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Microfiche

Séries

(Monographs)

ICMH

Collection de

microfiches

(monographies)

Canadian Instituts for Historical Microroproductiont / Inrtitut canadien de micror*«productions historique*

Technical and Bibliographie Notes / Notes techniques et bibliographiques

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^759 POLYEUCTE

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B37Z

TRAGEDIE CHRETIENNE

DE P. CORNEILLE

REDUITE A TROIS ACTES

A l'usage des collèges

MONTREAL

C. 0. Beauchemin & Valois, Imprimeurs

20, rue St-Gabriel

/5//

B

%

î>OLYEUCTË

Pbwsoïwaoes. Félix, sénateur rcmain, gouverneur d Arménie.—BARCiirt,

fils de Félix. PoLYBUCTB, jeune

Bariino.— NéAKQUB,

seigneur

chevalier romain,

Félix.—

arménien, adopté par télix, et trére ûe

arménien, ami de Polyeuctc— hftVÈRB,

favori de l'empereur Décie -ALmw, confirfent de

PoLVNicK, confident de Barcine.— ClSon, omcier de télix.

Thois C'iAKuns.

La scène est â Militène, (fans le palais de Félix.

ACTE PREMIER.

SCÈNE I.

NÉAn QBE, POLYEDCTE.

HAARQUE.

Quoi ! vous qui prétendez aux honneur ilu baptôme,

Uii songe vous arrête eu ce moment suprême !

Et ce cœur tant de fois dans la guerre éprouvé, S'alarme d'un péril qu'un enfant a rêvé !

POI VECCTE.

Je sais ce qu'est un songe, et le peu de croyance

Qu'un homme doit donner à son extravagance. Qui, d'un amas confus des vapeurs de la nuit,

Forme de vains objets que le réveil détruit. Mais vous ne sentez pas dans votre âme chrétienne.

Les effets qu'il produit sur une âme payenne ;

Mon frère, sans raison dans la douleur plongé.

Craint et croit déjà voir le coup qu'il a songé;

J'ai beau le raisonner, j'ai beau, pour le confondre, Trancher du résolu, le laisser se morfondre,

11 oppose ses pleurs aux desseins que je fais.

Et tâche à m'empûcher de sortir du palais.

Je méprise sa crainte, et je cède à ses larmes ;

Sa peur me fiiit pitié sans me donner d'alarmes ;

Et mon cœur, attendri sans être intimidé,

N'ose rompre un lien dont il est obsédé.

Le jour fixé, Néarque, ost-il si nécessaire. Qu'il faille être insensible aux alarmes d'un frère ?

Par un peu de remise épargnons son ennui.

Pour faire en plein repos ce qu'il trouble aujourd'hui,

HÉARQUE.

Avez-vous, cependant, une pleine assurance

D'avoir assez de vie ou de persévérance ? Et Dieu, qui tient votre âme et vos jours dans sa main,

Promet-il à vos vœux le pouvoir demain ?

Il est toujours tout juste et tout bon; mais sa grâce

Ne (loscend pas toujours avec même ellicace :

Après certains moments que perden: nos longueurs,

Elle quitte ces traits qui pénètrent les cœurs,

I.e nôtre s'endurcit, la repousse, l'égaré ;

Le bras qui la versait en devient plus avare;

Et cette sainte ardeur qui doit porter au bien

Tombe plus rarement, ou n'opère plus rien. Colle qui vous pressait de courir au baptême. Languissante déjà, cesse d'être la môme ;

Et, pour quelques soupirs qu'on vous a fait ouïr, Sa flamme se dissipe et va s'évanouir.

POLTEUCTB.

Vous me connaissez mal : la môme ardeur me brûle,

Et le désir s'accroît quand l'effet se recule,

(^es pleurs de l'amitié, cette peur en courroux.

Me laissent dans le cœur aussi chrétien

Mais pour eu recevoir le sacré caractère

que vous j

Oui lave nos forfaits dans une eau salutaire.

Et qui, purgeant notre âme et désillant nos yeux.

Nous rend le premier droit que nous avions aux cieux,

Bien que je le préfère aux grandeurs d'un empire.

Comme le bien suprême est le seul j'aspire, Je crois pour satisfaire un fraternel amour.

Pouvoir un peu remettre et différer d'un jour.

NÉARQUB.

Ainsi du genre humain l'ennemi vous abuse;

Ce qu'il ne peut de force^ il l'entreprend de ruse. Jaloux des bons desseins qu'il tâche d'ébranler.

Quand il ne les peut rompre, il pousse â reculer :

D'obstacle sur obstacle il va troubler le vôtre.

Aujourd'hui par des pleurs, chaque jour par quelqu'autre ; Et ce songe rempli de noires visions.

N'est que le coup d'essai de ses illusions,

Il met tout en usage, et prière et menace ;

Il attaque toujours et jamais ne se lasse ;

Il croit pouvoir enfin ce qu'encor il n'a pu.

Et que ce qu'on diffère est à moitié rompu.

Rompez ces premiers coups, laissez pleurer Barcine.

Dieu ne veut point d'un cœur où la crainte domine. Qui regarde en arrière, et, douteux en son choix.

Lorsque sa voix l'appelle, écoute une autre voix.

POLTECCTE.

Pour se donner à lui faut-il n'aimer personne î

KÉABQUB.

Nous pouvons tout aimer, il le souffre, il l'ordonne:

Mais, à vous dire tout, ce Seigneur des seigneur»

Veut le premier amour cl les premiers honneurs.

Ckjmme rien n'est égal à sa grandeur supriMno,

Il faut ne rien aintier qu'après lui, qu'en lui-mùme,

Négliger pour lui plaire et frère, et biens, et rang.

Exposer pour sa gloire et verser tout son sang.

Mais que vous êtes loin de celle ardeur parfaite

Qui vous est nécessaire et que je vous souhaite !

Je ne puis vous parler que les larmes aux yeux.

Polyeucte, aujourd'hui qu'on nous hait en tous lieux,

Qu'on croit servir l'Etat quand on nous persécute,

Q-i'aux plus âpres tourments un chrétien est en hutte,

Comment en pourrez-vous surmonter les douleurs,

Si vous ne pouvez pas résister à des pleurs ?

POLYEUCTE.

Vous ne m'étonuez point : la pitié qui me blesse

Sied bien aux plus grands cœurs, et n'a point de faiblesse.

Sur mes pareils, Néarque, un cœur de frère est fort:

Tel craint de le fâcher, qui ne craint pas la Et s'il faut affronter les plus cruels supplices,

Y trouver des appas, en faire mes délices.

Votre Dieu que je n'ose encor nommer le mien.

M'en donnera la force en me faisant chrétien.

mort j

NÉARQUE. Hâtez-vous donc de l'être.

PGLYEUCTE. Oui, j'y cours cher Néarque; Je brûle d'en porter la glorieuse marque.

Mais Barcine s'afflige, et ne peut consentir,

Tant ce songe le trouble, à me laisser sortir.

NÉARQUE.

Votre retour pour lui n'aura que plus de charmes ;

Dans une heure au plus lard vous essuierez ses larmes ;

Plus il aura mêlé de pleurs à sou courroux.

Et plus de vous revoir le moment sera doux.

Allons, on nous attend.

POLYEUCTE. Appaisez donc Sin crainte.

Et calmez la douleur dont son âme est atteinte.

Ah ! il revient.

NÉARQUE. Fuyez. POLYEUCTE. Je ne puis. NÉARQUE. Il le faut ;

Fuyez un ennemi qui sait votre défaut.

Fuyez pour son bonheur en ce moment suprême.

Vous le perdrez du coup qui vous perdra vous-njéme.

POLYEUCTE.

Fuyons, puisqu'il le faut.

.

SCÈNE II.

POLYEUCTE, BARCINE. POLYEUCTE. Adieu, Barcine, adieu.

Dans une heure au plus tard je reviens en ce lieu. BAUCINE.

Quel sujet si pressant à sortir vous convie ? Y va-t-il de l'honneur? y va-t-il de la vie?

POLYEUCTE. 11 y va de bien plus î

BARCINE. Quel est donc ce secret t

POLYEUCTE.

Vous le saurez un jour ; je vous quitte à regret. BARCINE.

Et voua êtes mon frère !

et

POLYEUCTE. Oui je vous aime,

Le ciel m'en est témoin, cent fois plus queinoi-môme.

Mais BARCINE. Miiis mon dûplaisir ne peut vous émouvoir I

Vous avez des secrets que je ne puis savoir. Voilà votre amitié.

POLYEUCTE. Pour uuc heure d'absence !

Adieu, vos pleurs sur moi prennent trop de puissance.

Je sens déjà mon cœur prêt à se désister ;

Et ce n'est qu'en fuyant que je puis résister.

BARCINE.

SCÈNE III.

BARCINE, POLVNICE.

Va, néglige mes pleurs, cours, et le précipite

Au devant de la mort que les dieux m'ont iiréilite;

Suis ce falal agent de tes mauvais destins,

Qui peiil-ôtre te livre aux mains des assassins.

Tu vois, mon Polynice, en quel siècle nous sommes :

Voilà ce qu'est un frère aux yeux de certains hommes !

Voilà comme il prétend être frère à son tour.

POLYNICE.

Polyeucte pour vous ne manque point d'amour:

S'il ne vous traite ici d'entière confidence,

S'il part malgré vos pleurs, c'est un trait de prudence.

Sans vous en affliger, présumez avec moi

Qu'il est plus à propos qu'il vous cèle pourquoi; Assurez-vous sur lui qu'il e:i a juste cause.

Il est bon qu'un ami nous cache quelaue chose,

Qu'il soit quelquefois libre et ne s'abaisse pas

A lions rendre toujours compte de tous ses pas.

D'ailleurs votre frayeur ne peut le mettre en jMjine ;

Sa race est arménienne, et la vôtre est romaine;

Et vous pouvez savoir que nos deux nations N'ont pas sur ce sujet mômes impressions :

Un songe en notre esprit passe pour ridicule ;

Il ne nous laisse espoir, ni crainte, ni scrupule;

Mais il passe dans Rome avec autorité

Pour lldôle miroir de la fatalité.

BARCINE.

Quelque peu de crédit que chez vous il obtienne,

Je crois que ta frayeur égalerait la mienne,

Si de telles horreurs t'avaient frappé l'esprit,

Si je t'en avais fait seulement le récit.

POLVNICE.

A raconter ses maux souvent on les soulage.

BARCINE. Ecoutt» : mais il faut t'en dire davaritage,

Kt (lue, pour mieux comprendre un si triste discours,

Tu saches de mes ans quel fut le premier cours.

Dans Rome, où je vécus jusqu'à l'adolescence.

J'avais pour compagnon des jeux de mou enfance

Sévère était son nom—l'ami le plus parfait Que l'on l'ùt se donner le forraaul à souhait.

POLYNICB.

Est-ce lui qui naguère, au dépens de sa vie,

Sauva des ennemis votre empereur Décie ?

gui

Et

leur tira mourant la victoire des mains,

fit tourner le sort des Perses aux Romains?

Lui, qu'entre tant de morts immolé'^

on maître.

Ou ne put rencontrer, ou du moins ; ecunnailre ;

A qui Décie enfin, pour des exploits si beaux,

Fit si pompeusement dresser de vains tombeaux t

BARCINE.

Hélas ! c'était lui-môme, et jamais notre Rome

N'a produit plus grand cœur ni plus digne jeune homme.

Puisque tu le connais, je ne t'en dirai rien.

Je l'estimais, et certes il le méritait bien.

Mais que sert le mérite où manque la fortune ?

L'un était grand en lui, l'autre faible et commune :

Pour suivre ici mon père en son gouvernement, En vain aux grands emplois il aspire un moment :

Désespéré, confus, il s'en va dans l'armée

Chercher d'un beau trépas l'illustre renommée.

Le reste, lu le sais ; et comment en ces lieux,

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Esprit,

taleiiU, veilii, Pulyeiicie à noa yeux

RéiiniHSîini tout, bieiilùt à mon cœur, à nion [W6

Ravit, lils adoptif, l'augnate nom de frère.

rOLYNICE. Vos alarmes font voir jusqu'où voua l'estimez ;

Mais (juel songe après tout tient vos sens alarmés?

BARCINE.

Je l'ai vu cette nuit, ce malheureux Sévère, La vengeance à la main, l'œil ardent de colère :

Il n'était point couvert de ces tristes lambeaux

Qu'une ombre désolée emporte des tombeaux ;

Il n'était point percé de ces coups pleins do ploirc

Qui, retranchant sa vie, assurent sa mémoire ; Il semblait triompbajit, et tel que sur son char Victorieux dans Rome entre notre César.

Après un peu d'elîroi q\ie m'a donné sa vue:

« Porte à qui tu voudras l'amitié qui m'est due,

ingrat, m'a-t-il dit ; et, ce jour expiré, Pleine â loisir l'ami que tu m'as préféré. » A ces mots J'ai frémi, mon âme s'est troublée ;

Ensuite des chrétiens une impie assemblée

Pour avancer l'efTet de ce discours fatal, A jeté Polyeucte aux pieds de son rival.

Soudain à son secours j'ai réclamé mou père ;

Hélas ! et c'est surtout ce qui me désesplM-e !

J'ai vu mon père môme, un poignard à la main,

Entrer le bras levé pour lui percer le sein. Là, ma douleur trop forte a brouillé ces images; Le sang de Polyeucte a satisfait leur rage ;

Je ne sais ni comment ni quand ils l'ont tué,

Mais je sais qu'à sa mort tous ont contribué.

Voilà quel est mon songe.

POLVMCE. Il est vrai (|u'il est triste;

Mais il faut que votre àme à ces frayeurs résiste:

La vision, de soi, peut faire quelqu'horrenr,

Mais non pas vous doinier nue juste terreur.

Pouvez-vous craindre un mort? Pouvez-vou^ craindre un père

Qui chérit votre ami, ([uc votre ami révère.

Et dont le juste choix vous associe à lui

Pour s'en faire en ces lieux un ferme et sûr appui?

BARCINE.

i

Il m'en a dit autant, et rit de mes alarmes :

Mais je crains des chrétiens les complots et les charmes.

Et que sur mon ami leur troupeau ramassé Ne venge tant de sang que mon père a versé.

!

POLYNICB.

-

Leur 8t>cie est iiisonséc, imp'w) et s.ii'rilt'îpre,

Et dans son sncrillct! nse de sorlili'p'-' ;

Maiâ 8:i fureur no va qu'à briser nos antol:< ;

Elle n'en veut (|u'aux dieux, et mn pas aux mortels. Oucl(pio sévérité que sur eux on déploie,

lU soulTrent feuns murmure, et meurent avec joie ;

Et depnlâ qu'on les traite en criminels d'Etat,

On ne peut les ciiarger d'aucun assassinat.

BARCINB.

Tais-toi, mon |)ère vient.

SCÈNE IV.

FiLIX, BABCmK, ALBIX, POLVNICE.

FÉLIX. Mon llls, oh, qiip ton songe

En d'étranges fi-aycurs ainsi que toi mo plonge ! Que j'en crains les effets qui semblent s'approcher !

B.VRCINB.

Quelle subite alarme ainsi peut vous toucher?

FÉLIX.

Sévère n'est point mort.

BARCiNE. Quel mal vous fait sa vie?

FÉLIX.

11 est le favori de l'Empereur Décie.

BARCI.NE.

Après l'avoir sauvé des mains des ennemis,

L'espoir d'un si haut rang lui devenait permis ;

Le destin, aux grands cœurs si souvent mal propice,

Se résout quelquefois k leur faire justice.

un père

Mj

4

FÉLIX.

Il vient ici lui-môme.

BARCIKB.

BARCiMB. Il vient !

FEUX. Tu vas le voir.

C'en est trop; mais comment le pouvez-vous savoir ?

FÉLIX.

Albin l'a rencontré dans la proche campagne ; Un gros de courtisans en foule l'accompagne, Et montre assez quel est son rang et son crédit.

Mais, Albin, redis-lui ce que ces gens t'ont dit.

ALBlir.

Vous savez quelle fat cette grande journée

Que sa perte pour nous rendit si fortunée,

(

l'empereur captif, par sa

Rassura son parti déjà découragé,

main dégasé.

Tandis que sa

Vous savez es

Après qu'entre les

vertu succomba sous le nombre

l'avait

fait enlever.

honneurs qu'on fit faire à?on ombre

morts on n'eut pu le trouve?'

Le roi de Perse aussi

Témom de ses hauts faits et de

Ce monarque en voulut connaître

On le mit dans sn tente, où, tout i.orcc de coups.

sou grand coura-e

lo visage

•"'

JàhSt^'r^'

Paraissait, il fit mille jalouxV'

signe de vie

'

.naliicur.

Là, bientôt

Ce prince généreux en eut lame ravie :

Et sa joie, en dépit de son dernier

Du bras qui le causait honora la valeur.

11 montra quelque

Il en fit prendre soin, la cure en fut secrète :

Lt, comme au bout d'un mois sa santé fut lAifiitA Il offrit dignités, alliance, trésors,

'

'®'

Et pour gagner

Sévère il fit do vains efforts

ses refus de louanges proposer l'échange;

'

'

transporté de flaisir,

chefs à choisir.

Sévère

Après avoir comblé

Il envoie à Décie en

Et soudain I empereur

Offre au Perse son frère et cent

Ainsi revient au camp le valeureux

De sa haute vertu recevoir le salaire

La faveur de Décie en fut le

De nouveau l'on combat, et nous

digno prix

Ce malheur toutefois sert à croître Lui seul rétablit l'ordre et gagne la

Mais si belle, et si pleine, et par tant

0'« on nous