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Anémie et hémorragie

Anémie (vue d'ensemble)

Sommaire
 Anémie : qu'est-ce que c'est ?
 Symptômes de l’anémie
 Personnes et facteurs de risque
 Prévention de l’anémie
 Traitements médicaux de l’anémie
 L’opinion de notre médecin
 Approches complémentaires
 Sites d’intérêt
 Références

Anémie : qu'est-ce que c'est ?


Cette fiche renseigne sur l’anémie et ses diverses formes. Pour en savoir plus sur l’anémie
ferriprive (par carence de fer) et l’anémie par carence en vitamine B12, consulter nos fiches
sur le sujet.
L'anémie est un problème de santé relativement fréquent qui se caractérise par un manque de
globules rouges. Les globules rouges sont des cellules que l’on retrouve dans le sang. Ils
servent entre autres à apporter de l’oxygène aux tissus et aux organes.
Les personnes atteintes d’anémie peuvent se sentir fatiguées et s’essouffler plus facilement
qu’à l’habitude, car leur coeur doit travailler plus fort pour approvisionner leur corps en
oxygène.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 25 % de la population mondiale souffre d’anémie1.
La moitié de ces cas serait attribuable à une carence nutritionnelle en fer. Les femmes qui ont
des menstruations abondantes, les enfants d’âge préscolaire et les femmes enceintes sont les
plus à risque d’anémie.
La vie d’un globule rouge
Les reins sécrètent une hormone, l'érythropoïétine, qui commande à la moelle osseuse la
fabrication de nouveaux globules rouges. Ces globules circulent dans le sang durant
120 jours. Puis, ils sont détruits dans la rate. Chaque jour, environ 1 % des globules rouges
sont renouvelés.
Causes
Plusieurs situations peuvent donner lieu à une anémie.
 Une carence en fer.
 Une carence en vitamines.
 Une maladie chronique ou une maladie de la moelle osseuse.
 Une maladie génétique, qui entraîne par exemple une destruction trop rapide des
globules rouges.
 Une hémorragie, c’est-à-dire un écoulement de sang à l’extérieur des vaisseaux
sanguins.
Globules rouges, fer et hémoglobine
Les globules rouges sont des cellules sanguines essentiellement constituées d’hémoglobine.
L’hémoglobine est composée d’une protéine (la globine) et d’un pigment (l’hème). C’est ce
dernier qui donne la couleur rouge au sang. Il fixe le fer qui transporte l’oxygène des
poumons vers les cellules. L’oxygène est nécessaire à la production d’énergie dans les
cellules et permet aux organes d’accomplir leurs fonctions. Le pigment lié à l’oxygène prend
une teinte rouge vermeil et circule dans les artères. L’hémoglobine transporte aussi le
dioxyde de carbone (rebut de la combustion de l’oxygène) des cellules vers les poumons. Elle
devient alors rouge violacé et circule dans les veines.
Principaux types d'anémie
 Anémie ferriprive. C'est la forme d’anémie la plus répandue. Les menstruations
abondantes et une alimentation pauvre en fer en sont les causes les plus fréquentes.
L’anémie ferriprive modifie la taille des globules rouges, qui deviennent plus petits
que la normale (anémie microcytaire). Pour en savoir plus, consulter notre fiche
Anémie ferriprive.
 Anémie causée par une carence en vitamines. Ce type d’anémie produit des
globules rouges déformés et très gros (anémie macrocytaire). Les plus courantes sont
celles causées par une carence en vitamine B12 ou en vitamine B9 (acide folique). La
première peut survenir en raison d’un apport alimentaire insuffisant en cette vitamine,
de sa mauvaise absorption dans l’intestin ou d’une maladie appelée anémie
pernicieuse. Pour plus de détails, voir notre fiche Anémie par carence en B12.
 Anémie causée par une maladie chronique. Plusieurs maladies chroniques (et
parfois leurs traitements) peuvent réduire la quantité de globules rouges en circulation
dans le sang. C’est le cas du cancer, de la maladie de Crohn et de maladies
inflammatoires comme l’arthrite rhumatoïde. L’insuffisance rénale peut aussi
provoquer l’anémie, car les reins sécrètent l’érythropoïétine, l’hormone qui stimule la
production des globules rouges. Ceux-ci conservent toutefois leur taille et leur aspect
normaux (anémie normocytaire).
 Anémie hémorragique. Une perte de sang importante survenue après un grave
accident, une intervention chirurgicale ou un accouchement, par exemple, peut
rapidement causer une anémie. Certains problèmes gastro-intestinaux (un ulcère
gastroduodénal, des polypes intestinaux ou un cancer colorectal) peuvent aussi y
conduire, mais cette fois en entraînant une légère et constante perte de sang dans les
selles (parfois invisible), sur une longue période.
 Anémie hémolytique. Ce type d’anémie se caractérise par une destruction trop rapide
des globules rouges. Elle peut être attribuable à une réaction du système immunitaire
(auto-immune ou allergique), à la présence de toxines dans le sang, à des infections
(par exemple, la malaria), ou encore être congénitale (anémie à hématies falciformes,
thalassémie, etc.). La forme congénitale touche surtout les individus d’origine
africaine.
 Anémie sidéroblastique. Ce terme chapeaute un groupe d'anémies très rares dans
lesquelles les globules rouges ne peuvent fixer le fer dans l’hémoglobine. Il s’agit d’un
problème enzymatique d’origine héréditaire ou acquise. Les globules rouges sont alors
de taille plus petite que la normale.
 Anémie aplasique (ou aplastique). Cette maladie rare survient quand la moelle
osseuse ne produit plus assez de cellules souches sanguines. Ainsi, il n’y a pas
seulement un manque de globules rouges, mais aussi de globules blancs et de
plaquettes sanguines. Dans 50 % des cas, l'anémie aplasique est causée par des agents
toxiques, certains médicaments ou une exposition à des radiations. Elle peut aussi
s'expliquer par de graves maladies, comme un cancer de la moelle osseuse (par
exemple, une leucémie).
Diagnostic
Puisqu’on ne peut pas se baser uniquement sur les symptômes pour établir un diagnostic, il
est nécessaire d’entreprendre un examen en laboratoire d’un échantillon de sang. Un
hémogramme (formule sanguine complète) est normalement prescrit par le médecin.
Voici les 3 principaux paramètres :
 Taux d’hémoglobine : la concentration d’hémoglobine (le pigment respiratoire que
renferment les globules rouges) dans le sang, exprimée en grammes d’hémoglobine
par litre de sang (g/l) ou par 100 ml de sang (g/100 ml ou g/dl).
 Taux d’hématocrite : le rapport, exprimé en pourcentage, du volume qu’occupent les
globules rouges d’un échantillon de sang (passé à la centrifugeuse) par rapport au
volume de sang total que contient cet échantillon.
 Compte de globules rouges : le nombre de globules rouges contenus dans un volume
de sang donné, normalement exprimé en millions de globules rouges par microlitre de
sang (millions/µl).
Valeurs normales
Paramètres Femme adulte Homme adulte
Taux d'hémoglobine normal (en g/l) 138 ± 15 157 ± 17
Taux d’hématocrite normal (en %) 40,0 ± 4,0 46,0 ± 4,0
Compte de globules rouges (en millions/µl) 4,6 ± 0,5 5,2 ± 0,7
Remarque. Ces valeurs du taux d’hémoglobine et du taux d’hématocrite correspondent à la
norme pour 95 % des gens. Cela signifie que 5 % des individus ont des valeurs « hors
normes » tout en étant en bonne santé. Par ailleurs, il se peut que des résultats qui se situent
aux limites inférieures de la normale traduisent un début d’anémie s’ils étaient habituellement
plus élevés.
D’autres analyses sanguines peuvent être requises afin de préciser un diagnostic et de
découvrir la cause de l’anémie. Selon le cas, on peut réaliser l’examen de la taille des
globules rouges, le dosage du fer ou de différentes vitamines dans le sang, etc.

Les symptômes de l'anémie


La plupart des personnes ayant une anémie légère ne le remarquent pas. L’intensité des
symptômes varie selon sa gravité, le type d’anémie et sa vitesse d’apparition. Lorsque
l’anémie apparaît progressivement, les symptômes sont moins évidents. Voici les principaux
symptômes.
 De la fatigue
 Le teint pâle
 L’accélération du rythme cardiaque et un essoufflement plus prononcé à l’effort
 Les mains et les pieds froids
 Des maux de tête
 Des étourdissements
 Une plus grande vulnérabilité aux infections (en cas d’anémie aplasique, d’anémie à
hématies falciformes ou d’anémie hémolytique)
 D’autres symptômes peuvent apparaître dans certaines formes graves d’anémie,
comme des douleurs dans les membres, l'abdomen, le dos ou la poitrine, des troubles
visuels, une jaunisse et de l’enflure aux membres.
Note. L’anémie accroît le risque de décès des suites d’une maladie, d’une crise cardiaque ou
d’un accident vasculaire cérébral chez les personnes âgées.

Les personnes et facteurs de risque de l'anémie


Personnes à risque
 Les femmes ayant des règles abondantes.
 Les femmes enceintes ou qui allaitent, car elles sont plus à risque de carences
nutritionnelles.
 Les personnes dont l’hérédité les prédispose à l’anémie.
 Les personnes atteintes d’une maladie chronique, d’une maladie auto-immune ou
d’un trouble gastro-intestinal (pouvant engendrer des hémorragies ou interférer avec
l’absorption des nutriments).
 Les personnes âgées, car l’absorption des vitamines peut être compromise.
 Les personnes exposées à des radiations nucléaires ou qui ont reçu des traitements de
radiothérapie contre le cancer.
 Les personnes atteintes d’une infection virale grave, comme une hépatite ou le virus
de l’immunodéficience humaine (VIH).

Facteurs de risque
 Une alimentation carencée en fer, en vitamine B9 (acide folique) ou en vitamine
B12. Les végétaliens sont plus à risque d’un manque de vitamine B12 et de fer, car ils
ne consomment pas de protéines animales.
 L’alcoolisme.
 La consommation de certains médicaments. Par exemple, les anti-inflammatoires non
stéroïdiens (AINS) et les anticoagulants peuvent causer des saignements internes.

D’autres médicaments peuvent interférer avec l’absorption ou le métabolisme de


l’acide folique. À titre d’exemple, mentionnons le Dilantin®, un anticonvulsivant, et
le méthotrexate, un immunosuppresseur. Ils peuvent engendrer une anémie par
carence en acide folique lorsqu’ils sont pris à long terme. Le risque est accru chez les
personnes dont les réserves en acide folique sont basses. Cette interaction étant bien
connue, les personnes qui doivent prendre ce type de médicament reçoivent aussi une
prescription de suppléments d’acide folique.
 L’exposition à certains produits chimiques, notamment au plomb.

La prévention de l’anémie
Mesures préventives de base
La plupart des anémies liées à une carence alimentaire peuvent être prévenues par les
mesures suivantes.
 Avoir une alimentation qui contient suffisamment de fer, de vitamine B12 et d’acide
folique. Les femmes enceintes ou qui allaitent, celles qui ont des menstruations
abondantes et les personnes dont l’alimentation comporte un apport restreint ou nul en
produits d’origine animale devraient y porter une attention particulière. Le corps peut
faire des réserves d’acide folique durant 3 ou 4 mois, tandis que les réserves de
vitamine B12 peuvent durer de 4 ans à 5 ans. Pour ce qui est du fer : un homme de
70 kg a des réserves pour environ 4 ans; et une femme de 55 kg, pour environ 6 mois.
- Principales sources naturelles de fer : viande rouge, volaille, poisson et palourdes.
- Principales sources naturelles de vitamine B12 : les produits d’origine animale et
les poissons.
- Principales sources naturelles de folate (acide folique dans sa forme naturelle) : les
abats, les légumes à feuilles vert foncé (épinards, asperges, etc.) et les légumineuses.
Pour connaître le palmarès des meilleures sources alimentaires de fer, de vitamine
B12 et d’acide folique, consulter nos fiches.

Pour avoir plus de détails, voir les conseils de la nutritionniste Hélène Baribeau dans
la Diète spéciale: anémie.
 Pour les femmes qui prévoient une grossesse, afin de prévenir le spina bifida chez le
foetus, il est recommandé d’amorcer la prise d’acide folique (400 µg d'acide folique
par jour en mangeant) au moins 1 mois avant la conception et de poursuivre durant les
premiers mois de la grossesse.

Par ailleurs, puisque la pilule contraceptive épuise l’acide folique, toute femme qui
décide d'avoir un enfant devrait arrêter la contraception au moins 6 mois avant la
conception pour que le foetus puisse bénéficier d’une quantité suffisante d’acide
folique durant les premiers stades de son développement.
Autres mesures préventives
 Si l’on souffre d'une maladie chronique susceptible de causer l'anémie, il est
important d’avoir un suivi médical adéquat et de passer des tests sanguins à
l’occasion. En discuter avec son médecin.
 Prendre toutes les précautions nécessaires si l’on doit manipuler des produits toxiques.

Les traitements médicaux de l’anémie


Les traitements varient selon le type d’anémie. Les personnes à la santé fragile ou atteintes
d’une autre maladie (cancer, maladie cardiaque, etc.) sont celles qui ressentent le plus les
bienfaits des traitements.
 Cesser la prise du médicament qui cause l’anémie ou l’exposition à un produit
toxique.
 Corriger une carence en fer (par voie orale), en vitamine B12 (par voie orale ou sous
forme d’injections) ou en acide folique (par voie orale), s’il y a lieu.
 Pour les femmes ayant des menstruations abondantes, un traitement hormonal peut
aider (pilule contraceptive, stérilet avec progestatif, danazol, etc.). Pour en savoir plus,
consulter notre fiche Ménorragie.
 Traiter de façon optimale la maladie chronique à l’origine de l’anémie. Souvent, un
traitement adéquat de cette dernière suffit à faire disparaître l'anémie.
 En cas d’anémie sidéroblastique, la prise de pyridoxine (vitamine B6) peut contribuer
au traitement.
 En cas d’anémie hémolytique acquise (non congénitale), des immunosuppresseurs et
des corticostéroïdes sont prescrits.
 En cas d’anémie à hématies falciformes, les crises douloureuses sont soulagées à
l’aide d’analgésiques.
 En cas d’anémie grave, des injections d'érythropoïétine synthétique, une transfusion
sanguine ou une transplantation de moelle osseuse peuvent être envisagées, selon le
cas.

Soins particuliers
Pour les gens atteints d'anémie aplasique, d’anémie hémolytique ou d’anémie à hématies
falciformes, certaines précautions s'imposent.
 Se prémunir contre les infections. L’anémie aplasique, qui atteint aussi les globules
blancs, accroît la vulnérabilité aux infections. Se laver souvent les mains avec un
savon antiseptique, éviter les contacts avec des gens malades, dormir suffisamment, se
faire vacciner et suivre une thérapie aux antibiotiques au besoin.
 Bien s’hydrater. Une mauvaise hydratation augmente la viscosité du sang et peut
provoquer des crises douloureuses ou engendrer des complications, surtout en cas
d’anémie à hématies falciformes.
 Éviter les exercices trop intensifs. D'une part, même des exercices légers peuvent
causer de la fatigue chez une personne anémique. D'autre part, en cas d'anémie
prolongée, il est important de ménager le coeur. Celui-ci doit travailler beaucoup plus
en raison du transport déficient de l'oxygène lié à l'anémie.
 Attention aux impacts, aux coupures et aux blessures. Chez les personnes qui ont
un faible taux de plaquettes sanguines, le sang coagule moins bien et les pertes de sang
sont à éviter le plus possible. Par exemple, se raser avec un rasoir électrique plutôt
qu'avec une lame, préférer les brosses à dents à poils doux et s’abstenir de pratiquer
des sports de contact.

L’opinion de notre médecin concernant l'anémie


Dans le cadre de sa démarche de qualité, Passeportsanté.net vous propose de découvrir
l’opinion d’un professionnel de la santé. Le Dr Jacques Allard, médecin généraliste, vous
donne son avis sur l’anémie :

Je n’ai qu’un seul conseil à formuler : si vous vous sentez fatigué et croyez souffrir d’anémie,
consultez votre médecin. Ne tentez surtout pas de vous traiter par vous-même avec des
suppléments de fer ou des multivitamines qui en renferment. Vous pourriez ainsi masquer une
maladie beaucoup plus grave et en retarder le diagnostic.
Les causes de l’anémie sont nombreuses et il est très important de connaître celle qui est à la
source de vos symptômes avant de commencer un traitement.

Les approches complémentaires de l'anémie


En traitement
Toucher thérapeutique.

Pharmacopée chinoise.

Toucher thérapeutique. Un seul essai clinique aléatoire a été publié à ce sujet2. Dans cet
essai, portant sur 92 étudiants souffrant d'anémie, les sujets du groupe expérimental ont reçu
3 traitements de toucher thérapeutique durant 15 à 20 minutes, à 3 jours d’intervalle. Les
sujets du groupe placebo ont reçu, à la même fréquence, des traitements simulant les
mouvements du toucher thérapeutique et les sujets du groupe témoin n’ont reçu aucune
intervention. Les résultats indiquent une hausse des taux d’hémoglobine et de l’hématocrite
autant chez les sujets du groupe expérimental que chez ceux du groupe placebo contrairement
au groupe témoin. Cependant, l’augmentation des taux d’hémoglobine a été plus importante
dans le groupe de toucher thérapeutique que dans le groupe placebo.
Pharmacopée chinoise. Diverses décoctions qui servent à tonifier les Reins et à régénérer
le Sang sont employées en Médecine traditionnelle chinoise pour traiter l’anémie.
Traditionnellement, les médecins chinois emploient aussi le cordyceps et le bois de velours,
une substance veloutée qui recouvre les panaches du cerf rouge et du wapiti.
Révision médicale (janvier 2011) : Dr Jacques Allard, M.D., FCMFC

L'hémorragie

Sommaire
 Hémorragie : Qu'est-ce que c'est ?
 Symptômes, personnes, facteurs de risque et prévention
 Traitement médicaux et approches complémentaires
 L'opinion de notre médecin
 Sites d'intérêt et références

Hémorragie : Qu'est-ce que c'est ?


Une hémorragie correspond à une perte importante de sang, un saignement qui ne s'arrête pas.
Cet écoulement causé par la rupture d'un vaisseau sanguin peut être visible. On parle alors
d'hémorragie externe car le sang s'écoule par une blessure qui est en général apparue suite à
un traumatisme. L’écoulement de sang peut aussi se produire à l'intérieur de l'organisme : il
s’agit dans ce cas d’une hémorragie interne. Le sang s'écoule dans l'organisme.
L'hémorragie peut être artérielle, veineuse ou capillaire (exemple : une petite coupure qui
provoque un léger saignement). Les saignements les plus importants, les plus rapides et les
plus difficiles à stopper se produisent souvent en cas d'hémorragie artérielle. Le sang est
alors de couleur rouge clair. Les saignements sont plus généralement faciles à arrêter lorsqu'il
s'agit d'une hémorragie veineuse lorsque le sang est de couleur rouge foncé.
L'organisme contient entre 5 et 6 litres de sang qui circule entre le cœur et les vaisseaux
sanguins, artères et veines. Normalement, en cas de saignement, des caillots se forment et le
sang coagule. Le saignement est naturellement stoppé.
L'hémorragie peut être provoquée par un choc violent à la tête pouvant ainsi produire un
saignement au niveau du cerveau. Des saignements gastro-intestinaux peuvent se retrouver
dans les selles et être le signe d'une maladie. Tout comme la présence de sang dans un crachat
ou dans des pertes vaginales. Une hémorragie peut également se produire au cours ou après
un accouchement. C'est d'ailleurs une cause importante de décès chez la mère qui vient
d’accoucher. Un hématome peut se former ou du sang peut se retrouver dans des cavités de
l'organisme comme le ventre, les poumons (hémothorax) ou le cœur (hémopéricarde).
En cas d'hémorragie sévère, il est primordial de tout mettre en œuvre pour arrêter les
saignements car une perte importante de sang peut être fatale. Une hémorragie est d'autant
plus grave que la perte de sang est forte puisque le sang joue un rôle primordial en
transportant l'oxygène aux organes.
Certaines personnes ont des risques plus élevés de souffrir d'hémorragie. Il s'agit par exemple
de personnes atteintes d'hémophilie, une maladie héréditaire caractérisée par l'incapacité du
sang à coaguler, ou les personnes traitées par anticoagulants, médicaments susceptibles de
fluidifier le sang. Plusieurs autres maladies touchent les mécanismes de la coagulation,
comme une déficience en plaquettes sanguines. En cas de coupure, la personne traitée peut
perdre beaucoup de sang si son traitement n'est pas correctement équilibré. Le risque est
également élevé en cas de coup, ce dernier pouvant provoquer l’apparition d’un hématome.

Les causes de l’hémorragie


Les causes d'une hémorragie peuvent être très diverses.
Les hémorragies externes peuvent être provoquées par un objet tranchant. Elles peuvent
également être liées à un choc, une chute ou un coup.
Les hémorragies internes peuvent se produire suite à une rupture d'anévrisme ou en présence
d'une tumeur (bénigne ou maligne). La maladie de Crohn, la colite ulcéreuse ou des
hémorroïdes peuvent aussi être responsables de l'apparition d'une hémorragie digestive. Sur le
plan gynécologique, un stérilet peut lui aussi provoquer des saignements, tout comme une
endométriose ou la présence de fibromes utérins. Enfin, des médicaments comme les anti-
inflammatoires non stéroïdiens, l'aspirine ou les anticoagulants peuvent aussi provoquer des
hémorragies.

Les complications possibles d’une hémorragie


Les complications d'une hémorragie peuvent être très graves voire fatales, et ce très
rapidement puisque les organes comme le cerveau ou le cœur ont absolument besoin de
recevoir de l'oxygène présent dans le sang pour fonctionner.

Les symptômes, personnes, facteurs de risque et la prévention de


l'hémorragie
Symptômes
 perte importante de sang
 douleur localisée
 pâleur
 respiration rapide ou essoufflement
 étourdissements, vertiges, faiblesse
 angoisse, anxiété
 sueurs froides
 peau moite
 confusion
 état de choc

Personnes à risque
Les personnes qui ont un risque plus élevé de souffrir d’une hémorragie sont principalement
les personnes qui prennent des anticoagulants (1 % des Français prendrait des Anti-Vitamine
K, un anticoagulant, selon la Haute Autorité de Santé) et les personnes atteintes d’une des
nombreuses maladies touchant les mécanismes de la coagulation.

Facteurs de risque
Plusieurs médicaments comme par exemple des antibiotiques peuvent interagir avec les
anticoagulants, soit en diminuant leur effet ou au contraire en l’augmentant, et ainsi
provoquer soit des caillots, soit des saignements. L’aspirine accroît également le risque
d’hémorragie. Enfin, les personnes souffrant de la maladie de Crohn, de colite ulcéreuse,
d’ulcère gastroduodénal ou de plusieurs autres pathologies du tube digestif peuvent également
souffrir d'hémorragies, présentes dans les selles.
Prévention
Pour limiter les risques d'hémorragies en cas de prise d’anticoagulants, il faut veiller à ce que
le traitement soit bien équilibré et à ce que le patient soit régulièrement suivi. Ainsi, le sang
n'est pas trop fluide et les hémorragies bien moins importantes en cas de coupure ou de choc.

Les traitements et approches complémentaires de l'hémorragie


Traitements médicaux
En cas d'hémorragie, il est important de réagir vite et d'effectuer des gestes simples tout en
appelant les secours. Face à un petit saignement au niveau de la peau par exemple,
l'hémorragie ne nécessite généralement pas de prise en charge médicale particulière. La plaie
peut être simplement nettoyée à l'eau froide puis avec du savon. Il n'est pas toujours
nécessaire d'appliquer un pansement une fois que le saignement est arrêté. Tout dépend de
l'endroit de la blessure. Si la plaie n'est pas en contact avec des vêtements ou sur une zone qui
peut facilement se salir, il est intéressant de la laisser à l'air libre afin qu’elle cicatrise plus
rapidement.
Si l'hémorragie est plus importante, il est nécessaire de tenter de stopper l'hémorragie en
comprimant la plaie, avec la main protégée par un gant ou un linge propre ou avec autant de
compresses que nécessaire, et de nettoyer cette dernière. Il ne faut pas enlever le
pansement car ce geste risque de faire ressaigner la plaie qui vient juste de commencer à se
refermer.
Si l'hémorragie est encore plus importante, la personne qui en souffre doit être allongée et,
pour stopper le saignement, un point de compression (ou un garrot en cas d'échec du
pansement compressif) doit être réalisé en amont de la plaie en attendant l'arrivée des secours.
Le garrot est utilisé en cas de dernier recours et il est préférable qu'il soit mis en place par un
professionnel.
Il est nécessaire de vérifier que la plaie ne contient pas de corps étrangers. Ils seront dans
tous les cas enlevés par un professionnel dès qu'ils sont situés en profondeur dans la plaie.
Sur le plan purement médical, une transfusion de sang complet peut se révéler nécessaire si la
perte de sang a été importante. Une transfusion de plaquettes ou d’autres facteurs de
coagulation peut aussi s’avérer nécessaire. Le vaisseau responsable d'une hémorragie interne
peut être suturé. Des points de suture peuvent être nécessaires pour refermer une plaie.
Un drain peut également être utile pour nettoyer une plaie. Si la plaie est très profonde, une
intervention chirurgicale pour traiter les muscles ou les tendons est impérative.
Pour les hémorragies internes, la prise en charge est évidemment beaucoup plus complexe et
dépend de la zone de l'organisme touchée. Les secours ou un médecin doivent être appelés.
Une équipe médicale doit finalement être contactée si le saignement n'est pas maîtrisé ou
lorsque des points de suture sont nécessaires. Si une infection se développe suite à un
saignement au niveau d'une plaie, un médecin doit là aussi être consulté.
Soigner une hémorragie peut être risqué puisque des maladies peuvent être transmises par le
sang (VIH, hépatite virale). La plus grande prudence est donc nécessaire lorsque l'on doit
appliquer les premiers soins à une personne qui souffre d'une hémorragie externe.

Approches complémentaires
En traitement

L'ortie. En médecine ayurvédique (médecine traditionnelle de l’Inde), on emploie


l’ortie en association avec d’autres plantes pour traiter les hémorragies utérines ou les
saignements de nez.

L’opinion de notre médecin


Dans le cadre de sa démarche de qualité, Passeportsanté.net vous propose de découvrir
l’opinion d’un professionnel de la santé. Le Dr Jacques Allard, médecin généraliste, vous
donne son avis sur l’hémorragie :
Une hémorragie peut présenter des tableaux cliniques très variées. Le terme englobe des
notions aussi variées que la conséquence d'une simple plaie et la suite d'un accident vasculaire
cérébral. Elle peut relever soit du traitement des égratignures et des bleus, soit d'une urgence
médicale très grave. Pour une hémorragie qui se produit suite à une plaie ou une égratignure,
il faut simplement s'assurer que la plaie a été correctement nettoyée et ne s'infecte pas. Si
l'hémorragie est accompagnée d'un malaise, il est préférable de consulter. Enfin, en cas
d'hémorragie grave, le SAMU (en France) ou le service d’ambulance doit être appelé dans les
meilleurs délais.

Dr Jacques Allard M.D. FCMFC