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Une sylviculture pour le pin d’Alep des Aurès (Algérie)

par Abdallah BENTOUATI et Michel BARITEAU

Le pin d’Alep couvre de très vastes surfaces sur l’ensemble du pourtour méditerranéen. La question de sa meilleure valorisation se pose ainsi pour tous les pays méditerranéens. Il existe bien quelques références sur la production de pin d’Alep en Afrique du Nord, mais elles sont peu nombreuses et peu récentes. Cet article vient à point nommé pour nous éclairer sur la question.

Introduction

En Algérie, les forêts de pin d’Alep (ou pin blanc) couvrent plus de 850 000 hectares (MEZALI, 2003). Cette espèce qui est présente dans tous les étages bioclimatiques, depuis le littoral jusqu'à l’Atlas saha- rien, trouve son optimum de croissance essentiellement en zone semi- aride. Sa grande plasticité et son tempérament robuste ont fait d’elle une essence pionnière de grand reboisement. Dans les Aurès, le pin d’Alep est très commun. Il forme de beaux peuplements qui occupent de grands massifs, tels celui des Béni-Imloul avec 75 000 hectares et des Ouled-Yakoub de plus de 20 000 hectares (Cf. Fig. 1). Dans cette zone, les potentialités de production de l’espèce sont élevées et sa prédominance nécessite un modèle de culture appro- prié. Ces peuplements n’ ont fait l’ objet d’ aucune intervention sylvicole adéquate, à l’exception des coupes rases suivies de plantations réali- sées dans les parcelles âgées. Le but de cette synthèse est de proposer un modèle de sylviculture moyenne basée sur les résultats d’une étude de la croissance et de la p r o d u c t i v i t é d e l ’ e s p è c e , d a n s u n e p a r t i e d u m a s s i f d e s A u r è s (BENTOUATI, 2005).

Structure et conduite des peuplements Le pin d’Alep de la zone d’étude présente une structure
Structure et conduite des peuplements Le pin d’Alep de la zone d’étude présente une structure
Structure et conduite des peuplements Le pin d’Alep de la zone d’étude présente une structure

Structure et conduite des peuplements

Le pin d’Alep de la zone d’étude présente une structure globale d’aspect jardiné avec des peuplements élémentaires composés de groupes ou de bouquets d’arbres à structure plus ou moins régulière. On rencontre trois types de peuplements :

– peuplements bien venants occupant les

stations fraîches, en mélange avec le chêne vert en forte proportion (Cf. Photo 1) ;

– peuplements assez clairs avec un sous-

bois composé essentiellement par le romarin, la globulaire et le filaire (Cf. Photo 2) ;

– peuplements dégradés de faible densité,

avec prédominance d’alfa, situés principale- ment sur les versants sud (Cf. Photo 3). Les opérations sylvicoles à entreprendre doivent viser à la création de conditions éco- logiques favorables à la régénération natu- relle et au maintien de l’équilibre si fragile de ces pinèdes. Le traitement qu’il convient d o n c d ’ a d o p t e r e s t é v i d e mme n t c e l u i q u i assure en priorité la pérennité de la forêt. Le régime de la futaie régulière est le plus souvent adopté en Algérie, car il est simple à appl i quer et per met d’ obt eni r des peupl e - ments sensiblement équiennes. Toutefois, ce mode de trai t ement, l orsqu’ i l est basé sur l ’ expl oi t at i on de grandes surf aces, mont re très souvent une déficience de la régénéra- tion naturelle qui n’arrive pas à s’installer à l’issue de la coupe finale, à blanc, du peuple- ment mûr. En plus, une coupe rase sur une grande étendue, peut, non seulement favori- ser le développement excessif du sous-bois ( t ai l l i s de c hêne ver t ) qui c onc ur r enc e l es semis, mais peut aussi aggraver l’érosion du sol dans les zones dégradées. Le régime de la futaie jardinée par bou- quets serait le plus approprié. En pratique, il est conseillé de faire évoluer la forêt vers une

Fig. 1 (en haut) :

Localisation de la zone d’étude en Algérie

Photo 1 (ci-dessus) :

Peuplement bien venant occupant les stations fraîches, en mélange avec le chêne vert en forte proportion

Photo 2 (ci-contre) :

Peuplement assez clair avec un sous-bois composé essentiellement par le romarin, la globulaire et le filaire

futaie par parquets sur des surfaces élémen- t a i r e s d e 0 , 5 à 3 h e c t a r e s ( NE V E U X e t a l , 1986), ce qui revient finalement à régulariser l e pe upl e me nt s ur de pe t i t e s s ur f ac e s ( e n Algérie, et pour des raisons de protection des sols, il est souhaitable de rester dans le bas de l’échelle proposée, soit 0,5 ha en moyenne, ou du moins de ne pas dépasser 2 ha). Da n s l e c a s d e s p e u p l e me n t s mé l a n g é s a v e c l e c h ê n e v e r t , c e r é g i m e p e r m e t d e maintenir un étage dominant constitué prin- cipalement par le pin d’Alep en futaie et le chêne vert traité en taillis. Ce dernier consti- tue un couvert constant du sol, et améliore la fertilité de la station (NAHAL, 1962).

Régénération

Pour le type de traitement proposé, la pra- t i q u e d e s t r o u é e s s u r d e p e t i t e s s u r f a c e s améliore la réception de la lumière, favori- sant ainsi le développement des semis de pin d’Alep (espèce héliophile stricte). La réalisa- tion de coupes rases sur 20 à 30 m de dia- m è t r e e s t s u f f i s a n t e . C e l l e s - c i p o u r r o n t s’agrandir au fur et à mesure de la mise en place de la régénération (Cf. Photo 4). Sur l’assiette de la coupe seront préservés des semenci ers porte- grai nes pendant une durée de 3 à 5 ans, jusqu’à l’obtention totale d e l a r é g é n é r a t i o n ( O R A Z I O , 1 9 8 6 ) . C e s s e m e n c i e r s s o n t s é l e c t i o n n é s p a r m i l e s arbres productifs, vigoureux, pas trop âgés et ils seront répartis uniformément. Une den- sité de 50 pins par hectare peut être considé- r ée c omme un s eui l mi ni mum ( D’ HANENS, 1998). Dans le cas où le chêne vert devien- drait envahissant, celui-ci doit subir un recé- page. L’installation de la régénération peut être facilitée aussi par un travail du sol comme le crochetage ou le labour sur des parcelles à faibles pentes (Cf. Photo 5). Dans les zones dégradées comportant de vieux arbres en mauvais état sanitaire et où la régénération n’est plus possible, le repeu- plement par plantation est recommandé.

De haut en bas :

Photo 3 :

Peuplement dégradé de faible densité avec alfa

Photo 4 :

La pratique des trouées sur de petites surfaces favorise le développement des semis de pin d’Alep

Photo 5 :

Le crochetage ou le labour peuvent faciliter la régénération sur des parcelles à faibles pentes

Photo 5 : Le crochetage ou le labour peuvent faciliter la régénération sur des parcelles à
Photo 5 : Le crochetage ou le labour peuvent faciliter la régénération sur des parcelles à
Photo 5 : Le crochetage ou le labour peuvent faciliter la régénération sur des parcelles à

1 - Avec une fourchette de 10 à 20 m (Cf. Fig. 3)

Fig. 2 (ci-dessous) :

Evolution du diamètre moyen des peuplements en fonction de l’âge

Tab. I (en bas) :

Caractéristiques dendrométriques moyennes des peuplements échantillonnés à Ouled Yakoub

Accroissements en volume

L e s c a p a c i t é s d e p r o d u c t i o n d e s f o r ê t s naturelles de pin d’ Alep sont relativement faibles, de 0,5 à 3-4 m 3 /ha/an (BOUDY, 1950 ; SOULÈRES, 1975 ; CHAKROUN, 1986). En France, PARDÉ (1957) rapporte une pro- duction de 4 m 3 /ha/an sur des stations de fertilité exceptionnelle à un âge de 75 ans. Mai s , e n g é né r al l e s f o r e s t i e r s adme t t e nt pour les stations les plus favorables, une pro- d u c t i v i t é m o y e n n e d u p i n d ’ A l e p d e 2 m 3 /ha/an (BEDEL, 1986). Une étude sur la production du pin d’Alep en Algérie a été menée récemment sur des placettes temporaires dans des peuplements é q u i e n n e s , n o r m a l e m e n t d e n s e s e t s a n s trouées, ainsi qu’à l’aide d’analyses de tiges (BENTOUATI, 2005). Les principaux résultats sont exposés ci-après.

, 2005). Les principaux résultats sont exposés ci-après. Classe d’âge A Hdom Hg Dg N/ha G/ha

Classe d’âge A

Hdom

Hg

Dg

N/ha

G/ha Vol/ha Amv

Acv

20-40

35

10,0

8,5

17

661

13,8

57,2

1,63

3,20

41-60

52

12,8

10,6

27

445

22,6 119,4

2,27

2,92

61-80

70

14,7

12,5

35

296

26,6 153,2

2,23

2,59

81-100

90

15,7

13,3

38

263

29,0 171,5

1,91

2,43

101-120

109

17,8

15,2

49

201

37,7 234,9

2,15

2,56

A = âge moyen des peuplements de la classe d’âge (ans), Hdom = hauteur dominante (m), Hg = hauteur de l’arbre de surface terrière moyenne (m), Dg = diamètre de l’arbre de surface terrière moyenne (cm), N/ha = nombre de tiges à l’hectare, G/ha = surface terrière à l’hectare (m 2 /ha), Vol/ha = volume par hectare (m 3 /ha), Amv = accroissement moyen en volume (m 3 /ha/an), Acv = accroissement courant en volume (m 3 /ha/an)

L’ ac c r oi s s ement moyen en vol ume de l a

p i n è d e d e O u l e d - Y a k o u b v a r i e d e 0 , 5 m 3 / h a / a n à 4 , 8 m 3 / h a / a n . I l e s t e n moyenne de 2 m 3 /ha/an pour un âge moyen d e 7 0 a n s . L e ma x i mu m d ’ a c c r o i s s e me n t moyen est atteint vers 50 ans. Le diamètre d’exploitabilité valable pour une production de bois d’œuvre est généralement supérieur à 35 cm ( BEDEL, 1986 ; ORAZI O) . A Oul ed- Yakoub, ce diamètre est obtenu entre 70 et 90 a ns s e l o n l e s s i t e s . I l c o r r e s po nd à un volume sur pied de 153 à 172 m 3 /ha (Cf. Tab. I). Pour une zone de fertilité moyenne, le dia- m è t r e d e 3 5 c m c o r r e s p o n d à u n â g e d’exploitabilité de 70 ans (Cf. Fig. 2).

Croissance en hauteur

A partir d’un certain âge, la vigueur du pin

d’Alep diminue et le rythme de croissance en hauteur commence à ralentir (NICAULT et al, 2002). Ce ralentissement dépend en grande partie de la fertilité du site. En Tunisie, il est précoce vers l’ âge de 50-70 ans (SOULÈRES, 1969). Dans les pays méditerranéens euro- péens, la fertilité du pin d’ Alep diminue à partir de 80 ans (BEDEL, 1986). DOUHERET (1992) estime que la mise en exploitation des peuplements de pin d’Alep devra être enta- mée avant 80 ans pour permettre une régé- nération naturelle convenable.

E n c o m p a r a i s o n a v e c c e s s t a t i o n s , l e s

accroissements en hauteur obtenus à partir des analyses de tiges à Ouled Yakoub révè- lent une diminution notable de la croissance en haut eur au- del à de 70 ans pour t out es classes de fertilité confondues (croissances inférieures à 10 cm/an). La hauteur moyenne approche alors les 15 mètres 1 (Cf. Fig. 3). Au même âge, l’accroissement moyen en volume des peuplements commence aussi à diminuer et les stations fertiles arrivent à leur maxi-

mum de production.

Caractéristiques des éclaircies

L e s p r é c o n i s a t i o n s s y l v i c o l e s r é s u l t e n t

d ’ une p a r t d e s p r a t i q ue s s y l v i c o l e s a p p l i - q u é e s s u r l e p i n d ’ Al e p d a n s l a r é g i o n e t

d’ aut re part sur l a structure observée des peuplements étudiés. Les éclaircies propo- sées seront sélectives et par le bas. Elles sont

de faibles intensités et réalisées dès l’âge de

20 ans. Elles ne doivent être ni brutales, ni

trop fréquentes. Après un dépressage réalisé pour abaisser

l a d e n s i t é i n i t i a l e d e l a r é g é n é r a t i o n , l e nombre de tiges se stabilise entre 800 et 900 tiges à l’hectare pour un âge compris entre

20 et 30 ans selon les stations. L’ intensité

des interventions est de l’ordre de 33 % du

v o l u me s u r p i e d à e n l e v e r à l a p r e mi è r e

éclaircie, à l’âge de 20 ans pour la 1 ère classe de fertilité, de 25% pour les classes 2 et 3, à

30 ans, et de 19% pour la classe de fertilité 4,

à l’âge de 40 ans. Cela correspond respective-

ment à un pourcentage d’arbres à prélever de 51%, 38% et 29 %.

L e m o d è l e d e g e s t i o n p r o p o s é p r é v o i t quatre niveaux de production établis selon les fertilités rencontrées. En pratiquant ce m o d e d e t r a i t e m e n t , l e m a x i m u m d’ a c c r o i s s e me nt mo y e n a nnue l e n v o l ume varie de 4,4 m 3 /ha/an pour la première classe de fertilité à 70 ans à 1,4 m 3 /ha/an pour la quatrième à 90 ans. Ces deux classes corres-

p o n d e n t r e s p e c t i v e me n t à d e s d i a mè t r e s d’exploitabilité de 45 cm et de 28 cm. Dans les classes intermédiaires, cet accroissement est de 3,3 m 3 /ha/an en classe 2 pour un dia- mètre d’exploitabilité de 38 cm à 70 ans, et de 2,3 m 3 /ha/an en classe 3 pour un diamètre d’exploitabilité de 34 cm à 80 ans (Cf. Tab. II). E n f i n d e c y c l e , l e n o m b r e d ’ a r b r e s à exploiter serait de 196, 228, 237 et 265 pour les différentes classes de fertilité.

d i m e n s i o n s

d ’ e x p l o i t a b i l i t é e n v i s a g é e s , l e s c o u p e s d’éclaircie se succéderont à une rotation de 10, voire de 15 ans lorsque les conditions de station sont mauvaises.

COUHERT et DUPLAT (1993) ont préconisé une intensité forte des éclaircies qui enlève- rai ent à 60 ans, 43 % du nombre de t i ges pour la première classe de fertilité, et 60 % pour la dernière. Dans le massif des Béni-Imloul, FRANTZ et FORSTER ( 1979) ont pr at i qué une éc l ai r c i e forte par le haut. Ce choix était justifié prin- cipalement par l’ âge avancé de la majeure pa r t i e de l a pi nè de e t l ’ é t a t s a ni t ai r e de s arbres fortement attaqués par le polypore. Co mp t e t e n u d u r é g i me d e s y l v i c u l t u r e

r e t e n u e t p o u r u n p e u p l e m e n t d e c l a s s e moyenne, le calendrier suivant des éclaircies est recommandé (Cf. Tab. III ci-contre).

P o u r

a t t e i n d r e

l e s

Tab. III : Calendrier des éclaircies

t t e i n d r e l e s Tab. III : Calendrier des

Conclusion

L e r é g i m e d e l a f u t a i e p a r p a r q u e t s conviendrait le mieux à ce type de forêt déjà structurée par bouquets. Ce régime, s’il est appliqué à des parquets de petite taille (de 0 , 5 h a à 2 h a ) c o n t r i b u e à c o n s e r v e r l e s me i l l e ur e s c o ndi t i o ns phy s i que s du s o l e t constitue un couvert pour les jeunes semis. La régénération est pratiquée par coupes rases en pet i t es surf aces dans l es peupl e- m e n t s a r r i v é s à m a t u r i t é . C e s t r o u é e s s ’ a g r a n d i s s e n t a u f u r e t m e s u r e d e l’évolution du semis accompagnée d’une mise en défens de 10 à 20 ans.

Fig. 3 :

Evolution de la hauteur moyenne des peuplements en fonction de l’âge

Tab. II :

Résultats de la sylviculture proposée pour les quatre classes de productivité

Classe

de productivité

H70

Age (ans) A.m.m

P.T

Dg

N /ha

1 ère classe 2 e classe 3 e classe 4 e classe

19

70

4,4

307,7

45,0

196

16

70

3,3

229.6

38,0

228

13

80

2,3

184,3

34,0

237

10

90

1,4

124,0

28,0

265

H70 = Hauteur dominante à 70 ans (m), A.m.m= Accroissement moyen maximum (m3/ha/an), Pt= Production totale (m3/ha), Dg= diamètre de l’arbre de surface ter- rière moyenne (cm), N/ha= Nombre d’arbres par hectare

Age (ans)

30

50

70

Entre 70 et 90 ans

Nombre d’arbres/ha

Coupe finale :

après éclaircie

700

380

260 en moyenne 200 arbres/ha à récolter

Abdallah BENTOUATI Université de Batna Département d’Agronomie 05000 Batna Algérie

Michel BARITEAU Unité de recherches forestières méditerranéennes INRA Avignon Av. Vivaldi 84000 Avignon

Dans les parcelles dégradées où la régéné- ration naturelle n’est plus possible, le repeu- pl ement ar t i f i c i el par s emi s di r ec t ou par plantation est indispensable. Le t r avai l du s o l par c r o c he t ag e o u par labour augmente les réserves en eau ainsi que l ’ expansi on r ac i nai re néc essai r es à l a survie des jeunes plants. L’âge d’exploitabilité varie entre 70 et 90 ans pour des di amèt r es moyens, sel on l es classes de fertilité, de 28 à 45 cm.

A . B . , M . B.

Bibliographie

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Ré sum é

E n A lg é rie la fo r ê t d e pi n d ’ Al e p (o u p in b la n c ) c o u v r e p l u s d e 8 5 0 0 0 0 h a e t a , p o u r l ’e s s e n t i e l , u ne s truct ure ja rd i n é e pa r b ou q u e t s. C e t a r tic le fa it l a s y n th è se d ’ u n e é tu d e m e n é e su r l a cr o i ss a n ce e t l a p rod u ct i v i té d e l ’e s p è ce d a n s l e m a ss if d e s Aur è s sur d e s p l a c e tt e s te m p o r a ir e s, a i n si q u ’à l ’ a i de d’a n a l y se s d e t i g e s . L ’a c c ro i s se m e n t e n

h a u t e u r d i m i n u e n o t a b l e m e n t à p a r t i r d e 7 0 a n s . A c e t â g e , l a h a u t e u r m o y e n n e a p p r o c h e l e s 1 5 mè tr e s e t l ’ a c cr oi s se m e nt mo y e n e n vo l u m e d e s pe up l e m en t s c o mm e n c e a us si à d i m i n u e r. I l a t t e i n t e n m oy e n ne 2 m 3 / h a /a n p ou r u n â g e m o ye n d e la p inè d e d e 7 0 a ns . L e r é gi me sy l vi col e p r o po sé e st c e l u i d e l a f uta i e pa r p a r qu e t s d e ta i l l e c om p r i se e nt r e 0 , 5 h a e t 2 h a . La r é gé n é r a ti on n a ture l l e pa r p e t i t e s t r o u é e s d o n n e d e bo ns r é s ulta ts , qu i p e u v e n t ê t r e e n co re a mé l i o- ré s p a r un t ra v a i l du so l p a r c r o ch e ta ge o u la b o u r . E l l e p e ut ê t re o b t e n u e e n 3 à 5 a n s e n a g r a n d i s s a n t prog re s s ive me n t l a ta il l e de s t ro u é e s. Apr è s un d ép r e s sa g e sur l a ré g é n é r a ti o n a b a i s sa n t le n o m b re d e ti ge s e ntre 80 0 à 9 0 0 tige s à l ’ h e c t a r e , l e s é c la i r ci e s p r o po s é e s co mm e nc e ro n t d è s l ’ â ge d e 2 0 a n s d a n s l e s me i l l e ure s cl a sse s d e f e rt il i té . E ll e s se r o n t s é l e c t i v e s e t i n te r v i e n d ro n t pa r l e b a s . L e m o d è l e d e g e s t i o n p r o p o s é p r é v o i t q u a t r e n i v e a u x d e p r o d u c t i o n é t a b l i s s e l o n l e s f e r t i l i t é s r e n c o n t r é e s : d e 4,4 m 3 / ha/a n à 7 0 a ns p ou r l a pre m i è r e c l a sse d e f e r t i l i té , à 1 ,4 m 3 /ha / a n p o u r la cl a ss e m é d i ocre à u n

â g e de 9 0 a n s .

S

u mma r y

S il v i cul t ur e to s ui t the A l e ppo pi ne in th e A ur è s r e g i o n of A l ge ri a

I n Alge ri a t he A l e p po p i ne ( o r w h i t e p in e ) co ve r s m or e t h a n 85 0 , 0 0 0 h a w h i c h i n th e m a i n gro w i n w e ll-ma int a i n e d g r ov e s.

T h is a r ti cle pr e se n ts a sy n t he si s o f a s t u dy c a r r ie d o ut o n the g ro w t h a n d p ro d u c t i v i t y o f th e s p e c ie s p la n te d i n te mpo r a ry p l o ts i n t h e A u r è s h ill c o u nt r y a n d , a l s o , on s t e m a n d t wi g a n a l y si s . T h e i n c r e a se in he ig ht d op p e d c on si de r a b l y a ft e r 7 0 y e a r s o f a g e , a t ta i n i n g a t thi s a g e th e a ve r a g e h e i g ht o f a b o ut

1 5 me te rs. T he a ve r a ge vo lum e o f th e sta n d s a ls o b e ga n t o d i m i n i sh a t t h is a g e , r e a c h i ng on a v e r a g e

2 m 3 / ha /yr. T h e silvi cu l t ur a l fra me w o r k for g r o wing t h e s p e cie s pr o po s e d h e r e i s h i g h s t a nd a rd s i n c l u s t e rs o f be t-

w e e n 0. 5 h a – 2 ha wi t h se l e ctiv e c u t t ing . N a t u r a l se l f -s e e d i n g i n sma l l c l e a ri n gs h a s g i ve n go o d r e s u l t s w hich c a n be i m pr ov e d b y w o rk i ng t he so il b y sc ra p i n g o r p l o u g hi n g. R e n e wa l c a n be a c hi e v e d i n 3 t o

5 y e a rs by p r og re ss i v e e x t e n t i on o f t h e cle a r i n g s. Af t e r a t hi n n in g of t he s e e d l i n g s t o l i mi t th e n u m b e rs

to 8 00 – 9 00 pe r h e c t a re , c u l l i n g i s p r o p o se d , be g i n n i n g w i t h t he m o s t f e rt i l e s ta n d s a t 2 0 y e a rs of a g e . T hi s cu l li n g w i l l b e se l e c t i v e a nd s t a r t a t th e l ow e r e nd . T h e m a n a g e me nt m od e l p ro p os e d e n vi- s a g e s f our l e ve l s o f pr o d u c t i on b a se d o n t h e d e g re e o f f e rt i l it y o b s e rv e d : f ro m 4 . 4 m 3 / h a / yr a t 70 ye a r s

o f a g e fo r t he m ost f e r t i l e c l a ss to 1. 4 m 3 / ha / yr f o r th e m e d i o c r e c l a s s a t 9 0 y e a r s of a g e .

Ri a ss un t o

Un a s i l v ic olt ur a p e r i l p i n o d ’ A l e pp o de g li Au rè s ( Al g e ri a )

I n A lg e ria l a fo resta di P i n o d ’ Al e p p o ( o p i n o b i an c o ) c o pr e p i ù d i 8 50 00 0 h a e h a , e s s e n z i a l m e n t e , u na s t ru tt ura co l t i v a t a a g i a rd i n o c o n b o sche t t i . Qu e s to a rt i co l o f a l a si n t e si d i un o st u d io co n do t o s u l l a c re s c e n z a e l a p r o d u tt iv i t à d e l l a sp e cie n e l m a s- s iccio de gl i A u rè s su pi a zz e t e t e m po r a n e e , e a nc he c o n l ’a i ut o d e l l’ a n a li s i de i f us ti . L ’a c c r e sc i m e n t o i n

a l t e z z a d i m i n u i s c e n o t e v o l m e n t e d a g l i 7 0 a n n i . A q u e s t a e t à , l ’ a l t e z z a m e d i a a v v i c i n a i 1 5 m e t r i e l ’a c cr e sc ime nto m e d i o i n v o l u m e d e i p o p o l a me n ti i n co mi nc i a p u re a d im i n ui r e . Ra g g iu n g e in me d i a 2 m _ / ha / a n no pe r un ’ et à m e d i a de l l a pi n e t a d i 7 0 a n n i . I l r e gim e s i l v ic ol o p ro p o st o è qu e l l o d e l la f u st a i a da r e c i n t i di st a t u r a c o m p r e s a tr a 0 , 50 h a e 2 ha . L a ri ge ne r a zi on e n a tu ra l e d a p i cc o l e r a d u r e d à b u o ni r i s u l t a t i , ch e p os s o n o e s s e re a n c o ra mi g l i o ra t i d a u n l av o ro del suo lo da sc a sso o a r a tura . P u ò e ss e r e o tt e n u t a in 3 a 5 a n n i a l l a r ga n do p r o gr e s s i v a me n t e l a d im e ns ion e d e l le r a du r e . Dop o un d i r a da m e n t o sul l a r ige ne r a z io n e a b ba s s a n do i l n um e r o d e i f us t i t r a

8 0 0 e 9 00 fu s ti pe r e t ta r o , l e ra d ur e p r o po st e c o mi nc e r a nn o f i n d a ll ’e t à d i 2 0 a n n i ne l le mi g l io r i c l a s s i d i f e rt ili tà. S a r a nn o s e l e t ti v e e si fa r a n n o da l ba s so . I l mode l l o di g e st i o n e p ro p o s to p re v e d e q ua t r o l iv e ll i d i p rod u zio ne st a bi l i ti s e c o nd o le f e r t i li t à i ncon t ra t e : d a 4 , 4 m 3 / h a /a nn o a 7 0 a nn i p e r l a p ri ma c l a s se di fe r ti l i tà , f i n o a 1 , 4 m 3 / ha / a n n o p e r l a cla s s e m e di o c r e a u n ’e t à d i 9 0 a n n i .