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Bulletin Bulletin

MILITANT MILITANT

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ALERTEALERTE :: Épidémie généralisée dans les Épidémie généralisée dans les Départements Départements
ALERTEALERTE ::
Épidémie généralisée dans les
Épidémie généralisée
dans les
Départements Départements français français
d’Amérique
d’Amérique
ECLATECLAT ::
25 juin, par Daniel Defert

Edito | Vienne

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P. 1

lAide à Domicile

Agora | AIDES et

>

P. 2

gays Paris

Zoom | Actions

>

P. 7

Alerte | Départements Français dAmérique

P. 11 >

militant du Sud

Insoumi | Parcours d’un

P. 20 >

Defert

par Daniel

25 juin,

Eclat |

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| Observatoire Etrangers

Zoom | Com’Test

P. 35 >

Sur le feu | Agenda

P. 37 >

SOMMAIRE

e f e u | A g e n d a P. 37 > SOMMAIRE Éditeur

Éditeur : AIDES, 14 rue Scandicci, 93508 Pantin CEDEX • Tél. : 01 41 83 46 22 • Fax : 01 41 83 46 49 • ISSN : ISSN 1969-8615 • Contact : cominterne@aides.org • Directeur de la Publication : Bruno SPIRE • Maquette : Stéphane BLOT, Vincent CAMMAS • Relecture : Samuel GALTIÉ • Coordination, diffusion et abonnements : Laurence BORDAS, lbordas@aides.org • Parution : Septembre 2010 • Photos et illustrations :AIDES, Stéphane BLOT,Vincent CAMMAS, Daniel HERARD, Vincent MALLEA, Yul Studio • Tirage : 5.800 exemplaires.

:AIDES, Stéphane BLOT,Vincent CAMMAS, Daniel HERARD, Vincent MALLEA, Yul Studio • Tirage : 5.800 exemplaires.

2010

et

EDITO

2010 et EDITO La conférence de Vienne vient de s’achever. Jamais une conférence mondiale n’aura eu

La conférence de Vienne vient de s’achever. Jamais une conférence mondiale n’aura eu un écho si médiatique. Julio Montaner, Président de l’IAS a souligné dès l’ouverture que l’on pouvait arrêter l’épidémie d’ici quelques décennies si le traitement était disponible. Les militants de AIDES et ses partenaires internatio- naux étaient fortement impliqués pour porter les enjeux de cette conférence : promouvoir l’accès universel au traitement et à la préven- tion, plaider pour des mécanismes de finance- ment innovant pour permettre l’accès aux soins comme la taxe ROBIN sur les transactions de change, promouvoir l’accès aux droits en parti- culier pour les groupes les plus vulnérables comme les HSH 1 et les usagers de drogue. Le thème de la conférence était “des droits, ici et maintenant !” AIDES a été une des premières organisations à signer l’appel de Vienne plaidant pour une politique de santé publique basée sur les faits et non sur l’idéologie pour permettre d’appliquer les avancées de la réduction des

risques pour les usa- gers de drogue partout dans le monde, notam- ment en Europe de l’Est et en Asie Centrale. Cette déclaration aurait eu plus de portée si le leadership politique s’était affirmé à Vienne, mais les chefs d’états étaient très peu présents ! Le chemin reste encore ardu pour convaincre nos dirigeants prêts à sauver les banques à met- tre en place cette taxe infime de 0.005% sur les opérations de change. Nous avons cependant eu la visite de la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui a annoncé le passage à l’échelle en France du dépistage communautaire par les non-soignants, ce qui est une avancée ; dom- mage que sa parole de santé publique sur l’édu- cation à l’injection ou les PES en Prison soit muselée par l’idéologie gouvernementale de lutte contre les usagers de drogue !

gouvernementale de lutte contre les usagers de drogue ! Bruno Spire, Président de AIDES 1/ Hommes

Bruno Spire, Président de AIDES

1/ Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes

contre les usagers de drogue ! Bruno Spire, Président de AIDES 1/ Hommes ayant des relations
contre les usagers de drogue ! Bruno Spire, Président de AIDES 1/ Hommes ayant des relations
contre les usagers de drogue ! Bruno Spire, Président de AIDES 1/ Hommes ayant des relations

AGORA

AGORA

AGORA AGORA Le Conseil d’administration de AIDES a entamé une réflexion sur le retrait de l’association
AGORA AGORA Le Conseil d’administration de AIDES a entamé une réflexion sur le retrait de l’association
Le Conseil d’administration de AIDES a entamé une réflexion sur le retrait de l’association de
Le Conseil d’administration de AIDES a
entamé une réflexion sur le retrait de
l’association de la coordination des
PAAD. Retour sur les éléments qui ont
amenés à cette orientation.

2 septembre 2010

septembre 2010

bulletin militant

bulletin militant

La création des PAAD :

une réponse à des besoins non couverts Au début des années 90, dans un contexte d’ur- gence sanitaire où les hospitalisations étaient fréquentes, AIDES a créé de façon expérimen- tale “l’aide à domicile” pour les personnes vivant avec le VIH. L’objectif était d’éviter ou d’écourter l’hospitalisation des malades en facilitant leur maintien à domicile par des interventions non discriminantes. Des aides à domicile (AAD) for- mées et volontaires, aidaient les personnes aux tâches de la vie quotidienne en intervenant sur leur lieu de vie.

Ces programmes expérimentaux ont conduit à la création des Programmes d’Aide à Domicile (PAAD), suivant la circulaire du 8 janvier 1996.

Depuis ces dernières années, les traitements antirétroviraux ont permis d’améliorer l’état de santé des personnes vivant avec le VIH, de dimi- nuer le recours à l’hospitalisation et de réduire la perte d’autonomie. Ces évolutions ont eu un impact sur les enjeux des dispositifs PAAD. Ainsi, au moment où les besoins diminuaient dans le cadre des PAAD, de nouveaux besoins sont apparus autour de la qualité de vie avec le virus et avec les traitements, et de l’accompa- gnement thérapeutique, auxquels les aides à la vie quotidienne proposées par les prestations du PAAD ne répondaient pas.

AGORA

De nouvelles réponses dans le droit commun, une réponse moins spécifique au VIH et inégalement répartie sur le territoire national Depuis sa création, AIDES innove, interroge et priorise ses actions en s’appuyant sur les besoins et la mobilisation des personnes concernées, ainsi que sur les évolutions épidé- miologiques et scientifiques. Et depuis toujours AIDES plaide pour la qualité de la prise en charge par les dispositifs sanitaires et sociaux, et pour le développement d’une politique de santé publique tenant compte des droits des per- sonnes, quitte à transformer la société.

Depuis, l’offre d’aide à domicile s’est diversifiée et enrichie, notamment depuis la loi du 11 février 2005 portant sur la création des MDPH, avec de nouveaux dispositifs liés au handicap (PCH, SAMSAH, SAVS), ainsi que les dispositifs liés à la perte d’autonomie (APA). Ces dispositifs sont aujourd’hui en mesure de répondre à certains besoins des personnes vivant avec le VIH, et plus globalement, vivant avec une affection de longue durée (ALD). Quand ils ne le font pas, AIDES plaide locale- ment et nationalement afin d’améliorer l’accès et le contenu de ces prestations (procédure d’urgence devant les MDPH, aide ménagère dans la PCH, aides des CPAM et des Conseils Généraux…).

(procédure d’urgence devant les MDPH, aide ménagère dans la PCH, aides des CPAM et des Conseils
(procédure d’urgence devant les MDPH, aide ménagère dans la PCH, aides des CPAM et des Conseils
(procédure d’urgence devant les MDPH, aide ménagère dans la PCH, aides des CPAM et des Conseils

AGORA

AGORA Le dispositif imaginé par AIDES avait vocation à répondre à des besoins face à l’urgence

Le dispositif imaginé par AIDES avait vocation à répondre à des besoins face à l’urgence et à l’ab- sence de réponse réac- tive et adaptée dans le droit commun. L’objectif de transfert figurait dans le projet initial.

Dès 2003, partant du constat que la réponse PAAD était moins spéci- fique au VIH (baisse des files actives) tout en excluant les per- sonnes mono- infectées par le

VHC, AIDES a estimé que ce dispositif devait pouvoir bénéfi- cier à l’ensemble des personnes vivant avec une pathologie chronique évolutive. Ainsi AIDES a porté cette parole avec d’autres dans le cadre du Plan National sur la Qualité De Vie des per- sonnes vivant avec une maladie chronique pour tenter d’obtenir une circulaire rénovée.

Ainsi, si la circulaire du 8 janvier 1996 prévoyait que le Comité National de Suivi se réunisse deux fois par an et contribue à la mise en place d’un contrôle et d’une évaluation du dispositif, il s’avère que ces réunions n’ont pas été réguliè- rement tenues, malgré les relances faites par AIDES, et qu’aucune n’a été réunie depuis l’an- née 2003. Or, les seules évaluations disponibles faisaient état d’une grande hétérogénéité des réponses apportées par les PAAD et d’une iné- galité de couverture sur le territoire national. Le maintien des PAAD peut même, parfois, pro- duire des effets pervers en produisant de la sub- sidiarité à l’envers : lorsque la MDPH met en place un plan de compensation du handicap, elle tient compte des réponses apportées au

plan local, et notamment de l’existence d’un PAAD. A contrario, dans les départements où n’existe pas de PAAD, cette réponse peut être trouvée auprès des CPAM, des conseils géné- raux, voire des CCAS, quelle que soit la patholo- gie ou l’origine du handicap/perte d’autonomie.

Enfin, au mois de juin 2009, la Direction Générale de la Santé a proposé de réactualiser la circu- laire de 1996. À ce moment là, AIDES a regretté l’absence d’évaluation par le Comité National de Suivi, a demandé une réorientation du dispositif adapté à l’évolution des besoins des personnes et a sollicité une pérennisation des finance- ments. Lors de la réunion du 8 octobre 2009 à la Direction Générale de la Santé,AIDES a constaté que ses revendications n’avaient pas été prises en compte et qu’elle n’avait aucune certitude sur les financements futurs des PAAD.

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n’avaient pas été prises en compte et qu’elle n’avait aucune certitude sur les financements futurs des
d’Annie, volontaire Témoignage “En tant que volontaire depuis 15 ans, élue au conseil de région
d’Annie, volontaire
Témoignage
“En tant que volontaire depuis 15 ans, élue au conseil
de région de AIDES Rhône Alpes Méditérranée, je suis
référente de la réflexion autour du label social.
Ce label social a été l’occasion d’examiner les disposi-
tifs portés par AIDES (accueil, soutien, hébergement,
CRA, etc.) et de vérifier leur adéquation à l’évolution
des besoins et à la politique de l’association.
Pour ce faire, nous avons demandé aux coordinations
des PAAD de la région de nous présenter, anonyme-
ment, les situations de toutes les personnes inscrites
dans les dispositifs (Var et Isère). A été utilisée une
grille d’évaluation qui donne une bonne image, globale,
de la situation des personnes, au regard de la santé,
des droits, des revenus, de la sociabilisation.
Ces descriptions ont très vite mis en lumière le déca-
lage du déroulé du dispositif par rapport aux objectifs
initiaux. Beaucoup des personnes suivies étaient très
isolées, sans aucun lien avec l’association, très “instal-
lées” dans le dispositif.
Les mots “retour à l’autonomie”, “sociabilisation”,
“communautaire”, n’étaient jamais prononcés.
Lors de la mise en place des PAAD, aucun doute n’était
possible sur leur pertinence par rapport aux besoins
des personnes. Or la législation a évolué. La notion de
handicap s’est élargie (loi de 2005). D’autres dispositifs
dans le champ social peuvent être sollicités.
L’étude des situations des personnes m’a révélé qu’un
dispositif qui n’est pas régulièrement interrogé s’ins-
talle dans une routine et s’éloigne de ses objectifs.
Nous ne devons jamais oublier que AIDES est une asso-
ciation de lutte, de proposition, et non une association
de gestion de services”.

AGORA

Les PAAD, concrètement inadaptés, politiquement inacceptables C’est pourquoi le Conseil d’Administration a adopté fin 2009, puis début 2010, une résolution qui envisageait le retrait de AIDES de la coordi- nation de l’aide à domicile.

Cette position doit amener à faire évoluer les réponses dans le droit commun, mettant l’Etat face à ses responsabilités. L’aide ménagère stricto sensu liée à la dégradation durable de l’état de santé, doit relever de la solidarité natio- nale, conformément au principe de subsidiarité du dispositif mis en place par la circulaire du 8 janvier 1996. Elle ne doit plus relever d’un dispo- sitif d’exception parcellaire et inadapté.

À titre d’illustration, suite au retrait d’AIDES de la coordination du PAAD du Var et de l’arrêt du dis- positif fin 2009, la CPAM a pris temporairement le relais de la prise en charge en attente de mise en place d’une solidarité nationale.

Cette position est d’autant plus nécessaire que certains financeurs du dispositif PAAD se mon- trent réticents à poursuivre leur participation au regard de la diminution des besoins qui sont constatés par une forte baisse du nombre des personnes suivies.

AIDES continue à plaider en faveur d'un passage de la prestation d’aide à domicile au droit com- mun et d’une réorientation des financements sur la prévention auprès des publics prioritaires, le dépistage communautaire et l’accompagne- ment thérapeutique. Si l’on veut véritablement faire face à l’enjeu majeur d’infléchir de manière significative la courbe de l’épidémie dans les années à venir, les priorités sont là.

Marie Suzan - Administratrice AIDES présidente de la région Rhône Alpes Méditerranée AIDES

les priorités sont là. Marie Suzan - Administratrice AIDES présidente de la région Rhône Alpes Méditerranée

des

à Paris

7 septembre 2010

bulletin militant

ZOOM

ZOOM

Paris est sans doute la ville de France dans laquelle les communautés LGBT ont le plus de visibilité. Avec son quartier gai, Le Marais, et ses nombreux établissements commerciaux (bars, restaurants, magasins, sex-clubs, saunas etc.), mais aussi ses multiples associations LGBT ! Historiquement, Paris est également la ville la plus concernée par l’épidémie de VIH/sida, en particulier dans les communautés gaies. L’enquête Prévagay, menée au printemps 2009 vient le rappeler : parmi les personnes fréquen- tant des établissements commerciaux gais pari- siens, 17% sont séropositifs, ce qui représente un chiffre très élevé et 20% d’entre eux ne connaissent pas encore leur statut sérologique. Pour les militant-e-s de AIDES, ce chiffre ne représente pas une surprise :

préventifs. AIDES a donc innové, à Paris comme ailleurs, en lançant Com’test puis Drag, pro- grammes communautaires de dépistage rapide. Forts de ces expériences, des militant-e-s de AIDES Paris ont décidé d’entamer une nouvelle expérimentation en s’investissant au sein de l’établissement “Le Dépôt”.

Santé, sexualité, plaisir En accord avec la direction et l’équipe du Dépôt, une backroom parisienne bien connue, et très fréquentée, nous avons décidé d’intensifier notre présence dans ce lieu, avec deux permanences par semaine. Ce choix d’intervention répond à un objectif sim- ple : en étant présent très régulière- ment, nous souhaitons pouvoir être en phase avec les clients du lieu ; et donc pouvoir mener des actions plus pertinentes. Ce critère de proximité nous parait être une condition essentielle pour faciliter une mobilisation plus large des gais pour leur santé. Pas question d’apparaître comme des casseurs d’ambiance, ni comme des moralistes ! Et comme toujours à AIDES, cette action s’appuie sur le non jugement, et l’écoute des personnes dans leurs approches du risque et de la préven- tion !

Concrètement, l’action comporte deux volets. Le premier concerne la mobilisation des salariés du Dépôt. Sans toutefois leur proposer des for- mations déjà dispensées par le SNEG, nous sou- haitons en faire des relais de prévention, avec

nous sou- haitons en faire des relais de prévention, avec nous savons depuis longtemps que nos

nous savons depuis longtemps que nos communautés sont très touchées par le VIH/sida ; et nous savons aussi qu’une endémie de cette ampleur ne se réduit pas d’un coup de baguette magique.

À Paris, AIDES intervient depuis plus de 20 ans dans le milieu gai, à travers des actions de proxi- mité dans les établissements, des perma- nences, des actions sur les lieux de drague, des partenariats associatifs… L’association a donc gagné une place légitime dans le paysage. Nos actions doivent cependant rester en perpétuel renouvellement, pour mieux s’adapter aux contextes changeants de l’épidémie. On voit par exemple que la connaissance de son statut sérologique est un fort déterminant des choix

de l’épidémie. On voit par exemple que la connaissance de son statut sérologique est un fort
de l’épidémie. On voit par exemple que la connaissance de son statut sérologique est un fort
de l’épidémie. On voit par exemple que la connaissance de son statut sérologique est un fort

ZOOM

ZOOM Visuel Com’Test - Vincent Malléa. lesquels nous pourrons interagir lors des per- manences, dans un

Visuel Com’Test - Vincent Malléa.

lesquels nous pourrons interagir lors des per- manences, dans un climat de confiance. À terme, nous souhaitons par exemple organiser des soirées à thème, autour des questions de santé et de prévention, durant lesquelles les dif- férents acteurs du lieu (personnel du Dépôt, habitués du lieu, militants de AIDES) porteraient le même T-shirt et seraient impliqués dans l’ac- tion. Le second volet, plus “classique” pour AIDES, consiste à mener des entretiens, individuels ou collectifs, avec les personnes présentes. Nous

n’avons pas de stand, et nous privilégions la déambulation dans le Dépôt, pour aller à la ren- contre des personnes présentes. Nous mettons vraiment l’accent sur l’intérêt d’avoir des discus- sions collectives, quand le moment s’y prête, car elles suscitent des échanges riches, et permet- tent même à des personnes plus timides de ten- dre l’oreille pour nous écouter. Il arrive que les discussions se poursuivent, après le départ des militants de l’association !

Des discussions riches sur la santé, l’homosexualité, la prévention Après quelques mois d’interventions, il est diffi- cile de tirer un bilan général du contenu de tous ces dialogues et ces échanges. Un premier constat serait que le mode d’intervention, régu- lier et avec un simple badge de l’association (pas de T-shirt), facilite grandement les échanges. Et du coup, cela suscite une certaine facilité à aborder les rapports sans préservatifs, autour de questions, d’inquiétudes ou de diffi- cultés vécues. Les hommes rencontrés ne se définissent d’ailleurs que très rarement comme “barebackers “. Parmi les thèmes abordés, avec les gais séropo- sitifs, la question de “parler (ou pas) de mon sta- tut” revient souvent, qui souligne bien la crainte du rejet, vécue par beaucoup. Dans ce cas, le langage corporel et les jeux de regard sont évo- qués comme des modes de communication pri- vilégiés… avec le risque réel d’une incompré- hension. Le public non “identitaire “du Dépôt (hommes mariés, ou hommes ne se définissant pas comme “gai”) accueille très favorablement

“du Dépôt (hommes mariés, ou hommes ne se définissant pas comme “gai”) accueille très favorablement
“du Dépôt (hommes mariés, ou hommes ne se définissant pas comme “gai”) accueille très favorablement
“du Dépôt (hommes mariés, ou hommes ne se définissant pas comme “gai”) accueille très favorablement

ZOOM

ZOOM nos interventions. Ces échanges sont l’occasion d’évoquer le vécu de l’homosexualité, le coming out, et

nos interventions. Ces échanges sont l’occasion d’évoquer le vécu de l’homosexualité, le coming out, et le choix pour certains de vivre une “dou- ble vie”. Les intervenants de AIDES font égale- ment la promotion du dépistage communau- taire mené par l’association AIDES, dont les dis- positifs commencent à être assez connus par les gais, même s’ils soulèvent toujours des inter- rogations sur la fiabilité des tests rapides. Tous ces entretiens permettent d’aborder les choix de ces hommes en matière de prévention et de réduction des risques. Contrairement aux idées reçues, le contenu des échanges met en

lumière la forte préoccupation de ces gais pour leur santé et celle de leurs partenaires. L’enjeu pour nous, évidemment, est d’aider les personnes à renforcer leurs stratégies pour les rendre plus efficaces. À l’avenir, nous envisa- geons de continuer cette action, et de monter un moment d’échange et de convivialité sous forme d’apéro/atelier santé.

Sans tirer plus de bilans de la période écoulée, soulignons un point qui nous conforte dans notre démarche : plus d’une dizaine de per- sonnes nous ont laissé leurs coordonnées pour être tenues au courant des activités de AIDES, voire pour s’engager à nos côtés. C’est un excellent indicateur d’une action réussie, où militantisme rime avec plaisir !

Gabriel Girard - Volontaire national AIDES Matthieu Gasnier - Animateur d’action AIDES

militantisme rime avec plaisir ! Gabriel Girard - Volontaire national AIDES Matthieu Gasnier - Animateur d’action
militantisme rime avec plaisir ! Gabriel Girard - Volontaire national AIDES Matthieu Gasnier - Animateur d’action
militantisme rime avec plaisir ! Gabriel Girard - Volontaire national AIDES Matthieu Gasnier - Animateur d’action

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ainsi que dysfonctionnements, de homosexuels des condition difficile la et VIH/sida Martinique l’homophobie. ALERTE

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longue

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QUELQUES BALISES

La Guyane paie au prix fort son histoire :

une colonisation marquée par quelques

aventures improvisées vers un Eldorado illusoire, par l’esclavage et par le bagne 1 . Lorsque, en 1946, la Guyane est devenue département français, elle comptait moins de 29 000 habitants. L’immigration était nécessaire à la survie de la Guyane, en particulier lorsque des besoins de main-d’œuvre se sont faits ressentir pour la construction de la base spatiale de Kourou. En 50 ans, la population de la Guyane est ainsi passée de 29 000 à

206 000 habitants en 2006. La population

est jeune (50% de moins de 25 ans), en

forte augmentation du fait d’un accroisse- ment naturel important et d’une forte poussée migratoire. Les projections lais- sent penser que la population de Guyane pourrait atteindre 425 000 habitants en

2030 2 .

La Guyane est ainsi une mosaïque de popu-

lations, de nationalités et de cultures :

Amérindiens, Bushinengués (“nègres mar- rons”), Créoles, Chinois, Syro-libanais, Haïtiens, Latino-américains (surinamiens,

guyaniens, brésiliens, péruviens et colom- biens), Asiatiques et des Français de “métropole” établis en Guyane ou déta- chés pour quelques années. La population étrangère est estimée entre 30 000 et 50

000 personnes, parmi lesquelles il y aurait

une grande part d’étrangers en situation irrégulière. À ce contexte démographique particulier s’ajoute un taux de chômage élevé (26% en 2008), d’importantes inégalités sala- riales et des inégalités géographiques

(intérieur/littoral et Est/Ouest).

Inégalités et dysfonctionnements massifs dans l’accès aux soins et aux droits

La situation sanitaire en Guyane n’est guère réjouis- sante. La Guyane est en dernière place des régions françaises en terme d’offre et d’accès aux soins :

une offre de soins insuffisante, avec de fortes dispa- rités géographiques, un sous équipement hospita- lier etc. Une situation en totale inadéquation avec les besoins de la population : une forte prévalence des maladies infectieuses (le taux d’incidence du VIH est le plus élevé de France ; la prévalence des femmes accouchées à Saint Laurent du Maroni est de 1,3% ce qui correspond à une situation d’épidé- mie généralisée) et parasitaires, mais aussi des maladies métaboliques, des problèmes de santé périnatale et de santé des jeunes, avec de grandes disparités dans l’accès aux soins et à la prévention selon le niveau socio-économique et/ou la zone géographique. Concernant plus précisément l’infec- tion au VIH/sida, deux problèmes majeurs sont caractéristiques de la situation guyanaise : d’une part le dépistage tardif, et d’autre part le suivi de la prise en charge. En 5 ans, 50 % des personnes dépistées séropositives disparaissent de l’hôpital. Ces difficultés d’accès aux soins sont très forte- ment renforcées par les inégalités sociales et d’ac- cès aux droits : les personnes les plus précaires administrativement et socialement sont les plus éloignées et exclues des soins 3 , notamment les per- sonnes immigrées, quelle que soit leur situation.

1/ Serge Sam Mam Lam Fouck, Histoire générale de la Guyane, Ibis rouge édition, 1996 2/ Sources : INSEE 3/ Le système de soins français à l’épreuve de l’outre mer, E. Carde, Espace populations sociétés, 2009

INSEE 3/ Le système de soins français à l’épreuve de l’outre mer, E. Carde, Espace populations

de droit

l'Etat

vers

ALERTE

Officiellement, la loi applicable en Guyane en matière d’immigration et de couverture santé est iden- tique à celle prévalant en métropole, sous réserve de quelques dérogations (essentiellement en ce qui concerne les contrôles d’identité et l’éloignement, le droit au travail des étrangers). Mais en pra- tique, les dysfonctionnements, pour ne pas dire les dénis de droit, sont légion en Guyane ! Ainsi, en Guyane, pour ouvrir les droits à la sécurité sociale (CGSS : Caisse générale de sécurité

sociale), il faut certains papiers d’identité et pas d’autres, il faut certains justificatifs de domicile et

Quand on sait que les services d’état civils sont défaillants au point de laisser des fran-

çais sans le moindre document de nationalité, quand on sait qu’une part importante de la popula- tion vit dans des cabanes, cela laisse augurer de l’impact de telles exigences sur l’accès effectif à une couverture santé… Dans la même logique, en Guyane, pour déposer une demande de carte de séjour pour raison médi- cale, quand les ARV (Antirétroviraux) ne sont pas accessibles dans son pays d’origine, il faut suivre un parcours du combattant qui commence par l’impossibilité de déposer un dossier de demande :

pas de guichet, pas de téléphone qui réponde, des interlocuteurs qui se renvoient la balle etc.

pas d’autres

Le mythe de “l’appel d’air” de la migration pour soins

Un certain discours politique peut faire valoir que cette restriction dans l’accès aux droits les plus fondamentaux se justifie par le risque d’ “invasion”. Des prestations sociales abondantes et simples d’accès seraient susceptibles de faire “appel d’air” et de grever substantiellement l’économie du département. Pourtant, cette hypothèse est un pur fantasme. Une récente enquête a montré que seulement 3,1% de la population des immigrés se sont installés en Guyane pour une raison de santé 4 . Les motivations pour la migration déclarées sont majoritairement économiques à Cayenne (46,3%) et familiales à Saint Laurent du Maroni (56,1%). Dans l’ouest guyanais, à la frontière du Suriname, là où est établie la délégation départementale de AIDES, les personnes peuvent pratiquer des migrations “pendulaires”, de part et d‘autre du fleuve Maroni qui constitue la frontière. Le lieu du soin est souvent déterminé tout simplement par l’endroit où la personne se trouve lorsqu’elle en a besoin au gré des migrations pendulaires familiales, économiques ou liées à la vie quotidienne.

4/ Rapport Migrations et soins en Guyane, A. Jolivet, E. Cadot, E. Carde, S. Florence, S. Lesieur, J. Lebas, P. Chauvin, partenariat entre l’Agence Française du Développement et l’équipe de recherche DS3 (Déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins) de l’UMRS 707 (Inserm – Université Pierre et Marie Curie), novembre 2009

de la santé et du recours aux soins) de l’UMRS 707 (Inserm – Université Pierre et

ALERTE

ALERTE Une situation qui appelle à réagir ! On ne saurait rester impassible devant un tel

Une situation qui appelle à réagir !

On ne saurait rester impassible devant un tel état de délabrement social et sanitaire. Des associations locales, avec ou sans relais en métropole, tentent de se mobiliser pour défendre les droits des personnes vivant avec le VIH/sida. Parce que c’est finalement cela l’enjeu : le res- pect et l’application du droit ! Mais ces associa- tions se heurtent à de nombreuses difficultés. Tout se passe comme si la caisse générale de sécurité sociale ou l’autorité préfectorale igno- raient la société civile. On daigne à peine répon- dre à leur courrier et à les recevoir, on s’émeut à peine d’un communiqué de presse. Le dia- logue n’est pas dans les habitudes ! Les rapports de forces peinent d’autant plus à se construire que les associations et structures médico-sociale actives sur place s’inscrivent souvent plus dans une démarche de “service”, de soutien individuel que de mobilisation poli- tique, notamment en raison de la crainte d’être privé de financement public. Pourtant, on ne renonce pas ! AIDES a pris le parti de mobiliser toutes ses forces : la déléga- tion de Saint Laurent du Maroni est en première ligne. L’idée est de provoquer des évènements visibilisant les dysfonctionnements et les besoins, contraignant les institutions au dia- logue tout en évitant de trop exposer la déléga- tion. La mobilisation se fait avec les personnes concernées et avec les partenaires locaux et nationaux afin de partager les constats, les ana-

lyses, les expériences et de favoriser une dyna- mique collective, communautaire et inter-asso- ciative. C’est dans ce but qu’a été organisée une “mis- sion parlementaire” en mars 2010, qui a permis à six parlementaires de se rendre compte à quel point l’état de santé des guyanais et l’Etat de droit dans ce département sont délabrés. Ils ont rencontré des associations mais aussi le Directeur général de l’Agence Régionale de Santé, des élus locaux, des professionnels de santé, des représentants de l’Agence française de développement. Leur présence et celle de médias ont posé un rapport de force en notre faveur et provoqué immédiatement et à court terme des temps de rencontres entre associa- tions et des institutions, telles que la sous pré- fecture, la CGSS et les médecins inspecteurs de santé publique (intervenant dans la procédure de titre de séjour pour soins). Une première étape mais la situation de la Guyane appellera de nombreux autres combats ! Le prochain pourrait bien être la demande par AIDES à l’Etat français de déposer un dossier de financement au Fonds Mondial pour la Guyane qui bénéficie de moins de moyens sur le VIH que ses voisins éligibles au Fonds Mondial !

Fonds Mondial pour la Guyane qui bénéficie de moins de moyens sur le VIH que ses
Fonds Mondial pour la Guyane qui bénéficie de moins de moyens sur le VIH que ses
Fonds Mondial pour la Guyane qui bénéficie de moins de moyens sur le VIH que ses

REVENDICATIONS !

AIDES réclame

que la

réglementation s’applique en Guyane comme en

métropole en

matière daccès

à une couverture santé et

pour raison

médicale.

AIDES s’oppose

au droit au séjour

à ce

que des

personnes quant à leur état civil,

conditions exorbitantes

soient opposées aux leur résidence.

AIDES réclame que

leur domiciliation ou

l’accès effectif

à

tous les résidents en

à une prise

en charge santé soit garanti

Guyane, quels

d’hébergement, leurs ressources, leur statut administratif.

que soient

leur nationalité,

AIDES refuse qu’en

leur mode

Guyane

soient expulsées vers

comme ailleurs

des

leur pays

personnes séropositives

AIDES

demande laccès pour

sans garantie d’accès aux soins.

à

tous et partout

une prise

à un dépistage

en charge

médicale anticipée

AIDES demande

annuel, adossé

et adaptée.

aux pouvoirs publics (DGS, ARS)

conscience

de la

situation sociale et sanitaire

de prendre

financements nécessaires aux acteurs locaux.

enfin

de la Guyane et

d’allouer les

à lépreuve de l’outre mer”, E. Carde, Espace popula-

Le système de soins français

tions sociétés, 2009

Rapport Migrations et soins en Guyane, A. Jolivet, E. Cadot, E. Carde, S. Florence,

Française du

l’Agence

entre

Chauvin, partenariat

Lebas, P.

Lesieur,

J.

S.

Développement et léquipe de recherche DS3 (Déterminants sociaux de la santé et

Pierre et Marie Curie),

du recours aux soins) de l’UMRS 707 (Inserm Université

novembre 2009.

Lépidémie d’infection à VIH en Guyane : un problème politique, rapport de la com-

mission départements français dAmérique, rapport du CNS, février 2008

malades en Guyane AIDES octobre 2009

• “Les droits des étrangers

ACCÉDER A UNE COUVERTURE SÉCU : un exemple de dysfonctionnement guyanais C’est l’histoire femme surinamaise,
ACCÉDER
A UNE
COUVERTURE SÉCU :
un exemple de dysfonctionnement guyanais
C’est l’histoire
femme surinamaise, qui
a cinq enfants
d’une
depuis des années.
Elle a ouvert
des droits à
à sa charge. Elle
une couverture
vit
en Guyane
ce que ses enfants
soient également cou-
maladie. Fin 2009, elle demande à
verts : elle remplit
pièces justificatives. La
le dossier de demande et joint les
de droit.
caisse
de
sécurité sociale ne
lui
répond pas
et
n’ouvre
pas
famille comprend
que la caisse veut
L’assistante sociale qui accompagne la
certaines pièces d’état civil
et pas
d’autres. Pourtant,
la réglementation ne fait
précise que tout document
pas de différence et
est valable…
Après interven-
tions associatives auprès du
ministère de la santé, de la CNAMTS et de l’ARS,
les droits ont finalement été
ouverts, sous la pression, en juin 2010 après huit
mois
de privation de soins…
NOS
en juin 2010 après huit mois de privation de soins… NOS Pour Pour en en savoir
en juin 2010 après huit mois de privation de soins… NOS Pour Pour en en savoir

Pour Pour en en savoir savoir plus plus : :

Des

qui ont

ALERTE

Dans les Départements Français d’Amérique (DFA), des militants de AIDES s’efforcent de lut- ter au quotidien face à une situation d’urgence sanitaire et sociale très préoccupante :

Une lutte contre l’Etat qui n’offre pas les ser- vices de base : “là bas c’est français dans les textes mais pas dans les faits”. Une lutte contre la précarité, une lutte contre la discrimination liée au VIH/sida et contre l’homophobie, une lutte pour l’accès aux droits les plus élémen- taires comme celui de l’accès aux soins. Pour Monique et Nadia, les DFA sont de vérita- bles terrains de combats et de revendications. “On a été obligé de s’y mettre : entre les cour- riers à la CAF, à la sécu, aux collectivités et à la préfecture, et ben ça a énervé tout le monde mais on a fini par faire bouger les lignes !” Partageant le même constat et les mêmes pro- blématiques, les militants de Saint Martin et de Guyane se sont retrouvés en mai dernier lors des assises de la région AIDES Grand Ouest pour envisager, malgré les milliers de kilomètres qui les séparent, une mobilisation commune dans la zone Caraïbes. Mener des actions ensemble, mutualiser, et partager leurs expériences pour rompre leur isolement leur sont apparus comme une évidente nécessité.

Si l’on veut agir à la hauteur des enjeux, la mobi- lisation de tous est indispensable. Comme le dit Salomé, “J’ai envie qu’on travaille sur la mobili- sation et que l’on y parvienne. Même si nous sommes une bonne équipe, nous sommes peu compte tenu du chantier qui est devant nous. Je veux faire de la mobilisation mon fer de lance” Une mobilisation qui est donc vouée à s’étoffer encore !

AIDES dans les DFA La Délégation de Saint Martin : ce sont 17 militants investis
AIDES dans les DFA
La Délégation de Saint Martin :
ce sont 17 militants investis sur les actions
saint-martin@aides.org
0590276523
La Délégation de Saint Laurent
du Maroni en Guyane :
ce sont 25 militants investis sur les actions
stlaurentdumaroni@aides.org
0594279425
Laurent du Maroni en Guyane : ce sont 25 militants investis sur les actions stlaurentdumaroni@aides.org 0594279425

17 septembre 2010

bulletin militant

en Martinique

Etre

ALERTE

Homophobie, déni de cette homophobie, mais aussi invisibilité et VIH sont le quotidien de nom- breux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes en Martinique. Vendredi 22 décembre 2009 23h30, sur un lieu de rencontre homosexuelle de Fort de France :

lors d’un entretien, deux adolescents portent un coup de cutter à un bénévole de l’association CAP Prévention 1 , qui orienté vers les urgences du CHU, s’en sort avec une blessure nécessitant 21 points de sutures. L’agression, visiblement préméditée et motivée par l’homophobie était la 39 è de l’année perpé- trée en cet endroit de Fort de France. Il convient de préciser que cette comptabilité tenue par l’association AMVIE 2 ne tient pas compte des insultes homophobes beaucoup plus fré- quentes. Le mode opératoire est très varié, et les victimes sont idéales : elles ne portent presque jamais plainte de peur d’être identi- fiées. Pourquoi porter plainte, d’ailleurs quand la majorité de celles-ci restent sans suite de la part des autorités ? La famille, les amis, le travail sont des lieux où il convient de cacher son identité sexuelle, alors même qu’une récente enquête de l’INSERM indique que les pratiques homosexuelles concer- nent 18 % des martiniquais ! Mais il faut se taire !

L’absence d’espace identitaire fréquenté par les gais en Martinique est un vrai frein à la visibilité et à la mobilisation : comment entrer en contact avec eux, qui ont la particularité d’être “discrets” ? Contrairement à la métropole, où il est possible à un homosexuel de fréquenter un établissement gai quelque soit son domicile, la situation d’insularité et la faiblesse relative de la communauté ont mis en échec la pérennisation de ce type d’établissement en Martinique. C’est un frein majeur qui conduit à une désorganisa- tion de la prévention et à un renforcement de l’homophobie sociale largement répandue sur l’île. Avec le poids de plus en plus oppressant des années, le sentiment de vivre dans une “prison tropicale” s’affermit en même temps que le mal être. Un enfer ! Les militants d’Amvie et de CAP prévention, comme tous les militants de la lutte contre le sida connaissent bien les conséquences mal- heureuses d’une telle situation de stigmatisa- tion et d’invisibilité : une épidémie au VIH qui flambe dans la communauté gaie. La part des contaminations par rapports homosexuels dans les nouvelles découvertes de séropositivité frise les 50 % !

1/ Le projet principal de l’association CAP Prévention concerne la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles notamment du VIH auprès des communautés les plus vulnérables en Martinique, principalement les gais. Il s’agit d’une émanation de l’association AMVIE 2/ AMVIE : Association Martinique VIvre Ensemble, partenaire de AIDES

s’agit d’une émanation de l’association AMVIE 2/ AMVIE : Association Martinique VIvre Ensemble, partenaire de AIDES
s’agit d’une émanation de l’association AMVIE 2/ AMVIE : Association Martinique VIvre Ensemble, partenaire de AIDES
s’agit d’une émanation de l’association AMVIE 2/ AMVIE : Association Martinique VIvre Ensemble, partenaire de AIDES

ALERTE

ALERTE Pour autant, les pouvoirs publics ne réagissent pas. Les campagnes et les actions de lutte

Pour autant, les pouvoirs publics ne réagissent pas. Les campagnes et les actions de lutte contre l’homophobie sont inexistantes, les actions de prévention, trop peu nombreuses, tiennent à la mobilisation courageuse de quelques uns. À l’heure où la lutte pour les droits humains est à l’agenda des grandes institutions mondiales de lutte contre le sida, allons-nous laisser les homosexuels martiniquais et caraïbéens seuls

face à l’hostilité et au VIH ? Certainement pas ! Un nouveau front s’ouvre de l’autre coté de l’Atlantique pour le droit à une vie meilleure, en bonne santé !

Dossier réalisé par Adeline Toullier, David Monvoisin, Laurence Bordas - AIDES Michel Ramathon - association AMVIE

! Dossier réalisé par Adeline Toullier, David Monvoisin, Laurence Bordas - AIDES Michel Ramathon - association
! Dossier réalisé par Adeline Toullier, David Monvoisin, Laurence Bordas - AIDES Michel Ramathon - association
! Dossier réalisé par Adeline Toullier, David Monvoisin, Laurence Bordas - AIDES Michel Ramathon - association

d’une

INSOUMI

Bernadette Mululebwe est directrice de la Fondation Femme Plus, association de lutte contre le sida
Bernadette Mululebwe est directrice de la Fondation Femme Plus,
association de lutte contre le sida en République Démocratique du
Congo. Bernadette revient sur son combat sans relâche contre le
VIH/sida depuis 16 ans.

Comment en êtes-vous arrivée à vous engager dans la lutte contre le sida ? D’où vient votre engagement ? Durant les premières années de la pandémie, j’étais responsable du service d’Information, Education et Communication de l’association zaïroise pour le bien-être familial/naissances désirables qui militait pour la planification fami- liale. Il était ressorti clairement que cette organi- sation qui visait le bien-être des familles devait pleinement s’impliquer dans cette lutte. Ce rôle incombait à mon service. Parmi les premières activités organisées, figure la formation des jeunes comme pairs éducateurs. Il était claire- ment ressorti que les jeunes étaient parmi les plus vulnérables face à cette pandémie du fait de leur manque d’éducation en matière de santé sexuelle et reproductive. À partir d’échanges avec ces jeunes, me vint l’idée de monter un collectif d’information et d’éducation de la jeunesse en matière de santé

sexuelle, le CISFA, dont la mission était de per- mettre aux jeunes de renforcer leurs connais- sances par des échanges avec leurs copains mais aussi avec des spécialistes pour se proté- ger. Beaucoup des jeunes n’avaient pas la chance d’en parler en famille ni même à l’école, j’avais pensé que cela pouvait leur être utile. Par la suite, mon engagement comme salariée à Amo-Congo me confronta à la réalité doulou- reuse des jeunes veuves désemparées après la disparition de leurs époux, avec des jeunes enfants face à une solidarité africaine qui s’effri- tait par peur d’une maladie sans traitement et à cause de la pauvreté.

Pourquoi et dans quelles conditions avez- vous créé la Fondation Femme Plus ? Mon engagement est né du constat de l’incapa- cité de ma société à protéger les plus vulnéra- bles face à cette pandémie. La souffrance d’au- tres femmes avait réveillé les miennes, enfouies

les plus vulnéra- bles face à cette pandémie. La souffrance d’au- tres femmes avait réveillé les
les plus vulnéra- bles face à cette pandémie. La souffrance d’au- tres femmes avait réveillé les
les plus vulnéra- bles face à cette pandémie. La souffrance d’au- tres femmes avait réveillé les
au fond de moi, sous l’effet des propos désobli- geants suite à la maladie puis

au fond de moi, sous l’effet des propos désobli- geants suite à la maladie puis au décès du père de mes enfants et à la perte de ma jeune et unique sœur. La rencontre, à cette époque, de jeunes femmes plus ou moins cloîtrées chez elles, de peur d’être montrées du doigt nous avaient interpel- lées. Il était évident qu’un bon nombre d’entre elles, surtout celles qui n’avaient aucun métier, ne pouvait s’en sortir seules. Il fallait une organi- sation d’entraide qui allait permettre aux femmes de continuer à vivre comme femme, épouse, mère, membre de la communauté. La philosophie “la vie positive” devait soutenir nos efforts d’acceptation de soi et de désir de conti-

nuer à vivre malgré tout. Dès le départ, nous avions songé à une organi- sation qui regrouperait les PVVIH, les personnes affectées. C’est ainsi qu’on comptait parmi les activistes, des personnes qui avaient une expé- rience avec le VIH et qui avait un compte à régler avec celui-ci. Par exemple, l’expérience des veuves du sida, des parents ayant perdus leurs enfants ou des frères et sœurs du sida nous étaient nécessaires pour offrir à nos membres et à nos bénéficiaires un service à visage humain. Il nous fallait des gens qui avaient la volonté, qui voulaient faire quelque chose pour que Femme Plus aille de l’avant.

nous fallait des gens qui avaient la volonté, qui voulaient faire quelque chose pour que Femme
nous fallait des gens qui avaient la volonté, qui voulaient faire quelque chose pour que Femme
nous fallait des gens qui avaient la volonté, qui voulaient faire quelque chose pour que Femme

Femme Plus,

La Fondation

psycho-social

communautaire daccompagnement

association

VIH/sida,

le

et affectées

par

des personnes infectées

de renforcement

Plaidoyer (programme

partenaire du projet

des capacités des acteurs africains en matière de plaidoyer)

Sida en 2008.

par AIDES, Act Up et Solidarité

mis en place Deuxième plus

du pays, la Fondation

importante association

une réponse à la volonté des femmes pour la réduction des souffrances, du

Femme Plus constitue à sengager activement

sont victimes les personnes

rejet et de la stigmatisation dont

femmes dans un

les

et notamment

VIH

le

vivant avec

généralisées.

contexte “post” conflit de violences sexuelles

: www.reseauafrique2000.org)

(Pour en savoir plus

INSOUMI

En tant que militante de la lutte contre le sida, quels sont les principaux combats que vous portez aujourd’hui ?

Il existe aujourd’hui une inégalité flagrante dans l’accès au traitement antirétroviral dans mon pays. Seules 24% de personnes éligibles et vivant pour la plupart dans les grandes villes ont accès au traitement. C’est purement et simple- ment de la non assistance à personne en dan- ger ! Bien qu’un effort soit fait, il est encore insuffisant. Ce combat est au centre des actions de l’association que je dirige ! Il y en a d’autres comme l’accès au traitement pour les enfants, la protection des femmes en milieu rural, leur information et leur éducation sur le VIH, le sort des survivantes des violences sexuelles et l’application de la loi contre les res- ponsables de viols et leurs complices.

Quel(s) message(s) pour l’avenir souhai- tez-vous transmettre aux personnes qui s’engagent dans la lutte contre le sida en 2010 ? Malgré les difficultés pour financer nos activités, nous ne devons pas baisser les bras. Plus que jamais notre volonté de vaincre le sida doit être inébranlable. Nous devons multiplier les actions de plaidoyer auprès de nos gouvernants, de nos partenaires, des bailleurs de fonds, pour leur faire comprendre le danger qui nous cerne de partout afin de les amener à respecter leurs engagements et à se mobiliser pour arrêter cette pandémie. Il ne faut pas que le Nord oublie que le sida du Sud continuera à alimenter le sida du Nord Plus que jamais nos actions en direction de nos populations doivent être bien ciblées pour plus d’efficacité. Soyons certains, que si nous nous y mettons, ensemble avec les dirigeants de ce monde, nous pouvons vaincre le sida. Yes we can !

Entretien réalisé par Florence Giard - AIDES

est
est
les dirigeants de ce monde, nous pouvons vaincre le sida. Yes we can ! Entretien réalisé

Daniel Defert

par

de AIDES,

des cadres

Convention

président

la

de

Defert,

Lors

Daniel

2010,

juin

est intervenu sur ce

25

le

fondateur de l’association,

Foucault.

Michel

à

AIDES

rattache

vous livrons les principaux extraits de son

qui

Nous

intervention.

u x e x t r a i t s d e s o n qui

23 septembre 2010

bulletin militant

ECLAT

ECLAT

) (

l’anthropologie, que dans les sociétés africaines,

c’était le rôle des anciens de parler de la mémoire du groupe. Comme les anciens en France deviennent très vieux et perdent la

mémoire, on profite du fait que je sois entre les deux pour m’extraire un peu de mémoire.”

) (

AIDES à Michel Foucault. J’ai dit oui. Le 25 juin, c’est l’anniversaire de la mort de Michel Foucault. Dans les premières années de l’épidé- mie, les conférences internatio-

nales sur le sida se tenaient à cette date-là et je me rappelle lorsque la deuxième confé- rence s’est tenue à Paris en 1986, j’ai eu à prendre la parole en tant que Président de AIDES à 13h15 au Palais des Congrès, qui était l’heure de la mort de Michel Foucault deux ans auparavant. Et plusieurs

années, le 25 juin, il y a eu comme ça des événements dans l’histoire de

AIDES, qui m’obligeaient à me resituer dans

cette perspective. (

“Je ne veux pas faire une

On m’a demandé d’évoquer ce qui rattache

“On m’avait dit autrefois, quand je faisais de

très beau numéro de la revue qu’il dirige avec

Matthieu Pott-Bonneville Vacarme, une excel- lente revue. Pour le vingtième anniversaire de la mort de Foucault, ils avaient fait un numéro spé- cial. Mangeot avait écrit un très bel article rap- pelant la place de Foucault dans l’histoire de la lutte contre le sida, parce que d’une part il pense que trois associations françaises, c'est-à- dire AIDES,Arcat d’une certaine façon et Act Up- Paris - et surtout Act Up New York - se réclament de Foucault, et finalement, cela resituait. Mangeot, d’autre part, avait

une très belle phrase que j’ai recopiée, tellement elle était précise : “Ce serait un roman, on trouverait la coïncidence forcée. Foucault est à la fois la première personnalité en France qui meurt du sida et celui dont l’œuvre constitue la référence la plus précieuse

pour appréhender la maladie pour la penser et pour y résis- ter”. Et c’est tout à fait exact. Je ne vais pas développer la pensée de Foucault, certains la connaissent. Moi-même, je ne suis pas forcé- ment celui qui la connaît le mieux, mais je la vis d’une certaine façon. Je voudrais simplement évoquer trois points. Effectivement, la naissance de AIDES a à voir avec la mort de Foucault, avec le fait de sa mort et avec les circonstances de sa mort, qui m’ont plongé dans une situation éthique qui a fait partie aussi de notre histoire.

Foucault est à la fois la première personnalité en France qui meurt du sida et celui dont l’œuvre constitue la référence la plus pré- cieuse pour appréhen- der la maladie pour la penser et pour y résis-

ter”.

)

commémoration - bien que la commémoration fasse partie hélas de l’histoire de AIDES - mais je voudrais partir d’une chose que j’ai trouvée dans un article de Philippe Mangeot 1 . Vous connaissez tous Philippe Mangeot qui est un des fondateurs d’Act Up-Paris, quelqu'un que j’aime beaucoup et qui a écrit cet article dans un

1/ Mangeot Philippe, “Sida : angles d'attaque. Trois associations, trois lectures de Foucault”, Vacarme n°29, automne 2004, pp74- 81, http://www.vacarme.org/article456.html Vacarme n°29, Michel Foucault, 1984-2004, Automne 2004, http://www.vacarme.org/rubrique105.html

Vacarme n°29, Michel Foucault, 1984-2004, Automne 2004, http://www.vacarme.org/rubrique105.html
Vacarme n°29, Michel Foucault, 1984-2004, Automne 2004, http://www.vacarme.org/rubrique105.html
Vacarme n°29, Michel Foucault, 1984-2004, Automne 2004, http://www.vacarme.org/rubrique105.html

ECLAT

Ensuite, je voudrais quand même évoquer com- ment la pensée de Foucault, son travail, font partie d’une certaine façon de l’horizon intellec- tuel de AIDES. Enfin le mode d’engagement politique de Foucault, son mode d’être politique a fait partie aussi de l’histoire de AIDES - histoire que cer- tains connaissent, certains ne connaissent pas - et c’est toujours utile de raviver un peu ce qui est fondateur dans une histoire.

D’abord le fait de la mort de Foucault bien sûr. Cela fait vingt-six ans aujourd'hui et j’ai vécu vingt-quatre ans avec lui, donc cela fait mainte- nant presque un peu plus de temps que je vis sans lui mais dans son horizon. Et puis les cir- constances de sa mort : je voudrais quand même y insister parce que ça a été à l’origine d’un enjeu, d’un débat et de certaines ambiguï- tés qui ont fait partie du contexte de la nais- sance de AIDES. Il a été hospitalisé trois semaines à la fin du mois de mai 1984. Il meurt à la Salpêtrière au bout de ces trois semaines, sans que ni lui ni moi n’ayons reçu de diagnos- tic. Il n’a rien demandé, il ne se faisait pas d’illu- sion, nous en avions souvent parlé depuis Noël 83. À l’époque, nous ne savions vraiment rien. Et en dehors d’images très, très choquantes de Kaposi, nous n’avions pas une idée de ce qu’était un malade du sida, et les tests étaient encore absolument artisanaux et inconnus. J’ai fait mon premier test en septembre 84, j’ai eu le résultat fin novembre 84. Il avait eu un trai-

tement de Bactrim en janvier 84 parce qu’en fait il avait visiblement une pneumocystose. Le trai- tement de Bactrim avait été tellement efficace qu’on s’est dit, bon ce n’est pas le sida puisque le sida ne se guérit pas. Il avait pu faire son cours au Collège de France, le cours qui a été publié cette année “Le courage de la vérité”. Imaginez quand même un livre de quatre cents pages d’une grande érudition sur la pensée grecque qu’il a fait en ne pouvant pratiquement plus s’ali- menter, en train de mourir.

Jusqu’à sa mort, il n’a pas eu de diagnostic. Ses premiers médecins, à Tarnier, officiellement, ne lui en ont jamais donné, préférant lui assurer un temps de travail qu’il souhaitait. Cependant, j’ai appris longtemps après - il m’a fallu la longue fréquentation des journalistes - que le chef de service de la Salpêtrière avait quasiment orga- nisé des conférences de presse pour les tenir informés de l’évolution de la maladie de Foucault. Nous étions les deux seuls à ne rien savoir. Naturellement, cela a été fait dans la confidentialité. Après sa mort, je dois me rendre au service d’état civil et la personne responsa- ble de l’état civil à l’hôpital me dit “ah il était temps que vous arriviez, depuis huit jours, tous les journalistes me demandent si c’est le sida”. Vous savez qu’il y a quand même une règle de déontologie médicale en France qui n’est pas la même aux États-Unis. Aux États-Unis, vous savez qu’il existe des pratiques d’embaume- ment, et on a rendu très vite publique la cause

Aux États-Unis, vous savez qu’il existe des pratiques d’embaume- ment, et on a rendu très vite

ECLAT

La parole qui doit être prononcée, parole politique, c’est une pas une parole mais d’aveu.
La parole qui doit être prononcée,
parole politique,
c’est une
pas une parole
mais
d’aveu.
politique, c’est une pas une parole mais d’aveu. de la maladie des gens pour justement qu’il

de la maladie des gens pour justement qu’il n’y ait pas de contamination dans les procédures d’embaumement. C’est pour cela qu’il y a eu un acteur célèbre, Liberace, qui a été déterré pour, après coup, refaire une recherche de séropositi- vité, parce que le personnel qui l’avait embaumé se sentait menacé. Aux États-Unis, il n’y avait donc pas de secret médical. En France, c’est en principe très protégé. Il y a donc eu secret médical, même si avec sa famille et son médecin nous avons fait un communiqué disons allusif. Et il y a eu immédiatement une polémique “Foucault, mort honteusement du sida ?”, c’était écrit dans le journal de mon camarade qui est là-bas 2 , mais ce n’est pas lui qui l’a écrit dans Libération. Immédiate rumeur internationale : “Est-il mort du sida, n’est-il pas mort du sida ?”.

Ce contexte de naissance de l’association mon- tre, à ce moment-là, cette situation majeure : le silence et la honte ou l’injonction d’aveu. Je trouve que l’injonction d’aveu est quelque chose d’absolument détestable. L’injonction d’aveu est de l’ordre de la police. C’est exigé dans le catholicisme, mais au moins dans le

secret du confessionnal, ou par la police et au tribunal. En général, qu’est-ce que c’est qu’avouer ? C’est se fourrer dans le fantasme de l’autre. En général, on vous demande “Vous avez le sida ? Vous êtes homosexuel ?” Sous entendu “vous vous faites enculer ou vous enculez ?” C'est-à-dire d’emblée, on vous situe dans l’imaginaire de l’autre et la question est absolument réductrice. La parole qui doit être prononcée, c’est une parole politique, mais pas une parole d’aveu. Une parole politique, c’est une parole publique, une parole collective, une parole réfléchie, une parole stratégique, ce que fait AIDES. Nous n’avons donc jamais tenu à encourager l’aveu au sein de AIDES. On a tou- jours été extrêmement précis sur des questions d’éthique médicale et que lorsqu’il y avait une parole, elle était le plus possible parole collec- tive, réfléchie pour des enjeux tactiques de lutte contre le sida ou des enjeux stratégiques, mais pas des enjeux de confession. Donc, voilà des éléments d’histoire qui sont aussi partis d’une éthique et d’une politique.

2/ Eric Favereau, Libération

des éléments d’histoire qui sont aussi partis d’une éthique et d’une politique. 2/ Eric Favereau, Libération
des éléments d’histoire qui sont aussi partis d’une éthique et d’une politique. 2/ Eric Favereau, Libération
des éléments d’histoire qui sont aussi partis d’une éthique et d’une politique. 2/ Eric Favereau, Libération

ECLAT

ECLAT La question de l’éthique s’est donc posée d’em- blée comme le lieu de naissance de

La question de l’éthique s’est donc posée d’em- blée comme le lieu de naissance de AIDES. Les travaux de Foucault, vous les connaissez un peu, son premier travail, sa première grande œuvre, c’est “L’histoire de la folie” 3 . L’histoire de la folie, c’était l’histoire de comment s’était constitué cet enfermement et cette exclusion, cette gestion d’une population diverse de gens marginalisés qui a donné naissance à la psy- chiatrie. Justement, dans cette histoire-là, Foucault s’était rendu compte qu’il n’y avait pas d’archives de la parole des fous. La première grande œuvre de Foucault, “L’histoire de la folie”, c’est l’absence de la parole des fous, il n’y a que la parole de ceux qui enferment, la parole des médecins, la parole des policiers, la parole des curés, la parole de tous ceux qui ont eu un

rôle de répression de la folie, mais pas de parole de fous. Le premier finalement qui a parlé, des dedans de l’enfermement, c’est Sade, et on peut se demander s’il s’agit de folie. Apparemment pas.

La question qui s’est posée d’emblée à Foucault, c’est justement comment donner la

à ceux qui sont exclus de parole et

dont la parole est barrée. Nous avons créé ensemble ( le GIP) avec Foucault - avant même qu’il ait écrit “Surveiller et punir”, mais ça en a été l’origine -. J’étais à ce moment-là dans le mouvement maoïste, la gauche prolétarienne, et beaucoup de mes camarades étaient en prison, nous avons créé le Groupe d’information sur les prisons (GIP). Au départ, mes camarades de la

parole (

)

3/ Foucault Michel,Histoire de la folie à l'âge classique. Folie et déraison, Gallimard, coll. “Tel”, Paris, 1972

Michel, Histoire de la folie à l'âge classique. Folie et déraison, Gallimard, coll. “Tel”, Paris, 1972
Michel, Histoire de la folie à l'âge classique. Folie et déraison, Gallimard, coll. “Tel”, Paris, 1972
Michel, Histoire de la folie à l'âge classique. Folie et déraison, Gallimard, coll. “Tel”, Paris, 1972

qui doit fonctionner comme

ECLAT

Ce que Foucault nous a légué, c’est effectivement la prise de parole des gens exclus
Ce que Foucault nous
a légué,
c’est effectivement la
prise de parole des gens
exclus de la parole et de leur donner
la forme d’un
savoir transgressif
contre-pouvoir.

gauche prolétarienne voulaient une commis- sion d’enquête sur les prisons. Nous savions très bien que nous ne pouvions pas entrer dans les prisons. Par contre, nous pouvions obtenir par des méthodes de pénétration clandestine, de recueillir la parole des gens en prison. Nous avons donc - cela a été l’objectif de ce groupe - collecté une parole interdite, une parole qui n’avait pas de légitimité. De plus, les gens qui sont en prison subissent une opprobre morale qui les délégitime. Nous avons donc créé un mouvement de prise de parole, politiquement, de gens qui étaient exclus de la parole.

Cette expérience que nous avions menée ensemble, c’est ce modèle qui s’est imposé à moi d’emblée et aux premiers volontaires de AIDES pour continuer, sous la forme de ce qui était aussi un deuil, une action politique : à la fois continuer une parole et légitimer la parole inter- dite. C'est-à-dire que le savoir qui est porté par cette parole doit être transgressif. Un savoir qui n’est pas transgressif est un savoir qui répond à l’attente de l’autre, qui répond à l’attente répres- sive, et justement, quand on est amené à parler d’homosexualité, de prostitution, de toxicoma- nie, de transsexualité, nous sommes amenés à

tenir des discours transgressifs et à faire entrer dans le champ du savoir, de l’expérience collec- tive des choses transgressives. On n’a pas forcé- ment à affirmer une identité, mais à affirmer une expérience, un savoir, une parole transgressive. Ce que Foucault nous a légué, c’est effective- ment la prise de parole des gens exclus de la parole et de leur donner la forme d’un savoir transgressif qui doit fonctionner comme contre- pouvoir. Nous sommes dans cette tradition-là de constituer un savoir transgressif qui est un contre-pouvoir.

Un autre élément important du travail de Foucault qui apparaît à partir de 1974-1975, et notamment dans son livre - le premier volume de son histoire de la sexualité - “La volonté de savoir” 4 , c’est l’analyse d’une transformation importante du pouvoir, à partir du 18 è siècle, de la gouvernance politique dans l’histoire de l’Europe en particulier : pendant des siècles, le pouvoir a eu la forme d’un prélèvement d’im- pôts et prélèvement de gens pour faire la guerre. Le pouvoir avait un droit de vie et de mort sur les gens. D’une certaine manière, le pouvoir était redoutable et les gens se cachaient le plus possible du pouvoir.

4/ Foucault Michel, Histoire de la sexualité, vol. 1 : La volonté de savoir, Gallimard, Paris, 1976

du pouvoir. 4/ Foucault Michel, Histoire de la sexualité, vol. 1 : La volonté de savoir
du pouvoir. 4/ Foucault Michel, Histoire de la sexualité, vol. 1 : La volonté de savoir
du pouvoir. 4/ Foucault Michel, Histoire de la sexualité, vol. 1 : La volonté de savoir

ECLAT

À partir du 18 è siècle, il y a eu une transforma- tion importante du fonctionnement du pouvoir dans nos sociétés. Ce pouvoir, pour des raisons d’ailleurs de transformation économique, devient producteur de vie, producteur de démo- graphie, producteur de santé, producteur d’al- longement de l’espérance de vie et de la quan- tité de population pour travailler et faire la guerre, les grandes guerres commencent à l’époque de Napoléon. Le pouvoir change de nature et devient ce que Foucault appelle “bio- pouvoir”. Nous sommes dans ce biopouvoir, c'est-à-dire que le pouvoir politique n’est plus ce pouvoir seulement répressif qui prélève, c’est un pouvoir désirable parce qu’il nous allonge la vie, il nous garantit la vie et qu’est-ce qu’on fait depuis ce matin ici ? On demande au pouvoir politique mondial de nous protéger, de nous garantir, de nous allonger la vie. Nous sommes donc dans ce nouveau régime de pouvoir, mais il faut aussi savoir s’en proté- ger, parce que c’est un pouvoir retors, un pou- voir désirable. Cependant, en même temps, vous le voyez bien, la fonction transgressive que nous devons maintenir et assurer, ce n’est pas si facile de demander aux pouvoirs politiques d’assurer la vie des prostituées, des homo- sexuels, des transsexuels et des toxicomanes. Nous en avons tous l’expérience. Finalement, le biopouvoir est aussi un pouvoir normatif limita- tif, contraignant et nous n’y avons jamais d’ac- quis. Nous avons sans cesse à remettre en question notre fonction de contre-pouvoir. Cela aussi, c’est un important message et un acquis de la pensée de Foucault.

Un autre acquis très important (

toire de la sexualité telle que Foucault l’a pen- sée. La notion d’homosexualité telle que nous la connaissons, vous savez que c’est une notion très récente. Elle est parfaitement datée, on sait même l’homme qui l’a employée le premier - ça doit être autour de 1868 avec Kertbeny - ou un médecin légiste psychiatre allemand ou suisse allemand. C’est une catégorie récente de la pensée, c'est-à-dire que pendant des siècles, on n’a pas catégorisé ainsi des individus mais des actes. L’humanité était divisée à partir du sexe que l’on a, c’est-à-dire le genre, mais pas à par- tir du sexe que l’on désire. Penser la sexualité à partir de l’objet du désir, c’est quelque chose qui se construit au 19 è siècle et on a commencé à catégoriser les individus à partir de ce qu’ils désirent. On est urophile, scatophile, pédophile, homophile, enfin bon, des tas de possibilités, des tas de variétés comme les espèces natu-

c’est l’his-

),

relles et, d’une certaine façon, s’est construite cette catégorie d’homosexualité, alors qu’avant on était simplement sodomite. C'est-à-dire que l’on utilisait le vase interdit qui pouvait être le vase de l’homme ou de la femme. Donc, on est passé d’un registre de péché qui portait sur l’acte à une pathologisation d’individus et à une définition médicolégale. Foucault, dans son his- toire de la sexualité, a beaucoup réélaboré toutes ces notions et vous savez d’ailleurs qu’une partie des Américains fondateurs d’Act Up New York se retrouve dans un mouvement qui s’appelle le mouvement “Queer” : on ne défi- nit pas les gens par une catégorie sexuelle, mais pas une catégorie de transgression. On est

“Queer” : on ne défi- nit pas les gens par une catégorie sexuelle, mais pas une
“Queer” : on ne défi- nit pas les gens par une catégorie sexuelle, mais pas une
“Queer” : on ne défi- nit pas les gens par une catégorie sexuelle, mais pas une

ECLAT

Nous avons sans cesse à remettre en question notre fonction de contre-pouvoir.
Nous avons
sans cesse
à
remettre en question
notre fonction
de
contre-pouvoir.

queer, on est bizarre. Mais ce n’est pas une iden- tité : c’est un choix de différence. Donc, Foucault a eu une analyse de la sexualité qui, dans les années 1970, prenait à contre-cou- rant les mouvements de libération homosexuels qui partaient de l’hypothèse qu’il y avait une identité universelle du désir de son propre sexe, et que cette identité psychologique pouvait légi- timement être reconnue comme identité sociale et politique, alors qu’elle était réprimée dans un certain nombre de sociétés, et qu’il fallait la libé- rer. Or Foucault dit “nous construisons notre sexualité. Nous pouvons inventer l’homosexua- lité, on ne la libère pas, on l’invente”. Et quand on l’invente, cela veut dire qu’on construit ce que l’on en veut faire 5 . Si on veut se marier, si on veut adopter des enfants, on invente, mais on ne la libère pas, on la crée.

Je suis tout à fait embarrassé effectivement

dans l’histoire actuelle à laquelle vous êtes confrontés puisque l’histoire du sida est indisso- ciable de l’histoire de la mondialisation. On l’a

c’est indissociable. Et dans les éléments

de mondialisation dans laquelle nous sommes, il y a aussi l’universalisation du modèle homo- sexuel occidental, et ce n’est pas si simple. Il y a eu dans toutes les sociétés une érotique, c'est- à-dire un désir homosexuel codifié de façon extrêmement variée : dans la société grecque, c’était les jeunes gens avant qu’ils n’aient de la barbe ; tous les hommes les avaient désirés. Et sans doute tous avaient eu des relations

vu, (

)

sexuelles que nous disons “homosexuelles”. Les femmes un peu moins, ou plutôt un peu moins répertoriées. Pour les hommes, cela faisait par- tie de leur éducation et le problème était que le jeune homme ne devait pas être passif, puisque l’homme devait être un sujet politique libre. Il ne fallait pas qu’il se mette dans la position de l’es- clave ou de la femme qui n’étaient pas libres. Donc, l’homosexualité - ce que nous appelons homosexualité - était possible, mais avec un code extrêmement limitatif, entre les cuisses et pas entre les fesses, enfin il y avait tout un ensemble de choses qui étaient admises et d’autres disqualifiées - on assistait à une vérita- ble sexualité, c’est-à-dire à un code sexuel diffé- rent de ce que nous appelons nous homosexua- lité. Au Japon, les grands acteurs de kabuki étaient désirés par les hommes et par les femmes et on ne leur demandait pas une identité sexuelle. Je me rappelle avoir été au Japon avec Foucault le jour où le plus grand acteur de kabuki a déclaré qu’il était homosexuel et Foucault s’est écrié “Quel con !” Parce qu’effectivement, il était en train de faire basculer une problématique éro- tique japonaise immémoriale dans une problé- matique californienne récente. Voilà, je dois vous dire que la pensée de Foucault, vous voyez, c’est une pensée philoso- phique, politique qui a introduit dans le champ de la pensée des objets nouveaux. La philoso- phie réfléchissait la vérité, la raison, l’être, la morale. Lui, il a donné à penser à la philosophie

5/ Foucault Michel, "Michel Foucault, une interview : sexe, pouvoir et la politique de l'identité", pp1554-65, in Dits et écrits, vol. 2 :

1976-1988, Gallimard, coll. “Quarto”, Paris, 2001

de l'identité" , pp1554-65, in Dits et écrits, vol. 2 : 1976-1988, Gallimard, coll. “Quarto”, Paris,
la prison, la folie, la sexualité, l’homosexualité, la répression, la délinquance. Il a donné des

la prison, la folie, la sexualité, l’homosexualité, la

répression, la délinquance. Il a donné des objets

nouveaux à penser mais avec la force de pen- sée qu’il y avait traditionnellement dans ce qu’on appelle la philosophie. Et je pense que,

d’une certaine manière, cette histoire de la pen- sée foucaldienne qui est universellement recon- nue (vous savez qu’il est traduit dans le monde entier, et j’ai fait une conférence à Madras sur Foucault devant une salle plus pleine que celle-

ci où les gens connaissaient remarquablement

bien tous les textes, certains traduits en tamoul,

et j’ai encore reçu hier de Hong-Kong une demande d’une chronologie que j’ai faite sur Foucault). Cette pensée qui a une audience internationale a fait partie de notre histoire à nous AIDES et elle a fait partie je crois des

butées, des interrogations qui nous ont sans arrêt sollicités, relancés dans l’histoire de AIDES.

Donc effectivement, dans mon rôle de “vieux, porteur de mémoire”, je ne suis pas mécontent de l’opportunité que Bruno Spire m’a donnée de vous parler un peu. Dans ce 25 juin de Foucault, en plus ayant eu le bonheur de vivre avec lui et de l’aimer, je suis bien content de lui rendre cet hommage de bonheur et pas seulement de deuil. Je dois dire que j’ai rencontré Foucault la première semaine où je suis arrivé à Paris en 1960. Il arrivait également à Paris ; il venait de vivre à l’étranger plusieurs années et il se trouve que j’ai été présenté à lui par un de mes anciens professeurs de la faculté de Lyon qui était Robert Mauzi, un de ses meilleurs amis, et

à lui par un de mes anciens professeurs de la faculté de Lyon qui était Robert
à lui par un de mes anciens professeurs de la faculté de Lyon qui était Robert
à lui par un de mes anciens professeurs de la faculté de Lyon qui était Robert

ECLAT

Roland Barthes. Je fais donc la connaissance de Foucault, entre Roland Barthes et Robert Mauzi, et d’emblée j’ai eu devant moi quelqu’un non seulement dont l’intelligence était foudroyante mais qui créait des relations différentes de ce que les autres créaient. Récemment, lors d’un hommage à Jean Le Bitoux qui a fondé Gai Pied avec l’appui de Foucault, j’ai eu à évoquer le fait que finalement avec la génération de Roland Barthes c’était encore l’homosexualité comme on la lit dans Proust où les différences d’âge, les

différences de classe sociale, tout cela était structurant. Avec Foucault, d’emblée, on inven- tait une autre relation. C’était la modernité et j’avoue qu’il m’a fait entrer un peu avant d’au- tres dans cette modernité et cette modernité elle est tragique puisque le sida en fait partie, mais nous l’avons pensée avec son outillage intellectuel.”

elle est tragique puisque le sida en fait partie, mais nous l’avons pensée avec son outillage
elle est tragique puisque le sida en fait partie, mais nous l’avons pensée avec son outillage
elle est tragique puisque le sida en fait partie, mais nous l’avons pensée avec son outillage
elle est tragique puisque le sida en fait partie, mais nous l’avons pensée avec son outillage

poursuit lexpérience du

AIDES

dépistage communautaire non-médicalisé

Création

observatoire

dun

malades étrangers

pour les

ZOOM

Après un peu plus de 18 mois de recherche bio- médicale sur le dépistage communautaire, le Conseil d’Administration de AIDES a décidé de poursuivre “ANRS - Comtest”, faute d’un chan- gement de la loi permettant de proposer ce dépistage hors recherche.

Au 30 juin, cette étude, évaluant une offre de dépistage communautaire et non-médicalisé s’adressant aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, a produit des données qui sont en cours d’analyse et permet- tent déjà de répondre par l’affirmative à la ques- tion qu’elle posait : celle de la faisabilité de ce dispositif et de sa plus value par rapport à l’offre de dépistage actuelle.

La poursuite de l’essai permettra de continuer l’action jusqu’à obtention du nouveau cadre réglementaire du dépistage non-médicalisé en France qui a été promis par la ministre de la santé lors de la conférence de Vienne fin juillet.

L’essai “ANRS - Drag’test”, lancé à Marseille en mars, à Paris en juin, et à Nice en juillet compare quant à lui l’offre de dépistage classique en CDAG à une offre de dépistage rapide réalisée par des intervenants communautaires dans les mêmes lieux.

Pour plus de détails sur ces recherches :

http://depistage.aides.org

Elise Bourgeois Fisson - Chargée de mission MIRE - AIDES

Depuis 1998, grâce à la forte mobilisation des associations de lutte contre le VIH, les étrangers malades venant de pays où il n’y a pas d’accès aux traitements, sont protégés contre l’expulsion et doivent être régularisés. Si la loi n’a pas bougé d’une virgule, son application a changé. Aux attaques gouver- nementales, s’ajoute une multiplication de tracasseries et dysfonctionnements dans les préfectures. Concrètement, sans carte de séjour, c’est la précarité quotidienne, l’éloi- gnement du soin et de la prévention. Aujourd’hui, AIDES donne une nouvelle impulsion à sa mobilisation avec un nouvel outil : l’observatoire “étrangers malades”. Comment ça marche ?

Objectiver l’ampleur et la nature des dysfonctionnements Les pouvoirs publics entretiennent un “black out” sur le nombre de titres de séjour pour raison de santé. Cette opacité nourrit exagé- ration, fantasme et fragilise le dispositif. Les données recueillies par nos partenaires associatifs ne recoupent que partiellement nos préoccupations.Aussi, la situation spéci- fique des étrangers touchés par le VIH et/ou les hépatites reste à documenter quantitati- vement et qualitativement.

fique des étrangers touchés par le VIH et/ou les hépatites reste à documenter quantitati- vement et
fique des étrangers touchés par le VIH et/ou les hépatites reste à documenter quantitati- vement et
fique des étrangers touchés par le VIH et/ou les hépatites reste à documenter quantitati- vement et

ZOOM

Pour avoir plus d'information et/ou un accès autorisé à cet observatoire, contactez le référent selon votre département :

Départements : 21 – 25 – 51 – 54

71 – 88 – 58 (région AIDES Grand Est)

observatoire.ema.ge@aides.org

– 57

– 67 – 68 –

Départements : 59 – 75 – 76 – 77 – 78 –

93 – 94 – 95 (région AIDES NOIF)

observatoire.ema.noif@aides.org

91 –

92 –

Départements : 28 – 29 – 35 – 37

53 – 56 – 72 – 85 – 97 (Région AIDES Grand Ouest) :

– 44 – 45

– 49

observatoire.ema.go@aides.org

Départements : 03 – 11 – 15 – 30 – 31 – 34 – 63 –

65 – 66 (région AIDES AGL ) :

observatoire.ema.agl@aides.org

Départements : 16 – 17 – 24 –33 – 40 – 47 –64 – 79 –

86 –87 (région Sud Ouest) :

observatoire.ema.so@aides.org

Départements : 01 – 05 – 06 – 07 –13–38 – 69 – 83 – 84: (région AIDES RAM) observatoire.ema.ram@aides.org

Départements 97 - zone Caraïbes :

observatoire.ema.caraibes@aides.org

97 - zone Caraïbes : observatoire.ema.caraibes@aides.org Disposer d’outils pratiques pour faire face au quotidien

Disposer d’outils pratiques pour faire face au quotidien Parce que la procédure à suivre est complexe, parce que les préfectures regorgent d’imagina- tion, parce qu’on se sent démuni pour accom- pagner au mieux les personnes concernées, il a été prévu d’ajouter une dimension pratique dans l’observatoire. La grille de recueil de données, accessible en ligne, guide l’analyse des situations individuelles et propose des rubriques d’aides vulgarisant la réglementation applicable, des modèles de courrier ou de recours, des suggestions de pistes de plaidoyer. L’outil est aujourd’hui en place. Il est accessible aux associations au contact avec les migrants en dehors de AIDES. Une analyse des données collectées sera produite contribuant à l’amélio- ration des actions de AIDES et à l’alimentation de notre plaidoyer.

Adeline Toullier - Responsable soutien – AIDES

ration des actions de AIDES et à l’alimentation de notre plaidoyer. Adeline Toullier - Responsable soutien
ration des actions de AIDES et à l’alimentation de notre plaidoyer. Adeline Toullier - Responsable soutien

SUR LE FEU

7 – 10 Octobre - Rencontres Mieux Vivre avec le VHC Notre mot d'ordre :
7 – 10 Octobre -
Rencontres Mieux Vivre avec le VHC
Notre mot d'ordre : “prendre la parole
et se faire entendre”.Cet événement,
organisé par AIDES et SOS Hépatites,
est conçu par les personnes concer-
nées par l’hépatite C. Sur place, les par-
ticipants seront là pour eux-mêmes
mais aussi comme porte parole des
autres malades. Ils élaboreront collec-
tivement des propositions et des
recommandations, qu’ensemble nous
porterons auprès des décideurs poli-
tiques, des soignants et des acteurs en
santé publique.
26 – 27 novembre :
Les
Etats Généraux du VIH
en
Ile
France
Les
Etats
généraux
de
l'organi-
sation
soins
IDF
été
demandés
les
associations
de
lutte
contre
VIH/sida,
ont afin
que
les des de
besoins
le des en
personnes
séropositives
par suivies
dans
les
hôpitaux de la
région, notam-
ment à l'Assistance Publique-
Hôpitaux
de
Paris
(AP-HP),
soient entendus et
pris en
compte
dans
les
plans admi-
nistratifs
de
réorganisation
des
services
hospitaliers.
Ils
14
Novembre
seront la
voix
des
malades
Université
des
personnes
! depuis partager AIDES séropositifs
dans
la
restructuration
des
Notre
objectif
tous
:
une
meilleure
hôpitaux d'Ile
de France et
qualité
de
vie,
ensemble
en
amont,
en
seront placés sous
la respon-
novembre,
et
pour
l’après
sabilité
de
l'Agence régionale
Elles
sont
organisées
par
Grand
de
Santé (ARS)
d'IDF.
11 – et
Est
AIDES
le Rhône non,
- Alpes ou
Méditerranée.
Elles
concernent
des
personnes,
en
trai-
tement
ou
vivant
long-
temps
avec
virus
ayant
appris
leur
contamination
récemment.
Elles
vont
construire
à ensemble, plus
leur
vécu
et
expériences,
prendre
soin
également dans un
d’elles et des autres,
dialogue avec les soignants.