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Union

Démocratique des
Enseignants du
Niger
(UDEN)

LE SYNDICALISME ENSEIGNANT,
Cinquante (50) ans après
Contribution au thème,
du Camarade ADAMOU IMIRANE MAIGA
Inspecteur de la Jeunesse et des Sports,
Enseignant – Journaliste,
Secrétaire Général du SYNAJECS,
Coordonnateur du COSEN.

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SOMMAIRE

Introduction
I. Bref Aperçu historique

II. Evolution graduelle du Syndicalisme


Enseignant

II.A – Avant l’Indépendance


II.B – Après l’Indépendance
II.C – A l’avènement de la Conférence Nationale
Souveraine

III.Structuration et Poids sur l’Echiquier


national

III.A – Cadre unique (SNEN)


III.B – Effritement du cadre (avènement des micros –
syndicats)
III.C – Ressaisissement du cadre (création de
Collectifs.. .)

IV.Situation actuelle du Syndicalisme


Enseignant

IV.A – Poursuite de la Balkanisation


IV.B – Naissance du Syndicat des Contractuels de
l’Enseignement
IV.C – Tendance actuelle

V. Perspectives
V.A – A court terme
V.B – A moyen terme
V.C – A long terme

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Introduction

Au Niger, beaucoup de faits historiques attestent


que le Syndicalisme militant a vu le jour pendant la
période coloniale, peu avant l’Indépendance.

En effet, des révoltes et agissements de certains


acteurs et, pas des moindres, qualifiés de
Révolution, étaient simplement des affirmations de
l’élan d’une conviction syndicale, doublée d’une
option de combattre par tous les moyens, la
domination coloniale. C’est, en substance, ce qui a
caractérisé la vie de Djibo Bakary et ses camarades
du SAWABA.

A l’aube des Indépendances, la résistance qui a fait


surface dans le débat pour le « Oui » ou pour le
« Non » était une farouche volonté des Nigériens
révoltés de rompre avec le Colonialisme et ses valets
locaux. Mais, soucieux de préserver son hégémonie
sur ses anciennes colonies, la France oeuvrera pour
le « triomphe » du Oui, mettant du coup hors de
champ de la guidance du pays, les syndicalistes
révolutionnaires, partisans farouches d’une
libération totale de notre peuple.

Car l’Indépendance sous-entend la liberté de notre


propre destin et de disposer de lui-même.

Toutefois, avant même la proclamation de


l’Indépendance voyait le jour le Syndicalisme
Enseignant

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I. Bref Aperçu historique de la naissance du
Syndicalisme Enseignant au Niger

L’implantation des structures formelles comme


l’école a nécessité la formation des cadres nationaux
pour accompagner le processus, eu égard à certaines
contingences et autres facteurs socio-culturels.

Ainsi jaillissaient des enseignants Nigériens qui,


chemin faisant, ont senti la nécessité de s’organiser,
de créer un cadre de défense de leurs intérêts
matériels et moraux.

Et, dès la période 55 – 56 naissait le Syndicat des


Enseignants du Niger, dont le SNEN a longtemps
incarné et assuré l’Héritage.

Enfin, il importe de préciser que la création du cadre


syndical a été faite d’abord dans la clandestinité
avant de le notifier plus tard aux colons blancs qui,
somme toute, étaient opposés.

II. Evolution graduelle du Syndicalisme


Enseignant

II.A – état avant l’Indépendance


C’est en réalité en 1954 que germait la toute
première idée de mise en place d’une organisation
syndicale d’enseignants.

Donc, la période d’avant l’Indépendance peut être


considérée comme point de départ de la création du
premier Syndicat d’Enseignants Nigériens.
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A cette époque, les artisans de la mise en place de
l’Edifice (que sont les Gérard Delanne, Harou Kouka
et Noma Kaka) avaient comme souci majeur, se
retrouver et s’organiser pour prendre en mains leurs
destins, convaincus que seule l’union fera la force,
face à la nébuleuse coloniale.

Ainsi, fut lancée le SNEN qui n’a pu véritablement se


sédimenter qu’en 1960, date d’obtention de
l’Indépendance du Niger, proclamée par un
Enseignant, feu Diori Hamani, élu donc Président de
la 1ère République avec des lieutenants comme
Boubou Hama, Léopold Kaziendé, Barkiré Halidou et
j’en passe.

II.B – Après l’Indépendance


Faut-il le rappeler, la République fut proclamée le 18
décembre 1958, pendant que l’Indépendance qui,
somme toute, est une autodétermination, a été
obtenue le 3 août 1960.

A l’orée de l’Indépendance du Niger et, sous la


houlette d’un certain nombre de braves Nigériens,
fut créée la première Centrale Syndicale, dénommée
Union Nationale des Travailleurs du Niger (UNTN) qui
regroupait diverses branches des catégories
professionnelles.

Cette Centrale dirigée par le Camarade René


Delanne, avait pour locomotive, faut-il le préciser, le
Syndicat Enseignant.

La création de ce grand cadre unitaire a été un point


salvateur pour le SNEN qui se retrouvait en
solidarité et en unité d’action avec d’autres
syndicats.
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Ainsi, de 1960 à 1974, la ligne syndicale de l’UNTN
était le Syndicalisme d’Intégration et, tout
naturellement, le SNEN baignait à l’intérieur malgré
son autonomie et ses principes.

Dans le processus de succession, le camarade Sido


Hassane prit les relais et René Delanne céda le
témoin.

Mais à partir de 1974, l’UNTN devint Union des


Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN) qui, tout
en gardant la ligne, s’est mise sur le chemin de
l’émancipation.

Mais très vite, sous la guidance du camarade Ahmed


GARBA, l’USTN se démarqua des politiques
politiciennes, en se versant dans une ligne
revendicatrice masquée…et cela, malgré la présence
d’un régime militaire fort, dirigée par le Colonel
Seyni Kountché.

Ahmed GARBA eut plusieurs déboires avec le Régime


qui n’hésitait pas à emprisonner les contestataires.

Plus tard, la ligne de l’USTN virera au Syndicalisme


dit de « Participation responsable » avec comme
Secrétaire Général Boureïma Maïnassara.

Jusque-là, il existait un et un seul syndicat


d’enseignants qui vacillait au gré des options de la
Centrale tout en se distinguant par des révoltes
périodiques.

II.C – A l’avènement de la Conférence


Nationale
Souveraine
La tenue de la Conférence Nationale en 1991
découlant de l’après Sommet de la Baule est et
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demeure une référence historique incontestable
pour le Niger, mais aussi et surtout pour le Syndicat
Enseignant incarné par le SNEN.

Cet événement dans sa phase préparatoire comme


celle active, a vu l’immense contribution et la
ténacité du combat du Syndicat Enseignant, toujours
à l’avant-garde des réflexions et d’actions.

Ainsi, le Niger connut l’avènement de la Démocratie


multipartite qui, elle-même, chemin faisant, a fait
jaillir le pluralisme syndical, symbolisé d’abord par le
départ de l’USTN d’un groupe de syndicats, conduit
par le Synbank de Issou Saïbou.

Cette fièvre gagnant plusieurs organisations


syndicales et, la politique et le contexte aidant, le
grand SNEN n’a pu malheureusement échapper à
l’effritement progressif.

III.Structuration et Poids sur l’Echiquier


national

III.A – Cadre unique


Comme nous l’avons dit, le SNEN était l’unique et
principal cadre fédérateur du monde Enseignant. Mais
le vent de la démocratie et l’action politique agissant
sur l’autel des intérêts divers et divergents, la
locomotive s’est retrouvée dans les secousses
alternatives….

III.B – L’effritement du cadre (avènement


des micros
syndicats)
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Lorsqu’un bébé arrive au monde, il peut ressembler à
son géniteur, mais pas subitement prendre sa taille.
C’est dire que le concept de micro syndicat face à un
macro (grand) est loin d’être une négation, mais
contextuellement, circonstantiellement admissible et
réel.

Hormis le SYNAJECS dont l’accouchement à partir de


1976 s’est fait en douceur, tout le reste découlait d’un
des trois facteurs, à savoir :
1. l’excroissance et ses méfaits (leadership) ;
2. raisons politico politiciennes (balkanisation) ;
3. prébendalisme (appât du gain).

La tendance s’est poursuivie, bien que le premier


syndicat Enseignant qu’est le SNEN soit resté toujours
« debout » et pesant sur l’échiquier national et même
international ; ne le cachons pas.

III.C – Ressaisissement du cadre


(création du
Collectif)
Le contexte évoluant, le monde Enseignant accueille à
partir de courant 98- 99, la masse des Volontaires de
l’Enseignement. Puis il y eut l’avènement des
Civiquards et des Contractuels de l’Enseignement , un
vrai bouleversement ayant conduit à la création des
syndicats des contractuels de base et ceux du
Secondaire avant de fédérer en Coordination Nationale
des Contractuels de l’Enseignement (CNCE).

Faut-il le rappeler, le rythme de la création de


nouveaux cadres n’a pas épargné les centrales où l’on
en compte, aujourd’hui, une dizaine.

Toutefois, grâce à la création du Collectif des


Syndicats du Secteur de l’Education (COSEN),
plusieurs structures syndicales se sont coalisées pour
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mener et gagner pas mal d’acquis. Le signe positif de
ressaisissement et d’unité dans l’action a été vite
fragilisé et tangue toujours.

IV. Situation actuelle du Syndicalisme


Enseignant, 50 ans après

Il est incontestable que sur les cinquante années de


marché, le Syndicalisme Enseignant, quoiqu’on dise, a
été l’un des moteurs majeurs, voire le meilleur en
termes d’actions, de réalisations, d’accroissement du
taux des militants mais aussi d’offensive
internationale.

IV.A – Poursuite de la Balkanisation


Seulement, force est de reconnaître que, malgré les
succès enregistrés, la bataille est loin d’être terminée,
tant les défis sont multiples et multiformes. Et, hier
comme aujourd’hui, les acteurs syndicaux doivent se
rendre à l’évidence que rien de durable ne peut se
faire et/ou s’obtenir dans la dispersion des efforts et
autres énergies.

Pire, en se jetant des « pierres », les syndicats du


secteur de l’Education vont ramer à contre courant de
la dynamique mondiale.

Pour le politique, ce serait un terrain exploitable et


propre à la poursuit de la Balkanisation.

Cette situation intéresse tout pouvoir, car tant que les


syndicats resteront unis, ils pourront faire face à tous
les défis, y compris ceux de « faire et défaire » les
régimes. Au Niger, la réalité historique est vivace dans
les esprits.

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IV.B – Naissance du Syndicat des
Contractuels de
l’Enseignement

Le Niger qui a connu la contractualisation de


l’Enseignement, bien après des pays comme le
Sénégal, le Mali et autres, semble tout de même, le
seul à avoir enregistré la création d’un cadre syndical
des enseignants de circonstance et qui vivent le affres
de l’état de manque de matricule….

Véritable force syndicale, la CNCE enregistre elle


aussi, dans ses bases une multitude d’autres
« syndicats – concurrents ».

IV.C – Tendance actuelle


Il n’est un secret pour personne, la tendance actuelle
présente un tableau peu reluisant pour le
Syndicalisme Enseignant qui, progressivement, perd
de sa vitalité parce que, plongé dans une turbulence
constante, entraînant la dispersion des forces face
pourtant à un partenaire commun, le Gouvernement et
à un ennemi unique : la pauvreté. Oui, la pauvreté
reflétée par nos conditions de vie et de travail
précaires, dans un monde capitaliste en pleine
mutation où la loi du plus fort s’impose à tous.

A côté, se perpétue la marchandisation de l’Ecole, la


disparition progressive de l’école publique, et
l’incertitude d’une garantie d’Education de qualité,
durable pour tous les enfants du Niger, etc.

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V. Perspectives

Il est évident qu’il faut une réelle prise de conscience


et un sursaut citoyen pour jeter, sans tarder, les bases
d’une réflexion et d’un choix conséquents.
Autrement, c’est notre existence même qui se trouve
menacée, car les fléaux sont légions et dévastateurs,
les uns plus nocifs que les autres.
Loin de nous, en tant que Conférencier, de polémiquer
ou d’imager les perspectives pour un nouveau départ
sur fond de préservation des acquis dans un état de
lucidité et de vigilance accrues.
Ainsi, dans les débats nous définirons ensembles les
Perspectives à court, moyen et long
réelles
termes.
Toutefois, sachons que seule la lutte paie….
Les débats sont ouverts.
Je vous remercie de votre attention
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