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Nouvelles de l’hémicycle

Bernadette VERGNAUD
Députée européenne

Session plénière à Strasbourg du 14 au 17 juin 2010


N°67

Etiquetage alimentaire : des règles plus claires pour mieux informer le


consommateur

Face à l’augmentation de l'obésité et du diabète en Europe, les députés ont voté pour
l'indication obligatoire des valeurs nutritionnelles sur les emballages des produits
alimentaires. Ils veulent permettre aux consommateurs d'avoir toutes les informations
nécessaires pour choisir des produits sains. Dans un souci de ne pas imposer des procédures
trop lourdes aux PME et aux petits producteurs, ils ont toutefois décidé d'exempter les
produits non préemballés et les produits artisanaux du règlement, ainsi que le vin et les
alcools qui feront l’objet d’un règlement spécifique.

Le règlement rendrait obligatoire l'affichage clair des quantités de graisses, de graisses


saturées, de sel et de sucres contenues dans les aliments ainsi que les calories. Les députés
réclament également les indications visibles des teneurs en protéines, en fibres et en graisses
"trans" (huiles et graisses hydrogénées dangereuses pour la santé). Afin de faciliter la
comparaison entre les produits, ces quantités seraient toujours exprimées en pourcentage sur
100g ou 100ml et affichées lisiblement sur l'emballage.

Les députés ont voulu trouver le juste équilibre entre le droit des consommateurs à connaître
le lieu d'origine des produits alimentaires et les coûts et procédures supplémentaires qu'un tel
étiquetage entraînerait pour les producteurs. Actuellement, seuls certains types de produits
doivent indiquer le pays d'origine (le bœuf, l'huile d'olive, les fruits et légumes frais, le miel...)
mais les députés veulent étendre cette liste à toutes les viandes, volailles, et produits laitiers.
Les lieux de naissance, d'élevage et d'abattage des animaux - ainsi que les conditions
d'abattage selon certaines pratiques religieuses - doivent également être indiqués.

L’application des mesures adoptées par le Parlement devra surmonter les nombreux
désaccords qui subsistent avec le Conseil. La négociation va donc commencer.

Je déplore que ma proposition soutenue par les socialistes et démocrates, verts et


communistes de faire figurer des « feux de signalisation », avec l’information en pourcentage
sur les produits à forte teneur en sucres, en sel ou en graisses ait été rejetée. Ces signaux
simples et lisibles auraient eu un rôle pédagogique, donc de prévention pour la santé.
La règlementation sur le temps de travail doit également s'appliquer aux
routiers indépendants
Les conducteurs d'autocars et les routiers indépendants seront soumis aux mêmes règles en
matière de temps de travail que ceux employés par les entreprises, c’est ce qu’ont confirmé
les députés en rejetant la proposition de la Commission européenne visant à exclure les
conducteurs indépendants de la législation actuelle sur le temps de travail dans le domaine du
transport. La directive concernée couvre le temps de travail des activités de conduite, mais
également d'autres activités telles que le chargement, le déchargement, l'assistance aux
passagers, le nettoyage, l'entretien, les formalités avec les autorités policières, douanières...
Elle fixe une limite hebdomadaire de 48h par semaine en moyenne, qui peut être portée à 60h
par semaine, à condition que la moyenne des 48h par semaine sur une période de 4 mois ne
soit pas dépassée.

Ce vote est fondamental pour l’égalité des droits de tous les travailleurs d’un même secteur, et
bien sûr pour assurer l’amélioration de la sécurité routière.

Stratégie UE 2020 : les députés demandent une réforme de la gouvernance


économique et des objectifs concrets
Les députés ont adopté deux résolutions, l’une sur la gouvernance économique et l’autre sur la
stratégie UE 2020.

Dans la première, ils estiment que la Commission doit être au centre du nouveau modèle de
gouvernance économique qui doit impliquer de manière systématique le Parlement européen
et les parlements nationaux. Cette nouvelle gouvernance économique doit dépasser la
coopération intergouvernementale pour fonctionner selon la méthode communautaire. Les
députés apportent aussi leur soutien à la création du « Fonds monétaire européen » et à une
coordination budgétaire renforcée totalement nécessaire pour assurer une plus grande
compatibilité et complémentarité entre les budgets des Etats membres et le budget de l'UE.

Création d’une commission spéciale sur la réforme du budget de l'UE

Les députés ont décidé de mettre en place une nouvelle commission en vue de préparer les
perspectives financières de l'UE à partir de 2014 (budget pluriannuel de l’Union). Cette
commission définira les priorités budgétaires du Parlement et fera des propositions quant à la
manière dont le budget de l'UE doit être financé à l'avenir. Elle comptera 50 membres et
présentera les résultats de ses travaux dans un rapport, qui devra être approuvé par le
Parlement d'ici juillet 2011, avant que la Commission Européenne ne présente sa proposition
relative au cadre financier pluriannuel.

Le Parlement européen compte actuellement 20 commissions permanentes et une commission


spéciale (la commission sur la crise financière, économique et sociale).
Les propositions du Parlement pour lutter contre l’usage spéculatif des
produits dérivés
Dans une résolution les députés préconisent que les produits dérivés soient soumis à des
règles très strictes pour lutter contre les risques excessifs pris sur ces marchés par les
spéculateurs. Ils demandent l’interdiction des transactions purement spéculatives sur les
matières premières et les produits agricoles. Les parlementaires réclament que la gestion des
risques sur les contrats de produits dérivés soit centralisée et non plus contrôlée par les acteurs
du marché. Cela implique aussi une plus grande transparence des transactions.

Les députés soulignent le sérieux manque d'informations sur le rôle joué par les banques dans
la crise de la dette de certains pays de la zone euro. Ils demandent de vraies garanties en
termes d’accès à des informations complètes et de renforcement du pouvoir des autorités de
surveillance: Les députés exigent de la Commission Européenne une enquête d’urgence sur
les comportements sur les mouvements de spéculation financière. Enfin, la résolution appelle
à une interdiction de la détention spéculative de certains produits ainsi qu’à un contrôle
renforcé et centralisé du marché de ce type d’instrument financier.

Plus de transparence sur les fonds régionaux


Les députés appellent la Commission à fournir davantage d'informations lorsqu'elle publie les
listes des bénéficiaires des fonds régionaux : toutes les parties prenantes aux projets financés
devraient être accessibles à la connaissance des citoyens et le site internet de la Commission
devrait offrir une présentation détaillée des projets. En cas de fraudes avérées, le Parlement
souhaite que les auditeurs puissent divulguer l'identité des fautifs et imposer des sanctions.

Situation à Gaza : les propositions du Parlement


Dans une résolution, les députés demandent une enquête internationale et impartiale sur
l'attaque de la flottille humanitaire, l'ouverture de tous les points de passage vers et à partir de
Gaza et la fin immédiate du blocus. Les députés sont convaincus qu’il est nécessaire et urgent
de procéder à une réforme approfondie de la politique de l’Union à l’égard du Proche-Orient
afin de jouer un rôle politique décisif et cohérent.

De nouveaux satellites européens pour améliorer la gestion des catastrophes


naturelles

Les tremblements de terre, les inondations, les nappes de pétrole et d’autres types de
catastrophes seront à l’avenir gérés plus rapidement et de manière plus adéquate grâce au
nouveau système d’observation satellite qui sera développé d’ici 2014. En effet, les députés
ont obtenu la mise en place d’un nouveau système satellite qui permettra à l’UE de collecter
ses propres données qui proviennent, actuellement, essentiellement des satellites américains.
Les satellites pourraient aussi être utilisés pour surveiller le changement climatique, aider les
décideurs dans la mise en œuvre de politiques en matière d’agriculture, de forêt, d’énergie,
d’urbanisme, d’infrastructures ou de transport. Le financement de l’UE pour les trois
premières années est évalué à 107 millions d’euros en plus des 209 millions d’euros en
provenance du volet "espace" du septième programme cadre de recherche.
Objectifs du millénaire pour le développement : l'UE doit proposer des
mesures ambitieuses
Lors du sommet du Millénaire de l'ONU en 2000, les Etats membres de l'UE, se sont fixés
une série d'objectifs à atteindre d'ici 2015 : la réduction de moitié de la pauvreté et de la faim
dans le monde, l'éducation primaire pour tous, l'élimination des inégalités entre les sexes et la
réduction de la mortalité maternelle et infantile. L'UE s’était fixée l'objectif de consacrer
0,56% de son PNB (produit national brut) annuel à l'aide aux pays en développement. Il
importe que les Etats membres se mobilisent (enfin !) pour atteindre ce niveau de
financement.

Face aux coûts de la lutte contre le changement climatique et aux effets de la crise financière
dans les pays en développement, des mécanismes innovants de financement sont plus que
jamais nécessaires. Les députés appellent les Etats membres de l'UE à appliquer et à défendre
les mesures suivantes :

• l'allègement des dettes des pays les moins avancés (PMA) qui présentent de bons
résultats en matière de responsabilité, de transparence et de bonne gouvernance ;
• des mesures sévères à l'encontre des paradis fiscaux, des flux financiers illégaux et de
l'évasion fiscale, dans le cadre du G20 et de l'ONU ;
• la réduction des coûts des transferts d'argent des travailleurs migrants vers leurs pays
d'origine.

Enfin, les parlementaires insistent pour que l’éducation et la santé soient les priorités
budgétaires de l’aide au développement.

De nouvelles mesures pour faire respecter l’interdiction de la pêche du thon


rouge

Les stocks de thon rouge de l’Océan Atlantique diminuent de manière inquiétante. Pour
empêcher la pêche illégale et améliorer la surveillance des viviers de poissons, le projet de
règlement transpose en législation européenne les recommandations de la Commission
internationale pour la conservation des thonidés d’Atlantique (CICTA). Un nouveau système
de suivi du thon rouge, de la capture à la vente, visant à protéger les stocks de l'Atlantique a
été adopté par le Parlement. Les nouvelles règles prévoient un système de documentation à
chaque étape, y compris sur la mise en cage, les récoltes, l’importation, l’exportation et la
réexportation afin de garantir une traçabilité totale et fiable.

La seconde résolution demande que des objectifs plus concrets soient intégrés dans la
stratégie 2020, tels que le maintien des 3% du PIB pour la recherche et le développement, des
objectifs contraignants en matière de lutte contre le changement climatique, la lutte contre
l’échec scolaire, et une réduction de 50% de la pauvreté. Les députés estiment que la stratégie
2020 ne sera crédible que si elle se voit doter de moyens financiers suffisants et dans ce but,
plaident pour un projet de budget 2011 plus ambitieux.