces dans l’univers, elle-même connaît l’homme, elle lui obéit et court à son aide. Alors, pas seulement ceci est cent fois loin de la ra i­ son, mais aussi cela engendre de nombreuses impossibilités. Il faudrait la puissance la plus
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étendue d’un Souverain Absolu à l’homme qui est d’une impuissance absolue. Ou bien, cette assistance est réalisée par la science d’un Etre Tout Puissant derrière le voile de l’univers. Donc, ces espèces dans l’univers ne connaissent pas l’homme, par contre ce sont les preuves du savoir et de la connaissance d’un Etre M iséri­ cordieux qui connaît l’homme et qui sait ses besoins. 0 homme! Reprends ta raison! Est-il, en aucun cas, possible que l’Etre Glorieux qui te fait servir, avec tan t de mains, par l’assistance de toutes les espèces variées et qui leur fait dire, à chacune pour toi, “me voici” (“lebbeyk”), t ’ignore, ne te connaisse pas et ne te voie pas? Puisqu’il te connaît et qu’il fait savoir ce qu’il connaît dans Sa Miséricorde, toi aussi, connaisLe, fais savoir ce que tu sais avec respect. Et sache avec certitude que subjuguer l’énorme univers et le rem ettre au secours d’une créature comme toi qui es absolument faible, impuis­ sante, pauvre, une créature éphémère et petite, c’est, certainement, la vérité de la Miséricorde qui comprend la sagesse, la providence, la sci­ ence et la puissance. Une telle miséricorde
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exige, sûrement, de ta part, une gratitude com­ plète et sincère, un respect pur et sérieux. Voilà, dis qui est l’inter­

prète et l’expression de cette gratitude sincère et de ce respect pur. Fais-en le moyen d’attein­ dre cette Miséricorde et l’intercesseur dans la cour de cette Providence. Oui, l’existence et la réalité de cette Clémence, c’est aussi évident que le soleil. Parce qu’un dessin central est réalisé à partir de l’ordre et de la situation des fils qui forment la tram e viennent de toutes les directions. De même, la tram e lumineuse, de laquelle découle la manifestation des Noms Divins dans le plus grand cercle de l’univers, autrem ent dit tout cela tisse comme un sceau miséricordieux, un tel ornement de la Clémence et un tel cachet de la Providence à travers la face de cet univers que ces Noms se m ontrent à la raison plus bril­ lam m ent que le soleil. Oui, le Beau Miséri­ cordieux qui a mis en ordre, par les rayons des mille et un Noms, le soleil et la lune, les élé­ ments et les minéraux, les végétaux et les ani­ maux comme les fils d’une tram e dans le plus
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grand ornement, Celui qui les a mis au service de la vie, Celui qui a montré sa compassion à travers la tendresse douce et dévouée de toutes les mères végétales et animales, Celui qui a mis les êtres vivants au service de la vie de l’homme en m ontrant un ornement suprême très beau et très doux de la Seigneurie Divine et en désig­ nant sa Clémence la plus brillante, a, certaine­ ment, fait un intercesseur agréé de sa Miséri­ corde et de son indépendance infinie pour les êtres vivants et pour l’homme face à leur pau­ vreté absolue. O homme! Si tu es, vraiment, un être humain, dis “au nom de Dieu Clément et Miséricordieux” et trouve cet intercesseur. Oui, Celui qui éduque et gère les quatre cents mille espèces de végétaux et d’animaux différents, sans en oublier aucune, sans se trom per sur aucune, tout à fait à temps, avec parfaits ordre, sagesse et providence, Celui qui place le sceau de l’Unicité sur la face du globe terrestre, c’est la Miséricorde, évidemment et certainem ent par le témoignage des créatures. Et, comme l’existence de cette Miséricorde est aussi cer­ taine que celle des êtres sur la surface du globe
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terrestre, il existe des preuves de réalisations aussi nombreuses que ces êtres. Oui, étant don­ né que, sur la surface de la terre, il y a un tel sceau de la Miséricorde et un tel timbre de l’Unicité, il existe aussi dans la face spirituelle de la nature de l’homme, un sceau semblable de la Miséricorde qui n’est pas moins que le cachet de la compassion sur la surface de la terre et le sceau suprême à la surface de l’univers; tout simplement, cette Miséricorde a une possession universelle ressemblant à un point de focalisa­ tion qui est la manifestation des mille et un Noms. 0 homme! Est-il, en aucun cas, possible que Celui qui t’a donné ce visage et qui y a placé l’image de la Miséricorde et le timbre de l’Unicité, te laisse tomber, sans te donner de l’importance, sans faire attention à tes actions, en rendant futile tout l’univers qui est tourné vers toi et en produisant un arbre au fruit gâté, abîmé, insignifiant à partir de l’arbre de la Création? De plus, il n’y a, en aucun cas, ni doute, ni manque que cette Personne dénie sa Miséricorde qui est aussi évidente que le soleil
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et Sa Sagesse qui est aussi visible que la lumière. A Dieu ne plaise! O homme! Sache qu’il y a un moyen d’ascen­ sion pour atteindre le trône de cette Miséri­ corde. La dite ascension est

“Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux”. Si tu veux comprendre à quel point cette ascen­ sion est im portante, regarde au début des cent quatorze sourates du Coran à la clarté mirac­ uleuse, et au commencement de tous les livres estimables et au début de toutes les bonnes ini­ tiatives. Donc, une preuve certaine de la grandeur d’un commencement par le nom de Dieu est que beaucoup de très grands savants musulmans comme Imam Shafîi (que Dieu soit satisfait de lui) ont dit: ”Bien que

soit un seul verset, il est révélé, dans le Coran, cent quatorze fois.”
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Quatrième Mystère: c’est la manifestation de l’unité divine dans la multiplicité infinie. Déclarer ne suffit pas à tout le

monde; la pensée s’en va. Il est nécessaire de posséder un cœur aussi grand que le globe ter­ restre pour observer l’Etre Un et Unique der­ rière l’unité dans la totalité des créatures, en disant En con­

séquence de cela, comme il est montré, claire­ ment, le sceau de l’unité dans le partiel, pour le montrer dans chaque espèce et pour prendre en considération l’Etre Un et Unique, le verset désigne un sceau de l’unité dans le timbre de la Miséricorde pour que tout le monde se tourne et s’adresse, directement, à l’Etre infinim ent Sacré, à tous les niveaux, en disant

Voilà, afin d’exprimer ce secret, lorsque le Sage Coran parle de la création des cieux et de la terre, par exemple, dans le cercle le plus grand de l’univers, il mentionne, soudain, la partie la plus subtile dans le cercle le plus petit pour montrer, clairement, le sceau de l’unité. Par
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exemple: au sujet des cieux et de la terre, il ouvre la discussion sur la création de l’homme, sur la voix de l’homme, sur les subtilités des bontés et su r les instances de sagesse de son visage pour que la pensée ne s’éparpille pas, que le cœur ne soit pas étouffé et que l’esprit trouve, directement, son Adoré. Par exemple: le verset

montre, d’une manière miraculeuse, cette vérité citée. Oui, les espèces et les degrés des sceaux de l’Unique, du plus grand au plus petit, existent chez les créatures innombrables et dans la multiplicité infinie comme cercles emboîtés. Mais, quoi qu’il en soit, cette unité reste l’unité dans la multiplicité, elle ne peut, complètement, assurer la vraie liaison. C’est la raison pour laquelle, il faut le sceau de l’Unique derrière l’Unité pour que ce sceau ne rappelle pas la multiplicité et qu’il ouvre une voie dans le cœur, directement, vers l’Etre infinim ent Sacré. Puis, pour tourner les regards vers le
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Sceau de l’Unique et y attirer le cœur, le verset a mis, sur ce sceau de l’Unique, le sceau de la Clémence et le sceau de la Miséricorde qui con­ stituent un ornement très attirant, une lumière très brillante, une fraîcheur très agréable, une beauté très esthétique et une vérité très solide. En effet, c’est la force de cette Miséricorde qui attire le regard des êtres, doués de conscience, les tire vers elle et les renvoie vers le sceau de l’Unique. Cette force fait observer l’Etre Unique et fait préparer l’homme à recevoir le vrai mes­ sage du verset

Voilà, comme le verset “Au nom du Clément et du Miséricordieux” est le sommaire de la sourate Fatiha (Ouverture) et le condensé du Coran, il est devenu un signe et un interprète de ce grand mystère. Celui qui l’acquiert peut se promener dans les niveaux de la Miséricorde. Et celui qui fait parler cet interprète apprend les mystères de la Miséricorde et voit les lumières de celle-ci et celles de la compassion. Cinquième Mystère: il est cité dans un noble Hadith
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que les adeptes de certaines confréries ont com­ menté ce H adith d’une façon inacceptable qui ne convient pas aux bases de la religion. Même, une partie d’entre eux, ceux de l’amour divin ont considéré la nature spirituelle de l’homme comme une forme du Miséricordieux. E tan t donné que la plupart des gens de l’amour divin ont la contemplation et la confusion, leurs con­ sidérations contraires à la réalité sont, excu­ sées. Mais, ceux qui gardent le bon sens ne peu­ vent accepter leurs idées contraires aux fonde­ m ents de la croyance. S’ils le font, ils se trompent. Oui, il ne peut avoir l’associé, le sem­ blable, l’opposé et l’équivalent de l’Etre Pur et Sacré qui administre, dans l’ordre, tout l’u­ nivers comme un palais, ou comme une maison, qui fait tourner et voyager les étoiles comme les atomes, sagement et facilement et qui fait servir les atomes comme de grands serviteurs, il ne peut aussi avoir sa forme, son partenaire, son exemple, sa paire avec le mystère

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Néanmoins, on peut regarder Ses actes, Ses attributs et Ses Noms à travers des exemples et des paraboles avec le mystère

Donc, la comparaison et l’allégorie existent au regard des actes. L’un des objectifs du noble Hadith est celui-ci: l’homme est dans une forme qui montre, entièrement, le nom du M iséri­ cordieux. En effet, puisque nous l’avons déjà expliqué, que l’on voit le nom Miséricordieux se manifester à travers les rayons des mille et un Noms de la face de l’univers, qu’ est montré le nom Miséricordieux qui apparaît dans les reflets illimités de la Seigneurie divine absolue sur la surface terrestre, c’est aussi, dans une certaine mesure, montrer la manifestation uni­ verselle du nom Miséricordieux dans la forme complète de l’homme, comme sur la surface de la Terre et sur la face de l’univers. Une autre indication est celle-ci: les créatures qui reflè­ tent, comme les êtres vivants et les êtres humains et qui sont les preuves, les miroirs du Clément Miséricordieux ont des indications tellem ent claires, sures et certaines sur l’Etre
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Nécessaire que pour faire référence à un miroir brillant m anifestant l’exemple, le miroir du soleil, on dit: “Ce miroir est le soleil.”, de même pour une indication claire et une relation p ar­ faite, on l’a dit et on le dit toujours: “L’homme manifeste l’image du Miséricordieux.” Par con­ séquent, pour indiquer ce mystère, comme un moyen d’expression à cette relation et à cette perfection, une catégorie des gens modérés qui croient en l’Unité de l’Existence «wahdet-al wujud» ont dit: “Il n’y a pas d’existant autre que Lui.”

Sixième Mystère: ô pauvre homme, toi qui es empêtré dans l’impuissance illimitée et dans la pauvreté infinie! Comprends combien la Miséricorde est un moyen précieux et un inter­ cesseur acceptable avec ceci: cette Miséricorde est une telle intercession auprès du Souverain Glorieux que les étoiles et les atomes servent,
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ensemble, dans son armée, avec ordre et obéis­ sance parfaits. Cet Etre Glorieux et ce Souverain de toute éternité est auto-suffisant. Il n’a besoin d’aucune chose. Il est le Riche Absolu qui n’a pas besoin de l’univers et des créatures. En effet, tout l’u ­ nivers est sous Son commandement et sous Sa direction dans une soumission et une obéis­ sance entières à Sa majesté et à Sa grandeur. Voilà, ô homme! La Miséricorde te fait monter en la présence du Riche Absolu et du Souverain Eternel et elle te fait Son ami et Son interlocu­ teur. Ou encore, elle te met dans l’état du servi­ teur aimé. Mais, tu ne peux atteindre le soleil, tu en es très loin, tu ne peux, en aucun cas, t’en approcher; cependant, la lumière du soleil te donne son reflet, sa manifestation grâce à ton miroir. De même, bien que nous soyons très loin de l’Etre Sacré et du Soleil de toute éternité, et que nous ne pussions nous approcher de Lui, mais la lumière de sa Miséricorde approche l’Eternel de nous. Voilà, ô homme! Celui qui trouve cette Miséricorde trouve un trésor éternel inépuis­ able. La solution pour trouver ce trésor est ceci:

l’exemple, le représentant de cette Miséricorde, son interprète, son héraut le plus éloquent, celui qui est décrit, dans le Coran, comme la miséricorde de tous les mondes, est la Tradition du Noble Prophète (paix et salut sur lui) et le fait de suivre cette sunna. Le moyen d’arriver à cette miséricorde concrète, celle de tous les mondes, ce sont les prières auprès de Dieu sur lui (“salaw at”). Oui, le sens de ces prières est la miséricorde. E t quant à ces prières de la mis­ éricorde que constituent les “salawat” en faveur de la miséricorde vivante et concrète, c’est le moyen d’attirer cette miséricorde des mondes. Alors, prends les prières comme le moyen de cette miséricorde des mondes -le Prophète- et prends-le aussi pour le moyen de trouver l’Etre Clément et Miséricordieux. Le fait que sa communauté fait de multiples prières infinies, sur lui qui est la miséricorde des mondes, au sens de cette miséricorde, prou­ ve à quel point cette miséricorde est un cadeau divin et un cercle étendu. En somme, comme la personne “ahmédienne” (du Prophète) est la gardienne la plus

brillante du trésor de la miséricorde, la pre­ mière clef de ce trésor est aussi

“au nom de Dieu Clément et Miséricordieux”. Donc, la clef la plus simple est la prière sur le Prophète (pssl).

* * *

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VINGT-TROISIEME PAROLE
Cette Parole a deux chapitres.

Premier Chapitre
Nous allons expliquer en “Cinq Points” cinq bienfaits parmi des milliers.

PREMIER POINT: l’homme atteint le plus h aut sommet avec la lumière de la foi et acquiert une valeur qui le rend digne du Paradis. Il tombe au plus bas des profondeurs dans les ténèbres de l’incrédulité et il entre dans une situation m éritant l’Enfer. Car, la foi met l’homme en relation avec le Glorieux Créateur. Elle est une relation. Dans ce cas-là,
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l’homme prend de la valeur par rapport à la manifestation de l’a rt divin et des ornements des Beaux Noms du Seigneur chez lui. L’incroyance rompt ce lien. A cause de cette rup­ ture, l’a rt du Seigneur se cache. Même son prix se réduit uniquement à la matière. Quant à celle-ci, comme elle a une vie éphémère, périss­ able et passagère, elle ne vaut rien. Nous allons expliquer ce mystère par une parabole. Par exemple: dans les œuvres artistiques hum aines, la valeur de la m atière et celle de l’a rt sont différentes. Parfois, les deux valeurs sont égales, parfois, celle de la matière est plus précieuse, il arrive que, parfois, dans une m atière de fer de quelques piastres, on trouve une œuvre de cinq livres. Sûrement, il arrive qu’une œuvre d’art antique coûte un million de livres, sa matière ne vaut même guère plus que cinq piastres. Aussi, si une telle œuvre d’a rt antique est présentée au marché des antiquaires, en l’a t­ tribuant à son artiste prodigieux et talentueux, en l’exposant avec un tel a rt et un tel artiste,
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elle sera vendue à un million de livres. Si on la présente au marché grossier des forgerons, elle pourra être achetée au prix d’un morceau de fer de cinq piastres. Voilà, l’homme est une telle œuvre d’a rt de l’Etre Absolu. Et il est un miracle subtil et déli­ cat de son pouvoir qu’il a créé comme une m an­ ifestation de tous ses noms, un pivot de ses broderies et un microcosme de tout l’univers. Si la lumière de la foi pénètre en lui, alors tous les ornements significatifs seront lues grâce à cette foi. Un tel croyant les lit conscien­ cieusement. E t il les fait lire grâce à ce lien. C’est-à-dire: “Je suis un produit et une créature du Glorieux Créateur, une manifestation de sa miséricorde”, en le disant de cette façon, de telles manifestations se révéleront. Autrem ent dit, la foi, qui est une relation avec le Créateur, montre toutes les traces de son a rt chez l’homme. La valeur de celui-ci varie en fonction de sa capacité à refléter cet a rt seigneurial dans le miroir de l’Eternel. Dans ce cas-là, avec une telle valeur, l’homme insignifiant s’élève au-dessus de toutes les créatures en devenant
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l’interlocuteur de Dieu et un hôte du Seigneur, digne du Paradis. Si l’incrédulité qui est la rupture de ce lien pénètre chez l’homme, alors tous les ornements des Noms de Dieu significatifs sombrent dans l’obscurité; ils deviennent illisibles. Car, si le Créateur est oublié, les aspects spirituels orien­ tés vers Lui aussi deviennent incompréhensi­ bles. On dirait que ces ornements tombent de haut en bas. La plupart de ces oeuvres d’a rt et de ces ornements de valeur se dissimulent. Quant à la partie qui reste et qui est visible à l’œil, elle est attribuée aux causes futiles, à la nature et au hasard, elle sera enfin sans valeur. Bien que chacune d’elles soit un diam ant bril­ lant, elle se transforme en débris de verre. Son importance ne concerne que sa m atière ani­ male. Q uant au but et au fruit de la m atière, comme nous l’avons dit, bien que l’homme soit dans une vie brève, le plus faible, le plus néces­ siteux et le plus malheureux de tous les ani­ maux, c’est passer uniquement une vie éphémère. Ensuite, il s’en va en périssant. Enfin, l’incrédulité détruit l’essence de l’homme en le transform ant de diamant en charbon.
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DEUXIEME POINT: puisque que la foi est une lumière, elle éclaire l’homme et elle fait lire sur lui toutes les lettres de l’Eternel, de même, elle éclaire aussi l’univers. Elle délivre de l’ob­ scurité les temps passé et futur. Nous allons expliquer ce mystère dans une vision par une parabole relative au verset

dont voici une signification: Je vis dans une vision qu’il y a deux hautes ! montagnes face à face sur lesquelles est con­ stru it un pont impressionnant. Je me trouve sur ce pont. Sous celui-ci, il y a une profonde vallée. Des ténèbres denses et obscures ont envahi partout le monde. Je regardai ma droite, je vis une immense tombe dans les ténèbres illimitées, c’est-à-dire j ’imaginai. Je regardai ma gauche, je crus voir et se préparer de grandes tempêtes et des calamités, des catas­ trophes dans des vagues intenses de l’obscurité. Je regardai sous le pont, je crus voir un profond ravin. Face à ces ténèbres intenses, j ’avais une lampe de poche de faible lumière, je l’allumai. Je regardai avec sa petite lumière, une situa­
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tion effrayante m’apparut. Même autour et devant le pont où j’étais, des dragons, des lions et des monstres féroces se montrèrent au point que je me suis mis à regretter de posséder cette torche pour ne pas voir ces terreurs. Partout, où je la dirigeai, je fus frappé de telles peurs. “Hélas! Cette torche fait mon malheur.” dis-je. Je me mis en colère. Je la jetai à terre, je la cas­ sai. Comme si en la brisant, j ’appuyai sur le dis­ joncteur de la grande lampe électrique éclairant le monde entier, en un instant ces ténèbres se dissipèrent. Toutes les directions furent rem ­ plies de la lumière de cette lampe. Elle montra la réalité de toutes les choses. Je compris que le pont que j ’avais vu était une avenue dans une plaine, un endroit merveilleux. Je rem arquai que l’immense tombe que j ’avais vue à ma droite est composée des assemblées d’adoration, de service, de discussions et d’invocation qui se tiennent sous la responsabilité des gens éclairés dans de beaux jardins tout verts. Quant aux abîmes, aux ravins que j’avais imaginés à ma gauche, je vis pêle-mêle que c’étaient une somptueuse salle de festin, un lieu de beaux paysages et une haute place de détente situés au pied des montagnes fleuries, agréables, a tti­
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rantes. Je vis que les créatures que j ’avais pris­ es pour des dragons et des monstres féroces étaient des animaux domestiques: chameaux, bœufs, moutons et chèvres. En disant j ’ai récité le verset:

Je me suis réveillé de cette vision. En effet, les deux montagnes sont le début et la fin de la vie, c’est-à-dire le monde terrestre et le monde intermédiaire. Quant au pont, c’est le chemin de la vie. Quant au côté droit, il représente le passé. En ce qui concerne le côté gauche, il représente le futur. Quant à la torche, elle représente l’égoïsme humain, prétentieux, se fiant à ses propres connaissances et refusant d’écouter la révélation céleste. Ce que je avais cru être des monstres était les phénomènes de ce monde et ses créatures étranges. Voilà, l’homme qui se fie à son égoïsme, qui tombe dans les ténèbres de l’insouciance et qui est habitué à l’obscurité de l’égarement ressemble à mon premier état dans la vision citée où il voit
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avec des connaissances insuffisantes; ces con­ naissances mêlées d’égarement ressemblent à la petite lampe et le temps passé est considéré comme une immense tombe dans des ténèbres proches de l’inexistence. Un tel homme montre le futur comme un lieu de cruauté lié au hasard et à de grandes tempêtes. Il fait savoir que cha­ cun des phénomènes et des créatures n’est autre qu’un fonctionnaire asservi du Sage et du Miséricordieux comme un monstre nuisible. Il reflète le jugement de

Si cet homme suit la voie du salut, si la foi entre dans son cœur, si son âme pharaonique est brisée, s’il écoute le Livre de Dieu, il ressemblera à mon deuxième état. Alors, l’u­ nivers sera soudain imprégné de la lumière divine. L’univers lira ce verset

Ensuite, il verra avec l’œil de son cœur que le temps passé n’est plus un immense cimetière,
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en revanche chaque époque se trouve sous la responsabilité d’un prophète ou d’un saint homme, les communautés d’âmes pures en accomplissant leur devoir d’adoration, en te r­ m inant leur devoir de vie, s’envolent en disant: “Dieu est le plus grand” vers les sommets élevés et passent au monde futur. Regardant à sa gauche, il aperçoit de loin à la lumière de la foi un festin du Miséricordieux préparé dans les ! i palais du bonheur; ce sont les jardins du Paradis qui se trouvent après quelques grands i changements du monde Interm édiaire et ceux I de l’au-delà; ils sont aussi grands que les mon- I tagnes et il reconnaît comme un fonctionnaire ] zélé chacun des événements: la tempête, le I séisme et la peste. Il voit les phénomènes comme les orages du printemps et la pluie, sujets à des sagesses très subtiles spirituelle- I ment, mais rudes apparemment. Il voit même I la mort comme le début de la vie éternelle et la | tombe comme la porte du bonheur sans fin. 1 Compare les autres aspects. Applique la vérité à la parabole. TROISIEME POINT: la foi est aussi bien une lumière qu’une force. Oui, celui qui obtient
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la vraie foi peut défier le monde entier. Et selon la force de sa foi, il est délivré de la pression des événements. En disant: “Je m’en remets à Dieu.” il voyage, à travers les vagues aussi grandes que des montagnes, des événements à bord du bateau de la vie avec parfaite confi­ ance. Il confie tous ses poids à la force infinie du Tout Puissant. En traversant paisiblement le monde, il se repose dans le monde Interm é­ diaire. Après, pour entrer dans le bonheur éter­ nel, il peut s’envoler vers le Paradis. Sinon, s’il ne m et pas sa confiance en Dieu, les pesantes difficultés de ce monde l’empêcheront de s’env­ oler, elles le tireront plutôt au rang le plus bas. Donc, la foi nécessite l’unicité divine, celle-ci la soumission à Dieu, celle-ci la confiance, celle-ci le bonheur des deux mondes. Mais, qu’il n’y ait pas de malentendu! La confiance en Dieu ne signifie pas rejeter totale­ ment les causes, au contraire c’est suivre les causes en sachant qu’elles représentent le voile du pouvoir divin; quant au recours aux causes, en les considérant comme une forme de la prière active, c’est les demander uniquement de
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Dieu et attendre les résultats de sa part et Lui en être reconnaissant. L’état de celui qui fait confiance à Dieu et l’é­ ta t de celui qui le refuse ressemblent à cette parabole: Un jour, deux hommes, après avoir placé de lourdes charges sur leur dos et sur leur tête, ils achètent leur billet et montent à bord d’un navire. L’un, dès qu’il est à bord, pose son fardeau sur le pont et s’assied dessus. L’autre, sottem ent obstiné, refuse de se décharger. On lui dit: — Si tu posais ta charge, tu serais à l’aise. — Non, je ne la poserai pas. Assurément, peut-être sera-t-elle perdue. Je suis fort. Je garderai tout sur mon dos et sur ma tête. Alors, on lui dit: — Ce bateau qui appartient au souverain nous porte, vous et nous! Il est le plus fort! Il nous protège beaucoup mieux. Toi, tu vas avoir un malaise et tu vas tomber à la mer avec tes bagages.
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“Aussi, petit à petit, tes forces diminueront. Ton dos courbé et ta tête sans cervelle ne pour­ ront supporter ces bagages. Si le capitaine te voit dans cet état, il t ’exclura en disant: “Il est fou.” ou bien il donnera cet ordre: “C’est un traître, il accuse notre navire, il se moque de nous, qu’il soit mis en prison.” “Ainsi, tu seras la risée de tout le monde. Parce que, aux yeux des gens attentifs, avec ton arrogance qui montre ta faiblesse, avec ta pré­ tention qui montre ton impuissance, ton osten­ tation qui montre ton hypocrisie, ou encore ta bassesse; tout le monde se moquera de toi.” Quant ces propos lui ont été dits, le malheureux est revenu à la raison, il a posé ses bagages à terre. Il s’est assis dessus. “Oh! Que Dieu soit satisfait de toi. J ’ai été sauvé de la difficulté de la prison et du ridicule.” dit-il. Voilà, ô homme dépourvu de confiance en Dieu! Toi aussi, reprends ta raison. Fie-toi à Lui comme cet homme pour que tu sois sauvé de la mendicité de tout l’univers et que tu ne trem ­ bles pas face à tout événement et que tu sois délivré de la vanité, du ridicule et du m alheur
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de l’au-delà et aussi de l’étouffante pression de ce monde. QUATRIEME POINT: la foi fait de l’homme quelqu’un d’authentique et même de souverain. Alors, le vrai devoir de l’homme est “foi et prière”. L’incrédulité transforme l’homme en une bête sauvage, monstrueuse, extrêmem ent impuissante. A ce sujet, seulement les différences entre l’arrivée de l’homme et celle de l’animal au monde constituent une preuve évidente parmi des milliers de preuves. C’est aussi un argu­ ment décisif. Oui, les différences entre l’arrivée de l’homme et celle de l’animal’ au monde mon­ tren t que l’humanité devient vraie avec la foi. Parce que, quand l’animal vient au monde, il y vient parfaitem ent adapté par rapport à ses capacités, c’est-à-dire qu’il est envoyé comme s’il avait été déjà perfectionné dans un autre monde: il apprend en deux heures, ou en deux jours ou bien en deux mois, toutes les condi­ tions de sa vie, toutes ses relations avec les autres créatures et les lois de sa vie, il acquiert
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une compétence. Un oiseau comme le moineau et un insecte comme l’abeille acquièrent, en vingt jours, les conditions de la vie, ceci grâce à leurs instincts, tandis que l’homme a besoin de vingt ans pour posséder l’automatisme d’activ­ ité. Donc, le devoir essentiel de l’animal n’est pas de se perfectionner avec l’apprentissage, ni de progresser en acquérant des connaissances, ni de demander secours et aide en m ontrant son impuissance. En revanche, son devoir est de travailler, de s’appliquer et d’adorer en acte par rapport à ses capacités. Quant à l’homme, en arrivant au monde, il a besoin de tout apprendre et il ignore les lois de la vie, même en vingt ans, il ne peut apprendre complètement les conditions de la vie. Plutôt, il a besoin de les apprendre jusqu’à la fin de sa vie. De plus, étant né dans le monde, faible et impuissant, il ne peut tenir debout jusqu’à un ou deux ans. Il n’arrive à distinguer le prof­ itable du nuisible qu’à l’âge de quinze ans seule­ ment. Avec l’aide de l’environnement humain, il peut attirer des intérêts vers lui et se protéger des pertes. La fonction primordiale de l’homme est donc de progresser par l’apprentissage, la
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prière et l’adoration. C’est-à-dire: “Par la Miséricorde de qui suis-je si sagement dirigé? Par la générosité de qui suis-je éduqué si ten ­ drement? Comment et par la grâce de qui suisje nourri et géré si délicatement?” Il s’agit de demander, de prier et de supplier Celui qui sub­ vient aux besoins avec le langage de faiblesse et de pauvreté pour ses besoins dont il ne peut atteindre un sur mille. C’est-à-dire s’envoler au grade élevé d’adoration grâce aux ailes de la faiblesse et de la pauvreté. Donc, l’homme est venu dans le monde pour se perfectionner par le biais de la science et de la prière. De par sa quintessence et ses capac­ ités, toute chose est liée à la science. Le fonde­ m ent et la source, la lumière et l’esprit de toutes les vraies sciences, c’est la sagesse divine. Et la base solide de cette science est la foi en Dieu. De plus, comme l’homme est confronté fréquemment aux attaques, aux épreuves innombrables et aux ennemis illimités, aux besoins et aux demandes sans fin malgré son impuissance et sa pauvreté infinies et qu’il a besoin de ta n t de choses, après la foi sa fonction
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essentielle et naturelle est la prière. Q uant à celle-ci, elle est le fondement de l’adoration. Puisqu’un enfant, pour satisfaire un désir auquel sa main n’accède pas, pleure ou appelle à l’aide, puisqu’il invoque en acte ou en parole la grâce avec le langage de l’impuissance, il atteint son but. De même, l’homme ressemble à un enfant fragile, délicat et sensible dans le monde de tous les vivants. A la cour du Clément Miséricordieux, il faut pleurer en exprim ant sa faiblesse et son impuissance, prier par sa pau­ vreté et sa nécessité afin que ses objectifs lui soient facilités et qu’il en soit reconnaissant. Sinon, en disant, comme un enfant insensé et dissipé qui crie à cause d’une mouche: “Je sub­ jugue par mes forces ces choses impossibles et mille fois plus puissantes et je les fais obéir par mes idées et mes précautions.” L’homme est ingrat et il vit à l’envers de la nature essentielle de l’humanité; il mérite un châtiment sévère. CINQUIEME POINT: Puisque la foi néces­ site la prière comme moyen certain d’interces­ sion et que la nature humaine la sollicite ardemment, en effet, l’Etre Absolu décrète par
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au sens de: “Quelle importance auriez-vous sans votre prière?” Il ordonne aussi:

Si tu demandes: “J ’ai souvent prié, ma prière n’est pas acceptée, pourtant le verset est général. Il explique que chaque prière est exaucée.” Réponse: exaucer une prière est une chose et l’accepter en est une autre. A toute prière, il y a une réponse, mais accepter la prière, telle qu’elle est, ne signifie pas donner tout ce qui est demandé, cela dépend de la sagesse de l’Etre Absolu. Par exemple: un enfant malade appelle: — 0 docteur! Regarde-moi. Le docteur: — Me voici, dit-il. — Que veux-tu, répond-il? L’enfant: — Donne-moi ce médicament. Le médecin donne le médicament qu’il demande ou selon son intérêt, il lui donne un
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meilleur ou rien de tout considérant que le médicament demandé est nuisible à sa santé. De même, étant donné que le Tout Puissant, le Sage Absolu est présent, attentif, Il exauce la prière de son serviteur. Par Son exaucement et Sa présence, Il transforme la peur de l’isole­ m ent et de la solitude en compagnie par Sa présence et Sa réponse. Il donne ce qui est demandé ou quelque chose de meilleur ou bien il ne donne rien du tout, ceci n’est pas dicté par les désirs et les caprices de l’homme, mais, c’est conforme à la sagesse du Seigneur. De plus, la prière est une adoration. Ses fruits aboutissent à l’au-delà. Quant aux buts terrestres, ce sont les temps de cette sorte de prière et d’adoration. Ce ne sont pas ses finali­ tés. P ar exemple: la prière pour la pluie et son invocation constituent une adoration. L’absence de pluie est le moment de cette Prière. Cette adoration et cette Prière ne sont pas faites pour faire venir la pluie. Si cette Prière et cette ado­ ration étaient accomplies uniquement dans l’in­ tention d’attirer la pluie, elles ne m ériteraient pas d’être acceptées, car elles ne seraient pas faites sincèrement. E tant donné que le coucher
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du soleil indique le moment de la prière du cré­ puscule et que les éclipses solaires et lunaires indiquent les moments de deux adorations par­ ticulières appelées “husuf” et “kusuf’, c’est-àdire étant donné que les éclipses de deux signes lumineux du jour et de la nuit font l’objet de la m anifestation de la grandeur divine, l’Etre Absolu invite ses serviteurs, à ces moment-là, en quelque sorte, à une adoration. Sinon, cette prière n’est pas pour la découverte des éclipses solaires et lunaires dont le début et la durée sont connus par des calculs astronomiques. De même, l’absence de pluie est le moment de la “prière de la pluie”. L’invasion des m al­ heurs et l’attaque des choses nuisibles sont les temps de certaines prières particulières pour que l’homme comprenne dans ces moments-là son impuissance et qu’il se réfugie auprès de la cour du Tout Puissant avec prière et invocation. Si, malgré le fait qu’on prie beaucoup, les m al­ heurs ne s’en vont pas, on ne doit pas dire: “La prière n’a pas été acceptée. Plutôt, on doit dire: “Le temps de la prière n’est pas fini.” Si l’Etre Absolu lève de par sa grâce et sa générosité,
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alors, que demander de plus! Enfin, le temps de la prière sera fini. Donc, la prière est un m ystère d’adoration. Elle doit être faite sincèrem ent pour Dieu. En exprim ant ceci, uniquem ent son impuissance, on doit se réfugier auprès de Lui. On ne doit pas se mêler de sa souveraineté. On doit laisser Dieu disposer. On doit faire confiance à sa sagesse. On ne doit pas accuser sa miséricorde. Oui, puisque chacune des créatures fait une glorification spéciale, une adoration particuli­ ère et une prosternation singulière, il est établi par l’éclaircissement des versets explicites que cette glorification, cette adoration et cette prosternation constituent une prière allant à la Cour divine. Ou bien cette prière est faite avec le langage d’aptitude comme les prières de tous les végétaux dont chacun demande dans son propre langage une forme au Munificent, cette prière lui demande aussi une manifestation claire de ses Noms, alors cette prière est faite dans le langage des nécessités naturelles pour les besoins indispensables de toutes les créa­ tures; celles qui sont en dehors de leur pouvoir, chacune dans son langage, dem andent au
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Généreux Absolu de répondre à certains besoins, ceux-ci constituent, en quelque sorte, une subsistance à la continaité de leur vie; elle est faite à partir de la nécessité dans laquelle toute créature, ayant une âme, est obligée de chercher refuge auprès d’un protecteur incon­ nu, alors toute créature se retourne vers son Seigneur Miséricordieux. S’il n’y a pas d’em­ pêchement, ces trois prières sont toujours acceptées. Q uant à la quatrième sorte de prière, la plus connue, c’est notre prière. Elle est en deux par­ ties: L’une est en action et en état L’autre est par le cœur et la parole. P ar exemple: s’accrocher aux causes est une prière en action. La réunion, le rassemblement des causes n’est pas pour produire l’effet, il s’ag­ it plutôt de prendre une position d’agrément pour demander l’effet à l’Etre Absolu, grâce au mode d’expression. Labourer, par exemple, c’est frapper à la porte du trésor de la miséricorde. E tant donné que ce genre de prière avec action
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est dirigé vers le nom et le titre du Généreux Absolu, il est, dans la plupart des cas, accepté. Deuxième partie: c’est prier par la langue et le cœur. C’est demander un certain nombre de besoins qui sont hors de sa portée. L’aspect le plus important, le but le plus beau et le fruit le plus doux de cela est que celui qui prie com­ prend qu’il y a Quelqu’un et que ce Quelqu’un entend ce qui se passe dans le cœur de son serviteur, Son pouvoir s’étend à toute chose, Il peut satisfaire chacun de ses besoins, il a de la compassion face à son impuissance, Il vient à son secours face à sa pauvreté. Voilà, ô homme im puissant et ô pauvre humain! Ne laisse pas tomber un moyen comme la prière qui est une clef du trésor de la miséri­ corde et d’une force infinie. Accroche-toi à cette prière, élève-toi au rang le plus élevé de l’h u ­ manité et comme un souverain, joins à ta prière les prières de toutes les créatures; comme un serviteur de tout l’univers et un représlentant du cosmos, d i s s o i s ainsi un

modèle de l’univers!
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Second Chapitre
Ce chapitre est composé de “Cinq Approches” relatives au bonheur et au malheur de l’homme.

Comme l’homme a été créé dans la forme la plus parfaite et qu’il est pourvu des capacités les plus complètes, il a été envoyé, comme un miracle du pouvoir; il est un résultat de créa­ tion et un chef d’œuvre d’a rt extraordinaire, dans ce bas monde où il peut chuter au plus bas et s’élever au plus haut sommet de la terre au ciel, de l’atome au soleil dans un lieu d’épreuves où deux chemins sont ouverts devant lui allant du plus grand malheur au plus grand bonheur. Voilà, nous allons expliquer en Cinq Approches le mystère de cette ascension et de cette chute impressionnantes. PREMIERE APPROCHE: l’homme a besoin de la plupart des espèces et il est en contact avec elles. Ses besoins sont dispersés partout et ses désirs sont répandus jusqu’à l’éternité. Comme il souhaite une fleur, il souhaite aussi le printem ps extraordinaire. Comme il désire un jardin, il désire aussi le Paradis éternel.
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Comme il désire ardemment voir un ami qui lui manque, de même il désire voir le Beau Glorieux. Comme il a besoin d’ouvrir la porte de l’au-delà où habite un de ses bien-aimés pour lui rendre visite, il a aussi besoin de se réfugier dans la cour du Tout Puissant Absolu qui fer­ mera la porte de ce gigantesque bas monde et qui ouvrira celle de l’au-delà, le monde des merveilles, en supprimant le monde, il le recon­ struira et le remplacera par l’au-delà pour que l’homme rende visite à quatre-vingt-dix pour cent de ses amis qui sont partis pour le monde interm édiaire et pour qu’il ne se trouve pas coupé de tous ces liens éternels. Voilà, dans cet état, le Vrai Adoré pour l’homme, ne peut être que le Tout Puissant Glorieux, le M iséri­ cordieux Beau et le Sage Parfait qui détient les rênes de toutes choses dans son pouvoir, il pos­ sède le trésor de toutes choses, il voit tout, il est présent en tous lieux, il n’est pas lié à l’espace, il est exempt de toutes faiblesses, il est infailli­ ble, il est au-dessus de toute défaillance. Parce que celui qui satisfera les besoins illimités de l’homme ne peut être que celui qui possède un pouvoir illimité et une science infinie. De ce fait, c’est lui, qui est seul, digne d’adoration.

Voilà, ô homme! Si tu es son serviteur dévoué, tu gagneras un rang au-dessus de toutes les créatures. Si tu renonces à l’adora­ tion, tu seras un misérable serviteur face à des créatures impuissantes. Si tu te fies à ton égoïsme et à tes capacités en délaissant la con­ fiance et la prière, si tu t’enorgueillis et tu dévies vers la prétention, alors en ce qui con­ cerne la bonté et l’invention, tu t ’abaisseras plus que l’abeille et la fourmi et tu seras plus faible que l’araignée et la mouche, en ce qui con­ cerne le mal et la destruction, tu seras plus lourd que la montagne, tu seras plus nuisible que la peste. O homme! Il y a deux aspects en toi. Prem ier aspect: celui de l’invention et de l’existence, du bien, du positif et de l’action. Deuxième aspect: celui de la destruction et du néant, du mal, de la négation et de la passivité. En ce qui concerne le premier aspect, tu es plus bas que l’abeille et le moineau et plus faible que la mouche et l’araignée. Quant au second aspect, tu dépasses la mon­ tagne, la terre et les cieux. Tu portes le fardeau qu’ils ont refusé, reconnaissant leur impuis­

sance. Parce que, si tu pratiques le bien et si tu inventes quelque chose de bon, tu ne peux le réaliser et l’inventer que par rapport à tes capacités et à la distance que ta main peut atteindre et par rapport à ta force seulement. Si tu pratiques le mal et la destruction, alors ton mal s’étendra et ta destruction se propagera. Par exemple: l’incrédulité est une mauvaise action, une destruction et une absence d’affir­ mation. Mais, cette seule mauvaise action implique le mépris de toutes les créatures, fausse tous les bons noms divins et dénigre toute l’hum anité. Parce que, ces créatures ont un rang élevé et un devoir important, elles sont les Lettres seigneuriales, les Miroirs glorieux et les Serviteurs divins. Quant à l’incrédulité, en rabaissant ces êtres de leur rang de miroirs, de serviteurs et de signes, comme elle les fait descendre au niveau bas de l’absurdité, des jeux de hasard, des matières sans -valeur, dénués d’importance, éphémères, changeants et vite périssables avec la destruction de disparition et de séparation, elle nie et méprise les Noms Divins dont les ornements, les manifestations et les beautés sont vus dans les miroirs de toutes les créatures et de tout l’univers.
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L’incrédulité jette à un rang plus bas, plus faible, plus impuissant, plus pauvre que celui du dernier des animaux éphémères, l’hum anité qui signifie l’œuvre poétique de sagesse proclame très bien les manifestations de tous les Noms sacrés et divins et c’est un miracle énorme de pouvoir ressembler à un noyau con­ tenant les membres d’un arbre éternel qui serait le possesseur du grade d’un vicaire de Dieu sur terre dépassant le sol, le ciel et la mon­ tagne après avoir pris à sa charge le plus grand dépôt, il gagne l’épreuve de supériorité contre les anges. L’incrédulité réduit cette hum anité au rang d’une tablette ordinaire, insignifiante, confuse et vite périssable. En somme: l’âme qui désire le mal peut com­ m ettre d’innombrables crimes du point de vue de la destruction et du mal, mais son pouvoir est limité et partiel dans l’innovation et le bien. Oui, l’homme détruit une maison en un jour, mais il ne peut la construire en cent jours. Cependant, s’il renonce à l’égoïsme, s’il sollicite le bien et l’existence à l’aide divine, s’il renonce au mal, à la destruction et à l’égocentrisme en
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dem andant pardon, s’il devient un très bon serviteur, alors il reflétera le secret de

son infinie possibilité de mal se transform era en infini potentiel de bien, il prendra la valeur de la meilleure forme de la création. Voilà, ô homme insouciant! Vois la vertu et la générosité de l’Etre Absolu qui, bien que ce soit juste d’écrire un péché comme mille et un bien comme un ou rien, écrit un bien comme dix, parfois soixante-dix, parfois sept cents ou sept mille. Comprends également à partir de cette approche qu’entrer dans ce terrible enfer-là, c’est le châtiment de l’action, la justice ellemême, en revanche entrer au paradis, c’est une faveur. DEUXIEME APPROCHE: il y a deux aspects chez l’homme: Le premier: l’aspect de l’égoïsme relatif à la vie temporelle. L’autre: celui de l’adoration qui concerne la vie éternelle.
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Par l’aspect précédent, il est une telle pauvre créature, son capital est un libre arbitre partiel comme sa volonté qui a la valeur d’un cheveu et son pouvoir ne représente qu’une demande faible, sa vie une flamme expirante, son temps un in stant qui passe vite et son existence un petit corps qui se décompose vite. Malgré son état, il se trouve comme un membre choyé, faible parmi les espèces illimitées et les mem­ bres innombrables à travers les niveaux des créatures. Concernant le deuxième aspect: surtout du point de vue de l’impuissance et de la pauvreté qui sont dirigées vers l’adoration, l’homme jouit d’une très grande largesse. Il a une très grande importance. Parce que le C réateur a inclus dans la nature spirituelle humaine une grandiose impuissance sans fin et une énorme pauvreté illimitée pour que l’homme soit un vaste miroir reflétant totalem ent les manifes­ tations d’un Tout Puissant Miséricordieux dont le pouvoir est sans fin d’un Auto-Suffisant Généreux dont l’auto- suffisance est illimitée. Oui, l’homme ressemble à un noyau. Il a été attribué à ce noyau des facultés spirituelles
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im portantes par le pouvoir divin et un pro­ gramme délicat et de valeur par le destin pour qu’il atteigne l’état parfait lui convenant, en dem andant à son créateur par son propre lan­ gage de devenir un arbre en poussant sous la terre et en entrant dans le vaste monde de l’air. En raison de sa mauvaise nature, si ce noyau utilise, dans le sol, les facultés spirituelles pour attirer certaines mauvaises substances en se décomposant, il se désintégrera inutilement en peu de temps dans ce lieu exigu. En utilisant correctement ces facultés spiri­ tuelles, si le noyau accomplit l’ordre de la créa­ tion par il sortira de ce monde

exigu, en devenant un grand arbre fruitier, sa toute petite réalité et son âme spirituelle pren­ dront, alors, la forme d’une grande réalité générale. Voilà, comme dans cet exemple, la nature hum aine a été munie des facultés très impor­ tantes par le pouvoir divin et des programmes précieux par le destin. Si l’homme dépense ses facultés spirituelles aux plaisirs de l’âme sous la terre, la vie temporelle dans ce petit monde
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terrestre s’en ira comme le noyau abîmé pour un plaisir éphémère dans une vie brève, dans un endroit étroit, dans un état ennuyeux, en faisant porter la responsabilité morale à son esprit malheureux. S’il dirige ses facultés spirituelles vers leurs finalités en éduquant le noyau de ses capacités avec l’arrosage de l’Islam et la lumière de la foi sous la terre de l’adoration, en appliquant les ordres coraniques, il sera sans doute un fruit béni et lumineux de l’arbre de l’univers, une machine éclairante et un noyau précieux con­ ten an t tous les organes d’un arbre éternel et d’une vérité permanente qui sera la cause des perfections et des bienfaits illimités dans le monde de l’au-delà, dans le monde des idées et dans le monde intermédiaire. Oui, quant au vrai progrès, il tourne la face du cœur vers la vie éternelle, celle de l’esprit et la raison; même, la faculté d’imagination et les autres facultés sont là pour s’occuper chacun de sa fonction particulière de l’adoration. Sinon, il ne s’agit pas d’entrer dans tous les détails de la vie de ce monde, ni de goûter ses plaisirs même les plus vils que les gens égarés considèrent
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comme progrès, ou encore m ettre sous le joug de l’âme qui désire le mal, toutes ses facultés, son cœur, sa raison et les donner comme aide, ce n’est pas le progrès, c’est une chute. J ’ai vu cette vérité dans une vision à travers la parabole suivante: J ’entre dans une grande ville. Je vois que dans cette ville il y a de grands palais. Je re­ garde les portes de certains palais devant lesquelles il y a une attirance qui capte l’atten­ tion, elle divertit tout le monde; elle ressemble à un spectacle brillant, très animé. J ’ai rem ar­ qué que le m aître de ce palais-là est devant la porte, il s’amuse avec le chien et il l’aide à jouer. Les dames mènent des discussions frivoles avec de jeunes étrangers. Quant aux jeunes filles aussi, elles préparent les enfants à jouer. Le portier, enfin, en ayant l’air de les commander, prend le rôle d’un acteur. Alors, j ’ai compris que l’intérieur d’un tel grand palais est vide. Les fonctions sensibles sont inoccupées. Leur morale a chuté; c’est pourquoi ils ont pris un tel aspect devant la porte. Puis, je suis passé et j ’ai rencontré encore un autre grand palais. J ’ai vu qu’il y avait un chien
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fidèle devant la porte, un portier tranquille, sévère et rustique et une situation calme. La curiosité m’a pris: pourquoi celui-ci et celui-là sont-ils différents l’un de l’autre? J ’y suis entré. J ’ai regardé et j ’ai vu que son intérieur était très animé. Dans les appartements, les uns audessus des autres, les gens du palais sont pris par des fonctions importantes. Les hommes du premier appartem ent s’occupent de la gestion et des affaires du palais. Dans l’appartem ent du dessus, les filles et les enfants prennent des leçons de lecture. Encore au-dessus, les dames s’occupent de beaux arts et de belles broderies. Au dernier étage, j ’ai vu le m aître dialoguer avec le Souverain pour obtenir la tranquillité de sa population et s’occuper de ses fonctions per­ sonnelles et nobles pour les perfections et les progrès personnels. Comme je n’étais pas visi­ ble, ils ne m’ont pas dit: “Interdit.”, j ’ai pu cir­ culer. Ensuite, je suis sorti, j’ai regardé: il y avait partout dans la ville ces deux types de palais. Et je me suis renseigné; on m’a dit: “Les palais dont l’intérieur est vide et l’extérieur animé appartiennent aux notables des incroyants et
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aux gens égarés. Les autres appartiennent aux musulmans honnêtes et éminents” m’ont-ils dit. Enfin, j ’ai rencontré un palais dans un coin sur lequel j ’ai vu mon prénom “Said”. La curiosité m’a pris. J ’ai prêté plus d’attention. Il m’a sem­ blé que j ’ai vu mon portrait sur le palais. De mon extrême étonnement, en criant et en reprenant ma raison, je me suis réveillé. Voilà, je vais interpréter cette vision, que Dieu fasse d’heureuses conséquences: En fait, la ville en question représente la vie sociale et la ville civilisée humaines. Chacun des palais représente un être humain. Quant aux gens du palais, ce sont les organes subtiles comme l’œil, l’oreille, le cœur, le secret, l’esprit, la raison et d’autres choses comme les facultés, l’âme, les passions, la sexualité, la colère chez chacun des humains, chacun des organes ou facultés a ses fonctions d’adoration, également ses différents plaisirs et douleurs. L’âme et les passions, les facultés de sexualité et de colère ont le rôle d’un portier et d’un chien. Voilà, m et­ tre au service de l’âme et des passions, ces fac­ ultés élevées, leur faire oublier leurs fonctions essentielles, c’est la chute et non pas le progrès.
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Tu peux interpréter les autres aspects de la vision. TROISIEME APPROCHE: du point de vue de l’action, du travail et des efforts physiques, l’homme est un animal faible, une créature impuissante. De ce point de vue, ses possibilités sont tellement étroites que s’il étend la main, il ne peut atteindre ce qu’il désire. Il en est de même pour les animaux domestiques quand la main de l’homme les conduit avec des rênes; ils deviennent paresseux comme celui qui les mène, surtout si on les compare aux animaux sauvages. Comparez la chèvre et le bœuf domestiques avec la chèvre et le bœuf sauvages. Mais, du point de vue de la passivité et de l’acceptabilité, de la prière et de l’interrogation, l’homme est un voyageur béni dans l’auberge de ce monde. Et il est l’hôte de l’Etre généreux qui lui ouvre les trésors de sa miséricorde illimitée. E t il a mis à son service ses serviteurs et ses créatures d’une beauté infinie. De plus, il a ouvert et il a décoré une grande sphère pour son repos, son regard, son profit; Il a fait de l’homme son hôte dans la moitié du cercle, depuis le centre jusqu’à la ligne convenable,
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c’est la partie visible; l’imagination peut aller jusqu’à ce cercle; il est si vaste et si long. Voilà, si l’homme travaille pour certains plaisirs passagers en s’appuyant sur son égoïsme, en prenant la vie de ce monde comme le but de son imagination pour sa subsistance, il sera étouffé en s’en allant dans un cercle très étroit. Et tous les organes, les sens et les fa­ cultés qui lui sont donnés, en se plaignant de lui, témoigneront et porteront plainte contre lui. S’il se croit l’invité et s’il agit dans le cercle de la permission de l’Etre Généreux chez qui il habite pour consommer le capital de sa vie, en conséquence, il travaillera bien, il se reposera pour une longue vie éternelle dans un cercle plus vaste. Après, il pourra aller au plus haut degré. De plus, les sens et les organes qui sont donnés à l’homme, s’ils sont satisfaits de lui, témoigneront en sa faveur dans l’au-delà. Oui, les organes extraordinaires sont donnés à l’homme, non pas pour cette vie insignifiante, au contraire pour la vie éternelle d’une grande importance. Parce que, si nous comparons l’ani­ mal à l’homme, nous remarquerons que l’homme est très riche en organes et sens qui
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sont cent fois plus élevés que ceux de l’animal. Parce que, dans chacun des plaisirs qu’il goûte, il y a la trace d’une douleur, les soucis du passé, les peurs de l’avenir, chacun des soucis de la disparition du plaisir gâche ses plaisirs et laisse une trace. En revanche, pour l’animal, il n’en est pas ainsi. Il prend plaisir sans souci, joie sans douleur. Ni les soucis du passé ne le troublent, ni les peurs de l’avenir ne l’inquiètent. Il vit et dort tranquillement. Il remercie son Créateur. Donc, si l’homme qui est créé dans la meilleure des formes se consacre uniquement à la vie d’ici-bas bien qu’il soit cent fois plus élevé que l’animal du point de vue du capital, il chutera cent fois plus bas qu’un animal comme le moineau. J ’avais expliqué cette vérité dans un autre traité avec une parabole. Puisque l’oc­ casion s’est présentée, je vais la répéter. La voici: Un homme donnant à un de ses serviteurs dix pièces d’or lui ordonne: “Fais coudre un cos­ tume d’un excellent tissu.” Il donne mille pièces d’or à un deuxième serviteur avec une liste d’achats que ce serviteur met dans sa poche et
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il l’envoie au marché. Avec dix pièces d’or, le premier serviteur achète un costume excellent, fait d’un tissu précieux. Le second serviteur, agissant sottement, suivant le premier servi­ teur, sans lire la liste d’achats mise dans sa poche, donne les mille pièces d’or à un bou­ tiquier lui dem andant un costume. Le bou­ tiquier malhonnête lui donne un costume d’un tissu de mauvaise qualité. Ce serviteur malchanceux s’est présenté à son maître. Il a été corrigé sévèrement. Et il a souffert terrible­ ment. Voilà, celui qui a un minimum de conscience comprendra que les mille pièces d’or qui ont été données au second serviteur n’étaient pas pour un costume, mais au contraire pour un impor­ ta n t commerce. De même, comme cet exemple, chacune des facultés spirituelles et chacun des sens de l’homme sont cent fois plus développés que ceux de l’animal. Par exemple: quelles différences y a-t-il entre l’œil de l’homme qui distingue tous les degrés de beauté, les sens de goût de celui-là qui distingue les plaisirs fins de tous les genres d’aliments, sa raison qui pénètre dans tous les
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détails des vérités, son cœur qui désire toutes sortes de perfections et ainsi de suite pour les autres organes? Quelles différences entre les facultés de l’homme et les organes de l’animal qui sont développés à un ou deux degrés simp­ lement? La seule différence est que chez l’ani­ mal, un organe particulier est développé davan­ tage pour un travail particulier. Mais, ce développement est propre à lui. C’est en raison de ce mystère que l’homme est riche en facultés: A cause de la raison et des idées, les sens et les sensibilités de l’homme sont découverts et développés. A cause de nombreux besoins, beaucoup de sortes de sentiments sont nés et sa sensibilité s’est très bien diversifiée. Sa nature complète lui procure des désirs qui s’étendent à beaucoup trop d’objectifs. E tant donné qu’il a beaucoup de fonctions naturelles, ses sens et facultés se sont développés. Et puisqu’il est créé avec une nature qui est capable d’accomplir toutes les sortes d’adoration, une capacité con­ tenant les germes de toutes les perfections lui a été donnée. Voilà, la richesse en facultés et l’abondance en capital à tel degré ne sont, sans
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doute, pas offerts pour gagner la vie de ce monde, cette vie insignifiante et éphémère. En revanche, la fonction essentielle d’un tel homme est d’accomplir ses devoirs relatifs aux buts infinis, de déclarer sous forme d’adoration, son incapacité, sa pauvreté et ses erreurs, de témoigner en observant la glorification des créatures avec un regard universel, de remerci­ er en voyant dans les bienfaits et les secours de la miséricorde et de méditer avec un regard de contemplatif en observant le pouvoir seigneuri­ al chez les êtres. O homme, adorateur du monde, amoureux de ce monde et insouciant du mystère de la forme la plus parfaite de la création! L’Ancien Said a vu la vérité de la vie de ce bas monde dans une vision imaginaire. Ecoute cette parabole qui l’a transformé en Nouveau Said. J ’ai vu que je suis un voyageur. Je parcours un long chemin, je suis envoyé. La personne qui était mon m aître me donnait une petite quan­ tité des soixante pièces d’or qu’il m’avait ré­ servées. Je suis arrivé dans une auberge offrant commodités et loisirs où j’ai fait des dépenses. En une nuit, j ’ai dépensé dix pièces d’or dans les
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jeux, l’amusement et la célébrité. Au m atin, il ne me restait plus aucun sou dans les mains. Je n ’ai pu commercer. Pour le lieu où j ’allais, je ne pouvais faire aucun achat. Dans mes mains il ne me restait de cet argent que des soucis et des blessures, des peines et des douleurs venant des péchés et des distractions. Tout d’un coup, à un moment où j ’étais dans un état de tristesse, un homme est apparu là. Il me dit: — Tu as perdu tout ton capital. Tu as mérité une correction. Tu iras là où tu iras comme étant en faillite et les mains vides. Mais, si tu es raisonnable, la porte du repentir t’est ouverte. Désormais, conserve la moitié par précaution chaque fois que des pièces te seront données sur les quinze qui restent. C’est-à-dire, achète un certain nombre de choses dont tu as besoin pour l’endroit où tu iras.” J ’ai remarqué que mon âme n’est pas contente. “Un tiers.” a-t-il pro­ posé. Même à cela, mon âme n’a pas voulu obéir. Après, “Un quart.” a-t-il proposé. J ’ai rem arqué que mon âme ne peut abandonner l’habitude à laquelle elle est accoutumée. En tournant le visage avec colère, il s’en est allé. En un instant, cet état a changé. J ’ai remarqué
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que j ’étais dans un train qui allait à toute vitesse comme s’il descendait en piqué dans un tunnel. Je me suis inquiété. Mais, il n’y avait pas la possibilité de fuir quelque part. Bizarrement, on voyait des fleurs très belles et très attrayantes, des fruits délicieux des deux côtés du train. Moi, comme un idiot, sans expérience, en les regardant, j ’ai tendu ma main. J ’ai essayé de cueillir de ces fleurs et de prendre de ces fruits. Mais, comme ces fleurs et ces fruits étaient épineux, ils me piquaient la main et la faisaient saigner quand elle les touchait. En s’éloignant à la vitesse du train, ils m’écorchaient les mains. Ils me coûtaient très cher. Soudain, un des serviteurs du train m’a dit: — Donne-moi cinq sous, je te donnerai au tan t de fleurs et fruits que tu veux. Sans ces cinq sous, en t ’écorchant les mains, tu perds cent sous. De plus, il y a une sanction. Tu ne peux les cueillir sans autorisation. Soudain, j ’ai regardé loin en sortant ma tête par la fenêtre pour savoir quand le tunnel fini­ rait. On voyait beaucoup de trous dans les murs du tunnel. De ce long train, sont jetés des
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voyageurs aux trous. J ’ai vu un trou en face de moi. De ses deux côtés étaient fixées deux pier­ res tombales. J ’ai fait attention avec éton­ nement. J ’ai vu inscrit sur la pierre tombale en lettres majuscules mon prénom “Said”. De mon regret et de mon étonnement, je me suis exclamé: “Hélas!” Soudain, j ’ai entendu la voix de l’homme qui m’avait conseillé à la porte de l’auberge. Il a dit: “ — As-tu repris ta raison? — Oui, je l’ai reprise. Mais, je n’ai plus de force, ni de solution, ai-je dit. — Repens-toi et aie confiance en Dieu, dit-il. — Je l’ai fait, dis-je. Je me suis réveillé. J ’ai vu l’Ancien Said transformé en nouveau Said. Voilà, cette visionlà, que Dieu fasse d’heureuses conséquences! J ’en interpréterai certaines parties. Interprète, toi-même, les autres aspects. En ce qui concerne le voyage, c’est le voyage vers l’éternité en passant par le monde des esprits, l’utérus de la mère, la jeunesse, la vieil­ lesse, la tombe, le monde intermédiaire, la résurrection et le pont.
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Quant aux soixante pièces d’or, ce sont les soixante ans d’une vie moyenne, quand j ’ai eu cette vision, je me croyais à l’âge de quarante cinq ans. Je n’en suis pas sûr. Mais, un sincère serviteur du Sage Coran m’a guidé pour con­ sacrer, à l’au-delà, le reste des quinze ans à venir. L’auberge, c’était pour moi, Istanbul. Le train, c’est le temps. Chaque année représente un wagon. Le tunnel, c’est la vie de ce monde. Les fleurs et les fruits, ce sont les plaisirs illicites et les divertissements interdits qui, au moment de les rencontrer, font saigner le cœur par la douleur de l’imagination de leur sépara­ tion laquelle est cause de sanctions et de tour­ ments. Le serviteur du train m’avait dit: “Donnez-moi cinq sous, je vous donnerai autant que vous voulez.” Cela veut dire que les plaisirs, les délices que l’homme prend dans le cercle licite, grâce à son travail légal, suffisent à sa satisfaction. Ils ne lui laissent pas le besoin d’entrer dans l’interdit. Tu peux interpréter toimême les autres parties.
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voyageurs aux trous. J ’ai vu un trou en face de moi. De ses deux côtés étaient fixées deux pier­ res tombales. J ’ai fait attention avec éton­ nement. J ’ai vu inscrit sur la pierre tombale en lettres majuscules mon prénom “Said”. De mon regret et de mon étonnement, je me suis exclamé: “Hélas!” Soudain, j ’ai entendu la voix de l’homme qui m’avait conseillé à la porte de l’auberge. Il a dit: “ — As-tu repris ta raison? — Oui, je l’ai reprise. Mais, je n’ai plus de force, ni de solution, ai-je dit. — Repens-toi et aie confiance en Dieu, dit-il. — Je l’ai fait, dis-je. Je me suis réveillé. J ’ai vu l’Ancien Said transformé en nouveau Said. Voilà, cette visionlà, que Dieu fasse d’heureuses conséquences! J ’en interpréterai certaines parties. Interprète, toi-même, les autres aspects. En ce qui concerne le voyage, c’est le voyage vers l’éternité en passant par le monde des esprits, l’utérus de la mère, la jeunesse, la vieil­ lesse, la tombe, le monde intermédiaire, la résurrection et le pont.
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Q uant aux soixante pièces d’or, ce sont les soixante ans d’une vie moyenne, quand j ’ai eu cette vision, je me croyais à l’âge de quarante cinq ans. Je n’en suis pas sûr. Mais, un sincère serviteur du Sage Coran m’a guidé pour con­ sacrer, à l’au-delà, le reste des quinze ans à venir. L’auberge, c’était pour moi, Istanbul. Le train, c’est le temps. Chaque année représente un wagon. Le tunnel, c’est la vie de ce monde. Les fleurs et les fruits, ce sont les plaisirs illicites et les divertissements interdits qui, au moment de les rencontrer, font saigner le cœur par la douleur de l’imagination de leur sépara­ tion laquelle est cause de sanctions et de tour­ ments. Le serviteur du train m’avait dit: “Donnez-moi cinq sous, je vous donnerai autant que vous voulez.” Cela veut dire que les plaisirs, les délices que l’homme prend dans le cercle licite, grâce à son travail légal, suffisent à sa satisfaction. Ils ne lui laissent pas le besoin d’entrer dans l’interdit. Tu peux interpréter toimême les autres parties.
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QUATRIEME APPROCHE: parmi les créa­ tures, l’homme ressemble à un enfant choyé. Il y a dans sa faiblesse une grande force et dans son impuissance un grand pouvoir. Parce que, grâce à la force de cette faiblesse et au pouvoir de cette impuissance toutes les créatures lui sont assujetties. En reconnaissant sa faiblesse, s’il prie par la parole, le mode d’expression et l’attitude, en reconnaissant son impuissance, il demande secours, il accomplira non seulement l’obligation de gratitude pour l’assujettisse­ ment, mais aussi ses demandes seront satis­ faites et ses projets lui seront facilités; de son propre pouvoir il n’aurait pu en accomplir le centième. Cependant, parfois, il attribue à son propre pouvoir une de ses demandes, satisfaite grâce à la prière née de sa propre attitude. P ar exemple: la force de la faiblesse du poussin fait attaquer la poule contre le lion. Le lionceau qui vient d’arriver au monde mange à sa faim en subjuguant la bête sauvage, la lionne et en la laissant sur sa faim. Voilà, quel fait remarquable de la force dans la faiblesse et quel excellent reflet de la miséricorde!
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Comme, par exemple, un enfant choyé, en pleurant, en faisant la demande avec tristesse, il réussit tellement dans ses demandes qu’il met à son service des gens puissants; il n’aurait pu atteindre que le millième de ce dont il a besoin par sa propre force. Donc, comme la faib­ lesse et l’impuissance provoquent en sa faveur tendresse et protection, il met à son service les héros avec un geste de sa petite main. A présent, un tel enfant, pour renier une telle ten­ dresse et accuser une telle protection en disant bêtement: “C’est moi qui les ai mis à mon ser­ vice par mon propre pouvoir, m éritera certaine­ ment une punition.” L’homme aussi, s’il renie la miséricorde de son C réateur et accuse Sa sagesse, s’il est ingrat et s’il dit comme Coré c’est-à-dire: “J ’ai gagné avec ma propre science et avec mon propre pouvoir.” il m éritera sûre­ m ent une correction, une sanction. Donc, cette souveraineté, les progrès de l’homme et les per­ fections de la civilisation que l’on observe ne sont pas obtenus et attirés de sa part, ni par une victoire, ni par un combat. Ils lui sont assu275

jettis en raison de sa faiblesse, apportés en aide en raison de son impuissance et de sa pauvreté, ils sont inspirés en raison de son ignorance, offerts en raison de ses besoins. La cause de cette souveraineté, ce ne sont pas le pouvoir et la force de la science, mais la tendresse et l’af­ fection du Seigneur, la miséricorde et la Sagesse divines qui ont mis les choses à sa dis­ position. Oui, ce n’est pas le pouvoir de l’homme qui lui fait porter la soie d’un petit ver et le fait nourrir du miel d’un insecte venimeux, lui qui est vaincu par des insectes comme le scorpion aveugle et le serpent sans pied, au contraire ce sont les dons du Seigneur et les grâces de la Miséricorde qui attirent les fruits de sa faib­ lesse. O homme! Puisque telle est la vérité, aban­ donne l’arrogance et l’égoïsme. Déclare à la Cour divine ton incapacité et ta faiblesse avec le langage de l’appel au secours, ta pauvreté et tes besoins avec ton langage de supplication, ton langage de prière et montre que tu es son servi­ teur. Et dis
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élève-toi.

Aussi, ne dis pas: “Je ne suis rien du tout. Quelle importance ai-je pour que le Sage Absolu mette à ma disposition ces créatures et qu’il me soit demandé une reconnaissance totale? Parce que, bien que ton âme et ton être physique ne signifient rien, cependant, du point de vue du devoir et du rang, tu es un spectateur atten tif de cet univers magnifique, un langage éloquent et articulé de toutes les créatures sages, un chercheur intelligent de ce livre de l’univers, un observateur des créatures qui font de la glorification, un chef respectueux des êtres qui prient. Oui, ô homme! Avec ta matérialité végétative et ton âme animale, tu es une petite particule insignifiante, partielle, une créature pauvre et un animal faible, tu avances, porté par les vagues impressionnantes des êtres passagers. Mais, du point de vue de l’humanité en progres­ sant par l’éducation de l’Islam, étant éclairé par la lumière de l’amour de Dieu, celle de la foi, tu es un souverain dans ta servitude, tu es uni­ versel dans ta particularité, tu es un monde dans ta petitesse. Dans ton état insignifiant, tu as un tel rang et dans ton cercle d’adm inistra­
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tion tu es un intendant, toi qui peux dire: “Mon Seigneur miséricordieux a fait de ce monde une maison pour moi. Pour ma maison, Il a fait de la lune et du soleil des lampes, du printem ps un bouquet de roses, de l’été une table garnie, des animaux des serviteurs, Il a fait des végétaux, les décorations et les provisions de ma maison. En guise de conclusion: si tu écoutes l’âme et Satan, tu chuteras au plus bas degré, si tu suis la vérité et le Coran, tu seras un beau mod­ èle pour les créatures. CINQUIEME APPROCHE: l’homme est envoyé dans ce monde en ta n t que serviteur et invité. Il est pourvu de beaucoup de capacités. Compte tenu de celles-ci, des fonctions impor­ tantes lui sont attribuées. Pour faire travailler l’homme à ces objectifs et à ces fonctions, de forts encouragements et de sévères menaces sont employés. Nous allons résum er ici les bases du devoir de l’humanité et de l’adoration expliquées ailleurs pour que le mystère de la forme la plus parfaite soit comprise. Voilà, l’homme possède “deux aspects” d’ado­ ration après sa venue dans cet univers:
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Premier aspect: il a une adoration, une méditation d’une façon invisible. Autre aspect: il a une adoration, une invoca­ tion en présence de Dieu en ta n t qu’interlocu­ teur. Voici ce que signifie le premier aspect: c’est contempler ses perfections et ses beautés avec adm iration en affirm ant avec soumission la souveraineté du Seigneur qu’on voit dans l’uni­ vers. Puis, pour les humains, c’est publier et présenter en m ontrant les uns aux autres les plus belles oeuvres composées d’ornements des Noms saints et sacrés. Ensuite, c’est peser dans la balance de son discernement les joyaux des Beaux Noms du Seigneur dont chacun a la valeur d’un trésor spirituel caché et valoriser avec appréciation en les évaluant dans son cœur. De plus, c’est méditer avec adm iration en étudiant les feuillets de la terre et du ciel, les pages des êtres dont chacun ressemble à une lettre de la plume du pouvoir.
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Enfin, c’est apprécier la connaissance divine du Créateur, le Beau et encore sentir le plaisir d’avoir les faveurs et d’être en présence du Parfait Artiste en contemplant les beautés et les oeuvres d’art subtiles des créatures. Second aspect: c’est le grade d’être présent et d’être interlocuteur qui fait passer de l’a rt à l’Artiste. L’homme voit le Créateur Glorieux se faire connaître et être reconnu à travers les miracles de Son art. Quant à l’homme, il répond par la foi et la connaissance. Ensuite, il voit le Seigneur Miséricordieux à travers les fruits délicieux de Sa Clémence. A son tour, le serviteur se fait aimer de Lui par un amour singulier et une adoration spéciale. Ensuite, il voit un Pourvoyeur Généreux le nourrir des plaisirs, des bienfaits m atériels et spirituels. Quant à lui, face à cela, il Le rem er­ cie, Le loue et Le glorifie par l’acte, par l’ex­ pression et par la parole même avec toutes ses facultés et tous ses organes s’il le pouvait. Egalement, il voit l’Etre Glorieux et Beau attirer un regard attentif en m anifestant dans les miroirs de ces êtres, Sa majesté et Sa per­ fection, Sa gloire et Sa beauté. En réponse, face
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à cela en disant “subhanellah” (Gloire à Dieu), l’homme se prosterne avec humilité, éton­ nement et amour. Aussi, il voit un Riche Absolu exposer Sa richesse et Ses trésors infinis dans une géné­ rosité illimitée. Face à ce tableau, le serviteur, à son tour, formule sa demande et exprime ses désirs en Le louant et en Le glorifiant avec extrême pauvreté. De plus, l’homme voit que le C réateur Glo­ rieux a créé la surface terrestre comme un lieu d’exposition et y expose toutes ses oeuvres d’a rt antiques. Lui face à cela, il répond en disant “m ashallah” (telle est la volonté de Dieu); il a vu la volonté de Dieu et il l’a appréciée; il dit «Barekallah” (que Dieu les bénisse!) avec l’af­ firm ation, “Subhanallah” (Gloire à Dieu) avec étonnement, “Allahu Akbar” (Dieu est le plus grand) avec admiration. Enfin, il voit l’Etre Un et Unique m ettre sur toutes les créatures la marque de l’unicité dans ce palais de l’univers avec Ses sceaux innom­ brables et Ses Cachets particuliers avec Ses propres décrets et il Le voit décorer les signes de l’Unité, hisser les drapeaux de l’Unicité dans
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tous les horizons des parties du monde et y déclarer Sa souveraineté. Lui aussi, face à cela, il répond par l’affirmation, la foi, le mono­ théisme, le respect, le témoignage et l’adora­ tion. Voilà, avec ce genre d’adoration et de médi­ tation, l’homme devient un vrai homme, il mon­ tre qu’il est dans la nature la plus parfaite et qu’il devient avec la bénédiction de la foi un vicaire fidèle à Dieu sur terre, digne du dépôt. O homme insouciant qui es créé dans la meilleure forme et qui vas vers le rang le plus bas en raison de ton mauvais choix! Ecoutemoi, moi aussi, comme toi, bien que j ’aie vu ce monde, beau et agréable, avec l’ivresse de la jeunesse dans l’insouciance, à la m inute où je me suis réveillé en passant de l’ivresse de la jeunesse au m atin de la vieillesse, regarde et vois, toi-même, les deux tableaux décrits aux deux pages du Deuxième Rang de la DixSeptième Parole où je voyais combien est laide la face de ce monde qui n’est pas tourné vers l’au-delà et combien est belle sa vraie face tournée vers l’au-delà.
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Premier tableau: il décrit des gens égarés qui ne sont pas enivrés par le voile de l’insou­ ciance et qui ressemblent aux gens égarés. Deuxième tableau: il fait référence aux gens guidés et tranquilles. Je l’ai laissé tel qu’il a été composé jadis. Il ressemble à la poésie, mais il ne l’est pas...

UNE CO NFERENCE DO NNEE A L’U N IV E R SIT E D ’ANKARA Cette conférence, qui a pu être préparée grâce à la leçon que j ’ai reçue de Risale-i Nur, grâce à l’aide spirituelle de mon maître, est une discussion douce et agréable au sujet de Risale-i Nur. Ce n’est pas pour exprimer la valeur et l’importance de Risale-i Nur, je n’ai pas ce courage. Car, je suis son disciple débutant et faible: je n’ai pas une culture suffisante pour parler d’un chef d’œuvre célèbre dans les nations. Ce grand hon­ neur appartient aux lecteurs intellectuels, per­ spicaces, reconnaissants. De plus, avant de rencontrer Risale-i Nur, je n’avais pas lu, dans notre presse et dans nos livres, un seul texte qui explique la valeur du Sage Coran. Après j’ai compris que, plus que les littéraires formés chez nous, ce sont les grands littéraires des pays non musulmans qui esti­ ment ce Sage Coran depuis un demi siècle. A la Maison Blanche en Amérique, le Sage Coran, qui est le soleil de tout ce monde et celui de l’u­ nivers, aurait été posé à l’endroit élevé, protégé
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I

dans une couverture en soie. Les inventeurs, les philosophes, les psychologues, les sociologues et les pédagogues lisent les livres qui prennent comme référence le Coran. En écrivant des livres, ces personnalités deviennent célèbres, dans le monde, après avoir pris des connais­ sances dans ce Livre sacré. Ils servent l’hum an­ ité et leurs peuples. De précieux savants sué­ dois, norvégiens et finlandais auraient formé un groupe qui aurait recherché un livre sauveur pendant des années pour assurer la sauvegarde des jeunes. Ces savants auraient, enfin, conclu que la seule solution pour donner la plus haute morale, inculquer l’esprit critique et former des savants de bon sens, c’est de faire étudier le Sage Coran. Il existe beaucoup de non musulmans qui estiment l’Islam et le Coran. Il est possible de donner de nombreux exemples. Voilà, si des gens non musulmans apprécient la valeur du Livre de l’Islam et en profitent, la jeunesse musulmane turque peut-elle rester encore sans rien faire? Certainement pas, elle ne peut jamais rester les bras croisés, ni s’endormir.
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Voilà, l’Etre Absolu qui est notre Glorieux Adoré a créé, au vingtième siècle, le trésor des vérités qui répond tout à fait aux besoins très élevés et très sacrés de notre jeunesse. Quant à cette mine abondante de science, c’est Risale-i N ur qui est un commentaire vrai et brillant du Sage Coran. Les ouvrages de cette collection ont émané du Sage Coran et sont composés dans le cercle de ses principes. Son auteur est Bediuzzaman. Tous les vrais hommes ont confirmé, à l’unanimité, que cet auteur extraordinaire est une personnalité qui mérite d’être appelée avec le surnom Bediuzzaman (merveille du temps). Ils ont apprécié et confirmé aussi que les œuvres de Risale-i Nur constituent un commentaire du Coran sauvant de l’égarement et des tourbillons du déraisonnement le peuple et la jeunesse qui les liront. Bien que ce soit ainsi, on peut dire que tout le monde ne connaît pas, tout à fait, une telle œuvre gigantesque. Oui, Chers Amis, depuis quinze ou vingt ans, les communistes athées et les courants antire­ ligieux travaillaient, nombreux, parmi nous. Non seulement, de tels génies que nous avons n’ont pas été fait connaître, mais aussi ils ont été salis par différentes accusations. Pour y avoir
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réussi, ils ont essayé de profiter de tous les moyens. Ils ont utilisé tous leurs efforts pour dis­ créditer nos vrais savants et combattants. Nous avons compris cet état tragique tel qu’il est grâce aux progrès démocratiques qui ont commencé à se développer, dans notre pays, ces dernières années. Mais, malheureusement, nous nous sommes trompés et nous avons été dupes. Nous avons pu débarrasser notre esprit des sugges­ tions fictives et des propagandes fausses, men­ songères, jusqu’à maintenant, à propos de nos savants religieux après que nous avons eu con­ naissance de ces vérités. Nous avons effacé nos impressions négatives. Nous sommes versés dans notre Livre, le Coran. Et, nous avons com­ mencé à être éclairés par les vérités du Coran et de la foi dans Risale-i Nur, commentaire de grande qualité, à notre époque. Oui, comme la jeunesse d’aujourd’hui est incapable de connaître les œuvres et la vraie valeur de nos grands génies tels que Abdulkadir-i Geylani, Imam-i Gazali et Djelaleddin-i Rumi dont chacun est un soleil de l’Islam, de même cette jeunesse n’a pu connaître un com­ m entateur du Coran, tel que Bediuzzaman Said Nursi, incomparable. En effet, les antireligieux à
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visage couvert et à visage découvert, avec un cer­ tain nombre de mauvaises intentions, n’ont pas laissé, à la jeunesse, l’occasion de le découvrir. Mais, ceux qui apprennent par leurs efforts per­ sonnels qu’il y a un grand commentateur et un tel génie de l’Islam, à notre époque, brûlent d’en­ vie de comprendre, immédiatement, la vie et la valeur universelle de Bediuzzaman et de prof­ iter de ses œuvres. Oui, Chers Amis, nous pouvons dire avec une conviction sûre et mûre que l’œuvre qui mènera les humains de notre époque au bonheur et qui les convaincra par la raison et par le cœur est, seulement, Risale-i Nur. C’est un jugement cer­ tain des intellectuels qui la lisent. Puis, sa puis­ sance des connaissances et son originalité mon­ trent, clairement, l’opportunité de cette convic­ tion. Chers Amis! E tant donné que ceux qui s’a t­ tachent au Coran ont leur vie terrestre et celle de l’au-delà, prospères; de même ceux qui lisent Risale-i Nur et qui l’appliquent arriveront au vrai bonheur. Les jeunes qui liront ces ouvrages basés sur la foi verront leur foi affirmée, leur brillant avenir et ils acquerront la science et la vertu. De plus, ils se distingueront par leur util­
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ité et leur haute morale pour leurs pays, leurs peuples, leurs pères et mères. Ils auront la chance de devenir des serviteurs sincères de Dieu, des membres purs de la communauté du Prophète (pssl). Quant à nos compagnons qui posent des questions à propos de Risale-i Nur: pour y avoir une idée, ce n’est pas la peine de demander des renseignements ailleurs. Lisez vous-mêmes, cette œuvre qui apporte des richesses. Tâchez de la connaître et de la comprendre avec votre ardeur et vos efforts personnels. Entrez dans le trésor de la science et de la vertu. C’est, seule­ ment, à ce moment-là que vous arriverez à des connaissances que vous désirez. Oui, plus vous lirez Risale-i Nur, mieux votre vie intérieure sera remplie des lumières du Coran, mieux les vérités coraniques éclaireront votre raison et vos cœurs, en développant votre foi, elles la fortifieront. Plus vous lirez Risale-i Nur, mieux une abondance divine enveloppera votre esprit et votre monde spirituel. Ces lec­ tures vous ouvriront, dans la vie, les portes d’une vie de bien-être d’un grand calme et d’un grand bonheur. Vous apprendrez avec ces
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ouvrages que le monde est un champ à ense­ mencer pour l’au-delà, que vous êtes venus à ce monde éphémère pour gagner le monde éternel, enfin par cet aspect de la foi vous sentirez que le monde apporte plus de plaisirs que le Paradis. Voilà, vous aimerez, ainsi, le monde avec une ardeur et un amour infinis et spirituels, non pas pour une vie passagère, mais pour gagner une vie éternelle et un bonheur permanent. Ensuite, vous comprendrez davantage que la Prière et l’adoration sont un grand plaisir sacré. Vous commencerez à sentir un tel plaisir profond et spirituel le fait d’être en présence du Seigneur Miséricordieux dans la Prière que vos jours sans Prière seront remplis de souffrances et d’ennuis et que vous trouverez vos moments les plus joyeux, les plus heureux dans l’adoration et l’obéissance à Dieu. C’est une œuvre, sans être écrite intention­ nellement par son auteur, elle provient d’une inspiration qui est un bienfait divin, dans le but de sortir les musulmans du vingtième siècle et toute l’humanité des obscurantismes des pen­ sées denses dans des voies d’égarement te rri­ bles. Voilà, si vous pouvez lire cette œuvre qui a
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une grande influence sur l’homme, durable­ ment, intelligemment et attentivement, en cher­ chant le sens des mots difficiles comme beau­ coup de disciples de Risale-i Nur qui travaillent nuit et jour, vous aussi, vous parviendrez à un grand calme et à un grand bonheur. Puis, vous serez en mouvement et actifs. Vous vous efforcerez, avec un plaisir spirituel de pouvoir lire ces ouvrages sacrés pendant des jours. Vous n’avez pas à perdre même cinq minutes pour pouvoir vous occuper de telles œuvres ines­ timables. Vous valoriserez avec une grande estime vos moments en portant les livres de Nur dans vos poches, dans votre cartable pour les lire et les relire toujours. Vous brûlerez d’amour de lire, d’enthousiasme de lire et de besoin de lire et de relire les écrits de Nur. Oui, chers amis! Risale-i Nur est une œuvre si attirante que plus on comprend la sainteté et la grandeur de servir le Coran et la foi par elle, même si sur terre on vous invite au Paradis, moins vous n’aimerez partir, maintenant en lais­ sant un tel devoir sacré et un tel bonheur élevé. Vous sentirez le monde comme un paradis spir­ ituel du point de vue de la foi, dans un but de servir et de sauver la cause de la foi.
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Quant à ceux qui ont travaillé pour Risale-i Nur ont eu un tel abandon et un tel sacrifice au service de la foi et de l’Islam, les finalités ordi­ naires et basses n’ont pu trouver place, ni s’en­ raciner. Car, la première finalité, le plus grand objectif chez les disciples de Risale-i Nur, c’est l’agrément de Dieu. Merci infiniment à Dieu pour le nombre des disciples qui ont compris que servir Risale-i Nur, c’est servir notre Livre très célèbre, ce nombre a dépassé des millions qui sont éveillés, chers et dévoués. Aucun individu ne peut nier cette volonté évidente pour ceux qui gardent leur raison saine. Il y a des gens qui sac­ rifient leur sommeil avec l’amour du cœur et de l’esprit, pour l’amour et l’ardeur divins, dans les activités de Risale-i Nur. Regardez! Il existe de tels disciples de Risa­ le-i Nur qui la servent, si on propose à l’un d’en­ tre eux: “Polycopie ces autres livres à la place de Risale-i Nur, nous te donnerons la fortune du milliardaire américain Ford.” L’heureux élève répondra ainsi sans bouger même la pointe de son stylo sur les lignes de Risale-i Nur: “Je n’accepterai pas même si vous me donnez le monde avec sa richesse et sa souveraineté.
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Parce que: l’Etre Absolu nous donnera un trésor inépuisable et infini avec l’étude et le service de Risale-i Nur. Est-ce que votre fortune terrestre me rendra heureux? C’est douteux. Mais, il n’y a aucun doute sur la fortune éternelle et sur le vrai bonheur que notre Seigneur nous offrira.” Mes Chers Frères, Les jeunes qui ont, un peu, tardé à compren­ dre la haute valeur de Risale-i Nur ou à la con­ naître après l’avoir entendue, disent, avec des lamentations, ceci: “Je ne perdrai pas ma chère jeunesse, réveillée tardivement, dans des choses éphémères et passagères. Je la consacrerai seulement et exclusivement au service du Coran et de la foi, dans la voie des préceptes de Dieu bien Aimé et de son cher Prophète. C’est unique­ ment, de cette façon que j’aurai obtenu une jeu­ nesse éternelle dans cette jeunesse éphémère.” On ne doit pas croire qu’on se coupe du monde en s’attachant tellement à Risale-i Nur. Au contraire, cet aspect se concrétise avec notre conduite: nous faisons notre travail si nous sommes célibataires, nos leçons si nous sommes étudiants, notre devoir si nous sommes fonction293

naires, notre commerce si nous sommes com­ merçants. Quel que soit le niveau de notre occu­ pation terrestre, bien que nos cours et nos exa­ mens soient très serrés, nous trouvons, quand même du temps et du temps pour travailler, pour servir Risale-i Nur et nous pouvons trouver ce temps. Nous y consacrons encore du temps et nous pouvons le faire. Car, puisque tous les jours, nous avons besoin du pain, de l’eau et de l’air, de même nous avons besoin aussi de pren­ dre, chaque jour, de la nourriture spirituelle, des vérités de la foi plus qu’eux. Oui, notre occupation de Risale-i Nur nous donne force et ardeur en multipliant la réussite dans notre travail et dans nos cours. Elle réveille en nous l’idée de travailler dans le monde pour la religion. Elle nous fait comprendre la valeur du temps; elle nous donne l’enthousiasme et la résolution de valoriser notre temps qui est notre capital de vie en avertissant, efficacement, notre cœur et notre raison que les pages du calendrier ne reviendront pas. Elle nous sauve, aux heures de travail, de perdre tout à fait inutilement, ici et là, notre temps en nous y laissant berner par des choses sans valeur, mais, selon nous, c’est
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tuer notre temps. Elle fait goûter le plaisir d’être actif que la Miséricorde divine a créé en nous, même aux heures de repos en faisant produire, en nous, l’amour de travailler pour les vérités de la foi. Ainsi, elle nous fait marcher sur le chemin qui fait gagner la vie éternelle dans une exis­ tence éphémère. Mes Chers Frères! Il est impossible d’expliquer, complètement, la haute valeur de Risale-i Nur. Elle embrasse l’enthousiasme et attache, tellement, à elle, l’e­ sprit de ceux qui la lisent continuellement et fréquemment que même si tous les antireligieux étaient réunis et travaillaient afin de faire détourner d’elle une personne ayant atteint le progrès de la foi recherchée, ils ne pourraient, y réussir et d’ailleurs, ils n’ont pas réussi. Je prends comme le plus grand bienfait d’être le serviteur et l’ouvrier du maître chargé de com­ poser Risale-i Nur. Je considère aussi comme un honneur d’assurer le service du serviteur de mon maître. Il est possible que certains conçoivent cet attachement du cœur dévoué comme en trop, mais ils ne doivent pas du tout le trouver exagéré.
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Par exemple: nous lisons un ouvrage impor­ tant; un sentiment envers son auteur se m ani­ feste, en nous, plus ou moins. Nous sentons une admiration pour les ouvrages de Molière, d’Hugo et de Goethe. Surtout, comment doit être le degré d’attachement envers la personne d’un génie de la religion de l’Islam qui commente le Sage Coran, guide de l’Islam? Si l’on écrit l’œu­ vre de l’une de ces personnalités célèbres sur le papier, il faudrait écrire dans des pages en or, les œuvres de Risale-i Nur qui sont le commentaire du Coran. Si l’on travaille pour décortiquer, pen­ dant des heures, l’œuvre d’un philosophe qui n’est pas antireligieux, il faudrait abandonner nos sommeils pour lire les œuvres de Risale-i Nur qui nous assurent le bonheur des deux mon­ des. Oui, nous payons cinq livres pour un livre consacré au monde, nous donnerons cent livres à un commentaire du Coran comme Risale-i Nur qui rend l’homme heureux dans le monde et dans l’au-delà et qui a obtenu un rang très élevé et un très grand bonheur. S’il le faut, pour la cause de sa publication, en tan t que les petits enfants des combattants de l’Islam, pour nous les jeunes, chers amis, c’est une nécessité et un devoir de sacrifier même notre fortune.
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Dans ce cas-là, venez chers frères! Il faudrait s’asseoir durant les lectures des livres de Nur, avoir la main dans la main et s’é­ pauler dans l’effort religieux. Puisque nous avons besoin, intensément, de prendre de la lumière dans les livres de Nur, de recevoir des leçons pendant les cours sur la foi, étudions ensemble les livres de Nur, rencontrons-nous, dialoguons. Parlons du chemin de Dieu, parlons de la voie de la religion. En ouvrant l’étendard de l’effort contre les incroyants, consacrons nos chères vies à passer dans ces lieux publics. Risale-i Nur possède de très hautes qualités et de très hautes particularités. Ces parfaites et exceptionnelles originalités ne sont observées dans aucune œuvre composée jusqu’à main­ tenant. Certaines personnes qui cherchent vrai­ ment la science, qui ont passé toute leur vie à lire et qui lisent Risale-i Nur expliquent cette vérité. E t ces grandes personnalités estimées ont la conviction que quelle que soit la richesse de la science des gens d’aujourd’hui, ils ont besoin de lire Risale-i Nur. Les savants vertueux et éclairés qui ont peur de s’habituer à des mal­ adies telles que l’égoïsme et la jalousie, s’a t­
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tachent, immédiatement, à Risale-i Nur. Cer­ tains essaient, encore, de gagner l’honneur et le bienfait d’être le disciple de Risale-i Nur, alors qu’ils ont soixante ou soixante-dix ans. Bediuzzaman Said Nursi dit: “Risale-i Nur n’apporte pas seulement des connaissances à ses lecteurs comme les autres livres, mais aussi elle a son enseignement spirituel.” Voilà, c’est sous l’effet de cet enseignement que l’esprit, le cœur, la conscience et les facultés de ceux qui lisent Risale-i Nur prennent part de son enseignement abondant et en sont nourris. Aussi n’est-il pas sous l’influence spirituelle de ses leçons que les mondes de chacun de ceux qui lisent sont, spir­ ituellement, purifiés. Et en devenant soumis, amoureux et épris des vérités de la foi par l’at­ tra it et l’influence divins, ces gens-là pro­ gressent dans la voie de Dieu et de son Prophète. Les amoureux de la science de la foi lisent Risale-i Nur. Les curieux des connaissances religieuses lisent Risale-i Nur. Les chercheurs de la vérité lisent Risale-i Nur. Les gens de nature vive et combative lisent Risale-i Nur. Les com­ pétences qui veulent atteindre le sommet du courage, de la bravoure et de l’héroïsme lisent Risale-i Nur. Les nationalistes positifs lisent
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Risale-i Nur. Les professionnels de l’art et des techniques lisent Risale-i Nur. Les admirateurs des sciences positives lisent Risale-i Nur. Les soufis lisent Risale-i Nur. Les curieux de la lit­ térature lisent Risale-i Nur. Donc, chacune des catégories humaines ressent, dans son esprit, Risale-i Nur comme un grand besoin et en profite. Chers Amis! L’aptitude de ceux qui lisent Risale-i Nur augmente, leur raison et leur logique s’activent et se fortifient. Ils acquièrent des capacités d’ex­ pliquer, d’une façon convaincante selon leur niveau à propos d’un quelconque sujet. Car, un tel disciple de Nur s’est éclairé d’excellentes leçons et en a reçu en abondance dans un chef d’œuvre de raison, de logique et de conviction, du début à la fin. Puis, c’est le Coran qui est la source et la base de la vraie civilisation, de la haute sociologie et des lois humaines. Le Coran est un discours général qui s’adresse à tout le genre humain. Vous verrez être satisfaits la plupart de vos besoins de la foi et de l’Islam, de la raison et de la pensée, du cœur et de l’esprit que vous
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cherchez dans Risale-i Nur qui est un commen­ taire du Coran, vrai, pur et brillant. Vous com­ mencerez à vivre, parfaitement, une vie heureuse, avec une grande admiration et une grande reconnaissance, en rem arquant qu’un certain nombre de questions que vous vous posez, dans votre esprit, obtiennent des répons­ es entièrement satisfaisantes, vous serez conva­ incus que Risale-i Nur est une oeuvre des vérités divines qui s’adresse à vous. Alors, vous ne pour­ rez pas vous manquer à la joie et à l’amour de la lire plusieurs fois et de la relire tout au long de votre vie. Disciples éveillés, vous qui suivez le sujet de Risale-i Nur avec un grand intérêt! Lorsqu’on récite le Sage Coran ou qu’on l’é­ coute, il produit sur les esprits, une influence spirituelle et profonde, même si l’on ne com­ prend pas son sens. Car, il est la Parole de Dieu. C’est grâce à la sainteté de cette Parole de Dieu et du sens de l’Islam que les turcs sont devenus combattants et qu’ils ont conquis des continents et des contrées. Depuis mille ans, ils portent le drapeau de l’Islam. De même, même si vous ne pouvez pas, entièrement, comprendre certains
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sujets de Risale-i Nur qui est un commentaire du Coran très important, son influence et son abondance spirituelles entrent dans votre esprit, dans votre cœur et envahissent votre monde spirituel; vous ne pouvez, certainement, pas rester sans en bénéficier. Et, nous n’en sommes pas dépourvus. De plus, l’homme ne possède pas seulement la raison, il a aussi des facultés et des organes tels que le cœur, l’esprit, le mystère et la conscience. Si votre raison ne saisit pas, vrai­ ment, dès la première lecture, chacun des prob­ lèmes, le cœur et l’esprit en prennent leur part. En raison de cette influence spirituelle, bien que Risale-i Nur ait eu huit ou dix disciples au début de sa composition, à présent il y en a des mil­ lions; parmi les courants de pensée dans le monde, elle a envahi l’Anatolie en tan t qu’un très grand courant de la foi; elle a fait accepter son existence et sa force jusqu’aux continents: Europe, Amérique, Asie, en faisant paniquer les ennemis de la religion, elle les a obligés à la défaite et a donné à l’Islam vie et mouvement; elle a fait vibrer la nouvelle génération en développant les natures vives et braves, elle a fait courir cette nouvelle génération dans tous les lieux nécessitant des efforts pour l’Islam de
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façon à tout sacrifier et elle continue à la faire courir. Finalement, elle a attiré l’admiration du monde et celle du monde musulman et elle con­ tinue à l’être. C’est pourquoi continuez à la lire tous les jours. Plus la collection d’un chef d’œuvre se fait lire et relire avec joie et plaisir, plus vous la lirez et relirez avec ardeur, mieux votre niveau de compréhension augmentera. La seule solution pour la comprendre, c’est de se concentrer, en s’isolant avec les œuvres de Risale-i Nur pour l’amour de la lire et de la relire encore et en poussant l’intelligence à des efforts. Mes Chers Amis! Le style de Risale-i Nur est un style excep­ tionnel qui ne peut être comparé à un autre style et qui a de l’attrait. Non seulement Bediuzzaman est un commentateur du Coran, mais encore il est le plus grand homme de Lettres de notre époque et un très grand orateur. Mais, il ne fait pas partie des littéraires qui donnent de l’importance à l’apparence et au faste de la parole. En revanche, c’est un auteur qui donne plus d’importance et plus de valeur au sens sans le sacrifier à l’attrait de la forme comme un
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tailleur qui ne sacrifie pas le corps pour l’habit. Il possède un style particulier d’explication, très efficace et très attractif, un style propre à sa per­ sonnalité. C’est pourquoi, dans les ouvrages de Nur, les vérités du Coran et de la foi sont expliquées et prouvées d’une manière très brillante, très influente et parfaitement. Risale-i Nur présente le trésor des vérités réunies et des paroles concises: c’est un chef d’œuvre qui possède la particularité d’une page dans une phrase, de dix pages en une page, d’une bibliothèque en un livre, un chef d’œuvre condensé d’aphorismes. C’est pourquoi ses leçons sont très efficaces et extrêmement utiles. Il est connu des personnes spécialisées que trop de détails au sujet de la foi peuvent rendre diffi­ cile l’influence et la compréhension des leçons. En raison de cette vérité, particulièrement si les vérités de la foi sont enseignées brièvement, elles seront plus influentes, plus productives et plus compréhensibles et elles le sont. En s’ap­ puyant sur cette règle, Risale-i Nur n’est pas entrée dans les détails et dans les éléments sec­ ondaires. Elle prend, comme principe, la m éth­
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ode de ne pas disperser l’intelligence dans les détails. Mes amis, vous qui avez le désir des connais­ sances de la foi! Bediuzzaman Said Nursi nous donne une très bonne nouvelle à la fin du Traité de la Sincérité. Nous avons la conviction que jusqu’à notre époque, aucun auteur n’a présenté une telle facilité. Il dit: “Celui qui lira, un an, ces traités, en les comprenant et en les acceptant, peut devenir un vrai savant de notre époque.” Oui, la science avance avec une vitesse incroyable. Progresser dans la spiritualité doit y être aussi parallèle. Au niveau matériel, nous vivons une période où la distance d’une heure est réduite en une seconde. Quant au domaine spirituel, il est plus rapide, plus vaste. Une vraie science qu’on obtenait en un demi-siècle dans le passé peut être obtenue en peu de temps aujourd’hui. Plutôt, les mêmes fruits et les mêmes résultats sont obtenus en peu de temps. Comment tout homme ou partic­ ulièrement tout musulman raisonnable peut-il être en retard pour travailler, sincèrement et avec amour les livres de Risale-i Nur afin d’avoir ce riche capital quand il entend l’existence d’une
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faveur de l’enseignement de l’Islam et du résul­ ta t de la foi obtenus si facilement et sans prob­ lème que l’Etre Absolu offre, avec Sa Miséricorde et Sa générosité, pour les musulmans et l’hu­ manité de ce siècle? Mes Chers Amis! Je suis sûr que vous tra ­ vaillerez avec tous vos efforts et toute votre exis­ tence pour lire le plus tôt possible les livres d’une telle collection si précieuse, si importante afin de prendre votre nourriture de la foi et de l’Islam. Je le souhaite ainsi. Car, la jeunesse s’en va, la vie passe et les temps ne reviennent pas. Oui, nous n’attendons pas d’aide de la part de nos professeurs, nous n’attendons pas d’encour­ agement de la part de nos parents. Nous n’avons pas à le faire. Nous sommes seulement dans l’obligation et dans l’effort de nous former, nous même, avec l’aide de Dieu. Si Dieu le veut, nous progresserons absolument en travaillant contin­ uellement et fidèlement jusqu’à ce que nous arrivions au sommet de la foi et de l’Islam. Nous éclairerons notre cœur avec la lumière du Coran, notre raison avec la science de la foi. Nous ferons travailler notre cœur et notre intelligence. Nous avancerons avec les traités de Nur et nous pro­
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gresserons dans la voie d’être le serviteur pur, fidèle, dévoué, combattant de Dieu et être le membre de la communauté sincère, conscien­ cieux et engagé de la communauté du Prophète (pssl). En ce qui concerne l’apprentissage de l’écrit­ ure coranique: Nous gagnons beaucoup de bonnes actions en écrivant les traités de Risale-i Nur. Nous apprenons cette écriture en peu de temps. Puis, en copiant ces ouvrages, nous acquérons des con­ naissances. Ensuite, en les multipliant, comme nous servons la foi et le Coran, nous obtenons de grands bénéfices spirituels. De plus, la mémoire retient bien la connaissance acquise par l’écrit­ ure. C’est la raison pour laquelle, jusqu’à main­ tenant, des milliers de jeunes, en écrivant, ont appris et continuent à apprendre l’écriture coranique. Mes Chers Frères! Je vais vous transm ettre encore quelques unes des qualités et des particularités de Risale-i Nur. La force des connaissances extraor­ dinaires qui se trouve dans Risale-i Nur tran s­ forme la foi imitée en une foi recherchée; ainsi,
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cette force forme l’homme en un musulman ferme et solide, en un croyant mûr qui met en application ses connaissances. Elle fait renoncer l’homme aux plaisirs funestes, mauvais en le portant à leur détestation. Elle conduit l’homme vers les mouvements qui lui apportent les plaisirs et les joies éternels, perpétuels, sub­ limes, très purs. Elle fait aimer la vie. En le sauvant du pessimisme, Risale-i Nur donne un optimisme de foi. Elle rend actifs les engourdis et les paresseux; un mouvement d’âme règne à l’intérieur du monde de l’homme. Elle réveille l’envie de devenir un homme très avancé, très élevé et pas un homme moyen. Elle met fin aux mauvaises habitudes telles que la vanité et l’ar­ rogance. Elle met en considération l’homme avec les vertus telles que la modestie, l’humilité, la dignité. Elle réconcilie les parties en conflit. Elle dispense un enseignement qui permet de répon­ dre à la méchanceté par la bonté, mais non pas par la méchanceté. Elle protège des jeunes comme vous, propres et bien élevés, de ne pas tomber dans la déchéance morale d’un milieu nuisible avec des habitudes pernicieuses. C’est la raison pour laquelle un vrai disciple de Risale-i Nur qui la lit sincèrement et contin­
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uellement, se sauve des gens immoraux en s’éloignant d’eux mêmes s’il reste dans leur milieu sans que sa moralité soit altérée. Puis, il commence à combattre son âme pour élever sa morale et son éducation. Il réussit avec les connaissances et la force de la foi qu’il a acquises de Risale-i Nur. Ensuite, il ne se laisse pas entraîner par des courants corrompus et des personnes gâtées; au contraire, en répandant Risale-i Nur, il a l’effort et le principe de conva­ incre et de réformer la société corrompue dont les fondements de la foi sont affaiblis. Il marque des progrès dans des objectifs et dans des règles comme un réformateur doté par de hauts principes sociaux. Comme s’il court d’une vic­ toire à une autre pour faire avancer et gagner sa cause. Oui, Chers Amis! Aujourd’hui, il existe une source de vérités qui contient le facteur, le sys­ tème le plus fondamental, le plus influent et qui remédie à nos plaies sociales en trouvant des remèdes à nos souffrances. Quant à cette source, c’est Risale-i Nur. C’est pourquoi les vrais intel­ lectuels et les étudiants éveillés qui peuvent
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saisir cette vérité, embrassent Risale-i Nur, en grand nombre. Oui, notre pensée doit être, toujours, pour le progrès. Risale-i Nur nous enseigne que ce monde passager est un lieu de commerce spir­ ituel pour gagner la félicité éternelle. Nous aus­ si, nous ne devons pas nous contenter de peu pour étudier et acquérir la science de la foi qui est la mine, la base, la lumière et l’esprit de toutes les vraies sciences, pour réussir dans notre cause sacrée et pour gagner notre combat spirituel. Nous devons travailler et faire tra ­ vailler les oeuvres de Risale-i Nur pour monter toujours, pour avancer toujours et pour pro­ gresser sans cesse. 1947
Au nom des disciples de Risale-i Nur de Konya

Zubeyir Gunduzalp * * %

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Pour faire lire les signes de la création du grand livre des êtres, pour m ontrer l’essence d’un tel livre, le Sage Coran, qui est le soleil spirituel du cosmos qui ne se couche pas, répand ses lumières comme les rayons. En éclairant la raison humaine, il montre le bon sens. Chacun des membres de l’hum anité voit et saisit les buts de sa création et les désirs de sa nature avec la lumière du soleil qui guide l’homme. Ceux qui sont guidés par la manifes­ tation de cette lumière acquièrent une sérénité en la reflétant en fonction de la capacité de son cœur. La nature des choses et l’essence de la vie sont vues, comprises et sues en se m anifestant avec cette lumière. Le Sage Coran, qui re­ présente les lumières spirituelles d’être guidées par le Soleil Eternel, permet de voir le réel et la vérité avec la sagacité et la perspicacité. Ceux qui sont loin de ses lumières resteront dans les ténèbres. Car, on voit, on comprend, on sait tout

à travers la lumière. Voilà, c’est la valeur morale de Risale-i N ur (Traité de la Lumière) porte son Nom Lumière qui a reçu la manifes­ tation lumineuse du Sage Coran étant, à notre époque, le soleil spirituel et éternel de cette lumière. Alors, en se tournant vers les vérités de la foi, Risale-i N ur montre, comme le fait le projecteur, le droit chemin à ceux qui ne sont pas, tout à fait, aveugles, à ceux qui ne veulent pas quitter les ténèbres, à ceux dont la nature ressemble à la chauve-souris, aux débauchés qui ne voient que le matériel, qui transform ent leur jour en nuit par le sommeil d’insouciance et qui ne voient pas ces vérités à force de rester dans les ténèbres. En portant un coup avec la massue de la Lumière à la tête des mécréants et des incroyants, elle dit: — “Ote ta raison de ta tête, jette-la, sois un animal ou bien reprends-la, sois humain!” Puisque la science est une lumière, nous allons faire allusion à un ou à deux argum ents mon­ tra n t que Risale-i N ur a des connaissances approfondies dans les sciences: Premièrement: nous devons nous rappeler que nous n’avons pas besoin de rappeler au
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sujet de l’acceptation que Risale-i Nur qui a comme m aître, uniquement le Sage Coran et pas d’autres livres, et que cette oeuvre le sert exclusivement. Pour préciser la valeur de Risale-i Nur, nous disons seulement aux hommes de sciences ceci: jusqu’à m aintenant sans qu’un homme de science n’a pu expliquer, clairement, les sujets inaccessibles, Risale-i Nur les a expliqués et les a prouvés, d’une façon très simple et convaincante, à partir de la caté­ gorie la plus ordinaire de la masse, jusqu’à celle la plus élevée de l’élite, tout un chacun selon son niveau de compréhension. Cette particular­ ité n’existe presque dans l’œuvre d’aucun homme de science. Deuxièmement: en constituant le commen­ taire de certains versets du Sage Coran, toutes les œuvres de Nur m ontrent en toute occasion qu’elles sont des lueurs spirituelles. Troisièmement: en se basant sur la science, elle répond, avec des preuves et des arguments évidents aux besoins les plus im portants des hommes. Par exemple: en interprétant le mode d’expression et le mode d’action d’un atome, elle prouve l’existence de Dieu, celle de l’au-delà,
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d’autres piliers de la foi. Bien que les philosophes les plus célèbres de l’Islam tels qu’Avicenne, Farabi, Averroès m ontrent, à ces sujets, comme preuves, toutes les créatures, Risale-i N ur prouve ces vérités avec le mode d’expression d’un atome ou d’un noyau. A présent, s’il était possible de démontrer la puis­ sance de la science de Risale-i Nur, ils iraient s’agenouiller, immédiatement devant elle, pour suivre son enseignement. Quatrièmement: Risale-i Nur dispense les connaissances, en peu de temps, comme des remèdes que l’homme ne peut les obtenir qu’en s’efforçant. Cinquièmement: Risale-i Nur, qui repré­ sente le devoir le plus élevé, c’est-à-dire, de servir, entièrem ent, l’hum anité, est le moyen d’obtenir la satisfaction de Dieu par le vrai objectif de la science sans y mélanger l’intérêt terrestre. Sixièmement: Risale-i N ur qui est le fruit délicieux et sacré de la foi à partir d’une réflex­ ion, se fait l’interprète de toutes les créatures dans leurs modes d’expression et dans leurs
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d’actes. En même temps, elle fait découvrir les vérités de la foi par la science certaine, par l’œil de la certitude et par des vérités certaines. Septièmement: comme base, Risale-i N ur englobe toutes les sciences. On dirait qu’elle est une excellente étoffe, faite avec des fils de la science. Et, elle est une revue des maximes qui ne sont dites par aucun homme de science et qui présentent des connaissances dans toutes les sciences. Comme exemple, nous allons en citer quelques unes. Nous conseillons de se référer à l’océan de Risale-i N ur à ceux qui souhaitent avoir une idée sur son ensemble. 1- Celui qui a créé l’œil du moustique a aus­ si créé le soleil. 2 - Celui qui a ordonné l’estomac de la puce a aussi organisé le système solaire. 3 - Pour créer un atome, il faut un pouvoir infini qui puisse créer tout le cosmos. Car, cha­ cune des lettres de ce grand livre de l’univers, particulièrement chacune des lettres vivantes ont une face et un œil tournés vers chacune de ses phrases.
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4 - La nature ressemble à une imprimerie, mais ne peut être l’imprimeur. Elle est une sculpture, mais ne peut être le Sculpteur. Elle est passive, mais ne peut être Active. Elle est la règle, mais ne peut être la Source. Elle est l’or­ dre, mais ne peut être Celui qui établit l’ordre. Elle est une loi, mais ne peut être le Pouvoir. Elle est une législation naturelle, mais ne peut être la réalité externe. 5 - Comme les lois stables, perm anentes et naturelles, l’esprit aussi, provient du monde de commandement et de l’attribut de la volonté divins, et la puissance divine l’a vêtu d’une exis­ tence dotée des sens. Cette subtilité volatile est dans la coquille de cette substance. Etc., il y a des milliers de maximes.

Dr. Mustafa Hilmi RAMAZANOGLU
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