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S2h Sé quence 2h - Objectif CAPES

Equation de Pythagore
Dany-Jack Mercier [

Les deux parties de ce problè me sont indé pendantes et proposent chacune une mé thode pour obtenir
toutes les solutions entiè res non triviales (i.e. telles que xyz 6= 0) de l’é quation de Pythagore

x2 + y2 = z 2 : (E)

A. Mé thode d’Euclide

A.1. Montrer que l’on peut se borner àchercher les entiers relatifs x, y, z solutions de (E) et
premiers entre eux dans leur ensemble.
A.2. On suppose que (x; y; z) est une solution entiè re de (E) telle que pgcd (x; y; z) = 1. Montrer
que x et y ne peuvent pas être simultané ment pairs. Montrer aussi que x et y ne peuvent pas être
simultané ment impairs. En supposant x impair et y pair, vé ri…er ensuite qu’il existe deux entiers
premiers entre eux U et V tels que
½
x=U¡ V
z = U + V;

puis que U et V sont, au signe prè s, des carré s parfaits. En dé duire la forme des solutions de (E)
vé ri…ant l’hypothè se pgcd (x; y; z) = 1 et telles que x soit impair et y soit pair.
A.3. Conclure et donner toutes les solutions de (E).

B. Mé thode de Diophante

B.1. Montrer que ré soudre (E) en nombres entiers revient à chercher toutes les solutions ra-
tionnelles de l’é quation (R) : x2 + y 2 = 1. On note C le cercle d’é quation (R) dans le plan rapporté
àun repè re orthonormal. On considè re la droite Dt d’é quation y = tx ¡ 1 dans ce même repè re.
Cette droite passe par le point de coordonné es (0; ¡ 1). Un point du plan sera dit ”rationnel”si ses
coordonné es sont rationnelles.
B.2. Chercher les cooordonné es du second point d’intersection de Dt et du cercle C.
B.3. Soit C un cercle de rayon rationnel et dont le centre est un point rationnel. Soit D une droite
d’é quation ax + by + c = 0 passant par un point rationnel M0 (x0 ; y0 ) de C.
a) On suppose a; b; c rationnels. Montrer qu’alors D recoupe C en un point rationnel.
b) Montrer la ré ciproque du a).
c) En dé duire les solutions rationnelles de (R).
B.4. Dé duire des question pré cé dentes toutes les solutions rationnelles de (R), puis celles entiè res
de (E).
0
[s2heqh0001] v1.00 http://perso.wanadoo.fr/megamaths
[
IUFM de Guadeloupe, Morne Ferret, BP399, Pointe-à-Pitre cedex 97159, France, dany-jack.mercier@univ-ag.fr
°c 2002, D.-J. Mercier. Vous pouvez faire une copie de ces notes pour votre usage personnel.

1
Solution du problè me

A.1. Si (x; y; z)
¡xesty une
¢ solution entiè re de (E), il su¢ ¡
t de diviser
¢ chaque nombre par le pgcd d de
z x y z
x; y; z pour que d ; d ; d soit solution de (E) avec pgcd d ; d ; d = 1.
A.2. ²Si x et y sont pairs, z 2 ´ x2 + y 2 ´ x + y ´ 0 (2), donc 2 divise z 2 , donc divise z. C’est
absurde puisque 2 ne peut pas diviser simultané ment trois nombres x, y et z premiers entre eux.
²Si x et y sont impairs, z 2 ´ x2 + y 2 ´ 2 (4), et en particulier z 2 est pair, donc z aussi. Mais si z
est pair, z 2 ´ 0 (4), en contradiction avec la premiè re congruence obtenue.
²Si x est impair et y pair, alors z est impair (en e¤ et z ´ z 2 ´ x2 + y 2 ´ x + y ´ 1 (2)). Comme
x est impair, les nombres z + x et z ¡ x seront pairs et il existera donc bien deux entiers U et V tels
que
½ ½
z + x = 2U x=U¡ V
, c’est-à-dire
z ¡ x = 2V z = U + V:
On aura pgcd (U; V ) = 1, sinon il existerait un diviseur premier p commun àU et V , et p diviserait
x = U ¡ V , z = U + V et y 2 = z 2 ¡ x2 , donc y, ce qui est absurde. On a

y 2 = z 2 ¡ x2 = (U + V )2 ¡ (U ¡ V )2 = 4UV;

et cette é galité montre que U et V sont, au signe prè s, des carré s parfaits (En e¤ et, y s’é crit 2y 0 donc
y 02 = UV , et il su¢ t alors d’utiliser l’unicité de la dé composition en produit
¡ ¢de facteurs
¡ premiers
¢
d’un entier et l’hypothè se pgcd (U; V ) = 1). On aura donc (U; V ) = u2 ; v2 ou ¡ u2 ; ¡ v2 . En
conclusion, si (x; y; z) est une solution de (E) telle que pgcd (x; y; z) = 1, et telle que x soit impair
et y pair, alors il existe deux entiers u et v premiers entre eux tels que
¡ ¢ ¡ 2 ¢
(x; y; z) = u2 ¡ v2 ; § 2uv; u2 + v 2 ou ¡ u + v2 ; § 2uv; ¡ u2 ¡ v2 :

Ces solutions peuvent s’é crire sous la forme


¡ ¡ ¢¢
(x; y; z) = u2 ¡ v2 ; 2uv; " u2 + v 2

avec " = § 1.
A.3 Hormi les solutions triviales (0; "n; "0 n) et ("n; 0; "0 n) où " = § 1, "0 = § 1 et où n 2 N, on
trouve
¡¡ ¢ ¡ ¢¢ ¡ ¡ ¢ ¡ ¢¢
(x; y; z) = d u2 ¡ v2 ; 2duv; "d u2 + v2 ou 2duv; d u2 ¡ v 2 ; "d u2 + v2

avec " = § 1, d 2 Z¤ et pgcd (u; v) = 1.


B.1 On peut supposer z 6= 0, alors
³ x ´2 ³ y ´2
x2 + y 2 = z 2 , + = 1:
z z
B.2 On ré sout l’é quation x2 + (tx ¡ 1)2 = 1. On trouve x = 0 ou x = 2t
1+t2
. Les deux points de
Dt \ C admettent donc les coordonné es
µ ¶
2t t2 ¡ 1
(0; ¡ 1) et ; :
1 + t2 1 + t2

2
B.3.a Une é quation de C est (x ¡ ® )2 + (y ¡ ¯)2 = r2 où ® , ¯, r 2 Q.
½
(x ¡ ® )2 + (y ¡ ¯)2 = r2
M (x; y) 2 D \ C ,
ax + by + c = 0:
a c
On peut supposer que b n’est pas nul sans restreindre la gé né ralité du problè me. Alors y = ¡ bx¡ b
et x est solution de
³a c ´2
(x ¡ ® )2 + x + + ¯ = r2 ;
b b
i.e. de
µ ¶ ³a ³c ´ ´ ³c ´2
a2
1+ 2 x2 + 2 +¯ ¡ ® x+® 2+ + ¯ ¡ r2 = 0:
b b b b
Par hypothè se, le rationnel x0 est dé jàsolution de cette é quation du second degré . L’autre solution
x1 vé ri…era donc (cf. relation entre coe¢ cients et racines d’un polynôme) :
³a ³c ´ ´ b2
x0 + x1 = ¡ 2 +¯ ¡ ® £ :
b b a2 + b2
a c
Ainsi x1 est rationnel comme la di¤ é rence de deux rationnel. Et bien entendu y1 = ¡ b x1 ¡ b sera
aussi rationnel.
B.3.b Si D coupe C en deux points M0 (x0 ; y0 ) et M1 (x1 ; y1 ) rationnels, alors D admet l’é quation
¯ ¯
¯ x ¡ x0 x1 ¡ x0 ¯
¯ ¯
¯ y ¡ y0 y1 ¡ y0 ¯= 0

soit

D : (y1 ¡ y0 ) (x ¡ x0 ) ¡ (x1 ¡ x0 ) (y ¡ y0 ) = 0; (¤)

et les coe¢ cients de cette é quation de droite sont tous rationnels. Si D admet une autre é quation de
la forme ax + by + c = 0, alors (a; b; c) est proportionnel aux coe¢ cients correspondants et rationnels
de l’é quation (¤). C’est tout ce que l’on peut a¢ rmer.
B.3.c Mis àpart (0; 1), les points rationnels de C sont les points d’intersection de Dt et C quand
t est rationnel: Ce sont donc les
µ ¶
2t t2 ¡ 1
(x; y) = ; où t 2 Q.
1 + t2 1 + t2

B.4 (x; y; z) sera solution entiè re de (E) si et seulement si


³ x y ´ µ 2t t2 ¡ 1 ¶
; = ; ou (0; 1) avec t 2 Q.
z z 1 + t2 1 + t2
u
En posant t = v avec (u; v) 2 Z £Z¤ tels que pgcd (u; v) = 1, on obtient
³ x y ´ µ 2uv u2 ¡ v2 ¶
; = ; ou (0; 1) :
z z u2 + v2 u2 + v2

3
¡ ¢
²La premiè re é galité é quivaut àdire que les vecteurs (x; y; z) et 2uv; u2 ¡ v 2 ; u2 + v2 de R3 sont
coliné aires, i.e. il existe k 2 R tel que
¡ ¢
(x; y; z) = k £ 2uv; u2 ¡ v2 ; u2 + v 2 :

Les nombres x, y, z é tant des entiers, k sera rationnel donc de la forme pq avec p et q entiers premiers
entre eux et q non nul. Si q 6= § 1, q possè de un diviseur premier m et le thé orè me de Gauss montre
que m divisera simultané ment 2uv; u2 ¡ v 2 et u2 + v2 , donc (u + v)2 et (u ¡ v)2 , donc aussi u + v et
u ¡ v (car m premier), donc encore u et v. C’est absurde car pgcd (u; v) = 1. Finalement q = § 1 et
la premiè re é galité donne
¡ ¢
(x; y; z) = p: 2uv; u2 ¡ v2 ; u2 + v2 avec p 2 Z¤ et pgcd (u; v) = 1: (])

²La seconde é galité é quivaut à(x; y; z) = (0; z; z) que l’on retrouve dans (]) en faisant v = 0 et
u = 1.
Conclusion : Les solutions de (E) sont donné es par (])
¡ ¢
(x; y; z) = p: 2uv; u2 ¡ v2 ; u2 + v2

avec p 2 Z¤ et pgcd (u; v) = 1, et l’on retrouve la conclusion de A.3.