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Algèbre

Polynômes

Denis Vekemans

Solution 14 Le système n’est pas linéaire mais est symétrique en x, y, z (ce qui signifie que : [(x, y, z) est
solution] si et seulement si [(x, z, y) est solution] si et seulement si [(y, x, z) est solution] si et seulement si
[(y, z, x) est solution] si et seulement si [(z, x, y) est solution] si et seulement si [(z, y, x) est solution]).
Pour résoudre ce type de système, il est souvent intéressant de considérer x, y et z comme étant les trois
racines d’un polynôme P . Ainsi, P = (X − x)(X − y)(X − z) = X 3 − (x + y + z)X 2 + (xy + yz + zx)X − xyz.
D’après les données du système, on connaît x + y + z = 2 et xyz = − 21 mais pas xy + yz + zx. On cherche
1 1 1
donc à calculer xy + yz + zx. Si on utilise x + y + z = 12 , on obtient après mise au dénominateur commun
yz+zx+xy
xyz = 12 , puis, comme xyz = − 21 , xy + yz + zx = − 41 .
Ainsi, x, y et z, solutions du système, sont aussi solutions du polynôme P = X 3 − 2X 2 − 41 X + 12 .
En représentant graphiquement la fonction polynomiale P de R dans R, on peut se conjecturer que les
racines de ce polynôme sont − 12 , 1
2 et 2 (on peut aussi bien faire quelques essais pour observer que 2 est
racine puis compléter par le calcul). On vérifie alors P = (X + 21 )(X − 21 )(X − 2).
Ainsi, les solutions du système d’origine sont toutes les permutations possibles du triplet (− 12 , 12 , 2).

Solution 15 On peut montrer par récurrence que

(X − 1)(X − 2) . . . (X − n)
Pn = (−1)n .
n!

Pn
Solution 16 Soit Pn un polynôme de degré n vérifiant la condition Pn′ divise Pn (Pn = i=0 ai x
i et
an 6= 0).
Comme Pn′ divise Pn , il existe un polynôme Q tel que Pn = QPn′ .
Au regard du degré n de Pn et du degré n − 1 de Pn′ , on déduit que le polynôme Q est de degré 1 et on
pose Q = α(X − β).
Au regard du terme en X n de Pn et de QPn′ , on obtient que an = αnan , puis comme an 6= 0, α = n1 .
En résumé, on a obtenu :
1
Pn = (X − β)Pn′ (1)
n

Laboratoire de mathématiques pures et appliquées Joseph Liouville ; 50, rue Ferdinand Buisson BP 699 ; 62 228 Calais
cedex ; France

1
L1 Maths - Info Algèbre 2008

On obtient donc que β est racine de Pn .


En dérivant une fois l’équation (1), on obtient :
1 1
Pn′ = (X − β)Pn′′ + Pn′ (2)
n n
1
Et, on obtient (1 − ) Pn′ = n1 (X − β)Pn′′ , donc que β est racine de Pn′ .
| {z n }
6=0
En dérivant k fois l’équation (1), on obtient (d’après la formule de Leibniz, à savoir pour la dérivée kième
P
du produit de fonctions f g, (f g)(k) = ki=0 i!(k−i)!
k!
f (i) g (k−i) ) :

1 1
Pn(k) = (X − β)Pn(k+1) + kPn(k) (3)
n n
k (k) (k+1) (k)
Et, on obtient (1 − ) Pn = n1 (X − β)Pn , donc que β est racine de Pn .
n
| {z }
6=0 tant que k<n
(k)
D’où, si 0 ≤ k ≤ n − 1, on a Pn (β) = 0 et par conséquent, Pn = an (X − β)n (car β est racine de Pn
d’ordre n).

–2/2– Mathématiques