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Chapitre 4

REGIME TRIPHASE EQUILIBRE

3 0 0

2 0 0

1 0 0

0 x
0 , 0 1 0 , 0 2 0 , 0 3

- 1 0 0

- 2 0 0

- 3 0 0

1
I. Définitions

Trois grandeurs alternatives sinusoïdales de même fréquence, même valeur efficace et déphasées
entre elles de 2π forment un système triphasé équilibré direct ou inverse.
3

Exemple :
• v1(t)=V 2 cos( ωt) , v2(t)=V 2 cos( ωt −2π) et v3(t)=V 2 cos( ωt −4π) forment un
3 3
système triphasé équilibré direct de tensions.

• i1(t)=I 2 cos( ωt) , i2(t)=I 2 cos( ωt −4π) et i3(t)=I 2 cos( ωt −2π) forment un
3 3
système triphasé équilibré indirect de courants.

1) Représentation de Fresnel
 +
V3

Système direct :
 
V2 V3

V1
 ou 
V1
V1
−2π
3


V2

Propriété importante :

-  la somme
 
de trois grandeurs formant un système triphasé équilibré est nulle :
V1+V2 +V3 = 0 ou v1(t)+v2(t)+v3(t)=0

2) Représentation complexe

v1(t)→V1
− j 2π
v2(t)→V2 =V1×e 3

− j 4π
v3(t)→V3 =V1×e 3


En utilisant l’opérateur a =e j 3 on obtient : V1=V1 , V2 =a 2×V1 et V3 =a×V1 soit le trio
(1, a², a) pour un système triphasé équilibré direct et le trio (1, a, a²) pour un système triphasé
équilibré inverse.

Remarques :
- on vérifie toujours que 1+a+a =0
2

- a 3 =1
- a −1 = a 2

2
II. Générateur et ligne triphasée

En associant trois générateurs de tension (ou de courant) formant un système triphasé équilibré en
étoile ou en triangle, on crée un générateur triphasé :

e1
e1
1
1
e2 e2
2
2
e3
e3
3
3

Dans un couplage en étoile, le potentiel A vide, aucun courant ne circule dans les
commun des générateurs définit le neutre branches du triangle car e1 + e2 + e3 = 0

Ligne triphasée :
i1
1

u12
2 i2
v1 u31
u23 i3
3
v2
v3 iN
N

v1, v2, v3 sont les tensions simples (entre phase et neutre) du réseau

u12=v1-v2, u23=v2-v3, u31=v3-v1 sont les tensions composées (entre phases) du réseau

i1, i2, i3 sont les courants de ligne

iN est le courant circulant dans le conducteur du fil de neutre

Les indices 1,2,3 peuvent aussi être désignés par R,S,T ou U,V,W

        
Construction des tensions composées : U12 =V1−V2 , U23 =V2 −V3 U31 =V3 −V1


−V1 3
 Les tensions composées forment donc aussi un
 U12 système triphasé équilibré de tensions tel que :
 V3 
U31 −V2
+π U12 =U23 =U31 =U=V× 3
6      

 V1 Angle (V1,U12)=Angle (V2,U23)=Angle (V3,U31)=π
V2  6
V1
 Soit en utilisant les nombres complexes :
U23

 U12 =V1× 3×e 6
−V3

U23 =V2× 3×e 6


U31 =V3× 3×e 6
Un réseau triphasé est qualifié par la valeur efficace U des tensions composées et la fréquence
électrique f de ces tensions.

Exemple : réseau 400V-50Hz

III. Récepteurs triphasés

Un récepteur triphasé équilibré est formé de trois dipôles identiques (même impédance) couplés
soit en étoile soit en triangle :

3) Couplage en étoile

V1
I1

V1 Z

Z
IN
N

Propriétés du couplage Y :

- le courant qui traverse chaque dipôle est égal au courant de ligne (valeur efficace I)
- la tension appliquée à chaque dipôle est une tension simple du réseau (valeur
efficace V)
4
- les trois dipôles étant identiques, les courants i1, i2 et i3 forment un système triphasé
équilibré de courants de somme nulle : I1 + I 2 + I3 = 0 = I N (loi des nœuds) le
courant dans le conducteur du neutre est nul lorsque le récepteur est équilibré
- puissance active consommée par le récepteur :
P= P1+ P2 + P3 =3× P1= 3× V× I× cos ϕ soit P = 3 UI ×cos ϕ avec
ϕ= Arg (Z) =déphasage courant/tension propre au dipôle Z
- de même Q= 3UI × sin ϕ et S= 3UI

4) Couplage en triangle

j1 Z
i1 
J3 
u12  J1
V1 
u12 V1
Z
i2 j2 −π −

J3
  6 
J2 I1 V1
 
V1 V1
j3 Z
i3

− jπ
On montre facilement : J1=J2=J3=J (valeurs efficaces) et I=J× 3 soit
I1= J1 3× e 6

Propriétés du couplage ∆ :

- le courant qui traverse chaque dipôle est différent du courant de ligne : j1=i1+j3 et
J= I
3
- la tension appliquée à chaque dipôle est une tension composée du réseau (valeur
efficace U).
- dans tous les cas I1 + I 2 + I3 = 0
- puissance consommée par le récepteur :
P= P1+ P2 + P3 =3× P1= 3× U× J×cos ϕsoit P= 3× UI cos ϕ
- de même Q= 3UI × sin ϕ et S= 3UI

Conclusion :

Quel que soit le couplage du récepteur, les formules de calcul des puissances sont
identiques lorsqu’elles sont exprimées en fonction de U et I : P= 3× U I cos ϕ et
Q= 3UI×sin ϕ

IV. Choix du couplage d’un récepteur triphasé

Méthode 1 :

5
- on recherche la valeur efficace de la tension composée du réseau (Ures)

- on recherche sur la plaque signalétique du récepteur les deux valeurs de tension


indiquées (U∆ et UY , U∆ étant la plus petite)

- on choisit le couplage du récepteur pour que la plus petite des deux tensions du
récepteur (U∆ ) soit celle qui apparaisse aux bornes d’un dipôle du récepteur lorsqu’il
est connecté au réseau

Méthode 2 :

- on recherche la valeur efficace de la tension composée du réseau (Ures)

- on recherche sur la plaque signalétique du récepteur les deux valeurs de tension


indiquées (U∆ et UY , U∆ étant la plus petite)

- on compare Ures avec U∆ et UY : si Ures=U∆  couplage triangle et si Ures=UY 


couplage étoile

- on vérifie que la tension qui apparaît aux bornes d’un dipôle est bien la plus
petite des deux valeurs (U∆ )

Réalisation pratique du couplage :

Etoile Y Triangle ∆

V. Pertes par effet Joule dans les enroulements des machines triphasées

Si on connaît la résistance interne r de chaque enroulement :

6
pJ =3×r×I2 pour un couplage en étoile
pJ =3×r×J 2 pour un couplage en triangle

Si on connaît (cas le plus courant) la résistance équivalente Rph mesurée entre deux fils de phase du
récepteur :

r r

Rph Rph
r r

r r

R ph =2×
R ph =r // 2r=2×r
r
3
R
pJ =3× ph ×I2 pour un couplage en étoile
2

pJ =3×3×R ph ×J2 =3×R ph ×I2 pour un couplage en triangle


2 2

Conclusion :

Quel que soit le couplage du récepteur, les pertes par effet Joule peuvent être calculées par la
R ph 2
même formule en fonction de Rph : pJ =3× ×I
2

VI. Mesure de puissance

On rappelle qu’un wattmètre ne fait qu’afficher le résultat de l’opération <u(t)× i(t)> c’est à dire
la valeur moyenne du produit des valeurs instantanées de la tension appliquée sur son circuit tension
et du courant qui traverse son circuit intensité :

i(t)
* W
*

u(t)

La signification du résultat affiché dépend du courant et de la tension appliqués et ne correspond pas


forcément à une puissance identifiable.

5) Puissance active

• Méthode des trois wattmètres (montages 4 fils) :

1
7
W
1

W
2

3
W

- chaque wattmètre mesure la puissance active consommée sur chaque phase :


Ptot = θ 1 + θ 2 + θ 3

- si le récepteur est équilibré, un seul wattmètre est nécessaire car P1=P2=P3 donc :
Ptot = 3× θ 1

La méthode des trois wattmètres nécessite la distribution et l’accessibilité au fil du neutre.


Si ce n’est pas le cas, on peut toujours réaliser un neutre artificiel à l’aide de trois impédances
identiques.

• Méthode des deux wattmètres (montages 3 fils) :

1 W

2
W

- la mesure effectuée par chaque wattmètre ne correspond pas à une


puissance identifiable : θ1 = u<13× i1 > et θ 2 = u<23× i2 >
- on montre par contre que P = θ 1 +θ 2 (somme algébrique) :

< u1 3× i1> + < u2 3× i2 > = (v<1− v3)× i1> + < (v2 − v3)× i2 > = v1<× i1> + < − v3× i1> + < v2× i2 > + < −
= v<1×i1> + < v2×i2 > + < − v3× (i1+ i2)> or i1+i2 +i3 =0⇔i3 =−(i1+i2)

donc θ1+θ2 =
<v1×i1>+<v2×i2 >+<v3×i3 >
=P

- la méthode des deux wattmètres reste valable pour les récepteurs déséquilibrés tant
que le neutre n’est pas relié (la méthode repose sur la loi des noeuds i1+i2+i3=0)

6) Puissance réactive

• Méthode des trois wattmètres (montages trois ou quatre fils) :

8
W
1

2
W

3 W

θ1 θ2 θ3
- on montre que W1 mesure θ1=
<u 23 ×i1>
= 3×Q1 donc Q= + +
3 3 3
θ
- si le récepteur est équilibré, un seul wattmètre est nécessaire : Q=3× 1 = 3×θ1
3

• Méthode des deux wattmètres :

- on montre que le montage utilisé pour la mesure de P permet aussi d’accéder à Q si


le récepteur est équilibré : Q= 3×(θ1−θ2)

VII. Conduite des calculs en triphasé

L’objectif est généralement de calculer l’intensité du courant en ligne et le facteur de puissance


d’une installation triphasée.

Méthode de Boucherot :

- on exploite la conservation des puissances active et réactive : Ptot =∑Précepteurs ,


Qtot =∑Qrécepteurs et on calcule la puissance apparente par Stot = P +Q
2
tot
2
tot . On a
Ptot
alors : f p = = cos ϕtot et Iligne = Stot
Stot 3U

Méthode classique :

- on dessine le schéma électrique équivalent d’une seule phase de l’installation (entre phase
et neutre). On se retrouve ainsi dans le cadre du monophasé : utilisation des nombres
complexes, des vecteurs de Fresnel ou du théorème de Boucherot.
Les résultats obtenus pour la phase étudiée sont identiques (à 2π près) pour les deux
3
autres phases si les récepteurs sont équilibrés.

Attention :

- ne pas oublier de diviser par trois les puissances servant aux calculs des impédances
équivalentes par phase.

9
Z∆
- utiliser le théorème de Kennely ZY = pour rapporter entre phase et neutre une
3
impédance de récepteur en triangle.

- ne pas oublier de multiplier par trois les puissances calculées par phase lorsqu’il
faut donner un résultat pour l’ensemble de l’installation.

Théorème de Kennely :

Z∆ 1 1
1 ZY1
U
2
U Z∆ 2 ≡ ZY2
2
3
Z∆ 3 ZY3

3 N

Le récepteur triphasé de droite est équivalent au récepteur triphasé de gauche (même courant
de ligne absorbé sur le même réseau) si :

Z∆1Z∆3
ZY1=
Z∆1+Z∆2 +Z∆3

Z∆2Z∆1
ZY2 =
Z∆1+Z∆2 +Z∆3

Z∆3Z∆2
ZY3=
Z∆1+Z∆2 +Z∆3

Z
En régime équilibré, Z∆1=Z∆2 =Z∆3 =Z∆ et ZY1=ZY2 =ZY3=ZY = ∆
3

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