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CONSEILS MUNICIPAUX DES 11 ET 18 DÉCEMBRE 2008

INTERVENTIONS DE PHILIPPE ROSAIRE

1/ Séance du 11 décembre 2008

Approbation du CR analytique

Merci, Monsieur le maire, de me donner la parole. Il s'agit d'une explication de


vote. Nous allons voter contre le procès verbal de la séance précédente. La
raison en est simple, nous avons débattu pendant presque trois heures le 13
novembre dernier, sur un sujet à fort enjeu, et tout ce qui subsiste de ce débat et
donc la seule chose qui va être portée à la connaissance des Saint-Mauriens,
c'est le résultat du vote (qui ne faisait aucun doute depuis le début compte tenu
de la prime au majoritaire qui existe dans une assemblée municipale).

Je trouve que ce n'est pas rendre justice au débat (et au travail fourni par les uns
et par les autres) que de ne pas rendre compte aux Saint-Mauriens de manière
même synthétique des arguments avancés. Vous auriez pu le faire de manière
très brève puisque ce qui était en jeu, au-delà des chiffres, ce sont deux
conceptions différentes sur la manière d'exercer l'action publique.

Cela prenait trois lignes d'écrire cela et du coup les Saint-Mauriens savaient où
était la ligne de fracture. Lors du mandat précédent, vous avez souvent reproché
à la majorité de l'époque de rédiger des procès-verbaux ne rendant pas compte
de la tonalité des débats et vous aviez souvent justifié un vote négatif par ce
simple motif. Aujourd'hui, c'est vous qui êtes aux commandes, vous aviez
l'occasion de montrer qu'il y avait un vrai changement et de faire preuve
d'ouverture en retraçant ce qui s'était dit, tout simplement. Vous ne l'avez pas
fait, c'est dommage. Le PV n'est pas satisfaisant, nous ne l'approuverons pas.
Merci de m'avoir écouté.

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Affaire n°9 : intégration des activités d'animation Villages au sein des services
municipaux

Je suis heureux de voir que l'on revient avec cette délibération à une situation
classique comme on en rencontre dans toutes les villes.

Nous étions effectivement dans une situation anormale avec une association
dont le périmètre d'activités était extrêmement large qui gérait des activités de
service public sans qu'il y ait aucun contrôle sur la gestion de l'association.

Hormis la Chambre Régionale des Comptes (CRC), qui avait accès, de manière un
peu approfondie aux comptes de cette association du temps de l'ancienne
majorité. Aucun membre de l'opposition, ni vous ni nous ne faisions partie du
conseil d'administration de cette structure qui gérait énormément d'argent et de
personnel.

Il y a eu énormément de rumeurs qui ont couru sur cette association et sur ses
pratiques, des rumeurs graves et je souhaiterai savoir plusieurs choses :
- l'association a-t-elle fait l'objet de remarques motivées de la part de la CRC
quant à la gestion de fait,
- l'association a-t-elle été auditée par le cabinet Deloitte et si oui quelles sont
les conclusions,
- quels sont les avantages en termes financiers mais aussi en terme
d'efficacité que vous attendez de la municipalisation.
- Lorsque vous dîtes que les personnels seront repris intégralement par la ville
est ce que vous faîtes référence à tous les personnels ou seulement aux
fonctionnaires mis à disposition.

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Affaire n°13 : Saint- Maur ville propre : règlement de collecte des déchets
ménagers

Nous allons voter cette délibération parce que nous sommes favorables à la mise
en place d'un règlement dont le rôle sera d'établir de manière claire les droits et
les devoirs de chacun en la matière, à rendre la ville propre et il y en besoin et
cela va contribuer avec d'autres outils à la mise en place du processus collecte
sélective.

La collecte sélective faisait partie de notre programme municipal et c'est un sujet


sur lequel nous bataillons depuis plus de 15 ans.

Nous allons le voter mais on est bien obligé de constater que la délibération et le
règlement été élaborés de manière assez rapide ce qui fait que le document
comporte un certain nombre de coquilles et beaucoup de vides. Il suffit de le
parcourir pour s'en rendre compte.

A partir de la, j'ai deux questions.

1/ La Commission Consultative des Services Publics (CCSP) n'aurait elle pas due
être saisie préalablement à son adoption par le Conseil. Il me semble que cela
avait été le cas lors de la modification du règlement sur l'eau potable. Il y a des
usagers dans la CCSP. Ce serait quand même bien d'avoir leur avis. Ils sont
concernés au premier chef.

2/ Quelle est la portée réelle de ce document au plan juridique. Comment va-t-il


pouvoir être opposé aux tiers, compte tenu de la mise en place de la collecte
sélective qui fait qu'il va être caduque au fur et à mesure du développement du
processus. Que va-t-il se passer sur ce point ? Va-t-on être obligé de repasser le
dossier en conseil au fur et à mesure que les choses avancent.

Puisque j'ai la parole, j'en profite Monsieur le Maire pour attirer votre
attention sur l'information des élus en ce qui concerne le processus de
mise en place de la collecte sélective.

Nous sommes nombreux ici à estimer que nous ne sommes pas suffisamment
informés sur l'économie générale du projet, sa mise en place et ses implications
notamment financières. Dans mon quartier, je suis interpellé très fréquemment
par des personnes qui sachant je suis conseiller municipal me demandent
comment les choses vont se passer. Or aujourd'hui, je suis incapable de leur dire
autre chose que les bribes d'information que l'on peut glaner dans la lettre du
Maire, au détour d'une conversation avec un élu qui commet une bévue ou dans
une réunion publique comme celle de la semaine dernière.

Vous admettrez qu'il n'est quand même pas normal que l'on soit dans
l'impossibilité de rentrer un peu plus dans le dossier technique ou que l'on en soit

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réduit à aller aux réunions publiques pour avoir des infos. Or on est dans ce cas
la. Cela pose problème !

Les élus de l'opposition sont aussi les représentants de la population, ils ont
choisi de s'investir et ils ont des comptes à rendre. Le rôle de l'opposition, c'est
de suivre les dossiers au fur et à mesure de leur avancement, de pousser la
majorité dans les coins pour l'obliger à se remettre en cause. A à ce titre ils
doivent être informés au fur et à mesure de l'avancement du projet.
Dans la délibération qui va suivre, on apprend par exemple qu'un diagnostic
technique a été établi, il est normal que nous en soyons destinataires, c'est une
pièce qui appartient à la ville et qui fait donc partie de la documentation
administrative.

Je ne m'explique pas la frilosité qui est la votre sur un sujet qui recueille un large
consensus. Le 6 octobre dernier, je vous demandais d'autoriser M. Brunet qui est
en charge du dossier de recevoir les élus de l'opposition, et de faire le point avec
eux sur son avancement actuel. Rien n'est intervenu ! Nous allons finir par nous
lasser de voter pour des projets dont on ne connaît pas le périmètre.

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1/ Séance du 18 décembre 2008

Affaire n°3 : résiliation anticipée du bail emphytéotique du 21 rue Delerue

Je trouve que ce n'est pas la bonne solution de procéder ainsi. Ni pour la ville, ni
pour la SIEM, surtout pour la SIEM qui est particulièrement lésée dans cette
affaire. Pourquoi cela ?

En 1986, la SIEM achète à la ville un bien qui présentait indéniablement un vice


caché. Il y a un problème de fondations sur cet immeuble. La responsabilité de la
ville est engagée quelque part

La SIEM a payé ce bien. En 1986, elle a versé 65 années de loyers et elle n'a
utilisé le bien que pendant 22 ans. Donc la Siem n'a pas amorti son
investissement, elle est perdante une première fois. Elle perd 43 /65 soit 66 % de
son investissement (73 000€).

Elle perd aussi la subvention d'État perçue au moment de l'acquisition (49 850 €
qui était associé au bien qu'elle doit rembourse). Elle est perdante une deuxième
fois. Elle doit aussi rembourser par anticipation l'emprunt qu'elle avait contracté
pour financer l'acquisition et la réhabilitation et donc payer des pénalités de
remboursement anticipés (12 % du capital restant du soit 88 000 €). La SIEM est
perdante une troisième fois.

Qu va faire la ville maintenant avec ce bien ? Le revendre à un bailleur social. De


qui se moque-t-on ! Le bien appartenait à un bailleur social, la SIEM, je le
reprends en la spoliant et le revend à qui à un autre bailleur social. Combien,
l'histoire ne le dit pas mais certainement pas grand-chose puisque il faut démolir
et reconstruire vraisemblablement en injectant des tonnes de béton dans le sous
sol avant pour le stabiliser.

Alors comment tout cela risque-t-il de finir. La ville va céder le bien pour un euro
symbolique et des droits d'attribution à un bailleur social qui va reconstruire. Le
bailleur social fait une bonne affaire puisqu'il va payer uniquement l'immeuble
avec un tour de table ou il ne mettra pas grand-chose. En face, il aura la valeur
patrimoniale de l'ensemble et les loyers.

Y a t il une autre solution ? Bien sur. Dans la vie pratique, il y a toujours plusieurs
solutions. La SIEM élabore un plan de financement très ouvert en sollicitant l'État,
le Département, la Région et des collecteurs 1% de manière à réduire au
minimum la part de fonds propres à mettre. C'est la meilleure des solutions, elle
implique évidemment une participation financière de la ville. En échange de cette
participation nous conservons le patrimoine, les droits d'attribution et les loyers.

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Affaire n°14 : Logement social à Saint- Maur ville propre : engagement triennal

Nous allons voter cette délibération parce que nous sommes favorables à la mise
en place d'un engagement de cette nature. Depuis des années, nous disons que
c'est l'intérêt de tous que de construire du logement social, que les besoins sont
très importants, à Saint-maur comme ailleurs et dans toutes les catégories d'age.

Depuis des années, nous disons que refuser le logement social, c'est entériner un
gâchis financier, social et humain, c'est accepter une société coupée en deux et
se préparer des lendemains qui déchantent avec des désordres futurs.

Je me souviens aussi de ces séances du conseil ou lorsque nous interpellions J. L.


Beaumont sur ces questions, il nous disait d'un ton méprisant mais allez donc à
Vitry. Dans cette assemblée, nous avons entendu des discours de haine, des
discours avec des relents idéologiques extrêmement forts.

Cette attitude la nous a mené dans une impasse. Depuis 2002, date d'entrée en
vigueur des pénalités financières, la ville a acquitté près de 8 M€ d'amende avec
tous les trois ans un doublement ou presque. Tout cela par pure idéologie.
Imaginez, le nombre de logements que nous aurions pu construire avec ces 8 M€
si nous les avions utilisés intelligemment en nouant des partenariats avec
d'autres collectivités.

Ironie du sort, c'est à vous Monsieur Plagnol qu'il appartient aujourd'hui de


mettre en oeuvre la loi SRU, cette loi SRU contre laquelle vous avez tant ferraillé
en 2000. Cette loi SRU que vous avez toujours montré du doigt indiquant qu'elle
était inapplicable à Saint-Maur. Depuis que vous êtes Maire et que vous êtes
abreuvé de demandes de logements, que vous avez à établir le budget et que
vous vérifiez concrètement ce que c'est que de payer des pénalités, vous êtes
bien obligé de revenir à un peu de pragmatisme.

Qu'en est-il exactement de cet engagement triennal ? Il reprend un certain


nombre de mesures intéressantes et que nous avions formulées dans notre
programme :

- faire un état des lieux, tout d'abord pour ne pas construire n'importe quoi,
- utiliser l'outil de la préemption, de manière à accélérer les opérations,
- inciter les propriétaires de logements vacants à conventionner leur
logements et les sécuriser contre le risque d'impayés.

Il présente aussi un certain nombre de faiblesses avec notamment un mélange


des genres (ou une volonté d'affichage) qui nuit à la clarté. A quoi sert de faire
référence aux 490 logements du Pont de Créteil que vous avez bazardés et qui ne
contribueront pas à augmenter l'offre puisqu'ils sont déjà comptabilisés comme
des logements sociaux.

De même, Monsieur le maire, il est évident pour tout ceux qui connaissent un
peu le sujet que vous faites un tour de passe-passe en conventionnant

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massivement 329 logements du parc de la SIEM. Ces 329 logements ne sont pas
comptabilisés comme des logements sociaux, et donc il est important de changer
leur statut, mais il n'empêche qu'ils respectent les plafonds de loyers et de
ressources du logement social. Et ils sont tous loués. Il n'y a donc pas d'offre
supplémentaire. Or ces 329 logements représentent 45 % de l'objectif. Au
31/12/2008, ces logements vont être conventionnés ce qui va faire qu'en
quelques mois nous aurons réalisé presque la moitié de l'objectif. C'est le jeu de
bonneteau. Par une signature au bas d'une convention, j'augmente mon parc
social de plus de 300 logements sur le papier mais je n'ai pas contribué à
résorber quoique ce soit puisque les logements sont occupés.

Je trouve qu'il y a beaucoup de cynisme à faire cela. On peut faire la même


remarque pour les autres opérations qui sont menés par des bailleurs sociaux
extérieurs (Batigère, Immobilière 3F) que nous subventionnons massivement. Ces
immeubles sont aux ¾ occupés. Ils ne contribueront en rien à diminuer le
phénomène de file d'attente.

Autre point de désaccord. La stratégie choisie et affichée : s'appuyer sur des


opérateurs sociaux externes et acheter des droits d'attribution limités dans le
temps au lieu d'acheter du patrimoine. Lorsque vous achetez à batigère un droit
d'attribution sur une durée de 30 ans. Que reste t-il après. Pas grand-chose…

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