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jkhkjhkjhkjhkjhkj La schizophrénie

un trouble psychique sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Ce trouble apparaît
généralement au début de l'âge adulte environ entre 15 et 30 ans et affecte environ 1 % de la population. Comme
les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie,
c'est-à-dire que la personne qui en souffre n'a pas conscience de sa maladie (en tout cas pendant les périodes
aiguës). Cette particularité rend difficile l'acceptation du diagnostic par la personne schizophrène et son adhésion à
la thérapie médicamenteuse.
Les symptômes les plus fréquents en sont une altération du processus sensoriel (hallucination) et du
fonctionnement de la pensée (idées de référence, délire). La personne avec schizophrénie peut entendre des voix
qui la critiquent ou commentent ses actions. Elle peut aussi percevoir des objets ou des entités en réalité absents.
Elle peut accorder à des éléments de l'environnement des significations excentriques ou croire qu'ils ciblent sa
personne, en dehors de tout lien logique. Typiquement, la personne schizophrène a l'impression d’être contrôlée
par une force extérieure, de ne plus être maître de sa pensée ou d'être la cible d'un complot à la finalité mal
circonscrite.
La schizophrénie s'accompagne aussi généralement d'une altération profonde du fonctionnement cognitif et social,
de l'hygiène, de la régulation des émotions, de la capacité à entreprendre ou planifier des actions centrées sur des
buts. L'espérance de vie des personnes touchées est estimée inférieure de 12 à 15 ans à l'espérance de vie
moyenne, à cause du risque plus élevé de problèmes de santé (lié à la pathologie ou à son traitement) et d'un plus
fort taux de suicide (risque absolu de 5 %1,2,3,4). Cette pathologie peut évoluer favorablement dans un délai plus ou
moins long.
Ses sous-types reconnus sont les schizophrénies simple, hébéphrénique,
paranoïde, schizoaffective et catatonique.
Les causes de la schizophrénie et les facteurs provoquant ou précipitant les phases aiguës sont encore mal
comprises. La piste de la prédisposition héréditaire est bien documentée, mais il est assez certain que d'autres
facteurs doivent entrer en interaction avec cette prédisposition pour faire éclore la maladie. Une perturbation du
développement fœtal au second trimestre de la grossesse est fortement suspectée. Il apparaît que lorsque les
défenses immunitaires de la mère sont sollicitées, lorsqu'elle est victime d'une malnutrition ou d'un important choc
émotionnel durant cette période, cela augmente significativement le risque que son enfant développe une
schizophrénie à l'âge adulte. Chez la personne schizophrène elle-même, la consommation de drogues et
l'exposition à des stimulations sociales ou émotionnelles invasives précipitent les phases aiguës de la maladie.
La schizophrénie est couramment traitée par la prise de médicaments antipsychotiques (neuroleptiques) qui
préviennent les phases aiguës ou diminuent l'intensité des symptômes. Certaines formes de psychothérapie et de
soutien éducatif sont souvent prodiguées parce qu'elles favorisent aussi le maintien de la personne sur le marché
du travail et dans la communauté. Dans les cas les plus sévères — lorsque l'individu présente un risque pour lui-
même ou pour les autres —, une hospitalisation sans consentement peut être nécessaire. De nos jours, les
hospitalisations sont moins longues et moins fréquentes qu'elles ne l'étaient auparavant5. Cependant, seule une
petite minorité de personnes souffrant de troubles mentaux adopte un comportement dangereux pour les autres.

Le terme « schizophrénie »
Confusion avec le sens commun
La schizophrénie se traduit par des contours incertains de la personnalité, voire une incertitude pour délimiter son
corps physiquement. Il s'agit d'une approximation dans le discernement des contours identitaires, cernés avec
difficulté, et non pas d'une dissociation de l'esprit en plusieurs parties.
Ainsi, la schizophrénie ne doit pas être confondue avec le phénomène de personnalités multiples, qui peut
concerner plutôt les troubles dissociatifs de l'identité. L'amalgame est pourtant courant, et le
terme schizophrénie (ou ses dérivés) est souvent utilisé familièrement à tort, notamment dans les médias ou le
cinéma, pour désigner une entité aux facettes multiples, parfois antagonistes, ou un tiraillement entre des propos
contradictoires.
Ce mot schizophrène, créé en 1913 comme nom et adjectif, bien qu’expressément scientifique, est entré dans le
langage commun, et a été abrégé péjorativement en « schizo », nom et adjectif, vers 19608.

Paranoïde et paranoïaque
Le terme paranoïde est souvent associé au nom de schizophrénie et décrit un délire riche, voire créatif9, illogique et
le plus souvent incompréhensible. Il ne faut pas le confondre avec un délire paranoïaque, plus organisé et plus
construit.
Symptômes
Développement
La schizophrénie se développe le plus souvent entre la fin de l'adolescence et le début de la vie adulte10, période
durant laquelle se développe le comportement social d'un individu11. Chez 40 % des hommes et 23 % des femmes,
la schizophrénie se déclare avant l'âge de 19 ans12. Les troubles cognitifs sont souvent les premiers symptômes qui
apparaissent chez la personne atteinte de schizophrénie. Ce sont des symptômes annonciateurs13 :

 troubles d’attention, de concentration, manque de tolérance à l’effort : la personne atteinte prend du temps à
répondre aux questions, à réagir aux situations demandant une réponse rapide. Elle n’est plus capable de
suivre ses cours, de se concentrer sur un film ;
 troubles de mémoire : la personne atteinte de schizophrénie oublie de faire des tâches de la vie quotidienne
(faire ses devoirs, aller à ses rendez-vous). Elle a de la difficulté à raconter ce qu’elle lit, à suivre une
conversation. Sa mémoire autobiographique est affectée : elle oublie plusieurs moments de son histoire
personnelle. La mémoire de travail de l'individu fonctionne plus difficilement : il est incapable d'effectuer
plusieurs tâches en même temps en se souvenant où il en est dans chacune d’elles ;
 troubles des fonctions exécutives : les fonctions exécutives sont essentielles à tout comportement dirigé,
autonome et adapté, comme préparer un repas. La personne atteinte a de la difficulté à organiser et anticiper
les gestes nécessaires à la réalisation d’une tâche, à anticiper les conséquences. Elle manque de planification,
d’organisation des séquences d’actions pour réaliser un but et manque également de flexibilité, de
discernement, de vérification, d’autocritique.
Ces premiers troubles entrainent progressivement des difficultés de socialisation chez la personne atteinte,
provoquant un retrait social. Ils entrainent également le développement de signes moins spécifiques de la
schizophrénie, comme une irritabilité, une dysphorie14, ou une maladresse15, durant cette phase prodromique.
Ces symptômes annonciateurs peuvent être présents de façon isolée ou associée et, bien qu’ils se présentent en
premier, ils persisteront plus longtemps que les symptômes aigus.

Classification des symptômes


Les schizophrénies sont caractérisées cliniquement par la dissociation psychique et la présence, en proportion
variable, de symptômes dits positifs et négatifs16. Cette classification a été introduite par la neuropsychiatre
américaine Andreasen dans les années 198017,18.
Les symptômes de la schizophrénie sont connus depuis le début du XXe siècle. Cependant, grâce aux travaux
importants de Andreasen19,20, il est aujourd'hui convenu de distinguer les symptômes positifs excédentaires
(hallucination, délire, agitation) des symptômes négatifs déficitaires (apathie, anhédonie, etc.) de cette maladie. La
recherche sur les causes et le pronostic de la maladie montre qu'il est même pertinent de distinguer les formes de
schizophrénie à prédominance de symptômes négatifs (déficitaires) de ceux à prédominance de symptômes
positifs (excédentaires)21,22.
Symptômes positifs
Les symptômes positifs (ou excédentaires) sont les symptômes qui s'ajoutent à l'expérience de la réalité et aux
comportements habituels et qui ne sont pas ressentis normalement par les individus non malades : c’est leur
présence qui est anormale. Ces symptômes se manifestent habituellement au début de l'âge adulte, entre dix-sept
et vingt-trois ans chez les hommes et entre vingt et un et vingt-sept ans chez les femmes. Ils répondent
généralement bien aux traitements pharmaceutiques23. Ces symptômes sont ajoutés au fonctionnement normal de
l'individu (ils sont en plus). Le terme « positif » ne veut pas dire qu'ils soient de bons ou de mauvais pronostics.
Tout d'abord, la personne schizophrène a des hallucinations, celles-ci pouvant impliquer l'ensemble des sens. Les
plus courantes sont des hallucinations auditives, sous la forme de voix imaginaires, souvent étranges ou
persécutrices. En complément, la personne présente des accès de délires, des erreurs de jugement logique. Elle
s'imagine que la personne qui la regarde ou qui la croise dans la rue est là pour l'espionner. Elle se sent surveillée,
persécutée, en danger ou croit que la télévision lui envoie des messages. Elle est convaincue d’avoir le pouvoir
d'influencer les événements dans le monde, d'être contrôlée par une force extérieure ou que d'autres individus
peuvent lire dans ses pensées. Les hallucinations sont d'ailleurs couramment en relation et viennent renforcer ces
idées délirantes23.
La schizophrénie entraîne une déréalisation (impression d'étrangeté du monde, qui paraît irréel, flou, qui manque
de sens) ou une dépersonnalisation (impression d'étrangeté face à soi-même).
La personne présente, de plus, des troubles cognitifs regroupés sous le terme de désorganisation ou troubles du
cours de la pensée24. Ce dernier point peut aller de la perte du cours de sa pensée ou de ses idées, avec des
phrases sans liens évidents, jusqu'à des suites de mots complètement incohérentes dans les cas les plus sévères
(symptôme de schizophasie ou phénomène du « coq à l'âne »). Cette désorganisation de la pensée se manifeste
par une difficulté à rester concentré sur un raisonnement ou sur une conversation, à diriger ses pensées vers un
but, par une suggestibilité, une pensée tangentielle (qui veut simplement dire que la personne fuit une conversation
ou une réponse à une question posée), de la difficulté à associer des idées entre elles, un discours illogique. Le
malade perd le fil de ses idées. La personne atteinte peut dire des phrases sans suite ou incompréhensibles et
inventer des mots (néologisme).
Le comportement du malade est également très désorganisé, avec une incapacité à prendre des décisions et des
initiatives appropriées à la situation. Des agissements bizarres peuvent également être perçus, par exemple fermer
les stores de la maison par crainte d’être espionné, collectionner des bouteilles d’eau vides. La pensée du malade
manque de fluidité et de flexibilité. Ses discours et ses comportements sont répétitifs, rigides. Le malade a du mal à
fournir une pensée abstraite. Il a tendance à interpréter de façon erronée, ou selon des critères personnels des
concepts abstraits. Il peut avoir aussi un syndrome d'automatisme mental (vol de pensée ou idées imposées par
exemple). Il peut rencontrer de graves difficultés lorsqu'il essaie d'aborder de nouveaux sujets de conversation ou
d'adopter de nouveaux comportements auxquels il n'est pas habitué.
Symptômes négatifs
Les symptômes négatifs (ou déficitaires) sont ainsi dénommés car ils reflètent le déclin des fonctions cognitives
normales et se traduisent par une altération des fonctions cognitives complexes d'intégration : altération des
fonctions mnésiques, difficultés de concentration, pauvreté du langage spontané, du comportement
moteur : aboulie, amimie, apragmatisme, mais aussi du fonctionnement social ou émotionnel : altération de la vie
en relation, abrasion des affects et de la motivation (athymhormie) ou encore une absence de plaisir (anhédonie).
À l'inverse des symptômes positifs, les symptômes négatifs sont beaucoup plus résistants aux traitements
médicamenteux actuels25. Les traitements non médicamenteux essayent de les cibler.
Ces symptômes négatifs ont des conséquences beaucoup plus délétères et handicapantes sur la qualité de vie des
personnes schizophrènes que les symptômes positifs et affectent plus fortement leur entourage26,27.
On recense comme symptômes négatifs28 :

 l'aboulie, qui peut être décrite comme un déficit de la volonté, une perte de la motivation causés par la maladie
et à ne pas confondre avec une paresse17,18,29 ;
 l'anergie ou perte d'énergie ;
 l'anhédonie ou incapacité à éprouver du plaisir, qui se manifeste dans les activités de loisir et également dans
la sexualité ;
 l'apathie ou incapacité à réagir ;
 l'apragmatisme qui est un déficit dans la capacité à entreprendre des actions ;
 l'incurie qui est consécutive à l'impossibilité à s'occuper de soi ;
 le désintérêt ;
 le retrait social qui se manifeste par une diminution marquée des relations interpersonnelles. La
« préoccupation autistique » décrit le malade préoccupé essentiellement par ses pensées et sensations
intérieures (introspection) et ne parvenant plus à s'intéresser à son environnement, ni à s'y adapter. Il parle tout
seul, s'isole30 ;
 un habillement atypique25 ;
 la froideur affective, souvent ressentie en présence de patients souffrant de schizophrénie, qui témoigne d'une
restriction de l'expression émotionnelle. La mimique, la gestuelle, l'intonation de la voix semblent avoir perdu
toute réactivité et modulation, un manque de réactivité. Un émoussement des affects - Diminution de
l’expression d’émotions : le visage de la personne atteinte devient inexpressif, ses inflexions vocales diminuent
(elle parle toujours sur le même ton), ses mouvements sont moins spontanés, ses gestes, moins
démonstratifs31. Des défauts dans la cognition sociale sont couramment associés à la schizophrénie32 ;
 alogie, relâchement de l'association des pensées ou difficulté de conversation, désorganisation : la personne
atteinte ne trouve plus ses mots, donne des réponses brèves et évasives et ne réussit plus à communiquer ses
idées ou ses émotions ;
 ambivalence : contradiction affective. J'aime/je déteste la même personne.
Signes primaires et secondaires
Ces signes sont dits « primaires » lorsqu'ils expriment directement le processus pathologique en cours.
Dans certains cas ces signes négatifs sont dits « secondaires » parce qu'ils sont les conséquences :

 soit d'autres dimensions de la schizophrénie (par exemple le retrait social peut être consécutif à une activité
hallucinatoire — qui est un signe positif — intense) ;
 soit l'effet iatrogène des médicaments (notamment les neuroleptiques dits « classiques » qui provoquent un état
d'indifférence psycho-motrice) ou de la prise en charge (le repli social est favorisé par l'hospitalisation au long
cours).
Évaluation
Ces manifestations constituent la dimension négative de la schizophrénie. Elles sont les conséquences du
processus pathologique de la schizophrénie. Elles ne doivent pas être considérées comme l'expression d'un trait
de caractère (comme la paresse) ou d'un refus délibéré de s'intégrer socialement, mais comme une perte de
compétences liée à la maladie.
Les symptômes négatifs sont fréquemment associés à des altérations des fonctions neurocognitives33. Les
capacités d'attention, de concentration et de mémoire sont altérées.
La présence de manifestations négatives prédominantes correspond à un sous-type de schizophrénie appelé
« hébéphrénique » (et ce uniquement dans les critères du DSM-IV-TR, les sous-types de schizophrénie ayant été
abandonnés dans le DSM.5).
Il faut faire la différence entre symptômes négatifs et la dépression qui peut être présente chez les patients
souffrant de schizophrénie. Chez le sujet déprimé, on observe un ralentissement, une anhédonie, une aboulie ou
un apragmatisme, mais il existe une humeur triste et des idées négatives sur l'avenir qui sont spécifiques. Dans ce
cas, il existe des modalités de prise en charge particulières.
Leur évolution temporelle est différente de celle des symptômes positifs34. Les symptômes négatifs évoluent
souvent au long cours. Ils répondent moins que les symptômes positifs aux traitements médicamenteux actuels et
nécessitent l'emploi de stratégies non pharmacologiques favorisant les interactions sociales et l'intégration.
Les conséquences fonctionnelles de cette dimension clinique sont très péjoratives et souvent plus importantes que
celles des symptômes positifs. Les capacités d'action et d'investissement étant réduites, les interactions sociales
étant très diminuées, le patient souffrant de schizophrénie avec une symptomatologie négative prépondérante, a
d'importantes difficultés dans les domaines de l'apprentissage et de l'activité professionnelle, ce qui renforce le
handicap et l'exclusion sociale.
Symptômes de premier rang
Le psychiatre allemand Kurt Schneider (1887-1967) répertoria les formes particulières des symptômes
psychotiques qui pouvaient, selon lui, distinguer la schizophrénie des autres psychoses35. Ils sont appelés
« symptômes de premier rang » et comprennent l'impression d’être contrôlé par une force extérieure, de ne plus
être maître de sa pensée, du vol de la pensée, de l'écho et des commentaires de la pensée, l'impression que la
pensée est transmise à d’autres personnes, la perception de voix commentant les pensées ou les actions du sujet,
ou conversant avec d’autres voix hallucinées ; ce qui est proche de l'automatisme mental défini par Gaëtan Gatian
de Clérambault dans les années 192036.
Bien qu'ils aient beaucoup apporté au diagnostic de la schizophrénie, la spécificité de ces symptômes de premier
rang est actuellement remise en cause. Une revue des études conduites entre 1970 et 2005 montre qu'ils ne
permettent pas de confirmer ou d'infirmer un diagnostic de schizophrénie. Cette revue suggère en conclusion que
ces symptômes soient moins prépondérants à l'avenir dans le système du diagnostic des maladies mentales37.

Comorbidités
Les comorbidités, ou association à d'autres pathologies, sont fréquentes dans les schizophrénies : abus
et dépendance à des substances, effets indésirables non prophylactiques de médicaments (iatrogénie), troubles
anxieux, troubles de l'humeur, pulsions suicidaires, inadaptation sociale handicapante.

Diagnostic
Les scientifiques n'ont pas réussi à trouver de biomarqueurs fiables liés à cette maladie. Le diagnostic repose
essentiellement sur l'observation clinique au long cours, parfois à l'issue de plusieurs mois d'hospitalisation.

Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques utilisés sont souvent ceux des classifications internationales : DSM-IV44 ou
la classification internationale des maladies CIM-10. Ces classifications ne prennent pas en compte (CIM-10) ou
très peu (DSM) les troubles cognitifs liés à cette maladie.
Ces critères contiennent des critères reportés par le patient de son expérience personnelle et des critères
d'anormalité dans son comportement, et cela mesuré par un professionnel de la santé mentale. Les symptômes de
la schizophrénie s'étendent sur un continuum dans la population, bien qu'il soit peu fréquent de se situer à l'état pas
tout à fait diagnostiqué[réf. nécessaire], les symptômes doivent atteindre une certaine sévérité avant que le diagnostic
soit établi. Ainsi en 2009, il n'y avait pas de test objectif.
Les critères CIM-10 sont classiquement utilisés en Europe, tandis que les critères du DSM-IV-TR sont utilisés aux
États-Unis et à différents degrés dans le monde, et sont majoritaires dans la recherche. Les critères CIM-10 mettent
plus l'accent sur les symptômes de premier rang de Schneider (en). En pratique, la corrélation entre les deux
systèmes est élevée.
.

Classification des formes


Classification française
Plusieurs formes de schizophrénie peuvent être distinguées :

 la schizophrénie simple[réf. nécessaire]. Les symptômes négatifs sont au premier plan : appauvrissement des
relations socio-professionnelles, tendance à l’isolement et au repli autistique dans un monde intérieur. Il y a peu
ou pas de symptômes délirants. Cette forme évolue lentement mais très souvent vers un déficit de plus en plus
marqué ;

 la schizophrénie paranoïde. C’est la forme la plus fréquente de schizophrénie. Le délire et les hallucinations
dominent le tableau clinique et le sujet répond le plus souvent aux traitements antipsychotiques ;
 la schizophrénie hébéphrénique. La dissociation des fonctions cognitives est prédominante. C’est la forme la
plus résistante aux thérapeutiques. Cette forme de schizophrénie touche principalement les adolescents ;

 la schizophrénie catatonique. Le patient est comme figé physiquement et conserve les attitudes qui lui sont
imposées, comme une poupée de cire. Il est enfermé dans un mutisme ou répète toujours les mêmes phrases.
Cette forme, soumise à traitement, est rarement définitive ;
 la schizophrénie dysthymique (troubles schizo-affectifs). Les accès aigus ont la particularité d’être
accompagnés de symptômes dépressifs, avec risque suicidaire, ou au contraire de symptômes maniaques.
Ces formes répondent, au moins en partie, aux traitements par thymorégulateurs (comme le lithium) ;
 la schizophrénie pseudonévrotique. Elle associe des symptômes de schizophrénie et des symptômes
importants ni schizophréniques ni bipolaires (syndrome de conversion, phobie, anxiété ou obsession) ;
 la schizophrénie pseudo-psychopathique [réf. nécessaire] ou « héboïdophrénique ». Cet état est considéré comme
un trouble à caractère pré-schizophrénique où l'adolescent a des comportements d'opposition importants
envers son entourage en présence de troubles de la pensée, phases délirantes et impulsivité. Il coexiste alors
des passages à l’acte très violents et des symptômes dissociatifs comme une grande froideur affective.
Les schizophrénies, simples, hébéphréniques et catatoniques, sont regroupées dans le groupe des schizophrénies
déficitaires.
Ils peuvent être utiles en cas de clinique atypique pour éliminer des diagnostics différentiels :

 un scanner cérébral ou une imagerie par résonance magnétique cérébrale pour éliminer une tumeur ou une
malformation ;
 des dosages de toxiques dans le cas de doute de dépendance associée ;
 un électro-encéphalographie (EEG) pour éliminer une épilepsie notamment temporale ;
 une glycémie et un ionogramme ;
 un dosage de thyréostimuline (TSH) pour éliminer une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie ;
 un bilan hépatique pour éliminer une maladie de Wilson.
Diagnostics différentiels
Plusieurs des symptômes positifs de la schizophrénie sont communs à d'autres désordres cérébraux.
Pathologies psychiatriques

 trouble bipolaire (alternance de phases maniaques (euphoriques) et de phases dépressives) le diagnostic


différentiel est aussi clinique et difficile. Cependant, de nouveaux traitements semblent agir sur ces deux
maladies ;
 trouble schizo-affectif ;
 trouble obsessionnel compulsif : les deux pathologies peuvent être associées ;
 syndrome de stress post-traumatique : on retrouve parfois des rappels du traumatisme (intrusions) ainsi que
des troubles dissociatifs, qui peuvent être confondus avec des symptômes psychotiques49 ;
 exposition à des substances toxiques (pharmacopsychose, ex. : l'exposition au cannabis) ;
 trouble de la personnalité borderline ;
 autisme : d'apparition beaucoup plus précoce (dans la petite enfance).
Pathologies non psychiatriques

 épilepsie notamment temporale ;


 tumeur du cerveau ;
 troubles endocriniens thyroïdiens ;
 encéphalite ;
 hypoglycémie ;
 trouble métabolique (hyponatrémie) ;
 maladie de Wilson ;
 hyperhomocystéinémie ;
 Niemann-Pick de type C ;
 trouble du cycle de l'urée ;
 porphyrie ;
 syndrome démentiel ;
 retard mental d'origine génétique ;
 intoxication aux métaux lourds.

Causes
Les causes précises de la schizophrénie ne sont pas encore complètement élucidées mais son origine est
définitivement organique50[réf. nécessaire] (et non purement psychologique). Les recherches scientifiques n'ont
actuellement pas identifié de cause unique mais ont identifié de nombreux facteurs de risque. De plus, la grande
variété de symptômes observés suggère qu'il pourrait y avoir différentes causes — et donc différentes maladies —
à l'origine de la schizophrénie. L'hypothèse dominante propose que c'est une combinaison de facteurs génétiques
et environnementaux qui déclenche la maladie. Les gènes impliqués sont notamment ceux liés aux systèmes
immunitaire et nerveux. Il existe une multitude de facteurs environnementaux capable d’interférer (épigénétiques,
infectieux, prénataux, obstétricaux et néonataux)10,51.

Génétique
Facteurs environnementaux
Les facteurs environnementaux associés au développement d'une schizophrénie comprennent entre autres les
conditions de vie, la prise de drogue et les stress prénataux10.
Les facteurs environnementaux semblent jouer un rôle à la fois dans l'établissement de la vulnérabilité à la maladie
durant la petite enfance, et comme facteur de déclenchement ou de rechute durant l'adolescence et l'âge adulte.
Microbiote
Compte tenu de l'importante quantité de microbes (1012 à 1014 de virus, bactéries, champignons, parasites) qui
colonisent les êtres humains après leurs naissances, les scientifiques se penchent sur l'interaction qu'ils jouent
dans l'apparition des maladies mentales comme la schizophrénie. La flore intestinale est
prépondérante : 1 à 1,5 kg. Des études mettent en avant la possibilité d'un rôle clé de ces micro-organismes dans
la pathogénie95. Une mauvaise flore endommagerait la muqueuse intestinale et nuirait à sa perméabilité laissant
passer dans le sang des molécules indésirables. Par accumulation, cet infiltrat déclencherait des inflammations
intestinales et dans d'autres organes en l’occurrence le cerveau96.
Épigénétique
De nouvelles études épigénétiques ont montré que des facteurs environnementaux pouvaient activer ou inhiber
l'expression de gènes impliqués dans la schizophrénie et le trouble bipolaire. Les gènes appelés GR24, lié au
trouble bipolaire, et le gène ZNF659, lié à la schizophrénie, pourraient être modifiés par méthylation (ou
déméthylation) sous l'influence de facteurs environnementaux comme le stress. Ces groupements chimiques fixés
sur les nucléotides de l'ADN vont moduler la transcription des gènes proches. Les gènes sont ainsi plus ou moins
exprimé selon leurs degrés de méthylation. Dans le cas de la schizophrénie, il y aurait une modification des régions
activatrices de gènes impliqués dans la réponse inflammatoire, le stress oxydatif et le guidage axonal97,98.
Prénataux
Malnutrition sévère99,100 et violent stress psychologique (deuil, détresse, grossesse non désirée)100,101,102 : survenant
au second trimestre de la grossesse elles peuvent aussi être des causes pathogènes. Par exemple, des études ont
comparé des mères finnoises ayant appris la mort de leur mari à la Guerre d'Hiver de 1939-1940, alors qu'elles
étaient enceintes, à des mères ayant appris la mort de leur mari après la grossesse. Les résultats ont montré, pour
les premières, un risque fortement accru pour l'enfant de développer la maladie à l'âge adulte101, ce qui suggère que
même un traumatisme psychologique chez la mère peut avoir un effet néfaste. Par contre, ces résultats ne
permettent pas de départager l'interaction de ces facteurs entre eux et avec la réponse immunitaire de la mère. Ce
que tous ces facteurs ont en commun, cependant, c’est de mettre en cause le second trimestre du développement
fœtal. Cette convergence invite certains auteurs103,104 à penser que le second trimestre est une période de
vulnérabilité critique pour la survenue ultérieure de la schizophrénie chez les personnes génétiquement
prédisposées à développer la maladie.

 Réaction immunitaire du fœtus : les cytokines émises par le système immunitaire pourraient être en cause, car
à des taux élevés, elles empêchent le développement normal des neurones. Quand la mère subit une infection
grippale, le placenta induirait le fœtus à produire ses propres cytokines, même si ce dernier n'est pas lui-même
en contact avec le virus. Ainsi, des études ont montré que l'interleukine 8 a notablement augmenté dans le
sang de mères ayant donné naissance à des enfants qui ont développé la schizophrénie105,106. Deux gènes qui
semblent associés au risque de schizophrénie, sont également impliqués dans la production de
cytokines[réf. nécessaire]. Cet effet de la réponse immunitaire et non de l'infection a été observée également lors
d'expérience chez l'animal, par injection d'ADN viral (déclencheur de réponse immunitaire) 107. Paradoxalement,
ces résultats posent aussi la question de la recommandation des CDC américains de vacciner les femmes
enceintes (car la vaccination provoque une réaction immunitaire, qui pourrait parfois aussi durablement agir sur
le cerveau du fœtus) et les précautions à prendre en cas de pandémie grippale.
 Incompatibilité Rhésus : suite à une primo sensibilisation de la mère lors d'une précédente grossesse (IVG,
grossesse extra-utérine), les globules rouges du fœtus sont attaqués par les anticorps maternels qui traversent
le placenta. Cela entraine une anémie hémolytique aux conséquences graves pour le fœtus. Ce trouble est
reconnue comme potentiellement schizogène108.
Les études d'adoption montrent également que l'environnement familial d'adoption n'efface pas les risques associés
aux incidents et traumatismes survenus durant la grossesse, l'accouchement ou immédiatement après la
naissance.
Obstétricaux
Les études longitudinales et rétrospectives109,110,111,112 sont les premières à avoir montré les liens entre la
schizophrénie et les difficultés survenant pendant l’accouchement. Ce genre de recherche ne permet cependant
pas de départager les liens entre les incidents obstétricaux et les facteurs héréditaires tant et si bien qu'on ne peut
pas clairement établir si les problèmes survenant à l'accouchement participent activement à l'augmentation du
risque (sont une des causes de la schizophrénie) ou simplement s'ils sont les témoins précoces de facteurs
héréditaires qui provoquent à la fois l'un et l'autre113.
On retrouve parmi ces facteurs : les hémorragies, le diabète maternel, la prématurité, le retard de croissance intra-
utérin, l'incompatibilité Rhésus, la pré-éclampsie et les malformations fœtales100. L'asphyxie périnatale est
susceptible d'augmenter le risque de schizophrénie avant l'âge de 22 ans100 (césarienne, mauvaise présentation du
bébé, malformation cardiaque, tétralogie de Fallot…).
Sociologiques

 L’instabilité familiale : des recherches longitudinales109 ont mis en évidence le rôle pathogène de l'instabilité
familiale (séparation mère-enfant ou père-enfant de plus de 1 ½ an ; une institutionnalisation de plus de 1 ½
an ; expérience d’au moins deux déménagements de foyer). Elles ont montré qu'une « sévère instabilité dans
l'environnement éducatif familial précoce » multipliait de 5 à 8 fois le risque de développer une schizophrénie à
prédominance de symptômes positifs chez les sujets présentant un risque génétique. De manière coïncidente,
l’effet pathogène de la séparation avec les parents semble cependant pouvoir être neutralisé par des mesures
d'atténuation114 telles que le placement de l'enfant au sein de la famille élargie. Les recherches comparatives
entre sujets vulnérables génétiquement ayant et n'ayant pas développé la schizophrénie à l'âge adulte115 et les
études d’adoptions116 montrent que les enfants, génétiquement à risque, se développant dans des familles
fonctionnelles ont un bien moindre risque de développer la maladie à l'âge adulte que les enfants à risque se
développant au sein de familles « perturbées ». En ce qui regarde le déclenchement de la maladie, des
recherches étiologiques117,118 ont montré que le manque de capacité des parents à établir et maintenir une
complicité avec leurs adolescents, ainsi qu'une attitude affective négative, critique, intrusive et culpabilisante
étaient des facteurs associés à un plus grand risque de développer la maladie. En ce qui concerne les facteurs
de rechute, les recherches de Vaugh & Leff119 ont montré que la qualité de la communication dans une famille,
mesurée par une échelle de qualité des émotions exprimées (EE), était un facteur de rechute pour les sujets
ayant la maladie.
 Le milieu urbain : par ailleurs, le risque de schizophrénie semble être plus élevé en vivant en milieu urbain
durant l'enfance ou l'âge adulte (augmentation d'un facteur 2environ)10,51. Cette différence se retrouve
indépendamment de la prise de drogue, du groupe ethnique et de la taille du cercle social120.
 Les origines ethniques : l'immigration et l'isolement social jouent également un rôle prépondérant et peuvent
être la conséquence de difficultés sociales, de discriminations raciales, de dysfonctionnements familiaux, d'une
absence d'emploi ou encore de basses conditions de vie ou d'hébergement51,121.
 Les traumatismes : enfin, des expériences traumatisantes et des abus subis durant l'enfance sont des facteurs
de risques d'un diagnostic de schizophrénie plus tard durant la vie de l'individu122,123.
Infectieux

 L'hypothèse d'une cause infectieuse : peut expliquer que de nombreux gènes de la schizophrénie soient liés au
système immunitaire, soit parce que ces gènes facilitent l'infection124, soit qu'ils engendrent une intolérance de
la réaction de l'hôte à l'agent infectieux. Elle permet également d'expliquer l'effet de l’évolution. C'est-à-dire
pourquoi des gènes en apparence désavantageux ont été conservés (inadaptation sociale et sélection sexuelle
désavantageuse). Les agents infectieux provoquant la schizophrénie auraient été moins présents dans les
populations précédentes ou ne s'attaquaient pas aux personnes ayant les mêmes susceptibilités génétiques.
 Virus : tous virus susceptibles d’interférer dans le développement cérébral du fœtus ou la migration neuronale
embryonnaire est un facteur de risque « schizogène »100. Les soupçons relatifs à la période prénatale sont en
grande partie tributaires des recherches épidémiologiques qui ont montré que les schizophrènes nés à la fin ou
durant la saison hivernale étaient significativement plus nombreux que ceux nés à d’autres périodes125,126, et ce,
particulièrement dans l’hémisphère nord. En 1997, une revue127 chapeautée par le Stanley Medical Research
Institute dénombrait déjà plus de 250 études à travers le monde portant sur cette seule question. Ce
phénomène saisonnier orientait tout naturellement les chercheurs vers l'exploration du rôle pathogène d'agents
infectieux et de leur interaction sur le développement fœtal. Des chercheurs128,129,130,131,132 ont ensuite très tôt mis
en évidence le lien entre l’exposition de la mère à un virus (Influenza) durant le second trimestre de sa
grossesse et le risque que son enfant développe une schizophrénie à l’âge adulte. Jusqu'à un cinquième des
cas de schizophrénie pourrait avoir pour cause une infection prénatale[réf. souhaitée], ce qui laisse entrevoir une
possibilité de prévention de ce type d'apparition de la schizophrénie133. Depuis, d'autres agents infectieux
comme l’herpès de type 1134 et les bornavirus135 ont montré la même coïncidence avec la schizophrénie. Bien
que le rôle direct des agents infectieux ait été soulevé, d'autres recherches ont plutôt orienté les soupçons du
côté de la réponse immunitaire de la mère à ces agents infectieux136,137. Les données expérimentales montrent,
en effet, que d'autres réponses immunitaires de la mère, telle que l'incompatibilité sanguine entre la mère et
son fœtus lors de grossesses successives138,139, ont une incidence sur le risque de schizophrénie chez l'enfant.
 Toxoplasmose : une forte incidence du parasite Toxoplasma gondii (responsable de la toxoplasmose) chez les
personnes atteintes de schizophrénie le rend suspect au moins au titre de facteur environnemental140. En effet,
la prévalence de la toxoplasmose est de 60 à 90 % chez les schizophrènes ou les bipolaires, contre 40 % dans
la population générale141,142,143. De plus, l'implication du parasite dans le processus schizophrène est confortée
par une amélioration sensible des symptômes lors de traitement avec des médicaments anti-toxoplasmique
comme le valproate141,142. Le mécanisme supposé serait la présence d’inflammations chroniques entretenues
par des kystes que disséminent le parasite dans certaines zones du système nerveux central, notamment ceux
producteurs de dopamine141,142. Le contrôle du parasite144 sur les cellules humaines ainsi que sa
persistance145 commencent de mieux en mieux à être connus. Le parasite affecterait le comportement des
grands singes et des souris en faveur de leurs prédateurs naturels146 : les félins. L’évolution a sélectionné cette
stratégie car le parasite y achève son cycle de reproduction dans leurs intestins. Toutefois, l'infection serait
associée exclusivement à l'éclosion des symptômes positifs excédentaires de la maladie et pas aux symptômes
négatifs déficitaires147. On estime que l'éradication de T. gondii éviterait 20 % des cas de schizophrénie148.
 Autres : dans une méta-analyse149, de nombreux autres agents infectieux ont été découverts comme
significativement associés à la schizophrénie.
Intoxication et drogues
Ina Weiner137 étudie si des neuroleptiques peuvent prévenir des schizophrénies d'origine environnementale de ce
type. Des souris exposées in utero à un agent toxique chimique qui conduit beaucoup d'entre elles à
développer150 des symptômes et des anomalies cérébrales équivalant à la schizophrénie chez l'Homme (avec des
premiers signes de déclin cognitif à la puberté, avant un développement de symptômes proches d'une
schizophrénie) ont été traitées par des neuroleptiques dès les premiers symptômes. Ce traitement les a protégées
des symptômes de type schizophrénique et de modifications cérébrales associées (ex. : diminution du poids de
l'hippocampe), qui accompagnent la schizophrénie.
Le perchloroéthylène, substance toxique utilisée dans le nettoyage à sec, augmenterait de 3,5 fois le risque de
développer des symptômes schizophréniques151.
L'intoxication au manganèse, un oligo-élément nécessaire à l'homme, toxique quand il est présent en excès, peut
se manifester dans un premier temps par des symptômes évoquant la schizophrénie152.
Beaucoup de drogues ont été associées au développement de la schizophrénie : notamment l'alcool, le cannabis,
la cocaïne et les amphétamines51. La moitié environ des personnes qui souffrent de schizophrénies ont recours à
l'usage de drogue ou à la consommation excessive d'alcool153. Le rôle du cannabis pourrait être déclencheur154,
mais les autres drogues pourraient principalement être utilisées pour gérer la dépression, l'anxiété, l'ennui et la
solitude que peuvent éprouver certains schizophrènes153,155. Elles ne seraient qu'une conséquence de la
schizophrénie et de ses comorbidités et pas une cause.
Une consommation de cannabis antérieure aux épisodes schizophréniques pourrait favoriser leur apparition.
L'augmentation du risque de trouble psychotique est dépendant de la dose consommée156.
Le risque relatif est de l'ordre de 2 à 4, ce qui signifie qu'indépendamment du degré de vulnérabilité d'une
personne, celle-ci a quatre fois plus de risque de présenter une schizophrénie que si elle ne consommait pas de
cannabis de manière régulière155,157,158,159,160. Néanmoins, d'autres études contradictoires sont
relevées161[réf. insuffisante],93,162.
Dans l'état actuel des recherches, selon l'Inserm « l’usage de cannabis apparaît donc comme l’un des très
nombreux facteurs de causalité (ni nécessaire, ni suffisant) qui accompagnent la survenue de la schizophrénie,
sans en affecter l'évolution de façon favorable, bien au contraire, ces produits aggravent certains symptômes.
Toutes les personnes exposées au cannabis ne développeront pas la schizophrénie. »163
Il est possible que les métaux lourds contenus dans le cannabis - issus de la terre dans laquelle il a poussé - jouent
un rôle dans cette corrélation164.

Traitements
Le traitement standard de la schizophrénie consiste en des traitements neuroleptiques souvent en combinaison
avec une prise en charge psychologique et sociale10. L'hospitalisation peut survenir à différents épisodes soit libre,
soit sous contrainte (en fonction de la législation). L'hospitalisation au long terme est de moins en moins fréquente
depuis 1950 avec l'apparition des traitements médicamenteux5. L'exercice physique régulier aurait un effet positif
sur la santé physique et mentale des patients165.

Traitement préventif
Il n'y a, pour l'instant, pas de programme de prévention primaire de la schizophrénie dont l'efficacité ait été
démontrée. Bien que les recherches empiriques sur l'étiologie de la maladie fournissent de nombreuses
informations utilisables pour l'établissement de programmes de prévention primaire de la maladie[réf. nécessaire], le
développement de tels programmes ne s'est pas matérialisé. Suivant certains auteurs critiques166, les mouvements
préventionnistes sont en grande partie paralysés par des débats de nature purement idéologique. La méfiance
fondamentale des préventionnistes vis-à-vis d'une recherche de causes étiologiques hors du strict champ des
causes sociopolitiques les conduirait à ignorer les acquis des recherches longitudinales dans l'élaboration de leurs
modèles. Les interventions en prévention secondaire et en prévention tertiaire (avant l'apparition des symptômes),
à la suite d'une crise psychotique, n'ont jamais révélé d'effets concluants sur le développement de la maladie à long
terme167,10. Certains auteurs estiment que tenter de prévenir le développement de la maladie chez les personnes
présentant un risque important ne serait pas conseillé168.

Traitements médicamenteux
Les neuroleptiques typiques et atypiques (également appelés antipsychotiques) sont les principaux médicaments
utilisés dans le traitement des schizophrénies ou des troubles voisins. Ils ne guérissent pas la maladie, ils
contribuent à la soigner en atténuant quelques symptômes. Ils présentent des effets secondaires dont certains sont
corrigés par des traitements dits « correcteurs ». Ils peuvent être associés à d'autres psychotropes (par
exemple : anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs). Les traitements médicamenteux sont un élément
généralement indispensable mais jamais suffisant dans des soins complexes. Le traitement est un processus long
et difficile.
Une deuxième génération de neuroleptiques a été développée, il s'agit d'antagonistes à la dopamine et à
la sérotonine ayant des effets secondaires différents. Au niveau méso-limbique, ils bloquent les récepteurs D2 (à
dopamine, il y a donc une diminution des syndromes positifs). Au niveau méso-cortical, ils empêchent la sérotonine
de se lier au récepteur 5HT2A, ce qui déclenche la production de dopamine (déficiente à ce niveau), dans le but de
faire disparaître les symptômes négatifs. Cette deuxième génération de neuroleptiques existe sous forme de
comprimés ou d'injections à effectuer à des intervalles précis.
Le soin par injection — intramusculaire — assurerait une meilleure stabilité psychique au patient que la contrainte
d'une prise quotidienne de comprimés : en effet, le produit est libéré progressivement sans que le patient n'ait (plus)
à s'en soucier et le risque d'arrêt total du soin médicamenteux - même pour une période supposée temporaire -
disparaît. Il existe, alternativement, la possibilité de poursuivre le soin médicamenteux avec usage de produit en
gouttes, ce qui permet au soigné comme au soignant de déplacer le risque qui réside dans le refus de traitement au
bénéfice d'un pacte conjoint de soin, pour mettre en place une réelle qualité de vie personnelle et sociale.
Il est primordial pour l'efficacité du soin, que le patient ait la volonté d'être pris en charge et accepte sa médication
et son mode d'administration. Le suivi du trouble schizophrénique se fait sur la durée, et suppose d'éviter la venue
de réfraction. Pour toutes ces raisons, l'injection ne peut être imposée en 'ambulatoire'.
Traitements des symptômes négatifs
La fluoxétine, la trazodone et la ritansérine (en) sont plus efficaces dans le traitement des symptômes négatifs de
la schizophrénie que les antipsychotiques seuls169.
La minocycline associée à la risperidone semble efficace dans les symptômes négatifs de la schizophrénie170.
Autres symptômes psychiatriques
Une méta-analyse montre que l'effet groupé de la prise de vitamine B (incluant les vitamine B6, B8 et B12) réduit
significativement les symptômes psychiatriques171.
Durée
Les signes continus du trouble persistent pendant au moins six mois : cette période doit inclure au moins un mois
de symptômes (ou moins en cas de traitement réussi) correspondant aux critères négatifs de type « A- ». Lorsque
les symptômes délirants sont apparus massivement et de manière brutale, et qu'ils durent en moyenne moins d'un
mois, les anglo-saxons parlent de schizophrénie aigüe quand les francophones parlent de bouffée délirante.
Formes résistantes au traitement

 La classe de neuroleptique peut être changée (un classique pour un atypique et vice et versa). En troisième
intention (c'est-à-dire après l'utilisation d'au moins deux neuroleptiques différents), le traitement peut inclure
la clozapine, un puissant neuroleptique, mais aussi le plus difficile à mettre en route car il a des effets
secondaires graves comme l'agranulocytose. En France, il a ainsi une délivrance limitée à la semaine pendant
les dix-huit premières semaines (après contrôle de la numération leucocytaire), puis toutes les quatre semaines
(28 jours) tant que dure le traitement, et demande une augmentation des doses très progressive.
Traitement non médicamenteux
La stimulation magnétique transcrânienne
La stimulation magnétique transcrânienne108 est utilisée parfois avec efficacité lorsque la maladie résiste aux
traitements chimiques (antipsychotiques). Cette technique non invasive stimule certaine zone du cerveau déprimée.
C'est aussi un moyen de lutter contre la dépression. La stimulation magnétique transcrânienne, effectuée de
manière répétée, pourrait permettre de diminuer certains symptômes du schizophrène.[réf. nécessaire]
Activité physique
L'exercice physique régulier aurait un effet positif sur la santé physique et mentale des patients165.
Électroconvulsivothérapie
Des séances d'électrochocs sont parfois administrés dans les cas particuliers de schizophrénie notamment les
formes catatoniques. L'utilisation de l'électroconvulsivothérapie(ECT)108 ou sismothérapie -électrochocs- peut être
utilisée en synergie173 avec les neuroleptiques, et ce en particulier avec la clozapine au cours des schizophrénies
résistantes. Les principaux effets secondaires sont la baisse des capacités cognitives et les pertes de mémoire (voir
le chapitre « Effets secondaires » de l'article ECT). Son utilisation n'est pas une pratique courante et il n'existe
aucun consensus sur ce traitement.
Psycho-éducation
La psychoéducation de la famille et du patient peuvent être utiles pour faciliter les relations familiales et diminuer le
handicap. Dans la francophonie, le programme le plus connu s'appelle Profamille174[réf. incomplète].
Remédiation cognitive
La remédiation cognitive175 est une technique qui s'apparente aux méthodes thérapeutiques rééducatives. Elle est
de plus en plus employée dans le traitement de la schizophrénie, en complément de l'association des
neuroleptiques et de la psychothérapie. L'utilisation de la remédiation cognitive dans le traitement de la
schizophrénie est justifiée par l'efficacité seulement partielle des autres traitements employés. Les symptômes
négatifs, la désorganisation, les troubles attentionnels et mnésiques et certains symptômes positifs résistent
fréquemment à ces traitements. De plus, des troubles attentionnels, amnésiques et exécutifs persistent souvent,
même lorsque les symptômes positifs et négatifs se sont amendés sous l'effet du traitement neuroleptique. Or ces
troubles sont à l'origine d'un handicap résiduel, gênant pour le patient qui en souffre.
En pratique, toutes les formes de remédiation cognitive employées, visent à agir sur des processus altérés, de
manière à rendre les patients plus efficients dans la réalisation de certaines tâches. Cette intervention peut être
réalisée de deux manières : soit en agissant directement sur les processus en question, soit en tentant de
développer des compétences alternatives. L'objectif est de permettre au sujet de pouvoir traiter plus efficacement
des situations élémentaires artificielles, ce qui pourra avoir un impact sur sa capacité à affronter les situations
concrètes de sa vie quotidienne.
L'efficacité de plusieurs programmes (IPT, RECOS, CRT et REHA-COM[Quoi ?]) a été validée dans la schizophrénie.
Chacun d'entre eux répond à des indications spécifiques. Le choix d'un programme dépend à la fois des déficits
cognitifs du patient, de son profil clinique et des objectifs de réinsertion qui ont été définis avec lui.
Réadaptation psycho-sociale
La littérature anglo-saxonne utilise généralement le terme de « rehabilitation » pour faire référence au processus
permettant à un individu de retrouver une fonction ou de pallier un déficit. Le terme français de « réadaptation » en
est la traduction et convient donc pour désigner ce processus d'entraînement d'habiletés pour que la personne
souffrant d'une maladie mentale collabore à des méthodes d'apprentissage en vue de développer ses capacités,
assumer ses responsabilités dans la vie et fonctionner de façon aussi active et autonome que possible dans la
société. Une littérature francophone utilise parfois dans ce même sens l'anglicisme « réhabilitation ». Toutefois, la
réhabilitation réfère plutôt à « rétablir dans ses droits […] dans l'estime publique, dans la considération
d'autrui »176 ce qui est en fait l'objectif recherché par le processus de la réadaptation : avec un travail de
réadaptation, le patient peut aspirer à la réhabilitation et au rétablissement.
Une déclaration en tant que handicap psychique est possible.
Prise en charge addictologique
Alcool
Il peut y avoir une interaction entre l'alcool et les neuroleptiques. L'alcool peut agir de manière néfaste dans le
cadre de la guérison du patient s'il est consommé de manière régulière. Le mélange des deux peut provoquer
un effet Antabuse. L'alcool intervient alors comme inducteur enzymatique du métabolisme du médicament. Chaque
médicament agit différemment avec l'alcool, du fait de la combinaison chimique différente de chaque substance. Il
est néanmoins prouvé que l'alcool et les médicaments peuvent provoquer chez le patient des troubles
psychologiques voire psychotiques du fait de la combinaison des deux. Cela aggravant donc l'état du patient et sa
stabilité dans le cadre de sa guérison. L'alcool est donc fortement déconseillé avec une prise de médicaments et
pour ceux dont les symptômes ne se résoudraient qu'avec ces derniers.[réf. souhaitée]
Cannabis
Limiter la consommation de cannabis permet de limiter les bouffées délirantes[réf. nécessaire].

Épidémiologie

Nombre d'individus atteints de schizophrénie sur 100 000 habitants en 2002[réf. obsolète]
 Aucune donnée
 ≤ 185
 185–197
 197–207
 207–218
 218–229
 229–240
 240–251
 251–262
 262–273
 273–284
 284–295
 ≥ 295