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Rappo R t a nnuel 2013
Rappo R t a nnuel 2013
Rappo R t a nnuel 2013
Rappo R t a nnuel 2013
Rappo R t a nnuel 2013
Rappo R t a nnuel 2013
Rappo R t a nnuel 2013

Rappo R t

a nnuel

2013

Rappo R t a nnuel 2013
Rappo R t annuel 2013 Couverture : Bombardements, Alep (Syrie). Crédit photo : AFP PHOTO
Rappo R t annuel 2013 Couverture : Bombardements, Alep (Syrie). Crédit photo : AFP PHOTO
Rappo R t annuel 2013 Couverture : Bombardements, Alep (Syrie). Crédit photo : AFP PHOTO
Rappo R t annuel 2013 Couverture : Bombardements, Alep (Syrie). Crédit photo : AFP PHOTO
Rappo R t annuel 2013 Couverture : Bombardements, Alep (Syrie). Crédit photo : AFP PHOTO

Rappo R t

annuel

2013

Rappo R t annuel 2013 Couverture : Bombardements, Alep (Syrie). Crédit photo : AFP PHOTO /

Couverture : Bombardements, Alep (Syrie). Crédit photo : AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF

04 Nos fondamentaux 05 Un mouvement universel et fédéraliste 06 Le 38 è m e
04 Nos fondamentaux 05 Un mouvement universel et fédéraliste 06 Le 38 è m e
04 Nos fondamentaux 05 Un mouvement universel et fédéraliste 06 Le 38 è m e

04

Nos fondamentaux

05

Un mouvement universel et fédéraliste

06

Le 38 ème congrès de la FIDH

08

178 organisations membres

09

Bureau international

10

Secrétariat international

12

Priorité 1

Soutenir les défenseurs des droits de l’Homme

19

Priorité 2

Promouvoir et protéger les droits des femmes

25

Priorité 3

Promouvoir et protéger les droits des migrants

29

Priorité 4

Promouvoir l’administration de la justice et lutter contre l’impunité

38

Priorité 5

Renforcer le respect des droits humains dans le cadre de la mondialisation économique

44

Priorité 6

Conflits, pays fermés ou en transition : défendre les principes démocratiques et soutenir les victimes des violations les plus graves

44

> Afrique du Nord et Moyen-Orient

50

> Afrique Sub-saharienne

56

> Les Amériques

61

> Asie

66

> Europe de l’Est et Asie Centrale

70

Implications organisationnelles

78

Rapport financier 2013

79

Ils nous soutiennent

Nos fondamentaux

Un mandat : la protection de tous les droits

La FIDH est une ONG internationale qui défend tous les droits humains: civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Un engagement : les 3 piliers de son action

Les actions de la FIDH menées avec ses organisations membres et partenaires reposent sur trois orientations stratégiques : la défense de la liberté d’action des défenseurs des droits de l’Homme, la défense de l’universalité des droits et la lutte pour l’effectivité des droits.

Un principe : responsabiliser tous les acteurs

L’action de la FIDH s’adresse aux États, premiers garants du respect des droits humains mais aussi aux acteurs non-étatiques comme les groupes d’opposition armés et les entreprises multinationales. Elle engage également la responsabilité pénale internationale des individus ayant commis des crimes internationaux.

Une éthique : l’indépendance et l’objectivité

Reconnue d’utilité publique en France, où elle a son siège, la FIDH est une organisation non partisane, non confessionnelle,

apolitique et à but non lucratif. Son indépendance, son expertise et son objectivité sont les gages de sa crédibilité. Elle agit en toute transparence.

Une interaction : présence locale et action mondiale

Mouvement fédéraliste, la FIDH agit en interaction avec ses organisations membres. Ce lien unique se traduit par des actions menées conjointement par la FIDH et ses organisations membres aux niveaux national, régional et international pour remédier aux situations de violations des droits de l’Homme et consolider les processus de démocratisation. La FIDH réunit ainsi l’expérience et la connaissance du terrain avec la maîtrise du droit international, des mécanismes de protection et des instances intergouvernementales. Ce principe confère à la FIDH une représentativité et une légitimité fortes.

Un système de gouvernance :

l’universalité et la transparence

L’organisation et le fonctionnement de la FIDH, qui impliquent ses organisations membres au cœur du processus de décision, reflètent ces principes de gouvernance.

de décision, reflètent ces principes de gouvernance. Congrès de la FIDH, mai 2013, soutien aux défenseurs

Congrès de la FIDH, mai 2013, soutien aux défenseurs détenus Ales Bialiatski (Bélarus) et Nabeel Rajab (Bahrein). © FIDH

Un mouvement universel et fédéraliste

Le congrès

• Il regroupe les organisations membres de la FIDH : 178, au terme du congrès de la FIDH en Turquie en 2013.

• Il se réunit tous les trois ans.

• Il débat des priorités thématiques et géographiques de la FIDH et décide des orientations politiques de la FIDH.

Le Bureau international

• Il compte 22 membres bénévoles issus des organisations membres de la FIDH et élus par le congrès : le/la président.e, le/la trésorier.e, 15 vice-président.e.s et 5 secrétaires généraux.

• Il fixe les orientations et objectifs stratégiques principaux, dans le cadre des orientations politiques définies par le congrès. Il approuve les comptes annuels de la FIDH.

• Il se réunit trois fois par an et fait rapport au congrès.

Le Bureau exécutif

• Il est composé du/de la président.e, du/de la trésorier.ère, des 5 secrétaires généraux et de 5 secrétaires généraux adjoint.e.s.

• Il prépare l'organisation des Bureaux internationaux.

• Il se réunit une fois par mois et fait rapport au Bureau international.

Le Secrétariat international

• Basé à Paris, il est composé d’une équipe professionnelle, dirigée par un directeur général et une directrice exécutive qui siègent avec voix consultative au Bureau international

et au Bureau exécutif. Ses équipes sont organisées par régions, par priorités d’action et en délégations. Le Secrétariat international a ainsi des bureaux de représentation auprès de l’ONU à Genève et à New York, auprès de l’Union européenne

à Bruxelles, auprès de la Cour pénale internationale à La

Haye ; des bureaux régionaux au Caire, à Nairobi, à Tunis,

à Lima et à Bangkok ; et des bureaux conjoints avec des

organisations membres à Conakry, Abidjan et Bamako. Il compte également un département communication et relations publiques, ainsi qu’un département administratif et financier. • En relation permanente avec le terrain, il met en œuvre les décisions des organes politiques de la FIDH en lien avec les organisations membres, les chargés de mission et les membres des Bureaux international et exécutif.

Repères 2013
Repères
2013

Interfaces auprès des OIG

100

Missions

internationales

53

Rapports d'enquête et de position

30

Assistances

matérielles aux

défenseurs en

danger

60

Alertes sur la situation des défenseurs

400

Actions

judiciaires en

soutien aux

victimes

110

Le 38 ème congrès de la FIDH

En

Istanbul

2013, la FIDH a tenu son 38 ème congrès à

Les organisations membres de la FIDH se sont réunies en Turquie en mai 2013 pour son 38 ème congrès.

Le Forum « Transitions politiques et droits humains : expériences et défis » En amont du congrès interne, la FIDH et ses organisations membres en Turquie, l’Association turque des droits de l’Homme (IHD) et la Fondation turque des droits de l’Homme (HRFT), ont organisé les 23 et 24 mai 2013 un Forum sur les « Transitions politiques et droits humains » qui a réuni plus de 400 participants : des représentants des organisations membres de la FIDH issus de toutes les régions du monde, des experts dans le domaine des droits humains, des membres de la communauté diplomatique, les plus hautes autorités turques et des personnes issues de la société civile turque. Les organes dirigeants de la FIDH ont souhaité consacrer ce Forum aux transitions car cette thématique a connu un regain d’actualité à la suite du printemps arabe et suscite l’intérêt des organisations membres de la FIDH. Au regard des expériences discutées, il est apparu évident que les transitions ne sont pas linéaires, mais marquées par des avancées et des reculs. Les discussions intervenues lors du Forum ont une nouvelle fois illustré l’indivisibilité et l’interdépendance des droits humains. Les périodes de crise et de transition en sont tout particulièrement des révélateurs. Le Forum a également mis en évidence l’importance des processus

de justice dans les transitions, et la nécessité d’une attention particulière aux droits des femmes, ainsi que des minorités et des peuples autochtones, souvent oubliés dans les transitions. Le lien entre fait religieux et droits humains a également suscité un vif intérêt et des débats. Ce Forum a permis de mesurer le rôle croissant des pays dits émergents sur les scènes régionales et sur le plan international. Un certain nombre de ces pays connaissent eux-mêmes des transitions politiques dont l’issue reste incertaine. Adapter les stratégies, notamment de plaidoyer, de communication et d’alliances, à ce contexte en constante évolution compte parmi les principaux défis à relever pour le mouvement des droits humains dans les prochaines années. Le lien étroit entre développement, droits humains et protection de l’environnement est également apparu avec acuité, notamment lors des discussions sur les droits des peuples autochtones ou sur les violations des droits humains occasionnées par les activités des entreprises. Cette question nécessitera à l’avenir, elle aussi, des réponses innovantes des organisations de défense des droits humains. Une note a synthétisé les principaux éléments issus des présentations et échanges d’expériences intervenus au cours du Forum d’Istanbul en mettant en avant les éléments d’analyse les plus saillants et les pistes d’action identifiées par les participants. Ces dernières ont déjà alimenté et continueront d’orienter les stratégies mises en œuvre par la FIDH dans le cadre de son Plan stratégique pluriannuel.

la FIDH dans le cadre de son Plan stratégique pluriannuel. Membres du nouveu Bureau international élus

Membres du nouveu Bureau international élus en 2013. © FIDH

Le congrès interne Durant 3 jours (25-27 mai 2013), les organisations membres de la FIDH ont pu échanger sur l’action de l’organisation face à la situation des droits humains dans le monde et sur des sujets d’ordre interne. Des réunions géographiques ont ainsi permis d’établir les grandes orientations stratégiques de la FIDH pour les trois années à venir et le congrès a adopté des résolutions ordinaires et d’urgence sur notamment : les transitions politiques et droits humains ; le droit à l’éducation ; le renforcement du système interaméricain des droits de l’Homme ; les entreprises multinationales, accords de libre échanges, modèle de développement : impacts sur les droits de l’Homme ; la réforme de la Ligue des Etats Arabes ; la situation des droits humains au Honduras, en Iran, au Tibet, à Cuba, au Canada, au Guatemala, au Vietnam, en Russie, au Soudan, au Mali, en RCA, en Syrie Les ligues membres ont également poursuivi le processus « FIDH+10 » par une réforme des Statuts. Ce processus entamé avant le congrès d’Erevan en 2010 est une réflexion tenant compte de la volonté de ses membres, sur la singularité de l’organisation, les changements géopolitiques et économiques, les évolutions technologiques et les acteurs concernés par notre domaine d’action, pour renforcer le mandat, le fonctionnement et les modalités d’action de la FIDH pour une meilleure protection des droits humains.

de la FIDH pour une meilleure protection des droits humains. Muharrem Erbey, Vice-président de l'association turque

Muharrem Erbey, Vice-président de l'association turque des droits de l'Homme dans sa cellule. © IHD

Par ailleurs, 19 organisations de défense des droits humains (de Syrie, d’Egypte, d’Afrique du Sud, d’Ouzbékistan, de Chine, du Honduras, Koweït notamment) sont devenues membres de la FIDH portant leur nombre total à 178. Enfin, le congrès a élu les membres du nouveau Bureau international de la FIDH y compris son nouveau président Karim Lahidji qui remplace Souhayr Belhassen qui a complété deux mandats. Le prochain congrès aura lieu en 2016.

Le congrès et la Turquie La présence de la FIDH en Turquie fut l’occasion de rencontres et d’échanges multiples avec les plus hautes autorités turques, y compris le président, sur la situation des droits humains dans ce pays. Particulièrement, la FIDH a appelé ses interlocuteurs au respect des droits des défenseurs des droits humains et demandé notamment la libération de Muharrem Erbey, vice- président de l’Association des droits de l’homme de Turquie (IHD), organisation membre de la FIDH. Fruit d’une mobilisation constante de la FIDH et de ses ligues, le tribunal turc a finalement ordonné le 12 avril 2014 la libération provisionnelle de Muharrem Erbey en raison d’un « manque de preuves », après plus de quatre ans de détention préventive.

», après plus de quatre ans de détention préventive. Manifestation à Ankara (Turquie) © OZAN KOSE

Manifestation à Ankara (Turquie) © OZAN KOSE / AFP

178 organisations membres

afghanistan, aRmanshahR/open asia / afRiQue Du suD, lawyeR foR human Rights (lhR) / albanie, albanian human Rights gRoup (ahRg) / algÉRie, ColleCtif Des familles De DispaRu(e)s en algÉRie (CfDa) / algÉRie, ligue algÉRienne De DÉfense Des DRoits De l’homme (laDDh) / allemagne, inteRnationale liga fuR mensChenReChte (ilmR) / angola, assoCiação Justiça paz e DemoCRaCia (aJpD) /aRgentine, liga aR- gentina poR los DeReChos Del hombRe (laDh) / aRgentine, ComitÉ De aCCión JuRíDiCa (CaJ) / aRgentine, CentRo De estuDios legales y soCiales (Cels) / aRmÉnie, Civil soCiety institute (Csi) / autRiChe, osteRReiChisChe liga fuR mensChenReChte (olfm) / azeRbaïDJan, human Rights CenteR of azeRbaiJan (hRCa) / bahReïn, bahRain human Rights soCiety (bhRs) / bahReïn, bahRain CenteR foR human Rights (bChR) / banglaDesh, oDhikaR / belaRus, human Rights CenteR viasna / belgiQue, liga vooR mensChenReChten (lvm) / belgiQue, ligue Des DRoits De l’homme - belgiQue / bÉnin, ligue pouR la DÉfense Des DRoits De l’homme au bÉnin (lDDhb) / biRmanie, altsean buRma / bolivie, asamblea peRmanente De DeReChos humanos De bolivia (apDhb) / botswana, the botswana CentRe foR human Rights – Ditshwanelo / bRÉsil, movi- mento naCional De DiReitos humanos (mnDh) / bRÉsil, Justiça global (CJg) / buRkina faso, mouvement buRkinabÉ Des DRoits De l’homme et Des peuples (mbDhp) / buRunDi, ligue buRunDaise Des DRoits De l’homme (iteka) / CamboDge, CamboDian human Rights anD Development assoCiation (aDhoC) / CamboDge, ligue CamboDgienne De DÉfense Des DRoits De l’homme (liCaDho) / CameRoun, maison Des DRoits De l’homme (mDh) / CanaDa, ligue Des DRoits et Des libeRtÉs Du QuÉbeC (lDl) / Chili, obseRvatoRio CuiDaDano / Chili, CoRpoRaCion De pRomo- Cion y Defensa De los DeReChos Del pueblo (CoDepu) / Chine, China labouR bulletin (Clb) / Chine, human Rights in China / Chine (tibet), inteRnational Campaign foR tibet (iCt) /Colombie, CoRpoRaCion ColeCtivo De abogaDos JosÉ alveaR RestRepo CCaJaR / Colombie, insti- tuto latinoameRiCano De seRviCios legales alteRnativos (ilsa) / Colombie, oRganizaCión femenina populaR (ofp) / Colombie, Comite peR- manente poR la Defensa De los DeReChos humanos (CpDh) / Congo, obseRvatoiRe Congolais Des DRoits De l’homme (oCDh) / Costa RiCa (asepRola), asoCiaCión De seRviCios De pRomoCión laboRal (asepRola) / Côte D’ivoiRe, mouvement ivoiRien Des DRoits humains (miDh) / Côte D’ivoiRe, ligue ivoiRienne Des DRoits De l’homme (liDho) / CRoatie, CiviC Committee foR human Rights (CChR) / Cuba (CCDhn), Comision Cubana De DeReChos humanos y ReConCiliaCion national (CCDhn) / DJibouti, ligue DJiboutienne Des DRoits humains (lDDh) / Égypte, CaiRo institute foR human Rights stuDies (CihRs) / Égypte, human Rights assoCiation foR the assistanCe of pRisoneRs (hRaap) / Égypte, egyptian initiative foR peRsonal Rights (eipR) / Égypte, egyptian oRganization foR human Rights (eohR) / el salvaDoR, Comision De DeReChos huma- nos Del salvaDoR (CDhes) / ÉQuateuR, funDaCión Regional De asesoRia en DeReChos humanos (inReDh) / ÉQuateuR, CentRo De DeReChos eConomiCos y soCiales (CDes) / ÉQuateuR, Comisión eCumÉniCa De DeReChos humanos (CeDhu) / espagne, asoCiaCion pRo DeReChos huma- nos De espana (apDhe) / espagne, feDeRaCion De asoCiaCiones De Defensa y pRomoCion De los DeReCho (fDDhh) / États-unis, CenteR foR Constitutional Rights (CCR) / États-unis, CenteR foR JustiCe & aCCountability (CJa) / Éthiopie, human Rights CounCil (hRCo) / euRope, assoCiation euRopÉenne pouR la DÉfense Des DRoits De l’homme (aeDh) / finlanDe, finnish league foR human Rights (flhR) - ihmisoikeus- liitto / fRanCe, ligue Des DRoits De l’homme et Du Citoyen (lDh) / fRanCe (nouvelle CalÉDonie), ligue Des DRoits et Du Citoyen De nou- velle CalÉDonie (lDhnC) / fRanCe (polynÉsie fRançaise), ligue polynÉsienne Des DRoits humains (lpDh) /gÉoRgie, human Rights CenteR (hRiDC) / golfe, gulf CenteR foR human Rights (gChR) / gRèCe, helleniC league foR human Rights (hlhR) / guatemala, Comision De DeRe- Chos humanos De guatemala (CDhg) / guatemala, CentRo De aCCión legal en DeReChos humanos (CalDh) / guinÉe-bissau, liga guineense Dos DiReitos humanos (lgDh) / guinÉe-ConakRy, oRganisation guinÉenne De DÉfense Des DRoits De l’homme et Du Citoyen (ogDh) / haïti, CentRe oeCumeniQue Des DRoits humains (CeDh) / haïti, RÉseau national De DÉfense Des DRoits De l’homme (RnDDh) / honDuRas, CentRo De investigaCión y pRomoCión De los DeReChos humanos (CipRoDeh) / honDuRas, ComitÉ De familiaRes De DeteniDos-DesapaReCiDos en honDuRas (Co- faDeh) / inDe, Commonwealth human Rights initiative (ChRi) / inDonÉsie, kontRas / iRan, DefenDeRs of human Rights CenteR in iRan (DhRC) / iRan, ligue pouR la DÉfense Des DRoits De l’homme en iRan (lDDhi) / iRlanDe, fRee legal aDviCe CentRes limiteD (flaC) / iRlanDe, iRish CounCil foR Civil libeRties (iCCl) / iRlanDe Du noRD, Committee on the aDministRation of JustiCe (CaJ) / isRaËl, b’tselem / isRaËl, assoCiation foR Civil Rights in isRael (aCRi) / isRaËl, publiC Committee against toRtuRe in isRael (pCati) / isRaËl, aDalah / italie, lega italiana Dei DiRitti Dell’uomo (liDu) / italie, unione foRense peR la tutela Dei DiRitti Dell’uomo (uftDu) / Japon, CenteR foR pRisoneRs’ Rights (CpR) / JoRDanie, amman CenteR foR human Rights stuDies (aChRs) / kasakhstan, kazaks- tan inteRnational buReau foR human Rights anD Rule of law (kibhR) / kenya, kenya human Rights Commission (khRC) / kiRghizistan, human Rights move- ment (biR Duino-DyRgyzstan) / kiRghizistan, kyRgyz Committee foR human Rights (kChR) / kiRghizistan, legal CliniC aDilet / kiRghizistan, kylym shamy / kosovo, CounCil foR the Defense of human Rights anD fReeDoms (CDhRf) / koweït, human line oRganisation (hlo) /laos, mouvement lao pouR les DRoits De l’homme (mlDh) / lettonie, latvian human Rights Committee (lhRC) / liban, palestinian human Rights oRganization (phRo) / liban, CentRe liba- nais Des DRoits humains (ClDh) /libÉRia, Regional watCh foR human Rights (lwhR) / libye, human Rights assoCiation foR ReCoRDing anD DoCumenting waR CRimes anD CRimes against humanity / libye, libyan league foR human Rights (llh) /lituanie, lithuanian human Rights assoCiation (lhRa) / malaisie, suaRa Rakyat malaysia (suaRam) / mali, assoCiation malienne Des DRoits De l’homme (amDh) / malte, malta assoCiation of human Rights/ fonDation De malte / maRoC, oRganisation maRoCaine Des DRoits De l’homme (omDh) / maRoC, assoCiation maRoCaine Des DRoits humains (amDh) / mauRitanie, asso- Ciation mauRitanienne Des DRoits De l’homme (amDh) / mexiQue, liga mexiCana poR la Defensa De los DeReChos humanos (limeDDh) / mexiQue, Comision mexiCana De Defensa y pRomoCion De los DeReChos humanos (CmDpDh) / molDavie, pRomo-lex /mozambiQue, liga moCanbiCana Dos DiReitos humanos (lmDDh) / niCaRagua, CentRo niCaRaguense De DeReChos humanos (CeniDh) / nigeR, assoCiation nigeRienne pouR la DÉfense Des DRoits De l’homme (anDDh) / nigÉRia, Civil libeRties oRganisation (Clo) / ouganDa, founDation foR human Rights initiative (fhRi) / ouzbekistan, assoCiation inteRnatio- nale D e DÉ fense D es DR oits D e l'h omme « Club D es Cœu R s a RD ents » / o uzbekistan, h uman Rights s o C iety o f u zbekistan ( hR su) / o uzb É kistan, l egal a i D soCiety (las) / pakistan, human Rights Commission of pakistan (hRCp) / palestine, al mezan CenteR foR human Rights (al mezan) /palestine, palestinian CentRe foR human Rights (pChR) / palestine, al haQ / palestine, Ramallah CentRe foR human Rights stuDies (RChRs) / panama, CentRo De CapaCitaCión soCial De panamá (CCs) / pays-bas, liga vooR De ReChten van De mens (lvRm) / pÉRou, asoCiaCion pRo DeReChos humanos (apRoDeh) / pÉRou, CentRo De DeReChos y DesaRRollo (CeDal) / philippines, philippine allianCe of human Rights aDvoCates (pahRa) / poRtugal, Civitas / RÉpubliQue CentRafRiCaine, ligue CentRafRiCaine Des DRoits De l’homme (lCDh) / RÉpubliQue CentRafRiCaine, oRganisation pouR la Compassion Des familles en DÉtResse (oCoDe- faD) / RÉpubliQue DÉmoCRatiQue Du Congo, ligue Des ÉleC teuRs (le) / RÉpubliQue DÉmoCRatiQue Du Congo, gRoupe lotus / RÉpubliQue DÉmoCRatiQue Du Congo, assoCiation afRiCaine Des DRoits De l’homme (asaDho) / RÉpubliQue DominiCaine, CnD Comisión naCional De los DeReChos humanos, inC / RÉpu- bliQue tChèQue, human Rights league (hRl) - liga liDskyCh pRav / Roumanie, the league foR the Defense of human Rights (laDo) / Royaume-uni, libeRty / Russie, anti-DisCRimination CenteR memoRial (aDC memoRial) / Russie, Citizens’ watCh (Cw) / RwanDa, ColleC tif Des ligues pouR la DÉfense Des DRoits De l’homme (ClaDho) / RwanDa, assoCiation RwanDaise pouR la DÉfense Des DRoits De la peRsonne et Des libeRtÉs publiQues (aDl) / RwanDa, ligue Rwan- Daise pouR la pRomotion et la DÉfense Des DRoits De l’homme (lipRoDhoR) / sÉnÉgal, oRganisation nationale Des DRoits De l’homme (onDh) / sÉnÉgal, RenContRe afRiCaine pouR la DÉfense Des DRoits De l’homme (RaDDho) / sÉnÉgal, ligue sÉnÉgalaise Des DRoits humains (lsDh) / seRbie, CenteR foR peaCe anD DemoCRaCy Development (CpDD) / souDan, suDan human Rights monitoR (suhRm) / souDan, afRiCan CenteR foR JustiCe anD peaCe stuDies (aCJps) / suisse, ligue suisse Des DRoits De l’homme (lsDh) / syRie, DamasCus CenteR foR human Rights stuDies (DChRs) / syRie, syRian CenteR foR meDia anD fRee- Dom of expRession (sCm) / syRie, Committees foR the Defense of DemoCRaCy fReeDoms anD human Rights (CDf) / taDJikistan, taJik « buReau on human Rights anD Rule of law » (bhR) /taïwan, taiwan assoCiation foR human Rights (tahR) / tanzanie, the legal anD human Rights CentRe (lhRC) / tChaD, ligue tChaDienne Des DRoits De l’homme (ltDh) / tChaD, assoCiation tChaDienne pouR la pRomotion et la DÉfense Des DRoits De l’homme (atpDh) / thaïlanDe, union foR Civil libeRties (uCl) / togo, ligue togolaise Des DRoits De l’homme (ltDh) / tunisie, ligue tunisienne Des DRoits De l’homme (ltDh) / tunisie, fo- Rum tunisien pouR les DRoits ÉConomiQues et soCiaux (ftDes) / tunisie, assoCiation tunisienne Des femmes DÉmoCRates (atfD) /tunisie, DoustouRna / tunisie, Conseil national pouR les libeRtÉs en tunisie (Cnlt) / tuRQuie, insan haklaRi DeRnegi (ihD) / DiyabakiR / tuRQuie, human Rights founDation of tuRkey (hRft) / tuRQuie, insan haklaRi DeRnegi (ihD) / ankaRa / vietnam, ComitÉ vietnam pouR la DÉfense Des DRoits De l’homme (CvDDh) / yÉmen, human Rights infoRmation anD tRaining CenteR (hRitC) / yÉmen, sisteRs’ aRab foRum foR human Rights (saf) / zimbabwe, zimbabwe human Rights assoCiation (zimRights).

Bureau international

PRÉSIDENT

 

TRÉSORIER

 
 

karim lAhiDji

  karim lAhiDji jean-françois PlANtiN

jean-françois PlANtiN

Iran

France

VICE-PRÉSIDENTS

VICE-PRÉSIDENTS

 
  TRÉSORIER     karim lAhiDji jean-françois PlANtiN Iran France VICE-PRÉSIDENTS  
  TRÉSORIER     karim lAhiDji jean-françois PlANtiN Iran France VICE-PRÉSIDENTS  
  TRÉSORIER     karim lAhiDji jean-françois PlANtiN Iran France VICE-PRÉSIDENTS  
  TRÉSORIER     karim lAhiDji jean-françois PlANtiN Iran France VICE-PRÉSIDENTS  
PlANtiN Iran France VICE-PRÉSIDENTS   Ezzedine Al AsbAhi Yusuf AlAtAs Aliaksandr biAliAtski

Ezzedine Al AsbAhi

Yusuf AlAtAs

Aliaksandr biAliAtski

Noeline blAckwEll

Dimitris chRistoPoulos

Yémen

Turquie

Bélarus

Irlande

Grèce

Yémen Turquie Bélarus Irlande Grèce katherine GAllAGhER tolekan isMAilovA shawan jAbARiN
Yémen Turquie Bélarus Irlande Grèce katherine GAllAGhER tolekan isMAilovA shawan jAbARiN
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katherine GAllAGhER

tolekan isMAilovA

shawan jAbARiN

Dismas kitENGE sENGA

Elsie MoNGE

États-Unis

Kirghizstan

Palestine

République démocratique du Congo

Équateur

Palestine République démocratique du Congo Équateur sheila MuwANGA Rosemarie R. tRAjANo Drissa tRAoRé
Palestine République démocratique du Congo Équateur sheila MuwANGA Rosemarie R. tRAjANo Drissa tRAoRé
Palestine République démocratique du Congo Équateur sheila MuwANGA Rosemarie R. tRAjANo Drissa tRAoRé
Palestine République démocratique du Congo Équateur sheila MuwANGA Rosemarie R. tRAjANo Drissa tRAoRé
Palestine République démocratique du Congo Équateur sheila MuwANGA Rosemarie R. tRAjANo Drissa tRAoRé

sheila MuwANGA

Rosemarie R. tRAjANo

Drissa tRAoRé

PAuliNA vEGA GoNZAlEZ

Zohra Yusuf

Ouganda

Philippines

Côte d’Ivoire

Mexique

Pakistan

SECRÉTAIRES GÉNÉRAUX

d’Ivoire Mexique Pakistan SECRÉTAIRES GÉNÉRAUX Amina bouAYAch Dan vAN RAEMDoNck Belgique Debbie

Amina bouAYAch

Dan vAN RAEMDoNck Belgique

Debbie stothARD

Maroc

Birmanie

PRÉSIDENTS D’HONNEUR

souhayr bElhAssEN

sidiki kAbA

Patrick bAuDouiN

Tunisie

Sénégal

France

et avec la collaboration de :

SECRÉTAIRES GÉNÉRAUX ADJOINTS

florence bElliviER

khadija chERif

Nabeel RAjAb

France

Tunisie

Bahreïn

DÉLÉGUÉS PERMANENTS

Dobian AssiNGAR auprès de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)

Mabassa fAll auprès de l’Union africaine (UA)

luis Guillermo PEREZ cAsAs auprès de l'Organisation des États Américains (OEA)

Pierre EsPERANcE Paul NsAPu Mukulu Haïti République démocratique du Congo Daniel jAcobY Michel bluM France
Pierre EsPERANcE Paul NsAPu Mukulu Haïti République démocratique du Congo Daniel jAcobY Michel bluM France

Pierre EsPERANcE

Paul NsAPu Mukulu

Haïti

République démocratique du Congo

Daniel jAcobY

Michel bluM

France

France

Alice MoGwE

Artak kiRAkosYAN

Botswana

Arménie

DIRECTION GÉNÉRALE EXÉCUTIVE

DIRECTEURS DE DÉPARTEMENTS

SIèGE (PARIS)

exécutive

juliane fAllouX

Directrice

général

Antoine bERNARD

Directeur

(Isabelle BRACHET jusqu'à fin nov. 13)

Directeur des opérations

Marceau siviEuDE

Directrice de la communication et des relations publiques

isabelle chEbAt

Directeur plaidoyer

Antoine MADEliN

international

Directrice administrative

corinne bEZiN

et financière

RECHERCHE ET OPÉRATIONS

COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES

ADMINISTRATION, FINANCES ET RESSOURCES HUMAINES

Michelle kissENkoEttER

(David KNAUTE jusqu'à Déc. 13)

Responsable Asie

Nicolas bAuDEZ

Technicien IT

Responsable du système d’information

Nicolas bARREto DiAZ

(Ad interim congé de Samia MERAH)

Chargée de gestion

tania DuchENE

Responsable du contrôle de gestion

sergueï fuNt

Chargée de programme Afrique

hassatou bA

florent GEEl

Responsable

Afrique

Attachée de presse

Audrey couPRiE

Responsable des relations presse

Arthur MANEt

Assistant comptable

Eric josEPh

tony MiNEt

Comptable

Responsable comptable

Nina NouYoNGoDE

jusqu'à Déc. 13)

Natalia YAYA MARtEllo

de programme

Amériques

COLARDELLE

Chargée

(Claire

Chargé de la communication numérique

jean-baptiste PAulhEt

Chargée de recherche de fonds

Nathalie lAssloP

Responsable de la recherche de fonds

kate colEs

léa sAMAiN-RAiMbAult

(jusqu'à mai Bélarus

14) du

Coordinatrice

programme

Assistante Europe de l’Est/

joanna hosA

Asie centrale

Responsable Europe de l’Est/ Asie Centrale

Alexandra koulAEvA

Chargé de l’édition et de diffusion des publications

christophe GARDAis

céline bAllEREAu tEtu

Responsable des

Publications

Responsable des ressources humaines

Marie-france buRQ

Chargée de programme, Afrique du Nord/Moyen-Orient

Nancy DEMichEli

Responsable Afrique du nord/ Moyen-Orient

Marie cAMbERliN

Assistante exécutive-

lidya oGbAZGhi

secrétaire

Assistante de la Direction Générale Exécutive

charline fralin

humains

13)

de et programme, jusqu'à

droits Déc.

Marion cADiER

Chargée PAUL

Mondialisation

(Geneviève

jusqu'à Déc. 13) et

droits Mondialisation

Geneviève PAul

humains

(Elin WRZONCKI

Responsable

Assistante Droits des femmes et Droits des migrants

Daisy schMitt

Responsable Droits des femmes et Droits des migrants

katherine booth

Justice internationale

Responsable adjointe

Delphine cARlENs

Responsable Justice

karine boNNEAu

internationale

Observatoire

défenseurs

l'Homme

droits GAbbERo

de des

programme,

protection

hugo

pour la des de

Chargé

défenseurs

droits de de PoMEoN l'Observatoire des

l'Homme

protection

Alexandra

Responsable

la des

pour

CONAKRY

BAMAKO

ABIDJAN

BRUXELLES

BANGKOK

LE CAIRE

LA HAYE

NAIROBI

TUNIS

LIMA

DÉLÉGATIONS, BUREAUX RÉGIONAUX ET BUREAUX CONJOINTS (FIDH-LIGUES)

BRUXELLES

NEW YORK

GENèVE

RECHERCHE ET OPÉRATIONS

COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES

MOBILISATION DES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES

du programmeen d'Ivoire et

Guinée jusqu'à fin décembre 2013)

en RAbEcQ

Côte

(Chargé

Antonin

FIDH

Guinée

Délégué

Responsable Asie/Asie du Sud-Est

Andrea GioRGEttA

josé carlos thissEN Consultant – Chargé la communication sur Caraïbes la de zone Amérique latine
josé carlos
thissEN
Consultant
– Chargé
la
communication
sur Caraïbes
la de
zone
Amérique
latine
et

adjoint MIDH/

du

conjoint

LIDHO/FIDH

willy NEth

Coordinateur

programme

plaidoyer

programme,

de jERoloN

du l'UA

de

coordinatrice

auprès

tchérina

Chargée

Chargé du programme conjoint OGDH/FIDH

Amadou bARRY

DiAllo Chargé du programme conjoint OGDH/FIDH

Mamadou boussouriou

conjoint

comptable

sYllA

OGDH/FIDH

programme

du Secrétaire Aboubacar

Représentante auprès de la CPI

Montserrat cARboNi

Responsable Amériques

jimena REYEs

cREsPi Europe

de de programme,

l'Ouest

Chargée Elena

Représentante auprès de l'UE

Gaelle DusEPulchRE

Délégué auprès de l'UE

jean-Marie RoGuE

Chargée de liaison, Délégation auprès de l'UE

catherine AbsAloM

Représentante auprès de l'ONU

julie GRoMElloN

Délégué auprès de l'ONU

Nicolas AGostiNi

conjoint

tRAoRE

programme

du AMDH/FIDH

Chargé Drissa

touRE conjoint

programme

du AMDH/FIDH

Chargée lalla

du Nord/

DAviD

mars 14)

Moyen-Orient

Afrique

stéphanie

(jusqu'à

Responsable

Consultante – Programme Afrique du Nord/Moyen-Orient

salma El hosEiNY

Consultante - Déléguée FIDH Tunis

Yosra fRAwEs

Représentante auprès de l'ONU

Michelle kissENkoEttER

(jusqu’à fin mars 14)

Représentante auprès de l'ONU

stéphanie DAviD

(à partir d'avril 14)

Priorité 1

Soutenir les défenseurs des droits de l’Homme

Contexte et défis

La sécurité des défenseurs des droits humains est particulièrement précaire dans les situations de conflit, de post-conflit ou de crise sécuritaire, comme ce fut le cas en 2013 en Syrie, en Colombie, au Mexique, en République démocratique du Congo (RDC), aux Philippines, au Népal, au Sri Lanka et en Tchétchénie / Fédération de Russie. Entravés dans leur action, ils ont souvent été pris entre deux feux et accusés par les parties au conflit de soutenir l'un ou l'autre camp.

Les défenseurs des droits humains qui opèrent dans le contexte de régimes autoritaires ou qui font face à des crises politiques et des mouvements de protestation populaire sont également l'objet d'une intense répression dans le but d'étouffer toutes dénonciations des violations des droits humains ou toutes critiques visant le pouvoir. Ce fut le cas notamment en 2013 de pays touchés par le printemps arabe de 2011 (Égypte, Bahreïn) mais aussi aux Maldives, en Iran, au Belarus, au Bangladesh, au Cambodge, en Russie, en Azerbaïdjan, au Zimbabwe, au Soudan, à Djibouti, etc.

Certaines catégories de défenseurs sont particulièrement vulnérables de par la nature des droits qu'ils défendent, soit parce que leur action gêne des intérêts politico-financiers ou se heurte à l'intolérance et la discrimination. Il s'agit notamment des défenseurs des droits liés à la terre et à l'environnement (DTE) ; une tendance qui s'est poursuivie en 2013. Le nombre de conflits sur les droits fonciers et les ressources naturelles augmentant, de plus en plus de défenseurs de ces droits, qu'ils soient dirigeants de communautés paysannes ou autochtones, journalistes, avocats ou militants d'ONG, sont victimes d'actes de violence et de campagnes de criminalisation, notamment en Amérique latine (Brésil, Colombie, Équateur, Guatemala, Honduras, Mexique, Pérou), en Asie (Birmanie, Cambodge, Indonésie, Malaisie, Philippines), en Afrique (Cameroun, RDC) et en Europe de l'est (Russie). Les défenseurs des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexuées (LGBTI) sont également particulièrement vulnérables. Ils sont souvent confrontés à la discrimination, à la criminalisation et sont victimes parfois de crimes de violence haineux, dans un grand nombre de pays où les droits liés à l'orientation sexuelle

et l'identité de genre ne sont pas reconnus (Bélarus, Cameroun, Grèce, Kirghizistan, Moldavie, Ouganda, Russie, Ukraine).

De nombreux défenseurs sont détenus arbitrairement, notamment des membres du Bureau international de la FIDH (Alès Bialiatski au Belarus et Nabeel Rajab au Bahreïn) et des représentants d'organisations membres de la FIDH en Iran, Ouzbékistan, Thaïlande, Turquie, Syrie, Bangladesh. Les défenseurs soumis au harcèlement judiciaire sont soumis à des procès expéditifs ou subissent au contraire des procédures extrêmement longues devenant une forme de punition en soi et empêchant les défenseurs de poursuivre leurs activités de défense des droits humains (Bangladesh, Syrie, Turquie).

Dans plusieurs pays, l'espace de liberté de la société civile s'est considérablement dégradé, en particulier suite à l'adoption ou à la mise en œuvre de lois restrictives. Les initiatives visant à restreindre l'accès au financement des ONG, notamment de source étrangère, se sont répandues. En parallèle, la question du financement a été à nouveau instrumentalisée cette année afin de discréditer des ONG auprès des populations et des donateurs (Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Colombie, Égypte, Israël, Kenya, Kirghizistan, Russie, Ukraine, Venezuela).

La vulnérabilité des défenseurs est souvent accrue par le manque de visibilité de leur situation au niveau local, régional et international, l'impunité des auteurs des violations, et les limites de la capacité protectrice des mécanismes de protection des défenseurs.

La FIDH et ses ligues en action

Conformément à son plan d'action stratégique pluriannuel, la FIDH avec ses organisations membres et partenaires a mis en œuvre de nombreuses activités pour répondre aux objectifs de protection des défenseurs en danger et de renforcement de leur capacité d'action. Les activités de protection des défenseurs ont été menées dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme (l'Observatoire), programme conjoint créé par la FIDH en 1997 avec l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

> Protéger les défenseurs en situation d'insécurité ou de répression

Établir les faits et alerter au quotidien Dénoncer les situations de violations des droits des défenseurs tout en interpellant les acteurs en cause (acteurs étatiques et non étatiques, y compris les groupes armés ou les entreprises) et en mobilisant les médias et décideurs permet dans de nombreux cas de faire cesser la violation et de prévenir de nouvelles violations.

Ainsi, sur la base d'informations fiables, détaillées, vérifiées et re- coupées par les organisations membres et partenaires de la FIDH et du réseau de l'OMCT, la FIDH a diffusé 239 interventions urgentes (appels urgents, communiqués de presse et lettres aux autorités) portant sur la situation de plus de 400 défenseurs dans 51 pays.

« Je viens d'avoir mon fils Onyx au téléphone cet

avant-midi. Entendre sa voix m' a rassuré après ces durs moments d' angoisse vécus ensemble à la suite de son enlèvement et de sa séquestration. Mes pensées vont à vous, car, avec vos messages et conseils de stratégie, vous avez été plus près de moi et de ma famille. Grâce à votre appui, mon enfant est en vie et récupéré par notre petit cercle au pays. Pour toute cette solidarité, je vous dis, au nom de ma

famille et au mien propre, Merci. Nous en sommes marqués et vous serons très reconnaissants ». Paul Nsapu Mukuku, président de la Ligue des électeurs (RDC), réfugié en Belgique

« Je voudrais vous remercier infiniment de votre

soutien durant ma dernière détention arbitraire. Il m'a été fort utile. Encore merci ».

Houssein Ahmed Farah, le journaliste de La Voix de Djibouti, membre de la Ligue djiboutienne des droits humains

Conformément aux objectifs de la FIDH fixés dans son plan d'action stratégique pluriannuel, ces chiffres sont en baisse par rapport aux années précédentes. Ceci a répondu au souhait de prioriser ses communications publiques pour insister sur des cas emblématiques ou requérant une visibilité accrue et sur les pays où les violations sont systématiques et/ou graves.

Cette orientation a permis d’accroître le suivi des cas à travers notamment des interpellations ciblées des autorités concernées et des mécanismes intergouvernementaux de protection des défenseurs pour obtenir de plus grands impacts. Les missions de terrain de la FIDH ont été des opportunités de plaidoyer auprès des autorités sur des cas de défenseurs en situation d'insécurité ou réprimés. Le congrès de la FIDH qui s'est tenu en Turquie fut également l'occasion d'une grande mobilisation publique pour interpeller les plus hautes autorités de l'Etat sur des cas de défenseurs en prison.

Autre caractéristique de 2013 s'agissant des interventions urgentes, la FIDH s'est particulièrement mobilisée, dans le suivi des cas d'arrestation et de détention arbitraire, mais aussi sur les violations des droits des défenseurs des LGBTI et des défenseurs des droits liés à la terre, à la gestion des ressources naturelles et à l'environnement. A cet effet, la FIDH a, d'une part, chargé une agence de communication de la conception d'une campagne sur les réseaux sociaux sur la détention des défenseurs et, d'autre part, consolidé son réseau d'information avec des ONG spécialisées sur ces thématiques à travers des réunions stratégiques, comme celles tenues avec Global Witness, International Land Coalition (ILC), Inter-LGBT, ILGA, IGLHRC et lors des sessions de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP) avec des ONG africaines locales et régionales de défense des droits des LGBTI.

Sur la base des informations récoltées et de ses interventions urgentes, la FIDH a produit une carte indiquant les types de violations des droits des défenseurs les plus graves par pays, un outil de vulgarisation très apprécié et utilisé par les décideurs.

Activer la capacité protectrice des organisations inter- gouvernementales Toutes les interventions urgentes de l'Observatoire ont été sys- tématiquement adressées aux mécanismes internationaux et ré- gionaux de protection des défenseurs (Procédures spéciales de l'ONU, de la CADHP et de la CIDH, Commissaire au droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, point focal de l'OSCE, et mé- canismes de l'UE), selon leur champ de compétence. Ces saisines suscitent leurs interventions et des interpellations des autorités compétentes.

La FIDH a également saisi d'autres organes de ces institutions pour les mobiliser sur des cas de répression de défenseurs (Parle- ment européen, Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, etc.) et organisé à cet effet des rencontres/interfaces entre les représent- ants de ses organisations membres et ces institutions.

Fournir une assistance d'urgence en cas de menaces et risques Pour répondre à des situations de menaces et d'atteintes à l'intégrité physique et psychologique des défenseurs, la FIDH a fourni une assistance matérielle à 58 défenseurs et/

a fourni une assistance matérielle à 58 défenseurs et/ Adilur Rahman Khan, secrétaire de l'ONG Odhikar,

Adilur Rahman Khan, secrétaire de l'ONG Odhikar, arrêté sur la base d'accusations fallacieuses en août 2013 au Bangladesh © Demotix / Ibrahim Ibrahim

ou membres de leur famille et 2 ONG de défense des droits humains. Ceci a permis de couvrir des besoins en terme de prévention (sécurisation des bureaux et de domiciles, frais de communication, sécurisation des déplacements : Cambodge, Cameroun, Ouganda), de protection (frais de relocalisation temporaire ou définitive : Syrie, RDC, Cameroun, Gambie, Ouzbékistan), de frais de justice et de frais médicaux (RDC, Sri Lanka, Russie).

Dans la difficile situation que le REDHAC, mes collègues et ma famille traversons, le soutien moral que vous nous avez apporté est considérable. Le Réseau des défenseurs des droits humains tient à vous exprimer ses plus vifs remerciements pour vos efforts pour la sécurité de nos bureaux, de ma sécurité et celle de mes enfants. Le RED- HAC vous remercie également de vos efforts pour l'aider à travailler dans de meilleures conditions. Maximilienne Ngo Mbe, Présidente du REDHAC (Cameroun)

Répondre au harcèlement judiciaire Face à l'utilisation ou l'instrumentalisation de la justice pour en- traver ou criminaliser l'action des défenseurs, la FIDH organise des missions d'observation judiciaire, de défense ou de solidarité. De telles missions recouvrent divers objectifs : fournir une aide judiciaire experte dans ce type d'affaire en soutien aux victimes ; apporter une solidarité et attention internationale pouvant con- tribuer au respect du droit à un procès équitable ; contribuer à un éclairage sur les violations de procédures pour susciter la réaction de la communauté internationale.

En 2013, la FIDH a ainsi organisé 4 missions d'observation judiciaire en Turquie pour suivre le procès contre Pinar Selek, condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, alors que la même cour l’avait à trois reprises acquittée en 2006, en 2008 et en 2011 ; le procès contre les 47 avocats accusés de terrorisme pour avoir représenté le chef du PKK et le procès contre 22 membres du ÇHD (association des avocats progressistes turcs) pour avoir représenté des personnalités accusées de terrorisme. La FIDH a aussi observé le procès contre son organisation membre en Russie,

le procès contre son organisation membre en Russie, Mabassa Fall représentant auprès de l'UA préside un

Mabassa Fall représentant auprès de l'UA préside un panel sur les défenseurs à la CADHP.

ADC Memorial, dans le cadre de poursuites civiles intentées pour défaut d'enregistrement en qualité d« agent étranger » selon les nouvelles dispositions liberticides sur les associations. Au Bangladesh, la FIDH a également observé une audience sur la demande de libération conditionnelle d'Adilur Rahman Khan, secrétaire d'Odhikar, qui a été libéré à cette occasion. La FIDH s'est également rendue en RDC pour examiner la lé- galité des procédures judiciaires contre des défenseurs de Ban- tundu accusés de troubles à l'ordre public pour avoir exercé leur droit de manifestation et pour faire un point avec les avocats des familles des deux défenseurs défunts, Chebeya-Bazana. Enfin, la FIDH a continué l'observation du « procès des 94 » opposants politiques et défenseurs aux Emirats Arabes Unis et publié son rapport dénonçant les graves irrégularités de procédures.

FOCUS

Mission d'urgence sur la situation d'Adilur Rahman Khan au Bangladesh Au Bangladesh, les autorités ont recours à un arsenal juridique et à des pratiques restrictives pour poursuivre et faire pression sur les défenseurs, qui font face à des attaques physiques, des détentions arbitraires et des actes de harcèlement judiciaire. L'atmosphère politique du pays est fondamentalement polari- sée, et la situation, déjà très tendue à l'approche des élections générales de début 2014, l'est tout autant dans le contexte post- électoral actuel. Ces constats avaient déjà été établis dans un rapport de mission publié par la FIDH en novembre 2013, suite à une mission internationale d'enquête effectuée en 2012 sur la situation des défenseurs dans le pays.

M. Adilur Rahman Khan, secrétaire d'Odhikar, a été détenu du 10 août au 11 octobre 2013, et M. Nasiruddin Elan, directeur d'Odhikar, du 6 novembre au 1er décembre. Tous deux ont été ciblés suite à la publication par Odhikar d'un rapport sur la répression d'une manifestation de fondamentalistes par la police en mai 2013.

A l'occasion de la mission d'urgence d'octobre 2013, la délégation a pu assister à l'audience de demande de remise en liberté, et rencontré des représentants de la société civile, des diplomaties et des autorités et institutions nationales.

Cette mission a contribué à la remise en liberté d'Adilur Rahman Khan quelques jours plus tard. MM. Rahman Khan et Elan sont libres à ce jour, mais restent poursuivis pour « cyber-criminalité ».

Les actions de la FIDH ont donc abouti à des résultats concrets, mais la mobilisation doit néanmoins se poursuivre afin que les procédures judiciaires contre les membres d'Odhikar soient défi- nitivement abandonnées.

La FIDH a par ailleurs publié son rapport d'observation judiciaire du procès contre Nabeel Rajab, président du Centre bahreïni pour les droits de l'Homme (Bahrain Center for Human Rights) et secrétaire général adjoint de la FIDH, condamné à deux ans de prison ferme pour avoir exercé son droit à la liberté de manife-

station pacifique et d'expression. Ce rapport a servi de base à un plaidoyer intense de la FIDH pour exiger sa libération.

Établir les responsabilités Conformément à son plan d'action stratégique pluriannuel, la FIDH a continué de développer ses actions contentieuses devant les tribunaux nationaux et les mécanismes régionaux et internatio- naux de protection des droits humains aux fins d'établir les respon- sabilités, étatique ou individuelle, dans des cas emblématiques de violations des droits des défenseurs, soutenir les victimes dans leur droit à la justice et contribuer à la prévention de ces violations, y compris via la consolidation d'une jurisprudence sur la protection des droits des défenseurs.

En 2013, la FIDH a ainsi initié ou poursuivi 12 nouvelles procé- dures devant les mécanismes compétents (cf. le tableau des actions quasi-contentieuses en cours initiées par la FIDH). Elle a égale- ment porté une attention particulière à l'état d'avancement de la procédure dans l'affaire de l'assassinat des défenseurs Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, directeur et membre de la Voix des Sans Voix en RDC. La FIDH a critiqué publiquement les obstructions dans la procédure en appel, organisé des réunions stratégiques pour soutenir le travail des avocats des familles de victimes parties civiles et recueillir le témoignage d'un des policiers condamné en première instance pour étayer la responsabilité principale dans cette affaire de l'ancien Inspecteur général de la police, afin qu'il réponde de ces actes devant la justice.

Quelques exemples de saisines clés en 2013

PAYS

DÉFENSEUR

ORGANE SAISI

DATE DE LA SAISINE

DÉCISION

EVOLUTION DE LA SITUATION

IRAN

Nasrin Sotoudeh

GTDA

Saisine avril

Pas encore d'infos

Libération provisoire

(octobre 2013)

BANGLADESH

Adilur Rahman

GTDA

Saisine août

Pas encore d'infos

Libération provisoire

Khan

(octobre 2013)

BAHREïN

Nabeel Rajab

GTDA (suivi)

Suivi avril

juillet 2013

Toujours détenu

(« la détention est arbitraire »)

CAMBODGE

Yorm Bopha

GTDA

Saisine octobre

Pas encore d'infos

Libération provisoire

(novembre 2013)

AZERBAïDJAN

Hilal Mammadov

GTDA (suivi/

Suivi novembre

Novembre 2013 (« la détention est arbitraire »)

Toujours détenu

(suivi)

réponse)

MEXIQUE

Marcial Bautista Valle et Eva Alarcón Ortiz

CDF (suivi/réponse)

Suivi octobre

Pas encore d'infos

Toujours disparues

SRI LANKA

Sinnavan Stephen

GTDFI

Saisine avril

Pas encore d'infos

Toujours disparu

Sunthararaj

SYRIE

Mazen Darwish, Mohamed Hani Al Zaitani, Hussein Hammad Ghrer

GTDA

Saisine juillet

Novembre 2013 (« la détention est arbitraire »)

Toujours détenus

BIRMANIE

Htin Kyaw

GTDA

Saisine août

Novembre 2013 (« la détention est arbitraire »)

Amnistié le 31 décembre 2013

IRAN

Khosro Kordpour et Massoud Kordpour

GTDA

Saisine août

Novembre 2013 (« la détention est arbitraire »)

Toujours détenus

SOUDAN

Osman Hummaida, Abdelmoneim Aljak et Amir Mohamed Suliman

CADHP

Suivi saisine (2009)

Pas encore d'infos

Plainte pour torture et mauvais traitements

ÉTHIOPIE

Human Rights

CADHP

Saisine avril

Pas encore d'infos

Plainte pour violation du droit à la liberté d'association

Council

> Renforcer la capacité d'action des défenseurs

Action pour un cadre politique et normatif favorable aux défenseurs La FIDH a mené en 2013 deux missions d'enquête sur la situation générale des défenseurs en Angola et au Guatemala, une autre sur les conflits fonciers et leur impact sur les défenseurs des droits à la terre et à l'environnement en Indonésie, et a préparé une mission sur les défenseurs des droits des LGBTI au Cameroun (qui s'est déroulée en janvier 2014). La FIDH a également publié le rapport de son enquête sur la situation des défenseurs au Bangladesh et mené sur cette base une mission de plaidoyer auprès des autorités de ce pays. Elle a rendu publique une note sur la situation des droits des défenseurs des personnes LGBTI dans la région Europe de l'Est Asie Centrale et les rapports publiés sur la Russie et la Moldavie évoquent également la question des défenseurs.

La FIDH a intégré le groupe consultatif de l'OSCE dédié à la rédaction du projet de lignes directrices sur la protection des défenseurs dans la région de l'OSCE, et de son rapport explicatif.

S'agissant en particulier de sa mobilisation en faveur de la liberté d'association, la FIDH a par ailleurs publié son rapport annuel sur les violations du droit des ONG au financement (cf. Focus). Elle a aussi dénoncé des projets de lois sur les associations contraires au droit international des droits de l'Homme (Kenya, Bahreïn, Ukraine et Kirghizistan) et a en revanche poursuivi son plaidoyer pour le renforcement des mécanismes nationaux de protection des défenseurs (Cote d'Ivoire, Mexique, RDC), en concertation avec la société civile nationale. Cette mobilisation s'est également traduite au niveau régional, via la participation de la FIDH au groupe d'experts de la CADHP chargé de rédiger un rapport et des lignes directrices sur les libertés d'association et de rassemblement pacifique en Afrique.

d'association et de rassemblement pacifique en Afrique. FOCUS Plaidoyer contre les violations du droit des ONG

FOCUS

Plaidoyer contre les violations du droit des ONG au financement des ONG Les obstacles auxquels sont confrontées les défenseurs sou- lèvent des questions de plus en plus complexes et techniques. Le format du rapport annuel de l'Observatoire a été revu en 2013 pour mieux répondre aux besoins de décryptage et d'analyse des acteurs du terrain et des autorités. Ce nouveau format per- met ainsi de décliner un plan d'exploitation plus stratégique et de répondre au besoin d'analyser les nouvelles problématiques. Le 28 février 2013, l'Observatoire a ainsi publié son rapport annuel sur les violations du droit des ONG au financement. Ce rapport de 100 pages, publié en français, anglais, espagnol, arabe et russe a été largement diffusé en version papier (4550 exemplaires) et par voie électronique aux décideurs concernés. Le rapport était accompagné d'une carte de la répression qui met en lumière les pays sur lesquels l'Observatoire a travaillé, en mettant en exergue les cas d'assassinats et de disparitions forcées et les cas de détention arbitraire. Plusieurs conférences de presse et de présentation ont été organisées par la FIDH pour contribuer à sa diffusion : conférence de presse à Genève et au Caire, présentation dans le cadre du Forum EIDHR à Bruxelles, du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève, de la CADHP à Banjul et de l'OSCE à Vienne.

Retours positifs :

« Votre rapport annuel est la « bible » sur la question du droit des ONG au financement ». M. Stavros Lambrinidis, Représentant spécial de l'UE pour les droits de l'Homme, dans son discours lors de la session d'ouverture du congrès de la FIDH à Istanbul (mai 2013).

« Tout le monde dans cette salle devrait repartir avec une copie

du rapport de l'Observatoire sur le harcèlement des ONG et les obstacles à l'accès aux financements ». jean-Louis Ville, Direc- tion générale du développement et de la coopération EuropeAid, lors de la session du Forum EIDHR dédiée à la question du finan- cement desn ONG (avril 2013).

Impact :

Au moment du lancement du rapport annuel en marge du Conseil des droits de l'Homme en février 2013, une résolution importante sur la question de la protection des défenseurs était négociée et devait être adoptée. L'événement parallèle de la FIDH dédié au lancement du rapport, auquel des dizaines de diplomates et de défenseurs ont participé, tout comme le plaidoyer mené par la FIDH sur cette question, ont permis de faire en sorte que la problématique du droit au financement soit clairement mention- née, pour la première fois, dans une résolution du Conseil sur la protection des défenseurs. Le rapport annuel a également été utilisé par le Rapporteur spécial de l'ONU sur les libertés d'association et de rassemblement pacifique, qui a consacré son rapport de juin 2013 à ce sujet.

Soutien matériel et formations aux ONG et défenseurs

Afin de renforcer la capacité d'action des défenseurs, la FIDH

a fourni en 2013 une assistance matérielle à des ONG de RDC, Syrie, Éthiopie, Mali et Libéria.

La FIDH a également soutenu l'opérationnalisation d'un cen- tre des droits de l'Homme dans le nord de la Syrie et organisé plusieurs séminaires de formations à l'intention de ses mem-

bres sur les droits humains et leur promotion et protection. Par ailleurs, compte tenu des risques liés à la documentation des violations des droits humains pendant la crise au Mali, la FIDH

a organisé une formation pour des défenseurs maliens sur la

sécurité du stockage et de la diffusion des informations. Enfin, la FIDH a contribué à la formation par l'organisation TRACES de défenseurs des droits de l'Homme de Guinée sur les aspects

psychologiques du recueil de témoignages de victimes de viola- tions des droits humains.

Par ailleurs, le FIDH a préparé, en partenariat avec TRACES, une série d'activités (dont le premier séminaire s'est tenu début 2014) pour fournir un soutien psychologique à 20 représentants d'organisations membre et partenaires de la FIDH au Bélarus, travaillant dans un contexte hautement répressif.

« Lors de ce séminaire, nous avons obtenu des documents de travail que nous utilisons désormais dans notre travail quotidien. Cette réunion nous a permis de voir notre travail différemment, de lutter contre les incidences de nos activités professionnelles sur notre vie privée, et de créer un protocole quant à la conduite des recueils de témoignage que nous n'avions jamais eu avant et qui était plus que nécessaire. Nous espérons développer ces activités à notre tour pour faire bénéficier de cette expérience peu connue au niveau national à d'autres collègues ». Un participant au séminaire

Visibilité de la situation des défenseurs Plusieurs activités menées en 2013 ont permis de mieux faire connaître la situation des défenseurs et l'importance de leur protection.

Les interfaces auprès des organisations intergouvernementales (cf. ci-dessus) ont permis aux défenseurs d'être mieux connus de ces instances et de bénéficier ainsi d'un plus grand suivi de leur action et participation

Soutien au Festival International du Film des Droits de l'Homme à Genève

Mise en ligne sur le site de la FIDH d'une vidéo de Maina Kiai, Rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'association et de réunion, à l'occasion de la publication du rapport annuel 2013 de l'Observatoire sur le droit au financement des ONG

Mise en ligne sur le site de la FIDH de vidéos présentant l'action des défenseurs au Bahreïn, au Bangladesh et en Égypte, et leurs préoccupations sur le droit au financement des ONG au niveau national

Mise à a jour du site Free Ales, pour exiger la libération

d'Ales Bialiatski. Page du site de la FIDH dédiée aux défenseurs membres du mouvement FIDH en prison

Contribution à la couverture médiatique de l'action des défenseurs

Tweets sur la situation des défenseurs

Soutien aux jeunes défenseurs Afin de soutenir la formation des jeunes citoyens et défenseurs des droits de l'Homme, la FIDH a renforcé son programme d'accompagnement des stagiaires. Un groupe de travail et un point focal au sein du secrétariat international ont été créés et sont chargés d'élaborer un plan d'action 2014-2015. Le but est de renforcer la participation des jeunes dans les actions de mobilisation de la FIDH et d'encourager l'interaction entre les différentes générations à l'intérieur du mouvement FIDH. Parmi les activités seront mises en place une base de données et une plateforme d'échange en ligne.

Exemples de résultats obtenus

La FIDH a permis ou contribué aux résultats suivants :

Libérations, fin du harcèlement judiciaire, avancées dans la quête de justice

110 libérations (au Bangladesh, au Bélarus, en Birmanie, au Cambodge, en Chine, à Djibouti, en Iran, en Israël, en Malaisie, en République démocratique du Congo (RDC), en Russie, en Tunisie, en Turquie et au Zimbabwe), des abandons de charges (Bahreïn, Birmanie, Russie)

Annulation de la publication du mandat d’arrêt international par Interpol et Red Alert contre Pinar Selek.

Protection matérielle et sécurisation des défenseurs

Mesures d'assistance médicale, sécuritaire ou judiciaire octroyées à 45 défenseurs et ONG

Relocalisation de 15 défenseurs et/ou membres de leurs familles dans pays sûrs

15 défenseurs formés à la sécurité du stockage et diffusion des informations.

Décisions et déclarations des mécanismes inter- gouvernementaux de protection et mobilisation des diplomaties

5 décisions du GTDA de l'ONU reconnaissant la détention arbitraire de défenseurs des droits de l'Homme détenus au Bahreïn, en Syrie, en Birmanie, en Azerbaïdjan, en Iran

Mobilisation et dénonciation publique des procédures contre les défenseurs turcs et contre ADC Memorial (Russie)

Résolution du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU sur la protection des défenseurs, avec un paragraphe sur le droit des ONG aux financements.

Amélioration du cadre législatif au niveau national

Suspension de procédures d'adoption de projets de lois sur les ONG contraires au droit international des droits de l'Homme au Bahreïn et au Kirghizistan

Abrogation de la loi restrictive sur les ONG en Ukraine

Suppression des amendements controversés de la loi sur les ONG au Kenya

Attribution de prix à des défenseurs pour lesquels la FIDH s'est mobilisée

• Prix Vaclav Havel à Ales Bialiatski, vice-président de la FIDH et président de Viasna (Belarus)

Prix « Rights Livelihood » à Raji Sourani, Palestinian Center for Human Rights (organisation membre de la FIDH en Palestine)

Prix de la Fondation Rafto au Bahrein Center for Human Rights (organisation membre de la FIDH au Bahreïn)

Prix des Nations unies pour les droits de l'Homme à Khadija Ryadi, ex-présidente de l'AMDH (organisation membre de la FIDH au Maroc)

Prix Bruno Kreisky à Mazen Darwish, président du Syrian Centre for Media (SCM)

Prix Silver Rose au CALDH (organisation membre de la FIDH au Guatemala).

LA FIDH EN INTERACTION AVEC SES ORGANISATIONS MEMBRES ET PARTENAIRES

4

missions internationales d'enquête

• Guinée : ateliers de formation d'ONG locales sur l'aspect psychologique du recueil de témoignages des victimes

Rapports

et de plaidoyer (Angola, Indonésie, Bangladesh, Guatemala)

Bangladesh : Hausse inquiétante des menaces contre les défenseurs Bahreïn : 2 ans de prison pour exercice de la liberté de réunion pacifique Émirats Arabes Unis : Violations du droit à un procès équitable dans l'affaire des 94 Moldavie : Torture et mauvais traite- ments en Moldavie et en Transnistrie :

7

missions d'observation judiciaire

Syrie : séminaire de formation de 10 formateurs sur la promotion des droits humains

Partenariats : OMCT dans le cadre de l'Observatoire et environ 400 membres et partenaires

et de défense (Turquie, RDC, Russie, Bangladesh, Émirats Arabes Unis) 239 interventions urgentes plus d'une dizaine de procédures judici- aires et quasi-judiciaires initiées et suivies

Séminaires stratégiques :

 

l'impunité règne Russie : Discriminations contre les minori- tés visibles : Roms, migrants et peuples autochtones

Mali : atelier pour 15 défenseurs sur la sécurisation du stockage et communication des données

la sécurisation du stockage et communication des données Manifestation, Sumatra, janvier 2013 © WALHI 18 —

Manifestation, Sumatra, janvier 2013 © WALHI

Priorité 2

Promouvoir et protéger les droits des femmes

Contexte et défis

Le contexte international est caractérisé par une montée des conservatismes tendant à remettre en cause les droits des femmes. Alors que le 20ème anniversaire de la Conférence mondiale sur les femmes de Pékin approche, les acquis des dernières décennies se trouvent de manière générale menacés. Les risques de reculs sont les plus flagrants dans le domaine des droits reproductifs et sexuels, mais également en ce qui con- cerne la protection des femmes contre les violences ou en mat- ière d'égalité des femmes et des hommes au sein de la famille.

En parallèle, les déclarations aux niveaux international et ré- gional se multiplient, reconnaissant le rôle clé des femmes et l'importance de l'égalité hommes-femmes pour la construction d'une paix durable, pour l'économie et pour le développement. Il est largement reconnu que l'échec des Objectifs du Millénaire pour le Développement, qui doivent être renouvelés en 2015, est lié au fait que l'égalité les femmes et les hommes n'a pas été atteinte.

En 2013, les négociations visant à faire adopter une déclaration sur l’élimination de la violence contre les femmes au sein de la Commission de la condition de la femme (CSW) se sont heur- tées à une forte résistance : une coalition d’États, parmi lesquels le Vatican, l’Iran, l’Égypte, la Syrie et la Russie, a cherché à revenir sur des accords antérieurs portant sur des engagements clés. Dans un tel contexte, le document final - qui comprend un appel à rendre accessibles et abordables des services de santé parmi lesquels des soins de santé sexuelle et reproduc- tive comme la contraception d’urgence ou l’avortement sans risque pour les victimes d’actes de violence - constitue une victoire significative.

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les soulèvements du « Printemps arabe » ont ouvert des possibilités pour la pro- motion de l’égalité en droit et en pratique. Ils ont toutefois également engendré des risques de régression. En Tunisie, l’issue des négociations sur les dispositions constitutionnelles concernant l’égalité et la non-discrimination aura un impact profond sur les droits des femmes. En Égypte, la participation des femmes au processus de transition est menacée par les vio-

lences continuelles dont sont victimes celles d’entre elles qui tentent d’exercer leur droit à participer à la vie publique. Les femmes qui manifestent continuent d'être cibles de violences sexuelles commises en toute impunité. Au Yémen, le processus de transition a ouvert la possibilité de réformer la législation :

il a notamment été proposé lors de la Conférence du dialogue national de porter l’âge minimum au mariage pour une femme à 18 ans.

Alors que les femmes éprouvent de grandes difficultés à être représentées dans les processus de transition politique et de paix, elles sont toujours soumises aux pires formes de vio- lence dans les zones de conflit. Le viol et les autres violences sexuelles continuent à être utilisés en tant qu’armes de guerre, dont les auteurs jouissent d’une totale impunité. En République démocratique du Congo (RDC), pays que l’on surnomme la capitale mondiale du viol, les 20 années de conflit ont été mar- quées par le recours massif et systématique aux crimes sexuels. Très peu de victimes ont eu accès aux tribunaux, et aucune n’a obtenu réparation. En Syrie, le conflit en cours a un impact particulier sur les femmes et les jeunes filles, augmentant leur vulnérabilité et les actes de violence liés au genre.

La FIDH et ses ligues en action

> Contribuer à l'égalité entre les femmes et les hommes en droit

Échanges stratégiques et actions de plaidoyer En 2013, la FIDH a continué à focaliser son action sur le Maghreb Moyen-Orient, compte tenu des défis importants auxquels font face les femmes dans la région à la suite des soulèvements du "Printemps arabe", des opportunités mais également des risques de reculs dans le domaine de l'égalité entre les hommes et les femmes.

Ainsi, sur la base de son rapport «Monde arabe, quel printemps pour les femmes ?» publié en 2012 (cette publication analyse le rôle des femmes dans les mouvements de contestation, les révolutions et les transitions dans le monde arabe et les dével-

oppements pour les droits des femmes depuis le déclenche- ment des soulèvements en 2011, dans 8 pays), la FIDH et ses organisations membres et partenaires de la région ont organisé une série d’événements de sensibilisation et de plaidoyer pour faire en sorte que les réformes en cours garantissent le respect des normes internationales de protection des droits des femmes.

Ces activités ont avant tout été menées au niveau national, auprès des autorités concernées, en s'appuyant sur les médias de la région pour mieux diffuser le message des organisations de la société civile, augmenter la pression sur les décideurs et sensibiliser la population. Ainsi, la FIDH a produit une note de position sur le projet de réforme de la Constitution en Egypte dénonçant les dispositions contraires à la CEDAW. Cette note, transmise aux autorités et aux médias nationaux, a nourri de nombreux débats sur cette question. La FIDH a également conduit de nombreuses missions de plaidoyer en Tunisie pour appeler les pouvoirs exécutifs et législatifs à garantir l'égalité entre les hommes et les femmes dans le projet de Constitution en cours de rédaction (cf. focus).

Des actions de plaidoyer ont également été engagées auprès du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, du Groupe de travail des Nations unies chargé de la question de la dis- crimination à l'égard des femmes, dans la législation et dans la pratique, et de l'Union européenne, pour les mener à appeler l'Egypte et la Tunisie, mais aussi l'Arabie Saoudite et la Jor- danie à respecter les droits des femmes.

Par ailleurs, deux réunions de stratégie ont été organisées au Caire en présence de représentants d'organisations de la société civile de la région pour déterminer les actions à mener dans le cadre de la campagne Egalité sans Réserve, initiée en 2006 par l'Association démocratique des femmes au Maroc et la FIDH, pour obtenir la levées des réserves émises par les Etats de la région à la CEDAW et la ratification du Protocole facultatif de cette convention.

FOCUS

Pour une nouvelle Constitution tunisienne respectueuse des droits des femmes La FIDH a soutenu ses organisations membres en surveillant l'évolution du projet de réforme constitutionnelle et dénonçant ses dispositions violatrices des droits des femmes, contraires aux principes de l'égalité entre les hommes et les femmes et de non discrimination.

Dans ce contexte, la FIDH a mobilisé les médias et sensibilisé l'opinion public sur l'incompatibilité du projet de Constitution avec les normes internationales de protection des droits humains qui lient la Tunisie. La FIDH a également mené de nombreuses actions de plaidoyer auprès des autorités nationales. Une mission en janvier a permis de rencontrer les plus hautes autorités de l'Etat, notamment le président, et s'est prolongée par des échanges récurrents avec des représentants de l'exécutif et les membres de l'ANC, mais aussi auprès des gouvernements

internationaux et institutions internationales et européennes pour que la promotion de l’égalité, la garantie et le respect des droits des femmes soit au cœur des priorités de leurs relations avec le gouvernement tunisien. Ainsi, le Groupe de travail des Nations unies sur les lois et pratiques discriminatoires à l'égard des femmes a émis de fortes recommandations aux autorités tunisiennes s'agissant de la réforme constitutionnelle.

Impact de cette mobilisation, la Constitution adoptée en janvier 2014 contient des dispositions sur l'égalité des sexes, la non discrimination et sur la protection des femmes contre les violences.

« L'adoption de la nouvelle constitution tunisienne a été une victoire pour la société civile en générale, en particulier pour les femmes. Elle pose les fondamentaux de la démocratie et de l'égalité. Nous devons maintenant rester vigilants car comme tous les textes favorables aux droits des femmes, sa vraie valeur dépendra de son interprétation et de sa mise en œuvre effective. » Souhayr Belhassen, présidente d'honneur de la FIDH

La FIDH a également poursuivi son action en Afrique, à travers sa campagne « l'Afrique pour les droits des femmes, Ratifier et Respecter ! » initiée en 2009 avec une centaine d'organisations régionales et nationales généralistes dans la protection des droits humains et spécialisées dans la protection des droits des femmes. Elle a ainsi profité de ses missions de terrain et de ses interventions auprès de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples pour appeler autorités nationales à ratifier le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique et mettre en harmoniser les législa- tions et pratiques en conséquence.

S'agissant de l'Ouganda particulièrement, où la législation régis- sant le mariage et le divorce est constituée de lois multiples qui s'appliquent aux personnes en fonction de leur religion et qui sont discriminatoires envers les femmes, la FIDH a fait le suivi de son plaidoyer pour l'adoption d'un projet de réforme en préparation depuis plusieurs décennies et modifié à plusieurs reprises. Des consultations ont été menées entre la FIDH et son organisation membre, Foundation for Human Rights Initiative, et des organisa- tions ougandaises des droits des femmes pour analyser les raisons des blocages et décider l'organisation d'une mission début 2014 pour établir des stratégies aux fins d'accélérer l'adoption de la réforme.

Par ailleurs, dans la continuité de son plaidoyer pour la participa- tion des femmes aux processus de paix, la FIDH s'est mobilisée pour que ce thème ainsi que la protection des droits des femmes soient inscrits à l'ordre du jour du Sommet Afrique-France de décembre 2013. La FIDH a également multiplié les appels aux autorités maliennes et aux Nations unies pour que les droits des femmes soient au cœur de la transition dans ce pays.

La FIDH et ses organisations membres et partenaires ont égale- ment mené des actions en faveur de la protection des droits des femmes en Asie : la FIDH et la Ligue iranienne des droits de l'Homme ont ainsi alerté le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies sur les discriminations à l'égard des femmes, et la FIDH a soutenu son organisation mem- bre Armanshar/Open Asia dans l'organisation du premier festival de films sur les droits des femmes, qui s'est tenu à Hérat, en Af- ghanistan, en mars 2013.

Actions contentieuses Conformément à son plan d'action stratégique pluriannuel, la FIDH – à travers son Groupe d'action judiciaire - a décidé de mener des actions contentieuses pour contrer les remises en cause croissantes des principes d’égalité et des droits des femmes et les attaques à l’encontre des activistes des droits humains mobilisés pour la défense des droits des femmes.

Ainsi, en Tunisie, la FIDH a mandaté deux avocats mauritanien

et français aux fins de participer aux côtés d'avocats tunisiens à la défense d’Amina Sboui 'Tyler', accusée de partager le com- bat Femen. Outre les poursuites judiciaires, Amina Sboui 'Tyler'

a fait face à une campagne virulente de la part d’une partie de

l’opinion tunisienne et de groupes radicaux aux propos violents, allant jusqu’à appeler à une condamnation de la jeune femme à la peine capitale. Amina a été libérée, mais les poursuites sont toujours en cours.

> Promouvoir l'accès des femmes à la justice

Documentation Dans le cadre de son action de mobilisation de l'opinion publique, des autorités et des instances inter-gouvernementales pour la pro- tection des droits des femmes au Maghreb Moyen-Orient suite aux soulèvements populaires, la FIDH a mené et publié des enquêtes

pour briser le tabou sur les violences contre les femmes et soutenir

et promouvoir le droit des victimes à la justice.

Avec ses organisations partenaires, la FIDH a ainsi organisé une mission d'enquête en Égypte sur les violences à l'égard des femmes dans l'espace public. La mission a pu constater que l'ampleur du harcèlement et des agressions sexuelles à l’encontre des femmes en Égypte constitue un obstacle majeur à leur participation à la transition politique de leur pays. Les gouvernements successifs n’ont pas pris les mesures nécessaires pour mettre un terme aux violences à l’encontre des femmes et ces crimes continuent d’être commis en toute impunité. La publication du rapport de cette mis- sion est prévue début 2014.

En 2013, la publication du rapport de la FIDH, « Violences à l'encontre des femmes en Syrie : briser le silence », a contribué à sensibiliser la communauté internationale sur l'enlèvement et le viol de femmes dans le cadre du conflit. Le rapport dénonce, par ailleurs, la situation particulièrement préoccupante des réfugiées

syriennes en Jordanie menant la FIDH à conduire un plaidoyer sur cette question auprès des autorités jordaniennes, du UNHCR et des procédures spéciales et autres mécanismes de protection des droits humains des Nations unies.

Actions contentieuses L'accès des femmes à la justice faisant l'objet de nombreux ob- stacles (législatifs, politiques, sociétaux, financiers), la FIDH a continué sa mobilisation en faveur du droit des femmes victimes de violations des droits humains à la justice et de la lutte contre l'impunité de leurs auteurs.

Ainsi, la FIDH s'est mobilisée aux côtés d'une jeune femme tu- nisienne, Meriem Ben Mohamed, pour que les poursuites à son encontre pour atteinte à la pudeur alors qu'elle fut victime de viol par des agents des forces de l'ordre soient abandonnées. La FIDH, à la demande l'Association tunisienne des femmes démocrates, s'est ensuite constituée dans l'équipe d'avocats de Meriem Ben Mohamed suite au dépôt d'une plainte contre les agents pour viol et extorsion de fonds.

En Guinée Conakry, la FIDH a poursuivi son action judiciaire aux côtés de 300 victimes et familles de victimes de la répression par la junte militaire d'une manifestation pacifique de l'opposition et de la société civile, communément appelée le massacre du 28 septembre 2009. Dans cette affaire, la FIDH met un accent par- ticulier au soutien des nombreuses victimes de violences sexuelles, via le recueil de leur témoignage, leur accompagnement pour les auditions devant les juges guinéens et des demandes d'actes judi- ciaires spécifiques pour que ceux-ci établissent les responsabili- tés. La FIDH a également permis la formation des représentants d'associations de victimes et d'ONG de protection des droits de l'Homme à l'aspect psychologique du recueil de témoignages des victimes, notamment des victimes de violences sexuelles.

Dans le cadre de ses enquêtes à Gao, Kidal, Mopti et Sévaré, sur les crimes commis par les groupes extrémistes pendant leur oc- cupation du Nord Mali et ceux commis depuis la contre offensive des forces armées nationale et internationales, la FIDH a recueilli de nombreux témoignages de violences sexuelles et rencontré plu- sieurs organisations locales travaillant avec les femmes victimes du conflit. Des discussions stratégiques ont pu être menées pour

Des discussions stratégiques ont pu être menées pour Trois femmes de dos, camp de Mugunga III

Trois femmes de dos, camp de Mugunga III (RDC), août 2013, ©AFP

analyser dans quelle mesure des plaintes pourraient être déposées devant les tribunaux nationaux prenant en compte les réticences initiales des victimes du fait des tabous sociaux et de l'absence de confiance envers la justice.

En Côte d'Ivoire, la FIDH a continué d'encourager les juges d'instruction à établir les responsabilités s'agissant des violences sexuelles perpétrées à l'occasion de la crise post-électorale.

Activités de plaidoyer aux niveaux national, régional et international La FIDH et son partenaire en Libye, l'Observatoire sur le gen- re en crise, ont mobilisé le gouvernement libyen en faveur de l'adoption d'une loi reconnaissant les victimes de viol pendant le conflit comme victimes de guerre. En juin 2013, le gouvernement a approuvé le projet de loi et l'a soumis au congrès général national pour adoption. La loi a ensuite été validée par la commission ju- ridique du parlement. La FIDH s'est alors engagée dans un plaid- oyer auprès d'Etats influents pour appeler à l'adoption de cette loi, en participant notamment à un séminaire organisé par le parlement italien en juillet 2013, à l'issue duquel il a adopté une résolution appelant le congrès général national libyen à adopter la loi.

FOCUS

La FIDH se mobilise pour le droit à la justice et à la réparation des victimes de crimes sexuels en RDC Dans le cadre d'un programme spécifique sur la lutte contre l'impunité des crimes sexuels en RDC, la FIDH et ses organisations membres, la Ligue des électeurs, le Groupe

Lotus, l’ASADHO et son partenaire Solidarités féminines pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) ont mené une mission à Kinshasa en avril, sur l’accès des victimes de violences sexuelles à la justice et à la réparation. La mission

a pu rencontrer la Ministre de la justice, la Ministre du genre,

des autorités judiciaires, ainsi que des représentants de la communauté internationale et de la société civile. La mission a permis d'identifier les obstacles à la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes sexuels.

Pour renforcer l’accès à la justice des victimes de violences sexuelles, les efforts des autorités congolaises et de la communauté internationale se sont largement focalisés sur le renforcement des juridictions, notamment militaires, et sur le soutien à l’ouverture d’enquêtes et de poursuites. Aujourd’hui d’importants procès, même si encore trop peu nombreux, se tiennent à l’encontre des auteurs présumés de ces crimes sexuels. Mais ces jugements restent très peu exécutés : les auteurs condamnés trouvent très souvent la fuite. Aucune des décisions en matière de réparation n'a été exécutée.

A la suite de sa mission, la FIDH a réuni des organisations

congolaises de la société civile et des avocats des victimes pour établir des stratégies d'action pour lutter contre l'impunité aux niveaux national et régional. Les organisations ont décidé d'examiner l'état d'avancement de procédures symboliques sur

la question des crimes sexuels en vue d'agir pour épuiser les

recours internes ou porter ces affaires devant la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP). Une telle communication sera ainsi portée par nos organisations en 2014.

Les conclusions de l'enquête de la FIDH furent présentées à la session de mai du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, contribuant à sa décision d'organiser un panel de haut niveau sur la question de la lutte contre l'impunité des crimes sexuels en RDC en mars 2014.

Ces mêmes conclusions furent également présentées par la FIDH et ses organisations membres en juillet 2013, aux experts du Comité CEDAW, lors d’un briefing précédant leur examen du rapport de la RDC. Le Comité CEDAW a dénoncé, dans ses observations finales, l’impunité généralisée des auteurs de violences sexuelles commises dans le cadre du conflit à l’Est de la RDC et le retard dans la mise en œuvre de tribunaux d’exception pour le jugement de crimes internationaux. Suite au plaidoyer de la FIDH, le Comité a également stigmatisé les lacunes concernant l’exécution des décisions de justice et le non- versement des indemnités accordées dans les affaires de violences sexuelles, et dénoncé les menaces contre les défenseurs qui soutiennent les victimes de tels crimes.

Le rapport final de la mission d'enquête a été présenté lors d'une conférence de presse (en présence de nombreuses agences de presse, radios, journaux et télévisions), à Kinshasa et débattu avec les autorités nationales qui se sont engagées à prendre des mesures pour lutter contre l'impunité des crimes sexuels. Notamment, la ministre du Genre a demandé aux organisations membres de la FIDH de travailler au projet de loi sur la gratuité du recours à la justice pour les victimes de violences sexuelles. Enfin, à l'occasion de cette mission de suivi, la FIDH a organisé un atelier avec des représentants de SOFEDI et leurs avocats pour une formation sur les bonnes pratiques en matière de soutien des victimes de crimes sexuels dans des procédures judiciaires.

Enfin, la FIDH a continué sa mobilisation pour que le Procureur de la Cour pénale internationale renforce sa politique pénale s'agissant de la lutte contre l'impunité des auteurs des crimes sexuels.

Exemples de résultats obtenus

La FIDH a permis ou contribué à/au

Contribution à l'égalité entre les femmes et les hommes en droit

Tunisie

Recommandations du Groupe de travail des Nations unies chargé de la question de la discrimination à l'égard des femmes aux autorités tunisiennes pour garantir l'égalité des sexes et la non discrimination dans la réforme de la Constitution

Dispositions de la nouvelle Constitution qui garantissent l'égalité

entre les sexes, la non discrimination et la protection des femmes contre les violences

La libération d'Amina Sboui 'Tyler' poursuivie pour avoir tagué « FEMEN » sur un mur près d'un cimetière.

Iran

Les recommandations du Comité DESC des Nations unies ont fait écho aux préoccupations de la FIDH sur les droits des femmes.

Afrique / France

L'inclusion de la question de la protection des droits des femmes et de leur participation aux processus de paix dans les débats et la déclaration finale du Sommet Afrique-France de décembre

2013.

Maghreb – Moyen-Orient

La résolution du Conseil de l'Europe qui fait référence aux 20 mesures de la FIDH et de ses organisations membres et partenaires pour l'égalité entre les sexes dans la région.

Monde

Publication d'un appel conjoint avec la Présidente du Comité CEDAW en faveur de la levée des réserves à la Convention CEDAW.

Promotion de l'accès des femmes à la justice Tunisie

L'abandon des poursuites contre Meriem Ben Mohamed, accusée d'atteinte à la pudeur alors qu'elle fut victime de viol par

des agents des forces de l'ordre et, en 2014, la condamnation des policiers pour viol et extorsion de fonds.

Libye

Projet de loi qualifiant les victimes de viols de victimes de guerre approuvé par le gouvernement et soumis au Parlement.

Égypte

La création par le gouvernement d'une unité pour les victimes de violences sexuelles au sein du ministère de l'Intérieur.

Syrie

La documentation des crimes sexuels

La sensibilisation des membres du Conseil de sécurité des Nations unies sur les violences sexuelles dans ce pays. (Le rapport de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies sur les violences sexuelles dans les conflits cite le rapport de la FIDH sur les violences sexuelles en Syrie lors d'une séance du Conseil de sécurité).

RDC

Conclusions du Comité CEDAW qui reflètent l'ensemble des préoccupations soulevées par la FIDH.

Guinée

L'inculpation pour viol et le placement sous mandat de dépôt d'un gendarme guinéen dans l'affaire du massacre du 28 septembre 2009.

dans l'affaire du massacre du 28 septembre 2009. Graffiti sur Talaat Harb, ©Julia Schoepp FIDH RAPPORT

Graffiti sur Talaat Harb, ©Julia Schoepp

LA FIDH EN INTERACTION AVEC SES ORGANISATIONS MEMBRES ET PARTENAIRES

 

10 missions internation- ales d'enquête, judiciaire et de plaidoyer (Égypte, Syrie, Tunisie, Côte d'Ivoire, Guinée) 67 Communiqués de presse Soutien au plaidoyer de 20 défenseurs auprès des OIG, mécanismes pertinents régio- naux et internationaux et de représentants d'Etats influents

Séminaires stratégiques :

Partenariats : Coalition

   

• Coalition pour l'égalité sans réserves, le Caire, janvier et mai 2013

pour l'Egalité sans réserves ; l'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter ! ;

Rapports

RDC : Déni de justice pour les victimes de crimes sexuels RDC : Les victimes de crimes sexuels obtiennent rarement justice et jamais réparation : changer la donne pour combattre l'impunité SYRIE : Violences à l'encontre des

RDC, stratégies conten- tieuses pour lutte contre l'impunitié des auteurs de crimes sexuels, avril et décembre 2013

Coalition internationale pour la Cour pénale internation- ale ; Conférence syndicale internationale

 

femmes en Syrie : briser le silence IRAN : Pauvreté en hausse, droits des travailleurs en baisse MAROC : Un pouvoir judiciaire pleine- ment indépendant doit être mis en place au Maroc EGYPTE : Note de position sur la réforme de la Constitution

: Note de position sur la réforme de la Constitution Mission de la FIDH au Mali.

Mission de la FIDH au Mali. Crédit FIDH

Priorité 3

Promouvoir et protéger les droits des migrants

Contexte et défis

La vulnérabilité des migrants s'aggrave avec le renforcement toujours croissant du contrôle exercé sur la mobilité humaine et des politiques qui font primer des intérêts économiques et sécuritaires sur le respect des droits humains. Alors que les États-Unis continuent à se « protéger » derrière un mur il- lusoire, l'Union européenne renforce le contrôle de ses fron- tières extérieures avec l'aide de son agence de surveillance des frontières, Frontex. Ces mesures, ainsi que le rétrécisse- ment d'opportunités de migration régulière et un accès au droit

d'asile de plus en plus limité, poussent les migrants à emprunter des routes toujours plus dangereuses qui les mènent souvent

à la mort, transformant peu à peu la mer Méditerranée en un

gigantesque cimetière. En 2013, les décès survenus au large des côtes de Lampedusa, en Italie, ont attiré l’attention inter- nationale sur l’impact des politiques migratoires européennes. Cependant, on n’a pas constaté l’émergence d’une volonté poli- tique d’effectuer les changements significatifs qui s’imposent.

Les pays européens continuent de plus en plus à faire peser la responsabilité du contrôle des migrations sur les pays de départ

et de transit, y compris par le biais de « partenariats pour la mo- bilité » conclus avec les pays du sud de la Méditerranée qui, en échange d'un contrôle accru des flux migratoires et de la réad- mission sur leur territoire des migrants en situation irrégulière en Europe, peuvent éventuellement obtenir des visas européens pour certaines catégories de leurs ressortissants. En 2013, les efforts de l’UE visant à renforcer les contrôles migratoires et

à limiter les départs se sont une fois de plus concentrés sur la

Libye où la situation des migrants est pire que jamais : déten- tions arbitraires dans des conditions inhumaines et dégradantes, tortures, absence d'accès au statut de réfugiés. Face à la crise humanitaire syrienne, le nombre de réfugiés syriens dans les pays voisins ayant atteint plus de 2.3 millions de personnes, les Etats membres de l'UE n'ont accueilli qu'environ 2 pourcent.

Les travailleurs migrants, spécialement lorsqu'ils se trouvent en situation irrégulière, sont victimes de multiples violations de leurs droits et souvent exploités par des employeurs ou des agences de recrutement. Compte tenu de l'attraction qu'exercent les pays émergents (Brésil, Inde, Chine) ou des États pétroliers

comme ceux du Golfe ou certains pays d'Afrique, la majorité des migrations s'effectuent aujourd'hui vers le Sud (sud-sud ou nord-sud). Dans les pays du Golfe, les migrants sont pris au piège par le système de sponsors (kafala) qui les enchaîne à leurs employeurs et les empêche de quitter leur emploi et même le pays. La situation des travailleurs migrants au Qatar s’est retrouvée sous le feu des projecteurs à l’occasion des préparatifs pour la Coupe du Monde de football de 2022, qui battent actuellement leur plein. Par ailleurs, la Russie reste une destination importante pour les travailleurs migrants d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, mais rien n’a été fait pour lutter contre la discrimination et la violence qu’ils y subissent.

De rares évolutions positives ont été enregistrées en 2013 s'agissant des droits des migrants. Au Maroc, les autorités se sont engagées dans une révision de la politique migratoire qui vise à l’aligner sur les normes internationales. Cette révision a coïncidé avec l’examen du pays par le Comité onusien sur la protection des droits des tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.

La FIDH et ses ligues en action

> Renforcer les politiques et lois nationales pour la protection des droits des migrants

Enquêter et alerter sur les droits des migrants Sur la base d'une mission de suivi d'une enquête menée sur la situation des migrants et des réfugiés en Libye en 2012, la FIDH a publié une note dénonçant la persistance des violations des droits fondamentaux des migrants et réfugiés notamment d’origine subsaharienne. La FIDH a mené de nombreuses ac- tions de plaidoyer en Libye et auprès de l'Union européenne (UE) appellant à une adaptation urgente des politiques et des pratiques en cours, fondée sur une autre compréhension de la réalité des migrations en Libye et des enjeux que celles-ci représentent pour la construction d’un Etat de droit en Libye, pour les relations de ce pays avec ses voisins africains, ainsi que pour l’UE et ses Etats membres.

Dans la continuité de ses enquêtes sur les violations des droits humains dans le cadre de la politique de surveillance des frontières de l'UE, notamment sur le rôle de son agence Fron- tex, la FIDH a co-organisé une mission à la frontière Gréco- Turque. Cette mission a permis de confirmer des allégations d'explusions collectives ("push-backs") vers la Turquie des bateaux de migrants et réfugiés par les gardes-côtes grecs. La mission a recueilli des témoignages sur ces pratiques, ainsi que sur les pratiques de "dissuasion" opérées par les garde- côtes visant à empecher les migrants et réfugiés d'atteindre le territoire européen. La mission a également documenté la détention systématique des migrants en Grèce et des violences à leur égard. Le rapport de la mission sera publié à la veille des élections européennes en juin 2014.

FOCUS

Enquête sur le système de kafala et les violations des droits des Bidun au Koweït La FIDH, avec son organisation membre Humanline, a mené une enquête au Koweït dans le contexte des promesses répétées des

autorités de réforme du système du Kafala (tutorat). La mission

a pu rencontrer des représentants des autorités nationales, des

ambassades, des organisations de la société civile et recueillir les témoignages de migrants. L'enquête s'est également focalisée sur la situation des milliers de Bidun, qui se trouvent apatrides,

le Koweit refusant de leur accorder la pleine citoyenneté en dépit

de leur présence ancienne sur ce territoire. En effet, depuis les années 1980, les autorités considèrent les plus de 100 000 Bidun présents au Koweit comme étant des résidents illégaux, expliquant que ceux-ci ont délibérément détruit leurs documents d'identité aux fins de bénéficier des avantages de la citoyenneté koweïtienne. Des manifestations pacifiques de Bidun contestant cette situation font l'objet d'une violente répression par les forces de sécurité. Des Bidun, mais aussi des activistes et avocats qui les soutiennent, font l'objet de détention et de procédure arbitraires. Le rapport de cette mission sera publié en 2014 ; ses recommandations seront partagées avec les autorités des pays de départ des migrants et les autorités koweïtiennes.

Faisant le suivi de son rapport de 2011 sur les droits des tra- vailleurs migrants tadjiks, et l'examen du Tadjikistan par le Comité onusien sur les droits des travailleurs migrants en 2012, la FIDH et son organisation membre en Russie, ADC Memo- rial, se sont rendues à Douchanbé pour étudier les développe- ments institutionnels et législatifs et les défis auxquels font ace les travailleurs migrants et leurs familles, en examinant particulièrement la situation des travailleuses migrantes et épouses de migrants. Le rapport préliminaire, publié en juin 2013, souligne que si la question des migrants est à l'agenda des autorités tadjikes et que la société civile a été impliquée dans la rédaction de projets de lois, les mesures prises sont encore largement insuffisantes. Ceux-ci demeurent victimes de pratiques illégales d'employeurs et intermédiaires (confiscation

). 14 %

des travailleurs migrants tadjiks en Russie sont des femmes ;

et de nombreuses épouses de migrants sont laissées sans res-

de passeport, rétention de salaire, attaques xénophobes

sources avec leurs enfants à charge.

Enfin, à l'occasion de l'examen de la Russie par le Comité des

Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale, la FIDH a soutenu un rapport alternatif de son organisation mem- bre ADC Memorial qui démontre que bien que la Russie de- meure l’un des principaux pays de destination des travailleurs migrants, ceux-ci ne sont pas protégés contre les formes graves de discrimination. Les communautés migrantes sont soumises

à une forte discrimination en matière d’emploi, en partie à

cause des formalités administratives qui leur sont imposées pour obtenir un permis de travail. Le rapport donne plusieurs exemples de violations des droits des travailleurs migrants, qui dans certains cas aboutissent à un véritable esclavage moderne.

Plaider aux niveaux national, régional et international pour la protection des droits des migrants

A l'occasion de deux missions en décembre 2012 et mai 2013

dans les camps de réfugiés en Jordanie pour enquêter sur les violences sexuelles et sexo-spécifiques dans le cadre du conflit en Syrie, la FIDH et son organisation partenaire AWO (Arab Women's Organisation), ont pu documenter les violences particulières subies par les femmes refugiées syriennes, en Syrie, mais aussi en tant que réfugiées. La FIDH et AWO ont notamment dénoncé auprès du directeur des réfugiés au sein du ministère de l'Intérieur les dérives du système de « sau- vetage » qui permettait à des réfugiés de sortir du camp en prouvant leur assistance financière par un jordanien, générant des pratiques d'exploitation, notamment de femmes et de filles (mariages forcés, prostitution, etc). La FIDH a également alerté les autres autorités de la région, notamment les représentants de l'Etat Egyptien de la situation extrêmement précaire des ré- fugiés syriens, et appelé la communauté internationale à réagir pour protéger leurs droits et pour mettre en place une véritable politique d'accueil.

La FIDH a par ailleurs mené un important plaidoyer auprès des instances de l'UE et de ses Etats membres pour que leurs politiques migratoires respectent le droit international des droits humains. Le drame de Lampedusa, où plus de 300 migrants ont péri au large des côtes de l'île italienne en octobre 2013, fut une funeste occasion pour la FIDH de dénoncer une nouvelle fois les politiques meutrières menées par l'Europe contre les migrants et d'appeler l'institution continentale à des réformes d'envergure. La FIDH s'est notamment adressée aux ministres de l'Intérieur des Etats membres, à la commissaire européenne aux affaires intérieures et aux parlementaires européens pour qu'ils revoient entièrement leurs politiques migratoires, en veil- lant à ce que des considérations d’ordre sécuritaire ne soient pas au détriment des droits humains et à ce que ces politiques visent d’abord et avant tout la protection des vies et des droits humains des migrants plutôt que le verrouillage des frontières.

FOCUS

Plaidoyer pour une plus grande protection des migrants au Maroc En septembre 2013 la FIDH a soutenu la soumission d'un rapport alternatif au Comité des Nations unies sur les travailleurs migrants et la participation de représentants de

son organisation partenaire, le GADEM à l'examen du Maroc par le Comité. A l’issue de cet examen, le Comité a appelé le Maroc à mettre fin aux pratiques discriminatoires, expulsions collectives et autres violences, et à garantir les droits humains des migrants et demandeurs d’asile, conformément à ses obligations internationales. Les observations du Comité reflètent largement les recommandations de la FIDH et de ses partenaires, ainsi que celles publiées par le Conseil national des droits de l’Homme du Maroc (CNDH). Le Comité onusien

a insisté notamment sur la nécessité d’amender la loi 02-03

« relative à l’entrée et au séjour des étrangers au Royaume du Maroc, à l’émigration et l’immigration clandestine ». En effet, cette loi criminalise toute tentative de quitter le territoire marocain de façon irrégulière, en violation du droit international. Elle impose également des sanctions d’emprisonnement et des amendes pour les travailleurs migrants étrangers en situation irrégulière sur son territoire.

L'examen du Maroc par le Comité des Nations unies sur les

travailleurs migrants ainsi que la publication d'un rapport par la Commission nationale marocaine des droits de l'Homme ont contribué aux annonces d'une série de mesures pour améliorer

la protection des droits des migrants sur le territoire marocain.

Le Roi du Maroc s'est exprimé en appelant à ce que la question des migrations soit approchée « de manière globale et humaniste conformément au droit international ».

En décembre 2013, les autorités marocaines ont mis en place un programme de régularisation. La FIDH et ses organisations membres et partenaires tiendront en 2014 un atelier de partage d'informations sur la mise en œuvre de ce programme, et d'échange d'expérience sur des mesures similaires prises dans d'autres pays. La FIDH, avec ses organisations membres et partenaires, veillera également à l'implication des organisations des droits humains dans le processus d’évaluation et de réforme des législations et politiques migratoires au Maroc.

> Renforcer la responsabilité des acteurs en matière de violation des droits humains

Afin de lutter contre l'impunité, influencer les politiques et veiller à la prévention de nouvelles violations, la FIDH a développé des actions judiciaires stratégiques dans des affaires de violations des droits des migrants. Particulièrement, la FIDH a développé ses actions judiciaires s'agissant des violations des droits humains en Mer Méditerranée, dans le contexte des politiques migratoires de l'UE et de ses Etats membres.

FOCUS

La FIDH soutient les plaintes judiciaires des victimes du bateau abandonné à la mort En mars 2011, alors que des Etats effectuaient des patrouilles dans le cadre de l'opération de l'OTAN contre le régime de Kadhafi, 72 migrants qui fuyaient la Libye à bord d'une embarcation de fortune ont été laissés à la dérive. Des alertes de détresse ont été envoyées aux gardes-côtes italiens, à l'OTAN, ainsi qu'à tous les bateaux présent dans cette zone. Des hélicoptères et un bateau militaire ont vu l'embarcation mais ne sont pas venus en aide aux passagers. Après 15 jours, le bateau fut rejeté sur les côtes libyennes avec 11 survivants. 2 sont morts peu après leur débarquement. 63 personnes, dont 20 femmes et 3 enfants, ont ainsi trouvé la mort faute de secours.

Après une plainte déposée par des survivants en Italie en 2012, deux survivants du drame ont déposé plainte le 18 juin 2013 simultanément devant le Tribunal de grande instance de Paris et l’Audiencia Nacional à Madrid, visant la responsabilité des armées française et espagnole pour non assistance à personne en danger. Le Gisti, la FIDH, la LDH et Migreurop se sont constitués parties civiles en France auprès des victimes pour contraindre l’ouverture d’une instruction judiciaire alors qu'une première plainte simple déposée en 2012 avait été classée sans suite par le parquet.

Le 26 novembre 2013, trois survivants soutenus par des ONG dont la FIDH et la Ligue belge des droits de l'Homme ont également déposé plainte devant le Tribunal de première instance de Bruxelles contre l’armée belge pour non assistance à personne en danger. Par ailleurs, des demandes de communication d’information ont été déposées au Royaume- Uni, aux États-Unis et au Canada afin d’obtenir des précisions sur les actions des armées de ces trois pays en Méditerranée à la période des faits litigieux.

Le 6 décembre, le juge français a ordonné un non-lieu. Les deux victimes et les organisations qui les soutiennent ont fait appel de cette décision.

La FIDH suivra de près ces affaires et ne manquera pas de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme en cas d'épuisement des voies de recours internes.

Par ailleurs, la FIDH et d'autres partenaires au sein de la campagne Frontexit ont mené des actions de plaidoyer pour appeler à plus de transparence, de responsabilité et d'obligations en matière de protection des droits humains de l'agence de l'UE Frontex. Elles ont ainsi contribué au rapport de la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qui reprend en grande partie les préoccupations et recommandations de nos organisations.

Exemples de résultats obtenus

La FIDH a permis ou contribué à/au

Renforcement des politiques et lois nationales pour la protec- tion des droits des migrants

Maroc

L'annonce de l'adoption d'une nouvelle politique migratoire basée sur la dignité

Conclusions du Comité des Nations unies sur les travailleurs migrants dénonçant les violations des droits des migrants.

Tadjikistan

Dialogue établi avec les autorités du Tadjikistan sur les mesures visant à renforcer la protection des travailleurs migrants

Collaboration renforcée entre des ONG russes et tadjiks, contribuant à accroître l'efficacité de la protection des migrants tadjiks en Russie.

Arménie

La signature de la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles.

Mozambique

La ratification de la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles.

Russie

Conclusions du Comité des NU pour l'élimination des discriminations raciales sur le rapport de la Russie dénonçant les graves discriminations contre les migrants.

Union européenne

Sensibilisation de l'opinion internationale sur la responsabilité de la politique de l'UE et de ses États membres dans la mort de naufragés en mer Méditerranée.

Renforcement de la responsabilité des acteurs en matière de violation des droits humains

France, Espagne, Belgique

Dépôts de plaintes judiciaires dans l'affaire du bateau abandonné à la mort.

Union européenne

Rapport de la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qui reprend en grande partie les préoccupations et recommandations de la FIDH s'agissant du besoin de transparence, de responsabilité et d'obligations en matière de protection des droits humains de l'agence de l'UE Frontex.

des droits humains de l'agence de l'UE Frontex. Des travailleurs migrants attendent le repas de solidarité

Des travailleurs migrants attendent le repas de solidarité du vendredi, Libye ©Sara Prestianni

LA FIDH EN INTERACTION AVEC SES ORGANISATIONS MEMBRES ET PARTENAIRES

 

4 missions internationales d'enquête et de plaidoyer (Grèce/Turquie, Koweït, Tadjikistan, jordanie) 36 Communiqués de presse Soutien au plaidoyer de 15 défenseurs auprès des OIG, mécanismes pertinents régionaux et internationaux et de représent- ants d'Etats influents

Procédures judiciaires et quasi-judiciaires initiées et suivies par la FIDH :

Rapports

 

Devant les tribunaux français, espagnols, belges : l'affaire du bateau abandonné à la mort

Russie : Discriminations contre les minorités visibles : Roms, migrants et peuples autochtones Libye : Urgence pour une révision des politiques migratoires de l’UE et de ses États membres Tadjikistan : Positive aspects of new migra- tion law require implementation Frontière Grèco/ Turque (conclusions prélimi-

Partenariats : Conférence syndicale interna- tionale ; Global Campaign for the ratification of the Convention on the rights of migrants ; Migreurop ; Boats 4 people

 

naires) : la route est dangereuse, des gens meurent

Priorité 4

Promouvoir l’administration de la justice et lutter contre l’impunité

Contexte et défis

Le droit à un recours effectif pour les victimes de crimes internationaux

Combattre l’impunité des graves violations des droits humains contribue à la prévention de ceux-ci, à la répression de leurs au-

teurs, à renforcer l'effectivité des droits des victimes et, à terme,

à la consolidation de l’État de droit. Le recours des victimes de

crimes internationaux aux juridictions pénales nationales est de la responsabilité de l'Etat et son exercice doit demeurer prior- itaire. Mais dans certains pays, l'accès des victimes aux tribunaux est impossible du fait de l'effondrement du système judiciaire, du manque d'indépendance et d'impartialité des tribunaux ou de l'absence de mesures de protection pour les victimes ou le per- sonnel judiciaire. Aussi, l'exercice des recours extra-nationaux, régionaux et internationaux contribuent à l'établissement des

responsabilités et à l'exercice du doit à la justice, à la vérité et

à la réparation.

En 2013, des avancées judiciaires importantes ont été réalisées au Mali, en Guinée et en Côte d'Ivoire notamment, s'agissant de la lutte contre l'impunité des auteurs de crimes internation- aux devant les juridictions nationales de ces pays. Pour autant, l'impunité devant les tribunaux nationaux des auteurs des crimes les plus graves commis notamment au Kenya, en Ouganda, en République centrafricaine (RCA), en République démocratique du Congo (RDC), au Honduras, en Colombie, au Mexique, en Afghanistan, en Algérie ou encore en Syrie demeure la règle, et d'autres voies de recours doivent alors être envisagées.

Les lois nationales de compétence extra-territoriale — qui autor- isent des tribunaux nationaux à enquêter et à poursuivre, pour des faits commis à l'étranger, des suspects de crimes internationaux se trouvant sur leur territoire — permettent de réduire l'impunité des crimes, mais ces lois ont continué en 2013 d'être attaquées ou restreintes dans certains États.

Les procédures judiciaires tenues devant les Chambres extraor- dinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) dans le cadre du premier procès du Dossier n° 002 visant deux anciens dirigeants Khmers Rouges de haut rang inculpés de crimes contre l’humanité se sont achevées en octobre 2013. Les Chambres af- ricaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises ont été inaugurées en janvier 2013 et Hissène Habré a été inculpé en juillet 2013 pour crimes de torture et crimes de guerre perpétrés sous sa présidence au Tchad entre 1982 et 1990.

En 2013, la Cour pénale internationale (CPI) a mené des en- quêtes et poursuivit les principaux auteurs des crimes relevant de sa compétence dans huit situations (Ouganda, RDC, Darfour- Soudan, RCA, Kenya, Libye, Côte d'Ivoire, Mali). Un troisième mandat d'arrêt concernant la situation en Côte d’Ivoire a été pub- liquement émis en septembre 2013 contre Charles Blé Goudé. Saisie par les autorités nationales, la Cour a par ailleurs ouvert en janvier 2013 une enquête sur la situation au Mali et s'est exprimée sur les graves violations des droits humains commises en 2013 en RCA et en RDC.

des droits humains commises en 2013 en RCA et en RDC. Intervention de Paulina Vega, Vice-présidente

Intervention de Paulina Vega, Vice-présidente de la FIDH à l'ASP. Crédit FIDH

La CPI a continué de souffrir d'un déficit de coopération de la part de certains États parties, en particulier en ce qui concerne le transfert des personnes sous mandat d'arrêt (Ouganda, RDC, Côte d'Ivoire, Libye, Soudan).

Le Kenya a, par ailleurs, lancé une importante offensive contre la Cour dans le but de suspendre la procédure déclenchée par celle-ci à l’encontre de son Président et de son Vice-président en exercice et de s’opposer à la levée de l'immunité des chefs d'État en exercice. Le gouvernement kenyan a obtenu de l'Assemblée des États parties au Statut de la CPI l'aménagement des Règles de procédure devant la CPI s'agissant de la présence des accu- sés lors des procès, en particulier lorsqu’ils occupent de hautes fonctions officielles. En outre, le manque de coopération de la part des autorités kenyanes avec le Bureau du Procureur et les allégations de menaces visant des témoins clés de l’accusation ont fortement entravé l’examen y compris d'autres affaires con- cernant le Kenya, au point que le Bureau du Procureur a décidé de retirer les charges retenues contre l’un des accusés, Francis Kirimi Muthaura, et a demandé la suspension du début du procès du président du Kenya, Uhuru Kenyatta.

La CPI continue d'être critiquée pour le manque d'universalité de son action, mais il est à noter que d'autres situations, notamment en Géorgie, en Colombie, au Honduras ou encore en Afghanistan se trouvent actuellement au stade d'examen préliminaire par le Bureau du Procureur. Enfin, la question de la participation des victimes aux procédures et de leur représentation légale effec- tive, la protection des intermédiaires, la qualité des enquêtes et le budget de la Cour ont été des enjeux importants en 2013.

L'administration d'une justice effective et équitable

En 2013, la Bolivie, la Lettonie, la Guinée-Bissau ont ratifié le Deuxième Protocole au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. Cette même année, le Maryland est devenu le 18ème État des États-Unis à abolir la peine capitale. Le Pakistan a reconduit son moratoire

la peine capitale. Le Pakistan a reconduit son moratoire Couverture du rapport FIDH, LDDHI, Iran. ©

Couverture du rapport FIDH, LDDHI, Iran. © Mehr News Agency

sur l’abolition. La Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples a annoncé en juillet, le processus d'élaboration du projet de protocole facultatif à la Charte africaine des droits de l'Homme et des Peuples. Mais ces avancées ont néanmoins été ternies par l'ampleur des exécutions, plus nombreuses qu'en 2012, La grande majorité des exécutions a eu lieu en Irak, en Iran, en Chine, en Arabie saoudite, aux États-Unis. En 2013, quatre pays ont repris les exécutions : l'Indonésie, le Koweït, le Nigeria et le Vietnam. De très nombreuses condamnations à mort ont également été prononcées au Bangladesh. Au Bélarus, seul pays européen à pratiquer encore la peine capi- tale, des condamnations à mort ont été prononcées en 2013 mais aucune exécution n'a eu lieu, Le mouvement abolitionniste continue de faire face à de nom- breux défis face aux résistances multiformes, fondées sur des arguments sécuritaires, politiques, sociaux ou religieux, liés aussi au secret dans lequel encore trop d'exécutions sont pratiquées, à l'application de la peine de mort à des crimes qui ne font pas parti « des crimes les plus graves » au sens de l'art.6 du PIDCP (notamment le trafic de stupéfiants), à l'absence de garanties liées au procès équitable. Le congrès mondial contre la peine de mort réuni en juin à Madrid a été l'occasion d'un important état des lieux et de stratégies pour le mouvement abolitionniste.

Dans sa mobilisation pour l’administration d’une justice effec- tive et équitable, la FIDH, aux côtés de ses organisations mem- bres et partenaires, axe également son action sur la lutte contre la torture et la libération des prisonniers politiques. La FIDH se mobilise par ailleurs contre le phénomène des disparitions forcées.

En 2013, le Maroc, le Cambodge, le Lesotho et la Lituanie ont ratifié la convention internationale de protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées qui comptait ainsi 42 Etats parties. La lutte contre l'impunité des auteurs de tortures et de disparitions forcées, la recherche des disparus reste un défi toujours aussi grand dans de nombreux pays. Alors que ces crimes sont toujours perpétrés à grande échelle, particulièrement dans les situations de conflit et de crise, et en particulier en Syrie, la documentation des cas demeure complexe et les recours ju- diciaires pour les familles des victimes au niveau national sont souvent rendus difficiles par l'absence d'accès à la justice.

En 2013, les attaques terroristes ont perduré. La lutte contre ces actes odieux a dans certains cas été effectuée en violation des droits garantis par les conventions internationales de protec- tion des droits humains. Certains États ont par ailleurs continué d'utiliser le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour ré- primer des mouvements de contestation non violents.

La FIDH et ses ligues en action

> Renforcer le droit à un recours effectif pour les victimes de crimes internationaux

Activités contentieuses

FOCUS

La FIDH intervient aujourd'hui dans plus de 110 procédures judiciaires et quasi-judiciaires en soutien à environ 600 victimes afin d'établir les responsabilités des auteurs de violations graves des droits humains commises dans près de 45 situations nationales. Si une grande majorité des procédures vise l’établissement de responsabilités pénales individuelles, principalement devant des juridictions nationales, la FIDH est de plus en plus impliquée dans des procédures visant la responsabilité des Etats devant des organes régionaux ou encore la responsabilité d’entreprises. Les interventions contentieuses de la FIDH se font en étroite concertation avec ses organisations membres et partenaires. Elles visent des cas symboliques, soit par l'ampleur des violations, leur qualification juridique ou la qualité des victimes ou des auteurs, en vue de répondre au droit des victimes à la justice, mais aussi aux objectifs de dissuasion, de réconciliation et de consolidation de l’État de droit. Le choix des instances judiciaires ou quasi judiciaires devant lesquelles les cas sont présentés répond également à des critères liés à la recevabilité mais aussi à la portée juridique et politique.

Établir les responsabilités devant les juridictions nationales Afin de soutenir la lutte contre l'impunité et contribuer aux avancées de la justice nationale dans certains pays en transition, la FIDH, à travers son Groupe d’action judiciaire (GAJ), réseau d'avocats, de magistrats et de juristes travaillant sur la base du pro bono, s'est mobilisée en 2013 pour accompagner plusieurs centaines de vic- times des crimes les plus graves devant la justice nationale en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Mali, et en Tunisie et soutenir la procédure en cours contre Duvallier en Haïti (priorité 6).

La FIDH a par ailleurs poursuivi son travail judiciaire afin de faire avancer les procédures nationales en application de la compétence extra-territoriale dans lesquelles elle est impliquée, représentant souvent le seul recours pour les victimes de crimes internationaux n'obtenant pas justice dans leur pays. La FIDH s'est tout particu- lièrement mobilisée dans l'affaire des milices de Relizane contre les frères Mohamed (Algérie), une instruction en cours depuis 2003 devant la justice française et visant à établir les responsabilités dans les exactions commises dans les années 1990 par des milices armées proches des autorités algériennes, dans le cadre de leur politique de lutte contre le terrorisme. (Cf Focus ci-après).

Dans l'affaire des « disparus du Beach de Brazzaville » (Répub- lique du Congo), visant des responsables des massacres, actes de

torture et disparitions forcées perpétrés en 1999, la FIDH a continué

à œuvrer pour que les responsables soient jugés et les victimes obti-

ennent justice et réparation à l'issue d'une procédure juste, équitable et indépendante. Les avocats du GAJ impliqués ont ainsi alimenté de façon régulière le juge d’instruction du pôle spécialisé dans les

crimes internationaux à Paris d'informations concernant l'identité, la situation et la présence en France des principales personnes mises en cause. Le GAJ a également aidé une nouvelle victime à se constituer partie civile, qui a été auditionnée par les magistrats instructeurs en juillet 2013, renforçant ainsi le dossier d'instruction.

En outre, la FIDH a été active dans des procédures en France à l'encontre d'accusés de crimes de génocide commis au Rwanda en

1994 et se trouvant sur le territoire français. A la suite d'une ordon- nance de mise en accusation du juge d'instruction rendue en mars 2013

et l'annonce en juillet 2013 de l'ouverture le 4 février 2014 devant la

Cour d'assises de Paris du premier procès en France à l'encontre d'un présumé responsable de génocide, la FIDH s'est mobilisée pour pré-

parer son intervention en tant que partie civile dans ce procès. Elle

a ainsi constitué une équipe en soutien des avocats représentant la

FIDH et son organisation membre en France, la LDH, toutes deux parties civiles dans cette affaire visant l'ancien capitaine Pascal Sim- bikangwa, accusé de crimes de complicité de génocide et de crimes contre l'humanité au Rwanda en 1994. Ce premier procès ouvre la voie à de nombreux autres dans les années à venir, 27 instructions visant des suspects de génocide au Rwanda étant en cours en France. La FIDH a également déposé une plainte en juin 2013, aux côtés des organisations Survie et LDH, contre Paul Barril, ancien capitaine de gendarmerie français, du chef de complicité de génocide pour avoir notamment contracté le 28 mai 1994 un accord d'assistance de fourni- ture d'armes et de munitions, ainsi que de formation et d'encadrement, avec le Premier ministre du gouvernement intermédiaire rwandais. Cette affaire pourrait notamment contribuer, au delà de l’établissement de la responsabilité pénale de Paul Barril, à faire la lumière sur le rôle ambiguë joué par les autorités françaises au moment du génocide.

Renforçant son action liée à l’établissement de la responsabilité juridique des entreprises, la FIDH a continué son travail en soutien des victimes libyennes parties civiles dans l'affaire visant la société Amesys pour complicité de torture. Cette société française et ses dirigeants sont accusés au terme de la plainte déposée en novem- bre 2011 par la FIDH et la LDH d'avoir vendu au régime dictato- rial de Mouammar Khadafi un matériel de surveillance destiné à mieux cibler les opposants au régime. Après que la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a donné son feu vert à la poursuite de l'instruction en janvier 2013, la FIDH a organisé en juin

et juillet 2013 la venue en France des cinq parties civiles libyennes

représentées par le GAJ dans cette affaire, afin qu’elles puissent témoigner devant les juges d'instruction. Elle a par ailleurs permis le soutien psychologique de ces parties civiles lors de ce séjour parisien, par des représentants de l'association de psychologues TRACES. Par ailleurs, trois parties civiles ont bénéficié d'un sout- ien psycho-social à Tunis, à partir d'octobre 2013, prodigué par des membres de l'association DIGNITY, partenaire de la FIDH.

Dans le cadre de sa lutte pour la sanction des atteintes aux lib- ertés individuelles et à la suite des révélations faites par Edward

Snowden, la FIDH a, avec la LDH, porté plainte contre X en France en juillet 2013, pour l'utilisation frauduleuse du programme amé- ricain dénommé PRISM (Planning Tool for Ressource Intégration Synchronization, and Management) ayant permis à la NSA et au FBI d'intercepter et de collecter, en dehors de tout contrôle, des données privées de tout individu, en particulier sur le sol français. En décembre 2013, une plainte du même type a été déposée par la FIDH et la LDH belge auprès du Tribunal de première instance de Bruxelles, et une plainte similaire a été déposée en Allemagne avec le soutien actif de la FIDH et de son Groupe d’action judiciaire.

FOCUS

Affaire des milices de Relizane contre les frères Mohamed (Algérie) En octobre 2011, huit ans après le dépôt de plainte par la FIDH et la Ligue française des droits de l'Homme à l'encontre de deux frères Algériens se trouvant en France, Abdelkader et Hocine dit « Adda » Mohamed, présumés responsables d'actes de torture et de barbarie, en tant que miliciens de la région de Relizane dans les années 1990, le juge en charge du dossier à Nîmes a clôturé l'instruction. Suite aux saisines répétées de la FIDH, le Parquet a enfin rendu ses réquisitions en juillet 2013, demandant la mise en accusation des frères Mohamed devant la Cour d'assises de Nîmes pour des faits de torture. La FIDH a néanmoins appris, le 26 septembre 2013, la levée du contrôle judiciaire des frères Mohamed, renvoyant un signal contradictoire de la part des autorités françaises à destination des victimes. Dans ce contexte, le GAj a organisé en décembre 2013 une réunion à Paris avec les parties civiles et les témoins de cette affaire, afin de les informer de l'évolution de la procédure, des obstacles et moyens de les surmonter et afin de préparer au mieux le procès, pouvant se tenir dès 2015.

La FIDH s'est heurtée dans cette affaire à de multiples obstacles. Parmi eux, l'application de la Charte algérienne pour la paix et la réconciliation nationale de 2006, prévoyant des poursuites judiciaires et des peines d'emprisonnement contre quiconque qui, par ses déclarations, « utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne (…),ou ternir l'image de l'Algérie sur le plan international » 1 . C'est ainsi que le défenseur des droits humains et ancien responsable de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) à Relizane, Mohamed Smain, qui, à la suite de sa découverte de charniers de victimes de cette période à Relizane, avait appelé à la vérité et la justice, a été plusieurs fois menacé, poursuivi, condamné et emprisonné par les autorités algériennes, l'accusant de « dénonciation de crimes imaginaires ». Presque toutes les parties civiles dans cette affaire ont ainsi dû demander

1. Article 46 de l'ordonnance 01-06, un des textes d'application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

l'asile en France, craignant, après leur témoignage devant la justice française, les risques graves à leur intégrité physique et psychologique que comporterait un retour en Algérie. La FIDH s'est également heurtée aux lenteurs inexplicables au sein du Parquet de Nîmes, emblématiques des réticences des autorités judiciaires et politiques françaises à voir ce type de dossiers aboutir à des procès, ainsi qu'aux aléas liés aux changements de juges d'instruction.

Cette procédure, si elle venait à aboutir à l’organisation d’un procès criminel devant la Cour d’assises de Nîmes, constituerait la première opportunité pour des victimes de la guerre civile en Algérie de voir une justice indépendante et impartiale se pencher sur ces années noires et en particulier sur les crimes perpétrés par les milices algériennes.

Devant des tribunaux mixtes ou hybrides En 2013, la FIDH a continué à soutenir 10 victimes cambodgi- ennes vivant en France et parties civiles dans les procédures du dossier n°002/01 devant les CETC. La FIDH a permis à l’une des parties civiles de se déplacer à Phnom Penh fin mai-début juin 2013, accompagnée de son avocate membre du GAJ, afin d'être auditionnée pendant la semaine du procès consacrée à l’impact des crimes perpétrés sur les victimes.

La FIDH a également contribué, à travers ses avocats, à la rédaction des conclusions et des plaidoiries finales des co-avocats principaux des parties civiles, ainsi que du mémoire sur les réparations, présenté au moment de la clôture des débats, en octobre 2013.

La FIDH a, par ailleurs, soumis une demande de réparation aux CETC au nom des parties civiles qu'elle représente, sous forme d'un projet de construction d'un monument en mémoire des vic- times du régime des Khmers Rouges à Paris.

Enfin, la FIDH a diffusé le rapport sorti en décembre 2012 en français et anglais sur "Les droits des victimes devant les CETC:

bilan en demi-teinte pour les parties civiles", qui constitue une analyse unique et approfondie de la participation des parties civiles devant une juridiction mixte.

Devant la Cour pénale internationale Afin de lutter contre l'impunité des crimes graves, de renforcer le rôle potentiellement préventif de la Cour et de lui faire appliquer le principe de complémentarité positive, la FIDH et ses organisations membres ont continué de transmettre des informations au Bureau du Procureur, notamment à l’occasion d’interfaces organisées à La Haye, concernant le Mali (février 2013), la Côte d’Ivoire (février 2013), la Guinée (mai 2013), et d'autres situations d'intérêt de la CPI aux fins de contribuer à ses analyses et enquêtes (voir priorité 6).

Éclairer la responsabilité des Etats En 2013, capitalisant sur son expérience d’intervention en tant que

tierce partie, la FIDH a fait un point sur l’état et l’évolution du droit en vigueur concernant les personnes LGBTI dans les Etats membres du Conseil de l’Europe, à la lumière des affaires em- blématiques soutenues par la FIDH devant la CEDH (cf. Focus ci-après).

Les actions contentieuses devant la Commission et la Cour afric- aine des droits de l'Homme et des peuples sont évoquées dans la

section relative à la priorité 1 (communications contre le Soudan et l’Éthiopie devant la Commission), la priorité 2 (activités et projet

de communication devant la Commission contre la RDC concer-

nant les affaires de violences sexuelles et basées sur le genre) et 6 (requête contre la Libye devant la Cour et communication devant

 

la

Commission contre l'Algérie). Quant au contentieux porté par

FOCUS

la FIDH devant la Cour inter-américaine des droits de l'Homme contre le Chili pour son utilisation fallacieuse d'une loi antiterror- iste pour criminaliser la protestation de la communauté Mapuche, une décision sur le fond est attendue en 2014 (cf. priorité 6).

La FIDH soutient la protection des droits des personnes LGBTI devant la CEDH Depuis 2005, la FIDH est intervenue en tant que tierce partie ou amicus curiae, aux côtés d’autres ONG telles que ILGA- Europe et la Commission internationale des juristes (CIj), dans près de 15 affaires pour soutenir les droits des personnes LGBTI et contribuer au développement progressif de la jurisprudence de la Cour. A l'aune de cette implication, une note de position rédigée en 2013 intitulée « Cour européenne des droits de l’Homme : une avancée pas à pas des droits des LGBTI », a permis à la FIDH de revenir sur certaines affaires emblématiques de la CEDH sur des violations des droits LGBTI, qui ont parfois contribué à influencer l’évolution du droit en vigueur dans les Etats membres du Conseil de l’Europe.

Activités de plaidoyer

S'agissant des juridictions nationales La FIDH a continué son plaidoyer auprès des autorités concernées, des organisations intergouvernementales et de la CPI en faveur de justices nationales fortes, ayant la capacité et la volonté nécessaires pour mener à bien la lutte contre l'impunité des crimes les plus graves commis sur leur territoire, en particulier en Guinée, en Côte d'Ivoire et au Mali (priorité 6).

Elle a également continué son plaidoyer en France afin que la loi

 

du 9 août 2010 portant adaptation du droit pénal français au Statut

En avril 2013, la FIDH a, en outre, déposé des observations écrites dans l’affaire M.E. c. Suède concernant un Libyen qui s’était vu refuser sa demande d’asile en Suède après avoir demandé un permis de résidence sur le fondement de son mariage avec un homme suédois, et risquant des actes de torture en cas de retour en Libye. Cette affaire amène la CEDH à se pencher pour la première fois sur la question de savoir si un État membre du Conseil de l’Europe peut expulser un homme qui est marié à un autre homme (ou une femme mariée à une autre femme), dans le cas où l’individu risque d’être exposé à des traitements contraires à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme en retournant dans son pays d’origine, s’il évoque publiquement

de

Rome, qui avait introduit le mécanisme de compétence extra-

territoriale pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et

le

crime de génocide, en incluant néanmoins des obstacles con-

séquents à son application, soit amendée. Son action s'est portée en 2013 auprès du Sénat qui a examiné en première lecture une

proposition d'amendement. D'autres actions seront à prévoir devant l'Assemblée nationale, le Sénat ayant conservé un des quatre ver- rous de la loi, le monopole des poursuites au Parquet, qui enlève

la

possibilité aux victimes de ces crimes internationaux de déposer

des plaintes avec constitution de partie civile et de déclencher ainsi l'action publique en surmontant l’inertie du Parquet, maintes fois constatée par la FIDH dans ce type de dossiers.

A

l'occasion de l'examen par le Sénat français du projet de loi

 

de

programmation militaire en décembre 2013, la FIDH a égale-

son orientation sexuelle ou son mariage avec une personne du même sexe.

L’année 2013 a également vu d’importantes victoires dans des affaires devant la CEDH contre l’Autriche et contre la Grèce, dans lesquelles la FIDH était intervenue en tant que tierce-partie. En effet, dans l’affaire X. c. Autriche, la CEDH a condamné en février 2013 l’Autriche pour discrimination à l’encontre des couples de même sexe exclus de l’adoption co-parentale, qui a par la suite adopté une législation entrée en vigueur en août 2013 autorisant l’adoption par le deuxième parent d’un couple de même sexe. En novembre 2013, la CEDH a décidé que la Grèce violait le droit européen des droits de l’Homme en limitant le « pacte de vie commune » aux couples hétérosexuels.

ment poussé pour que le monopole des poursuites par le Parquet ne soit pas réintroduit pour les affaires de crimes commis par des militaires français à l'étranger. Elle a également condamné les dis- positions de ce projet de loi autorisant, sous couvert de lutte contre le terrorisme et d'autres finalités liées à la sécurité nationale, et en plein scandale de surveillance numérique généralisée opérée par la NSA et le FBI, la surveillance en temps réel de tout citoyen lamb- da, en violation des libertés individuelles les plus fondamentales.

Au niveau des Etats membres de l'Union européenne (UE), la FIDH a continué son plaidoyer pour que les victimes de violations graves des droits humains aient accès à une justice indépendante, équitable et efficace. Dans le cadre du programme conjoint avec REDRESS, TRIAL et ECCHR, la FIDH a ainsi participé active-

 

ment aux deux réunions des points de contact de l'UE sur les crimes internationaux en avril et octobre 2013. Elle a également organisé et participé à un séminaire de praticiens le 28 octobre

2013 sur la coopération entre autorités nationales policières et d'immigration sur leur communication et lien avec les victimes de crimes internationaux. Elle a également mené des missions au Royaume-Uni, en France, en Belgique et aux Pays-Bas, afin de récolter des informations et faire du plaidoyer pour un accès effectif des victimes à la justice. Enfin, une lettre d'information sur la compétence extra-territoriale en Europe a été diffusée en juillet 2013, ainsi que des mises à jour mensuelles sur les affaires en compétence extra-territoriale.

S'agissant de la Cour pénale internationale Dans un contexte d'attaques politiques contre CPI, initiées par le gouvernement kenyan, en défense de deux personnes accusées de crimes contre l'humanité devant la CPI et ayant été élues Président et Vice-Président du Kenya, la FIDH s'est largement mobilisée – à travers des réunions régulières avec des représentants d'Etats par- ties, de nombreuses consultations avec des organes de la Cour et la participation à la 12ème session de l'Assemblée des Etats parties - afin que l'engagement des Etats parties au Statut de la CPI dans la lutte contre l'impunité des auteurs de crimes internationaux prévale et que la Cour puisse mener à bien le mandat qui est le sien. Elle s'est également mobilisée afin que les droits des victimes, souvent oubliées dans ce contexte diplomatique houleux, soient respectés et effectivement mis en œuvre, et non considérés uniquement sous le prisme financier, et ainsi que les victimes soient considérées comme de réel sujets de droits.

La FIDH a ainsi organisé une interface à la Haye en septembre- octobre 2013 avec des représentants d'ONG et avocats travaillant avec des victimes de crimes internationaux en Côte d'Ivoire, au Kenya, au Mali, en République centrafricaine, en République dé- mocratique du Congo et au Soudan, pour échanger sur les enjeux liés au respect des droits des victimes devant la CPI et sensibiliser la Cour et les Etats à ces questions essentielles à prendre en compte dans la définition des stratégies et des politiques de la CPI. Un rap- port de cette interface avec des recommandations aux différents acteurs concernés a été publié et diffusé en novembre 2013, La FIDH a en outre contribué aux discussions des Etats au sein du Groupe de travail de La Haye sur les droits des victimes, leur réparation et l'aide judiciaire, faisant des commentaires aux projets de résolutions et politiques du Greffe sur les droits des victimes.

Lors de la 12ème session de l'Assemblée des Etats parties (AEP) au Statut de la CPI en novembre 2013, la FIDH a diffusé une note de position avec des recommandations quant aux trois thèmes principaux discutés : l'importance et le rôle des victimes dans les procédures devant la CPI, la poursuite des chefs d'Etat et de gouvernement, et l'adoption d'un budget pour 2014 permettant de donner les capacités à la Cour de mener ses activités efficacement. La FIDH, qui avait obtenu que la question des droits des victimes fasse l'objet d'un débat général lors de cette session, a obtenu que la résolution omnibus adoptée par l'AEP sur la CPI inclut certains indicateurs du système de révision de l'aide judiciaire, telle que les consultation sur le terrain entre le représentant des victimes et celles-ci. La FIDH a aussi co-organisé lors de cette AEP un événement parallèle sur le Kenya et la CPI ainsi que sur l'aide

judiciaire aux victimes, et est intervenue en plénière lors du débat sur les victimes ainsi que celui sur la poursuite des chefs d'Etat et de gouvernement. Elle s'est également mobilisée pour que les amendements au Règlement de procédure et de preuve proposés par le Kenya et d'autres Etats parties discutés lors de l'AEP ne contreviennent pas à l'esprit et la lettre des textes fondateurs de la Cour. Même si les amendements des textes légaux ont été approu- vés et des dispositions spéciales adoptées pour les chefs d'Etats et de gouvernement en exercice, la société civile kenyane et la FIDH ont contribué a l´inclusion de principes, tels que le respect de l'intérêt de la justice, dans ces modifications, laissant aux juges une certaine marge d'appréciation.

S'agissant des Chambres africaines extraordinaires au sein des tribunaux sénégalais La FIDH, impliquée de longue date dans des actions judiciaires

et de plaidoyer en vue de parvenir au jugement de l’ancien chef d’État tchadien Hissène Habré, réfugié au Sénégal depuis 1990,

a vu ses efforts aboutir à travers l'inauguration en février 2013

des Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour le jugement d’Hissène Habré. L'inculpation en juillet 2013 de Habré et de trois autres hauts responsables de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) tchadienne

pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture, a égale- ment été un moment historique pour les victimes des exactions commises durant le régime tchadien de 1982 à 1990. La FIDH

a participé à une réunion stratégique entre membres du Comité

international pour le jugement équitable de Hissène Habré à Dakar en janvier 2013 et publié en juillet 2013 un questions-réponses et une chronologie sur l'affaire, et a également relayé les déclara- tions à la presse des différents représentants des ses organisations membres au Tchad et au Sénégal. La FIDH et son Groupe d’action judiciaire continueront de se mobiliser au sein du Comité international aux côtés des victimes tchadiennes afin que celles-ci puissent participer pleinement au processus de justice en cours.

> Promouvoir l'administration d'une justice effective et équitable

Progresser vers l'abolition universelle de la peine de mort La FIDH a continué de dénoncer l'application de la peine de mort, en particulier aux États-Unis, en Corée du Nord, au Bangladesh, au Pakistan, en Iran, au Japon, au Vietnam, au Bélarus et au Nigéria.

Outre la publication du rapport d'une enquête menée avec son or- ganisation membre, le Centre for Constitutionnal Rights (CCR), en Louisiane et en Californie (voir Focus), la FIDH a publié le rapport de sa mission sur la Corée du Nord, qui dénonce la pratique très répandue de la peine de mort comme instrument clef du régime totalitaire. Toujours s'agissant de l'Asie, continent qui comprend le plus de pays rétentionnistes, la FIDH et la ligue iranienne des droits de l'Homme ont mis à jour leur rapport sur la peine de mort en Iran à la lumière de la nouvelle législation pénale en vigueur.

Sur la base de ces rapports, informations et alertes de ses or- ganisations membres, la FIDH a mené un intense plaidoyer pour l'abolition auprès des autorités nationales à l'occasion de ses mis- sions de terrain et devant les instances régionales et internation- ales. Notamment, la FIDH a poursuivi son travail de plaidoyer pour un protocole à la Charte africaine portant abolition de la peine de mort. Avec son organisation membre, Human Rights Commission in Pakistan, la FIDH a appelé les autorités nation- ales à la reconduite du moratoire dans ce pays qui compte 8000 condamnés à mort. A l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre 2013, la FIDH a publié une tribune, co-signée par son président, la présidente de la Coalition mondiale contre la peine de mort et Robert Badinter, ancien ministre de la justice français, appelant à l'abolition universelle de la peine de mort. Cette tribune, traduite en anglais, français, perse, russe et arabe, a étépubliée dans de nombreux journaux influents sur plu- sieurs continents. Toujours à l'occasion de cette journée, la FIDH a co-signé une lettre ouverte aux parties politiques en Tunisie leur demandant d'agir en faveur de la l'abolition de la peine de mort, y compris au terme de la nouvelle constitution.

La FIDH a par ailleurs contribué (avec la participation de 14 de ses organisations membres du Bangladesh, d’Indonésie, d’Iran, du Japon, du Pakistan, de Taiwan, de Thaïlande, de Cuba, des États-Unis, du Maroc, du Botswana, du Congo, du Sénégal et d’Espagne) à l’organisation du congrès mondial contre la peine de mort, événement majeur du mouvement abolitionniste, du 12 au 15 juin à Madrid et appelé à une action forte et coordonnée contre la peine capitale.

La FIDH a poursuivi sa coopération avec la Coalition mondiale contre la peine de mort, en vue de l'abolition universelle de la peine de mort, et de l'établissement d'un moratoire dans les pays qui la reconnaissent toujours. Florence Bellivier, également se- crétaire générale adjointe de la FIDH, a été réélue en juin au poste de présidente de la Coalition mondiale.

Promouvoir une justice indépendante et lutter contre la torture La FIDH s'est mobilisée contre le système de surveillance électro- nique mis en place dans de nombreux Etats, et qui servent aussi à la restriction de la liberté d'expression, y compris à l'arrestation et la torture de leurs opposants. C'est le sens de plainte déposée en France contre la société Amesys pour complicité de torture en Libye (cf. ci-avant).

La FIDH a également poursuivi son action judiciaire en Guinée sur des cas de torture commis en 2010 (cf. partie 6) et fait le suivi du traitement par la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples de sa communication contre le Soudan sur le cas de trois défenseurs torturés.

Par ailleurs, la FIDH a publié un rapport sur la torture en Moldavie et a contribué au rapport de son organisation membre sur l'état de la mise en œuvre de la Convention contre la Torture par les autori- tés Ouzbek présenté à l'occasion de l'examen du rapport de ce pays devant le Comité contre la Torture. La FIDH a en outre co signé le 11 avril 2013 une lettre ouverte au Président Obama appelant à la fermeture définitive de Guantanamo, s'inquiétant de la détention sans charges des détenus, et de leur grève de la faim prolongée.

Lutter contre les disparitions forcées En 2013, la FIDH s'est mobilisé pour que la lumière soit faite sur les personnes disparues, notamment en Syrie, au Laos, au Mali, en RCA et en Guinée.

La FIDH et son organisation membre en Guinée a ainsi saisi le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées de plusieurs dizaines de cas liés au massacre du 28 septembre 2009. La FIDH, et 63 organisations régionales et internationales, ont demandé au gouvernement lao de faire la lumière sur la disparition forcée de l’activiste social et éminent représentant de la société civile, Sombath Somphone. Avec son organisation membre, le CFDA, la FIDH a fait le suivi auprès des commissaires et des experts juridiques d'une communication portée par nos organisa- tions devant la CADHP contre l'Algérie sur des cas de disparitions

FOCUS

Discrimination, torture et exécution : l'analyse de la peine de mort en Californie et en Louisiane sous l'angle des droits humains En mai 2013, la FIDH et CCR ont mené une mission en Californie et en Louisiane pour faire le point sur l’application de la peine de mort dans ces Etats et évaluer la situation suivant un cadre juridique fondé sur les lois et les pratiques en matière de droits humains. La mission s’est notamment entretenue avec des condamnés dans le couloir de la mort, des ex-condamnés innocentés, des membres de leur famille, des avocats, des conseillers juridiques et des organisations non gouvernementales. Dans les deux Etats, la mission a constaté que les condamnés étaient souvent maintenus à l'isolement pendant des décennies, une pratique qui conduit à des dommages psychologiques et physiques graves. CCR et la FIDH ont également noté de fortes disparités raciales et géographiques dans les charges et le taux de condamnations à la peine de mort dans les deux Etats, ainsi qu'une sur-représentation importante des minorités. Dans le couloir de la mort le plus peuplé, dans la prison d'Etat de San Quentin en Californie, les prisonniers doivent attendre en moyenne 17 ans et demi pour que les avocats soient désignés et que les tribunaux examinent leur demandé une fois la condamnation à mort prononcée. Les condamnés sont morts davantage par suicide qu'à la suite de leur exécution, et plus de la moitié des 741 condamnés à mort sont actuellement sans avocat. Dans les deux Etats, les détenus sont souvent privés de soins médicaux. CCR et la FIDH ont conclu, sur la base de leurs observations, que la peine de mort telle qu’appliquée en Californie et en Louisiane est arbitraire et discriminatoire et que les conditions dans le quartier des condamnés à mort représentent une forme de torture et de traitement cruel, inhumain et dégradant. Le rapport a été publié à l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre, au terme d'un panel organisé à l'université de Washington, en présence de Juan Mendez, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture.

forcées pendant les années de plomb. La FIDH s'est enfin mobi- lisée afin que la France donne une suite favorable à la demande d’extradition de l'Argentine, de Mario Alfredo Sandoval, où il est poursuivi pour crimes contre l’humanité pendant la dictature.

La FIDH a continué d’œuvrer pour que la convention internation- ale de protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées soit ratifiée par un plus grand nombre d'Etat.

Exemples de résultats obtenus

La FIDH a permis ou contribué à/au

Renforcement du droit à un recours effectif pour les victimes de crimes internationaux

Devant les tribunaux nationaux

Affaire Pascal Simbikangwa (Rwanda) : Ordonnance de mise en accusation de Pascal Simbikangwa devant la Cour d'assises de Paris pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité commis au Rwanda en 1994, le 29 mars 2013.

Affaire Paul Barril (Rwanda) : Ouverture d'une information ju-

diciaire près du Tribunal de grande instance de Paris quelques jours après le dépôt de la plainte de la FIDH, Survie et la LDH, le 29 juin 2013.

Affaire des milices de Relizane contre les frères Mohamed (Algérie) : Réquisitoire définitif du Parquet tendant à la mise en accusation des frères Mohamed pour actes de torture com- mis dans les années 1990 à Relizane, en Algérie, le 26 juillet

2013.

Affaire des « disparus du Beach de Brazzaville » (République du Congo) : Mise en examen et placement sous contrôle judi- ciaire de Norbert Dabira, ancien inspecteur des armées de Ré- publique du Congo, le 23 août 2013, qui n'a pas pu néanmoins empêcher le suspect de quitter le territoire français. Placement sous le statut de témoin assisté de Justin Lekoundzou (24 sep- tembre 2013), ministre de la Défense au moment des faits, et de Patrice Mayouma (19 novembre 2013), ancien Colonel de l’armée congolaise, marquant une véritable relance du dossier, grâce aux actions de la FIDH et de son GAJ.

Affaire Amesys (Libye) : Décision le 15 janvier 2013 de la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris permet- tant la poursuite de l'instruction ouverte en mai 2012 dans l'affaire visant la société française Amesys pour complicité de torture à travers la fourniture d’un matériel de surveillance au régime de Khadafi en Libye. Premières auditions de parties civiles devant les juges d’instruction du pôle spécialisé de Paris en charge de l’affaire, en juin et juillet 2013.

Impacts concernant l'activité judiciaire de la FIDH en Guinée, Côte d'Ivoire et Mali (cf. priorité 6).

Devant les tribunaux mixtes

Dossier n°002/01 devant les CETC (Cambodge) : une des victimes soutenues par la FIDH a fait partie de la quinzaine de parties civiles sur 3000 qui ont été auditionnées pendant la semaine du procès consacrée à l’impact des crimes perpétrés sur les victimes.

Affaire Hissène Habré (Tchad) : inauguration le 8 février

2013 des Chambres africaines extraordinaires au sein des

tribunaux sénégalais ; inculpation le 3 juillet 2013 de Hissène Habré et de trois autres présumés responsables de crimes con- tre l'humanité, crimes de guerre et torture commis au Tchad entre 1982 et 1990.

Devant les Cours et Commissions régionales

CEDH : Affaire X. et autres c. Autriche : Décision de la CEDH du 19 février 2013 condamnant l’Autriche pour dis- crimination à cause de l’exclusion des couples de même sexe pour l’adoption co-parentale, suivi de l’adoption par l’Autriche d’une législation entrée en vigueur le 1er août 2013 autorisant l’adoption par le deuxième parent d’un couple de même sexe.

CEDH : Affaire V. et M. c Grèce et C.S. et autres c. Grèce :

Décision de la CEDH du 7 novembre 2013 de condamner la Grèce pour violation du droit européen des droits de l’Homme à cause de la limitation du « pacte de vie commune » aux couples hétérosexuels.

Devant la Cour pénale internationale

Contribution à la considération de l'amélioration du taux de condamnations dans la stratégie du Bureau du Procureur.

Inscription à l'ordre du jour du débat en plénière de la 12ème session de l'Assemblée des Etats parties (AEP) de novembre

2013 de la question des droits et du rôle des victimes dans les

procédures et prises de position publiques de la grande major- ité des Etats parties en faveur de ces droits et de l'importance de leur mise en oeuvre.

Inclusion dans la résolution omnibus adoptée à la 12ème AEP de la nécessaire prise en compte, dans toute future réforme du système d'aide judiciaire, de la possibilité des avocats des victimes de les consulter.

Inclusion dans les amendements au Règlement de procé- dure et de preuve proposés par le Kenya sur les conditions de présence au procès de hautes personnalités de l'Etat, de principes tels que le respect de l'intérêt de la justice, laissant aux juges une certaine marge d'appréciation.

L'administration d'une justice effective et équitable

Pakistan

Reprise du moratoire sur la peine de mort.

Afrique

L'annonce par la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples du processus d'élaboration du projet de protocole facultatif à la Charte africaine des droits de l'Homme et des Peuples sur l'abolition de la peine de mort.

Guinée

L'inculpation d'Aboubacar Sidiki dit « De Gaule », ancien chef de la garde présidentielle, du commandant Sékou Resco Camara, gouverneur de Conakry, et du général Nouhou Thiam, ancien chef d’état-major, pour faits de torture commis en 2010.

Ouzbékistan

Le Comité Contre la Torture des Nations Unies condamne

dans ses conclusions d'octobre 2013 l'utilisation étendue, systématique et approuvée par le gouvernement de la torture, reprenant ainsi les préoccupations de la FIDH et son organisation membre en Ouzbekistan.

Moldavie

Des membres du gouvernement, notamment les ministres de la Justice et de l'Intérieur ont salué l'intérêt porté par la FIDH sur la situation des droits humains dans leur pays et affirmé vouloir prendre en compte certaines recommandations de son rapport d'enquête

Guinée

Le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées se déclare compétent pour examiner sur les cas présentés par la FIDH et l'OGDH sur les disparitions lors du massacre du 28 septembre 2009.

sur les disparitions lors du massacre du 28 septembre 2009. LA FIDH EN INTERACTION AVEC SES

LA FIDH EN INTERACTION AVEC SES ORGANISATIONS MEMBRES ET PARTENAIRES

 

7

missions internationales d'enquête et

quasi-judiciaires régionaux et inter- nationaux de protection des droits de l'Homme », à Tunis les 18-19 janvier

   

de plaidoyer (Côte d'Ivoire, États-Unis, Mali, RDC, Syrie-jordanie)

 

Rapports

7

missions internationales judiciaires

2013

Corée du Nord : La peine de mort en Corée du Nord : dans les rouages d’un État totalitaire Côte d'Ivoire : La lutte contre l'impunité à la croisée des chemins Côte d'Ivoire : Q&A sur l'audience de confirma- tion des charges contre Laurent Gbagbo Etats-Unis : Discrimination, Torture and Execution : A Human Rights Analysis of Death Penalty in California and Louisiana Iran : Death Penalty in Iran : A State Terror Policy (mise à jour, octobre) RDC : Déni de justice pour les victimes de crimes sexuels Syrie : Violences à l'encontre des femmes en Syrie Tchad / affaire Hissène Habré : Q&A et chronolo- gie sur l'affaire Hissène Habré CPI : Pour les droits des victimes plus effectifs devant la CPI – Un point de vue sur les droits des victimes depuis les pays sous enquête de la CPI

(Cambodge, Côte d'Ivoire, Guinée, Libye, Mali) 188 Communiqués de presse