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N° d'ordre: 2006telb0016

THÈSE

Présentée à

l'ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DES TELECOMMUNICATIONS


DE BRETAGNE
en habilitation conjointe avec l'université de Rennes 1

pour obtenir le grade

DOCTEUR de l'ENST Bretagne


Mention « Traitement du signal et Télécommunications »

Par

Franck PAYOUX

ETUDE DES RESEAUX D'ACCES OPTIQUES EXPLOITANT LE


MULTIPLEXAGE EN LONGUEURS D'ONDE

Soutenue le 28 Août 2006 devant la commission d'Examen :

Composition du Jury

- Rapporteurs :
Monique THUAL, Maître de Conférences, CCLO/ENSSAT
Yves JAOUEN, Ingénieur d'études, GET/Telecom Paris

- Examinateurs :
Jean-Louis De BOUGRENET de la TOCNAYE, Professeur, ENST Bretagne, Directeur de thèse
Philippe CHANCLOU, Ingénieur Recherche, France Télécom Division R&D, Encadrant de thèse
Dominique CHIARONI, Ingénieur-Chef de Groupe, Alcatel Research and Innovation
Josep PRAT, Professeur, Universitat Politècnica de Catalunya

1
2
Remerciements

Je tiens tout d'abord à remercier Jean Louis de Bougrenet de la Tocnaye d'avoir


accepté d'être mon directeur de thèse, Stéphane Gosselin et Michel Joindot de m'avoir
offert la possibilité d'effectuer cette thèse à France Télécom Division Recherche &
Développement, ainsi que Vincent Durel et Anne-Cécile Réau-Thomas de m'avoir donné
les moyens dans leurs unités respectives de mener à bien cette thèse.

Mes remerciements les plus sincères vont à Philippe Chanclou, qui m'a encadré
tout au long de cette thèse et a fortement contribué à ma formation sur les
communications optiques et sur le travail en laboratoire. La bonne ambiance dans
laquelle nous avons travaillé ensemble sera un souvenir marquant de cette thèse.

Je suis particulièrement honoré que Monique Thual et Yves Jaouën aient accepté
d'être rapporteurs de ce mémoire de thèse et que Dominique Chiaroni et Josep Prat
fassent partie du jury.

Je tiens à remercier particulièrement Maryse Moignard avec qui j'ai partagé le


bureau durant la majeure partie de cette thèse. Les corrections pour les articles, les
remarques pour la rédaction de cette thèse ainsi que les nombreuses discussions que
nous avons eues m'auront été d'une aide précieuse. L'excellente ambiance du bureau
aura également fortement contribué à ce que cette thèse se déroule bien.

Je remercie également Naveena Genay et Julien Poirrier pour leur aide lors de la
rédaction des articles en anglais et de la thèse ainsi que pour leur soutien dans le travail
et en dehors.

Ce travail n'aurait pu être mené à bien sans le prêt par Alcatel-Thales III-V lab du
RSOA qui constitue le composant clé de cette thèse. Je remercie donc particulièrement
Romain Brenot de nous avoir permis d'utiliser ce composant innovant.

Je dois également un grand merci à Thomas Soret qui m'a longuement aidé pour
l'obtention des résultats expérimentaux et qui a contribué à ce que la soumission des
publications soit un succès.

Merci aussi aux différentes personnes de l'URD NOA qui m'ont permis d'acquérir
des compétences pointues sur le réseau d'accès au travers des discussions sur le
domaine. Merci en particulier à Laurent Guillo pour son aide à la préparation des
montages expérimentaux et à Fabrice Bourgart pour les discussions fructueuses qui
m'ont permis de cadrer correctement cette thèse.

Je dois mes connaissances sur le multiplexage en longueurs d'onde en partie


aux personnes travaillant sur le cœur de réseau. Merci donc à Nicolas Brochier, Marc
André, Benoît Charbonnier, Erwan Pincemin, Jean-Luc Barbey, Nayla El Dahdah, René
Coquillé, qui m'ont également bien aidé lors des travaux en laboratoire.

Merci également à tous les stagiaires, thésards et post-doc pour la très bonne
ambiance dans laquelle nous avons travaillé et échangé: Annalisa, Anna, Zineb,
Thanhnga, Hugues, Roman, Thomas, Jacky, Nicolas, David, Edouard, Hary, Xavier…

Et pour finir, un grand merci à mes parents et Carole pour leur soutien tout au
long de cette thèse.

3
4
Table des Matières

Table des Matières


INTRODUCTION ............................................................................................................ 9
1 - Contexte et Etat de l'Art ...................................................................................... 13
1.1 Le réseau d'accès.......................................................................................... 13
1.1.1 Définition, description............................................................................. 13
1.1.1.1 Terminologie du réseau d'accès......................................................... 13
1.1.1.2 Le réseau d'accès et le réseau de collecte......................................... 14
1.1.2 Etat actuel.............................................................................................. 17
1.1.2.1 Accès cuivre....................................................................................... 17
1.1.2.2 Accès sans fil ..................................................................................... 18
1.1.2.3 Accès optique .................................................................................... 18
1.1.3 Architectures de réseau d'accès optique................................................ 19
1.1.3.1 L'architecture Point à Point................................................................. 19
1.1.3.2 Point à multipoint passif : le PON ....................................................... 20
1.1.3.3 Architecture optique avec équipement réseau actif ............................ 22
1.1.3.3.1 Boucle active ................................................................................. 22
1.1.3.3.2 Architecture point à multipoint active ............................................. 23
1.1.4 Perspectives technologiques pour les futurs réseaux d'accès optique ... 25
1.1.4.1 Multiplexage temporel TDM et PON 10 Gbit/s.................................... 25
1.1.4.2 Le multiplexage en longueurs d'onde et PON WDM........................... 26
1.1.4.3 Multiplexage de codes et PON OCDMA............................................. 27
1.1.4.4 Le multiplexage de sous porteuses SCM ........................................... 29
1.1.4.5 Multiplexage statistique et commutation optique ................................ 29
1.2 Architectures avec multiplexage de longueurs d'onde ................................... 30
1.2.1 Utilisation classique du WDM................................................................. 30
1.2.1.1 Point à point dans le réseau de transport ........................................... 30
1.2.1.2 Boucle du réseau de collecte ............................................................. 30
1.2.1.3 Coarse et Dense WDM ...................................................................... 31
1.2.2 Intérêt du WDM dans les différentes architectures de l'accès ................ 34
1.2.2.1 Point à point ....................................................................................... 35
1.2.2.2 Boucle active...................................................................................... 35
1.2.2.3 Point à multi point ou réseau en étoile passive (PON)........................ 35
1.2.2.3.1 PON WDM avec diffusion puis sélection........................................ 37
1.2.2.3.2 PON WDM avec démultiplexage spatial des longueurs d'onde...... 45
1.3 Conclusion..................................................................................................... 52
2 - Mise en œuvre du WDM dans le réseau d'accès optique.................................... 57
2.1 ONU achromatique........................................................................................ 58
2.1.1 Emetteur achromatique.......................................................................... 58
2.1.1.1 Laser accordable ............................................................................... 58
2.1.1.2 Laser sélectable................................................................................. 58
2.1.1.3 Spectrum slicing................................................................................. 59
2.1.1.3.1 Principes ....................................................................................... 59
2.1.1.3.2 Sources large bande modulables .................................................. 60
2.1.1.4 Source laser auto accordable par injection optique ............................ 61
2.1.2 Modulation déportée .............................................................................. 62
2.1.2.1 Principe.............................................................................................. 62
2.1.2.2 Emetteur multi longueurs d'onde........................................................ 63
2.1.2.3 Composants pour modulation ............................................................ 63
2.1.2.3.1 Modulateur à électro-absorption (MEA) ......................................... 63
2.1.2.3.2 Laser Fabry-Pérot verrouillé par injection optique.......................... 64
2.1.2.3.3 RSOA............................................................................................ 66
2.1.2.3.4 Comparatif..................................................................................... 68
2.2 Principales architectures de PON WDM ........................................................ 69

5
Table des Matières

2.2.1 PON WDM gigabit.................................................................................. 70


2.2.1.1 Spectrum slicing................................................................................. 70
2.2.1.2 Modulation déportée avec IL-FP ........................................................ 71
2.2.1.3 Modulation déportée avec RSOA ....................................................... 73
2.2.2 SuperPON ............................................................................................. 74
2.2.2.1 NTT: PON WDM 10 Gbit/s ................................................................. 74
2.2.2.2 BT: agrégation de GPON sur liens DWDM......................................... 75
2.2.2.3 Université de Cork: SuperPON 10 Gbit/s ........................................... 76
2.2.3 PON WDM flexibles en longueurs d'onde .............................................. 77
2.2.3.1 UPC:AWG N vers N ........................................................................... 77
2.2.3.2 SUCCESS ......................................................................................... 78
2.3 Architectures avec remodulation du signal descendant ................................. 80
2.3.1 Modulation de phase PSK sur le signal descendant............................... 80
2.3.2 Modulation de fréquence FSK sur le signal descendant......................... 81
2.3.3 Porteuse RF sur le signal descendant.................................................... 82
2.3.4 Remodulation avec deux niveaux de taux d'extinction ........................... 83
2.3.5 Effacement du signal descendant .......................................................... 84
2.3.6 Modulation "RZ inversé" sur le signal descendant.................................. 85
2.3.7 Fonctionnement en half duplex .............................................................. 85
2.4 Conclusion sur les composants et architectures de réseau d'accès WDM..... 87
3 - Architectures de PON WDM étudiées ................................................................. 97
3.1 Caractérisation du RSOA .............................................................................. 99
3.1.1 Présentation........................................................................................... 99
3.1.2 Gain / puissance de sortie.................................................................... 100
3.1.2.1 Puissance de sortie.......................................................................... 100
3.1.2.2 Gain ................................................................................................. 100
3.1.2.3 Saturation ........................................................................................ 104
3.1.3 Bande passante électrique................................................................... 106
3.1.4 Rapport Signal sur bruit et facteur de qualité Q.................................... 109
3.1.5 Taux d'extinction .................................................................................. 112
3.1.6 Facteur de bruit.................................................................................... 113
3.1.7 Ondulation résiduelle (Ripple) .............................................................. 115
3.1.8 Performance en taux d'erreur............................................................... 119
3.1.9 Conclusion sur le RSOA ...................................................................... 122
3.2 PON WDM avec Remodulation par RSOA .................................................. 123
3.2.1 Description de la technique.................................................................. 123
3.2.2 Résultats expérimentaux...................................................................... 125
3.2.2.1 Configuration DWDM ....................................................................... 126
3.2.2.2 Configuration CWDM ....................................................................... 132
3.3 Architecture de PON WDM avec SLED et RSOA ........................................ 136
3.3.1 Description de la technique.................................................................. 136
3.3.2 Importance du filtrage .......................................................................... 139
3.3.3 Résultats expérimentaux...................................................................... 143
3.3.3.1 Montages expérimentaux avec tension de modulation de 2V........... 143
3.3.3.1.1 PON hybride WDM TDM à 622Mbit/s montant ........................... 143
3.3.3.1.2 PON WDM à 1,25 Gbit/s ............................................................ 147
3.3.3.2 Architecture de PON WDM basé uniquement sur la technique
SLED+RSOA, avec tension de modulation de 4V............................................ 150
3.3.3.2.1 Description de l'architecture ....................................................... 150
3.3.3.2.2 Résultats expérimentaux............................................................ 153
3.3.3.2.3 Allocation des longueurs d'onde................................................. 162
3.3.4 Effet de la forme du filtre du multiplexeur ............................................. 163
3.3.5 Apport des codes correcteurs d'erreurs................................................ 166
3.3.6 Conclusion sur les architectures PON WDM avec SLED+RSOAs........ 166
3.4 Agrégation de PON et conversion tout optique ............................................ 168

6
Table des Matières

3.4.1 Architecture de PON WDM-TDM avec conversion de longueur d'ondes


168
3.4.2 Convertisseur achromatique réutilisant la longueur d'onde descendante.
171
3.4.3 Les dispositifs de conversion de 1310 nm vers les bandes C et L........ 172
3.4.4 Dispositifs originaux à base de MEA .................................................... 173
3.4.4.1 Modulation d'absorption croisée (XAM) dans un modulateur à électro-
absorption (MEA) fonctionnant à 1550 nm....................................................... 173
3.4.4.2 Modulation de phase croisée (XPM) dans MEA fonctionnant à 1310 nm
177
3.4.5 Conclusion ........................................................................................... 179
4 - Modélisation théorique des Bruits ..................................................................... 185
4.1 Théorie des bruits de détection.................................................................... 185
4.2 Transmissions bidirectionnelles ................................................................... 187
4.2.1 Avantages et effets limitants ................................................................ 187
4.2.2 Rétrodiffusion de Rayleigh ................................................................... 189
4.2.2.1 Niveaux de rétrodiffusion.................................................................. 189
4.2.2.2 Influence sur le taux d'erreur binaire ................................................ 191
4.2.2.2.1 Bruit cohérent .............................................................................. 191
4.2.2.2.2 Bruit incohérent ........................................................................... 196
4.3 Modulation déportée avec gain.................................................................... 198
4.3.1 Limitation due au bruit amené par l'amplificateur ................................. 199
4.3.2 Limite due à la boucle d'amplification avec la rétrodiffusion Rayleigh... 201
4.4 Application théorique sur les architectures de PON WDM étudiées ............. 203
4.4.1 PON WDM avec remodulation du signal descendant........................... 203
4.4.2 PON WDM avec SLED + RSOA .......................................................... 205
4.5 Conclusion................................................................................................... 207
5 - Perspectives ..................................................................................................... 211
CONCLUSION ............................................................................................................ 215
Annexe 1: Emetteurs multi-longueurs d'onde .............................................................. 219
Annexe 2: Calcul de la perte de puissance optique due au passage du spectre d'une
source large à travers un AWG ................................................................................... 224
Annexe 3: Etude des limites du spectrum slicing......................................................... 226
Acronymes.................................................................................................................. 236
Publications personnelles ........................................................................................... 239

7
Table des Matières

8
Introduction

INTRODUCTION
Le réseau d'accès connaît actuellement une évolution très rapide qui
accompagne le développement de l'Internet et des services de télécommunication dans
le monde entier. En Europe cette évolution est particulièrement visible au travers de
l'essor des déploiements xDSL et les débits par utilisateur augmentent de façon très
rapide. En 2000 le débit offert ne dépassait pas 512 kbit/s tandis qu'il s'élève aujourd'hui
à 18 Mbit/s. La course au débit a été menée jusqu'à maintenant pour des questions de
concurrence et de part de marché et les débits offerts étaient donc généralement bien
supérieurs aux besoins réels des services proposés. Un tournant est survenu en 2005
avec l'apparition, dans le catalogue des opérateurs, de services audiovisuels: bouquets
télévisuels et vidéo à la demande. C'est un tournant dans la mesure où ces services
requièrent des débits très importants et nécessitent l'évolution des technologies xDSL et
l'introduction de l'optique pour supporter ces services. En effet l'xDSL connaît de fortes
limites de portée avec l'augmentation des débits et l'optique est une solution à ce
problème.

Les réseaux d'accès optiques sont déjà déployés massivement au Japon où 4


millions de foyers sont raccordés en fibre optique ainsi qu'aux USA où les opérateurs
ainsi que de nombreuses collectivités locales installent des réseaux d'accès optiques
très haut débit. Les USA et l'Asie en général sont de fervents utilisateurs des
technologies optiques dans l'accès, tandis qu'en Europe nous assistons seulement aux
prémices de déploiements, généralement grâce à des collectivités locales. En France,
les réseaux d'accès optiques étaient réservés uniquement aux entreprises ayant besoin
de débits symétriques, impossibles à fournir par les technologies xDSL. En 2005 de
petits opérateurs ont commencé à proposer des accès fibre dans les immeubles à Paris
et France Télécom lance en 2006 une expérimentation pilote FTTH (Fibre To The Home)
visant à connecter quelques milliers de foyers à Paris et en région parisienne. Un
vecteur important de ce test grandeur nature est la vidéo Haute Définition. En Allemagne
Deutsch Telekom a annoncé un investissement massif dans un réseau de fibres
optiques et dans des équipements VDSL (Very High Bit Rate DSL) installés près des
clients dans le but d'offrir du très haut débit. Quelle que soit la technologie proposée
(FTTH ou FTTx + VDSL) la fibre optique se rapproche des utilisateurs et devient
indispensable dans le réseau d'accès pour fournir un débit de 100 Mbit/s par foyer
permettant de recevoir en simultané plusieurs canaux vidéos Haute Définition, de la
vidéo à la demande, des services de visiophonie et téléphonie, des services de jeu en
ligne, de l'Internet haut débit et bien d'autres services qui apparaitrons à l'usage.

Le facteur économique est prépondérant dans le déploiement de réseaux d'accès


optiques et les architectures passives en arbre (PON: Passive Optical Network),
permettant de mutualiser une partie de la fibre et des équipements entre plusieurs
utilisateurs, sont les solutions retenues majoritairement aujourd'hui. Plusieurs standards
PON existent, soutenus par deux organismes de normalisation.
Q L'E-PON (Ethernet PON) a été normalisé par IEEE (802.3ah) permettant un
débit vers l'utilisateur de 1.25 Gbit/s, partagé typiquement entre 16 ou 32
utilisateurs.
Q L'ITU (International Telecommunication Union) propose le B-PON (G983)et le
G-PON (G984) permettant un débit maximum de 2.5 Gbit/s vers l'utilisateur, lui
aussi partagé entre de nombreux utilisateurs.

9
Introduction

Le FSAN (Full Service Access Network) est un organisme de pré-normalisation pour


l'ITU, dont fait activement partie France Télécom et qui rassemblent les principaux
opérateurs historiques ainsi que des équipementiers. Le FSAN a formé en 2006 un
groupe de travail sur la future génération des réseaux d'accès optique dont les
caractéristiques seront des distances de transmission plus importantes et des débits
plus élevés de l'ordre du Gigabit/s par utilisateur. Deux pistes principales sont
envisagées pour obtenir des débits plus importants par utilisateur:
Q L'augmentation du débit global à 10 Gbit/s. cette solution est également
envisagée par le groupe de travail de l'IEEE avec le 10G-EPON.
Q Le recours au multiplexage en longueurs d'onde WDM (Wavelength Division
Multiplexing), qui permet d'offrir une alternative à l'augmentation du débit par
canal.

Il est important pour France Télécom de connaître les avantages et contraintes


des différentes technologies à même d'exister dans les prochaines générations de
réseau d'accès optique afin d'anticiper et de faciliter la migration future vers celles-ci.
Cette thèse porte donc sur l'introduction du multiplexage en longueurs d'onde dans le
réseau d'accès optique.

Le chapitre 1 décrit tout d'abord le réseau d'accès de façon générale afin de se


familiariser avec les termes et les technologies employés. Les architectures de réseaux
d'accès optiques déployées sont présentées ainsi que les perspectives d'évolution. La
technologie de multiplexage en longueur d'onde est ensuite décrite et l'intérêt de son
utilisation dans le réseau d'accès optique est discuté.

Le chapitre 2 est un état de l'art détaillé des solutions technologiques qui sont
étudiées par les acteurs du domaine pour utiliser le WDM dans le réseau d'accès
optique. Les composants et architectures proposés sont soigneusement analysés afin
d'en dégager les avantages et inconvénients. Cette analyse permet dans le chapitre
suivant de définir des architectures de PON WDM répondant au cahier des charges
proposé: 1 Gbit/s par utilisateur et distance de transmission de 20 km à moindre coût.

Le chapitre 3 présente les architectures de PON WDM étudiées et réalisées. Le


composant clé de l'architecture, qui est un amplificateur optique à semiconducteur
réflectif, est d'abord caractérisé puis les résultats expérimentaux obtenus sur les
démonstrateurs montées en laboratoire sont présentés et discutés. Une étude sur la
conversion en longueur d'onde est également réalisée, liée à un scénario de migration
des PON vers les PON multiplexés en longueur d'onde.

Le chapitre 4 est une étude à la fois expérimentale et théorique des pénalités


dues à la transmission bidirectionnelle sur une seule fibre. Les limites de la modulation
déportée sont évaluées théoriquement et une comparaison avec les résultats
expérimentaux est réalisée.

Une discussion sur les perspectives d'avenir des architectures de réseaux


d'accès optiques utilisant le multiplexage en longueurs d'onde conclut ce manuscrit.

10
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Chapitre 1

Contexte et état de l'art

11
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

12
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

1 - Contexte et Etat de l'Art


1.1 Le réseau d'accès

1.1.1 Définition, description

Cette partie a pour but de présenter le réseau d'accès tel qu'il est aujourd'hui. Un
paragraphe sur la terminologie permet de mettre en place les nombreuses abréviations
propres au réseau d'accès. L'architecture globale du réseau d'accès et son
interfonctionnement avec le réseau de collecte sont décrits. L'évolution du réseau
d'accès vers l'optique est ensuite présentée, avec la description des différentes
architectures mises en œuvre ou envisagées.

1.1.1.1 Terminologie du réseau d'accès

On distingue trois parties principales dans l'architecture du réseau d'accès: le


central, le point d'éclatement, le client.

Utilisateur
PC
Utilisateur

Central Utilisateur
PC

Utilisateur

Figure 1-1 : terminologie du réseau d'accès

Q Architecture cuivre

En ce qui concerne le Central, on parle de NRA (Nœud de raccordement d'abonnés) qui


désigne une co-localisation de plusieurs équipements que nous ne détaillerons pas dans
ce manuscrit. Le central contient, plus particulièrement, le DSLAM (Digital Subscriber
Line Access Multiplexer) qui est la partie émettrice des signaux descendants et
réceptrice des signaux montants des technologies xDSL.

Le point d'éclatement appelé SR (Sous Répartiteur) est usuellement le point


d'éclatement des paires de cuivre. Ce point d'éclatement peut être suivi d'autres points
de répartition (PC: Points de Concentration) depuis le central.

La partie "client" est constituée par le modem (ADSL, data sur RTC, RNIS…).

13
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Q Architecture fibre

Dans les réseaux d'accès optique le central contient l'OLT (Optical Line Termination) qui
est l'équipement d'émission - réception.

Le point d'éclatement contient parfois, dans le cas de l'optique partagée, le coupleur en


ce qui concerne les PON actuels ou un élément de multiplexage optique pour un réseau
WDM.

La partie "client" est généralement appelée ONU (Optical Network Unit), si elle est
partagée entre plusieurs clients et suivi d'une transmission secondaire (cas des
FTTCab/Curb/Building) ou ONT (Optical Network Termination) si elle est mono-client
FTTH. C'est la partie réceptrice des signaux descendants et émettrice des signaux
montants. On parle aussi de CPE (Customer Premises Equipment) mais ce terme
désigne le module physique de réception situé derrière l'ONT chez le client.

1.1.1.2 Le réseau d'accès et le réseau de collecte

Voici un schéma plus détaillé représentant de façon très simple les réseaux de
collecte et d'accès avec des indications de distance et de nombre de clients.

Cuivre
optique ou cuivre 625 m
optique

SR

Switch NRA 2.5 km 1000 x clients


Switch
ATM ATM
N2 N1 DSLAM SR
40 - 400 km

10 x SR

Figure 1-2 : organisation du réseau d'accès

L'infrastructure cuivre se caractérise par une distance moyenne de 3.2 km entre le


central et les clients. Le nombre d'clients par NRA varie généralement entre 1000 et
10000, et peut même être encore plus important. Celui-ci est relié en amont à un switch
ATM par un lien optique (on ne considère pas les liens de protection) qui, actuellement,
est généralement un STM1, c'est-à-dire un flux bidirectionnel de 155Mbit/s, mais qui
évolue vers le STM4 (622Mbit/s) et le Giga-Ethernet.

Chaque client est relié en point à point au DSLAM situé au NRA par une paire de cuivre.
Les paires de cuivre provenant des clients sont d'abord raccordées à des câbles de plus
grosse capacité via le point d'éclatement et/ou des sous répartiteurs. Ces paires de
cuivre arrivant au NRA sont démultiplexées spatialement puis branchées sur des
tableaux qui permettent ensuite de connecter chaque client qui désire l'ADSL, sur un
DSLAM. Un DSLAM contient environ 15 cartes pouvant connecter chacune 64 clients (≈

14
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

1000 clients). Le DSLAM a pour rôle d'agréger sur un lien optique toutes les données qui
lui arrivent par les paires de cuivre. Le switch ATM de niveau 1 peut être co-localisé
avec le DSLAM ou bien être distant de quelques kilomètres et les différents switchs
d'une région sont reliés à un switch de niveau 2 par agrégation sur un lien ATM, une
boucle SDH ou le réseau transport. Dans un futur proche, ces anneaux SDH seront
remplacés par des boucles de collecte GigaEthernet puis 10GigaEthernet avec des liens
GEthernet entre le DSLAM et le switch GEth.

Lannion
St Malo

Brest St Brieuc

Côtes d'Armor Rennes


Finistère

Lavoisier

François
Château
Quimper
Ille-et-Vilaine
Morbihan
Lorient
Légende
Brasseur N2
Brasseur N1 Vannes

Figure 1-3 : carte du réseau des brasseurs ATM en Bretagne

Au niveau de la protection, le lien entre le DSLAM et le switch N1 peut être doublé. Le


DSLAM dispose de deux cartes d'émission-réception pour protéger le lien en cas de
défaillance d'une carte mais le réseau n'est protégé physiquement (rupture de fibre) qu'à
partir du brasseur de niveau 2.
Pour l'accès à Internet, les flux IP/ATM issus des brasseurs de niveau 2 et 3 sont ensuite
agrégés via un BAS (Broadband Access Server) au niveau du nœud de collecte. Par la
suite, le réseau de collecte IP, via les nœuds régionaux et de transit permet
l'interconnexion aux nœuds de service et aux nœuds du réseau Internet. La figure ci-
dessous présente une carte typique d'un réseau de collecte IP.

15
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Rouen (GigaPOP)
NC
Hiérarchie
du RBCI Internet
NC
Caen (GigaPOP)
Paris NT
NT (Noeud de transit)

Brest (POP) NR NR
NC (Noeud régional)
Rennes (GigaPOP)
NC NC
Le Mans (POP) NC (Noeud de collecte)
NC Orléans (GigaPOP)
BAS NAS NSIP
Transpac

NR Nantes
(GigaPOP) Equipements de collecte IP
NC
NC
Tours (POP)

RBCI: Réseau de Backbone et de Collecte Internet


NAS: Network Access Server
NSIP: Noeud de Service IP

Figure 1-4 : carte typique du réseau de collecte IP.

La figure ci-dessous présente un diagramme schématique des fonctionnalités réseau


mises en jeu dans le réseau d'accès et de collecte.

IP network

BAS
Switch N2

Réseau de
transport
Switch N1

NRA

DSLAM

Réseau de
collecte

Figure 1-5 : présentation schématique de l'architecture du réseau d'accès et de


collecte.

16
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Les réseaux longue distance de collecte de France Télécom utilisent la fibre optique
pour relier les différents sites. Le multiplexage en longueur d'onde (WDM) est
couramment utilisé avec des débits de 2.5 et 10 Gbit/s. Ce réseau utilise aussi des
fonctionnalités d'insertion et extraction via des MIEs (Module d'Insertion / Extraction)
répartis le long des liens WDMs.

1.1.2 Etat actuel

1.1.2.1 Accès cuivre

Aujourd'hui l'xDSL est en plein essor et quasiment 100% des foyers français sont
raccordables en ADSL à 512kbit/s. La tendance des opérateurs est de délivrer au client
le maximum de débit permis par la paire de cuivre. Ce débit est fonction de l'atténuation
de la ligne, c'est-à-dire fonction de sa longueur et de sa qualité. Le débit peut donc
atteindre respectivement 8 Mbit/s et 18 Mbit/s pour les clients dont le central est équipé
de DSLAM ADSL et ADSL2+. Par contre même si l'ADSL quad peut délivrer 30 Mbit/s, le
VDSL 50 Mbit/s et le VDSL2+ 100Mbit/s, les distances de transmission à ces débits sont
très faibles. Pour avoir 100 Mbit/s par les paires de cuivre, il faudra être très proche du
DSLAM (150 ou 200 mètres) ce qui est problématique pour raccorder l'ensemble des
clients à ce débit. Seule une faible partie des clients sera donc éligible à ce débit.

ADSL Quad

30 ADSL 2+
ADSL

Mbps 16

0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Loop Length (km)

Figure 1-6 : portée des formats ADSL

Une solution est d'amener la fibre plus près du client et donc d'ajouter un équipement
actif tel qu'un mini DSLAM entre le NRA et le client. Cela consiste à faire du
FTTCab/Curb si on amène la fibre jusqu'au SR et du FTTBuilding si le mini-DSLAM se
trouve en pied d'immeuble. Un inconvénient du FTTC est la nécessité de nouvelles
sources d'alimentation électriques dans les SRs. En pied d'immeuble le problème de
l'alimentation ne se pose pas pour la fourniture de l'énergie électrique. Cependant la
responsabilité de l'alimentation (compteur) reste ouverte.

Une autre solution envisageable pour offrir 100Mbit/s à chaque client, voire plus, est de
faire du FTTH, donc des réseaux d'accès tout optique, ce qui ne nécessite plus
d'équipement actif entre le NRA et le client, mais des composants optoélectroniques
chez le client.

17
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

1.1.2.2 Accès sans fil

Le réseau d'accès sans fil est constitué actuellement par le réseau mobile et les
différents standards GSM, GPRS, EDGE, UMTS. Les débits sur les téléphones
portables augmentent sensiblement avec la 3G. L'UMTS permet par exemple un accès à
384 kbit/s et les évolutions futures vont vers des débits de 2Mbits/s.
Mais un intérêt grandissant se porte sur les standards Wi-Fi et WIMAX. Le Wi-Fi (norme
802.3a,bg) est en train de se démocratiser et constitue désormais une solution de choix
pour les réseaux domestiques sans fil. Mais il devient également une solution de réseau
d'accès dans certaines villes et surtout dans tous les lieux publics tels que les gares et
les aéroports. Les travaux sur la norme sont actifs afin de faire évoluer le débit vers 100
Mbits. Le WIMAX (norme 802.16) permet un débit maximum de 70 Mbit/s sur une
distance de 50 km. C'est donc une solution de choix pour connecter les clients isolés qui
sont non éligible à l'ADSL et leur fournir du haut débit.

1.1.2.3 Accès optique

Pour justifier un débit de 100Mbit/s par client il faut prendre en compte l'arrivée
de la télévision haute définition (HDTV) et de nouveaux services consommateurs de
bande passante. Un canal HDTV nécessite 20 Mbit/s. Si l'on veut offrir à chaque client 3
canaux HDTV simultanés, un accès internet à 10 Mbit/s, de la bande passante
supplémentaire pour de la visiophonie Haute définition, de la vidéo à la demande (VOD),
des services de télésurveillance ou de sauvegarde à distance, 100Mbit/s sont
nécessaires. Un débit supérieur peut être intéressant en cas de besoin temporaire
important. Le service de vidéo à la demande est une application type car deux
possibilités s'ouvrent à l'opérateur (ou au fournisseur de service): soit transmettre la
vidéo en streaming donc au débit nécessité par le poids de celle-ci pendant le temps de
la vidéo, soit télécharger chez le client à très haut débit et lire ensuite la vidéo
téléchargée. Cette dernière solution a la particularité de nécessiter une grande bande
passante temporairement mais de laisser libre celle-ci pendant le reste du temps. Un
accès à 1 Gbit/s a donc un intérêt certain dans ce cas. Ceci est illustré su la photo
suivante qui montre un comparatif des temps de téléchargement d'une vidéo de 800Mo
avec différents accès internet.

Figure 1-7: comparatif des temps de téléchargement d'une vidéo de 800Mo avec
différents accès internet [1].

18
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Le déploiement des réseaux d'accès optique était très limité jusqu'en 2003. Il était
cantonné à quelques liaisons point à point pour connecter des entreprises ayant besoin
d'une bande passante importante.
Le premier véritable déploiement a eu lieu au Japon et son essor continue actuellement
à très grande vitesse. Le gouvernement japonais a été l'instigateur de ce déploiement
qui vise 30 millions de clients FTTH en 2010. Le PON est l'architecture très
majoritairement choisie.
Aux Etats-Unis l'autorité de régulation a facilité le déploiement de l'optique en autorisant
les opérateurs à ne pas dégrouper tout de suite leur infrastructure optique. Le RFP
(Request for Proposal) sur les PON qui a eu lieu en 2005 annonce des déploiements
importants de la part des opérateurs tels que Verizon ou SBC. Beaucoup de collectivités
locales ont également lancé la construction d'infrastructures optiques pour accélérer le
déploiement du très haut débit.
En Europe, seuls quelques petits opérateurs tel que Fastweb en Italie ont lancé des
déploiements FTTH et les principaux déploiements sont initiés par les collectivités
locales, en particulier dans les pays scandinaves. Les opérateurs historiques européens
sont au stade de l'expérimentation terrain des réseaux d'accès optiques et attendent la
décision des autorités de régulation de les laisser libre de ne pas dégrouper leurs
nouvelles infrastructures optiques. L'investissement serait dans le cas contraire
beaucoup trop risqué.
Les pays émergents comme la Chine et la Corée du Sud connaissent également des
déploiements importants de réseaux d'accès optiques. Les fortes densités de population
font que la fibre est nécessaire jusqu'à l'immeuble pour pouvoir fournir du très haut débit.
Il est à noter que Korean Telecom est le premier opérateur à avoir lancé une
expérimentation terrain de PON WDM en 2005.

Plusieurs architectures et technologies existent dans les réseaux d'accès optiques et


sont décrites dans le paragraphe suivant.

1.1.3 Architectures de réseau d'accès optique

Les réseaux d'accès optique actuellement déployés se déclinent sous trois topologies:
- le point à point,
- le point à multipoints
- la boucle

1.1.3.1 L'architecture Point à Point

Le point à point est l'architecture la plus simple qui soit en terme de topologie
physique puisqu'elle consiste à avoir un lien physique en fibre optique directement entre
le central et le client (généralement bi-fibre). La fonction de concentration est assurée
par un équipement au NRA

NRA
ONT
OLT
Lien optique

Figure 1-8 : architecture Point à Point optique

19
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

s Avantages
Q C'est une solution universelle qui est aussi bien adaptée au client résidentiel
(immeuble ou pavillonnaire) qu'entreprise
Q Pas de composant optique entre l'OLT et l'ONT donc le budget optique est
optimal et la distance de fonctionnement peut être très grande sans
amplification
Q Les composants d'extrémité ne requièrent pas de grandes performances
donc peuvent être bas coût (utilisation possible de Media Converters pour
transformer le signal électrique en signal optique et inversement)
Q Le lien peut supporter n'importe quel débit (100Mbit/s à 10Gbit/s)
Q La sécurité des données est garantie puisqu'une ou deux fibres sont dédiées
à chaque client
Q La gestion du réseau est très simplifiée

s Inconvénient
Q Pas de mutualisation de la fibre
Q Encombrement à l'intérieur du central dû au grand nombre de transceivers
Q Pas de gestion simple des signaux en broadcast

L'architecture point à point est la solution la plus déployée dans le monde et est très
majoritairement utilisée pour des clients de type entreprises. Les principaux
déploiements pour le résidentiel ont été réalisés dans les pays scandinaves, au Moyen-
Orient (expérimentation Jordan Telecom en 2004) et au Japon (point à point Ethernet
avec Media Converter)

Le Tableau 1 présente les principaux industriels pour les solutions Point à Point.

Industriel Hitachi MRV Packet Front


Pt2Pt Media Pt2Pt Media
Solution Pt2Pt Routeurs
Converter Converter
Résidentiels + Résidentiels +
Clientèle Cible Résidentiels
Professionnels Professionnels
Tableau 1 : Principaux industriels pour les solutions Point à Point

1.1.3.2 Point à multipoint passif : le PON

Le PON (Passive Optical Networks) représente la solution Point à Multi-Point


optique permettant de mutualiser l'infrastructure entre plusieurs clients. L'élément clé de
l'architecture est un coupleur optique passif 1 vers N qui divise la puissance optique vers
autant de ports de sortie.

ONT
OLT Coupleur
passif
Lien optique

NRA
Figure 1-9 : Architecture PON

20
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

La norme ITU-T actuelle la plus avancée concernant les PON, est la série G.984
définissant le GPON (Giga PON) qui utilise un multiplexage temporel (TDM) pour 32 ou
64 utilisateurs qui se partagent le débit de 2.5Gbit/s. La répartition du débit entre les
clients peut être fixe ou variable. Dans ce second cas un mécanisme d'allocation
dynamique de bande passante (DBA) permet d’allouer pendant un instant un débit
supérieur à un client parce que les autres utilisateurs à cet instant précis n'utilisent pas
100% des ressources. La distance de fonctionnement de 20 km est fixée entre le central
et le plus éloigné des clients. Les données sont réparties dans les trames temporelles en
fonction du destinataire. Chaque ONU reçoit tout le flux d'informations car les données
sont diffusées, mais la synchronisation et le codage permettent à chaque ONU de
récupérer uniquement les données qui lui sont destinées. Le partage des ressources
dans le sens montant s'effectue par le TDMA (Time Division Multiple Access). Chaque
client a un intervalle de temps bien précis pour émettre afin de ne pas interférer avec un
autre client. Un récepteur en mode rafale est nécessaire à l'OLT. Ce récepteur permet
de récupérer et de synchroniser rapidement l'horloge avec les données venant
d'utilisateurs situés à des distances différentes, donc avec des phases différentes. De
plus le gain de l'amplificateur trans-impédance qui suit la photodiode s'adapte en
fonction de la puissance optique reçue, car celle-ci varie à chaque trame en fonction de
la distance de l'utilisateur. Cela permet ainsi de modifier le seuil de décision et de
récupérer correctement les données
Une composante WDM est présente dans les PON puisque le signal descendant est à
1.49µm et le signal montant à 1.3 µm. Ceci dans le cas où la vidéo est diffusé sur IP, car
il existe également une option avec un triplexeur en réception à l'ONT pour la diffusion
de vidéo sur un canal analogique à 1.55 µm. Néanmoins cette option semble de plus en
plus être abandonnée au profit de la vidéo sur IP, ce qui permet de supprimer les
composants analogiques plus coûteux. En effet ce type de transmission nécessite une
importante linéarité (puissance optique / fréquence) des composants opto-électroniques.

Outre le GPON qui utilise un mécanisme d'encapsulation multi protocole (GEM : GPON
Encapsulation Method, protocole issu du Generic Framing Protocol), il existe de façon
normalisée, le BPON (broadband PON) qui peut transmettre tout service sur une
encapsulation de type ATM et l'EPON (Ethernet PON) qui supporte uniquement
l'Ethernet.
BPON GPON EPON
Standard ITU G983 ITU G984 IEEE 802.3ah
Descendant: Descendant: Descendant:
1244, 622, 155 2488, 1244 1250 (1000)
Débit (Mbit/s)
Montant: Montant: Montant:
622, 155 2488, 1244, 622, 155 1250 (1000)
GEM (ATM, Ethernet,
Modes de trafic ATM Ethernet
TDM)
1Gbit/s (codage
Bande passante = débit = débit
8B/10B)
Nombre de
64 max 128 max 16 max
branches
60 km max, 20 km
Distance "logique" 20 km 10km, 20 km
différentiel
Descendant: Descendant: Descendant:
1490 nm 1490 nm 1490 nm
Longueurs d'onde Video analogique: Video analogique: Video analogique:
1550 nm 1550 nm 1550 nm
Montant: 1310 nm Montant: 1310 nm Montant: 1310 nm
Budget optique 15/20/25 dB 15/20/25/28 dB 15/20 dB
Tableau 2: récapitulatif des performances des PON normalisés

21
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

L'ensemble de ces solutions présente une architecture passive optique à base d'un
coupleur de type de celle qui est schématisée ci-dessous. Le coupleur est achromatique
pour permettre une transmission des longueurs d'ondes 1.3, 1.49 et 1.55 µm.

Coupleur ONU 1
Achromatique

E
OLT
R 1.5µm

ONU 32
1.3 µm

Fibre de Fibres de
transport distribution

Figure 1-10 : Schématique du GPON

s Avantages:
Q Structure passive à base de coupleur optique
Q Infrastructure partiellement partagée (économie sur la fibre)
Q architecture favorable à la diffusion
Q OLT partagé (un diplexeur au central pour 32 clients)

s Inconvénients:
Q budget optique limité par le coupleur dont les pertes sont proportionnelles au
nombre de ports
Q débit partagé et limité
Q synchronisation compliquée pour le sens montant
Q sécurité des données en réception car l'ensemble des utilisateurs reçoit
l'ensemble du flux émis par le central. Cependant la confidentialité est
assurée par un processus de cryptage (G983/G984). Il reste la sécurité du
réseau qui peut être mise à mal par injection malveillante de signal
perturbateur d'un ONT.
Q l'ONU doit fonctionner au débit agrégé (2.5Gbit/s par exemple), qui est très
supérieur au débit utile (N fois inférieur).

Les principaux déploiements se trouvent en Amérique du nord et surtout au Japon.

1.1.3.3 Architecture optique avec équipement réseau actif

1.1.3.3.1 Boucle active

La Figure 1-11 présente le schéma de base pour les architectures de type boucle.
Une boucle optique relie plusieurs équipements "actifs" (en FTTB ou FTTC), chaque
équipement actif peut ensuite relier ses clients soit en optique soit en cuivre

22
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Point de
Division (SR)

ONT

Lien optique
switch

NRA
Figure 1-11: Schéma de l'architecture en boucle

Les solutions des équipementiers, maturité industrielle

Le Tableau 3 présente les principaux industriels présentant des solutions de type boucle.

Industriel Cisco Packet Front


Solution Switchs/Routeurs (Eth/IP) Switchs/Routeurs (Eth/IP)
Résidentiels +
Clientèle Cible Résidentiels
Professionnels
Tableau 3 : Industriels

Les équipements en pied d'immeuble sont des switch/routeurs avec une interface en
Gigabit Ethernet du coté de la boucle et des interfaces 10/100/1000 Base-T ou Gigabit
Ethernet optique du coté client.

Exemples de déploiements dans le monde

L'exemple de déploiement le plus connu est FastWeb (Italie). D'autres exemples de


déploiements de type boucle ont été faits en Asie (Corée) ou bien encore dans les pays
Scandinaves (architecture similaire à FastWeb).
s Avantages:
Q Architecture facilitant la protection de lien
Q Budget optique aisé
Q OLT partagé
s Inconvénients:
Q débit partagé et limité
Q équipement actif
Q pas de mutualisation de l'infrastructure

1.1.3.3.2 Architecture point à multipoint active

Cette section décrit plus particulièrement les solutions avec un équipement de


concentration. On y distingue deux scénarios différents, le premier scénario (FTTH) est
tout optique jusqu'au client final alors que le deuxième comprend une partie finale en
VDSL (FTTx).

23
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

1.1.3.3.2.1 Configurations FTTH

La Figure 1-12 présente l'architecture générale d'une solution tout optique avec
des éléments d'agrégation actifs dans le réseau d'accès. Un lien optique relie le NRA à
l'élément actif (cela peut être en FTTB ou FTTC), chaque élément actif relie les clients
en optique.

Element ON
Actif T
OLT
Lien
optique

NRA :
OLT Figure 1-12: Architecture point à multipoint optique

Le Tableau 4 présente les industriels proposant des solutions point à multipoint optique.

Industriel Hitachi MRV Ericsson


Pt2Pt Media Pt2Pt Media Pt2Pt Routeurs
Solution
Converter (Eth) Converter (Eth) Switchs (Eth)
Résidentiels + Résidentiels +
Clientèle Cible Résidentiels
Professionnels Professionnels
Tableau 4 : Industriels

La solution Ericsson permet de desservir du triple play auprès des résidentiels On trouve
des routeurs Ethernet au niveau du NRA ainsi qu’en pied d’immeuble. Chez le client il
s’agit d’un équipement avec un port optique 100FX côté réseau (100 Mbit/s Fast
Ethernet) et 1 ou 4 ports 10/100 Base-T côté client.

1.1.3.3.2.2 Configurations de type FTTx/VDSL

La Figure 1-13 présente l'architecture générale d'une solution FTTx/VDSL avec


des éléments d'agrégation actifs dans le réseau d'accès. Un lien optique relie le NRA à
l'élément actif (cela peut être en FTTB ou FTTC), chaque élément actif relie lui les clients
en cuivre.

24
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Optique

Cuivre

Element ON
Actif T
OLT

NRA :
OLT
Figure 1-13: Architecture point à multipoint avec VDSL

Le Tableau 5 présente les différents industriels présentant des solutions FTTx/VDSL.

Industriel ECI Alcatel Cisco


DSLAM+ Modems DSLAM+ modems Switchs/Routeurs
Solution
(ATM/Ethernet) (ATM/Ethernet) (Eth/IP) + Modems
Clientèle Cible Résidentiels Résidentiels Résidentiels
Tableau 5 : Industriels proposant solutions FTTx/VDSL

s Avantages
Q Infrastructure partiellement partagée (économie sur la fibre)
Q Budget optique aisé (lié à la portée cuivre/optique)
Q Migration aisée entre cuivre et optique

s Inconvénients
Q Partie active dans le réseau (alimentation)

1.1.4 Perspectives technologiques pour les futurs réseaux d'accès


optique

Les objectifs de débit par utilisateur, de nombre d'utilisateurs, de distance de


fonctionnement, de coût de l'architecture vont influencer la technique de multiplexage
utilisée pour concevoir l'architecture des futurs réseaux d'accès optiques. De nouvelles
techniques de multiplexage seront peut être alors nécessaires. Les paragraphes
suivants présentent différentes solutions utilisables pour un accès très haut débit.

1.1.4.1 Multiplexage temporel TDM et PON 10 Gbit/s

Le multiplexage temporel est la technique utilisée dans les réseaux optiques


passifs actuels. Une évolution logique pour les PON est l'augmentation du débit global à
10 Gbit/s. Ceci est évoqué actuellement au FSAN (Full Service Access Network) qui est
l'organisme de pré-normalisation de l'ITU (International Telecommunication Union) ainsi

25
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

qu'à l'IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) pour la norme IEEE 802.3
EPON. Cette amélioration permettrait de réutiliser l'infrastructure existante et
d'augmenter de façon sensible le débit par utilisateur.Dans le sens descendant où le flux
de données émis est continu, il est techniquement possible d'obtenir un multiplexage
temporel électrique à 10 et 40 Gbit/s. Pour un débit supérieur il faut passer à un
multiplexage temporel optique avec des lignes à retard.
A partir de 10 Gbit/s, la modulation directe n'est plus possible à cause du chirp des
lasers. La solution sera très certainement les lasers à modulation externe (EML: electro-
absorption modulated laser), qui sont en fait constitués d'un laser et d'un modulateur à
électro-absorption.
Pour le sens montant la grande difficulté, outre le prix des lasers et photodiodes à
10 Gbit/s, est la conception du récepteur en mode rafale à 10 Gbit/s à l'OLT. En effet la
technique existante à 1.25 Gbit/s n'est plus utilisable et même si un tel récepteur existe
déjà (NEL), son coût est prohibitif.

En ce qui concerne le budget optique, un laser EML peut avoir une puissance de sortie
de 1dBm et la sensibilité des photodiodes à 10 Gbit/s est -17dBm pour une photodiode
PIN et -24dBm pour une APD (Avalanche photodiode). En ajoutant 3dB de gain d'un
code correcteur d'erreurs (FEC: Forward Error Correction), le budget optique s'élève
respectivement à 21dB et 28 dB. Ces 28dB permettraient d'avoir un taux de partage de
16 et une distance de fonctionnement de 20 km [2]

Tableau 6: budget optique à 10 Gbit/s [2]

Une évolution parallèle à celle de l'augmentation du débit global pourrait aussi être celle
du nombre d'utilisateurs. Des travaux sont menés sur des PON 10G avec 1024
utilisateurs [3]. Un taux de partage aussi important implique l'introduction d'amplificateurs
optiques entre l'OLT et l'ONU, ce qui est imaginable si la portée est augmentée autour
de 100km et qu'il y a fusion entre le réseau d'accès et le réseau métro. Des études sont
alors à prévoir pour obtenir des amplificateurs qui fonctionnent avec un trafic en rafales.

1.1.4.2 Le multiplexage en longueurs d'onde et PON WDM

Le multiplexage en longueurs d'onde, ou WDMA (Wavelength Division Multiple


Access) est basé sur le fait qu'un grand nombre de longueurs d'onde peuvent se
propager simultanément dans une fibre sans interférer entre elles (en respectant
certaines précautions). Il est donc possible de transporter dans une fibre optique des
informations sur des longueurs d'onde distinctes, ce qui permet d'obtenir encore une fois
un facteur multiplicatif important entre la capacité du multiplex résultant et la capacité
correspondant à un lien porté par une seule longueur d'onde. Un multiplexeur optique
permet du côté émission de combiner les différentes longueurs d'onde afin de les
injecter dans la fibre, l'opération inverse étant assurée du côté réception par un
démultiplexeur (Figure 1-14).

26
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Tx λ1 Rx

Tx λ2 Rx

mux

demux
Tx λ3 Rx

Tx λ4 Rx

Figure 1-14: schéma d'une liaison WDM

Une des caractéristiques d’un système WDM est la transparence vis à vis du format des
informations véhiculées. Les signaux portés par les différentes longueurs d'onde peuvent
en effet être de débits et de formats très variés. Par exemple, une fibre optique peut
transporter simultanément de la voix dans des trames SDH, de la vidéo dans des
cellules ATM, des données dans des trames IP, ainsi que des signaux portés par des
modulations analogiques (QPSK, MAQ …), etc. Cette technique permet de concevoir un
réseau évolutif dans la mesure où une l'augmentation du débit global peut être réalisée
en rajoutant des longueurs d'onde supplémentaires. Outre l'augmentation de capacité
résultant de la mise en œuvre des techniques WDM, celles-ci offrent également des
possibilités d'adressage très intéressantes dans le cadre de l'accès. En effet, il est
possible par exemple d'affecter une longueur d'onde distincte à chaque client ou groupe
de client raccordé à un réseau d'accès optique, l'aiguillage des informations destinées à
un client se faisant alors simplement par un élément passif permettant de sélectionner
la longueur d'onde correspondante. Il s'agit des PON WDM qui seront détaillées dans un
chapitre suivant.

1.1.4.3 Multiplexage de codes et PON OCDMA

Cette technique appelée AMRC (Accès Multiple à Répartition de Code ou Code


Division Multiplexing Access, CDMA) est très connue dans les systèmes de
radiocommunication cellulaires. Le principe de base dans le domaine électrique est de
multiplier le signal numérique à transmettre par une séquence de N éléments binaires de
durée très inférieure à celle du signal, ce qui a pour effet d'étaler le spectre. A la
réception, la multiplication par la séquence identique à celle d'émission restitue le signal
d'origine alors que la multiplication par une séquence différente élargira encore le
spectre. Pour extraire le signal original un simple filtre passe bas est nécessaire.

S'il est possible de transporter sur une fibre optique du CDMA "électrique", il existe aussi
un CDMA optique appelé OCDMA.

Deux principales solutions sont généralement retenues : l'OCDMA temporel et l'OCDMA


en longueurs d'onde [4].

• L'OCDMA temporel (Figure 1-15): la technique consiste à effectuer un codage dans


le domaine du temps, en générant des codes constitués de séquences particulières
d'impulsions optiques ultra-courtes. La durée correspondant à la période du signal
numérique de base est alors découpée en un grand nombre de "slots" temporels, et un
élément binaire est transmis sous la forme d'une séquence d'impulsions optiques,
chaque impulsion se logeant dans un de ces "slots", la longueur totale de la séquence
correspondant au temps-bit. Un dispositif adapté permet en réception d'identifier les

27
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

informations destinées à un utilisateur particulier par reconnaissance de la séquence


correspondante.

Figure 1-15: OCDMA temporel

L'OCDMA en longueur d'onde : dans ce cas, le jeu de codes est un ensemble de


signatures spectrales ou, exprimé différemment, une signature correspond à un "code-
barres" constitué de raies à différentes longueurs d'onde. Le code peut être généré à
l'émission par un ensemble de sources à spectre étroit, qui sont allumées ou non suivant
le code à émettre, ou par une source large derrière laquelle est placé un jeu de filtres
correspondant aux raies spectrales retenues (Figure 1-16).

Figure 1-16: OCDMA en longueur d'onde

Il existe également une technique mixte, l'OCDMA hybride, utilisant les deux dimensions;
temps et longueurs d'onde (Figure 1-17). En fait, cette configuration peut simplement
être une conséquence de la technologie et de l'organisation des modules de codage et
de décodage dans le cas de l'OCDMA en longueur d'onde (filtres en cascade ou non),
qui impose une dimension temporelle au mode de codage.

Figure 1-17: OCDMA Hybride

28
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

L'OCDMA peut être utilisé dans une configuration de PON avec un coupleur N vers N
qui diffuse toutes les informations à tout les utilisateurs. Comme pour tous les systèmes
diffusés, de type "broadcast and select", chaque utilisateur reçoit l'ensemble des
informations véhiculées par le réseau, et sélectionne celles qui lui sont destinées. Si les
outils mis en œuvre dans les techniques WDMA permettent un filtrage efficace des
données sélectionnées, et un rejet des autres informations, le principe même de
l'OCDMA rend cette sélection plus délicate. Pour un utilisateur donné, l'ensemble des
informations destinées aux autres utilisateurs constitue un bruit qui vient se superposer
au signal correspondant à ses propres données, bruit que l'on appelle Interférence
d'Accès Multiple (IAM). L'IAM, qui augmente avec le nombre d'utilisateurs du réseau, va
constituer la principale limitation des performances des systèmes OCDMA.

Quelque soit l'approche considérée pour l'OCDMA, il est nécessaire de construire un


code avec une différence (ou une "distance") entre les mots la plus grande possible, ceci
afin d'améliorer l'extraction du signal souhaité parmi le bruit, essentiellement constitué
par l'interférence d'accès multiple (IAM) due à la superposition des signaux liés aux
différents utilisateurs. Dans le domaine électrique, les signaux peuvent être positifs,
négatifs ou nuls, et l'orthogonalité stricte entre les mots de code peut être obtenue. Dans
le domaine optique, par contre (et hormis en optique cohérente, trop complexe
aujourd'hui à mettre en œuvre dans ce contexte), seul le niveau de puissance lumineuse
est détecté et il n'y a donc que des signaux positifs ou nuls. L'orthogonalité stricte ne
peut plus être atteinte, et il faut se contenter d'une quasi orthogonalité, moins favorable
pour de bonnes performances en décodage. Une des difficultés de la technique réside
donc dans l'élaboration de codes permettant d'obtenir les meilleures performances. Les
nouveautés technologiques sur l'OCDMA sont la création de réseaux de Bragg avec des
discontinuités de phase permettant d'utiliser la phase comme paramètre supplémentaire
de codage.

1.1.4.4 Le multiplexage de sous porteuses SCM

Le multiplexage de sous-porteuses ou Sub-carrier Multiplexing (SCM) est un


multiplexage optique qui permet le passage d'un multiplex RF électrique à un signal
optique modulé en puissance. Le laser est modulé directement par le multiplex
électrique auquel s'ajoute une intensité continue qui permet d'atteindre le point de
fonctionnement. Il est donc possible de transmettre plusieurs signaux optiques sur une
porteuse optique et l'intérêt réside dans la simplicité de récupération des signaux
puisque de simples filtres électriques sont suffisants après démodulation de la porteuse
optique.
L'inconvénient est que c'est un multiplexage fragile dans la mesure où le rapport signal
sur bruit par porteuse diminue avec le nombre de porteuses et il est de par sa nature
(multiplex fréquentiel) très sensible aux non linéarités. Le laser doit donc être
exclusivement modulé dans sa partie linéaire.
Le SCM est donc une technique de multiplexage intéressante pour transporter des
signaux RF sur fibre optique (application avec la technologie ADSL) mais ses capacités
en nombre de porteuses sont trop limitées pour penser à adresser un grand nombre
d'utilisateurs par allocation d'une fréquence électrique par client. Néanmoins cette
technique pourrait être une solution en association avec du WDM.

1.1.4.5 Multiplexage statistique et commutation optique

Une voie possible pour répartir les données entre utilisateurs à très haut débit est
celle de la commutation optique. Cela revient à faire de l'optical burst switching dans le

29
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

réseau d'accès avec un équipement qui en lisant seulement des entêtes pourrait
commuter les ports de sortie afin d'orienter les paquets optiques sans toucher à ceux-ci.
Un multiplexage statistique peut alors être utilisé pour multiplexer les données. Ce mode
de fonctionnement a le désavantage d'ajouter un équipement actif dans le réseau ce qui
n'est pas souhaitable, mais a néanmoins un intérêt dans le cas d'un réseau d'accès plus
étendu.

1.2 Architectures avec multiplexage de longueurs d'onde

1.2.1 Utilisation classique du WDM

1.2.1.1 Point à point dans le réseau de transport

L'utilisation originale du multiplexage en longueurs d'onde est d'augmenter le


débit sur une fibre optique en envoyant simultanément sur celle-ci plusieurs longueurs
d'onde. Cette technique permet de garder des interfaces optiques à 2.5 Gbit/s ou
10 Gbit/s mais d'obtenir des débits par fibre pouvant dépasser le Térabit/s lorsque des
centaines de longueurs d'ondes sont transmises en parallèle. Le DWDM est largement
répandu dans le réseau cœur sur des liens point à point à 2.5 Gbit/s, 10 Gbit/s et même
40 Gbit/s maintenant. L'espacement classique entre canaux est 100 GHz (0.8 nm), ce
qui permet sans problème de faire passer du 10 Gbit/s, mais si le débit est de 2.5 Gbit/s
et le nombre de longueurs d'onde nécessaire est important, l'espacement peut diminuer
jusqu'à 25 GHz, voir 12.5 GHz (même si aucun système n'est implémenté avec de tels
espacements).

Tx λ1 Rx

Tx λ2 Rx

Tx λ3 Rx

Tx λ4 Rx

Figure 1-18: liaison point à point WDM

1.2.1.2 Boucle du réseau de collecte

L'architecture des réseaux de collecte peut être du point à point mais est
généralement une boucle active avec des circuits de protection SDH. Le WDM se
répand de plus en plus dans le réseau de collecte mais le nombre de longueurs d'onde
nécessaire est moins important et le CWDM est jusqu'ici privilégié (voir paragraphe
suivant pour la distinction CWDM/DWDM). Ce sont des boucles actives, c'est-à-dire des
séries de point à point reliant des noeuds avec conversion optique-électrique-optique qui
forment une boucle. L'utilisation du WDM est donc exactement la même que pour le
réseau cœur c'est-à-dire augmenter le débit total de la fibre, avec les mêmes interfaces.
La différence qui apparaît est l'introduction progressive de multiplexeurs à insertion-
extraction optique (MIEO ou OADM an anglais – optical add-drop multiplexer) qui
permettent d'extraire et d'insérer uniquement certaines longueurs d'onde du peigne et de

30
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

laisser les autres traverser le nœud de routage sans être détectées. Ceci donne un
degré de transparence et de reconfigurabilité au réseau. Dans ce cas il s'agit d'une
véritable boucle et une longueur d'onde peut se propager dans la boucle sans
conversion O-E-O. Les données sont multiplexées intelligemment sur les longueurs
d'onde de façon à alléger les charges des routeurs.

Figure 1-19: boucle de collecte WDM avec MIEO à chaque nœud [5]

1.2.1.3 Coarse et Dense WDM

Une des solutions bas coût envisagée pour les réseaux d'accès optiques est
l'utilisation du CWDM (Coarse Wavelength Division Multiplexing), c'est-à-dire des
canaux WDM espacés de 20 nm, ce qui est un espacement spectral conséquent. Le
CWDM est principalement utilisé dans le réseau de collecte tandis que le DWDM est
plutôt réservé aux transmissions longues distances pour le moment. L'intérêt du CWDM
par rapport au DWDM est que l'espacement spectral important autorise une dérive en
longueur d'onde d'émission des lasers ainsi qu'une dérive en fréquence des
multiplexeurs. En effet si l'espacement spectral entre les canaux est très fin, le laser doit
être régulé en température (et asservi en longueur d'onde avec un wavelength locker),
pour pouvoir garder une longueur d'onde d'émission très précise et fixe, car une légère
dérive en longueur d'onde ferait changer le canal emprunté dans le multiplexeur. La
dérive en longueur d'onde d'un laser DFB est de 0.1nm/°C, ce qui fait qu'une variation de
8° provoque un saut de canal dans une grille DWDM à 100 GHz d'espacement (0.8 nm).
Il en est de même pour le multiplexeur qui dans le cas d'un multiplexeur en circuits
planaires (AWG: arrayed waveguide grating) est sensible à la température, à cause de la
variation des indices de réfraction effectifs des guides optiques qui le composent. La
dérive en longueur d'onde d'un AWG en silicium est de 0.01nm/°C.
Le CWDM permet donc d'utiliser des lasers non refroidis et beaucoup moins précis ainsi
que des AWG athermiques également non contrôlés en température. C'est un grand
avantage pour une application à l'accès car le coût du laser à l'OLT et à l'ONU est alors
plus faible et il est tout à fait possible de placer le multiplexeur dans un point de
répartition sans alimentation extérieure et avec une maintenance réduite. Ce sont des
composants bas coûts par rapport au DWDM, ce qui constitue la composante la plus
importante pour les réseaux d'accès. Par contre le nombre de canaux est limité du fait
de l'espacement.

Pour renforcer cette tendance à l'utilisation du CWDM, les fabricants de modules


optoélectroniques ont développé des modules "pluggable" qui peuvent être branchés
dans des racks Ethernet par exemple et qui sont interchangeables. Ces modules SFP
(Small Form-factor Pluggable") bas coûts facilitent la gestion des longueurs d'onde. Ils
peuvent intégrer une photodiode PIN ou APD et des lasers FP ou DFB suivant la
distance de transmission recherchée. Le laser peut émettre des longueurs d'onde
CWDM et même DWDM désormais. Les SFP peuvent être modulés directement à 2.5

31
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Gbit/s. il existe ensuite les XFP (10G small Form-factor Pluggable) qui intègrent un laser
EML (electro-absorption modulated laser) qui peut être modulé à 10Gbit/s.

Thermal laser drift due to


change of temperature (35°C)*

6 nm 3.5 nm

Production tolerance

13 nm passband

CWDM channel
(20 nm grid, ITU-G. 694.2)

Figure 1-20 : tolérance sur la dérive en température d'un laser CWDM [13]

Adoptée en juin 2002, la "Recommandation ITU-T G 694.2" définit la grille des 18


longueurs d'ondes CWDM normalisées à 20 nm (2500 GHz) d'espacement. Le plan de
longueurs d'onde CWDM occupe la totalité du spectre d'émission en couvrant les
bandes O, E, S, C, et L, contrairement au plan de longueurs d'onde DWDM confiné aux
bandes C et L avec un espacement de 25 GHz (0.2 nm), 50 GHz (0.4 nm),100 GHz (0,8
nm) ou 200 GHz (1,6 nm).
Les 18 longueurs d'onde CWDM étant réparties sur tout le spectre de 1270 à 1610 nm,
un support de transmission adapté est nécessaire sachant que la fenêtre à 1400 nm
(bande E) est inutilisable sur la fibre standard G.652.B à cause d'une forte atténuation
due à la présence des ions OH. Il peut donc être intéressant pour un opérateur de
déployer la fibre G.652.C, appelée plus couramment "fibre à faible pic OH". La fibre
G.652.C offre une bande passante supplémentaire de 200 nm permettant la
transmission des 18 longueurs d'ondes CWDM. De plus, cette fibre présente des
caractéristiques identiques à celles de la fibre G.652.B en termes de dispersion
chromatique. Elle est donc parfaitement compatible avec l'architecture fibre existante et
les équipements installés.

Figure 1-21 : Grille CWDM spécifiée dans la norme ITU-T G.694.2

32
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

L'inconvénient du CWDM est que ces canaux sont difficilement amplifiables


optiquement. En particulier les amplificateurs à fibre dopée Erbium (EDFA: Erbium
doped fiber amplifier) qui sont les amplificateurs optiques les plus répandus ne sont pas
utilisables dans ces bandes. Aucune technologie actuelle d'amplificateurs n'est capable
d'amplifier tout le spectre. Seule une série de 4 amplificateurs optiques à
semiconducteurs (SOA: semiconductor optical amplifier) de compositions différentes
permettent de couvrir la quasi-totalité du spectre mais avec un gain loin d'être uniforme.

Figure 1-22 : Profil spectral du gain typique d'un SOA centré sur différentes
longueurs d'onde et adressant ainsi le spectre CWDM entier avec 4 SOAs

Pour avoir un gain d'uniformité acceptable sur les 16 longueurs d'onde, il faudrait au
minimum 8 SOAs, ce qui réduit considérablement voire complètement l'intérêt du CWDM
amplifié par rapport au DWDM amplifié, qui ne nécessite qu'un seul ampli EDFA pour
toute la bande C, donc 32 ou 64 canaux. Les prix plus bas des lasers CWDM seraient
vite compensés par le prix des nombreux SOAs nécessaires pour l'amplification.

Néanmoins des publications [6] relatent la fabrication de SOA ayant un gain de 20 dB


sur une plage spectrale de 120 nm et une puissance de saturation de 19 dBm sur cette
plage. Trois exemplaires de tels SOA permettraient alors de couvrir tout le spectre de
1300 à 1600 nm.

Un aspect important à observer est également les problèmes que peuvent amener
l'utilisation de longueurs d'onde très éloignées spectralement, en termes d'atténuation et
de dispersion chromatique. En effet si à 1.55 µm on se trouve environ à 0.2 dB/km
d'atténuation, il n'en est pas de même aux extrémités de la bande pour lesquels on
atteint environ 0.5 dB/km. Cela veut dire que pour une distance de 20 km le bilan de
liaison peut varier de 6 dB entre deux longueurs d'onde, ce qui n'est pas négligeable. Le
réseau serait alors à dimensionner par rapport au cas le plus défavorable. De même
pour la dispersion chromatique, si à 1260 nm, elle est de -5 ps/nm/km, elle monte à
presque +25 ps/nm/km à 1620 nm.

33
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Figure 1-23 : Spectre d'atténuation et de dispersion chromatique d'une fibre


standard (SMF28) sur la bande 1260nm – 1620 nm.

Le problème de l'amplification du CWDM réduit son utilisation aux réseaux d'accès de


courtes portées car l'amplification en ligne du CWDM semble compliquée.

Dès lors que le nombre de longueurs d'onde nécessaires est important, le DWDM
devient incontournable. Selon le nombre de longueurs d'onde et la plage spectrale
disponible (bande C ou C+L), l'espacement entre canaux sera plus ou moins grand. Un
espacement de 100GHz est commun dans le DWDM. Un espacement plus grand est
intéressant (200-400 GHz) pour pouvoir relâcher la contrainte sur la stabilité du laser,
tandis qu'un espacement plus faible impose des performances encore plus grandes sur
les composants et apporte un coût supplémentaire.

Après avoir décrit l'utilisation classique du multiplexage en longueurs d'onde et les


particularités du CWDM et du DWDM, nous allons maintenant voir l'intérêt du WDM dans
les réseaux d'accès optiques.

1.2.2 Intérêt du WDM dans les différentes architectures de l'accès

L'introduction du multiplexage en longueur d'onde dans l'accès est d'abord la


réponse à une augmentation des débits et du taux de partage dans le réseau d'accès.
Le WDM est une solution qui permet le partage du réseau en utilisant la longueur d'onde
comme composante de multiplexage. L'intérêt du WDM n'est plus le simple multiplexage
des données sur les différentes longueurs d'onde mais un accès multiple en longueur
d'onde qui permet d'adresser des données à un utilisateur en sélectionnant la longueur
d'onde adéquate. La propriété utilisée ici étant le fait que les signaux transportés sur
différentes longueurs d'onde peuvent être totalement indépendants et de natures
différentes sans impact de l'une sur l'autre. Cette souplesse de multiplexage permet de
superposer des adressages différents en fonction du type de clients (FFTx), de services
(voix, données, vidéo ...), de technologies finales (xDSL, Wireless, Ethernet…). Le WDM
permet une transparence aux protocoles et au débit.

Néanmoins l'utilité du WDM est à analyser selon le type d'architecture : Point à Point,
boucle active, point à multipoint (PON).

34
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

1.2.2.1 Point à point

Dans le cas du point à point à l'accès, l'étude de la technologie WDM a un intérêt


minime dans la mesure où l'on est capable de transmettre un débit de 10 Gbit/s sur une
longueur d'onde et que ce débit est plus que suffisant pour un seul ONU, même avec un
groupe important d'utilisateurs connecté à celui-ci. Une utilisation pourrait être la
transmission de différents services sur différentes longueurs d'onde mais cela oblige à
augmenter le nombre d'émetteurs à l'OLT, le nombre de récepteurs à l'ONU et à ajouter
des multiplexeurs alors qu'il est possible de faire du multiplexage TDM de services sur
une seule longueur d'onde. L'étude du WDM sur les liaisons point à point n'a donc que
très peu d'intérêts dans un scénario d'accès.

Tx λ1 Rx

Tx λ2 Rx

Tx λ3 Rx

Tx λ4 Rx

OLT ONU
Figure 1-24: WDM sur une liaison OLT-ONU en point à point

1.2.2.2 Boucle active

Pour la boucle active, il s'agit en fait d'un point à point entre chaque ONU mais à
la différence que le débit global est partagé entre plusieurs ONUs. Ici le WDM pourrait
être utilisé mais il s'agit simplement de l'employer comme dans le réseau de transport en
répartissant les données sur plusieurs longueurs d'onde. Les équipements (routeurs
WDM, MIE, commutateur optique - OXC: optical cross connect) risque d'être coûteux.
Les recherches à effectuer sont plutôt du côté des composants d'émission-réception
("pluggable transceivers " bas coût par exemple) ou du coté d'un réseau tout optique de
portée étendue regroupant l'accès et la collecte avec donc une boucle sur laquelle se
grefferaient des liens en point à point ou point à multipoint.

1.2.2.3 Point à multi point ou réseau en étoile passive (PON)

Dans le cas du PON, l'intérêt du WDM est bien plus grand. En effet la limite en
débit imposée par le TDM peut être évitée en introduisant le WDM et en affectant par
exemple une longueur d'onde par ONU, ce qui revient à faire du point à point virtuel en
longueur d'onde. On cumule ainsi les avantages du point à point
Q débit de 100 Mbit/s à 2.5 Gbit/s
Q couche MAC simplifiée
Q pas de problème de synchronisation
Q transparence au format des signaux transportés
et de la mutualisation de la fibre. De plus Le WDM peut sous certaines conditions
permettre
Q une plus grande concentration des clients sur un même lien principal

35
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Q une augmentation de la portée


Q une augmentation du nombre de clients

Par ailleurs le diagnostique de chaque transmission (localisation de panne) est plus aisé
que lorsqu'il y a partage de la longueur d'onde puisqu'à chaque longueur d'onde est
associé un ONU.
L'utilisation du WDM peut donc être de superposer sur un PON
Q plusieurs types de signaux, comme des signaux numériques en bande de
base, des canaux vidéos RF ou des signaux radio (UMTS, WiFi…) et des les
adresser aux ONU visés: un ONT résidentiel, un ONU d'entreprise ou une
station de base.
Q Des signaux avec des qualités de services ou des débits différents pour
mixer sur le même PON des clients résidentiels ou entreprises.
Q Des connexions FTTB, FTTC ou FTTH, avec terminaisons xDSL, Ethernet
ou optiques.

Figure 1-25 : le WDM dans le réseau d'accès

36
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

WDMA
(Accès multiple en longueurs
d'onde)
λ1
ONU λ λ
temps
tim temps OLT

ONU
λ λ2 .Fibre de
transport
.
temps


Coupleur ou
multiplexeur

ONU λ
λn temps

Figure 1-26 : Fonctionnement schématique de l'accès multiple en longueurs


d'onde

Le PON WDM a généralement une architecture en arbre telle que présentée sur la
Figure 1-26 . Il existe des nuances et des variantes de PON WDM, tout d'abord au
niveau du composant de répartition qui peut être un coupleur ou un multiplexeur, ce qui
donne des particularités différentes à l'architecture.
Il existe principalement deux techniques de PON WDM, l'une utilisant un coupleur
comme composant de répartition et faisant ce qu'on appelle du "broadcast and select"
(diffusion puis sélection), l'autre utilisant un multiplexeur et faisant appel à du
démultiplexage spatial. Ces deux techniques sont détaillées ci après.

1.2.2.3.1 PON WDM avec diffusion puis sélection

1.2.2.3.1.1 Principe

L'intérêt principal de cette architecture appelée généralement "broadcast and


select" est qu'elle est une évolution aisée de l'architecture des PON actuels. Le
composant principal qu'est le coupleur 1xN est conservé. Il permet de diffuser toutes les
longueurs d'onde émises par le central à tous les clients ("broadcast"). Ensuite il s'agit à
chaque ONU de filtrer correctement pour ne recevoir que les données qui lui sont
destinées ("select"). L'inconvénient est qu'il faut autant de filtres différents que de clients
raccordés au coupleur. Une solution plus souple est d'avoir un filtre accordable chez
chaque client, et d'accorder la longueur d'onde de filtrage correctement à distance. Ceci
permet d'avoir des modules identiques à l'ONU, ce qui est favorable à la production de
masse et à une baisse des coûts.

37
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Avantages:
- le coupleur est un composant passif peu cher (par rapport à un multiplexeur)
et est déjà le composant principal des autres alternatives PON, ce qui peut
donc favoriser son utilisation dans les réseaux WDM
- compatible avec une migration à partir d'une architecture PON TDM
- l'intérêt de la diffusion est toujours présent
- architecture très flexible et favorable à la reconfigurabilité

Inconvénients:
- les pertes du coupleur sont proportionnelles au nombre de ports N: les pertes
en décibel valent 10log(N), ce qui donne le tableau suivant

Coupleur 1x2 1x4 1x8 1x16 1x32 1x64 1x128


Pertes 3 dB 6 dB 9 dB 12 dB 15 dB 18 dB 21 dB

A ces pertes, fonction du partage, il faut rajouter les pertes intrinsèques du coupleur, les
pertes dues à la fibre (20 km équivalent environ à 5 dB), les pertes des filtres optiques
(0,5 à 7 dB suivant la technologie employée, la forme du filtre, sa largeur à 3 dB, s'il est
accordable ou non), les pertes des multiplexeurs à l'OLT ainsi que les pertes des
soudures et connecteurs (1 à 2 dB). Ce budget de liaison fait qu'il est difficile de
dépasser 64 ONUs par PON comme dans les PONs TDM.

- La diffusion impose l'utilisation d'un cryptage des informations pour préserver


la confidentialité des données, tout comme dans les PON TDM
- Le filtre accordable peut amener une possibilité de reconfiguration mais pour
un coût assez élevé actuellement.

La Figure 1-28 illustre le fonctionnement du sens descendant d'un PON "broadcast and
select".

Auparavant la Figure 1-27 illustre le code de couleurs utilisés pour les multiplexeurs
dans les dessins suivants.

Mux/demux Mux/demux Mux/demux large


Bande O : 1.3µm Bande C : 1.55µm Bande O/C : 1.3µm/1.55µm
("Coupleur WDM")

Figure 1-27 : codes couleur des multiplexeurs utilisés dans les schémas

38
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Filtre 1
λ1 à λN ONU 1

λ1
x 32

λN

Filtre N
Coupleur 1xN ONU N
λ1 à λN

Figure 1-28 : schéma du sens descendant d'un PON "broadcast and select"

1.2.2.3.1.1.1 WDM descendant / TDM montant

Si l'on considère un débit asymétrique donc un débit plus faible de l'ONU vers le
central (montant), on peut avoir un accès multiple en temps (TDMA) dans le sens
montant et donc émettre sur la même longueur d'onde à partir de chaque ONU. Cette
solution permet de garder la technique déjà utilisée et éprouvée dans les PON actuels
TDM et d'avoir toujours des modules d'émission identiques (laser FP ou DFB à 1.3µm).
Pour le sens descendant, l'utilisation d'un peigne de longueur d'onde permet d'allouer
une ou plusieurs longueurs d'onde à un utilisateur. Une solution pour un démultiplexage
moins coûteux entre les canaux descendants et montants, est d'utiliser la bande C
(1530-1560 nm) pour les flux descendants et λ0 à 1310 nm pour le flux montant. La
séparation des signaux ne nécessite qu'un multiplexeur 1.3 µm / 1.5 µm. A noter qu'un
filtre en longueur d'onde est toujours nécessaire pour chaque utilisateur.
Filtre 1

λ1 à λN ONU 1
R E
λ0
λ0 λ0
x 32
λ1
λ0
Filtre N

λ1 à λN
λN ONU
Coupleur 1xN λ1 à λN 32
E

Figure 1-29: "broadcast and select" WDM descendant / TDM montant"

1.2.2.3.1.1.2 WDM dans les 2 sens

Il est possible d'allouer une longueur d'onde montante par client pour avoir une
capacité plus importante pour le flux montant et simplifier les problèmes de
synchronisation apportés par le TDMA. A chaque ONU est associé deux longueurs

39
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

d'onde. Deux bandes de longueurs d'onde sont alors utilisées pour séparer les flux
montants et descendants: bande O et C par exemple comme dans la Figure 1-30.

Filtre 1
λ1 à λN ONU 1
λX E
λX
λx à λy
λY x 32
λ1
λY

Filtre N
λ1 à λN
ONU
λN Coupleur 1xN λ1 à λN 32
E

λ
λ1 à λN λX à λY

Figure 1-30 : "broadcast and select", 2 longueurs d'onde par client

Plusieurs solutions pour l'émission sont possibles:


o Un émetteur fixe avec une longueur d'onde différente par ONU.
L'inconvénient est que c'est une solution figée et il faut à chaque fois des
lasers différents
o Une solution plus souple est obtenue avec un laser accordable
permettant d'avoir des modules identiques mais plus coûteux
o Une solution équivalente et potentiellement moins chère est de réutiliser
une longueur d'onde descendante (celle qui transporte le flux descendant
ou bien une seconde longueur d'onde qui fait office de porteuse non
modulée), ce qui rend le module à l'ONU indépendant à la longueur
d'onde. [L'intérêt de réutiliser la même infrastructure pour les flux
montants et descendants se comprend par l'économie réalisée en terme
de composants et de fibre mais un fort inconvénient est présent: le
passage par le coupleur, qui fait office de multiplexeur, entraîne des
pertes de puissance importantes pour chaque canal (10 * log N pour un
coupleur 1 x N, ce qui donne 15 dB pour un partage entre 32 utilisateurs).
Le budget de liaison est donc très affecté par le passage dans le coupleur,
ce qui empêche le développement de cette architecture pour des
distances plus importantes et pour un plus grand nombre de clients, sans
l'utilisation d'amplificateurs optiques. Si l'on voulait par exemple utiliser
une porteuse émise du central pour le flux remontant, il faudrait compter
avec une perte de 30 dB, rien que pour le double passage dans le
coupleur.]

40
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

1.2.2.3.1.2 Composants requis

Q Coupleurs optiques

Le composant de base est le coupleur optique déjà utilisé dans les PON
classiques. L'avantage du PON WDM est qu'il n'utilise pas forcément la longueur d'onde
de 1.3µm et les caractéristiques du coupleur telles que les pertes et leur uniformité sur la
bande d'utilisation peuvent être restreintes aux bandes C et L. les caractéristiques
voulues sont donc plus faciles à obtenir.
L'inconvénient du coupleur reste les pertes qui affectent de façon très importante le
budget de liaison. Les pertes s'élèvent à 10 * log N pour un coupleur 1 x N, ce qui donne
15 dB pour un partage entre 32 utilisateurs. Le passage à des taux de partage plus
importants est donc très limité. Cette solution s'adresse donc à des configurations avec
un faible taux de partage et éventuellement un haut niveau de reconfigurabilité. Le
réseau domestique à très haut débit ou le réseau local d'entreprise peut donc être une
application intéressante.

Q Lasers et filtres accordables

La reconfigurabilité s'accompagne de composants accordables aux extrémités:


lasers et filtres accordables. Le fait de pouvoir émettre à des longueurs d'onde différente
peut être utilisé pour choisir le destinataire ou le service transmis. Une application
possible est un réseau local avec un coupleur N vers N où des circuits privés virtuels
peuvent être créés en réglant les longueurs d'onde d'émission réception de chaque ONU.
Plusieurs PON TDM peuvent d'ailleurs être implémentées avec cette technique sur la
même infrastructure (Figure 1-31).

Coupleur NxN
ONU 1 ONU 5

ONU 2
ONU 6

ONU 3
ONU 7

ONU 4
ONU 8

Figure 1-31: schéma d'architecture broadcast and select avec réseaux privés
virtuels constitués en longueurs d'onde. Les ONU 1,7 et 8 sont sur le même
réseau, connectés avec la longueur d'onde rouge, les ONU 2 et 6 communiquent
par la longueur d'onde bleue et les ONU 3, 4 et 5 par la verte. Les filtres et lasers
sont accordés à cet instant pour créer ces réseaux privés sur une infrastructure
partagée.

La même technique peut être utilisée pour faire véhiculer différents signaux sur un
réseau local. Par exemple la longueur d'onde 1 transporte alors un flux vidéo TV vers
l'ONU1 qui est une "set top box", la longueur d'onde 2 est utilisée pour la VOD, la

41
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

longueur d'onde 3 pour le signal issu des webcams de télésurveillance, la longueur


d'onde 4 pour l'Internet partagé entre plusieurs ordinateurs et la longueur d'onde 5 pour
la VoIP avec une très grande QoS. Chaque ONU peut alors être reconfiguré pour non
plus recevoir un flux vidéo mais de l'Internet, voire recevoir les deux simultanément en
commutant de longueur d'onde très rapidement.
Les études importantes sur ces applications se situent au niveau des protocoles pour
gérer les changements de longueurs d'onde.

Au niveau de la vitesse de reconfigurabilité nécessaire, il faut distinguer deux cas


o le cas où un dispositif accordable est utilisé pour fixer la longueur d'onde
pour un temps plutôt long. La vitesse d'accordabilité peut alors être faible,
c'est-à-dire supérieur à la milliseconde.
o Le cas où l'accord en longueur d'ionde doit être réalisé à chaque trame.
La vitesse de commutation doit alors être très rapide, de l'ordre de la
micro seconde.

En ce qui concernent les composants eux-mêmes, ce qui accordable est encore coûteux
et les lasers et filtres accordables sont donc difficilement utilisables dans le cadre des
réseaux d'accès. Néanmoins plusieurs technologies sont étudiées et le plus souvent au
stade de la recherche. Certaines technologies (barrette de DFB et SG-DBR)
apparaissent timidement en phase d'industrialisation pour une utilisation dans les
réseaux cœur et métro. Un état de l'art des principaux types de lasers accordables est
présenté ici.

o Barrette de DFB avec accord thermique

La longueur d'onde émise par un laser DFB augmente avec la température de la


puce d'environ 0.1 nm par degré Celsius. Par conséquent, une plage spectrale de 4 nm
peut être balayée en faisant varier la température de 40°C. Les solutions commerciales
utilisent majoritairement des barrettes de 8 à 12 diodes avec un espacement des
réseaux de Bragg propres à chacune espacés d'environ 2.5 à 3 nm et intégrées avec
des guides optiques et un MMI (multimode interferometer) ce qui permet par exemple
d’obtenir 135 canaux espacés de 100GHz couvrant la grille ITU [7]. Il suffit ensuite de
sélectionner électriquement le bon DFB (et d'éteindre les autres) et la bonne
température pour obtenir la longueur d'onde désirée en sortie.

Figure 1-32: schéma d'un laser accordable à base de DFB

42
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Bien qu'elle nécessite plusieurs diodes lasers, cette technologie de laser accordable est
actuellement la moins coûteuse du fait de la maturité et de la production de masse des
DFB.

Les barrettes peuvent aussi utiliser des miroirs MEMS pour remplacer le MMI pénalisant
les performances optiques et permettant de sélectionner la longueur d'onde avec des
temps de réponse de l'ordre de la seconde. [8]

o Lasers à cavité externe

Le principe est ici de modifier mécaniquement la longueur de la cavité externe


pour faire varier la longueur d'onde. On distingue deux catégories de dispositifs.
Les lasers à cavité externe dont le milieu amplificateur est constitué d'une diode
semi-conductrice à émission latérale de forte puissance. Le faisceau émergent est
concentré puis diffracté sur un réseau externe, la longueur d'onde étant fixée par l'angle
d'incidence et la longueur de la cavité que l'on fait varier en même temps que l'angle
d'incidence [9]. Les résultats sont performants avec des temps de commutation de 15
ms et une bande accordable de 40 nm. La puissance par raie est de 10 mW.
La difficulté majeure que rencontrent ces dispositifs pour une production de
masse est leur relative complexité de réalisation
Le second dispositif est un VCSEL surmonté d'un MEMS qui fait office de miroir
supérieur, réglant la longueur de la cavité résonante [10]. Les problèmes de faible
puissance optique de sortie sont en passe d'être résolus mais subsistent les lenteurs de
commutations et l'aspect reproductibilité et fiabilité de ces dispositifs.

o Laser DBR accordable de type SG-DBR et SSG-DBR

La structure la plus simple du laser DBR (Distributed Bragg Reflector) ne comporte que
trois zones distinctes: la zone active, la zone de phase et la zone de Bragg [11]. Le
contrôle de ces trois zones électriquement permet déjà d'obtenir une accordabilité de 16
nm, avec un contrôle grossier de la longueur d'onde grâce au courant injecté dans le
réseau de Bragg et un contrôle fin grâce au courant injecté dans la zone de phase.
Les lasers SG-DBR pour Sampled Grating Distributed Bragg Reflectors présentent une
section de gain et de phase située entre deux sections de réseaux échantillonnés dont
les coefficients de réflexion présentent des maxima répartis périodiquement dans le
spectre [12]. La Figure 1-33 montre le schéma d'un laser SG-DBR [13].

Figure 1-33: schéma d'un laser accordable SG-DBR

Il en est de même avec les réseaux dits à superstructure (SSG-DBR pour


SuperStructure Gratings-DBR) pour lesquels les deux réseaux placés de part et d'autre
des zones de gain et de phase ont des périodes spectrales très légèrement différentes

43
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

tout en présentant des pics communs si l'on modifie les indices par injection dans un
seul ou dans les deux réseaux simultanément [14].
Ces lasers complexes permettent d'obtenir de très bonnes performances en termes de
plage spectrale d'accordabilité puisqu'elle atteint 72 nm soit 180 canaux ITU espacés de
50 GHz et en termes de temps de commutation intrinsèque (inférieure à la µs et
performances labo autour de 10ns) mais les interfaces électroniques de contrôles sont
actuellement à l'origine de la limitation en vitesse de commutation. Le contrôle fin de
nombreux courant électriques s'ajoutent à la complexité de réalisation du composant, ce
qui le rend cher à produire et difficilement abordable pour le réseau d'accès.

Le développement des lasers accordables est rapide mais la complexité et donc le prix
restent importants. Pour le moment ce prix est prohibitif et il est impensable d'imaginer à
court terme des lasers accordables chez le client. Mais les futures innovations iront dans
ce sens.

Au niveau des filtres accordables il y a eu peu de progrès depuis les 10 dernières


années et le tableau suivant issu d'une publication de 1998 [15] est encore valable
aujourd'hui. Les différentes technologies sont:

Q Fabry-Pérot à cristaux liquides (LC-FP)


Q Fabry-Pérot semiconducteur avec micro déplacement des miroirs par
changement de température ou par force électrostatique (micromachine FP)
Q Interféromètre de Mach Zender (MZI)
Q Réseau de Bragg (FBG)
Q Filtre acousto-optique (AOTF)
Q Filtre électro-optique (EOTF): modification de l'indice de réfraction d'une
cavité par un champ électrique
Q Multiplexeurs (AWG)
Q Filtres actifs (active filter): le fonctionnement d'un FP, d'un DFB ou d'un DBR
en dessous de son seuil produit un filtre avec du gain
Q Micro-résonateur en anneau (ring resonator)

Les paramètres importants sont:


Q Les pertes d'insertion
Q L'isolation entre canaux afin d'avoir peu de diaphonie des canaux adjacents
(au moins 25 dB sont requis)
Q La plage d'accord afin de pouvoir commuter sur un bon nombre de longueurs
d'onde (30 nm sont appréciables)
Q La vitesse d'accord: la µs est nécessaire pour la commutation de paquet

44
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Bande
Espacement
Pertes passante Plage Vitesse
Type des canaux/ mécanisme
d'insertion optique d'accord d'accord
isolation
(3dB)
Piézo-
FFP 2 dB 2 nm/30 dB <0.5 nm ~10 nm ms
électrique
Orientation
LC-FP 3 dB 2 nm/30 dB <0.5 nm ~50 nm µs
des cristaux
Micromachine Micro-
FP 1 dB 2 nm/30 dB <0.5 nm ~60 nm 100 µs
mécanique
LiNbO3:19dB Electro-
MZI 0.4nm/22 dB <0.2 nm ~40 nm 50 ns
Silica: 1dB optique
Température/
FBG 0.1 dB 1.6nm/22 dB <0.2 nm <10 nm 2 ms
étirements
Acousto-
AOTF 4 dB 4 nm/30 dB ~1.5 nm >60 nm µs
optique
Electro-
EOTF 4 dB 4 nm/25 dB ~1.5 nm ~50 nm ns
optique
Thermo-
AWG 8 dB 0.8nm/30 dB <0.2 nm ~40 nm 10 ms
optique
Gain <0.1 nm/30 Injection de
filtre actif <0.1 nm <5 nm ns
possible dB courant
Ring
3 dB 2 nm/30 dB ~0.2 nm 25 nm ms Température
resonator
Tableau 7: résumé des technologies de filtre accordable et de leurs
caractéristiques
Ce tableau montre qu'il est très difficile d'avoir à la fois de faibles pertes, une grande
plage d'accord et une vitesse d'accord rapide. L'accordabilité mécanique ou thermique
est très limitée en vitesse d'accordabilité tandis que q'une grande partie des techniques
imposent des pertes d'insertion plutôt importantes (4dB).
Les recherches s'orientent vers des solutions intégrables comme les micro-résonateurs
dont les performances en temps de commutation pourraient atteindre la dizaine de
nanosecondes. Actuellement les technologies utilisées commercialement sont les filtres
interférentiels diélectriques et les filtres Fabry-Pérot, qui sont classiquement utilisées en
tant que filtres fixes, et les prix sont encore au dessus de 2000€.

1.2.2.3.2 PON WDM avec démultiplexage spatial des longueurs d'onde

1.2.2.3.2.1 Principe

Le composant qui effectue la répartition des flux descendants n'est pas un coupleur mais
un démultiplexeur qui va orienter chaque longueur d'onde vers l'ONU correspondant.

45
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

λ1
Rx1
Tx1
Tx'1
Rx'1
λN
TxN RxN
Rx'N Tx'N
feeder
OLT ONU
SR
Figure 1-34 : schéma global de l'architecture à aiguillage en longueur d'onde

Le principe de cette technique consiste d'abord à multiplexer les longueurs d'onde


descendantes à l'OLT et à les faire se propager sur la fibre principale ("feeder") jusqu'au
sous répartiteur. Dans celui-ci un démultiplexeur sépare les longueurs d'onde et envoie
chacune d'elle vers l'ONU qui lui correspond, qui reçoit donc uniquement ses données. Il
s'agit d'une architecture en arbre.
Pour le sens montant, chaque client a un laser de longueur d'onde différente qui
correspond au port du multiplexeur (au SR) sur lequel il est connecté. Tous les signaux
montants sont multiplexés puis envoyés sur la fibre principale et démultiplexés à l'OLT.

Avantages :

- le récepteur est le même chez chaque client (un seul filtre large bande,
1.3µ/1.5µm par exemple, est nécessaire pour séparer les longueurs d'onde
montante et descendante)
- la confidentialité des informations est élevée dans la mesure où le client ne
reçoit que les informations qui le concernent. Il faut quand même apporter une
nuance car il existe une diaphonie entre canaux WDM, donc un client reçoit une
faible puissance de la longueur d'onde voisine mais celle-ci est généralement 25
à 30 dB inférieure à la puissance du canal principal. La récupération illicite de ces
données est donc très difficile.
- pertes optiques du multiplexeur fixes, liées à la technologie et
indépendantes du nombre de ports. Si l'on veut augmenter le nombre de ports
à 64 ou 128, s'il s'agit d'un coupleur, les pertes optiques de celui-ci vont devenir
trop importantes pour l'architecture tandis qu'avec un multiplexeur il n'y a pas
plus de pertes qu'avec un composant à 16 ports. Pour un AWG les pertes sont
de l'ordre de 3.5 à 5 dB et le nombre de ports peut monter jusque 80 et au-delà
s'il existe un besoin.

Inconvénient:

- Prix du démultiplexeur. Le prix se compte par canal et diminue régulièrement


au fur et à mesure que les volumes de production augmentent. Cette baisse est
particulièrement visible au niveau de la technologie en circuits planaires, où le
prix par canal était de 100$ en 2004, 80$ en 2005 et est descendu à 20$ en 2006
[16]. Cette baisse très importante permet de se rapprocher du prix des coupleurs
optiques qui sont environ de 10$ par port.

46
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

- Solution figée. Lorsqu'un client est connecté à un port du multiplexeur, une


longueur d'onde lui est attribuée physiquement et il est impossible d'en changer à
moins de le brancher sur un autre port.

1.2.2.3.2.2 Composants requis

Q Lasers

Si pour les PON TDM classiques, le laser Fabry-Pérot est de mise car très bas coût, il
est inutilisable pour un PON WDM car trop large spectralement. Si on considère un PON
WDM avec 32 longueurs d'onde, on peut choisir un espacement entre canaux de 100
GHz ou 200 GHz et dans ce cas il faut absolument des lasers DWDM, c'est-à-dire DFB.
Les VCSELs ne sont pas encore matures à 1.55µm et n'existent pas encore pour le
DWDM.

Q Multiplexeurs

Il existe deux méthodes principales pour séparer plusieurs longueurs d’onde véhiculées
dans une même fibre, le filtrage séquentiel ou la diffraction. Aujourd’hui, quatre
technologies basées sur un de ces deux principes semblent prédominer:
- optique diffractive en espace libre (bulk optic)
- filtres interférentiels en couches minces (TFF)
- filtre de Bragg sur fibre (FBG)
- Phasar planaire en silice sur silicium (AWG: Arrayd Waveguide grating)

Des composants à 100 GHz ont déjà été réalisés avec ces quatre méthodes. Pour
les comparer, on utilise les critères suivants :
- pertes d’insertion
- isolation optique ou cross-talk
- séparation spectrale
- sensibilité à la polarisation
- limites technologiques
- coût du marché /canal

En fait pour un nombre important de longueurs d'onde (>16) le filtrage séquentiel n'est
pas utilisable et seuls les AWG et les réseaux diffractifs massifs sont à même de réaliser
cette fonction. Leurs caractéristiques sont assez semblables: pertes d'insertion
inférieures à 5 dB, isolation supérieur à 25 dB, espacement de 50 GHz voire 25 GHz,
faible dépendance à la polarisation (0,5 dB). Mais les AWG ont l'avantage d'être des
composants planaires silice sur silicium (parfois avec polymère) et de profiter de
l'expérience de la microélectronique pour la réalisation. De nombreuses études sont en
cours pour utiliser des guides d'indice de réfraction plus important afin de réduire les
rayons de courbures et ainsi réduire l'encombrement des AWG. Cela permet de
fabriquer plus de composants sur un wafer et donc de réduire les coûts.
Le coût par canal d'un AWG diminue très rapidement car sa fabrication permet une
production de masse.

Les multiplexeurs en "bulk" sont athermiques mais les AWG le deviennent également en
modifiant localement la nature des guides optiques. L'idée est en fait d'insérer dans les
différents guides de l'AWG un matériau tel le gel de silicium, qui a un indice de réfraction
qui varie avec la température de façon inverse par rapport au silicium. Correctement
implanté, cela a pour effet de compenser la dérive en longueur d'onde induite par la

47
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

température et donc de rendre le composant insensible aux changements de


température.

Réseau de guides

Coupleur d’entrée

Coupleur de sortie
Guides d’entrée
Guides de sortie

Figure 1-35 : Schéma d'un AWG

Les AWG polymères utilisent également les techniques issues du silicium et sont
potentiellement les moins coûteux. Les pertes sont environ deux fois plus élevées que
celles des AWG silice sur silicium (7 dB contre 3 à 3.5 dB). Par contre, ils présentent des
possibilités d'intégration très intéressantes avec des dispositifs polymères non linéaires
(commutateurs électro-optiques, par exemple).

Par comparaison avec les réseaux de diffraction bulk, l'AWG a l'avantage d'avoir des
propriétés cycliques et périodiques. Un paramètre important est l'intervalle spectral libre
(ISL) ou free spectral range (FSR). L'ISL correspond à un intervalle en longueur d'onde à
partir duquel le routage s'effectue de façon identique. Cela veut dire que deux longueurs
d'onde espacées de l'ISL et injectées dans la même fibre d'entrée vont être orientées
dans la même fibre de sortie (Figure 1-36).

1 λ1 , λ5 , λ9

2 λ 2 , λ6
λ1 , λ 2 , λ3 , λ 4 , λ5 , λ6 , λ7 , λ8 , λ9
3 λ3 , λ 7

4 λ 4 , λ8

λ1 λ2 λ3 λ4 λ5 λ6 λ7 λ8 λ9 Longueur
d'onde

FSR FSR FSR

Figure 1-36: schéma d'utilisation de l'Intervalle Spectral Libre

48
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Cette propriété permet de router de la même manière (dans la même fibre) plusieurs
longueurs d'onde avec un espacement spectral important, et de pouvoir ensuite les
démultiplexer facilement avec des démultiplexeurs bas de gamme, donc bas coût.
Il est ainsi possible d'envoyer 2 longueurs d'onde espacées du FSR vers l'ONU et
surtout avoir une longueur d'onde montante et une longueur d'onde descendante qui
vont être routés ensemble sans composant supplémentaire, ce qui est un réel gain dans
les architecture de PON WDM basées sur un démultiplexage spatial des longueurs
d'onde..

La propriété des AWG est également d'être à N entrées et N sorties. Il s'agit alors de
WGR (waveguide grating router). L'intérêt principal d'un WGR est qu'il fait office de
routeur passif en longueur d'onde grâce à des propriétés de routage cyclique et il est
possible de réutiliser la même longueur d'onde plusieurs fois sans comportement
destructif. La table de routage est symétrique [17].

E0 1 1 S0
λ1 S0 S1 S2 S3 S4

E1 2 2 S1 E0 λ0 λ1 λ2 λ3 λ4
E1 λ1 λ2 λ3 λ4 λ0
E2 3 λ0 3 S2 E2 λ2 λ3 λ4 λ0 λ1
E3 4 4 S3 E3 λ3 λ4 λ0 λ1 λ2
E4 λ4 λ0 λ1 λ2 λ3
E4 5 5 S4

Figure 1-37: table de routage d'un WGR

Avantage: une seule longueur d'onde est nécessaire pour relier 2 ports E et S quelle que
soit le sens de propagation.

Changement de topologie

Le grand intérêt d'un AWG N-N est que, même si sa topologie physique est en étoile
(chaque client est rattaché au routeur), la topologie logique est reconfigurable à volonté
grâce à des lasers accordables: il est donc possible de passer d'un réseau maillé à un
réseau en anneau ou bien à une série de réseaux interconnectés ou indépendants.
Toutes les configurations sont possibles grâce au routage en longueur d'onde:

49
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Figure 1-38: topologie physique - topologie logique d'un WGR [18]

Un réseau flexible

La rupture d'un nœud du réseau n'est pas catastrophique car elle n'entraîne pas la
rupture complète du réseau: il suffit simplement d'employer une autre longueur d'onde
pour éviter le nœud défaillant.
Un WGR permet donc de créer un réseau reconfigurable à volonté pour peu que l'on
dispose de sources accordables chez le client. De telles sources sont en cours de
développement important, ce qui laisse présager leur disponibilité à bas coût dans une
dizaine d'années.

AWG 2xN

La société NEL propose des AWG 2xN "colorless". Le terme "colorless" signifie que le
l'intervalle spectral libre (ISL ou FSR) peut être utilisé sur une large plage spectrale sans
pertes supplémentaires, et plusieurs longueurs d'onde espacées du FSR peuvent donc
être routées par le même canal d'un AWG. Le fonctionnement d'un AWG est décrit sur le
schéma suivant.

50
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Figure 1-39: fonctionnement d'un AWG 2xN "colorless" [19]

Pour un AWG 2x16, le démultiplexage des longueurs d'onde λ1 à λ8 s'effectue par


l'entrée 1 tandis que le démultiplexage des longueurs d'onde λ9 à λ16 s'effectue par
l'entrée 2. Il s'agit donc d'un routage par bandes spectrales sur 2 fibres. Une utilisation
possible est la transmission de signaux descendants sur une fibre connectée à la 1ère
entrée et la transmission des données remontantes par la seconde entrée sur une
seconde fibre. Il y aurait ainsi séparation des flux montants et descendants avant le
routeur. Le client aurait 2 longueurs d'onde différentes pour les signaux montants et
descendants, λ1 et λ9 pour le client 1 par exemple, en ayant une seule fibre qui arrive à
le client. L'utilisation d'une fibre différente pour chacun des sens permet de limiter
certaines pénalités induites par les transmissions bidirectionnelles (rétrodiffusion
Rayleigh par exemple).

Exemple d'un réseau local WDM

Une solution pour créer un véritable réseau local passif en longueur d'onde à base d'un
AWG N x N est proposé dans [20].
La structure consiste simplement à n'utiliser que les ports de sortie et à effectuer des
rebouclages astucieux sur les ports d'entrée de telle façon que chaque usager puisse
correspondre avec tous les autres.

Figure 1-40: architecture du réseau local pour 8 clients à base d'un WGR 8 x 8 [20]

51
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Cette architecture permet de plus d'avoir une fibre d'entrée en A1 avec 8 canaux WDM
λ1 à λ8 qui sont orientés vers les clients correspondants B1 à B8. Ces longueurs d'onde
sont également utilisées pour les transmissions locales alors qu'un autre peigne de
longueurs d'onde espacées du FSR par rapport au premier, est utilisé pour le flux
montant vers le central. On peut donc imaginer chez le client avoir un laser accordable
pour les transmissions locales avec des temps de commutations rapides et un laser fixe
pour le flux montant.

Broadcast

L'AWG et le routage en longueur d'onde permettent de travailler très simplement en


unicast puisqu'une longueur d'onde est attribuée par client et cette longueur d'onde peut
transporter indifféremment de l'Ethernet, de l'ATM ou de la SDH et ceci à des débits
entre 10 Mbps et 2.5 Gbps voire 10 Gbps.
En ce qui concerne le broadcast, soit les informations destinées à être envoyées à tous
les clients sont recopiées sur chaque longueur d'onde pour être délivrées à chaque client
(se pose le problème de la juxtaposition sur une même longueur d'onde de l'unicast et
du multicast), soit l'émetteur est une source large et la technique utilisée dite de
"spectrum slicing" (cf. chapitre suivant pour une description détaillée du spectrum slicing)
pour diffuser le flux.

1.3 Conclusion

Le déploiement des réseaux d'accès optiques est déjà bien avancé au Japon puisque le
nombre d'abonnés FTTx a dépassé les 4 millions début 2006. Les courbes de la figure
montrent que le nombre d'abonnés ADSL commencent à décroitre au profit des abonnés
FTTx.

Figure 1-41: Evolution des abonnés FTTx au Japon (FTTHcouncil Europe)

Le retard de l'Europe à ce niveau est de l'ordre de 3 ans puisque le nombre d'abonnés


FTTx en Europe est encore inférieur à 600 000. La Suède et l'Italie sont les pays
européens les plus en avance. (figure)

52
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Figure 1-42: Abonnés FTTx en Europe en Juin 2005 (IDATE)

Tandis qu'au japon la majorité des déploiements sont basés sur des architectures PON,
en Europe il s'agit principalement de point à point Ethernet. Néanmoins la plupart des
initiatives récentes telles que les expérimentations FTTH de la région des Asturies en
Espagne et de France Télécom en région parisienne sont basées sur le GPON.
Il parait inéluctable que la tendance en Europe suive la progression du FTTx au Japon et
que le FTTx prenne son envol dans les années à venir. La Corée a fait le pari de se
lancer dans le PON WDM, au vu des estimations de débits requis. Dans la mesure où
l'Europe n'a pas encore réellement lancé de programme de déploiements de PON, il
peut être également envisagé de déployer tout de suite des PON WDM qui seront à
même de supporter les débits requis dans 10 à 15 ans.

53
Chapitre 1: Contexte et Etat de l'Art

Références chapitre 1 "Contexte et état de l'art"

[1] www.mxi.nm/fiberspeed

[2] http://ieee802.org/3/cfi/0306_1/cfi_0306_1.pdf

[3] "10 Gbit/s bidirectional transmission in 1024-way split, 110 km reach, PON system using commercial
transceiver modules, super FEC and EDC", Nesset, D.; Davey, R.P.; Shea, D.; Kirkpatrick, P.; Shang, S.Q.;
Lobel, M.; Christensen, B.; Optical Communication, 2005. ECOC 2005. 31st European Conference
onVolume 2, 25-29 Sept. 2005, Page(s):135 - 138 vol.2

[4] Note Technique France Télécom Division R&D, NT/FTR&D/7995, " OPTICAL CDMA : Etat de l'art,
perspectives", GUIGNARD Ph.; MOTTIER J. , 2003

[5] http://www.spie.org/web/oer/november/nov00/images/wdm8.gif

[6] "An ultrawide-band (120 nm) semiconductor optical amplifier having an extremely-high penalty-free
output power of 23 dBm realized with quantum-dot active layers", Tomoyuki Akiyama et al. OFC04,
postdeadline 12

[7] Hatakemaya et al., IEEE PTL, vol 15, N°7, pp. 903-905, 2003

[8] B. Pezeshki et al., IEEE PTL, vol 14, N° 10, pp 1457-1459, 2002

[9] D. Anthon et al, OFC, 2002 Tu 07, pp 97-98

[10 ] K.J Knopp et al, LEOS 2001, TuA 1.3

[11] F. Delorme et al., IEEE journal of selected top in Quant. Electron., vol. 3, pp. 607-614, 1997

[12] V. Jayaraman et al, IEEE, JQE, vol29, pp1824,1834, 1993

[13] "Widely tunable electroabsorption-modulated sampled-grating DBR laser transmitter", Akulova, Y.A. ,
Selected Topics in Quantum Electronics, IEEE Journal of Volume 8, Issue 6, Nov.-Dec. 2002
Page(s):1349 – 1357

[14] "Characteristics of super structure grating (SSG) DBR lasers under broad range wavelength tuning",
Kano, F.; Ishii, H.; Tohmori, Y.; Yoshikuni, Y., Photonics Technology Letters, IEEE, Volume: 5 Issue: 6
Jun 1993, Page(s): 611-613

[15] "Tunable optical filters for dense WDM Networks", D. Sadot et al., IEEE communications magazine,
pp.50-55, Dec. 1998

[16] Source: sociétés IGNIS et AFOP

[ 17 ] "Impact of crosstalk in an arrayed-waveguide multiplexer on NxN optical interconnection", H.


Takahashi, JLT, vol.14, n°6, june 1996

[18] "Demonstration of logical-topology Reconfiguration in Full mesh WDM Networks (AWG-STAR)


based on wavelength routing technology", H. Tanobe, A. Okada, K. Noguchi and M. Matsuoka, NTT
Corporation , Présentation Powerpoint

[19] datasheet produit NEL AWG 2xN

[20] "A WDM PON suitable for local private networking and dedicated local access", C.J. Chae and R.S.
Tucker, ECOC 2003, paper Th2.4.1.

54
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Chapitre 2

Mise en œuvre du WDM


dans le réseau d'accès
optique de future
génération

55
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

56
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

2 - Mise en œuvre du WDM


dans le réseau d'accès
optique
Ce chapitre traite des conditions de mise en œuvre du WDM afin d'avoir un réseau
d'accès WDM bas coût.

Le multiplexage en longueurs d'onde est une solution pour avoir des débits de l'ordre
du Gigabit/s par ONU. Les technologies WDM viennent du réseau cœur et restent
coûteuses même si les prix sont en baisse du fait de l'augmentation des volumes de
production. Néanmoins le frein actuel pour l'introduction du WDM dans l'accès est le prix.
Les paragraphes suivants décrivent les différentes solutions possibles pour utiliser le
WDM à des coûts compatibles avec le réseau d'accès.
Il faut tenir compte à la fois des coûts opérationnels (OPEX) et des coûts des systèmes
à l'achat (CAPEX). Ceci est particulièrement important pour les PON WDM. En effet s'il
est possible, au niveau CAPEX, de considérer avoir des lasers de longueurs d'onde
différentes chez chaque client, ceci implique d'avoir en stock d'inventaire un grand
nombre de lasers différents à gérer. De plus lors de l'installation ou de la réparation de
l'ONU, il est nécessaire de choisir le laser adapté parmi l'inventaire et ceci constitue un
coût non négligeable au niveau OPEX.

La condition principale pour avoir un PON WDM bas coût est donc d'avoir un ONU
achromatique, c'est-à-dire indépendant de la longueur d'onde ("colorless"). Le principe
est d'avoir un ONU qui va recevoir et émettre une longueur d'onde différente de celle du
voisin, mais dont les composants sont néanmoins totalement identiques au module du
voisin. Le module est achromatique et peut donc s'adapter aux longueurs d'onde qui lui
sont attribuées.
Le fait d'avoir des modules identiques à chaque ONU permet de profiter de la production
de masse pour diminuer les coûts. De plus cela réduit nettement la complexité de la
maintenance en cas de problème de module puisqu'il suffit de le remplacer par n'importe
quel autre module. Il n'est plus nécessaire d'installer le module chez le client en fonction
du port du multiplexeur sur lequel il est connecté et par rapport à la longueur d'onde qui
lui est donc associée. Le paragraphe 2.2 détaille les différentes solutions techniques de
module ONU achromatique.

Le paragraphe 2.3 présente les principales architectures de PON WDM proposées dans
la littérature. Ce sont les PON WDM qui ont été intensivement étudiées par des
opérateurs ou universitaires et qui sont le plus proche d'une implémentation réelle.
Le paragraphe 2.4 présente des architectures où le signal descendant est modulé avec
un format particulier permettant à l'ONU de remoduler ce signal en amplitude avec les
données montantes. Cette technique permet de n'utiliser qu'une seule longueur d'onde
par ONU à la fois pour le signal montant et descendant.

57
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

2.1 ONU achromatique

Ce paragraphe détaille les différentes solutions techniques pour avoir un ONU


achromatique. Deux grandes techniques sont utilisées. La première est un émetteur
achromatique tel que le laser accordable ou une source large utilisée en "spectrum
slicing". La deuxième technique est celle de la modulation déportée.

2.1.1 Emetteur achromatique

2.1.1.1 Laser accordable

La solution la plus simple pour avoir un émetteur achromatique est d'avoir un


laser accordable qui va se fixer sur une longueur d'onde à l'installation. La vitesse
d'accord de la longueur d'onde n'a pas besoin d'être rapide ce qui permet d'utiliser une
technologie moins coûteuse (cf. paragraphe 1.2.2.3.2.2). La nécessité d'avoir une très
bonne stabilité en longueur d'onde dans le cas du DWDM impose généralement
l'utilisation de "wavelength locker" pour caler très précisément la longueur d'onde
d'émission sur la grille ITU-T, ce qui ajoute de la complexité et un coût important au
niveau du composant. Des études récentes vont vers la suppression de ces verrouilleurs
de longueurs d'onde en les remplaçant par une boucle de contre réaction agissant sur
les courants de polarisation du laser [1]. Ceci s'applique plus particulièrement à un laser
DBR qui comporte 3 sections et donc 3 courants de contrôle.
Néanmoins pour le moment la solution du laser accordable est encore d'un coût trop
important pour le réseau d'accès.

2.1.1.2 Laser sélectable

Le principe du laser sélectable est une diode laser avec une cavité externe qui permet
de contrôler la longueur d'onde d'émission. Certains lasers accordables sont basés sur
un tel principe avec un dispositif mécanique ou électro-optique (cristaux liquides dans la
cavité par exemple) pour faire varier la longueur optique de résonance de la cavité. Le
laser sélectable est constitué d'une part de la diode laser et d'autre part d'une fibre avec
un filtre de Bragg inscrit à l'extrémité de la fibre [2]. La longueur d'onde d'émission est
donc ici fixée par le pas du réseau de Bragg.. La figure suivante illustre la technique
décrite.

Figure 2-1: technique du laser sélectable en longueur d'onde avec réseau de


Bragg inscrit dans une fibre [2]

58
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

La vitesse de modulation est limitée par la longueur importante de la cavité mais des
résultats à 2.5 Gbit/s ont été obtenus [3].

Cette technique est intéressante au niveau coût mais il reste le problème de l'association
d'un réseau de Bragg bien précis pour un client donné et donc le problème d'inventaire.
L'achromaticité n'est en fait que partielle.

2.1.1.3 Spectrum slicing

2.1.1.3.1 Principes

Le hachage spectral appelé plus communément "spectrum slicing" est une solution très
intéressante pour les PON WDM utilisant un multiplexeur comme élément de routage. Le
principe consiste à utiliser une source large bande comme émetteur à chaque ONU.
Chaque ONU émet donc le même spectre mais seule une partie du spectre est filtrée
par le multiplexeur, et la partie filtrée dépend du port sur lequel est connecté l'ONU. La
Figure 2-2 illustre le principe de fonctionnement du "spectrum slicing". Le multiplexeur
filtre donc chaque spectre large bande et permet d'avoir en sortie les différentes
longueurs d'onde associées à chaque ONU.

   

M
 U
X λ


Figure 2-2: schéma de principe du "spectrum slicing"

Un émetteur achromatique est donc obtenu avec la particularité que le spectre du signal
associé à chaque ONU dépend de la forme du filtre du multiplexeur, généralement
"gaussien" ou "flat top" ( forme rectangulaire), et que l'espacement entre canaux et la
largeur spectrale du signal sont également définis par le multiplexeur. Les signaux sont
donc de largeur spectrales importantes (>0.4nm @ 3dB) en comparaison du signal issu
d'un laser (quelques picomètres). La propagation dans la fibre d'un tel signal subira des
pénalités dues à la dispersion chromatique de la fibre. Les distances de propagations
vont donc être limitées en "spectrum slicing" et seront fonction de la largeur spectrale du
signal et du débit. Les limites théoriques de cette technique sont exposées en annexe.

La Figure 2-3 illustre l'emploi du spectrum slicing dans un PON WDM pour le sens
montant. Son utilisation pour le sens descendant est également possible.

59
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Colorless ONU Sliced and


with broadband multiplexed
light source
(BLS) λ λ

ONU 1
… … OLT
BLS
receivers

Access line
ONU n
Wavelength
BLS splitter

Figure 2-3 : architecture de PON WDM avec spectrum slicing (source NTT)

2.1.1.3.2 Sources large bande modulables

La technique du spectrum slicing nécessite des sources large bande bas coût qui
puissent être modulées en direct (modulation du courant), sans recours à un modulateur
externe. Les sources larges modulables potentielles sont les diodes
électroluminescentes (LED) et superluminscentes (SLD ou SLED) ainsi que les
amplificateurs optiques à semiconducteur (SOA)

La solution la moins chère est certainement la diode électroluminescente mais


son inconvénient est le peu de puissance optique de sortie (10µW) et la faible vitesse de
modulation (généralement utilisée en dessous de 150Mbit/s pour une transmission
multimode).

Les diodes superluminescentes sont des LED avec un spectre d'émission plus
large et une puissance de sortie beaucoup plus importante. Elles sont destinées à
l'origine au secteur médical (tomographie optique cohérente). De plus en plus de
fabricants sont désormais sur le marché des télécommunications optiques [4]. Les SLED
sont de plus en plus puissantes et peuvent occuper toutes les plages spectrales entre
1260 nm et 1640 nm. Denselight Semiconductor [ 5] commercialise des SLED en boîtier
Butterfly avec une puissance de sortie de 18 dBm, et une densité spectrale de -
3dBm/nm sur la bande C (1525nm-1565nm). Le spectre n'est pas plat et ces sources ne
sont pas modulables. Par contre une autre famille de SLED est moins puissante (jusque
25mW) mais modulable. En ce qui concerne la fréquence de modulation, Denselight
donne 600MHz comme limite en modulation directe mais 1 GHz est à priori possible. La
plupart des SLED sont contrôlées en température par un TEC (thermo-electric cooler)
car la longueur centrale d'émission des LED et SLED varie dès que la température

60
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

change, ce qui peut poser des problèmes de variation de puissance lorsque le système
est utilisé avec un AWG à la sortie.

La consommation en courant des SLED est importante : c'est au minimum 300 mA pour
avoir les puissances optiques maximum (15 à 25 mW). Le prix d'une SLED est faible
(équivalent à un SOA) et va certainement chuter avec l'augmentation des volumes de
production.

Le SOA est généralement utilisé comme amplificateur lorsqu'un signal optique lui
est injecté en entrée. Mais sans injection optique en entrée, le SOA se comporte comme
une source large bande par émission spontanée amplifiée (ASE). La largeur du spectre
est environ 30 nm mais peut être centrée sur n'importe quelle longueur d'onde entre
1300 nm et 1600 nm selon la composition du SOA. Il y a un compromis entre la
puissance de sortie d'un SOA et la vitesse de modulation: il faut une cavité de longueur
importante pour avoir une puissance de sortie importante et une cavité courte pour
pouvoir moduler rapidement. La puissance de sortie du SOA dépend aussi du courant
électrique qui lui est injecté: avec un SOA dédié à l'amplification, 250 mA permettent de
sortir 10 à 14 dBm de puissance optique [6]. Il existe des SOA modulables par le courant,
cependant cette modulation est réalisable avec des puissances de sortie plus faibles
(environ 2dBm). Le prix d'un SOA à forte puissance de sortie mais non modulable est de
l'ordre de 2000€.

2.1.1.4 Source laser auto accordable par injection optique

Les lasers accordables tels que SGDBR utilisent le courant électrique pour accorder la
longueur d'onde. L'idée des sources laser auto accordables est d'accorder la longueur
d'onde d'émission par une injection optique temporaire.
Le composant est constitué d'une diode laser traitée anti reflet d'un coté, d'un miroir pour
fabriquer un Fabry-Pérot et d'un cristal photoréfractif à l'intérieur de la cavité (Figure 2-4
[ 7 , 8 ]). En l'absence d'injection optique le Fabry-pérot a une émission multimodale.
L'insertion dans ce type de cavité d'un cristal photoréfractif, qui joue le rôle d'un milieu
holographique dynamique, permet, sous injection optique, de forcer le laser à osciller en
régime monomode. La sélection des modes suit un processus d'auto-organisation qui
tend vers un état final monomode stable. Il ne persiste alors dans le cristal photoréfractif
qu'un unique réseau de Bragg adapté à la longueur d'onde de fonctionnement du laser.
Ce réseau de Bragg est auto-entrentenu ensuite, si bien que l'injection optique n'est plus
nécessaire pour faire émettre le laser à la longueur d'onde voulue. Une injection optique
temporaire issue d'un laser DFB ou d'une source large hachée permet donc de fixer la
longueur d'onde d'émission et celle-ci est reconfigurable à volonté par une nouvelle
injection à une autre longueur d'onde.

Diode laser Cristal


• limitée par diffraction, photoréfractif Coupleur de sortie :
• traitée A.R. • miroir,
∆φ =0 • réseau de diffraction

Fabry-Pérot auto-adapté

Figure 2-4: schéma du laser auto accordable par injection optique [7]

61
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Un tel laser pourrait être utilisé à L'ONU avec un adressage optique à partir de l'OLT.
Pour le moment la plage d'accord obtenu est de 12 nm, ce qui donne 27 canaux
espacés de 50GHz. Les résultats sont très dépendants du cristal employé et peu de
résultats exploitables sont encore parus. La modulation directe du laser à 1.25 Gbit/s
parait possible et si un matériau photoréfractif potentiellement bas coût peut être trouvé,
cette technique peut être très intéressante dans le cadre du réseau d'accès WDM. Cette
technologie est au stade expérimental et aucun système commercial n'est actuellement
disponible.

2.1.2 Modulation déportée


2.1.2.1 Principe

L'idée de la modulation déportée est de supprimer l'émetteur à l'ONU, lié à une


longueur d'onde, et de le remplacer simplement par un modulateur. Le principe est
d'envoyer une longueur d'onde non modulée à partir du central, qui va être routée par le
réseau jusqu'à l'ONU, de moduler cette longueur d'onde avec les données pour le signal
montant, et de renvoyer ce signal modulé vers le central. Il suffit de choisir un
composant qui permet de moduler la longueur d'onde sur une large plage spectrale pour
obtenir un ONU achromatique. Il existe plusieurs composants possibles pour effectuer
cette modulation: les modulateurs à électro-absorption (MEA), les lasers Fabry-Pérot à
verrouillage par injection (IL-FP: Injection locked Fabry-Pérot) et les amplificateurs
optiques à semiconducteur (SOA). Certains de ces composants fonctionnent en réflexion,
ce qui facilite le fonctionnement mono-fibre de l'architecture. Ces composants sont
détaillés par la suite. Cette technique nécessite également des sources multi longueurs
d'onde permettant de générer les porteuses continues à moindre coût. Ces sources sont
très peu répandues commercialement et le paragraphe suivant expose les différentes
technologies envisagées.

Colorless ONU Supplies optical carriers


with modulator for ONUs

ciculator
mod.
Multi-
Fiber wavelength
Fiber generator
ONU 1

mod.
λn Demux.

receivers
Demux.
ONU n
OLT

Figure 2-5: architecture mono fibre avec porteuse continue émise du central et
SOA réflectifs à l'ONU pour les signaux montants

62
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

2.1.2.2 Emetteur multi longueurs d'onde

Il existe diverses techniques permettant la génération de multiples longueurs d'onde:


Q Barrette de lasers DFB
Q Spectrum slicing
Q Génération de porteuses optiques basée sur une modulation hybride phase-
amplitude
Q Sources supercontinuum
Q Laser multifréquence à base d'AWG et SOA
Q VCSEL multi-longueurs d'onde

La description détaillée de toutes ces techniques et technologies se trouve en annexe.


Mis à part la barrette de lasers DFB, dont l'intérêt est la maturité technologique et le
faible coût dû au volume de production des lasers DFB, toutes ces techniques sont au
stade de la recherche.
Les études sur les VCSEL multi-longueurs d'onde [9] et les lasers multifréquence [10,
11] sont rares. La génération de porteuses optiques basée sur une modulation hybride
phase-amplitude est une proposition de NTT qui permet d'obtenir 9 longueurs d'onde
avec un seul laser [12].
Les sources supercontinuum connaissent un regain d'étude avec le développement des
fibres microstructurées permettant d'exacerber les effets non linéaires. Elles permettent
d'obtenir un nombre de longueurs d'onde très important (1000 canaux espacés de 12.5
GHz [13]) mais requièrent un laser à impulsions et de fortes puissances d'émission donc
des amplificateurs optiques.
Le spectrum slicing est ici le hachage d'une source large par un AWG 1 vers N qui
donne donc en sortie de l'AWG N longueurs d'onde correspondant aux N ports. Ces
longueurs d'onde ont une largeur spectrale fixée par le filtre de l'AWG et c'est une
lumière incohérente. C'est une solution bas coût car elle ne requière qu'une source large.
Le hachage est obtenu naturellement par l'AWG situé dans le PON WDM.

2.1.2.3 Composants pour modulation

2.1.2.3.1 Modulateur à électro-absorption (MEA)

Le MEA est à première vue le composant le plus approprié pour fonctionner en tant que
modulateur déporté car il a une large plage de fonctionnement en longueur d'onde de 30
nm et que son fonctionnement est indépendant de la polarisation du signal injecté. Ce
dernier avantage est très important car le contrôle de la polarisation du signal au cours
de la propagation dans l'architecture n'est pas envisageable. C'est pour cette raison que
les modulateurs Mach-Zender sont difficilement utilisables en tant que modulateurs
déportés pour l'accès. Le MEA est disponible commercialement pour des débits
supérieurs à 40 Gbit/s ce qui est amplement suffisant dans le cadre de l'accès.
Néanmoins ce composant est coûteux puisque les prix à l'unité atteignent 10k€ pour un
40 Gbit/s. Pour un 10 Gbit/s, le prix descend à environ 2 k€, avec une marge de baisse
raisonnable pour les MEA intégrés avec d'autres composants (laser par exemple) car les
couplages puce-fibre sont un des points sensibles qui nécessite du temps à
l'assemblage et donc augmentent le prix du composant. Il est noter que les MEA
disponibles commercialement fonctionnent à 10 Gbit/s et il est très difficile de trouver un
MEA "bas coût" dont la vitesse de modulation serait limitée à 2,5 Gbit/s par exemple. Il
peut donc y avoir des améliorations technologiques à prévoir sur les MEA pour avoir un
coût beaucoup plus bas et des caractéristiques adaptées au réseau d'accès.

63
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

La limite de cette technique vient des pertes d'insertion du modulateur (10 dB au


minimum), or le signal doit faire un aller retour OLT-ONU-OLT, ce qui fait un budget de
liaison difficile, voire impossible à tenir. Un SOA est donc généralement associé au MEA
pour compenser ces pertes. Des dispositifs sont en cours d'élaboration chez certains
fabricants [14,15], intégrant sur le même substrat MEA et SOA afin d'avoir un composant
minimisant les pertes de couplage et pouvant donc avoir du gain optique.
Il existe des MEA fonctionnant à 1310 nm, tout comme des SOA fonctionnant à
1310 nm ce qui permet à cette technique d'utiliser plusieurs bandes de longueurs d'onde.
Des MEA fonctionnant en réflexion sont également en cours d'étude pour avoir des
ONUs réflectifs. L'inconvénient de ce composant est que le signal passe deux fois à
travers le matériau absorbant et les pertes sont donc très importantes. Il faut donc
obligatoirement associer le MEA réflectif à un SOA [16].

2.1.2.3.2 Laser Fabry-Pérot verrouillé par injection optique

Cette technique consiste à utiliser un laser Fabry Pérot dont une des facettes est
anti-réflets (1% de réflexion typiquement) et l'autre est un miroir (>80% de réflexion).
L'appellation commune de ce laser est IL-FP pour injection locked Fabry Pérot. Le
principe consiste à injecter par la facette anti-reflets une longueur d'onde précise qui va
"verrouiller" le FP, c'est-à-dire que la longueur d'onde qui va être réémise par le laser FP
sera identique à celle injectée. Le laser qui a un comportement multimode sans injection
devient donc monomode sous injection optique. La puissance du signal ne va pas
augmenter de façon significative car le gain de la cavité n'est pas suffisant mais la
modulation électrique du courant d'injection du laser FP va permettre d'absorber ou de
réfléchir la lumière, donc de moduler la longueur d'onde. L'intérêt de cette technique est
qu'un laser FP est potentiellement bas coût. Le gain en puissance optique est
généralement autour de 0 dB.
Le laser IL-FP est réflectif ce qui permet de renvoyer directement le signal modulé dans
la même fibre qui a servi à transmettre le signal continu et éventuellement le signal
descendant.

Figure 2-6 : schéma de fonctionnement du FP-IL: comportement libre multimode (à


gauche) et fonctionnement monomode sous injection optique (à droite) [17]

Les lasers IL-FP sont principalement étudiés par les coréens, qu'ils soient opérateur
(Korea Telecom), équipementiers (Novera Optics) ou universitaires (KAIST, ETRI …).

Il existe différentes solutions pour réaliser l'injection optique. En fonction de la vitesse de


modulation de la diode FP-IL et de la méthode utilisée pour l'injection optique les
performances évoluent. Les techniques possibles pour l'injection optique sont :

64
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

i) La raie d'émission d'un laser DFB (0.08 pm de largeur spectral typique) ou


accordable. Dans ce cas l'architecture d'accès comporte autant de laser que
de diode FP-IL.
ii) le spectrum slicing: le spectre d'une source large découpée par un AWG est
injecté dans le FP. La lumière injectée est incohérente et a un spectre large
par rapport à celui d'un DFB. Dans ce cas le verrouillage nécessite une
puissance optique d'injection plus importante.

La Figure 2-7 montre les niveaux de puissance optique d'injection nécessaires pour
obtenir une transmission monomode avec un taux d'erreur de 10-9 sur 20 km pour
différents débits et suivant que l'injection est réalisée avec un laser accordable ou par
spectrum slicing (ASE d'un amplificateur optique + AWG).
Il en ressort que les niveaux de puissance d'injection requis par spectrum slicing sont
supérieures à -18 dBm à 155 Mbit/s, supérieures à -8 dBm à 622 Mbit/s et supérieurs à -
5 dBm pour 1,25 Gbit/s tandis qu'avec un laser accordable il faut au moins -20 dBm à
1,25 Gbit/s et qu'il est possible de monter à 2,5 Gbit/s en injectant au minimum -15 dBm.
Un fonctionnement est possible à 10 Gbit/s [18] mais la puissance nécessaire pour
l'injection ainsi que la forte dépendance à la polarisation rend l'implémentation
impossible dans le réseau d'accès. Ces courbent laissent à penser que le Fabry-Pérot
est bien adapté en spectrum slicing pour du 155 Mbit/s, 622 Mbit/s et jusque 1 Gbit/s
[19] mais qu'au dessus la puissance d'injection nécessaire est trop importante.

L'emploi d'un laser pour verrouiller le laser FP permet de monter plus haut en fréquence
mais la dépendance du laser FP à la polarisation devient un problème et le coût est
beaucoup plus important qu'avec la technique de spectrum slicing où la source est non
polarisée.

Figure 2-7 : performances comparées d'un FP-IL en fonction de la puissance


optique d'injection pour une source ASE hachée et un laser accordable [17]

Le comportement des diodes IL-FP pour avoir un spectre monomode (SMSR > 30 dB)
nécessite un contrôle en température. En effet, il faut faire correspondre au mieux la raie
optique d'injection avec un mode du spectre multimode du laser FP. La Figure 2-8
présente ce comportement.

65
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-8 : Spectre multimode du FP et raie spectrale d'injection désalignée d'un


mode du FP [17]

2.1.2.3.3 RSOA

Un RSOA est en fait un SOA dont l'une des faces a été traitée à haute réflexion
pour constituer un miroir et l'autre avec un traitement anti reflet. Les particularités de cet
amplificateur optique sont qu'il fonctionne en réflexions et qu'il peut être modulé. Le
RSOA permet donc de moduler le signal qui lui est injecté, de l'amplifier et de le réfléchir.

Les amplificateurs optiques à semi-conducteurs peuvent avoir 3 types d'application :


• Amplification d'un signal optique
• Conversion de longueur d'onde
• Modulation externe d'un signal optique
La modulation externe est réalisée en modulant directement le courant d'alimentation.

Les RSOA disponibles aujourd'hui montrent une modulation jusque 1.25 Gbit/s avec des
gains de l'ordre de 20 dB sur une bande de 30 nm. De la conversion de longueurs
d'onde basée sur un RSOA a été démontrée à un débit de 2,5 Gbit/s [20]. Les SOA
peuvent être indépendants ou non de la polarisation du signal optique injecté suivant le
matériau utilisé et la technologie de fabrication employée. Les SOA avec une couche
active en matériau massif (bulk) sont généralement utilisés pour avoir une faible
dépendance en polarisation, à condition d'avoir une contrainte en tension de cette
couche active (low-tensile-strained bulk). En effet le gain TE (Transverse Electrical) est
naturellement plus élevé que le gain TM (Transverse Magnetical) et en contraignant la
couche active, la différence de gain s'amenuise [21]. L'inconvénient de ce type de SOA
est que la dépendance à la température est importante et qu'il est nécessaire d'avoir un
système de régulation de la température. Les SOA avec une région active incluant des
multi puits quantiques combinent la faible dépendance à la température et à la
polarisation [22]. La Figure 2-9 illustre la dépendance à la température de ces 2 types de
SOA.

66
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-9: Puissance de sortie du R-SOA en fonction du courant de polarisation


pour différentes températures de fonctionnement: type "bulk" (a) et multi puits
quantiques (b). La puissance de sortie avec un courant de polarisation de 100mA
et une température de 10°C définit l'unité absolue 1.0 de puissance de sortie [22]

De nombreux laboratoires de recherche travaillent actuellement sur les SOA à boîtes


quantiques (QD: quantum dots) qui pourraient permettre dans le futur de travailler à des
débits très importants (40 Gbit/s démontré et 1Tbit/s visé à terme), avec une faible
dépendance à la polarisation et à la température [23,24].Le tableau suivant donne
quelques valeurs des paramètres des SOAs qui sont spécifiés par les fabricants, les
SOA ont des spécifications différentes suivant les applications visées :

Amplification Conversion de λ Modulation


(booster)
Ondulation résiduelle 0.5 1 1
de gain (dB)
Facteur de bruit (NF) 4,5-6,5 8-10 8-10
(dB)
Dépendance du gain 1 1
à la polarisation (dB)
Puissance de 10-14 6-8 2
saturation (dBm)
Gain 15-20 25-30 25-30
Tableau 8 : Comparaison des performances des SOA

Le paramètre qui pourrait limiter l'utilisation du SOA modulant dans un système est le
facteur de bruit. Ce paramètre est lié au gain et à la puissance de saturation. Il y a donc
un compromis à trouver dans l’utilisation de ce composant.
Les débits que peuvent atteindre les SOAs sont liés à la durée de vie des porteurs qui
est de l'ordre de 0,1ns. Ceci limite la fréquence de modulation à 10 GHz en théorie. En
effet, l'augmentation du gain par augmentation de la longueur du guide a pour
conséquence de diminuer la bande passante électrique de modulation, il y a donc un
compromis entre le gain et la bande passante. La limite pratique de la vitesse de
modulation semble être entre 6 et 8 GHz si la puissance d'injection est suffisamment
élevée.
Un intérêt supplémentaire du RSOA est qu'il peut être fabriqué de façon à fonctionner
sur une trentaine de nm de bande passante optique sur n'importe quelle bande de
longueur d'onde entre 1260 nm et 1640 nm.

67
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

2.1.2.3.4 Comparatif

Le tableau suivant résume les caractéristiques des trois composants utilisables


pour la modulation déportée précédemment détaillés: MEA; RSOA et IL-FP.

Gain Bande
PDL Prix
Type chirp débit optique passante Remarques
PDG unitaire
typique optique
MEA 1dB 0 > 40 Gbit/s - 8dB 30 nm 10 000$
Performances
dépendent de la
TO-CAN:
1,25 Gbit/s longueur de la
RSO 1000$
1 dB 4 actuellement 20 dB 30 nm puce:
A BTF:
(potentiel: 5 Gbit/s) compromis
2000$
gain/bande
passante
TO-CAN: Performances
Max : 3dB 100$ dépende de la
FP-IL sensible NF 1.25 Gbit/s 30 nm
Typ : 0 dB BTF: caractéristique
1000$ de l'injection
Tableau 9 : Comparaison des composants pour la modulation déportée (TO-CAN:
Transistor outline can, BTF: Butterfly)

La conclusion est que pour chaque débit considéré il y a un composant qui paraît mieux
adapté.

Q Pour un débit de 100 Mbit/s et jusqu'à 622 Mbit/s, le IL-FP est le mieux
adapté car le moins coûteux. Le niveau de puissance injecté est trop
important au dessus de 1.25 Gbit/s pour être réellement implémenté.
Q Pour un débit de 1.25 Gbit/s, 2.5 Gbit/s voire jusque 5 Gbit/s le RSOA semble
cette fois être le composant de choix. Le coût est plus important mais en
phase avec le débit offert. Le RSOA est également destiné à des distances
plus importantes que le IL-FP grâce à la fonction d'amplification simultanée.
Une façon d'éviter le compromis gain-bande passante est de fabriquer une
SOA à double électrode, une courte électrode destinée à la modulation et une
plus longue destinée à l'amplification.
Q Pour un débit supérieur à 5 Gbit/s, la seule solution est le MEA, associé à un
SOA pour pallier les pertes du MEA. Des études sont en cours sur des MEA
réflectifs afin de privilégier une architecture mono-fibre bidirectionnelle mais le
fait de passer à l'aller et au retour dans le matériau absorbant donne des
pertes énormes de l'ordre de 20 dB, qui paraissent rédhibitoires. Et rajouter
un SOA devant le MEA réflectif paraît difficile car dans ce cas il amplifierait
deux fois la même longueur d'onde et les perturbations de la longueur d'onde
non modulée avec le signal remontant sont trop importantes.

L'indépendance à la polarisation est importante dans la technique de modulation


déportée et le MEA et le RSOA sont tout à fait adaptés.
Il est à noter, pour ces trois dispositifs, IL-FP, RSOA et MEA, que la dépendance à la
température n'est pas résolue et qu'ils ont généralement besoin d'être refroidis pour
rester stables ce qui signifie un coût important au niveau du module. La solution pour se
passer de TEC est de n'utiliser la bande de longueurs d'onde disponible qu'à moitié de

68
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

façon à pouvoir laisser le composant dériver en longueur d'onde sans que cela n'affecte
les performances sur les longueurs d'onde considérées. Par exemple si 40 longueurs
d'onde espacées de 100 GHz sont disponibles sur la bande C avec un RSOA, il est
préférable de n'en prendre que 20, ce qui laisse une bande de chaque coté de ces
longueurs d'ondes, sur laquelle peut dériver le spectre du RSOA avec la température
(Figure 2-10).

Spectre RSOA
Spectre RSOA à T°2 Spectre RSOA
à T°1 à T°3

λ
Longueurs
d'onde utilisées

Figure 2-10: décalage du spectre du RSOA avec la température

Les trois composants en question sont généralement mis en boîtier dans des boitiers
"Butterfly" avec 10 PIN permettant le contrôle du courant dans le SOA, le contrôle du
TEC et le contrôle du Peltier. La mise en boîtier Butterfly est très couteuse et la
suppression du TEC permet de mettre les composants réflectifs tels que IL-FP et RSOA
dans un boîtier TO-CAN. L'impact sur le coût des composants est important puisque le
prix d'un RSOA passe de 2000$ en Butterfly à 1000$ en TO-Can, et le Fabry Pérot de
1000$ en Butterfly à 100$ en TO-Can.
Le gain dû à la suppression du TEC est donc intéressant et les études sur la stabilité des
RSOA et IL-FP en température revêtent donc une grande importance.

2.2 Principales architectures de PON WDM

Ce chapitre présente les résultats les plus probants en matière de PON WDM. Le
paragraphe 2.2.1 regroupe les techniques les plus avancées ayant permis de démontrer
des architectures de PON WDM avec un débit allant jusqu'au Gigabit/s. On y retrouve
les techniques de spectrum slicing et de modulation déportées avec IL-FP et RSOA.
Le paragraphe 2.2.2 décrit quant à lui les solutions techniques de ce qui est appelé
couramment les SuperPON. Ce sont les des architectures de réseau d'accès optique
avec soit des débits plus importants, c'est-à-dire 10 Gbit/s, soit des distances plus
importantes, de l'ordre de la centaine de km, soit les deux à la fois. L'objectif étant
généralement d'augmenter le nombre d'utilisateurs par PON. 1024 utilisateurs peuvent
donc être rassemblés sur un seul PON qui associe le WDM et le TDM.
Le paragraphe 2.2.3 présente deux architectures qui introduisent de la flexibilité par
rapport à tous les PON WDM présentés auparavant.

69
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

2.2.1 PON WDM gigabit

2.2.1.1 Spectrum slicing

Les études expérimentales les plus abouties sur la technique du spectrum slicing
pour l'accès optique ont été menées par NTT. Les études théoriques ont permis
d'évaluer les limites du spectrum slicing:
Q limites techniques de vitesse de modulation des sources large bande utilisées
Q limites techniques de transmission dues à la dispersion de la fibre.
Si au début l'émission spontanée amplifiée du SOA était utilisée comme source, les
auteurs sont passés désormais aux diodes superluminescentes (SLED) qui ont une plus
grande puissance de sortie. Ils ont ainsi fabriqué une SLED modulable à 1,25 GHz [25].

Un PON WDM utilisant la technique du spectrum slicing a été implémenté avec un débit
de 125Mbit/s sur 50 km de DSF (fibre à dispersion décalée pour limiter la dispersion
chromatique), en utilisant une source ASE, des canaux espacés de 25 GHz et une
largeur spectrale à 3 dB de 15 GHz par canal [26,27].
La transmission d'un signal montant sur 10 km de SMF a été réalisée dans la publication
[28] avec un espacement entre canaux de 200 GHz. Dans cette architecture les signaux
montants étaient à 125 Mbit/s sur des canaux DWDM tandis que les signaux
descendants étaient sur des canaux CWDM avec un débit de 1.25 Gbit/s.

Figure 2-11: schéma du PON WDM avec spectrum slicing de NTT

Un PON WDM bidirectionnel uniquement basé sur le spectrum slicing a également été
proposé dans [29] et [30]. L'architecture fonctionne sur une distance de 10 km avec des
SLED modulées à 622Mbit/s dans le sens descendant et des LED modulées à 125
Mbit/s pour le sens montant. 40 utilisateurs peuvent être raccordés de cette façon. Cette
technique est sérieusement limitée par la dispersion due à la largeur spectrale de
chaque canal WDM. Pour minimiser le problème, la bande de longueurs d'onde autour
de 1,3 µm est utilisée, associée à de la pré-compensation électronique de dispersion. De

70
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

plus des codes correcteurs d'erreurs FEC sont ajoutés afin d'avoir une distance de
transmission de 20 km.

Figure 2-12: PON WDM basé sur le spectrum slicing [29]

2.2.1.2 Modulation déportée avec IL-FP

Les sud coréens sont les principaux auteurs de solutions de PON WDM à base de
Fabry-Pérot à verrouillage par injection [31, 32, 33, 34, 35, 36, 37]. L'équipementier
Novera Optics, qui propose un système PON WDM avec LG-Nortel [35], a des liens très
étroits avec les universitaires qui travaillent sur le sujet, et l'opérateur KT déploie ces
systèmes pour connecter les foyers coréens en fibre.

L'architecture classique est basée sur des lasers Fabry Pérot dans lesquels sont injectés
des longueurs d'onde issues d'une source large à forte puissance de sortie, hachée par
l'AWG. Cette source est généralement l'émission spontanée amplifié d'un amplificateur
optique à fibre dopée Erbium (EDFA) pour la bande C [32] ou la bande L voire
l'enchaînement de deux EDFA pour avoir une forte puissance de sortie [31]. KT utiliserait
une source EDFA partagée entre plusieurs PON WDM avec une puissance de sortie de
+27dBm.
Les IL-FP sont utilisés à la fois dans les ONUs et à l'OLT. Deux bandes de longueurs
d'onde sont utilisées, l'une pour les signaux montants l'autre pour les signaux
descendants. Certains utilisent la bande C et la bande L [35,37], d'autres la bande C et
la bande S avec des sources larges à base de SOA spécialement conçus pour avoir un
seuil de saturation très haut (~15 dbm) [33].

La figure suivante illustre l'architecture d'un PON WDM basé sur des lasers Fabry-Pérot.

71
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-13: architecture PON WDM avec lasers Fabry-Pérot verrouillés par
injection [33]

L'utilisation du laser IL-FP avec une injection par source large incohérente impose des
compromis au niveau de la vitesse de modulation, de la distance avec le central et du
nombre de longueurs d'onde utilisables. En effet le fait que la vitesse de modulation
dépende du niveau de puissance optique injecté fait qu'il n'est pas possible d'augmenter
à la fois la distance de propagation et la vitesse de modulation. Pour augmenter le débit
de 100 Mbit/s à 1 Gbit/s, il faut injecter plus de puissance. Il est possible de garder la
même distance entre OLT et ONU, i.e. 20 km, en prenant une source large plus
puissante et en augmentant la largeur spectrale des canaux WDM.

Novera passe donc d'un système PON WDM avec 32 λ à 125 Mbit/s sur 20 km à un
système avec 16 λ à 1,25 Gbit/s en passant d'un espacement entre canaux de 100 GHz
à 200 GHz. Le fait que la plage de fonctionnement en longueur d'onde du laser FP est
limitée à 30 ou 40 nm fait que le nombre de longueurs d'onde disponibles diminue si
l'espacement entre celles-ci augmente. De même augmenter la distance entre OLT et
ONU à 70km limite le débit à 125 Mbit/s [38].
Seule la publication [37] utilise un espacement à 50 GHz pour pouvoir augmenter le
nombre de canaux et ils atteignent un débit de 155 Mbit/s sur 20 km.

Le débit de 155 Mbit/s et la distance de 20 km sont les paramètres typiques pour cette
technique mais les meilleurs résultats expérimentaux sont présentés dans [31] et
annoncent 1,25 Gbit/s dans le sens descendant et 622 Mbit/s dans le sens montant, sur
une distance de 10 km mais avec un coupleur 1 vers 8 sur chaque sortie de l'AWG.
Il est plus facile d'obtenir un haut débit sur le sens descendant car la puissance injectée
dans le Fabry Pérot à l'OLT est plus importante du fait de l'absence de la fibre à
traverser. Néanmoins la puissance injectée dans les FP est -2 dBm à l'OLT et – 15 dBm
à l'ONU, ce qui est relativement important. La dépendance à la température de
l'architecture a été également testée car le Fabry pérot doit éviter d'être désaligné par
rapport au filtre de l'AWG. Les résultats sont concluants.

Récemment une nouvelle technique de source large a été proposée pour des PON
WDM bas coût à base de IL-FP [39,40]. Elle consiste à utiliser deux lasers Fabry-Pérots
en vis-à-vis, qui s'injectent mutuellement de la lumière. Le spectre large bande ainsi

72
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

obtenu a pour intérêt d'avoir un bruit d'intensité relatif RIN (relative intensity noise)
particulièrement faible par rapport à une source EDFA. Néanmoins un amplificateur
optique est nécessaire à la sortie pour avoir assez de puissance pour verrouiller les
Fabry-Pérots situés à l'ONU et à l'OLT.

En résumé la limitation des Fabry-Pérot est liée principalement à la puissance optique


injectée nécessaire pour le verrouiller et le moduler rapidement. Cette puissance est
importante, d'autant plus que l'injection se fait généralement par une source large
incohérente. Le fonctionnement à 155Mbit/s nécessite selon les publications un niveau
d'injection de l'ordre de -15 dBm à -10 dBm.

2.2.1.3 Modulation déportée avec RSOA

Les premières études sur des amplificateurs optiques à semiconducteur fonctionnant en


modulation et en réflexion datent de 1996 [41,42,43]. Les RSOA étaient déjà destinées à
moduler une porteuse optique continue pour le sens montant, émise de l'OLT. Une
modulation à 155 Mbit/s est réalisée et le sens descendant pour un client est généré par
un second laser à l'OLT.

Figure 2-14: PON WDM basé sur des RSOA à l'ONU [41]

L'idée dans [43] est même déjà d'utiliser une seule longueur d'onde par utilisateur, mais
avec un fonctionnement en alternat, le RSOA fonctionnant alternativement comme
modulateur-amplificateur puis photo détecteur. Cette technique a ensuite été reprise
récemment avec un composant plus récent permettant un débit allant jusque 1.25 Gbit/s
[44]. Voir chapitre 2.3.7.

Figure 2-15: utilisation du RSOA en alternat comme modulateur puis


photodétecteur [44]

73
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Le fait d'avoir 2 lasers par utilisateur au central est coûteux et l'utilisation d'une source
large hachée pour générer les longueurs d'onde injectées dans les RSOA a été adoptée,
tout comme dans les architectures utilisant les IL-FP. La publication [45] est la première
à relater cette technique et le nombre d'études sur ce sujet est en constante
augmentation [46, 47, 48, 49, 50].
La technique est donc très proche de la modulation déportée avec les lasers FP
verrouillés par injection. L'avantage des RSOA est sa propriété d'amplification et ses
capacités en vitesse de modulation potentiellement supérieures.

2.2.2 SuperPON

2.2.2.1 NTT: PON WDM 10 Gbit/s

La technique de modulation déportée est utilisée, afin d'éviter d'avoir des lasers DWDM
à 10 Gbit/s différents à chaque ONU. La modulation est effectuée par des modulateurs à
électro-absorption, associés à des SOA afin de compenser les pertes du MEA et d'avoir
un peu de gain pour le sens retour. Plusieurs publications ont été proposées, les
premières avec des amplificateurs en ligne au niveau de ce qui est appelé le nœud
d'accès (AN: access node), afin de réaliser des transmissions de l'ordre de 80 km à 1.25
Gbit/s [51] puis les études se sont dirigées vers une architecture totalement passive pour
des distances central – utilisateurs limitées à 27 km, mais pour un débit de 10 Gbit/s par
longueur d'onde et par ONU [52]. Ce sont des architectures entièrement bi-fibre.

Figure 2-16: PON WDM NTT avec modulation déportée et amplification: 1.25 Gbit/s
sur 80 km [51]

74
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-17: PON WDM NTT: modulation déportée à 10 Gbit/s sur 27 km [52]

Une de leurs études préliminaires a été la réalisation d'un module générateur de


longueurs d'onde continues (OCSM: optical carrier supply module) [53,54,55].

Le PON WDM à 10 Gbit/s sur 27 km est encore coûteux mais c'est une solution
technique acceptable pour un système avec tel débit, avec un ONU achromatique et une
architecture entièrement passive.

2.2.2.2 BT: agrégation de GPON sur liens DWDM

British Telecom travaille sur des architectures avec pour objectifs:


Q Débit en ligne à 10Gbit/s
Q 100 km de portée
Q 1024 utilisateurs par PON

La première idée est d'utiliser le multiplexage temporel à 10 Gbit/s sur une architecture
de PON classique. Le fait de garder les coupleurs pour la diffusion oblige l'utilisation
d'amplificateurs en ligne et pose beaucoup de problèmes à cause du bruit des
amplificateurs ou au niveau de la récupération en mode rafales à ce débit. Les codes
correcteurs d'erreurs (FEC) et la compensation électronique de dispersion (EDC) sont
requis pour avoir une transmission sans erreur. Dans la publication [ 56 ] le
fonctionnement à 10 Gbit/s sur 110 km avec un partage de 1024 est démontré mais en
mode continu seulement. Les amplificateurs en ligne ne sont donc pas adaptés pour du
mode rafale.

La seconde idée utilise le WDM mais de façon alternative aux PON WDM puisqu'elle
consiste de façon plus "simple" à agréger des PON TDM classiques à 2.5 Gbit/s sur un
lien métro WDM avec un transpondeur au central fonctionnant en mode rafale. La
publication [57] relate donc l'expérimentation en laboratoire de l'agrégation de plusieurs
signaux TDM issus de GPON par un transpondeur permettant de mettre 40 signaux
TDM sur 40 longueurs d'onde pour un transport sur 125 km jusqu'à l'OLT déporté.

75
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-18: configuration expérimentale du GPON étendu à 135km par DWDM [57]

Cette solution a été étudiée en collaboration avec des industriels pour développer un
transpondeur qui soit compatible avec le fonctionnement en mode "burst" des PON. La
solution est donc industrialisable avec l'intérêt principal qui est que les ONUs n'ont
aucun besoin d'être modifiés pour être compatibles avec la nouvelle architecture.
L'équipement est actif mais est localisé à la place de l'ancien OLT et peut donc être
aisément alimenté en énergie. Cette solution intègre donc une conversion de longueur
d'onde par passage en électrique.

2.2.2.3 Université de Cork: SuperPON 10 Gbit/s

L'université de Cork travaille également sur les super PON à 10 Gbit/s avec des
distances de l'ordre de 100 km [58]. La technique utilisée pour le sens montant est la
modulation déportée avec un tandem MEA-SOA. L'innovation vient par l'utilisation du
tandem MEA-SOA intégré. Les pertes de couplage sont donc réduites ce qui permet
d'optimiser les performances par rapport aux techniques précédentes. La particularité de
l'architecture est que les lasers utilisés pour générer les porteuses continues sont
localisés à l'ancien NRA ("local exchange" sur la Figure 2-19), c'est-à-dire proche des
ONUs et à un endroit où l'alimentation est présente. Les puissances d'injection ne sont
plus un problème. De plus il s'agit de lumière cohérente et les performances sont donc
bien meilleures qu'avec des sources larges hachées. La figure suivante décrit
l'architecture proposée.

76
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-19: schéma de l'architecture PON WDM 100 km 10 Gbit/s de l'université


de Cork [58]

Deux bandes de longueurs d'onde sont utilisées pour séparer les signaux montant et
descendant. 17 longueurs d'onde sont disponibles dans chaque bande. Les résultats
expérimentaux sur le sens montant montrent qu'à 2.5 Gbit/s un taux de partage de 512
peut être obtenu, ce qui fait un total de 8704 utilisateurs (soit 4.8 Mbit/s par utilisateur en
moyenne …), et à 10 Gbit/s le taux de partage est limité à 128, soit un total de 2176
utilisateurs (78 Mbit/s chacun).
Il faut noter en outre que les codes correcteurs d'erreur ne sont pas utilisés et pourraient
fortement améliorer les performances. L'architecture est bi-fibre et pourrait
éventuellement passer en mono fibre grâce aux FEC.

2.2.3 PON WDM flexibles en longueurs d'onde

Les architectures présentées dans le paragraphe précédent sont des solutions


principalement basées sur un démultiplexeur 1 vers N comme composant de routage. Le
routage est donc figé et la reconfigurabilité est difficile à réaliser. Ce paragraphe
présente des architectures un peu plus complexes mais qui permettent d'optimiser la
répartition des débits par la couche physique et en particulier par l'allocation en
longueurs d'onde.

2.2.3.1 UPC:AWG N vers N

L'Université Polytechnique de Catalogne a également des études d'architectures sur des


PON hautement reconfigurables. Le but étant non pas un débit très élevé par ONU mais
une reconfigurabilité complète permettant de déséquilibrer totalement la répartition des
débits sur les différentes branches de l'architecture en arbre. Ces solutions sont basées
sur des lasers accordables très rapidement à l'ONU associés à des AWG NxN [59]. Les
propriétés cyclique et périodique des AWG N vers N permettent à plusieurs lasers
accordables d'accéder à tous les utilisateurs.

77
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-20: PON WDM-TDM reconfigurable avec AWG NxN et routage spatial des
AWGs [59]

Si l'on considère un AWG 4x4 au central et 4 AWG 1x16 ensuite, 64 utilisateurs sont
connectés avec donc 64 longueurs d'onde. 4 lasers accordables sont connectés aux
entrées de l'AWG 4x4 (par l'intermédiaire de coupleurs 1x2 permettant de recevoir les
signaux montants). En utilisant l'intervalle spectral libre de l'AWG, chaque laser
accordable est capable d'adresser chaque ONU. Le laser n°1 adressera l'ONU 1 avec λ1
alors que le laser n°2 utilisera λ2. L'intérêt est qu'un ONU peut prendre l'intégralité de la
bande passante fournie par un laser et les autres ONU se partageront les 3 autres lasers.
Si l'on avait par comparaison 1 GPON il y aurait un ONU qui prendrait toutes les
ressources et donc 63 ONUs n'auraient aucune bande passante. Cette solution permet
donc de partager plus efficacement et de façon plus large les ressources globales.

Néanmoins cette solution requiert des composants coûteux comme l'AWG NxN et de
multiples lasers accordables. Ces lasers accordables doivent avoir en outre des temps
de commutations rapides car c'est un partage temporel des ressources qui est utilisé, et
une plage spectrale d'accordabilité importante car le but est d'avoir un grand nombre
d'utilisateurs.

2.2.3.2 SUCCESS

SUCCESS est l'acronyme de Standford university Access [ 60 ]. Il est proposé une


architecture de réseau d'accès PON hybride WDM-TDM, avec un scénario de migration
compatible avec des PON TDM existants. L'architecture est basée sur une boucle de
collecte connectant plusieurs étoiles passives. Sur la boucle peuvent être connectés des
PON TDM comme des PON WDM avec un mélange de CWDM et DWDM. Ceci est
réalisé aux nœuds d'accès grâce à différentes technologies de partage des ressources.

78
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Figure 2-21: architecture et topologie de SUCCESS [60]

Lorsqu'un nœud connecte un PON TDM, il peut être constitué comme sur la Figure 2-22
(a). Afin de connecter plusieurs PON TDM sur le même anneau, les longueurs d'onde du
signal montant doivent être différentes pour chaque PON TDM. Des longueurs d'onde
CWDM peuvent donc être utilisées tout comme pour les signaux descendants. Au
niveau du nœud d'accès des filtres CWDM sélectionnent les signaux pour le PON TDM
correspondant et un coupleur NxN permet de connecter deux PON TDM sur le même
nœud.
En ce qui concerne les PON WDM destinés à des utilisateurs ayant besoin d'une très
grande bande passante, des longueurs d'onde DWDM sont affectées à chaque ONU.
Une ou deux, suivant que la longueur d'onde descendante est également utilisée pour le
sens montant ou non. La technique est d'utiliser deux filtres séparateur de bandes l'un
en face de l'autre et inversés, et de les connecter sur 2 ports d'un AWG NxN. Ceci
permet de connecter de chaque coté de l'AWG (N-1) ONUs. ( Figure 2-22 b)

(a) (b)
Figure 2-22: techniques des nœuds d'accès pour PON TDM ou PON WDM dans
SUCCESS [60]

L'achromaticité des ONU est évoquée en citant la solution de modulation déportée avec
un RSOA réflectif. Ils proposent plus particulièrement de concevoir un VCSOA (vertical
cavity semiconductor optical amplifier) qui est basé sur un VCSEL et qui aurait pour
propriété supplémentaire par rapport au RSOA classique un meilleur couplage dans la
fibre et un coût plus bas dû à la facilité de test sur wafer de ce type de composant à
émission verticale.

79
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

2.3 Architectures avec remodulation du signal descendant

Les solutions de non colorisation de l'ONU décrites précédemment impliquent


généralement d'utiliser 2 longueurs d'onde par utilisateur: une pour le sens montant et
l'autre pour le sens descendant afin de bien séparer chaque flux. Ceci implique d'avoir
un nombre très important de longueurs d'onde. Des études ont donc été menées pour
trouver des solutions permettant d'utiliser une seule longueur d'onde par ONU au lieu de
deux. L'idée est donc de réutiliser la longueur d'onde transportant le signal descendant
pour générer le signal montant. Plusieurs techniques ont donc été proposées ayant
généralement pour principe d'utiliser un format de modulation particulier sur le signal
descendant afin que ce signal puisse être remodulé avec une modulation d'amplitude de
façon classique. Ces formats de modulation particuliers sont la modulation de phase
PSK (phase shift keying), la modulation de fréquence FSK (frequency shift keying), le RZ
(return to zero) inversé. D'autres techniques sont également présentées ci après comme
l'utilisation d'une porteuse RF, l'effacement de la longueur d'onde ou la remodulation
avec deux niveaux de taux d'extinction.

Dans la suite du document les termes de modulation d'amplitude et modulation


d'intensité sont équivalents et ils regroupent la modulation ASK (amplitude-shift-keying)
et on-off-keying (OOK).

2.3.1 Modulation de phase PSK sur le signal descendant

La solution décrite dans la publication [61] consiste à utiliser une modulation de


phase pour le flux descendant, ce qui a comme intérêt de garder une intensité constante
sur la longueur d'onde et de permettre de remoduler celle-ci ensuite en OOK. Le
système de réception consiste en un coupleur 3dB dont l'un des bras va vers le
modulateur d'amplitude et l'autre vers le récepteur. Le récepteur est constitué d'un
démodulateur de phase, qui est un interféromètre à retard ("delay interferometer), c'est-
à-dire un Mach-Zender dont l'un des bras déphase le signal d'un temps bit, ce qui a pour
effet de transformer le signal modulé en phase en signal modulé en amplitude et donc
détectable en direct par une photodiode.

Interféromètre à photodiode ONU


retard

3dB

Modulateur données
d'amplitude

Figure 2-23: ONU avec démodulation en phase et remodulation en OOK

L'expérimentation a montré la transmission d'un flux montant remodulé à 2.5 Gbit/s sans
erreur sur une distance de 20 km sans compensation de dispersion. Le modulateur
d'intensité à l'ONU est un interféromètre de Mach-Zender, ce qui nécessite un contrôle
de la polarisation en entrée. Le signal descendant initial est modulé à 10 Gbit/s.

80
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Idéalement le signal descendant DPSK ne donne pas de pénalité sur le signal montant
grâce à son intensité constante. Néanmoins la dispersion chromatique convertit la
modulation de phase en fluctuation d'intensité, ce qui résulte en un crosstalk entre le flux
descendant et le flux montant, comme le montre le schéma de la Figure 2-24.

Figure 2-24: impact du signal descendant modulé en phase sur le signal montant

L'inconvénient de cette solution est le coût d'un démodulateur de phase mais les
rédacteurs de cette publication proposent d'utiliser des démodulateurs à base
d'interféromètre à fibres fusionnées (fused fibre) et des filtres optiques à bandes étroites
qui peuvent être bas coûts. Néanmoins le démodulateur de phase est un composant non
accordable qui est réglé pour un débit bien précis (retard de phase équivalent à la durée
d'un bit), ce qui ne donne pas une architecture évolutive à moins d'imaginer un
démodulateur de phase accordable. De plus les résultats obtenus sur le signal montant
l'ont été avec un modulateur de Mach Zender, inutilisable en pratique car nécessitant un
contrôle de la polarisation du signal en entrée. L'utilisation d'un MEA serait plus adapté
car indépendant à la polarisation du signal, mais il implique des pertes qui ne seraient
peut être pas compatibles avec cette architecture.

2.3.2 Modulation de fréquence FSK sur le signal descendant

Le dessin qui suit illustre le principe du système proposé dans [62]. Deux faisceaux
lumineux avec un faible espacement en longueur d'onde sont combinés et injectés dans
un modulateur de phase en niobate de lithium (LiNbO3), où chacun d'eux est modulé en
phase avec un signal de données pré-codées à B bit/s. Les signaux passent ensuite à
travers un interféromètre à retard avec un retard temporel relatif ∆T, qui correspond au
temps bit du signal de données. L'interféromètre convertit les signaux optiques modulés
en phase en signaux modulés en intensité. De plus les longueurs d'onde des deux
porteuses optiques sont choisies de façon à ce qu'à la sortie du système les deux
longueurs d'onde soient complémentaires l'une de l'autre, c'est-à-dire que lorsque le bit
de λ1 est à "1", celui de λ2 est à "0" et inversement. On obtient ainsi en sortie de
l'émetteur une intensité optique constante.

Figure 2-25 : Principe du format FSK [62]

En réception la démodulation est simple puisqu'il suffit d'un filtre optique (à front très
raide néanmoins) qui sélectionne une des longueurs d'onde pour avoir les séquences
binaires modulées en intensité et donc détectables en direct par une photodiode. Pour la
remodulation, il suffit d'un modulateur d'intensité classique qui modulera les deux

81
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

longueurs d'onde, la photodiode en réception intégrant les deux à la fois, ce qui ne pose
pas de problème.

Figure 2-26: montage expérimental d'un signal descendant modulé en fréquence


(FSK) et remodulé en OOK [62]

L'expérimentation [62] a montré la possibilité de signaux modulés à 10 Gbit/s dans le


sens descendant et une remodulation à 2.5 Gbit/s. Les deux longueurs d'onde sont
espacées de 0.65 nm et l'architecture est bi-fibre.

Dans les publications [63 ] et [64] un composant particulier est utilisé pour générer la
modulation FSK qui est en plus un laser accordable: le GCSR (grating-assisted
codirectional coupler with rear sampled Reflector). L'architecture est cette fois mono-
fibre, ce qui apporte des pénalités dues à la bidirectionnalité dans la fibre et en
particulier à cause de la rétrodiffusion Rayleigh. Des résultats à 1,25 Gbit/s symétriques
ont été obtenus et il est souligné que la modulation FSK diminue les effets de
rétrodiffusion Rayleigh pour une transmission bidirectionnelle du fait qu'elle élargit le
signal (double longueur d'onde).
Du coté émission un RSOA est utilisé pour moduler la double longueur d'onde( qui
constitue un signal continu), l'amplifier et la réémettre dans la fibre.

Cette solution paraît intéressante à première vue mais quelques interrogations


subsistent, en particulier à cause du filtre de démodulation. En effet cette démodulation
apparaît très simple mais le filtre utilisé doit avoir un front très raide pour pouvoir séparer
correctement deux longueurs d'onde très proches, et de plus il doit être différent pour
chaque ONU ou bien être accordable. Ces points font que cette solution devient
beaucoup moins bas coût que prévu. Le prix du laser pour le FSK, qui paraissait poser
problème dans les publications, est aussi sujet à discussion.

2.3.3 Porteuse RF sur le signal descendant

Cette solution [65] consiste à transporter le signal descendant avec une porteuse RF sur
la longueur d'onde et de réutiliser celle ci pour le flux montant en remodulant le signal en
bande de base en OOK par l'intermédiaire d'un laser FP verrouillé par injection. Pour ce
faire, il faut d'abord mettre les données sur la porteuse RF grâce à un mélangeur
électrique et un oscillateur local à la fréquence voulue. Ensuite il suffit de moduler
directement le laser avec ce signal RF.

Des débits de 2.5 Gbit/s en sens descendant et 1.25 Gbit/s en sens montant ont été
obtenus avec des fréquences RF entre 6 GHz et 11 GHz.

Cette solution est attrayante car elle permet de réutiliser la longueur d'onde descendante
avec des performances très bonnes en termes de taux d'erreur. Néanmoins les effets de
la fibre ne sont pas pris en compte dans l'expérimentation et c'est une architecture bi-
fibre. Des pénalités sont donc à prévoir dans le cas d'une architecture mono-fibre. Mais

82
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

le plus gros inconvénient est que cette solution entraîne aussi l'apparition de nombreux
composants électriques de réception chez le client comme un amplificateur électrique
adapté, des filtres électriques supplémentaires et surtout un oscillateur local, qui ne sont
pas forcément bas coûts.

Figure 2-27 : montage expérimental de l'architecture avec le signal descendant sur


une porteuse RF sur une longueur d'onde qui est remodulée ensuite en OOK

2.3.4 Remodulation avec deux niveaux de taux d'extinction

L'utilisation de formats de modulation alternatifs est bien sûr très intéressante


pour pouvoir réutiliser le signal descendant mais il est possible de remoduler le signal
descendant tout en gardant le format de modulation conventionnel qu'est l'ASK. La
solution a été proposée dans [66] et consiste à moduler le signal descendant avec un
faible taux d'extinction et de remoduler au niveau de l'ONU avec un grand taux
d'extinction (grâce à un RSOA) et avec un débit moins important.

Figure 2-28: architecture avec deux niveaux de taux d'extinction et remodulation


avec un RSOA

Les résultats expérimentaux montrent une transmission bi-fibre sur 10 km avec un taux
de partage de 16 par longueur d'onde, un débit descendant jusqu'à 2.5 Gbit/s et une
remodulation à 622 MHz avec un RSOA. Les conclusions montrent la nécessité de

83
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

codes correcteurs d'erreurs pour avoir une transmission sans erreur. Cette architecture
est très intéressante car très simple mais le schéma expérimental montre la présence
d'amplificateurs optiques et une transmission bi fibre. De plus la longueur de fibre entre
le point de répartition ("curb") et l'ONU n'est pas prise en compte alors que des pénalités
dues à la bidirectionnalité sont à attendre.

La même technique est utilisée dans [67] mais sans partage de la longueur d'onde entre
plusieurs ONU, c'est-à-dire sans coupleur. La puissance injectée dans le RSOA est donc
plus importante et la démonstration a été faite d'un signal descendant modulé à 2.5
Gbit/s remodulé à 1.25 Gbit/s avec les données montantes.

2.3.5 Effacement du signal descendant

L'idée proposée dans [68] et [69] consiste à utiliser un SOA en fonctionnement


saturé pour effacer le signal descendant et le moduler avec de nouvelles données. De
façon plus précise, cette solution nécessite d'abord d'avoir un signal descendant modulé
avec un faible taux d'extinction. Ce signal optique est ensuite amplifié par un
amplificateur linéaire chez le client pour permettre une détection correcte et également
pour amener la puissance dans la région de saturation du SOA. L'injection dans le SOA
permet de réduire considérablement l'écart entre les "0" et les "1", ce qui veut dire que
les données descendantes sont quasiment effacées (Figure 2-29). Dans le même temps
le signal lumineux est modulé avec des données différentes en modulant le courant
d'injection du SOA.

Figure 2-29 : principe de la réécriture de données sur une longueur d'onde

Figure 2-30 : caractéristique entrée-sortie du SOA utilisée pour l'effacement des


données

84
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

L'expérimentation [68] a démontré la fonctionnalité du système de remodulation pour des


signaux descendants et montants à 622 Mbit/s sur une distance de 40 km entre le
central et le client tandis que le module d'effacement présenté dans [69] fonctionnait à
2.5 Gbit/s.

Cette solution technique présente l'avantage de pouvoir être intégrée mais pour le
moment la puissance nécessaire à la saturation du SOA est trop importante: la solution
nécessite un amplificateur optique linéaire, un SOA pour effacer les données et un
second SOA pour moduler, ce qui fait beaucoup pour un ONU. Néanmoins des
améliorations sont à attendre au niveau des SOA pour avoir des puissances de
saturation en entrée beaucoup plus faibles, ce qui permettrait de supprimer
l'amplificateur optique linéaire.

2.3.6 Modulation "RZ inversé" sur le signal descendant

L'utilisation d'un format de modulation peu répandu a été présenté dans [70]. Ce format
de modulation est le retour à zéro inversé (IRZ: inversed return-to-zero). L'intérêt de ce
format est qu'un "zéro" est matérialisé par un bit à "un" et qu'un "un" est matérialisé par
un demi-bit à "un" (seconde période du bit), comme on peut le voir sur la Figure 2-31.

Figure 2-31: schéma de principe du retour à zéro inversé et de l'architecture de


PON WDM associée à ce format de modulation

L'intérêt de ce format de modulation par rapport au RZ classique est que le signal


contient une puissance optique non nulle quelle que soit la marque du bit, "0" ou "1", ce
qui permet de remoduler le signal aisément en OOK. Les résultats expérimentaux ont
montré le fonctionnement de cette technique pour un signal descendant modulé à 2.5
Gbit/s et remodulé à 1 Gbit/s et 2.5 Gbit/s. Ces résultats ont été obtenus avec 20 km de
fibres DSF, avec une architecture bi-fibre et un interféromètre de Mach-Zender comme
modulateur externe pour la remodulation.

2.3.7 Fonctionnement en half duplex

L'utilisation du RSOA à la fois comme modulateur-amplificateur et détecteur est étudiée


pour un fonctionnement en half-duplex [ 71 ]. Le SOA a des propriétés relativement
bonnes en photodétection puisque la sensibilité @ 10-9 pour un débit de 1.25Gbit/s est
de -19 dBm et il permet de réduire l'ONU à un seul composant optique. Avec cette
technique la trame du signal descendant est donc une partie du temps le signal
descendant lui-même et l'autre partie du temps un signal non modulé qui est renvoyé
modulé par le RSOA. Le débit total est donc à partager entre signaux montants et

85
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

descendants. Des interrogations subsistent sur les effets transitoires du RSOA lors du
passage de la fonction modulation à la fonction photodétection et inversement. En effet
les courants de polarisation du RSOA sont différents dans les deux modes et ces effets
de transitions peuvent apporter des pénalités (temps de commutation allongée) qui n'ont
pas été mesurés.

Figure 2-32: Fonctionnement en half duplex avec un RSOA

Cette solution de half-duplex, avec le signal descendant qui est alternativement continu
puis modulé avec les données descendantes, peut être utilisée avec un autre composant
de remodulation que le RSOA et constitue une solution très intéressante pour
économiser sur le nombre de longueurs d'onde.

86
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

2.4 Conclusion sur les composants et architectures de réseau


d'accès WDM

Le tableau suivant résume les différentes solutions techniques pour réaliser un ONU
achromatique.

Modulation
Spectrum Laser
Technique IL-FP RSOA déportée
slicing accordable
avec MEA
Lumière pour le Cohérente/
Lumière incohérente Lumière cohérente
sens montant incohérente
Type de Directe ou
Directe Directe Directe externe
modulation externe
Débit montant
maximum 1.25 Gbit/s 1.25 Gbit/s 5 Gbit/s > 10 bit/s
estimé
Contrôle de la
longueur
Non Non/oui Non Oui Oui/non
d'onde à l'ONU
(température)
Source
Composant
Source ASE ou Barrette de
supplémentaire x x
ASE barrette de DFB
à l'OLT
DFB
Largeur
spectrale de
60 nm 30 nm 40 nm 35 nm 30 nm
fonctionnement
(typique)
Tableau 10: solutions techniques de réalisation d'un ONU achromatique

L'utilisation de sources larges ou de lasers accordables à l'ONU sont les solutions les
plus simples d'emploi puisqu'elles ne requièrent aucun autre composant. Les
inconvénients sont le prix des lasers accordables, trop chers pour le moment pour le
réseau d'accès, et en ce qui concerne les sources large et la technique dite de spectrum
slicing, c'est la limite en portée du système qui pose problème, due à la dispersion
chromatique et aux pertes du hachage qui limitent le budget optique. Néanmoins les
codes correcteurs d'erreurs ou la précompensation électronique de dispersion, qui
commencent à investir le réseau d'accès, offrent des solutions techniques pour obtenir
les portées classiques des PON. Le spectrum slicing est donc une solution envisageable
pour les PON WDM à 125 Mbit/s, voire 622 Mbits/s. Au dessus, les portées risquent
d'être limitées.

Les autres solutions sont basées sur la modulation déportée qui utilise une longueur
d'onde continue provenant du central. Un composant qui effectue simplement une
modulation est employé comme émetteur à l'ONU, ce qui permet d'obtenir un ONU
achromatique sur la bande spectrale de fonctionnement du composant. Trois
composants sont utilisés pour cette fonction:
Q Le laser Fabry-Pérot verrouillé par injection (IL-FP) pour une modulation
jusque 1.25 Gbit/s (modulation possible jusque 10Gbit/s mais impossible à
implémenter dans un PON WDM à cause de la dépendance en polarisation et
de la puissance d'injection nécessaire [18])

87
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Q Le RSOA pour une modulation estimée jusque 5Gbit/s (1.25 Gbit/s réalisé
jusque maintenant)
Q Le modulateur à électro-absorption (MEA) pour une modulation à 10 Gbit/s et
plus. L'association avec un SOA est nécessaire pour compenser les pertes
d'insertion du MEA.

Les coûts sont proportionnels au débit que peut supporter le composant, les lasers IL-FP
ont donc été très étudiés car bas coût pour des PON WDM ou PON WDM/TDM avec un
débit inférieur à 1.25 Gbit/s sur chaque longueur d'onde. La technique la plus utilisée
avec les IL-FP est l'émission des longueurs d'onde continues grâce à une source ASE,
hachée naturellement par l'AWG qui permet de séparer les longueurs d'onde au niveau
du point de répartition.
Les mêmes architectures sont d'ailleurs généralement utilisées avec les IL-FP et les
RSOA, mais ces derniers connaissent de plus en plus de succès, car ils sont quasi-
insensibles à la polarisation, leur bande passante électro-optique va potentiellement
jusque 5 Gbit/s et ils ont une propriété d'amplification qui permet d'obtenir
éventuellement un budget optique supérieur.

Le MEA est le seul composant capable de moduler à 10Gbit/s et il est donc


incontournable dans les PON WDM et WDM-TDM avec un débit en ligne de 10Gbit/s. La
problématique est de réaliser un composant associant MEA et SOA avec des pertes de
couplage réduites afin de pouvoir obtenir un budget optique conséquent sans avoir
recours à de l'amplification en ligne.

Les PON WDM utilisent généralement deux bandes de longueurs d'onde pour les
signaux montants et descendants. Des formats de modulation alternatifs sont proposés
permettant d'utiliser une seule longueur d'onde pour les signaux montants et
descendants mais ils mènent souvent à une complexification de l'ONU: démodulateur de
phase pour le PSK, filtre accordable pour le FSK, oscillateur local pour la RF sur fibre.
De même la technique d'effacement de la longueur d'onde requiert également plusieurs
SOA pour fonctionner correctement. L'utilisation de 2 niveaux de taux d'extinction et
l'utilisation du RSOA à la fois comme photodétecteur et comme modulateur sont les 2
techniques les plus réalistes, même si dans le second cas, le débit est divisé par 2.

Les PON flexibles en longueurs d'onde offrent des possibilités de reconfiguration du


réseau d'accès tout à fait intéressantes mais avec un surcroît de complexité et un
surcoût important.

Les architectures de PON WDM les plus à mêmes de voir le jour sont celles basées sur
la technique de modulation déportée qui a l'intérêt d'être évolutive, tant au niveau du
budget optique que du débit. Il faut noter que la très grande majorité des PON WDM
étudiés sont basés sur un multiplexeur comme élément de routage et il y a très peu de
propositions de PON WDM "broadcast and select". Les pertes apportées par le coupleur
optique sont une des raisons principales de la mise à l'écart de ce type de PON WDM.
De même les PON WDM sont quasiment exclusivement basés sur une longueur d'onde
par ONU et les architectures avec une longueur d'onde par service sont rares.

88
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

Références chapitre 2 "Mise en œuvre du WDM dans le réseau d'accès


optique de future génération"

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[6] www.inphenix.com

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89
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

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Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

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91
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

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[59] "scalable two-stage multi-FSR WDM-PON access network offering centralized dynamic
bandwidth allocation", C. Bock, ECOC 2004 Tu4.6.6

[60] "SUCCESS: a next generation hybrid WDM/TDM optical access network architecture", Fu-
Tai An and al., Journal of Lightwave Technology, Vol 22, N°11, nov 2004
[61] "System Characterization of a robust Re-modulation scheme with DPSK downstream traffic
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[62] "WDM PON system with FSK downstream data using a reflective SOA transmitter", R. Sato,
T. Ito, A. Ohki, Y. Akatsu, H. Toba, OECC/COIN 2004

[63] "bidirectional Transmission in FTTH using combined FSK-IM modulation formats", J.Prat,
V. Polo, C. Bock, C. Arellano, J.J. Vegas Olmos

[64] "Full-duplex Single Fiber Transmission using FSK Downstream and IM Remote Upstream
Modulations for Fiber-to-the-Home”, Josep Prat, Carlos Bock , Victor Polo , Cristina Arellano ,
J.J. Vegas, PTL-13649-2004, IEEE Photonics Technology Letters , vol. 17, no. 3, March 2005.

[65] "Demonstration of an ONU for WDM Access Network with Downstream BPSK and
upstream remodulated OOK data using injection-locked FP Laser", S.Y. Cheung, L.Y. Chan, C.K.
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[66] "A duplex WDM passive optical network with 1:16 power split using reflective SOA
remodulator at ONU, J.J. Koponen, OFC 2004, MF99

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92
Chapitre 2: Mise en Œuvre du WDM dans le Réseau d'Accès

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with Centralized Sources" H. Takesue, T. Sugie, Journal of lightwave Technology, Vol. 21, N° 11,
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[69] "2.5-Gbit/s Wavelength Channel Data Rewriter Using Semiconductor Optical Saturator /
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[70] "Use of downstream inverse-RZ signal for upstream data re-modulation in a WDM passive
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[71] "Optical network unit based on a bidirectional reflective semiconductor optical amplifier for
fiber-to-the-home networks", J. Prat, PTL vol 17,n°1, January 2005

93
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

94
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Chapitre 3

Architectures de PON
WDM étudiées

95
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

96
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3 - Architectures de PON WDM


étudiées
L'étude de la mise en œuvre du WDM dans le réseau d'accès de future génération a
montré l'importance d'avoir un ONU achromatique et il existe plusieurs solutions techniques.
La technique de modulation déportée est particulièrement intéressante car la longueur
d'onde du signal remontant est émise au central et le débit réalisable avec cette architecture
dépend du composant utilisé à l'ONU.
Les PON WDM fournissant 100Mbit/s symétriques ne sont pas particulièrement intéressants
car un GPON réalise quasiment les même débits pour un coût très inférieur. D'autre part les
avantages proposés par le WDM tel que la confidentialité des canaux ne sont pas
suffisamment pertinents. Un débit de 100Mbit/s voire même moins est acceptable avec du
WDM si celui-ci sert à augmenter le nombre d'ONU par PON. En effet l'augmentation du
taux de partage peut être réalisé par des PON hybrides WDM-TDM qui permettent de
mutualiser un plus grand nombre d'ONU sur la fibre de transport que le GPON (taux de
partage de 128 dans la norme, et 32 ou 64 réalisé en pratique).
Un PON WDM est donc intéressant uniquement pour un débit supérieur à 622Mbit/s. Un
seul ONU par longueur d'onde est une éventualité dans le cadre du FTTBuilding où un débit
élevé arrive par la fibre jusqu'à un immeuble, et les appartements sont ensuite desservis par
VDSL, Ethernet, Wimax …
Dans les architectures proposées nous allons nous fixer comme débit de base le
GigaEthernet, c'est-à-dire 1.25 Gbit/s car un PON WDM à 1.25 Gbit/s pour du FTTB est
plausible et un PON WDM-TDM avec 1.25Gbit/s divisé entre 8 ou 16 ONUs est également
acceptable.

Le composant choisi est le RSOA car son potentiel est plus important que le laser Fabry-
Pérot verrouillé par injection.
Dans un premier temps nous avons caractérisé un RSOA, prêté par Alcatel-Thales III-V lab
[1], en termes de bande passante électro-optique, bande passante optique, gain, facteur de
bruit, taux d'extinction et performances en taux d'erreurs binaires.

Dans un second temps nous avons défini deux architectures de PON utilisant le WDM à
1.25 Gbit/s.
La première architecture est un PON WDM-TDM utilisant une seule longueur d'onde pour
les sens montant et descendant. La technique utilisée est la modulation du signal
descendant avec un faible taux d'extinction et la remodulation de celui-ci avec un fort taux
d'extinction grâce au RSOA pour constituer le signal montant. Cette technique a déjà été
proposée dans la littérature cependant nous allons étudier les limites de l'architecture mono-
fibre et analyser les avantages du passage à une architecture partiellement bi-fibre.

La seconde architecture est un PON WDM basé sur la génération de multiples longueurs
d'onde par le hachage d'une source large et la modulation à l'ONU par le RSOA. Plusieurs
variantes ont été implémentées, pour tenter d'obtenir un PON WDM-TDM puis pour avoir un
système similaire pour le sens descendant.

Un dernier chapitre traite de la conversion de longueur d'onde dans le réseau d'accès. Des
études expérimentales ont été réalisées pour la conversion tout optique de la bande O
(1.3µm) vers les bandes C et L, en utilisant des modulateurs à électro-absorption. Le but est

97
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

de convertir les longueurs d'onde classiques du PON vers des bandes aisément
amplifiables optiquement, dans le cadre d'un réseau d'accès étendu, c'est-à-dire où le
réseau d'accès fusionne avec le réseau de collecte. Les résultats obtenus sont présentés
dans ce chapitre.

Un aspect important des architectures est le nombre de fibres par ONU. En effet dans le cas
d'un déploiement de grande envergure, on peut imaginer que le coût de la fibre puisse être
un paramètre à prendre en compte et qu'il serait préférable de privilégier des architectures
mono-fibre bidirectionnelles. En fait le coût de la fibre est très faible comparé au coût des
composants opto-électroniques et surtout au coût du génie civil et le fait d'avoir une ou deux
fibres par ONU influe peu sur le CAPEX. Néanmoins au niveau OPEX il est préférable
d'avoir des architectures mono-fibre pour des facilités de maintenance opérationnelle. Il est
plus facile d'intervenir sur une seule fibre dont on sait qu'elle transporte les flux montants et
descendants que sur deux fibres qu'il est difficile de différentier. De même au central cela
divise par deux le nombre de fibres à arriver ce qui n'est pas négligeable en termes
d'encombrement dans le cas d'un déploiement de grande envergure.

98
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.1 Caractérisation du RSOA

3.1.1 Présentation

Le RSOA que nous avons utilisé tout au long de cette thèse nous a été prêté par le
groupement d'intérêt économique (GIE) Alcatel-Thales III-V lab. Ce GIE s'appelait
auparavant Opto+ et était constitué de deux partenaires: France Télécom et Alcatel. Ce
RSOA a été conçu il y a plusieurs années, déjà dans l'optique de réaliser un PON WDM.
Les paramètres de fabrication sont décrits dans la référence [2].
La Figure 3-1 présente une vue de dessus de l'intérieur du boitier "butterfly" contenant le
RSOA. Le RSOA, visible en rouge, est pourvu d'une couche hautement réfléchissante (HR)
sur la facette arrière et d'une couche antireflet (AR) sur la facette avant. Une fibre lentillée
avec également une couche antireflet permet une efficacité de couplage supérieure à 50%.
La longueur de la puce est de 1 mm, incluant le guide optique passif à l'extrémité. Le guide
a une inclinaison de 7° par rapport à la facette cl ivée, pour diminuer les réflexions parasites
et améliorer le couplage.
Un fil électrique entre le coté "P" de la puce et un micro ruban 50 Ohm permet la connexion
électrique au "+" du connecteur SMA. Le coté "N" de la puce est mis à la terre.

Lensed fibre
HR Optical fibre
AR

Figure 3-1: vue de dessus du R-SOA

La puce RSOA est une hétérostructure à confinement séparé en InGaAsP, avec une
couche active en matériaux faiblement contraint en tension. Dans les structures non
contraintes, le gain TE est favorisé car le facteur de confinement TE est plus grand que le
TM. En introduisant un matériau contraints en tension, le gain matériau TM devient plus
important que le TE. La différence de gain TE-TM est donc diminuée. La dépendance du
gain à la polarisation (PDL: polarisation dependent loss) obtenue est inférieure à 1dB pour
un courant de 60 mA et est inférieure à 1.5 dB à 100 mA. Les paragraphes suivants
décrivent la caractérisation en termes de gain optique, puissance de sortie, bande passante
électrique, rapport signal sur bruit, taux d'extinction, ondulation résiduelle et performances
en taux d'erreurs binaires.

99
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.1.2 Gain / puissance de sortie

3.1.2.1 Puissance de sortie

Le composant était accompagné d'un document d'évaluation donnant diverses données


expérimentales sur les caractéristiques du RSOA. Certaines des courbes présentées ci-
après sont issues de ce document. D'autres mesures expérimentales ont été faites par nos
soins pour vérifier les performances annoncées et pour caractériser d'autres paramètres.

Les Figure 3-2 (a) et (b) montrent la puissance de sortie du RSOA opérant sans injection
optique. La puissance mesurée est l'émission spontanée amplifiée (ASE).
9 15

8
10
7
Puissance optique (mW)

Puissance optique (dBm )


6
0
5
0 20 40 60 80 100 120
4 -5

3 -10

2
-15
1
-20
0
0 20 40 60 80 100 120 140 -25
coura nt de pola risa tion (m A)
-30
coura nt de polarisation (m A)

(a) (b)
Figure 3-2: puissance de sortie (ASE) du RSOA en fonction du courant appliqué, en
échelle linéaire (a) et en échelle logarithmique (b)

L'échelle linéaire montre un seuil autour de 40 mA.

3.1.2.2 Gain

Pour la mesure du gain nous allons différencier les mesures en statique, qui sont réalisées
en appliquant simplement un courant continu sur le RSOA, des mesures en dynamique où
une modulation est superposée au courant continu.

Gain en statique

Pour mesurer le gain nous avons utilisé le montage suivant:

Laser 1 2
accordable RSOA
3

Ibias (DC)
Analyseur de
spectre
optique

Figure 3-3: schéma du montage pour la mesure du gain du RSOA en statique

100
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Le laser accordable est suivi d'un atténuateur variable pour varier le niveau d'injection
optique dans le RSOA. La résolution de l'analyseur de spectre optique était fixée à 1 nm
dans nos mesures alors que les mesures effectuées par Alcatel ont été réalisées avec une
résolution de 0,1 nm. Le fait d'avoir une large résolution permet de se rapprocher des
valeurs de puissance obtenues avec un puissance-mètre.
25
20
I = 100mA

EXTERNAL GAIN (dB)


15 I = 90mA
I = 80mA
10
I = 70mA
5 I = 60mA
I = 50mA
0 I = 40mA
-5 I = 30mA

-10
-15
-20
1480 1500 1520 1540 1560 1580 1600 1620
WAVELENGTH (nm)

Figure 3-4: gain du RSOA en fonction de la longueur d'onde pour différents courants
(Alcatel)
La Figure 3-4 montre le gain optique en fonction de la longueur d'onde pour différents
courants de polarisation du RSOA. Le gain augmente avec le courant, mais il ya un léger
décalage du spectre d'amplification vers les basses longueurs d'onde. La bande passante
optique à 3dB augmente également jusqu'à 50 nm pour un courant de 60 mA avant de
diminuer légèrement. Le Tableau 11 résume les valeurs de gain correspondant aux
longueurs d'onde centrales à chaque courant de polarisation. La bande passante optique
correspondant à chaque courant est déduite directement du graphique.

Courant Longueur d'onde Gain maximum Bande passante


centrale optique à -3dB
30mA 1570 nm 1 dB < 30 nm
40mA 1560 nm 8 dB 40 nm
50mA 1550 nm 13 dB 42 nm
60mA 1550 nm 16 dB 50 nm
80mA 1550 nm 20 dB 40 nm
100mA 1550 nm 22 dB 45 nm
Tableau 11: gain et bande passante optique en fonction du courant de polarisation du
RSOA
30
25
25
20
20
EXTERNAL GAIN (dB)

15
15
10 40 mA
10
50 mA
gain (dB)

5 I= 100mA 5 60 mA
0 I= 90mA 80 mA
0
I= 80mA 100 mA
-5
I= 70mA -5
-10 I= 60mA
-10
I= 50mA
-15 -15
I= 40mA
-20 -20
1530 1535 1540 1545 1550 1555 1560 1530 1535 1540 1545 1550 1555 1560
WAVELENGTH (nm) longue ur d'onde (nm )

(a) Alcatel (b) FT


Figure 3-5: gain du RSOA en fonction de la longueur d'onde sur la bande C, pour
différents courants

101
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

La Figure 3-5 montre le gain du RSOA sur la bande C. Il apparaît tout d'abord que le gain
mesuré par Alcatel est 4 dB inférieur en moyenne au gain mesuré sur notre banc
expérimental. Cela s'explique par le fait que la résolution de notre analyseur de spectre
optique était de 1 nm et prenait en compte une plus grande partie de l'émission spontanée
amplifiée. Il apparaît ensuite qu'à partir de 60 mA la bande passante optique à 3dB du
RSOA couvre entièrement la bande C et le gain est supérieur à 13 dB (13dB pour Alcatel et
16 dB pour FT).

La Figure 3-6 montre le gain en fonction du courant pour 4 longueurs d'onde de la bande C.
Le gain est moins important pour les longueurs d'onde basses (1530 nm). Il apparaît que
pour les forts courants, le gain dépend faiblement de la longueur d'onde puisque la
différence de gain entre 1530 nm et 1550 nm à 100 mA est de 2 dB tandis que cette
différence est beaucoup plus importante pour les faibles courants: 9 dB à 30 mA.

30
25

20 25
EXTERNAL GAIN (dB)

15
20
1530 nm
10

gain (dB)
1540 nm
15
5 1550 nm
1560 nm
1530 nm
0 10
1540 nm
-5 1550 nm
5
1560 nm
-10
0
-15 40 50 60 70 80 90 100
30 40 50 60 70 80 90 100
courant (m A)
BIAS CURRENT (mA)

(a) Alcatel (b) FT


Figure 3-6: gain du RSOA en fonction du courant d'alimentation, à différentes
longueurs d'onde, pour une puissance injecté de -25 dBm

Gain en dynamique

Les mesures de gain en dynamique sont réalisées en ajoutant un signal modulé sur la
composante continue du courant de polarisation par l'intermédiaire d'un té de polarisation.

Laser 1 2
accordable RSOA
3

T Imod (AC)
Analyseur de
spectre
optique Ibias (DC)

Figure 3-7: schéma du montage pour la mesure du gain du RSOA en dynamique

Le signal modulé provient d'un générateur de séquences binaires pseudo aléatoires (PRBS)
délivrant une amplitude de tension maximale de 2 Volts. Les courbes de gain de la Figure
3-8 sont obtenues en fixant l'amplitude du signal de modulation à 2V et en faisant varier le

102
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

courant continu. La résistance équivalente aux bornes du RSOA est égale à 50Ω, ce qui
donne une amplitude de 40mA pour le courant modulé.

20

18
16

14
12

Gain (dB)
10
8 1530 nm dynamique

6 1550 nm dynamique

4 1530 nm statique

2 1550 nm statique

0
40 45 50 55 60 65 70 75 80
courant (m A)

Figure 3-8: gain du RSOA avec injection incohérente, en statique et dynamique

La différence de gain entre le mode dynamique et statique peut paraître importante de


prime abord. En fait il faut considérer non pas seulement le courant électrique mais la
puissance électrique totale appliquée sur le composant.

La puissance électrique instantanée vaut P (t ) = R ⋅ I 2 (t ) avec R= 50 Ω


I (t ) = i + ∆i ⋅ cos(wt )
Avec w la fréquence de modulation et ∆i l'amplitude de modulation du courant.
(
Donc P (t ) = R ⋅ (i + ∆i ⋅ cos(wt )) = R ⋅ i 2 + ∆i 2 ⋅ cos 2 (wt ) + 2i ⋅ ∆i ⋅ cos(wt )
2
)
 1 2
La puissance moyenne vaut donc P = R ⋅  i + ∆i 
 2 
La Figure 3-9 montre le gain en fonction de la puissance électrique en statique et
dynamique.
20

18

16

14

12 1530 nm - statique
gain (dB)

1550 nm - statique
10
1530 nm - dynamique
8 1550 nm - dynamique
6

0
0 50 100 150 200 250 300 350
puis s ance é le ctrique (m W)

Figure 3-9: gain du RSOA (avec lumière incohérente) en fonction de la puissance


électrique appliquée sur le RSOA, avec et sans modulation, pour 1530 nm et 1550 nm.

103
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Les courbes à 1550 nm montrent une meilleure adéquation entre le gain en dynamique et
en statique. Néanmoins à 1530 nm il existe encore une différence assez nette entre les
deux modes d'opération qui reste inexpliquée.

3.1.2.3 Saturation

La Figure 3-10 montre le gain du RSOA en fonction de la puissance d'entrée pour 4


longueurs d'onde de la bande C: 1530 nm, 1540 nm, 1550 nm et 1560 nm. Ces figures
mettent en évidence la saturation du gain. La différence entre les mesures Alcatel et FT
sont marquées en particulier pour les faibles puissances d'entrée. Le niveau d'ASE est
important par rapport à la puissance d'injection, lorsque celle-ci est inférieure à -25dBm. Le
fait d'avoir une résolution de 1 nm fait que l'ASE est prise en compte, et cela explique les
différences de gain obtenues. La platitude du gain est plus visible sur les mesures d'Alcatel
(a) pour les faibles puissances d'entrée.

22
20
1530 nm 20
18 1540 nm
EXTERNAL GAIN (dB)

18

Gain du RSOA (dB)


1550 nm
1560 nm 1530 nm
16 16
1540 nm

14 14 1550 nm
1560 nm
12
12
10
10
8
8 -30 -25 -20 -15 -10 -5
-30 -25 -20 -15 -10 Puissa nce d'e ntrée du RSOA (dBm)
<INPUT POWER> (dBm)

(a) Alcatel (b) FT


Figure 3-10: gain du RSOA en fonction de la puissance d'entrée pour différentes
longueurs d'onde. Le courant de polarisation est 60 mA dans (a) et 65 mA dans (b).

La Figure 3-11 montre la puissance de saturation d'entrée en fonction de la longueur d'onde. La


valeur est prise sur la Figure 3-10 (a) en prenant la valeur de la puissance d'entrée pour
laquelle le gain a diminué de 3dB. Un minimum apparaît à 1550 nm et vaut – 15dBm. Cette
valeur varie entre -12.5 dBm et – 15 dBm sur la bande C. Ceci signifie qu'au dessus de ces
valeurs, le signal d'entrée subit une compression du gain.
-5,0
SATURATION POWER (dBm)

-7,5

-10,0

-12,5

-15,0

-17,5

-20,0
1520 1530 1540 1550 1560 1570 1580
WAVELENGTH (nm)

Figure 3-11: puissance de saturation d'entrée du RSOA en fonction de la longueur


d'onde.

104
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

La Figure 3-12 monte la puissance de sortie du RSOA en fonction de la puissance d'entrée


pour un courant de 65 mA. L'échelle est logarithmique et il apparaît que la longueur d'onde
1530 nm a un gain inférieur aux autres longueurs d'onde: 1 dB de moins que pour 1540 nm
et 2 dB de moins que pour 1550 nm et 1560 nm.
4

puissance sortie (dBm)


-2

-4
1530nm
-6
1540nm
-8 1550nm

-10 1560nm

-12
-30 -25 -20 -15 -10 -5
puis s ance d'e ntré e (dBm )

Figure 3-12: courbes de puissance de sortie du RSOA en fonction de la puissance du


signal injecté, pour différentes longueurs d'onde avec un courant de 65 mA
(résolution 1 nm).

La Figure 3-13 est l'équivalent de la figure précédente pour la longueur d'onde 1550 nm
(65 mA) mais en linéaire. Il est possible d'obtenir une courbe d'interpolation ayant l'équation
suivante [3]:
PSAT ⋅ PIN
POUT = g 0
PSAT + PIN
Où g0 est le gain linéaire, PIN et POUT, les puissances d'entrée et de sortie du RSOA et PSAT
la puissance de saturation d'entrée.
La courbe de tendance est obtenue avec g0 = 130 (21,1 dB) et PSAT = 16µW (-18 dBm). Ces
valeurs sont assez proches de ce qui a été mesuré, compte tenu du fait que ces points ont
été obtenus avec une résolution de 1 nm sur l'analyseur de spectre optique.

fonction de transfert du RSOA

2500

2000
Puissance de sortie (µW)

1500
Pout
fit
1000

500

0
0 50 100 150 200
Puissa nce d'entrée (µW )

Figure 3-13: courbe linaire d'interpolation de la puissance de sortie en fonction de la


puissance d'entrée: fonction de transfert

105
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.1.3 Bande passante électrique

Le paramètre de bande passante électrique du RSOA est important à connaître pour


estimer la vitesse de modulation maximale et donc le débit attendu avec ce composant. Ce
paramètre est obtenu à l'aide de l'analyseur de réseau. Le schéma qui suit décrit le montage
expérimental.

Analyseur de réseau

Electr. Atténuateur
circulateur
Optique
DFB à 1550nm
Tx

T
RSOA

Source de
Courant DC

Figure 3-14: schéma expérimental pour la mesure de la bande passante électrique du


RSOA

La lumière injectée de façon optionnelle dans le RSOA provient d'un laser DFB à 1550nm.
L'atténuateur permet de contrôler la puissance injectée dans le RSOA via le circulateur. La
Figure 3-15 représente la réponse en fréquence du RSOA pour différentes puissance
d'injection optique.

24

21
60mA_ sans injection
18 60mA_-30dBm
60mA_-25dBm
Amplitude (dB)

15
60mA_-20dBm

12 60mA_-15dbm
60mA_-10dBm
9 60mA_-5dBm
60mA_0dBm
6
60mA_+5dBm
3

0
0 500 1000 1500 2000
Fr éque nce e n M Hz

Figure 3-15: réponse en fréquence du RSOA avec un courant de 60mA et pour


différentes puissances d'injection optique (DFB@1550nm)

La Figure 3-15 montre que la réponse en fréquence s'améliore lorsque la puissance injectée
augmente et la bande passante atteint 1GHz. L'amélioration est plus particulièrement visible
à partir de -15 dBm de puissance optique injectée. Par ailleurs lorsque la puissance injectée

106
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

est proche du niveau de saturation du composant (courbe avec +5 dBm de puissance),


l'amplitude de la réponse en fréquence diminue légèrement aux basses fréquences. La
publication [4] explique qu'un SOA devient un filtre passe bas lorsque la puissance d'entrée
est très importante.

La bande passante est généralement définie comme la fréquence pour laquelle l'amplitude
diminue de 3dB. Sur les courbes de réponse fréquentielle, les mesures commencent à
130MHz et atteignent rapidement un plateau. Le Tableau 12 qui suit donne les valeurs de
fréquence de coupure, en considérant d'abord ce plateau comme limite (Fc1) puis une
seconde valeur prenant comme référence ce plateau (Fc2). Fc2 est plus grand que Fc1. Le
principe de la mesure est décrit sur la Figure 3-16.

24

21

18

60mA_ sans injection


Amplitude (dB)

15
fc1
60mA_-20dBm
12 3 dB
fc2 60mA_-15dbm

9
60mA_0dBm

0
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000

Fré que nce e n M Hz

Figure 3-16: descriptif de la mesure de la bande passante électrique du RSOA (Fc2)

Niveau d'injection optique


Sans injection -20 dBm -15 dBm 0 dBm
Fc1 650 MHz 675 MHz 700 MHz 750 MHz
Fc2 900 MHz 1000 MHz 1275 MHz 1375 MHz

Tableau 12: bande passante du RSOA à 3dB

107
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Bandwidth measurement in reflection mode Bandwidth measurement in reflection mode


700
400
600 90 100
-3dB BANDWIDTH (MHz)

-3dB BANDWIDTH (MHz)


Pi=-24dBm 80
350
500 RT=25°C 70
1550nm 60
400 300
50

300 40
250
35
30 I=40mA (G=10dB)
200
25 200 RT=25°C
20
100 1550nm
150
0
2 4 6 8 10 -30 -25 -20 -15 -10

SQRT(BIAS CURRENT) (mA )


1/2 <INPUT POWER> (dBm)

Figure 3-17: bande passante à -3dB en Figure 3-18: bande passante à -3dB en
fonction de la racine carré du courant de fonction de la puissance d'entrée pour un
polarisation (mesures Alcatel) courant de 40 mA

Les valeurs obtenues par nos soins diffèrent des résultats d'Alcatel mais les valeurs de
fréquence de coupure obtenues montrent que celle-ci augmente lorsque le niveau de
puissance optique injecté augmente. La raison envisagée est la lumière injectée permet
d'augmenter la densité de porteurs et favorise les recombinaisons. Il faut donc s'attendre à
avoir de meilleurs résultats à 1.25 Gbit/s lorsque le niveau de puissance injecté est assez
fort. Les courbes de taux d'erreurs présentées dans le paragraphe 3.2.8 sont en adéquation
avec ces résultats.

21

18

15
50mA_-25dbm
Amplitude (dB)

12 60mA_-25dBm
70mA_-25dBm
9 80mA_-25dBm
90mA_-25dBm
6

0
0 500 1000 1500 2000
Fré que nce e n M Hz

Figure 3-19: réponse en fréquence du RSOA pour une puissance optique d'entrée de -
25dBm et pour différents courants d'alimentation

La Figure 3-19 montre la réponse en fréquence du RSOA pour une puissance d'injection
fixée à -25 dBm et en fonction du courant de polarisation. La réponse en fréquence est

108
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

meilleure pour les forts courants et la fréquence de coupure augmente donc avec le courant
de polarisation. L'augmentation de la bande passante à 3dB est confirmée par les mesures
d'Alcatel de la Figure 3-17, même si les valeurs trouvées sont sensiblement différentes. Les
valeurs d'Alcatel sont très basses, 450MHz à 60 mA, et il parait donc impossible de faire
passer 1.25Gbit/s et pourtant les courbes de taux d'erreur montre que le RSOA supporte ce
débit. Ces valeurs semblent donc à prendre avec précaution.

Néanmoins la théorie prévoit que la fréquence de coupure à -3dB est proportionnelle au


∂R
taux de recombinaison différentiel des porteurs, [5]. Pour un SOA polarisé de façon
∂N
∂RSp
normale, le taux de recombinaisons radiatives bimoléculaires, , est prédominant et il en
∂N
résulte ainsi:
∂R ∂RSp
f −3dB ∝ ∝ ∝N car RSp ∝ BN 2 ,
∂N ∂N
où B est le coefficient radiatif bimoléculaire, et N la densité de porteurs injectés.
Les équations sur les porteurs peuvent s'exprimer de la façon suivante:
∂N I I
= − R( N ) = − BN 2
∂t eV eV
où I est le courant de polarisation, V le volume de la couche active et e la charge de
l'électron.
La solution à l'état stable donne: N ∝ I .
La bande passante devrait donc être proportionnelle à la racine carré du courant de
polarisation, ce qui est vérifié sur la Figure 3-17. Il est à noter que l'augmentation de la
bande passante avec la puissance d'injection optique est vérifiée sur la Figure 3-18 mais
pour une valeur de courant de polarisation de 40 mA, ce qui est faible, d'où des valeurs de
bande passante également faibles.

3.1.4 Rapport Signal sur bruit et facteur de qualité Q

Le RSOA est avant tout un amplificateur, et en tant que tel il ajoute du bruit au signal
amplifié. Un paramètre important à analyser est donc le rapport signal sur bruit. Nous avons
utilisé l'oscilloscope Infinum d'Agilent pour mesurer le rapport Signal sur bruit à la sortie du
RSOA. A l'aide de cet appareil qui possède des entrées optiques, le diagramme de l'œil
peut être affiché pour estimer le rapport signal sur bruit. En fait cette valeur est semblable à
la valeur d'un facteur Q intégrant le niveau de bruit de l'appareil, qui ne peut être supprimée.
Il est donné par
I1 − I 0
Q=
σ1 + σ 0
Avec I1 la puissance moyenne des bits à "1", I0 la puissance moyenne des bits à "0", σ1 la
variance sur la puissance des "1" et σ0 la variance sur la puissance des "0". Les valeurs
sont en mW donc il s'agit d'un facteur Q optique qui peut être mis en relation avec le taux
d'erreur BER par la formule
Q2
+∞ −
1  Q  1 − y2 e 2
BER = erfc 
2  2
=
π ∫e
Q
dy ≈
Q 2π
2

(avec des statistiques de bruit gaussiennes)

109
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Le facteur Q est un paramètre plus représentatif de la qualité du signal que le taux


d'extinction car il prend en compte les bruits. Le facteur Q donné par l'appareil est à priori
pessimiste dans la mesure où il intègre le bruit amené par l'appareil lui-même.

Pour un BER de 10-9 il faut Q=6.

La Figure 3-20 présente le montage ayant permis la mesure du facteur Q. Un circulateur


optique permet d'injecter par le port 1 la puissance continue à la longueur d'onde voulue
dans le RSOA et de récupérer le signal modulé sur le port 3. Ce signal passe ensuite dans
un AWG par le port de sortie correspondant à la longueur d'onde choisie, ce qui permet de
filtrer l'ASE (filtre gaussien de largeur 0.4nm@-3dB) et de se mettre dans les conditions
d'une architecture de PON WDM.
Laser 1 2
accordable Att RSOA
3
AWG

Coupleur 3 dB

Oscillo Power
Infineum Agilent meter

Figure 3-20 : schéma du montage pour la mesure du facteur Q du RSOA

Les facteurs Q présentés ci après sont obtenus avec une vitesse de modulation de 1.25
GHz qui constitue la limite de fonctionnement du RSOA. La Figure 3-21 représente le
facteur Q en fonction de la puissance optique d'entrée du RSOA pour différents courants de
polarisation et deux tensions de modulation: 1V et 2V, ce qui équivaut à 20mA et 40 mA. La
Figure 3-22 représente le facteur Q en fonction du courant.

14

12

10 2V - 50mA
2V - 60mA
2V - 80mA
8
facteur Q

2V - 100mA
1V - 50mA
6
1V - 60mA
1V - 80mA
4 1V - 100mA

0
-28 -25 -22 -19 -16 -13 -10 -7

puissance d'entrée du RSOA (dBm)

Figure 3-21: facteur Q en fonction la puissance d'entrée sur le RSOA pour différents
courants de polarisation et 2 tensions de modulation (1V et 2V). Modulation à 1.25GHz
et longueur d'onde 1550nm.

110
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

14

12

10
-20dBm - 1V
-15dBm - 1V
8

facteur Q
-10dBm - 1V
-25dBm - 2V

6 -20dBm - 2V
-15dBm - 2V
-10dBm - 2V
4

0
40 60 80 100 120

coura nt (mA)

Figure 3-22: facteur Q en fonction du courant de polarisation du RSOA pour


différentes puissances d'entrées sur le RSOA et 2 tensions de modulation.
Modulation à 1.25GHz et longueur d'onde 1550nm.

La Figure 3-21 montre que les meilleurs niveaux de facteur Q sont obtenus avec une
modulation de 2V et la Figure 3-22 montre que l'optimum du courant est 60 mA quelque soit
la puissance optique d'entrée sur le RSOA. Une puissance optique d'injection forte améliore
le facteur Q.

Pour des puissances d'injection faibles (-25dBm) le courant n'améliore pas le facteur Q
(Q=4 pour 60, 80 et 100mA avec 2V d'amplitude de modulation) mais améliore le gain en
puissance optique (cf courbes de gain).
Lorsque la puissance d'injection augmente, le facteur Q augmente plus rapidement avec un
courant de 60 mA qu'avec un courant de 80 ou 100 mA. Pour une puissance d'entrée de -10
dBm, Q = 12.6 pour 60 mA et Q = 11.6 pour 80 mA et 50 mA et Q = 10.6 pour 100mA.

En ce qui concerne l'amplitude de modulation, 2V est à privilégier car le maximum


d'amplitude donne le meilleur facteur Q. Une amplitude plus grande (4V) donnerait encore
de meilleurs résultats. Néanmoins une amplitude de modulation élevée pour un courant de
polarisation faible et une puissance d'entrée faibles donnent un diagramme de l'œil
dissymétrique (croisement à 15% au lieu de 50 %), ce qui ferme l'œil horizontalement
(Figure 3-23). Ceci oblige le récepteur à être synchronisé de façon plus précise et/ou à avoir
un seuil ajustable sous peine d'avoir un taux d'erreur dégradé.

(a) (b)
Figure 3-23: diagramme de l'œil du signal en sortie du RSOA: λ = 1550nm, courant de
polarisation = 60mA, puissance d'injection optique = -15 dBm, amplitude de
modulation: (a) 1V; (b) 2V

111
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Comparaison avec 1530 nm

A faible puissance d'injection les facteurs Q sont équivalents à 1530 et 1550 nm pour
n'importe quel courant de polarisation avec une modulation de 2V (Q ≈ 4). Mais pour des
puissances d'injection fortes (-10dBm) le facteur Q est supérieur à 1530 par rapport à 1550
(Q1530 ≈ Q1550 + 2 à 60 mA). Ceci s'explique en regardant la courbe de gain sur la Figure 3-6.

Si on considère un courant de bias de 60mA et une modulation de 2V c'est-à-dire 40mA


(résistance = 50 Ohm) le niveau haut est I1=80mA et le niveau bas I0= 40mA. Or la
différence entre I1 et I0 est plus grande à 1530nm qu'à 1550nm (due à PASE plus faible à
1530nm), ce qui augmente le facteur Q.

3.1.5 Taux d'extinction

Le taux d'extinction est obtenu également par l'intermédiaire du Infinuum d'Agilent et grâce
au même montage que pour la mesure du facteur Q.
Le taux d'extinction est défini par le rapport des puissances moyennes des niveaux "1" et
"0" en prenant en compte le niveau de bruit correspondant au niveau de puissance mesuré
lorsqu'il n'y pas de lumière en entrée (dark level).

 < 1 > −dark .level 


ERdB = 10 ⋅ log 
 < 0 > −dark .level 

20
20
18
18
16 2V - 50mA
16
2V - 60mA
taux d'extinction (dB)

14 -20dBm - 1V
taux d'extinction (dB)

14
2V - 80mA
12 -15dBm - 1V
2V - 100mA 12
-10dBm - 1V
10 1V - 50mA
10 -25dBm - 2V
1V - 60mA
8 -20dBm - 2V
1V - 80mA 8
-15dBm - 2V
6 1V - 100mA 6 -10dBm - 2V
4 4

2 2

0 0
-28 -25 -22 -19 -16 -13 -10 -7 40 60 80 100 120

puissance d'entrée du RSOA (dBm) courant (mA)

Figure 3-24 : Taux d'extinction du RSOA à 1.25 Gbit/s en fonction du courant de


polarisation et de la puissance d'injection. Longueur d'onde : 1550nm

• Les graphiques montrent que les meilleurs taux d'extinction sont obtenus avec
l'amplitude de modulation la plus grande (2V).
• Le taux d'extinction diminue lorsque le courant de polarisation augmente. Ceci
s'explique par le fait que pour une amplitude de modulation donnée, l'ouverture de
l'œil varie peu avec l'augmentation du courant mais le niveau des "0" et "1"
augmente. Le rapport I1/I0 ne peut donc que diminuer si la tension de modulation
n'augmente pas en même temps que le courant de polarisation.

112
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

21

19

17

taux d'extinction (dB)


15

13

11

5
40 50 60 70 80 90 100 110

courant (mA)

1530nm_-25dBm_2V 1530nm_-10dBm_2V
1550nm_-25dBm_2V 1550nm_-10dBm_2V

Figure 3-25: taux d'extinction comparé pour 1530 nm et 1550 nm en fonction du


courant

La Figure 3-25 montre une comparaison du taux d'extinction à 1530 nm et 1550 nm: les
taux d'extinction obtenus à 1530 nm sont légèrement supérieurs à ceux obtenus à 1550 nm:
environ +2dB avec un courant de 60-70 mA et 0 à +2dB avec 100mA. La raison est la
même que décrite dans le paragraphe précédent pour le SNR, c'est-à-dire que le gain pour
les faibles courants équivalents à un "0" sont plus faible à 1530 nm qu'à 1550 nm, ce qui
augmente la différence entre les "0" et les "1" c'est-à-dire le taux d'extinction.

D'après les courbes de facteur Q et de taux d'extinction obtenues, le meilleur compromis


courant de polarisation/amplitude de modulation parait être un courant de l'ordre de 60 mA
avec une amplitude de tension la plus importante possible pour ouvrir le diagramme de l'œil
au maximum et avoir un bon taux d'extinction. Il faut néanmoins veiller à ne pas introduire
un courant négatif dans le RSOA. Pour un courant de 60 mA et en considérant que l'entrée
SMA du RSOA est adaptée à 50Ω, une tension d'amplitude 50*120mA = 6V est autorisée
(±3V).

3.1.6 Facteur de bruit

Le facteur de bruit est un paramètre révélateur de la quantité de bruit rajouté sur le signal
par un amplificateur. Il est défini par
SNRin
NF = avec SNRIN = rapport signal sur bruit en entrée
SNRout
SNROUT = rapport signal sur bruit en sortie
Ce qui donne après développement et simplification [6]
1 PASE 
NF = 1 + 
G  hν s BOSA 
Avec
G est le gain à la longueur d'onde définie
<PASE> est la valeur moyenne de l'ASE (émission spontanée amplifiée)
BOSA est la résolution de l'OSA
h est la constante de Planck
υ est la fréquence correspondant à la longueur d'onde utilisée

113
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

L'intérêt de cette formule est qu'une valeur approchée du facteur de bruit peut être obtenue
en n'utilisant que l'analyseur de spectre optique. La Figure 3-26 montre la mesure des
valeurs de puissance du signal Psignal et de l'ASE PASE permettant ensuite de calculer le
facteur de bruit.

Puissance Psignal

PASE

Longueur
d'onde

Figure 3-26 : mesure de PASE à l'OSA

Les figures suivantes (Figure 3-27, Figure 3-28, Figure 3-29) représentent le facteur de bruit
du RSOA en dB en fonction du courant, de la longueur d'onde et du niveau de puissance
optique injecté.

14
13
facteur de bruit NF (dB)

12
11
10
9
8
7
6
5
40 50 60 70 80 90 100
courant (mA)

-25 dBm - 1530 nm -20 dBm - 1530 nm


-15 dBm - 1530 nm -10 dBm - 1530 nm

Figure 3-27: facteur de bruit du RSOA à 1530 nm en fonction du courant


d'alimentation et pour différentes puissances d'injection optique

La Figure 3-27 montre que le facteur de bruit est relativement constant au dessus du seuil
du laser, qui se situe à 50 mA. Le changement de pente des courbes de facteur de bruit
coïncident avec le changement de pente du gain visible sur la Figure 3-5 (b).

114
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

13

12

11

NF(dB)
10

6
40 50 60 70 80 90 100
cour ant (m A)

1530 nm 1540 nm 1550 nm 1560 nm

Figure 3-28: facteur de bruit du RSOA en fonction du courant d'alimentation pour


différentes longueurs d'onde (puissance d'injection: -25 dBm)

La Figure 3-28 montre que, pour une injection de l'ordre de -25dBm, le facteur de bruit est
minimum à 1550 nm et vaut environ 6.5 dB tandis qu'il est égal à 9 dB à 1530 nm. Le
facteur de bruit se situe entre ces 2 valeurs pour les longueurs d'onde de la bande C.

12
11
facteur de bruit NF (dB)

10
9
8
7
6
5
4
-30 -25 -20 -15 -10
puissance optique d'injection (dBm)
60 mA - 1550 nm 60 mA - 1530 nm

Figure 3-29: facteur de bruit en fonction de la puissance d'injection pour 1530 nm et


1550 nm et un courant de 60 mA

La Figure 3-29 montre que le facteur de bruit augmente lorsque la puissance optique
injectée augmente, ce qui veut dire que le niveau de bruit apporté par le RSOA est plus
important. Il parait donc nécessaire de limiter la puissance optique d'entrée pour avoir un
meilleur rapport signal sur bruit en sortie. Or les courbes de taux d'erreur montreront que
l'augmentation de la bande passante avec le niveau d'injection optique est prépondérante.

3.1.7 Ondulation résiduelle (Ripple)

L'ondulation résiduelle correspond à l'ondulation rapide du gain due à la micro cavité


Fabry-Pérot créée par les facettes du SOA. Une forte ondulation résiduelle du gain
provoque un changement dans le gain de quelques dB lorsqu'une longueur d'onde injectée
dans le RSOA se décale de quelques dixièmes de nanomètres. Cette variation de gain n'est
pas toujours souhaitable. L'ondulation résiduelle du RSOA a été mesurée à l'aide d'un

115
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

analyseur de spectre optique. Le but est de voir comment évoluent le spectre et le niveau
de l'ondulation résiduelle du RSOA avec le courant d'alimentation et avec la modulation.
Les mesures ont donc été faites d'abord sans modulation pour des courants allant de 40mA
à 90mA (mesures en statique) puis avec une modulation d'amplitude 2V p-p ce qui
correspond à 40mA p-p , pour des courants allant de 50 à 90 mA (dynamique).
-20,00

50 mA dyn
-25,00 60 mA dyn
70 mA dyn
Puissance (dBm)

80 mA dyn
-30,00
90 mA dyn
90 mA stat

-35,00 80 mA stat
70 mA stat
60 mA stat
-40,00 50 mA stat
40 mA stat

-45,00
1500 1510 1520 1530 1540 1550 1560 1570 1580
Longueur d'onde (nm)

Figure 3-30: spectre du RSOA sans injection en fonction du courant avec et sans
modulation (résolution de l'analyseur de spectre optique: 0.1nm)

La valeur de ripple doit être donnée sur une plage spectrale pour avoir un sens.
Une première valeur est la différence entre la puissance de sortie maximale et la puissance
minimale sur une bande de longueurs d'onde précisée. Le Tableau 13 donne ce niveau sur
la bande C pour différentes valeurs de courant en dynamique et en statique.

état de modulation dynamique statique


Courant (mA) 50 60 70 80 90 90 80 70 60 50 40
Différence de puissance (dB) 2,13 2,4 2,57 2,69 2,71 2,13 2,14 2,06 2,07 2,51 2,15

Tableau 13: différence de puissance de sortie du RSOA sur la bande C: 1530 nm -


1565 nm

La différence de puissance prise sur la bande C entière est inférieur à 2.71 dB et vaut 2.4dB
pour un courant de 60 mA avec modulation.

La définition du ripple la plus usitée est celle donnant la différence entre un minima et un
maxima se suivant immédiatement (et inversement). La Figure 3-31 est représente le
spectre de sortie du RSOA sur la bande C pour différents courants de polarisation, en
statique et en dynamique. Cette figure permet de voir que le ripple ne dépasse jamais
0.75dB.

116
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

-22,0
-22,5
-23,0 50 mA dyn
-23,5 60 mA dyn
70 mA dyn
Puissance (dBm) -24,0
80 mA dyn
-24,5
90 mA dyn
-25,0 90 mA stat
-25,5 80 mA stat
70 mA stat
-26,0
60 mA stat
-26,5 50 mA stat
-27,0 40 mA stat

-27,5
-28,0
1530 1535 1540 1545 1550 1555 1560 1565
Longueur d'onde (nm)

Figure 3-31: spectre du RSOA sur la bande C pour différents courants de polarisation
en statique et dynamique (résolution de l'analyseur de spectre optique: 0.1nm)

Une autre définition du ripple est la suivante: pour une longueur d'onde donnée c'est la
différence en dB entre les valeurs de puissance maximum et minimum mesurées sur une
bande de 1 nm après cette longueur d'onde. Cette valeur permet de rendre compte de la
variation du niveau d'émission spontanée amplifiée entre 2 longueurs d'onde espacées de
moins de 1 nm. Ces mesures sont représentées sur la Figure 3-32 et la Figure 3-33.

statique

1,40

1,20

1,00 90mA stat


ripple en dB

80mA stat
0,80 70mA stat

0,60 60mA stat


50mA stat
0,40 40mA stat

0,20

0,00
1510 1520 1530 1540 1550 1560
longueur d'onde

Figure 3-32: ripple du RSOA mesuré en statique (sans modulation)sur une bande
optique de 1 nm

117
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

dynamique

1,60

1,40

1,20
50 mA
ripple en dB
1,00
60 mA
0,80 70 mA
80 mA
0,60
90 mA
0,40

0,20

0,00
1510 1520 1530 1540 1550 1560
longueur d'onde

Figure 3-33: ripple du RSOA mesuré en dynamique (avec modulation) sur une bande
de 1 nm

1,6

1,4

1,2

1
ripple (dB)

dynamique
0,8
statique
0,6

0,4

0,2

0
30 40 50 60 70 80 90 100
courant (mA)

Figure 3-34: niveau de ripple maximum en fonction du courant

Les courbes des figures précédentes donnent les conclusions suivantes


Q Le spectre du RSOA subit un décalage en longueur d'onde vers les basses
longueurs d'onde lorsque le courant augmente. En statique il est centré autour de
1550 nm avec un courant de 50mA et il est décalé vers 1540 nm avec un courant
de 90mA
Q Le ripple dépend beaucoup de la longueur d'onde, il est minimum autour de
1537nm (<0.2dB) et maximum autour de 1525 nm (<1.4dB)
Q Le ripple augmente avec le courant mais de façon beaucoup plus marquée en
statique. En statique il passe linéairement de 0.4dB pour 40mA à 1.4dB pour
90mA tandis qu'en dynamique il varie entre 1.2 et 1.4dB.
Q Le ripple pris sur une bande de 1 nm sur la bande C (1530nm-1565nm) est
inférieur à 0.8dB avec et sans modulation

118
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.1.8 Performance en taux d'erreur

Dans cette partie le paramètre étudié est le taux d'erreur binaire qui permet de savoir
réellement si la transmission peut se faire sans erreurs. Les courbes qui suivent
représentent la dégradation du taux d'erreur lorsque l'on diminue la puissance optique
injectée dans la photodiode. La sensibilité de détection est définie comme la puissance
optique minimum pour obtenir un TEB prédéfini. Dans la suite du manuscrit il sera considéré
une transmission sans erreur pour un TEB de 10-9, c'est-à-dire une erreur tous les milliards
de bits. A 1 Gbit/s cela fait une erreur par seconde.
Le montage expérimental utilisé pour réaliser les mesures de taux d'erreur est décrit par la
Figure 3-35.

Laser puissancemètre
1 2
accordable Att
3 RSOA

AWG
Ibias
Coupleur 50-50
Att

Générateur PRBS

Détecteur d'erreur

Puissance APD
mètre

Figure 3-35: montage expérimental pour la mesure du taux d'erreur

Le laser accordable permet de sélectionner la longueur d'onde qui va être modulée et


amplifiée par le RSOA. L'atténuateur en sortie du laser permet de contrôler la puissance
injectée dans le RSOA, via le circulateur (typiquement entre -30dBm et 0 dBm). Le coupleur
50% situé devant le RSOA permet de mesurer le niveau de puissance injecté. Le signal
modulé et amplifié retourne vers le circulateur et est dirigé vers un AWG qui va filtrer l'ASE
du RSOA (AWG avec filtrage de forme gaussienne; espacement entre canaux: 100 GHz et
largeur spectrale à -3dB: 0.4nm).
Un second atténuateur permet de diminuer la puissance sur la photodiode afin de réaliser
les courbes de TEB. Un second coupleur 50% permet de mesurer cette puissance. Dans les
figures suivantes les courbes ont été obtenues avec une photodiode APD avec récupération
d'horloge intégré (RXMM959, WTD) dont le seuil de sensibilité à 1.25Gbit/s pour un TEB de
10-12 est donné à -33 dBm (PRBS=223-1).
L'amplitude du signal de sortie du générateur PRBS est au maximum de 2V. Les tests ont
été effectués avec les valeurs 1V et 2V pour voir l'effet de l'amplitude de modulation. La
Figure 3-36 montre les courbes de TEB obtenues avec un courant fixé à 60 mA et pour
différentes puissances d'injection optique et les tensions de modulation 1V et 2V.

119
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

1E-03

1E-04

1E-05

1E-06
TEB 1E-07

1E-08

1E-09

1E-10

1E-11
-34 -33 -32 -31 -30 -29 -28
Puissance optique (dBm)

60mA_2V_-30dBm 60mA_1V_-30dBm 60mA_2V_-25dBm


60mA_1V_-25dBm 60mA_2V_-20dBm 60mA_1V_-20dBm
60mA_2V_-15dBm 60mA_1V_-15dBm 60mA_2V_-11dBm
60mA_1V_-11dBm

Figure 3-36: Taux d'erreur binaire à 1.25Gbit/s en fonction de la puissance optique


reçue avec une photodiode APD pour un courant de 60 mA pour différents niveaux de
puissance optique injectée dans le RSOA et différentes tensions de modulation
(longueur d'onde 1550 nm)

Il est visible sur la Figure 3-36 que la sensibilité s'améliore lorsque la puissance optique
injectée augmente et lorsque l'amplitude de modulation est la plus grande. Le gain en
sensibilité entre la configuration 60mA, 2V avec -30 dBm et la configuration avec -11dBm
est de 1,5dB. Le gain en sensibilité obtenu par le passage d'une tension de 1V à une
tension de 2V avec -11 dBm de puissance injectée est de 1,2 dB

La Figure 3-37 représente les courbes de TEB pour une puissante optique injectée dans le
RSOA fixée à -15 dBm et différents courants d'alimentation et tensions de modulation.

120
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

1E-03

1E-04

1E-05

1E-06
TEB
1E-07

1E-08

1E-09

1E-10

1E-11
-34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25

Puissa nce optique (dBm)

100mA_2V_-15dBm 80mA_2V_-15dBm 80mA_1V_-15dBm


50mA_2V_-15dBm 50mA_1V_-15dBm 60mA_2V_-15dBm
60mA_1V_-15dBm

Figure 3-37: Taux d'erreur binaire à 1.25Gbit/s en fonction de la puissance optique


reçue avec une photodiode APD pour une puissance optique injectée dans le RSOA
de -15dBm et pour différents courants de polarisation et tensions de modulation
(longueur d'onde 1550 nm)

La configuration donnant la meilleure sensibilité est un courant de 60mA et une amplitude


de modulation de 2V. Augmenter le courant pour avoir un gain optique plus important n'est
donc pas la meilleure solution car le taux d'extinction est alors plus faible et la sensibilité
diminue. Le budget optique diminue en conséquence. Les résultats de la Figure 3-37
concordent avec ceux de la Figure 3-24 qui donnent le taux d'extinction du RSOA en
fonction du courant. Le taux d'extinction est de 17dB pour 60mA-2V tandis qu'il n'est que de
7dB pour 100mA-2V.
1E-03

1E-04

1E-05 1530nm_-11dBm
1550nm_-11dBm
1E-06
1550nm_-30dBm
1530nm_-30dBm
TEB

1E-07
1530nm_-25dBm
1550nm_-25dBm
1E-08
1550nm_-15dBm

1E-09 1530nm_-15dBm

1E-10

1E-11
-34 -33 -32 -31 -30 -29 -28

Puissance (dBm)

Figure 3-38: courbes de TEB comparatives entre 1530nm et 1550nm pour différentes
puissances d'injection (courant: 60mA, amplitude de modulation: 2V, 1.25GHz)

121
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

La Figure 3-38 représente un comparatif en termes de TEB entre le fonctionnement à 1530


nm et à 1550 nm. Il apparaît une sensibilité meilleure à 1550 nm avec un gain par rapport à
1530 nm allant de 0.5dB pour une puissance d'injection de -11dBm à 1.2dB pour une
puissance injectée de -25dBm. La sensibilité se dégrade lorsque la puissance optique
injectée dans le RSOA diminue.

3.1.9 Conclusion sur le RSOA

Les courbes de taux d'erreur du paragraphe précédent prouvent que la modulation à


1.25 GHz du RSOA est possible. La sensibilité à la réception dépend:
Q de la longueur d'onde,
Q du courant de polarisation,
Q de l'amplitude de tension de modulation et
Q du niveau de puissance optique injectée.

La sensibilité est meilleure à 1550 nm qu'à 1530 nm et ceci est lié au facteur de bruit (cf
Figure 3-28) qui est 2.5dB plus faible à 1550nm. Le facteur de bruit augmente lorsque la
puissance d'injection augmente, néanmoins les performances en TEB sont meilleures car la
bande passante électrique augmente également, et ce paramètre est prépondérant.
En ce qui concerne le courant de polarisation et l'amplitude de modulation, il faut que le
couple donne le meilleur taux d'extinction du signal optique pour avoir la meilleure sensibilité
au niveau de la réception. Le couple optimal est un courant de polarisation de l'ordre de 60
mA avec une amplitude de modulation la plus grande possible. Les courbes montrant le
rapport signal sur bruit en fonction de la puissance injectée (Figure 3-21) et l'évolution de la
bande passante électrique corroborent les résultats obtenus au niveau du TEB qui montrent
une amélioration de la sensibilité à la réception lorsque la puissance injectée dans le RSOA
augmente.

122
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.2 PON WDM avec Remodulation par RSOA

3.2.1 Description de la technique

Cette technique a déjà été expérimentée dans [7] et consiste à réutiliser la longueur
d'onde descendante pour supporter le signal montant (voir chapitre 2.3.4). L'objectif de cette
technique est de diminuer le nombre de longueurs d'onde nécessaires dans un PON WDM.
Un PON WDM classique utilise 2 longueurs d'onde par ONU: une pour le sens descendant
et l'autre pour le sens montant. Il faut donc le double de longueurs d'onde que d'ONU. Or
dans la technique de modulation déportée, la bande spectrale utilisable et donc le nombre
de longueurs d'onde disponibles est limité. Il est donc intéressant de pouvoir utiliser la
longueur d'onde du signal descendant pour le signal montant afin de diminuer par 2 le
nombre de longueurs d'onde nécessaires ou afin doubler le nombre de clients sur un PON.
Plusieurs types de modulation sont possibles sur le signal descendant qui permettent la
remodulation avec les données montantes (voir chapitre 2.3) mais elles impliquent un
surcoût et/ou de la complexité au niveau de l'ONU: filtre optique accordable avec un front
extrêmement raide pour la modulation FSK, interféromètre à délai démodulateur de phase
pour le PSK, oscillateur local pour la porteuse RF sur fibre, amplificateurs optique pour
l'effacement…
La technique consiste à moduler le signal d'extinction avec un faible taux d'extinction (< 5
dB) et de remoduler cette longueur d'onde avec un taux d'extinction plus élevé (> 10 dB). La
modulation est en ASK classique dans chaque sens de transmission et aucun composant
supplémentaire n'est requis à l'ONU ou l'OLT. Le RSOA est un composant tout à fait adapté
pour cette technique du fait de bandes passantes optique et électrique suffisantes et de son
caractère réflectif.
Les résultats expérimentaux dans [7] avec un RSOA montraient le fonctionnement de cette
architecture avec un signal descendant modulé à 2.5 Gbit/s et remodulé avec les données
montantes à 900 Mbit/s, pourvu qu'un code correcteur d'erreurs soit appliqué sur le signal
montant, ceci avec un taux de partage de 16 par longueur d'onde. La Figure 3-39 montre
l'architecture testée dans [7].

Figure 3-39: architecture avec deux niveaux de taux d'extinction et remodulation avec
un RSOA [7]

Il apparaît au vu de cette publication que


Q la distance de propagation n'est que de 10 km,
Q l'architecture est bi-fibre entre le central et le point de répartition
Q il n'y a pas de bobine de fibre entre le point de répartition et l'ONU, il n'y a qu'une
jarretière optique et la rétrodiffusion éventuelle n'apparaît pas

123
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Q le débit montant est limité à 900Mbit/s à cause du RSOA


Q 2 amplificateurs optiques sont utilisés au central comme booster pour le sens
descendant et pré ampli pour le sens montant.

L'objectif de cette étude est de reprendre cette architecture et de l'explorer plus en


profondeur avec en arrière plan les contraintes effectives du réseau d'accès de l'opérateur.
Les points à développer sont les suivants:
Q Augmenter la distance de propagation à 20 km pour être dans les préconisations
du FSAN
Q Ajouter de la fibre optique entre le point de répartition et l'ONU pour évaluer les
pénalités (transmission bidirectionnelle), et pour être proche d'une configuration
réelle
Q Tester une architecture mono-fibre et voir l'effet du passage à 2 fibres sur le taux
de partage par longueur d'onde
Q Augmenter le débit montant jusqu'à 1.25 Gbit/s car le RSOA supporte ce débit
Q Supprimer les amplificateurs optiques

Voici le schéma de l'architecture proposée

1 Fibre de
Data down 0
distribution
10km
Tx_1 (15 km) 2km
(5km)
Rx
Fibre de
transport
Tx_N
RSOA
AWG
10km AWG coupleur Asymmetrical
1x8 splitter
(15km) ou
Rx_1 Data up
1x16

AN
ONU
CO
Rx_N Configuration bi-fibre
1
0
CO

Figure 3-40: architecture de PON WDM proposée avec remodulation du signal descendant

Cette architecture de PON hybride WDM-TDM mélange multiplexage en longueurs d'onde


et multiplexage temporel dans la mesure où plusieurs ONU partagent la même longueur
d'onde par l'intermédiaire d'un coupleur optique. Le but est simplement un test couche
physique des limites d'une telle architecture, l'implémentation du protocole TDMA pour
partager la bande passante entre les ONUs n'est donc pas implémentée.

Des lasers DFB DWDM modulés directement à 1.25Gbit/s sont utilisés pour générer les
signaux descendants avec un faible taux d'extinction (< 5 dB). Ceux-ci sont multiplexés pour
être transmis sur la fibre de transport ("feeder fibre") longue de 10 km ou 15 km. Les
signaux descendants portés par des longueurs d'onde différentes sont démultiplexés au
niveau du point de répartition, et un coupleur optique partage chaque longueur d'onde entre
8 ou 16 ONUs. Une fibre de distribution longue de 2 ou 5 km connecte un port de sortie du
coupleur à un ONU. L'ONU est composé d'un coupleur 1 vers 2 asymétrique. Une partie de
la puissance arrive sur la photodiode de détection pour la réception du signal descendant
tandis que le reste de la puissance est injecté dans le RSOA. Celui-ci amplifie le signal

124
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

descendant, le remodule avec les données montantes à 1.25 Gbit/s avec un fort taux
d'extinction (> 10 dB) et le réfléchit dans la fibre. Le signal montant repasse alors par la
même fibre d'arrivée jusqu'au coupleur optique au point de répartition et est multiplexé en
longueur d'onde avec les autres signaux montants. Ensuite ce multiplex est envoyé vers le
central
Q soit par la même fibre que pour le sens descendant avec un circulateur optique
au central permettant d'orienter les signaux montants vers un démultiplexeur et
les photodiodes de réception, il s'agit alors d'une architecture entièrement
monofibre
Q soit par une seconde fibre via un circulateur au point de sous répartition, il s'agit
de la configuration bi-fibre avec 2 fibres de transport (une par sens de
propagation) et une seule fibre de distribution entre le point de répartition et
l'ONU

Le fait de passer en bi-fibre sur la partie transport va permettre de limiter les pénalités de
transmission bidirectionnelles dues notamment à la rétrodiffusion Rayleigh. Le rapport entre
la puissance de lumière rétrodiffusé dans la fibre par ce processus et la puissance du signal
injecté dépend principalement de la longueur de la fibre sur laquelle le processus se déroule.
Les résultats présentés dans [8] montrent que le rapport augmente avec cette longueur
jusqu'à un palier qui est de -34 dB à 10 km pour 1310 nm et -32dB à 20 km pour 1550nm.
La Figure 3-41 donne les résultats expérimentaux obtenus dans notre laboratoire et qui
concordent avec [8].
-32
niveau de rétrodiffusion en dB

-33

-34

-35

-36
0 5 10 15 20 25 30
longueur de fibre en km

Figure 3-41: rapport du niveau de rétrodiffusion Rayleigh sur le niveau de signal


injecté dans la fibre en fonction de la longueur de fibre à 1550 nm

La longueur de fibre entre le point de répartition et l'ONU est courte (<5km) et l'effet de la
rétrodiffusion Rayleigh sera donc plus faible que sur la fibre de transport. La configuration
bi-fibre laisse donc une transmission bidirectionnelle sur la partie distribution, ce qui simplifie
le réseau, facilite la maintenance et donc diminue les coûts.

3.2.2 Résultats expérimentaux

Les mesures expérimentales ont été effectuées pour 2 longueurs d'onde de la bande
C: 1532 nm et 1555 nm. Ces longueurs d'onde ont été choisies car elles donnent
respectivement le plus faible et le plus fort gain du RSOA sur la bande C. Ce sont des
lasers DFB régulés en température qui sont modulés directement en format NRZ à 1.25
Gbit/s avec un générateur de séquences PRBS qui fournit une amplitude de tension de 2V.
Les séquences sont fixées à 27-1 bits car c'est la séquence disponible qui se rapproche le

125
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

plus du codage en ligne du Gigabit Ethernet. Le Gigabit Ethernet utilise un codage 8B/10B
qui donne 28 séquences différentes longues de 10 bits. Le codage 8b/10b consiste à coder,
à l'aide d'une table de correspondance, une série de 8 bits en un symbole de transmission
de 10 bits (appelé Transmission Character). Il y a donc 1024 (10 bits) valeurs possibles. Sur
ces 1024 valeurs, seules 256 (8 bits) sont retenues. Seules les valeurs comprenant au
minimum 4 transitions d'un état logique vers un autre et qui n'ont que 6 "zéros" ou "uns"
consécutifs, même entre symboles, sont conservées.
Par exemple, les symboles finissant par 4 zéros ou commençant par 3 zéros ne sont pas
retenus, car envoyés l'un à la suite de l'autre, ils représentent 7 zéros de suite. Le but de ce
codage est également d'ordonner les données de façon à avoir une détection d'erreurs via
un bit de parité et de maintenir une puissance optique constante dans la fibre. La table de
transition permet également une récupération d'horloge plus facile.

Le courant de polarisation des lasers peut être ajusté de façon à faire varier la puissance
optique d'émission et le taux d'extinction du signal émis. La puissance de sortie de ces
lasers peut atteindre 10 dBm.

Des photodiodes à avalanche APD sont utilisées en réception. Un module incluant APD et
récupération d'horloge était disponible mais il a parfois été préférable d'utiliser une
photodiode simple qui n'inclut pas un circuit de décision afin de pouvoir choisir le seuil de
détection à l'aide de la valise de détection de taux d'erreur. En effet le module avec
récupération d'horloge effectue une décision avec un seuil arbitraire (niveau des "1" divisé
par 2 ou niveau des "1" moins niveau des "0", le tout divisé par 2 …), ce qui empêche par la
suite la modification de ce seuil en cas de besoin.

3.2.2.1 Configuration DWDM

Dans cette première configuration, les multiplexeurs et démultiplexeurs utilisés au central et


à la sous répartition sont des AWG 1 vers 24 avec un espacement entre canaux de 100GHz.
La perte d'insertion à travers le filtre de forme gaussienne varie entre 3.5 dB et 4,5 dB selon
la longueur d'onde. En fait dans le montage expérimental un seul AWG était utilisé, au point
de répartition. Les AWG au central étaient remplacés par des atténuateurs 4dB pour simuler
leurs pertes.

Dans un premier temps les longueurs de fibre étaient 10 km pour la fibre de transport et 2
km pour la fibre de distribution, car les premières mesures ont montré une limitation des
performances en distance. Ces longueurs de fibre sont un compromis raisonnable entre
éloignement des ONU par rapport au central et par rapport au coupleur. Dans un second
temps les longueurs sont passées respectivement à 15 km et 5 km afin d'être conforme au
standard PON qui requiert une distance entre OLT et ONUs de 20 km. Le taux de partage
minimum visé par longueur d'onde est de 8.
Les paramètres qui peuvent être ajustés à chaque test sont:

Q Le courant de polarisation du laser, qui influe sur la puissance d'émission et


le taux d'extinction du signal, donc la sensibilité de la photodiode
La Figure 3-42 montre l'évolution de la puissance optique d'émission du laser et le taux
d'extinction du signal émis en fonction du courant de polarisation du laser pour une tension
de modulation fixée à 2V. La puissance de sortie sature autour de 8 dBm et le taux
d'extinction chute de 12 dB pour un courant de polarisation de 30mA à 2 dB pour 90 mA.
Ceci est dû au fait que l'amplitude de modulation reste inchangé.

La Figure 3-43 montre l'évolution de la sensibilité de la photodiode APD pour un TEB de 10-
9
en fonction du taux d'extinction du signal détecté. Cette sensibilité passe de -24 dBm pour

126
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

un taux d'extinction de 2dB à -32 dBm pour un taux d'extinction de 12 dB. La Figure 3-44
fait le lien entre courant de polarisation du laser et budget optique obtenu pour un laser DFB
à 1552 nm et une photodiode APD pour un TEB de 10-9. Cette courbe montre que ce n'est
pas forcément en ayant la plus forte puissance de sortie au niveau du laser que le budget
optique est optimal. En fait le budget optique supérieur à 35 dB pour un courant de 30 mA
descend à 32.5dB pour un courant de 90mA, qui donne pourtant une plus forte puissance
de sortie.

14 9

8
12
7

Puissance optique (dBm)


10
Taux d'extinction (dB)

6
8 5

6 4

3
4
2
2
1

0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Courant de polarisation du laser (mA)

taux d'extinction Puissance optique

Figure 3-42: puissance optique de sortie du laser et taux d'extinction du signal émis
en fonction du courant de polarisation du laser DFB à 1552 nm avec modulation
d'amplitude 2V

-20 35,5
-22 35
Puissance (dBm )

-24
Budget optique dB

34,5
-26
34
-28
33,5
-30
33
-32
32,5
-34
0 2 4 6 8 10 12 14 32
Taux d'e xtinction (dB) 0 20 40 60 80 100

Courant de polarisation en mA

Figure 3-43: sensibilité (en dBm) de la Figure 3-44: budget optique de la


photodiode APD pour un TEB de 10-9 transmission entre laser DFB à 1552 nm et
en fonction du taux d'extinction du photodiode APD en fonction du courant de
signal polarisation du laser

Ces résultats sont à prendre en compte car le taux d'extinction du signal descendant doit
être faible.

Q Taux de partage du coupleur au point de répartition: nombre de ports du


coupleur optique au point de répartition. Le taux de partage influe sur la
puissance injectée dans la photodiode et dans le RSOA, car les pertes du
coupleur augmentent avec le taux de partage.
Q Taux d'asymétrie du coupleur à l'ONU: il est possible de favoriser le partage
de puissance en faveur de la détection du signal descendant ou en faveur de la

127
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

puissance injectée dans le RSOA pour le sens remontant. L'hypothèse de base


est d'avoir une détection parfaite du signal descendant, donc suffisamment de
puissance arrivant sur la photodiode pour être au dessus du seuil de sensibilité
de la photodiode correspondant au taux d'extinction du signal.
Q Courant de polarisation du RSOA: la tension de modulation appliquée sur le
RSOA a été augmentée à 4V par rapport à la caractérisation effectuée dans le
chapitre 3.2, en ajoutant un amplificateur électrique à la sortie du générateur
PRBS. Le courant de polarisation influe, comme pour le laser, sur le gain et la
puissance de sortie du laser ainsi que sur le taux d'extinction du signal montant.

Résultats:

Les mesures expérimentales ont nécessité la recherche d'un optimum sur les différents
paramètres cités précédemment.
Le taux d'extinction des signaux descendants a été fixé à 3.5 dB ce qui donne des
puissances optiques de sortie de 7.3 dBm pour le laser à 1555 nm et 9.25 dBm pour le laser
à 1532 nm.
A l'ONU le coupleur optique qui a donné les meilleurs résultats est un coupleur 75/25 avec
25% de la puissance orientée vers la photodiode et 75 % vers le RSOA.
Les 4 V d'amplitude de modulation appliquée sur l'entrée électrique du RSOA adaptée à 50
Ohm correspondent à une amplitude de modulation en courant de 80mA crête à crête. Le
courant de polarisation optimal a été dans ce cas 65mA, ce qui a donné comme taux
d'extinction pour le sens montant 18 dB à 1532 nm et 15 dB à 1555 nm (voir chapitre 3.4.5
sur le taux d'extinction du RSOA pour l'explication de cette différence).

La Figure 3-45 et la Figure 3-46 montrent les courbes de taux d'erreurs obtenues
respectivement dans le sens descendant et le sens montant pour l'architecture avec 10 km
de fibre de transport et 2 km de fibre de distribution. Des courbes à 1532 nm et 1555nm ont
été obtenues avec la configuration mono-fibre et un taux de partage de 1x8, et avec la
configuration bi-fibre et un taux de partage de 1x8 et 1x16.

1E-04
1E-05
1E-06
1E-07
BER

1E-08
1E-09
downstream
1E-10
1E-11
-33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25
Pow er (dBm)

2 fibres-1x16-1555nm-Down 2 fibres-1x8-1555nm-down
1 fibre-1x8-1555nm-down 2 fibres-1x16-1532nm-Down
1 fibre-1x8-1532nm-down 2 fibres-1x8-1532nm-down

Figure 3-45: courbes de TEB pour le signal descendant avec 10 km de fibre de


transport et 2 km de fibre de distribution: configuration mono-fibre avec taux de
partage de 1x8 et bi-fibre avec 1x8 et 1x16 pour 1532 nm et 1555 nm

128
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

1E-04
1E-05
1E-06 upstream
1E-07

BE R
1E-08
1E-09
1E-10
1E-11
-39 -37 -35 -33 -31 -29 -27 -25 -23 -21
Pow er (dBm)

2 fibres-1x16-1555nm-Up 2 fibres-1x8-1555nm-up
1 fibre-1x8-1555nm-up 2 fibres-1x16-1532nm-Up
1 fibre-1x8-1532nm-up 2 fibres-1x8-1532nm-up

Figure 3-46: courbes de TEB pour le signal montant avec 10 km de fibre de transport
et 2 km de fibre de distribution: configuration mono-fibre avec taux de partage de 1x8
et bi-fibre avec 1x8 et 1x16 pour 1532 nm et 1555 nm

La Figure 3-45 montre une transmission sans erreur dans le sens descendant pour toutes
les configurations testées. C'est tout à fait logique puisque le sens descendant a été
optimisé avant le sens montant afin de ne pas obtenir de plancher visible sur les courbes de
taux d'erreur. La sensibilité est très mauvaise pour une APD (entre -27.5dBm et -26dBm au
lieu de -32dBm pour une APD à 1.25Gbit/s) mais cela est dû au faible taux d'extinction du
signal.
La limitation de cette architecture est visible dans le sens montant. En effet pour la
configuration mono-fibre, le taux de partage maximum qu'il est possible d'atteindre est 1
vers 8. Aucun résultat ne peut être obtenu avec un coupleur 1 vers 16 et même avec un
coupleur 1 vers 8, un plateau est visible au niveau du TEB entre 10-8 et 10-9. Ce plateau
provient principalement de la rétrodiffusion Rayleigh qui perturbe la détection. A la
rétrodiffusion il faut rajouter d'une part le bruit optique amené par le RSOA, c'est-à-dire
l'émission spontanée amplifiée et d'autre part les bruits de battements entre le signal et
l'ASE dans la chaîne de réception électrique.
La Figure 3-47 représente le diagramme de l'œil optique du signal montant et montre que le
bruit sur les "1" est très important. Il inclue le signal descendant qui est amplifié par le RSOA
ainsi que le bruit d'ASE rajouté par celui-ci, et le bruit de rétrodiffusion de Rayleigh. Il est à
noter que la rétrodiffusion Brillouin n'intervient pas car la puissance injectée dans la fibre est
suffisamment faible. En effet le seuil Brillouin (puissance à partir de laquelle le niveau de
lumière rétrodiffusé par effet Brillouin est plus important que par effet Rayleigh) est +6dBm
lorsque le signal injecté dans la fibre est continu et >+12dBm lorsqu'il est modulé (lié à
l'élargissement du spectre par la modulation).

Figure 3-47: diagramme de l'œil optique du signal montant

La Figure 3-48 montre les niveaux de puissance du signal optique dans l'architecture pour la
configuration monofibre à 1555nm, sur laquelle un palier apparaît au niveau du TEB pour le
sens montant.

129
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

10km
Tx_1 2km
-0.5 dBm -26,3 dBm
Rx
-35.5 dBm
-19 dBm -19 dBm
RSOA
AWG -0,5 dBm
AWG coupleur
-27,8 dBm
1x8
Rx_1 Data up

AN
ONU

CO

Figure 3-48: puissances optiques à différents points dans l'architecture pour la


configuration monofibre à 1555nm. En rouge, le sens descendant, en bleu le sens
montant, et en vert la puissance rétrodiffusée par effet Rayleigh

Juste après le circulateur la puissance dans le sens descendant est de -0.5 dBm, ce qui
induit au même endroit un niveau de puissance rétrodiffusé par les 10 km de fibre de -35.5
dBm (-35dB). Le niveau de puissance du signal montant est quand à lui -19dBm à ce même
point. Le rapport entre signal rétrodiffusé et signal montant n'est donc que de 16,5dB, et
c'est la raison pour laquelle le TEB ne descend pas à 10-9.

La configuration mono-fibre serait utilisable en ajoutant des codes correcteurs d'erreur sur le
sens montant.

Lors du passage à une architecture bi-fibre sur la partie transport, l'effet de la rétrodiffusion
Rayleigh est évité et cela se vérifie sur les courbes de la Figure 3-46puisque la transmission
s'effectue sans erreur avec un coupleur 1x8 mais aussi 1x16. Le fait de passer à 2 fibres
permet donc de multiplier par 2 le nombre d'ONU par longueur d'onde, tout en se passant
de FEC.
La pénalité due à la transmission bidirectionnelle pour le sens montant peut être évaluée sur
le graphique en comparant les courbes de la Figure 3-46
Q "1 fibre_1x8_1532nm_up" et "2fibres_1x8_1532nm_up", puis
Q "1fibre_1x8_1555nm_up" et "2 fibres_1x8_1555nm_up".

La pénalité à 1532nm pour un TEB de 10-9 est égale à 10,3dB et n'est pas mesurable pour
1555nm car le TEB atteint un palier autour de 5x10-9. La pénalité pour un BER à 10-8 est de
seulement 2dB mais le palier apparaît juste après. La pénalité pour un BER de 10-8 à 1532
nm est de 4dB.

La Figure 3-49 montre les courbes de TEB obtenues avec 15 km de fibre de transport et 5
km de fibre de distribution pour les 2 longueurs d'ondes 1532 nm et 1555 nm. Cette fois ci
l'augmentation de la longueur des fibres empêche le fonctionnement de l'architecture mono-
fibre avec un coupleur optique 1 vers 8 et de l'architecture bi-fibre avec un coupleur 1 vers
16. Le seul résultat exploitable est donc obtenu avec l'architecture bi-fibre et un taux de
partage de 1 vers 8. Aucun palier n'est visible au niveau du TEB mais la sensibilité
inférieure dans le sens descendant à 1532 nm.

130
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

1E-03
1E-04
1E-05
1532 nm - Up
1E-06

BER
1532 nm - Down
1E-07
1555 nm - Up
1E-08
1555 nm - Down
1E-09
1E-10
1E-11
-36 -34 -32 -30 -28 -26 -24
Power (dBm)

Figure 3-49: courbes de TEB pour les signaux montants et descendants avec 15 km
de fibre de transport et 5 km de fibre de distribution: configurations bi-fibre avec un
taux de partage de 1x8 pour 1532 nm et 1555 nm

Le Tableau 14 donne les budgets optiques et pertes des liens montant et descendant pour
les différentes configurations testées, ce qui permet de se rendre compte de la marge de
puissance disponible.
Les budgets optiques sont calculés en tenant compte de la puissance émise par les lasers
(pour le sens descendant) et par le RSOA (pour le sens montant) et des sensibilités de la
photodiode pour un TEB de 10-9.

10+2 km & 1x8 10+2 km & 1x8 10+2 km & 1x16 15+5 km & 1x8
& 1 fibre & 2 fibres & 2 fibres & 2 fibres
1555 1532 1555 1532 1555 1532 1555 1532
nm nm nm nm nm nm nm nm
dow
Budget 33,8 35,3 33,8 35,8 34,8 35,3 34,3 34,3
n
optique
up x x 30,5 33 31 30 28 34
dow
Pertes du 29 29 33 31
n
lien
up 23 23 27 25
Dow
4,8 6.3 4,8 6,3 1,8 2,3 3,3 3,3
Marge n
up x X 7,5 10 4 3 3 9

Tableau 14: budget optique, pertes effectives des liens montant et descendant et
marges en puissance pour les différentes configurations testées

Il apparaît que la marge en puissance optique est au minimum de 1.8dB et peut atteindre
10dB. Néanmoins même si une marge de 10dB peut paraître importante il faut prendre en
compte qu'en augmentant les pertes (augmentation de la longueur de fibre, taux de partage
plus important), la puissance injectée dans le RSOA est plus faible. Les performances du
RSOA seront donc moins bonnes et la puissance de sortie sera plus faible, ce qui diminuera
sensiblement le budget optique dans le sens montant. Les 3 dB de marge à 1555nm dans la
configuration 15km +5km & 1x8 & 2fibres ne sont donc pas suffisants dans la pratique pour
rajouter 15 km de fibre par exemple.

Conclusion:

Les résultats obtenus avec l'architecture DWDM donnent de très bonnes indications sur la
pénalité apportée par une transmission bidirectionnelle à la même longueur d'onde sur une
seule fibre. L'effet de la rétrodiffusion Rayleigh auquel s'ajoute le bruit du RSOA se
manifeste par l'apparition d'un palier au niveau des courbes de taux d'erreurs. Sur une

131
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

configuration à 10km de fibre de transport et 2 km en distribution, le fait de passer en bi-


fibre sur une partie seulement de l'architecture (fibre de transport) permet de passer de 8
ONUs par longueurs d'onde avec implémentation de FEC à 16 ONUs sans FEC. La bande
passante optique du RSOA est équivalent à la bande C, c'est-à-dire 35 nm. Avec un
espacement de 100GHz entre canaux, 40 longueurs d'onde sont donc disponibles. Doubler
la fibre sur 10 km permet donc de doubler le nombre d'ONUs, pour un coût très faible
puisqu'il s'agit de 2x10 km de fibre partagés entre 40 x 16 = 640 ONUs. De plus chaque
laser DFB est lui aussi partagé entre 16 ONUs.
Une extension du nombre total d'ONU est très facilement réalisable en passant à un
espacement entre canaux de 50GHz, voir 25GHz car le débit de 1.25Gbit/s ne pose pas de
problème sur l'espacement entre canaux. Avec un espacement de 25GHz le nombre
d'ONUs par PON WDM TDM serait 2560 avec un débit moyen de 78Mbit/s.

Le Tableau 15 donne un résumé des capacités de l'architecture PON WDM-TDM proposée


en considérant 40 longueurs d'onde espacées de 100GHz disponibles sur la bande de
fonctionnement du RSOA.

Nombre de Taux de partage sur Nombre d'ONUs Débit


Distance
fibres de chaque longueur total du PON WDM moyen par
OLT-ONU
transport d'onde TDM client
10 km + 2 1 8 320 155 Mbit/s
km 2 16 640 78 Mbit/s
15 km + 5
2 8 320 155 Mbit/s
km
Tableau 15: résumé des capacités de l'architecture PON WDM TDM pour un système
avec 40 longueurs d'onde espacées de 100GHz (DWDM)

Le nombre d'ONUs total peut donc être multiplié par 2 ou 4 en resserrant les canaux.
Il est à noter qu'avec une allocation dynamique de bande (DBA) sur chaque PON TDM, le
débit crête de chaque ONU peut atteindre 1.25 Gbit/s pour un débit moyen de 78 ou 155
Mbit/s selon le taux de partage, ce qui est analogue au GPON (2.5 Gbit/s entre 32 ONUs
donnent 78 Mbit/s en moyenne).

3.2.2.2 Configuration CWDM

L'intérêt d'une configuration CWDM est d'utiliser des lasers non régulés en température au
central, donc moins coûteux. Pour le moment les RSOAs ne fonctionnent que sur une
bande de 35 nm mais des SOA apparaissent avec des bandes passantes optiques
supérieures à 120 nm [ 9 ]. Il est donc possible d'imaginer dans le futur des RSOA
modulables à 1.25 Gbit/s et fonctionnant sur une bande spectrale de 120 nm, ce qui
correspond à 6 canaux CWDM.

L'architecture DWDM précédente a donc été reprise en remplaçant l'AWG avec un


espacement 100 GHz par un multiplexeur CWDM (basé sur une technologie de couches
minces interférentielles) avec un espacement de 20 nm entre canaux. L'intérêt du
multiplexeur CWDM est que les pertes d'insertion sont inférieures à 2dB. Les 2 lasers
utilisés précédemment à 1555 nm et 1532 nm ont été conservés, puisqu'ils correspondent
aux deux fenêtres CWDM centrées sur 1550 nm et 1530 nm.

132
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Figure 3-50: spectre des signaux montants à 1532 nm et 1555 nm

La Figure 3-51 montre les courbes de BER obtenues sur l'architecture mono-fibre. Les
mêmes limitations apparaissent qu'avec la configuration DWDM à cause de la rétrodiffusion.
Le taux de partage maximum est 1x8 et le palier n'apparaît pas. Par contre du fait du faible
filtrage au niveau du multiplexeur (spectre du signal filtré par un filtre de 20nm sur la Figure
3-50), l'ASE du RSOA perturbe énormément la détection et un filtre de largeur 5 nm est
nécessaire devant la photodiode pour le sens montant afin de diminuer le niveau de bruit et
avoir une détection correcte (ce qui limite quelque peu l'intérêt du CWDM).
1E-04

1E-05

1E-06

1 fibre-1x8-1555nm -down
1E-07
1 fibre-1x8-1555nm -up
TEB

1 fibre-1x8-1532nm -down
1E-08
1 fibre-1x8-1532nm -up

1E-09

1E-10

1E-11
-32 -30 -28 -26 -24 -22
Puissance optique (dBm)

Figure 3-51: courbes de BER pour 1532 nm et 1555nm à 1.25 Gbit/s dans les sens
montant et descendant dans la configuration PON CWDM TDM. Architecture mono
fibre 10 km + 2 km. Taux de partage de 1x8 sur chaque longueur d'onde. Filtre optique
de largeur 5 nm devant la photodiode pour le sens montant

La Figure 3-52 donne les courbes de TEB équivalentes à la Figure 3-51 mais dans une
configuration bi-fibre. Le gain visible est que le taux de partage passe à 1 vers 32 avec
toujours le filtre de 5 nm à la réception. Le nombre d'ONUs est donc multiplié par 4 lors du
passage à 2 fibres de transport.

133
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

1E-04

1E-05

1E-06

2 fibres-1x32-1532nm-Down

BER
1E-07
2 fibres-1x32-1532nm-up

1E-08

1E-09

1E-10
-35 -33 -31 -29 -27 -25
Puissance optique (dBm)

Figure 3-52: courbes de BER pour 1532 nm à 1.25 Gbit/s dans les sens montant et
descendant dans la configuration PON CWDM TDM. Architecture bi-fibre 10 km +
2 km. Taux de partage de 1x32 sur chaque longueur d'onde. Filtre optique de largeur
5 nm devant la photodiode pour le sens montant

La Figure 3-53 représente les courbes de TEB pour une architecture bi fibre avec 15km de
fibre de transport et 5km de distribution. Le taux de partage obtenu est 1 vers 16 c'est-à-dire
le double de celui obtenu en DWDM. Il n'est pas nécessaire de mettre de filtre devant la
réception, certainement par ce que le rapport signal sur bruit optique (OSNR) est
suffisamment élevé.
1E-04

1E-05

1E-06

2 fibres-1x16-1532nm_up
1E-07
2 fibres-1x16-1532nm_down
TEB

2 fibres-1x16-1555nm_up
1E-08
2 fibres-1x16-1555nm_down

1E-09

1E-10

1E-11
-36 -34 -32 -30 -28 -26 -24
Puissance optique (dBm)

Figure 3-53: courbes de BER pour 1532 nm et 1555nm à 1.25 Gbit/s dans les sens
montant et descendant dans la configuration PON CWDM TDM. Architecture bi-fibre
15 km + 5 km. Taux de partage de 1x16 sur chaque longueur d'onde.

Du fait des pertes plus faible du multiplexeur CWDM, il est possible de transmettre un signal
descendant à 2.5Gbit/s. Ceci est réalisé sur une architecture avec une partie transport de
15 km en bi-fibre et partie distribution de 5 km en mono-fibre. Le taux de partage obtenu est
1x8 avec un signal montant remodulé à 1.25 Gbit/s. les courbes de TEB sont présentées
sur la Figure 3-54. Les sensibilités dans le sens descendant (-23dBm @1532nm et -
25.3dBm@1555nm) sont liés avec au débit et au faible taux d'extinction. La sensibilité sur le
sens montant à 1532 nm est de -31.5 dBm. Cette valeur de sensibilité est obtenue grâce au

134
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

meilleur taux d'extinction. Un léger palier apparaît à 1555nm pour les sens montant. Ces
résultats sont obtenus sans filtre optique devant la réception.
1E-04

1E-05

1E-06

1532nm-1,25Gbit/s-up
1E-07
1532nm-2,5Gbit/s-dow n
TEB

1555nm-1,25Gbit/s-up
1E-08
1555nm-2,5Gbit/s-dow n

1E-09

1E-10

1E-11
-35 -33 -31 -29 -27 -25 -23
Puis s ance optique (dBm )

Figure 3-54: courbes de BER pour 1532 nm et 1555nm à 1.25 Gbit/s dans le sens
montant et 2.5Gbit/s dans le sens descendant dans la configuration PON CWDM TDM.
Architecture bi- fibre 15 km + 5 km. Taux de partage de 1x8 sur chaque longueur
d'onde.
Résumé:

Le Tableau 16 et le Tableau 17 résument les capacités d'une architecture PON WDM TDM
avec des canaux CWDM. Les faibles pertes des multiplexeurs CWDM permettent de passer
à 2.5Gbit/s dans le sens descendant mais avec un faible taux de partage (1vers 8). Le gain
le plus intéressant est sur la configuration 10 km + 2 km, bi- fibre, où le taux de partage peut
atteindre 1 vers 32 (à condition toutefois d'ajouter un filtre devant la photodiode dans le sens
remontant). Il serait donc possible d'avoir 6 GPON avec des longueurs d'onde CWDM et
des RSOA de prochaine génération comme émetteurs dans les ONU.

Taux de
Nombre
Nombre de partage sur
Distance OLT- d'ONUs total Débit moyen
fibres de chaque
ONU du PON WDM par client
transport longueur
TDM
d'onde
1 8 (*) 320 155 Mbit/s
10 km + 2 km
2 32(*) 1280 39 Mbit/s
15 km + 5 km 2 16 640 78 Mbit/s
Tableau 16: résumé des capacités du PON WDM TDM avec canaux espacés de 20 nm
(CWDM). Débits de 1.25 Gbit/s dans les sens montant et descendant. (*) Un filtre
optique de largeur 5 nm est nécessaire devant la photodiode pour le sens montant

Taux de
Débit moyen
Nombre de partage sur Débit moyen
Distance OLT- par client
fibres de chaque par client
ONU Sens
transport longueur Sens montant
descendant
d'onde
15 km + 5 km 2 8 310 Mbit/s 155 Mbit/s
Tableau 17: résumé des capacités du PON WDM TDM bi-fibre avec canaux espacés de
20 nm (CWDM). Débits de 2.5 Gbit/s dans le sens descendant et 1.25 Gbit/s dans le
sens montant.

135
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.3 Architecture de PON WDM avec SLED et RSOA


3.3.1 Description de la technique

Cette technique est un complément à la modulation déportée avec un RSOA comme


émetteur-modulateur à L'ONU. L'idée est de diminuer le coût de la génération des multiples
longueurs d'onde continues nécessaires pour l'injection dans les RSOAs, en utilisant une
source large. Les performances obtenues avec les RSOA injectés par un signal provenant
d'un laser DFB sont très bonnes mais le système est trop coûteux pour être intégrable dans
un réseau d'accès. Il est beaucoup plus intéressant au niveau coût d'utiliser une source
large hachée par un démultiplexeur ("spectrum slicing") partagée entre plusieurs utilisateurs.
C'est une technique également utilisée dans les PON WDM à base de Fabry Pérot [10,11].
La source large est généralement constituée par l'émission spontanée amplifiée d'un
amplificateur optique à fibre dopée Erbium (EDFA). L'intérêt de ce type d'amplificateur
optique est que la puissance totale de sortie peut atteindre +30 dBm. Néanmoins de telles
puissances sont à éviter car cela peut endommager les connecteurs et favoriser les effets
non linéaires dans la fibre et de plus c'est un danger pour la sécurité oculaire en cas de
coupure de fibre. Le prix de tels amplificateurs est d'ailleurs prohibitif puisque de l'ordre de
10k€ pour une puissance de sortie de +23dBm et 20k€ pour une puissance de sortie de
+30dBm [ 12 ]. Il a donc été décidé de choisir comme source large une diode
superluminescente (SLD ou SLED) dont le coût est de l'ordre de 2k€ et qui a une puissance
de sortie qui peut atteindre +16dBm.

La Figure 3-55 représente le principe de la technique de modulation déportée pour le sens


montant avec un RSOA à l'ONU et une SLED au central pour la génération des multiples
longueurs d'onde.
La SLED émet un spectre large dans la fibre de transport, non modulé. Ce spectre est
haché par un démultiplexeur et chaque ONU reçoit donc une "tranche" spectrale dont la
forme correspond à la forme du filtre du multiplexeur et la longueur d'onde centrale au port
du multiplexeur. Ce signal est alors amplifié par le RSOA, modulé avec les données
montantes et renvoyé dans la fibre. Les différents signaux montants sont ensuite
multiplexés au point de répartition puis démultiplexés au central pour être détectés
séparément.

Le signal reçu et renvoyé par le RSOA provient d'une lumière incohérente et a typiquement
une largeur spectrale à 3dB de 0.4nm, ce qui va induire un comportement différent du
RSOA par rapport à une injection avec une lumière issue d'un DFB (cohérent et très fin
spectralement). De plus des pénalités dues à la dispersion chromatique seront à prendre en
compte.

SLED

RSOA
Mux
Mux
Rx_1
SR

Rx_N OLT ONU

Figure 3-55: principe de la technique de modulation déportée avec SLED et RSOA


pour le sens montant.

136
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Le fait d'utiliser un RSOA à l'ONU rend celui ci achromatique et donc diminue les coûts
d'inventaire et de maintenance par rapport aux coûts de gestion d'un ensemble de lasers
DFB de longueurs d'onde différentes. Un RSOA non régulé en température a globalement le
même prix commercial qu'un DFB régulé en température (≈1k€). Le gain est surtout visible
au niveau de la génération des longueurs d'onde continues au central puisque, pour un
PON WDM avec 32 ONUs, les 32 DFB (32k€) sont remplacés par une seule SLED (2k€),
soit un gain de 30k€.

Un PON WDM utilisant cette technique nécessite 2 bandes de longueurs d'onde, l'une pour
le sens descendant et l'autre pour le sens montant. La technique utilisant la SLED et le
RSOA est d'abord réservée au sens montant. Le RSOA fonctionne dans la bande C, cette
bande sera donc réservée au sens montant et le spectre de la SLED est également choisi
dans la bande C. La largeur spectrale de la SLED est de 40 nm centré autour de 1550 nm.
Le spectre de sortie de la SLED pour un courant de 500mA à 25°C est représenté sur la
Figure 3-56. La densité spectrale de puissance atteint -15.5 dBm/0.1nm au maximum à
1550 nm et est supérieur à -18dBm/0.1nm sur toute la bande C.

1500 1510 1520 1530 1540 1550 1560 1570 1580 1590 1600

-16
Densité de puissance

-18
(dBm/0.1nm)

-20
-22
-24
-26
-28
-30
longueur d'onde (nm)

1530 1535 1540 1545 1550 1555 1560 1565


-15
Densité de puissance

-15,5
(dBm/0.1nm)

-16

-16,5

-17

-17,5

-18
longueur d'onde (nm)

Figure 3-56: spectre de sortie de la SLED à 25°C a vec un courant de 500mA

Les multiplexeurs choisis sont des AWG. La propriété intéressante est celle de cyclicité qui
permet de faire passer par le même port 2 longueurs d'onde (et plus) espacées d'un nombre
entier de fois l'intervalle spectral libre (ISL ou FSR: free spectral range). Il est donc possible
de démultiplexer des signaux de la bande O (1.3µm), de la bande C (1.5µm) et de la bande
L (1.6µm) avec le même AWG. Ceci est d'importance car cette propriété économise
l'utilisation de plusieurs AWG comme le montre la Figure 3-57.

137
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Filtres séparateur
bande C/bande L xN

λ1
AWG bande C λ1, λ17
λ1, λ17
λ17
λ1à λ32

λ16, λ32
λ16, λ32
AWG bande L

Mux non cyclique AWG cyclique

λ1,λ2 … λ15,λ16, λ17,λ18, λ31,λ32


bande C bande L

Figure 3-57: schéma des multiplexeurs nécessaires pour allouer 2 longueurs d'onde
par client avec et sans AWG périodique

Pour allouer 2 longueurs d'onde par ONU, situées dans 2 bandes différentes, avec des
multiplexeurs non périodiques, il faut d'abord séparer les deux bandes (C et L par exemple)
par un filtre. Ensuite il faut démultiplexer toutes les longueurs d'onde pour pouvoir prendre
les deux signaux correspondant à chaque ONU et les multiplexer sur le lien vers l'ONU. Un
seul AWG périodique permet de faire ce routage sans branchement compliqué.
Un inconvénient des multiplexeurs "bulk" basés sur un réseau de diffraction massif est que
lorsque qu'un spectre large est envoyé dans un des ports de sortie, un filtrage est effectué
en concordance avec le port concerné, c'est-à-dire que la longueur d'onde n°1 se retrouve à
l'entrée du multiplexeur s'il s'agissait du port n°1, mais il apparaît une longueur d'onde
réfléchie par ce même port, correspondant à une autre longueur d'onde. Ceci est dû à la
réflexion sur le réseau. La Figure 3-58 illustre ce phénomène.

Source à large
λ1 spectre

λN

Figure 3-58: phénomène de réflexion dans un multiplexeur "bulk"

Dans l'architecture de PON WDM proposée, la source large est en fait le RSOA qui renvoie
λ1 comme prévu, mais qui émet aussi de l'ASE, et une tranche spectrale de cette ASE
(correspondant à λN sur le dessin) va revenir dans le RSOA. Cette longueur d'onde va donc

138
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

être elle aussi amplifiée et modulée par le RSOA et cela va modifier les performances du
système.
Les multiplexeurs "bulk" tels quels sont donc inutilisables dans ce contexte. Néanmoins il
existe des solutions technologiques pour supprimer ce phénomène.

3.3.2 Importance du filtrage

Un élément important a été découvert au cours des tests en laboratoire, qui a trait à
la propriété cyclique de l'AWG. Le problème qui peut intervenir lorsque le spectre large de la
SLED est haché par l'AWG est que, si le spectre total de l'AWG (i.e. espacement entre
canaux X nombre de canaux) est inférieur à celui de la SLED, certaines longueurs d'onde
non prévues, dites parasites, vont être transmises dans l'architecture à cause de la cyclicité
de l'AWG. Le schéma sur la Figure 3-59 illustre le principe de l'apparition des ces longueurs
d'onde parasites.
Ces longueurs d'onde sont visibles à l'analyseur de spectre à la sortie de l'AWG lorsqu'une
source large est placée à l'entrée.
Dans le cas idéal lorsque les deux spectres sont de même largeur et centrés correctement,
une seule longueur d'onde est visible sur les ports de sortie. Par contre s'ils ne sont pas
centrés sur les mêmes fréquences ou si le spectre de la SLED est beaucoup plus grand, les
cas non idéaux représentés sur la Figure 3-59 risquent de se produire. En fait les longueurs
d'onde espacées de l'intervalle spectral libre vont pouvoir passer à travers l'AWG et être
transmises simultanément. Plusieurs cas peuvent arriver:
Q 1 : une longueur d'onde parasite est transmise mais de puissance faible car elle
est située en extrémité de la bande optique de la source large
Q 2 : 2 (ou plus) longueurs d'onde parasites sont transmises
Q 3 : une seule longueur d'onde parasite apparaît mais de puissance égale à la
longueur d'onde "principale"

AWG

Analyseur de spectre
optique
Source à
large spectre

Cas idéal Cas Non idéal


Spectre SLED
Spectre AWG

FSR FSR FSR


FSR

  
Figure 3-59: schématisation de l'apparition des longueurs d'onde parasites

139
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Ces longueurs d'onde parasites vont être injectées dans le RSOA, ce qui va modifier ses
performances sur la longueur d'onde principale (par exemple gain moins important puisque
partagé entre les différentes longueurs d'onde, en particulier dans le cas n°3). De plus ces
longueurs d'onde sont très espacées l'une de l'autre (égal à l'ISL) et cela va donner des
pénalités de transmission dues à la dispersion chromatique.

Pour évaluer les pénalités apportées par ce problème de longueurs d'onde parasites, des
analyses expérimentales ont été effectuées en ajoutant un filtre optique de largeur 5 nm à
certains endroits de l'architecture, qui permet de voir l'effet d'un filtrage de ces longueurs
d'onde parasites. La SLED a été prise comme source large et 2 AWG 1 vers 24 avec 100
GHz d'espacement entre canaux ont été considérés:
Q Le spectre du premier va de 1548 nm à 1566 nm et le port n°4 de cet AWG a été
sélectionné (la longueur d'onde n'est pas ce qu'il y a de plus important dans cette
expérience, c'est le port qui importe, et 1550 nm sera considéré dans la suite de
la description même si la longueur d'onde précise est plutôt autour 1551 nm)
Q Le spectre du second va de 1529 nm à 1548 nm et le port n°1 est considéré
(longueur d'onde 1530 nm dans la suite)

La Figure 3-60 montre le spectre de la SLED avant et après filtrage par les AWG considérés.
Deux cas sont mis en évidence:
Q Cas a) observé à 1550 nm: une longueur d'onde parasite apparaît à 36 nm de la
longueur d'onde principale, ce qui constitue l'ISL de l'AWG, et cette longueur
d'onde parasite est 7dB inférieure en puissance à la principale
Q Cas b) observé à 1530 nm: une seconde longueur d'onde apparaît mais qui est
de même puissance que la longueur d'onde principale.
1500 1520 1540 1560 1580 1600

-16
-18
power density
(dBm/0.1nm)

-20 spectrum ouput SLED


-22 case a) : 1550 nm
-24 case b) : 1530 nm
-26
-28
-30
w avelength (nm)

Figure 3-60: spectre de sortie de la SLED avant et après filtrage par des AWG

Le schéma expérimental représenté sur la Figure 3-61 a été utilisé pour évaluer l'impact de
la position d'un filtre dans l'architecture.

SLED F2

F4 R-SOA
F3

Rx OLT AN ONT

Figure 3-61: schéma expérimental de l'évaluation de la position d'un filtre pour les
longueurs d'onde parasites

140
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

4 configurations sont regardées:


Q NF: aucun filtre n'est placé dans l'architecture
Q F2: le filtre est placé à l'émission juste après la SLED. Il permet de limiter
l'injection dans le RSOA à la seule longueur d'onde principale. Néanmoins il peut
toujours exister des longueurs d'onde parasites à la réception provenant du
filtrage de l'ASE du RSOA dans le sens montant et ceci peut apporter des
pénalités de dispersion chromatique
Q F3: le filtre est placé à la réception ce qui permet de supprimer les longueurs
d'onde parasites avant la détection mais ne supprime pas l'injection de multiples
longueurs d'onde dans le RSOA
Q F4: le filtre est placé sur le lien bidirectionnel de façon à limiter la transmission
d'une seule longueur d'onde dans les deux sens.

La Figure 3-62 montre les courbes de TEB obtenues avec les différentes configurations en
back to back, c'est-à-dire sans fibre.

1,E-05 1530 nm - No Filter

case a: 1550 nm 1530 nm - F3


1,E-06
1530 nm - F2
F3

1,E-07 1530 nm - F4
BER

F2
NF
1550 nm - F4
1,E-08 F3
1550 nm - F3
F4
1,E-09 1550 nm - F2
F4 F2 case b: 1530 nm
NF 1550 nm - No filter
1,E-10
-35 -33 -31 -29 -27 -25
Power (dBm)

Figure 3-62: TEB en back to back à 622 Mbit/s pour différentes positions du filtre. Le
courant de polarisation du RSOA est 70mA, l'amplitude de modulation est 2V, et la
puissance injectée dans le RSOA est -20 dBm. (Un TEB de 10-9 n'est pas toujours
atteint car les paramètres de courant et tension n'ont pas été optimisés).

Observations:
Q Dans le cas a) où la longueur d'onde parasite est plus faible que le pic principal,
les courbes de TEB montrent une nette amélioration des performances du
système avec la configuration F4 qui filtre entièrement la longueur d'onde
parasite dans les 2 directions.
Q Dans le cas b) où les 2 longueurs d'onde ont la même puissance, les meilleurs
résultats sont obtenus sans filtre et il y une légère dégradation avec le filtre sur le
lien bidirectionnel. Ceci concorde avec [ 13 ] qui explique que plusieurs pics
permettent d'augmenter le rapport signal sur bruit. Mais la présence de plusieurs
longueurs d'ondes implique des pénalités à cause de la dispersion chromatique,
qui ne sont pas visibles ici puisque ce sont des mesures sans fibre.

Pour avoir une mesure plus fiable de l'effet du filtrage, les mêmes tests ont été effectués
avec 20km de fibre optique dans l'architecture. Les résultats sont présentés sur la Figure
3-63.

141
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

60mA - 4V - 1548 nm

1E-03
1E-04
1E-05
1E-06

BER
1E-07
1E-08
1E-09
1E-10
1E-11
-35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25 -24
Pow e r (dBm )

F1 F2 F3 F4

70mA - 4V - 1531 nm

1E-03
1E-04
1E-05
1E-06
BER

1E-07
1E-08
1E-09
1E-10
-35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25 -24
Pow e r (dBm )

F2 F3 F4

Figure 3-63: courbes de TEB obtenues pour le sens montant à 1.25Gbit/s sur
l'architecture avec fibre. F1=NF: pas de filtre, F2: filtre à l'émission, F3: filtre à la
réception, F4: filtre sur le lien bidirectionnel

Les paramètres de courant de polarisation et tension de modulation sont cette fois optimisés
pour avoir de bons TEB (Vpp = 4V, Ibias = 60mA pour 1548 nm et Vpp = 4V, Ibias = 70 mA
pour 1531 nm).
Les résultats avec la configuration sans filtre (F1 ou NF) montrent une dégradation très
importante des performances. Dans le cas b) à 1530 nm, aucune courbe ne peut être tracée.
Ensuite il apparaît que les pénalités observées sont surtout dues à la dispersion
chromatique car il suffit de filtrer à la réception (F3) pour avoir les meilleurs résultats,
analogues aux résultats obtenus avec la configuration F4. La pénalité due à la dispersion
peut être mesurée entre les courbes correspondant à F2 et F4 et vaut 0.5dB @10-9 pour le
cas a) et 1.5dB pour le cas b).

Les résultats obtenus avec et sans fibre montre que la dispersion chromatique a beaucoup
plus d'effet sur les performances de l'architecture que le fait d'injecter de multiples longueurs
d'onde dans le RSOA.

La conclusion de cette étude est qu'il est important d'adapter le spectre de la SLED et du
RSOA à l'AWG utilisé (et inversement) pour éviter d'avoir la transmission éventuelle de
longueurs d'onde parasites dans l'architecture qui risquent de dégrader les performances du
système. Dans un cas non idéal il est donc important de veiller à filtrer à la réception ou
dans les deux sens afin d'obtenir les résultats les plus fiables. En pratique il est facile de
limiter la bande passante de la SLED et le plus souvent un filtre sera utilisé à l'ONU pour
séparer les 2 bandes de longueurs d'onde (montante et descendante) qui permettra de
limiter le spectre remontant. Un filtrage bidirectionnel équivalent à la configuration F4 sera
ainsi mis en place.

142
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Dans les tests expérimentaux qui suivent, un filtrage est effectué en permanence dans les 2
sens de transmissions pour s'assurer qu'il n'y a pas de longueur d'onde parasite dans
l'architecture et que les résultats sont optimum.

3.3.3 Résultats expérimentaux

Trois configurations d'architectures utilisant la technique de modulation déportée avec


hachage d'une SLED ont été définies et testées. Les tests ont été menés en deux temps.
Dans un premier temps deux architectures de PON WDM ont été proposées et étudiées:
Q PON WDM où les signaux descendant sont simplement générés avec des lasers
DFB dans la bande L, et les signaux montants utilisent la technique
SLED+RSOA dans la bande C. Les débits montants et descendants sont à
1,25 Gbit/s.

Q PON hybride WDM TDM basé sur l'architecture précédente mais où le débit
montant est diminué (622Mbit/s) afin d'augmenter le budget optique et pouvoir
insérer un coupleur optique 1 vers 4.

Ces premiers tests ont été effectués avec une amplitude de modulation du RSOA de 2V,
alors que pour la dernière architecture, mise en place dans un second temps, cette
amplitude a été amplifiée jusqu'à 4V, ce qui donne de meilleurs résultats.

La troisième architecture est:


Q PON WDM où à la fois les signaux montants et descendants utilisent la
technique SLED+RSOA, en se partageant une seule SLED

3.3.3.1 Montages expérimentaux avec tension de modulation de 2V

3.3.3.1.1 PON hybride WDM TDM à 622Mbit/s montant

L'architecture du PON hybride WDM TDM proposé est représentée sur la Figure 3-64.

SLED 10km
Tx_1
Coupleur 1x4
10km
Rx
3dB
Tx_N
Mux

Rx_1 Mux R-SOA

SR

Rx_N OLT Filtre séparateur ONU


bandes C/L

Figure 3-64: schéma du PON hybride WDM-TDM avec laser DFB dans la bande L pour
le sens descendant à 1,25Gbit/s et technique SLED+RSOA à 622Mbit/s dans le sens
montant

143
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Le principe de cette architecture est d'utiliser des lasers DFB dans la bande L pour générer
les signaux descendants et d'utiliser la technique de modulation déportée avec un RSOA à
l'ONU et une SLED à l'OLT fournissant les longueurs d'onde continues. Dans cette
expérience un coupleur 1 vers 4 est ajouté sur chaque port de sortie du multiplexeur qui
correspond à une longueur d'onde pour pouvoir partager celle-ci entre 4 ONU par
multiplexage temporel. Le débit par longueur d'onde pour le sens montant est fixé à 622
Mbit/s, ce qui donnerait en moyenne 155Mbit/s par utilisateur.

L'architecture est constituée des composants suivants:

Q lasers DWDM pour générer les signaux descendants,


Q un AWG 1xN pour multiplexer les signaux descendants,
Q une SLED qui émet un spectre large,
Q un coupler 3dB pour ajouter tous ces signaux,
A l'OLT Q Un circulateur pour router the signaux descendants et le spectre large
vers les ONUs et les signaux montants vers les récepteurs
Q un AWG 1xN pour démultiplexer les signaux montants DWDM
Q une série de N photodiodes
Q 10km de fibre de transport
A la SR Q un AWG 1xN pour démultiplexer les signaux descendants et
multiplexer les signaux montants
Q 10km fibre de distribution
Q Un coupleur 1 vers 4
Q a filtre séparateur de bande C/L pour séparer les signaux montants et
descendants
A l'ONU Q une photodiode pour détecter le signal descendant
Q un R-SOA pour moduler le signal continu avec les données montantes

Séparation des signaux montants et descendants

Deux bandes de longueurs d'onde sont utilisées pour séparer les signaux montants et
descendants. La bande C est réservée pour le sens montant car le RSOA fonctionne dans
cette bande et la bande L est utilisée pour les signaux descendants car des lasers DWDM
existent aussi dans cette bande (contrairement à la bande O par exemple).
L'intervalle spectral libre de l'AWG situé au point de répartition (SR: sous répartiteur) est
utilisé pour allouer 2 longueurs d'onde par ONU en les faisant passer par le même port de
l'AWG, ce qui permet d'avoir une architecture mono-fibre. L'espacement entre les longueurs
d'onde montantes et descendantes doit être un nombre entier de fois l'ISL pour qu'elles
soient correctement routées.
Les signaux descendants sont donc multiplexés à l'OLT pour être transmis sur la fibre de
transport conjointement au spectre de la SLED grâce à un coupleur 3dB. Les signaux
descendants sont ensuite démultiplexés par l'AWG à la SR, partagés en 4 par le coupleur,
puis ils traversent un filtre séparateur de bande C et L à l'ONU. Les pertes dans le sens
descendant sont de l'ordre de 25 dB en faisant la somme des pertes des composants en
ligne:
Q AWG: 4dB
Q Coupleur: 3,5dB
Q Circulateur: 1dB
Q 20 km de fibre: 5dB
Q AWG: 4 dB
Q Coupleur 1 vers 4: 7dB
Q Séparateur de bande : 0,5dB

En utilisant une photodiode APD en réception à l'ONU, il n'y a aucune difficulté pour réaliser

144
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

une transmission sans erreur à 1,25 Gbit/s (sensibilité -32 dBm@1,25Gbit/s et puissance
d'émission du laser >+2dBm). Les tests expérimentaux n'ont donc été menés que sur le
sens montant.

La SLED émet une lumière large bande incohérente et dépolarisée. Les AWG utilisés ont
des pertes d'insertion très peu dépendantes de la polarisation (PDL<1dB) et le gain du
RSOA dépend également très peu de la polarisation du signal injecté (PDG<1dB).
L'architecture proposée est donc quasiment insensible à la polarisation, ce qui est un
avantage dans des perspectives de déploiement car le contrôle de la polarisation dans
l'architecture du réseau d'accès n'est pas envisageable.

Sens montant

Le banc expérimental utilisé pour évaluer la transmission dans le sens montant est
représenté sur la Figure 3-65.
Il faut noter que le protocole de multiplexage temporel TDMA nécessaire pour partager une
longueur d'onde entre plusieurs ONU n'est pas implémenté. Il s'agit seulement de mesures
de taux d'erreur en continu sur des budgets optiques définis.

10 km
10 km
SLED F
filtre R-SOA

Rx
coupleur ONT
Atténuateur 1x4
variable SR
OLT

Figure 3-65: banc expérimental pour le sens montant de l'architecture PON hybride
WDM TDM à 622 Mbit/s.

Le filtre séparateur de bande C et L n'a pas été utilisé mais un filtre de largeur 5nm a été
placé sur le lien bidirectionnel pour s'assurer qu'une seule longueur d'onde est transmise
dans les deux directions (cf. longueurs d'ondes parasites).
Seules deux longueurs d'onde ont été testées: 1530 nm et 1550 nm, qui donnent les
performances extrêmes du RSOA au niveau du facteur de bruit (respectivement 8,5 dB et 6
dB). Deux filtres adaptés ont donc été utilisés.

La puissance de sortie totale de la SLED alimentée par un courant de 500mA est 15,5dBm,
et la densité spectrale de puissance sur la bande C est supérieure à -18dBm/0,1nm.

Les AWG utilisés ont 24 ports de sortie avec un espacement entre canaux de 100GHz. Le
filtrage est gaussien avec une largeur spectrale à 3dB de 0,4nm.

La modulation NRZ à 622 Mbit/s a été réalisée avec un générateur de séquences PRBS de
longueurs 27-1.La tension de modulation est 2V.

La puissance injectée dans le RSOA après passage dans la liaison est environ -30 dBm. Le
gain du RSOA est 19 dB avec 60 mA de courant de polarisation et 40mA de modulation
(équivalent à 2V). Une photodiode APD est utilisée pour la détection après 20 km de
transmission: 10 km de transport et 10 km de distribution. La Figure 3-65 représente les
courbes de TEB obtenues avec cette configuration à 622 Mbit/s, sans fibre (back to back) et
avec 20 km de fibre. Il faut noter que les résultats avec fibre dépendent seulement de la
distance de fibre et non pas de la répartition entre transport et distribution. En back to back,

145
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

un atténuateur remplace les pertes de la fibre afin d'avoir les mêmes conditions d'injection
dans le RSOA
1E-03

1E-04

1E-05

1E-06
1530nm_Back to Back
1E-07 1550nm_Back to Back
TEB

1550nm_20 km
1E-08
1530nm_20km
1E-09

1E-10

1E-11

1E-12
-34 -33 -32 -31 -30 -29 -28
Puissance (dBm)

Figure 3-66: courbes de TEB obtenues pour le sens montant à 622 Mbit/s du PON
WDM-TDM

Les courbes de TEB en back to back montrent une sensibilité meilleure de 2 dB à 1550 nm
qu'à 1530 nm, certainement due au facteur de bruit. La pénalité induite par la transmission
bidirectionnelle sur la fibre s'élève à 2.5dB à 1550 nm et 0,8 dB à 1530 nm pour un TEB de
10-9. Une transmission sans erreur est donc obtenue (TEB de 10-9) mais la marge de
puissance optique restante est égale à 0dB en particulier à 1530nm. Sachant que le
coupleur 3 dB et l'AWG à la réception n'étaient pas implémentés dans le montage,
l'architecture complète risque de ne pas fonctionner correctement avec ces paramètres.
Néanmoins en passant à une tension de modulation de 4V, qui donnerait un taux
d'extinction plus important, la sensibilité de la photodiode serait amélioré et ce PON WDM-
TDM donnerait de meilleurs résultats. En diminuant le débit en ligne à 125 Mbit/s (Fast
Ethernet) ou 155 Mbit/s (STM1), le budget optique serait également augmenté mais le débit
par utilisateur ne serait plus assez intéressant par rapport à un PON classique.

Effet de la bidirectionnalité

Le montage de la Figure 3-67 a été utilisé pour voir l'effet de la transmission bidirectionnelle
sur les performances de l'architecture. Le module RSOA n'est pas régulé en température ce
qui induire des modifications de performance au cours du temps. Les mesures en mono-
fibre et bi-fibre ont donc été réalisées dans un intervalle de temps très court. Les résultats
sont présentés sur la Figure 3-68.

10 km
10 km
SLED

10 km F R-SOA

Rx
coupleur ONT
Atténuateur 1x4
variable SR
OLT

Figure 3-67: architecture PON WDM-TDM 2 fibres

146
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

1,E-04
1,E-05
1,E-06
tw o- f ibre

BER
1,E-07
single-f ibre
1,E-08
1,E-09
1,E-10
-33 -31 -29 -27 -25 -23
Pow e r (dBm )

Figure 3-68: TEB comparé sur l'architecture mono-fibre et bi-fibre

D'après les courbes de la Figure 3-68, la pénalité due à la transmission bidirectionnelle est
négligeable. La nature incohérente du signal (issu à l'origine de la SLED) limite l'effet de la
rétrodiffusion Rayleigh. Ce phénomène est décrit de façon détaillée dans le chapitre 4.

3.3.3.1.2 PON WDM à 1,25 Gbit/s

Le mélange de TDM et WDM sera difficile à réaliser uniquement avec la technique SLED +
RSOA du fait de la faible puissance injectée dans le RSOA et du budget optique nécessaire.
Ce chapitre résume donc les résultats obtenus sur la même architecture (lasers bande L
dans le sens descendant et technique SLED + RSOA dans le sens montant) mais sans
coupleur 1 vers 4 sur chaque fibre de distribution et en augmentant le débit à 1,25 Gbit/s.
Une longueur d'onde n'est donc destinée qu'à un seul ONU. Le montage est donc le même
que précédemment à l'exception du coupleur.
La Figure 3-69 montre les courbes de TEB obtenues à 1,25 Gbit/s avec -25 dBm de
puissance injectée dans le RSOA, pour différents courants de polarisation. La puissance
injectée dans le RSOA est contrôlée par un atténuateur variable après la SLED. La
photodiode est une APD.

1E-03

1E-04

1E-05
55mA
1E-06
52,5mA
TEB

1E-07 50mA
48,5mA
1E-08
45mA
1E-09

1E-10

1E-11
-33 -31 -29 -27 -25
Puissa nce (dBm)

Figure 3-69: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s avec 20 km de SMF, -25 dBm de puissance
injectée dans le RSOA, pour différents courants de polarisation du RSOA.

La sensibilité à la réception s'améliore avec l'augmentation du courant mais un palier


apparaît, qui devient significatif au dessus de 55mA de courant de polarisation. Cela
implique qu'il y a un compromis à trouver au niveau du courant de polarisation entre un gain

147
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

optique important du RSOA et une courbe de TEB correcte pour cette architecture. Un bon
compromis est obtenu avec 50 mA, afin d'avoir un bon taux d'extinction et de ne pas ajouter
trop de bruit optique. La modélisation théorique de ces bruits est étudiée dans le chapitre 4.

Performances sur la bande C

La Figure 3-70 représente les courbes de TEB à 1,25Gbit/s avec un courant de polarisation
de 50mA et -25 dBm injecté dans le RSOA, pour 4 longueurs d'onde de la bande C: 1530
nm, 1540 nm, 1550 nm, 1560 nm.
1E-03
1E-04
1E-05
1E-06 1530 nm
1E-07 1540 nm
TEB

1E-08 1550 nm
1560 nm
1E-09
1E-10
1E-11
1E-12
-32 -30 -28 -26 -24
Puissa nce (dBm)

Figure 3-70: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s avec 20 km de SMF, -25 dBm de puissance
injectée dans le RSOA, 50 mA de courant de polarisation, pour différentes longueurs
d'onde de la bande C.

Une transmission sans erreur (10-9) est obtenue pour chacune des longueurs d'onde mais la
sensibilité s'améliore avec les longueurs d'onde plus grande mais cependant un palier
apparaît pour la longueur d'onde de 1560 nm.

Explication du palier au niveau du TEB

Les paliers qui apparaissent sont dus aux bruits optiques amenés par la SLED et le RSOA,
ainsi qu'aux bruits de battement à la détection et à la rétrodiffusion de Rayleigh.
Bruit de la SLED: Le signal obtenu par le hachage de la SLED est une lumière incohérente
provenant d'émission spontanée amplifiée, ASE. Or la détection de l'ASE génère un bruit de
battement spontané-spontané appelé bruit d'intensité en excès ou Excess Intensity Noise
(EIN). Ce bruit de battement génère donc une composante AC due au battement entre les
différentes composantes fréquentielles, qui se retrouve sur les "1". La particularité du bruit
d'intensité en excès est que la distribution de densité de probabilité n'est pas gaussienne
mais géométrique. La distribution du bruit est donc plus étalée et avec une queue plus
allongée comme le montre la Figure 3-71.

Figure 3-71: distribution géométrique (i) et gaussienne (ii) [14]

148
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Le niveau du palier dépend du courant de polarisation du RSOA, de la longueur de fibre et


de la longueur d'onde du signal.
Q Lorsque le courant de polarisation augmente, le gain optique du RSOA
augmente mais le niveau d'ASE augmente également. De plus le RSOA amplifie
le bruit d'intensité EIN de la SLED ainsi que les différents bruits de battement
(signal-signal, signal-spontané et spontané-spontané).
Q Le gain et la figure de bruit du RSOA dépendent de la longueur d'onde, et de ce
fait les performances sont différentes à 1530 nm et 1550 nm.
Q La transmission sur la fibre implique des pénalités dues à la dispersion
chromatique. En effet le signal a une largeur spectral de 0,4 nm et la
transmission à travers 20 km de fibre avec 17ps/nm/km de dispersion induit un
élargissement du signal temporel de 136ps, ce qui correspond à 17% d'un temps
bit à 1,25Gbit/s.

La Figure 3-72 montre le diagramme de l'œil optique du signal montant à 1,25Gbit/s.

Figure 3-72: diagramme de l'œil optique du signal montant à 1,25Gbit/s

Le bruit sur les "1" est très important et est typique de la technique de "spectrum slicing". La
distribution de densité de probabilité à la sortie de la SLED est comparable à celle sur les
"1", mais il faut y rajouter l'amplification du RSOA et l'ASE, ce qui donne un œil très
asymétrique.
Cet œil plutôt fermé dégrade les performances du système. Une manière d'améliorer ces
performances est d'utiliser un RSOA avec une faible puissance de saturation en entrée [15].
En effet en fonctionnement saturé, les "1 avec un fort niveau de puissance vont être moins
amplifiés que les "1" avec un faible niveau de puissance, ce qui va avoir pour effet de
compresser la distribution de densité de probabilité, c'est-à-dire diminuer la variance des "1".
C'est le phénomène appelé "amplitude squeezing effect". Cela a donc pour effet d'ouvrir
l'œil et d'améliorer les performances.

Dans nos tests, la puissance injectée est trop faible et cet effet de compression n'a pas lieu.

Compensation de la dispersion

La Figure 3-73 représente les courbes de TEB obtenues en ajoutant de la fibre de


compensation de dispersion (DCF) permettant de compenser la dispersion chromatique
apportée par 3, 7.5 et 12 km de fibre standard SMF. Il faut noter que ces mesures ont été
réalisées avec une valise de taux d'erreur qui n'effectuait pas une détection de seuil
automatique appropriée et le niveau du seuil de détection est important avec un digramme
de l'œil tel que celui représenté plus haut. Les performances ne sont donc pas optimales.

149
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

1E-06

1E-07

DCF 12km
TEB
1E-08 DCF 7,5km
DCF 3km
w /o DCF
1E-09

1E-10
-32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25

Puissance (dBm)

Figure 3-73: TEB à 1,25 Gbit/s sur 20 km, 1550nm, un courant de polarisation de
50 mA, -18 dBm de puissance injectée dans le RSOA, sans et avec DCF compensant 3,
7,5 et 12 km de SMF.

Avec les paramètres considérés, le gain en sensibilité à 10-9 obtenu avec la DCF permettant
de compenser 3 km de SMF est environ 1,5 dB et le gain maximum peut aller jusque 2 dB.
Ajouter de la fibre de compensation à l'OLT n'apporte pas de surcoût très important
puisqu'elle est partagée par tous les ONUs, et le budget optique est suffisant pour prendre
en compte ces pertes supplémentaires. Mais cette fibre peut poser problème lorsque les
ONUs sont à des distances très variées du central. En effet si cette fibre compense
correctement un ONU situé à 20 km du central, elle va peut-être dégrader les performances
d'un ONU situé très près du Central. L'ingénierie d'un système avec des disparités entre les
distances des ONUs est complexe à mettre en œuvre.

Conclusion

L'architecture de PON WDM est à même d'offrir un accès symétrique de 1,25 Gbit/s.
L'espacement entre canaux de 100GHz permet d'obtenir 40 longueurs d'onde disponibles
sur la bande C, donc de connecter 40 ONUs.

3.3.3.2 Architecture de PON WDM basé uniquement sur la technique


SLED+RSOA, avec tension de modulation de 4V

3.3.3.2.1 Description de l'architecture

Le but de cette architecture est d'utiliser de façon symétrique la technique SLED+RSOA à la


fois pour le sens montant et le sens descendant afin d'uniformiser les émetteurs et donc
diminuer les coûts.
Les idées principales de l'architecture complète sont
Q D'utiliser les mêmes RSOA à la fois à l'OLT et à l'ONU
Q De générer les longueurs d'onde continues pour l'OLT et l'ONU avec une seule
source SLED

Ceci est possible en utilisant des filtres bleu/rouge qui coupent la bande C en deux parties.
Le spectre de la SLED est donc partagé en une partie basse qui va de 1530 nm à 1545 nm
et une partie basse qui va de 1548 nm à 1565. La partie basse va par exemple être dédiée
aux RSOA pour le sens descendant et la partie haute pour le sens montant.

150
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

SLED C isolateur
Filtre bande C
Filtre bleu/rouge
R B

15 km
Filtre
2x2 5 km R/B
RSOA
RSOA
Rx

ONU

Rx
OLT

Figure 3-74: schéma de l'architecture complète incluant des RSOA pour les sens
montant et descendant.

Un coupleur 2 vers 2 permet de transmettre une partie du spectre directement dans les
RSOA de l'OLT pour le sens descendant et l'autre partie du spectre dans l'architecture pour
être injecté dans les RSOA situés dans les ONUs. Un isolateur est nécessaire après la
SLED afin d'éviter le retour de puissance dans celle-ci. Le circulateur permet de router les
signaux montants vers la photodétection. Ce circulateur peut être situé comme présenté sur
la Figure 3-74 après le coupleur 2 vers 2, comme dernier élément de l'OLT ou alors entre le
coupleur et le multiplexeur des signaux descendants. L'inconvénient dans ce second cas est
que pour le sens montant, les pertes du coupleur sont à ajouter à la fois lorsqu'on injecte la
puissance dans les RSOA mais aussi lors du sens montant en lui-même.

Une autre possibilité est décrite sur la Figure 3-75. Un seul AWG est utilisé à l'OLT pour
router les signaux montants et descendants et un filtre bleu/rouge est ajouté à chaque port
pour séparer les signaux, vers le RSOA ou la photodiode. L'AWG et le circulateur sont donc
remplacés par N filtres, qui sont d'ailleurs les mêmes qu'à l'ONU.

151
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

SLED C isolateur
Filtre bande C
Filtre bleu/rouge
R B

15 km
Filtre
2x2 5 km R/B
RSOA RSOA
OLT
Rx Rx
Filtre
R/B ONU

Figure 3-75: schéma de l'architecture complète avec un seul multiplexeur à l'OLT

L'intérêt du filtre rouge/bleu est que le front du filtre est assez raide, ce qui permet de ne pas
perdre trop de longueurs d'onde entre les deux bandes. L'inconvénient est que si c'est un
filtre passe bande au niveau du "bleu" c'est à dire entre 1530 nm et 1545 nm, pour la sortie
"bleu" il s'agit d'un passe haut au dessus de 1545 nm et d'un passe bas en dessous de
1530 nm (voir Figure 3-76). Par conséquent sans autre filtre, à cause du FSR de l'AWG, il
peut y avoir des pics parasites dans l'architecture car la SLED couvre une bande spectrale
supérieure à 35 nm.

P optique reçue (dBm) Filtre Rouge / Bleu


0,00

-5,00

-10,00

-15,00

-20,00

référence
-25,00 Rouge
Bleu

-30,00

-35,00

Longueur d'onde (nm)


-40,00
1525 1530 1535 1540 1545 1550 1555 1560 1565 1570

Figure 3-76: pertes du filtre bleu/rouge

Il est donc nécessaire de rajouter avant ce filtre un filtre passe bande qui laisse passer
seulement la bande C. Les filtres WDM C/L qui séparent les bandes C et L sont par
exemple utilisables (Figure 3-77).

152
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Filtre bande C

0 dB

-5 dB
sortie P
-10 dB sortie R
Série5
-15 dB

-20 dB

-25 dB

-30 dB

-35 dB

-40 dB
Bande S Bande C Bande L
-45 dB

-50 dB
1510 nm 1520 nm 1530 nm 1540 nm 1550 nm 1560 nm 1570 nm 1580 nm

Figure 3-77: pertes d'un filtre WDM C/L

Les pertes de ces filtres sont faibles en particulier pour les bleu/rouge et les cascader n'est
pas trop dommageable.
Il est également possible d'utiliser deux filtres rouge bleu à suivre, mais l'un étant passe-
bande sur le "bleu" et le second passe-bande sur le "rouge". Le premier filtre sélectionne
correctement le bleu sur la sortie 1 et laisse passer tout le reste sur la sortie 2. Il suffit
ensuite de rajouter le second filtre sur la sortie 2 pour sélectionner correctement le rouge
comme décrit sur la Figure 3-78.

Spectre large en
entrée
Filtre B/R centré
sur Bleu
Filtrage
intermédiaire
Filtre B/R centré
sur Rouge

Spectres de
sortie

Figure 3-78: schéma du découpage de la bande C en deux parties grâce à 2 filtres


bleu/rouge

3.3.3.2.2 Résultats expérimentaux

L'objectif est d'évaluer sur la l'architecture de PON WDM avec SLED et RSOA, l'effet du
courant de polarisation du RSOA et de l'amplitude de modulation afin d'estimer la possibilité
de réaliser le PON WDM avec des RSOA à fois pour le sens montant et le sens descendant.

153
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

En effet lorsque la modulation est fournie simplement par la valise de BER, l'amplitude de
modulation est limitée à 2 V. Avec cette amplitude fixe, lorsqu'on augmente le courant pour
avoir plus de gain, le taux d'extinction diminue et les performances s'effondrent. Un palier
apparaît au niveau du BER pour des courants élevés. En ajoutant un amplificateur
électrique à la sortie de la valise, des mesures vont être faites avec une amplitude de 4 V,
ce qui permet de tester différents courants de polarisation.

Le sens montant et le sens descendant vont être testés successivement en implémentant


cette fois ci réellement tous les AWG nécessaires ainsi que les filtres.

3.3.3.2.2.1 Montage expérimental pour le sens montant

10 km
Filtre Prsoa
10 km C/L
SLED
RSOA

Prx
Générateur de T
Rx courant

Rx BER Tx

Figure 3-79: schéma expérimental du sens montant du PON WDM

Un coupleur 1% (-21dB) a été placé devant le RSOA pour contrôler la puissance d'injection
et un autre coupleur 2% (-17dB) au niveau du récepteur. Un atténuateur variable permet de
faire la mesure de BER en fonction de la puissance reçue sur le RSOA. Des boucles de
Lefebvre permettent d'ajuster la polarisation du signal. Les AWG sont à maintien de
polarisation (AWG NEL 1 vers 24, 100 GHz d'espacement entre canaux), des boucles sont
donc placées avant l'AWG au niveau de la réception afin d'injecter le signal avec la
polarisation adéquate et avoir le moins de pertes possibles à travers l'AWG. Les autres
boucles sont placées entre l'AWG et le RSOA. Elles permettent de contrôler la polarisation
du signal injecté dans le RSOA pour obtenir un meilleur gain (PDG < 1dB) et d'optimiser en
même temps la polarisation pour le passage retour à travers l'AWG.

En réception, un module avec une photodiode APD est utilisé avec une récupération
d'horloge intégré.

La SLED est alimentée par un courant de 500 mA. Sur la bande C la densité de puissance
varie entre -18dBm/0.1nm et -15.5dBm/0.1nm, ce qui donne sur une largeur spectrale de
0.8nm des puissances entre -9 dBm et -6.5dBm.
Le filtre C/L permet de filtrer les longueurs d'onde parasites dues à la propriété cyclique et
périodique de l'AWG. Dans certains cas la bande de filtrage est trop grande et il est donc
nécessaire de remplacer ce filtre par un filtre passe bande de 5 nm de large permettant
d'isoler la longueur d'onde voulue.

Un atténuateur variable a été ajouté à la sortie de la SLED pour simuler des pertes
supplémentaires. En particulier il simule le coupleur 3dB nécessaire à l'injection du spectre
de la SLED dans l'architecture. Les pertes intrinsèques de l'atténuateur étant d'environ 2dB,

154
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

nous avons rajouté encore 2 dB afin d'avoir les pertes réelles d'un coupleur (avec une
marge).
Le passage à travers l'AWG apporte les pertes d'insertion mais aussi les pertes dues à la
forme gaussienne du filtre constitué par l'AWG. Le calcul de ces pertes est détaillé en
annexe.
Ces pertes sont respectivement de 3.5dB et 3dB.
0.8nm

Densité spectrale Filtre de


de puissance l'AWG
injectée à l'entrée
de l'AWG

Figure 3-80: illustration du filtrage d'une source large bande par l'AWG

Le tableau ci-dessous résume les pertes rencontrées par le spectre de la SLED avant d'être
injecté dans le RSOA.

Filtrage
Atténuateur Circulateur AWG Fibre filtre TOTAL
gaussien
4 dB 1 dB 3dB 4dB 5dB 1dB 18 dB

Les pertes s'élèvent à environ 18dB, la puissance injectée dans le RSOA varie donc entre -
27 dBm et -24.5 dBm.

Le gain dépend de la longueur d'onde de façon assez importante en statique (3dB entre
1530 nm et 1550 nm à 60 mA) mais la différence en dynamique se limite à 1dB (pour une
amplitude de 2V).

3 courbes de TEB ont été réalisées à chaque fois sur 9 longueurs d'ondes prises dans la
bande C: 1531, 1535, 1539, 1543, 1547, 1548, 1552, 1556 et 1560 nm. Les 3 configurations
sont les suivantes

Courant de
50 mA 60 mA 70 mA
polarisation
Amplitude de
2V 4V 4V
modulation

Les courbes obtenues sont représentées sur la Figure 3-81, la Figure 3-82 et la Figure 3-83.

155
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

2V 50 mA

1E-03

1E-04

1E-05

1531nm_
1E-06 1535nm_
1539nm_
1543nm_
1E-07 1547nm_
1548nm_
1552nm_
1E-08 1556nm_
1560nm_

1E-09

1E-10

1E-11
-35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25

Figure 3-81: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s pour le sens montant avec un courant de
polarisation de 50 mA et une amplitude de modulation de 2V

4V 60 mA

1E-03

1E-04

1E-05
1531nm_4V_60mA
1535nm_4V_60mA
1E-06
1539nm_4V_60mA
1543nm_4V_60mA
1E-07 1547nm_4V_60mA
1548nm_4V_60mA
1552nm_4V_60mA
1E-08
1556nm_4V_60mA
1560nm_4V_60mA
1E-09

1E-10

1E-11
-35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25

Figure 3-82: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s pour le sens montant avec un courant de
polarisation de 60 mA et une amplitude de modulation de 4V

156
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

4V 70 mA

1E-03

1E-04

1E-05
1531nm_4V_70mA
1535nm_4V_70mA
1E-06
1539nm_4V_70mA
1543nm_4V_70mA
1E-07 1547nm_4V_70mA
1548nm_4V_70mA
1552nm_4V_70mA
1E-08
1556nm_4V_70mA
1560nm_4V_70mA
1E-09

1E-10

1E-11
-35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25

Figure 3-83: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s pour le sens montant avec un courant de
polarisation de 70 mA et une amplitude de modulation de 4V

Résultats

Le premier résultat significatif est qu'il n'y a pas une configuration unique optimale mais qu'il
faut adapter le courant de polarisation et l'amplitude de modulation à chaque longueur
d'onde pour avoir des résultats optimaux en terme de sensibilité au niveau de la réception. Il
apparaît des limitations, soit au niveau du budget optique (1531 nm avec 50 mA et 2 V), soit
au niveau du BER qui atteint un plancher (1560 nm avec 2V-50mA et 4V-70 mA).
Néanmoins avec la configuration 60 mA et 4 V d'amplitude de modulation, la transmission
fonctionne pour toutes les longueurs d'onde sans présence de palier visible jusqu'à 10-10.
Cette configuration permet donc l'utilisation de la bande 1530 nm – 1560 nm, ce qui donne
37 longueurs d'onde disponibles.

Le détail des résultats montrent 2 comportements différents suivant les longueurs d'onde.
Q Sur la plage 1530 nm – 1548 nm, les configurations 50mA-2V et 60mA-4V
donnent des résultats assez semblables alors que la configuration 70mA-4V
améliore la sensibilité jusqu'à 4.5 dB @10-9 (1531 nm). Ce gain diminue lorsque
la longueur d'onde augmente (2 dB à 1548 nm).
Q Ensuite la sensibilité serait encore meilleure avec 70mA-4V mais un palier
apparaît. Les deux autres configurations sont encore équivalentes mais le palier
apparaît également avec 50mA-2V pour 1560 nm.

Pour les longueurs d'onde courtes, vers 1530 nm, où la sensibilité est assez faible avec 4V-
60 mA il est judicieux de s'orienter vers 4V-70mA qui permet d'augmenter la sensibilité de
4dB sans provoquer de palier.

Voici un résumé des configurations optimales en fonction de la longueur d'onde pour une
puissance d'injection de -25dBm et une vitesse de modulation de 1,25 GHz:

157
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Longueur
d'onde 1531 1535 1539 1543 1547 1548 1552 1556 1560
(nm)
4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V-
Config.
70mA 70mA 70mA 60mA 70mA 70mA 60mA 60mA 60mA
Sensibilité -30.3 -31 -31.5 -31.8 -31.8 -31.8 -29.2 -29.8 -30.1
(dBm)

(a) (b)

Figure 3-84: diagramme de l'œil à 1556 nm avec amplitude de modulation de 4V


courant de polarisation de 70mA (a) et 60mA (b)

3.3.3.2.2.2 Montage pour le sens descendant

La même technique peut en fait être utilisée pour le sens descendant, c'est-à-dire la source
large hachée par un AWG générant les longueurs d'onde continues qui seront injectées
dans les RSOA. La différence avec le sens montant est que la puissance injectée dans le
RSOA est plus importante car il n'y a pas les 20 km de fibres à traverser. La puissance
injectée étant plus importante, les performances sont meilleures. Les tests sont effectués
avec le même RSOA que pour le sens descendant, avec la même bande de fonctionnement.
Le but est ensuite de voir s'il est possible de couper cette bande en deux parties
("bleu/rouge") et d'utiliser exactement le même RSOA, centré sur la même bande, au niveau
de l'OLT et au niveau de l'ONU.

Le schéma expérimental est le suivant

158
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

SLED

10 km
10 km Prx
Prsoa
Rx
RSOA
Filtre
bande C

T Générateur de
courant

Tx BER Rx

Figure 3-85: montage expérimental pour le sens descendant à 1,25 Gbit/s avec la
technique SLED+RSOA
Dans le test le filtre bande C est mis dans la ligne de transmission de façon à supprimer les
longueurs d'onde parasites. Dans certains cas il est remplacé par un filtre passe bande de 5
nm.
Les tranches spectrales obtenues par spectrum slicing n'ont pas à passer par la fibre, donc
5dB sont gagnés en puissance par rapport au sens montant. Les puissances injectées dans
le RSOA varient donc entre -19.5 dBm et -22 dBm.

Mesures expérimentales

Les 9 longueurs d'onde précédentes ont été reprises avec cette fois-ci 4 configurations
différentes:

Courant de
50 mA 60 mA 60 mA 70 mA
polarisation
Amplitude de
2V 2V 4V 4V
modulation

Les courbes de TEB sont représentées sur la Figure 3-86, la Figure 3-87, la Figure 3-88 et
la Figure 3-89.

159
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

2V_50mA

1E-03

1E-04
1531nm_2V_50mA

1E-05
1535nm_2V_50mA
1539nm_2V_50mA
1E-06 1543nm_2V_50mA
1547nm_2V_50mA
1E-07
1548nm_2V_50mA
1E-08 1552nm_2V_50mA
1556nm_2V_50mA
1E-09
1561nm_2V_50mA
1E-10 1564nm_2V_50mA

1E-11
-36 -34 -32 -30 -28 -26

Figure 3-86: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s pour le sens descendant avec un courant
de polarisation de 50 mA et une amplitude de modulation de 2V

2V_60mA

1E-03

1E-04 1531nm_2V_60mA
1535nm_2V_60mA
1E-05
1539nm_2V_60mA
1543nm_2V_60mA
1E-06
1547nm_2V_60mA
1548nm_2V_60mA
1E-07
1552nm_2V_60mA
1E-08 1556nm_2V_60mA
1561nm_2V_60mA
1E-09 1564nm_2V_60mA

1E-10
-36 -34 -32 -30 -28 -26

Figure 3-87: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s pour le sens descendant avec un courant
de polarisation de 60 mA et une amplitude de modulation de 2V

160
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

4V_60mA

1E-03

1E-04
1531nm_4V_60mA
1E-05 1535nm_4V_60mA

1E-06
1539nm_4V_60mA
1543nm_4V_60mA
1E-07
1547nm_4V_60mA
1E-08 1548nm_4V_60mA
1552nm_4V_60mA
1E-09
1556nm_4V_60mA
1E-10 1561nm_4V_60mA
1564nm_4V_60mA
1E-11

1E-12
-36 -34 -32 -30 -28 -26

Figure 3-88: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s pour le sens descendant avec un courant
de polarisation de 60 mA et une amplitude de modulation de 4V

4V_70mA

1E-03

1E-04
1531 nm
1E-05 1535 nm
1539 nm
1E-06
1543 nm
1E-07 1547 nm
1548 nm
1E-08
1552 nm
1E-09 1556 nm
1561 nm
1E-10
1564 nm
1E-11
-36 -35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26

Figure 3-89: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s pour le sens descendant avec un courant
de polarisation de 70 mA et une amplitude de modulation de 4V

Résultats

Les résultats sont assez semblables à ceux obtenus précédemment pour le sens
descendant. Il est nécessaire d'adapter la configuration courant de polarisation / tension de
modulation à la longueur d'onde. Le fait d'avoir une puissance un peu plus importante de
l'ordre de -20dBm permet d'utiliser la configuration 60mA-2V qui était impossible avec -
25dBm. Mais cette configuration donne des résultats limités puisqu'un palier est souvent

161
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

présent. Par contre la configuration 60mA-4V donne comme précédemment de bons


résultats avec des sensibilités un peu meilleures à la même puissance d'injection, ce qui
était prévisible. La nouveauté est que la puissance d'injection plus importante permet le
fonctionnement de l'architecture avec 1564 nm, ce qui n'était pas possible dans le sens
descendant.
Ici aussi la configuration 4V-70mA permet de gagner en sensibilité avec une marge assez
importante, mais un palier apparaît à partir de 1556 nm.

Voici un résumé des configurations optimales en fonction de la longueur d'onde pour une
puissance d'injection de -20dBm et une vitesse de modulation de 1,25 GHz:

Longueur
d'onde 1531 1535 1539 1543 1547 1548 1552 1556 1560 1564
(nm)
4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V- 4V-
Config.
70mA 70mA 70mA 70mA 70mA 70mA 70mA 60mA 60mA 60mA
Sensibilité -31.5 -31.2 -32 -31.9 -32.4 -32 -32.5 -29.9 -30.6 -30.1
(dBm)

Dans le sens descendant on peut considérer la bande C entière utilisable, c'est-à-dire de


1530 nm à 1565 nm, ce qui donne 43 longueurs d'onde disponibles avec un espacement de
100 GHz.

3.3.3.2.3 Allocation des longueurs d'onde

Nous n'allons maintenant considérer que la configuration 60mA de courant de polarisation


et 4V de tension de modulation, qui donne une transmission sans erreur et des courbes de
TEB sans plateau.
Dans le sens descendant, les 43 longueurs d'onde entre 1530 nm et 1565 nm sont
utilisables et dans le sens montant, seules 37 longueurs d'onde sont disponibles entre 1530
nm et 1565 nm.

Du coté du bleu la bande 1530 nm-1545 nm est utilisable. Il faut laisser 3 nm entre les 2
bandes, dus à la coupure du filtre, et la bande 1548nm-1565 nm est donc à disposition du
coté du rouge. Pour 16 longueurs d'onde il faut 15x0.8= 12 nm de bande. Il est préférable
d'éviter les bords de la bande, les deux bandes de longueurs d'onde qui seront réservées
sont donc 1532 nm-1544 nm et 1548 nm-1560nm.
Pour le sens descendant la sensibilité est faible pour les longueurs d'onde basses donc il
est préférable d'utiliser le haut de la bande C pour les sens descendant. Le bas de la bande
C sera donc réservé pour le sens montant. De plus dans le sens descendant les longueurs
d'onde disponibles vont jusqu'à 1565 nm.

Pour une implémentation réelle il faudrait choisir un AWG qui permette de router
correctement les longueurs d'onde. La première solution est de concevoir un AWG 1 vers
16 avec un ISL de 20 canaux, c'est-à-dire 16 nm afin que le port1 par exemple puisse
laisser passer 1532 nm et 1548 nm.

Port AWG 1 2 15 16
Longueur 1532 1532,8 1543,2 1544
d'onde
1548 1548,8 1559,2 1560
(nm)

162
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Une seconde solution est d'utiliser un AWG 1 vers 20 dont les deux premiers et deux
derniers canaux ne sont pas utilisés pour les signaux montants de descendants.
Le tableau ci-dessous donne le détail des longueurs d'onde sur lesquelles devraient être
calés les canaux d'un tel AWG.

Port AWG 1 2 3 4 17 18 19 20
1530,4 1531,2 1532 1532,8 1543,2 1544 1544,8 1545,6
Longueur d'onde (nm)
1556,4 1547,2 1548 1548,8 1559,2 1560 1560,8 1561,6

Canaux utilisés

La Figure 3-90 représente précisément les longueurs d'onde réservées pour les signaux
montant et descendant

λ
1530,4
1531,2
1532,0
1532,8
1533,6
1534,4
1535,2
1536,0
1536,8
1537,6
1538,4
1539,2
1540,0
1540,8
1541,6
1542,4
1543,2
1544,0
1544,8
1545,6
1546,4
1547,2
1548,0
1548,8
1549,6
1550,4
1551,2
1552,0
1552,8
1553,6
1554,4
1555,2
1556,0
1556,8
1557,6
1558,4
1559,2
1560,0
1560,8
1561,6
1532nm-1544nm 1548nm-1560nm
Sens descendant Sens montant

Figure 3-90: attribution des longueurs d'onde aux sens montant et descendant

Le spectre large de la SLED permet donc de fournir 32 longueurs d'onde, réparties en deux
groupes de 16, l'un pour le sens descendant et l'autre pour le sens montant. Le même
RSOA peut ensuite être utilisé à l'OLT et à l'ONU pour moduler le signal continu issu de la
SLED à 1,25 Gbit/s et le transmettre sur 20 km.

La puissance injectée dans les RSOAs à l'OLT est 5 dB plus important qu'à l'ONU et les
performances sont donc meilleures. La limite de cette architecture provient donc du sens
montant.

Cette architecture permet de fournir 1,25 Gbit/s symétriques à 16 ONUs avec des modules
optoélectroniques identiques à l'OLT et dans les ONUs (RSOA comme émetteur, APD
comme photodétecteur et filtre bleu/rouge) et avec une seule SLED.

3.3.4 Effet de la forme du filtre du multiplexeur

Une publication de Samsung [16] souligne l'importance de la forme de filtre du multiplexeur.


En effet lorsque le signal haché une première fois par l'AWG repasse par l'AWG, le signal
s'affine spectralement, comme illustré sur la Figure 3-91. "BLS in" représente le spectre du
signal après hachage par l'AWG (les lobes du filtre sont visibles). BLS out représente le
spectre du signal renvoyé par le RSOA et haché à nouveau par l'AWG (le niveau d'ASE du
RSOA est visible). Et BLS rx représente le spectre du signal à la réception lorsqu'il est à
nouveau passé par un AWG pour le démultiplexage à l'OLT. L'effet qui a lieu est que, pour

163
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

un AWG de largeur à -3 dB de 0,4 nm, les fréquences situées à ±0,5 nm de la fréquence


centrale sont atténuées de 20 dB. Or au second passage elles sont encore atténuées de 20
dB, ce qui donne ce rétrécissement du spectre.

Figure 3-91: schéma du filtrage du signal après le double passage dans l'AWG [16]

L'effet le plus marquant est que les performances obtenues avec des AWG flat top ou
gaussien ne sont pas les mêmes. Une courbe de TEB comparative est représentée sur la
Figure 3-92.
L'explication proposée pour cette amélioration est l'effet de compression d'amplitude qui est
facilité par un AWG flat top car le spectre du signal optique est de meilleure qualité, ce qui
produit une corrélation plus forte entre les différentes composantes fréquentielles du signal
de sortie [16].

Figure 3-92: courbes de TEB comparée entre AWG gaussien et flat top[16]

Pour vérifier ces résultats, 2 AWG ont été considérés avec chacun environ 5 dB de pertes
d'insertion mais l'un de forme flat top avec une largeur à -1dB de 0.4 nm, à -3 dB de 0.55
nm et -20 dB de 1.05 nm-et l'autre avec une transmission gaussienne de largeur spectrale à
-1 dB de 0.2nm, à-3dB de 0.4 nm et à -20 dB de 1.06.

164
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

La puissance en sortie des AWG après injection de la source large sur le port d'entrée est 1
dB plus faible avec le flat top. Pour réaliser des mesures comparatives rigoureuses, nous
avons diminué de 1dB à chaque fois le niveau de puissance d'injection avec l'AWG
gaussien. Le montage expérimental est décrit sur la Figure 3-93.

SLED
AWG flat top ou
gaussien
ATT 1
20 km Prx
Prsoa
F Rx
RSOA
Band pass
filter
T Bias current

Tx BER Rx

Figure 3-93: montage expérimental pour la comparaison AWG gaussien et flat top

Les courbes de TEB sont réalisées avec la longueur d'onde 1548 nm, 50 mA de courant de
polarisation et 2V d'amplitude modulation pour différentes puissances d'injection entre -20
dBm et -30 dBm, avec l'AWG gaussien et avec l'AWG flat top.
1548 nm 2V 50 mA

1E-03

1E-04
-20dBm flat top
1E-05
-20 dBm gaussien
1E-06 -23 dBm flat top
-23 dBm gaussien
BER

1E-07
-27 dBm flat top
1E-08 -27 dBm gaussien
-30 dBm flat top
1E-09
-30 dBm gaussien
1E-10

1E-11
-34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26
Puissance (dBm )

Figure 3-94: courbes de TEB pour différentes puissances d'injection entre -20 et -30
dBm, avec un AWG gaussien et un AWG flat top.

Il y a une amélioration de la sensibilité avec l'AWG flat top. Le gain augmente lorsque la
puissance d'injection augmente. Pour une puissance d'injection de -30 dBm, le gain est
environ 0.4 dB, 0.5dB pour -27dBm, 0.6dB pour -23 dBm et 1dB pour -20 dBm. Ceci tend à
confirmer les courbes de la Figure 3-92 qui montrent une très nette amélioration des
performances du système avec un AWG flat top lorsque le niveau d'injection est de -10 dBm.

Néanmoins les puissances d'injection dans l'architecture ne sont pas supérieures à -20 dBm,
l'AWG flat top n'apporte donc pas un gain énorme d'autant plus que ses pertes sont
supérieures à celle de l'AWG gaussien.

165
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.3.5 Apport des codes correcteurs d'erreurs

Le signal optique obtenu après modulation par le RSOA est très bruité comme le montre la
Figure 3-72. Le gain d'un code correcteur d'erreur (FEC) Reed Salomon est généralement 3
dB pour une liaison avec un amplificateur optique et du bruit gaussien réparti sur les "0" et
les "1". Pour voir le gain sur un signal tel que celui obtenu avec notre architecture, nous
avons développé une carte avec un code correcteur d'erreurs basé sur un code Reed
Salomon (255,239) pour des données à 625 Mbit/s. Le surdébit du FEC est 6.7% et le débit
total est donc 667 Mbit/s.
La Figure 3-95 montre les courbes de TEB obtenues avec et sans FEC (RS 255), sur une
architecture de 20 km, avec un débit de 667 Mbit/s, un courant de 60 mA, une modulation
de 2V sur le RSOA et un coupleur 3dB dans la ligne de transmission pour mettre 2
utilisateurs sur la même longueur d'onde.
1E-02
1E-03
sans FEC
1E-04 avec FEC
1E-05
BER

1E-06

1E-07
1E-08
5,5 dB
1E-09

1E-10
-38 -36 -34 -32 -30 -28
Puissance (dBm)

Figure 3-95: courbes de TEB avec et sans FEC

Le gain du FEC à un taux d'erreur de 10-9 est de 5,5dB ce qui est très intéressant pour notre
architecture.
Ce gain peut servir à augmenter la portée ou à augmenter le nombre d'utilisateurs par
longueur d'onde. L'apport du FEC est encore plus marqué lorsqu'un palier est présent dans
la courbe de TEB sans FEC.
En fait la pente de la courbe de TEB sans FEC est proportionnelle au bruit optique sur le
signal. Notre signal étant très bruité, la pente est faible et donc le gain apporté par le FEC
est important.

Il est à noter que les codes correcteurs d'erreurs sont d'ores et déjà implémentés dans les
PON, tout au moins dans le sens descendant. En effet la norme intègre la possibilité
d'activer ou de désactiver la fonction FEC à la fois dans le sens descendant et dans le sens
montant mais l'implémentation industrielle dans le sens montant n'est pas encore réalisée à
ce jour à cause des difficultés du mode rafale. Le coût estimé de l'ajout d'une fonction FEC
est très faible et il est prévisible que les FEC soient utilisés pour les PON WDM comme ils le
sont déjà dans les PON, dans l'ADSL et dans les transmissions radio.

3.3.6 Conclusion sur les architectures PON WDM avec SLED+RSOAs

Trois montages expérimentaux ont été réalisés utilisant la technique de modulation


déportée par des RSOA avec une génération des longueurs d'onde continues par une
SLED.
Les deux premières architectures utilisent cette technique uniquement pour le sens montant
avec des lasers DFB pour le sens descendant, tandis que la dernière architecture utilise
cette technique pour les deux sens de transmission.

166
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Le PON hybride WDM TDM avec 4 ONUs par longueurs d'onde modulées à 622 Mbit/s
montre des limites dues à la faible puissance injectée dans le RSOA. Le budget optique est
à la limite pour proposer 40 longueurs d'ondes et donc 160 ONUs à 155Mbit/s.
Le second montage expérimental a démontré la faisabilité d'un PON WDM avec 40
longueurs d'onde à 1,25 Gbit/s, avec un seul ONU par longueur d'onde.
La dernière architecture est celle qui a le plus grand potentiel car elle permet d'avoir un
PON WDM avec 16 ONUs à 1,25 Gbit/s pour un coût minimum car les mêmes modules sont
utilisés du coté OLT et ONU. Ces modules sont simplement constitués d'un RSOA, d'une
APD et d'un filtre bleu/rouge et une seule SLED à l'OLT est suffisante pour fournir toutes les
longueurs d'onde continues.

Cette étude a montré l'importance du filtrage dans l'architecture pour éviter d'avoir des
longueurs d'onde parasites qui dégradent les performances du PON WDM.
L'effet de la forme du filtre de l'AWG a été également analysé mais dans les conditions de
notre architecture son influence n'est pas suffisamment importante pour être prise en
compte.
L'intérêt des codes correcteurs d'erreurs a été mis en évidence car le gain en budget
optique qu'il apporte est important du fait du caractère très bruité du signal dans cette
architecture.

167
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

3.4 Agrégation de PON et conversion tout optique


3.4.1 Architecture de PON WDM-TDM avec conversion de longueur
d'ondes

Dans la logique actuelle il existe une conversion optique-électrique-optique (O-E-O)


pour interfacer le réseau d'accès avec le réseau de collecte. Dans le cas du PON, l'OLT
situé au central effectue la concentration de façon électronique et envoie ensuite les
données remontantes vers le réseau de collecte via un routeur de niveau 1 par un lien
optique. Le réseau de collecte agrège ensuite les données des différents réseaux d'accès
vers un routeur de niveau 2.

L'une des évolutions du réseau de télécommunication envisagées est de centraliser tout au


niveau du routeur de niveau 2, ou tout au moins de centraliser plus haut dans le réseau afin
de supprimer des points d'intelligence dans celui-ci. Ceci revient à faire une fusion des
réseaux métro et accès, et donc à réaliser un réseau terminal métro-accès sur une distance
de 100 à 200 km. Deux voies sont possibles:

 Une solution est d'avoir à la place des centraux actuels une simple interface
O-E-O réalisant électriquement uniquement une régénération du signal pour
faire de la transmission.

Cette solution proposée par British Telecom avec Infinera [ 17 ] est décrite dans le
paragraphe 2.3.2.2. Infinera a développé un transpondeur permettant d'agréger plusieurs
PON et de faire transiter les données jusqu'au routeur de niveau supérieur sur un lien WDM
avec le nombre de longueurs d'onde nécessaire. Ces longueurs d'onde sont situées dans la
bande C afin d'être facilement amplifiables par des amplificateurs à fibre dopées à l'Erbium
(EDFA), qui sont couramment utilisés dans les réseaux longue distance. L'intérêt de cette
solution est d'éliminer un certain nombre de routeurs dans le réseau mais la conversion
intermédiaire des signaux en électrique fait que le système doit être conçu pour un
protocole et un débit bien précis, ce qui peut être préjudiciable lors des évolutions futures.

 La solution que nous proposons est un réseau terminal tout optique sans
conversion optique électrique, ce qui permet de rendre le réseau totalement
transparent au débit et aux protocoles.

Si nous supposons qu'au départ le réseau d'accès FTTH est constitué de PON déployés
massivement, une extension de ce système consisterait à déplacer les OLT actuellement au
central vers un emplacement plus éloigné, à environ une centaine de kilomètres.

Le problème principal qui se pose est l'agrégation de plusieurs PON sur une fibre de
transmission principale. Si les OLT de plusieurs PON sont situés dans un même
emplacement à une centaine de kilomètres des clients, il est intéressant au niveau coût de
faire transiter toutes les données sur une seule fibre. Or il est délicat (voire impossible) de
multiplexer temporellement plusieurs flux entre eux. De plus dans la mesure où tous les
PON utilisent les deux mêmes longueurs d'onde, il n'est pas possible dans l'état actuel des
choses de les multiplexer en longueurs d'onde. La solution que nous proposons est
d'utiliser un dispositif de convertisseurs de longueurs d'onde tout optique pour
convertir les signaux montants (actuellement à 1310nm) et descendants (1490nm)
dans la bande C ou la bande L afin qu'ils puissent être amplifiés pour parcourir des
distances importantes.

168
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

En effet les pertes de la fibre sont plus faibles dans les bandes C et L et elle sont aisément
amplifiables grâce aux EDFA (Erbium Doped Fiber Amplifier). L'amplification à 1.3µm existe
(Praseodymium Dopef Fiber amplifier) mais n'est pas courante.

Les signaux descendants n'ont pas nécessairement besoin d'être convertis car la réception
sur les PON est large bande et il est à priori possible de transmettre des signaux dans la
bande C ou L sur la photodiode.

1.3µm ONU 1
1.49µm

λ1 conversion

1.3µm
O 1.49µm

L λ5
T conversion

1.3µm
1.49µm

Amplificateurs λ7
optiques conversion

ONU N

Figure 3-96: Principe du système de conversion tout optique des longueurs d'onde
du PON pour transmissions longues distances – architecture en arbre. Les longueurs
d'onde λ1 à λ7 peuvent être utilisées à la fois pour le sens montant et descendant.
D'autres longueurs d'onde λ8 à λ14 peuvent être ajoutées pour obtenir une longueur
d'onde par sens de transmission et par PON.

ONU 1

OADM conversion

Amplificateurs
optiques

O
L OADM conversion
T

OADM conversion

ONU N

Figure 3-97: Principe du système de conversion tout optique des longueurs d'onde
du PON pour transmissions longues distances – architecture en anneau et arbre

169
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

λ1 1310 nm 1490 nm
conversion

λ1
1490 nm
1310 nm
λ5 conversion

λ5
1490 nm λ1
1310 nm
conversion
λ7
λ7
1490 nm

Figure 3-98: dispositif de conversion du sens montant (1310nm) vers la bande C et


conversion du sens descendant (bande C) vers 1490 nm pour interopérabilité avec les
normes PON

1310 nm
λ1 conversion

λ1

1310 nm
λ5 conversion

λ5

1310 nm
conversion
λ7
λ7

Figure 3-99: Conversion du signal montant (1310 nm) vers la bande C

La Figure 3-96 montre le système global proposé. Les PON rassemblant les différents
clients sont connectés à un dispositif de conversion de longueurs d'onde ("convertisseur")
qui permet d'associer à chaque PON un couple de longueurs d'onde. Cette différentiation
permet ensuite de multiplexer tous les PON sur une seule fibre principale et de couvrir des
distances importantes. Les longueurs d'onde utilisées se trouvent dans la bande C ou L de
façon à pouvoir être amplifiées le cas échéant.

La même technique est utilisable avec un réseau en anneau sur lequel on connecte chaque
PON par l'intermédiaire d'un multiplexeur à insertion extraction optique (MIE ou OADM en
anglais) – éventuellement reconfigurable - après conversion en longueurs d'onde des
signaux (Figure 3-97).

170
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

La conversion du signal descendant n'est pas absolument nécessaire si une troisième


longueur d'onde n'est pas utilisée (cf. signal vidéo analogique à 1510 nm du PON). En effet
un simple démultiplexeur 1.3µm/1.5µm est présent devant le récepteur de l'ONT et peu
importe la longueur d'onde descendante pourvu qu'elle soit entre 1450nm et 1650 nm, c'est-
à-dire non filtrée par le multiplexeur 1.3µm/1.5µm et dans la bande de réception de la
photodiode. (La seule différence provient de la dépendance spectrale de la sensibilité de la
photodiode).

La Figure 3-98 montre un système de conversion pour les deux sens de transmission avec
l'utilisation de lasers continus à 1490 nm pour la conversion des signaux descendants et
des lasers continus DWDM pour la conversion des signaux montants.

La Figure 3-99 montre un système allégé où seuls les signaux montants sont convertis en
longueurs d'onde.

3.4.2 Convertisseur achromatique réutilisant la longueur d'onde


descendante.

Un inconvénient de ce système de conversion est la nécessité d'avoir au niveau du


dispositif de conversion un laser continu de longueur d'onde différente pour chaque PON.
Une solution possible est un dispositif indépendant de la longueur d'onde permettant
l'utilisation de la longueur d'onde descendante comme source pour la conversion du signal
montant. Ce dispositif permet d'avoir les deux signaux montants et descendants d'un PON
sur la même longueur d'onde. Il convient ensuite de choisir une transmission bidirectionnelle
sur la fibre principale ou une transmission sur deux fibres (une pour le sens montant et une
pour le sens descendant) pour limiter les effets pénalisants de la bidirectionnalité.

La Figure 3-100 montre ce dispositif pour une transmission entièrement bidirectionnelle.

Le dispositif est constitué de deux branches, l'une pour le sens montant (en bas) l'autre pour
le sens descendant (en haut). Les deux signaux sont multiplexés par un coupleur
1.3µ3/1.5µm du coté PON (à droite) et par un circulateur ou un coupleur (et un isolateur)
coté réseau de transmission. Sur la branche dédiée au sens descendant, une partie de la
puissance est prélevée et dirigée vers un module qui va effacer la modulation de ce signal
et l'amplifier afin de transformer le signal modulé de faible intensité en signal continu de
forte intensité pouvant servir de pompe pour le convertisseur de longueur d'onde. Ce
module peut être typiquement constitué de plusieurs SOA qui vont amplifier le signal jusqu'à
saturation, ce qui permet d'amener le niveau de puissance des "0" proche de celui des "1",
donc d'effacer la modulation. Ils permettent également d'obtenir un signal continu de forte
puissance. Ce signal est ensuite dirigé vers la seconde branche et en particulier vers le
convertisseur de longueur d'onde où il sert de signal de pompe. Le signal montant arrive sur
la seconde entrée du convertisseur. Le signal continu sort du convertisseur modulé avec les
informations présentes sur le signal à 1310 nm et devient ainsi le nouveau signal montant,
qui est envoyé vers la partie réseau de transmission jusqu'à l'OLT.

171
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Signal descendant λ1 90%

10%

Effacement

PON
amplification

λ1 CW
Convertisseur
Signal
montant λ1 Signal montant
1310 nm

Figure 3-100: Système de conversion de la longueur d'onde montante utilisant la


longueur d'onde descendante grâce à un dispositif d'effacement de la modulation du
signal descendant.

3.4.3 Les dispositifs de conversion de 1310 nm vers les bandes C et L.

Pour effectuer la conversion de longueur d'onde de la bande O vers la bande C et L les


effets non-linéaires des matériaux sont exploités.
Parmi les dispositifs proposés, les amplificateurs optiques à semi-conducteur (SOA) ont été
particulièrement étudiés. Deux techniques sont spécialement répertoriées dans la littérature:
une basée sur la modulation croisée de la polarisation et l'autre sur la modulation croisée de
la phase (XPM).

- Principe de la modulation croisée de la polarisation [18]


Il repose sur la rotation non-linéaire de la polarisation due à la biréfringence du SOA. Le
dispositif de conversion repose sur la modification de la biréfringence du composant conçu
pour fonctionner à 1.31µm. Le signal modulé à 1.31µm injecté dans le SOA modifie la
biréfringence de ce dernier par la saturation du gain. Les composantes modales, transverse
électrique (TE) et transverse magnétique (TM), du signal continu à 1.55µm expérimentent à
travers le SOA différents indices de réfraction. Ainsi le signal transmis à 1.55µm subit un
changement d'état de polarisation selon qu'il ait transité dans le SOA en présence ou non
du signal à 1.31µm. La polarisation du signal transmis à 1.55µm est alors modulée par la
suite de symboles "1" et "0" du signal original. Grâce à un séparateur de polarisation (PBS),
la modulation de la polarisation est transformée en modulation d'amplitude. Ainsi,
l'information portée à 1.31µm est transférée à une porteuse à 1.55µm.

1.55µm CW
1.31µm modulé
1.31µm

1.55µm SOA

1.55µm
PBS

Figure 3-101: Schéma de principe de la modulation croisée de la polarisation

172
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

- Principe de la modulation de phase croisée dans un SOA: "XPM": cross phase


modulation [19, 20]

Le schéma de principe est montré ci-dessous (Figure 3-102)

Figure 3-102: Schéma de principe de la conversion de longueur d'onde basé sur la


XPM

Avec cette méthode le(s) SOA(s) conçu(s) pour fonctionner à 1.31µm, se trouve(ent)
dans un interféromètre de Mach-Zender. Le signal sonde λs, non modulé est divisé en 2 et
ainsi parcourt les 2 bras de l'interféromètre. Le signal pompe λp (modulé et émis à 1.31µm)
est injecté dans le SOA qui est saturé en présence d'un symbole "1" et non saturé en
présence d'un symbole "0" modifiant selon le cas l'indice du matériau et donc déséquilibrant
ou non l'interféromètre. La sonde λs (émise à 1.55µm) qui traverse l'interféromètre est ainsi
modulée. Cependant, comme tout dispositif interférométrique, la fonction de transfert du
convertisseur est une sinusoïde avec 2 points de fonctionnement : conversion sur pente
positive (en phase, logique conservée), conversion sur pente négative (hors phase, logique
inversée).

3.4.4 Dispositifs originaux à base de MEA

3.4.4.1 Modulation d'absorption croisée (XAM) dans un modulateur à électro-


absorption (MEA) fonctionnant à 1550 nm

Les principaux inconvénients du SOA utilisé dans les publications citées précédemment est
qu'il rajoute du bruit lors de la conversion à cause de l'émission spontanée amplifiée et qu'il
est limité en débit autour de 10 Gbit/s à cause de la vitesse de recombinaison des paires
électrons - trous. Cette vitesse peut être néanmoins largement dépassée en utilisant
plusieurs SOA dans les interféromètres et en jouant sur la longueur des guides pour fixer le
retard de phase à l'équivalent d'un temps bit. La vitesse de conversion n'est alors plus
limitée par les SOA mais le dispositif est alors dépendant du débit.

Nous avons eu l'idée d'utiliser alors le MEA comme composant central pour la conversion.
La conversion de longueurs d'onde de la bande C vers cette même bande à base de MEA
est largement exploitée dans les publications. Le principe généralement utilisé est
l'absorption de phase croisée (XAM: cross absorption modulation). Les signaux pompes
sont injectés simultanément en co- ou contra-propagation dans le MEA fonctionnant dans la
bande C. Des filtres optiques situés de chaque coté permettent de séparer les signaux

173
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

pompes et les signaux convertis. Lorsque le signal pompe est un "0", le MEA est absorbant
et absorbe donc le signal sonde. Le signal sonde à la sortie est donc un "0". Si le signal
pompe est à "1", le MEA est saturé et devient donc passant pour le signal sonde qui
constitue alors un "1" en sortie.

En fait cette propriété d'absorption contrôlée du MEA peut tout à fait être utilisée pour faire
de la conversion de la bande O vers la bande C. En effet le MEA est absorbant pour toutes
les longueurs d'ondes en dessous de celle fixée par la tension électrique entre 1530 nm et
1565 nm. Un signal à 1310 nm peut donc tout à fait saturer le MEA et donc constituer le
signal pompe

Résultats expérimentaux

Le MEA utilisé est un MEA de la société OKI initialement optimisé pour la modulation à
1.55µm avec plus de 32GHz de bande passante électrique. Il est insensible à la polarisation
dans l'état passant. Les pertes de couplage par face sont estimées à 2.5 dB.
La conversion de longueur d'onde a été réalisée de la bande O vers la bande C. La pompe
est générée à λp ~ 1314 nm par un laser DFB modulé directement à 1.25 Gb/s. La sonde, λs,
continue, est émise dans la bande C. La sonde et la pompe sont injectées en contra-
propagation dans le MEA. La conversion a été effectuée à 1540 nm puis à 1550 nm.

λp~1.31µm PDFA

BPF MEA
EDFA CW, λs λs
bande C, L

Figure 3-103: schéma expérimental pour la conversion utilisant l'XAM dans MEA

La tension appliquée et la puissance de la sonde ont été optimisées pour les deux
longueurs d'onde sonde. Les mesures de conversion à 1540 nm (1550 nm resp.) ont été
effectuées avec 8.5 dBm (7.5 dBm resp.) de puissance sonde, et 2.05 V (2.35 V resp.) de
tension inverse. La puissance incidente de la pompe a été fixée à 14dBm dans la fibre à
l'entrée du MEA.
Cependant la tolérance de ces paramètres est de 0.2 V et 1.5 dB respectivement. Elle est
définie pour moins de 0.5 dB de dégradation de la pénalité sur le TEB et 1 dB de
dégradation du taux d'extinction (ER). Ainsi la tension pourrait être fixée à -2.2V et la
puissance incidente de la sonde à 7.5 dBm.
La pénalité mesurée sur le taux d'erreur est inférieure à 1.25 dB. Cette pénalité est peut-être
due au fait que le signal pompe n'est pas filtré après amplification et avant injection dans le
MEA.

174
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

BER
10 -3
+ Back to back
- WC @ 1550 nm
WC @ 1540 nm

10 -4

10 -5

10 -6

10 -7

10 -8

10 -9

10 -10
10 -11
10 -12
10 -13
10 -14
-29 -28 -27 -26 -25 -24 -23

Power (dBm)

Figure 3-104: courbes de BER en back to back et pour 2 longueurs d'ondes


converties: 1510 nm et 1550 nm (WC: wavelength conversion)

Si la mesure du taux d'erreur est faiblement sensible à la longueur d'onde sonde (0.25dB), il
n'est pas de même pour les taux d'extinction puisqu'ils diffèrent de 6 dB. Les valeurs
mesurées sont 18.8 dB à 1540 nm et 12.8 dB à1550 nm. A noter, le taux d'extinction du
signal pompe incident est de 15dB. La conversion peut donc permettre d'augmenter le taux
d'extinction du signal.
La mesure du taux d'erreur est peu sensible à la polarisation (~0.35dB) mais le taux
d'extinction l'est. En effet, on retrouve la PDL mesurée en statique, soit environ 3 dB à -2 V.

BtB @ 1314 nm

Figure 3-105: diagramme de l'œil du signal pompe

175
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Conversion de
longueur d'onde
@ 1550 nm, TE

Figure 3-106: diagramme de l'œil du signal converti à 1550 nm pour le mode TE

Il est à noter que le signal pompe est amplifié mais non filtré avant d'être injecté dans le
MEA, ce qui ajoute du bruit à la conversion. Avec le filtrage optique de la pompe avant
injection dans le MEA, on note une réduction du bruit dans les "1" du signal converti.
Cependant la puissance de la pompe est réduite de 2 dB, ce qui est préjudiciable à
l'efficacité de la conversion comme le montre le diagramme de l'œil de la Figure 3-107, où le
taux d'extinction est de 3.44 dB seulement.

WC @ 1550 nm, TE
Filtre 0.8 nm sur le signal
pompe incident (2.5dB
pertes)
(Pin=11.8dBm)

Figure 3-107: diagramme de l'œil avec filtrage du signal pompe après amplification

Analyse des résultats

L'influence de la puissance de la sonde est non négligeable et 2 dB de moins font chuter le


taux d'extinction. Il est donc nécessaire d'avoir un amplificateur optique fonctionnant à
1.3µm (amplificateur à fibre dopée au Praséodymium) et pouvant sortir une puissance de 13
dBm. Le fait de nécessiter une forte puissance pose le problème du fonctionnement en
mode rafale (burst). En effet suivant la distance des ONU avec le central, le signal peut
arriver avec des puissances très différentes, avec une dynamique qui peut aller jusqu'à 15
dB. Le signal peut être aussi faible que -25dBm, ce qui oblige alors l'ampli à avoir un gain
aussi important que 28 dB. De plus le fait d'avoir une trame à -25 dBm puis la trame

176
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

suivante à -10 dBm risque de provoquer des fluctuations de puissance passagères sur le
signal à cause de la variation très rapide du gain. L'amplificateur que nous avons utilisé
avait un gain limité à 16 dB, ce qui ne nous a pas permis de tester l'amplification en mode
rafale de trames de faibles puissances.
L'alternative pour limiter ces fluctuations est d'utiliser un amplificateur à gain clampé ou un
amplificateur optique linéaire (LOA) qui permet d'avoir un gain constant quel que soit la
puissance en entrée [ 21 ]. Ceci permet de conserver la notion de burst en sortie de
l'amplificateur avec des signaux faiblement dégradés.
En résumé pour que cette solution fonctionne avec les valeurs classiques de puissance d'un
PON, il est nécessaire de développer un MEA avec une puissance de saturation vraiment
très faible afin d'être compatible avec les puissances précédemment citées. Ceci est
faisable car actuellement la plupart des MEA sont optimisés pour la modulation et leur seuil
de saturation est plutôt haut. Très peu d'étude vise des MEA pour la conversion avec des
seuils de saturation très faibles.

3.4.4.2 Modulation de phase croisée (XPM) dans MEA fonctionnant à 1310 nm

La seconde idée est d'utiliser la modulation de phase croisée dans un MEA fonctionnant à
1310 nm. La propriété d'un tel MEA est d'être totalement transparent sur les bandes C et L.
Néanmoins lorsqu'il est saturé, un déphasage différent est obtenu pour les longueurs d'onde
des bande C ou L traversant le MEA. Le niveau de déphasage dépend du niveau de
saturation du MEA, c'est-à-dire du niveau de puissance du signal optique injecté dans le
MEA. Un signal pompe à 1310 nm injecté dans le MEA fonctionnant à 1310 nm imprime
donc une modulation de phase sur la longueur d'onde de la bande C ou L, par
l'intermédiaire de la modulation de phase croisée (XPM) dans le MEA. En plaçant le MEA
dans une structure d'interféromètre, la modulation de phase obtenue sur le signal sonde est
alors convertie en modulation d'amplitude.

Description détaillée

Le signal pompe, modulé à λp=1.31µm, sature l'absorption du MEA créant alors un


changement d'indice de réfraction. Le signal sonde continu de la bande C ou L (λs) est
injecté dans les deux bras de l'interféromètre en mode contra-propagatif. Dans la Figure
3-108, le signal sonde est considéré par exemple à 1.55µm. Le signal sonde λs transmis à
travers le MEA est alors modulé en phase. La recombinaison de la composante modulée en
phase avec celle qui est passée à travers l'autre bras de l'interféromètre permet d'obtenir un
signal modulé en amplitude dans la bande C ou L (à 1.55µm, par exemple), copie du signal
pompe. Cette recombinaison est optimale lorsque, d'une part, le déphasage entre les 2 bras
de l'interféromètre est de π quand le MEA est en mode absorbant, et, d'autre part, ce
déphasage est nul quand le MEA est en mode saturé. Ces réglages sont obtenus par
ajustement combiné de l'accordeur de phase et de la puissance du signal de pompe à
1.31µm. Un filtre séparateur de bande 1.31µm/1.55µm est utilisé pour injecter le signal de
pompe à 1.31µm et récupérer le signal converti dans les bandes C ou L.

177
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

λp~1.31µm
λs~1.55µm MEA

λp~1.31µm φ λs~1.55µm

Fig.3:
Figure 3-108: Schéma de principe du dispositif de conversion avec MEA à 1.3µm et XPM

Afin de garantir le fonctionnement correct du dispositif, il faut que deux conditions soient
remplies sur le signal sonde λs à l'endroit où les deux branches de l'interféromètre se
rejoignent: même puissance et même polarisation. Ceci peut être réalisé en insérant un
atténuateur variable et un contrôleur de polarisation sur le bras de l'interféromètre qui
comporte le déphaseur. En effet, malgré la transparence du MEA aux longueurs d'onde des
bandes C et L, les pertes de couplage entre les fibres et la puce électronique du modulateur
sont élevées (plusieurs dB).
L'avantage de ce dispositif repose sur le fait qu'il puisse être intégré. Dans ce cas:
1. l'interféromètre est équilibré en puissance puisque les pertes de couplage fibre/MEA
sont éliminées.
2. la polarisation du signal est identique sur les deux branches puisque celles-ci sont
des guides intégrés.
3. l'accord de phase sur la seconde branche nécessaire au bon fonctionnement de la
conversion de la modulation de phase en modulation d'amplitude peut être réalisé,
par exemple, en insérant dans le guide le même matériau utilisé dans le MEA (Multi
puits quantiques par exemple). En l'absence de saturation optique, le déphasage à
travers les 2 bras sera alors le même. Cette solution passive a l'avantage de ne pas
nécessiter de réglages supplémentaires après mise en boîtier. Ainsi le réglage de
l'interféromètre se résume au réglage de deux paramètres: la puissance de la
pompe (10 dBm typiquement.) et la tension appliquée (-2V typiquement.).

Les avantages de ce dispositif sont les suivants:


Q la conversion est indépendante du débit jusque 40 Gbit/s
Q le MEA fonctionnant à 1,3µm est transparent pour les bandes C et L, les pertes
sont donc faibles et sont surtout dues aux pertes couplage puce-fibre
Q le composant étant totalement transparent au signal de la bande C ou L, ce
dernier ne subit pas de décalage fréquentiel (chirp) et est compatible avec les
applications DWDM
Q le MEA conçu à 1.31µm présente des niveaux de saturation moins élevés que
ceux conçus pour le 1.55µm;
Q le dispositif offre la meilleure efficacité de conversion (14dB);
Q la conversion d'un laser Fabry Pérot 1.3µm (largeur de spectre d'environ 4nm)
vers un laser DFB (largeur de spectre 0.1nm) dans les bandes C et L est
possible;
Q la consommation électrique d'un MEA est dix fois moindre qu'un SOA;
Q intégré, il est insensible à la polarisation.

178
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Tests expérimentaux

Nous disposions d'un MEA fonctionnant à 1310 nm de la société CIP, avec une vitesse de
modulation possible jusqu'à 40 Gbit/s. Nous avons monté un interféromètre avec deux
coupleurs optiques et des jarretières optiques pour constituer les bras. Malheureusement
comme prévu les tests n'ont pas été concluants car l'état de polarisation est beaucoup trop
changeant dans les fibres pour avoir une recombinaison correcte en sortie. Même en
diminuant au maximum la longueur des jarretières optiques, et en stabilisant
mécaniquement et thermiquement le montage, aucun diagramme de l'œil ou mesure de
taux d'erreurs n'étaient exploitables. Seule une version intégrée est possible.
Les mesures ont donné des pertes de couplage fibre-puce de 6.7 dB au total (2 x 3.35dB) et
ont confirmé la transparence totale aux longueurs d'onde des bandes C et L, quelque soit la
tension électrique appliquée au MEA.

3.4.5 Conclusion

L'étude sur la conversion tout optique basée sur un modulateur à électro absorption de la
bande O (1.31µm) vers les bandes C et L a permis d'obtenir des premiers résultats
encourageants sur la capacité d'un tel convertisseur à être utilisé dans un réseau d'accès
étendu. L'avantage des solutions proposées est la transparence totale de la conversion au
débit et au protocole du signal, ce qui n'est pas le cas lorsque la conversion de longueur
d'onde est effectuée via une conversion optique-électrique-optique.
Les tests expérimentaux ont été effectués avec des composants non adaptés pour notre
application et certains paramètres peuvent donc être améliorés. Les puissances de signal
nécessaires sont par exemple relativement élevées dans nos tests, mais on peut s'attendre
à une forte réduction avec un MEA spécialement conçu pour cette application. La
dynamique de puissance en entrée du MEA va de paire.

179
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

Références chapitre 3 "architectures de PON WDM proposées"

[1] Romain Brenot

[2] J.-Y. Emery, T. Ducellier, M. Bachmann, P. Doussière, F. Pommereau, R. Ngo, F. Gaborit, L. Goldstein, G.
Laube and J. Barrau, "High performance l.55µm polarisation-insensitive semiconductor optical amplifier based
on low-tensile-strained bulk GaInAsP", Electron. Lett., 33, pp.1083-1084, 1997.

[3] "Reflective SOAs for spectrally sliced WDM-PONs", P. Healey, P. Townsend and al. , OFC 2002, paper
WW4, 17-22 Mar 2002 Page(s):352 - 353

[ 4 ] "Reduction of Mode Partition Noise by Using Semiconductor Optical Amplifiers", K. Sato, IEEE
JOURNAL ON SELECTED TOPICS IN QUANTUM ELECTRONICS, VOL. 7, NO. 2, MARCH/APRIL 2001

[5] "Preliminary assessment using a seminconductor optical amplifier transceiver (SOAT) module in a WDM
PON configuration", datasheet du RSOA par Opto+

[6] "Optical fiber telecommunications IVA", Kaminow, Academic press, Elsevier, 2002

[7] "A duplex WDM passive optical network with1:16 power split using reflective SOA remodulator at ONU",
J.J. Koponen and M.J. Söderlund, OFC'04, paper MF99

[8] "Bidirectional transmission for optical access networks: conventional techniques and novel alternatives", M.
Seimetz, NOC 2004

[9] "A Broad-Band MQW Semiconductor Optical Amplifier With High Saturation Output Power and Low
Noise Figure", K. Morito and al., IEEE Photonics Technology Letters, VOL. 17, NO. 5, MAY 2005

[ 10 ] "Hybrid WDM/TDM-PON with wavelength-selection-free transmitters", D.J.Shin and al., journal of


Lightwave Technology, Vol. 23, n°1, January 2005

[11] "Dense WDM-PON Based on Wavelength-Locked Fabry–Pérot Laser Diodes", S.M. Lee and al., IEEE
PHOTONICS TECHNOLOGY LETTERS, VOL. 17, NO. 7, JULY 2005

[12] Devis Highwave Technologies

[13] "Bidirectional WDM Passive optical network using Spectrum-sliced Light Emitting Diodes", K.H. Han and
al., OFC 2004, paper MF98

[ 14 ]"Intensity stabilisation of spectrum sliced gaussian radiation based on amplitude squeezing using
semiconductor optical amplifiers with gain saturation", Katagiri, Y.; Suzuki, K.; Aida, K.;Electronics Letters,
Volume 35, Issue 16, 5 Aug. 1999 Page(s):1362 - 1364

[15] "16 x 1.25 Gbit/s WDM PON based on ASE-injected R-SOAs in 60°C temperature range", H.S. Shin and
al, OFC 2006, paper OTuC1.

[16] "Spectrally pre-composed ASE injection for a wavelength seeded Reflective SOA in a WDM PON", H.S.
Shin, ECOC 2005, paper We3.3.7

[17] "DWDM reach extension of a GPON to 135 km", R.P. Davey, OFC 2005, PDP35

[ 18 ] "1310-nm to 1550-nm Wavelength conversion by utilizing nonlinear polarization rotation in a


semiconductor optical amplifier", J.P. Turkiewicz, J.J. Vegas-Olmos, G.D. Khoe, and H. de Waardt: conference
OFC 05 Anaheim (California, US), OME48

[19] "All-optical conversion from short-reach signal to long reach-signal and its operation in wide wavelength
range"S. Nakamura: conference OFC 05 Anaheim (California, US), OTuG4.

180
Chapitre 3: Architectures de PON WDM étudiées

[20] "All-optical 1310-nm to 1550-nm wavelength conversion using cross-phase modulation in a semiconductor
optical amplifier"J.P.R. Lacey, G.J. Pendock, and R.S. Tucker: IEEE Photonics Technology Letters, vol. 8, no.
7, July 1996

[ 21 ] "Experimental and Numerical Small-Signal Analysis of Two Types of Gain-Clamped emiconductor


Optical Amplifiers", Sam Verspurten and al., IEEE JOURNAL OF QUANTUM ELECTRONICS, VOL. 42,
NO. 3, MARCH 2006

181
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

182
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

Chapitre 4

Modélisation Théorique
des bruits

183
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

184
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

4 - Modélisation théorique des


Bruits
Ce chapitre est une étude théorique des bruits optiques et électriques intervenant dans les
architectures testées dans le chapitre 3. Le premier paragraphe détaille les différents bruits
électriques générés par la photodiode. Le second paragraphe présente les contraintes de la
transmission bidirectionnelle sur une seule fibre avec un focus particulier sur la
rétrodiffusion de Rayleigh. Ce phénomène est analysé à la fois de façon théorique et
expérimentale. Les limites de la modulation déportée sont ensuite étudiées de façon
théorique puis la modélisation obtenue est ensuite appliquée aux architectures de PON
WDM analysés expérimentalement. Le dernier paragraphe est une étude du spectrum
slicing.

4.1 Théorie des bruits de détection

La détection d'un signal optique par une photodiode s'accompagne de la génération de bruit
électrique par celle-ci. Les propriétés du bruit thermique, du bruit de grenaille et des bruits
de battements sont décrits ci-après [1].

Q Le bruit thermique

Le bruit thermique est dû aux mouvements aléatoires des électrons dans les matériaux
semiconducteurs. Ces variations aléatoires provoquent une tension de bruit aux bornes de tout
dispositif présentant une résistance électrique. La fluctuation de la tension suit une distribution
gaussienne de moyenne nulle et de variance égale à:
= 4 ⋅ k ⋅ T ⋅ R ⋅ Be
2
Vth
Le bruit peut également être exprimé en fonction du courant, sa variance est alors:
4 ⋅ k ⋅ T ⋅ Be
=
2
ith
R
Avec
K = 1.38 10-23J.K-1, la constante de Boltzmann,
T = la température de la jonction (en K)
R = la résistance que traverse le courant (en Ohms)
Be = la bande de bruit électrique en réception

Lorsque l'amplificateur électrique trans-impédance est pris en compte dans le dispositif de


réception, il faut ajouter à la valeur du bruit thermique le facteur de bruit Fe de l'amplificateur,
adapté à la charge R de la photodiode.
Le bruit thermique devient donc:
4 ⋅ k ⋅ T ⋅ Fe ⋅ Be
=
2
ith
R
Le bruit thermique est présent sur les "zéros" et les "uns", on a donc

4 ⋅ k ⋅ T ⋅ Fe ⋅ Be
σ th2 −0 = σ th2 −1 =
R

185
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

AN: avec T = 25°C, i.e. 300K, R=1 k Ω et Be= 0.77GHz, Fe=1,


σ th2 = 1.275 10-15 A²

Q Le bruit de grenaille

Le bruit de grenaille, appelé également bruit Schottky (shot noise), est provoqué par les
fluctuations statistiques du nombre de porteurs de charges dans les jonctions (barrières de
potentiel). Il est dû à la nature aléatoire des mécanismes de générations de paires électrons-
trou.
La variance de la source de courant équivalent au bruit de grenaille est donnée par:
= 2 ⋅ q ⋅ I ⋅ Be
2
i gr
Avec
q = 1.6 10-19 C, la charge de l'électron
I = le photocourant généré

AN: 3.2 10-10 * I (A²)


On distingue le bruit de grenaille sur les "zéros" et sur les "uns"
σ g2−0 = 2 ⋅ q ⋅ I 0 ⋅ Be et σ g2−1 = 2 ⋅ q ⋅ I 1 ⋅ Be

I0 est beaucoup plus faible que I1, donc le bruit de grenaille sur les "zéros" est plus faible que
celui sur les "uns". Si on considère un taux d'extinction infini, I0 est seulement le courant
d'obscurité de la photodiode, qui peut être négligé par rapport à I1.

Q Bruits de battement

En présence d'un amplificateur optique et plus généralement de tout composant générant de


l'émission spontanée, il faut rajouter des bruits dus à la détection quadratique. On distingue les
bruits d'interférence entre le signal et l'émission spontanée, qui sont appelés bruits de
battement signal-spontané et les bruits d'interférence entre les différents modes de l'émission
spontanée qui donnent les bruits de battement spontané-spontané.

La puissance d'émission spontanée à la sortie d'un amplificateur optique est donnée par :
Psp = N sp (G − 1)hυB0
Et le photocourant équivalent à cette puissance est


i sp = Psp = N sp (G − 1)eηB0

Avec Nsp le facteur d'émission spontanée. Il dépend des paramètres intrinsèques de
l'amplificateur. Une valeur typique est 1.4.
η l'efficacité quantique de la détection, c'est-à-dire le nombre d'électrons générés par photon
reçu. Généralement on considère le rendement comme idéal et donc égal à 1.
G est le gain de l'amplificateur
ν est la fréquence optique du signal.
BO est la largeur spectrale optique du signal.

Le bruit de battement signal-spontané est donné par:


2
 e   Be  B 
σ 2
s − sp = 4η GPS Psp 
2
   = 4Gi S i sp  e  = 4 N sp (G − 1)eηBe Gi s
 hυ   B0   B0 
Et le bruit de battement spontané-spontané par

186
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

 e 
2
 Be   B 
σ 2 sp − sp = Mη 2 Psp 
2
  (2 B0 − Be ) = M ⋅ i sp 2  e (2 B0 − Be )
 hυ  B 2  B 2 
 0   0 
Avec Ps la puissance optique du signal injecté dans l'amplificateur, iS l'intensité du photocourant
équivalent à cette puissance optique et M le nombre de modes de polarisation (M=2 pour les
sources non polarisées). Les bruits sont supposés gaussiens.

Dans la suite les pertes L entre l'amplificateur et le récepteur seront à considérer.

4.2 Transmissions bidirectionnelles

4.2.1 Avantages et effets limitants

L'intérêt d'avoir une architecture mono-fibre est d'économiser 50% sur la matière
première qu'est la fibre mais ce n'est pas un intérêt primordial vu le faible coût de la fibre
(0,10€/m). Le coût le plus important lors de l'installation d'un réseau provient du génie civil
(GC), c'est-à-dire les travaux de terrassement pour enfouir les câbles protégeant la fibre, ou
le tirage de fibre dans du GC qui supporte des câbles supplémentaires. La différence de
coût entre l'installation d'un câble avec 2 fibres et d'un câble avec 1 fibre est très faible.
L'intérêt d'une architecture mono-fibre n'est pas que l'économie de fibre, mais surtout la
facilité de maintenance: il est plus facile de n'avoir à agir que sur une seule fibre dans un
câble en cas de réparation. Au niveau des nœuds de connexions (NRA ou SR) les
branchements à effectuer sont bien plus simples lorsqu'une seule fibre arrive de chaque
ONU. De même, à l'OLT l'encombrement peut devenir un problème en cas de déploiement
de grande envergure, et avoir deux fois moins d'arrivée de fibres peut se révéler être très
avantageux. Economiser 50% des connexions est donc un réel avantage pour les coûts de
maintenance.

Pourtant le fait de n'avoir qu'une seule fibre bidirectionnelle (full duplex) a des
inconvénients: nécessité éventuelle de composants supplémentaires et effets physiques
limitants.

• Composants supplémentaires

Le fait d'avoir une seule fibre par client au lieu de deux oblige à avoir à l'ONU un
démultiplexeur, un circulateur ou un ensemble coupleur-isolateur pour séparer les signaux
montants et descendants. Lorsqu'il y a deux fibres, l'une est directement connectée à
l'émetteur et l'autre au récepteur. Suivant l'architecture utilisée, le nombre de composants
supplémentaires peut être important.

En effet si deux longueurs d'onde sont utilisées pour les signaux montants et descendants, il
suffit d'avoir un filtre devant l'émetteur et le récepteur qui sépare les deux longueurs d'onde.
Mais dans le cas où une seule longueur d'onde est utilisée à la fois pour les signaux
montants et descendant, il est nécessaire de considérer un circulateur ou un coupleur.
La technique habituelle est d'utiliser un coupleur 3 dB avec un isolateur sur la branche
connectée au laser pour empêcher l'injection de puissance lumineuse dans le laser. L'intérêt
est que c'est une solution peu coûteuse mais les pertes optiques sont environ de 4 dB à
chaque extrémité, ce qui affecte de façon importante le budget de liaison. La directivité du
coupleur étant meilleure que 50 dB, seule une faible partie de la puissance émise revient
directement dans le récepteur contigu.
Pour améliorer cette solution en terme de budget de liaison, il est préférable d'utiliser un
circulateur puisque les pertes optiques au passage à travers un circulateur sont d'environ

187
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

1dB et que l'isolation généralement supérieure à 40 dB évite l'utilisation d'un isolateur du


coté de l'émetteur.
Tx isolateur isolateur Tx
Coupleur Coupleur
50/50 50/50

Rx Fibre de Rx
transmission

(a)

Tx Tx

Fibre de
transmission
Rx Rx

(b)

Figure 4-1 : Schéma d'une transmission bidirectionnelle utilisant des coupleurs et


des isolateurs (a) et des circulateurs (b)

Le désavantage du circulateur est en fait le prix. En effet en comparant le coût des deux
techniques à partir d'une liste de prix (Laser 2000), on se rend compte que le circulateur
coûte environ 550 euros, tandis que l'isolateur coûte 100 euros et le coupleur 1 vers 2
(50/50) environ 150 euros, ce qui fait une solution (a) à 250 euros contre 550 euros pour la
solution (b). Le coût étant le facteur prépondérant, le choix de la solution peut donc se faire
au détriment du budget optique.

• Effets limitants

Le fait de transmettre simultanément dans la même fibre deux signaux dans les deux
directions opposées induit un risque de dégradation de la qualité de transmission. En effet
les multiples réflexions sur les composants optiques, la rétrodiffusion Rayleigh et les effets
non linéaires peuvent éventuellement être une source de bruit pénalisante pour le signal.

Tx Rayleigh FEXT Rx

NEXT duplexer duplexer

Tx
Rx
SBS / FWM

OLT ONU

Figure 4-2: effets limitants dans une liaison bidirectionnelle [2]

188
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

o Near End Crosstalk (NEXT) et Far End Crosstalk (FEXT)

Dans le cas des transmissions bidirectionnelle, sur une seule fibre, un duplexeur (circulateur,
coupleur 3dB ou multiplexeur) est nécessaire pour séparer les deux signaux.
Le NEXT (paradiaphotie) correspond à la puissance lumineuse réfléchie de l'émetteur vers
le récepteur adjacent (dans le même transceiver). Le niveau de NEXT dépend de la
directivité des ces composants. De bons composants ont 50 dB de directivité, ce qui rend
négligeable la puissance de NEXT.

Le FEXT (télédiaphotie) correspond à la puissance lumineuse réfléchie aux niveaux des


composants et connecteurs sur la ligne de transmission ainsi qu'au niveau des éléments qui
se situent de l'autre coté du réseau. Le FEXT est considérablement atténué par la
transmission dans la fibre et il peut être minimisé en utilisant des connecteurs APC (Angled
Physical Contact), connecteurs clivés avec un angle de 8° (opposé aux connecteurs PC qui
sont clivés droit) qui limitent les réflexions de Fresnel en extrémité de composant (-60 à -70
dB de réflexion contre -40 à -50 dB au mieux pour les PC).

Les effets non linéaires tels que la rétrodiffusion de Brillouin (SBS: stimulated brillouin
scattering) ou le mélange à quatre ondes (FWM: four wave mixing) sont susceptibles
d'apparaître pour de fortes puissances et peuvent éventuellement venir perturber la
transmission des autres signaux. La rétrodiffusion Brillouin crée une longueur d'onde de
retour espacée de 11GHz par rapport à la longueur d'onde transmise. Le seuil d'apparition
est +6dBm lorsque le signal est continu et >+9 dBm lorsqu'il est modulé. Le mélange à 4
ondes intervient lorsque les longueurs d'onde sont proches les une des autres (espacement
< 50 GHz) avec des puissances importantes (le seuil estimé est supérieur à 8dBm). Cet
effet peut intervenir plus rapidement si des composants tels que des amplificateurs optiques
sont sur le chemin de transmission. Les puissances raisonnables utilisées dans le réseau
d'accès (émission < 5 dBm) laissent présager une faible importance des effets non linéaires.

4.2.2 Rétrodiffusion de Rayleigh

Une onde qui se propage dans la fibre engendre une autre onde rétrodiffusée due à
l'effet Rayleigh ("Rayleigh backscattering"). Celle-ci sera une source de bruit pour le signal
venant en sens inverse. Le rapport puissance rétrodiffusée / puissance injectée augmente
avec la distance de propagation dans la fibre et atteint un maximum d'environ -32 dB au
bout de 25 km pour des longueurs d'onde à 1550 nm et -34 dB à 1300 nm [2]. Cet effet ne
peut être supprimé car il provient de la structure même de la matière (silice).

Dans le cas où on utilise la même source pour le sens montant et descendant (par exemple
dans des architectures où il n'y a pas de laser chez le client, mais juste un modulateur qui
utilisera une longueur d'onde non modulée envoyée depuis le central), le signal rétrodiffusé
et le signal utile sont à la même longueur d'onde. Leur battement induit un bruit qui est dit
cohérent. Le terme cohérent est utilisé ici par abus de langage car la longueur de
cohérence du laser est plus courte que la distance de transmission.
S'il s'agit de deux longueurs d'onde différentes qui se propagent en sens inverse dans la
fibre, il s'agit de bruit incohérent. Le bruit cohérent est plus pénalisant.

4.2.2.1 Niveaux de rétrodiffusion

La théorie donne la formule suivante pour le coefficient de rétrodiffusion Rayleigh de la fibre


[3]:
Sα S
R BS =

(1 − e −2αL )

189
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

αS est le coefficient d'atténuation dû à la diffusion Rayleigh, α l'atténuation de la fibre, L la


longueur de fibre et S est la fraction de la puissance totale diffusée par effet Rayleigh et qui
revient en sens inverse dans la fibre.
Sα S
Ce coefficient converge rapidement vers la valeur qui va être déterminée

expérimentalement.

Le montage expérimental suivant a été utilisé pour quantifier le niveau de rétrodiffusion


Rayleigh de la fibre standard.

Rx1
Tx ATT

Rx2 Bobine de fibre non


connectée à l'extrémité

Figure 4-3: montage expérimental pour la mesure du niveau de rétrodiffusion


Rayleigh
Un laser DFB émet en continu une longueur d'onde à 1550 nm. Un atténuateur variable
permet de contrôler la puissance injectée dans la fibre. Un premier puissance-mètre permet
de mesurer la puissance injectée dans le circulateur et un second permet de mesurer le
niveau de puissance rétrodiffusée. Différentes longueurs de fibres ont été utilisées pour voir
l'effet sur la rétrodiffusion: 5, 10, 15, 20 et 25 km. L'extrémité est un connecteur APC, qui
limite les réflexions (-55 dB).
Lorsque les puissances P1 et P2 sont mesurées, le rapport de rétrodiffusion (RBR: Rayleigh
Backscattering Ratio) peut être obtenu en prenant en compte les pertes du circulateur:

0.7dB
P1
P1'
1 2
P2'
-55dB
1dB
P2
3
RBR(dB) = P2'(dBm) - P1'(dBm)

P1' = P1 – 0.7dB
P2 P1 − 55

RBR( dB ) = 10 log(10 10
− 10 10
) + 1.7dB − P1
P2 P1 −55

P2 ' = 10 log(10 10 − 10 10
) + 1dB

Résultats

Le premier résultat est que le rapport de puissance rétrodiffusée par rapport à la puissance
injectée dans la fibre (RBR: Rayleigh Backscattering Ratio) est fixe. Le niveau de puissance
rétrodiffusée augmente donc linéairement avec la puissance injectée.

190
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

La Figure 4-5 montre que ce rapport augmente avec la longueur de fibre jusqu'à atteindre
un palier à partir de 25 km. Ce palier se situe entre -32 dB et -33 dB à 1550 nm. La
référence [2] indique -32 dB à 1550 nm et -34 dB à 1310 nm. L'expérience a également été
réalisée avec une source large centrée sur 1550 nm, et les mêmes résultats ont été obtenus.
-32

niveau de rétrodiffusion en dB
-33

5km
-34 10km
15km
20km
25km
-35

-36
-20 -15 -10 -5 0
Puissance injectée en dBm

Figure 4-4: niveau de rétrodiffusion Rayleigh en fonction de la puissance injectée


pour différentes longueurs de fibre

-32
niveau de rétrodiffusion en dB

-33

source large
-34
laser DFB 1550 nm

-35

-36
0 5 10 15 20 25 30
longueur de fibre en km

Figure 4-5: niveau de rétrodiffusion Rayleigh en fonction de la longueur de fibre pour


un laser DFB à 1550 nm et une source large

4.2.2.2 Influence sur le taux d'erreur binaire

La rétrodiffusion est considérée comme un bruit. Ce bruit est appelé cohérent lorsque le
signal rétrodiffusé et le signal considéré sont issus du même laser. Lorsque le signal
rétrodiffusé provient d'un autre laser de longueur d'onde différente, il s'agit d'un bruit
incohérent.

4.2.2.2.1 Bruit cohérent

Les champs électriques du signal et de la rétrodiffusion Rayleigh sont définis de la façon


suivante [4]:

191
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

E S exp[i (ω c t + Φ S (t ))] et E R exp[i (ω c t + Φ R (t ))]


Lorsque ces signaux sont détectés par la photodiode, le photocourant qui en résulte est
donné par:
i p = E S + 2 E S E R cos(Φ S (t ) − Φ R (t )) + E R
2 2

Le premier terme est la puissance du signal reçu et le dernier terme est la puissance du
signal rétrodiffusé par Rayleigh. Le second terme est le bruit de battement entre le signal et
la rétrodiffusion.
Les bruits électriques de la photodiode, bruit de grenaille et bruit thermique, ne sont pas pris
en compte ici.

Le bruit s'étend dans le cas le plus défavorable sur tout le spectre électrique Be.
On suppose que le signal rétrodiffusé a une amplitude proportionnelle à celle du signal
injecté dans la fibre et une phase aléatoire. ΦR est une variable aléatoire équirépartie sur [-π,
π], l'interférence est donc une variable de moyenne nulle. La variance du bruit de battement
entre signal et Rayleigh est [5]:
2
2 I signal
σ S2− R = (2 E S E R )2 ⋅
1
= 2 E S E R = 2 I Signal I Rayleigh =
2 2

2 RS − R

Avec RS-R (ou RSignal-Rayleigh) le rapport de la puissance du signal sur la puissance de


rétrodiffusion

La composante par polarisation du champ du signal rétrodiffusé ER est une gaussienne. Il


faut donc considérer pour la variance, la somme des carrés de deux gaussiennes.

2
I signal
La variance obtenue est σ 2
R =I 2
Rayleigh =
RS2− R

Sous la condition de l'approximation du bruit gaussien, la probabilité d'erreur est donnée par
1 Q
TEB = erfc , expression qui peut être approchée, lorsque Q est assez grand (Q>4) par
2 2
Q2
1 − I1 − I 0
TEB ≈ e 2
avec Q =
Q 2π σ1 + σ 0
En supposant un taux d'extinction infini et en négligeant le bruit thermique sur les "zéros"
I1
Q=
σ1
IS
Q=
σ th2 + σ rayleigh
2
+ σ shot
2
_ signal + σ shot _ rayleigh + σ signal − rayleigh
2 2

Les termes du dénominateur représentent dans l'ordre


Le bruit thermique
Le bruit du signal rétrodiffusé Rayleigh
Le bruit de grenaille du signal
Le bruit de grenaille du Rayleigh
Le bruit de battement entre le signal et Rayleigh

Les résultats numériques montrent que le bruit du signal rétrodiffusé (2nd terme) ainsi que
les bruits de grenaille (3e et 4e termes) peuvent être négligés. La Figure 4-6 représente les
courbes de TEB pour différentes valeurs de RS-R.

192
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

1E-03

1E-04

1E-05

1E-06 34
1E-07 28
25
1E-08
22
TEB

1E-09
21
1E-10
20
1E-11
19,5
1E-12 19
1E-13

1E-14

1E-15
-41 -40 -39 -38 -37 -36 -35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25 -24
puissance reçue (dBm )

Figure 4-6: courbes de TEB pour différentes valeurs du rapport signal sur
rétrodiffusion RS-R (dB) dans le cas cohérent

Lorsque le rapport entre la puissance du signal et le bruit de rétrodiffusion Rayleigh devient


trop faible, il apparaît un plancher au niveau du TEB. Un plancher de 10-9 est obtenu pour
un rapport RSignal-Rayleigh de 19dB

Pour des fortes valeurs de puissance optique, le bruit thermique peut lui aussi être négligé
par rapport au bruit de battement, il reste donc
I Signal I Signal RS − R
Q= = =
σ signal
2
− rayleigh
2
I signal 2
2
RS − R
A forte puissance le facteur Q, c'est-à-dire le taux d'erreur dépend donc directement de RS-R.
RS − R
La valeur donne le niveau du plateau d'erreur provoqué par le bruit de battement du
2
signal avec la rétrodiffusion Rayleigh. La Figure 4-7 représente le taux d'erreur
correspondant à RS-R.

1E-03

1E-05

1E-07
plancher du taux d'erreurs

1E-09

1E-11

1E-13

1E-15

1E-17

1E-19

1E-21

1E-23
15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
rapport signal sur rétrodiffusion

Figure 4-7: niveau du plancher d'erreurs en fonction du rapport des puissances du


signal sur la rétrodiffusion Rayleigh RS-R

193
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

La Figure 4-8 représente la pénalité de transmission prise pour un taux d'erreur de 10-9 en
fonction de RS-R. La pénalité augmente de façon exponentielle en dessous de 22 dB. Elle
est de 2 dB pour RS-R = 22 dB et déjà de 14 dB pour RS-R= 19 dB. Un rapport entre
puissance de signal et bruit de rétrodiffusion de 20 dB parait donc être un minimum pour
avoir des pénalités raisonnables (< 4 dB).
16
14
Pénalité (dB) 12
10
8
6
4
2
0
18 20 22 24 26 28 30
rapport signal sur rétrodiffusion (dB)

Figure 4-8: Pénalité théorique de la transmission en dB pour un TEB de 10-9 en


fonction du rapport de puissance de signal sur bruit de rétrodiffusion Rayleigh RS-R
dans le cas cohérent.

Le montage suivant sert à mesurer l'influence du bruit de rétrodiffusion Rayleigh sur le taux
d'erreur binaire du signal transmis, dans le cas d'un bruit cohérent. Il permet de vérifier les
résultats théoriques.

data
Tx

BER rétrodiffusion
25 km

Rx ATT 2
ATT 1
signal

Figure 4-9: montage expérimental pour l'évaluation de l'effet de la rétrodiffusion


Rayleigh cohérente

Le laser émet à 1550 nm une puissance de 2,8 dBm avant de passer dans le circulateur et
25 km de fibre. Le signal rétrodiffusé revient par le 3e port du circulateur et est lui injecté
dans la photodiode avec le signal grâce à un coupleur 3 dB. Un atténuateur (ATT 1) sert à
contrôler la puissance du signal après la fibre et par conséquent le rapport puissance
rétrodiffusée sur signal. Le niveau de puissance rétrodiffusé a été mesuré à -31,45 dBm
avant d'entrer dans le coupleur. Un atténuateur variable devant la photodiode permet de
mesurer les courbes de taux d'erreur. En faisant varier l'atténuation sur le signal, le rapport
du bruit sur le signal change également et la pénalité peut ainsi être obtenue. La Figure
4-10 et la Figure 4-11 représentent les courbes de taux d'erreur à 1,25 Gbit/s pour
différentes valeurs de rapport signal sur bruit de rétrodiffusion Rayleigh RS-R, obtenues
respectivement avec une APD et une PIN. La Figure 4-12 montre la pénalité à 10-9 en
fonction de RS-R.

194
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

1E-04

1E-05

1E-06

1E-07
TEB

1E-08

1E-09

1E-10

1E-11
-36 -35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25 -24 -23
puissance reçue (dBm)

Référence Rapport S/B = 27,51dB Rapport S/B=26,51dB Rapport S/B=25,51dB Rapport S/B=24,51dB
Rapport S/B=22,51dB Rapport S/B=19,51dB Rapport S/B=17,51dB Rapport S/B=15,51dB

Figure 4-10: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s avec une APD et du bruit de Rayleigh
cohérent, pour différentes valeurs de rapport signal sur bruit de rétrodiffusion
Rayleigh

1E-04

1E-05

1E-06

1E-07
TEB

1E-08

1E-09

1E-10

1E-11
-26 -25 -24 -23 -22 -21 -20
Puissance reçue (dBm)

Référence Rapport S/B = 27,51dB Rapport S/B=26,51dB Rapport S/B=25,51dB


Rapport S/B=24,51dB Rapport S/B=22,51dB Rapport S/B=19,51dB Rapport S/B=17,51dB

Figure 4-11: courbes de TEB à 1,25 Gbit/s avec une PIN et du bruit de Rayleigh
cohérent, pour différentes valeurs de rapport signal sur bruit de rétrodiffusion
Rayleigh

Le plancher à 10-9 du taux d'erreur est obtenu pour RS-R = 16,5 dB environ avec une APD et
18 dB avec une PIN. Ces valeurs ne sont pas trop éloignées de la valeur théorique qui est
19 dB.

195
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

16

14

12

Pénalité @ 10-9 (dB) 10

Photodiode APD
8 Photodiode PIN
théorie

0
14 16 18 20 22 24 26 28
Rapport Signal sur bruit de rétrodiffusion Rayleigh (dB)

Figure 4-12: Pénalité pour un taux d'erreur de 10-9 en fonction du rapport signal sur
bruit de rétrodiffusion Rayleigh RS-R dans le cas cohérent.

La courbe de pénalité obtenue ressemble fortement à la courbe théorique mais il y a un


décalage d'environ 3,5 dB sur RS-R avec une APD. Les tests expérimentaux montrent en fait
une meilleur tolérance sur rapport signal sur bruit de rétrodiffusion Rayleigh que la théorie
ne le prédisait. Par contre les résultats semblent mieux s'accorder avec une PIN.
L'amplification électrique des électrons dans l'APD n'a pas été prise en compte dans le
calcul du facteur Q, ce qui peut expliquer cette différence.

4.2.2.2.2 Bruit incohérent

Le bruit de rétrodiffusion Rayleigh incohérent intervient lorsque la rétrodiffusion provient


d'une source différente de celle du signal considéré. Le cas classique est deux lasers
émettant dans des directions opposées sur la même fibre. Les longueurs d'onde de deux
lasers sont toujours quelque peu différentes, même s'ils sont spécifiés à la même longueur
d'onde.
Le courant induit par la photodétection est
i p = E S + 2 E S E R cos((ω S − ω R )t + Φ S (t ) − Φ R (t )) + E R
2 2

Si l'espacement en longueurs d'onde entre les 2 lasers est plus grand que la bande
passante électrique de réception (wS-wR>Be), le terme d'interférence peut être supprimé. Le
courant induit devient donc simplement
i p = ES + ER
2 2

Avec un taux d'xtinction infini et en négligeant le bruit sur les "zéros" (bruit thermique) Le
facteur Q est
IS
Q=
σ th2 + σ rayleigh
2
+ σ shot
2
_ signal + σ shot _ rayleigh
2

ce qui donne les courbes de TEB suivantes en fonction du rapport RS-R

196
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

1E-03

1E-05

1E-07
34
1E-09 7
1E-11 8
9
TEB

1E-13
10
1E-15 13
1E-17 15
8,5
1E-19

1E-21

1E-23
-41 -40 -39 -38 -37 -36 -35 -34 -33 -32 -31 -30 -29 -28 -27 -26 -25 -24
puissance reçue (dBm )

Figure 4-13: courbes de TEB théoriques pour différentes valeurs du rapport signal sur
rétrodiffusion RS-R (dB) dans le cas incohérent.

14
12

10
Pénalité (dB)

8
6
4

2
0
6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
Rapport signal sur bruit de Rayleigh (dB)

Figure 4-14: Pénalité théorique de la transmission en dB pour un TEB de 10-9 en


fonction du rapport signal sur bruit de rétrodiffusion Rayleigh RS-R dans le cas
incohérent.

La pénalité devient importante pour une valeur de RS-R à partir de 8,5 dB, ce qui est
beaucoup plus tolérant que dans le cas cohérent.

Le montage expérimental est présenté sur la Figure 4-16. Le signal est généré par un laser
DFB à 1550,12 nm, modulé à 1.25 Gbit/s et le signal perturbateur est généré par un autre
laser DFB à 1550,92 nm, émettant d'abord en continu puis ensuite modulé également à
1.25 Gbit/s. les deux longueurs d'onde sont espacées de 0.8 nm, soit 100 GHz, donc le
terme de battement est filtré par le filtre électrique situé à la réception (Be=2GHz).

197
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

BER

1.25 Gbit/s

Es ATT 1 ATT 2
Rs

Ec

622 Mbit/s
CW

Figure 4-15: montage expérimental pour l'évaluation de l'effet du bruit de


rétrodiffusion Rayleigh incohérent. Ec: laser perturbateur modulé ou continu, Es:
signal principal

10

7
pénalité à 10-9 (dB)

6
continu
5 modulé
théorie
4

0
6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
r apport s ignal s ur br uit de ré tr odiffus ion (dB)

Figure 4-16: Pénalité pour un taux d'erreur de 10-9 en fonction du rapport signal sur
bruit de rétrodiffusion Rayleigh RS-R dans le cas incohérent.

La courbe de TEB obtenue expérimentalement est moins tolérante qu'en théorie. Une
pénalité de 1dB est obtenue expérimentalement pour un rapport RS-R de 13 dB pour un
signal continu tandis que la théorie donne RS-R = 10 dB. Il apparaît en outre que si le signal
perturbateur est modulé, le système est plus tolérant à RS-R de 1dB.

4.3 Modulation déportée avec gain

La modulation déportée avec gain est une technique très appréciée pour les PON
WDM mais elle implique des limitations dues au bruit induit par l'amplification à l'ONU et
dues à une boucle d'amplification créé par la rétrodiffusion Rayleigh et les réflexions dans
un système monofibre.

198
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

4.3.1 Limitation due au bruit amené par l'amplificateur

Lorsque l'émetteur à l'ONU est un RSOA ou un tandem MEA-SOA, il y a modulation d'une


longueur d'onde injectée dans le composant mais il y a simultanément modulation de
l'émission spontanée de l'amplificateur [6].
La Figure 4-17 représente un PON WDM avec modulation et amplification déportée. La
présence de l'ASE modulée est mise en exergue.

Figure 4-17: WDM PON avec modulation/amplification déportée [6]

A la détection le signal reçu portant l'information est donc Isignal + IASE.


I signal = I in ⋅ G ⋅ L
I ASE = N sp q(G − 1)LBo

Les bruits détectés sur les "1"sont:


4kT
• Le bruit thermique σ Th2 _ 1 = Be
R
• Le bruit de grenaille du signal: σ shot
2
_ signal = 2 qI signal Be

• Le bruit de grenaille de l'ASE: σ shot


2
_ ASE = 2 qI ASE Be

• Le bruit de battement entre le signal et l'ASE :


σ 2
signal − ASE = 4 qN (G − 1 )I signal
sp Be
• Le bruit de battement ASE-ASE: σ 2
ASE − ASE = 4qN sp (G − 1)I ASEl Be

4kT
Le bruit sur les "0" est uniquement le bruit thermique : σ Th
2
_0 = Be
R
Avec
Iin: intensité du signal optique en entrée de l'amplificateur optique
Isignal: intensité du signal détecté
IASE: intensité de l'ASE détectée
G: gain de l'amplificateur optique
L: pertes entre la sortie de l'amplificateur optique et le récepteur
Nsp: coefficient d'émission spontanée de l'amplificateur optique (1,4 typique)

199
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

q: charge de l'électron
k: constante de Boltzmann 1,38x10-23 J.K-1
T: température
Bo: bande spectrale optique
Be: bande spectrale électrique de réception

Pour passer de la puissance du signal à son intensité électrique équivalente après détection,
la formule suivante est utilisée:

I=P

e: charge de l'électron 1,610-19
h: constante de Planck 6,63x10-34
υ: fréquence optique du signal (193 THz)
η: efficacité quantique de détection, c'est-à-dire nombre d'électrons générés par photon reçu.
Le rendement est considéré idéal et donc égal à 1.
Avec ces conditions
I = 1,258 x P

En considérant un taux d'extinction infini, le rapport signal sur bruit SNR obtenu est d'après
[6] :
(I + I ASE )
2

SNR =
signal

(σ 2
Th _ 1 + σ shot
2
_ signal + σ shot _ ASE + σ signal − ASE + σ ASE − ASE + σ Th _ 0
2 2 2 2
)
2

D'après [6] lorsque la puissance optique injectée dans l'amplificateur Pin est importante, le
SNR du signal montant dépend principalement du bruit de battement signal ASE. Lorsque la
puissance injectée est faible, c'est le bruit de battement ASE-ASE qui est prédominant. La
Figure 4-18 montre la puissance optique minimum reçue en fonction de la largeur spectrale
optique du signal, avec une modulation à 1.25 Gbit/s et pour des puissances d'injection de -
10, - 35, -40 et -45 dBm.

Figure 4-18: résultats théoriques et expérimentaux de la dégradation de la puissance


reçue minimum en fonction de la largeur spectrale optique du signal [6]

Il apparaît que la dégradation est réelle pour des puissances d'entrée dans l'amplificateur
très faibles (< -40 dBm), mais pour les valeurs utilisées dans les architectures, qui sont
supérieures à -30 dBm, la dégradation est minime et pourra être négligée.

200
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

4.3.2 Limite due à la boucle d'amplification avec la rétrodiffusion


Rayleigh

Avec une architecture mono-fibre et une transmission bidirectionnelle, le niveau


d'amplification à l'ONU joue un rôle important. En effet la rétrodiffusion Rayleigh donne un
certain niveau de puissance de bruit sur le récepteur pour le sens montant à l'OLT,
dépendant de la longueur d'onde et surtout de la longueur de fibre traversée. Pour avoir une
détection correcte du signal montant il faut un SNR important, donc un niveau de signal
suffisamment plus grand que le niveau de bruit. Le gain d'amplification à l'ONU permet
d'augmenter le niveau de signal reçu sur le récepteur à l'OLT et donc le SNR. Avoir le gain
le plus grand possible parait donc idéal mais le signal amplifié et renvoyé dans la fibre va
subir des réflexions et la rétrodiffusion de Rayleigh. Cette puissance va alors être réinjecté
dans l'amplificateur et donc amplifié et réfléchie. Le même phénomène se reproduit ainsi de
nouveau et si le gain de l'amplificateur est du niveau du rapport des réflexions-
rétrodiffusions, le phénomène peut être sans fin (cavité résonante). La Figure 4-19 décrit ce
phénomène.

Tx
A
Modulateur/
B
amplificateur
réflectif C
D Rx

Figure 4-19: schéma de l'amplification des réflexions-rétrodiffusions

Au point A à l'entrée de l'amplificateur optique la puissance est PTx x L


Au point B la puissance est PTx x L x G
Au point C la puissance provient de la rétrodiffusion Rayleigh et des réflexions de la ligne et
vaut donc G x PTx x L x R2
Au point D, la puissance vaut G² x L² x P Tx x R2

Au niveau du récepteur sont donc détectés


• le signal PS de puissance PTx x G x L²,
• le bruit de rétrodiffusion "direct" P1 de puissance PTx x R1
• le bruit de double réflexion amplifié P2 de puissance G² x L² x P Tx x R2

R1 est le rapport de puissance de la rétrodiffusion et des réflexions sur le signal émis de


l'OLT (par exemple -34 dB pour 10 km de fibre si la rétrodiffusion est prépondérante).
R2 est le rapport de puissance de la rétrodiffusion et des réflexions sur le signal émis de
l'ONU.

Les bruits de battement signal-bruit de réflexion dus à la cohérence des signaux sont
prépondérants face aux bruits de grenaille et bruit de réflexions à forte puissance reçue sur
le détecteur tandis qu'à faible puissance, c'est le bruit thermique qui limite le taux d'erreur,
comme vu dans le chapitre 4.1.2.2.1. La formule du facteur Q est donc analogue à celle de
ce chapitre avec les réflexions-1 de puissance P1 mais en rajoutant le bruit de battement du
signal avec les réflexions-2 de puissance P2. Pour les réflexions-1; il y a un facteur 2 dans la
puissance de bruit [7]:

201
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

σ S2− R1 = 2 E S 2 E R1 2
σ S2− R1 = 2 I Signal I Réflexion −1 = 2 × (1,258PTx ⋅ G ⋅ L2 )× (1,258PTx ⋅ R1 )
σ S2− R1 = 3,165 × G ⋅ L2 ⋅ PTx2 ⋅ R1

Néanmoins tandis que le niveau de réflexion-1 apparaît à la fois sur les "0" et les "1" car il
n'est pas modulé, les réflexions-2, qui ne proviennent que des "1" générés à l'ONU,
n'apparaissent que sur les "1" à l'OLT. Par conséquent le niveau de bruit de la réflexion-2
est la moitié du niveau de la réflexion-1. Ceci est valable pour un profil de bruit gaussien
avec une polarisation complètement aléatoire de la lumière réfléchie et rétrodiffusée [7].

σ S2− R 2 = E S 2 E R 2 2
σ S2− R 2 = I Signal I Réflexion − 2 = (1,258PTx ⋅ G ⋅ L2 )× (1,258PTx ⋅ G 2 ⋅ L2 ⋅ R2 )
= 1,582 × G 3 ⋅ L4 ⋅ R2 ⋅ PTx2
En considérant un taux d'extinction infini et en négligeant le bruit sur les "zéros":

I Signal
Q=
σ th2 + σ R21 + σ R2 2 + σ shot
2
_ signal + σ shot _ R1 + σ shot _ R 2 + σ signal − R1 + σ signal − R 2
2 2 2 2

Pour de fortes puissances du signal, il reste


I Signal
Q=
σ signal
2
− R1 + σ signal − R 2
2

1,258 × PTx ⋅ G ⋅ L2
Q=
(3,165 × G ⋅ L 2
) (
⋅ PTx2 ⋅ R1 + 1,582 × G 3 ⋅ L4 ⋅ R2 ⋅ PTx2 )
1,258 × PTx ⋅ G ⋅ L2 G⋅L
= =
1,258 × PTx ⋅ L (2 × G ⋅ R1 ) + (G 3
⋅ L ⋅ R2
2
) (2 × G ⋅ R1 ) + (G 3 ⋅ L2 ⋅ R2 )
Cette valeur du facteur Q est la valeur maximale qui peut être atteinte avec les paramètres
R1, R2, L et G et qui donnera un plancher au niveau du taux d'erreur.

La Figure 4-20 représente le facteur Q en fonction du gain de l'ONU en considérant


seulement la réflexion-1 puis les 2 réflexions. L'allure des courbes montre bien que
l'augmentation du gain est souhaitable si les réflexions-2 ne sont pas prises en compte mais
dans le cas contraire il existe un optimum du gain. Si le gain est trop important, le facteur Q
diminue.

202
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

30

facteur Q (dB) 25

20
R1
15
R1+R2
10

0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
gain de l'ONU (dB)

Figure 4-20: facteur Q maximum pour une transmission bidirectionnelle de pertes


L=10dB en fonction du gain de l'ONU pour le cas où seul les réflexions-1 sont
considérées puis pour le cas où les réflexions 1 et 2 sont prises en compte. R1= -35
dB, R2= -35 dB.

4.4 Application théorique sur les architectures de PON WDM


étudiées

4.4.1 PON WDM avec remodulation du signal descendant

La Figure 4-21 représente l'architecture du PON WDM avec remodulation du signal


descendant. Les valeurs marquées sur le schéma sont les puissances du signal: en rouge
pour le sens descendant, en bleu pour le sens montant et en vert pour la rétrodiffusion
Rayleigh. Le niveau de rétrodiffusion sur 10 km est évalué à -35dB (R1). Le niveau des
réflexions/rétrodiffusion sur le RSOA (R2) est évalué à -40dB (Rayleigh + réflexions +
coupleur devant le RSOA). Les pertes de transmission s'élèvent à 18.5 dB et le gain de
l'amplificateur est également de 18.5 dB. Le rapport du signal sur le bruit de rétrodiffusion
Rayleigh est donc de l'ordre de 16.5 dB. La courbe de la Figure 4-12 montre que la pénalité
à un TEB de 10-9 est de l'ordre de 6 dB pour ce rapport.

10km
2km
-0.5 dBm
Tx

-35.5 dBm
-19 dBm -19 dBm
RSOA
Rx -0,5 dBm
AWG coupleur
1x8
Data up

ONU

Figure 4-21: Architecture du PON WDM avec remodulation du signal descendant

203
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

La Figure 4-22 montre l'évolution du facteur Q pour des valeurs de réflexion prises sur le
montage expérimental de PON WDM avec remodulation du signal descendant.
L'architecture bidirectionnelle avec un taux de partage de 1 vers 8 donne
expérimentalement un plancher au niveau du taux d'erreur se trouvant vers 5 10-9.

Pour obtenir la courbe de TEB le bruit thermique est pris en considération:


I Signal
Q=
σ th2 + σ signal
2
− R1 + σ signal − R 2
2

La Figure 4-22 donne l'évolution du facteur Q en fonction du gain de l'ONU lorsque seuls les
réflexions-1 sont considérées puis lorsque les réflexions-2 sont également prises en compte.

5
facteur Q (dB)

4
R1
3
R1+R2
2

0
0 20 40 60 80 100
gain de l'ONU (dB)

Figure 4-22: facteur Q maximum pour une transmission bidirectionnelle de pertes


L=18,5dB en fonction du gain de l'ONU pour le cas où seul les réflexions-1 sont
considérées puis pour le cas où les réflexions 1 et 2 sont prises en compte. R1= -35
dB, R2= -38 dB.

Dans ce cas précis, avec le gain de l'amplificateur égal à 18,5 dB, il n'y a aucune pénalité
apporté par les réflexions-2. Pour avoir une pénalité il faudrait avoir un gain supérieur à 80
dB ce qui est impossible. Les réflexions 2 peuvent donc être négligées dans ce cas.
La Figure 4-23 donne les courbes de TEB théoriques obtenue pour R1 = -35 dB, R2 = -40 dB,
G= 18,5 dB, et pour 2 valeurs de L = 16,5 dB et 18.5 dB.

1E-03
1E-04
1E-05
1E-06 L= 18,5 dB
TEB

1E-07 L= 16,5dB

1E-08
1E-09
1E-10
-40 -38 -36 -34 -32 -30 -28 -26 -24 -22 -20
Puissance reçue (dBm)

Figure 4-23: courbe de TEB théorique obtenue avec R1 = -35 dB, R2 = -40 dB, L = -16,5
dB et G= 18,5 dB

204
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

Avec la valeur L = 18.5 dB et un gain de 18,5 dB de l'amplificateur, un plancher de taux


d'erreur est trouvé, mais se situant à 4 10-5. Pour avoir un plancher au niveau de ce qui a
été obtenu expérimentalement, c'est-à-dire vers 10-9, il faut changer le paramètre L et le
fixer à 16.5dB comme le montre la Figure 4-23.

Les écarts de valeur s'expliquent par le fait que le signal injecté dans
l'amplificateur/modulateur est continu dans la théorie alors qu'il est modulé dans
l'architecture. La modulation est faible et les "0" ne sont que 3 dB plus faibles que les "1".

Les résultats théoriques confirment donc bien l'origine des planchers de taux d'erreur,
imputables à la rétrodiffusion Rayleigh dans les systèmes bidirectionnels avec modulation
déportée.

4.4.2 PON WDM avec SLED + RSOA

La Figure 4-24 rappelle le montage expérimental du sens montant du PON WDM avec
SLED et RSOA.

-7 dBm
SLED -25 dBm
-42 dBm
-16 dBm RSOA
Mux
-6 dBm
Mux
Rx_1
SR

Rx_N OLT ONU

Figure 4-24: sens montant du PON WDM avec SLED et RSOA

La puissance injectée dans le RSOA est de l'ordre de -25 dBm.


Le calcul du facteur Q peut être fait de la même façon que dans le chapitre 4.3.1 pour
prendre en compte la modulation de l'ASE du RSOA, à la différence que le signal n'est pas
un DFB mais la SLED, donc il s'agit d'émission spontanée. De plus la rétrodiffusion va
rajouter un terme de bruit. Or le fait qu'il s'agisse d'un spectre large fait que l'on ne se trouve
dans aucun des cas cohérent ou incohérent. Il y a battement d'un spectre large avec lui-
même et pour quantifier la pénalité en fonction du rapport entre la puissance du signal et le
bruit de rétrodiffusion Rayleigh, on peut dire qu'elle se situera entre le cas cohérent et le cas
incohérent. Le point d'inflexion de courbe de pénalité se situera donc entre 8 et 20 dB. Or
comme le montre la Figure 4-24, la valeur typique du rapport de puissance entre le signal et
la rétrodiffusion Rayleigh se situe autour de 25dB, c'est-à-dire bien au dessus de la valeur
critique, ce qui entraine que la pénalité due à la rétrodiffusion Rayleigh sera très faible.

A la détection le signal reçu portant l'information est donc ISLED + IASE

I SLED + I ASE
Q=
σ 2
SLED − SLED +σ 2
Th _ 1 +σ 2
shot _ SLED +σ 2
shot _ SLED + σ SLED
2
− ASE + σ ASE − ASE + σ Rayleigh + σ Th _ 0
2 2 2

205
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

I SLED = I in G SOA ⋅ L = N sp q (GSLED − 1)Bo ⋅ G SOA ⋅ L2 ≈ N sp q (G SLED − 1)Bo ⋅ GSOA ⋅ L2


I ASE = N sp q (GSOA − 1)Bo ⋅ L ≈ N sp qG SOA Bo ⋅ L

Les bruits détectés sur les "1" sont:


4kT
• Le bruit thermique σ Th
2
_1 = Be
R
• Le bruit de grenaille du signal: σ shot
2
_ signal = 2 qI SLED Be -- négligé
• Le bruit de grenaille de l'ASE: σ 2
shot _ ASE = 2qI ASE Be -- négligé
• Le bruit d'intensité en excès de la SLED:
2 Be 2 B
σ SLED
2
− SLED = I SLED − SLED =
2
I SLED = e I SLED
2

MBo Bo
Cette formule est issue de l'étude sur le "spectrum slicing" présentée en annexe 3. ISLED est ici
une constante et M=2 pour une source non polarisée.
Be
σ SLED
2
− SLED = (I in GSOA ⋅ L )2
Bo

• Le bruit de battement entre le signal et l'ASE :


Be B
σ signal
2
− ASE = 4G SOA I in ⋅ L ⋅ I ASE = 4 I SLED I ASE e = 4qN sp (GSOA − 1) ⋅ L ⋅ I SLED Be =
Bo Bo
4qN sp (GSOA −1)Be I in G SOA ⋅ L

 Be 
• Le bruit de battement ASE-ASE: σ 2 ASE − ASE = M ⋅ i ASE 
2
(2 B0 − Be )
B 2 
 0 
• Le bruit de Rayleigh

4kT
Le bruit sur les "0" est uniquement le bruit thermique : σ Th
2
_0 = Be
R

I SLED + I ASE
Q=
σ 2
SLED − SLED +σ 2
Th _ 1 +σ 2
SLED − ASE + σ ASE
2
− ASE + σ Rayleigh + σ Th _ 0
2 2

I SLED + I ASE
Q=
2 B 
Be + 4I SLED ⋅ I ASE e + 2 ⋅ iASE  e2 (2B0 − Be ) ⋅ +iRayleigh
Be 2 4kT B 4kT
I SLED + 2
+ Be
Bo R Bo  B0  R
I SLED + I ASE
Q=
Be 2 4kT B 2 B  4kT
I SLED + Be + 4 I SLED ⋅ I ASE e + 4 ⋅ i ASE  e  + iRayleigh
2
+ Be
Bo R Bo B
 0 R

Le terme de bruit prépondérant est le bruit d'intensité en excès de la SLED.

206
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

4.5 Conclusion

L'étude des contraintes des transmissions bidirectionnelles montre l'importance que peut
avoir la rétrodiffusion Rayleigh ainsi que les réflexions sur les performances de l'architecture.
La distinction entre le bruit de Rayleigh issu d'une source cohérente et d'une source
incohérente est importante car son impact est relativement différent.
C'est ainsi que pour l'architecture WDM-TDM avec remodulation, le signal est issu d'un
laser et le bruit le plus limitant est le bruit de rétrodiffusion Rayleigh. C'est pourquoi le fait de
passer à une architecture partiellement bi-fibre permet d'obtenir des performances bien
meilleures (augmentation de la distance de transmission ou augmentation du taux de
partage).
En ce qui concerne l'architecture PON WDM avec SLED+RSOA, le signal est issu d'une
source incohérente et le bruit de rétrodiffusion Rayleigh a un impact beaucoup plus faible.
Dans notre configuration son effet est d'ailleurs négligeable et le bruit limitant est en fait le
bruit d'intensité en excès de la SLED.

Cette étude a également montré que le gain du RSOA ne peut pas être augmenté
indéfiniment pour augmenter le rapport signal sur bruit du signal montant. En effet une
boucle d'amplification apparaît qui fait décroitre le facteur Q de ce signal. Il existe donc une
optimisation du gain en fonction du taux de réflexion du signal optique sur la fibre de
distribution (incluant la rétrodiffusion).

207
Chapitre 4: Modélisation Théorique des Bruits

Références chapitre 4 "Modélisation Théorique des bruits"

[1] "Ligtwave systems with optical amplifiers", N.A. olsson, Journal of Lighwave Technology, vol 7 n°7, july
1989

[2] "Bidirectional Transmission for optical access networks – conventional techniques and novel alternatives",
M. Seimetz, NOC 2004

[3] "Estimation of performance degradation of bidirectional WDM transmission systems due to Rayleigh
backscattering and ASE Noises using numerical and analytical models", J. Ko and al, JLT, vol. 21, n°4, april
2003

[4] "Impact of backreflection on upstream transmission in WDM single fiber loopback access networks", M.
Fujiwara, J-I kani and K. Iwatsuki, JLT, vol. 24, n°2, February 2006

[5] "effect of backscattering and backreflections on upstream remote modulation in bidirectional link for WDM-
PON applications", N. Genay and P. Chanclou, STREON 2005, paper O3_1

[ 6 ] "SNR degradation owing to spectrum sliced effect in carrier distributed WDM-PON", H. Nakamura,
Electronics letters, Vol 42, N°3, February 2006.

[7] "Impact of crosstalk in an arrayed-waveguide multiplexer on N x N optical interconnection", H. Takahashi


and al., JLT, vol. 14, n°6, june 1996

208
Chapitre 5: Perspectives

Chapitre 5

Perspectives

209
Chapitre 5: Perspectives

210
Chapitre 5: Perspectives

5 - Perspectives
Les composants

Les perspectives d'amélioration des composants qui ont été utilisés dans nos études
sont nombreuses car la plupart n'ont pas été créé spécialement pour l'application
concernée.

Les diodes superluminescentes sont par exemple d'abord conçues pour la


tomographie médicale et non pour les communications optiques. Le paramètre
essentiel qui était une très large bande spectrale reste important mais la densité de
puissance le devient également. L'application de modulation déportée utilisant le
hachage d'une source large nécessite une très grande densité de puissance optique
pour obtenir ensuite un budget de puissance important. Il n'est pas nécessaire
d'avoir une bande optique de 60 nm si seuls 30 nm sont utiles. Dans la mesure où la
puissance totale de sortie est limitée, mieux vaut réduire la bande et augmenter la
densité de puissance. Un large éventail de SLED est désormais disponible, qui peut
répondre à nos besoins.

Les amplificateurs optiques à semiconducteur réflectifs n'ont réellement pris


leur essor qu'en 2004 et il n'existait jusqu'à maintenant quasiment que des
prototypes. Leur développement s'est accéléré depuis et plusieurs fabricants en
proposent désormais commercialement (Centre for Integrated Photonics,
Amphotonyx, Alphion, Inphenix). Les paramètres classiques sont une modulation
jusque 1,25 Gbit/s, 20 dB de gain, 35 nm de bande spectrale et moins de 2 dB de
dépendance à la polarisation. Des gains supérieurs ont déjà été obtenus mais au
détriment de la vitesse de modulation, or il apparaît qu'un gain de 20 à 25 dB est
suffisant et que la demande se situe surtout au niveau du débit. Pour avoir à la fois
du gain et une grande bande passante électro-optique, une solution d'avenir est le
(R)SOA à double électrode. Avec une électrode longue qui permet d'amplifier le
signal et une électrode courte pour le moduler à haut débit, le compromis
gain/vitesse de modulation est évité et les deux paramètres sont optimisés.
Dans le même esprit un REAMSOA, c'est-à-dire un SOA suivi d'un MEA fonctionnant
en réflexion, permettra d'obtenir un débit de 10 Gbit/s avec un composant réflectif [1].
Le SOA permettra au minimum de compenser les pertes du MEA et éventuellement
d'avoir du gain.
Des études portant sur l'extension de la bande spectrale optique de fonctionnement
des SOA pourraient être également appliquées aux RSOA. Cela donnerait d'avoir
des RSOA fonctionnant sur une centaine de nm de bande optique, permettant de
multiplier le nombre de longueurs d'onde disponibles et donc le nombre d'ONUs par
PON.

Les architectures

L'intérêt d'avoir une vitesse de modulation très rapide n'est pas toujours justifié. En
effet justifier du 100 Mbit/s par utilisateur n'est plus difficile désormais vu l'explosion
prévue des contenus vidéos haute définition. Justifier 1 Gbit/s et 10 Gbit/s est par
contre difficile car aucune application ne nécessite ces débits. La raison de ces
débits est la mutualisation d'un très grand nombre d'utilisateurs sur une même
architecture.

211
Chapitre 5: Perspectives

Raccorder un très grand nombre de clients sur une seule fibre de transport, 1024 par
exemple, implique à priori des distances de transmission plus grandes entre le
central et les utilisateurs ainsi que l'apparition de l'amplification en ligne.

Fusionner les réseaux de collecte et d'accès est une possibilité envisagée, qui
nécessite l'étude de l'amplification en mode rafale caractéristique des réseaux
d'accès passifs à multiplexage temporel. En effet un amplificateur classique avec 20
dB de gain et une puissance de saturation de 5 dBm, commence à saturer avec une
puissance d'entrée de -15 dBm. Ceci veut dire qu'un signal rentrant à -20 dBm sera
amplifié de 20 dB tandis qu'un signal entrant à -5 dBm ne sera amplifié que de 10 dB.
Entre deux rafales telles que celles-ci, il va y avoir un comportement transitoire de
l'amplificateur dû au passage d'un fonctionnement en régime linaire à un régime
saturé, ce qui peut donner lieu à des erreurs. La nécessité est donc d'avoir un
amplificateur linaire, c'est-à-dire avec un gain plus restreint mais avec une puissance
de saturation très haute, ce qui fait que le signal d'entrée sera d'une puissance
constamment inférieure à la puissance de saturation d'entrée. La seconde solution
est un amplificateur à gain clampé, qui permet d'avoir un gain constant quelle que
soit la puissance d'entrée.

L'amplification bidirectionnelle est également un sujet d'avenir, que ce soit pour les
PON TDM actuels ou pour les PON WDM. En effet actuellement les amplificateurs
optiques ne fonctionnent que dans une direction et pour amplifier un PON TDM, il
faut un amplificateur pour le sens montant à 1,31 µm et un autre pour le sens
descendant à 1,49 µm, avec un système de circulateurs pour rester sur une seule
fibre. Une solution basée sur un SOA capable d'amplifier 2 longueurs d'onde se
propageant dans des directions opposées est donc intéressante du fait de sa
simplicité et de son bas coût [2].

D'autres sujets provenant des études de transmission à très haut débit sont en train
d'être adaptés pour le réseau d'accès.
Les codes correcteurs d'erreurs sont d'ores et déjà utilisés dans les PON TDM. Ils
permettent de gagner de l'ordre de 3 dB sur le budget optique et donc de remplacer
un laser DFB par un laser FP ou une photodiode APD par un PIN pour diminuer les
coûts. Il a été vu dans nos études expérimentales que le gain du FEC peut être
encore plus important lorsque la transmission est très bruitée. Des études sur des
codes correcteurs d'erreurs plus adaptés aux bruits rencontrés sur les PON WDM
par exemple peuvent apporter des gains considérables.
Dans le même domaine électrique la compensation de dispersion électronique (EDC:
electronic dispersion compensation) devient d'actualité lorsqu'il s'agit de 10 Gbit/s
dans l'accès. En effet la dispersion peut jouer un rôle non négligeable si les
distances augmentent jusque 100 km et de la compensation sera peut-être
nécessaire. Si des lasers sont utilisés en modulation directe à 10 Gbit/s, le chirp de
celui-ci nécessitera également de la compensation de dispersion et l'électronique
peut être dans ce cas une solution bas coût très efficace.

Vers la flexibilité

L'introduction du WDM dans le réseau d'accès se fera progressivement. Si


aujourd'hui le WDM se limite à 3 longueurs d'onde dans les PON pour séparer les
flux montant et descendant et la vidéo analogique, son utilisation à court terme
risque d'être la superposition de plusieurs PON TDM sur une même architecture. En
effet les déploiements d'envergure de PON TDM impliquent de rentabiliser au
maximum l'infrastructure déployée. Ceci oblige donc à concevoir des scénarios de
migration tenant compte du maintien des coupleurs optiques dans le réseau. La
possibilité la plus plausible est donc d'avoir plusieurs PON TDM en superposition

212
Chapitre 5: Perspectives

grâce à l'utilisation de différentes longueurs d'onde propres à chaque PON TDM. Il


s'agirait donc d'une architecture "broadcast and select" avec des pertes optiques très
importantes qui écartent d'emblée l'utilisation de la modulation déportée et des
techniques classiques rendant l'ONU achromatique. Le scénario consiste donc à
priori en un nombre limité de PON TDM superposés, donc à l'utilisation de longueurs
d'onde CWDM, avec des lasers distincts à chaque ONU. Pour un nombre de PON
TDM superposés égal à 8 par exemple, les techniques d'achromaticité n'ont pas un
réel gain économique ce qui favorise le scénario CWDM. Par ailleurs les longueurs
d'onde CWDM peuvent n'être utilisées que dans le sens descendant si les débits
montants nécessaires ne sont pas élevés.

Une seconde étape peut être les PON WDM si les débits requis sont vraiment
importants, et les PON hybrides WDM-TDM si le nombre d'ONU mutualisés doit être
augmenté, Cette seconde étape est à priori destinée à des zones nouvelles, où
l'installation d'un multiplexeur est possible.

La dernière étape est un PON WDM TDM reconfigurable pour distribuer de façon
plus efficace le débit entre tous les ONUs d'un PON WDM-TDM. Cette
reconfigurabilité prendra d'autant plus d'importance que le nombre d'ONU mutualisés
sera important.

213
Chapitre 5: Perspectives

Références Chapitre 5 "Perspectives"

[1] "10Gbit/s Amplified Reflective Electroabsorption Modulator for Colourless Access Networks",
A.Garreau, J.Decobert , C. Kazmierski, , M-C. Cuisin, J-G. Provost, H.Sillard, F.Blache, D. Carpentier,
J.Landreau, P.Chanclou, soumis à IPRM2006

[2] " Bidirectional Amplifier for standard PON architecture with class B+ attenuation range ", P.
Chanclou, T. Soret, T.S. Nguyen, F Payoux, N. Genay, soumis à ECOC2006

214
Conclusion

CONCLUSION
Cette thèse a consisté à imaginer, concevoir et valider des architectures de
réseau d'accès optique utilisant le multiplexage en longueurs d'onde. Le WDM est
une technologie issue du réseau de transport où les débits atteignent plusieurs
dizaines de Gbit/s. L'intérêt de son introduction dans le réseau d'accès réside d'une
part dans la possibilité d'utiliser un accès multiple en longueurs d'onde en lieu et
place d'un accès multiple en temps pour partager les ressources entre les utilisateurs
et d'autre part dans la possibilité de mutualiser de façon plus importante des
utilisateurs sur une architecture en utilisant simultanément le multiplexage temporel
et en longueurs d'onde.

L'analyse approfondie de toutes les architectures de PON WDM proposées


dans la littérature nous a permis de dégager les avantages et inconvénients de
chacune d'entre elles et de converger vers des choix d'architecture.

Le premier pré-requis pour l'introduction du WDM dans le réseau d'accès est


la disponibilité d'émetteurs achromatiques, c'est-à-dire indépendant de la longueur
d'onde, afin de permettre d'avoir des ONU simples et bas coût. Plusieurs techniques
existent utilisant divers composants et celle qui a été choisie pour cette thèse est la
technique de modulation déportée avec un amplificateur optique à semiconducteur
réflectif (R-SOA). Nous avons caractérisé ce composant innovant de façon à en
connaître les limites. Le RSOA a l'intérêt de pouvoir moduler à des débits importants
supérieurs au Gbit/s, de pouvoir amplifier le signal avec un gain important de l'ordre
de 20 dB, d'être réflectif dans le cadre d'une architecture mono-fibre, d'être très peu
sensible à la polarisation du signal et d'être potentiellement bas coût.

Deux architectures de PON WDM basées sur des RSOA ont été imaginées,
conçues en laboratoire puis testées.
La première a pour objectif de limiter le nombre de longueurs d'onde dans
l'architecture en réutilisant la même longueur d'onde pour le sens montant et le sens
descendant, partagée entre plusieurs ONU. La technique utilisée est la modulation
du signal descendant avec un faible taux d'extinction et la remodulation de celui-ci
avec les données montantes avec un fort taux d'extinction par l'intermédiaire du
RSOA. Ce montage expérimental de PON hybride WDM-TDM a mis en valeur les
fortes contraintes imposées par la rétrodiffusion Rayleigh pour des transmissions
bidirectionnelles sur une seule fibre. Les résultats ont montré qu'il est possible, avec
l'aide de codes correcteurs d'erreurs, d'avoir une architecture totalement mono-fibre
sur 12 km avec un taux de partage de 1 vers 8 et un débit global de 1,25 Gbit/s. Le
fait de passer en bi-fibre sur la majeure partie de l'architecture permet, sans recourir
aux codes correcteurs d'erreurs,
Q Soit de doubler le taux de partage et donc le nombre d'utilisateurs
Q Soit d'étendre la distance de transmission à 20 km comme dans le PON
standard.
La faisabilité de ces PON WDM a été démontré pour une utiisation avec environ 40
longueurs d'onde ce qui donne des PON WDM mutualisant 320 ONU.

La seconde architecture a pour objectif la génération à moindre coût de


longueurs d'onde continues pour le sens montant. La technique utilisée est l'émission
d'un spectre large par une diode superluminescente (SLED). Ce spectre de lumière

215
Conclusion

incohérente est naturellement haché par le démultiplexeur situé dans l'architecture et


une seule SLED permet donc d'injecter dans plusieurs R-SOA une tranche spectrale
qui est modulée avec les données montantes. Les résultats ont montré la difficulté de
mélanger le multiplexage temporel et le multiplexage en longueur d'onde avec cette
technique, par manque de budget optique. La faisabilité de cette technique a été
démontrée pour le sens montant d'un PON WDM avec 40 ONU à 1,25 Gbit/s situés à
20 km du central.
L'utilisation de cette technique à la fois à l'ONU pour le sens montant et à
l'OLT pour le sens descendant a été également testée. Une architecture de PON
WDM bidirectionnel basée uniquement sur des RSOA à l'OLT et à l'ONU et avec une
seule SLED a ainsi été démontrée, permettant un débit symétrique de 1,25 Gbit/s
pour 16 ONU situés à 20 km.

Une étude originale a été menée sur la conversion de longueurs d'onde de


1,3 µm vers les bandes C et L pour intégration dans une architecture de réseau
d'accès étendu avec mutualisation de plusieurs PON TDM déjà déployés. Un
dispositif de conversion tout optique à base de modulateur à électro-absorption
(MEA) a été imaginé et testé, afin de pouvoir convertir les signaux issus de PON
TDM sur différentes longueurs d'onde aisément amplifiables. Les capacités du MEA
en régime de modulation de gain croisé et de phase croisée ont été
expérimentalement évaluées et ont montré la faisabilité d'un tel dispositif pour une
conversion transparente au débit et au protocole.

Cette thèse a permis de dégager les avantages de l'introduction du


multiplexage en longueurs d'onde dans le réseau d'accès optique et a mis en avant
les conditions auxquelles cette introduction est viable, en particulier au niveau du
coût.

Les résultats obtenus permettront d'apporter des éléments de compréhension


et de jugement face aux solutions techniques qui seront proposées dans le cadre du
groupe de travail du FSAN sur la prochaine génération de réseau d'accès optique.
Les premiers systèmes commerciaux de PON WDM ont vu le jour en 2006 et sont
d'ores et déjà en cours de déploiement par Korea Telecom en Corée du Sud. Le
système considéré fournit 100 Mbit/s symétriques à 32 ONU avec une longueur
d'onde par ONU. Le G-PON a des capacités comparables pour un coût inférieur, ce
qui limite l'intérêt de ce PON WDM. Par contre le même système sera très
prochainement disponible avec une capacité de 1 Gbit/s, ce qui peut être plus
intéressant dans le cadre d'un raccordement d'immeubles, où le débit est ensuite
partagé entre les appartements par diverses autres technologies. Ce système est
d'ailleurs très comparable à la seconde architecture qui a été réalisée lors de cette
thèse.
L'utilisation idéale du WDM semble être en association avec le multiplexage temporel
car un débit constant de 1 Gbit/s par utilisateur n'est pas nécessaire. Un PON
hybride WDM-TDM comme proposé dans cette thèse permettrait de mutualiser un
très grand nombre d'ONU sur une même architecture et de partager le débit d'une
longueur d'onde entre plusieurs ONU avec un débit crête potentiel de l'ordre de
1 Gbit/s.

216
Conclusion

217
Conclusion

218
Annexes

Annexe 1: Emetteurs multi-longueurs d'onde

Ce paragraphe détaille les différentes techniques de génération de multiples


longueurs d'onde.

Q Barrette de lasers DFB

La façon la plus simple de générer plusieurs longueurs d'onde est bien sûr d'utiliser
autant de lasers que de longueurs d'onde nécessaires. L'intérêt des puces lasers est qu'elle
speuvent être intégrées les unes à cotés des autres sur un même substrat et couplées à un
multiplexeur. Il est possible d'obtenir ainsi un générateur de multiples longueurs d'onde de
taille réduite même s'il s'agit d'un grand nombre de lasers. Le coût n'est pas exorbitant du fait
de la maturité de des lasers DFB.

Q Spectrum slicing (EDFA+AWG)

La technique de spectrum slicing peut être une solution très bas coût pour générer un peigne
de longueurs d'onde. Il s'agit en fait simplement d'utiliser une source large et un
démultiplexeur tel qu'un AWG, qui va hacher le spectre en de multiples longueurs d'onde.
L'intérêt est que la source de lumière est bas coût et que l'AWG qui découpe le spectre peut
être celui situé dans l'architecture PON WDM, qui oriente simultanément ces longueurs
d'onde vers les ONUs correspondants. La Figure 0-1 explicite la technique.
Source large

AWG
λ 1x4

Figure 0-1: schéma de fonctionnement du spectrum slicing pour générer un peigne de


longueurs d'ondes

La particularité de ce peigne est que chaque canal a une largeur spectrale conséquente,
égale à la largeur du filtre de l'AWG. Une seconde particularité est que les longueurs d'ondes
peuvent être non polarisées si la source ne l'est pas. Ces sources peuvent être des LED,
SLED, SOA, comme cités précédemment et également des amplificateurs optiques à fibre
dopée Erbium (EDFA). L'ASE des EDFA est généralement employée car la puissance de
sortie peut être très importante (30 dBm).

219
Annexes

Q Génération de porteuses optiques basée sur une modulation hybride


phase-amplitude (NTT)

Le principe de cette technique [i] est d'utiliser les modes latéraux d'un laser générés
par la modulation pour constituer des canaux WDM avec un espacement bien précis. Le
générateur de lobes latéraux est un modulateur hybride d'amplitude et de phase qui permet
d'obtenir 9 lobes latéraux avec une uniformité de puissance de 3dB. Un démultiplexeur avec
l'espacement spectral correct permet ensuite d'isoler les différents canaux ainsi générés pour
les moduler indépendamment avec un flux de données. Cette technique permet de réduire
fortement le nombre de lasers nécessaires.

Figure 0-2: effet de la modulation sur le spectre d'émission – génération des lobes
latéraux

Figure 0-3 : schéma du générateur de lobes latéraux (AGC: Autogain control, ABC:
Autobias control)

Un prototype de générateur a été conçu avec 256 canaux espacés de 12.5 GHz avec un
rapport signal sur bruit supérieur à 31.5 dB pour un débit de 2.5 Gbit/s par canaux. Les
résultats théoriques et expérimentaux donnent la possibilité d'augmenter le nombre de
canaux à plus de 1000 avec les mêmes caractéristiques (utilisation des bandes S, C et L
avec des amplificateurs à fibre fluorée dopée Thulium, des amplificateurs à fibre fluorée
dopée Erbium, amplificateurs à fibre en tellurite dopée Erbium)

220
Annexes

L'oscillateur local qui commande la modulation en amplitude et en phase est fixé à 12.5 GHz
pour obtenir des lobes espacés de 12.5 GHz. La modulation est ainsi faite que 4 lobes de
puissances quasiment égales sont obtenus de chaque coté du spectre.

Cette technique permet donc de diminuer le nombre de lasers par 9 et d'obtenir un


espacement très précis entre les canaux. Il faut néanmoins disposer d'AWG également très
précis et très stables. C'est cette solution qui a été présentée par NTT pour générer des
peignes de longueurs d'onde non modulées. Le module est appelé Optical Carrier Supply
Module (OCSM).

Q Sources supercontinuum

Une autre solution [ii] est l'utilisation d'un générateur de longueurs d'onde permettant
de générer plus de 1000 canaux espacés de 12.5 GHz (0.1 nm) à partir d'une source
supercontinuum unique. 600-700 canaux dans la bande 1512-1580 nm s'avèrent avoir des
rapports signal sur bruit et des facteurs Q suffisants pour une transmission multi tronçons à
2.5 Gbit/s.

Principe du générateur de supercontinuum

Quand un train d'impulsions est injecté dans un matériau non linéaire (massif ou fibre), son
spectre va changer à cause d'une série de non linéarités, incluant l'auto modulation de
phase (SPM), la modulation de phase croisée (XPM), et le mélange à quatre ondes (FWM).
Si le pic de puissance est assez fort (généralement supérieur à 1 W), le spectre de sortie se
retrouve élargi de façon continue, ce qu'on appelle le supercontinuum. Il suffit ensuite
d'utiliser un AWG pour découper le spectre en canaux WDM. La fibre à dispersion décalée
(DSF) est généralement utilisée avec un amplificateur EDFA pour favoriser les effets non
linéaires.

En commandant un laser Fabry-Pérot (ou DFB) avec un oscillateur local à 12.5 GHz, le
spectre initial va posséder quelques raies espacées de 12.5 GHz et le spectre de sortie sera
un peigne de longueurs d'onde avec le même espacement entre canaux sur une bande de
100 nm.

Figure 0-4 : description d'une source supercontinuum et du spectre de sortie

De nombreuses recherches sont en cours sur les supercontinuums pour augmenter encore
la bande spectrale d'émission, en particulier par l'intermédiaire des fibres microstructurées.

221
Annexes

Cette technique remplace avantageusement les sources blanches telles que les LED ou
SLED (LED superluminescentes, bande spectrale 30nm) car la bande spectrale est bien plus
grande, 100 voire 1000 nm. Au niveau coût une LED a certes un prix très faible car elle a
une production de masse mais ramené au nombre de canaux et aux évolutions futures du
composant, les sources supercontinuum ont un potentiel certain.

BlazePhotonics [iii] commercialise une fibre à cristal photonique ("supercontinuum Photonic


Crystal Fiber") permettant de générer un spectre avec une platitude de 5 dB entre 550 nm et
1600 nm. Grâce au profil de dispersion optimisé, une longueur de 20 m seulement de cette
fibre est nécessaire pour achever une conversion efficace des impulsions délivrées par un
laser. Ces impulsions d'environ 1 ns sont générées à une fréquence de 5 à 10 kHz et ont
une puissance crête d'environ 2 kW pour une densité spectrale de puissance d'environ -
30 dBm/nm. L'avantage du fonctionnement en mode pulsé est que la source est insensible
aux réflexions de la lumière dans la source.
Le prix de cette fibre disponible commercialement est de $2000 pour 20 mètres.

Q Laser multifréquence à base d'AWG et SOA

Cette solution proposée dans une publication [iv] s'approche de l'idée d'une barrette de
lasers mais au lieu d'avoir N lasers différents, on a N SOA identiques associés à un AWG
1 x N, le tout intégré sur un support. Le principe est le suivant. Chaque SOA est placé à une
entrée de l'AWG. La face clivée (miroir) qui termine les amplificateurs et l'extrémité du port
de sortie de l'AWG créent une cavité optique. Si les amplificateurs fournissent un gain
suffisant pour surmonter les pertes intracavités, il y a émission d'une longueur d'onde qui est
définie par le filtre du canal correspondant de l'AWG. Ce filtre est défini par la longueur du
guide sélectionné dans l'AWG.

Figure 0-5 : dessin du laser multifréquence consistant en une barrette de SOA et un


AWG [10]

L'espacement spectral entre canaux est défini par les paramètres physiques de l'AWG.
L'intérêt de cette structure est que les flux de données peuvent être modulés
indépendamment les uns des autres en modulant les courants de chaque amplificateur.
Le nombre de canaux et l'espacement spectral sont les deux paramètres principaux de
conception du laser multifréquence. Ensemble ils déterminent la taille de l'AWG. Les chiffres
typiques sont 16 canaux espacés de 100 GHz.

Un laser multifréquence a été réalisé avec 16 canaux espacés de 200 GHz et modulés à
622 Mbit/s, avec une puissance par canal de -13 dBm. La limitation de la rapidité de
modulation directe provient de la longueur de la cavité.

Un système équivalent a été conçu en utilisant cette fois des RSOAs associés à des réseaux
de Bragg pour créer des lasers à cavités externe [v]. Chaque réseau de Bragg a une

222
Annexes

résonance décalée de 200 GHz par rapport au précédent de façon à obtenir 16 lasers de
longueurs d'onde différentes. Ceux ci sont intégrés à un AWG de façon à multiplexer tous les
signaux. La publication montre une vitesse de modulation de 1,25 Gbit/s et les auteurs
prévoient un fonctionnement prochain à 2,5 Gbit/s.

Q VCSEL multi longueurs d'onde

Il est possible de réaliser des VCSEL multi-longueurs d'onde en faisant varier continûment
l'épaisseur d'une couche placée prés de la région active. On obtient un ensemble de
plusieurs VCSELs ayant des longueurs d'onde d'émission différentes. Le nombre de canaux
est pour le moment limité (3 dans la référence [ vi ]) mais ce composant au stade de la
recherche peut être une voie d'étude intéressante pour l'avenir.

223
Annexes

Annexe 2: Calcul de la perte de puissance


optique due au passage du spectre d'une
source large à travers un AWG
L'objectif est de connaître la puissance que l'on obtient en sortie d'un AWG 1xN lorsque l'on
utilise en entrée une source large.

On considère que la source large à une densité spectrale constante. La puissance fournie
par la source large de densité spectrale d constante est égale à P x ∆F

La caractéristique spectrale de l'AWG est équivalente à une gaussienne [vii]. L'AWG peut
être modélisé de la façon suivante:
  
2

   
n
f − fi
T ( f ) = ∑ exp −   
j =1   ∆f  
   
  2 ln 2  
où ∆f est la largeur spectrale à 3dB de l'AWG, fj la fréquence centrale du canal j, et n est le
nombre de canaux de l'AWG. Les pertes ne sont pas prises en compte et la puissance est
normalisée.

Pour avoir la puissance totale à travers un seul canal, il ne faut considérer qu'un seul port.
En considérant des pertes avec un facteur A (si A=-3dB, A=0.5)et la densité de puissance
P de la source large, on a :
  
2

   
f − fi
T ( f ) = PA exp −   
  ∆f  
   
  2 ln 2  
on se centre sur fi :on fait un changement de variable pour s'affranchir du fi

  
2

   
f
T ( f ) = PA exp −   
  ∆f  
   
  2 ln 2  
pour avoir la puissance il faut faire l'intégrale de T(f). les bornes sont prises pour intégrer sur
une largeur spectrale égale à l'écart entre canaux, c'est-à-dire ∆F. Comme on est centré, les
bornes sont – ∆F/2 et + ∆F/2

∆F
  
2

2    
f
P( f ) = PA ∫ exp −   df
∆F
  ∆f  
−    
  2 ln 2 
2

224
Annexes

La seule façon de résoudre cette intégrale est de se ramener à une gaussienne centrée
réduite et d'utiliser la table associée.

Une gaussienne centrée réduite s'écrit sous la forme:


1
x
 t2 
g (t ) =
2π ∫0 exp  − 2 dt
on peut se ramener à cette forme en faisant un changement de variable
f 2 2 ln 2
on pose t = 2 2 ln 2 donc dt = df
∆f ∆f
∆f ∆f  t2 
L
1
on obtient P (t ) = PA 2π ⋅ g (t ) ⋅ =A π⋅ ⋅ ∫ − dt
exp
2 2 ln 2 2 ln 2 2π − L  2 
1
x
 t2  2
x
 t2 
et ∫  2 
2π − x
exp − dt = ∫ − 2 dt (symétrie)
2π 0
exp

∆f  t2  ∆F ∆F
L
1
donc P (t ) = PA π ⋅ ⋅ ∫ exp − dt avec L = 2 ln 2 = 1.177
ln 2 2π 0  2 ∆f ∆f

En prenant un rapport 2 pour ∆F/∆f, L=2.354

∆f
La table donne g(2.354)=0.49 ce qui donne P (t ) = PA π ⋅ ⋅ 0.49
ln 2

∆f
PA π ⋅ ⋅ 0.49
ln 2 0.49 ∆f
Le rendement du spectrum slicing s'écrit donc η = =A π
P∆F ln 2 ∆F
Ce qui donne pour ∆F/∆f=2, η=0.52A

En prenant des pertes d'insertion de 4dB pour l'AWG, on a A= 0.398 et donc η=0.23.

Le rendement d'un AWG ayant les paramètres suivants:


- écart spectral entre canaux: 100GHz
- Largeur spectrale à 3dB d'un canal: 50 GHz
- Pertes d'insertion : 4dB

est égal à 23%

225
Annexes

Annexe 3: Etude des limites du spectrum


slicing
Le "spectrum slicing" (littéralement hachage de spectre) est le fait de filtrer une source
optique incohérente à large spectre (LED, ASE, EDFA…), à l'aide d'un démultiplexeur. Cette
technique permet de générer avec une seule source large une multitude de longueurs d'onde
continues avec un spectre relativement large (0.2 à 1.6nm) fixé par la caractéristique
spectrale du démultiplexeur. Si la source est modulable ou si un modulateur externe est
employé après la source, c'est une technique qui permet de réaliser des émetteurs
indépendants de la longueur d'onde pour des PON WDM.

Si le spectrum slicing est une technique bas coût elle introduit des pénalités non
négligeables à cause de la nature du bruit des sources blanches incohérentes et de la
largeur spectrale des signaux ainsi générés.

Q Propriété du bruit du spectrum slicing

Le signal obtenu par spectrum slicing est une lumière incohérente provenant d'émission
spontanée amplifiée, ASE (polarisée ou non).
Or la détection de l'ASE génère un bruit de battement spontané-spontané appelé bruit
d'intensité en excès ou Excess Intensity Noise (EIN). Ce bruit de battement génère donc une
composante de courant alternatif AC due au battement entre les différentes composantes
fréquentielles. Par conséquent lorsque l'ASE est utilisée comme une source WDM, il faut
considérer la puissance DC de l'ASE, I²ASE, en tant que signal et une partie AC, variante
dans le temps, I²sp-sp, en tant que bruit.

Ces termes sont donnés par les équations suivantes [viii]:


I 2 ASE = (eηmn sp (G − 1) B0 )²
2 I 2 ASE Be
I 2 sp − sp =
mB0
avec η l'efficacité de détection quantique, m le nombre de modes de polarisation, nsp le
facteur d'émission spontané, G le gain de l'amplificateur, Bo la bande passante optique et Be
la bande passante électrique.

Par conséquent le rapport signal sur bruit de l'ASE sur le récepteur est donné par l'équation
suivante:
I 2 ASE
SNR =
I 2 sp − sp + I 2 shot + I 2 ckt
où I²shotet I²ckt sont respectivement la puissance de bruit produite par le bruit de grenaille de
l'ASE et l'électronique de réception.
En négligeant le bruit électronique l'équation devient
mBo Bo
SNR = =
2 Be Be
car m=2 pour les sources non polarisées. Pour les sources polarisée m=1

226
Annexes

Dans les systèmes de transmissions à base de LED, le bruit de battement spontané-


spontané est négligeable car la bande optique est large. Cependant, quand la bande
passante optique par canal est réduite de façon significative, il devient prédominant par
rapport au bruit électronique et limite la capacité de transmission totale.

Comme le bruit électrique est négligé, l'équation du facteur Q devient:


I1 − I 0 I I ASE Bo
Q= = 1 = = = SNR
σ1 − σ 0 σ1 I 2
sp − sp Be

En prenant l'approximation de bruit gaussien, Q=6 pour un BER=10-9.


Une détection correcte exige que la bande passante électrique Be soit supérieure à 0.7 fois le
débit D.
On a donc Bo>36*0.7*D
Soit D=1.25Gbit/s, Bo > 31.5GHz

Cette dernière formule montre que le rapport signal sur bruit est indépendant de la puissance
reçue et qu'il est proportionnel à largeur spectrale du signal. Pour un débit donné, le taux
d'erreur (ou le SNR) est amélioré en augmentant la largeur spectrale du signal (donc du
filtre) mais un signal optique avec un spectre large subit les effets de la dispersion
chromatique lorsqu'il traverse la fibre.

Les courbes suivantes montrent le facteur Q puis le taux d'erreur associé en fonction de la
largeur spectrale optique pour un débit de 1.25GHz.

Figure 0-1: facteur Q et TEB en fonction de la largeur spectrale du signal en spectrum


slicing avec un filtre électrique de 1,25 GHz en réception

Q Distribution géométrique du bruit d'intensité en excès et influence de


la saturation d'un SOA

La particularité du bruit d'intensité en excès est que la distribution de densité de probabilité


n'est pas gaussienne mais géométrique. La distribution du bruit est donc plus étalée et avec
une queue plus allongée. Le diagramme de l'œil suivant illustre cette particularité [ix].

227
Annexes

Figure 0-2: exemple de diagramme de l'œil optique montrant les "uns" dominés par
bruit d'intensité en excès de forme non gaussienne [ix]

Il existe une méthode permettant de comprimer ces "uns" et de transformer la distribution


géométrique en distribution gaussienne (ou poissonienne [x]). Cela consiste à utiliser le
phénomène de compression d'amplitude ("amplitude squeezing effect") avec un SOA en
régime de gain saturé, qui permet donc de réduire le bruit d'intensité. Le principe est décrit
sur la Figure 0-4

Figure 0-3: distribution de la densité de probabilité d'une tranche spectrale (i) et de la


sortie d'un SOA en régime saturé (ii) [x]

Figure 0-4: réduction du bruit par un SOA en régime saturé [xi]

228
Annexes

La publication [ xii ] propose un lien entre les caractéristiques du SOA (puissance de


saturation et gain) et la variance du bruit d'EIN.

Il a été découvert que cet effet de compression peut amener une réduction du bruit même
lorsque le RSOA opère légèrement en dessous de la puissante d'entrée de saturation.

La figure suivante montre la caractéristique de transfert d'un RSOA, c'est-à-dire la puissance


de sortie en fonction de la puissance de sortie. Les points sont issus des mesures
expérimentales et la courbe est une courbe de tendance empirique suivant le modèle
PIN PSAT
POUT = g 0
PIN + PSAT

Avec une transformation par approche des variables aléatoires, il peut être montré que la
PSAT
variance de bruit EIN de la lumière réfléchie amplifiée devient ( )² (quand PIN≥POUT),
PIN + PSAT
qui devient négligeable lorsque PIN>>POUT.
Cependant ce n'est pas ce qui est observé en réalité. Il a été trouvé que le degré de
compression de bruit d'amplitude obtenu avec un seul SOA est insuffisant pour supprimer
plus de 60% de l'EIN.

Q Dispersion chromatique

La dispersion chromatique peut amener une pénalité due aux interférences entre symboles
(ISI) lorsque les pulses temporels se chevauchent. Cette pénalité va restreindre la distance
de transmission.

En fait la dispersion chromatique entraîne deux pénalités via l'élargissement temporel des
impulsions [ix]
Q un recouvrement temporel des pulsations qui conduit à l'ISI
Q l'élargissement de l'impulsion dans le domaine temporel signifie une réduction de
la largeur spectrale de l'impulsion dans le domaine fréquentiel et donc une
augmentation de l'EIN et une diminution du SNR.

Figure 0-5: illustration de l'élargissement de l'impulsion et de la diminution simultanée


du rapport signal sur bruit dus à la dispersion chromatique dans une transmission
effectuée en spectrum slicing [ix].

Il y a donc un compromis à trouver sur la largeur spectrale du slice pour minimiser les
pénalités dues à la dispersion et à l'EIN.

229
Annexes

Les courbes de simulation de la Figure 0-6 [ix] illustrent ce compromis en regardant les
pénalités obtenues en fonction de la largeur spectrale du slice pour différentes distances de
propagation.
Ces simulations ont été obtenues en négligeant le bruit de grenaille par rapport au bruit du
récepteur, si bien que la variance du bruit est constante, ce qui est typique pour une PIN.
Dans le cas d'une APD, le bruit de grenaille n'est plus négligeable et peut être intégré en
l'approximant comme une source de bruit gaussien et en ajoutant à la variance de bruit du
récepteur la variance du bruit de grenaille, proportionnelle à i0 [ix].
Un taux d'extinction parfait est pris en hypothèse, il faut donc s'attendre à des pénalités
supérieures en réalité.

Figure 0-6: pénalités en puissance requises pour maintenir un TEB de 10-9 en fonction
de la largeur spectrale du signal pour une transmission à à 1,25Gbit/s sur 0, 10, 20, 30
et 40 km de SMF. Le spectre optique du signal est gaussien et centré à 1550nm [ix].

Il existe un optimum sur les courbes à partir de 20km. Pour cette distance la largeur
spectrale optimum est 1 nm et la pénalité est inférieure à 2 dB. Plus la distance augmente et
plus la largeur optimale diminue et la pénalité pour cette valeur augmente à cause de l'EIN
qui augmente. Pour 40 km l'optimum se trouve aux alentours de 0.5 nm et la pénalité est
supérieure à 3dB

Il apparaît qu'au dessous de 0.3nm de largeur spectrale, la pénalité augmente de façon


exponentielle due au bruit d'intensité en excès.

Pour une distance de transmission donnée, il est montré qu'une forme de filtre gaussienne
donne de meilleures performances qu'une forme Lorentzienne. La forme Lorentzienne est
certes de largeur à mi-hauteur plus faible que la forme gaussienne mais la "queue" de la
Lorentzienne est plus marquée que celle de la gaussienne, ce qui implique des pénalités
supérieures dues à la dispersion.

Les courbes de la Figure 0-7 représentent la pénalité en fonction de la distance de


transmission pour différents débits en prenant à chaque fois la largeur spectrale optimale du
slice. Les lignes en pointillés prennent en compte un taux d'extinction de 1/15 soit 11.75 dB.

230
Annexes

Figure 0-7: pénalité en puissance minimum qui peut être obtenue (en utilisant les
largeurs spectrales optimales de la Figure 0-6) en fonction de la distance de
transmission à des débits de 622, 1244 et 2488 Mbit/s pour des taux d'extinctions infini
(traits pleins) et 1/15 (traits pointillés) avec une forme gaussienne.

Ce graphique montre que la pénalité augmente rapidement avec le débit. C'est la dispersion
chromatique qui est le paramètre pénalisant. Si à 622Mbit/s il est possible d'effectuer 100km
de transmission avec seulement 3 dB de pénalités, à 2.5Gbit/s, la pénalité est déjà
supérieure à 3dB pour 10 km.
Ce graphique montre l'importance d'avoir un bon taux d'extinction pour limiter le bruit sur les
zéros et donc limiter les pénalités.

La publication [xiii] propose une expression donnant la pénalité due à la dispersion.

L'élargissement de l'impulsion induit par la dispersion affecte les performances du récepteur


de deux manières. Premièrement, une partie de l'énergie de l'impulsion s'étale au-delà du
slot temporel alloué et entraîne de l'interférence entre symboles (ISI). En pratique le système
est conçu pour minimiser les effets de l'ISI. Deuxièmement, l'énergie du pulse à l'intérieur du
slot temporel est réduite lorsque le pulse s'élargit. Une diminution de l'énergie du pulse réduit
le SNR au circuit de décision. Comme le SNR doit rester constant pour maintenir les
performances du système, le récepteur exige une puissance moyenne supérieure. C'est
l'origine de la pénalité en puissance Pd induite par la dispersion. Un calcul exacte de Pd est
difficile car il dépend de beaucoup de détails comme l'extension de la forme du pulse au
niveau du récepteur. Une estimation est obtenue en considérant l'élargissement d'une
impulsion gaussienne. Après transmission l'impulsion reste gaussienne mais sa puissance
pic est réduite d'un facteur fd. La pénalité en puissance Pd est définie comme l'augmentation
de la puissance (en dB) en réception qui compenserait la réduction de la puissance pic.

L'hypothèse est prise que l'impulsion optique d'entrée T(t) a une distribution gaussienne avec
une largeur spectrale RMS τ

1  (t − t 0 ) 2 
T (τ ) = exp− 
τ 2π  2τ ² 
où t0 est l'instant de décision. La puissance totale est normalisée à 1.

Après propagation dans la fibre de longueur L, l'impulsion de sortie est élargie à cause de la
dispersion chromatique D(λ). L'élargissement de l'impulsion ∆τ est donné par
∆τ = LσD(λ )

231
Annexes

où σ est la largeur spectrale RMS. En considérant que la puissance totale du pulse est
constante, la forme d'onde du pulse de sortie peut s'écrire de la façon suivante:
avec τ'² = τ² + ∆τ²

1  (t − t 0 ) 2 
T (τ ) = exp − 
2π (τ ² + ∆τ ²)  2(τ ² + ∆τ ²) 

La pénalité Pd est définie comme la puissance de signal supplémentaire nécessaire pour


compenser la réduction de la hauteur du pulse due à l'élargissement du pulse.

 T ' (t 0 ) 
Pd = −10 log[ f b ] = −10 log  
 T (t 0 ) 
τ '  T ' (t 0 )   ∆τ   LσD(λ ) 
2 2

fb = =  = 1+   = 1+  
τ  T (t 0 )   τ   τ 
L'interférence entre symboles ISI est minimisée quand le débit BR est tel que
4 BR τ' ≤ 1,
c'est-à-dire que peu d'énergie de l'impulsion se retrouve en dehors du slot temporel. En
prenant τ' = BR / 4, et en remplaçant τ par τ' / fb :
f b = 1 + (4 LσD(λ ) BRf b ) d'où f b =
2 2 2 1
1 − (4 LσD(λ ) BRf b )
2

ce qui donne

Pd = −5 log[1 − (4 LσD(λ ) BR )² ]

où BR est le débit.

On peut tirer de cette équation la distance Lmax atteignable pour une pénalité inférieure à 1dB.

1dB = −5 log[1 − (4 LσD(λ ) BR)² ]


⇒ 2 = −10 log[1 − (4 LσD(λ ) BR)² ]
⇒ −2 = 10 log[1 − (4 LσD(λ ) BR)² ]
⇒ 10 −0.2 = 1 − (4 LσD(λ ) BR)²
1 − 10 −0.2 0 .6 0.36
⇒L= = ≅
4σD(λ ) BR 4 ⋅ 0.426 ⋅ ∆λD(λ ) BR ∆λD(λ ) BR
( σ = 0.426 ⋅ ∆λ )

avec ∆λ la largeur à mi-hauteur.

Pour une pénalité de 3dB:

232
Annexes

3dB = −5 log[1 − (4 LσD(λ ) BR)² ]


⇒ 6 = −10 log[1 − (4 LσD(λ ) BR)² ]
⇒ −6dB = 10 log[1 − (4 LσD(λ ) BR)² ]
⇒ 10 −0.6 = 1 − (4 LσD(λ ) BR)²
1 − 10 − 0.6 0.86 0.51
⇒L= = ≅
4σD(λ ) BR 4 ⋅ 0.426 ⋅ ∆λD(λ ) BR ∆λD(λ ) BR

1000

100
Largeur spectrale en GHz

10
SNR 20dB
SNR>20dB disp 100km - 1dB
disp 20 km - 1dB
1

0,1

0,01
1 10 100 1000 10000
Débit en MBit/s

Figure 0-8: représentation des limites du spectrum slicing en fonction du débit et de la


largeur spectrale du signal. La zone est délimitée en bas par le SNR de 20 dB et en
haut par les limites de dispersion pour des distances de transmission de 20 et 100 km
avec une pénalité maximum de 1dB.

La Figure 0-8 représente les limites du spectrum slicing. La zone de fonctionnement est
bornée par la limite du SNR (>20 dB) et par la limite de dispersion (pour 20ps/nm/km) pour
des ditances de transmission de 20 km et 100 km. Avec du WDM très dense, c'est-à-dire un
espacement en longueur d'onde de moins de 25 GHz, un débit de 100 Mbit/s peut être
réalisé sur 100 km.

La Figure 0-9 et la Figure 0-10 donnent les pénalités du spectrum slicing en fonction de la
largeur spectrale et de la distance de transmission à un débit de 1.25 Gbit/s.

233
Annexes

10

7
10 km

pénalité (dB)
6
50 km
5
1 km
4 5 km
3 20 km
100 km
2

0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
largeur du slice (nm)

Figure 0-9: pénalité du spectrum slicing en fonction de la largeur spectrale pour


différentes distances de transmission à 1.25 Gbit/s

5
pénalité (dB)

4
0,4 nm
1 nm
3

0
0 20 40 60 80 100 120
distance en km

Figure 0-10: Pénalité du spectrum slicing en fonction de la distance de transmission


pour des largeurs spectrales de 0.4 nm et 1 nm à 1.25 Gbit/s.

234
Annexes

Références Annexes

|i] "Optical Carrier Supply Module using Flattened Optical Multicarrier Generation Based On Sinusoidal
Amplitude and Phase Hybrid Modulation" de M. Fujiwara, M. Teshima, J-I Kani, H. Suzuki, N.
Takachio and K. Iwatsuki, JLT vol21, N11, Nov 2003.

[ii] "More than 1000 channel optical frequency chain generation from single supercontinuum source
with 12.5GHz channel spacing" de H. Takara, T. Ohara, K. Mori, K. Sato, E. Yamada, Y. Inoue, T.
Shibata, M. Abe, T. Morioka and K-I. Sato. Electronics Letters, Volume 36, Issue 25, 7 Dec. 2000
Page(s):2089 - 2090

[iii] www. Blazephotonics.com

[iv] "Multifrequency lasers ans applications in WDM networks", M. Zirngibl, IEEE Communications
magazine, Decembre 1998, page 39

[v] "16-channel x 1,25 Gbit/s external cavity laser module for WDM PON OLT source by silica PLC
hybrid integration", S.H. Oh (ETRI) , poster at ECOC 2005, Volume 3, 25-29 Sept. 2005 Page(s):505
- 506 vol.3

[vi] "Tunable VCSEL", Connie J. Chang-Hasnain, IEEE Journal on Selected Topics in Quantum
Electronics, vol.6, n°6, Nov./Dec.2000

[vii] "transmission characteristics of arrayed waveguide NxN wavelength multiplexer", H. Takahashi,


JLT vol13, p447 mars 1995

[viii] "Spectrum sliced fiber amplifier light source for multichannel WDM applications", J.S. Lee, Y.C.
Chung and D.J. DiGiovanni, Photonics Technology Letters, vol. 5, Dec 1993

[ix] "Transmission Performance of high Bit rate spectrum sliced WDM systems", Graem J., Pendock
and David D. Sampson, JLT, Vol. 14, n°10, oct 1996

[x] "Intensity stabilisation of spectrum sliced gaussian radiation based on amplitude squeezing using
semiconductor optical amplifiers with gain saturation", Katagiri, Y.; Suzuki, K.; Aida, K.;Electronics
Letters, Volume 35, Issue 16, 5 Aug. 1999 Page(s):1362 - 1364

[ xi ] "Highly Gain-Saturated GaInAsP/InP SOA Modulator For Incoherent Spectrum-Sliced Light


Source", F. Koyama, Indium Phosphide and Related Materials, 2000. Conference Proceedings, 14-18
May 2000 Page(s):439 - 442

[xii] "Reflective SOAs for spectrally sliced WDM PONs" Healey P. and al., OFC 2002, 17-22 Mar 2002
Page(s):352 - 353

[ xiii ] "Super dense WDM transmission of spectrum sliced incoherent light for wide area access
network", akimoto, kani, JLT, vol.21, Nov 2003

235
Acronymes

Acronymes

ADSL: asymmetrical digital subscriber line


ATM: Asynchronous Transfert Mode
AWG: arrayed waveguide grating
ASK: amplitude shift keying
ASE: amplified spontaneous emission
B-PON: Broadband Passive Optical Network
CAPEX: Capital Expenditure
DBR: Distributed Bragg Reflector laser
DCF: dispersion compensation fibre
DFB: Distributed FeedBack laser
DSF: dispersion shift fibre
DSLAM: Digital subscriber line access multiplexer
EAM: electro-absorption modulator
EDC: electronic dispersion compensation
EDFA: Erbium doped fibre amplifier
EML: Electro-absorption Modulated Laser
E-PON: Ethernet passive Optical Network
FEC: Forward error code
FP: Fabry-Pérot laser
FSAN: Full service access network
FSK: frequency shift keying
FSR: free spectral range
GC-SOA: Gain-clamped Semiconductor optical amplifier
G-PON: Gigabit Passive Optical Network
IEEE: Institute of Electrical and Electronics Engineers
IL-FP: Injection-locked Fabry-Pérot laser
ISL: intervalle spectral libre
ITU: International Telecommunication Union
LED: light emitting diode
MEA: modulateur à électro-absorption
MIE: multiplexeur à insertion-extraction
NRZ: non return to zero
OADM: optical add-drop multiplexer
OCDMA: optical Code division multiplexing access
OLT: optical line termination
ONT: optical network termination
ONU: optical network unit
OOK: on-off keying
OPEX: Operational expenditure
PDFA: Praseodymium doped fibre amplifier
PSK: phase shift keying
RSOA: reflective semiconductor optical amplifier
RZ: return to zero
SFP: Small Form-factor Pluggable module
SLD ou SLED: super-luminescent (light emitting) diode

236
Acronymes

SDH: Synchronous digital hierarchy


SOA: semiconductor optical amplifier
TDM(A): Time Division Multiplexing (Access)
VCSEL: Vertical Cavity Surface Emitting Laser
VDSL: Very high bit rate DSL
WDM(A): Wavelength Division Multiplexing (Access)
WGR: Waveguide grating router
XFP: 10G small Form-factor Pluggable module
XGM: Cross gain modulation
XPM: Cross phase modulation

237
Acronymes

238
Publications

Publications personnelles
Q F. Payoux, P. Chanclou, J. Briand, R. Brenot, "Architecture de réseau d'accès optique
WDM," Journées Nationales d'Optique Guidée 2005, article JNOG9-1, Chambéry,
France, novembre 2005

Q F. Payoux, P. Chanclou, M. Moignard, R. Brenot, "Gigabit optical Access using WDM


PON based on Spectrum Slicing and Reflective SOA," European Conference on Optical
Communications 2005, paper We3.3.5, Glasgow, UK, September 2005

Q N. Genay, P. Chanclou, R. Brenot, M. Moignard, F. Payoux, "Colourless ONU Modules in


TDM-PON and WDM-PON Architectures for Optical Carrier Remote Modulation,"
European Conference on Optical Communications 2005, paper Tu1.3.6, Glasgow, UK,
September 2005

Q F. Payoux, P. Chanclou, M. Moignard, R. Brenot, "WDM PON based on spectrum slicing


and reflective SOA," 10th Conference on Networks and Optical Communications 2005,
London, July 2005

Q F. Payoux, T. Soret, P. Chanclou, R. Brenot, "Demonstration of a RSOA-based


wavelength remodulation scheme in 1.25 Gbit/s bidirectional hybrid WDM-TDM PON,"
Optical Fiber Communication conference 2006, paper OTuC2, Anaheim (Los Angeles),
March 2006

Q Z. Belfqih, P. Chanclou, F. Payoux, N. Genay, "Colourless ONU modules with optical


carrier modulation in burst mode configuration", International Conference on Access
Technologies, Cambridge (UK), June 2006

Q Z. Belfqih, P. Chanclou, F. Payoux, N Genay, "Colourless ONU module with remote


modulation of an optical carrier in burst mode configuration, European Conference on
Optical Communications 2006, Cannes, September 2006

Q F. Payoux, P. Chanclou, R. Brenot, " WDM PON with a single SLED seeding colorless
RSOA-based OLT and ONUs, European Conference on Optical Communications 2006,
Cannes, invited paper, September 2006

Q F. Payoux, P. Chanclou, N. Genay, R. Brenot, " WDM-PON with Colorless ONUs",


Optical Fiber Communication conference 2007, invited paper, March 2007

239
Publications

ARCHITECTURE DE RESEAU D'ACCES OPTIQUE WDM

Franck Payoux1, Philippe Chanclou1, Jacky Briand1, Romain Brenot2


1
France Telecom Division Recherche et Développement, 2 avenue Pierre Marzin 22307 LANNION
2
Alcatel-Thales III-V lab, route de Nozay, 91461 Marcoussis
franck.payoux@francetelecom.com
RESUME
Nous proposons une architecture de réseau d'accès optique passif utilisant le multiplexage
en longueur d'onde (PON WDM). L'originalité réside dans la technique utilisée pour le
sens montant, qui permet d'avoir un module utilisateur (ONU) universel indépendant de
la longueur d'onde. Cette technique utilise une diode superluminescente au central et un
amplificateur/modulateur optique à semiconducteur fonctionnant en réflexion à l'ONU.
Nous présentons les résultats expérimentaux obtenus avec cette architecture
bidirectionnelle permettant de desservir 40 utilisateurs situés à une distance de 20 km du
central et d'allouer à chacun d'eux 1.25 Gbit/s.
1 Introduction
Le réseau d'accès subit actuellement une montée en débit très importante et des solutions où la
fibre optique arrive chez l'utilisateur (FTTH: Fibre To The Home) existent d'ores et déjà. Ces solutions
commerciales normalisées que constituent les PON (B-, G-, E-PON [1]) utilisent un multiplexage
temporel des données, permettant actuellement un partage maximum de 2.5 Gbit/s entre 32, 64 voire
128 utilisateurs.
Les réseaux d'accès optiques passifs utilisant le multiplexage en longueurs d'onde (PON
WDM) sont une approche prometteuse pour les réseaux de générations futures permettant de fournir 1
Gbit/s par utilisateur. L'idée de base est d'allouer une longueur d'onde différente à chaque utilisateur
après routage de celle-ci par l'intermédiaire d'un démultiplexeur.
L'inconvénient majeur du WDM réside dans le prix des composants tels que les lasers DWDM
(Dense WDM). La réalisation d'un PON WDM bas coût nécessite tout d'abord l'étude d'un ONU
achromatique. L'indépendance à la longueur d'onde du module le rend universel pour tous les
utilisateurs, vis-à-vis du routage en longueurs d'onde, ce qui favorise une production de masse et
facilite la maintenance.
Différentes techniques ont été proposées pour le sens montant telles que l'utilisation de sources
large bande pour l'émission (technique du "spectrum slicing" [2]) ou la modulation à l'ONU d'une
longueur d'onde non modulée émise du central (OLT). Ces deux techniques combinées donnent une
solution architecturale très intéressante où une source large bande de forte puissance émet de la
lumière du central. Le filtrage ("spectrum slicing") à travers un démultiplexeur permet de donner une
tranche spectrale non modulée à chaque ONU. Dans l'ONU un laser Fabry Pérot à verrouillage par
injection optique (injection-locked FP) [3,4] ou un amplificateur à semiconducteur réflectif (R-SOA)
permet la modulation de cette tranche spectrale avec les données montantes [5,6].
L'inconvénient des solutions proposées dans [3,4,5,6] est le fort niveau de puissance exigé à
l'émission du coté OLT ainsi que la dépendance à la polarisation des composants.
Nous proposons une architecture bidirectionnelle semblable à [5,6] avec un R-SOA insensible
à la polarisation et avec une faible puissance optique injectée. Le R-SOA module le signal optique
jusqu'à 1.25 Gbit/s, l'amplifie et le renvoie dans la fibre. La faible puissance d'injection nécessaire
permet d'utiliser une simple diode superluminescente (SLED) au central, partagée entre tous les
utilisateurs. Nous présentons les résultats expérimentaux obtenus avec cette architecture permettant un
débit symétrique de 1.25 Gbit/s pour chacun des 40 utilisateurs sur une distance de propagation de 20
km. L'apport d'un code correcteur d'erreurs sur cette architecture est également étudié
expérimentalement.
2 Architecture de WDM
La figure 1 présente l'architecture du PON WDM proposée.

240
Publications

Tx_1 SLED 10km

10km
Rx
3dB
Tx_N
Mux
Mux
Rx_1 RSOA
SR

Rx_N OLT C/L band filter ONU

Figure 11: architecture de PON WDM


La séparation des signaux montants et descendants est effectuée en utilisant deux bandes de longueurs
d'onde. Le multiplexeur utilisé dans l'architecture pour répartir spatialement les longueurs d'onde est
un AWG (Array Waveguide Grating) qui a des propriétés cycliques, ce qui permet de faire passer par
un même port plusieurs longueurs d'onde espacées d'un nombre entier de fois l'Intervalle Spectral
Libre (ISL). Il est donc possible d'allouer deux longueurs d'onde par utilisateur sur un lien
bidirectionnel avec un seul AWG au niveau du Sous Répartiteur (SR). Le RSOA utilisé pour le sens
montant fonctionne dans la bande C, les signaux dans le sens descendant sont donc émis par des lasers
DWDM dans la bande L. Le sens descendant n'est pas problématique car le budget optique sur 20 km
n'est pas important. Nous nous concentrons donc sur le sens montant. Pour le sens montant une SLED
émet une puissance optique de 16 dBm au central, ce qui donne une densité spectrale de puissance de
-10dBm/0.1nm sur l'ensemble de la bande C. Après "hachage" à travers l'AWG (espacement de 100
GHz entre canaux et largeur spectrale des canaux de 50 GHz), transport sur 20 km de fibre, et passage
à travers un coupleur 3dB et un filtre de bande C/L, la puissance injectée dans le RSOA est environ
-25dBm. Le gain du RSOA augmente avec le courant d'alimentation et vaut environ 17 dB pour un
courant de 50 mA. Il dépend de la longueur d'onde et ne change que de 0,5 dB avec la polarisation. Le
signal modulé et amplifié est renvoyé dans la fibre, multiplexé avec les autres signaux montants puis
propagé jusqu'à l'OLT où les signaux sont démultiplexés pour être détectés séparément.
3 Résultats expérimentaux
Les résultats expérimentaux pour une transmission de 20 km sont présentés sur les figures suivantes:
la figure 2(a) donne l'évolution des performances en TEB en fonction du courant d'alimentation du
SOA à 1550 nm et la figure 2(b) présente les courbes de TEB en fonction de la longueur d'onde pour
un courant de 50 mA. Les paramètres suivants sont utilisés: 20 km de transmission, puissance
d'injection de -25 dBm, 40 mA d'amplitude de modulation.
1E-03
1E-03
1E-04 1E-04
1E-05 1E-05
55mA
1E-06 1E-06 1530 nm
52,5mA
BER

1E-07 1540 nm
TEB

1E-07 50mA
1E-08 1550 nm
1E-08
48,5mA
1560 nm
45mA 1E-09
1E-09
1E-10
1E-10
1E-11
1E-11 1E-12
-33 -31 -29 -27 -25 -32 -30 -28 -26 -24
Pow er (dBm) Puissance (dBm)

Figure 12: (a) évolution des courbes de TEB en fonction du courant d'alimentation du R-SOA, (b) courbes
de BER en fonction de la longueur d'onde

241
Publications

La figure 2(a) montre une amélioration de la sensibilité avec


l'augmentation du courant mais il y a apparition d'un palier à
7.10-9 pour un courant de 55mA. Il y donc un compromis à
trouver entre le gain supplémentaire apporté par une
augmentation du courant et l'apparition d'un bruit optique
trop grand, symbolisé par ce palier au niveau du TEB. Le
bruit optique principal provient du bruit d'intensité optique
(EIN: Excess Intensity Noise) de la SLED qui donne une
distribution très large sur les "1". Le RSOA apporte du bruit
d'ASE, mais amplifie également le bruit de la SLED. A la Figure 224: diagramme de
réception il faut encore ajouter les bruits de battement. Le l'œil optique du signal
rapport signal sur bruit optique n'est pas modifié par le montant avec histogramme
courant du R-SOA, le niveau des bruits de battement paraît
donc important. La figure 3 montre le diagramme de l'œil optique du signal montant.

La figure 2(b) montre la transmission sans erreur (TEB < 10-9) pour toute la bande C sur 20 km. Avec
un espacement entre longueurs d'onde de 100GHz, environ 40 longueurs d'onde sont utilisables.
Des mesures expérimentales supplémentaires ont montré que la pénalité due à la transmission
bidirectionnelle dans la fibre est négligeable.
4 Apport du FEC sur l'architecture
1E-02 La figure 4 montre les courbes de BER obtenues avec
1E-03
sans FEC et sans FEC (RS 255), sur une architecture de 20 km,
1E-04

1E-05
avec FEC
avec un débit de 622 Mbit/s, un courant de 60 mA et