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Episode 2 | Publié le jeudi 24 Octobre 2019 L’invitée de ce podcast est Jojo.

Episode 2 |

Publié le jeudi 24 Octobre 2019

L’invitée de ce podcast est Jojo.

jeudi 24 Octobre 2019 L’invitée de ce podcast est Jojo. Jojo est originaire du Sénégal (principalement,

Jojo est originaire du Sénégal (principalement, il se trouve que des individus originaires de la Guinée, du Mali, de France et du Pakistan ont aussi décidé de se glisser dans son arbre généalogique).

Fraîchement diplômée de l’IMT Business School, elle est aujourd’hui auditrice de systèmes d’information dans un Big Four.

Elle adore consacrer son temps libre à la nourriture, aux clips k-pop colorés, aux dramas mélancoliques japonais et à son développement personnel.

Dans cet épisode, nous discutons du fait de se sentir individuelle dans des cultures africaines qui mettent souvent l’accent sur la communauté. Notre invitée, Jojo, partage ici son opinion sur le sujet.

Introduction de notre invitée

Jojo est l’identification PAW choisie par notre invitée qui préfère rester anonyme.

Quand on lui a demandé quel était son pays PAW, elle a répondu le Sénégal, pays où elle a grandi, tout en ajoutant que du fait de son fort attachement culturel et de la présence de certains membres de sa famille en France, elle se sent également proche de ce deuxième pays. Son objectif PAW est simplement de vivre sa meilleure vie comme elle le dit. En ce qui concerne son parcours académique, Jojo a quitté le Sénégal après un baccalauréat français pour ensuite faire deux ans en classes préparatoires à Poitiers avant d’intégrer l’IMT, une école de commerce. Elle travaille actuellement en tant qu’auditrice IT dans un Big Four. Jojo aime jouer au football, découvrir de nouveaux restaurants dans Paris, les mangas, les dramas coréens et se considère comme fan inconditionnelle de K-Pop.

Elle préfère Paris à Dakar et se considère comme urbaine. Elle est plutôt chats que chiens. Elle gardera olutôt ses cheveux naturels et choisira toujours le Thiebbou Dieune préparé avec amour par sa mère à n’importe quel autre plat d’Afrique de l’Ouest.

Vivre sans nécessairement vouloir avoir des enfants

Son choix du sujet vient d’un événement marquant qui a fait émaner sa première

impression d’être égoïste. En effet, lorsqu’on lui a demandé quels étaient ses objectifs de long-terme durant un événement familiale, elle a réalisé que ceux-ci étaient uniquement tournés vers « elle et son bonheur » alors que ses cousines cherchaient à rendre leur famille fière. Sa mère lui a alors suggérée de réécrire ses objectifs pour qu’ils soient en ligne avec ce qui était attendu d’elle et d’inclure plus d’objectifs tournés vers la communauté, ce qu’elle ne pouvait accepter de faire. Malgré le fait que sa mère voulait probablement simplement la protéger contre une société qui pourrait la juger (intentionnellement ou non), elle s’est demandée si c’était de l’égoïsme ou simplement lié à la pression du groupe.

“Avant de faire quelque chose, demande-toi si tes parents seraient fiers de toi !”. On a toute déjà entendu au moins une fois cette phrase. Par cette citation, Jojo a embrayé sur le fait que ce genre de pensée pouvait parfois nous empêcher de faire des choses auxquelles nous croyons et qui nous rendraient complètement heureuses.

Nous nous sommes ensuite demandé pourquoi est-ce que nos sociétés africaines pensent qu’il est évident pour une femme d’avoir des enfants. Jojo a répondu que cela lui rappelait une conversation qu’elle avait eu avec son père qui lui disait que ses choix devaient prendre en compte sa vie future qui incluait un mari et des enfants, alors que ce sont des choses qu’elle ne veut pas forcément. Parfois, il y a également une certaine compétition entre les

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• Un mariage
américain, Tayari
Jones
• Sapiens, une brève
histoire de
l’humanité, Yuval
Noah Harari
• L’Alchemist, Paulo
Coelho
• La mère, Maxim
Gorky

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familles qui souhaitent rester dans les normes et la personne qui choisie de ne pas s’y conformer peut avoir un impact sur l’ensemble de la famille, les femmes étant pour Jojo les premières victimes. Plus elles grandissent, plus elles font face à la pression du mariage et des enfants. De plus, nous avons remarqué qu’à partir d’un certain âge, la qualité du prétendant semble ne plus vraiment compter, au détriment du simple fait d’être mariée. Aïssatou a alors mentionné un article intitulé « Être une femme noire qui ne veut pas avoir d’enfants, signifie faire face à deux fois plus de jugement ». Cette article met l’accent sur la nécessité pour les femmes noires d’avoir des enfants dans le but de préserver la race noire. Dans notre contexte, l’idée serait plus de préserver le nom (de la famille) qui est un élément très important dans les cultures africaines. Jojo a déclaré qu’il y a en plus une pression pour les femmes à être mère, simplement parce que c’est ce à quoi elles doivent aspirer même si ce n’est pas nécessairement ce qu’elles veulent. Ce choix doit être personnel et personne ne doit être jugé même si ce n’est pas toujours ce que veux la société.

Jojo a affirmé que notre société tend à tracer un chemin tout fait où la femme doit suivre ses études, avoir son diplôme, se marier et ensuite avoir des enfants. Être une femme doit être plus que suivre son rôle de femme mariée et de mère. Elle doit être capable d’exprimer sa propre voix dans ses choix de vie.

Faire face au poids des traditions

Privilégier son soi fait-il de nous des femmes moins africaines ? Jojo y répond avec

beaucoup d’honnêté en disant que tout le monde doit se sentir libre de faire ce qu’il veut. Donner la priorité au bonheur plus qu’à la conformité aux coutumes de notre culture ne doit pas faire de nous des personnes moins africaines. Il ne devrait y avoir aucun stigma à vouloir décider pour soi et mettre son soi en premier.

Elle a remarqué également dans son entourage qu’il y avait un sentiment d’oppression où nous avons l’obligation de réinvestir son temps et ses ressources dans le développement du continent. On nous dit que nos décisions de carrière doivent nous permettre de pouvoir revenir et participer au développement du continent. Il est noble d’avoir cette idée. Cependant, de la frustration peut subsister, beaucoup de jeunes africains se retrouvant coincés entre un choix de carrière leur permettant de faire leur « devoir » et la carrière qu’ils souhaitent réellement. Il est primordial de pouvoir faire ses propres choix sans être jugés. Chacun peut participer à cet objectif à sa manière.

Conclusion

En conclusion, selon Jojo, il faut être égoïste parfois. Se concentrer sur son soi et faire ce qui

nous rend heureux. Saran pour sa part encourage les différentes sociétés africaines à apprendre

à se remodeler, écouter et analyser les choix des femmes avant de les excommunier ou les juger. Aïssatou ajoute, elle, qu’il est impératif d’éduquer les filles et les garçons de la même manière afin d’avoir une structure où toutes les voix comptent.

Un grand merci à Jojo, notre deuxième invitée du podcast. Nous espérons que vous avez aimé cette discussion. N’hésitez pas à partager vos opinions sur le sujet. Retrouvez-nous sur les

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