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Sida S’à Palabres

VIH-SIDA : gratuité du traitement antirétroviral au Burkina Faso

jeudi 7 janvier 2010 / par P. Boureima Salouka (http://www.afrik.com)

2010 / par P. Boureima Salouka (http://www.afrik.com) Blaise Compaoré a annoncé que les ARV sont gratuits

Blaise Compaoré a annoncé que les ARV sont gratuits à partir de cette année.

Longtemps réclamée par les associations de lutte contre le sida et des personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso, la gratuité du traitement antirétroviral est désormais effective depuis le 1er janvier de cette année. Saluant la mesure, les acteurs de la lutte plaident maintenant pour la gratuité de la prise en charge

médicale. Bonne nouvelle pour les personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso. Blaise Compaoré, le président du burkinabè a, la veille du jour de l’an, au cours de son adresse à la nation, annoncé la gratuité du traitement par les antirétroviraux à compter du 1er janvier 2010. Le coût mensuel du traitement antirétroviral (ARV) était de 1 500 francs CFA, soit un peu plus de 2 €, et n’était jusque là gratuit que pour certaines catégories de patients, telles que les enfants ou les personnes indigentes, grâce à des subventions versées aux associations. À quand la gratuité de la prise en charge du traitement ? Les associations de lutte et des personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso saluent cette mesure, mais continuent à militer en faveur de la gratuité de la prise en charge du VIH/SIDA. « C’est déjà un bon pas de franchi, mais le problème n’est pas entièrement résolu », commente un séropositif. Économiquement éprouvés par la maladie, de nombreux patients déjà sous traitement ARV peinent à s’acquitter des frais d’examens de suivi biologique. « Pour mes examens, je dois débourser mensuellement 20. 000 CFA au moins », témoigne un autre malade infecté par le VIH. À ce casse-tête se greffent d’autres problèmes sociaux notamment l’alimentation des malades. Déjà, la crise financière et alimentaire de l’année 2008 avait laissé un goût amer à de nombreux malades burkinabè. À l’époque, du fait des contraintes budgétaires, de nouveaux critères d’attribution de l’aide alimentaire, avaient été adoptés par le Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (CNLS/IST). Selon ces critères, seuls désormais les malades en début de traitement antirétroviral, bénéficieraient d’une aide nutritionnelle et pendant six mois, au bout desquels ils feraient place à d’autres malades. Toujours en vigueur, ces mesures sont dénoncées par des associations de lutte contre le Sida qui craignent de voir compromettre la réussite du traitement ARV pour cause d’une alimentation déficitaire des malades. Au Burkina Faso, à la date du 30 septembre 2009, plus de 25 000 patients étaient sous traitement ARV. Mais ce nombre, ira croissant les

à la date du 30 septembre 2009, plus de 25 000 patients étaient sous traitement ARV.

années à venir. Selon des projections du Fonds Mondial contre le paludisme, la tuberculose et le sida, le nombre de malades mis sous traitement ARV va évoluer de 49 827 en 2009 pour atteindre 60 555 en 2015 et ce, malgré une baisse continue du taux de séroprévalence, actuellement à 1,6% selon des chiffres de l’ONUSIDA.

Pétition du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)

(04 BP 8038 Ouagadougou 04 email: secretariat@rame-int.org )

Réseau de plaidoyer pour l'adoption de politiques favorables à l'accès de tous aux soins de santé A l'attention de : Son Excellence Monsieur le Président du Faso Le RAME, en collaboration avec des acteurs de la société civile, des institutions, des chercheurs au niveau national et international, interpelle depuis 2003 les autorités burkinabè sur la nécessité d'adopter la gratuité du traitement des PVVIH. Le 31 décembre 2009, le Président du Faso, Président du CNLS, a annoncé l'adoption par le Burkina Faso de la gratuité des traitements ARV. Tout comme nous nous sommes mobilisés pour l'interpellation, le RAME vous invite à vous mobiliser plus pour soutenir cette initiative présidentielle en signant la pétition ci-dessous. Elle est en même temps une opportunité pour nous de demander au Président du Faso la prise de mesures d'accompagnement pour garantir la mesure en œuvre efficace et pérenne de la gratuité du traitement ARV. Nous comptons alors sur votre collaboration, que vous soyez une association, une ONG, une institution, un professionnel de la santé ou non, un chercheur, une PVVIH du Burkina Faso ou d'ailleurs, pour signer cette pétition. Votre signature peut contribuer à garantir la vie de milliers de malades. A l'attention de: Son Excellence Monsieur le Président du Faso Depuis 2003, la société civile burkinabè, sous la houlette du RAME s'est regroupée au sein de l'US-SIDA (Union Sacrée pour le traitement gratuit des malades du Sida) et mène un plaidoyer pour la gratuité du traitement antirétroviral au Burkina Faso. Dans

ce sens, elle a initié plusieurs activités pour attirer l'attention des décideurs burkinabè sur la cause qu'elle défend. Ainsi, les activités suivantes ont été menées:

- Pétition à l'adresse des députés de l'Assemblée Nationale

- Marche de revendication à Bobo Dioulasso et à Koudougou

- Campagne d'affichage lors de la campagne présidentielle de 2005

- Campagne de presse sur la faisabilité de la gratuité des ARV

Six (6) ans après, lors de votre discours de vœux à la Nation (31 décembre 2009), vous avez annoncé l'adoption par le Burkina Faso de la gratuité du traitement ARV.

Nous, organisations burkinabè, africaines et internationales saluons cette décision que vous avez prise et nous venons par la présente vous le manifester. Nous espérons que:

- cette gratuité concernera bien les ARV, ainsi que les examens de laboratoire pour

le bilan initial et le suivi biologique des PVVIH

- des dispositions seront prises sur l'ensemble du territoire pour garantir la disponibilité continue des ARV, de l'ensemble des réactifs de laboratoires nécessaires ainsi que des médicaments contre les infections opportunistes - qu'un effort national sera consenti pour le financement de cette gratuité par l'inscription d'une ligne budgétaire à cet effet sur le budget national et que celle

ligne sera à la hauteur de votre engagement d'Abuja d'accorder 15% du budget national à la santé

- que vous resterez toujours disponible pour accompagner le plaidoyer au niveau

international pour l'accroissement des financements au Fonds Mondial de lutte contre le VIH/SIDA, le Paludisme et la Tuberculose

- qu'enfin, vous prendrez des dispositions afin de garantir une communication plus

fluide entre vous et les associations intervenant dans la santé, particulièrement sur le VIH/Sida, afin que leurs préoccupations soient toujours prises en compte. Comptant sur votre diligence pour donner une suite favorable à nos différentes requêtes, nous vous prions, Excellence Monsieur le Président, de recevoir une fois de plus, l'expression de notre soutien et notre profonde considération.

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