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I L Y A DES SOLUTIONS – 1- L E PROJET CITOYEN Face à la

IL Y A DES SOLUTIONS

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LE PROJET CITOYEN

Face à la disparition du lien social et au sentiment de solitude de l’individu, il faut rendre à la citoyenneté toutes ses dimensions de dignité, de solidarité et d’engagement au quotidien. Nous devons avant toute chose retrouver un projet collectif.

Le choix de la dignité

L’exercice du rôle de citoyen suppose la dignité qui seule permet d’être pleinement citoyen. C’est pourquoi sera créé un revenu citoyen. Le revenu citoyen serait accessible à tous les citoyens français majeurs. Il serait versé sur une base mensuelle avec les mêmes procédures par lesquelles le nouvel impôt sur le revenu serait retenu à la source- à un niveau de 850 euros en l’absence de toute ressource (une personne âgée au minimum vieillesse, un bénéficiaire du Rsa, un étudiant par exemple) Pour toutes les autres personnes disposant de revenus (du travail ou de remplacement, retraites, allocations chômage) de moins de 1500 euros mensuels, le revenu citoyen serait versé de façon dégressive en fixant comme principe qu’aucune personne ne puisse être découragée à travailler. A rebours de la logique d’assistanat il s’agit de créer et d’encourager de nouvelles activités :

Pour les jeunes, le revenu citoyen pourrait être mis à disposition sous forme de capital bloqué de 70 000 euros, utilisable pour créer une entreprise, pour assurer l’autonomie (logement) ou pour financer une formation. En cas de revenus avant l’âge de 25 ans, les sommes dépensées seraient en partie remboursables sur l’impôt sur le revenu.

Les sommes du revenu citoyen pourraient être mises en commun pour créer une entreprise dans le cadre de l’Economie Sociale et Solidaire. La simplification des allocations existantes crée une lisibilité et une responsabilisation individuelle Le coût net de la mise en œuvre du revenu citoyen, qui se substitue aux allocations sociales existantes, serait de l’ordre de 30 milliards d’euros.

Le choix de la responsabilité

Cela passe par la codification d’un statut du citoyen consacrant ses droits, ses devoirs et ses responsabilités. Des devoirs civiques doivent être énoncés par la loi :

L’obligation d’inscription sur les listes électorales et l’obligation du vote (avec reconnaissance du vote blanc dans les suffrages exprimés)

Le paiement de l’impôt sur le revenu par tous les citoyens en fonction de leurs facultés contributives, y compris à titre symbolique.

L’accomplissement des devoirs en cas de nécessité de défense nationale

Le concours à l’administration de la justice, comme juré d’assise Cela passe également par la création d’un grand impôt citoyen, en remplacement de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt de solidarité sur la fortune :

Il doit être signe de simplicité. Il doit s’agir d’un impôt unique sur le revenu retenu à la source, en fusionnant la CSG, la CRDS et l’Impôt sur le Revenu. Un euro de revenu, quelle que soit son origine, doit être taxé de la même manière.

Il doit être signe de justice sociale.

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La progressivité doit être renforcée, grâce à un taux de 60% pour les très hauts revenus (supérieurs à un million d’euros par an).

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La fiscalité sur le patrimoine doit être intégrée par des mécanismes spécifiques à ce même impôt, en prenant en compte l’ensemble des revenus du patrimoine, des plus-values (hors résidence principale), des transmissions à titre gratuit, au barème d’imposition sur le revenu.

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o La franchise des petits patrimoines doit être garantie pour favoriser l’indépendance économique et soutenir les classes moyennes. Cela suppose une franchise d’imposition du patrimoine jusqu’à hauteur du seuil actuel de l’ISF.

Il doit être signe d’engagement civique. Cet impôt serait payable par tous, personnellement, même à titre symbolique.

Le choix de l’engagement

Le statut de citoyen c’est aussi un engagement librement assumé vis-à-vis des autres, à travers un engagement à assumer une activité d’intérêt général : travail, bénévolat, engagement, création. La solidarité des citoyens doit s’incarner dans un service citoyen. Ce service citoyen serait obligatoire pour une durée d’un an, fractionnable en plusieurs séquences de deux ou trois mois pour l’ensemble des Français de 18 à 25 ans. Car il s’agit aujourd’hui de nous appuyer en premier lieu sur les énergies de notre jeunesse. Ce service serait ouvert à toutes les personnes de plus de 25 ans souhaitant y consacrer une part de leur temps soit pour des activités d’intérêt général, soit pour encadrer les activités de service citoyen des jeunes. Ces périodes ouvriraient droit à un congé sans solde avec conservation de l’ensemble des avantages sociaux et de carrière, dans une certaine limite de durée. Le revenu citoyen assurerait la rémunération pendant cette durée.

Il s’agit de développer le brassage social des jeunes effectuant leur service citoyen

Il s’agit en même temps de leur permettre d’agir en faveur de l’intérêt général.

Il s’agit d’œuvrer dans le sens d’une responsabilisation des citoyens en favorisant à la fois les parrainages citoyens et l’encouragement par les pairs (à travers de groupes de 5 à 7 jeunes du service citoyen responsables en commun de leur mission) Le service citoyen est un support de missions d’intérêt général. Plusieurs types de missions seront envisagés :

Des missions d’appui au service public, s’adressant notamment à des publics spécialisés (personnels soignants et d’accompagnement, personnels éducatifs) pour intervenir dans les services publics de proximité sous la supervision d’agents spécialisés (dispensaires, locaux éducatifs en pied d’immeuble).

Des missions liées aux besoins de collectivités territoriales qui l’auraient exprimé.

Des missions liées à la demande sociale qui pourraient être déterminées par une bourse interactive, en recueillant notamment l’ensemble des demandes d’acteurs associatifs reconnus d’utilité publique.

Des missions à l’étranger dans le cadre de la coopération et du volontariat international, dans le cadre d’entreprises françaises ou d’associations humanitaires.

Des missions de préparation militaire de réserve pour ceux qui le souhaitent

Le service citoyen peut être aussi un cadre d’accompagnement, de formation et d’insertion pour aider chacun à trouver une

place dans la société (permis de conduire, premiers secours, formation professionnelle, validation des acquis de l’expérience). C’est un service ouvert en général à l’ensemble des citoyens à temps partiel ou complet pour la durée de leur choix. Ils auraient deux types de missions :

Encadrer les activités des plus jeunes dans leur domaine de compétences

Se mettre directement au service de la collectivité (par exemple pour des maraudes du samu social).

S’ajouteraient deux dispositifs spécifiques :

Un service citoyen adapté et obligatoire serait créé pour toute personne naturalisée.

Un service citoyen à titre de stages exploratoires pour les élèves, dans le cadre de l’enseignement d’éducation civique. L’essentiel du financement repose sur le versement du revenu citoyen. Les installations et infrastructures seraient prises en charge par les collectivités locales (fournitures de locaux)

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REFONDER LES PILIERS DE LA REPUBLIQUE

Nous sommes aujourd’hui dépourvus de moyens d’action concrète, dans le cadre de l’Europe, de la mondialisation et de la crise budgétaire et morale de l’Etat. Cela suppose six politiques de refondation préalables à la libération des énergies collectives aujourd’hui bridées.

Une refondation des pouvoirs.

Des pouvoirs renforcés et séparés :

Une justice indépendante grâce à un pouvoir judiciaire constitutionnalisé et la désignation d’un Procureur Général de la Nation nommé par le CSM et investi par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes pour un mandat de sept ans (non renouvelable). Il aura une autorité hiérarchique et un pouvoir de nomination sur les procureurs généraux et les procureurs de la République, eux-mêmes indépendants du pouvoir politique. Le Garde des Sceaux gèrera le budget et définira la politique pénale, mais ne pourra plus intervenir dans les dossiers, ni dans les nominations. Le CSM doit aussi avoir la tutelle sur l’Ecole Nationale de la Magistrature et sur l’Inspection Générale des services judiciaires.

Un Parlement plus efficace par une réduction du nombre de sièges (400 à l’assemblée, 200 au Sénat), par une interdiction du cumul des mandats et des fonctions et par la création d‘une dose de proportionnelle. Un statut de l’élu permettrait de favoriser le renouvellement de la classe politique et son ouverture sur la société civile.

Un exécutif resserré et renforcé autour d’une dizaine de ministères au périmètre stabilisé par loi organique. Une République allant au bout de la décentralisation.

Un redécoupage territorial autour de huit à dix grandes régions métropolitaines aux compétences renforcées.

Des présidents de région élus au suffrage universel direct pour une plus grande visibilité régionale et internationale.

Les présidents de région seront réunis tous les quinze jours autour du président de la République en un Conseil Territorial chargé des questions de cohésion nationale, d’aménagement du territoire et de stratégie économique.

Il est nécessaire de créer une nouvelle Collectivité Territoriale, du niveau du département, et regroupant tous les territoires d’un mêmes espace urbain pour les quinze ou vingt plus grandes agglomérations françaises, la métropole. Ces métropoles auraient des compétences notamment en matière de politique de la ville et de politique de sécurité.

En ce qui concerne les collectivités d’Outre Mer, pour tenir compte à la fois de leur ancrage dans la République et de la prise en compte de leur particularités, il est proposé de tenir plusieurs fois par an un Conseil de l'Outre- mer présidé par le chef de l'Etat réunissant les 11 présidents de régions et collectivités et qu'au moins une fois par an, ce conseil de l'Outre-mer se réunisse en même temps que le Conseil territorial des régions métropolitaines. Cela favorisera notamment les partenariats économiques ou universitaires à développer avec les grandes régions de métropole. Des garanties pour l’exercice de la citoyenneté

Des référendums d’initiative populaire et des référendums à l’échelle locale rendus légaux.

Des référendums nationaux réguliers, notamment sur la réforme institutionnelle, sur la politique énergétique française, sur une grande réforme fiscale.

Une refondation de l’autorité de l’Etat

Restaurer cette autorité de l’Etat que tous ressentent perdue. Cela passe par un respect des sanctions et une plus grande cohérence de la chaîne pénale :

Aujourd’hui, un grand nombre de peines restent inexécutées, notamment l’emprisonnement de moins de deux ans. L’exécution des décisions et des peines, notamment à travers l’augmentation de l’offre de peines alternatives pour les courtes peines, doit donc être garantie.

La réponse à toutes les incivilités, au moyen d’une médiation de proximité ou de juges de paix, avec une graduation de la sanction.

C’est également assurer la tranquillité publique. Il faut pour cela nouer avec les citoyens une nouvelle relation, qui ne soit ni la militarisation de l’action policière véhiculée par la droite, ni le malaise de la gauche.

Il faut un partage des tâches clair entre une police nationale, d’Etat, assurant les missions de répression judiciaire et de maintien de l’ordre et une police municipale complètement réorganisée, avec un recrutement national sur concours et une harmonisation des effectifs policiers entre villes riches et villes pauvres. Des séances de compte- rendu de l’action policière à l’échelon local, se tiendront en partenariat avec les autorités municipales ou métropolitaines.

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Il faut une police présente sur tout le territoire, sept jours sur sept, nuit et jour. Cela passe par l’établissement dans chaque quartier difficile d’une permanence de police, notamment dans le cadre d’une maison des services publics associant différents services de l’Etat et des collectivités territoriales. Ces effectifs dépendront du commissariat le plus proche et resteront en contact permanent avec lui. Les locaux seront mis à disposition par les municipalités. Tous les moyens techniques et humains doivent être employés, comme la vidéosurveillance.

L’enjeu aujourd’hui, c’est de répondre à toutes les formes de délinquance au bon niveau

Cela passe par la constitution d’une chaîne d’intervention, depuis des Groupements d’Intervention Européens, jusqu’aux Groupements d’Intervention Régionaux en passant par un Groupement d’Intervention National interservices, afin de mener une lutte acharnée contre le grand banditisme et les mafias.

Il faut fixer des priorités claires à l’action de la police en ciblant la délinquance générale qui est la plus pénible au quotidien. Le travail est pollué aujourd’hui par des activités inefficaces – les procédures pour possession limitée de haschich, le traitement des arrestations d’immigrés illégaux. L’essentiel du travail de la police doit pouvoir se tourner vers la délinquance générale qui est source d’inquiétude.

Une refondation de la justice

Il s’agit également de refonder le pouvoir judiciaire autour de trois demandes La proximité

Elle doit être plus proche dans les attentes. Une simplification des juridictions est nécessaire en rapprochant et unifiant juridiction administrative et judiciaire

Elle doit être plus proche dans l’espace. L’ensemble des affaires les plus simples qui engorgent les tribunaux correctionnels et de grande instance doivent être remises à un traitement de proximité dans le cadre d’une justice de paix, partout sur le territoire et notamment à l’échelle d’un quartier sensible ou d’un bourg rural.

L’éducation juridique au collège et au lycée et l’effort de clarification du langage judiciaire lorsqu’il s’adresse aux justiciables doit permettre une meilleure compréhension de la justice. La responsabilité

Responsabilité du citoyen, en développant la médiation, la conciliation, l’arbitrage et en faisant du tribunal le dernier recours après une phase précontentieuse obligatoire.

Responsabilité de la chaîne pénale, en renforçant la continuité, notamment par le placement de la police judiciaire dans la continuité judiciaire, sous l’autorité de la justice, de même qu’en renforçant les services d’insertion et de probation. La sérénité

En mettant en œuvre une pause législative en matière pénale.

En formant mieux les personnels judicaires à travers la transformation de l’ENM en une grande école des professions judiciaires. Juger, c’est une affaire d’expérience, de parcours humain, pas seulement de compétences techniques. Il faut une entrée plus tardive après des études de juriste, à l’image de la spécialisation des médecins dans le cadre de l’internat. De même il faut développer les passerelles avec les autres professions de justice.

Une refondation de la presse et des médias

La première nécessité est de garantir l’indépendance des médias et la liberté d’information

Une loi pour garantir la liberté des médias en interdisant tout contrôle d’un média par un groupe industriel dépendant de la commande ou de la régulation publiques et en renforçant la protection des sources.

En matière d’égalité des citoyens devant l’information publique, il faut une loi sur le libre accès à l’information.

Le service public audiovisuel doit recevoir des garanties d’indépendance par l’investiture du président de France Télévisions sur proposition du CSA, soumis à un vote aux 3/5 e du Parlement.

Une Charte des Droits et Devoirs des journalistes et citoyens doit trouver la juste régulation de l’expression publique. Deuxième nécessité, il faut garantir la pérennité des vecteurs d’information dans le cadre de leurs missions de service public d’information

Les aides directes à la presse devront être supprimées graduellement en ne les accordant que dans le cadre d’un projet pluriannuel viable.

Ces aides doivent être transformées en une baisse de la TVA pesant sur les médias de la presse d’information générale.

Une refondation de l’Ecole républicaine au service de l’égalité et des savoirs

Nous devons ancrer à nouveau l’égalité républicaine sur tout le territoire et dans toutes les écoles. Cela suppose de rompre à la fois avec les logiques de zonage qui stigmatisent plus qu’elles n’aident, avec le cadre parfois étouffant du collège unique et avec les logiques d’autonomie qui en diversifiant l’offre, créent toujours plus d’inégalités. Il est encore temps de rester fidèle à notre modèle républicain. Il faut rétablir l’unité, l’égalité et la primauté des savoirs. Quels sont les principes à suivre pour l’action ?

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Chaque élève doit être suivi dans un parcours continu de 3 à 18 ans.

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Il faut renforcer la cohérence de la chaîne éducative, parce que les écoles, les collèges, les lycées suivent les mêmes élèves et pourtant restent imperméables les uns aux autres. Pour cela, il faut créer des Cités scolaires attachées à un large territoire, créant ainsi une nouvelle carte scolaire plus cohérente, et rassemblant sous un pilotage commun l’ensemble de la chaîne éducative d’établissements appelée à suivre une génération d’élèves, capable de proposer toutes les filières générales, professionnelles, techniques. Les échanges et les mobilités des enseignants entre établissements d’une même Cité Scolaire doivent être encouragés.

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L’enseignement s’y divisera en deux ensembles, une Ecole du Socle suivant les élèves de 6 à 14 ans et une Ecole de la Détermination permettant aux élèves de définir progressivement leur orientation tout d’abord dans un cycle à tronc commun et options puis dans deux années finales de spécialisation.

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La proximité doit être accrue par la mise à disposition de locaux dans les immeubles de certains quartiers sensibles ou dans certaines communes rurales sans école pour assurer une permanence éducative dans le cadre du service citoyen (aide aux devoirs, cours de soutien).

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Des places dans toutes les filières sélectives (CPGE, STS, IUT) doivent être réservées aux 5% des élèves de chaque lycée ayant eu les meilleurs résultats au baccalauréat.

Aucun élève ne doit être laissé de côté.

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Suppression des ZEP et dispositifs de zonage et transfert de ces crédits vers un droit personnalisé à l’enseignement prioritaire affecté anonymement à des élèves en fonction de critères scolaires et sociaux. Le décompte de ces droits définirait les effectifs d’une classe (par exemple une classe sans aucun élève relevant du DPEP aurait 30 élèves, une classe avec seulement des élèves prioritaires 15, toutes les situations intermédiaires étant possibles), les crédits pédagogiques supplémentaires de l’établissement et l’accès au soutien scolaire, à l’aide aux devoirs et à des activités culturelles pour l’élève.

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Attention au parcours des élèves pour éviter que nous puissions nous satisfaire d’en laisser chaque année 150 000 sur le bord du chemin. L’âge de formation obligatoire serait porté à 18 ans, incluant l’apprentissage et l’alternance, et obligatoirement validé par une certification.

Les savoirs doivent rester au cœur de l’école

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Garantie sur le maintien des volumes horaires d’enseignement.

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Les programmes doivent être stables et consensuels, grâce à un vote aux deux-tiers par l’Assemblée Nationale pour une durée d’au moins deux législatures.

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La priorité reste l’acquisition des premières bases. C’est là que se jouent les inégalités, dès le plus jeune âge. L’âge de scolarité obligatoire serait abaissé à 3 ans. L’école maternelle et primaire doit concentrer les moyens pour les élèves les plus fragiles.

Les enseignants doivent retrouver le goût d’enseigner

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Prenons en compte dans le statut des enseignants la distinction entre les jeunes enseignants et les enseignants confirmés, avec des contraintes horaires, des conditions de mutation et des grilles de rémunération distinctes.

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Développement des passerelles à mi-parcours dans la carrière enseignante vers d’autres corps et missions.

Une refondation européenne pour refaire de l’Europe un levier efficace de l’action.

Il faut un Haut Conseil franco-allemand qui a vocation à créer une large solidarité de fait entre les deux pays à travers

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Des instruments institutionnels comme un Secrétariat d’Etat franco-allemand commun avec administration intégrée,

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Un Conseil des Ministres commun mensuel et une Conférence des régions et Länder régulière,

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Des politiques de convergence concrètes en matière fiscale, sociale, environnementale.

Il faut en même temps une Union Pour la Méditerranée refondée, permettant des coopérations plus étroites en fonction de critères de convergence démocratique née du Printemps Arabe.

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Associant les Etats du Nord et du Sud de la Méditerranée partageant un engagement démocratique fort.

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S’appuyant sur des politiques de coopération concrètes (politiques universitaires, environnementales)

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Préfigurant un futur Pôle paneuropéen de stabilité, de démocratie et de prospérité

Faire de l’Europe une coopérative pour affronter les grands défis

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Des eurobligations pour financer les grands projets notamment dans le cadre d’un Fonds Européen de l’Innovation

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Une politique énergétique commune

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Des règles de réciprocité claires face aux autres grandes puissances commerciales et la possibilité de tarifs extérieurs communs mobiles pour compenser les déséquilibres de normes sociales et environnementales.

Des garanties démocratiques pour les citoyens européens.

o La proposition d’élire le président du Conseil Européen au suffrage universel direct.

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FAIRE DU MODELE SOCIAL FRANÇAIS NOTRE ATOUT ET NOTRE IDENTITE DANS LA MONDIALISATION

Notre modèle social est en péril. Pourtant il est au cœur de notre identité. C’est la cause principale des doutes qui minent les Français. Face à la mondialisation, notre qualité de vie semble en danger. Pourtant, nous devons prendre conscience que c’est notre principal atout et c’est notre identité dans la mondialisation. Un modèle social redevenu exemplaire contribuera à nous faire revenir dans le jeu mondial. Aujourd’hui, notre conception se limite à un modèle où s’affronte le public, incarné par l’Etat, et le privé, sans aucun lien avec l’intérêt général. Il faut définir une nouvelle philosophie du rôle de l’Etat et du service public, articulé sur trois échelons. Premier niveau, l’Etat. Il y a les garanties essentielles à la cohésion sociale et nationale, les missions régaliennes et républicaines, qui doivent être assumées par un Etat fort et respecté, comme la sécurité, la défense, l’éducation. Cela suppose une fonction publique capable d’assumer ses missions dans la durée.

Un statut de la fonction publique unifié imposant des conditions d’exercice, notamment en termes de continuité et de neutralité, mais aussi de transparence, en associant les agents publics aux choix et orientations budgétaires de leurs services.

La codification. Il faut retrouver l’esprit du code pour lutter contre l’insécurité juridique. Il convient de créer au Parlement une Section de Codification travaillant à l’intégration législative et à la mise en cohérence. Les codes doivent par ailleurs être rendus accessibles sur internet à l’ensemble des citoyens de manière claire et pédagogique. Deuxième niveau, le service public. Il y a l’ensemble des activités d’intérêt général qui supposent une régulation publique des intérêts privés et une intervention publique en appui pour corriger les inégalités. Cela suppose de construire de nouveaux services publics, en matière de services bancaires, de logement, de consommation, d’accompagnement des parcours professionnels, de la petite enfance. Troisième niveau, le service citoyen. Le service citoyen doit offrir le cadre de solidarités concrètes et des réponses à des problèmes vécus au quotidien, notamment en termes de maillage territorial de la santé, de l’éducation ou en termes de préservation du patrimoine.

Grâce à cette armature, nous pourrons revitaliser notre modèle social autour de trois axes.

Premier axe : construire de nouveaux services publics.

Un service public bancaire. Il serait fixé par une loi-cadre et s’appliquerait à l’ensemble des établissements bancaires actifs sur le territoire français ainsi quaux autres acteurs financiers – assureurs, fonds d’investissement.

Les banques doivent contribuer plus efficacement au financement de l’économie réelle. Elles doivent être contraintes d’orienter une part significative des encours d’assurance-vie, de l’ordre de 10%, vers le financement des PME sur le territoire français.

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l’innovation et des cadres de prêts jeunes entrepreneurs associant prêts bancaires et bourses publiques existantes.

Les banques ont également un rôle en ce qui concerne l’égalité des citoyens. Les banques de dépôt doivent proposer un service bancaire universel au moindre coût et dans la plus grande transparence à tous les résidents français. Un service public du logement :

Fixé par une loi-cadre, il imposerait un cahier des charges à l’ensemble des bailleurs privés et publics sur le territoire français. Il doit être financé par strict redéploiement de certains avantages fiscaux existants, notamment l’avantage Scellier.

Il s’agit de créer un secteur locatif social privé en organisant les dispositifs de garantie contre les impayés et de soutien au niveau des loyers modérés. Les propriétaires de logements multiples (plus de 10) auraient l’obligation de réserver un quart de leurs logements à un cadre de logement social.

Il s’agit de favoriser une modération des loyers dans les zones les plus tendues en incitant fiscalement à des loyers adaptés aux revenus des ménages classes moyennes.

Il s’agit de maîtriser l’offre et la demande par une obligation d’information des services municipaux sur l’occupation des logements et d’unifier la demande de logements sociaux, comme à travers un numéro de demandeur unique. Un service public de la consommation

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Les banques doivent aussi concourir au dynamisme

économique

avec des objectifs

de financement

L’accès aux biens de première nécessité est devenu un enjeu majeur de l’égalité entre les citoyens, à l’heure où les mutations de la grande distribution changent la donne. Le poids de ces acteurs commerciaux est en outre essentiel sur l’orientation des types de produits consommés et de leurs origines. Une loi de service public est nécessaire pour imposer un cahier des charges d’intérêt général.

Favoriser les productions régionales et nationales par la définition contractuelle avec les acteurs de la grande distribution de pourcentages de produits de ces origines.

Favoriser la diversité commerciale en favorisant le maintien des petites surfaces, y compris à travers un système de partenariats parrainé par les collectivités locales pour conserver des comptoirs locaux.

Deuxième axe, mettre la personne au cœur du modèle social

La défense de l’égalité des citoyens passe par la proximité et la personnalisation de l’approche.

La santé doit être à nouveau une source de sécurité pour tous les Français en faisant vivre une logique de service public de la santé. Il faut renouveler le maillage territorial du service public de santé en articulant un nouvel hôpital public décentralisé en trois échelons.

Un centre hospitalier pour les soins les plus importants et les moyens de recherche.

Des centres hospitaliers de proximité pour les soins courants et en ambulatoire

Des dispensaires, adossés aux pharmacies, dans toutes les communes et les quartiers où c’est nécessaire, pour assurer une présence de personnels soignants, notamment dans le cadre du service citoyen. Il s’agit également de développer la télémédecine. La modulation des exonérations de charge doit favoriser l’installation des médecins en libéral dans les territoires déficitaires, ainsi que le développement de l’exercice regroupé dans les Maisons de Santé Pluridisciplinaires. Il faut au-delà donner des missions de service public aux personnels de santé :

Développer l’éducation thérapeutique, notamment par les pharmaciens, et la prévention comme une mission à part entière et reconnue.

Renforcer la médecine scolaire en redéfinissant ses missions.

Mettre en avant dans le cadre du service citoyen le développement de l’offre d’activités physiques et sportives.

Le financement de la santé doit être garanti et préservé. Le financement et le besoin doivent être associés au plus près.

Une nouvelle gouvernance de l’Assurance-maladie avec régime unique d’assurance maladie divisé en grandes

régions permettra une meilleure lisibilité et un meilleur pilotage du système de soins, en prenant appui pour le

Il faut associer les

pilotage sur les ARS, tout en maintenant une péréquation de moyens entre les grandes régions

professions médicales à la gestion des dépenses.

Une nouvelle prise en compte de la dépense, par un financement plus réaliste de l’hôpital public. Une tarification plus souple mêlant tarification aux actes et tarification forfaitaire doit permettre d’approcher au plus près de la réalité vécue de la santé publique.

L’enseignement supérieur doit être davantage en prise avec les besoins des citoyens dans le cadre d’une société de la connaissance. L’université doit pouvoir prendre en compte l’ensemble des besoins sur ces territoires pour assumer l’ensemble des parcours étudiants, assurer une formation de qualité et réaliser les objectifs de 50% d’une classe d’âge au niveau licence.

Cela se fera par la création de grands établissements d’ampleur régionale, capables d’assumer de façon décentralisée à la fois le rôle de proximité et le rôle d’excellence. Ils doivent être réunis avec les grandes écoles et intégrer également les classes préparatoires.

L’ouverture nationale et mondiale des établissements doit être favorisée en interdisant le recrutement local des enseignants-chercheurs.

L’autonomie de financement doit s’appuyer sur une capacité de modulation des droits d’inscription des établissements d’enseignement supérieur dans le cadre des possibilités spécifiques fournies par le revenu citoyen des jeunes de 18 à 25 ans. L’enseignement supérieur doit être capable de faire face aux demandes de professionnalisation et de développement des nouvelles techniques.

Pour la revalorisation des savoirs techniques et professionnels, pour que l’intelligence de la main soit reconnue à égalité, il faut ouvrir les universités aux savoir-faire, notamment à travers la création de Grandes Ecoles Professionnelles qui permettraient de fédérer et d’aiguillonner les apprentissages dans certains domaines clés – hôtellerie, agriculture, compétences spécifiques des techniciens de l’aéronautique ou des chantiers navals.

De même, je souhaite que la France se dote de deux ou trois Cités de l’Artisanat concentrant les savoir-faire de domaines d’excellence grâce à la mise à disposition d’infrastructures, grâce à un effort de diffusion par les pouvoirs publics, grâce enfin à un soutien à l’activité par des franchises fiscales.

Nous devons assumer une société de libertés et de respect.

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La situation des femmes, notamment dans le cadre de la vie professionnelle et dans le partage des tâches domestiques, impose une action volontariste.

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Attaquons nous aux causes réelles des inégalités plutôt que de déplorer les symboles. Les femmes s’engagent de plus en plus dans des carrières exigeantes, en temps et en souplesse. Il faut des cadres de service public de la petite enfance pour mieux prendre en charge les enfants, notamment à proximité de leur lieu de travail. Cette prise en charge pourrait être fortement mutualisée par les entreprises en incitant à la création de crèches d’entreprise, interentreprises ou dans le cadre de l’Economie Sociale et Solidaire.

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Faisons du respect de la parité un critère de responsabilité des entreprises pris en compte dans la modulation de l’impôt sur les sociétés.

L’ensemble des discriminations doit être combattu.

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En réponse aux réalités concrètes de l’homoparentalité, de la transsexualité, des familles recomposées et monoparentales, il s’agira de définir le meilleur consensus concret pour sortir des hypocrisies et offrir des solutions à toutes et à tous pour vivre au mieux, au quotidien et dans la plus grande sécurité juridique possible.

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Il faut faire de l’égal respect dû à tous les citoyens, quelle que soit leur origine, leur croyance ou leur couleur de peau un axe fort de l’action publique, en mettant en œuvre dans le cadre du service citoyen des actions de sensibilisation, de prévention et de contrôle (notamment opérations test).

Troisième axe, l’équilibre des territoires.

L’équilibre de nos territoires est une condition essentielle pour donner à tous les Français les garanties de l’égalité dans ce temps de changement. Il suppose un nouvel ancrage régional des politiques publiques. La mondialisation impose des contraintes fortes sur la cohésion de nos territoires, sur l’égalité entre les citoyens. Il y a là une exigence de volontarisme mais aussi sur la conception même de ces territoires. Et nous ne pourrons offrir un espoir qu’en changeant radicalement les modes de vie.

Dans le cadre du Plan Vert, chaque ville française sera amenée à se doter d’un quartier écologique, dont le projet sera financé dans le cadre de partenariats public-privé, et à engager une transformation de ses centres-villes vers le passage des transports individuels à des formes nouvelles de transports collectifs, notamment la location ponctuelle de véhicules électriques.

Des réseaux de transport mieux développés et des programmes spécifiques, pour encourager les populations dans les zones rurales dépendant de la ville, doivent faire respirer la ville, en ouvrant la possibilité de créer pour les très grandes agglomérations des dispositifs de péages urbains, assorties de conditions d’équité strictes.

Tous les Plans Locaux d’Urbanisme et d’occupation des sols, en s’appuyant sur les ressources techniques des intercommunalités, devront prendre en compte des critères environnementaux, notamment en termes de constructions de bâtiments basse consommation et de schémas locaux de transports. L’habitat durable sera au cœur des projets, en mettant en œuvre pour les communes une mutualisation des moyens, une formation des élus et des échanges de bonnes pratiques. Par ailleurs les équilibres naturels devront être préservés dans le cadre des Zones Natura 2000. Il faut une garantie d’égalité républicaine pour nos banlieues, car ces quartiers populaires sont devenus les symptômes d’un mal français qui est la ségrégation et l’accroissement des inégalités.

La métropole doit devenir le niveau d’une politique de la ville à la fois complète et proche des besoins. Le désenclavement, la mixité sociale, les déplacements travail-domicile sont des enjeux à traiter au niveau des nouvelles métropoles, qui sont gage de mise en commun des moyens et de vision d’ensemble pour les problématiques de ségrégation, de sécurité, de transport et d’activité économique.

Les habitants des quartiers doivent avoir la capacité de prendre en main leur destin. C’est pourquoi au sein de ces métropoles ils doivent recevoir une représentation spécifique fondée sur des conseils de quartier élus au suffrage universel. Ces conseils auront notamment compétence pour conclure avec les élus locaux des projets territoriaux.

Les quartiers sensibles doivent bénéficier d’une stratégie systématique d’accès aux services publics par deux moyens, d’une part la création de Maisons des Services Publics à direction unique et d’autre part à travers l’emploi de locaux mis à disposition au sein des grands ensembles pour assurer des missions de santé et de prévention, du soutien scolaire, du lien social, dans le cadre du service citoyen.

Le sujet majeur c’est l’emploi. Il manque pour cela un outil, à côté de l’ANRU et de l’ACSEC. Les quartiers sensibles doivent également être revitalisés économiquement par une Agence Nationale de Développement Economique capable de fédérer l’ensemble des initiatives privées, publiques, associatives en la matière. Il faut aussi une garantie de vitalité pour nos territoires ruraux.

C’est pourquoi dans le cadre du service citoyen, je souhaite que chaque commune mette à disposition un local pour accueillir quelques intervenants qui seront capables, selon les cas, d’accompagner les personnes âgées, d’offrir des services de transport ponctuels, de donner une aide juridique et administrative.

Il faut développer les transports collectifs individualisés comme les taxis collectifs.

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Les paysages sont au cœur de l’identité française. Or aujourd’hui, l’enlaidissement des abords des villes est ressenti par tous comme une perte. La beauté et l’art de vivre sont aussi notre patrimoine. Une Charte des paysages doit permettre la valorisation des identités, par une législation plus stricte en matière d’affichage publicitaire notamment. La préservation des terres agricoles doit être renforcée notamment à la périphérie des villes, en faisant le choix d’une emprise urbaine moins dense au profit de la revitalisation de villages de proche périphérie grâce à un meilleur accès aux infrastructures.

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IL Y A DES SOLUTIONS

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CREER LES LEVIERS DE LA TRANSFORMATION ECONOMIQUE DE LA FRANCE

L’économie française décroche, non seulement vis-à-vis des pays émergents, mais aussi vis-à-vis de certains de nos partenaires. Il s’agit de faire naître un nouveau modèle économique en prise avec le monde afin de faire de la France un pays pionnier de la révolution écologique et énergétique et d’anticiper les changements structurels de l’économie de l’avenir, notamment sur les nouvelles interdépendances entre services et industries.

Premier levier, une fiscalité moderne pour enclencher un changement de modèle économique.

Un levier fiscal moderne doit assurer l’enclenchement d’un changement de modèle économique fondé sur le maintien de l’emploi, notamment industriel, en France, la conversion vers un modèle économique fondé sur l’environnement et la force de notre production vers l’exportation.

C’est le sens d’une TVA 3E (Environnement, Emploi, Exportation), à la fois modulable en fonction de critères environnementaux et remplaçant une part des cotisations sociales salariales et patronales. Il s’agit d’un côté de responsabiliser les consommateurs et de les sensibiliser au vrai prix des biens qu’ils achètent en prenant en compte les coûts cachés et de l’autre côté de faire baisser le coût de la production française par rapport aux importations, également mises à contribution dans ce dispositif. Le taux de TVA normal fluctuerait ainsi entre 19,6 et 24,6 avec un niveau moyen de 22 points. Le taux de TVA sur les produits de première nécessité demeurerait inchangé à 5,5%. Ce afin d’obtenir une réduction massive de 4 points des charges sociales, à la fois patronales pour soutenir la compétitivité, la relocalisation industrielle et la création d’emplois, et salariales pour soutenir les salaires et le pouvoir d’achat, afin que le travail soit récompensé à sa juste valeur. Cette baisse serait rendue possible par un mix fiscal entre Tva, impôt sur les sociétés et CSG.

La fiscalité doit aussi renforcer la responsabilité des entreprises face à l’intérêt général. C’est le sens de la création d’une part modulable de l’Impôt sur les Sociétés qui permettra de mettre l’intérêt général au cœur de la fiscalité en compensant les excès et en récompensant les efforts. L’emploi des jeunes et des seniors, la parité homme-femmes, la responsabilité environnementale, les négociations salariales seront des conditions objectives de la modulation.

Deuxième levier, un effort collectif et juste.

Tous les Français en sont conscients, il faut un immense effort d’assainissement des finances publiques.

Un Grand emprunt citoyen doit permettre d’assurer que tout nouvel endettement jusqu’au début du désendettement se fasse hors des marchés financiers. Des bons d’épargne privée rémunérés au taux du livret A viendraient abonder une Caisse d’amortissement de la dette.

Une règle budgétaire constitutionnelle doit imposer de limiter le déficit public hors accident de conjoncture- à un niveau compatible avec la réduction de la dette (c'est-à-dire la croissance moins les taux d’intérêts). Prendre un chiffre absolu n’a pas de sens. Car c’est bien la croissance qui est déterminante. Avec une croissance nulle, même avec un déficit nul, la dette s’emballe. Avec une croissance à 3%, même avec un léger déficit public, le poids de la dette s’allège. Il faut enfin une réduction des dépenses et une hausse des recettes pour atteindre de façon stable le niveau requis à l’horizon 2017. Il faut prendre l’engagement de ne créer aucune nouvelle dépense hormis les 30 milliards d’euros du revenu citoyen, qui sont la condition d’un effort, juste, partagé et accepté. Un effort assumé

Par une programmation pluriannuelle des recrutements de fonctionnaires qui permet un resserrement acceptable des effectifs de l’Etat en mettant fin à la règle comptable de réduction d’un fonctionnaire sur deux. Des efforts réels ont été faits depuis une décennie. Mais la RGPP a déséquilibré sans convaincre. La réforme de l’Etat doit, en dernier ressort, être la tâche des citoyens. Il faut organiser des débats publics et des consultations appuyées sur des audits préalables pour que les citoyens eux-mêmes définissent le niveau de service qu’ils veulent et les sommes qu’ils sont prêts à y consacrer.

Par des mesures pour faire face à la crise budgétaire, notamment à travers une surcote de l’Impôt sur les sociétés des Grandes Entreprises, moins taxées que les PME.

Par un gel temporaire des traitements de la fonction publique supérieure (catégorie A +).

Par simplification et redéploiement des dépenses existantes. Un effort de compétitivité est également indispensable.

Je veux également que les entreprises et notamment les PME aient les capacités de se tourner vers le monde. Il faut sortir de la double ornière idéologique des 35 heures idéologie de gauche qui les présente comme solution uniforme, idéologie de droite qui les a présentées comme la cause de tous les maux. Dans le cadre d’une démarche de participation et de cogestion, il doit revenir aux branches de discuter clairement de leur équation du travail : salaires, emploi, durée du travail, parce que ce sont les partenaires sociaux qui connaissent le mieux les besoins.

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Troisième levier, un pilotage fort pour la transformation de notre économie.

Il nous faut pour cela, afin d’assumer les difficultés d’une période de sortie de crise économique et de reconstruction de l’économie mondiale, un grand Conseil National Stratégique.

Il se réunirait sous l’autorité du Président de la République tout en associant l’ensemble des présidents de région, les partenaires sociaux et les parlementaires représentants des commissions concernées à l’Assemblée Nationale et au Sénat. C’est un gage de consensus.

Il aurait sous son autorité les organismes statistiques et économétriques ainsi que les organismes de soutien au commerce international (Ubifrance, Coface). C’est un gage d’analyse de qualité.

Il piloterait l’ensemble des instruments de financement de l’économie – FSI, participations de la Caisse des Dépôts et Consignations, Oseo. C’est un gage d’efficacité. Son action s’inscrirait dans le cadre d’une vision de long terme ayant pour objectif de mettre en vingt ans (horizon 2030) la France en pointe de l’économie verte, le Plan Vert :

Une contribution énergie carbone taxant les biens et les services en fonction de leur consommation carbone aurait pour but d’engager une transformation de la société vers plus de sobriété.

Un Grenelle de l’Energie permettrait de redéfinir le mix énergétique français à l’horizon 2030 notamment en fixant des objectifs ambitieux en termes d’énergies renouvelables de 50% de la production électrique, et de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Le résultat serait sanctionné par un référendum sur la politique énergétique de la France, pouvant inclure l’option d’une sortie du nucléaire.

Une Banque Verte serait chargée de mobiliser l’ensemble des recettes nées de la contribution énergie carbone pour financer, avec un effet de levier sur les capitaux privés, des programmes d’efficacité énergétique, des initiatives d’excellence à vocation mondiale en matière de technologies environnementales. La clé de la transformation sera l’innovation et la recherche

Il faut fixer des objectifs ambitieux de dépenses de recherche et développement, pour atteindre en l’espace de cinq ans l’objectif de 3% du PNB consacré à la R&D, en maintenant et accentuant l’effort public.

Il est nécessaire de créer un institut de recherche appliquée permettant de faire le lien entre les laboratoires de recherche et les besoins des entreprises, grâce à un pilotage mixte public-privé, sur le modèle des Instituts Frauenhofer allemands. La bataille pour l’emploi doit rester notre premier objectif dans le temps de la sortie de crise :

Une suppression temporaire du dispositif d’exonération des heures supplémentaires jusqu’au retour du chômage sous les 7,5%, sa situation en 2007 avant la crise, doit permettre de financer forfaitairement une partie du salaire de toute personne dont l’embauche fait augmenter les effectifs en CDI de l’entreprise.

La création d’un service public des parcours professionnels chargé non seulement de l’indemnisation et de la recherche d’emploi mais aussi de la gestion, la sécurisation et la valorisation des parcours professionnels

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En se consacrant au suivi des personnes en emploi et sans emploi (dimension de prévention des risques et d’accompagnement), salariées ou indépendantes.

o

En articulant l’ensemble des acteurs de la formation professionnelle, en assurant une unité réelle entre la formation permanente et l’enseignement technique et professionnel.

o En créant des encadrements des taux de précarité dans l’entreprise à travers une modulation de l’impôt sur les sociétés. Il s’agit enfin de tourner l’économie française vers le monde à travers un véritable patriotisme économique :

Un label « Produit de France » avec un logo unique clairement identifiable doit soutenir la production française à l’étranger.

Mais la clé de l’exportation c’est aussi un marché intérieur protégé, dans le cadre des normes existantes et dans un esprit de réciprocité avec nos partenaires commerciaux. A cette fin, et dans le cadre d’un service public de consommation, la grande distribution doit se fixer des objectifs de produits français.

Quatrième levier, il faut la mobilisation de toutes les énergies.

Il faut instaurer une logique de participation des salariés à la décision comme aux profits.

Une cogestion à la française permettrait d’enclencher une dynamique de dialogue et de solidarité. Un tiers des sièges des conseils d’administration et de surveillance doivent être attribués aux représentants des salariés.

Une participation des salariés aux profits de l’entreprise est également nécessaire, en rendant plus contraignants les dispositifs mis en place par la loi de 2006. Des plans d’actionnariat salarié permettront la constitution d’une épargne de long terme encourageant la fidélisation des salariés au sein du groupe.

Une régulation de l’écart des salaires dans les entreprises par une négociation obligatoire par branche pour fixer les écarts acceptables entre les 10% de revenus les plus faibles et les 10% les plus élevés. Il faut mobiliser la jeunesse autour d’un projet d’avenir :

L’accent sur l’emploi des jeunes et la lutte contre la précarité doit leur permettre de s’inscrire dans un projet. C’est pourquoi l’emploi des jeunes doit apparaître clairement comme une priorité en s’accordant avec les entreprises sur un taux de jeunes en emploi, en formation ou en alternance au sein des effectifs des entreprises de plus de 500 salariés, avec en cas d’impossibilité d’un accord, le recours à la loi.

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Le succès, ce sont aussi des essais et des échecs dont on a tiré les leçons. Il faut un logique de deuxième chance pour les jeunes entrepreneurs, par un retour d’expérience et un accompagnement dans le nouveau projet.

Le service citoyen doit permettre la constitution d’expériences et l’accompagnement du dynamisme économique, notamment en ouvrant ce service citoyen à l’activité dans des PME françaises à l’étranger, notamment pour la prospection de marchés. Il faut créer une dynamique de filières entre les différents acteurs : grandes entreprises, PME, banques, pouvoirs publics.

La loi doit encourager les regroupements de PME pour leur permettre d’atteindre ensemble une masse critique tout en leur permettant de conserver leur identité propre. Ces structures assureront la mutualisation et le portage de compétences.

Les grandes entreprises doivent être encouragées à parrainer et accompagner des PME françaises, dans le cadre de partenariats de développement.

Il faut mobiliser l’épargne des Français en assurant un encadrement des pratiques bancaires dans une démarche de service public pour orienter les capitaux vers le financement de l’économie réelle, notamment en mobilisant 10% des flux nouveaux d’encours d’assurance vie, soit 10 milliards d’euros par an pour le financement des PME. Il faut renforcer l’ensemble de nos atouts :

Une politique agricole volontariste orientée vers une agriculture de qualité et de sécurité. Le modèle actuel est condamné à moyen terme. Il s’agit dès aujourd’hui d’aider les agriculteurs à faire des choix d’avenir – sur l’usage d’intrants, sur les circuits courts de distribution, sur la possibilité de conversion en bio. Les relations avec la grande distribution doivent prendre en compte des facteurs d’intérêt général plus large, imposant des contraintes sur les achats de la grande distribution. La structuration des filières entre IAA et exploitants peut être davantage développée pour devenir un champion mondial de l’alimentation de qualité.

Une politique industrielle tournée vers le maintien des activités sur le territoire national, grâce à l’ensemble de l’action menée et l’anticipation des reconversions.

Misons sur l’économie de l’avenir en développant l’économie numérique. Un programme d’infrastructures pour le développement de l’accès au très haut débit, notamment sur projet local, autour de quelques pôles de revitalisation rurale et dans les collectivités d’Outre Mer. Faisons aussi le choix d’un axe de financement spécifique pour l’économie numérique (logiciel notamment) pour favoriser l’émergence de nouvelles capacités dans un domaine où la France a de nombreux atouts reconnus à l’international. Favorisons également le logiciel libre au niveau français. Les services publics doivent ouvrir la voie en se mettant à l'heure de l'Internet mobile.

Misons aussi sur l’Economie Sociale et Solidaire en renforçant la structuration et la visibilité de ce secteur d’avenir, notamment en ouvrant les subventions publiques à la recherche à l’innovation sociale et en créant une certification claire.

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IL Y A DES SOLUTIONS

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DEFENDRE UNE AMBITION POUR LA NATION DANS LE MONDE

Il faut renouer avec une ambition culturelle mondiale.

La France a perdu son rôle de pôle culturel mondial et une partie de son attractivité et de son rayonnement. C’est le premier objectif à fixer à une politique culturelle ambitieuse pour une véritable économie de la culture.

Cela passe par une meilleure diffusion à l’étranger. La culture française peine à l’exportation et inversement elle se replie sur elle-même parce qu’elle ne parvient pas à rayonner. Il faut enrayer cet engrenage par le volontarisme de l’Etat dans le cadre d’une véritable Agence Culture France réunissant les acteurs publics et privés autour d’une stratégie mondiale, sous l’autorité du Président de la République, en remédiant notamment aux effets de seuil qui les brident par la prise en charge de la traduction, du doublage par exemple. Elle fédèrerait les directions régionales de l’action culturelle.

Cela passe par des filières de création qui associent les créateurs et les grandes structures, avec une strate intermédiaire de petits groupes de création. C’est à l’audiovisuel public (France Televisions) de montrer l’exemple en la matière.

Il convient de concrétiser une exception culturelle française qui permettrait à tous les créateurs de bénéficier d’une exemption fiscale, en dessous d’un certain plafond de revenus, afin de reconnaître leur contribution à l’intérêt général. De même les grands créateurs de notre temps doivent être attirés en France où ils créeront une dynamique favorable : donnons-leur la possibilité de payer l’impôt par dation d’œuvres à nos musées nationaux. La culture doit être un bien public accessible à tous les citoyens grâce à un service public de la culture

L’accessibilité aux œuvres culturelles partout sur le territoire à l’heure d’internet passe par la licence globale, en échange évidemment d’une juste rémunération pour les auteurs. Hadopi et le cadre de DAVDSI seront conservés pour lutter contre les abus (sites à but lucratif de téléchargement gratuit, téléchargement avant le délai légal de diffusion après première sortie, quatre mois pour les œuvres cinématographiques par exemple)

La valorisation du patrimoine doit donner lieu à un Portail unique de la culture fédérant l’ensemble des accès aux données et œuvres (INA, BNF…)

Cela passe par le goût de toutes les formes artistiques et culturelles, la pratique et l’éducation musicale, picturale. Je propose la création de maisons des arts et de la culture dans le cadre de chaque cité scolaire qui accueilleraient les élèves mais aussi les adultes le souhaitant pour les différentes pratiques, découvertes et apprentissages artistiques.

La compétitivité et le tissu de PME est également un enjeu de rayonnement et de dynamisme

La dégradation de la compétitivité française au cours des dernières décennies est liée à un tissu économique mal structuré où les PME de taille intermédiaire sont historiquement faibles. La dépendance croissante des grandes entreprises à leurs résultats hors territoire national ne fait ainsi qu’accroître une tendance ancienne. La complexité et la variabilité de l’environnement légal, fiscal et règlementaire ne fait qu’aggraver les difficultés d’entreprises vulnérables. C’est pourquoi il faut réaliser un small business act à l’européenne, afin d’être à armes égales avec nos partenaires mondiaux. La réponse à cette situation doit s’orienter autour de trois efforts essentiels. Premier effort, le soutien à la croissance des PME pour leur faire atteindre la taille d’Etablissements de Taille Intermédiaire.

Améliorer les dispositifs de capital risque et de capital amorçage en évitant les effets de seuil pour un soutien de long terme (12 ans). Deuxième effort, le soutien aux Jeunes Entreprises Innovantes

Il s’agit de concentrer le Crédit Impôt Recherche sur les PME quand aujourd’hui ce sont surtout les grandes entreprises qui en profitent. Troisième effort, le soutien à l’exportation des PME.

La création à l’échelle régionale d’une Agence régionale de l’exportation adaptée aux besoins des PME et permettant la mutualisation des frais de prospection des marchés, notamment en Asie.

Renouons avec l’indépendance et la vocation de la France à défendre un message original dans le monde.

Notre position mondiale est affaiblie à la fois par le manque de stratégie européenne et par la perte de marges de manœuvre nationales. Il nous faut là aussi les bons outils :

La création d’un Conseil de Politique Etrangère, indépendant, pluridisciplinaire et interministériel dans son approche, associant des agents détachés des ministères des affaires étrangères, de la défense, des finances, du commerce extérieur, de l’enseignement supérieur. Il devrait être ouvert sur la société, sur l’université et sur le

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secteur privé. La France doit jouer en équipe. Ce conseil aurait vocation à soumettre des analyses et des propositions au Président de la République. Ce Conseil serait adossé à une fondation rassemblant des chercheurs français et étrangers ayant pour vocation de produire une expertise publique et pluraliste. En appui viendrait également un Conseil des Sages, réunissant régulièrement les Anciens Présidents et les Anciens Premiers Ministres autour des enjeux internationaux majeurs.

Il faut renouveler notre indépendance par une cohérence accrue, impliquant la remise en cause de notre présence dans le commandement intégré de l’OTAN, la proposition de la mutualisation de la dissuasion nucléaire française à l’échelle franco-allemande ou européenne et des progrès significatifs de l’Europe de la Défense et de son indépendance à l’égard de la politique américaine.

Il faut fixer un cadre aux engagements militaires de la France dans les opérations extérieures en imposant un mandat international, un calendrier initial contraignant et la clarté dans la définition des missions. Cette démarche doit s’appliquer tout de suite au conflit en Afghanistan, par l’organisation d’une Conférence Nationale des forces politiques afghanes, d’une Conférence régionale des puissances liées au conflit afghan, permettant la mise en œuvre d’un engagement immédiat du départ des troupes françaises. Il faut également tourner notre politique étrangère vers le nouveau monde qui se dessine :

Redéployer nos moyens diplomatiques en privilégiant les pays émergents : Inde, Chine, Brésil

Organiser dans le cadre européen des grandes discussions sur les règles de réciprocité commerciale à appliquer avec ces grands pays, car nous restons le premier client mondial et nous avons des intérêts à défendre.

Réunissons un Conseil Européen extraordinaire en vue d’une stratégie mondiale pour l’Europe à l’horizon

2020.

Enfin, le monde se dirige dangereusement vers de grands conflits si nous ne saisissons pas l’occasion aujourd’hui de construire les passerelles nécessaires à une multipolarité harmonieuse. Nous devons nous convaincre que la concurrence

générale n’est pas une fatalité et qu’il y a un chemin pour la coopération.

C’est pourquoi je propose la mise en place de grands projets de coopération internationale associant pays développés et pays émergents, notamment la Chine et l’Inde, sur deux sujets majeurs, repousser encore davantage notre frontière commune qu’est l’espace grâce à un grand projet de recherche spatiale, impliquant les Etats-Unis, la Russie, l’Europe; l’Inde et la Chine, et faire face ensemble au défi planétaire majeur de notre temps, le réchauffement climatique par un programme de recherche mondial sur les technologies vertes et de rupture énergétique.

Nos collectivités d’Outre-Mer sont une chance pour la France.

Nos collectivités d'Outre-mer sont trop souvent présentées comme des poids, alors qu'elles sont une chance pour la France. Tout en gardant leurs fortes identités, elles donnent à la France sa dimension mondiale, sa diversité culturelle, sa puissance maritime, et lui font parler le langage de l'ouverture et de la générosité. Nos compatriotes d'Outre-mer doivent se sentir considérés comme des Français à part entière et libres de s'épanouir dans notre République. Ils doivent pouvoir bénéficier des mêmes possibilités de développement que dans les autres collectivités, ce qui signifie qu'il est indispensable de rétablir les dispositifs qui ont fait leurs preuves pour compenser les handicaps structurels des économies ultra-marines (insularité, transports, coûts salariaux très faibles dans les Etats voisins, aléas climatiques )

Pour rétablir la confiance des décideurs économiques, a fortiori dans cette période de crise qui est outre-mer encore plus sévère et plus douloureuse qu’en métropole, il est essentiel de fixer un cadre stable permettant d’avoir une vision sur le long terme. On ne peut pas changer en permanence les règles du jeu. Il faut donc reprendre, en les améliorant encore, les outils de développement mis en place dans la loi programme de 2003, qui avait été votée pour 15 ans.

Pour faire baisser le coût du capital, la défiscalisation qui, outre-mer, n’est pas une « niche fiscale » mais un outil de développement, est indispensable pour créer de l’investissement et de l’emploi dans le secteur marchand. Continuons, comme nous avons commencé à le faire depuis 2003, à contrôler rigoureusement la procédure d’agrément pour que seuls des projets viables et sérieux soient soutenus. Ciblons également la défiscalisation sur des secteurs prioritaires, comme le tourisme, le logement ou les énergies renouvelables. Rétablissons la défiscalisation en particulier sur le photovoltaïque.

Pour faire baisser le coût du travail, lutter contre le travail clandestin, et créer des emplois durables dans le secteur productif, le régime d’exonération de charges sociales des entreprises est un outil indispensable qui rend les PME d'outre-mer compétitives dans un environnement régional défavorable. La jeunesse d’Outre-mer si nombreuse doit avoir de réelles perspectives, et non pas celle des emplois précaires ou aidés.

Il faut renouer avec une vision pour notre politique d’immigration.

Il y a aujourd’hui deux enjeux centraux pour renouveler en profondeur une politique d’immigration qui avance masquée. Dépasser le déni pour retrouver la fierté d’être un pays d’accueil et la garantie d’accompagner l’intégration.

Un titre de séjour unique et progressif comportant des devoirs et des droits (enseignement du français) permettra de créer une dynamique d’intégration dès l’entrée sur le territoire avec pour perspective finale la possibilité de la naturalisation, si les critères sont remplis. Il s’agit de mener à son terme la logique d’intégration mise en avant dans les Contrats d’Accueil et d’Intégration créés par la loi de 2006.

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La prise en compte d’un droit aux allers retours permettra de développer une nouvelle forme d’immigration intermittente dans une logique souple de codéveloppement avec les pays d’origine.

La mise en œuvre d’un service citoyen adapté obligatoire pour tous les nouveaux citoyens français permettra de reconnaître l’accomplissement d’un parcours d’intégration républicaine Dépasser le déni en matière d’immigration clandestine pour retrouver la clarté, la fermeté et la visibilité

Depuis une décennie, la France connaît annuellement autour de 20 000 mesures d’éloignement et 20 000 régularisations. Les deux démarches nécessitent des règles plus claires. Il convient de mettre en œuvre une politique réaliste qui donne un statut d’attente, une situation administrative provisoire claire, en termes de droits et d’obligations, aux personnes en situation irrégulière durant l’examen administratif ou judiciaire.

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LE FINANCEMENT DU PROJET

Les besoins de financement : 273 milliards d’euros sur le quinquennat, (30 milliards en 2012, 75 milliards d’euros par an après 2017 par rapport à la situation actuelle)

Evolution de la dépense publique avec une hypothèse de +0,8% (inférieure à l’inflation) : 10 milliards par an à l’horizon 2017, (40 milliards d’euros sur le quinquennat) Réduction des déficits pour revenir à moins de 2,5% à l’horizon 2017 et dans la perspective de l’équilibre en 2020 : 30 milliards par an en 2017 (90 milliards sur le quinquennat) Revenu citoyen, 30 milliards d’euros par an (avec mise en place graduelle, 90 milliards sur le quinquennat) Abondement et capitalisation publique de la Banque Verte, 10 milliards d’euros par an (53 milliards d’euros sur le quinquennat)

Les financements : Recettes totales 273 milliards sur le quinquennat (dont une partie au moyen d’une pression fiscale augmentée de 1,6 points de PIB à l’horizon 2017, pour partie à titre temporaire)

Les recettes liées à la croissance :

Avec une hypothèse de croissance de 2,5% l’an, cohérente avec les prévisions des grands partis : +30 milliards de recettes du budget de l’Etat en 2017 par rapport à aujourd’hui (76 milliards sur le quinquennat) Les recettes liées à l’action fiscale :

Contribution Energie Carbone : 10 milliards d’euros (53 milliards sur un quinquennat) Augmentation de la progressivité de l’impôt sur le revenu (taux marginaux les plus élevés), réduction des niches fiscales et impôt sur le patrimoine, les plus values, les transmissions : 19 milliards d’euros en rythme annuel (101 milliards d’euros sur un quinquennat) Surcote l’impôt sur les sociétés des grandes entreprises de 10 points: 9 milliards par an à la création (43 milliards sur le quinquennat) Cela implique une augmentation de la pression fiscale liée aux dépenses d’Etat à l’horizon 2017 totale d’1,6 points de PIB, dont une partie à titre temporaire, au niveau atteint par les prélèvements obligatoires en 1999.

Les transferts de dépenses

Premier transfert : La TVA 3 E suppose un transfert important de prélèvements obligatoires (4 points de charges

sociales, 60 milliards en tenant compte de la fusion avec les exonérations existantes) vers d’autres prélèvements obligatoires, mais de façon neutre pour les contribuables :

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2,5 points de TVA (en moyenne et hors biens de première nécessité à taux réduit) : 15 milliards d’euros

o

Surcote sociale de l’Impôt sur les Sociétés : 20 milliards en rythme annuel

o

2 points d’augmentation de la CSG, y compris contribution accrue des revenus du capital : 20 milliards d’euros,

o

Plafonnement des assurances-chômage les plus élevées, 5 milliards d’euros.

Deuxième transfert : le financement de la politique d’emploi en sortie de crise suppose le transfert des dépenses d’exonération de charges sociales patronales des heures supplémentaires (loi TEPA) de 4,5 milliards vers la subvention à l’emploi créé durable, pour un même montant. (L’exonération de la part salariale, 1,5 milliards d’euro serait conservée).

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LE PROJET EN 20 POINTS

Ce projet propose une méthode pour sortir le pays de l’impuissance et de la dépression actuelle. En premier lieu, il faut recréer un projet collectif autour du citoyen.

(1) Un revenu citoyen de 850 euros pour les personnes sans ressources e(t dégressif pour les personnes aux revenus inférieurs à 1500 euros, pour garantir la dignité de chaque citoyen.

(2) Un statut du citoyen qui fixe les droits et les devoirs du citoyen, notamment l’obligation de voter.

(3) Un impôt citoyen progressif, unifiant tous les impôts actuels sur le revenu et le patrimoine et qui devra être payé même symboliquement, par chaque citoyen.

(4)Un service citoyen pour donner un visage à la solidarité, service obligatoire pour les jeunes et ouvert à tous.

Ainsi, nous pourrons nous donner les outils politiques par une refondation politique

(5) Des institutions plus efficaces, huit à dix ministres, pour recentrer l’action, huit à dix régions pour aller au bout de la décentralisation.

(6 Le défi de l’équilibre des territoires : une collectivité territoriale, la métropole, capable d’assumer les défis de la lutte contre la ségrégation des banlieues au niveau le plus adéquat, grâce à des projets territoriaux élaboré par les habitants dans le cadre de conseils de quartiers.

(7) Une justice indépendante grâce à un Procureur Général de la Nation.

(8) Une école plus juste et plus efficace en dépassant le Collège Unique par une Ecole du Socle et une Ecole de la Détermination au sein de Cités Scolaires à direction générale unifiée.

(9) Une police plus efficace par une division des tâches entre une police nationale chargée du judiciaire et du maintien de l’ordre et une nouvelle police métropolitaine, à recrutement national, en charge de la tranquillité publique sous l’autorité du maire, présente dans tous les quartiers, forte en effectifs et bien équipée.

Nous pourrons par une refondation sociale affronter les conséquences de la mondialisation chez nous :

(10) Le défi du service public : de nouveaux services publics pour garantir l’intérêt général par la régulation, et notamment un service public bancaire, à la fois pour garantir l’accès aux services de base et pour orienter la finance vers l’économie réelle et un service public du logement, notamment pour développer les missions d’intérêt général des bailleurs privés de façon contractuelle, logement social et encadrement des loyers pour els classes moyennes.

(11) Le défi de l’accès à une santé de qualité : un hôpital public décentralisé, repensé et en prise avec les territoires et une gouvernance de l’Assurance maladie unifiée et régionalisée pour associer au plus près la maîtrise des financements et la connaissance des besoins.

(12) Le défi de la société de la connaissance : de grands pôles universitaires réunis avec les grandes écoles et les classes préparatoires pour entrer dans la société de la connaissance.

Nous pourrons ainsi par une refondation économique devenir une économie pionnière de l’environnement et de l’innovation dans la mondialisation.

(13) Avec un instrument de régulation : la TVA 3 E sociale et environnementale permettant de responsabiliser les consommateurs et de soutenir la production française.

(14) Avec un instrument de pilotage : le Conseil National Stratégique et le Plan Vert, pour plus de cohérence et de compétitivité de l’économie française.

(15) Avec un instrument de mobilisation : la cogestion avec un tiers des sièges dans les Conseils d’Administration et de Surveillance pour les salariés.

(16) Avec un instrument de lutte contre le chômage : un service public des parcours professionnels intégrant chômage, formation professionnelle et sécurisation des parcours.

Enfin nous pourrons par une refondation de notre regard sur le monde nous doter d’une ambition du rayonnement et de l’indépendance

(17) Une exception culturelle française accordant une exemption fiscale sur les revenus des créateurs, afin d’attirer en France les grands noms et de soutenir les jeunes créateurs.

(18) Une garantie de souveraineté au sein de l’Europe en nous dotant des outils d’une coopération étroite et quotidienne avec l’Allemagne, notamment sur l’euro, un Haut Conseil permanent franco-allemand

(19) Une garantie d’indépendance en articulant la sortie du commandement intégré de l’OTAN avec des progrès d’une Europe de la Défense indépendante

(20) Une maîtrise de l’immigration, grâce à un parcours d’immigration et d’intégration qui accompagne les étrangers en situation régulière par des droits et des autorisations de séjours croissants avec le temps.

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La continuité d’un projet

Des succès en 2007un projet pour 2012

600 000 chômeurs en moins en 2007 qu’en 2005 à 7,8% (aujourd’hui 9,2%)

Deux points de déficit public en moins en deux ans et une réduction du poids de la dette inédite à 65% (aujourd’hui 82%).

La fin de l’érosion de la balance commerciale de la France, stabilisée à 45 milliards d’euros (aujourd’hui à 51)

Quelles sont les lignes de continuité entre le projet d’aujourd’hui et le bilan de 2007 ? Douze idées qui ont fait leurs preuves et qui demandent à être amplifiées :

(1) Sur la citoyenneté : la loi de 2006 ouvrait la création du service civil volontaire. Il faut l’élargir et le rendre obligatoire pour les jeunes et ouvert à tous (2) Sur la fiscalité : la logique d’un bouclier fiscal à 60% est préservée par un grand impôt citoyen dont le taux effectif supérieur pour les très hauts revenus est de 60%. (3) Sur la politique d’immigration : les Contrats d’Accueil et d’Intégration rendus obligatoires par la loi de 2006 ont mis l’accent sur l’accompagnement de l’intégration. Il faut aller plus loin dans l’idée d’un parcours d’immigration et d’intégration avec un titre de séjour unifié. (4) Sur la politique de compétitivité : les efforts pour la création des Pôles de Compétitivité et de l’Agence de l’Innovation Industrielle (5) Sur l’école : la création des RAR (Réseaux Ambition Réussite) qui mettent en réseau les écoles d’un même secteur pour un meilleur suivi des élèves. La logique de la Cité Scolaire donne son unité à un tel dispositif. (6) Sur la justice : à la suite de la Commission Outreau, le gouvernement a engagé en 2006 une réforme du recrutement des juges et de nomination des juges d’instruction en sortie d’école. Aujourd’hui il faut entièrement refonder l’ENM. (7) Sur l’emploi : la création des Contrats de Transition Professionnelle créés en 2006, parallèlement à la Convention de Reclassement Personnalisé, ouvrant la voie à la sécurisation des parcours professionnels. C’est dans la filiation que se situe la démarche d’un service public des parcours professionnels. (8) Sur l’égalité des chances et les banlieues : la loi de Cohésion Sociale et d’Egalite des Chances de 2006 a créé l’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances. A côté de l’ANRU, il faut désormais un troisième pilier, une Agence Nationale de Développement Economique. (9) Sur le logement : la loi DALO crée en 2007 un droit effectif au logement. Il faut pousser cette logique plus loin dans un service public du logement. (10) Sur la réforme de l’Etat : la tenue d’audits des finances publiques ouvrant la voie à une réduction raisonnée et justifiée du nombre des fonctionnaires, sans rabot aveugle. Aujourd’hui il faut aller plus loin et associer les citoyens à une grande discussion sur les missions de l’Etat. (11) Sur la santé : la mis en œuvre du parcours de soins place le patient au cœur du dispositif de soin en accentuant la proximité. C’est sur cet aspect qu’il faut jouer davantage encore par un nouvel hôpital public décentralisé. (12) Sur l’enseignement supérieur et la recherche : la création des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) est rendue possible par la loi de 2006. La création des grands pôles universitaires réunis aux grandes écoles et aux CPGE s’inscrit dans la logique de cette démarche.

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