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PROCÉDURE PÉNALE Documents d’actualisation Été 2010
En complément du cours et du polycopié de procédure pénale, vous trouverez ci-après les éléments d’actualisation indispensables parus cet été, depuis le 10 juin 2010. Bonne lecture et bon courage !

I. — Les principes directeurs de procédure pénale
1.
[…]
1. Considérant qu'aux termes de l'article 90 du code disciplinaire et pénal de la marine marchande : « Le tribunal maritime commercial est composé de cinq membres, à savoir : « Un magistrat du siège du tribunal de grande instance dans le ressort duquel se trouve le tribunal maritime commercial, président. « Juges : « - un administrateur des affaires maritimes qui n'a pas participé aux poursuites ou à l'instruction de l'affaire en cause. « - un agent des affaires maritimes choisi en fonction de ses compétences dans le domaine de la sécurité des navires ou de la sauvegarde de la vie humaine en mer parmi les corps d'officiers des affaires maritimes, ou de fonctionnaires ou de contractuels de catégorie A des affaires maritimes. « - un capitaine au long cours ou un capitaine de première classe de la navigation maritime de moins de soixante ans, en activité ou inactif depuis moins de cinq ans, ayant accompli au moins quatre ans de commandement. « - suivant la qualité du prévenu, un quatrième juge choisi comme suit : « A - Si le prévenu est un marin breveté ou diplômé : un marin actif titulaire du même brevet ou diplôme, en activité ou inactif depuis moins de cinq ans ; « B - Si le prévenu est un marin ni breveté ni diplômé : un maître ou une personne d'un grade équivalent à celui de maître, en activité ou inactif depuis moins de cinq ans, appartenant à la spécialité (pont, machine ou service général) du prévenu ; « C - Si le prévenu n'est pas un marin : un agent des affaires maritimes choisi en fonction de ses compétences dans le domaine de la sécurité des navires ou de la sauvegarde de la vie humaine en mer parmi les corps d'officiers des affaires maritimes, ou de fonctionnaires ou de contractuels de catégorie A des affaires maritimes. « Le quatrième juge prévu dans les cas A et B ci-dessus est pris parmi les marins n'ayant subi aucune condamnation pénale ou sanction disciplinaire présents dans le port, siège du tribunal maritime commercial ou à défaut dans les ports voisins. « Un contrôleur des affaires maritimes remplit les fonctions de greffier » ; 2. Considérant que, selon les requérants, la présence au sein du tribunal maritime commercial de personnels de l'État relevant de l'administration des affaires maritimes et qui demeurent dépendants de cette administration à qui est confiée, par ailleurs, la mission d'instruire et de poursuivre les affaires devant ce tribunal méconnaît tant les principes d'indépendance et d'impartialité du juge que le droit à un procès équitable ; 3. Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des
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Cons. const., 2 juillet 2010, déc. n° 20102010-1010-QPC, Consorts C. et autres [Tribunaux maritimes commerciaux]

QPC : la composition du tribunal maritime commercial est contraire au principe d’indépendance

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pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution » ; que le principe d'indépendance est indissociable de l'exercice de fonctions juridictionnelles ; 4. Considérant que, parmi les cinq membres du tribunal maritime commercial, deux d'entre eux, voire trois si le prévenu n'est pas un marin, ont la qualité soit d'officier de la marine nationale soit de fonctionnaire ou d'agent contractuel de l'État, l'État, tous placés en position d'activité de service et, donc, soumis à l'autorité hiérarchique du Gouvernement ; que, dès lors, même si la disposition contestée fait obstacle à ce que l'administrateur des affaires maritimes désigné pour faire partie du tribunal tribunal ait participé aux poursuites ou à l'instruction de l'affaire en cause, ni cet article ni aucune autre disposition législative applicable à cette juridiction n'institue les garanties appropriées permettant de satisfaire au principe d'indépendance ; que, que, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres griefs, ces dispositions doivent être déclarées contraires à la Constitution ; 5. Considérant que l'abrogation de l'article 90 du code disciplinaire et pénal de la marine marchande est applicable à toutes les infractions non jugées définitivement au jour de la publication de la présente décision ; que, par suite, à compter de cette date, pour exercer la compétence que leur reconnaît le code disciplinaire et pénal de la marine marchande, les tribunaux maritimes commerciaux siégeront dans la composition des juridictions pénales de droit commun, DÉCIDE : Article 1er.- L'article 90 du code disciplinaire et pénal de la marine marchande est contraire à la Constitution. Article 2.- La déclaration d'inconstitutionnalité de l'article 1er prend effet à compter de la publication de la présente décision dans les conditions fixées par son considérant 5. Article 3.- La présente décision sera publiée au Journal officiel de la République française et notifiée dans les conditions prévues à l'article 23 11 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 susvisée.

[…]

L

Observations :
prononcer des peines privatives de liberté, d'un militaire ou d'un fonctionnaire soumis à l'autorité hiérarchique du gouvernement, est contraire au principe d'indépendance des juridictions qui découle de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. En conséquence, le Conseil a déclaré l'article 90 du CDPMM contraire à la Constitution. Cette abrogation prend effet immédiatement conformément à l'article 62 de la Constitution. Dès lors les affaires en cours seront jugées par les tribunaux maritimes commerciaux dans la composition prévue, selon la nature de l'infraction, pour les juridictions pénales de droit commun (tribunal de police ou tribunal correctionnel).

e Conseil constitutionnel a été saisi par la Cour de cassation (19 mai 2010, D. 2010. Actu. 1289) d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) relative à la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit de l'article 90 du code disciplinaire et pénal de la marine marchande (CDPMM). Cet article 90 du CDPMM définit la composition des tribunaux maritimes commerciaux. Ceux-ci sont des juridictions pénales compétentes pour juger certaines infractions maritimes. Ils comprennent cinq juges, dont un magistrat du siège et quatre assesseurs non magistrats. Parmi ces derniers siègent notamment un administrateur des affaires maritimes et un agent des affaires maritimes. Le Conseil a jugé que la présence, au sein d'une juridiction répressive compétente pour

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D. 2010, p. 1712

2.
[…]

CEDH, 22 avril 2010, Chesne c/ France, req. n° 29808/06, communiqué de presse

L'impartialité objective des magistrats ayant statué en matière de détention provisoire
Le requérant, Mehdi Chesne, est un ressortissant français né en 1980 et résidant à Paris. Le 25 mars 2003, dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue présumé, la police découvrit d’importantes quantités de drogue et des armes à feu dans un garage loué par le requérant. Ce dernier, précédemment déjà condamné pour trafic de drogue, reconnut avoir recommencé à se livrer à un tel trafic et en décrivit l’organisation en détail. Le 28 mars 2003, M. Chesne fut mis en examen pour infraction à la législation sur les stupéfiants en état de récidive, et placé en détention provisoire. Il interjeta appel de son placement en détention provisoire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans, composée de trois magistrats, dont Mme C.,
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conseiller. Le 17 avril 2003, la chambre de l’instruction jugea qu’une mesure de contrôle judiciaire serait inefficace et confirma sa détention provisoire. Pour parvenir à cette conclusion, bien qu’admettant que l’enquête révélait à ce stade des discordances, elle estima que M. Chesne « agissait en véritable professionnel du trafic de stupéfiants, dont il tirait très largement bénéfice » et était considéré comme « l’un des principaux trafiquants ». Elle tint également compte des antécédents de l’intéressé. Sur le fond, le 30 juin 2004, le tribunal correctionnel d’Orléans déclara M. Chesne coupable de récidive d’acquisition non autorisée de stupéfiants et le condamna à 13 années d’emprisonnement. Après avoir interjeté appel, les conseils du requérant apprirent que dans cette affaire la cour d’appel d’Orléans serait notamment composée de Mme C. (présidente), qui avait participé à l’adoption de l’arrêt du 17 avril 2003 susmentionné, et M. L.. Ce dernier avait statué le 31 juillet 2003 sur la prolongation de la détention provisoire de la compagne de M. Chesne, en la désignant comme la « concubine d’un des principaux trafiquants (...) qu’elle remplaçait dans son trafic lorsqu’il était absent ». Mettant en cause l’impartialité de ces deux magistrats, les représentants de M. Chesne demandèrent leur récusation. Le premier président de la cour d’appel rejeta cette demande. Le 7 décembre 2004, la chambre des appels correctionnels confirma le jugement de première instance, mais ramena la peine à dix ans d’emprisonnement. Le 16 novembre 2005, la Cour de cassation rejeta le pourvoi du requérant.

[…]
Invoquant l’article 6 § 1, M. Chesne soutenait en particulier que la motivation des arrêts des 17 avril et 31 juillet 2003 (sur son maintien en détention provisoire et celui de sa compagne) témoignait du fait que les juges les ayant rendus n’étaient plus impartiaux pour juger l’affaire au fond, ce qu’ont pourtant fait Mme C. et M.L.

[…]
Vu le grief de M. Chesne, la Cour se borne à examiner si, indépendamment de l’attitude personnelle des juges Mme C. et M. L., certains faits vérifiables autorisent à douter de leur impartialité « objective ». A cet égard, égard, la Cour rappelle que le simple fait qu’un juge ait déjà pris des décisions avant le procès, notamment au sujet de la détention provisoire, ne peut justifier en soi des appréhensions quant à son impartialité. La question portant sur le maintien d’un placement placement en détention provisoire ne se confond pas avec la question portant sur la culpabilité de l’intéressé ; on ne saurait ainsi assimiler des soupçons à un constat formel de culpabilité. Toutefois, des circonstances particulières peuvent, dans une affaire donnée, mener à une conclusion différente. S’agissant du cas présent, la Cour estime que la motivation retenue par la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans, dans les deux arrêts des 17 avril et 31 juillet 2003 (« il agissait en véritable professionnel du trafic », était « l’un des principaux trafiquants » etc.) constitue davantage une idée préconçue de la culpabilité de M. Chesne que la simple description d’un « état de suspicion », au sens de la jurisprudence de la Cour. Par conséquent, l’impartialité l’impartialité objective des deux magistrats de la chambre des appels correctionnels de la cour d’appel d’Orléans — qui ont fait partie de la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans ayant rendu les arrêts litigieux des 17 avril et 31 juillet 2003 2003 — pouvait ainsi paraître sujette à caution. Il s’ensuit que les appréhensions du requérant peuvent passer pour objectivement justifiées. Il y a donc eu violation de l’article 6 § 1.

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[…]

C

Observations :
juridiction a ainsi décidé qu'il y avait incompatibilité entre les fonctions de jugement et de poursuite dans une espèce où un magistrat avait successivement eu à connaître de l'affaire en sa qualité de membre du parquet puis de président de la cour d'assises. De même, dans l'arrêt De Cubber c/ Belgique du 26 octobre 1984, la Cour européenne des droits de l'homme a considéré qu'il y avait incompatibilité entre les fonctions d'instruction et de jugement. La Cour européenne des droits de l'homme a toutefois réduit son niveau d'exigence à partir de l'arrêt Hauschildt c/ Danemark rendu le 24 mai 1989, maintes fois confirmé par la suite. Après avoir rappelé que l'impartialité devait s'apprécier à la fois subjectivement et objectivement, la Cour a décidé que le simple fait qu'un membre de la formation de jugement ait

hacun connaît sans doute fort bien la différence formalisée par la Cour européenne des droits de l'homme, depuis l'important arrêt Piersack c/ Belgique rendu le 1er octobre 1982, entre l'impartialité subjective et objective du juge répressif. Dans la lignée de cet arrêt, l'impartialité objective du juge répressif lui interdisait d'exercer l'acte de juger lorsque les fonctions qu'il avait précédemment occupées étaient de nature à jeter un doute sur sa capacité à porter une appréciation impartiale sur les faits qui lui étaient soumis. Ce principe, qui renvoie pour l'essentiel à celui de la séparation des fonctions de poursuite, d'instruction et de jugement en droit interne, a connu de multiples applications dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme. Dans l'arrêt Piersack c/ Belgique, cette

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antérieurement déjà eu à connaître de l'affaire, ne caractérisait pas nécessairement une atteinte à son impartialité entendue objectivement. « Pour se prononcer sur l'existence, dans une affaire donnée, d'une raison légitime de redouter chez un juge un défaut d'impartialité, l'optique de l'accusé entre ligne de compte mais ne joue pas un rôle décisif » a affirmé la Cour. Et elle a ajouté : « L'élément déterminant consiste à savoir si les appréhensions de l'intéressé peuvent passer pour objectivement justifiées ». Tel était le cas dans l'arrêt Hauschildt, car le droit danois impliquait que les décisions relatives à la détention provisoire soient fondées sur la conviction d'une culpabilité « très claire », et en conséquence l'écart entre la question à trancher lors de la phase de mise en état du procès et lors de l'audience de jugement était « infime ». L'impartialité de la juridiction pouvait donc paraître sujette à caution, et les craintes du requérant étaient donc « objectivement justifiées ». Rien, dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, n'interdit donc, en soi, à un magistrat ayant préalablement statué en matière de détention provisoire, de participer au jugement de l'affaire. C'est à un examen au cas par cas que se livre la Cour européenne des droits de l'homme, et c'est précisément au terme d'un examen fouillé des décisions préalablement rendues par les magistrats dont l'impartialité était interrogée, que la Cour européenne des droits de l'homme a conclu, dans l'arrêt Chesne c/ France, à la violation de l'article 6 § 1 de la Convention. Il est par ailleurs parfaitement exact, ainsi que l'avait noté la Chambre criminelle de la Cour de cassation, à la suite du premier président de la cour d'appel d'Orléans, qu'aucune disposition de droit interne ne vient interdire aux membres de la chambre de l'instruction s'étant prononcés sur la détention provisoire d'une personne mise en examen, de faire ensuite partie de la chambre des appels correctionnels saisie du fond de l'affaire. Il n'y a en effet pas d'équivalent, pour ces magistrats, aux dispositions de l'article 137-1 du code de procédure pénale qui fait interdiction au juge des libertés et de la détention de participer au jugement des affaires dont il a connu en cette qualité. Seul l'article 253 du code de procédure pénale, au sujet de la composition de la cour d'assises, prévoit que « ne peuvent faire partie de la cour en qualité de président ou d'assesseur les magistrats qui, dans l'affaire soumise à la cour d'assises, ont, soit fait un acte de poursuite ou d'instruction, soit participé à l'arrêt de mise en accusation ou à une décision sur le fond relative à la culpabilité de l'accusé ». La jurisprudence de la Chambre criminelle de la Cour de cassation est d'ailleurs conforme aux textes. La Chambre criminelle interdit bien aux magistrats de la chambre de l'instruction ayant eu à connaître de

l'affaire de composer la cour d'assises (Crim. 3 déc. 1997, Bull. crim. n° 410), ou bien la chambre des appels correctionnels, mais cette interdiction vaut seulement si le magistrat a participé à rendre l'arrêt de renvoi. Tel n'est pas le cas s'il a statué sur une demande de mise en liberté (Crim. 19 févr. 1998, Bull. crim. n° 74 : « aucune disposition légale n'interdit aux membres de la chambre d'accusation qui se sont prononcés sur la détention provisoire d'une personne mise en examen, de faire ensuite partie de la chambre des appels correctionnels saisie du fond de l'affaire »), ou s'il a rejeté une requête en nullité de pièces de l'information (Crim. 23 janv. 1996, Bull. crim. n° 35) ou une demande d'acte (Crim. 19 févr. 1998, Bull. crim. n° 74). En l'espèce, la Cour européenne des droits de l'homme a procédé à l'examen des motifs des décisions rendues en matière de détention provisoire, pour conclure au manquement à l'exigence d'impartialité objective de certains des magistrats ayant composé la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel d'Orléans. Ces derniers se voient reprocher d'avoir, alors qu'ils statuaient en matière de détention provisoire, usé de formules catégoriques sur l'importance du rôle de Mehdi Chesne dans le trafic objet de l'information, et déduit, d'un certain nombre de discordances entre les déclarations du mis en examen et certains éléments recueillis lors des investigations, la réticence du mis en examen à pleinement reconnaître sa responsabilité. De même, la motivation de la décision de prolongation de la détention provisoire d'un autre mis en examen, en l'occurrence la compagne de Mehdi Chesne, est de nature à donner des raisons légitimes de redouter un défaut d'impartialité. Cette appréciation fait écho à nombre d'arrêts rendus par la Cour européenne des droits de l'homme. Ainsi, dans l'arrêt Perote Pellone c/ Espagne rendu le 25 juillet 2002, c'est notamment le fait d'avoir prorogé la détention provisoire en retenant l'existence « d'indices de culpabilité solides et raisonnables » qui a conduit la Cour européenne des droits de l'homme à retenir un défaut d'impartialité. De même, dans l'arrêt Cianetti c/ Italie du 22 avril 2004, la Cour européenne des droits de l'homme a-t-elle retenu que « les termes utilisés dans les ordonnances litigieuses pouvaient donner à penser qu'il existait des indices suffisants pour permettre de conclure qu'un délit avait été commis », pour conclure à la violation de l'article 6 § 1 de la Convention. L'arrêt commenté illustre donc à nouveau la casuistique à laquelle se livre la Cour européenne des droits de l'homme, mais également les difficultés que cette approche peut poser dans la pratique juridictionnelle en termes de sécurité juridique. Lionel Ascensi (AJ Pénal 2010, pp. 346 et s.)

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Cass. crim., 19 mai 2010, n° 0909-83.328

QPC : refus de transmission au Conseil constitutionnel d’une question relative à la motivation des arrêts d'assises
[…]
Statuant sur la question prioritaire de constitutionnalité formée par mémoire spécial reçu le 25 mars 2010 et présenté par : Mme X... : à l'occasion du pourvoi par elle formé contre l'arrêt de la cour d'assises des HAUTS-de-SEINE, en date du 10 avril 2009, qui pour meurtre, l'a condamnée à vingt ans de réclusion criminelle ; Vu la communication faite au procureur général ; LA COUR, composée conformément aux articles L 23-6 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel, R 461-2, R 461-4 et R 461-5 du code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 17 mai 2010, où étaient présents : M. Lamanda, premier président, Mmes Favre, Collomp, MM. Lacabarats, Louvel, Charruault, Loriferne, présidents de chambre, M. Arnould, conseiller rapporteur, M. Guérin, conseiller, M. Costerg, greffier ; Sur le rapport de M. Arnould, conseiller, assisté de M. Borzeix, auditeur au service de documentation, des études et du rapport, les observations de la SCP Waquet, Farge et Hazan, de la SCP Boré et Salve de Bruneton, l'avis de M. Raysséguier, premier avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Attendu que la question posée tend à faire constater que les dispositions des articles 349, 350, 353 et 357 du code de procédure pénale sont contraires à la Constitution au regard des articles 7, 8, 9 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ainsi qu'aux principes du droit à une procédure juste et équitable, d'égalité devant la loi et d'égalité devant la justice, en ce qu'ils ne permettent pas de motiver et d'expliquer les raisons de la décision de la déclaration de culpabilité d'un accusé et le quantum de sa condamnation, autrement que par des réponses affirmatives à des questions posées de façon abstraite, se bornant à rappeler chacune des infractions, objet de l'accusation et ses éléments constitutifs légaux, et ne faisant aucune référence au comportement et à la personnalité de l'accusé ; Attendu que les dispositions contestées sont applicables à la procédure, laquelle a donné lieu à l'arrêt précité de la cour d'assises des Hauts-de-Seine, en date du 10 avril 2009, qui, pour meurtre, l'a condamnée à vingt ans de réclusion criminelle ; Qu'elles n'ont pas déjà été déclarées conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel ; Mais attendu que la question, ne portant pas sur l'interprétation d'une disposition constitutionnelle l'occasion 'occasion de faire application, n'est pas nouvelle ; dont le Conseil constitutionnel n'aurait pas encore eu l Et attendu qu'aux termes de l'article 6161-1 de la Constitution, la question dont peut être saisi le Conseil constitutionnel est seulement celle qui invoque l'atteinte portée par une disposition législative aux droits et libertés que la Constitution garantit ; que la question posée tend, en réalité, à contester non la constitutionnalité des dispositions qu'elle vise, mais l'interprétation qu'en a donnée la Cour de cassation au regard du caractère spécifique de la motivation des arrêts des cours d'assises statuant statuant sur l'action publique ; que, comme telle, elle ne satisfait pas aux exigences du texte précité ; D'où il suit qu'il n'y a pas lieu de la transmettre au Conseil constitutionnel ; PAR CES MOTIFS : DIT N'Y AVOIR LIEU A TRANSMETTRE au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité,

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[…]

D

Observations :
eux autres arrêts du même jour sont rédigés en termes identiques (pourvoi n° 09-87.307, arrêt n° 12020 -P+F et pourvoi n° 09-82.582, arrêt n° 12023 -P+F). On rappellera que le débat autour de la motivation des arrêts de cours d'assises a récemment ressurgi en France après la condamnation de la Belgique par la Cour européenne des droits de l'homme pour violation du droit à un procès équitable (V. CEDH 13 janv. 2009,

Taxquet c/ Belgique, n° 926/05, D. 2009. Chron. 1058, par Renucci). De son côté, la chambre criminelle maintient sa jurisprudence, aux termes de laquelle satisfait aux exigences légales et conventionnelles la condamnation prononcée par un arrêt d'assises qui, pour toute motivation, ne fait que reprendre les réponses qu'en leur intime conviction, magistrats et jurés, statuant dans la continuité des débats, ont donné aux questions sur la culpabilité (V. encore

SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr

Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 20 janv. 6 6 6 6 […] 10-80.. qu'en ne convoquant pas les avocats des mis en examen et de la partie civile.. 26 févr.620 € R.27 — web : www. crim. à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil .capavocat. n° 10[…] Vu les articles 6 de la Convention européenne des droits de l'homme et préliminaire du code de procédure pénale . et doivent être observées à peine de nullité .. que celui-ci ne pouvait pas assister à l'audition des experts et d'autre part. pris de la violation des articles 5 et 6 de la Convention européenne des droits de l'homme.. qu'il procède.. 2010 [2 arrêts].313 1er arrêt : Cass. Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que Mohamed X. sans que les avocats des mis en examen et de la partie civile aient été invités à y assister . préliminaire. Vu l'article 197.313 (1er arrêt) Cass. a saisi la chambre de l'instruction d'une demande d'annulation de cette audition ainsi que du réquisitoire supplétif du procureur de la République y faisant suite. alors qu'elle constatait que l'avocat du mis en examen n'avait pu prendre connaissance de l'ensemble du dossier de l'information. Gayet). le procureur de la République a requis du juge d'instruction. et pour qu'il soit à nouveau jugé. d'une part. récemment.C. le juge d'instruction avait violé l'article préliminaire du code de procédure pénale . crim. Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure qu'au cours de l'information suivie contre Olivier X. 1351 4. On précisera également que la grande chambre de la Cour de Strasbourg devrait bientôt se prononcer dans le cadre de l'affaire belge. obs. du code de procédure pénale .87.. République. RENVOIE la cause et les parties devant la la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. sont essentielles aux droits de la défense. appelant d'une ordonnance du juge des libertés et de la détention ayant rejeté sa demande de mise en liberté. Attendu qu'Olivier X. spécialement. 2010. 197 et 802 du code de procédure pénale. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.S. après le dépôt de leurs rapports par deux experts en écriture commis par lui. pour rejeter cette argumentation et confirmer l'ordonnance du juge des libertés et de la détention.fr nd . du chef de meurtre.. l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris.. Attendu que.. contradiction de motifs . n° 1010-80. crim. transmis au procureur général le 30 décembre 2009. et de pouvoir. SARL CAPAVOCAT au capital de 7. que cet acte a été réalisé le 19 juin 2009. p. produire devant la chambre de l'instruction tous mémoires utiles. Cass. crim. qui ont pour objet de permettre aux avocats des parties de prendre connaissance de l'ensemble du dossier de l'information. n° 1010-81. non réponse à mémoire. Attendu que les prescriptions de ce texte. 11 mai 2010. à leur audition commune . et Maud Y. insuffisance de motifs. alinéa 3. 66 de la Constitution. et qu'ainsi avait été méconnue une disposition essentielle aux droits des parties. D'où il suit que la cassation est encourue . en présence de celuicelui-ci . du droit pour l'avocat d'une partie d'assister à l'audition d'un expert effectuée sur réquisitions du procureur de la République.. Mais attendu qu'en qu'en statuant ainsi. la chambre de l'instruction l'instruction n'a pas justifié sa décision . en date du 15 janvier 2010. a déposé un mémoire dans lequel il exposait que le dossier.47. 11 mai 2010. qu'il doit en être ainsi. n° 10[…] Sur le moyen unique de cassation. Crim. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.953 (2nd arrêt) Violation des droits de la défense et nullité de la procédure 10-81. et 3 mars 2010. 171. en toutes ses dispositions. D.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. conformément à la loi.. Dalloz actualité.953 2 arrêt : Cass. impose que les parties au procès pénal disposent des mêmes droits . tentative d'escroquerie et vol. en temps opportun. en sa présence. autrement composée. 11 mai 2010. Par ces motifs : CASSE et ANNULE. était incomplet en ce qu'il ne comprenait pas les pièces relatives à la prolongation de la détention provisoire d'une autre personne mise en examen dans la même affaire ayant donné lieu à une décision en date du 22 décembre 2009 .. les juges énoncent "qu'il n'apparaît pas que cette décision ait été communiquée au magistrat instructeur à la date où il a transmis le dossier pour le présent appel" .07. mis en examen. Attendu que le principe de " l'égalité des armes " tel qu'il résulte de l'exigence d'une procédure équitable et contradictoire.. faux. escroquerie. 11 mai 2010. en soutenant.

Cette décision peut être rapprochée d'autres arrêts de la chambre criminelle de la Cour de cassation dans lesquels elle estime que le dossier transmis à la chambre de l'instruction doit être complet et contenir les renseignements et les pièces concernant la détention des autres mis en examen détenus (14 févr. ni ne fait obligation au juge d'instruction. la chambre de l'instruction l'instruction a méconnu les textes susvisés et le principe cici-dessus rappelé . « le dossier (de l'information) est déposé au greffe de la chambre de l'instruction et tenu à la disposition des avocats des personnes mises en examen et des parties civiles ». dans le mémoire produit au soutien de son pourvoi en cassation. et que l'article 82-2 du code de procédure pénale permet aux mis en examen et parties civiles 7 7 7 7 cette décision ait été communiquée au magistrat instructeur à la date où il a transmis le dossier pour le présent appel ». de convoquer les autres parties ou leurs avocats. en application de l'article 197 du code de procédure pénale. et 21 févr. pourvoi n° 88-86. rappelle que les prescriptions de l'article 197 précité « ont pour objet de permettre aux avocats des parties de prendre connaissance de l'ensemble du dossier de l'information. outre la violation des articles 5 et 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. sans remettre en cause l'existence de l'ordonnance invoquée par le demandeur. ou que l'entier dossier de l'information à la date de la transmission au procureur général doit. en temps opportun. général. l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nancy. produire devant la chambre de l'instruction tous mémoires utiles et sont essentielles aux droits de la défense ». lorsqu'il fait droit à une demande d'audition d'un expert par le ministère public.87. Dans la seconde affaire. Devant la chambre de l'instruction. conformément à la loi. RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Metz.S. spécial. les juges d'appel. 1989. alinéa 1er. frappé de pourvoi. l'ordonnance attaquée était motivée par la nécessité de le maintenir en détention provisoire afin d'éviter une concertation frauduleuse entre les différents protagonistes. placée en détention provisoire. sans que les parties aient été convoquées. Mais attendu qu'en prononçant ainsi. à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil . la faculté de demander au magistrat instructeur qu'il soit procédé en sa présence à l'audition d'un expert et qu'aucune disposition légale ne prévoit ni ne fait obligation au juge de convoquer les autres parties ou leurs avocats . qu'aucune disposition légale ne prévoit. être mis à la disposition de l'avocat du mis en examen (19 sept. Ce texte prévoit. que. D'où il suit que la cassation est encourue . 1984. pourvoi n° 06-85. réalisée après dépôt de son rapport par le juge d'instruction.47. qui ne pouvait statuer comme elle l'a fait « alors qu'elle constatait que l'avocat du mis en examen n'avait pu prendre connaissance de l'ensemble du dossier de l'information ».657). Attendu que. ont rejeté cette argumentation au motif « qu'il n'apparaît pas que La Cour de cassation. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. et de pouvoir.capavocat.620 € R. l'avocat du mis examen a fait valoir que le dossier de l'information tenu à sa disposition ne contenait pas les pièces relatives à la prolongation de la détention provisoire d'une autre personne mise en examen et détenue dans la même affaire et. et pour qu'il soit à nouveau jugé. a interjeté appel d'une ordonnance du juge des libertés et de la détention ayant rejeté sa demande de liberté. SARL CAPAVOCAT au capital de 7. notamment. dans son troisième alinéa. a ainsi méconnu une disposition essentielle aux droits des parties. une personne. pourvoi n° 83-94. Dans la première affaire. Par arrêt du 15 janvier 2010. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.975). pour censurer l'arrêt commenté. Par ces motifs : CASSE et ANNULE. pris du caractère incomplet du dossier et un grief. pour rejeter cette requête en nullité de la procédure.07. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. […] D Observations : ans les deux espèces commentées. avant l'audience. en date du 19 novembre 2009. la Cour de cassation affirme que la violation des droits de la défense doit être sanctionnée par la nullité de la procédure.C. invoquait. a écarté cette demande en nullité en relevant. Elle en déduit que ces règles sont prescrites à peine de nullité et que la chambre de l'instruction. à la requête et en présence du procureur de la République. tiré de sa méconnaissance de la situation de l'autre mis en examen. l'ordonnance du juge des libertés et de la détention rendue le 22 décembre 2009. une chambre de l'instruction a rejeté la requête d'une personne mise en examen tendant à voir annulée l'audition d'un expert judiciaire. l'arrêt retient que le procureur de la République tient de l'article 82. 2006. L'arrêt. en toutes ses dispositions.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. La personne mise en examen. du code de procédure pénale.27 — web : www.fr . mise en examen des chefs d'infraction à la législation sur les stupéfiants et d'association de malfaiteurs. Or.711. Le demandeur invoquait un grief. notamment. celle de l'article 197 du code de procédure pénale.

peut demander à ce que son avocat assiste aux auditions d'experts effectuées 5. Le pourvoi invoquait une violation de l'article 132-16-5 du Code pénal ainsi que de l'article 6 de la CEDH qui reconnaît le droit à un procès équitable. ette décision n'apporte pas d'innovation. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 1653 et s. destinée à assurer la garantie des droits de la défense. sans qu'il résulte des énonciations du procèsprocès-verbal des débats que le président ait mis en mesure l'accusé ou son avocat de présenter leurs observations à ce sujet avant ci-dessus énoncé . mais elle a le mérite de rappeler une disposition essentielle de notre droit pénal.. alors que le législateur ne cesse d'aggraver la situation des personnes jugées en état de récidive légale. crim. ce texte admet que cet état puisse être relevé d'office par la juridiction de SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Mais attendu attendu qu'en statuant ainsi et en relevant d'office l'état de récidive qui n'avait pas été retenu par l'ordonnance de mise en accusation. (..S. à son encontre. crim. Degorce. l'arrêt attaqué le condamne à quinze ans de réclusion criminelle . Il est vrai qu'en revanche la loi du 10 mars 2010 a adopté toute une série de mesures tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle. pp. Il fut condamné à quinze ans de réclusion criminelle par une décision qui retint d'office à son encontre l'état de récidive en relevant une condamnation antérieure à vingt ans de réclusion criminelle pour viol et viol aggravé. Tenant compte du fait que l'état de récidive légale de la personne jugée n'est pas toujours mentionné dans l'acte de poursuite.27 — web : www. La Cour de cassation n'hésite donc pas à censurer les décisions qui retiennent d'office l'état de récidive sans respecter la condition imposée par le texte (Cass.07. Reprenant la solution adoptée par la Cour de cassation. la cour d'assises a méconnu le texte susvisé et le principe ci D'où il suit que la cassation est encourue . coupable de tentative de viol aggravé. la cassation est prononcée au seul visa de la violation du texte du Code pénal. Il suffit de rappeler la loi du 5 mars 2007 instituant le très rigoureux régime dit des peinesplancher.47. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.fr . et avoir retenu. voies de fait ou contrainte et vols.620 € R.C. 2010. Il forma un pourvoi contre l'arrêt de condamnation au motif qu'il résultait du procès-verbal des débats que le président ait informé à ce sujet l'accusé et son avocat avant les plaidoiries et les réquisitions.) 8 8 8 8 C Observations : jugement..L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.. pour avoir été condamné. Cette solution jurisprudentielle a été intégrée dans l'article 132-16-5 du Code pénal par la loi du 12 décembre 2005 relative au traitement de la récidive des infractions pénales. ne peut solliciter de telles auditions en sa présence.. qui n'est pas mentionné dans l'acte de renvoi. le 22 janvier 1982. n° 11). n° 0909-84. E. Mais.) Cass. il soumet cette possibilité au respect d'une condition très précise. ne peut être relevé d'office que si le président de la cour d'assises a mis en mesure l'accusé ou son avocat de présenter leurs observations à ce sujet avant réquisitoire et plaidoiries . n° 07-83. de demander au juge d'instruction l'accomplissement de certains actes tels que l'audition d'un témoin.capavocat.218 : Bull..193 Principe du contradictoire : é état tat de récidive non mentionné dans l'acte de renvoi et relevé d'office Vu l'article 132-16-5 du Code pénal . et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens proposés : Casse et annule. réquisitoire et plaidoiries. La chambre criminelle casse cette décision en énonçant qu'une « partie qui. (. notamment en allongeant la durée du placement sous surveillance de sûreté et en renforçant l'efficacité des dispositions relatives à l'injonction de soins. selon l'article 82-2 du sur réquisitions du procureur de la République. crim. la Cour de cassation admettait que cet état puisse être retenu d'office par les juges du fond à condition que la personne jugée ait été mise en mesure de s'expliquer et que la décision de condamnation le mentionne expressément.87. 2008. en présence de leurs avocats. en présence de celui-ci » après avoir rappelé le principe fondamental selon lequel « l'exigence d'un procès contradictoire et équitable impose que les parties au procès pénal disposent des mêmes droits ». code de procédure pénale. En l'espèce. D. Il faut qu'au cours de l'audience la personne poursuivie en soit informée et qu'elle ait été mise en mesure d'être assistée d'un avocat et de faire valoir ses observations. Par ces motifs. l'état de récidive. violation de domicile à l'aide de manœuvres. menace. Attendu qu'il se déduit de ce texte que l'état de récidive. Attendu qu'après avoir déclaré Bertrand F. 17 février 2010. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. 16 janv. 2008. Mais. l'accusé était jugé par une cour d'assises pour tentative de viol aggravé ainsi que pour différents délits. à vingt ans de réclusion criminelle notamment pour viol et viol aggravé.

mais également le premier juge.. vat-il être remis en question par la décision de la cour d'appel d'Agen du 18 février 2010 ? En effet. en ce qu'ils ne permettent pas à celle-ci de bénéficier de l'assistance effective d'un avocat. la Cour. Interpellation.un justiciable peut se prévaloir de la Convention EDH devant les juridictions nationales des Etats signataires .S. L'ordonnance du 19 janvier 2010 y faisait droit. En revanche.. l'ensemble des actes subséquents. de déclarer qu'il y a eu violation de la Convention et d'accorder. Interpellé pour ces faits en gare d'Agen. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.. et. sa motivation demeure cependant ambiguë. Après deux auditions lors desquelles il avait reconnu les faits qui lui étaient reprochés. il était mis fin à la garde à vue le 4 janvier 2010 à 13 h 15. désormais droit de l'Union européenne. Les débats devant la chambre des appels correctionnels se déroulaient le 11 février 2010. des conséquences juridiques importantes s'agissant notamment du problème de l'interprétation de la Convention EDH et de la valeur normative des arrêts rendus par la CEDH. en violation des dispositions de l'article 6 de la Convention EDH. 18 février 2010). d'une part. Les juridictions nationales sont donc bien compétentes pour contrôler la conventionnalité de la loi pénale. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Le ministère public.. II . FautFaut-il garder le silence (note sous CA Agen. à la place générale du droit international dans l'ordre juridique interne (I I) et. Ce triptyque simple. X. Déféré devant un magistrat du ministère public. outre le procès-verbal de garde à vue.87. mettent en oeuvre les principes juridiques désormais bien établis d'applicabilité directe . X. s'il y a lieu.47. car elle envisage simultanément plusieurs problèmes juridiques distincts : celui de l'existence même d'un certain nombre de droits (droit au silence. Ses décisions ne s'imposent pas de plein droit aux autorités nationales. une « satisfaction équitable » (art.L'interprétation de la Convention européenne et et la valeur normative des arrêts rendus par la Cour européenne des droits de l'homme Il existe une instance particulière du contrôle du respect de la Convention EDH. 6.27 — web : www. I nfraction. Magistrat. Cette distinction entraîne.L'autorité de la chose jugée par la Cour européenne des droits de l'homme Il est constant que les interprétations données par la CEDH de la Convention EDH ont une valeur déclaratoire. ses droits lui étaient notifiés conformément aux articles 63 et 63-1 du code de procédure pénale. en effet. dans un jugement du 6 janvier 2010. Il déclarait alors ne pas souhaiter s'entretenir avec un avocat dès le début de la mesure ni au début de la prolongation si celle-ci devait être accordée. la Convention EDH participant du second et non du processus d'intégration communautaire. et droit européen. Docteur en droit. en effet.et de primauté . demandait que l'appel soit déclaré immédiatement recevable. il se proposait de payer sa place avec un des chèques précédemment volés sans pouvoir justifier de son identité. maintenait son argumentation aux termes de laquelle les articles 63 et suivants du code de procédure pénale n'étaient pas conformes à l'article 6 de la Convention EDH. Mais si la 9 9 9 9 A . Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. Placé en garde à vue le 3 janvier 2010 à compter de 14 h 45. Le tribunal correctionnel d'Agen. II I . Deux éléments doivent alors être distingués. par requête du 7 janvier 2010 adressée au président de la chambre des appels correctionnels.07. il était conduit au commissariat de police. il était ensuite présenté devant le juge des libertés et de la détention qui décidait de l'incarcérer. EDH). en ce qu'ils ne prévoient pas la notification du droit au silence à la personne gardée à vue et. d'autre part. Garde à vue. qui en est l'interprète suprême : la CEDH. en conséquence. En revanche.la Convention a une valeur juridique supérieure à celle de la loi en application de l'article 55 de la Constitution. le tribunal considérant qu'il ne s'agissait pas d'un te subséquent. commettait un vol de deux chéquiers dans l'enceinte de l'hôpital Saint-André de Bordeaux. il ne faut pas confondre droit communautaire. à la valeur normative particulière des arrêts rendus par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) (II II). D.fr . Il se rendait ensuite à la gare Saint-Jean et prenait un train en direction de Marseille sans billet. peut-être simpliste et trop automatique.La compétence du juge judiciaire pour contrôler la conventionnalité de la loi pénale De manière classique. Elles ne SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Devant ses juges. 2010 p. La Cour se contente. constatait alors l'absence de notification de son droit de garder le silence.C. droit à l'assistance d'un avocat) (III III) III et celui de la renonciation possible à ces droits (IV IV). il soulevait in limine litis la nullité de la garde à vue selon les conclusions types produites par le Conseil national des barreaux à cet effet. 1850 décision est claire. d'autre part.620 € R. d'une part. dans la nuit du 2 au 3 janvier 2010. Contrôlé. La cour d'appel d'Agen confirme le jugement déféré. Founié. il convient de rappeler quelques règles bien connues des publicistes relatives.capavocat.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. annulait. l'acte de saisine de la juridiction de jugement était maintenu. 41 Conv. 2010) par F. IV Avant d'examiner ces deux points spécifiques.

C. mais il n'implique nullement une obligation pour tous les Etats de faire de sa notification un principe à partir du moment où la procédure est. Elle estime. la CEDH examine en particulier les éléments suivants : la nature et le degré de la coercition. Le contexte normatif étant posé. S'il est exact d'envisager que les interprétations données par la CEDH puissent alors servir de guide d'interprétation aux juridictions nationales. n° 36391/0) que la seule notification de ce droit ne suffit pas à garantir que l'intéressé y a renoncé en conscience et intelligence. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.47. il s'exposera. Pour la CEDH. par définition. conformer aux arrêts définitifs de la Cour dans les litiges » auxquels il est partie . Concrètement. c'est en réalité pour des raisons plus substantielles que formelles. à l'égard de l'individu. En effet. A défaut. dans une affaire pénale. Mais en est-elle seulement une condition nécessaire ? Car.fr . avait été équitable dans son ensemble. de la Convention EDH. La CEDH ne peut donc en aucun cas déclarer nulle la décision judiciaire interne critiquée. est. le droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination. 2008. soit de prendre les mesures particulières propres à mettre fin à la violation de ses droits lorsque le droit interne le permet. Ainsi les juridictions nationales disposentelles d'un pouvoir d'interprétation autonome et souverain. la cour d'appel devait donc seulement examiner si la procédure litigieuse. les présupposés législatifs et réglementaires requis étant. spécialement les juridictions. § 2. La règle se tisse. que le droit au silence fait partie des droits de la défense en tant qu'il est au coeur de la notion de procès équitable consacrée par l'article 6 de la Convention EDH. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Il s'agira alors soit de lui verser l'indemnité fixée par la CEDH. S'agissant précisément du droit de se taire. présuppose donc que. à une nouvelle condamnation. considérant que l'adage selon lequel « nul n'est censé ignorer la loi » n'est qu'une fiction ne permettant pas la protection concrète et effective de ce droit. § 1er. les conséquences de l'acte illicite et. Aussi. adopter des mesures générales. d'abord. ce droit est certes étroitement lié au principe de la présomption d'innocence consacré à l'article 6. tenu de « se III . SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R. du respect de l'article 6 de la Convention EDH. autant que possible. dépourvues d'effet rétroactif. mais encore les déclarations faites en garde à vue sans l'assistance d'un avocat avaient servi de seule base à la condamnation. elle n'en est pas pour autant une condition suffisante. Non seulement le mis en cause n'avait pas la possibilité de s'entretenir avec un avocat.L'absence d'autorité de la « chose interprétée » Cela a pour corollaire que les interprétations de la Convention EDH par la CEDH ne lient pas les autorités nationales.S. par exemple ici. de la Convention EDH. se précise et se détermine au fil des instances. équitable dans son ensemble. il devra donc effacer. 10 10 10 10 B . aux termes de l'article 46.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Il n'existe donc pas de décision de principe. L'Etat.Les droits invoqué A . variables d'un Etat à un autre. tout à fait comparable à celui qui vaut à l'égard des normes de droit interne. bénéficient que d'une autorité relative de la chose jugée. La question des droits des personnes gardées à vue précède celle de la possibilité d'y renoncer. pour respecter l'obligation qui lui incombe de faire cesser la violation des normes européennes et de ne pas réitérer un comportement illicite. l'accusation doit fonder son argumentation sans recourir à des éléments de preuve obtenus par la contrainte ou les pressions. que « nul ne peut exercer un droit dont [il] ignore l'existence ».Le droit au silence La cour d'appel soutient.07. fondé sur un modèle anglo-saxon de common law. l'enjeu exprimé à travers l'affirmation du droit de garder le silence est celui de la protection contre une coercition abusive de la part des autorités. lequel lui aurait justement permis d'anticiper les conséquences de son silence ou de ses déclarations. examinons maintenant la position de la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel d'Agen. soit encore de faire l'un et l'autre. On se trouve alors dans un système juridique quelque peu déstabilisant pour les juristes français.capavocat. mais uniquement des décisions d'espèce. l'existence de garanties appropriées dans la procédure et l'utilisation qui est faite des éléments ainsi obtenus. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. dont le droit de se taire n'est qu'une déclinaison. il serait en revanche erroné de considérer que ses arrêts puissent être transposés tels quels d'un Etat à un autre. à l'occasion d'un autre litige. au mépris de la volonté de l'accusé. si la notification participe bien à l'effectivité du droit de garder le silence. éventuellement. pour rechercher si une procédure a anéanti la substance même du droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination. quant à lui. Il en résulte que l'exécution de l'arrêt stricto sensu n'implique pas directement une action législative. il résulte de l'arrêt Salduz c/ Turquie (CEDH 27 nov.27 — web : www. par ailleurs. En d'autres termes. y compris la manière dont les éléments de preuve avaient été recueillis.87. si dans l'affaire Salduz la législation turque ne présente pas aux yeux de la CEDH de garanties suffisantes. en outre. En ce sens. mais porte sur la situation individuelle du requérant lésé dans ses droits. qu'elle ne suffise pas à elle seule à garantir l'effectivité du droit n'implique pas a contrario que celui-ci est ineffectif du seul fait qu'il ne serait pas notifié. S'agissant.

il est effectif et concret. comme tend à l'indiquer la défense. Tout le débat actuel sur la garde à vue est là. 2009. dans la plupart des cas.47. si par ailleurs la législation en vigueur n'impose aucune obligation de répondre aux questions en garde à vue sous peine de sanction et prévoit. en ce qu'elle ne prévoit plus la notification de ce droit (art. Il a d'ailleurs pour corollaire le droit de ne pas signer les procèsverbaux de garde à vue. contrôle des conditions de détention. L'idée sous-entendue dans sa motivation est que. organisation de la défense (l'arrêt ne citant pas l'accès au dossier). L'article 63-4. la législation française. par suite.capavocat. dès lors. Il en résulte que le droit de se taire peut n'être que théorique et illusoire alors même que sa notification est exigée.024). que l'arrêt ne mentionne pas). 63-1 c. s'il choisit de parler. D. 2897. même en l'absence de notification obligatoire. que constater qu'effectivement le code de procédure pénale assure la présence de l'avocat. On ne peut. dans sa rédaction résultant de la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 et Crim.. dispose. Le rôle de l'avocat lors de la garde à vue se déclinerait donc selon une double problématique liée à son degré d'intervention : présence ou assistance ? Le code de procédure pénale prévoit la présence de l'avocat en garde à vue. il n'avait. Elle précise que. pr. en la matière. Il ne serait porté atteinte à la substance de ce droit que si l'individu placé en garde à vue était contraint de répondre aux questions des enquêteurs sous la menace d'une sanction ou encore si son silence était assimilé à un aveu de culpabilité. pr. a renoncé à la présence de l'avocat telle que visée par l'article 63-4 du code de procédure pénale. note J. La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Agen a d'ailleurs validé ce raisonnement en considérant par deux arrêts du 15 mars 2010 (n° 44/2010 et 45/2010) que le droit « de ne pas Convention EDH et que. que ses déclarations ne serviront pas de seul fondement à la condamnation qui pourrait être prononcée. Le « prompt accès à un SARL CAPAVOCAT au capital de 7. en effet. outre qu'il n'est pas générateur d'un grief.620 € R. n° 7377/03 . Les dispositions du code de procédure pénale répondent à ces exigences. Or. la nullité du procès-verbal de notification des droits au début de la garde à vue n'est pas encourue de ce chef ». n° 09-80. B . la possibilité de s'entretenir avec un avocat dès le début de la mesure. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.. Les mêmes dispositions s'appliquent pour l'enquête préliminaire ou sous commission rogatoire (art. d'examiner le droit positif français au regard de ces critères. pas renoncé à l'assistance d'un avocat « dont le contenu a été clairement défini par diverses décisions de la CEDH » (CEDH 13 oct. La Cour reprend donc l'argumentation de la défense aux termes de laquelle le rôle d'assistance de l'avocat n'est pas garanti par le code de procédure pénale. concrètement.Le droit à l'avocat La Cour invoque également que si X. Salduz et Dayanan c/ Turquie. 2009.fr . dès qu'il est privé de liberté.. En revanche. bien qu'apparemment moins protectrice que la législation turque. n° 07-80.07. la vulnérabilité particulière dans laquelle se trouve un accusé « ne peut être compensée de manière contribuer à sa propre incrimination était bien réel et effectif dans le cadre de la garde à vue » et « que le défaut de notification du droit de se taire à un homme gardé à vue qui n'a été entendu qu'après s'être entretenu confidentiellement avec son avocat.87. Tel n'est évidemment pas le cas (Crim. le gardé à vue doit pouvoir obtenir la « vaste gamme 11 11 11 11 d'interventions qui sont propres aux conseils » (Dayanan) : discussion de l'affaire. Il est néanmoins évident que son intervention est très limitée : entretien confidentiel de trente minutes.-F. 30 juin 2009. de la adéquate que par l'assistance d'un avocat.27 — web : www. mais non son assistance. la personne peut demander à s'entretenir avec un avocat ». mais également. Il convient. pén. § 1er. préparation des interrogatoires (et non assistance à ceux-ci. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. 77 et 154 c. pén. recherche des preuves favorables à l'accusé.S. Il doit pouvoir exercer cette liberté (de se taire ou de parler) en toute sécurité. Car. soutien de l'accusé en détresse. Il ne dispose par ailleurs que de la faculté de rédiger des observations écrites. ne constitue pas une violation du droit à un procès équitable consacré par l'article 6. même s'il n'en est pas informé de manière explicite. que « dès le début de la garde à vue. en revanche. Renucci). Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. en outre. dont la tâche consiste notamment à faire en sorte que soit respecté le droit de tout accusé de ne pas s'incriminer lui-même ». nous semble néanmoins présenter des garanties suffisantes au regard des exigences européennes..). il signifie seulement que le mis en cause doit avoir la garantie non seulement que son silence ne sera pas retenu contre lui (comme aveu de culpabilité ou motif justifiant une sanction). l'avocat n'étant informé que de la nature et de la date présumée de l'infraction sur laquelle porte l'enquête. Encore une fois. dès lors.518).C. le gardé à vue jouit toujours du droit de se taire. Contrairement au droit à l'assistance d'un avocat (ou encore au droit d'être examiné par un médecin) qui ne va pas de soi et qui implique une prestation positive émanant d'un tiers. Mais quelles sont précisément les exigences européennes sur ce point ? La CEDH exige que soit garanti un procès équitable et que soit respectée l'égalité des armes entre les autorités d'enquête ou de poursuite et l'accusé. le droit de se taire n'est que l'expression de la protection que le droit objectif veut assurer à une sphère de liberté. applicable à l'enquête de flagrance. 20 juin 2007.

.fr . il a la faculté de révéler à son client qu'il a l'opportunité de se taire. Ce droit présupposant que l'accusation fonde son argumentation sans recourir à des éléments de preuve obtenus par contrainte ou pressions. Il lui apprendra également que les déclarations qu'il fera pourront être retenues en sa faveur ou contre lui. série A.La question de la renonciation à un droit La Cour ajoute surtout que X. une double hospitalisation d'office depuis sa comparution devant le premier juge. 2000. Il semble donc que la jurisprudence de la CEDH soit respectée dès lors que la décision de condamnation. au point d'ailleurs que la CEDH reconnaît que le droit à l'assistance d'un avocat n'est pas énoncé expressément par la Convention EDH et peut donc être restreint pour des raisons valables (Salduz. C'est d'ailleurs la position adoptée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Agen dans une des décisions précitées du 15 mars 2010 12 12 12 12 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Colozza c/ Italie. Elle relève de ce point de vue que l'enquête mettait en avant le caractère incohérent de ses propos. par ailleurs. difficile de pouvoir envisager d'une autre manière le rôle de l'avocat en garde à vue. § 52). Pishchalnikov c/ Russie.. § 28. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. mais concrets et effectifs. Kwiatkowska c/ Italie. L'avocat doit surtout garantir le droit de ne pas s'auto-incriminer. § 86). En résumé. ne sont pas fondées exclusivement sur les déclarations du prévenu qui n'a pas été « assisté » d'un avocat lors de son éventuelle garde à vue.620 € R. c'està-dire que la personne doit pouvoir avoir raisonnablement anticipé quelles pouvaient être les conséquences de son attitude (24 sept. sociale. avocat fait en effet partie des garanties procédurales auxquelles [elle] prête une attention particulière lorsqu'elle examine la question de savoir si une procédure a ou non anéanti la substance même du droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination » (Salduz. 1er mars 2006. Plus ces conséquences sont importantes et plus le rôle de l'avocat devrait s'en trouver renforcé. la jurisprudence de la CEDH est plus nuancée que ne l'admet la défense en considérant que tout dépend des conséquences que la législation nationale attache à l'attitude d'un prévenu lors de la phase initiale des interrogatoires de police.. elle doit être faite de manière « consciente et intelligente ». n° 56581/00. IV . n° 35811/97.. une enfance chaotique et une vie d'errance. que ce soit de manière expresse ou tacite. 89 . n° 9024/80. Avisé dès la première heure. il n'est pas question de l'assistance comprenant « la vaste gamme d'interventions qui sont propres aux conseils ». d'ailleurs. si celui-ci n'y avait pas pensé tout seul.. On peut alors certainement considérer que l'absence d'un avocat au cours des interrogatoires ne peut constituer en soi une cause de nullité de la garde à vue. § 52 s. vol.. lui faisant conclure à une altération du discernement. § 53 .S. Il semble. En d'autres termes. n° 7025/04. cité par la défense.C. Sejdovic c/ Italie. doit être entourée d'un minimum de garanties correspondant à sa gravité (12 févr. 1985. pour être effective au sens de la Convention. morale et économique ». bref d'un choix libre et éclairé. n'a pas renoncé à ses droits de façon « suffisamment éclairée ». Kolu c/ Turquie.07. Il est constant que la Convention EDH et la CEDH ont pour but de protéger des droits non pas théoriques ou illusoires. au droit de se taire ou à l'assistance d'un avocat. n'avait pas été en mesure lors de sa garde à vue « d'exercer effectivement et concrètement son droit au silence et surtout d'assurer personnellement et pleinement sa défense ». plusieurs hospitalisations en milieu psychiatrique. « des troubles profonds de la personnalité ne lui permettant pas une véritable autonomie psychique. la Cour considère que X. La CEDH a. n° 52868/99). par ailleurs.87. et ce d'autant que le prévenu pourra de nouveau s'entretenir avec son conseil dès le début de l'éventuelle prolongation de la garde à vue.27 — web : www. non équivoque. L'expert psychiatre notait. en réalité.capavocat. et au-delà même les poursuites. que se passerait-il si l'avocat ne se présentait pas ou s'il se présentait avec un retard considérable ? Les enquêteurs devraient-ils attendre le bon vouloir des conseils pour commencer leurs auditions alors même que ces derniers n'ont pas pour unique tâche d'assister leurs clients placés en garde à vue ? La procédure pénale doit permettre de respecter un équilibre délicat entre le droit des prévenus et celui des victimes. En outre. Trente minutes pourront peut-être suffire pour cela.. tout individu a la possibilité de renoncer. Et ce n'est pas faire outrage aux avocats que de relever qu'ils ne pourront matériellement pas assister à l'intégralité des auditions de l'ensemble des gardés à vue. la renonciation. elle-même reconnu « que ni la lettre ni l'esprit » de l'article 6 de la Convention n'empêchent une personne de renoncer de son plein gré. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.47. et qu'elle n'a de conséquence que sur la valeur probante des déclarations du mis en cause..L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.). avec cette difficulté particulière le concernant qu'il n'existe pas de version officielle en français de cet arrêt et que l'on ne sait donc pas avec exactitude quelle en est son économie). en particulier mais pas seulement. Toutefois. Il appartient donc aux autorités de poursuite et de jugement d'y veiller. Quel est donc le rôle que la CEDH entend voir dévolu à l'avocat dans le cadre de la garde à vue ? A ce stade. En particulier. 2 août 2005. à condition que cela résulte d'un acte volontaire et en pleine connaissance de cause. aux garanties d'un procès équitable (30 nov. 2009. Dès lors.

. l'arrêt commenté nous laisse un peu sur notre faim tant il est vrai que la situation individuelle de X. qui était à l’époque étudiant en droit. la police se rendit à l’étang avec le requérant et découvrit d’autres éléments de preuve.07. Le 30 septembre 2002 vers une heure du matin.. ainsi que par les pièces à conviction rassemblées à la suite de la surveillance policière à laquelle avait été soumis le requérant après qu’il se fut emparé de la rançon.. La police considérait devoir recourir à cette menace car la vie de J. Leurs décisions contribueront à enrichir le débat autour du projet de réforme de la procédure pénale. . M. que le Parlement ne gardera pas le silence. le choix de renoncer à l'assistance d'un avocat lors de sa garde à vue.620 € R. CEDH. Le tribunal a estimé que sa culpabilité revêtait une particulière gravité. n° 22978/05. un ressortissant allemand né en 1975. le requérant déposa une demande de rançon au domicile des parents de J. et l’avoir tué. Gägfen s’empara de la rançon à une station de tram. le requérant l’attira dans son appartement en prétextant que la sœur du jeune garçon y avait laissé une veste. le fils cadet d’une famille connue de banquiers de Francfort-sur-le-Main qui avait été enlevé. par étouffement. n'est pas fondé à invoquer une violation de la Convention EDH et son moyen manque en fait. Il provoqua alors la mort de J.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. par l’intermédiaire de sa sœur.capavocat. Magnus Gäfgen. ch..fr 13 13 13 13 . La Cour de cassation et le Conseil constitutionnel. Le 27 septembre 2002.47. et que le procès dont il avait ensuite été l’objet n’avait pas été équitable. le requérant fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour enlèvement et meurtre. âgé de onze ans. Le 1er octobre 2002. au mépris de l’article 136a du code de procédure pénale et de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. était particulière. sur ordre du directeur adjoint de la police de Francfort. Espérons. Le tribunal estima que. Devant ces menaces. le tribunal régional de Francfort-surle-Main décida que les aveux faits par celui-ci d’un bout à l’autre de l’instruction ne pourraient nullement être versés à charge au procès puisqu’ils avaient été obtenus sous la contrainte. Il abandonna le corps de J. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. gr. Il en va de la sécurité des procédures. bien que le requérant eût été informé au début du procès de son droit de garder le silence et qu’on lui eût signalé qu’aucune de ses déclarations antérieures ne pourrait être retenue contre lui. avait fait la connaissance du requérant. notamment des traces de pneus laissées par la voiture du requérant ainsi que le corps de l’enfant. Il alléguait notamment que la police l’avait menacé de mauvais traitements afin de lui faire avouer où se trouvait J.87.. Gäfgen.S. saisis respectivement de pourvois et de questions prioritaires de constitutionnalité concernant les droits des gardés à vue.27 — web : www. » De ce point de vue. A l’ouverture de la procédure pénale dirigée contre le requérant.. En juillet 2003. (n° 44/2010) : « ayant fait. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Gäfgen c/ Allemagne. sont appelés à se prononcer (le Conseil est également saisi d'une demande relative à la retenue douanière prévue par l'art. il n’en avait pas moins une nouvelle fois avoué avoir enlevé J. sous la jetée d’un étang se trouvant à une heure de route de Francfort. Le 28 juillet 2003. Par la suite. ce qui signifie que l’intéressé ne pourra pas bénéficier au bout de quinze ans d’emprisonnement d’un sursis avec mise à l’épreuve pour le reliquat de sa peine. 22978/05. Les constatations du tribunal concernant le crime se fondèrent essentiellement sur ces aveux. Elles furent aussi étayées par des éléments recueillis grâce aux premiers aveux qui avaient été extorqués à l’intéressé. 1er juin 2010. Gäfgen a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’enlèvement et le meurtre de J. M. est actuellement détenu à la prison de Schwalmstadt (Allemagne). SARL CAPAVOCAT au capital de 7. à savoir le rapport d’autopsie et les traces de pneus découvertes au bord de l’étang. La police le prit en filature et l’arrêta quelques heures plus tard. en connaissance de cause.. était en grand danger à cause du froid et de l’absence de nourriture. toutefois. l’un des policiers chargés d’interroger M. 7. communiqué de presse Obtention de preuves suite à des menaces de mauvais traitements et équité du procès Principaux faits Le requérant. ils devaient remettre un million d’euros (EUR) s’ils voulaient revoir leur fils.C. le requérant indiqua où il avait caché le corps de l’enfant. avertit le requérant qu’il se verrait infliger de vives souffrances s’il ne révélait pas où se trouvait J. Y. Le tribunal admit par contre comme preuves à charge des éléments obtenus grâce aux déclarations qui avaient été extorquées au requérant sous la contrainte. Après ces aveux. 323 du code des douanes pour laquelle les problèmes se posent dans les mêmes termes). L’enfant.. alors qu'aucun élément du dossier ne permet de penser que son consentement était vicié et qu'il n'est pas soutenu par lui-même ou par son conseil qu'une quelconque contrainte l'aurait dicté. alors que la Convention EDH l'y autorise expressément.

fr . au mépris de l’article 3. La Cour admet que les fonctionnaires de police ont agi dans le souci de sauver la vie d’un enfant. Elle observe que. la Cour constitutionnelle fédérale cassa la décision de la cour d’appel. La Cour estime qu’en l’espèce les menaces immédiates proférées à l’adresse du requérant afin de lui extorquer des informations ont été suffisamment graves pour être qualifiées de traitement inhumain tombant sous le coup de l’article 3. de sorte que son ordre ne peut être considéré comme un acte spontané. Invoquant l’article 6. Par un arrêt du 30 juin 2008. assorties du sursis. La Cour estime que ces menaces immédiates de mauvais traitements délibérés et imminents ont dû engendrer chez le requérant une peur et des souffrances mentales considérables. que le requérant ne pouvait plus se prétendre victime d’une violation de l’article 3 de la Convention et qu’il n’y avait pas eu violation de l’article 6. ont été autorisés à intervenir dans la procédure en qualité de tierces parties. Le 1er décembre 2008.capavocat. Elle considérait en particulier qu’en refusant d’accorder l’assistance judiciaire au requérant. le directeur adjoint de la police avait ordonné à plusieurs reprises à ses subordonnés d’employer la force contre le requérant. avait menacé le requérant de souffrances intolérables afin de l’amener à révéler où se trouvait J. La requête a été introduite devant la Cour européenne des droits de l’homme le 15 juin 2005. Eu égard à sa jurisprudence et aux positions adoptées par d’autres organes internationaux de contrôle du respect des droits de l’homme. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. l’interdiction des mauvais traitements vaut indépendamment des agissements de la victime ou de la motivation des autorités. Cette juridiction confirma toutefois le constat du tribunal régional selon lequel la menace de la police d’infliger des souffrances au requérant afin de lui extorquer des aveux constituait une méthode d’interrogatoire prohibée par le droit interne et était contraire à l’article 3 de la Convention. Griefs. l’utilisation d’éléments de preuve obtenus par des méthodes contraires à l’article 3 suscite toujours de graves doutes quant à l’équité de l’action pénale. pas même en cas de danger menaçant la vie d’un individu. les deux policiers qui avaient été impliqués dans les menaces furent reconnus coupables de contrainte et d’incitation à la contrainte dans l’exercice de leurs fonctions et furent condamnés à des amendes respectivement de 60 EUR pendant 60 jours et de 120 EUR pendant 90 jours. Il fut débouté en mai 2004. En décembre 2004.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. le requérant sollicita l’assistance judiciaire pour pouvoir engager une action en responsabilité administrative contre le Land de la Hesse afin d’obtenir réparation pour le traumatisme que lui avaient causé les méthodes d’interrogatoire employées par la police. La procédure ainsi renvoyée se trouve encore pendante devant le tribunal régional. l’affaire fut renvoyée devant la Grande Chambre à la demande du requérant. et le Redress Trust. Elle SARL CAPAVOCAT au capital de 7.27 — web : www.87. en février 2007. Il saisit ensuite la Cour constitutionnelle fédérale qui. une organisation internationale non gouvernementale. il soutenait en outre que son droit à un procès équitable avait été méconnu notamment du fait qu’avaient été utilisés à son procès des éléments de preuve recueillis à la suite de ses aveux obtenus sous la contrainte. elle considère en revanche que la méthode d’interrogatoire à laquelle le requérant a été soumis n’a pas eu le niveau de cruauté requis pour atteindre le seuil de la torture. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. nécessitant selon lui un traitement psychologique. elle estimait en particulier que le requérant aurait du mal à établir un lien de causalité entre les menaces de torture dont il avait été l’objet et le dommage psychologique allégué. mais avait été conçu de manière délibérée. Le requérant se pourvut en cassation devant la Cour fédérale de justice. En décembre 2005. Le tribunal régional rejeta la demande et. Toutefois. refusa de retenir le recours. la cour d’appel avait enfreint le principe de l’égalité d’accès à la justice et que la question de savoir si l’atteinte à la dignité humaine du requérant appelait le versement de dommages-intérêts constituait une question juridique complexe qui ne pouvait donc être tranchée dans le cadre d’une procédure de demande d’assistance judiciaire. Le 19 janvier 2008. par six voix contre une.47. la cour d’appel débouta le requérant de l’appel qu’il avait interjeté de cette décision .07. elle l’avait soumis à la torture. à laquelle elle renvoya l’affaire. procédure et composition de la Cour Le requérant alléguait que lorsque la police l’avait interrogé. Les parents de J. 14 14 14 14 […] Décision de la Cour Article 3 Traitement contraire à l’article 3 Les juridictions internes ont établi qu’un fonctionnaire de police. […] Article 6 Comme la Cour l’a établi dans sa jurisprudence. Elle ne souffre aucune exception.620 € R. la Cour dit.C.S. comme les tribunaux internes l’ont établi. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. le 14 décembre 2004. agissant sur les instructions du directeur adjoint de la police de Francfort.

notamment pour la famille de la petite victime. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. usent de menaces de mauvais traitements. gr. ch. § 107 : JCP G 2007.47. le tribunal refusa d'écarter les éléments de preuves recueillis et.fr . la Cour observe que l’intéressé a souligné dans les déclarations qu’il fit au procès qu’il avouait de son plein gré par remords et pour assumer la responsabilité de ses actes. la Cour souligne avec force que « le principe philosophique qui sous-tend le caractère absolu du droit consacré à l'article 3 ne souffre aucune exception. La Cour estime que la protection effective des individus contre l’emploi de méthodes d’interrogatoire contraires à l’article 3 peut exiger exiger en principe d’exclure l’utilisation au procès des preuves matérielles rassemblées au moyen d’une violation de cet article. CEDH. La Cour n’a donc aucune raison de supposer que le requérant n’aurait pas avoué si les tribunaux avaient décidé d’emblée d’écarter les preuves matérielles litigieuses.07. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Sur le terrain de l'article 3. sont désormais avertis. En ce qui concerne la question de savoir si la violation de l’article 3 qui s’est produite au cours de la procédure d’enquête a conduit le requérant à avouer au procès. 2006. 30 juin 2008 : JCP G 2008.C.S. 167. Le requérant peut donc toujours se prétendre victime et la menace. doit donc rechercher si la procédure procédure dirigée contre le requérant a dans son ensemble manqué d’équité en raison de l’utilisation de pareilles preuves. qu’il n’y a pas eu violation de l’article 6. La Cour esquive cette horrible solution en jugeant que « ce sont les deuxièmes aveux du requérant au procès — seuls ou corroborés par d'autres preuves non viciées. Ils n'obtiendront que des aveux et la divulgation du lieu ou git le corps sans vie de la petite victime.. quels que soient les agissements de la personne concernée et la nature de l'infraction qui pourrait lui être reprochée » (§ 107). Cette protection et l’équité d’un procès pénal ne se l’article cle 3 ont eu un impact sur le verdict trouvent toutefois en jeu que si les preuves obtenues en violation de l’arti de culpabilité ou la peine de l’accusé. de la réouverture du procès pénal en cas de constat de violation de l'article 6. Les éléments de preuve litigieux n’étaient donc pas nécessaires pour prouver la culpabilité de l’intéressé ou fixer la peine. Les droits de la défense ayant été respectés à son égard. le requérant ayant renouvelé ses aveux à la fin des audiences. La Cour tranche la question générale laissée en suspens dans l'affaire Jalloh (CEDH. 106. obs.87.. I. la Cour estime que. La Cour conclut. matérielles celles-là — qui ont fondé le verdict de culpabilité pour assassinat et enlèvement avec demande de rançon. n’a pas joué dans le verdict de culpabilité et la peine prononcés contre le requérant. Gonzalez. en dépit des menaces que lui avait adressées la police. Eu égard à ces considérations. 2010. n° 701 15 15 15 15 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. […] U Observations : n horrible fait divers donne l'occasion à la Grande chambre de se prononcer sur un « cas d'école » (F. sans violences physiques. Reste à déterminer l'effet de ces manquements sur le procès lui-même au titre de l'article 6. G. les policiers interpellent rapidement un suspect et. Confrontés à un enlèvement d'enfant. F. il n'y a pas violation de l'article 6. par les tribunaux internes. de mauvais traitements viole l'article 3. 11 juill. par onze voix contre six.capavocat.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Sudre. Sudre) et juge que « l'emploi dans l'action pénale de déclarations obtenues grâce à une violation de l'article 3 — que cette violation soit qualifiée de torture ou de traitement inhumain ou dégradant — comme l'utilisation de preuves matérielles rassemblées à la suite directe d'actes de torture privent automatiquement d'équité la procédure dans son ensemble et violent l'article 6 » (§ 173). La Grande chambre juge au contraire ces sanctions insuffisantes (l'un des policiers a été nommé à la tête d'un organe de la police) et souligne la lenteur de l'instance en responsabilité. JCP G. recueillies à la suite d’une déclaration extorquée au moyen d’un traitement inhumain. ce sont les nouveaux aveux que le requérant livra au procès — après avoir été informé qu’aucune de ses déclarations antérieures ne pourrait être retenue contre lui — qui ont constitué le fondement du verdict de culpabilité et de la peine.27 — web : www. ainsi que la peine » (§ 180) et que.620 € R. des preuves matérielles litigieuses. dans l'espoir de retrouver l'enfant vivant. la nonexclusion. n° 54810/00. Lors du procès. héros peu scrupuleux de la série télévisée « 24 heures chrono ». obs. dans les circonstances de la cause. Les policiers furent poursuivis et sanctionnés et une action en responsabilité de l'État est en cours. La réception de la doctrine américaine dite du « fruit de l'arbre empoisonné » ne porte donc pas ici tous ses … fruits ! Au moins. § 3) d'aveux extorqués par des menaces de mauvais traitements. sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité fut confirmée par la Cour fédérale de justice. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. ch. tous les adeptes de la « méthode Jack Bauer ». En l’espèce. Dès lors apparaît le spectre. aucun facteur justificatif et aucune mise en balance d'intérêts. I. la violation de l'article 3 ayant été sans effet sur ces éléments de culpabilité. il y a lieu de tenir l’ensemble du procès pour équitable. La chambre avait considéré que le requérant avait perdu la qualité de victime du fait des sanctions infligées aux policiers.

Différentes branches du droit se montrent aujourd'hui très attachées à cette exigence de loyauté en matière de preuve (2). physique ou morale.. la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision" .. Dominique X.. pour refuser d'écarter ces pièces des débats.. directeur technique à la NJD X. tels que des états comptables. la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa décision et a violé les textes susvisés . dès lors. la subtilisation par un salarié à l'insu de son employeur de documents appartenant à ce dernier. il avait accès aux différents documents qu'il a remis aux gendarmes . communiqués à des tiers dans le but de nuire. de pièces soustraites par le salarié d'une entreprise à l'insu de son employeur et protégées par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme... toute personne. à ce titre. qui l'avait licencié.395 La preuve fournie par les parties privées : confirmation de la tolérance quant au principe de loyauté Sur le deuxième moyen de cassation. crim.. 27 janvier 2010. est nécessaire à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales .07. l'arrêt prononce par les motifs repris au moyen .27 — web : www... le Doyen Bouzat définissait le principe de loyauté de la preuve comme « une manière d'être dans la recherche des preuves. cependant.. constituait une mesure nécessaire et proportionnée au sens de l'article précité. avait entrepris la réfection d'un bâtiment appartenant à cette dernière et dont il avait fait sa résidence principale . par des motifs inopérants tels que le fait que Pierre Y. faisait encore partie du personnel de la société et. soustraits frauduleusement. ainsi qu'en sa qualité de directeur technique. Que le moyen doit..S.47.. coupable d'abus de biens sociaux . soient écartés des débats . demande que les documents et pièces remis par Pierre Y.. "2°) alors que. qu'en s'abstenant de rechercher si l'examen public. relevés de dépenses. le jour de sa dénonciation. Cass. pour écarter l'argumentation du prévenu. d'en apprécier la valeur probante. 16 16 16 16 P Observations Observations : ar une formule devenue aujourd'hui célèbre. dénonçait auprès des gendarmes les agissements de ce dernier. violation des droits de la défense . qu'en toute hypothèse.. qui aurait détourné des fonds sociaux pour effectuer des travaux dans sa résidence principale et leur a remis divers documents pour étayer ses dires . après les avoir soumis à la discussion contradictoire. ayant été obtenues frauduleusement. devant la juridiction correctionnelle. Il en va ainsi avec le SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Dominique X. qu'en se prononçant. n° 0909-83. qu'il indiquait que celui-ci. pris de la violation des articles 427. et dès lors qu'aucune disposition légale ne permet aux juges répressifs d' écarter des moyens de preuve remis par un particulier aux services d'enquête. en litige avec son employeur Dominique X... que Dominique X. 6 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. "en ce que l'arrêt attaqué a déclaré Dominique X.. que des travaux avaient été entrepris dès l'année 2001. hors le cadre d'une défense prud'homale. est nécessairement frauduleuse et constitutive d'un vol entachant la production desdites pièces d'illégalité .. la cour d' appel a justifié sa décision . 7 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. au seul motif qu'ils auraient été obtenus de façon illicite ou déloyale et qu'il leur appartient appartient seulement.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.capavocat.. qu'il ne peut y avoir ingérence dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui. est poursuivi du chef d'abus de biens sociaux .. a droit au respect de sa vie privée et familiale.. les matériaux étaient facturés à cette même société .. dans une société démocratique.. qui faisait l'objet d'une procédure de licenciement. Pierre Y. en sorte que rien ne justifie qu'elles soient écartées des débats . gérant de la SARL NJD X.. "aux motifs que. être écarté . que. Attendu qu'en cet état. directeur technique de la société Malara. factures et fiches de pointage des ouvriers. faisait encore partie du personnel de la société lorsqu'il a subtilisé ces documents ou qu'il n'était pas établi que ces pièces produites avaient été frauduleusement soustraites.. devaient être écartées des débats. défaut de motifs.. il n'est pas démontré qu'il ait frauduleusement soustrait les pièces qu'il a produites.. Attendu qu'il résulte de l'arrêt que Pierre Y. "1°) alors que. en application de l'article 427 du code de procédure pénale. de son domicile et de sa correspondance . qu'à l'issue de l'enquête.. conforme au respect des droits de l'individu et à la dignité de la justice » (1).. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.C. qui soutenait que les pièces remises par son salarié. bien que ce salarié n'ait pu les photocopier ni les divulguer sans commettre un vol.. la main-d'oeuvre qui avait travaillé sur le chantier était celle de la SARL NJD X. 591 à 593 du code de procédure pénale. se poursuivaient encore..87. a dénoncé aux services de gendarmerie les agissements du gérant de cette société.620 € R. violation du principe de la loyauté de la preuve.fr . et rémunérée par elle. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires... . gérant de la SCI Les Cordeliers. le matériel utilisé appartenait à la NJD X. manque de base légale.. Pierre Y. 8. le 20 avril 2005. Attendu que.. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.

avait dénoncé aux services de gendarmerie l'agissement du gérant de cette société. il est évident que les parties privées. X. notamment. figure une formule aux termes de laquelle la circonstance que les documents ou les enregistrements produits par l'une des parties aient été obtenues de façon illicite ou déloyale ne permet pas au tribunal de les écarter dès lors qu'ils peuvent être discutés contradictoirement. entendu comme l'exigence d'une loi préalable.620 € R. il faut rappeler que ce principe. « au seul motif qu'ils auraient été obtenus de façon illicite ou déloyale ». les personnes privées ne sont pas soumises au devoir de loyauté dans l'obtention de preuves (12). Il n'était d'ailleurs pas démontré qu'il avait frauduleusement soustrait les pièces qu'il avait produites. Selon elle. voire d'un tiers à la procédure (9). À l'issue de l'enquête. Plusieurs moyens étaient invoqués concernant tant les éléments constitutifs du délit d'abus de biens sociaux que la procédure suivie. Il soutenait cependant que les pièces remises par son salarié avaient été obtenues frauduleusement et devaient. en conséquence. la boîte de Pandore. le droit social (4) ou encore le droit de la concurrence (5). X. factures et fiches de pointage des ouvriers. 17 17 17 17 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. après les avoir soumis à la discussion contradictoire. Il rappelle qu'aucune disposition légale ne permet au juge répressif d'écarter des moyens de preuve remis par un particulier aux services d'enquête. L'arrêt étudié confirme cette solution.07. En outre. X. en la matière. d'un témoin (8). dans la mesure où il fait suite à une autre décision qui semblait avoir voulu se démarquer de ce courant jurisprudentiel. d'en apprécier la valeur probante. La chambre criminelle souhaite de la sorte privilégier la découverte de la vérité (10). Pourtant. Cette solution est-elle contestable ? On ne peut nier qu'à l'exception du testing (13).47. faisait encore partie du personnel de la société le jour de la dénonciation et en tant que directeur technique.capavocat. et notamment les victimes. Ainsi. C'est ainsi que. Par conséquent. une obligation de respecter le contradictoire vient tempérer cette exclusion du principe de loyauté. au seul motif qu'ils auraient été obtenus de façon illicite ou déloyale et qu'il leur appartient seulement. Y.27 — web : www.. qui aurait détourné des fonds sociaux pour effectuer des travaux dans un bâtiment appartenant à une SCI dont il était également gérant et dont il avait fait sa résidence principale. le juge n'a aucunement ouvert. était poursuivi du chef d'abus de biens sociaux. Certains auteurs se sont d'ailleurs montrés très critiques (14) envers elle. par conséquent. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.fr . la chambre criminelle a rendu une série de décisions qui accueillent des preuves. qu'elles soient écartées des débats. lorsqu'une partie ou une personne extérieure au procès tente d'établir la preuve d'une infraction. éprouvent souvent de grandes difficultés à rassembler la preuve des agissements dont elles ont souffert ou qui leur sont reprochés. M. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Mais qu'en est-il en matière de procédure pénale ? L'arrêt rendu par la chambre criminelle le 27 janvier 2010 vient nous renseigner sur ce point.. selon nous. Un pourvoi en cassation était alors formé par le prévenu. dans quelques affaires. non seulement de la partie civile (6). avait alors remis aux gendarmes différents documents pour étayer ses dires : états comptables. Y. Selon la Haute juridiction. La Cour de cassation rejette cependant le pourvoi par un arrêt du 27 janvier 2010. relevés de dépenses. mais également de la personne mise en examen (7). Cette décision vient donc confirmer une solution rendue par plusieurs arrêts ces vingt dernières années aux termes de laquelle la loyauté de la preuve ne s'impose pas aux parties privées du moment que le principe du contradictoire a bien été respecté. Précisons que.S. plusieurs arguments plaident en faveur d'une telle jurisprudence.. si la liberté de la preuve doit s'exercer dans le respect du principe de légalité.C. L'exclusion du principe de loyauté Depuis deux décennies. D'une part. aucun texte ne s'oppose à l'exclusion de la loyauté. M. qui faisait l'objet d'une procédure de licenciement. M. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Il n'est donc pas inopportun de leur laisser un plus large pouvoir en la matière. Rien ne justifiait. La cour d'appel de Chambéry le déclarait néanmoins coupable d'abus de biens sociaux.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. la jurisprudence a été jusqu'à admettre que des infractions pouvaient être commises par certaines personnes privées dans le but de se procurer de tels éléments de preuve (11). on ne saurait subordonner la recevabilité du moyen de preuve produit par celle-ci au respect des formes prévues par la loi qui ne s'imposent pas à elle (15). être écartées des débats. En effet. L'arrêt n'est cependant pas pour autant à l'abri de toute incertitude. « dès lors qu'aucune disposition légale ne permet aux juges répressifs d'écarter des moyens de preuve remis par un particulier aux services d'enquête. elle n'est guère fondée légalement. directeur technique de la SARL M. D'autre part. le refus de la mise à l'écart des débats des pièces produites par M. Le prévenu contestait. droit civil (3). est applicable exclusivement aux actes des agents de l'autorité publique. M. Plus précisément la main-d'oeuvre qui avait travaillé sur le chantier était celle de la SARL et rémunérée par elle. M. dans la majorité de ces arrêts. sans exiger le respect du principe de loyauté. le matériel appartenait également à cette dernière et les matériaux lui étaient facturés. Enfin.87. en application de l'article 427 du code de procédure pénale. il avait accès aux différents documents qu'il avait remis aux gendarmes. X. la cour d'appel a justifié sa décision ».

alinéa 2. Opinio doctorum. 2009. demeurent recevables du moment où elles ont été soumises à la discussion contradictoire des parties. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Dès lors. revenir sur l'admission des preuves obtenues à l'aide d'un acte illicite en sanctionnant de la sorte l'auteur de soustraction de documents en vue de se constituer des éléments de preuve. il n'est pas certain que la Cour de cassation souhaite. la chambre criminelle a admis la commission d'une infraction par une personne pour se constituer une preuve (18).27 — web : www. le juge exerçant par la suite son pouvoir souverain d'appréciation. Thèses. audelà de cette controverse juridique. pourrait-il. cette solution. étude 8 . récemment. Demeure-t-il pour autant parfaitement clair ? Pas tout à fait. _______________ (1) P. Problèmes contemporains de procédure pénale. J. avant d'envisager les vertus de la contradiction. Bonfils et J. « le juge ne peut fonder sa décision que sur des preuves qui lui sont apportées au cours des débats et contradictoirement discutées devant lui ». Le vol est donc punissable lorsque les documents photocopiés ont été produits dans le cadre d'un litige pénal.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. p. Pour la Haute juridiction. P.87. démontre qu'il n'en n'est rien. La décision du 27 janvier 2010. pour résumer. Dès lors.07. du code de procédure pénale. vol.S. il convient de se questionner sur la recevabilité de ces éléments de preuve. Lasserre Capdeville. En revanche. 1964. y suppléer. Guichard. Or. sous le respect de certaines conditions. et manifestement contraires au principe de loyauté. que la Cour de cassation souhaitait. Notons que cette dernière n'est d'ailleurs pas à l'abri de toutes critiques d'un simple point de vue juridique. pour vol ? Une application de la solution rendue par l'arrêt du 9 juin 2009 pourrait nous faire répondre par la positive. L'arrêt étudié réitère cette solution (16). par ex. coll. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. dans un second temps. à la vue de cet arrêt. Nouv. la première implique nécessairement la seconde.. Dossier La preuve : une question de loyauté ?. 247. En effet. Hugueney. les arrêts évoqués plus haut prennent soin de constater que les preuves produites par les parties. Cependant. 261 . in La réforme du code pénal et du code de procédure pénale. la Cour de cassation a semblé vouloir remettre en cause. V. en revanche. notamment lors de l'audience. parce que l'infraction commise était justifiée par les besoins de la défense du prévenu ou de la partie civile. Or. Bouzat. Tentative de clarification de la 18 18 18 18 loyauté de la preuve en matière pénale. AJ pénal 2005. Dalloz. Boursier.47. En effet.capavocat. l'argument du contradictoire qui viendrait de la sorte « purger » la pièce de son vice originel demeure contestable. SARL CAPAVOCAT au capital de 7. la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé contre une décision de cour d'appel ayant condamné pour vol un salarié qui avait subtilisé un certain nombre de documents à son employeur. dans l'avenir. AJ Pénal 201. X. nous aurions pu penser. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Néanmoins. La loyauté dans la recherche des preuves. Cette décision peut également nous amener à nous interroger par ce qu'elle ne dit pas. préf. En effet. Le principe de loyauté en droit processuel. En effet. Mais de telles preuves sont-elles recevables devant le juge pénal ? Une réponse positive s'impose. in Mélanges L. 23 . du moins pour partie. qui admet indistinctement la preuve obtenue « de façon illicite ou déloyale ». Dalloz. pénal 2009. (2) Sur cette notion.-E. ici. S. la pièce obtenue pouvait être administrée. et la décision étudiée en témoigne. Or. Ph. on ne peut contester l'intérêt de la solution. 172. la condition sine qua non à la bienveillance jurisprudentielle bénéficiant aux parties privées. Y. Dr. M. Lasserre Capdeville. Elle ne saurait. faire engager la responsabilité pénale de M. par un arrêt du 9 juin 2009 (20). qui vient limiter les risques d'abus du régime de faveur dégagé par les magistrats au bénéfice des parties privées en matière de preuve. confirmer la rigueur de la solution dégagée en juin 2009. La loyauté de la preuve dans la jurisprudence de la chambre criminelle de la Cour de cassation : vers la solution de la quadrature du cercle ?.C. Le maintien du principe du contradictoire Aux termes de l'article 427. comme le relève un auteur (17). Il s'agit ainsi souvent de salariés ayant soustrait différents documents à leurs employeurs afin de les photocopier et de les produire à l'occasion d'un litige prud'homal les opposant à ces mêmes employeurs. le fait justificatif tiré des droits de la défense ne saurait jouer en dehors d'un litige prud'homal. D'autres arrêts seront donc encore nécessaires pour y voir clair également sur ce point.fr . dans la mesure où l'irresponsabilité pénale semble désormais limitée au cas où les pièces sont dérobées afin d'être produites devant le juge prud'homal. en l'espèce pour des faits de diffamation opposant l'employeur à son ancien salarié. Conte. p. 280 et s. également. L'arrêt étudié va donc clairement dans le sens de la jurisprudence précitée. Les ultimes incertitudes À plusieurs occasions.0 pp. une question demeure. le respect du contradictoire est justement. 2003. Sirey.620 € R. M. comme le démontre un arrêt de la chambre criminelle du 31 janvier 2007 (19) par lequel la Haute juridiction approuve la cour d'appel d'avoir admis comme mode de preuve la production d'un enregistrement « dès lors qu'elle est justifiée par la nécessité de rapporter la preuve des faits dont l'auteur de l'enregistrement est victime et par les besoins de sa défense ».

2003. Pour un avocat. obs. Bull. cit. infra n° 18. crim. Dr. 2005.S. A. civ. 2007. Jur. Bull. P. 2005. (20) Crim. obs. 1987. crim. CA Paris. C. 331. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. […] Par ces motifs. Molina. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. 1352. Jur. Conte.27 — web : www. 98. pénal 2005. M. note H. Bull. D. 2004. 3 juin 2008. op. 16 déc. comm. crim. cit. 306. Les auteurs proposent d'autres justifications encore. Crim. Crim. (10) Sur la perte de puissance de cet argument. JCP 1993. Roujou de Boubée . RSC 1999. M. D. RSC 2004. Kobina Gaba . crim. Bull. 2002. 88. Maron . 2009. II. Bull. 498. pénal 1998. 1994. P. 9 juin 2009. 107. Bouloc . Dr. Soc. J. poursuivi pour violation du secret professionnel. Rassat . Mestre et B. 879. 275.capavocat. 11 mai 2004. n° 173 . obs. (4) Soc. (3) Civ. 61. 15 juin 1993.. crim. Brugière . (13) J. civ. Crim. crim. 1993. D. n° 427 . (19) Crim. II. obs. Bull. obs. RSC 2002. obs. Contra. n° 352 . Bonfils . 2476.620 € R. 2759. (15) F. 2009. comm. G. n° 85. Fages.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.. bénéficier aux agents de l'autorité publique. 1714. 391. 29 juin 1989. M. R. n° 131 . D.. 2007. obs. Bull. RTD com. n° 441 . p. Ph. n° 381 . n° 140. note J. D. Somm. pénal 2002. Crim. Jur. la Cour (grande chambre) dit pour droit: 1) L’article 267 TFUE s’oppose à une législation d’un État membre qui instaure une procédure incidente de contrôle de constitutionnalité des lois nationales. obs. crim. II. (18) Pour un salarié accusé de vol de documents commis en vue d'une instance prud'homale. comm. En revanche. note M. AJ pénal 2003. AJ pénal 2005. 4 janv. 2009. 2008. J. 2004. E. civ. en revanche. 1998. n° 261 . Réflexion critique sur l'évolution paradoxale de la liberté de la preuve des infractions en droit français contemporain. 15 févr. obs. 31 janv. 135. 317. 26 nov. rendu public le 1er mars 2010. Jur. 2003. Desportes et L. rendu public le 1er mars 2010. Boursier-Mauderly .07. Véron. n° 112 . Vermelle . Degorce . AJ pénal 2009. Véron . Bull. Chevrier . n° 132 . Crim. (12) Notons que la solution ne saurait.C. RSC 2007. Mascala .. 6 avr. 1993. Somm. Crim. E. 122. Enderlin. S. V. note Th. obs. (14) M. après la décision de cette juridiction sur ladite question. 310. IV. 2055. 11 juin 2002. obs. AJ pénal 2008. comm. 30 mars 1999. JCP E 2009. comm. Conte. Rassat note sous Crim. n° 176 . 72. Crim. note J. op.-L. n° 192 . obs. 1993. (17) P. crim.F. 102. Jur. 14. n° 113 et 117 . Véron . M. n°s C-188/10 et CC-189/10 (extrait) Précisions de la CJUE sur les contrôles d'identité et sur la question prioritaire de constitutionnalité . 2009. obs. 2002. Bull.. 6 avr. 2005. Dr. obs. D. Dr. Bull. 2326. 11 juin 2002. Economica. crim. n° 2. Chagny. obs. 3 avr. n° 5 . Crim. le cas échéant. 2004. 29 avr. 19 19 19 19 II. — Les enquêtes 9. p. D. (9) Crim. D. Chaumont et E. 22 juin 2010. 354. Comm. Crim. 6 avr. Pradel . Bull. 7 oct. 2005.47. pénal 2007. (6) Crim. note M. Le testing. n° 102. Crim. note M. E. 361 . Bull. 1997. J. Bull. 22144. B. Lasserre Capdeville. AJ. obs. (5) Com. RSC 2002. p.-L. Traité de procédure pénale. 2e. 23 mai 2007. B. 1992. 28 oct. obs. crim. 2000. et qu'il avait invoquées en défense dans une instance civile pour diffamation. Cette solution figure désormais à l'article 113-3 de l'avant-projet du futur code de procédure pénale. Bonfils . Dr. pénal 2000. V. 588. obs. Leblois-Happe. RTD civ. Crim. l’article 267 TFUE ne s’oppose pas à une telle législation nationale pour autant que les autres juridictions nationales restent libres: SARL CAPAVOCAT au capital de 7. D. à propos de pièces produites dans un litige l'opposant à son client. Véron. 22144 . JCP 1993. obs. 866. J. G. Somm. n° 136. n° 601. Crim. de Lamy. Delmas Saint-Hilaire . Bull. obs. 2009. 16 mai 2000. toutes les autres juridictions nationales d’exercer leur faculté ou de satisfaire à leur obligation de saisir la Cour de questions préjudicielles. Pradel . 30. crim. 814. obs. obs.. D.fr CJUE. Fortis . obs.-E. B. D. et patr. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Crim. 1858. (11) V.87. crim. Kobina Gaba . 30 mars 1999. commerce électr. Véron . n° 27 . 2004. 127. note H. comm.-P. cit. n° 5. C. note Ph. Renucci . tant avant la transmission d’une question de constitutionnalité à la juridiction nationale chargée d’exercer le contrôle de constitutionnalité des lois que. 613. n° 59 . 1er oct. D. Bull. 206. Crim. J. 2009. Bull. 26 avr. Bouloc . 1994. Garé. 635. (7) Crim. op. M. Pour un journaliste poursuivi pour recel de pièces couvertes par le secret de l'instruction. (16) Cette solution figure désormais à l'article 113-5 de l'avant-projet du futur code de procédure pénale. (8) Crim. pour autant que le caractère prioritaire de cette procédure a pour conséquence d’empêcher. 1991. 23 juill. crim. Bull. Bull. 2010. 14. RSC 2003. civ.-M. D. Finielz. Dr. Lazerges-Cousquer. 93. crim.

rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. la CJUE conditionne donc la conformité de la question prioritaire de constitutionnalité à la possibilité pour le juge a quo de saisir à tout moment le juge européen d'une question préjudicielle. la Cour de toute question préjudicielle qu’elles jugent nécessaire. la Cour de justice de l'Union européenne vient préciser que. la décision des juges de Luxembourg était attendue. l’identité de toute personne. le Conseil est venu rappeler la répartition des rôles entre contrôle de conventionnalité et contrôle de constitutionnalité. établissant un code communautaire relatif au régime de Schengen). à l’issue d’une telle procédure incidente. 2) L’article 67. paragraphe paragraphe 2. à la possibilité pour le juge d'écarter la disposition contraire au droit communautaire. n'est pas conforme au droit communautaire.07. Pour ne pas méconnaître le principe de pleine efficacité des normes de l'Union tel que reconnu par l'arrêt Simmenthal. en vue de vérifier le respect des obligations obligations de détention. Par cet arrêt du 22 juin. transmettant à la CJUE une question préjudicielle tendant à l'examen de la conformité de la procédure liée à la question prioritaire de constitutionnalité. de port et de présentation des titres et des documents prévues par la loi. à tout moment de la procédure qu’elles jugent approprié. une telle possibilité existant déjà dans le cadre du contrôle a priori. et — de laisser inappliquée. TFUE ainsi que les articles 20 et 21 du règlement (CE) n° 562/2006 du Parlement européen et du Conseil. alors même que cette dernière aurait été déclarée conforme à la Constitution. L'articulation du contrôle de conventionnalité et du contrôle de constitutionnalité vient donc d'être précisée par la CJUE. et en particulier de son caractère prioritaire ainsi que de l'étendue du contrôle du Conseil constitutionnel.C. la Cour vient donc subordonner la conformité du contrôle de constitutionnalité à trois conditions. de la République fédérale d’Allemagne et de la République française relatif à la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.87. mais il faut les apprécier à la lumière de la décision du Conseil constitutionnel du 12 mai 2010 concernant la loi relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne. Le Conseil constitutionnel précise également que le juge ordinaire peut suspendre immédiatement tout effet de la loi contraire aux droits que les justiciables tiennent des engagements internationaux. la disposition législative nationale en cause si elles la jugent contraire au droit de l’Union. s’opposent à une législation franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schenge nationale conférant aux autorités de police de l’État membre concerné la compétence de contrôler. alinéa 4. Sur le problème lié à la conformité de la question prioritaire de constitutionnalité. sans prévoir l’encadrement nécessaire de cette compétence garantissant que l’exercice pratique de ladite compétence ne puisse pas revêtir un effet équivalent à celui celui des vérifications aux frontières. Refusant de se livrer au contrôle de conventionnalité des dispositions législatives.S. — d’adopter toute mesure nécessaire afin d’assurer la protection juridictionnelle provisoire des droits conférés par l’ordre juridique de l’Union. entre les gouvernements des États de l’Union économique Benelux. signée à Schengen (Luxembourg) le 19 juin celle-ci et de circonstances 1990. et même à l’issue de la procédure incidente de contrôle de constitutionnalité. indépendamment du comportement de celle particulières établissant un risque d’atteinte à l’ordre public. […] S Observations : celle-ci aurait été déclarée conforme à la Constitution. — de saisir. Ces conditions semblent restrictives.27 — web : www.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.47. n). les dispositions issues de la loi du 10 décembre 2009 relatives à la question prioritaire de constitutionnalité peuvent l'être. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. L'article 88-1 ne doit donc pas être vu comme intégrant le Traité de Lisbonne dans le bloc de constitutionnalité. du 14 juin 1985.capavocat. alors même que 20 20 20 20 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. La précision n'a ici rien de surprenant. l'article 23-3 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 prévoyant une telle possibilité et ce sans distinguer entre les normes internes ou internationales. si l'article 78-2. il précise néanmoins que l'autorité qui s'attache à ses décisions ne limite pas la compétence des juges administratifs et judiciaires pour faire prévaloir les engagements internationaux sur une disposition législative. uite à la décision de la Cour de cassation du 16 avril 2010. Saisissant l'occasion qui lui était offerte de répondre à la décision de la Cour de cassation du 16 avril.fr . Il appartient à la juridiction de renvoi de vérifier si la législation nationale en cause au principal peut être interprétée conformément à ces exigences du droit de l’Union. à la possibilité pour le juge de prendre des mesures provisoires pour assurer le respect des droits garantis par l'Union européenne et enfin.620 € R. du 15 mars 2006. uniquement dans une zone de 20 kilomètres à partir de la frontière terrestre de cet État avec les États parties à la convention convention d’application de l’accord de Schengen.

celui-ci doit être écarté par le juge national. les autorités devront désormais justifier le contrôle d'identité des étrangers en situation irrégulière par l'un des critères rappelés à l'alinéa 1er de l'article 78-2. Enfin. prenant acte de la décision de la CJUE. même si 21 21 21 21 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. mais uniquement sur une présomption de situation irrégulière. en faisant explicitement référence à cette décision. l'article 78-2. Par ailleurs. La question de constitutionnalité est donc prioritaire. la Cour de Luxembourg semble prendre en compte ces précisions apportées par la décision du 12 mai 2010. et tout particulièrement les spécialistes du contentieux du droit des étrangers. était contraire au droit communautaire. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. et ce.capavocat. qu'elle se prépare à commettre une infraction. qu'elle détient des informations relatives à une enquête en cours ou qu'elle fait l'objet de recherches ordonnées par une autorité judiciaire. elle écarte la question de constitutionnalité ainsi soulevée et se livre uniquement au contrôle de conventionnalité. alinéa 4. Dès lors. des textes applicables à la question prioritaire de constitutionnalité et laisse au juge national le soin de vérifier que les conditions rappelées sont ou non respectées. les conséquences susceptibles de découler de cette affirmation. comme l'indique la Cour de cassation dans ses décisions du 29 juin 2010. La CJUE vient ici affirmer qu'un tel contrôle.07.S. Les contrôles d'identité exécutés conformément à cet article 78-2 alinéa 4. entraînant de façon subséquente la nullité des différentes mesures privatives de liberté et des décisions préfectorales prises suite à ce contrôle. il serait donc possible de transmettre une question prioritaire de constitutionnalité dès lors que lesdites mesures ont été prises. Une fois transmise. les autorités se devant d'être vigilantes pour l'avenir. car elle choisit de s'intéresser uniquement à l'une des trois exigences de la Cour de Luxembourg. En ce que cette disposition permet un contrôle d'identité reposant non pas sur des raisons plausibles de soupçonner que la personne a participé ou tenté de participer à une infraction. du code de procédure pénale permet aux autorités de procéder à des contrôles d'identité dans une zone comprise entre la frontière terrestre de la France avec l'un des États parties à la convention de Schengen et une ligne tracée à 20 kilomètres en deçà. alinéa 4. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. A contrario. quelle position la Cour de cassation peut-elle adopter suite à la latitude laissée par le juge communautaire dans l'appréciation de la conformité de la question prioritaire de constitutionnalité vis-à-vis du droit communautaire ? On notera tout d'abord que la Cour a déjà précisé sa position dans ses décisions du 29 juin 2010. L'intérêt de la décision du 22 juin 2010 concernant la question prioritaire de constitutionnalité est tel qu'il relègue au second plan la précision apportée par la CJUE concernant les contrôles d'identité à l'intérieur de l'espace Schengen. Par ailleurs. Par ces trois précisions. Il faut bien voir pour les praticiens.27 — web : www. En ce que la Cour n'est pas compétente pour prendre de telles mesures. Pourtant l'apport de cet arrêt du 22 juin sur ce point est loin d'être anodin. Partiellement. mais elle n'est pas exclusive. ce contrôle est dès lors difficilement justifiable au regard du droit communautaire et du principe de libre circulation des personnes. à qui reviendra la charge d'examiner la conformité de la procédure prévue par la loi du 10 décembre 2009. même si l'on peut entrevoir l'imagination dont elles feront sans doute preuve.fr .C. entraînant son placement en garde à vue. Elle y répond partiellement le 29 juin 2010. dans l'attente d'une reconduite à la frontière.87. ce qui devrait permettre de contester un certain nombre de procédures en cours. celui-ci étant compétent pour prendre ces mesures conservatoires. devant le juge a quo. En effet. la CJUE renvoie la balle dans le camp de la Cour de cassation. avant sa rétention administrative. Prudence ou embarras. le texte étant contraire au principe de libre circulation des personnes. à savoir la possibilité pour le juge de prendre des mesures conservatoires afin de garantir le respect des droits conférés par le droit de l'Union européenne. le Conseil précise que la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité n'empêche en rien le juge administratif ou judiciaire de saisir la CJUE d'une question préjudicielle. il convient d'en soulever la nullité. la Cour ne franchit pas le pas de la déclaration de conformité. lorsqu'il ne repose pas sur le comportement de la personne concernée ou sur des circonstances particulières établissant un risque d'atteinte à l'ordre public. peuvent permettre de déceler la situation irrégulière d'un étranger. le juge national se doit d'écarter la disposition en cause. indépendamment du comportement des personnes ainsi contrôlées. ou de non-conformité.47. dans l'examen des deux questions prioritaires de constitutionnalité soulevées en l'espèce. le juge a quo peut donc tout à fait saisir le juge communautaire d'une question de conventionnalité. le Conseil constitutionnel semble avoir répondu par anticipation aux différentes interrogations soulevées par la CJUE. Cependant. Les interrogations soulevées par cette décision de la CJUE concernent sa réception en droit interne et particulièrement l'attitude du juge national sur deux points. en l'absence de l'un des critères susmentionnés. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.620 € R. Si le contrôle n'est pas justifié par des circonstances objectives. S'agissant des précisions apportées par les juges de Luxembourg sur la question prioritaire de constitutionnalité. S'agissant de la non-conformité de l'article 78-2.

M. tenant compte de la jurisprudence du Conseil constitutionnel. le Conseil adopte une solution nuancée. relatifs à cette matière. Pal. par O. en particulier l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) de 1789. duquel sont traditionnellement déduits les droits de la défense ((3)) .capavocat. relative au régime de la garde à vue.).-B. 5 août 2010. On notera également que l'attitude de la Cour de cassation. en matière de lutte contre la criminalité et la délinquance organisées. Perrier AJ Pénal 2010. apprécier la recevabilité de la question prioritaire de constitutionnalité qui lui était soumise au regard de l'article 23-2. Blancpain et Soltner. no 20102010-14/22 QPC. I. un élément d'impulsion déterminant dans l'évolution à venir de l'une des mesures les plus décriées de notre procédure pénale. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. À ce propos. procédure pénale et le septième alinéa de son article 63 P comme un véritable « coup de ((1)). 1.fr . pp. la Cour de cassation regarde la question prioritaire de constitutionnalité comme conforme au droit communautaire. pp. 63. 10. s'agissant du régime de la garde à vue de droit commun. le Conseil constitutionnel affirme que les articles 62.. 2010. La question reste donc en suspens concernant notamment l'autorité attachée aux décisions du Conseil constitutionnel qui se prononcerait sur une disposition législative dont la conventionnalité serait également contestée devant le juge a quo. le Conseil devait.. Pour parvenir à cette solution. le Conseil considère qu'il n'y a pas lieu de statuer ((7)) . pour que celle-ci puisse pleinement s'épanouir. alinéas 1er à 6. que certaines des modalités de la garde à vue heurtent les exigences constitutionnelles. en premier lieu. J. s'il a fait l'objet d'une validation dans la décision du 11 août 1993 ((8)) . d'une part. La garde à vue. la prévention des atteintes à l'ordre public et la recherche des auteurs d'infractions et. 6363-1 et 77 du Code de procédure pénale et les alinéas 1er à 6 de son article 6363-4 sont contraires à la Constitution. On peut donc espérer que. de statuer sur l'article 706706-73 du Code de 63-4. relatif à la « garantie des droits ». qui dispose qu'il ne peut être saisi d'une telle question lorsque celle-ci est relative à une disposition législative qui a « déjà été déclarée 22 22 22 22 conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel sauf changement des circonstances ». 63-1. n° 217.87. les Sages de la rue Montpensier considèrent. On notera enfin que. 343 et s. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.S. On notera ici que le Conseil constitutionnel a répondu par anticipation à ce problème soulevé par la CJUE. la décision du Conseil constitutionnel no 2010-14/22 QPC du 30 juillet 2010. 63. 14 et s. l'activité récente de la Cour et le nombre de transmissions au Conseil paraissant le démontrer. portant loi organique sur le Conseil constitutionnel. 63-4. D'abord. Par conséquent. que certains auteurs ont pu qualifier de méfiante. si la décision du 16 avril 2010 a été particulièrement décriée. l'exercice des libertés constitutionnellement garanties ne peut plus être regardée comme équilibrée ». et 77 du Code de procédure pénale. afin de lever tout doute sur la question prioritaire de constitutionnalité.27 — web : www. le Conseil constitutionnel indique que. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. entre inconstitutionnalité virtuelle et inconventionnalité réelle (à propos de la décision Cons. II résentée tonnerre » de la Déclaration de 1789 et doivent être déclarés contraires à la Constitution » ((5)) . la décision du juge constitutionnel du 12 mai 2010 s'imposant aux magistrats de l'ordre judiciaire et de l'ordre administratif.C. pour ce qui concerne le régime de la garde à vue propre à la criminalité et à la délinquance organisées. const. relatifs au régime de la garde à vue. en effet. semble être aujourd'hui plus apaisée. La virtualité de l'inconstitutionnalité Estimant que « la conciliation entre. depuis lors. avocats aux conseils Membre du CREDHO-Paris-Sud. « méconnaissent les articles 9 et 16 « certaines modifications des règles de la procédure SARL CAPAVOCAT au capital de 7. estimant qu'aucun « changement de circonstances » ne justifie. Ensuite. et a. dont l'extrême vulnérabilité a été soulignée notamment par la Cour européenne des droits de l'homme ((4)) . Daniel W. Il n'y a pas lieu. le réexamen des dispositions litigieuses. Gaz. Sans mettre en cause son existence même ((2)) . pour le Conseil constitutionnel. Collaborateur de la SCP Célice. Bachelet. Les articles 62. 2o. 30 juill. la virtualité de ses implications (I I) doit être critiquée face à la réalité des exigences conventionnelles (II II). elle ne s'est prononcée que sur la possibilité de prendre des mesures conservatoires. 10. Si la décision du 30 juillet 2010 doit être saluée en ce qu'elle va susciter une avancée significative des droits du suspect placé en garde à vue.620 € R. La déclaration d'inconstitutionnalité prend effet le 1er juillet 2011 dans les conditions fixées au considérant 30. il est vrai.07.47. de l'ordonnance no 58-1067 du 7 novembre 1958.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. ont déjà été examinés et déclarés conformes à la Constitution dans la décision du Conseil constitutionnel du 2 mars 2004 ((6)). d'autre part. il est finalement heureux que la CJUE se soit prononcée. les Sages rappellent que les articles 706-73 et 63-4 du Code de procédure pénale. constitue.

C. pendant près d'une année.fr . qui considèrent que le régime actuel de notre garde à vue méconnaît les droits de la défense et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme ((18)) . sur le fond. de l'article 90 du Code disciplinaire et pénal de la marine marchande en ce qu'il ne garantissait pas une composition du tribunal maritime commercial conforme au principe d'indépendance. tout en réaffirmant le caractère concret du contrôle de constitutionnalité ((12)) . la décision du 30 juillet 2010 donne raison à ceux. donné par le Conseil à des pratiques déclarées contraires aux exigences constitutionnelles doit être critiqué en ce qu'il méconnaît l'une des missions essentielles assignées au contrôle de constitutionnalité. parce que « la garde à vue est [. même temporaire. dans le cadre d'une réserve d'interprétation. Allant plus loin. Dès lors.87. le Conseil constitutionnel n'a pas hésité à ignorer son absence de légitimité à se substituer au législateur le temps que celui-ci vote une loi nouvelle conforme à sa décision. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. L'aval. le Conseil les déclare contraires à la Constitution. le Conseil constitutionnel s'est même autorisé à réécrire. sans considération des circonstances particulières susceptibles de la justifier. les tribunaux maritimes commerciaux « siégeront dans la composition des juridictions pénales de droit commun » ((20)) .620 € R. d'une part. le Conseil a estimé que cette abrogation est applicable « à toutes les infractions phase principale de constitution du dossier de la procédure en vue du jugement de la personne mise en cause » ((10)) . considérant qu'il n'a pas le pouvoir général d'appréciation dont dispose le Parlement et qu'il ne peut indiquer les règles à appliquer pour remédier à l'inconstitutionnalité prononcée. dans d'autres hypothèses. le Conseil insiste sur une évolution profonde de notre procédure pénale qui a considérablement renforcé le poids de la phase policière. les personnes placées en garde à vue le seront conformément à des dispositions législatives dont la contrariété manifeste avec les droits constitutionnellement garantis est désormais clairement établie. 3. « alors qu'elle est retenue contre sa volonté.47.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. sur le fait qu'en vertu des dispositions du Code de procédure pénale. sans l'abroger. « qu'une telle restriction aux droits de la défense est imposée de façon générale. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. la personne gardée à vue ne reçoit pas la notification de son droit de garder le silence » ((16)) .07. le Conseil constitutionnel insiste. pour exercer leurs compétences. En second lieu. pour rassembler ou conserver les preuves ou assurer la protection des personnes » et « qu'au demeurant.. dans la constitution du dossier sur le fondement duquel le suspect sera ensuite jugé. D'autre part. estimant que les dispositions du Code de procédure pénale « n'instituent pas les non jugées définitivement au jour de la publication de la présente décision » et qu'à compter de cette date. et donc celui de la garde à vue. en particulier les avocats. les Sages rejoignent la jurisprudence de la Cour européenne qui a déjà souligné à plusieurs reprises que la phase d'enquête policière a « des conséquences déterminantes pour les perspectives de la défense lors de toute procédure pénale ultérieure » ((13)) et celle de la Cour de cassation qui affirme qu'au regard de son caractère « déterminant du sort ultérieurement réservé aux poursuites par la formation de jugement ». Il n'en demeure pas moins que les conséquences de cette décision demeurent virtuelles puisque. les garanties encadrant le recours à cette mesure. le Conseil décide de reporter l'abrogation des dispositions litigieuses au 1er juillet 2011 afin de laisser le temps au législateur de réformer la matière et de prévenir tout vide juridique préjudiciable à l'ordre public ((19)) . En particulier. En d'autres termes.27 — web : www. de bénéficier de l'assistance effective d'un avocat ». 452-3 du Code de la sécurité sociale doit permettre une réparation intégrale du préjudice subi par un salarié du fait de la faute inexcusable de l'employeur alors garanties appropriées à l'utilisation qui est faite de la SARL CAPAVOCAT au capital de 7.capavocat. que l'article L. le Conseil souligne que le Code de procédure pénale ne permet pas à la personne gardée à vue interrogée. À première vue.S. la loi en énonçant. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. D'autant plus que. Par conséquent. De la sorte. ainsi que son déroulement et la protection des droits de la défense doivent être réexaminées ((11)) . 2.] souvent devenue la garde à vue compte tenu des évolutions précédemment rappelées » ((17)) .. C'est ainsi qu'après avoir prononcé l'abrogation. selon le Conseil. pénale ainsi que des changements dans les conditions de sa mise en œuvre ont conduit à un recours de plus en plus fréquent de la garde à vue et modifié l'équilibre des pouvoirs et des droits fixés par le Code de procédure pénale » ((9)) . en ce qu'elle implique pour le gardé à vue la notification de son droit à conserver le silence et le droit d'être assisté par un avocat lors des interrogatoires de police. sur le fondement de l'article 16 de la DDHC. à savoir la protection effective des droits et libertés de l'homme. 23 23 23 23 « toute personne suspectée d'avoir commis une infraction peut être placée en garde à vue par un officier de police judiciaire pendant une durée de vingt-quatre heures quelle que soit la gravité des faits qui motivent une telle mesure » et que « toute garde à vue peut faire l'objet d'une prolongation de vingt-quatre heures sans que cette faculté soit réservée à des infractions présentant une certaine gravité » ((15)) . la mise en état du dossier doit respecter les standards du droit à un procès équitable ((14)) .

rien n’empêchait le Conseil d’épouser la position adoptée par la Cour de Strasbourg. à la suite de l'examen des conditions de privation de liberté en France.capavocat. la jurisprudence contradictoire des Sages en la matière apparaît peu respectueuse de ce principe. Si cette solution apparaît fondée en droit. Par ailleurs. C'est ainsi que dans son premier rapport d'activité. rappelant que « l'autorité judiciaire comprend à la fois les magistrats du siège et du parquet » et que « l'intervention d'un magistrat du siège est requise pour la prolongation de la garde à vue au-delà de quarante-huit heures ». traduit l'entêtement du Conseil constitutionnel qui. telles que la généralisation de l'enregistrement audiovisuel. I. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. au soutien de leur argumentation. conformément à l'article 5 de la Convention européenne. mais concrets et effectifs » ((24)) . refuse de se rallier à la jurisprudence strasbourgeoise exigeant que la personne privée de liberté soit présentée à un juge indépendant et impartial.07. la conception des lieux et leur entretien sont déplorables et « il est raisonnable de penser donnée par cette question prioritaire de constitutionnalité pour dégager certaines lignes directrices à l'attention du législateur destinées à garantir la prévention des mauvais traitements en garde à vue. voire de l’identité. rendu public le 8 avril 2009. en quelque circonstance que ce soit ((25)) . les requérants invoquaient une méconnaissance de l'article 66 de la Constitution de 1958 — qui fait de l'autorité judiciaire.87. les cellules étant présentées comme « les lieux les plus médiocres des locaux administratifs les plus médiocres ». Néanmoins. Certes. de l’ordonnance no 58-1270 du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature. il est vrai que le Conseil constitutionnel n’est pas en principe compétent pour opérer un contrôle de conventionnalité des lois. purement formelle. au regard de la grande similitude.C. En plus de la méconnaissance des droits de la défense.. Pourtant. Il convient. le Contrôleur général des lieux de privation de liberté n'a pas hésité à qualifier d'« indigne » l'état des locaux de gardes à vue. Néanmoins. la gardienne des libertés individuelles — en ce que le procureur de la République. elle demeure abstraite et contraste nettement avec la méthode très concrète — développée au regard de l'évolution des circonstances — adoptée par le Conseil pour admettre le possible réexamen du régime de la garde à vue de droit commun. les requérants invoquaient la violation du principe de dignité de la personne en raison des conditions matérielles dans lesquelles la garde à vue se déroule. le Comité contre la torture des Nations-Unies a rendu ses observations finales le 20 mai 2010 et s'est montré particulièrement préoccupé face à la persistance d'allégations qu'il a reçues au sujet de cas de « mauvais traitements qui auraient été infligés par des agents » à des détenus et à d'autres personnes entre leurs mains ((23)) . aujourd'hui cantonné à la matière criminelle ((26)) . La première affirmation. Malgré tout. les Sages s’en tiennent à une solution purement formelle − fondée sur l’application mécanique de l’article 1er. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.47. au-delà de la virtualité des conséquences de la décision du 30 juillet 2010. que cette disposition prévoit une liste limitative de préjudices réparables ((21)) . selon lequel le corps judiciaire comprend à la fois les magistrats du siège et du que ces conditions ne facilitent pas la préparation de sa défense par la personne interpellée » ((22)) . II.. S'il est vrai que la modulation dans le temps des effets des abrogations prononcées par le Conseil constitutionnel est essentielle afin de garantir la sécurité juridique. le Conseil constitutionnel écarte cet argument en estimant que la loi ne porte pas en elle-même atteinte à la dignité et qu'il appartient à l'autorité judiciaire de concrètement faire respecter ce principe. Selon ce rapport. en méconnaissance des standards les plus élémentaires du droit à un procès équitable. le Conseil considère le régime de la garde à vue conforme. c'est également l'ignorance de la réalité de plusieurs exigences conventionnelles qui doit être soulignée. dès lors. des termes employés par les textes constitutionnels et conventionnels protégeant les droits et libertés fondamentaux. à la Constitution ((28)) . de regretter que le Conseil n'ait pas saisi l'occasion SARL CAPAVOCAT au capital de 7. 5. Cet argument se voulait l'écho de récents constats accablants pour les autorités publiques françaises.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Cet argument s'inspirait directement de la jurisprudence de la Cour de Strasbourg relative au droit pour la personne arrêtée ou détenue d'être « aussitôt traduite devant un juge ». la Cour a considéré que cette exigence conventionnelle implique pour le magistrat qu'il présente « les garanties requises d'indépendance à l'égard de l'exécutif et des parties.S. Mais.fr . En effet.27 — web : www. Plus récemment encore. à l'instar du ministère public » ((27)). ce qui exclut notamment qu'il puisse agir par la suite contre le requérant dans la procédure pénale. sur ce point. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. dans la célèbre affaire Medvedyev c/ France. La réalité de l'inconventionnalité 4. a fortiori lorsqu'il s'agit de la protection de la dignité de la personne qui ne saurait souffrir d'aucune dérogation. sous le contrôle duquel sont décidées et menées les gardes à vue.620 € R. Elle contraste également avec la jurisprudence de la Cour européenne qui considère traditionnellement que « la Convention a pour but de protéger des droits 24 24 24 24 non pas théoriques ou illusoires. ne serait pas une « autorité judiciaire indépendante ».

Oleg Kolesnic c/ Ukraine. (15) Considérant no 27. préc. (8) Cons. const. (7) Considérant no 13. En effet. (16) Considérant no 28.. no 2004-492 DC. const. : CEDH. 2 mars 2010. § 52. (10) Considérant no 16. précité. les exigences conventionnelles en admettant un retard systématique de l'intervention du juge en garde à vue... en la matière. 27 nov. pourquoi se soucier de l'intervention ultérieure d'un magistrat du siège ? Surtout. 30 juill. Dayanan c/ Turquie . parquet − gravement préjudiciable à la protection effective des droits de l’homme. 2 avr. 6. a annoncé quelques heures après que la décision du 30 juillet 2010 ait été rendue publique que « le gouvernement 25 25 25 25 manquement aux exigences de l'article 6 de la Convention » ((31)) . no 2006-535 DC. 13 oct.S. no 08-12246 : Bull. 2009. par exemple. 30 mars 2006. * * * La lecture de la décision du 30 juillet 2010 laisse donc un sentiment mitigé : à l'espoir de voir enfin consacré le droit pour le gardé à vue d'être assisté par un avocat. par le jeu du « pourvoi dans l'intérêt des droits de l'homme » ((32)) . const. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. les mesures législatives SARL CAPAVOCAT au capital de 7. (12) V. no 7377/03..capavocat. . 1re civ. (17) Considérant no 29. loi pour l'égalité des chances et Cons. 2009. Adamkiewicz c/ Pologne. ce qui ne manquera pas de convaincre. (5) Considérant no 29. gde ch. no 2009-599 DC. François Fillon. 2009. loi de finances pour 2010. 2009. loi portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité. 2008.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.. Par ailleurs. CEDH. à propos de la « taxe carbone » : Cons. comme c'est le cas dans la plupart des États européens.27 — web : www.. 27 juill.. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. ce qui justifierait que les quarante-huit premières heures de garde à vue soient placées sous le contrôle du procureur de la République. ce qui aura été fait aujourd'hui sera nécessairement défait demain. le dispositif actuel méconnaît frontalement la jurisprudence européenne selon laquelle une « restriction systématique » du droit pour le gardé à vue d'être assisté par un avocat « suffit à conclure à un « censurer » la pratique française. en particulier : CEDH. : Cons. gde ch. Salduz c/ Turquie. si c'est encore nécessaire.. 2009.. no 17551/02. (11) Considérant no 18. 1993 portant réforme du Code de procédure pénale. Salduz c/ Turquie. 11 août 1993. Pishchalnikov c/ Russie . loi relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information. notamment au regard de « circonstances tout à fait exceptionnelles » ((30)). en particulier pour ce qui concerne l'application différée de l'abrogation prononcée par le Conseil..C.620 € R. Ce n'est pas le moindre des paradoxes de la décision du 30 juillet 2010.fr . 27 nov. gde ch.07.. (19) Considérant no 30. Cette exigence d'un contrôle concret des conditions de garde à vue mène.. il est à noter que le Premier ministre. là aussi. 2010. si l'article 62. de la Constitution de 1958 impose aux juges répressifs de maintenir appliqué le régime actuel de garde à vue. créé une situation d'insécurité juridique préoccupante. notamment dans la prise en compte de l'évolution des circonstances. (2) « La garde à vue demeure une mesure de contrainte nécessaire à certaines opérations de police judiciaire » : considérant no 25 de la décision commentée. CEDH. elle renvoie implicitement aux arrêts de la Cour européenne qui admettent que l'exigence de traduire « aussitôt » devant un juge une personne privée de liberté ne signifie pas que cette présentation doit avoir lieu immédiatement ((29)) . CEDH.. Un tel report. les nombreux arrêts récents de la Cour européenne ayant déclaré contraires à l'article 6 de la Convention les régimes de garde à vue ne permettant pas au suspect d'être assisté par un avocat lors des interrogatoires et d'être informé de son droit au silence : CEDH.47. loi modifiant la loi no 93-2 du 4 janv. no 93-326 DC. no 36391/02. en conséquence. 19 nov. (14) V. Quant à la seconde affirmation. not. ces régimes dérogatoires — qui se fondent sur une appréciation a priori et abstraite de la gravité des faits — se concilient mal avec l'approche concrète développée par le Conseil constitutionnel lui-même. no 71. (3) V. § 54. civ.. considérant no 82. alors que la Cour européenne affirme qu'un tel retard doit être justifié concrètement. l'inconventionnalité des dispositions litigieuses est désormais encore plus patente. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. En effet. const. au-delà du défaut d'effectivité des droits de la défense qu'il induit. comme l'indiquaient les requérants. À cet égard..87. et CEDH..fr. no 7025/04. il occulte. 2009. (6) Cons. se mêlent des regrets. Dès lors. no 2006-540 DC.. 27 nov. 2006. 2008. Salduz c/ Turquie. à regretter que le Conseil constitutionnel ait refusé de se prononcer à nouveau sur la conformité aux exigences constitutionnelles des régimes dérogatoires de garde à vue. 2 mars 2004. 2008. I. _____________ (1) Lemonde. 29 déc. (13) V. const. not. no 54729/00. en matière de discipline des avocats : Cass. 24 sept. la Cour de Strasbourg de prépare. enfin. (9) Considérant no 15. L'argument est évidemment contradictoire avec la première affirmation : si le ministère public est une autorité judiciaire. (4) V. alinéa 3. (18) V.

. Gäfgen c/ Allemagne. (25) V. il n'est pas certain que cette réforme soit conforme aux exigences tant constitutionnelles que conventionnelles . proc. au sens de l'art. Medvedyev et a. le premier président a méconnu le sens et la portée des textes susvisés . Consorts Cousin et a.S. pr. no 22978/05. (27) CEDH.. considérant no 5. 63-1du code de procédure pénale . qu'écartant le moyen de défense pris de la tardiveté de la notification des droits attachés à la garde à vue. (20) Cons. interpellé le 25 février. S'il s'agit des dispositions issues de l'avant-projet de futur Code de procédure pénale qui instituent.47. notamment lorsque l'enquête porte sur des faits de criminalité ou de la délinquance organisées. 706-73 du C.07.. Elles s'inscriront dans le cadre de la réforme d'ensemble de la procédure pénale.capavocat. Qu'en statuant ainsi. Année 2008. pré. civ. pr. (24) V. 1979. 14 mai 2010.. préc. § 130 à 134. Attendu que pour dire la procédure irrégulière. 16 et 17. la notification. de nationalité tunisienne. la notifi minutes après était tardive . Époux L. (30) CEDH. Dayanan c/ Turquie.27 — web : www.. observations finales. c/ Royaume Uni. Attendu. et les pièces de la procédure. un juge des libertés et de la détention a. il ne reste plus rien à juger . not. lors d'un contrôle d'identité sur réquisitions du procureur de la République a reçu notification de ses droits lors de son arrivée au commissariat de police. c/ France § 124. (29) V.fr . l'ordonnance rendue le 2 mars 2009.. 11266/84 et 11386/85. l'ordonnance infirmative retient qu'aucun obstacle notification cation intervenue plus de dix n'interdisant de notifier ses doits à M... const. 2010. § 33. (26) C. Brogan et a. (21) Cons.... 44e session. par le premier président de la cour d'appel de Montpellier .. PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE. (22) Contrôleur général des lieux de privation de liberté. no 2010-10 QPC. no 6289/73.87. […] Cass. 626-1 et s.. (23) Comité contre la torture..397 Garde à vue : délai de notification des droits Sur le moyen unique : Vu les articles 63. art. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. gde ch. X. en outre. const. Le texte de cette réforme sera transmis dans les prochaines semaines au Conseil d'État ». lors de son interpellation. que M.. pén. Vu l'article 411-3 du code de l'organisation judiciaire .. 64-1. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.. considérant no 18. p. 13 oct. pén. 23 et 31. entre les parties. qu'il a fait l'objet le même jour. par ordonnance du 27 février 2009. Medvedyev et a. avec ses droits. CEDH. 29 nov. Airey c/ Irlande. notamment : CEDH. 11. ou portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. pén. ainsi que pour les actes de terrorisme. une « audition libre » du suspect hors la présence d'un avocat. 18 juin 2010. 29 mars 2010.620 € R.. (28) Considérant no 26. § 87. à 7 h 35.. l'objet de plusieurs exceptions. qui s'imposent. (32) C. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. 11. alors que n'est pas tardive. Attendu que les délais de rétention étant expirés. no 3394/03. relatifs au réexamen d'une décision pénale consécutif au prononcé d'un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme. 1ère. art. à 7 h 50 . nos 11209/84. du placement en garde après près son à vue. 1123/84. rendue par le premier président d'une cour d'appel. no 2010-8 QPC. 1er juin 2010. 29 mars 2010. 27 mai 2010. c/ France. intervenue dès l'arrivée de la personne dans les services de police.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Rapport annuel. ordonné la prolongation de cette mesure .. DIT n'y avoir lieu à renvoi .. (31) V. 1988. d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière et d'une décision de maintien en rétention dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire . § 22. dans toutes ses dispositions. dix minutes a interpellation. 26 avril.C. 26 26 26 26 […] SARL CAPAVOCAT au capital de 7. notamment.. 2 juill. selon l'ordonnance attaquée. n° 0909-12. 2009. gde ch. § 24. 9 oct. en particulier : CEDH. Cette règle de l'enregistrement audiovisuel des gardes à vue en matière criminelle fait. X. gde ch. encore dernièrement : CEDH.

. Parmi ces propositions. La réforme de la prescription 4.C'est dans ce même mouvement que s'inscrit le rapport commandé par le ministère de la Justice sur la dépénalisation du droit des affaires. La Cour de cassation admet. masque mal la volonté de certains partisans de la dépénalisation de remettre en cause des infractions fondamentales. et notamment l'abus de biens sociaux.620 € R. art. dites désormais « action pénale » (Avant-projet. comme les injonctions de faire sous astreinte. agrégé des facultés de droit.fr . dont l'abus de confiance et l'abus de biens sociaux. l'avant-projet contient une disposition qui reprend la vingt-cinquième 27 27 27 27 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. un vent de dépénalisation souffle sur le droit des affaires. a pour objectif affiché de contredire la jurisprudence qui s'est développée depuis le milieu des années 1930 au sujet des infractions occultes. Le groupe de travail présidé par un haut magistrat. pénal 2010.27 — web : www.L'avant-projet modifie en profondeur les règles relatives à la prescription de l'action publique. le droit pénal ne peut qu'être amené à jouer un rôle de tout premier plan dans ces mécanismes régulateurs. Certes. et la seconde à la constitution de partie civile (2). — Les actions 12. compte tenu de l'importance des valeurs en cause.87. 3. qui n'est pas sans précédent. du droit pénal des affaires. soumis à la concertation en mars 2010. De nombreuses voix se sont élevées pour réclamer la suppression de certaines incriminations. La plupart d'entre elles concernent les conséquences que pourrait avoir la réforme envisagée sur le procès procès pénal et ses acteurs. Il faut dire qu'entre-temps.47.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. La vie des affaires et des entreprises tient dans les structures sociales contemporaines une place trop importante pour que le droit répressif puisse s'en désintéresser totalement.07. Jean-Marie Coulon. par David Dechenaud. reste aujourd'hui incertain. Nouvelles menaces sur le droit pénal des affaires. la lecture de l'avant-projet du futur Code de procédure pénale.C. plusieurs ont retenu l'attention de la doctrine. la crise financière mondiale de l'année 2008 a rappelé aux acteurs économiques que l'excès de libéralisme était autant à craindre que l'excès de régulation. 1. . Or. et plusieurs textes ont été adoptés entre 1975 et 2004. Dans le même temps. affaires. Les auteurs du rapport se prononcent en faveur d'un allongement du délai de prescription.Depuis le milieu des années 1970.capavocat. Cette proposition. III. du droit de la concurrence et du droit des sociétés. Il en est résulté une réelle dépénalisation du droit bancaire. Les délais de prescription sont augmentés. la dénonciation de l'utilisation abusive de la sanction pénale en droit des affaires. le droit répressif ne serait pas un instrument adapté pour réguler l'activité des entreprises. 12. La première se rapporte à la prescription de l'action publique (1). Il ressort de l'analyse de plusieurs dispositions du texte soumis à la concertation que cet avantavant-projet pourrait aussi avoir pour effet de laisser impunies de nombreuses infractions relevant du droit pénal des affaires. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Le législateur et le Gouvernement ne sont pas restés sourds à ces appels. 121-1). a remis au garde des Sceaux trente propositions en février 2008Note 1. s'agissant de plusieurs infractions. . Dr. . Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. .L'avenir des propositions contenues dans ce rapport sur la dépénalisation du droit des affaires. Certes. La vingt-cinquième proposition a également été très remarquée. art. qui devait se traduire par un projet de loi. les arguments qu'ils avançaient et qu'ils avancent toujours ne sont pas tous convaincants. mais elles avaient le mérite de mettre en oeuvre une politique criminelle assumée par ses promoteurs. inefficace et même dangereux. La pénalisation de la vie des affaires serait excessive. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. faisant peser sur les entrepreneurs un risque pénal qu'il conviendrait d'atténuer. si ce n'est de supprimer. professeur à la faculté de droit de Grenoble. 1216). en matière délictuelle. Cependant. passant par exemple. dont celles qui suggèrent de supprimer plusieurs infractions pour les remplacer par d'autres mécanismes de régulation. Elle recommande une modification des règles relatives au décompte du délai de prescription de l'action publique. étude n° 13 L'avantL'avant-projet du futur Code de procédure pénale a déjà suscité de nombreuses réactions. membre de l'Institut de sciences criminelles de Grenoble. que le délai de prescription de l'action publique ne court qu'à compter de la date à laquelle la clandestinité des faits a cessé. Mais les juristes et les hommes d'affaires appelant de leurs voeux le recul de l'emprise du droit pénal sur la vie des affaires ne font pas grand mystère de leur objectif. précisément. Ces différentes réformes n'étaient pas exemptes d'ambiguïté. Envahissant. notamment doctrinales. de trois à six ans (Avant-projet. 2.S. se traduisant par la création de délits dits « artificiels ». mais dont le point de départ intangible serait la date des faits. 1 . fait apparaître deux dispositions qui pourraient bien avoir pour effet de laisser impunies de nombreuses infractions relevant.Libres propos au sujet de l'avantl'avantprojet du futur Code de procédure pénale.

hors les cas où la loi en dispose autrementNote 2. du 8 décembre 1906. L'avant-projet de réforme du Code de procédure pénale modifie le mécanisme de la constitution de partie civile. À cet égard. peut pourtant s'appuyer sur la maxime contra non valentem agere non currit praescriptio — la prescription ne court pas contre celui qui ne peut agir. en droit civil. notamment à l'aide de manipulations comptables subtiles. et souhaiter que les incriminations relevant du droit pénal des affaires figurent en bonne place dans cette énumération. en entraînant une dépénalisation de fait des infractions occultes. la poursuite des infractions d'affaires ne paraît pas constituer l'objectif principal de la politique 28 28 28 28 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Comme elle ne sera probablement pas générale.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. 86). des annales judiciaires. 2. 1217). ou lorsque l'issue de l'enquête lui paraît trop incertaine. art. art. Cette règle prétorienne. civ. La réforme de la constitution de partie civile 8.. dont l'emblématique abus de biens sociauxNote 3.87. demande que celui-ci peut rejeter. . Le texte actuellement soumis à la concertation prévoit que l'action pénale est mise en mouvement par les magistrats du parquet. alors qu'elle n'est appliquée aujourd'hui qu'à une dizaine d'infractions.Le ministère de la Justice s'est défendu de vouloir entraver la répression de la délinquance économique et financière. Cependant. actuellement jurisprudentielle. En effet.capavocat. le ministère public n'a généralement pas les moyens d'avoir connaissance des infractions qui se commettent dans le milieu feutré des affaires.27 — web : www. y compris pour des raisons d'opportunité (Avant-projet. il est acquis depuis la célèbre décision Laurent-Atthalin. art. mais aussi par la personne qui exerce l'action civile dans les conditions déterminées par le code (Avant-projet. car une infraction ne peut être oubliée avant d'avoir été connue. le délai de prescription de l'action « publique » (sic) court à compter du jour où l'infraction a été commise. et on ose espérer que le législateur n'oubliera aucune des infractions actuellement concernées par la règle prétorienne relative aux infractions dissimulées. une telle réforme produirait inévitablement cet effet s'agissant des délits qui se voient appliquer aujourd'hui la jurisprudence précitée de la Cour de cassation. Mais la prudence s'impose encore.fr . 7. 5. il est tout à fait révélateur que cette modification des règles de prescription soit reprise d'une proposition contenue dans un rapport sur la dépénalisation du droit des affaires. Sous cet angle.Une telle réforme aurait pour conséquence d'affaiblir sensiblement la répression en droit des affaires. portant réforme de la prescription en matière civile (C.07.S. On ne peut manquer d'observer d'ailleurs qu'une règle voisine a été reprise. afin de consacrer dans le futur Code de procédure pénale la règle. Il faudra être vigilant. . .47. Plus précisément. de fait. La nouvelle règle a donc pour conséquence de jeter le voile sur des faits certes anciens. en venant contredire la jurisprudence qui s'est développée en matière d'infractions clandestines. art. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. En effet. 121-2). car il reste à savoir quel sera le champ d'application de cette règle. La répression risque de s'en trouver affaiblie dans des domaines pourtant fondamentaux. L'analyse de cette jurisprudence prouve qu'il n'est pas rare qu'un délai de plus de six ans sépare la commission des faits de leur révélation. cette solution est satisfaisante. Le projet gouvernemental met à l'abri de la sanction pénale les délinquants les plus puissants.On ne peut donc que se féliciter de l'annonce faite récemment par le garde des Sceaux de revoir le texte de l'avant-projet de réforme.C. quel que soit le sens des réquisitions du parquetNote 6. et le trafic d'influenceNote 4. Malgré les critiques dont elle fait l'objet.). En outre.. . Celles qui ne s'y trouveront pas risquent de disparaître. l'avant-projet de réforme de la procédure pénale constitue une menace pour le droit pénal des affaires. comme le droit des sociétés. elle ne s'appliquera qu'à une liste limitative d'infractions. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. il ne permet pas à la victime de l'infraction d'obliger le ministère public à engager les poursuites en ouvrant une enquête. par la récente loi n° 2008-561 du 17 juin 2008. le texte proposé à la concertation prévoit que. selon laquelle la prescription ne commence à courir qu'à la date de la découverte des faitsNote 5. Pourtant. 6. 2234). dans lesquels on constate aujourd'hui que la très grande majorité des procédures est engagée à la seule initiative de la partie civile. que la plainte avec constitution de partie civile met l'action publique en mouvement. quelle que soit la date à laquelle elle a été constatée (Avant-projet. La personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit et qui est titulaire de l'action civile peut seulement demander au procureur de la République de se constituer partie civile. la victime de l'infraction peut obliger le juge d'instruction à informer (CPP.En droit positif. art. 312-28 et s.. selon laquelle l'action publique ne peut commencer à se prescrire avant que l'infraction ne soit apparue dans des conditions permettant l'exercice de cette action. Il est donc à craindre que le ministère public ne refuse l'ouverture d'une enquête lorsqu'il ne partage pas l'appréciation de la victime quant à l'importance du trouble causé à l'ordre public. proposition du rapport sur la dépénalisation du droit des affaires. Tout au plus serait-il souhaitable que cette jurisprudence soit étendue à toutes les infractions dissimulées par leur auteur. mais qui auront été prescrits avant même d'avoir été découverts. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. surtout lorsque ces infractions ont été soigneusement dissimulées par leurs auteurs. qui sont investis de pouvoirs leur permettant de dissimuler leurs actes.620 € R.

rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. les 30 propositions de la commission : Dr. distincte de sa réalité actuelle. car cette voie procédurale suppose que l'affaire soit en état d'être jugée. Mais le recours à la citation directe n'est que très rarement envisageable en droit pénal des affaires. mise en oeuvre par un parquet hiérarchiquement subordonné au pouvoir exécutif. toutefois.S. l'article 122122-12 dispose que « la décision de la juridiction pénale sur l'action pénale a autorité de la chose jugée devant la juridiction civile statuant sur l'action civile ». par Antoine Botton. 1. selon l'avant-projet. à l'analyse. Note 4 Cass.27 — web : www. cette consécration relève.. contraint d'enquêter par une décision du JEL.. Cette « concertation » semble. on ne peut manquer d'évoquer les autres évolutions comprises dans l'avant-projet. « soumis à concertation »Note 1. note Demogue. À cet égard. . comm. Cela étant. 121-7. la victime déclenche l'action pénale. obs. Salomon. T. 126.). suivant la Chancellerie.C. . p.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. 312-35 et s. Ce faisant. l'article précité en livre effectivement une représentation restrictive et partant. palliant ainsi l'éventuelle inertie du ministère public qui aurait refusé d'ouvrir une enquête. Note 2 Ce qui.07. 377. maître de conférences à l'université Toulouse I — Capitole. Cass. du trompetrompe-l'oeil. mais elles risquent fort de se révéler inefficaces en droit pénal des affaires. obs. art. En l'inscrivant ainsi dans le Code de procédure pénale. .capavocat. l'article 12212 du futur Code de procédure pénale devrait effectivement disposer que « la décision de la juridiction pénale sur l'action pénale a autorité de la chose jugée devant la juridiction civile statuant sur l'action civile ».En second lieu. En retirant aux victimes le pouvoir de déclencher l'action pénale de leur seule initiative.87. afin de permettre la manifestation de la vérité. 19 mars 2008 : JurisData n° 2008-043363 . 25 févr. décision qui peut être contestée devant le juge de l'enquête et des libertés (JEL — Avant-projet. art. al. Note 5 Annonce faite au cours d'un entretien paru dans Le Monde daté du 20 avril 2010. 1.fr . dossier spécial n° 2. surtout s'il s'agit de dossiers politicofinanciers. le fera avec autant de diligence que le juge d'instruction directement saisi par une plainte avec constitution de partie civile ? On avoue éprouver une certaine inquiétude à l'idée que le parquet puisse être amené à enquêter contre son gré sur des faits intéressant le droit pénal des affaires. al. pén. note F. concernerait les crimes d'atteinte volontaire à la vie commis de façon occulte ou dissimulée (Avant-projet. 1 . pour l'une des raisons énumérées par les textes (Avant-projet. comm. les motifs du futur refus d'enquêter apparaissent plus nombreux que ceux de l'actuel refus d'informer. 9. 1907. criminelle contemporaine. l'une d'entre elles mérite. selon nous. Sans clore le débat relatif à la légitimité d'une telle autorité. Futur Code de procédure pénale : une consécration en trompetrompe-l’œil de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. Ce dernier pourra alors ordonner que le statut de partie civile soit accordé à l'auteur du recours. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. 2010. Suivant l'avant-projet présenté. et ce alors même que le lien hiérarchique qui le lie avec le pouvoir exécutif n'est pas rompu. une enquête est presque toujours nécessaire. d'être étudiée : la reconnaissance expresse de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. sociétés 2009. 312-40. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. LaurentAtthalin . SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Mais est-il vraiment réaliste de croire que le ministère public. De plus. 2). 10. 207. Note 6 D. sans minimiser l'importance de réformes si symboliques. Or. 2 et 3). M.620 € R. il est prévu de donner à la victime la possibilité de saisir directement le tribunal correctionnel en faisant citer le prévenu par huissier de justice (Avant-projet. Or. crim.En premier lieu. conduisant en conséquence à l'inefficacité de ce droit. portant une nouvelle fois atteinte à l'effectivité du droit pénal des affaires. l'avant-projet prévoit que le ministère public qui refuse l'ouverture d'une enquête doit rendre une décision motivée. art. art. R.▪ ___________ Note 1 Dépénalisation du droit des affaires. ce qui aura pour conséquence d'entraîner l'ouverture d'une enquête. les auteurs de l'avantl'avant-projet consacrent textuellement textuellement la règle prétorienne de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. crim. 334-14 et 334-64). 2009 : JurisData n° 2009-047749 . en matière de délinquance économique et financière. p. Note 3 Pour une illustration récente V. JCP G. 29 29 29 29 13. 2008. le JEL peut lui aussi refuser de donner à la victime la qualité de partie civile. 2008. L'avant-projet contient bien un certain nombre de garanties permettant de déclencher l'action pénale contre la volonté du ministère public. Or. Dr.47. pén. Dr. 102.L'avant-projet du futur Code de procédure pénale est. S. et rapp. Véron. 1907. n° 674 Au sein de l'avantl'avant-projet du futur Code de procédure pénale. l'avant-projet de réforme ne fera que rendre plus difficile l'engagement de cette action. 13. principalement s'organiser autour des propositions touchant à la garde à vue et à la phase d'instruction.

suivant laquelle cette autorité prendrait racine dans l'article 1351 du Code civilNote 4 n'est actuellement plus défendue en doctrine. après avoir établi que l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale consacre. s'il la consacre ainsi légalement. mettra-t-il fin à la discussion touchant à 30 30 30 30 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. de relever qu'il en réduit substantiellement le champ d'action (2).S. jusqu'alors. la consécration légale de l'autorité du pénal sur le civil tient du trompe-l'oeil. sans légitimer. exister à défaut de sursis à statuer obligatoire au profit du juge pénal. Comment. Le second ne saurait.a pu être partie au jugement sur l'action publique ? 3.620 € R. « il est sursis au jugement de cette action exercée devant la juridiction civile tant qu'il n'a pas été prononcé définitivement sur l'action publique lorsque celle-ci a été mise en mouvement »Note 8. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. subordonné à l'existence d'une obligation.le prévenu . il est vrai. la légitime-t-il pour autantNote 15 ? Dit autrement.Tel qu'on l'a laissé entendre en introduction. De ce constat. Pour s'en convaincre. celle d'un possible rattachement à l'article 4. Cette disposition fournit donc. l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale ne restreint-il pas le domaine d'application actuel de l'autorité du pénal ? De la réponse à ces diverses interrogations émergera un constat : telle qu'envisagée par les auteurs de l'avant-projet. Comme l'avait démontré ToullierNote 5. l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil ? Il serait délicat de l'affirmer. 1.27 — web : www. en rien. le texte précité en dresse-t-il une image conforme au droit positif ? Très précisément.87.À la lumière de ces brefs développements. de surseoir à statuer jusqu'à l'intervention d'une décision pénale irrévocable. que lorsque l'action civile est exercée séparément de l'action publique. si le sursis à statuer facilite assurément l'application de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.Si l'idée d'un fondement sur l'article 1351 du Code civil n'a pas prospéré. la règle prétorienneNote 2 de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil disposerait d'une assise légale. ne soit nullement obligé de surseoir à statuer en cas de déclenchement d'une action publiqueNote 14. Serait-ce là. contrairement au juge civil. l'article 3. À cet égard. Le principe de l'autorité de la chose jugée au pénal sur l'administratif n'est alors. la chose jugée au pénal s'impose à lui en vertu du principe d'autorité de la chose jugée au pénal sur l'administratif. l'article 12212 du futur Code de procédure pénale ne doterait-il pas alors cette autorité d'un fondement indubitable ? Partant. une base textuelle à la règle « le criminel tient le civil en état »Note 9. . il peut être argué que l'autorité de la chose jugée au pénal sur une instance non répressive peut. pour autant. défendue par Merlin de Douai. Pour autant. rappelons que la théorie. par là même. contemporain de Merlin. tout laisse donc à penser que l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale constitue le premier soubassement textuel de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. Depuis le début du XXe siècleNote 11. de cause et de parties entre les choses jugée et à juger. suivant la Haute juridiction.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. il n'en sous-tend pas. l'autorité du pénal sur le civil ne peut relever d'une règle soumettant son effectivité à l'identité d'objet. en pratique.fr . d'étudier les rapports entre le pénal et l'administratif. en disposant que « la décision de la juridiction pénale sur l'action pénale a autorité de la chose jugée devant la juridiction civile statuant sur l'action civile ». affirmer que les procès pénal et civil poursuivent le même objet. alinéa 2 du Code de procédure pénale a été et demeure soutenueNote 7. Dès lors. tout comme. une nouveauté ? L'autorité était-elle. pour autant. En effet. dès lors. si cet article devenait droit positif. dépourvue de tout soubassement textuel ? À le supposer. le pénal ne tient pas l'administratif en l'étatNote 13. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. le Conseil d'État considère que la chose jugée au pénal a autorité sur l'administratifNote 12. le principe. 1. Une consécration textuelle de l'autorité du pénal sur le civil 2. . Jouant entre les actions publique et civile lato sensuNote 6. cette règle ne repose actuellement que sur l'arrêt Quertier rendu par la Cour de cassation au milieu du XIXe siècleNote 3. il suffit. alinéa 2 du Code d'instruction criminelle. la règle de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. s'il vient indéniablement inscrire l'autorité dans le Code de procédure pénale. . pareille consécration textuelle ne rendraitelle pas obsolète le débat relatif à l'existence même d'une autorité du pénal sur le civil ? Par ailleurs.C. Fonde-t-elle. Toutefois. pour s'en assurer. Cet article dispose. peut-on soutenir la thèse de l'identité subjective dès lors que les sujets exclusifs de l'action publique sont le ministère public et le prévenu tandis que l'instance civile oppose deux parties privées dont une seule . pour la première fois expressément. auparavant. bien que le juge administratif. fonder le premier. En d'autres termes. l'autorité du pénal sur le civil (1).47. pour le juge administratif. Ainsi. l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale reconnaît. Effectivement. l'autorité envisagée intervient effectivement entre des matières litigieuses distinctes en leurs objet et parties.07. 4. Sans entrer dans le détail de l'argumentationNote 10. alinéa 2 du Code de procédure pénale.capavocat. il appartiendra. la même fin ? De même. l'étude des rapports entre les juges pénal et administratif démontre que le principe d'une autorité de la chose jugée au pénal à l'égard d'une juridiction non répressive ne dépend pas de l'applicabilité de l'article 4.

le juge civil saisi d'une action à fins civiles ne devant plus. que « la mise en mouvement de l'action publique n'impose pas la suspension du jugement des autres actions exercées devant la juridiction civile. après avoir rappelé que la règle « le pénal tient le civil en l'état » s'impose au juge de l'action civile stricto sensu. retranchés derrière l'idée de supériorité du pénalNote 18 . 2. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. à l'évidence. la raison d'être d'une telle autorité ? Dans la mesure où les critiques émises ont. par la loi du 5 mars 2007. La consacrerait-il toutefois pleinement ? Rien n'est moins sûr. Afin de combler le vide législatif. celle- 31 31 31 31 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. « la décision de la juridiction pénale sur l'action pénale a autorité de la chose jugée devant la juridiction civile statuant sur l'action civile ». une communication automatique du dossier pénal au juge civil suffisant en l'occurrenceNote 20. une influence sur la solution du procès civil ».Au terme de ces explications. s'accompagner d'une réflexion quant à sa légitimité. . après quelques détoursNote 17.27 — web : www. par le souci des auteurs de l'avantprojet de tirer les — supposées . directement ou indirectement. De fait. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. cette disposition vient-elle limiter le champ d'application actuel de l'autorité du pénal.Aux termes de l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale. celle-ci n'ayant plus d'effet que sur les actions civiles stricto sensu Note 26. le juge civil serait en droit de contredire une éventuelle décision pénale antérieure. s'étant instillé depuis longtemps en doctrine. il est a priori possible de le considérer. le juge prud'homal pourrait ainsi reconnaître l'existence matérielle d'un vol de l'employé alors même que le juge l'aurait auparavant déniée. ne se justifierait-elle pas tout simplement par ses utilités fonctionnelles. À l'analyse. À titre d'illustration. . Une consécration restrictive de l'autorité du pénal sur le civil 6.620 € R. 2. Notons que l'exception ainsi faite au principe « le pénal tient le civil en l'état » est reprise dans l'avantprojet de réforme du Code de procédure pénale .87.47. De ce point de vue.capavocat. il a pu être opposé que celle-ci n'impliquait pas nécessairement l'existence d'une autorité de la chose jugée au pénal sur le civil . Dans cette optique. sans aller plus avant dans la critique de l'argumentation « hiérarchique »Note 22. par exemple. de la règle « le pénal tient le civil en l'état ». impossible d'étayer ici convenablement notre point de vueNote 25. dispose. il appert donc que le travail doctrinal de justification de l'autorité du pénal sur le civil est loin d'être achevé.07. en un nouvel alinéa 3. dès l'avènement de la règle. 7. comme la doctrine civiliste à l'endroit de l'autorité du civil sur le civilNote 23. l'explication fondée sur la prééminence des intérêts en jeu devant le juge pénal n'est pas exempte de tout reproche. Quoi qu'il en soit.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. sans prétendre régler la question. il revient de noter qu'elle jette un doute quant à la raison d'être d'une autorité du pénal sur le civil . tel qu'issu de la loi précitée.Comment expliquer une telle restriction ? À l'évidence. cette dernière. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. divorce -. même si la décision devant intervenir au pénal est susceptible d'exercer. nous inclinons à le penser. cette approche reviendrait toutefois à faire fi de l'argumentation doctrinale touchant à la pertinence même d'une autorité de la chose jugée au pénal sur le civil . à la règle « le pénal tient le civil en l'état ». en matière de famille . justement procédé de son défaut de soubassement légalNote 16. à l'endroit de l'argument de la supériorité probatoire du procès pénal. à savoir l'accélération du cours du procès civil et l'harmonisation des décisions pénale et civile ? S'il est. Ainsi. En sorte que.filiation. cette justification « hiérarchique » de l'autorité a essuyé de nombreuses critiques dignes d'intérêt. Or. De même. Partant. La consécration textuelle de celle-ci devra. il faut effectivement rappeler que les défenseurs de l'autorité se sont. saisi d'une action à fins civiles Note 27. pour statuer. ayant à statuer. en effet. l'exclusion de l'autorité de la chose jugée au pénal sur les actions à fins civiles répondrait à la suppression. mariage. Aussi. 5. de surendettement des particuliersNote 21. sans légitimer l'autorité du pénal sur le civil. notamment en matière commerciale ou prud'homale.S. l'article 4 du Code de procédure pénale. l'adoption de l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale aurait le mérite de lui conférer une base légale. Bref. ne saurait être dissipé par une quelconque reconnaissance légale de la règle. .conséquences de la limitation apportée. la mise en mouvement de l'action pénale n'impose pas au juge civil de suspendre son jugement. À titre d'exemple. manifestation positive d'autorité de chose jugéeNote 24. En effet. attendre la décision pénale. à leur égard. de quelque nature qu'elles soient. doute qui.C. de redressement ou de liquidation des entreprises ou encore. il nous paraît possible de renouveler son approche en s'attachant. l'article 122-14 du futur Code de procédure pénale disposant que « lorsqu'une action en justice autre que l'action civile est exercée devant une juridiction civile. supériorité des intérêts en jeu devant le juge pénal comme du système probatoire répressifNote 19. aux fonctions de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. directement ou indirectement. comme il l'a été indiqué en introduction. il a notamment été observé que le juge civil n'était pas le juge des piètres intérêts.fr . une influence sur la solution du procès civil ». même si la décision à intervenir est susceptible d'exercer. ce à quoi il est difficile de se résoudre.

suivant un critère bien contestable : la nature de l'action portée devant le juge civil. tout aussi discutable que si le juge civil avait contredit son homologue répressif lors de l'examen d'une action civile stricto sensu. plus lieu d'exercer son autorité. si une décision pénale venait à nier l'existence de certains faits quant à l'action publique tout en les reconnaissant s'agissant de l'action civile. conduit à prohiber quelques disharmonies décisionnelles tout en s'accommodant de certaines autres et ce. Trompe-l'oeil. Ce sursis pour « bonne administration de la justice » offrant alors à l'autorité de la chose jugée au pénal une occasion de jouer à l'endroit des actions à fins civiles. il est indistinctement opportun d'éviter qu'il ne puisse revenir sur la chose jugée au pénal. pareille conception ne résiste pas à l'analyse . cette même action civile . en en réduisant sensiblement le champ d'effectivité. par exemple. conditionnant la mise en oeuvre de son autorité. que le juge civil statue sur une action civile ou à fins civiles. En outre. Si bien que l'abrogation de la règle « le pénal tient le civil en l'état » s'agissant des actions à fins civiles ne saurait nécessairement impliquer celle de l'autorité du pénal sur de telles actionsNote 29. . En fin de compte. de la sorte. . d'abord. en s'attachant à la portée objective de l'autorité. nous semble-t-il. contraindre le juge civil à respecter une décision qu'il n'a plus à attendre ? Dans la mesure où la condition sine qua non de l'autorité du pénal sur le civil consiste précisément dans l'antériorité de la chose jugée au pénal. le vol antérieurement sanctionné par le juge pénal jetterait le doute sur la condamnation répressive et ferait. le juge d'une action à fins civiles pourra toujours décider. comme le note M.capavocat.Cela étant. déjà réalisé en première partie. à la victime. il paraît donc impossible de dresser un lien causal entre la disparition de la règle « le pénal tient le civil en l'état » concernant les actions à fins civiles et le défaut d'autorité du pénal à leur égard.C. l'autorité externe Note 28 de la chose jugée au pénal ne dépend pas de l'application de l'existence d'un sursis à statuer obligatoire au profit du juge pénal.S. à l'occasion du jugement d'une action en revendication. l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale permettrait d'éviter que la décision sur l'action civile ne dépende de la nature de la juridiction qui la rend. Dans cette perspective. de surseoir à statuer jusqu'à l'intervention d'une décision irrévocable sur l'action publique concomitamment déclenchée. tel que l'ont mis en exergue les rapports parlementaires sur la future loi du 5 mars 2007Note 32. Trompel'oeil. 9. Ce qui serait. ces actions ne ressortissant pas aux juridictions répressives. si séduisante puisse-t-elle sembler. 10. ne parvient toutefois pas à convaincre. du trompe-l'oeil. en vertu de l'article 378 du Code de procédure civile et dans l'intérêt d'une bonne administration de la justiceNote 33 . Concrètement.27 — web : www. passe sous silence une difficulté réelle : sa portée subjectiveNote 38 et sa contrariété consécutive au principe du contradictoireNote 39. car. au magistrat civil de nier. consacrer l'autorité à l'égard des seules actions civiles pourrait trouver une autre explication : si le juge civil statuant sur l'action civile n'était plus tenu de respecter la chose jugée au pénal. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. L'explication. elle encourrait une cassation pour défaut de motifsNote 35. Or. Aussi comprendrait-on alors que cette autorité n'ait aucun effet sur les actions à fins civiles . telle que prévue par l'avantprojet. En effet.En définitive.620 € R. puisque les auteurs de l'avant-projet. ce dernier doit. accessoirement à l'action publique. l'autorité du pénal sur le civil ne se justifierait que par la possibilité offerte. assurer la cohérence entre les dispositions pénales et civiles de sa décision. ensuite. le professeur RobertNote 30. Dès lors. De fait. on peut effectivement s'interroger. de l'autonomie existentielle de l'autorité du pénal sur le civil. à première vue.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. très proche de celle adoptée par un auteur du XIXe siècleNote 37. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. en reconnaissant que la chose jugée au pénal a autorité « devant la juridiction civile statuant sur l'action civile ». Trompe-l'oeil. Tout au plus faut-il reconnaître que la première restreindra les hypothèses d'applicabilité de la seconde . la consécration textuelle de l'autorité du pénal sur le civil relève. il serait abusif de compter pour nuls les cas d'application de l'autorité du pénal sur les actions à fins civiles. l'article 122-12 du futur Code de procédure pénale livre une représentation de l'autorité distincte de sa réalité actuelle. Si bien qu'une distinction basée sur le contenu de la chose à juger au civil s'avérerait. enfin. l'apparente cohérence du système imaginé par les auteurs de l'avant-projet se heurtant au constat. selon nous. Permettre.47. il disposerait d'une liberté d'appréciation inconnue du juge pénal tranchant. Cela dit. par voie de conséquence. 8.fr . peut sembler logique. Une telle optique. totalement infondée. l'antériorité de la décision pénale.07. . de porter son action civile devant un juge pénalNote 36. parce qu'elle pourrait donner l'illusion que le principe même d'une telle autorité est aujourd'hui sans conteste. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. lorsqu'une sentence pénale irrévocable aura été rendue avant la décision civile de première instance ou d'appelNote 31. en vertu de la prohibition des contradictions de motifsNote 34.87. renaître un débat pourtant clos par une première chose jugée. en effet. assurée par le sursis à statuer obligatoire. ci n'aurait. Ce qui. comme on l'a vu à travers l'exemple de l'autorité du pénal sur l'administratif. L'autorité trouvera ainsi à s'appliquer. 32 32 32 32 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Pourquoi.Ceci précisé. au regard du souci d'obvier aux contrariétés décisionnelles.

Gabolde. VIII : Imprimerie et librairie générale de jurisprudence Marchal et Billard. Conte et P. p. 796. VI. H. V° Légitimer. not..87. 1828. 16 oct. p. Donnedieu de Vabres. 1840. 201 à 307 . 2e col. Aix. p. 439. sur l'absence de règle « le pénal tient l'administratif en l'état ». et P. Stefani. 1735. Traité élémentaire de droit criminel et de législation pénale comparée : Sirey. 1953. p. 44 . Recueil alphabétique des questions de droit qui se présentent le plus fréquemment dans les tribunaux. Cachia. Toullier. n° 1549 . p. excusable ». __________ Note 1 V. La primauté du criminel sur le civil. Cours de droit criminel approfondi. Latournerie . 1939.. 5e éd. même si la décision à intervenir est susceptible d'exercer. V.. 1. La guerre des juges aura-t-elle lieu ? : Rev. RFDA 1994.. p. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. 1972. n° 669. II. B. R. p.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. 1948. une telle obligation de surseoir à statuer pèse uniquement sur le juge civil chargé de statuer sur l'action civile stricto sensu. note (12). 5e vol.pdf). N. 12 juill. 2008. op. Rodeville-Hermann. 684-685. crim. n° 1. à cet égard. Note 8 Depuis la loi du 5 mars 2007. La règle « le criminel tient le civil en état » dans la jurisprudence : JCP G 1955. p.. 1868.. Aubry et C. p. Observations sur l'application de la règle « le criminel tient le civil en état » : Rev. 1938. IV. et L. L'autorité de la chose jugée au criminel sur le civil : Th. Breen.27 — web : www. V. V° Faux. Il convient de préciser que les auteurs antérieurs à 1959 fondent l'autorité sur l'ancien article 3. n° 1746 . 1 (www. 1623 à 1626. 31 . p..-B. Rennes. p. 4e éd.CE. 1929. 1878. Rép. p. p. L'autorité de la chose jugée par les tribunaux judiciaires devant les juridictions administratives : D. art. CE 1936. p. Manuel de procédure pénale :Cujas. t. 4e éd. p. Valticos. 1593. Le nouveau Petit Robert de la langue française. sc. Bonfils. L'Hermitte : Rec. sect. Bonny : Rec. Delvolvé. 10 nov. p. Merle et A. J. Note 14 En matière disciplinaire. 1749 et s. Traité de droit criminel. D. D. notre thèse.-B. Vesin : Rec. 13 à 15. Note 17 V. concl. sur cet arrêt. En effet. Contribution à l'étude de l'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil :Th. Note 7 V. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. 6e éd. sect. J. Merlin. Maistre du Chambon.C. Schwartz . n° 163. 405 et s. C. Note 6 C'est-à-dire aussi bien les actions civiles stricto sensu que les actions à fins civiles. R. une influence sur la solution du procès civil ».-M. . concl. . note (5). 1930.fr/art_pix/avant_projet_cpp_20100 304. p. n° 1038 . p. spéc. p.-M. Note 16 V. 14e éd. L'autorité de la chose jugée au pénal sur l'administratif : RDP 2004.gouv. 81 . 439). 1855. 952. Dualité de juridictions et autorité de la chose jugée : RFDA 1990. t. p. Mazeaud. Griolet (De l'autorité de la chose jugée en matière civile et en matière criminelle : A. H.. 2e partie. préc. Note 3 Cass. Garraud. également. n° 898 . 2001. l'article 4 en son 3e alinéa dispose que « la mise en mouvement de l'action publique n'impose pas la suspension du jugement des autres actions exercées devant la juridiction civile. Sirey. civ. V° Chose jugée. 1994. p. p. § 769 bis). . Avant-projet du futur Code de procédure pénale. et loc.07.. p. note Waline. spéc. 212 et s. p. 102. 7 mars 1855. . Note 4 P. version du 1 er mars 2010. 323.. Breen. Essai sur la nature juridique d'une institution : Th. adm. V. P. V. le procureur général Mourre affirmait : « 33 33 33 33 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. G. L'évolution des fonctions du principe d'autorité de chose jugée dans les rapports du juge administratif avec le juge judiciaire. chron. Toulouse 2008 (dactylo). préc. Traité théorique et pratique d'instruction criminelle et de procédure pénale : Sirey. cit. 1057. Marescq aîné. 4e éd. PUAM. not. 1975. Procédure pénale :Armand Colin. 1953. V. 1971 . M. p.justice. 667 . note (2). CE.. Duvergier. G. Rau (Cours de droit civil français. 461. Note 11 V.. alinéa 2 du Code d'instruction criminelle. c'est-à-dire celle tendant à la réparation des préjudices causés par l'infraction. revue et complétée. 716. p. t. 2000. n° 2317 . 2. p. civ.) ainsi que par C. t. 106 et s. p. n° 153 à 188 . art.620 € R. Delvolvé. Paris. not. M. 897. Note 15 Le verbe « légitimer » s'emploie ici dans le sens de « faire admettre comme juste. note (12). CE 1929. 1953-1954. Pradel. raisonnable. 156 et s. I. Procédure pénale : Cujas.Marseille. E. G. 27 . Liet-Veaux. CE 1948. 464 et s. complétée par J.. Breen. R. 1. t. le juge administratif s'est même vu interdire de surseoir à statuer.. p. p. 1625. le Conseil constitutionnel et la Cour de justice des Communautés européennes : RDP 1989. Sté Samtex : Rec. 1971. P.fr . 9 juill. p. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 1793 . 3. De la règle « Le criminel tient le civil en état » : Th. 28 janv. p. 7 mars 1855 : DP 1855. 792 .S. Note 10 Pour ce détail. Note 18 Idée assez ancienne puisque dès le début du XIXe siècle. not. directement ou indirectement. Note 5 C. Note 2 Elle fut. C. Note 12 Sur l'autorité de la chose jugée au pénal sur l'administratif. CE 1971. Pralus. Dalloz Contentieux administratif. les justifications avancées par G. préc. de Béchillon.47. Toullier. Cette disposition est reprise dans l'avant-projet de réforme du Code de procédure pénale. V. Heno. 296-297.-B.-A. n° 117 . 331 et s. p. 1929. Note 13 CE. Traité théorique et pratique de la responsabilité civile : Sirey. Note 9 Sur cette règle. 2008. p. en effet. CE. Sur l'identification de la chose jugée dans la jurisprudence du Conseil d'État : RDP 1994. à l'article 122-14. E. § VII. 43 . II.. préc.. not. de quelque nature qu'elles soient. art. Le droit civil suivant l'ordre du Code. V. 1245 . E. 881. 1936. G. note (12). consacrée par la Cour de cassation dans un célèbre arrêt Quertier (Cass.. Archambault : Rec.capavocat. à présent. S.CE. CE 1994. 3e éd. 2002. L'action civile. p. Vitu. p.

Cass. V. préc. p. Duclos.. p. ne tend pas à la réparation pécuniaire des dommages résultant de l'infraction. en ce sens. donc des actions à fins civiles. empêche le juge de statuer lorsqu'il se trouve saisi d'une demande identique en ses cause. Note 25 Pour une telle démonstration. n° 0644. G. note (7). Note 32 V. n° 112 . com. 2006. De l'autorité de la chose jugée en matière civile . Note 26 C'est-à-dire l'action en réparation des dommages causés par une infraction pénale. dans ces deux espèces. Stefani. 262 . 34 34 34 34 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Note 35 La contradiction de motifs équivalant au défaut de motifs. V.. Rennes : LGDJ. concl. . 169.S. 16 juin 1988. gén. op. objet et parties à une première chose jugée (V.07. soc. Quelle épouvantable théorie que de faire rejuger au civil une question déjà jugée au criminel ! Ainsi. Paris. 163 et s. Cass. p. J. Pralus-Dupuy.948 : JurisData n° 2008-043994 . 2e éd. 10 mai 2005.-H. Rapp. elle se distingue de l'autorité négative de chose jugée qui. Foyer. 4. procès pénal : différents et pourtant si semblables : D. sur ce point. pour la première fois. M. Robert. p. n° 9845. Or.87. De la sorte. il faut noter que la jurisprudence postérieure à l'entrée en vigueur de la loi du 5 mars 2007 (n° 2007-291) continue de doter la chose jugée au pénal d'une autorité à l'endroit des actions à fins civiles. Note 27 L'action à fins civiles se définit. 1248. 1817. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. n° 2435 . L'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil : Procédures 2007. Note 31 Rendue après l'arrêt civil d'appel. Stefani. notre thèse. n° 95-14.27 — web : www. 70. not. 1984..Cass. 1998. siège de l'autorité négative de chose jugée). V° Chose jugée..-L. Valticos. 684. Procès civil. cit. p. préc.. cit. Traité de procédure pénale : PUF 2001. Rapp. la mise en oeuvre de l'autorité du pénal sur le civil impliquant l' antériorité de la décision pénale. à cet égard. Guinchard et J. fasc. JCP G 2008. p. 118. Héron et T. p.672) ou encore. préc. L'opposabilité (Essai d'une théorie générale). jurispr. en ce sens. le jugement sur l'action civile étant concomitant à celui sur l'action publique. G. 251.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. préc. p. civ. p. Cass. négativement : il s'agit de toute action qui. 2007. I. n° 364. V. 2004. et L. la chambre sociale de la Cour de cassation n'a nullement rejeté le principe d'une telle autorité. 1. JCl. J. n° 9 et 36. not. note (10). Note 23 V. th. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. civ. note (7).736.Essai d'une définition. en contestation d'un licenciement (V.. n° 83. la cohérence décisionnelle sera donc assurée par le principe de non-contradiction de motifs . arrêt de principe : D. 251-252. Note 20 V. n° 95. 2004. n° 07-40. Cass..894 : JurisData n° 2001-0009493. not. p. 90. En cela. p. soc. notre thèse. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. Geoffroy. la décision pénale ne pourra exercer son autorité puisqu'elle ne peut être invoquée. note J. La mettant en oeuvre dans la première affaire. p. op. Note 30 J. note S. 265-266. E. AN n° 3505. Rassat.. devant la Cour de cassation. Note 21 V. Cass. 1442.. 139. n° 136 . Vergès. Th. 843. civ. p. 21 mai 2008. pour une telle critique. 3e éd.fr . 2002. V. si cette dernière prive le second juge de sa capacité d'appréciation. n° 138 . F. note (9). V. par D.311 : JurisData n° 2004-023083 . Valticos. il s'agissait de déterminer l'autorité de la chose jugée au pénal sur des actions en contestation de licenciement. not. V. 17 févr. p. Sénat n° 177. soc. n° 332-333 . Mourre ss Cass. la Cour de cassation considère que « les juges du fond disposent d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier l'opportunité de surseoir à statuer pour une bonne administration de la justice ».. 2009. Th.. 133 et s. 1954 (dactylo). Buisson. 5e éd. 3 et 6. Wiederkher : Rép. note I. 19 mars 1817 : S. 1975. com. op. soc. Droit judiciaire privé : Montchrestien. cas d'ouverture à cassation prévu par l'article 593 CPP. pour sa part.. 1349 à 1353. p. Note 28 Au sens où cette autorité s'exerce à l'endroit d'une instance non répressive.. on ferait dire au civil qu'un homme n'est pas coupable lorsqu'il aurait péri sur l'échafaud ou que son crime est certain lorsqu'il en a été absous au criminel et replacé dans la société par la loi elle-même qui a prononcé son innocence (…)». en dernier lieu. n° 99-44. 121. J. note (10). 23 janv. Dans ces deux décisions. G. J. Note 19 Sur cette idée de supériorité du pénal. notre thèse. elle ne l'applique pas dans la seconde uniquement en raison du caractère non juridictionnel de la décision pénale invoquée (procès-verbal de rappel à la loi). . 10135.356). Aussi. p. II. proc. et L. Bull.. étude 19. D. p. n° 03-19. 2006-2007. La cassation en matière pénale : Dalloz Action. . Le Bars. 2 mai 2001.880.Cass. proc. Boré. Civil Code. V..620 € R. JCP S 2008.. préc. inédit. 1re civ. N. Art. Note 22 V. Beyneix. Note 33 En effet. la première ne restreint que sa liberté. H. 2006-2007. not. l'article 1351 du Code civil. 133 et s. Cass. préc. Sur ce point. Toulouse : LGDJ. 30 mars 2004. Note 24 L'autorité de la chose jugée au pénal sur le civil est positive puisqu'elle a pour effet d'imposer au juge civil certains points jugés par le juge pénal. n° 0114. Mazeaud. p. 325 . n° 521 . Note 29 À cet égard. Caron. soc. p.09 et s. p. Procédure pénale : LexisNexis Litec. Zocchetto. 338 . 1990.C. cit. G. Tomasin. N. 1371. p. Essai sur l'autorité de la chose jugée en matière civile. sous le prétexte que l'action publique et l'intérêt privé ne sont pas la même chose. 30. note (10). quant à elle. n° 3. Détraz . V° Autorité de la chose jugée au pénal sur le civil. n° 1745 . Note 34 En matière délictuelle et contraventionnelle. p.capavocat. Dalloz. n° 343 . 9 avril 2008. th. nous renverrons à notre thèse. th. portée devant un juge civil.47. l'autorité jouera à l'égard des actions en revendication d'un meuble (V. S. 336-337 . note (10).

2e civ. 14. et destinée au doyen des juges d'instruction du siège . L. étant rappelé que ce document a été adressé au parquet le samedi 9 février 2008 aux alentours de 12 h et a été composté le mardi 12 février 2008 . il n'existe aucun indice permettant de remettre en cause la date de réception au cabinet d'instruction portée sur la télécopie litigieuse .de la consignation par lui versée . sans contestation possible. D. répétons-le. Note 39 V. le 12 février 2008. Th. Ascensi. c'est à tort et en violation des textes susvisés que la cour d'appel a déclaré irrecevable la plainte avec constitution de partie civile émanant d'Ahmed X.. D. à aucun formalisme particulier . Frison-Roche. Sur le moyen unique de cassation..Cass. Cass. .capavocat. que lorsque la plainte est déposée par un avocat. qu'ainsi. qu'en ce qui concerne la télécopie. II. que cette télécopie a été confirmée par lettre recommandée avec accusé de réception distribuée le 12 février 2008 . manque de base légale . p. du chef de diffamation pour des propos tenus lors d'une émission télévisée le 10 novembre 2007. n° 0909-85. en lui-même.124 Prescription et plainte avec constitution de partie civile par télécopie Vu le mémoire et les observations complémentaires produits . en ce sens. Note 36 Ce juge pénal étant. 331 et s.. que la circonstance selon laquelle la plainte n'ait été compostée par le service concerné que trois jours plus tard. 2 mars 2010.. n° 89 . […] Cass. al. sur ce sujet. Note 37 G. est sans incidence sur la validité de l'acte et ne saurait différer la date de sa transmission telle qu'elle résulte de l'accusé de réception émanant du télécopieur du tribunal de Chaumont . 221222. 1207. Le principe du contradictoire en droit processuel. de l'article 6 § 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. 31-1 du code de procédure pénale alors en vigueur. 169-170. n° 307.. V. 14. Généralités sur le principe du contradictoire (droit processuel).620 € R. p. l'examen de ce document révèle qu'elle a été adressée sur le télécopieur n° 03 25 03 43 52 ainsi qu'en fait foi le rapport de résultat de transmission du 9 février 2008 à 12 heures 01 (pièce n° 2 du mémoire) . qu'après vérifications. 1988.a déposé plainte avec constitution de partie civile à l'encontre de François Y.. civ..07. JCP G 1993. M. " en ce que l'arrêt attaqué a confirmé l'ordonnance rendue le 9 février 2009 constatant l'extinction de l'action publique pour cause de prescription et ordonnant la restitution à Ahmed X.fr 35 35 35 35 . 591 du même code. " aux motifs qu'il n'est pas contesté que par télécopie du 9 février 2008. n° 0430.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. réceptionnée dans le délai légal de trois mois à compter des faits litigieux " . qu'en l'espèce. n° 81-15. Miniato. adresse « Groupe » le 9 février 2008 à 12 heures 01. civ. " alors que le dépôt de plainte avec constitution de partie civile n'est soumis..696 : Bull. député-maire de la ville de Saint-Dizier (HauteMarne)..47. SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Paris I : LGDJ. 2006.080.27 — web : www.. p. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. il apparaît que ce numéro de télécopie est celui attribué au parquet de la juridiction alors que celui des cabinets d'instruction est identifié sous le n° 03 25 31 65 23. Griolet.C. 3 mai 2006. 10 mars 1993..Cass. numéro parfaitement connu de l'expéditeur ainsi que le démontre l'examen de la pièce n° 3 du mémoire . pris de la violation des articles 575.S.. 177-178. n° 112. le 10 février étant un dimanche . Du principe de la contradiction. Paris (dactylo). n° 02-31. Toulouse : LGDJ. 1993. 2e civ.. défaut de motifs. qu'il suffit d'une manifestation expresse de volonté de se constituer partie civile suivie d'une consignation . op. n° 254 . 2°-3° du code de procédure pénale.-A. au juge d'instruction hors délai . qu'ainsi. 2008. contraint de faire concorder sa décision sur l'action civile avec celle rendue sur l'action publique.. crim. 31-1 du code de procédure pénale dans sa rédaction résultant du décret du 15 novembre 2007. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. 65 de la loi du 27 juillet 1881. Th.. Note 38 Il convient de rappeler que l'autorité du pénal sur le civil a une portée erga omnes. 593 du code de procédure pénale. en l'espèce. dans les termes de l'article D. distribuée le 12 février 2008. ainsi que l'atteste le mail du doyen des juges d'instruction de Chaumont du 3 avril 2009 joint à la procédure d'appel. elle peut être adressée au juge d'instruction par tout moyen de communication électronique (art. cit. il ne saurait être tenu responsable du délai d'acheminement du courrier d'un service à un autre de la juridiction. la plainte a été adressée non pas au juge d'instruction mais au parquet de Chaumont . est ainsi parvenue. 23 juin 2005.. que la lettre recommandée. que s'il appartient au juge d'instruction de veiller à l'enregistrement immédiat du courrier adressé à son cabinet. qu'ainsi. 85 du code de procédure pénale. . p. la date du dépôt de plainte est nécessairement celle figurant sur le résultat de transmission de la télécopie au Palais de justice de Chaumont. ce document porte le tampon du greffe de l'instruction en date du 12 février 2008 . II..043 : JurisData n° 1993-000438 . IV. D.87. 2e civ. 2006. note (17). Bull. 31-1 du code de procédure pénale en vigueur du 17 novembre 2007 au 1er mars 2008) . L. n° 89 . Ahmed X. Th. que les propos litigieux ayant été prononcés le 10 novembre 2007 la prescription en la matière était acquise le 11 février 2008. expédiée par l'avocat d'Ahmed X.

comme la Cour de cassation. avait manifestement commis une erreur de numéro de fax.. M. 591 du code de procédure pénale. Cette règle. certaines demandes. Dès lors. La télécopie avait.07. pour confirmer l'ordonnance entreprise. Un individu. 591 du code de procédure pénale. 15 mai 2002). la cour d'appel a justifié sa décision. de propos tenus par François Y. Il ne faisait pas de doute ici que cette dernière lettre était parvenue au juge d'instruction hors délai. même si les mobiles retenus par les magistrats n'étaient pas les mêmes..S. La Cour admet. B. d'une part. mentionnant la date du 9 février 2008 a été adressée sur le télécopieur du parquet.C. en outre. l'intéressé avait déposé plainte par télécopie le samedi 9 février 2008. M. Il importe peu ainsi que la plainte ne comporte aucune signature (Crim. le dépôt de plainte avec constitution de partie civile n'est soumis. une autre solution du moment qu'un protocole est passé entre le président et le procureur de la République d'une part. avait porté plainte et s'était constitué partie civile du chef de diffamation en raison de propos tenus par un élu. l'arrêt retient que la télécopie. a porté plainte et s'est constitué partie civile. été confirmée par lettre recommandée avec accusé de réception distribuée le 12 février 2008. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.. et notamment les constitutions de parties civiles et les plaintes adressées au procureur de la République. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. que le recours à la télécopie en la matière n'était pas critiquable. avaient répondu à cette interrogation par la positive. en vertu de l'article 65 de la loi du 29 juillet 1881. et le barreau de la juridiction. l'action publique était éteinte par la prescription . soit celle du 12 février 2008. « à compter du jour où ils auront été commis ou du jour du dernier acte d'instruction ou de poursuite s'il en a été fait ».. dès lors qu'en l'absence de protocole passé entre le président et le procureur de la République. 13 déc. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. La question qui se posait en l'espèce était donc de savoir si. mais le document n'avait été composté par tampon du greffe de l'instruction que le mardi 12 février 2008.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.. de trois mois révolus. le délai de prescription de l'action publique et de l'action civile du délit de diffamation est. L'usage d'une télécopie n'a donc pas d'incidence sur la validité de la plainte. D'où il suit que le moyen ne saurait être accueilli . ou son conseil. et qu'en conséquence. B. Mais cette dernière n'était-elle pas intervenue trop tard ? La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon. la prescription était acquise le 11 février 2008. en lui-même. 1983 . est néanmoins complétée par un tempérament. en effet. Seule une manifestation expresse de volonté de se constituer partie civile accompagnée du versement d'une consignation (sauf dispense ou obtention de l'aide juridictionnelle) est exigée (Crim. d'autre part. par télécopie. cette nouvelle solution. et le barreau de la juridiction d'autre part. comme le prévoit l'article D. en raison de la diffusion. à aucun formalisme particulier. dans les termes de l'article D. si la télécopie comportait la date du 9 février 2008.27 — web : www. dans la mesure où le 10 février était un dimanche. B. Or. Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme . […] V Observations : oilà un arrêt particulièrement rigoureux en matière de délai de prescription. la Haute juridiction pose comme principe le fait que « la date de réception par le juge d'instruction d'une plainte avec constitution de partie civile ne peut être attestée que par la mention du greffier ». la plainte étant arrivée dans les bureaux du parquet et non ceux de l'instruction. avant de répondre à cette interrogation. 1998). et non sur celui du juge d'instruction. les propos litigieux ayant été prononcés le 10 novembre 2007. afin que les avocats puissent transmettre.fr ..47. 9 nov. au moment où M. REJETTE le pourvoi . déclarations ou observations. Crim. Attendu qu'en statuant ainsi. Mais qu'en était-il du dépôt de plainte avec constitution de partie civile réalisé par télécopie ? Notons. avait porté plainte et s'était constitué partie civile. que le juge d'instruction a relevé que. « par un moyen de télécommunication à l'adresse électronique de la juridiction ou du service de la juridiction compétent. qui peut paraître particulièrement stricte. député-maire de Saint-Dizier .87. Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure qu'Ahmed X.. Attendu que.620 € R. lors d'une émission de télévision du 10 novembre 2007. l'action publique était éteinte par la prescription. De façon plus précise. relatif à la mise mise en œuvre de la communication électronique. que la partie civile a interjeté appel de cette décision . la seule date certaine du dépôt de la plainte était celle apposée par le greffier. Or. découlant du décret n° 2007-1620 du 15 novembre 2007 contenant diverses dispositions autorisant l'utilisation des nouvelles technologies pour la 36 36 36 36 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. et qu'il n'existe aucun indice permettant de remettre en cause la date de réception au cabinet d'instruction portée par le greffier sur la télécopie télécopie litigieuse . et dont il est conservé une trace écrite ». la date de réception par le juge d'instruction d'une plainte avec constitution de partie civile ne peut être attestée que par la mention du greffier greffier . du chef de diffamation.capavocat. En effet. Pour mémoire.

porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ». dans le cadre d'une information judiciaire criminelle ouverte en mars 2009. introduites par la loi du 5 mars 2007 relative au renforcement de l'équilibre de la procédure pénale. 37 37 37 37 A . que l'on a présentée tantôt comme une protection contre les soupçons à l'égard d'abord du travail policier puis de celui du juge d'instruction. L'arrêt étudié constituera dès lors.27 — web : www. ou encore à assurer la garantie des droits du justiciable.La matière pénale. I .620 € R. En effet. — L’information judiciaire 15. y compris l'interrogatoire de première comparution et les confrontations. a toujours été perméable aux innovations technologiques en créant. un des protagonistes de l'affaire était mis en examen à l'issue de son interrogatoire de première comparution. qui était réduite en l'espèce à de simples déclarations spontanées de la personne. 342 IV. Magistrat. un fort encouragement pour les barreaux à passer de tels protocoles avec les présidents et procureurs de la République des tribunaux de grande instance. aujourd'hui. les messages adressés de la sorte font l'objet d'un accusé électronique de lecture par la juridiction et ils sont considérés comme reçus par cette dernière à la date d'envoi de cet accusé. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. l'impératif d'enregistrement constitue une formalité substantielle dont l'irrespect est sévèrement sanctionné sans qu'il soit nécessaire de démontrer un grief (B). ici. La sanction du défaut d'enregistrement audiovisuel des interrogatoires criminels devant le juge d'instruction. AJ Pénal 2010 p. hier.87.47. depuis le 1er juin 2008. communication d'actes de procédures.capavocat. 2010. 4 . J. Cette exigence récente. le domaine d'application de l'enregistrement numérique (3) et.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. En outre. à accroître l'efficacité de la procédure face à une délinquance polymorphe et toujours plus sophistiquée. des règles de procédure destinées à accompagner les évolutions techniques.S.L'arrêt du 3 mars 2010 (4) s'avère fort important dans la courte existence de l'obligation d'enregistrement audiovisuel en matière d'instruction préparatoire car il est le premier à se prononcer sur la sanction du défaut d'enregistrement vidéo dans le cabinet d'un juge d'instruction.07. n'a pas tardé à faire l'objet de divers contentieux amenant les juridictions à préciser. font l'objet d'un enregistrement audiovisuel (1). substance en ébullition permanente. en matière criminelle. sous l'influence des recommandations de la commission d'enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de la justice. D. l'intéressé déposait une requête en annulation au motif que son interrogatoire initial n'avait pas été enregistré. par Ludovic Belfanti.C'est donc à cette question que répond la chambre criminelle de la Cour de cassation dans un arrêt du 3 mars 2010. 1688 et s. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Cette obligation a son pendant en matière de garde à vue lors des interrogatoires criminels (2). Lasserre-Capdeville. au mépris de l'article 116-1 du code de procédure pénale. 2 . la sanction de son absence. Docteur en droit. les interrogatoires des personnes mises en examen réalisés dans le cabinet du juge d'instruction.C. 3 . Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.L'analyse de l'arrêt rapporté permet d'affirmer qu'en dehors des cas strictement définis l'exigence d'enregistrement numérique concerne la première comparution dans son ensemble (A) et ne postule aucun distinguo ni aucune renonciation. est particulièrement opportune pour le sujet qui nous intéresse. Ainsi.fr . sans nul doute. on comprend SARL CAPAVOCAT au capital de 7. 15.Le domaine de l'obligation d'enregistrement audiovisuel 5 . pp.L'enregistrement audiovisuel concerne la première comparution dans son ensemble 6 . il invite également à s'interroger sur les conséquences de son défaut (II). si l'arrêt de cassation permet d'apporter d'utiles précisions sur le domaine de l'obligation d'enregistrement audiovisuel (I). là. En l'espèce.C'est sur ce dernier champ que doivent s'analyser. tantôt comme une avancée garantissant la sécurité juridique des procédures. La chambre criminelle prend le contre-pied de cette analyse en considérant à l'opposé qu'en matière criminelle le défaut d'enregistrement audiovisuel de la première comparution d'une personne mise en examen « 1 . La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a rejeté la requête en nullité en estimant qu'aucune atteinte aux intérêts de la personne n'était caractérisée par le défaut d'enregistrement de la première comparution.Si l'on part du postulat que le recours à la vidéo est censé garantir davantage les droits de la défense en permettant de faire consulter l'enregistrement en cas de contestation sur la portée des déclarations recueillies. les dispositions contenues dans l'article 116-1 du code de procédure pénale. En juillet 2009. de nouvelles infractions et en imaginant. A l'examen.

sauf dans les cas strictement définis (6). 38 38 38 38 B .87. que l'impératif d'enregistrement est une formalité qui. nonobstant l'absence de protestation de l'avocat.27 — web : www. en inscrivant l'exigence d'enregistrement audiovisuel dans la procédure pénale.fr . l'option choisie par les conseillers laisse à penser.Bien qu'ayant admis que l'audition non enregistrée était irrégulière. l'obstruction à son droit échéant.capavocat. celui-ci a fait le choix de faire de simples déclarations et n'a pas été interrogé.terme expressément employé dans l'alinéa 1er du texte . Par cette analyse.620 € R. la nature de l'audition dont elle est l'objet importe peu au final. Ce grief aurait pu être.C. la personne mise en examen doit être mise en situation de pouvoir contester utilement la portée de ce qu'elle dit au juge. En effet. au contraire. l'enregistrement ne serait pas obligatoire alors qu'il le serait dans le second. pour être sanctionnée. conditionne la mise en examen après que le juge ait. En toute hypothèse. Elle a aussi le mérite de permettre potentiellement un visionnage fidèle de tout ce qui se dit et de ce qui se fait dans le cabinet d'instruction. 7 . doit causer un grief à la partie qu'elle concerne au sens des articles 171 et 802 du code de procédure pénale. Ce faisant. 9 . partant. mais au contraire regardés comme complémentaires. dans la pratique.étaient concernés par la nécessité de l'enregistrement numérique ? 8 .47. y compris lorsqu'elle souhaite se taire.L'enregistrement audiovisuel est une soumise formalité substantielle par principe non soumis e à grief 10 . il ne dispose d'aucun pouvoir d'appréciation. alinéa 2.Pour excuser l'absence d'enregistrement audiovisuel et écarter le moyen de nullité présenté par le mis en examen. à l'issue de celles-ci. Aussi. D'ailleurs. Un contentieux est toujours possible sur la portée des déclarations ainsi faites. s'en tenant à la lettre du texte. plus réducteur et. alors même qu'il a notifié. la cour d'appel d'Aix-en-Provence n'était-elle pas à son tour autorisée à estimer que seuls les « interrogatoires » . rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. dans un passé récent. acquiescé à celleci ». ne fait-elle pas une lecture par trop restrictive de l'article 116-1 du code de procédure pénale ? Cependant. l'enregistrement vidéo est déclenché dès l'entrée de la personne soupçonnée dans le cabinet du juge d'instruction. que le recours à la vidéo n'était imposé que lorsque l'interrogatoire de la personne mise en examen est réalisé dans le cabinet du juge (5). lors de son « interrogatoire » d'identité. en affirmant que les déclarations de la personne avaient été recueillies en présence de son avocat. C'est en tout cas la lettre de l'article 116-1.07. Cette approche induit un enregistrement systématique qu'il y ait ou non un interrogatoire et qu'une mise en examen soit ou non notifiée. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. les raisons qui ont conduit le magistrat instructeur à se dispenser de l'enregistrement numérique. ne doivent pas être opposés. qui SARL CAPAVOCAT au capital de 7. la chambre de l'instruction a considéré que « l'irrégularité n'a pas porté atteinte à ses intérêts dès lors que. recueilli les déclarations de la personne ou procédé à son interrogatoire ». comme le soutenait le mis en examen dans son pourvoi. le juge d'instruction ne peut s'affranchir de l'impératif d'enregistrement lors de la première comparution. convient-il d'enregistrer la comparution de la personne dans sa globalité.Dès lors. une mise en examen criminelle qui a conduit ultérieurement à un placement en détention provisoire. l'interrogatoire de première comparution étant un interrogatoire comme les autres. de son côté. alors que le justiciable avait opté pour de simples déclarations. a été de garantir l'intégrité et la portée des propos tenus par la personne face à l'enquêteur ou au juge. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Ces vocables.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. difficilement en l'espèce. Il faut voir dans le recours au dispositif de l'enregistrement numérique une formalité substantielle protectrice des parties qui vaut erga omnes. que. la chambre criminelle est venue préciser le domaine d'application de l'article 116-1 s'agissant d'un interrogatoire criminel réalisé dans une chambre d'hôpital ? Elle a considéré. et. la juridiction du fond opère un habile distinguo entre les « déclarations » et « l'interrogatoire » proprement dit qui ferait que. cette discrimination ne pouvaitelle pas s'opérer puisque. dans un cas comme dans l'autre. il apparaît conforme à l'esprit du texte de voir dans l'article 116-1 une obligation qui concerne à l'évidence plus la première comparution dans son ensemble que l'interrogatoire de première comparution. ses déclarations spontanées ont été faites en présence de son avocat qui n'a émis aucune protestation sur la mise en examen mais qui a. renonçant aussi bien à se taire qu'à être interrogé dans le détail. d'une part.Imposer une ligne de démarcation entre « interrogatoires » et « déclarations » s'avère en vérité artificiel et génère une insécurité procédurale.S. ce dont elle est privée par le défaut d'enregistrement des « déclarations » spontanées. étant rappelé que puisque l'un des objectifs du législateur. le souhait de la personne de ne pas être filmée ou encore la renonciation expresse de cette dernière et de son conseil à se prévaloir d'une nullité ultérieure. moins protecteur des droits de la défense. On notera de surcroît que l'article 116. lequel n'avait élevé aucune protestation. en un temps où le juge ignore encore quel choix fera la personne ainsi que l'issue de l'acte. « le cas relèvent de la même unité lexicale. dans le premier cas. Forte de cette lecture littérale et pragmatique du texte. d'autre part.

comme l'y invitent les articles 174. cette solution était déjà en germe dans plusieurs arrêts de la chambre criminelle relatifs au défaut d'enregistrement audiovisuel des interrogatoires de mineurs placés en garde à vue (7). et 206. quelle que soit la nature de l'audition. Cet axiome assure une bonne administration de la justice en permettant l'exécution convenable des actes d'information tout en favorisant le respect des droits de la défense.87.47.07. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. La détermination des actes dérivant de l'acte annulé. 11 . Ne doivent être annulés.De manière certaine. Ainsi. D'ailleurs.L'étendue de la nullité 14 .620 € R. Cette logique s'explique encore une fois par la volonté du législateur qui a prévu une concordance. quel sort faut-il réserver aux interrogatoires ultérieurs à la mise en examen annulée de la personne concernée ? S'il faut se garder de toute conclusion péremptoire et générale en la matière. reste incertain le statut de la personne dont l'interrogatoire est annulé. les actes ou pièces de la procédure subséquente susceptibles d'être contaminés et. elle devra toutefois déterminer l'impact de cette nullité sur les actes de la procédure ultérieure. qui mérite l'approbation.Au final. sur la procédure d'information (A) et à s'interroger sur un mouvement possible d'uniformisation jurisprudentielle des nullités. 15 . le présent arrêt range l'obligation d'enregistrement audiovisuel dans un sanctuaire de droits. au cas par cas. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. par voie de conséquence.La portée du défaut d'enregistrement audiovisuel 13 . si elle est opposable à toutes les parties.En réalité. doivent subir le même sort que l'interrogatoire initial annulé. notamment de rédaction. Bien qu'entre interrogatoire de garde à vue et première comparution devant le juge le contexte de l'audition ne soit pas strictement le même. En filigrane la cour d'appel postule que la méconnaissance de l'impératif d'enregistrement ne constitue pas systématiquement une nullité. cette idée pouvait être confortée par le fait que le législateur n'a pas prévu que le défaut d'enregistrement soit ainsi sanctionné. alinéa 2. dont l'irrespect fait présumer un préjudice intrinsèque qui ne peut être réparé que par une nullité automatique de l'acte en cause. 116-1 du même code (interrogatoire criminel devant le juge d'instruction) et 4 VI de l'ordonnance du 2 février 1945 (interrogatoire du mineur en garde à vue). n'entraîne pas nécessairement celle de la totalité de la procédure. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. La haute juridiction n'avait pas hésité à sanctionner la méconnaissance de la formalité par la nullité de la procédure en utilisant exactement la même formule que celle de l'arrêt commenté. A . réalisés avant que l'annulation ne soit prononcée.L'arrêt de principe rapporté laisse en suspens la question des conséquences du défaut d'enregistrement vidéo. nonobstant leur enregistrement audiovisuel. n'est pas toujours aisée. d'être annulés. au même titre que ceux reconnus au gardé à vue. à peine de poursuites disciplinaires (9). Par exemple. l'un des effets majeurs attaché à l'annulation du procès-verbal de première comparution est la mise en liberté de la personne mise en examen ou la levée du contrôle judiciaire qui aurait pu être ordonné. II . ce qui exclut les actes et interrogatoires antérieurs.C.capavocat. l'annulation de l'acte litigieux.Une fois l'enregistrement audiovisuel qualifié de formalité substantielle non soumise à grief.fr .L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. partant. doit-il en être de même s'agissant de la suite de la procédure ? S'il paraît inévitable pour la chambre de l'instruction de renvoi de prononcer la nullité du procès-verbal de première comparution. Pourtant.27 — web : www. restent à évaluer les conséquences de sa méconnaissance sur l'acte en cause en particulier et. démontrant ainsi une intention visant à harmoniser le régime de l'enregistrement audiovisuel. la chambre criminelle censure l'analyse des juges du fond et rappelle que le défaut porte d'enregistrement audiovisuel « audiovisuel. plus largement. en l'espèce du procès-verbal de mise en examen. l'annulation nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ». La loi accorde ainsi aux juges du fond le pouvoir d'apprécier. En revanche. on peut raisonnablement estimer que les interrogatoires ultérieurs. S'il est concevable de réserver à l'acte vicié un effet radical et automatique. entre les articles 64-1 du code de procédure pénale (interrogatoire criminel en garde à vue). du code de procédure pénale. Tout aussi certain est le sort de l'acte annulé puisqu'il est retiré du dossier de l'information et classé au greffe de la cour d'appel sans que quiconque ne puisse faire état d'aucun renseignement contenu dans l'acte en cause contre les parties. Est-elle rétrogradée au rang de témoin assisté à l'image du mécanisme prévu aux articles 80-1 et 174-1 du code de procédure pénale ou est-elle au contraire dépourvue de tout statut ? En tout cas. 12 . que les actes et pièces qui ont pour support nécessaire l'acte entaché de nullité (8). dans son arrêt de cassation. une identité de solution surgit en matière d'obligation d'enregistrement audiovisuel à tous les stades de la procédure. de consulter l'enregistrement contenant les déclarations contestées. tant lors de la garde à vue que lors de l'instruction préparatoire (B). notamment en matière d'enregistrement 39 39 39 39 SARL CAPAVOCAT au capital de 7.S. alinéa 2.

Le deuxième est que ce principe s'applique indistinctement tant en matière de garde à vue qu'en matière d'instruction préparatoire. (11) Crim. G. Les atteintes à ce bastion entrent alors dans le champ des nullités d'ordre public dispensées de la preuve d'un quelconque grief. (9) Art. Belloir. Leprieur. Cela étant. 2010.C. obs. Crim. 4 déc. pén. Duparc . (8) Crim. A. RLDI 2010/61. M. Chaumont et E. S. C'est dans cette sphère que s'inscrit l'obligation d'enregistrement audiovisuel de l'interrogatoire entendu dans son acception la plus large. 2007. J. 2007. al. note P. 2009. pourtant présumé indépendant ? ______________ (1) P. de criminalité organisée. Belloir. Le dernier axe consiste à délimiter l'étendue de la nullité de l'acte vicié en la cantonnant aux actes dont il est le support nécessaire (13).Vers une unifo rmisation des régimes de nullités ? 16 . note M. 1024. 2010. 3. D. crim. 37. Cette uniformisation a le mérite non seulement de pallier le silence des textes mais également de protéger les normes de procédure qui. l'affermissement des droits des parties. il est intéressant de relever dans l'avant-projet du code de procédure pénale. 2005. 2009. 95. 1996. Brèves remarques sur la typologie et la mise en oeuvre des nullités. pr. 2009.fr .A l'heure où la suppression du juge d'instruction ne semble plus d'actualité mais où une réforme d'ampleur de notre procédure pénale. 10131. 25.Ainsi. 221. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. RLDI 2008/40. 85. (10) J. 2007. D. (4) D. n° 82. AJ Pénal 2008. al.S. obs. AJ pénal 2007. AJ pénal 2005.capavocat. 2007. S'agit-il d'un oubli des promoteurs de ce projet ou simplement d'une confiance de principe qui est accordée au procureur de la République alors qu'elle n'est pas reconnue au juge d'instruction. Procédures 2005. d'impossibilité technique. Girault .S'il est vrai que la qualification des nullités demeure une question délicate. Crim. 2009. 3 avr. s'il est conforme à l'esprit de l'article préliminaire du code de procédure pénale et à celui de l'article 6. p. AJ Pénal 2009. Danet. 1er avr. Pradel . C. D. II.07. c. obs. il n'est nullement prévu de recourir à l'enregistrement audiovisuel (16). P. D.-Y. le magistrat instructeur poursuit l'information sur les seuls éléments qui subsistent et rien ne semble interdire d'envisager une nouvelle mise en examen de l'intéressé si la poursuite des investigations faisait apparaître des indices graves ou concordants rendant vraisemblable sa participation aux faits poursuivis. Maréchal . de terrorisme et d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. D. Pradel .47. 356. chron. confiant « l'enquête judiciaire pénale » au procureur de la République. C. 26. obs. 2008. ne doit pas aboutir à un catalogue arbitraire dans le choix des formalités fondamentales et ne doit pas éluder non plus la nécessaire protection de l'ordre public. qu'au moment de « l'interrogatoire de notification des charges » (15) en matière criminelle. 245. la haute juridiction édifie par touches successives un corpus de droits absolus et inaliénables à l'égard desquels tout grief et tout renoncement sont sans effet. Delage. J. note J. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. C.27 — web : www. 2141. Guérin . obs. § 1. 287. (7) Crim. Girault. 2238. empêche le renvoi de la personne devant la juridiction de jugement. 35. éparpillée au fil des réformes successives. 116-1. 5 à 7. Royer . qu'elle considère comme essentielle. à énoncer invariablement que la violation d'une règle. 30 avr. (5) Crim. il reste qu'au gré de la jurisprudence de la chambre criminelle semble poindre une uniformisation des régimes de nullité en matière de violation des formalités procédurales. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. c. note P. Cet alignement semble se dessiner autour de quatre axes directeurs : le premier est l'emploi d'une formule désormais constante qui consiste. L'enregistrement audiovisuel numérique pénètre chez le juge d'instruction !. 1er avr. note ss. (2) L. Le troisième axe permet de retenir que tout irrespect de la règle est automatiquement sanctionné par la nullité fondée sur une présomption absolue d'atteinte aux droits (12). et 2757. Léna. et 39. pén. Lavric . difficilement prévisible (10). de la Convention EDH relatif au droit à un procès équitable. (3) Crim. 1416. Belfanti. Bull. 18 . pour la cour régulatrice. à défaut pour le législateur d'avoir énuméré clairement les formalités (14) qu'il considère comme impératives.620 € R. 26 mars 2008. 17 . p. 24. est plus que jamais nécessaire. 1999.-J. 2008. uniformisation B . Bull. Buisson. 40 40 40 40 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. 271. obs. lorsqu'elles ont pour dessein une plus grande protection des droits de la défense. lorsque la chambre de l'instruction a définitivement purgé la procédure des actes viciés par l'acte initial annulé. . (13) Crim. obs. La délimitation des enregistrements numériques en matière de garde à vue. (12) J. 23 juin 1999. pr. note J.87. AJ pénal 2010.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Comm. RLDI 2009/50. l'enregistrement audiovisuel n'est pas obligatoire en cas : de pluralité de personnes devant être simultanément interrogées. Cependant. (6) Il s'agit des exceptions prévues à l'art. D.-C. 12 avr. 133. « porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée » (11). préc. p. 174. obs. crim. Degorce . Pradel. JCP 2010. n° 149 . JCP 2007. impliquent nécessairement leur respect. 27 oct. 3 avr.

d'autre part.Le chapitre II de la loi s'intitule « Prévention des violences ».Avis du Conseil économique et social européen sur « Les enfants victimes indirectes 41 41 41 41 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. d'évaluation du plan global 2005-2007 de lutte contre les violences faites aux femmes. II). 312-9 et 312-12 de l'avant-projet du 1er mars 2010. civ. quelles recommandations pour les pouvoirs publics ?. le législateur entend combattre les violences faites aux femmes L a lutte contre les violences au sein du couple. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. à son profit. magistrats. . par le juge aux affaires familiales (JAF) (corrélativement est supprimé le référé-violence de C. I). ONED.Elle prévoit par ailleurs la mise en oeuvre de dispositifs destinés destinés à assurer l'efficience de la mesure d'éviction du domicile du conjoint violent et d'éviter sa récidive. 2010. une ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales. L. la loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes. L. Viriot-Barrial. 2008.. . L. Enfin. éduc. d'unifier les politiques pénales en la matière. mais surtout en créant une ordonnance de protection en faveur des victimes de violence au sein du couple. dispensées à tous les stades de la scolarité (C. D.S. art. Plus largement. 2350) a parachevé le dispositif de protection en adoptant.C. constitue une préoccupation européenne. L'ordonnance peut être prise si les violences exercées au sein du couple ou par l'ancien conjoint. et. juill. L'article 515-9 du Code civil pose le cadre de cette intervention (C. 16. L. par Anne Bourrat Guéguen. 1265.. • Les mesures préventives. n° 2010-769.07. art. I). L. 1. maître de conférences à l'université Rennes 2. avant le 30 juin 2011. art. (14) P. renforce la protection de la victime de violences au sein du couple en instituant. 1er. et plus généralement les violences faites aux femmes. policiers…). n° 2010-769. 327-18 s. aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Il prévoit tout d'abord des mesures d'information consacrées « à l'égalité entre les hommes et les femmes. invité les États membres à mettre en place un arsenal législatif efficace. 1. chron. en urgence. 2010. Ainsi. . soutenue par le rapport d'évaluation (Rapp.À propos de la loi du 9 juillet 2010. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 515-9.87.fr . Vers l'instauration d'un dispositif efficace de lutte contre les violences au sein du couple ? . Aperçu rapide M. al. art. La protection des victimes de violences La loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 (Journal Officiel 10 Juillet 2010) vise effectivement à renforcer la protection des victimes non seulement en prévoyant des mesures préventives. Rebourg .Plus largement. Plus largement est instituée une journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes le 25 novembre de chaque année. travailleurs sociaux.27 — web : www. n° 805 La loi n° 20102010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes. 2004. un rapport sera remis quant à l'opportunité de la création d'un observatoire national des violences faites aux femmes à l'instar de celui qui existe en faveur de l'enfance en danger. d'une part. La double dénaturation des nullités en matière pénale. art. éduc. n° 2010-769. 23. Commentaire de la loi du 4 avril 2006 : D. art. civ. Cette ordonnance est délivrée. à plusieurs reprises. Hennion-Jacquet. après avoir amorcé le mouvement avec la loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple (Journal Officiel 5 Avril 2006 . aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières dernières sur les enfants.. 220-1. . 23.La mesure phare de la loi de 2010 est sans conteste la création de l'ordonnance de protection sur le modèle de celle créée en Espagne par la loi du 31 juillet 2003. sont prises en compte les incidences des violences sur les enfants. (16) Au contraire de ce que prévoit l'avant-projet en matière de garde à vue : art. Afin de rendre effective cette information. 3).L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. un rapport doit être remis par le Gouvernement. sur la mise en place d'une formation spécifique en matière de violences faites aux femmes et de violences au sein du couple destinée à l'ensemble des professionnels concernés par ces questions (médecins. JCP G 2006. D. . 312-17-1 créé . à la lutte contre les préjugés sexistes et à la lutte contre les violences faites aux femmes et les violences commises au sein du couple ». p. l'année où la lutte contre les violences faites aux femmes est déclarée grande cause nationale. 173. JCP G. d'assurer la protection des victimes. Le législateur traduit ainsi sa volonté. créé . 2008.47. n° 250. . 2006. (15) Art. la loi prévoit la formation des maîtres sur l'ensemble de ces questions (C. 721-1 mod. Les instances de l'Union européenne ont. Pour la première fois. Les enfants exposés aux violences au sein du couple..capavocat. 16. • La création d'une ordonnance de protection. act. la France. 58).620 € R. comme le préconisaient certains rapports (Rapp. partenaire ou concubin mettent en danger la victime ou un ou plusieurs enfants. art.

. civ. 515-11 créé . L. Il peut attribuer le logement au conjoint. une interdiction temporaire de sortie du territoire. JCP G 2010. 8). 9 ). .07. le JAF doit organiser les modalités d'exercice de l'autorité parentale en s'assurant qu'elles présentent toutes les garanties pour le mineur. n° 2010569. 3. n° 2010-569. art. n° 2010-769. art. 375-7 mod. art. L. certaines de ces mesures. Pour renforcer la lutte contre les mariages forcés et les mutilations sexuelles. et du ministère public. . art. . 10) et a étendu la possibilité de retrait prononcé par le juge pénal à l'hypothèse d'une condamnation pour crime commis sur la personne de l'autre parent (C. le législateur a assoupli les modalités de délégation de l'autorité parentale afin d'en faciliter l'exercice par les membres de la famille. 373-26 mod. Cette ordonnance peut encore être délivrée à la personne majeure menacée d'un mariage forcé (C. art. 11). . 7). mais le législateur ne risque-t-il pas de créer une confusion entre les mesures civiles et les obligations pénales ? En effet. L'étranger qui bénéficie d'une ordonnance de protection en raison des violences exercées par son conjoint. un titre de séjour (C. sur la contribution aux charges du mariage ou encore ordonner l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle. art. le juge peut prendre les mesures suivantes : interdire à la partie défenderesse de rencontrer certaines personnes. art. En dehors de l'ordonnance de protection. Dans le cadre de cette ordonnance de protection. le législateur tient compte des incidences des violences sur les enfants et des risques de passage à l'acte du parent dans le cadre de l'exercice de l'autorité parentale en précisant les pouvoirs du JAF en la matière. en particulier au sein du couple.. En outre.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. au détriment du concubin ou du partenaire. L.. 21 avr. II). Aperçu rapide J. Corpart. art.87.27 — web : www. en particulier les interdictions d'entrer en contact avec la victime et de port d'arme sont identiques à celles existant dans le cadre du contrôle judiciaire (CPP. n° 2010-769. art. L. 2. 1er. lorsqu'il se prononce sur ces modalités. civ. art. Le législateur a donc eu à coeur d'assurer une unification qui se traduit tant à l'égard des autorités 42 42 42 42 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. de détenir ou de porter une arme. à l'encontre de laquelle le juge peut prendre. ce dernier peut ordonner l'interdiction de sortie du territoire de l'enfant et l'inscrire au fichier des personnes recherchées par le procureur de la République (C. L. 2006). civ. Cette inscription est étendue à la mesure d'interdiction de sortie du territoire sans l'autorisation des deux parents prise par le juge aux affaires familiales (C. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. se voit délivrer ou renouveler. civ. en supprimant dans ce cas la condition d'avoir préalablement recueilli l'enfant (C. si besoin assistées de leurs avocats. L. étrangers. Enfin. civ. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. civ. art.capavocat. à caractère physique ou psychologique.C. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. étrangers. L. I). en présence des parties. Ainsi. 515-13 créé . 313-12 mod. art. dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative. L. 372-2-11. par l'autorité administrative... civ.fr . exercées par l'un des parents sur la personne de l'autre » (C. civ. amorcée par la loi n° 2006-399 du 4 avril 2006. art. en particulier il peut prévoir la remise de l'enfant dans un espace de rencontre ou avec l'assistance d'un tiers de confiance (C. comm. 377 mod. 1er. n° 2010-769. La protection de la victime justifie certes ces différentes mesures. I). L. ce qui avait été contesté par la doctrine (I.. 431-2 mod. n° 2010-769. Afin de renforcer l'efficience des mesures de lutte contre les violences. concubin ou partenaire victime . 378 mod. I). art. Enfin. Afin d'éviter les actions dilatoires. art. des violences domestiques ».47. art. L. famille 2006. le législateur entend unifier les politiques pénales en la matière. Le juge peut encore se prononcer sur l'exercice de l'autorité parentale. la personne qui bénéficie d'une ordonnance de protection ne peut pas faire l'objet d'une expulsion de son logement . 141). 2007). 11) ou une carte de séjour temporaire (C. n° 2010-769. n° 491 d'application de la loi du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple. n° 2010-769. « lorsque l'intérêt de l'enfant le commande ou lorsque la remise directe de l'enfant à l'autre parent présente un danger pour l'un d'eux ». 138). art.. n° 2010-769. L'unification des politiques pénales Le rapport d'évaluation de la loi du 4 avril 2006 a mis en lumière « une disparité inacceptable des politiques pénales » (Rapp. n° 2010-769. 251. délivrée pour une durée de quatre mois (renouvelable en cas de requête en divorce ou en séparation de corps) et modifiable à tout moment. 373-2-1 et 373-2-9 mod.S.. art. art. déc. art. art. dans le but d'assurer le respect des garanties procédurales. le juge doit désormais prendre en compte « les pressions ou violences. . L. 6° créé . Inapplicabilité de l'article 220-1 du Code civil : des lacunes du dispositif de protection civile des concubines subissant des violences conjugales : Dr. De plus. 3. il est d'ailleurs prévu de favoriser la conclusion de conventions entre l'État et les bailleurs de logement ou les CROUS afin de réserver un certain nombre de logements aux bénéficiaires d'une ordonnance de protection qui préfèrent quitter leur domicile. L. . ce danger doit être étayé : il doit exister des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables des faits de violence et de danger (C. à sa demande. 2. Rubellin-Devichi) avait prévu l'éviction du seul conjoint violent. le législateur étoffe les pouvoirs du juge des enfants . notons que la loi n° 2004-439 du 26 mai 2004 (Journal Officiel 27 Mai 2004 . .620 € R. concubin ou partenaire. act. l'ordonnance est prise à l'issue d'un débat contradictoire.

Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. 6° mod. 6° et 75. Robert. cela revient à accorder un pouvoir d'initiative à la police et à la gendarmerie à l'égard d'une personne bénéficiant du statut de mis en examen. art. le concubin ou le 43 43 43 43 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. En outre.. notamment son caractère inadapté par rapport aux violences au sein du couple . partenaire ou des enfants.-H. Par ailleurs. II 1er). art. . art. Mais surtout. Cette même mesure peut être prise par la juridiction de jugement dans le cadre du suivi socio judiciaire. désormais. appréhender toute personne à l'encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a manqué à certaines de ces obligations (posées à CPP. 6° bis . ce qui n'est que rarement le cas en la matière et prévient mal le risque de récidive. 222-8. ainsi que « l'ex » peut se voir imposer une mesure d'éloignement du domicile ou de la résidence à toutes les phases de la procédure. n° 2010-769.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. 407) en dépit d'une certaine amélioration liée à la mutualisation des pratiques (Guides de l'action publique 2004. les services de police ou de gendarmerie peuvent. concubin ou partenaire. dans le cadre du contrôle judiciaire. En particulier. V. à l'étranger. 63-2 et 63-3) et il pose certaines limites comme l'interdiction des investigations corporelles internes.fr . les OPJ et APJ doivent informer les victimes de leur droit de demander une ordonnance de protection (CPP. dans le cadre du meurtre (C. art. ce qui créé un risque d'atteinte aux droits de la défense et une confusion entre les différentes phases de la procédure pénale. art. la victime peut se voir proposer l'attribution d'un dispositif de téléprospection afin d'alerter les autorités en cas de violation des obligations. Le législateur est d'ailleurs conscient de cette confusion puisqu'il confère au juge d'instruction les pouvoirs dévolus au procureur de la république dans le cadre de la garde à vue (CPP. L. art. 6. art. la victime est présumée ne pas consentir à la médiation lorsqu'elle a saisi le JAF d'une demande d'ordonnance de protection en raison des violences commises par son conjoint. Les murailles de silicium… : JCP G 2006. 2214. et ce par dérogation à l'article 131-36-10 du Code de procédure pénale qui suppose une condamnation à une peine privative de liberté supérieure ou égale à 7 ans (CPP.620 € R. on constate une grande variété (F. • L'accroissement des pouvoirs des autorités de poursuite. même sans l'accord de l'intéressé. On comprend la volonté du législateur d'assurer la protection de la victime . 222-12. L. I). n° 2010-769. 1er avr. 2) ainsi que des peines encourues par les auteurs des violences. art.07. 10° créé . de placer le mis en examen pour violences ou menaces. 2008). et art. Dans ces deux cas.47. concubin ou partenaire. Guyot. n° 1799. Larribau-Terneyre). n° 2005-1549 : Journal Officiel 13 Décembre 2005 . 53-1. n° 2010-769. en raison du refus du mariage. d'office ou sur instruction du juge d'instruction. cela étant.Le législateur a tout d'abord modifié un certain nombre de circonstances aggravantes. J. 222-13 . des actes de torture et de barbarie (C. sous le régime du placement sous surveillance électronique mobile (CPP. . AN. juill.En ce qui concerne. 72. contre une personne résidant habituellement en France. Politiques pénales en matière de violences conjugales : AJF 2003. I. 138. . 116) et celle du 4 avril 2006. 33. concubin. la médiation pénale n'est possible « qu'à la demande ou avec l'accord de la victime » (CPP. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. en effet. n° 2010-769. pén. de poursuite qu'au niveau du contenu des infractions. 33. 30).87. art. art. famille 2010. pour 24 heures au plus. punies d'au moins cinq ans d'emprisonnement. 22210. . par dérogation à l'article 142-5 du Code de procédure pénale. 9° et 17°). I). art. est créée la circonstance aggravante : « contre une personne en raison de son refus de contracter un mariage ou de conclure une union ». comm. • La refonte des incriminations. permet au juge. Aussi. ce que prévoyait déjà en partie un décret de 2010 (D. n° 2010-769. IV) et des violences volontaires (création d'un 6° bis dans C. sous réserve d'une expertise constatant la dangerosité du condamné. 6. 5° mod. pén. le législateur entend assurer le respect des mesures d'éloignement prises à l'encontre du conjoint violent.27 — web : www. la réponse pénale apportée par le parquet à la plainte de la victime. JCP G 2010. Enfin. 41-1. en matière de menaces. Afin de renforcer la répression des mariages forcés.C.. 141-4). n° 2010-355. 33.S. art. le législateur a renforcé les pouvoirs de la police et de la gendarmerie. 222-3. L. pén. à l'encontre de son conjoint. L. d'information fait au nom de la mission d'évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes. art. art. art. 2010 : Journal Officiel 3 Avril 2010 . L. les peines sont désormais aggravées si les menaces sont commises par le conjoint. la question de la médiation pénale est souvent revenue lors des travaux de la mission parlementaire (Rapp. art. 415 . 131-3612-1 créé . L. art. n° 2010-769. Dr. tout d'abord. On sait que depuis la loi du 12 décembre 2005 relative à la récidive (L. la médiation pénale suppose la mise en présence de deux parties sur un pied d'égalité. dans ces trois incriminations le législateur étend l'application de la loi française si l'infraction est commise. art. la loi nouvelle. art. p. V et VI). le conjoint. Dans ce cas. Dans le cadre de l'enquête de flagrance et de l'enquête préliminaire. act. Afin d'assurer le respect de cette mesure. L. Ensuite. 2009). comme dans le cadre de la garde à vue. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. dans un local de police ou de gendarmerie afin qu'elle soit entendue sur la violation de ces obligations (CPP.capavocat. De même. 142-12-1 créé . n° 2010-769. la personne peut être retenue.

07. n° 2010-769. obs. notamment.554 (2nd arrêt) L'assignation à résidence avec surveillance électronique. L.785 (1er arrêt) Cass. par tout acte de nature à causer un choc émotif : Cass. L.. " aux motifs que José Ramon Y. la crainte d'une condamnation pour dénonciation calomnieuse retient trop souvent la femme de porter plainte. pén..87. n° 2010769.. 36) : en effet. n° 1010-80. 222-14-3 créé . 5. que la mise en accusation de José Ramon Y. manque de base légale . L. 18 mars 2008. 5. obs. Aussi. crim. Mayaud). a eu pour conséquence de contraindre le magistrat instructeur. mais encore d'assurer plus efficacement la répression des auteurs de tels actes. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.. 587. le législateur a prévu une application rapide de la loi. que le mutisme de certains mis en cause. Y. crim. 227-4-3 créé . 25. art. art. est définitive depuis l'expiration du SARL CAPAVOCAT au capital de 7. . n° 2010-769. Depuis la loi du 4 avril 2006. Il créé le délit de non respect des obligations ou interdictions imposées dans une ordonnance de protection (C. Mayaud) .que l'audience au fond n'ait pas pu débuter avant l'expiration du délai. art. Le législateur incrimine expressément les violences psychologiques (C. ce qui entraîne de longs délais . 222-18-3 créé . partenaire (C. 8 avril 2010. pén. 136.capavocat.075 : JurisData n° 2008-043606 . n° 07-86. que l'article 181 du code de procédure pénale prévoit que le délai d'un an à compter de la date à laquelle la décision de mise en accusation est devenue définitive. Le législateur s'est encore attaché aux éléments constitutifs. 44 44 44 44 17. peut être prolongé à deux reprises pour six mois à la condition suivante :. art.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. n° 09-83. I).785 1er arrêt : Cass. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Y. même sans atteinte physique. mais non celle résultant d'un manque de preuves . 2009. 2008.. n° 2010769. en réalité.. crim. art. étant renvoyé devant la cour d'assises de Paris spécialement composée.. art. l'incrimination de dénonciation calomnieuse est modifiée . 137 à 148-2. Cass.. n° 1010-80. sc. I). 6. 31) . art. 7 avril 2010.. il y a des charges suffisantes contre lui d'avoir commis les crimes et les délits connexes qui lui sont reprochés . 227-4-2 créé . que la durée importante de l'information est justifiée. la jurisprudence retenait déjà la qualification de violences volontaires en cas d'agression psychique (le délit de violence est constitué. partenaire ou « ex » (C. à l'encontre de l'intention du législateur. à faire procéder à des expertises multiples et successives à partir des divers objets découverts et saisis. 31. Enfin.C. 222-22 mod. les autres mesures sont d'application immédiate. pén. Pour autant le recours à des dispositifs dérogatoires et exceptionnels pourront être considérés par certains comme excessifs.que ce soit à titre exceptionnel . concubin. pén. 222-14. " en ce que l'arrêt infirmatif attaqué a ordonné la prolongation de la détention provisoire de José Ramon Y. art. Rev. pour accomplir sa mission de recherche de la vérité..174 : Rev. On le voit.. art. 222-33-2-1 créé . 2010. pris de la violation des articles 5 § 3 et 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'homme. par ailleurs les violences au sein du couple sont désormais aggravées si elles sont commises de manière habituelle (C. prévu pour que l'accusé détenu comparaisse devant la cour d'assises.. La loi de 2010 institue une incrimination de harcèlement moral entre conjoint. L. II). et à de nombreux interrogatoires et mesures d'instruction. sc. n° 2010-769. le partenaire ou « l'ex » et la jurisprudence avait écarté cette disposition dans l'hypothèse des violences contraventionnelles (Cass. L. crim. 17.fr . n° 10Sur le second moyen de cassation... pour une durée de six mois à compter du 22 janvier 2010 à 0 heure . la loi de 2010 étend donc cette circonstance aux faits qualifiés contraventions. p. 2e) et ce dernier peut être condamné à une peine de suivi socio judiciaire . art. alternative à la détention provisoire : application dans le temps de l'exigence de motivation spéciale 10-80. le concubin. désormais seule la décision d'acquittement ou de relaxe fondée sur le motif que « le fait n'a pas été commis » pourra entraîner des poursuites pour dénonciation calomnieuse. art. crim. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. 16 déc.. art.. n° 2010-769..47. crim. pén.27 — web : www. par les recherches en vue de retrouver l'ensemble des coauteurs ou complices et par la multiplicité des faits commis . cela étant.620 € R. L. II. art. I) et le délit de non versement des contributions ou subsides dues au titre de l'ordonnance de protection ainsi que la non notification de changement de domicile du créancier (C. pour une raison de fait ou de droit faisant obstacle au jugement.. Il supprime la présomption simple de consentement des époux à l'acte sexuel institué par la loi du 4 avril 2006 (C. L. n° 2010-769. défaut de motifs. cette présomption allait. même s'ils ont pu légitimement adopter cette position. 7 avril 2010.S. Les dispositions relatives à l'ordonnance de protection entreront en vigueur le 1er octobre 2010 . 181 et 593 du code de procédure pénale. le législateur s'est doté d'un arsenal susceptible non seulement de renforcer la protection des victimes de violences au sein du couple. pén. p. . art. 4° mod.. l'article 132-80 du Code pénal érige en circonstance aggravante le fait que le crime ou le délit a été commis par le conjoint. crim. pén.

du code de procédure pénale. en raison de l'encombrement du rôle de la cour d'assises de Paris spécialement composée . " 1°) alors qu'une apparence de motivation jette un doute légitime sur l'impartialité de la juridiction et équivaut à une absence de motivation .fr 45 45 45 45 . qu'il y a donc lieu de faire droit à la requête et de prolonger à titre exceptionnel pour six mois la détention provisoire de José Ramon Y. avaient apporté une diligence particulière à l'audiencement de la présente procédure. a violé les articles 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'homme et 593 du code de procédure pénale . a été notablement aggravé en 2008 et 2009 par la complexité particulière de certaines affaires jugées. " 3°) alors qu'en ne recherchant pas. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. caractérisant ainsi l'existence de difficultés structurelles et non conjoncturelles. dans le même temps. en faisant valoir que celui-ci ne pourra pas comparaître dans le délai d'un an de l'article 181 du code de procédure pénale. et l'appréciation du trouble à l'ordre public.. dans un dossier criminel distinct mais impliquant la même organisation ETA et portant sur des faits de même nature (arrêts du 22 septembre 2009.capavocat. de sorte qu'une nouvelle demande de prolongation « exceptionnelle » était d'emblée prévisible. l'attitude de l'accusé durant l'information. du code de procédure pénale . qui utilisent la France pour y préparer des attentats ou comme base de repli pour des activistes recherchés prenant la clandestinité. qu'en reprenant de façon flagrante et majeure la motivation qu'elle avait adoptée pour ordonner la prolongation de la détention de deux autres accusés sur le fondement de l'article 181 du Code de procédure pénale.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. tels que ceux qui sont reprochés à José Ramon Y. qu'en raison des motifs sus-indiqués. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.. . alinéa 9. les mêmes circonstances de fait alléguées dans une autre affaire pour justifier de l'encombrement de la juridiction appelée à statuer au fond.. la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. l'avocat du prévenu recevait l'information que le procès était fixé aux mois de novembre et décembre 2010. de la non réitération des faits au vu de son implication ancienne à l'ETA alors que son attitude pendant l'information et en détention a montré la persistance de son implication dans le mouvement terroriste . la chambre de l'instruction a violé les articles 5 § 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et 181.07. les obligations du contrôle judiciaire se révèlent.87. alinéa 9. que les difficultés récurrentes de fonctionnement de la juridiction appelée à statuer au fond ne sont de nature à justifier ni la méconnaissance du délai raisonnable ni une prolongation exceptionnelle de la détention pour une nouvelle durée de six mois . en application de l'article 181. dénotant une puissance de feu à peine imaginable dans des démocraties. la chambre de l'instruction a privé sa décision de base légale au regard des articles 5 § 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et 181.27 — web : www. l'arrêt prononce par les motifs repris au moyen moyen . insuffisantes pour atteindre ces objectifs . quatre mois après. soit plus de 5 ans. qui laisse à penser que la prolongation de la détention était décidée d'avance. que le procureur général a saisi la chambre de l'instruction pour le renouvellement de la prolongation de six mois de la détention provisoire de l'accusé.C. qu'en reprenant.268). qu'il y a donc des raisons expliquant le caractère exceptionnel du délai et du respect en l'espèce du concept du délai raisonnable . nécessairement prioritaire puisque José Ramon Y. comme elle y était pourtant expressément invitée. du code de procédure pénale . quant à la justification de la durée importante de l'information. délai imparti pour se pourvoir en cassation contre l'arrêt d'accusation . Attendu que. qu'elle constitue l'unique moyen de parvenir à l'un ou plusieurs des objectifs cités par l'article 144 du code de procédure pénale et que ceux-ci ne sauraient être atteints en cas de placement sous contrôle judiciaire ou d'assignation à résidence avec surveillance électronique . la justification des raisons conférant un caractère exceptionnel au délai. au regard de son caractère influençable. sont de ceux qui troublent à l'évidence de manière exceptionnelle et persistante l'ordre public qui ne peut être apaisé que par la détention . la chambre de l'instruction a privé sa décision de base légale " . est en détention provisoire depuis le 7 octobre 2004. pour prolonger pour une nouvelle durée de six mois. que les faits de terrorisme. la détention provisoire du demandeur.276 et pourvoi n° 09-87. raison de fait ayant fait obstacle au jugement.. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. que l'ETA continue à avoir des activités en France . alinéa 9. qui indiquaient que la date d'audiencement était prévue pour le mois de juin 2010 alors que.47. au regard des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. au débordement de quatre semaines des durées prévues dans deux affaires et à un accident survenu à l'un des présidents de la cour d'assises de Paris spécialement composée qui l'a rendu indisponible de novembre 2008 à février 2009 . " 2°) alors que toute personne détenue a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou libérée pendant la procédure .620 € R.. que faute d'avoir constaté que les objectifs assignés en l'espèce à la détention provisoire ordonnée ne pouvait être atteints par une assignation à résidence avec surveillance électronique. en dépit des garanties offertes. qu'il résulte des informations précises et détaillées des réquisitions du parquet général que l'encombrement du rôle de la cour d'assises de Paris spécialement composée. qu'elle (sic) est aussi la seule mesure propre à s'assurer.S. " 4°) alors que la détention provisoire ne peut être ordonnée ou prolongée que s'il est démontré. si les autorités compétentes. pourvoi n° 09-87..

que l'enquête de faisabilité ordonnée par le juge des libertés et de la détention..C... au moins en partie. que.. qu'une mesure de contrôle judiciaire ne peut sérieusement empêcher que ne se poursuive cette collusion . . par lequel l'accès au dossier a été rendu possible.47.protéger la personne mise en examen de tous risques de représailles de la part du clan de malfaiteurs auquel appartient la victime.fr 46 46 46 46 .. . rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.prévenir le renouvellement de l'infraction de la part de Jean-Luc X.. séjournant auprès de Michel B. manque de base légale . infirmant l'ordonnance déférée de mise en liberté sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence et placement sous surveillance électronique..87. crim. ne sont pas suffisantes au regard des motifs ci-dessus exposés . ni la motocyclette des tueurs . notamment par lui.. Jean-Jacques A.que Jean-Luc X. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.. de supprimer effectivement la victime et la valeur dérisoire accordée... que Jean-Luc X. procèdent du témoignage de personnes qu'il échet de mettre à l'abri de toute interférence dans la manifestation de la vérité. sans attache professionnelle et qui n'a pas hésité à se mettre durablement en fuite. notamment contre Jean-Luc X.. tout de suite après les faits.. que ces recommandations paternelles renouvelées laissent peu augurer des gages de représentation de l'intéressé ... mettant à profit leur fuite et après la mise en examen de Jérémy Y.préserver la poursuite de l'information de tous risques de pression sur la victime et les témoins alors que les charges rassemblées.... son père.. Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme .conserver les preuves ou indices matériels dans la mesure où la ou les armes du crime n'ont pas été retrouvées. qui avait invité le service pénitentiaire d'insertion et de probation à cerner le projet professionnel actuel en France de Jean-Luc X.. la réalité de ce risque inspirant notamment à Jean-Luc X. qu'ainsi. a déclaré avoir appelé téléphoniquement. une crainte pour sa vie qu'il confesse et dit avoir été. dans l'attente du décret prévu par l'article 142 de procédure pénale. n° 10Sur le moyen unique de cassation. qu'une modalité du contrôle contrôle judiciaire sur l'insuffisance duquel elle s'est expliquée.. qu'il considère comme son oncle et qui exploite dans ce pays des casinos où Jean-Luc X. et Jean-Luc X.554 2nd arrêt : Cass. et se réservant le contentieux de la détention . en elle même difficile dans le contexte insulaire .. pris de la violation des articles 137. D'où il suit que le moyen ne saurait être admis .. . . l'intérêt qui s'impose plus que jamais pour assurer sa sécurité. les circonstances de leur commission et l'importance du préjudice causé. . lui-même en fuite et a reçu de lui le conseil de ne pas se rendre "en attendant que la police fasse son travail" . le 142-13 du code placement sous surveillance électronique n'était. Mathias Z. . . 593 du même code.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. sa reddition n'est que le fruit d'un calcul après que la tentative de se munir de faux papiers a échoué par l'interpellation de Jérémy Y. 10-80.S. ces faits se situant dans une funeste succession de nombreux règlements de compte en Corse devant laquelle les autorités sont tenues de réagir de manière drastique sous peine de voir se poursuivre cette dérive sanglante qui plonge l'opinion dans l'inquiétude et l'indignation et suscite une attente forte de la réaction sociale .. se sont concertés pour mettre au point une version commune. avait le projet de travailler dans un proche avenir.capavocat... pendant sa cavale. si l'on considère à la fois la facilité du passage à l'acte criminel qui lui est imputé. 8 avril 2010. s'agissant d'une tentative d'assassinat à l'arme à feu par des tireurs embusqués.empêcher une concertation frauduleuse de la personne mise en examen avec ses coauteurs ou complices.. étant précisé que. et n'est intervenu qu'à la faveur d'une conspiration contre la vérité .. 137-3. "en ce que l'arrêt attaqué. REJETTE le pourvoi . a ordonné la remise à effet du mandat de dépôt décerné contre le mis en examen le 15 octobre 2009. que les obligations d'un contrôle judiciaire.. la détention provisoire est nécessaire à l'instruction et à titre de sûreté" . 144 du code de procédure pénale.mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l'ordre public provoqué par la gravité des faits. ne fournit à cet égard aucune indication . destinée à les exonérer en prenant en compte les éléments à charge du dossier . loin de traduire des gages de représentation en justice.27 — web : www.620 € R. à l'origine de sa fuite .. aussi strictes soient-elles. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. a déjà fait plusieurs séjours au Gabon. cette perspective étant de nature à affaiblir encore davantage les garanties de représentation en justice du mis en examen .. 143-1. Attendu qu'en se déterminant ainsi.. défaut de motifs. à la vie humaine . et dès lors qu'à la date à laquelle elle s'est prononcée. essayant même de s'établir dans cette situation en se procurant de faux papiers (faits pour lesquels il n'a d'ailleurs pas encore été mis en examen ) . "aux motifs que la poursuite de sa détention s'impose pour : .07.garantir la représentation en justice de Jean-Luc X. la chambre de l'instruction a justifié sa décision sans méconnaître les dispositions conventionnelles invoquées .

dans l'attente du décret prévu par l'article 142 pénale. qui oblige la personne à demeurer à son domicile ou dans une résidence fixée par le juge d'instruction ou le juge des libertés et de la détention et de ne s'en absenter qu'aux conditions et pour les motifs déterminés par ce magistrat. en raison des nécessités de l'instruction ou à titre de mesure de sûreté. l'article 144 du code de procédure pénale dispose ainsi désormais : « La détention a personne mise en examen. ni même que la détention est l'unique moyen de parvenir à ces objectifs. l'arrêt attaqué. "1°) alors que la décision. Dans cette rédaction. REJETTE le pourvoi .620 € R. au regard des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure.27 — web : www. 2°) alors que la détention ne peut être ordonnée que si les objectifs qu'elle tend à assurer ne peuvent être atteints par une assignation à résidence sous surveillance électronique . qui ordonne. dans sa rédaction antérieure à la loi pénitentiaire. la chambre de l'instruction a méconnu les textes susvisés . pour une durée de six mois renouvelable sans pouvoir dépasser deux ans. si celles-ci se révèlent insuffisantes. la la chambre de l'instruction. faute d'avoir constaté que les objectifs assignés en l'espèce à la détention provisoire ordonnée ne pouvaient être atteints par une assignation à résidence avec surveillance électronique. que la détention constitue l'unique moyen de parvenir à l'un ou plusieurs des objectifs visés qui ne sauraient être atteints en cas de placement sous contrôle judiciaire .07. assorti d'obligations strictes et de mesures de protection rigoureuses. si les obligations du contrôle judiciaire ou de l'assignation à résidence avec surveillance électronique ne permettent pas d'atteindre ces objectifs. prévoient pour l'essentiel que la mesure d'assignation à résidence avec surveillance électronique. et pour la computation des peines privatives de liberté. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. la chambre de l'instruction a privé sa décision de base légale" . et qu'elle a infirmée.. sous contrôle judiciaire avec placement sous surveillance électronique. mesure qu'avait précisément prise l'ordonnance frappée d'appel. ajoute la loi pénitentiaire n° 2009-1436 du 24 novembre 2009. en vigueur depuis le 26 novembre 2009. pour infirmer l'ordonnance du juge des libertés et de la détention portant mise en liberté de JeanJean-Luc X.S. le placement sous surveillance électronique constituait une modalité d'exécution d'une des obligations pouvant être fixées par le contrôle judiciaire. issus de la loi pénitentiaire. qui s'est déterminée par des considérations de droit et de fait répondant aux exigences des articles 137137-3. 143143-1 et suivants du code de procédure pénale. de relaxe ou d'acquittement. Les articles 142-5 à 142-13 du code de procédure pénale. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.fr . et dès lors qu'à la date à laquelle elle s'est prononcée. Modifié par une disposition de coordination de la loi pénitentiaire. L'assignation à résidence avec surveillance électronique a vocation à se substituer au contrôle judiciaire avec placement sous surveillance électronique prévu par l'avant-dernier alinéa de l'article 138 du code de procédure pénale. Et attendu que les arrêts sont réguliers en la forme .L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. être assignée à résidence avec surveillance électronique. soit l'obligation. de ne s'absenter de son domicile ou de la résidence fixée par le juge de l'instruction ou le juge des libertés et de la détention qu'aux 47 47 47 47 provisoire ne peut être ordonnée ou prolongée que s'il est démontré. retient que les obligations du contrôle judiciaire. ne sera possible que pour les délits punis d'une peine d'au moins deux ans d'emprisonnement. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Attendu qu'en statuant ainsi.C. énonce l'article 137 du code de procédure pénale. prolonge une détention provisoire ou rejette une demande de mise en liberté doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait sur le caractère insuffisant des obligations du contrôle judiciaire et démontrer. a justifié sa décision . qu'une modalité du contrôle judiciaire sur l'insuffisance duquel elle s'est expliquée. qu'elle devra être prononcée. elle peut être astreinte à une ou plusieurs obligations du contrôle judiciaire ou.capavocat. présumée innocente. au regard des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure. après avoir exposé les divers objectifs objectifs assignés au maintien en détention provisoire du mis en examen. Attendu que. qu'elle constitue l'unique moyen de parvenir à l'un ou plusieurs des objectifs suivants et que ceux-ci ne sauraient être atteints en cas de placement sous contrôle judiciaire ou d'assignation à résidence avec SARL CAPAVOCAT au capital de 7. aussi strictes soientsoient-elles. que. Toutefois. que la personne concernée peut être placée en détention provisoire. reste libre..47. à l'issue d'un débat contradictoire et que la mesure sera assimilée à la détention provisoire pour les réparations dues en cas de non-lieu. prévue par le 2° du même article. le placement sous 142-13 du code de procédure surveillance électronique n'était. L Observations : conditions et pour les motifs déterminés par ce magistrat. Et ce n'est qu'à titre exceptionnel. D'où il suit que le moyen doit être écarté . qu'en se déterminant comme elle l'a fait. ne sont pas suffisantes au regard desdits objectifs .87. sans préciser expressément en quoi les objectifs fixés ne pouvaient être atteints par un placement sous contrôle judiciaire sous surveillance électronique.

même si la loi ne soumettait pas expressément l'application desdites dispositions à la parution du décret. les conditions dans lesquelles l'accord de la personne concernée doit être recueilli. Or. qui ne constitue qu'une modalité du contrôle judiciaire (23). elle entend attirer l'attention sur cette nouvelle exigence de motivation spéciale. la chambre criminelle se prononce sur l'application dans le temps de cette disposition nouvelle. matérielle et sociale de la personne mise en examen). 32-3 à D. certes postérieurement à l'entrée en vigueur de la loi pénitentiaire.capavocat. mais antérieurement à la publication dudit décret. surveillance électronique ». C'est dans ces conditions qu'elle a jugé que.C.620 € R. l'article 706-63 du code de procédure pénale n'a pas subordonné à la parution d'un tel décret l'entrée en vigueur de ces dispositions. la réponse à la question posée ne s'imposait donc pas de toute évidence. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. l'article 142-13 du code de procédure pénale prévoit qu'un décret détermine les modalités d'application de la sous-section 2 comprenant les articles 142-5 à 142-13 du même code. par des dispositions numérotées D. C'est ainsi que la question se posait de savoir si l'exigence de motivation spéciale concernant l'assignation à résidence avec surveillance électronique était applicable immédiatement. Et les décisions attaquées s'étaient prononcées. il convient de relever que le décret du 1er avril 2010 règle de façon extrêmement minutieuse.S. est paru au Journal officiel du 3 avril 2010. est entré en vigueur à la date prévue par l'article 13 de cette même loi. les modalités d'application des articles 142-5 à 14213 relatifs à l'assignation à résidence avec surveillance électronique. 32-31.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. En ce qui concerne l'application dans le temps de cette disposition nouvelle. C'est une nouvelle exigence de motivation spéciale qui pèse donc sur les juges du fond. les demandeurs au pourvoi soutenaient que. En application de ces principes. Dans la même ligne. Dans les espèces dont il s'agit. par ailleurs suffisamment claires et précises pour être appliquées immédiatement (22). soit le 1er juin 1988.47. que l'exigence de motivation spéciale n'était pas applicable dans la période précédant l'entrée en vigueur du décret. On peut supposer que la chambre criminelle a ainsi considéré que les dispositions des articles 1425 à 142-13 du code de procédure pénale n'étaient pas suffisamment précises pour permettre la mise en oeuvre de la mesure d'assignation à résidence avec surveillance électronique dès l'entrée en vigueur desdits articles. notamment les mesures préalables au placement (par exemple la possibilité de saisine du service pénitentiaire d'insertion et de probation aux fins d'enquête de faisabilité technique et de vérification de la situation familiale. ces nouvelles dispositions ne sont applicables qu'à compter de la publication du décret d'application prévu par le nouvel article 142-13 du code de procédure pénale. Par les arrêts commentés. le décret n° 2010-355 relatif à l'assignation à résidence avec surveillance électronique et à la protection des victimes de violences au sein du couple. Au-delà. nonobstant le fait que le décret pris pour l'application de cette loi n'ait été promulgué que le 14 novembre 1988. par les arrêts commentés. en prévoyant qu'un décret en conseil d'Etat préciserait « en tant que de besoin » les conditions d'application des dispositions du titre XXI du livre IV du code de procédure pénale relatives à la protection des témoins. Au regard de ces principes.07. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.87. que l'article 1er de la loi du 30 novembre 1987 relative à la prévention et à la répression du recel et organisant la vente ou l'échange d'objets mobiliers. la motivation de l'ordonnance de placement. La chambre criminelle a cependant considéré. étant observé qu'elle s'était 48 48 48 48 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. soit le placement sous surveillance électronique « ancienne formule ». une loi est exécutoire dès sa publication (21).fr . Pourtant. dans la mesure où les obligations mises par cette loi à la charge des revendeurs d'objets mobiliers étaient suffisamment claires et précises et dans la mesure où son application n'était pas expressément subordonnée à la parution du décret. dès l'entrée en vigueur de la loi pénitentiaire. par l'arrêt précité du 18 septembre 1990. A cet égard. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. l'assignation à résidence avec surveillance électronique ne pouvait être ordonnée et donc qu'il ne pouvait être fait grief à la chambre de l'instruction de ne pas avoir motivé spécialement ses décisions sur la seule mesure du même ordre possible. il avait été jugé. les dispositions applicables en cas de non-respect. ou bien si son application était subordonnée à la parution du décret d'application de la loi. De même. en l'absence de disposition subordonnant expressément ou nécessairement son exécution à une condition déterminée. Est ainsi réglementé un dispositif relativement complexe. faute d'avoir constaté que les objectifs assignés à la détention provisoire ne pouvaient être atteints par une assignation à résidence avec surveillance électronique. Selon la circulaire de la direction des affaires criminelles et des grâces du 1er décembre 2009 relative à la première présentation des dispositions de la loi. la modification ou la mainlevée de la mesure. et ce. la chambre de l'instruction avait privé sa décision de base légale. la chambre criminelle a énoncé qu'une loi entre normalement en application à la date de sa publication ou au terme expressément fixé pour son entrée en vigueur (20). le décret n'étant pas paru à la date des arrêts attaqués.27 — web : www. les spécificités relatives aux mineurs. du 1er avril 2010.

D. Dans cette attente. 18 sept. bien expliquée sur l'insuffisance du contrôle judiciaire. Nord-Wagner. En cet état. on ne saurait trop inviter les juges du fond à faire preuve de la plus grande vigilance quant à la motivation de leurs décisions de placement ou de prolongation de détention provisoire. 4 déc.912. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. n° 102. la 49 49 49 49 V. 2003. n° 315. et a ainsi justifié l'allocation. dans sa nouvelle rédaction.573. cf. 2008.47. 210 . cf. est désormais applicable. 18. 9 juill. Leprieur. que les juridictions correctionnelles ne peuvent d'office ou à la demande des des parties se déclarer incompétentes pour SARL CAPAVOCAT au capital de 7. égal.27 — web : www. et sans excéder les limites de sa saisine. n° 188 . 228. civ.620 € R. la chambre criminelle a jugé qu'encourt la censure l'arrêt de la chambre de l'instruction qui omet de préciser expressément que le ou les objectifs poursuivi(s) par le placement en détention ne pouvaient être atteints par un placement sous contrôle judiciaire (24). répondu aux chefs péremptoires des conclusions dont elle était saisie et caractérisé en tous leurs éléments. par ailleurs. Bull. 18 juin 2008. l'arrêt ordonnant la remise en liberté d'un mis en examen.. 2010. — Le jugement 18. l'article 144 du code de procédure pénale.034 La légalisation de la correctionnalisation judiciaire .L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. de l'indemnité propre à réparer le préjudice en découlant . n° 50 . D. crim. En effet. D. Un arrêt récent est venu préciser. suite à la cassation de la décision de la chambre de l'instruction ayant ordonné la prolongation de sa détention provisoire : Crim. Attendu que. 2007. 711 . le demandeur ne saurait invoquer l'incompétence de la chambre correctionnelle de la cour d'appel dès lors qu'il résulte de l'article l'article 469. 1653 et s. on est amené à s'interroger sur le point de savoir si des solutions identiques s'appliqueront dans le cas où les juges du fond auront omis de préciser que les objectifs de la détention ne peuvent être atteints par une assignation à résidence avec surveillance électronique. Nul doute que la chambre criminelle précisera en temps utile sa jurisprudence et la portée qu'il convient de donner à la modification récente de l'article 144 du code de procédure pénale. 16 févr. D. 2285. D. crim. pénale. n° 08-80. (25) Crim. sans insuffisance ni contradiction. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. « la détention provisoire ne peut être ordonnée ou prolongée que s'il est démontré. Au-delà de cette question de droit transitoire. qu'elle constitue l'unique moyen de parvenir à l'un ou plusieurs objectifs définis par ce texte et que ceux-ci ne sauraient être atteints en cas de placement sous contrôle judiciaire ».fr Cass. n° 0786. l'énoncé des considérations de droit et de fait sur le caractère insuffisant des obligations du contrôle judiciaire. A.07. « qu'en conséquence de cette annulation. 2008. 1er mars 1990. laquelle avait réécrit l'article 144 du code de procédure pénale en prescrivant que personne concernée est libérée. 1996. 26 mars 2008. tant matériels qu'intentionnel. 6 mai 1996. 853 . _____________ (20) Crim.112. n° 138 . au regard des éléments précis et circonstanciés de la procédure. 2008. (24) Crim. Bull.C. obs. du Code de procédure pénale. n° 157 . crim. (…) Attendu que les énonciations de l'arrêt attaqué mettent la Cour de cassation en mesure de s'assurer que la cour d'appel a. pp. Bull. Bull. 2003.87. les arrêts commentés présentent un intérêt non négligeable pour les praticiens et posent un certain nombre de questions que la chambre criminelle sera vraisemblablement amenée à trancher dans les mois à venir. dans sa rédaction issue de la loi du 9 mars 2004 entrée en vigueur le 1er octobre 2004. 2147 . les délits dont elle a déclaré le prévenu coupable. n° 0909-85. quid d'un arrêt qui ordonnerait ou prolongerait la détention provisoire sans préciser que les objectifs de ladite détention ne peuvent être atteints par une assignation à résidence avec surveillance électronique ? On peut rappeler qu'à la suite de la modification législative introduite par la loi n° 2007291 du 5 mars 2007.capavocat. Bull. AJ pénal 2008. dans le même sens Crim. 3 février 2010. sans comporter. (22) Crim. crim. 2010. Dans ces conditions. D. au profit des parties civiles. crim. en cours de publication . n° 09-87. (23) Crim. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.S. 1990. contrairement aux prescriptions des articles 144 et 137-3 du code de procédure pénale. 26 févr. si elle n'est détenue pour autre cause » (25). alinéa 4. dans le cas de la cassation d'un arrêt ordonnant le placement en détention provisoire de l'intéressé. M. Bull. (21) Crim. 2010. crim.

132-18. X. Procédure pénale : Cujas. 787. cette situation est autorisée par les textes (C. Pradel. de la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004. 2003.consiste. cette correctionnalisation judiciaire a été légalisée dans une hypothèse particulière (qui joue le plus souvent en matière d'infractions sexuelles).que l'on n'a pas l'habitude de désigner ainsi .L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. pour cette dernière -. J. le jugement étant confirmé par la chambre des appels correctionnels. ANALYSE Voilà une décision de plus qui. partant.620 € R. Maistre du Chambon. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires.-C. Pradel. al. sc.certes légaux. faisant application de l'article 469. le juge correctionnel aurait dû se déclarer incompétent au profit de la cour d'assises. Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme .87. alinéa 4. 245 . Le consentement en matière pénale : LGDJ. au lieu d'être les servantes des premières. Celle-là est illégale. n° 29). 2002. 1er) et constitue une mise en oeuvre normale du principe d'individualisation des peines. par l'article 124. comme si ce dernier revêtait. ne saurait être admis . eux qui atténuent quelque peu la rigueur du droit pénal de fond : opportunité des poursuites et classement sans suite.ce qui est pire encore. D'où il suit que le moyen.. qui a modifié l'article 469 du CPP (V.est plus étonnante (sur ses motifs : D. aux motifs que l'une des parties civiles avait « subi des attouchements et une pénétration sexuelle ou une tentative de pénétration sexuelle vécue comme telle » et que l'autre « avait subi dans le sexe outre des attouchements. notamment. Conte et P. La correctionnalisation : JCP G 1950. 50 50 50 50 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Laurent. G.1. le condamné se pourvoit en cassation et remarque. Le premier . J. des pénétrations digitales et des tentatives de pénétrations péniennes ». en sont les maîtresses. Par ailleurs. (…) 1 Note : A. à appliquer une peine correctionnelle à un crime. CONTEXTE Une instruction menée pour infractions sexuelles commises à l'encontre de deux mineures se clôt par le renvoi de la personne mise en examen devant le tribunal correctionnel.07.. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.capavocat. Dechenaud.fr . Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. La seconde variété de correctionnalisation judiciaire (sur ses multiples variantes : J. 2002. La correctionnalisation judiciaire : th.S.. II. contre toute logique. ainsi que des éléments de preuve contradictoirement débattus.47. n° 775 . crim. d'instruction. L'égalité en matière pénale : LGDJ. A. op. rappelle que les juridictions correctionnelles ne peuvent d'office ou à la demande des parties se déclarer incompétentes pour juger des faits de nature à entraîner une peine criminelle si la victime était constituée partie civile et assistée d'un avocat lorsque le renvoi devant la juridiction de jugement a été ordonné par le juge d'instruction. ce qui était le cas en l'espèce 2. crim. C. d'un crime et. Le juge naturel en droit criminel interne : Rev. Rejette le pourvoi . du CPP. Pin. La rétention de la compétence en cas de correctionnalisation judiciaire légalisée Il existe deux grands types de correctionnalisation judiciaire. absence de motivation des arrêts d'assises. la gravité d'un simple délit . portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité. 1993 . mais en se conformant à la loi . se borne à remettre en question l'appréciation souveraine. la doctrine ne tarit donc pas de critiques à son égard (Ph. 4e éd. Procédure pénale : Armand Colin. . en raison du caractère d'ordre public des règles de compétence juridictionnelle. p. La privatisation du procès pénal : Rev. pén. juger des faits de nature à entraîner une peine criminelle si la victime était constituée partie civile et assistée d'un avocat lorsque le renvoi devant la juridiction de jugement a été ordonné par le juge d'instruction. . du chef d'agressions sexuelles aggravées (mais non constitutives de viols). en ses trois dernières branches. sc. n° 407 et s. n° 118) . Se fondant sur les articles 381 et 519 du CPP.. ce qui était le cas en l'espèce . pour la cour d'assises. en réalité. art. par les juges du fond. Montpellier. cit. Le prévenu est alors reconnu coupable de ces délits en première instance. d'en saisir la juridiction correctionnelle (V. jury populaire. qui fait fi des règles du droit pénal de fond (mise en oeuvre d'une qualification inadéquate) et de la procédure pénale (rétention d'une compétence au fond injustifiée) . Laplanche. des faits et circonstances de la cause. I. n° 128 . Royer. 852 et 877). Le pourvoi est cependant rejeté par la chambre criminelle. qui. 2008-2009. in concreto. n° 120) : il s'agit d'appliquer une qualification délictuelle à des faits constitutifs. Darsonville. L'on pourrait pourtant la rattacher à ces institutions et mécanismes procéduraux . 2002. La légalisation . soumet les règles du droit pénal spécial à celles de la procédure pénale : les secondes. qui. que les faits de pénétration sexuelle relevés à son encontre constituent le crime de viol et que.27 — web : www. 2008. p. 14e éd.à laquelle on réserve cette dénomination .C. Ainsi un tribunal correctionnel et une chambre des appels correctionnels peuvent-ils juger des faits de pénétration sexuelle pour les travestir en simples agressions sexuelles.

crim.. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Au demeurant. que « Le tribunal correctionnel saisi de poursuites exercées pour un délit non intentionnel conserve la possibilité de renvoyer le ministère public à se pourvoir s'il résulte des débats que les faits sont de nature à entraîner une peine criminelle parce qu'ils ont été commis de façon intentionnelle » (CPP.puisqu'il n'est pas formellement dit le contraire . l'article 512 du CPP précise que. B. 186-3. de l'autre. p. n° 08-84.capavocat. son nouvel alinéa 4 ajoute en revanche que. crim. pén. 31 oct. note P.87. n° 05-87.. Au total. JCP G 2009. 2008). Cass. Cette solution est. dès lors que. 24 mars 2009.719 : JurisData n° 2009-046808). à défaut de pouvoir inviter le parquet à se pourvoir. les juges constateraient l'absence de délit . 18 juin 2008. cependant. partant. n° 84 . partant.S. le tribunal correctionnel ne peut pas faire application. sur le fondement de cette dernière.27 — web : www.076 : JurisData n° 2008-043615 . Degorce .comme le confirme le présent arrêt . des actes de pénétration sexuelle. le tribunal correctionnel puis la cour d'appel pouvaient et devaient effectivement se déclarer compétents et. en principe. 2007. JCP G 2008. La conséquence n'est pas aussi absurde qu'il y paraît. tel qu'il est rédigé.849 : JurisData n° 2009-047883 . alors. d'office ou à la demande des parties. Bull.Cass. les juges supérieurs ne peuvent raisonnablement reprocher au tribunal de première instance d'avoir respecté ce dernier texte.2. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. n° 60 . crim. si la victime était constituée partie civile et était assistée d'un avocat lorsque ce renvoi a été ordonné » (Cass. 2006.puisqu'il y a crime . L'ensemble de ces dispositions est applicable devant la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel . 7 janv. alors qu'étaient expressément relevés. 2008. de la correctionnalisation judiciaire : Dr. 2009. la jurisprudence considère que la juridiction correctionnelle est contrainte de retenir la qualification délictuelle (elle peut aussi. logique : pourquoi imposer la compétence du tribunal correctionnel si ce n'est pour lui permettre de condamner la personne poursuivie du chef de délit ? Pourtant. Bull. art. 469) .. Au fond. En l'espèce.: d'un côté. n° 08-83. « Si le fait déféré au tribunal correctionnel sous la qualification de délit est de nature à entraîner une peine criminelle. crim.. 1714. À cet égard. IV.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. à admettre la différence de faits (sur cette notion : O.605 : JurisData n° 2006- 036386. s'abstenir de renvoyer le ministère public à mieux se pourvoir. Mais sur l'application. crim. il ne traite que de l'aspect procédural de la question : lorsque le tribunal correctionnel estime que le comportement dont il est saisi constitue un crime. la décision statuant du chef de délit n'aurait pas autorité de la 51 51 51 51 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. par exception à l'exception. par hypothèse.appliquer les règles normales de la responsabilité pénale. l'alternative entre les qualifications criminelle et délictuelle ne dépendait pas d'une différence d'élément moral. . de l'autre. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. par la cour d'appel. Rev. D. n° 07-80.07. note G. n° 07-85. En la forme. si bien que celles de l'article 469 doivent être transposées à cette dernière.. Roussel .688 : JurisData n° 2008044910. mais d'agressions sexuelles stricto sensu. crim. si son alinéa 1er énonce toujours que. 2009. « Lorsqu'il est saisi par le renvoi ordonné par le juge d'instruction ou la chambre de l'instruction.. Décima. d'une part. En effet. crim.fr . la limite permet notamment au tribunal de refuser sa compétence si le prétendu homicide involontaire constitue en réalité un meurtre (Cass. 1806 . l'article 519 dispose que cette dernière doit annuler le jugement et se déclarer pour le surplus incompétente ainsi que renvoyer le ministère public à se pourvoir ainsi qu'il avisera si elle estime que les faits sont de nature à entraîner une peine criminelle . il doit malgré tout retenir sa compétence et.C. 27 mars 2008. Chaumont et E. 2009. AJP 2009. crim. « Les règles édictées pour le tribunal correctionnel sont applicables devant la cour d'appel ». 2007..Cass. la loi garde le silence. n° 08-81. CPP. étude 4).134) : en l'espèce. p. Il est néanmoins prévu. sc. . l'on pourrait tout aussi bien estimer que le tribunal est bien tenu d'accepter sa compétence mais doit alors . IV. 18 juin 2008. au fond. note Y. l'on observera que rien dans l'alinéa 4 de l'article 469 du CPP n'oblige la juridiction correctionnelle à appliquer la qualification délictuelle : tel que le texte est rédigé. al.47.et prononceraient la relaxe. le tribunal renvoie le ministère public à se pourvoir ainsi qu'il avisera ». des dispositions du premier alinéa. n° 07-88. 590. . les conditions légales de la correctionnalisation étaient remplies (rappr. il résultait de l'instruction que certaines des agressions sexuelles poursuivies semblaient constituer des viols consommés ou tentés et que. 318. L'exercice de la compétence en cas de correctionnalisation judiciaire légalisée L'alinéa 4 de l'article 469 du CPP semble régler entièrement la question de la correctionnalisation judiciaire des faits criminels. Mayaud).620 € R. L'identité des faits en matière pénale : Dalloz. 7 nov. 1er) ou ont échoué dans cette entreprise. crim. En réalité. ces dispositions ont été jugées non contraires aux articles 6 et 8 de la Convention EDH (Cass. les victimes s'étaient constituées parties civiles à l'information et étaient assistées d'un avocat lorsque le renvoi avait été ordonné. 1880) . des règles de droit pénal de fond. le prévenu a finalement été reconnu coupable non pas de viol. conclure à la prescription de l'action publique : Cass. Dans ce cas. La mauvaise qualification est ainsi fictivement considérée comme exacte lorsque les parties publique et privées ont renoncé à en demander la rectification au magistrat instructeur (V. 2009. crim. mais. juger l'affaire au fond. art.149 : JurisData n° 2008-044914). p.

130. dans une hypothèse semblable. l'exercice de la correctionnalisation par la juridiction de jugement est très malaisé. chose jugée quant au crime (comp. crim. Pareil mécanisme revêt cependant. comme avant eux le magistrat instructeur.07. Telle est la solution envisagée par quelques membres du Comité Léger. entre autres. le défaut particulier de confier le choix du type de juridiction à la seule victime (partie civile ?).fr . ce qui va bien au-delà d'une simple requalification et d'un banal aménagement des règles de compétence légalement consenti ? 3. doctr. Décima et S. étude 8) présenterait l'avantage. Detraz. elle ne pourrait surgir en ces termes. n° 758 52 52 52 52 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. 2009.et. d'étendre aux affaires criminelles le procédé de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. d'autre part. en ce cas. au mépris de l'utilisation avérée d'une substance mortifère ? N'est-ce pas. le viol comprend des actes qui peuvent être qualifiés de simples agressions sexuelles (toucher les parties intimes de la victime par exemple).719 : JurisData n° 2009-046808). mais seraient confiés à la compétence du tribunal correctionnel. JCP G. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. elle pourrait à l'avenir se voir investie d'un rôle pénal effectif .du chef d'assassinat) . Detraz. D'ailleurs. Réflexions sur l'inscription de l'inceste dans le Code pénal par la loi du 8 février 2010 : JCP G 2010.pour l'heure inutile.C. I. quelle que soit la technique employée. 222-31-1 et 227-27-2) . Valoteau. 2006. 7 janv.865 : JurisData n° 2010-000805 . 3 et 4 mars 2010. être jugés par le tribunal correctionnel sous la qualification de viol. de pouvoir retenir la qualification véritablement applicable aux faits. Peut-on. Pareille amputation des faits poursuivis peut également être effectuée lorsque la qualification criminelle n'est applicable qu'en présence d'une circonstance aggravante : la correctionnalisation consistera alors pour les juges.87. qui souhaitaient que « des faits de viol puissent. art. A. 3 févr. a approuvé une cour d'appel d'avoir retenu la qualification délictuelle (Cass. ce mode de poursuite et de jugement (V. du délit de non-obstacle à la commission d'un crime : n'est-ce pas transfigurer excessivement les faits ? La Cour de cassation n'est pas de cet avis. si la victime le demande. autre illustration. n° 09-82. faire mine de voir en un empoisonnement un simple cas d'administration de substances nuisibles (V. S. 2010. Par définition. Il reste néanmoins que.864 et n° 09-82. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. PORTÉE Une solution techniquement plus simple consisterait alors à modifier l'actuel système de la correctionnalisation judiciaire de la manière suivante : les faits conserveraient leur qualification criminelle normale. L'inceste : l'inconnu du droit positif : Gaz. comme l'a imaginé le rapport Léger de 2009 et le prévoient les articles 334-67 à 334-69 de l'avant-projet du futur Code de procédure pénale.pour les mêmes faits . n° 08-83. Il n'est donc pas besoin de « faire semblant » que la pénétration sexuelle n'en soit pas une : il suffit d'en faire abstraction pour ne qualifier que les faits immédiatement antérieurs à elle (c'est-à-dire les attouchements sexuels). 335 . estimant qu'une décision de non-lieu pour homicide involontaire n'empêche pas la partie civile de faire ouvrir une nouvelle instruction . A. « peut résulter de la différence d'âge existant entre une victime mineure et l'auteur des faits et de l'autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur cette victime » (V. selon lequel la contrainte à l'origine d'un viol peut être morale et. pén.capavocat.47. crim. Pal. 2010. Un autre moyen de simplification de la procédure serait. S. qui. Le jugement sur reconnaissance préalable de culpabilité : une autre procédure de jugement ou une autre manière de juger ? : Dr. simplement. lequel ne pourrait alors prononcer qu'une peine correctionnelle. l'atténuation judiciaire de la gravité des crimes de viol sur mineurs n'est guère compatible avec l'actuel accroissement législatif de la répression en la matière : la loi n° 2010-121 du 8 février 2010 a en effet. la peine maximale étant alors de dix ans ». inséré au Code pénal un article 222-22-1. A.. Détraz. au total. d'une part. en effet.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Peut-on par exemple retenir le complice d'un viol (qui aurait maintenu la victime ou incité l'auteur) comme coupable. lorsque l'incrimination délictuelle est substantiellement distincte de l'incrimination criminelle.. Une telle situation neutraliserait cependant tout l'intérêt de la légalisation de la correctionnalisation judiciaire. transformer les faits.27 — web : www. 10). JCP G 2010. p. Abstraction faite des imperfections qui y sont inhérentes. n° 10). créé la qualification d'infraction sexuelle « incestueuse » (C. note O. en matière d'atteintes sexuelles. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.S. par rapport à la correctionnalisation judiciaire. pén. En revanche. Cass. Prothais.620 € R.. Lepage. la reprise des poursuites serait donc possible pour ce dernier. à ignorer cette circonstance (l'on condamnera par exemple le prévenu pour vol simple au lieu de vol avec usage d'une arme). Accompagnement de la fin de vie et droit pénal : JCP G 2004. 533.

par Marc Touillier. pour infirmer ce jugement. a été cité devant le tribunal correctionnel du chef de complicité de publication d'enregistrement effectué sans autorisation à l'audience d'une juridiction . Il est pourtant des cas où la procédure pénale continue de placer la partie civile sous une certaine forme de dépendance dont elle se passerait bien. ATER à l'École de droit de la Sorbonne — université Paris I.. 19. Si la portée du principe est aussitôt atténuée par une série d'exceptions limitativement énumérées par l'article 575. dans les circonstances de l'espèce. Toutefois. de priver la partie civile de la possibilité de faire censurer.. Gaz. vouloir prendre ses distances au moment de devenir partie au procès pénal.. et déclarer le prévenu coupable.fr . que le ministère public a relevé appel de cette décision . et le droit à l'image des parties intéressées . n° 224. Pal. l'application de l'article 38 ter de la loi du 29 juillet 1881 contrevenait aux dispositions de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme .526 Cour d'assises : diffusion télévisuelle du prononcé du verdict Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure qu'à la suite de la diffusion. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. 20. l'arrêt retient notamment que. que les juges du premier degré l'ont renvoyé des fins de la poursuite... la violation de la loi par les arrêts de la chambre de l'instruction statuant statuant sur la constitution d'une infraction.S. à des restrictions ou sanctions prévues par la loi. par la station France 3 Corse. l'article 575 de ce code doit être déclaré contraire à la Constitution. cette disposition apporte une restriction injustifiée aux droits de la défense. Par suite. dès lors. pp. et si le public a un intérêt légitime à recevoir des informations relatives aux procédures procédures en matière pénale ainsi qu'au fonctionnement de la justice. la qualification des faits poursuivis et la régularité de la procédure. SARL CAPAVOCAT au capital de 7. d'un enregistrement audiovisuel montrant les magistrats de la cour d'assises de Paris lors du prononcé du verdict condamnant Yvan Y. non sans contradiction ((3)) . comme dans le cas d'espèce. Attendu qu'en se déterminant de la sorte. l'exercice de ces libertés comporte des devoirs et des responsabilités et peut être soumis. le moyen ne peut qu'être écarté .27 — web : www. qui constituent des des mesures nécessaires. la procédure prévue par les dispositions de l'article 38 ter constitue un équilibre entre la liberté d'informer et les autres intérêts en jeu. Charles X. en particulier la sérénité des débats. rédacteur en chef de la station. Pendant longtemps. par la Cour de cassation. comme en témoigne l'article 575 du Code de procédure pénale. du Code de procédure pénale ((2)) . ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire . crim. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. La partie civile n'est pas dans une situation identique à celle de la personne mise en examen ou à celle du ministère public. Lorsqu'une personne est victime d'une infraction pénale. 19. alinéa 2..L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. il n'en demeure pas moins que la partie civile se trouve en nette position d'infériorité par rapport au ministère public. que si toute personne a droit à la liberté d'expression.47. si la vidéo incriminée se rapporte bien à une question d'intérêt général. à la protection de la réputation ou des droits d'autrui. Le Conseil constitutionnel sonne le glas de l'article 575 du Code de procédure pénale. la disposition contestée a pour effet. laquelle relève de l'appréciation du président de la cour d'assises. au mauvais moment et en mauvaise compagnie » ((1)) . Que.capavocat. REJETTE le pourvoi . dans une société démocratique. Ce texte pose en principe que « la partie civile ne peut se pourvoir en cassation contre les arrêts de la chambre de l'instruction que s'il y a pourvoi du ministère public ».620 € R. en l'absence de pourvoi du ministère public. — Les voies de recours et la chose jugée 20. […] Cass. C'est dire que son destin paraît étroitement lié à un ensemble de circonstances avec lesquelles elle peut. 1 .. cette situation a pourtant réussi à prospérer. 12 août 2010. légitimement. 8 juin 2010. Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme .C.. n° 0909-87.07. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. […] 53 53 53 53 VI. Attendu que. la cour d'appel a justifié sa décision . 10 et s.87. en décembre 2007. il est souvent avancé qu'elle s'est trouvée « au mauvais endroit. au motif que. En privant ainsi une partie de l'exercice effectif des droits qui lui sont garantis par le Code de procédure pénale devant la juridiction d'instruction.

rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. pour la partie civile. le recours à la QPC a rapidement été perçu comme un moyen de remettre en cause la constitutionnalité d'un certain nombre de dispositions procédurales ayant. Approuvant l'interprétation de la Cour de cassation. à l'appui de son seul pourvoi.C. les arrêts qu'elle rend n'en sont pas moins susceptibles d'être annulés « en cas de violation de la loi sur pourvoi en cassation formé par le ministère public ou par la partie à laquelle il est fait grief. échappé au contrôle a priori du Conseil constitutionnel.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT.47. le contrôle de conventionnalité des lois permet de pallier l'impossibilité.620 € R.). en l'absence de pourvoi formé par le ministère public. I. Le Conseil constitutionnel ayant été. 4. le juge ordinaire peut écarter toute disposition législative qui contredirait.fr . ne heurtait pas les stipulations de la Convention européenne ((7)) . Il en résulte que. il est en effet possible pour tout justiciable de soutenir. un nouvel espoir pour les parties civiles désireuses de pouvoir librement se pourvoir en cassation contre les arrêts de la chambre de l'instruction. Si la censure de l'article 575 du Code de procédure pénale était attendue (I. sa portée mérite d'être appréciée en ce que la présente décision témoigne. Dans un cas comme dans l'autre. les QPC émanaient des parties civiles. dès lors. Depuis qu'il s'est reconnu compétent pour apprécier la conformité d'une loi à un traité international ((5)) . la partie civile ne saurait être admise à discuter. le 1er juin 2010. à la limitation prévue par l'article 575 du Code de procédure pénale. pouvoir remettre en cause la conformité du texte légal à certains principes fondamentaux de la procédure pénale. 2. cette disposition apporte une restriction injustifiée aux droits de la défense » ((15)) . suivant les distinctions qui vont être établies » ((16)) . du droit au recours effectif et du respect des droits de la défense.07. le Conseil constitutionnel a été saisi par la Cour de cassation. par exemple.capavocat. qui soulevaient l'inconstitutionnalité du texte légal au regard du principe de l'égalité devant la loi et la justice. dans un second temps. en tant que juridiction d'instruction du second degré. Par suite. une stipulation de la Convention européenne des droits de l'homme. saisi par la Cour de cassation d'une autre QPC relative à l'article 575 du Code de procédure pénale ((14)) . dans un contexte sensible. de contrôler la constitutionnalité des lois. Les scandales suscités par les arrêts de non-lieu rendus dans certaines affaires sensibles déclenchées à l'initiative des parties civiles 54 54 54 54 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. de deux QPC relatives à l'article 575 du Code de procédure pénale ((13)) . Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. à son tour. sauf disposition contraire ((17)) .). Seule la voie du contrôle de conventionnalité paraissait. qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit ((12)) . au moyen d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) formée à l'occasion d'une instance en cours.87. En dépit des motifs avancés par la haute juridiction pour justifier la limitation des droits de la partie civile par l'article 575 du Code de procédure pénale ((8)) . Depuis le 1er mars 2010. pas remis en cause la conventionnalité de l'article 575 du Code de procédure pénale ((10)) . C'est dans cette perspective qu'ont été formées plusieurs QPC relatives à l'article 575 du Code de procédure pénale. Il s'ensuit que l'article 575 du Code de procédure pénale a échappé à tout contrôle de constitutionnalité lors de son adoption. il est difficile de se satisfaire de l'argument tenant au souci de préserver l'intérêt général et les intérêts du mis en cause contre les risques de procédure abusive ou dilatoire. la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) n'a. la valeur des motifs par lesquels la chambre de l'instruction fonde une décision de non-lieu ((18)) . La consécration d'un contrôle de ((11)) constitutionnalité des lois a posteriori constituait. de l'égalité des armes. Dans un premier temps.S. Le 23 juillet 2010. le texte en cause provient de l'ordonnance no 58-1296 du 23 décembre 1958 modifiant et complétant le Code de procédure pénale. il est permis de penser qu'une telle restriction ne devait son salut qu'à la liste d'exceptions prévue par le second alinéa du texte ((9)) . Amenée à se prononcer sur la conventionnalité de l'article 575 du Code de procédure pénale.27 — web : www. pour contrôler le bon déroulement de l'instruction. 3. jusqu'à présent. dès lors. les trois questions ont été jointes afin que le Conseil y réponde par une seule décision. Si elle ne statue pas sur le fond de l'affaire. 5. quand bien même les motifs contestés seraient contradictoires ou erronés en droit ((19)) . la Cour de cassation a néanmoins considéré que l'irrecevabilité de principe du pourvoi formé par la partie civile contre les arrêts de la chambre de l'instruction. Les distinctions auxquelles il est fait référence renvoient. considérant « qu'en privant ainsi une partie de l'exercice effectif des droits qui lui sont garantis par le Code de procédure pénale devant la juridiction d'instruction. le Conseil constitutionnel a déclaré l'article 575 du Code de procédure pénale contraire à la Constitution. des règles constitutionnelles issues de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) et des règles conventionnelles issues de la Convention européenne ayant été constatée depuis longtemps ((6)) . Dans une telle hypothèse. en matière pénale. Au-delà de ses sources originelles ((4)) . pour le juge ordinaire. de l'importance de la place de la partie civile dans le procès pénal (II. La chambre de l'instruction intervient principalement. La similitude. La censure attendue de l'article 575 du Code de procédure pénale 6.

sans que cela ne heurte le droit à un recours effectif ((29)) .87.07.C. « au regard des principes invoqués. Le respect de ces conditions a été rigoureusement vérifié par la Cour de cassation. Mais surtout. en sorte que c'est par une interprétation combinée des principes d'égalité et de respect des droits de la défense que le Conseil constitutionnel fonde la censure de l'article 575 du Code de procédure pénale. dans la disposition contestée. Bien que l'article 6 de la DDHC ne renvoie pas directement à la procédure pénale. alinéa 1er. au sein duquel l'exercice de l'action publique est avant tout confié à des magistrats. par la Cour de cassation. la valeur constitutionnelle du principe d'égalité a très tôt été affirmée par le Conseil en ce domaine ((24)) . le respect des droits de la défense implique « l'existence d'une procédure juste et caractère sérieux. les QPC avaient été formées au stade du pourvoi en cassation. que « si le législateur peut équitable garantissant l'équilibre des droits des parties » ((28)) . la violation de la loi par les arrêts de la chambre de l'instruction statuant sur la constitution d'une infraction. le Conseil constitutionnel a pris le contre-pied de la 55 55 55 55 prévoir des règles de procédure différentes selon les faits.27 — web : www.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. étape qui constituait justement l'obstacle à franchir pour les parties civiles. Si la situation particulière de la victime dans le procès pénal n'est donc pas remise en cause en tant que telle dans la présente décision. Dès lors. il appartenait au seul Conseil constitutionnel d'en décider. Les QPC transmises au Conseil constitutionnel revêtaient donc un enjeu considérable au regard de la place attribuée à la partie civile dans le procès pénal. le droit à un recours effectif paraissant quelque peu occulté dans la présente décision.fr . Ainsi que le rappelle régulièrement le Conseil constitutionnel. suivant une formule devenue classique. 8. un constitutionnalité de l'article 575 du Code de procédure pénale. le Conseil a principalement examiné la constitutionnalité de l'article 575 du Code de procédure pénale à l'aune des principe d'égalité devant la loi et la justice et de respect des droits de la défense. la haute juridiction a affirmé que les trois QPC présentaient. commence par affirmer que « la partie civile n'est pas dans une situation identique à celle de la personne mise en examen ou à celle du ministère public » ((25)) . Si elle peut conduire à justifier certaines restrictions à son droit d'agir. Le Conseil rejoint en cela la position adoptée par la CEDH dans l'arrêt Berger c/ France. Toujours est-il qu'en censurant l'article 575 du Code de procédure pénale. la limitation du droit. il est intéressant de relever que le Conseil constitutionnel. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. qui. 10. Dans les espèces visées. En l'espèce. la qualification des faits poursuivis et la régularité de la procédure.620 € R. en revanche. Se fondant en partie sur les principes invoqués par les requérants. la situation particulière de la partie civile ne saurait. L'article 23-5. Le Conseil constitutionnel ne peut toutefois être saisi de la QPC que si les conditions prévues aux 1o et 2o de l'article 23-2 de l'ordonnance sont remplies et que la question est nouvelle ou présente un caractère sérieux ((21)) . le Conseil constitutionnel rappelle.47. tandis que la victime se voit attribuer un rôle accessoire ou secondaire lorsqu'elle entend exercer l'action civile ((26)) . Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. en ce que l'article 575 du Code de procédure pénale limite la possibilité de la partie civile de se pourvoir en cassation contre les arrêts de la chambre de l'instruction.S. L'explication pourrait résider dans le fait que le Conseil constitutionnel a déjà admis que soit exclue la constitution de partie civile devant une juridiction pénale d'exception. assumant son rôle de filtre. pour la partie civile. permettre de la priver de l'exercice effectif des droits qui lui sont garantis par le Code de procédure pénale devant la chambre de l'instruction. en effet. de priver la partie civile de la possibilité de faire censurer. s'est assurée que la disposition contestée était bien applicable à la procédure et n'avait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel. Si la limitation à laquelle fait référence la Cour de cassation paraissait. le droit à un recours effectif. été considérée par le Conseil constitutionnel comme portant atteinte aux droits de la défense. Le principe du respect des droits de la défense constitue l'un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ((27)) . c'est à la condition que ces différences ne procèdent pas de distinctions injustifiées et que soient assurées aux justiciables des garanties égales » ((23)) . les situations et les personnes auxquelles elles s'appliquent. qui tient compte de la spécificité du système procédural français. Après avoir cité l'un des principaux fondements du principe d'égalité ((22)) .capavocat. une restriction injustifiée puisqu'elle avait pour effet. ne semble pas avoir joué un rôle décisif dans la décision du 23 juillet 2010. au moment de statuer sur la SARL CAPAVOCAT au capital de 7. 9. y compris pour la première fois en cassation. en l'absence de pourvoi du ministère public ». Cette formule est associée au respect du principe d'égalité dans la décision du 23 juillet 2010. ((20)) ont mis en évidence les insuffisances d'une telle situation. en l'absence de pourvoi du ministère public. de se pourvoir en cassation contre un arrêt de la chambre de l'instruction a. de l'ordonnance no 58-1067 du 7 novembre 1958 admet que le moyen tiré de l'inconstitutionnalité d'une disposition législative puisse être soulevé. entrouvrir la porte à une déclaration d'inconstitutionnalité de la disposition contestée. d'une certaine manière. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. L'interprétation combinée des principes d'égalité et de respect des droits de la défense permet ainsi de relever. 7. fondé sur l'article 16 de la DDHC.

jurisprudence de la CEDH et ébranlé. confortant ainsi la dimension prise par la victime au sein du procès pénal ((31)) . est un arrêt d’incompétence (4°). Dans la mesure où le ministère public. n° 268. durci les conditions de recevabilité de l'action civile exercée devant le doyen des juges d'instruction ((33)) . Avec la loi no 2000516 du 15 juin 2000.capavocat. connu une évolution remarquable sous l'impulsion d'une politique criminelle et d'une jurisprudence favorables à l'exercice de l'action civile devant les juridictions pénales. tandis qu'il a apporté des restrictions à la règle suivant laquelle « le criminel tient le civil en état »  ((34)) . 56 56 56 56 SARL CAPAVOCAT au capital de 7. Bull. II. France. « purement et simplement.47. not. Traité de procédure pénale. il convient de mesurer la portée de la décision du Conseil constitutionnel en tenant pleinement compte du contexte dans lequel elle s'inscrit. la CEDH a admis qu'une plainte avec constitution de partie civile entre dans le champ d'application de l'article 6. plus à l'expansion des droits de la victime. semble-t-il. mixte n° 4. les droits reconnus à la partie civile ont. 2008.87. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.27 — web : www. De son côté. p. Essai sur le populisme pénal. pén. Jacques Vabre. C. la solution posée par l'arrêt LaurentAtthalin »  ((35)) . Hachette. investi des prérogatives d'enquête du magistrat instructeur. en effet. 2005. Le législateur a. 1999. l'information et la garantie des droits de la victime ont acquis le statut de principes directeurs de la procédure pénale. que la partie civile puisse interjeter appel des ordonnances de non-lieu. LAZERGES-COUSQUER. « L’accès à la chambre criminelle de la Cour de cassation par les parties civiles : de la nécessité de modifier l’article 575 du Code de procédure pénale ». § 56. L'heure n'est. la suppression du juge d'instruction. 3 déc. La portée de la censure de l'article 575 du Code de procédure pénale 11. a déclaré l’action publique irrecevable (2°). La censure de l'article 575 du Code de procédure pénale doit désormais conduire les juridictions répressives et la Cour de cassation à prendre en compte l'abrogation de la disposition en cause dans toutes les instructions préparatoires auxquelles il n'a pas été mis fin par une décision définitive à la date de publication de la décision du Conseil constitutionnel. n° 48221/99. pour la première fois. du Code de procédure pénale admet. Dès lors.07. dont les articles 312-28 et suivants pourraient conduire à supprimer. une telle perspective présente au moins le mérite de mettre en lumière la décision d'inconstitutionnalité de l'article 575 du Code de procédure pénale et. mixte.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. 24 juill. même en cas d'inertie du parquet. la nécessité de promouvoir l'équilibre des droits des parties. 2009. DESPORTES et L.C.. du moins s'agissant de l'exercice de l'action civile devant les juridictions répressives. 14. doit être envisagé l'impact potentiel de la décision du 23 juillet 2010 sur la place de la partie civile dans le procès pénal. pour la partie civile. la partie civile peut. a admis une exception mettant fin à l’action publique (3°). 64. LACROIX. 23 nov.S. de se pourvoir seule contre les arrêts de la chambre de l'instruction. En témoigne l'avant-projet du futur Code de procédure pénale. La volonté de punir. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. 5 Cass. 10 CEDH. p. Bull. 11 Loi constitutionnelle n° 2008-724. la procédure pénale avec une décision d'inconstitutionnalité rendue sur la base d'une QPC. « Vers un contrôle du législateur par le juge pénal ? ». 11890. Économica. il est à craindre que la partie civile ne puisse jouer un rôle de contrepoids suffisant pour limiter l'étendue des pouvoirs du parquet au stade du déclenchement des poursuites. Au-delà des conséquences pratiques qu'emportera la fin du principe de l'interdiction. n° 2171. SALAS. 13. Dr. 2001. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. L'article 575 du Code de procédure pénale constituait un texte controversé dans la mesure où il se situait à contre-courant de la tendance au renforcement des droits des victimes. 2002. ch. 7 Cass. n° 5. ne verrait pas pour autant son indépendance affirmée à l'égard du pouvoir exécutif. 9 F. chron. se pourvoir en cassation lorsque l’arrêt attaqué est un arrêt de refus d’informer (1°). D. 23 juill. 2007. 2 Selon cet alinéa. 12. en effet. Berger c. Depuis que le célèbre arrêt Laurent-Atthalin ((30)) a permis à la victime de mettre en mouvement l'action publique et de saisir un juge d'instruction. France. 3 Dans la mesure où l’article 186. p. confirmé par CEDH. § 1 de la Convention européenne lorsqu'elle n'est pas effectuée à des fins purement répressives ((32)) . Si la place occupée par la victime dans le procès pénal a parfois pu être jugée trop importante ces dernières années. 2005. 4 V. ne satisfait pas en la forme aux conditions essentielles de son existence légale (6°) ou encore a été rendu en matière d’atteinte à la liberté individuelle (7°). 8 La Chambre criminelle se fondait essentiellement sur le fait que la victime dispose toujours d’un recours devant les juridictions civiles pour faire valoir ses droits. Pour inquiétante qu'elle soit. 24 mai 1975. 6 D. pour la partie civile. Schwarkmann c. crim. ch. req. MAYER..620 € R.fr . alinéa 2. 1643. 2008. a omis de statuer sur un chef de mise en examen (5°). JO. partant. req. _____________ 1 D. seule. 8 févr. n° 52621/99. notamment. § 38 . L'abandon — provisoire ? — du projet de réforme de la procédure pénale ne doit pas masquer les risques qu'emporterait. elle a été singulièrement limitée par la loi no 2007-291 du 5 mars 2007. étude 2. crim..

35 Ph. sans pouvoir expliquer son geste ni être capable d'en décrire le déroulement . art.. derrière une glace sans tain. p. al. a formellement identifié celui-ci comme étant l'homme qui l'avait abordée . n° 0987. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. a avancé un alibi.. cons. req. 31 mai 2010. au cours d'une cinquième audition en garde à vue... que la tenue de sport revêtue par la victime était légèrement baissée . 2 févr. 2. 4-5. que le médecin légiste chargé de l'autopsie a relevé. à qui Marc X. 3. 1er.. pén. const. 1975. Bull. p.. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01... 2010. selon ses proches.. 26 S.620 € R. Procédure pénale. Litec. crim. déc. JO. l’autre par un particulier (cass. 31 mai 2010. pr. art. n° 09-85. 4 juin 2010... 23 nov.. 17 V. soit qu’elle protège. cons. 1993. déc. 14 Cass. pén.. 23 Cons. 4. 24 Cons. le Conseil constitutionnel fait d’ailleurs référence à l’article préliminaire du Code de procédure pénale.C.. déc. n° 95-360 DC. 20 juin 1985. 34 C. en présence de Marc X. n° 443. 2 déc. 27 Cons. qu'il a réitéré ses aveux au cours de son interrogatoire de première comparution avant de les rétracter lors de son interrogatoire au fond et de maintenir ses dénégations tout au long de l'information . 2010.389). 7533. Attendu que le sac de sport dont Marie-Agnès Y. 32 CEDH. 19 Cass.. déc. […] Cass. p.. 1995. 16141. Perez c. D. 1966. crim. malgré les dénégations de ce dernier .. . 27 oct.. que ce témoignage a conduit les enquêteurs à effectuer un rapprochement avec Marc X. notamment. 21 Article 23-5.. préc. const. 23 juill.. avait fait l'objet de propositions à caractère sexuel de la part d'un jeune homme dont elle a décrit l'allure et le blouson . déjà interpellé pour avoir agressé une femme en tenant des propos de même contenu . pr.936. de la Constitution du 4 octobre 1958.S. 21.. que les pompiers. alinéa 1er. 13 avril 2010. 7 déc. 12 févr. crim. s'est désigné comme étant le meurtrier de Marie-Agnès Y. le matin du crime.. 19 nov. 29 Cons.. Attendu qu'au cours de l'enquête dite de voisinage a été entendue Sylvie C. const. Attendu qu'aucun indice matériel n'a été relevé à l'encontre de Marc X. n° 2010-15/23 QPC. 7052... n° 2. cons. Sylvie D.27 — web : www. art. 23 juill. 12. const. 30 Cass... qu'un blouson paraissant correspondre à la description faite par le témoin a été découvert au domicile du père de Marc X. qui a été démenti par les témoins qu'il avait désignés . pr. 1975. n° 243. 1906. 16 C. Attendu qu'après avoir contesté toute participation aux faits.... aucune trace de l'ADN de la victime n'a été trouvée sur ses vêtements et que sa propre empreinte génétique n'a pas été découverte sur les vêtements ou les prélèvements effectués sur le corps de Marie-Agnès Y. 8. Attendu qu'au cours d'un transport sur les lieux. n° 47287/99. 23 juill. 1995. 25 Cons. par ex.. 85. 2010. 24 juill. soit qu’elle punisse ». a d'abord été présenté sur un album photographique puis seul. France. et à proximité des lieux de celui-ci. que les policiers ont identifié cette personne comme étant Marie-Agnès Y. crim. vers 9 heures.47. 4e éd. 8 déc. p..fr 57 57 57 57 .. que.. n° 1010. al. « Il faut sauver la jurisprudence Laurent-Atthalin ».531 Révision : la distinction du rescindant et du rescisoire Attendu que. notamment. . que Marc X. 5. crim. pén. suivant lequel la loi « doit être la même pour tous.295). 2... Dans la présente décision. Laurent-Atthalin. . Bull.87. ainsi que des lésions de défense aux poignets et aux mains . déc.. 13 L’une formée par la Région Languedoc-Roussillon (cass. pour l'heure supposée du crime.. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.. crim. n° 75-56 DC. 8. crim.. n° 09-83.. BONFILS. point de vue. al. 2010.. Bull. 2009. en contrebas du pont de Neuilly . crim. 23 juill. art. Attendu que de nombreuses traces de sang étaient visibles à proximité du corps .. JO. que Sylvie D.. préc. le 1er décembre 2001. crim. JO.. n° 76-70 DC. Marc X.. 33 C. § 62-71. 28 Cons. de la loi organique du 10 décembre 2009... pr. 22 L’article 6 de la DDHC. const. 1993. où celui-ci se trouvait . GUINCHARD et J. p. intervenus sur les lieux ont placé la victime sur le dos . 2004. prélim.. 21.. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. pén. n° 93-327 DC. const. épouse D. 12 Article 61-1. 1976. n° 0909-84.. JO. vers 7 heures 30. qu'ils ont alors constaté qu'elle était décédée et que son corps présentait plusieurs plaies par arme blanche . n'a pas été retrouvé .. s'était munie. comme pour affermir la place qu’il occupe désormais dans le champ procédural. 1976. le corps d'une femme étendue sur le ventre a été découvert sur les marches d'un escalier.capavocat. BUISSON. 31 C. cons.. qui. dont l'une était à l'origine du pneumothorax mortel.. quatre plaies par arme blanche sur le thorax. préc. 2097.. cons. 18 Cass. crim. 15 Cons. l’article 58 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. cons.07. LACROIX. 567. 1153... 4.. n° 238. 7 févr. const. cons. art.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. s'est déclarée "quasi certaine" de le reconnaître. 20 C..

à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil . alinéa 2. Attendu que ces aveux sont corroborés par les traces de l'empreinte génétique de David F.. affirmation qui a été vérifiée postérieurement à ses dires. d'autre part.07.. qui n'apparaissaient pas dans le dossier de l'information suivie contre Marc X. il avait pu retenir le nom de "A. statuant en appel. s'est présenté au commissariat de police du quartier de La Défense en s'accusant des meurtres de Maria de E. aucune empreinte génétique de Marc X. le magistrat instructeur a eu connaissance d'un autre meurtre. toujours selon son récit. que. à un rituel de nature sexuelle et sanglante. sur son corps. statuant en appel.C..". récupérées par son frère . sont apparues compatibles avec les constatations des enquêteurs et des médecins légistes . en l'absence de to publique . que. n'a été identifiée à l'occasion de ces nouvelles expertises effectuées avec des moyens techniques améliorés .. selon David F. a été mis en accusation du chef de meurtre sur la personne de Marie-Agnès Y. que la cour de révision ne peut faire application des dispositions de l'article 625. lors d'une audition en garde à vue.. dans la nuit du 3 au 4 mars 2008. Par ces motifs : ANNULE en toutes ses dispositions l'arrêt précité de la cour d'assises des Yvelines. Attendu qu'à l'exception d'une seule rétractation. Attendu que Marc X. par voie de conséquence... . Attendu que s'ajoutent à ces indices matériels les précisions apportées par David F. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires... qu'à l'inverse. que... statuant en appel. il a décrit de manière très circonstanciée l'agression commise par lui sur Marie-Agnès Y. au sens de l'article 622. du code de procédure pénale..S. conformément à la loi. qu'il a précisé avoir réussi à la déséquilibrer en tirant sur son sac de sport. qu'il y a lieu à renvoi devant devant une juridiction de même ordre et degré. disait-il. Attendu que...47. alinéa 5 . David F. par la mention figurant sur la carte d'identité de Marie-Agnès Y..fr . contenait un disque "Johnny River".. du code de procédure pénale . que les enquêteurs ont indiqué à ce magistrat que ces seuls éléments ne constituaient pas des similitudes suffisantes pour effectuer un rapprochement entre les deux crimes .. concernant le contenu du sac de sport. . dans des circonstances de lieu et d'heure comparables. a ensuite réitéré ses aveux et les a maintenus tout au long de la nouvelle information ouverte sur ces faits ... et MarieAgnès Y. commis sur la personne de Maria de E.... du code de procédure pénale ..... que dans le cas où l'annulation de la décision ne laisse rien subsister à la charge du du condamné vivant qui puisse être qualifié crime ou délit . et il avait dû lui mordre la main droite pour qu'elle lâche prise .. dès ses premières déclarations.. Et pour qu'il soit à nouveau jugé. Attendu que ses déclarations circonstanciées. lors de l'autopsie. Attendu qu'en fin d'information.. il l'avait laissée coucher sur le ventre et s'était enfui en emportant son sac de sport dont il avait ultérieurement inventorié le contenu ... la manière dont elle s'était défendue.. qu'après lui avoir porté le coup mortel et procédé.".4°. divorcée A. en date du 30 novembre 2005... Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis. la cour d'assises des Yvelines.. antérieurement à son divorce ..L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. qui s'est avérée être Marie-Agnès Y.. qu'il convient de faire droit aux requêtes en révision et d'annuler la décision critiquée . par arrêt du 30 novembre 2005... la cour de révision n'est pas en possession de l'intégralité des éléments lui permettant de déclarer l'innocence de Marc X. 58 58 58 58 […] SARL CAPAVOCAT au capital de 7. la victime s'était défendue. était détenu . Attendu que sont ainsi établis des faits nouveaux ou inconnus de la juridiction de nature à faire naître un doute sur la culpabilité de Marc X.27 — web : www... sur la main droite de la victime . de nature à expliquer les constatations faites. en vue. avant de la précipiter sur les marches de l'escalier où il lui avait porté plusieurs coups avec un couteau à pain dérobé dans l'institution religieuse qui l'hébergeait . rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. qu'il en va ainsi de l'indication donnée par lui de la morsure qu'il avait infligée à Marie-Agnès Y. et Marie-Agnès "A... le lecteur de compact-disc.. toute ute cause d'extinction de l'action Attendu que de nouveaux débats sont possibles. RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'assises de Paris. puis sous l'un des ongles de la victime qui avait été prélevé .87.620 € R... de soulager sa conscience dans une démarche religieuse . ANNULE. disparu.. David F.. par ordonnance du 23 octobre 2003 .. d'une part.. alors que ceux-ci ne se connaissaient pas ... par la découverte de la pochette vide de ce même disque dans les affaires de la victime. alors que Marc X.. l'a déclaré coupable de ces faits . l'arrêt du même jour par lequel la cour a prononcé sur les intérêts civils.....capavocat. que. Attendu que.. de la victime . l'arme qu'il avait utilisée.. ainsi que le prescrit l'article 625. tant sur le déroulement de l'agression et du meurtre que sur la tenue vestimentaire de la victime. relevées sur le ciré et sur le collant de Marie-Agnès Y.. que tel n'étant pas le cas en l'espèce... que la présence de cette dernière empreinte génétique établit un contact physique entre David F. d'après David F.

sa condamnation en raison de la présence sur place. La nécessité du renvoi paraît moins évidente dans la deuxième affaire où l'admission du fait nouveau conduisait à remettre en cause l'existence même de l'infraction. la Cour de cassation. n'était pas en possession de l'intégralité des éléments lui permettant de déclarer son innocence. C. le jour du crime. de rejet ou d'annulation soit rendu.L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Dès lors que de nouveaux débats contradictoires sont possibles (v. les accusés devront attendre la décision des juridictions de renvoi. Lorsque l'annulation d'un arrêt de condamnation est prononcée. avait déclaré. ainsi que l'y autorise la loi du 10 mars 2010. Il ne faut pas oublier cependant que la reconnaissance de faits nouveaux n'établit pas l'innocence du condamné mais qu'elle est.C. L'on conçoit aisément que de telles décisions puissent laisser un goût d'amertume. de Francis Heaulme. pr.. p. L'innocence de Patricks Dils fut définitivement reconnue un an plus tard. statuant comme cour de révision. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis.87. Le renvoi de l'affaire à une autre juridiction constitue ainsi le principe. Elle estime cependant que de nouveaux débats sont possibles en raison de l'absence de prescription de l'action publique. il est opportun de renvoyer les accusés devant une juridiction de même ordre et de même degré que celle qui avait rendu la décision erronée. X. que partiellement rendue. peut renvoyer les parties devant une nouvelle cour d'assises. simplement « de nature à faire naître un doute sur sa culpabilité ». à savoir l'innocence du condamné. Il est à noter qu'une décision d'annulation avec renvoi avait également été prise dans l'affaire Patrick Dils où la Cour de révision avait annulé. confortés par des empreintes génétiques. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01. pén.620 € R. pour bénéficier éventuellement de la réparation morale et pécuniaire due en cas d'erreur judiciaire. 2.27 — web : www. depuis la loi du 23 juin 1989. en avril 2001. lesquelles conservent leur liberté de jugement. comme elle le souligne.S. Reposant sur d'éventuelles fabulations de la victime. avoir porté de fausses accusations à son encontre. d'une autre personne se présentant ellemême comme le meurtrier de la victime. La Cour de cassation procède elle-même à la révision. après un nouveau procès d'assises. les cas exceptionnels d'annulation sans renvoi étant strictement définis par les alinéas 4 à 6 de l'article 625 du code de procédure pénale. s'abstenant toutefois de souligner leur utilité.47. est annulée par la Cour de cassation qui suspend également l'exécution de la condamnation en l'assortissant. condamné à plusieurs reprises pour des crimes identiques. l'innocence étant suggérée mais non reconnue. Dans l'affaire Marc X.capavocat. art. c. du décès. Ainsi que l'illustrent ces arrêts. appelé rescindant. avait pu mentir à plusieurs reprises en impliquant d'autres personnes dans des procédures qui avaient abouti à un non-lieu. Une expertise psychiatrique confirmait que la victime. le rescisoire suivant alors immédiatement le rescindant. la distinction entre rescindant et rescisoire est particulièrement nette en cas de renvoi devant une nouvelle juridiction puisque ce ne sont pas les mêmes juges qui se prononcent sur l'existence avérée d'un fait nouveau et sa conséquence a priori logique. consistant à examiner le bien fondé du pourvoi afin qu'un arrêt d'irrecevabilité. le fait nouveau résultait des 59 59 59 59 Conception et réalisation de l’actualisation : Olivier Bachelet SARL CAPAVOCAT au capital de 7. La personne qui se prétendait victime des agressions sexuelles imputées à Loïc X. l'affaire doit être rejugée. La Cour de révision. B Observations : aveux circonstanciés. 349 ien qu'elle annule des arrêts de condamnation sur le fondement de la survenance de faits nouveaux. de l'obligation de respecter plusieurs conditions propres à la libération conditionnelle. al. de l'irresponsabilité du condamné ou de la prescription de l'action publique. en situation de grande souffrance psychologique.07. La justice n'étant. pour l'instant. AJ Pénal 2010. laissant aux juridictions du fond le soin d'acquitter les intéressés.).fr . à l'infraction et pour l'innocenter définitivement. en cas d'impossibilité d'organiser de nouveaux débats à la suite notamment d'une amnistie. la condamnation de Loïc X . ce qui donne lieu au rescisoire. Le renvoi est également inutile s'il apparaît que l'annulation du jugement ou de l'arrêt à l'égard d'un condamné vivant ne laisse rien subsister à sa charge qui puisse être qualifié crime ou délit. après sa condamnation. le premier. lequel avait vu l'exécution de sa condamnation suspendue par la Commission de révision. le 24 avril 2002. Des vérifications et de nouveaux débats s'imposaient alors pour exclure toute participation de Marc. 625. La procédure du pourvoi en révision peut en effet se scinder en deux temps. Girault.