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M. GÉRARDOT, option géographie.

Corrigé Concours Blanc Prép ENA 2007.

Les littoraux du monde, entre aménagement, développement et protection.

Note la plus haute : 15


Note la plus basse : 06
Moyenne : 10,9

- auteurs à connaître : Roland PASKOFF et André GUILCHER (très “géomorphologie”).

- manuel CAPES / AGREG très utile : Brigitte DUMORTIER (dir), Géographie humaine des littoraux.

I. Remarques générales.

- Ne cherchez pas à rattacher artificiellement le sujet à l’une des questions au programme. En effet, un
sujet comme « Les littoraux du monde entre aménagement, développement et protection » est un sujet
transversal, qui permet d’aborder toutes les questions du programme : la répartition de la population, la
mondialisation, l’aménagement et le développement, les villes.

- Défauts majeurs des copies : ne pas traiter ensemble les trois termes du sujet, passer trop vite sur le
tourisme.

- Attention à la présentation de la copie (ratures, écriture, …), je vous rappelle qu’elle est prise en
compte dans la notation.

- attention à l’orthographe, prenez le temps de vous relire, même si c’est pénible. Exemples trouvés
dans vos copies : « speciallisation », « pétrôle », « un interface » (attention, nom féminin),
« contrôllée », « dévelopement », « cette espace », « les échanges représente », « l’aménagement se
manifestent », « contener », « la capital », …

- Rappels : un seul « n » à inondation. Deux orthographes possibles : œkoumène ou écoumène.


Inacceptable de ne pas savoir écrire « Méditerranée » et « méditerranéen ».

- Attention à l’emploi de termes faux ou inadaptés : par exemple, le Mont-Saint-Michel est situé dans une
baie et non dans un delta.

- Attention à l’emploi du terme « l’homme », ce n’est pas « l’homme » qui transforme un milieu mais des
sociétés.

- Détail pratique : rédigez sur des copies doubles en numérotant toutes les pages, terminez par une feuille
simple si besoin.

- Sur un sujet comme « Les littoraux du monde, entre aménagement, développement et protection », les
croquis possibles sont nombreux. Croquis trouvés dans vos copies : « l’organisation de l’espace littoral
dans une station balnéaire », « Gibraltar », « les terminaux des conteneurs : la connexion route / mer »,
« le littoral, une interface terre / mer ». Mettez ces croquis en valeur avec une légende bien présentée et
des « coloriages » esthétiques. Si le croquis est beau, il apporte beaucoup à la copie.
Un bon croquis est fait au NORMOGRAPHE, avec des crayons de couleurs et le respect des
codes : villes en rouge, villes secondaires en orange, pas de fluo, les voies ferrées en noir, routes en
rouge, frontières en pointillés noirs ou rouges, flux = flèches de différentes couleurs (évitez le crayon de
papier).
1. Introduction.

Évitez de formuler la problématique en utilisant les mots du plan « bateau » comme « faits »,
« causes », « conséquences », « typologie », « caractéristiques » … il faut camoufler ! De plus, la
problématique n’est pas l’annonce du plan.

La problématique sous forme de question : une seule question, deux au plus, évitez les suites de
questions. La problématique c’est la colonne vertébrale de votre copie, elle doit donc être formulée
clairement et d’un coup (et pas forcément sous forme de question : « on peut se demander si … » , par
exemple).

Pour l’annonce du plan : camouflez le plan bateau !

2. Développement.

Attention : une sous-partie = un paragraphe. Il faut que la mise en page de la copie traduise la
progression du plan : pas de retour à la ligne sans changement de paragraphe. Un changement de
paragraphe = un alinéa.

Un argument un exemple. Les copies qui manquent d’exemples sont mal notées (en dessous de
10).

N’oubliez pas les introductions et conclusions des grandes parties, il faut toujours guider le
lecteur, même si c’est scolaire.

À proscrire : « le phénomène de mondialisation », « le phénomène de littoralisation » « la


mondialisation » et « la littoralisation ».

À proscrire également : « il s’observe que », « il se développe des réseaux … ».

JAMAIS DE PREMIÈRE PARTIE « HISTORIQUE » dans une dissertation de géographie,


l’histoire intervient comme un facteur d’explication, il faut donc la mettre en II.

Si vous faîtes une typologie, n’oubliez jamais le critère de l’organisation de l’espace, il permet
d’enrichir la typologie et montre que vous savez raisonner « en géographe ».

3. Conclusion.

Évitez les ouvertures « banales » en fin de conclusion, il vaut mieux ne rien mettre que de
terminer par « la mer source de richesses mais également de danger », ou « le rôle de pont des littoraux
doit dépasser les murs qu’on tente de construire », et autres banalités.
II. Proposition (rapide) de corrigé.

À chaque catastrophe (tsunami, ouragan, cyclone, marée noire) se repose le problème du rapport
complexe entre les sociétés et le littoral, espace convoité entre terre et mer.
Nombreux topos sur les littoraux : dénaturés, artificialisés, surpeuplés, surexploités … pourtant, la
diversité des situations impose d’être toujours dans la nuance.
Le seul point commun des littoraux du monde ne serait-il pas qu’ils sont tous aménagés, en voie
de développement et / ou protégés ? L’enjeu d’un tel sujet est de montrer que les littoraux du monde,
malgré cette grande diversité des situations, sont confronté à des problèmes communs, qui transcendent la
frontière artificielle établie entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il s’agit de parvenir à développer
cet espace d’ouverture au monde tout en prenant en compte sa protection. Est-il cependant possible
d’aménager un espace et de le protéger en même temps ?

I. Des littoraux développés, aménagés et / ou protégés.


II. Les fondements de la puissance littorale.
III. La très grande diversité des littoraux du monde.

I. Des littoraux développés, aménagés et / ou protégés.

1. La concentration de la population sur les littoraux

Carte des grands foyers de population / carte de la population du monde en 2020 : concentration des
populations sur les littoraux. Certaines des plus grandes villes du monde sont situées sur les littoraux. Un
phénomène qui s’amplifie du fait de l’accroissement naturel dans ses villes mais également à cause des
migrations de population vers ses villes et régions littorales. Croquis possible : la mégalopolis de la côte
Est des États-Unis.

2. La concentration de activités sur les littoraux

Quatre types majeurs d’activités se concentrent sur les littoraux :

- Le commerce et le négoce (rôle traditionnel et majeur des ports, synapses, sas, interfaces terre /
mer, points nodaux du commerce mondial). Croquis possible : le port, une interface majeure
entre la terre et la mer.
- L’industrie, avec activités directement liées à la mer (pêche – pour un sujet sur la pêche, regarder
le Monde 2 n°156 - , transformation des produits de la pêche, chantiers navals, réparation de
navires, …) et d’autres liées à la situation littorale (complexes pétrochimiques ou sidérurgiques,
comme les ZIP en France). Croquis possibles : la ZIP de … / Rotterdam / …
- Le tourisme. Il a profondément changé le rapport au littoral, faisant le plus souvent d’un espace
répulsif un espace attractif et recherché. Avant la Mission Racine de 1962, la Côte du Languedoc
Roussillon n’était pas touristique, en particulier à cause des moustiques. Le tourisme balnéaire
existe depuis le XVIIIe siècle, avec le “Grand Tour” des aristocrates anglais, mais c’était alors un
tourisme d’hiver. Le basculement vers l’été se fait au XXe. Très forte emprise du tourisme sur
certains littoraux (Côte d’Azur, stations intégrées). Tourisme accusé d’avoir entraîné la
« marbellisation » (= bétonnisation) des côtes. Croquis possibles : une station intégrée / Nice /

- L’agriculture. (inexistante dans les copies). Le littoral est un milieu convoité mais l’agriculture
n’y est pas absente. En France par exemple : importance des près salés (Mont-Saint-Michel) pour
l’élevage des moutons et agneaux. Aux Pays-Bas : champs de tulipes dans les polders. À
Madagascar, élevage de crevettes dans les mangroves … Agriculture = champs cultivés, élevage +
conchyliculture, mytiliculture, …
3. Une protection plus ou moins institutionnalisée

Les littoraux ne sont aménagés ou développés que de façon ponctuelle. Ports et villes ne sont que des
points sur des linéaires côtiers très étendus, ce qui fait que de larges portions de littoral sont peu occupées
ou vides. Existence de facteurs contraignants : climat (pôles, Sibérie), relief (îles volcaniques, falaises),
isolement, faible accessibilité.

On peut distinguer différents types de protections :

- une protection « officielle » et institutionnelle : Parcs Naturels (en France, le seul PN « littoral »
est celui de la Camargue), Parcs Régionaux, Réserves naturelles, zones NATURA 2000,
Patrimoine mondial de l’UNESCO (baie du Mont-Saint-Michel). Action du Conservatoire du
Littoral (consulter le site internet car incontournable sur un sujet sur les littoraux) ou de ses
équivalents étrangers. On protège les sites avant qu’ils ne soient annexés par une activité, on
réhabilité les sites abîmés (Pointe du Raz, où la végétation avait disparu à cause de la
surfréquentation du site)
- Une protection « post aménagement ». Aux Pays-Bas, politique de retour à la mer des polders.
Suite à la terrible tempête de 1954, prise de conscience sur l’artificialisation des milieux.
- Une protection « de fait ». Des littoraux qui n’intéressent pas sont protégés parce qu’inexploités.
Cependant, ils sont tout de même affectés : littoraux sauvages mazoutés (Alaska), déchets amenés
par les courants marins (Clipperton), fonte des banquises et montée du niveau des océans.

Situation extrêmement variée des littoraux du monde. Comment expliquer une telle diversité ?

II. Les fondements de la puissance littorale.

1. Le dynamisme du littoral dépend de l’intégration dans la mondialisation.

Formes particulières d’organisation de l’espace littoral qui témoignent de son intégration dans la
mondialisation : les ports (ZIP, Zones franches, terminaux pour les conteneurs, multimodalité), la
situation sur une grande voie maritime (Northen Range), sur un détroit stratégique (détroit d’Ormuz) ou
sur un canal d’importance mondiale (Panama, Suez) ; les stations balnéaires (renommée plus ou moins
grande, infrastructures plus ou moins lourdes, sites classés) ; masse de population et surtout richesse de
celle-ci (littoral du Bangladesh très peuplé mais par une population pauvre, donc pour schématiser, peu
intéressante, contrairement à la mégalopolis américaine). Concurrence très forte entre les plus grands
littoraux mondiaux pour accroître leur compétitivité (ex : projet Havre 2000, concurrence des ports
indonésiens face à Singapour, …).

2. Le dynamisme du littoral est également un enjeu politique, géopolitique et historique.

Volonté de domination en maîtrisant l’espace maritime (Anglais, Hollandais, Espagnols, …). Toujours
des conflits pour la domination des mers (autour des ZEE, présence des États-Unis dans toutes les mers
du monde, …). Un phénomène ancien (Empire Romain autour de la Méditerranée, colonisation,
commerce triangulaire). Fort héritage historique qui explique aussi la mise en valeur actuelle des littoraux
(exemple : littoralisation des capitales du Maghreb pendant la colonisation française).

3. Le littoral est source de richesses variées et convoitées.

Le littoral c’est également des ressources particulières : les produits de la pêche et leur transformation,
mais aussi le pétrole exploité en off shore. Pêche et pétrole sont aujourd'hui deux pommes de discorde
entre de nombreux pays : toujours cette volonté de contrôle des zones productives. Heurts entre les
pêcheurs espagnols et français au sujet de la taille des filets, quotas de pêche fixés par l’UE, colère des
états africains dont les ressources halieutiques sont pillées par des navires étrangers même dans leurs
ZEE, … Conflits frontaliers pour le pétrole (golfe de Guinée, Nigeria, …). Conflits entre les différentes
activités pour s’implanter sur le littoral (= conflits pour l’espace).

III. La très grande diversité des littoraux du monde.

Pour chaque type, bien décrire les conséquences sur l’aménagement du territoire.

1. Littoraux au centre de la mondialisation, à la fois développés, aménagés et protégés. Ils


appartiennent au cœur économique mondial. Exemple : mégalopolis américaine, littoral
japonais, Northen range, Singapour, Côte d’Azur (bien prendre en compte les quatre activités
majeures du littoral définies dans le I).

2. Littoraux en voie d’aménagement et de développement, ils ne sont pas forcément protégés car la
logique économique passe avant. Chine, Hong Kong, pays émergents, …

3. Littoraux qui ne sont ni développés ni aménagés, protégés « de fait » mais vulnérables (aléas
naturels, population pauvre, faune et flore sauvages …). Littoraux africains (sauf points précis :
Durban, Le Cap, Dakar, ports et villes du Maghreb et de la mer Rouge), littoraux sud américains
(sauf points ponctuels du Brésil et du Venezuela).