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Les mesures de sûreté

Par cour sd edroit dans Cour s d e d roit p én al l e 22 Janvi er 2017 à 19:15

La sanction pénale encourue : LES MESURES DE


SÛRETÉ
Le droit pénal distingue 2 types de sanctions:
- -La peine:correspond au châtiment pour faire payer le trouble social.
- -Les mesures de sûreté : tournées vers le futur, destinées à protéger la
société contre un individu que l'infraction a mesurée comme
potentiellement dangereux (défense sociale, protection de la société, on
veut éviter la récidive) ®mesure qui vise à sa réinsertion sociale.
En réalité, beaucoup de peines ont en même temps les deux aspects. En d'autres
termes, il y a beaucoup de peines qui camouflent des mesures de sûreté, il y a un
mélange entre les deux dans la réalité. Mais la distinction n'est pas aussi nette et
d'autre part, les mesures de sûreté sont de nature très différente. Mais quelques
règles communes sont applicables à toutes les Mesure de sûreté.

A)LES DIFFÉRENTES SORTES DE MESURES DE


SÛRETÉ
Mesure de sûreté, de sécurité, de protection de la société, mais le meilleur
moyen est d'obtenir à travers la peine que la personne ne récidive pas. Il y a des
peines qui sont des Mesures de sûreté camouflées, ce sont les Mesure de sûreté les
plus judiciaires. Mesure de sûreté complètement administratives à l'autre bout, et
entre les 2, des Mesures de sûreté mixtes.
a) Les Mesure de sûreté se présentant comme des peines
Il s’agit de celles inscrites dans des peines.
Traditionnellement = il s’agit de peines qui tendent à protéger la société contre les
risques de récidive essentiellement en supprimant pour le condamné certaines
occasions de récidive s’ajoutant aux peines principales sont des Mesures de sûreté
se manifestant de différentes manières (interdiction de sortir à partir de telle heure ou
d’aller dans certains lieux). I.e.: les peines complémentaires s'ajoutent aux peines
principales, elles sont très variées, mais consistent essentiellement en privation de
droit, interdictions, ou confiscations d'objet.
Exemple :le retrait du permis de conduire (privation de droits), interdiction
professionnelle, l'interdiction de séjour qui est l'interdiction de paraître dans certains
lieux déterminés par le juge (ex. da
ns les débits de boissons de certains lieux).
Ce qu'on peut remarquer, c'est que même les peines principales ont parfois un
objectif de mesure de sûreté: quand on verra les peines encourues en matière de
délit, en matière correctionnelle. Il y a des textes qui disent que chaque fois que
l'emprisonnement est encouru, le juge peut décider de peines alternatives parmi
lesquelles on retrouve d'une part des privations de droits, d'objets, concernant
particulièrement 3 choses: argent (chéquier), usage de l'automobile (permis, voire
automobile) et usage des armes, même si les infractions ne sont pas liées à ces
objets. Dans les peines alternatives, il y a aussi le TIG: travail non rémunéré au profit
d'une Code Pénal ou d'une association agréée. Les peines alternatives ont une
fonction de Mesure de sûreté même si ce sont essentiellement des peines.
Au moins une modalité de l'emprisonnement a une fonction de Mesure de
sûreté: emprisonnement accompagné d'un sursis avec mise à l'épreuve, i.e. on
suspend l'exécution de l'emprisonnement (à condition que la personne ne récidive
pas dans un certain délai), mais on accompagne ça d'une mise à l'épreuve,
ensemble d'interdictions et d'obligations dont la liste générale est prévue par le
législateur (seul à pouvoir le décider) et au sein de laquelle le juge choisit les plus
adaptées à l'individu. On y retrouve les mêmes interdictions que celles des peines
complémentaires. On met en suspension l'aspect peine et on essaye à la place de
remettre sur la bonne voie. Même quand on parle de peine, il y a toujours une
fonction de Mesure de sûreté, tentative de réadaptation sociale.
A l'opposé, il y a des: mesures de sureté purement administrative
b) Mesures de sureté purement administratives
Pas besoin de jugement. En effet, le préfet peut décider d'office de
l'internement des aliénés dangereux, sans lien avec une infraction. C'est strictement
lié à leur état dangereux. A la place des poursuites pénales, le parquet peut proposer
des traitements (cures de désintoxication) aux usagers de stupéfiants. L’internement
n’est pas décidé parce qu’ils ont commis une infraction mais parce qu’ils sont
dangereux.
Exemple : conducteur en état d'ébriété -accident de la route –blessés –même si on le
fait passer en comparution immédiate, peut prendre du temps, ce n'est pas sûr qu'il
arrive directement devant le tribunal: en attendant, il est présumé innocent, mais il
est dangereux! Il faut faire quelque chose: dans ces cas-là, le préfet peut décider
immédiatement de la suspension du permis de conduire, mesure purement
administrative, en attendant la décision de justice. Dans ce cas, l’infraction a
seulement été le révélateur de dangerosité.
Il y a danger pour les libertés individuelles dans ces Mesures de sûreté donc
elles doivent être prises avec des garanties.
c) Mesures de Sureté mixtes
Prononcées par le juge judiciaire, sans être considérées comme des peines
car la personne n'est pas responsable d'une infraction: le juge peut décider du
placement des alcooliques dangereux dans un établissement de désintoxication sur
le fondement du code de la santé publique = mesure judiciaire indépendante de toute
infraction (mesure préventive pour l’individu et la société en général).
Beaucoup plus proche encore du droit pénal: il y a un acte objectivement illicite, une
infraction, il y a des Mesure de sûreté décidées par le juge. A partir de l'âge de
discernement, 7 ans, l'acte objectivement illicite est signe que quelque chose se
passe mal dans le développement du mineur; il faut faire quelque chose dans son
intérêt et dans l'intérêt de la société: mesures de réadaptation sociale =
rééducation prononcée par le juge des enfants (de la mise en garde officielle
jusqu'à un véritable placement dans un établissement spécialisé) à ce n’est pas une
peine. Mesures de rééducation qui ne sont pas des châtiments, ni des peines : entre
7 et 10 ans. Entre 10 et 13 ans, le juge a le choix entre les mesures de rééducation
et les sanctions éducatives qui peuvent comporter un internat obligatoire. Si le
mineur a entre 13 et 18 ans, une véritable peine peut être prononcée mais avec un
niveau inférieur à celui des adultes mais séparé de la notion même d’infraction.
B) LE RÉGIME JURIDIQUE DES MESURES DE
SÛRETÉ
 - Pour qu'une Mesure de sûreté soit prononcée, il suffit que les
faits soient établis et que la mesure soit prévue par la loi: le fait
matériel suffit, ce n'est pas toujours lié à la commission d’une
infraction. La dangerosité peut suffire. L'élément moral peut
parfaitement faire défaut ---> très bon exemple des mineurs où il
manque. Mesure de sûreté a un cadre plus large que l'infraction.
 - Les Mesures de sûreté peuvent faire l'objet d'une application
rétroactive si une loi nouvelle les modifie : elle peut s'appliquer à
des faits antérieurs. Mesure de sûreté administratives.
Contrairement aux peines, les Mesures de sûreté sont d’application
immédiate = prononcées en raison de faits antérieurs à la
promulgation de la nouvelle loi. Le but est de tout de suite protéger
la société. Problème ---> elle se moule dans la sanction.
 - 3ème règle : les Mesures de sûreté ne sont pas définitives, elles
peuvent être révisées: prononcées pour une durée dont le maximum
est généralement fixé par le législateur, mais à l'intérieur de ce
maximum, elles sont constamment modifiables, révisables en
fonction de l’état de la personne qui les subit. Adaptation aux
progrès. Coller de très près uniquement à l'évolution de l'état
dangereux.
 - Jusqu'à une époque relativement récente, les Mesures de
sûreté ne disparaissaient pas par l'effet d'une amnistie: mais petit à
petit, on a fini par admettre que les interdictions professionnelles
entraient dans l'amnistie: une des dernières lois d'amnistie (loi 3
août 1995) a inversé la règle. La non disparition des Mesures de
sûreté par l'effet de l'amnistie devenait exceptionnelle; elle ne
s'appliquait qu'à certaines Mesure de sûreté (interdictions de
séjour, interdiction des droits civiques, civils ou de famille,
interdiction du territoire français). Mais les professionnelles
disparaissent