Références du devoir
Matière : HGGSP
Code de la matière : 4 caractères
N° du devoir : 1
(tel qu’il figure dans le fascicule devoirs)
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Nom : DEVILLE
Prénom : Alexandra
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Note :
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Après plus d’une décennie de discussions, un accord historique a été trouvé en mars 2023 à l’ONU, sur la
protection de la haute mer.
Les espaces océaniques mais aussi extra-atmosphériques sont devenus au fil du temps des espaces de conquête et
une source de rivalités et d’inégalités entre États. Tant pour leur découverte et leur exploitation, qui appellent des
efforts technologiques et financiers considérables, que pour leur gestion et leur préservation, les États sont amenés
à coopérer en suivant des intérêts communs. Les États sont à la fois les acteurs de la conquête, mais aussi les
législateurs d’une gestion négociée de ces nouveaux espaces. Ils participent à des pourparlers à l’échelle mondiale
sous l’égide de l’Organisation des Nations unies, mais aussi à l’échelle continentale dans le cadre d’organisations
de coopération régionale.
Comment répondre aux enjeux géopolitiques de la découverte et de l’exploitation de l’espace, des mers et des
océans ? Nous verrons d’abord que la création de nouvelles règles pour les nouveaux espaces de conquête
représente un enjeu diplomatique majeur. Puis nous nous interrogerons sur la coopération en construction dans
l’espace, les mers et les océans. Enfin, nous analyserons les limites de la coopération dans les nouveaux espaces de
conquête.
Juridiquement, le Traité de l’espace de 1967 octroie aux États le droit de donner l’autorisation ou non aux
entreprises privées d’avoir un accès à l’espace. Par ce traité, l’ONU établit aussi l’absence de propriété et de
souveraineté de l’espace. Ce traité met en place une non-militarisation de l’espace et des corps célestes, une non-
appropriation de ressources et territoires et réserve ainsi l’exploration spatiale à des fins pacifique. Le droit de la
mer, quand à lui, règle les rapports entre États concernant l’utilisation de la mer et l’exercice de leurs pouvoirs sur
les espaces maritimes. Ce droit garantit la libre circulation des navires. Chaque État doit accorder à tout navire un
droit de passage dans les eaux placées sous sa souveraineté, à condition toutefois que ce passage ne menace pas la
sécurité ou ne se compose pas de flux irréguliers. La liberté de poser des câbles sous-marins y est également
assurée.
L’ONU a commencé à codifier le droit de la mer à partir de 1967 à l’initiative de l’ambassadeur de Malte, Arvid
Pardo. La convention de Montego Bay ou Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée
en 1982, définit les droits des États sur les Zones économiques exclusives (ZEE). Depuis 1996, l’ONU s’est dotée
d’un Tribunal international du droit de la mer (TIDM) pour régler les litiges, qui oblige les États à régler leurs
conflits de manière pacifique.
La ZEE désigne l’espace maritime qui s’étend sur 200 milles marins (370km) à partir du rivage, et sur lequel un
État riverain dispose de l’exclusivité d’exploitation des ressources. La haute mer, au-delà de la limite de la ZEE,
n’appartient à aucun État. Les ressources y sont considérées comme « patrimoine commun de l’humanité » et leur
exploitation est encadrée par l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) de l’ONU. La pêche y est libre,
dans la limite d’accords internationaux visant à sauvegarder certaines espèces, comme celui de 1995 portant sur les
poissons migrateurs. L’AIFM a pour but de sécuriser l’accès aux ressources et d’en garantir l’exploitation, comme
dans la zone de fracture Clarion-Clipperton.
Au-delà des tentatives internationales de législation, des projets de coopération sont menés par les États dans les
nouveaux espaces de conquête.
Coopérer, c’est d’abord se partager les efforts considérables pour l’exploration et l’exploitation des nouveaux
espaces de conquête : la station spatiale internationale (ISS) est le symbole de coopérations pacifiques sur les plans
financier, technologique, scientifique pour développer la recherche. L’ISS fit assemblée à la fin des années 1990 et
de nombreux États lui apportent des investissements et une expertise : le Canada les bras robotiques, l’Union
européenne les cargos de ravitaillement et la Russie l’optimisation de l’apport d’oxygène. C’est aussi la Russie qui
assure le transport des spationautes jusqu’à la station. Les membres permanents de l’ISS sont les États-Unis, la
Russie, l’ESA, le Japon et le Canada. De nouvelles collaborations émergent avec les entreprises spatiales privées,
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comme Space X et Boeing, à qui la NASA a confié le futur transport vers l’ISS. Le New Space désigne le nouvel
âge spatial caractérisé par la multiplication des acteurs, notamment privés, et la redéfinition des objectifs de la
conquête spatiale.
Coopérer, c’est aussi participer à des négociations pour la préservation de l’espace, des mers et des océans à
différentes échelles. À l’échelle mondiale, c’est dans la logique de la nécessaire préservation d’un bien commun de
l’humanité que l’ONU a ouvert des discussions sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction
nationale. Le traité, signé en mars 2023, permet d’établir des zones marines protégées à grande échelle en haute
mer, afin de protéger au minimum 30 % des océans d’ici 2030. Pour la première fois, le traité exige également
d’évaluer l’impact des activités économiques sur la biodiversité en haute mer. Les pays en développement sont
soutenus dans leur mise en œuvre du traité, notamment pour l’exploitation des ressources marines. Les aires
marines protégées (AMP) sont gérées internationalement (sites européens Natura 2000, espaces classés à
l’UNESCO, aire de protection des mammifères marins de l’Atlantique). À l’intérieur d’une AMP, certaines
activités sont limitées, voire interdites, pour répondre à des objectifs de conservation, de protection de l’habitat, de
suivi de l’écosystème ou de gestion des pêcheries.
À l’échelle continentale, des coopérations sont menées dans le cadre d’organisations régionales ; on peut citer
l’exemple des Accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD) entre l’Union européenne et une
dizaine d’États d’Afrique de l’Ouest. Ces accords visent à permettre aux flottes européennes d’avoir accès aux
stocks halieutiques excédentaires non capturés par les flottes locales des États côtiers africains. Ces derniers
doivent en échange développer des pratiques de pêche durable, respectueuses de la biodiversité.
En quoi cette coopération pour les nouveaux espaces de conquête reste-t-elle limitée ?
Paradoxalement, la définition des droits d’États sur les ZEE a renforcé la concurrence pour l’appropriation des
espaces maritimes ; les îles sont particulièrement disputées, même lorsqu’elles sont de petite taille (îles Kouriles,
îles Éparses). Les revendications chinoises en mer de Chine méridionale sont exemplaires du vide juridique
existant encore sur la définition précise des îles et la réticence des autorités internationales à sanctionner le pays
pour ses accaparements territoriaux. De même, les accords Artémis (2020) sur la Lune et Mars prévoient
l’existence de « zones de sécurité » qui risquent de raviver les rivalités d’appropriation de l’espace.
La coopération n’efface pas le poids des grandes puissances. Certains États rechignent à voir leur souveraineté
limitée par les conventions internationales. Par exemple, les États-Unis ne sont pas signataires de la convention de
Montego Bay. Concernant l’ISS, le financement reste majoritairement américain et le transport des équipages est
assuré uniquement par la Russie depuis 2011. On assiste aussi à une mise en avant des fiertés nationales (large
usage des réseaux sociaux par Thomas Pasquet).
Pays émergents et pays en développement restent souvent perdants dans les projets de coopération. Des ONG
environnementales reprochent à l’AIFM d’accorder des permis d’exploitation dans des zones susceptibles d’être
protégées. De même, les accords APPD suscitent des critiques : surpêche et mise en difficulté des populations qui
vivent de la pêche sur les littoraux d’Afrique de l’Ouest ; cela a provoqué le retrait de plusieurs pays de ces accords
(Gabon).
Pour conclure, les enjeux internationaux liés aux nouveaux espaces de conquête (réglementation, délimitation,
propriété, etc.) nécessitent une coopération poussée entre États. Les défis sont si nombreux qu’ils obligent à
dépasser les rivalités entre les nations qui collaborent. La coopération pour l’ISS en est un bon exemple : la Russie
n’a connu aucune suspension suite à l’invasion de la Crimée en 2014, alors même que ce coup de force entraînait
une multiplication des sanctions économiques et diplomatiques à son égard par l’Europe et les États-Unis.
Si la Russie a annoncé durant l’été 2022 sa volonté de mettre fin à sa participation à l’ISS, cela ne devrait pas
intervenir avant fin 2028, par le déploiement de son propre complexe orbital (ROS).