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L’Écho du Roussillon | jeudi 6 mars 2014 | N°0014

PYRÉNÉES-ORIENTALES

VOILE

Objectif Route du Rhum

A 52 ans, le Cérétan Eric Jail se prépare à relever un défi : participer à la Route du Rhum, la célèbre transatlantique en solitaire et sans assistance qui partira le 2 novembre 2014 de Saint-Malo. Un défi sportif individuel et collectif, pour celui qui veut hisser les couleurs catalanes jusqu’à Pointe-à-Pitre.

«J e dis toujours que la Route du Rhum se prépare seul mais se gagne à plusieurs ».

Eric Jail, kinésithérapeute à Céret, et passionné de grands bords, veut larguer seul les amarres de son monocoque, un Rhum 50, pour rallier Pointe-à-Pitre à l’occasion de la 10e édition de la Route du Rhum. Une transatlantique en solitaire, sans escale et assistance, qu’il prépare depuis un an. Avec l’association « Défi Cat » compre- nez Défi Catalan, le navigateur entend aussi fédérer les gens et les partenaires financiers.

Une passion

S’il participe à sa première course en solitaire, sa passion pour la voile remonte à ses huit ans, l’âge où il commence à naviguer à l’Udsis de Saint-Cyprien. Il partage main- tenant sa passion ardente avec sa femme et ses quatre enfants, avec qui il a effectué plusieurs long voyages autour du monde. « On a acheté un Ketch, un bateau de voyage de 48 pieds en 1993, et fait notre première transatlantique ». Ce virus pour la voile, Eric Jail l’a ensuite transmis à sa famille. « Mon fils désire être capitaine, une de mes filles fait du bateau-stop, et créé des bijoux ».

S’il se passionne pour la navigation,

de la mer, il a pourtant suivit le cap de kinésithérapeute : « C’était plus raisonnable ». « Cela m’a permis de financer ma passion, d’avoir une liberté ». Ce travail même qui lui

a permis d’acquérir un bateau plus

rapide, le Jolokia en 2010, un Rhum 50 en aluminium, conçu en 2004 et programmé en 2006 pour la Route du Rhum. « C’est un bateau qui a un temps de référence sur la route des Epices, en 2010, de Lorient à Maurice avec le Défi intégration».

Un défi personnel et sportif

Jolokia, ou «piment indien très

fort», prendra le départ de la course à Saint-Malo le 2 novembre 2014 aux côtés de la centaine de participants toutes catégories confondues. Celui-

ci court dans la catégorie « Rhum »,

réservée aux multi et monocoques amateurs et semi-professionnels. Mais avant le grand départ, Eric Jail devra faire mille milles pour valider son inscription. « Le comité

m’a autorisé à partir d’ici, jusqu’à

la Corse en avril, ils me suivront à

distance ». Puis viendra le temps de

la course, seul, face aux éléments.

« C’est un gros défi personnel et

sportif. Le mental compte beau-

un gros défi personnel et sportif. Le mental compte beau- Éric Jail PHOTO C.M. coup ».

Éric Jail PHOTO C.M.

coup ». Un mental d’acier pour affronter les tempêtes, la fatigue

ou le froid. « Les premiers jours sont horribles, je ferais des cycles de sommeil de 20 minutes». Mais avant le grand large : il lui faudra relever un premier défi : sortir de Saint-Malo. « On a des dépressions de l’ouest qui nous force à naviguer

contre les vagues et le vent, on tire des bords autour des cargos. Il faut

rester éveillé en permanence même

si on a des radars ». Pour se prépa- rer, ce kinésithérapeute entretient

». Pour se prépa- rer, ce kinésithérapeute entretient Il navigue à bord du Rhum 50, Jolokia

Il navigue à bord du Rhum 50, Jolokia PHOTO FREDTOUCHÉ.COM

sa forme physique et conjugue la navigation trois fois par semaine avec la recherche de sponsors.

Un navigateur à distance

A-t-il un objectif pour cette course? Ce qui m’intéresse c’est de me dépas- ser, de donner le meilleur. Faire la course, avec le spectre de la casse qui est omniprésent. Mais pour autant, « pas question de faire pédale douce ». Il pourra compter sur des téléphones satellitaires pour capter les fichiers météo afin d’« être au bon

endroit, au bon moment ». Il sera aidé aussi par un routeur à terre, un bénévole, ancien météorologue qui lui fait le routage, et communique par mails, pour évaluer l’évolution du temps, et conseiller au mieux le navigateur, pour chercher « les meilleurs vents ». En 2016, Eric Jail veut faire le retour Québec-Saint Malo en équipage cette fois et pense aussi à un tour du monde, plus tard, à deux, avec sa femme Christiane.

Cécile Marche

Trouver des partenaires financiers

«J e veux que les gens parti-

cipent aussi à titre indivi-

duel, que ce soit aussi leur

bateau ». Eric Jail, qui a travaillé avec une vingtaine de personnes sur son projet, entend ainsi fédérer le maximum de personnes autour de son défi. Il organise ainsi des portes ouvertes à Port-Vendres le week-end prochain, et propose de photogra- phier les personnes et d’avoir leur visage sur Défi cat contre une petite participation financière. Il veut également lancer un partenariat avec des producteurs locaux et acteurs locaux qui pourront promouvoir

leurs produits au sein d’un stand à Saint-Malo sans contrepartie.

Un défi collectif pour cet homme qui cherche à présent à réunir des

partenaires financiers pour participer

à son aventure. Il peut compter sur

des partenaires comme Vega Voile, qui lui fabrique des voiles en hydra- net ou sur les étudiants de l’IDEM qui préparent une vidéo de son aventure. « On a le projet ensuite de faire un film et de sortir un livre ». Il aimerait à présent recevoir des financements des collectivités territoriales, Région et Départe- ment, et de différents partenaires financiers. Des soutiens qui lui permettraient d’investir dans du

matériel comme dans l’achat d’un pilote à 8000 euros.

matériel comme dans l’achat d’un pilote à 8000 euros. Éric Jail peut compter sur un système

Éric Jail peut compter sur un système de cartes interractives PHOTO C.M.

« Je pourrais m’auto-financer mais ce, dans des conditions plus difficiles et je manquerais d’équipements. Ce projet est une prise de risques, je travaille énormément pour pouvoir le financer ». « On est parti de rien, mais on est obligé d’avoir des parte- naires financiers pour investir dans du matériel de sécurité et l’assurance obligatoires ». Des sponsors qui selon lui, lui permettrait aussi de faire du résultat et financer aussi son inscription qui lui coûte près de 8000 euros. Il compte également lancer la plateforme participative en ligne Kiss Kiss Bank Bank.

C.M