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"L’acte administratif unilatéral, un acte de puissance publique"

Première étape : comprendre le sujet.

Ce sujet associe deux notions abordées en cours. L’acte administratif unilatéral d’une
part et, d’autre part, la puissance publique. Commencez donc par définir les termes
proposés.

- Votre manuel consacre un chapitre entier à l’étude de l’acte administratif unilatéral.


Bien évidemment, il ne s’agit pas de réciter son cours, quelle que soit la qualité de votre
récitation. En quelques mots, il suffit d’indiquer ce qu’est un acte administratif unilatéral
au sein de l’activité administrative.

- La puissance publique est un terme récurrent en droit administratif, aussi bien dans le
manuel qu’en cours magistral. Il est fréquemment question de « prérogatives de
puissance publique ». C’est à dire des prérogatives, des compétences, inexistantes dans
les relations entre personnes privées. Vous l’aurez compris, cette expression est l’une de
celles qui résume le mieux ce qu’il y a de spécifique dans l’activité administrative. Un
acte de puissance publique est une décision qui manifeste la supériorité de
l’Administration sur le destinataire de l’acte. Il est imprégné de souveraineté.

- Le sujet suggère de relier ces deux notions. A vous de trouver et de développer le lien
adéquat, sans en privilégier l’une au détriment de l’autre.

Deuxième étape : délimiter le sujet.

Faut-il encore le répéter ? Vous avez ici un sujet qui met en relation deux notions ou
deux thèmes. La pire des méthodes serait de traiter successivement chacune des deux
notions ou des deux thèmes proposés. A proscrire absolument. Dans votre sujet, la
traditionnelle conjonction de coordination est remplacée par une virgule. Il s’agit de
montrer que l’acte administratif unilatéral est un acte de puissance publique. Reste à
préciser les termes de la comparaison. Pourquoi l’acte administratif constitue-t-il un acte
de puissance publique ? Dans quelle mesure? Quelles en sont les manifestations et les
conséquences ? De nombreuses pistes peuvent ainsi être inventoriées.

Ces différentes idées ayant été notées, étayées, ordonnées, il vous reste à constituer un
plan sommaire. En réalité, il s’agit davantage d’un conducteur que d’un plan définitif.
Cela vous permet de passer ensuite à l’introduction de la dissertation.

Notez bien que la rédaction de l’introduction suit l’ébauche de plan, et non l’inverse. Le
principe d’une introduction est de reproduire la démarche intellectuelle par laquelle vous
prenez connaissance du sujet, vous le comprenez et, enfin vous le traitez. Autrement dit:
délimitation du sujet, intérêt du sujet, idée directrice et annonce du plan de. Enfin, quelle
que soit la structuration retenue, éviter d’être trop descriptif. Ne pas se contenter de
reprendre les intitulés du cours magistral. Chercher un plan original et cohérent. Efforcez
vous d’insérer les termes du sujet dans les intitulés de chacune des parties.
Exemple de plan détaillé pour la dissertation:

Introduction : commencez par formuler sur votre copie les éléments de réflexion ci-
dessus évoqués, notamment la signification de l’intitulé et la délimitation du sujet.

Rappelez succinctement la définition et les caractéristiques d’un acte administratif


unilatéral, notamment par comparaison avec les actes de droit privé et les contrats
administratifs. Indiquez sommairement les fondements et les caractéristiques
intrinsèques de la puissance publique.

Ensuite, vient l’intérêt du sujet. Vous pouvez évoquer la spécificité de cette catégorie
d’actes par rapport au droit privé. Indiquez également dans quelle mesure il est
indispensable à l’accomplissement de l’activité administrative (titre du chapitre).

Votre idée directrice. Chaque étudiant aura sa propre idée directrice sur le sujet. En
réalité, celle-ci dépend de la perception de ce sujet. Mais également, et surtout, du
niveau de connaissance du cours. Plus vous connaîtrez le cours, plus vous serez en
mesure de dégager une idée directrice pertinente.

Par exemple, indiquer que l’Etat, personne morale de droit public, exerce les privilèges
de la souveraineté nationale, principe évoqué par le Préambule de la Constitution de
1958. Une autorité administrative décide au nom de l’Etat ou d’une autre personne
publique sous la forme, notamment, d’un acte administratif unilatéral. Celui-ci est donc
une manifestation de la souveraineté. Le régime juridique qui lui est applicable traduit
cette spécificité, qui tend à le différencier des autres actes émanant de l’Administration.

Cette différenciation apparaît dans les caractéristiques de l’acte, puis dans son
application.

NB: - votre annonce de plan n’est rien d’autre que la mise en forme de l’idée directrice

- pensez à introduire des références (droit écrit, jurisprudence), indispensables pour avoir la moyenne.

I. La puissance publique dans les caractéristiques de l’acte


administratif unilatéral

A. La puissance publique dans l’élaboration de l’acte administratif unilatéral

L’acte administratif unilatéral émane d’une autorité administrative. Celle-ci ne peut


intervenir que sur le fondement d’une habilitation légale. De même, l’acte est élaboré
dans des conditions de forme et de procédure encadrées par le droit public. Certaines
formalités de l’acte sont sanctionnées par le juge comme des cas d’ordre public. Ainsi de
l’absence de consultation de la Haute assemblée lorsqu’elle est prévue par la loi.
Ces spécificités expriment la puissance publique. L’acte administratif unilatéral joue un
rôle déterminant dans l’organisation des pouvoirs publics. Dans certains cas, il est
organisé par la Constitution. Il en est ainsi du décret en conseil des ministres ou de la
nomination des hauts fonctionnaires de l’Etat.

A la différence d’un acte de droit privé, l’acte administratif unilatéral doit suivre des
règles de publicité, qui conditionnent son « applicabilité » (c’est à dire la possibilité pour
l’administration de l’appliquer aux situations qu’il régit). L’acte réglementaire est publié,
l’acte individuel est publié et notifié à son destinataire.

B. La puissance publique dans le contenu de l’acte administratif unilatéral

Un acte administratif unilatéral est édicté dans un but d’intérêt général. Il apparaît dans
toutes les activités administratives.

D’abord, l’acte administratif est indispensable à l’organisation et au fonctionnement du


service public. En dehors des matières réservées à la loi, c’est sous la forme d’un acte
administratif unilatéral qu’est institué tout service public. C’est dire l’importance de son
contenu dans la prestation de service public.

De même, l’acte-type de police administrative est un acte administratif unilatéral :


l’arrêté. Pour préserver l’ordre public, l’autorité de police ne peut édicter que des actes
administratifs unilatéraux. En somme, l’acte administratif unilatéral caractérise
l’Administration du commandement. Il s’oppose à l’Administration contractante.

II. La puissance publique dans l’application de l’acte administratif unilatéral

A. La force exécutoire de l’acte administratif unilatéral

L’acte administratif unilatéral s’applique indépendamment du consentement de son


destinataire. A la différence du contrat, il bénéficie donc du privilège d’exécution d’office :
l’autorité administrative prend les mesures nécessaires pour appliquer son acte. Elle n’a
pas à rechercher le consentement du destinataire de l’acte. Si celui-ci oppose une
résistance, l’exécution forcée peut être envisagée par l’autorité administrative, dans les
conditions prévues par la loi et la jurisprudence (T. C. 2 décembre 1902, Société
Immobilière Saint Just, concl. Romieu). En dehors des cas prévus par la loi, l’exécution
forcée est justifiée par l’urgence. « Quand la maison brûle, on ne va pas demander au
juge l’autorisation d’y envoyer les pompiers » (concl. Romieu).

B. Le privilège de juridiction dans le contrôle de l’acte administratif unilatéral

Selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel, « relève en dernier ressort de la


compétence de la juridiction administrative l’annulation ou la réformation des décisions
prises dans l’exercice des prérogatives de puissance publique » (décision du 23 janvier
1987, Conseil de la concurrence). Le contrôle juridictionnel de l’acte administratif
unilatéral échappe au contrôle du juge judiciaire, « à l’exception des matières réservées
par nature à l’autorité judiciaire » (même décision). Cette soustraction aux juridictions de
droit commun s’analyse bien comme un privilège. Il est justifié par le fait que l’acte
administratif est une manifestation de la puissance publique, qui ne saurait être contrôlée
dans les mêmes conditions que les actes de droit privé.

Quant au traitement juridictionnel de l’acte lui-même, l’introduction d’un recours n’a pas
d’effet suspensif vis à vis de l’acte administratif unilatéral contesté par le requérant.
Cette solution est justifiée par le principe de séparation des pouvoirs.