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Environnement et Développement Durable

3ème année Licence génie mécanique thermo-énergétique M.Y 2019-2020

Chapitre 1. Introduction à la notion d’environnement


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L’évolution de la notion d’environnement écologique est liée à celle des primates et de l’appariation de
l’espèce « Homo sapiens» ou l’homme moderne. La population des grands primates (gorilles,
chimpanzés, orang-outang), occupant la terre il y a de cela 10 millions d’années, est constituée de
100.000 individus. C’étaient des êtres craintifs, mal armés par la nature, plutôt décimés à des
prédateurs et se nourrissaient de plantes et de petites proies. L’homme moderne a pu, en très peu de
temps, transformer la biosphère. Grâce à ses capacités cérébrales permettant les apprentissages
rapides, l’adaptation aux changements environnementaux ainsi que la transmission des
connaissances, l’homme est arrivé, il y a 100 milles ans, à maîtriser le feu, se chauffer, s’éclairer,
éloigner ses prédateurs et à créer des groupes sociaux. Ces actions ont permis d’augmenter sa durée
de vie et d’assurer son expansion démographique. La figure I-1 montre l’évolution de l’espèce
humaine à travers le temps et dans le monde.

Figure I-1. Evolution de la population humaine

I.1 Définition de l’environnement

L'environnement est défini comme l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un
individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins, ou encore
comme «l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles
(sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines.
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I.2 Définition générale,


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La notion d'environnement naturel, souvent désignée par le seul mot environnement, a beaucoup
évolué au cours des derniers siècles et tout particulièrement des dernières décennies.
L'environnement est compris comme l'ensemble des composants naturels de la planète Terre, comme
l'air, l'eau, l'atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l'ensemble des phénomènes et
interactions qui s'y déploient, c'est-à-dire tout ce qui entoure l'Homme et ses activités bien que cette
position centrale de l'Homme soit précisément un objet de controverse dans le champ de l'écologie.

I.3 Définition juridique

Dans la loi n° 03-10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l'environnement dans le cadre du
développement durable journal officiel de la république algérienne n° 43, du 20 juillet 2003,
l'environnement est définie comme suit :

Les ressources naturelles abiotiques et biotiques telles que l’air, l’atmosphère, l’eau, le sol et le sous-
sol, la faune et la flore y compris le patrimoine génétique, les interactions entre lesdites ressources
ainsi que les sites, les paysages et les monuments naturels.

I.4 Bref historique

L'histoire de l'environnement est une sous-division de l'histoire qui intéresse de plus en plus de
chercheurs. Son but est d'étudier rétrospectivement l'état de l'environnement à différentes époques et
ses interactions avec les activités humaines.

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I.4 .1 Avant le XIX siècle

La prise de conscience de l'existence d'un environnement s'est développée par vague et de manière
différente selon les époques, les régions et les cultures humaines.

Certaines interprétations animistes ou religieuses, ont favorisé un certain respect de la vie, des
ressources naturelles, et des paysages. Ce respect était motivé avant tout par des croyances
religieuses, bien plus que par un réel désir de protection des milieux naturels. En effet, les concepts
d'environnement économique, urbain ou civique tel que nous les définissons aujourd'hui ne semblent
pas avoir été relevés par les ethnologues ni par les historiens.

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I.4 .2 Au XIX siècle

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Au XIX siècle, en Occident, le romantisme a mis en avant la beauté des paysages sauvages, parfois
en les opposants aux paysages et à la misère des mondes ouvriers, et industriels. En vantant les
beautés de la nature, les romantiques ont fait prendre conscience que ce bien était précieux et devait
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être préservé. C'est par cet intérêt porté au paysage que les sociétés humaines vont commencer à
prendre en compte l'environnement. 3
Les États-Unis créent le statut de parc national, avec le président Abraham Lincoln le 30 juin 1864 et
la Yosemite Valley devient le premier site naturel protégé au monde. Le parc national de
Yellowstone deviendra en 1872 le premier parc national. La France, en 1906, vote sa première loi sur
la protection du paysage. À cette époque, c'est plutôt le paysage, et non l'écosystème qui guide les
choix des élus pour les sites à protéger, comme le montre par exemple le classement des boucles de
la Seine peints par les impressionnistes.

En 1896, Arrhenius développe l'embryon de la première théorie environnementaliste, en étudiant


l'effet de l'augmentation de la teneur en dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère; dans son article
De l'influence de l'acide carbonique dans l'air sur la température du sol, il cite la vapeur d'eau et le
CO2 comme gaz à effet de serre, et emploie même le terme. Il propose certains calculs mettant en
évidence l'élévation de la température en fonction de l'élévation de la concentration en CO2; il formule
l'hypothèse du lien entre des variations de concentration au cours des âges géologiques, expliquant
les variations de températures correspondantes.

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I.4 .3 Au XX siècle

De nombreux outils scientifiques et techniques ont également contribué à une meilleure connaissance
de l'environnement et donc à sa perception. Parmi les principaux, citons l'observation, puis l'analyse et
la synthèse, photographie aérienne, puis satellitaire, et plus récemment, la modélisation prospective.
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Vers la fin du XX siècle, la prise de conscience de la nécessité de protéger l'environnement devient
mondiale, avec la première conférence des Nations unies sur l'environnement à Stockholm en juin
1972. En juin 1992, lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, l'environnement est défini comme
un bien commun et un bien public. Depuis les années 1990, les mentalités évoluent très rapidement
pour se rapprocher de la perception que nous avons aujourd'hui de l'environnement.

Cependant, la prise en compte de l'environnement dans les décisions et les pratiques


environnementales diffère énormément d'un pays à l'autre. Dans les pays en voie de développement,
où les préoccupations de la population sont très différentes de celles des pays développés, la
protection de l'environnement occupe une place beaucoup plus marginale dans la société.

Dès le début du XXème siècle, des mesures pour la sauvegarde de la nature sont adoptées. Le 19
mars 1902, la première convention internationale de protection des espèces sauvages, la convention
relative à la protection des oiseaux utiles à l’agriculture, est adoptée à Paris par 9 pays. Cependant,
elle se limite à répondre à des besoins immédiats ne voyant que l’aspect utilitaire des espèces en
question. Il faudra attendre le premier Congrès International de Protection de la Nature de Paris en
1923 et la Convention relative à la conservation de la Faune et de la Flore à l’état naturel en Afrique,
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adoptée le 8 novembre 1933 à Londres, pour aborder les notions d’espèces menacées d’extinction,
de réserves naturelles intégrales et de parcs nationaux. 4

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I.4 .3 Au XXI siècle

On peut dater les débuts du mouvement pour la protection de l’environnement à de la deuxième


moitié du XXème siècle, plus précisément au cours des années 60. Après la Deuxième Guerre
mondiale, l’effort de reconstruction de l’Europe a amené les pays à un développement économique et
industriel jamais atteint jusque là. Cette période, de 1945 à 1973, aussi appelée les « trente glorieuses
», est marquée par une augmentation des échanges et du commerce. Cette augmentation du niveau
de vie dans la majorité des pays occidentaux permit un accroissement sans précédent des moyens de
transports (démocratisation de l’usage de la voiture, débuts de l’aviation civile, accroissement du
transport maritime, etc.) et donc d’une demande en énergie (pétrole, charbon, nucléaire, etc.) toujours
plus forte. Le revers de ce boom économique est l’apparition d’une dégradation rapide de
l’environnement (pollution de l’eau, des sols, de l’air) ayant notamment pour répercussion des effets
sur le climat global, la couche d’ozone, la fonte des glaciers, la diminution de la biodiversité et des
écosystèmes. Toutefois, différents acteurs (gouvernements, société civile, organisations
internationales) agissent pour stopper ces dégradations en faisant des propositions allant de principes
simples pouvant être adoptés par chacun dans son comportement quotidien (tri des déchets, mode de
transport, consommation durable, etc.) à des conventions internationales négociées par les Etats.

I.5 L’homme et l’environnement


I.5.1 L’Homme déséquilibre les écosystèmes
1) L’aménagement du territoire
Endroits aménagés et utilisés par l’Homme avec conséquences sur l’écosystème : villes, terres
agricoles, voies de communication, carrières, ports et constructions en littoral (ex : la déforestation
pour l’agriculture modifie le milieu et supprime des milieux de vie de nombreux animaux).
2) Les pollutions et leurs conséquences
Pesticides, engrais (agriculture intensive) et pollutions chimiques (industrie). Rejet dans les fleuves ou
rivières des eaux dont la température est supérieure à celle du milieu (pollution thermique) entraîne
une modification des conditions de vie et influence les peuplements. Ces pollutions peuvent avoir des
impacts planétaires comme par exemple l’effet de serre et les changements climatiques.
L’effet de serre : C’est un phénomène naturel qui permet le réchauffement de l’atmosphère.
Gaz naturellement présents dans l’atmosphère (CO² et vapeur d’eau) ont la propriété de piéger une
partie du rayonnement solaire réémis par la Terre : ce sont les gaz à effet de serre.
Rejet en quantités croissantes dans l’atmosphère des gaz comme le dioxyde de carbone, mais aussi
les CFC et le méthane amplifie le phénomène naturel d’effet de serre.
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3) La surexploitation et l’introduction d’espèces


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Par la chasse et la pêche non contrôlées (disparition d’un maillon du réseau trophique ayant pour
conséquence un déséquilibre de l’écosystème et l’extinction d’autres espèces). Introduction de
nouvelles espèces fragilise les écosystèmes (modification des relations de compétition entre les
espèces du milieu).

4) L’homme protège son environnement

La biodiversité est devenue patrimoine mondial de l’humanité, il faut la protéger et l’amplifier.


Des mesures de protection de certaines espèces sont mises en place :
 interdiction de pêche, de chasse ou de cueillette.
 Aménagements spécialisés pour éviter l’impact des infrastructures sur les espèces. Création
de réserves naturelles et de parcs.
 Rejets des activités humaines sont contrôlés et des actions permettant de diminuer leur
impact sur l’environnement sont mises en place (ex : traitement des déchets).

I.6 Comment l’homme a modifié son environnement

Après avoir domestiqué le feu, les hommes ont commencé à modifier leur environnement et ce, en
favorisant la production de certains végétaux utiles, en exterminant les animaux venimeux et
dangereux et en allumant des incendies pour défraîchir et ouvrir des espaces. L’Homo sapiens a été
aussi accusé de l’extinction de la mégafaune nord tempérée (mammouth, rhinocéros laineux et autres
grands animaux). D’autres facteurs climatiques et catastrophes naturelles ont contribué à la
raréfaction de ces espèces comme les périodes de glaciations successives

I.6.1 La transition agricole

L’agriculture et l’élevage sont apparus (indépendamment) au Moyen-Orient, en Chine et en Amérique


centrale, il y a de cela environ 10.000 ans. Une apparition progressive et simultanée à l’évolution de la
chasse. L’activité de chasse a causé la disparition de plusieurs autres espèces animales comme le
Dodo de Madagascar ou l’aurochs de Varsovie. L’agriculture a connu une grande expansion,
alimentée par de nouvelles découvertes alimentaires qui ont aidé à améliorer les conditions de vie et
donc à prolonger la durée de vie des êtres vivants et à favoriser une croissance démographique
démesurée.

I.6.2 Transition industrielle

Autres que les effets de l’agriculture sur la faune et la flore, l’apparition de forge, de verrerie, de
constructions navales, de tanneries,... a contribué à défraichir les forêts et à polluer les rivières. Ceci a
concerné une partie limitée de l’Europe, puis ça s’est généralisé à une grande partie du monde. La
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progression des effectifs de l’humanité s’est accompagnée d’un synchronisme quasi-parfait de notre
entrée dans une société, dont l’activité industrielle est basée sur l’exploitation des énergies fossiles 6
dites ressources non renouvelables. Ces dernières (charbon, pétrole et gaz naturel) ont favorisé
l’expansion du progrès technologique. Ces phénomènes technologiques ont amélioré la productivité
agricole par la mécanisation des activités agricoles ancestrales. Les impacts d’un tel phénomène
peuvent être résumés par la figure I.2.

Figure I-2. Effet du progrès technique sur les activités agricoles et par conséquent sur
l’environnement écologique

I.7 La démographie bouc émissaire

Après une longue période de faible croissance démographique, la population humaine a connu un
èm ème.
essor considérable au XIX e et au XX On estime qu’elle devrait plafonner à la fin du XXI siècle
aux alentours de 10 milliards d’individus (Figure I-3). Une question se pose :

Figure I-3 Croissance démographique de l’humanité


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Depuis l’apparition de l’agriculture L’expansion démographique implique plus d’individus à


nourrir et donc plus d’espace à cultiver. Ce fait implique forcément une grande exploitation 7
des ressources naturelles physique (eau, sol, etc.) ou de ressources vivantes (poissons
marins, têtes bovines, ovines, etc.).

La croissance démographique est non homogène. En effet, six pays totalisent


actuellement la moitié de la croissance annuelle. Il s’agit de, l’Inde, la Chine, le Pakistan,
le Nigeria, le Bangladesh et L’Indonésie. Les nations développées totalisent une
population stable de 1,2 milliard d’individus. Dans certains pays développés, (Japon,
Allemagne, Italie, etc.) la population a même baissé.

La problématique démographique est traitée par les politiciens avec beaucoup de


réserves. En effet, réduire les naissa nces concerne en premier lieu les pays en
développement. Elles constituent néanmoins une force de travail et une assurance sur
l’avenir. Si les pays du nord accusent l’explosion démographique des pays du sud d’être
une des causes majeures de la dégradation de l’environnement. Ces derniers affirment en
retour que les problèmes écologiques proviennent essentiellement des modes de
développement adoptés par les pays industrialisés.

Par convention, on dira que tout dépend du projet social adopté (les choix prior itaires en
matière de développement économique et social), c’est ainsi que notre démographie
conditionnera l’ampleur de l’impact de nos activités sur la biosphère (d’après Lévêque et
Sciama., 2005).

Références bibliographique

[1] Ministère de L’Enseignement Supérieur et de Recherche Scientifique et de la Technologie


Tunisienne, cours sur l’Environnement Et Développement Durable

[2] loi n° 03-10 du 19 Joumada El Oula 1424 correspondant au 19 juillet 2003 relative à la protection
de l'environnement dans le cadre du développement durable journal officiel de la république
algérienne n° 43, du 20 Joumada El Oula 1424 correspondant 20 juillet 2003.

[3] Carlos Milani, « La complexité dans l’analyse du système monde : l’environnement et les
régulations mondiales », Droit et Société 46-2000, p. 429