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Philosophie et déontologie

23/09/08
Examen : examen théorique en janvier (50%) + Carnet de bord (feuilles volante) (50%)

Module 1 : Le secret professionnel

Il est à la base du service social avec des bénéficiaires. Il s’agit d’une notion importante.
Qu’est-ce qu’un secret ? C’est une chose qui n’est connue que par un petit nombre de
personne et qui doit rester caché.
Le secret professionnel : Obligation de na pas divulguer des faits confidentiels appris dans
l’exercice de la profession hors des cas prévus par la loi. Les informations confiés ou
recueillies à l’occasion de l’exercice de la profession.
Il n’y a pas légalement parlant de définition légale. La cour de cassation (qui juge sur la forme
et non sur le fond) l’a considéré.
Etat : nature de la personne (laïque ou consacré, sobriété ou ébriété). Façon dont elle est a un
moment donnée.

- Le Secret professionnel concerne aussi bien l’état, la profession que la fonction.


On ne va se confier qu’a quelqu’un en qui on a confiance. Il n’y a pas de travaille, de relation
possible si la personne en face de nous ne nous fait pas confiance.
Le secret va se caractérisé par :
- Un savoir partagé : s’il n’y a pas de communication, il n’y a pas de secret. Le secret
commence avec la communication. Lorsqu’on le découvre l’information, qu’on l’a
comprend on devient le dépositaire du secret. On n’en devient pas propriétaire car
l’information appartient toujours à la personne.
- Un savoir protégé : la fonction principale du secret professionnel est de protéger la
personne qui nous le confie. On la protège de l’extérieur, du jugement des gens,
d’éventuelles violences,… Le secret professionnel n’est pas une prérogative donné à
l’assistant social mais une obligation légale de se taire sous peine de sanction pénale
ou civile.

24/09/08
Différence entre relation de confiance et relation de confidence :

C’est la personne qui se confie qui va estimer si l’information est secrète ou non. Si la
personne choisit de se confier à quelqu’un, dans le cadre d’une relation de confiance, il n’y a
pas de secret professionnel. Au contraire, si le confident est un professionnel, on se retrouve
dans une relation de confidence ( secret professionnel).
Tout ce qui est relevé, déduit d’une information, tout cela est couvert par le secret
professionnel. Il est évident qu’il n’est pas possible d’avoir une relation de confiance sans
relation de confiance. L’un ne peut exister sans l’autre.
Le secret professionnel est un préalable à la relation de confiance.

Conséquences :
1
- L’assistant social n’est pas libre de savoir par quel critère il pourra ou non parler. Sauf
ce qui est définit par la loi.
- Même si la personne accepte que l’on révèle l’information, on ne peut en parler et
lever le secret professionnel.
- Sur le plan pénal, hors cas prévu par la loi, si pour X raisons un secret est révélé, on
risque d’avoir des ennuis et comme conséquence d’inclure le ministère public sous le
sceau du secret. Il ne pourra pas prendre en compte les informations qui sont
transmisse.
Il est important de dire au client que nous sommes tenus au secret professionnel. Mais il faut
préciser que dans certain cas bien définis, nous avons une obligation de divulguer. Enfin, nous
ne sommes pas tenus au secret professionnel pour la personne qui nous mandate et
uniquement pour celle-ci.

Lors d’une demande de témoignage, lorsque nous devons répondre à une question, on peut
invoquer le secret professionnel et ainsi ne pas devoir répondre. Cependant, il y a obligation
de se rendre à l’audience.

Le secret partagé : =le SPA

Ne devient une règle qu’en travail en équipe d’A.S. : faciles car tous les A.S. sont tenus au
SP comme nous (le même que nous). Les A.S. sont amenés à échanger des informations dans
le cadre de ce travail.

La notion de SPA n’a pas de d’existence légale  aucuns textes de loi ne codifie ça. C’est la
pratique professionnelle du T.S. qui a fait émerger cette notion. Il y a une même collaboration
entre les différentes personnes qui travaillent autour d’une même situation car elles sont de
plus en plus complexes.

Il y a une distinction entre les A.S qui travaillent à l’initiative de la personne elle-même ou les
situations où les A.S. interviennent sous mandat d’une autorité. Par rapport avec aux gens
avec qui l’on travaille, il faut être le plus clair possible. Quand on travail sous mandat, le
rapport sera retransmit au juge.

ATTENTION : On travaille avec des êtres humains  tous ce qu’on va dire va avoir des
conséquences directes, immédiates et souvent irrémédiables sur la personne (qu’elle quelle
soit) sur la vie de la personne. Quand on est mandaté pour effectuer une mission particulière,
il n’est pas question de se retrancher sous le SP la nécessité d’être clair avec la personne,
libre à eux de dire ou pas un certain nombre de choses. Ils doivent savoir qu’ils peuvent se
taire et à quoi ils doivent s’attendre s’ils parlent ou non.
En principe, un mandat est clair. Il y a toujours intérêt qu’il soit clair et précis. Sinon, ça put
amener des dérives.
Client= Personne qui s’adresse à un service/ un A.S. d’elle-même
Usager= Souvent on passe du statut de client à usager. On est tenu de respecter un certain
nombre de règle. On est tenu de s’adresser au service mais pas de notre propre chef.
On doit être par rapport au gens avec qui l’on travail. Il faut donc préciser le cadre dans lequel
on va agir. Dans tout les cas hors mandat, il faut prendre position par rapport aux informations
que l’on va partager, un certain nombre de condition cumulative avant de communiquer entre
professionnel.
En l’absence d’une des 5 conditions, on a l’obligation de se taire. Les conditions sont :

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1) Informer le maître du secret (=personne qui confie les informations) du partage
nécessaire de ces informations avec d’autres et partager ce qui va faire l’objet du
partage  c’est souvent une chose que l’on oublie
2) Obtenir l’accord du maître du secret
3) Ne pas partager qu’avec des personnes soumissent également au SP
4) Ne partager le secret qu’avec des personnes qui partagent la même mission.
5) Limiter le partage du secret à ce qui est strictement nécessaire.

 Pour pouvoir travailler dans le cadre de la SPA, il faut vérifier que toutes les conditions
sont remplies

En tant que professionnel soumis ou non au SP, il est souvent intéressant de partager pour
pouvoir faire évoluer la situation. C’est nécessaire de pouvoir le faire et il fut pouvoir le faire.
Dans ce cas de figure, il faut toujours se souvenir que le respect de la vie privée est une
donnée fondamentale que l’on ne peut négliger.

Exception et obligation du SP

Est-ce quel SP a un caractère absolu ou est-il relatif ? On ne transige pas avec la règle du SP.
Le SP à souvent un caractère relatif.
1) Le témoignage en justice ou devant une commission parlementaire (art 458 du code
pénal).
Commission parlementaire : le parlement à la capacité de se doter des mêmes
capacités qu’un tribunal.
En tant qu’A.S. :
- Le témoignage en justice est à interpréter strictement : il s’agit d’un
témoignage sous serment devant un juge d’instruction ou un
tribunal ( rien d’autre).
ATTENTION : Devant la police, ca n’entre pas en ligne de compte
- Quand on est appelé en justice, on doit se présenter, prêter serment
puis parler ou se taire
2) Hypothèse où la loi oblige le professionnel à faire connaître les secrets (art. 458 code
pénal). Ex : cas où l’on est obligé de porter assistance en personne en danger  on est
obligé d’apporter une aide à la personne et pas la dénoncer ou relever les faits.
Une situation de péril grave n’oblige pas automatiquement à parler mais à apporter
personnellement ou à faire en sorte que la personne ou le service compétent apporte
une aide pour conjurer le péril grave. C’est dans ce cadre que la révélation à l’autorité
judiciaire peut être cette aide adéquate.
Péril grave= événement dont la réalisation apparaît comme probable et qui peut porter
atteinte à l’intégrité de la personne et en plus, elle doit être actuelle, c’est-à-dire non
hypothétique.
3) Art 458 code pénal : permet aux professionnels de parler dans un certains cas précis.
La décision de révéler ou un secret appartient au professionnel mais c’est balisé. La
faculté ne concerne que les crimes ou délits commis sur des mineurs. La révélation
n’est possible qu’à certaines conditions :
- Être dépositaire du secret par état ou profession
- S’agir d’un délit ou d’un crime énuméré à l’art 458 du code pénal et
commis sur mineurs.
- Il faut que se soit un péril grave et imminent qui peut entraîner des
dommages difficilement réparables
3
- Avoir examiné la victime ou avoir reçu ses confidences
- Ne pas être en mesure, soi-même ou avec l’aide de tiers de protéger
l’intégrité de ce mineur.
Crime et délit : attentat à la pudeur, viol, homicide et lésion corporelles volontaires,
provocation (sens où l’on incite un enfant à faire quelque chose qui entraîne des circonstances
aggravantes, si on a autorité sur la personne du mineur), mutilation des organes génitaux
féminins, délaissement ou abandon d’enfant, privation d’aliments et de soins (il y a toujours
une appréciation sur base du conflit de valeurs)

Pour qu’il y ait état de nécessité, il faut 4 conditions :


- Intérêt que le professionnel a cherché à sauvegarder en commettant l’infraction (la
révélation du secret) doit être égal ou supérieur à l’intérêt sacrifié  conflit de valeurs
- Intérêt à sauvegarder doit être sous la menace d’un danger imminent, grave et certain
- Il doit être impossible de sauvegarder l’intérêt supérieur autrement qu’en commettant
une infraction
- La loi ne dot pas imposer une obligation d’éviter le mal que le professionnel cherche
effectivement a éviter  on veut éviter le mal alors que la loi oblige à éviter le mal.

Module 2 : P. Ricœur, soi même comme un autre

1. Introduction
La question de départ c’est :
- « Qui est cet autre que je prétend aider ? »
- « Et vous qui êtes-vous, vous qui prétendez de par votre fonction professionnelle,
aider l’autre ? » Au nom de quelle définition prenez-vous cette place ?

Ricœur est un philosophe français qui vient de mourir. Il est considéré comme le philosophe
le plus important en Europe en matière d’éthique Il a fait une grande partie de son travail dans
le monde anglo-saxon. C’est un philosophe protestant. Il a fait beaucoup de travaux
herméneutique (science ou art de pouvoir interpréter les textes rendre un texte parlant,
souvent des textes anciens)

2. Je ne suis pas un penseur, contre Descartes

Si on cherche à dire, définir ce qu’est un être humain, ce qui fait que l’on se ressemble tous.
Descartes apporte cette réponse :
1) C’est ambitieux. Il veut répondre à la question « Qui suis-je ? » et veut y répondre de
façon sûre et certaine. Pour arriver à une réponse certaine, il va faire la liste de toutes
les réponses possibles et ne garde que l’hypothèse de réponse qui résiste à toutes les
critiques qu’il peut faire (ex : Qui suis-je ? je suis un corps  ne suis pas victime
d’une illusion ?)
2) Si on commence comme ça, on peut douter de tout sauf qu’il y a quelque chose
d’absolument humain, c’est le fait de douter
Être humain  quelqu’un qui doute  quelqu’un qui pense
Tout est douteux, sauf le fait de douter  définition de l’être humain qu’on ne peut
attaquer.  Je pense donc je suis

C’est assez subtil mais Ricœur dit que la réponse à la question « Qui suis-je ? » n’est pas très
intéressante :

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- Un peu restrictif du genre humain  exclu du genre humain tous ceux dont la raison
semble avoir disparue
- Dans le monde de Descartes, qu’une seule personne qui vit car si on peut être sûr
qu’on existe, et qu’on peut être penseur, on n’est jamais sûr de ce que les autres
pensent on ne sait pas si c’est une illusion. C’est le doute qui fait que l’on pense.
Impossible d’appliquer la définition de Descartes aux autres. C’est moi qui décide si
l’autre est un penseur dangereux car il a une décision de pouvoir énorme. On ne donne
pas un statut à l’autre, c’est lui qui donne la définition de lui-même.
- Dire à quelqu’un qu’il est une personne pensante, il va dire qu’il est tout autre chose
défense de Descartes ne rejoint pas la façon don a envie de se définir. Ce n’est pas la
définition qu’on donne quand on doit se défendre. On a plutôt tendance à se raconter
pour répondre à la question « Qui suis-je ? ».

3. Où il faut distinguer entre mêmeté et ipséité dans l’identité

Pour pouvoir savoir qui on est, il faut distinguer mêmeté et ipséité.


Une personne, quand elle se raconte donne des caractéristiques physiques psychiques et un
nom propre. Quand on ne fait pas cela, Ricœur dit qu’on utilise des concepts, attributs qui
sont à disposition de tout le monde  communs à beaucoup de personne. Si on multiplie
l’énoncé caractéristiques, on construit petit à petit un portrait unique (ex : le portrait robot).

Les caractéristiques changent peu. Je serais toujours le (la) même. Fondamentalement, je ne


change pas beaucoup.

Décrire quelqu’un via des caractéristiques physique et psychique, c’est supposer qu’il est
toujours le même au fils du temps ;

« Qui suis-je ? » : la même personne qu’hier et demain, le même ensemble


identifiable/identique de caractéristiques hier, aujourd’hui et demain.

 MÊMETE
Si on opte pour cette façon de caractériser les gens, on transforme la personne en chose, en
animal qui ne bouge pas et qui ne fait vieillir.
C’et une façon de décrire l’identité mais il faut autre chose pour distinguer l’Homme de la
chose et de l’animal

Qu’est ce qui fait que l’identité de l’Homme n’est pas la même qu’un animal ?
Quand on s’attribue une caractéristique, on s’attribut une caractéristique mais on fait aussi une
attribution.
Ricœur dit que l’on s’attribue une caractéristique (memeté) mais on prononce en plus « Je »,
on reconnaît l’existence d’un MOI avec toutes les caractéristiques relative à sa mêmeté, il y a
donc un élément en plus :

IPSEITE
L’ipséité est l’hypothèse que doit faire en plus de la mêmeté pour compléter la notion
d’identité. On part de l’idée qu’on existe mais on se demande ce que c’est d’exister.
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Mêmeté= Façon de définir l’être humain qui consiste à énumérer les caractéristiques physique
et psychiques. Ce sont des limites fortes mais quand même intéressantes parce que ce sont des
attributs qui caractérisent l’identité de chacun, n’appartient à personne et est très intéressant
car cela veut dire que mon identité, je la partage avec tout les autres.
Construire mon identité se fait de la même façon qu’un autre. L’identité de chacun suppose
que l’on reconnaît l’identité de chacun. Ex : la langue.

 Mon identité qui me ressemble passe par l’identité des autres. Mon identité n’existe que si
je passe par des caractéristiques que quelqu’un d’autre peut s’approprier.

Ipséité= Je suis gourmand, distinction presque naturelle entre mes qualités et la personne sur
laquelle vient se greffer mes qualités Signe que les qualités que l’on peut s’attribuée par les
autres, l’identité est faite par l’autre.

Dans l’ipséité : tout ce que me fait pas possible de décrire l’ipséité car autrement on
retombe dans la mêmeté. Il est intéressant de trouver une technique pour pouvoir décrire
l’ipséité. Ils doivent être différents tout les deux mais doivent être en relation.
Ricœur fait de même : « Je suis gourmand »

Ipséité mêmet
é
L’ipséité s’intéresse également à d’autre phrase que le fait d’être gourmand.
Ex : Je promets de ne pas oublier de t’écrire Enoncé
Je m’engage à remplir votre feuille d’impôts performatifs

Enoncé constatifs
Ex : le tableau est
vert
Les énoncés performatifs construisent la réalité. Tout le monde n’est pas habilité à les dires.
Ils supposent une série de conditions :
1) La personne qui prononce la phrase doit être habilitée par l’interlocuteur à prononcer
la phrase
2) Il construit la réalité
3) Faut une situation d’interlocution quand on parle, toujours une personne qui parle et
qui s’adresse à une autre (pareil pour les énoncés constatifs)
 Ce qui voudrait que toute action langagière suppose un « je » et un « tu », qui
fondamentalement ne sont pas différent l’un de l’autre.
Ex : Je t’affirme que le tableau est vert je peux facilement prendre la place du « tu »
et vice versa dans les phrase constatives.
ATTENTION : Ce n’est pas le cas pour les énoncés performatifs
Ex : je vous marie : Si les personnes disent au bourgmestre « nous vous marions »
 Impossible.
Pour « je t’aime », les conditions sont beaucoup plus lourdes que pour les énoncés
constatifs. Cette phrase est performative mais très faible car il n’y a pas beaucoup de
conséquence pour les interlocuteurs. C’est pareil pour un jugement

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 Les énoncés performatifs ne sont importants que pour les personnes qui ont un
statut particulier.

Le « Je » ipséité, on doit faire l’hypothèse qu’l existe à toutes les minutes de la vie.
4) Promesse « je te promet… »A quelle condition cet énoncé va-t-il fonctionner ? Il
faut que j’aille une certaine capacité à tenir un engagement, il faut réaliser la
promesse.
Il reste en question que le « je » en question va se définir par l’action qu’il va réaliser
ou non, sa capacité à être le même dans le temps.

Une autre façon de caractériser l’ipséité (qui utilise l’agir, qui fait le détour par l’analyse du
mot agir ou action)

Toute action humaine est attribuée à un agent. Dés qu’on a trouvé un agent, on lui demande
les motifs de son action (cela ne nous intéresse guère car il est difficile de déterminer les
motifs d’une action c’est flou). Il y a aussi autre chose que les motifs.

Ricœur prétends que quand je dis « c’est moi qui ait fait cela », c’est l’ipséité (je ipsé) qu’on
convoque et que l’on montre.
Pourquoi ? Ricœur dit que faire une action, c’est intervenir dans le monde. Normalement, les
changements qu’on effectue dans le monde= des changements voulus
Par conséquent, l’action a ceci d’intéressant qu’elle unit le sujet et le monde, à travers l’action
que suis dans le monde. Si j’assume une action, le sens que ça prend est ce qu’il appelle « la
puissance d’agir » (c’est moi qui fait l’action, c’est moi qui suis coupable).

Assumer une action, dire je suis capable de ça, c’est extraordinaire. Indépendamment du fait
que je sois réellement capable d’agir, c’est-à-dire me sentir fondamentalement relié au monde
 indépendant au fait que je sois grand, importance de ce que j’ai, … on a dans notre identité
(ipséité) un autre sentiment de puissance d’agir qui est l’impression, certitude, … que je suis
connecté au monde, que je peux faire des changement dans le monde ou non.

Hypothèse : quelqu’un qui a besoin de l’aide sociale  quelqu’un qui a perdu sa puissance
d’agir et ce ne dépend pas de la grosseur de son portefeuille.
Un signe que quelqu’un a perdu sa puissance d’agir : quelqu’un qui n’arrive pas à dire « oui
c’est moi » personne en désaccord avec son « Je », son ipséité
 Misère identitaire
 Perte de lien qu’ils ont avec la réalité.

Si on accepte cette idée, Ricœur fait la remarque que « soi même comme un autre ». Pour
faire exister mon ipséité, j’ai besoin de l’extérieur, quelqu’un d’autre que moi. En particulier
des autres puisque les actions humaines sont des actions faites avec des autres.
 Si on perd la sensation de la puissance d’agir, on perd notre statut d’être humain

4. Quand parler de soi est capital

Un moyen d’éprouver cette hypothèse de puissance d’agir, c’est de faire le détour par la
notion de récit.

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Qu’est ce qu’un récit ? C’est une succession d’événements vécus par une ou plusieurs
personnes= plusieurs actions qui se déplient dans le temps. On est toujours dans le récit quand
on agit car on fait plusieurs actions qui sont reliées. Parler du récit ou de l’agit, c’est toujours
le même bain.

Dans un récit, il y a toujours un personnage principal. Quand on fait le récit, ça tourne


toujours autour de lui.
Il fait l’hypothèse que c’est à travers le récit de toutes les actions que se construit le
personnage.
Au bout du récit, le personnage qu’il existe par lui-même. Pas besoin que tu reste ce soir pour
que tu sois dans ma tête. C’est à travers ce récit que se construit et s’autonomise l’identité
d’une personne. L’identité se construit à travers les actions que le personnage fait. Le
personnage est un fait objectivable car c’est de l’ordre de la mêmeté. Cette mêmeté devient
ipséité parce que l’on sait que cette personne existe.
 Si on peut être le personnage d’un récit, alors, on acquiert l’identité de type ipséité parce
que on reconnaît le personnage comme un être humain.
Vu qu’on donne une ipséité, on donne une puissance d’agir. Si je peux parler de moi, devenir
personnage du récit, c’est un signe de puissance d’agir. Si je peux parler de moi, devenir
personnage du récit, c’est un signe de puissance d’agir et un signe de l’être humain.
Parler de soi peut-être oral, écrit, dessiné…

5. Être, c’est agir, et l’action est éthique

Ricœur fait remarquer que quand on écoute le récit de quelqu’un, automatiquement, on le juge
au sens large du terme.
C’est la même chose quand je me raconte, les autres me jugent mais je juge aussi ce que j’ai
fait. Je pose un regard et j’évalue l’action qui m’est racontée.
La capacité de jugement de sa propre histoire est une composante de l’identité ipséité. Ce qui
est essentiel dans le fait de se juger, c’est que pour juger, on a besoin d’un étalon pour dire si
c’est bien ou si c’est mal on a besoin d’une échelle de mesure.
Quand on fait un jugement, on montre qu’il y a en nous un étalon, une échelle de valeurs.
Quand on juge qu’une action est négative, c’est parce que on se dit qu’on aurait été digne de
faire mieux.
 Se juger, c’est s’estimer, avoir une certaine estime de soi. Quelqu’un qui ne se juge pas,
quelqu’un qui n’a pas d’estime de soi, c’est misérable (Pour Ricœur, c’est le signe de la
misère au sens où il est définit)

Concernant la question de l’estime et du jugement de soi, Ricœur va faire plus ou moins, la


norme qui est derrière ce jugement. (J’ai tendance à l’étendre à l’univers tout entier). On a la
norme pour soi et pour les autres.

 Quand il y a un jugement sur un récit, le jugement inclut toujours les autres. Juger les
actions des autres, c’est aussi dire qu’on les respecte, qu’on a une certaine estime de soi.

Module 3 : Responsabilité et action social quel mariage :

1. Introduction : quesaco ?
Responsabilité :
- Engagement (les respecter)/ Obligation
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- Contrôle (maîtrisse) de l’action/ gérer
- Assumer/sanction
- Autonomie (être capable de)/choix
- Pouvoir

2. Une éthique de la responsabilité parmi d’autre point de vue Etchegoyen

Pourquoi depuis 30 ans parle-t-on de responsabilité ? C’est une notion très jeune, l’éthique de
la responsabilité s’est développée il y a une trentaine d’année dans un contexte particulier.
Avant, le monde était fixe, ne bougeait pas. On faisait comme les générations précédentes, en
particulier en matière de morale. Il y avait des évolutions techniques mais ça ne paraissait pas
dangereux, on n’avait pas vu que cela changeai fondamentalement la face du monde.
Le 1er choc qui a fait passer d’une vision immobile à une autre, c’est la guerre de 40-45. Il y
avait deux choses dans la guerre :
- Une volonté d’exterminer tout un peuple ( homme capable de détruire un peuple)
- La bombe atomique : on se rend compte qu’on peut faire exploser la planète. C’est
tellement énorme que les hommes peuvent détruire le fondateur du progrès.
On prend en compte que les progrès se sont des événements dominants dont il faut s’occuper
dans la société, c’est à partir de quoi il faut penser l’éthique. Ex : la pilule est un changement
fondamental dans le rôle de la femme et de la mère.
C’est dans ce contexte là qu’apparaît la notion de responsabilité parce qu’on se rend compte
qu’il va y avoir des progrès irréversibles.

ETHIQUE= science qui se propose de déterminer ce qui est bien ou mal, ce qu’il faut faire ou
non,…
La notion de responsabilité essaie de penser les conséquences qui découlent de ces progrès
il faut assumer les conséquences de ses actes/ assumer ses choix.

Question par rapport au texte :


1) Les 3 sens du mot responsable : quels sont les 3 sens que l’on peut attribuer au mot
responsabilité ?
2) La responsabilité, une certaine vision de l’Homme : avec l’idée de responsabilité de
l’homme, on convoque une certaine partie de l’homme (raison, volonté,…), laquelle ?
Quelles sont les caractéristiques qu’un homme doit posséder pour pouvoir être dit
responsable ?
3) Devant qui est-on responsable ?
4) Critère de moralité d’une action
5) …

3. Qu’en pense Ricœur ?

Ricœur est très près de l’éthique de la responsabilité. Il parle de responsabilité, il part de


l’expression de l’homme de la rue.
Dans la rue que signifie la responsabilité ? C’est assumer les conséquences de ces actes.
Ricœur fait remarquer que cette notion de responsabilité est très juridique, mais il y a aussi
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un sens moral à cette notion. Être responsable c’est comme un devoir  je suis parent, A.S.
donc je suis responsable.

Caractéristiques morales selon Ricœur :


1) Être responsable pour quelque chose qu’on n’a pas fait
2) La responsabilité des effets non désirés/ Non prévus de nos actes et il y en a toujours.
On ne peut pas tout prévoir
3) La notion de responsabilité a aussi une face tournée vers le passé dans la mesure où
elle implique qu’on assume un passé qui nous affecte sans qu’il soit entièrement notre
œuvre. Disons dés maintenant que reconnaître son propre être en dette à l’égard de qui
a fait qu’on est ce qu’on est, c’est se tenir responsable.
 Être responsable, c’est aussi accepter qu’on a été influencé par les autres, qu’on est
le produit de leur projet.
La figure de la responsabilité n’est pas rencontrée chez Chegoyen.

Si on met les points 1,2 et 3 ensemble, Ricœur montre que la responsabilité se développe dans
le temps mais dans toutes les figures du temps (passé, présent, futur). La responsabilité que
l’on prend va rassembler le passé, le présent et le futur. Si je me dis responsable, ca veut dire
que j’accepte mon passé, mon présent et mon avenir et j’assume les conséquences de ce que je
fais.
Je me construis l’identité ipsé
Avec la figure de la responsabilité, je peux rassembler mon passé et mon futur pour me
reconstruire.
Il faut apprendre la responsabilité à nos clients, usager en tant qu’A.S. car cela voudra dire
qu’ils auront reconstruit leur identité, qu’ils sont redevenus quelqu’un, qu’ils ont accepté leur
passé.

4. Responsabilité et action sociale : quelques définitions

M.H Sarlet : une solidarité de responsabilisation ?


Thèse générale : La figure de la responsabilité c’est-à-dire la figure de l’acteur de la société à
qui on attribue l’étiquette responsable, cette figure a changée.
Ce n’est plus l’Etat qui est responsable mais l’individu. Ce changement a eu un effet négatif
sur le T.S.

4.1.La figure de la responsabilité à changée

Avant, on vivait avec l’Etat providence, c’est-à-dire, l’Etat chargé de réparé, dédommager les
inévitables inégalités sociales engendrées par le fonctionnement de la société.

Aujourd’hui, la notion d’état providence a été fortement remise en cause. En particulier dans
la profession sociale, il est de moins en moins question d’aider les catégories sociales.
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Les politiques sociales sont de moins en moins catégorielles par contre, les politiques d’aide
sont de plus en plus individualisées.

L’individualisation de l’aide permet de sortir de l’idée d’Etat providence et d’autre part, va


permettre d’exiger des individus qu’ils y mettent de leur personne pour s’en sortir, qu’ils se
prennent en main et deviennent acteurs qu’ils deviennent responsables.
Tout se passe comme si on était passé d’un principe de solidarité de l’état envers ses citoyens
à une responsabilisation des citoyens vis-à-vis de l’Etat.
Pourquoi ? Que s’est-il passé pour en arriver là ?
Selon M.H., notre idée, conception de la société a changée. Avant, dans la société, une
fonction naissait à partir de normes imposées à tout le pense, de façon universelle. C’est le
ciment social : unité (tout le monde pense la même chose) et verticalité (respect, autorité).
Aujourd’hui, le ciment social n’est plus là. Pour M.H., aujourd’hui, faire la société, c’est pour
chaque individu le fait de créer les relations qu’il veut avec qui il veut. La société dépend des
actions de chaque individu qui va se construire un réseau.
La société horizontale est basée sur la diversité. La personne va juger et imposée tel ou tel
type de relation. S’intégrer dans la société c’est être capable de se construire comme un sujet
de relation. Ex : La question du risque a beaucoup changé. Avant le risque était vu comme
produit par la société. Vu qu’elle génère le risque, il est pris en charge par elle. Aujourd’hui,
le risque est quelque chose de positif, il fait partie intégrante de notre vie, à l’individu ;

4.2.Et l’individu dans tout cela ?

Faire de la société, aujourd’hui, c’est être un individu capable de tisser, construire ses
relations par lui-même. Ricœur indique une valorisation de l’individu.
En fait et paradoxalement, faire de la société c’est être un individu capable de tirer lui-même
des forces pour tisser des relations.
En philosophie, c’est être capable de s’auto instituer (devenir un individu, un membre de la
société dépend de moi).
Je suis autonome, indépendant pour faire partie de la société. C’est moi qui en suis
responsable. Je dois trouver un projet, agir pour ne pas être exclu. Si je ne fais rien, je suis
exclu.
 C’est extrêmement lourd pour certaines personnes. S’intégrer demande des ressources,
des forces que tout le monde n’a pas.

4.3.Changement des orientations du T.S.

1) Que devient le T.S. dans ce contexte ?


On sait que l’AS est là pour soutenir les individus dans leur auto institution sociale,
c’est-à-dire, dans leur démarche personnelle d’intégration à la société.
Qu’est-ce que cela signifie ? Que l’on s’intéresse aux individus et non aux groupes,
aux individus ensemble tant qu’ils sont autonomes, aux individus et à leur psychologie
en tant que sujet.
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2) Ce que l’A.S. va faire, c’est s’occuper de l’individu et le soutenir dans sa conception
d’agir.
3) L’action social de l’AS va avoir une action à postériori et non pas à priori
4) Une fois l’individu en face de soi, il faut reconstruire un projet, le rendre actif, le
soutenir dans sa capacité d’action, mobiliser des ressources. Il ne faut pas tout faire à
sa place. Faut passer un contrat avec car ça permet de dire « je fais cela a condition
que tu fasses cela ». Ca oblige le client-usager à être actif, à être responsable de la
partie qu’il a prit en charge.

4.4.Quelques dangers de cette responsabilité

Pour M.H., une série de personne ne sont pas capable de rentrer dans cette dynamique et il y
en a plus que l’on ne le croit.
Que va –t – on faire ? En chemin, on a perdu un outil très important dans le travail d’A.S. :
l’institution. Dans notre perspective de responsabilité de l’individu et du travail avec
l’individu on a perdu l’institution. Avant, l’A.S. était le porte parole des institutions, il avait le
rôle de remettre la personne dans le bon chemin. Maintenant, il demande de rencontrer
l’individu avec son projet, ses valeurs, ses ressources,…
Il n’est plus question de normes valables pour toute la société. Le risque c’est que l’AS et
l’usager ne voient plus où ils doivent aller. On ne voit plus l’endroit où on doit arriver. Il n’y a
plus aucuns objectifs indéfinis.
Est-ce que le projet mis en place est le bon ? On est responsable de l’efficacité de son travail
 position inconfortable. Cette posture professionnelle nous empêche de penser les
inégalités car le travail est individualisé, singulier. Chaque fois, un individu puis un autre.
Dans cette perspective, il y a des inégalités fondamentales. Il y a des gens qui ont moins la
capacité d’agir. Cette dimension est oubliée, on ne s’en occupe pas. On cherche juste à
responsabilisé l’individu pour l’individu.

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