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PICK-UP /programme

Martin Arnold / Omer Fast / Bertrand Georges / Joseph Grigely /


Thomas Hirschhorn / Claude Lévêque / Dominique Petitgand / Beat Streuli

26 novembre au 19 décembre 2004, du vendredi au dimanche de 14h à 19h.

L'exposition Pick-Up prend comme point de départ des oeuvres d’art qui utilisent la fragmentation
de sons, d'images, de textes pour en révéler de nouvelles potentialités cognitives et sensorielles.
À l'image des déictiques, ces courtes particules linguistiques qui ne cessent de changer de sens
en fonction du contexte dans lequel elles s’inscrivent, il s'agit (à travers le prélèvement, le
bégaiement, la décontextualisation, le déplacement) de déployer l’éventail des stratégies de
recadrage applicables aux flux les plus ordinaires de la communication.

Pick-Up évoque le prélèvement, le ramassage. Ici il s’agit de puiser dans la rumeur du monde, la
bribe de conversation, l’esquisse du geste, l’image arrachée. Tout ce qui relève à première vue du
banal, du quotidien, de la petite échelle, du prosaïque, mais en travaillant au contraire ce qui est
grand, objectif, poétique, fantastique ou violent dans les interstices de la communication courante.
Il ne s’agit pas alors de sonder l'infime, à la manière de l'entomologiste, mais plutôt : ouvrir vers
l'infini à travers l’inachevé.

La bribe, écume de conversations (Petitgand, Grigely), de gestes (Streuli), d'images banalisées


(Hirschhorn), de discours (Georges, Lévêque, Fast), de films (Arnold) est possiblement vectrice
d'une explosion de sens dès lors qu'elle est simplement recueillie et isolée, livrée hors champ,
amputée de son point d’origine. Elle ouvre alors sur des gouffres (déchirures du réel) qui offrent
d’infinies appropriations émotives : poétiques, sensuelles, politiques…

Pick-Up est aussi une réflexion en acte sur l'exposition. Elle prévoit ainsi que les œuvres se
partagent non pas l'espace mais le temps de l'exposition. Un programme d’une durée précise
tourne en boucle. Un jeu automatique de lumières et de programmateurs électroniques
"déclenche" automatiquement les pièces sonores, les œuvres au mur, le diaporama, les films.
Pick-Up est l’occasion de prendre au mot et de jouer avec la notion de l’exposition comme
scénario.

La forme de Pick-Up, outre qu'elle permet que chaque pièce ait l'une après l'autre la totalité de
l'espace, est aussi une illustration possible du propos de l'exposition, chaque oeuvre représentant
un élément fragmenté et parcellaire de celui-ci, à la fois affirmative, puissante et évanescente,
démonstrative et irréductible à la démonstration, venant confirmer des intuitions tout en s’y
dérobant sans cesse.

Ce faisant, Pick-Up est une affirmation : chaque oeuvre comporte en elle-même une multitude de
lectures que le mode d’exposition peut révéler de manière toujours provisoire.

Guillaume Désanges

Cette exposition est réalisée avec le soutien de la société Norac


et l’aide de Pro Helvetia, fondation suisse pour la culture.
Merci à Ricard S.A.
Public> bénéficie du soutien de la DRAC Ile de France
PICK-UP / Programme
Martin Arnold
Passage à l’acte, 1993
film 16mn, noir et blanc, 12’
Courtesy Galerie Martin Janda, Vienne

Dans Passage à l’acte, Martin Arnold utilise comme support de travail une scène extraite du film « To Kill a
Mockingbird » (Robert Mulligan, 1962, USA), qu’il manipule dans sa matérialité. Ce procédé simple de
fragmentation et de mise en boucle provoque des répétitions compulsives d’images et de sons qui dévoilent
les pulsions frénétiques et violentes qui agitent les personnages d’une scène a priori banale.

Martin Arnold est né en 1959 à Vienne, où il travaille actuellement.


Réalisateur indépendant de films expérimentaux depuis 1988, il est cofondateur de Sixpack Film et
organise des manifestations autour du cinéma d’avant-garde.

Dominique Petitgand
Les Symptômes, 2001
pièce sonore, 2’03’’

« La voix se précipite un peu comme des dominos qui tombent : tac .. tac... tac.... comme une machine qui
débite des choses mais semble ne jamais s’épuiser. C’est violent à la manière d’un match de boxe : on
prend des coups dans la gueule, de toute part, et ça ne s’arrête pas. Cela est induit par la façon qu’elle a de
prononcer ses mots, de raconter cette histoire. C’est une suite de déclencheurs qui constituent en eux-
même la musique de la pièce. Pour le récit de quelque chose d’anodin, il y a toute une violence à l’œuvre
que le montage a pu révéler. » (DP)

Dominique Petitgand est né en 1965, il travaille à Paris.


Il est représenté par la Galerie & : gb agency, Paris.

Joseph Grigely
Untitled Conversation (Sex), 1996
papiers, texte encadré et tirage pigmentaire,
Courtesy Galerie Air de Paris

Nine Blue Conversations, 2001


9 impressions lithographiques sur papier, format total 41,5 x 45 cm, édition 29/100
Courtesy Galerie Air de Paris

Untitled Conversations, 2003


encres et crayons sur papier, 10 feuillets
Courtesy Galerie Air de Paris

Joseph Grigely développe depuis les années 1990 ses Conversations With the Hearing sous la forme
d’agencements de morceaux de papiers (de différentes factures, formats et couleurs) sur lesquels sont
inscrits des mots, phrases ou dessins, qui constituent autant de bribes de conversation manuscrites. Atteint
d’une surdité définitive durant l'enfance, Grigely a adopté l'écriture immédiate comme mode principal de
communication, par commodité et efficacité. Pourtant, si les conséquences pratiques de la surdité
définissent le point de départ du travail plastique, cet handicap n'est en aucun cas le sujet de l'œuvre.
Simple modalité de recueil : les pièces de Grigely parlent d'abord de ces « entendants », écrivains fortuits
forcés de converser sur papier. Ses Conversations Pieces manuscrites recouvrent de manière troublante
les caractéristiques essentielles de la conversation orale : concision, hésitations, superpositions, ruptures,
éparpillement… et illustrent de manière éclairante la polysémie de tout bribe de conversation recueillie et
recomposée.

Joseph Grigely est né en 1956 à East Longmeadow, Massachusetts (USA). Il travaille à New York (USA) et
enseigne à l’université du Michigan.
Il est représenté en France par la Galerie Air de Paris, Paris.
Claude Lévêque
Goût à rien, 2003
tubes néon, édition de 3
Courtesy Galerie Yvon Lambert, Paris

« Dans un espace obscur interviennent des problématiques de chocs visuels et sonores. Des mots en
écriture néon ont cette connotation du mal vivre : « goût à rien », « je suis une merde », « anormal », etc. et
même « la vie est belle ». Mais le non-dit importe plus encore, j'ai mes codes parfois indéchiffrables :
l'essentiel ne se met pas à plat. J'aime beaucoup que les gens en fassent ce qu'ils veulent. Mais il y a des
sens de lecture que je ne souhaite pas. » *

Claude Lévêque est né en 1953 à Nevers, il travaille à Montreuil sous Bois.


Il est représenté en France par la galerie Yvon Lambert, Paris.
* : extrait d’un entretien avec Michel Brière (janvier 2004)

Beat Streuli
NYC 01, 2002
diaporama vidéo

New York, des passants anonymes.


une série de portraits pris sur le vif dans leur déambulation urbaine.
captation fragmentaire
accentuation du sentiment d’isolement de personnages
focales sur attitudes, physionomies, gestuelles.
Indétermination du sens de ces regards recadrés, fondus (enchaînés.)

Beat Streuli est né en 1957 à Altdorf (Suisse), il travaille à Düsseldorf (Allemagne).


Il est représenté en France par la Galerie Anne de Villepoix, Paris

Bertrand Georges
Les Bâtards, 2004
édition de 800 exemplaires

Cette édition, réalisée spécialement à l’occasion de l’exposition « Pick-Up », utilise comme matériau des
échanges verbaux entre joueurs de jeux vidéos. L’ouvrage est à lire sur place (en 4 minutes) et à emporter.
A propos de « Considérant », précédent livre publié en 2001 : « Ces passages sont choisis soit pour leur
étrangeté, soit pour leur mouvement particulier imprégné d’une sorte d’effet de réel. Considérant n’a pas la
violence politique du Cut-up, il s’écrit sur le mode plus doux du Pick-up. »

Bertrand Georges est né en 1974 à Lyon, il travaille à Paris.


Il réalise des performances, travaille le son et la musique, la vidéo, et l'écriture.
Depuis 1998, il travaille conjointement avec Nadia Lichtig. Ils créent en 2001 le groupe Echopark une
plateforme d’expériences pluridisciplinaires où interviennent de nombreux artistes invités et dont la musique
est le matériau privilégié.

Omer Fast
CNN Concatenated, 2002
vidéo présentée sur moniteur, édition 5, 18’
Courtesy Galerie gb agency, Paris.

CNN Concatenated, est un montage constitués à partir des commentaires des présentateurs et reporters
des journaux d’informations de la chaîne de télévision américaine CNN. Ces allocutions sont fragmentées
mots par mots et remontées dans l’optique de former une toute autre énonciation qui prend la forme d’une
déclamation collective entre considérations métaphysique, politique, poésie et non-sens, qui malgré la
manipulation conserve l’autorité du journal télévisé et son endoctrinement

Omer Fast est né en 1972 à Jérusalem (Israël), il travaille à Berlin (Allemagne).


Il est représenté en France par la Galerie & : gb agency, Paris.
Thomas Hirschhorn
Merci, (extrait de la série Merci), 1995
collages sur carton, stylo bille
Collection de l'artiste

Collées sur des bouts de carton, des photos extraites de magazines sont sélectionnées pour leur
connotation immédiate (images de guerre, témoignage historique, politique, iconographie de produits
stigmatisant l’industrie capitaliste). Prélevées et stoppées dans le flux incessant des médias, elles sont
volontairement associées pour leur antinomie. A cette volonté de comparer l’incomparable s’ajoute des
annotations au stylo de commentaires qui stigmatisent cette dualité iconographique.

Thomas Hirschhorn est né en 1957 à Berne (Suisse), il travaille à Aubervilliers.


Il est représenté en France par la Galerie Chantal Crousel, Paris.

Pick-Up
Une proposition de Guillaume Désanges
Avec la collaboration de : Pauline Gauthron, Gilles Lambert, Emilie Renard / Public>

Merci à :
Didier Warin, Yann Géraud, Gregory Gicquel, Frédéric Cherboeuf, François Piron,
Boris Achour, Damien Arrii, Rebecca Lee, Galerie gb agency, Jean Brolly,
Galerie Yvon Lambert, Galerie Martin Janda, Galerie Air de Paris, Les Laboratoires
d’Aubervilliers.

Contact presse : Pauline Gauthron P. +33 (0)6 85 91 83 31, gauthron_pauline@yahoo.fr


Contact Public> : Emilie Renard P. +33 (0)6 63 78 56 67, emilierenard@laposte.net