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I. S. F. A.

2005-2006
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Concours d'Entrée
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PREMIÈRE ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES


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Durée : 4 heures
Calculatrice interdite

PROBLEME I
Soit C0(R+) l’ensemble des fonctions définies sur R+, continues, à valeurs réelles. Pour f ∈ C0 ( R + ) on note

F la primitive de f qui s’annule en 0.


+∞ F(t)
Soit E le sous-ensemble des fonctions f de C0(R+) telles que l’intégrale ∫0 ( 1 + t )2
dt soit convergente.
+∞ F(t)
Pour f ∈ E on note I( f ) l’intégrale ∫0 ( 1 + t )2
dt .

A- Etude de quelques propriétés de l’application f → I( f ) :

1°- Déterminer les fonctions f de E positives et telles que I(f)=0.


2°- Soit f une fonction de C0(R+) positive.
+∞ f (t )
Montrer que l’intégrale ∫0 1+ t
dt est convergente si et seulement si f ∈ E

Indication : On pourra montrer et utiliser la relation :


A F(t) F( A ) A f (t )
Pour A >0 ∫ 0 ( 1 + t )2 dt = − 1 + A + ∫ 0 1+ t
dt .

3°- Donner un exemple de fonction f (nécessairement de signe non constant) appartenant à E et telle
+∞ f (t )
que l’intégrale ∫0 1+ t
dt diverge.

4°- Pour f ∈ E montrer, en justifiant l’existence de l’intégrale, la relation :


+∞ F(t)+F(1/t)
I( f ) = 1 ∫0 dt .
2 (1+t)2
B- L’objet de cette partie est le calcul de l’intégrale I(f) pour une fonction f particulière
Préliminaire :
1 ln( t ) 1 − ln( 1 + t )
On note J et K les intégrales ∫ 0 1 + t dt et ∫ 0 t
dt .

a°- Montrer que les intégrales J et K convergent.


b°- Montrer l’égalité des intégrales J et K.
c°- Montrer que la valeur commune à J et à K est égale à −π 2 / 12 .
1 − ( −u )n+1 )
Indication : On pourra utiliser la relation : 1 − u + ... + ( −u )n = . On rappelle
1+ u
également que la série de terme général vn = 1 ;n ≥ 1 a pour somme π 2 / 6 .
n2

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⎧ ln( 1 + x )
⎪f(x)= pour x > 0
Soit f la fonction de R dans R définie par : ⎨
+
x .
⎪⎩ f ( 0 ) = 1
1°- (i) Montrer que f ∈ E .
(ii) Montrer que F(x) tend vers +∞ quand x tend vers +∞ ?

+∞ ⎡ ln( t ) ⎤ 2
2°- Montrer que I( f ) = ( 1 / 4 ) ∫0 ⎢⎣ 1 + t ⎥⎦ dt − K .

Indication : On pourra calculer f ( x ) − 1 f ( 1 ) et en déduire F(x)+F(1/x) .


x2 x

1 ⎡ ln( t ) ⎤ 2
3°- Exprimer J en fonction de l’intégrale ∫ 0 ⎢⎣ 1 + t ⎥⎦ dt . En déduire I( f ) .

PROBLEME II
Soit ( u1 ,u2 ,...,un ) un n-uplet de Rn.
Ce problème a pour objet la recherche des n-uplets ( y1 , y2 ,..., yn ) tels que à la fois le n-uplet
( u1 ,u2 ,...,un ) ne soit pas « très différent » des n-uplets ( y1 , y2 ,..., yn ) mais aussi que les suites finies
i → yi ; i = 1,..,n soient suffisamment « lisses ».
1°- Soit ∆ n la matrice de terme général δ i , j défini par :

⎧δ i ,i = 1 ; i ∈ [1,.., n − 1]

⎨δ i ,i +1 = −1 ; i ∈ [1,.., n − 1]
⎪δ = 0 ; i ∈ [1,.., n − 1] ; j ∈ [1,.., n] j ≠ i j ≠ i + 1
⎩ i, j
On note Γ n la matrice ∆ n −1 × ∆ n .

Déterminer le noyau de l’application linéaire de Rn dans Rn-1 (respectivement de Rn dans Rn-2)


associée à la matrice ∆ n (respectivement Γ n ).
2°- A tout n-uplet ( x1 ,x2 ,...,xn ) de Rn on associe la matrice colonne à n lignes de ième ligne xi . On


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note X cette matrice. X n
= xi2 désigne la norme euclidienne du n-uplet ( x1 ,x2 ,...,xn ) .
i =1,.., n

Pour j égal à 1 ou 2 on note ϕ j l’application de Rn dans R définie par :


ϕ j ( y1 ,..., yn ) = h( y1 ,..., yn ) + k j ( y1 ,..., yn )

avec :

⎧h( y ,..., y ) = Y − U 2
⎪ 1 n n
⎪ 2
⎨k1( y1 ,..., yn ) = ∆n × Y n−1

⎪k2 ( y1 ,..., yn ) = Γ n × Y 2
⎩ n−2

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Déterminer le n-uplet de Rn (y1,..,yn) qui minimise la fonction h. Par rapport à l’objectif défini la
fonction h est dite fonction de fidélité. Justifier cette terminologie. Donner également l’ensemble
des n-uplets qui minimisent la fonction k1 (respectivement k2). Les fonctions k1 et k2 sont dites
fonctions de régularité. Justifier aussi cette terminologie.
3°- Montrer que la fonction ϕ1 (respectivement ϕ2 ) admet au moins un minimum et qu’en ce(s)

minimum(s) la différentielle est nulle.


4°- Montrer que pour les matrices colonnes Y associées aux n-uplets minimisant ϕ1 sont solutions
de l’équation : Y − U + t ∆ n × ∆ n × Y = 0 .
Déduire en fonction de ∆ n (respectivement Γ n ) les solutions (matrices colonnes) qui
minimisent ϕ1 (respectivement ϕ2 ).

5°- Pour n égal à 3 et u1=1 u2=2 u3=5 donner les solutions.

PROBLEME III
1°- On définit la suite réelle { zn ,n ∈ N } par son premier terme z0 et par la relation de
récurrence zn +1 = zn2 / 2;n ≥ 0 .
Etudier, en fonction du premier terme z0 la variation de la suite { zn ,n ∈ N } et en déduire ses

propriétés de convergence.
2°- On définit la suite {U n = ( xn , yn ),n ∈ N } à valeurs dans R2 par son premier
terme U 0 = ( x0 , y0 ) et par la relation de récurrence :
⎧ xn2 + yn2
⎪ xn +1 =
⎨ 2
⎪⎩ yn +1 = xn yn
(i) Donner les points limites possibles pour la suite {U n ,n ∈ N } (On rappelle que la suite
{U n = ( xn , yn ),n ∈ N } est dite convergente si les suites réelles { xn ,n ∈ N } et
{ yn ,n ∈ N } convergent).
(ii) Si L = ( l,l') désigne un point limite possible on note EL l’ensemble des couples ( x0 , y0 )
tels que la suite {U n ,n ∈ N } converge vers L. Déterminer pour chaque point L limite

possible l’ensemble EL.


Indication : On pourra introduire les suites sn et dn égales respectivement à xn+yn et xn-yn et
utiliser les résultats de la première question.
3°- On suppose que le point ( x0 , y0 ) n’appartient à aucun des ensembles EL . Etudier le
comportement asymptotique des suites { xn ,n ∈ N } et { yn ,n ∈ N } .

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