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Magistère 3 – Master 2 Professionnel

« Aménagement & Urbanisme »

Les impacts d’un lieu remarquable sur son


environnement proche

Le cas de Lourdes

Professeurs :

Mme Christine Bouyer


Mr. Noel Le Scouarnec
Mr. Rémy Piedvache

Arnaud Beaumont

Antoine Zbinden

Octobre 2008 – Février 2009


Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

SOMMAIRE

INTRODUCTION......................................................................................................................- 3 -

PREMIERE PARTIE : Le tourisme et les touristes lourdais ....................................................- 4 -

1.1. Le tourisme religieux à Lourdes .................................................................................- 4 -


1.2. Lourdes dans le tourisme départemental .................................................................- 7 -
1.3. La fréquentation touristique et son évolution..........................................................- 9 -
1.4. Les touristes lourdais................................................................................................- 13 -

DEUXIEME PARTIE : Le développement de la ville / Diagnostic territorial .......................- 16 -

2.1 Situation géographique et administrative................................................................- 17 -


2.2 La croissance démographique...................................................................................- 19 -
2.3 Le développement urbain .........................................................................................- 23 -
2.4 Le secteur économique .............................................................................................- 32 -
2.5 Conclusion de la partie ..............................................................................................- 39 -

TROISIEME PARTIE : Quelle durabilité urbaine pour un tourisme saisonnier ?................- 40 -

3.1 Les raisons de la saisonnalité ....................................................................................- 40 -


3.2 Les problèmes posés par la saisonnalité ..................................................................- 43 -
3.3 Quelles politiques et quelles spécificités lourdaises................................................- 45 -

CONCLUSION........................................................................................................................- 47 -

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................- 49 -

TABLE DES MATIERES ..........................................................................................................- 51 -

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INTRODUCTION

Lourdes, ville de taille moyenne des Pyrénées connaît une situation particulière et unique en
France : les 15'000 lourdais accueillent annuellement plus de 6 millions de touristes, soit un
ratio de 1 pour 400 ! Un touriste étant défini par « un visiteur qui passe au moins une nuit
dans un moyen d’hébergement collectif ou privé dans le pays visité »1, la ville a donc dû
s’adapter à ces importants flux et apprendre à les maîtriser. Une question essentielle, qui est
le sujet de ce travail, s’est donc posée à nous :

Comment une ville de cette taille accueille un nombre aussi important de touristes ?

Afin d’appréhender cette problématique générale, nous avons choisi de décomposer cette
question en trois « sous-questions », qui sont traitées dans les trois parties que comporte
cette étude :

1. Pourquoi autant de touristes ?

Cette première partie traitera de la raison d’un tel afflux de touristes, en


commençant par la raison historique qui a donné à Lourdes son rôle de lieu de
pèlerinage mondialement connu. Puis, il s’agira d’identifier l’évolution de la
fréquentation touristique à travers le temps ainsi que de tirer, si possible, des
caractéristiques particulières des touristes.

2. Comment la ville s’est développée et organisée pour l’accueil de ces pèlerins, d’un
point de vue démographique, urbain et économique ?

Ce diagnostic retracera l’évolution de la population lourdaise ainsi que de son


environnement urbain afin de savoir si l’évolution du nombre de touristes a eu des
impacts sur le développement de la ville. De plus, ce diagnostic traitera aussi des
questions d’emplois et d’économie afin d’identifier sur quel(s) secteur(s) repose
l’économie lourdaise ainsi que la proportion du tourisme au sein de cette économie.

3. Quels problèmes posent cet important flux touristique et quelles politiques la ville
met-elle en place afin d’optimiser l’accueil des pèlerins ainsi que son
environnement social, urbain et économique ?

Le diagnostic présenté dans la partie précédente de cette étude permettra


d’identifier des problèmes et des caractéristiques (spécificités), engendrées par le
tourisme, à Lourdes. Puis, nous nous intéresserons à présenter les politiques
(économiques, touristiques, etc.) ainsi que les orientations de développement urbain,
engagées par les autorités afin d’obtenir un développement économique, social et
environnemental le plus durable possible.
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Prof. Peter Keller. Cours : Economie internationale du tourisme, Hautes Ecoles Commerciales, Université de
Lausanne (Suisse), 2006.

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PREMIERE PARTIE :
Le tourisme et les touristes lourdais

1.1. Le tourisme religieux à Lourdes

1.1.1 Le mythe initial : naissance d’un lieu de pèlerinage

La commune de Lourdes doit son attractivité


touristique à un mythe religieux qui remonte Bernadette Soubirous devant la2 grotte de
au milieu du 19ème siècle. En 1858, une jeune Massabielle en 1863
fille de quatorze ans, Bernadette Soubirous
prétendit avoir vu une dame déclarant être
l’immaculée conception (quatre ans après la
déclaration du dogme de l’immaculée
conception par le pape Pie XII) dans la grotte
de Massabielle, en bordure du gave de Pau, à
l’ouest de la ville. Les apparitions durèrent
plusieurs mois et Bernadette Soubirous dit
avoir vu la sainte vierge dix-huit fois au total.
En 1862, après enquête, elles sont reconnues
officiellement par l’Eglise catholique par
l’intermédiaire de Monseigneur Laurence,
évêque de Tarbes. Malgré l’afflux de fidèles et
de curieux venant se recueillir dans la grotte,
qui prenait alors pour la première fois l’allure
d’un sanctuaire, Bernadette resta à jamais la
seule à avoir déclaré y avoir vu la vierge. Elle
décéda en 1878, fut béatifiée le 14 juin 1925
et canonisée le 8 décembre 1933. La notoriété
actuelle de Lourdes comme pôle du tourisme
religieux et au-delà, pôle du tourisme français,
repose sur ce mythe. Les critères topo-
morpho-géographiques, culturels, récréatifs qui structurent la majorité de l’offre touristique,
s’effacent ici devant des considérations spirituelles qui mènent à Lourdes chaque année des
millions de fidèles. Dès 1858, Lourdes est devenu un lieu de pèlerinage où des centaines puis
des milliers de pèlerins accompagnaient Bernadette Soubirous. Depuis, il est devenu le plus
grand centre de pèlerinage catholique français. Les pèlerinages à Lourdes les plus importants
en nombre de participants, sont : le pèlerinage national français, le pèlerinage militaire
international, le pèlerinage « foi et lumière » et le pèlerinage de l’ordre de Malte. Cependant,
la majorité des pèlerinages, français comme européens, sont organisés au départ de chaque
diocèse.

2
Source : www.wikipédia.fr

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1.1.2. Patrimoine et itinéraires

La commune de Lourdes possède un patrimoine religieux important qui traduit la nature du


tourisme qui s’y pratique. Ce patrimoine se répartit essentiellement entre les sanctuaires et
les musées, qui appartiennent et est géré par le « Domaine de la Grotte », un domaine privé.

Inventaire du patrimoine religieux lourdais et dates d’inauguration


Les sanctuaires Les musées

1. Grotte de Massabielle 13. Musée du trésor (2001)


2. Basilique de l’immaculée conception (1871) 14. Musée Sainte Bernadette
3. Basilique Notre-Dame du Rosaire (1889) 15. Musée des miraculés
4. Basilique Saint-Pie X (1958)
5. Eglise Sainte Bernadette (1988)
Lieu aménagé ad hoc
6. Chapelle de la Réconciliation (1999)
7. Chapelle Saint Joseph (1968)
16. Tente de l’adoration (2001)
8. Chapelle de l’Adoration (1995)
9. Chapelle Notre-Dame
10. Accueil Jean-Paul II (2000’s)
11. Crypte (1866)
12. Bâtiment des piscines (1955)

Localisation du patrimoine religieux3

Le patrimoine religieux de Lourdes est à la fois cause et conséquence du tourisme religieux


dans le sens où il est le support spirituel (outre la grotte originelle) du pèlerinage, tout en
ayant été développé au fil du temps pour proposer une offre, un produit « religieux » face à
des touristes dont le nombre croissait d’années en années. Ce patrimoine constitue le socle
des visites effectuées par les pèlerins. Une fois arrivés à Lourdes, ces derniers ont la
3
Arnaud Beaumont, 2009. Fond de carte : GoogleEarth.

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possibilité de suivre le circuit liturgique dans l’ordre des séquences culturelles prévues par le
rite général du sanctuaire. L’organisation temporelle débute par la messe à la grotte, le
matin à 6h. Dans la journée, le temps est laissé aux dévotions privées à la grotte, aux bains
dans les piscines, au chemin de croix, à la confession. A 17h a lieu la procession du saint
sacrement, suivie à 20h de la procession des flambeaux. S’il n’y a pas d’itinéraire type et que
chaque pèlerin est libre de suivre ou non le circuit liturgique, les lieux visités sont invariants
et sont tous situées dans un rayon de 500m avec une concentration importante des
principaux lieux de culte dans un périmètre restreint.

1.1.3. Tourisme et religion, indissociable de l'image de la ville

L'image de la ville de Lourdes est associée au tourisme religieux. Présent dans l'imaginaire
collectif français, cette représentation est également véhiculée par les outils de
communication avec en premier, les sites internet. Premier des réponses sur le moteur de
recherche « google » après avoir tapé le mot clé « Lourdes » : le site www.lourdes-
france.com qui est un portail d'accès aux trois sites officiels de la ville (ainsi que celui,
événementiel du 150ème anniversaire des apparitions). Sur les trois, un fait référence
directement au tourisme (le site de l'office du tourisme) et un au religieux (le site des
sanctuaires). A noter que sur la page d'accueil de ce dernier, s'affiche automatiquement la
web cam' qui filme en permanence l'entrée de la grotte et qu'est proposée une visite
virtuelle de la ville à travers ces lieux touristiques majeurs. Ces sites offrent la possibilité
d'organiser pèlerinage et déplacements à Lourdes, quel que soit le type de public (jeunes,
familles, malades, handicapés, etc.). Sur la page d'accueil du troisième site, celui de la mairie
de Lourdes, l'iconographie des onglets principaux est construite à partir du patrimoine
religieux de la ville. Sur ces sept onglets, trois font références au tourisme religieux (journées
de la paix – tourisme – les sanctuaires), les deux derniers renvoyant directement aux deux
premiers sites évoqués.
Dans le domaine des mass-médias le nom de Lourdes est également accolé à radio présence,
radio chrétienne qui émet dans le midi-pyrénéen en hertzien et sur internet. Les captures
d'écrans suivantes illustrent cette communication médiatique autour du tourisme religieux :

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Communication internet de Lourdes vis-à-vis du tourisme religieux4

1.2. Lourdes dans le tourisme départemental

1.2.1. Lourdes, moteur touristique des Hautes-Pyrénées

Lourdes est la destination la plus attractive du département des Hautes-Pyrénées. Sur les 6
millions de touristes annuels, Lourdes en accueille 5,5 millions, soit 92%. Le tourisme est la
première activité économique des Hautes Pyrénées donc la santé économique du
département doit beaucoup à Lourdes. Sur les 3 889 000 nuitées (hôtellerie) effectuées
dans le département, 76% ont eu lieu à Lourdes. De plus, le poids de Lourdes dans le
tourisme départemental confère aux Hautes-Pyrénées le statut de leader touristique de la
région Midi Pyrénées avec 42% des nuitées. Les statistiques hôtelières traduisent en termes
d’accueil cette réalité et l’appuient. Ainsi, la commune de lourdes dispose de 235
établissements sur les 445 du département, soit 53% de l ‘offre hôtelière. Cependant ce
chiffre ne reflète pas la réelle capacité d’accueil. En effet, bien qu’ayant 53% des hôtels du
département, Lourdes disposent de 76% des chambres (14 339 contre 18 976 dans le

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Sources : Sites internet de la ville de Lourdes et du Sanctuaire.

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département). La taille moyenne des hôtels à Lourdes est donc supérieure à celle du
département.

1.2.2. Les atouts touristiques du département

En dehors de Lourdes, Les Hautes-Pyrénées disposent de nombreux atouts qu’ils soient


sportifs, de bien être ou naturels et qui contribuent à l’attractivité touristique du
département.
Sur le plan sportif, 12 stations de ski sont recensées dont les deux principales (Saint Lary et
Tourmalet) représentaient 60% du chiffre d’affaire total des stations. De plus, l’épreuve
cycliste du tour de France donne à ces stations une renommée nationale.
Dans le domaine du bien être, on recense 9 stations thermales, drainant annuellement
221 872 entrées dont 15% de curistes et de cours séjours.
Parmi les sites naturels prestigieux du département, on notera le cirque de Gavarnie, le Pic
du Midi de Bigorre, la Réserve naturelle de Néouvière, le parc national des Pyrénées. A noter
également que les Hautes Pyrénées comptent plus de 300 lacs.

1.2.3. Un facteur d’attractivité pour les touristes lourdais ?

On l’a vu, la commune de Lourdes accueille la grande majorité des touristes du département
des Hautes-Pyrénées, avec des chiffres vertigineux qui contribuent à eux seuls de placer le
département en tête dans le tourisme régional. Cependant, au regard des nombreux atouts
touristiques de poids que possède l’ensemble du département, une question nous parait
légitime : le tourisme religieux suffit-il à lui seul à expliquer les 5,5 millions de touristes
lourdais annuels ou des touristes profitent-ils des capacités hôtelières considérables de
Lourdes pour pratiquer un tourisme dans le département, non rattaché à la symbolique
religieuse ?

S’il est difficile de répondre à cette question, on peut toutefois mettre en valeur que la
commune de Lourdes a elle-même des atouts autre que religieux et qui contribue également
à son attractivité touristique. On recense ainsi :
 Des espaces naturels (80% de la superficie communale) dont les plus remarquables
sont : le bois de Subercarrère, le pic du Jer, le bois du Mourle et la forêt du lac de
Lourdes.
 Des sites inscrits : la grotte du Loup, les grottes du Roy, le château fort, le lac de
Lourdes et les gouffres du Béout.

La commune de Lourdes dispose donc dans son périmètre communal, comme dans ses
alentours, de sites naturels, culturels et de loisirs remarquables qui prouvent l’existence
d’une offre touristique autre que religieuse et laisse à penser que tous les touristes ne sont
pas des pèlerins. Toutefois, ces derniers ont été et restent les artisans majeurs du tourisme
lourdais et l’on va voir comment s’est développée depuis la fréquentation touristique et à
quel niveau s’est-elle aujourd’hui fixée.

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1.3. La fréquentation touristique et son évolution

1.3.1. 1867 – 1939 : Stagnation du nombre de pèlerins

Evolution quantitative du pèlerinage lourdais (1867-1939)5


Lecture : la courbe inférieure est celle des trains spéciaux

De 1858 à 1866, les pèlerinages étaient


Les données chiffrées qui nous permettent d'évaluer
peu nombreux, informels et, jusqu’en l'évolution de la fréquentation de Lourdes par les pèlerins
1862, et avaient un caractère privé en de 1867 à 1939 sont majoritairement issues du graphique
l’absence d’une légitimité prononcée par ci-dessous recensant les pèlerins arrivés par train
les autorités ecclésiastiques. Pour avoir spéciaux. Seules quelques années sont renseignées quant
au nombre total de pèlerins, complétées par quelques
une idée d’un pic de fréquentation, un
chiffres issus du POS de Lourdes. La distinction sera ainsi
rapport de police qualifie de faite entre les pèlerins arrivés par trains et la totalité. Il
considérables les 10 000 visiteurs du 9 s’agira ainsi d’avantage de décrire une évolution que de
septembre 1859. L’année 1866 marque la chiffrer exactement.
une première rupture avec le décollage
des pèlerinages (60 000 pèlerins) en
raison de l’arrivée du chemin de fer et l’inauguration de la crypte de la future basilique. En
1867, Lourdes s’interconnecte avec les réseaux ferroviaires français et l’audience du
pèlerinage s’accroît.

Sur l'ensemble de la période 1867-1939, une stagnation du nombre de pèlerins (arrivés par
trains spéciaux) aux alentours de 125 000 (lecture graphique) est remarquable. Mais la
courbe de la période a toutefois connu des « accidents ». Après avoir stagné à 30 000
pèlerins par an, la fréquentation touristique a connue un bond en 1872 et 1873 en
atteignant environ 113 000 pèlerins arrivés par trains spéciaux. Cela s’explique par deux
grands mouvements de foule : le pèlerinage des Bannières de 1872 et le Pèlerinage national
de 1873. Le second pic remarquable de la période se situe en 1908 avec 400 000 pèlerins
arrivés par trains spéciaux. A noter que des données holistiques sont disponibles pour cette
date où le nombre total de pèlerins a dépassé le million, en raison de la célébration du
cinquantenaire des apparitions. Ce chiffre restera constant jusqu’en 1914. Alors que peu de
données sont disponibles pour la période 1910 à 1920 pour cause de seconde guerre
mondiale, la fréquentation touristique reprend en 1921 à un nombre faible (égal aux plus
bas de la période 1872-1910) mais retrouve le niveau moyen-haut de la période précédente
5
Chadefaud JM. Lourdes : un pèlerinage, une ville. Aix-en-Provence : Edisud, 1981.

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dès 1922. A partir de 1931, les effets de la crise se firent sentir et interrompit l’élan qui avait
permis à la courbe de retrouver, en 1929, son niveau d’avant-guerre.

1.3.2. 1946 – 1979 : explosion du tourisme de masse lourdais

Evolution quantitative du pèlerinage


lourdais6
Lecture : La courbe supérieure présente le
nombre total de pèlerins

Alors que la croissance amorcée en 1938 a


été interrompue par le second conflit
mondial, le pèlerinage de Lourdes
redémarre en 1946. Sur l’ensemble de la
période 1946-1979, le nombre de pèlerins a
connu une augmentation de 206,7% en
passant de 1,5 millions à 4,6 millions de
touristes et pèlerins annuels. Cette
explosion touristique est à corréler à la
phase d’expansion économique des trente
glorieuses avec une croissance massive de
pèlerins qui s’explique par la
démocratisation de l’automobile, les
compagnies aériennes qui sont en quête de
clientèles et la SNCF qui accentue sa
promotion commerciale. Cependant, cette
croissance est marquée par de forts
accidents liés à des événements
internationaux, nationaux et locaux. Le
creux de la première moitié des années
cinquante correspond avec la guerre de
Corée mais cela est à relativiser car M.
Chadefaud précise dans son ouvrage (1981)
que le chiffre élevé du 1949 n’est pas fiable.
Le pic de 1954 coïncide avec l'année mariale
(centenaire de la proclamation du dogme de
l’immaculée conception) et en 1958, le
centenaire des apparitions de Bernadette Soubirous a fait venir à Lourdes le nombre alors
record de 4 800 000 touristes. Entre 1960 et 1979, le seul accident remarquable date de
1968 et est à mettre en relation avec les événements de mai. Aucune donnée n’a été
trouvée sur la période 1979-1998.

6
Chadefaud JM. Lourdes : un pèlerinage, une ville. Aix-en-Provence : Edisud, 1981.

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1.3.3. 1999 – 2008 : Entre 5 et 6 millions de touristes annuels

Foule de pèlerins à la messe du


Pape en 20087

La fin du 20ème siècle et le début


du 21ème sont marqués par le
franchissement du seuil des cinq
millions de touristes, dépassant
alors le record de 1958. En 2003,
Lourdes a accueilli 5 millions et
demi de touristes et sur la période
1999-2007, selon les sources, le
nombre annuel se situe entre 5 et
6 millions. En 2006, la Basilique
Notre-Dame du Rosaire se place,
selon l'ONT (Observatoire National du Tourisme), à la douzième place des sites les plus
visités de France avec 4 700 000 visiteurs. Alors que le nombre de touristes annuels semblait
se stabiliser jusqu'en 2007, la ville a accueilli en 2008 neuf millions de touristes, grâce à la
combinaison de deux événements majeurs pour les chrétiens, à savoir le 150ème anniversaire
des apparitions ainsi que la venue du Pape Benoit XVI du 13 au 15 septembre.

Ces grandes évolutions de la Inauguration de bâtiments


fréquentation touristique lourdaise à vocation religieuse8
est à mettre en relation avec le
diagramme ci-contre établit à partir 7
des dates d’inauguration (pour celles
qui sont renseignées) des bâtiments 6

religieux inventoriés dans le point 5


1.1.2. On constate une corrélation
4
entre offre nouvelle de lieu d’accueil à
caractère religieux et augmentation 3
de la fréquentation touristique. De
2
plus, aux périodes de croissance
modérée du nombre de touristes (en 1
taux) correspondent sur le diagramme 0
les périodes où les inaugurations ont 1850-1900 1900-1950 1950-2000 2000-2008
été les moins nombreuses (1850-1900
et 2000-2008) et les 6 inaugurations de 1950 à 2000 ont eu lieu dans la période où le
tourisme explosait. A titre d’exemple, la basilique Saint Pie X, susceptible d’abriter 20 000
personnes, a été construite au lendemain de la seconde guerre mondiale afin d’aménager le
sanctuaire pour répondre à la reprise du flux de pèlerins. En revanche, à la période vierge de
toute inauguration (1900-1950) correspond la relative stagnation de l’entre-deux guerre.

7
Source : www.pascal-dn.over-blog.fr
8
Arnaud Beaumont, 2009.

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Cet afflux croissant de touristes pose des enjeux en termes d’aménagement du territoire
pour une commune de la taille de Lourdes qui se voit confronter à une telle demande
d’accueil et qui seront traités dans la partie 2 :
 Amener les touristes : le développement d’une offre de transports en commun
 Accueil les touristes motorisés : développer une offre de stationnement
 Héberger les touristes : le développement d’une offre hôtelière

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1.4. Les touristes lourdais

1.4.1. L'origine géographique des touristes Origine géographique des


pèlerins français9
Peu de données chiffrées sont
disponibles, ce qui expliquera le
caractère lacunaire de l'analyse.
En termes de nationalité, la
majorité des touristes lourdais
sont français. En 2003, un
pèlerin sur trois était de
nationalité française. En ce qui
concerne la répartition spatiale
hexagonale des touristes,
l’unique cartographie trouvée
date de 1972 et les réalités
peuvent avoir évolué depuis.
Une dispersion sur l'ensemble
du territoire est remarquable
(excepté au centre) avec deux
pôles majeurs : le Nord-Picardie
et l'ouest normand-breton, et
un mineur : le sud-ouest qui se
distinguent.

Principales nationalités10
En % de nuitées dans la
clientèles étrangère
3%
7%

Italie
10%
La portée touristique de Autres Pays
Lourdes dépasse les
36% Royaume-Uni
frontières hexagonales.
Aujourd’hui, la clientèle 10% Espagne-Portugal

étrangère représente 66% Belgique-Luxembourg


des nuitées effectuées à Irlande
Lourdes. Un touriste sur deux
10% Allemagne
venants à lourdes aujourd’hui
est ainsi étranger. Le 13% Etats-Unis
11%
diagramme circulaire ci-

9
Chadefaud JM. Lourdes : un pèlerinage, une ville. Aix-en-Provence : Edisud, 1981.
10
Arnaud Beaumont, 2009. Données : CCI Tarbes, 2003.

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contre nous permet de connaître l’origine géographique des pèlerins étrangers d’aujourd’hui.
Bien qu’on ne connaisse pas l’identité des pèlerins issus des « autres pays », on peut
supposer qu’il s’agit de non-européens. Sur ce postulat, les pèlerins européens
représenteraient 83,7% du total des pèlerins étrangers. On ne sera pas surpris de constater
qu’il s’agit de pays où la religion catholique à un poids très fort, notamment, en Italie d’où
s’on originaire 43 % des pèlerins européens.

Cet afflux de touristes dispersés autant sur le territoire français qu'en Europe et dans le
monde pose un enjeu essentiel quant à l’aménagement du territoire lourdais et de sa région :
Quelles infrastructures de transport pour assurer une desserte nationale, régionale et
internationale ?

1.4.2. Les variations intra-annuelles de fréquentation touristique

Milliers de La fréquentation hôtelière


nuités en 2007
600
lourdaise11
La fréquentation touristique
500
est inégale selon les mois de
400
l'année. La courbe des
300 nuitées effectuées dans les
200 hôtels lourdais en 2007 nous
100 en donne une fidèle
0 expression.
e
e

e
ier

ût

e
ai
s

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in
r

br
br

br
ar

ille

br
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ju
av
vr

m
em

m
v

to

Globalement, une saison


ju
jan

ce
ve
oc
pt


no
se

haute (avril à octobre) se


distingue d’une saison basse
(novembre à mars). A l’intérieur de la haute saison, deux pics de fréquentation peuvent être
isolés : l’un en mai et l’autre de juillet à septembre avec un maximum atteint en août. Ce
graphique nous permet de mettre en lumière la saisonnalité du tourisme lourdais. Toutefois,
il convient de considérer également les valeurs absolues au delà de la lecture graphique de
la courbe : les touristes sont en moyenne 35 000 par mois à Lourdes à la basse saison, ce qui
est loin d’être négligeable. Par soucis de lisibilité de l’ensemble de l’étude, nous emploierons
le terme de saisonnalité même si l’expression d’hypertrophie de fréquentation touristique
serait plus représentative de la réalité pour distinguer les deux périodes.

La saisonnalité pose des enjeux en termes de durabilité de la vie de la commune de Lourdes


et sera à la base de la réflexion de la partie 3.

11
Arnaud Beaumont, 2009. Données : Insee-CRT-CDT.

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1.4.3. Un profil particulier de touristes : les malades et invalides

Chaque année, 70 000 malades et invalides se rendent en pèlerinage à Lourdes. Bien que
cela ne représente que 1,3% du total des touristes lourdais annuels, ce nombre n'est pas
négligeable et il s'agit là d'une particularité à souligner et à analyser, tant pour ses causes
que ses conséquences. Un pèlerinage spécifique à destination des handicapés mentaux
nommé « foi et lumière » a été créé par l’association du même nom et des pèlerinages
hospitaliers accompagnent des malades par train et les assistent tout au long de leur séjour.
L'origine de l'afflux de ce type de touristes particuliers est due au fait que de nombreuses
personnes ont affirmé avoir été guéries miraculeusement à Lourdes. Ce serait du aux eaux
de la source, découverte par Bernadette sur les indications de la vierge, qui aurait guéri pour
la première fois un homme, l’année de la première apparition, en soignant sa cécité. 67
guérisons ont reçu à ce jour le statut de « guérison miraculeuse » après examen par le
bureau des constatations médicales créé en 1984 afin d’authentifier les déclarations de
pèlerins affirmant avoir été guéri grâce au miracle lourdais. Ces miracles ont renforcé l'image
de Lourdes déjà marquée par les apparitions de Bernadette et ont donné un motif
supplémentaire de pèlerinage, en particulier aux personnes étant en mesure d'espérer une
amélioration de leur état de santé et étant sensible aux affirmations de guérisons
enregistrées.

Parmi les 70 000 personnes en questions se rendant à Lourdes chaque année, une partie
d'entre elle se déplace en fauteuil roulant et ce détail de mobilité individuelle a du être pris
en compte afin de permettre l'accueil de ces touristes en développant une offre touristique
adaptée à leur effet.

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DEUXIEME PARTIE :
Le développement de la ville / Diagnostic territorial

Ce diagnostic territorial n’a pas pour ambition de décrire toutes les caractéristiques de la
ville de Lourdes. L’afflux important de pèlerins annuellement a des incidences sur
l’organisation spatiale de la ville, et c’est sur ces incidences que ce diagnostic va s’orienter.
Après une description de la situation géographique et administrative de la ville, ce diagnostic
comportera trois parties.
En premier, une étude démographique. Cette dernière permettra de mettre en évidence les
variations de population, dues ou non au développement du tourisme lié au Sanctuaire.
Deuxièmement, une analyse du développement urbain présentera les caractéristiques
spatiales de la ville. Composé de quatre sous-parties (les contraintes naturelles et
topographiques, la forme urbaine, le bâti et les infrastructures de transports), cette partie
présentera les impacts du nombre important de pèlerins sur l’organisation spatiale de la ville.
Finalement, une présentation du secteur économique, particulièrement orienté sur les
emplois touristiques et les structures d’accueil, complètera ce diagnostic afin de traiter la
question de l’activité de la ville où la saisonnalité touristique est importante ainsi que ses
impacts sur le secteur économique.

Le choix a été fait de présenter en premier l’étude démographique car les hypothèses d’une
forte variation de population, corrélée avec le développement du tourisme, ainsi que son
impact important sur le tissu urbain ont été posées.

Statistiquement, ce diagnostic territorial se concentrera sur les limites administratives de la


commune de Lourdes et non sur son aire fonctionnelle (la communauté de commune). Ce
choix est justifié car les communes périphériques présentent un poids démographique et
économique négligeable : la commune de Lourdes comprend la quasi-totalité de la
population et des emplois de la structure intercommunale.

Le poids de la commune centre12


Population Emplois
Commune centre (Lourdes) 15’242 9’271
EPCI 19’101 10’157
Poids de la commune centre 79.80% 91.28%

12
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, Recensement de la population, 1999.

2008-2009 - 16 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

2.1 Situation géographique et administrative

La ville de Lourdes est située au sud-ouest de la France, proche de la frontière franco-


espagnole, dans le département des Hautes-Pyrénées (65). Plus précisément l’agglomération
lourdaise se trouve à 20 km au sud-ouest de Tarbes et à 40 km au sud-est de Pau, entre les
façades atlantiques et méditerranéenne. La ville est une étape obligée vers les lieux touristes
du cirque de Gavarnie et, par Cauterets, du Parc National des Pyrénées.
La commune de Lourdes a une superficie de près de 3'900 hectares.

Localisation de Lourdes, en Europe et dans le sud ouest français13

Administrativement, Lourdes est le chef-lieu du canton de l’arrondissement d’Argelès-Gazost


et la ville est organisée en établissement public de coopération intercommunale (EPCI)
depuis 2002, lors de la création de la Communauté de communes du Pays de Lourdes (créée
le 17 décembre 2002). Cet EPCI comprend neuf communes dont Lourdes en est la commune
centre, et permet de gérer certaines compétences à l’échelle supra-communale, autrement
dit, à l’échelle fonctionnelle de l’agglomération. Les compétences de l’EPCI sont réparties
entre différentes commissions :
 La commission Finances et Travaux
 La commission Développement économique
 La commission Aménagement du territoire et de l’habitat social
 La commission Elimination des déchets ménagers
 La commission Communication
 La commission Développement local
 La commission Tourisme
Il est a noté qu’une commission pour le tourisme a été créée à part entière et non un
« département » de la commission du développement économique.

13
Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes. Lourdes Mode d’emploi 2007-2008, novembre 2007.

2008-2009 - 17 -
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Territoire de la Communauté de communes du Pays de Lourdes14

14
Source : www.lourdes-infos.com

2008-2009 - 18 -
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2.2 La croissance démographique

2.2.1 Evolution de la population


Population
lourdaise Nombre de touristes par an (en milliers)
L’évolution démographique de la ville de 20000 6000
Lourdes est liée aux apparitions et aux
18000
pèlerins qui ont commencé à affluer dès 5000
16000
1858. En effet, la ville comptait environ
14000
4'000 habitants à la veille des apparitions 4000
12000
et a atteint un sommet de 18'000
habitants en 1977.15 Depuis, la évolution 10000 3000

8000
démographique est légèrement négative.
2000
6000

4000
1000
Corrélation entre l’évolution de la 2000

population lourdaise et le nombre 0 0

de touristes16
57

76

08

21

46

55

60

66

75

78

90
18

18

19

19

19

19

19

19

19

19

19
Population lourdaise Nombre de visiteurs par an

La perte de population lourdaise est principalement due à un solde migratoire négatif, plus
important que le solde naturel, lui aussi négatif (taux de natalité inférieur au taux de
mortalité). A l’échelle du département des Hautes-Pyrénées, le solde naturel est
négativement plus important que celui de Lourdes, alors que le solde migratoire est moins
important (mais aussi négatif). Les communes urbaines et rurales, centrales ou
périphériques, se distinguent donc dans l’évolution du solde migratoire.

Evolution démographique de la population lourdaise17

Ainsi, l’évolution démographique des communes périphériques présente une redistribution


de la population sur le territoire de la Communauté de communes du Pays de Lourdes. En

15
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 17.
16
Antoine Zbinden, 2009. Données : Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002.
17
Insee, Recensements de la population, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990, 1999.

2008-2009 - 19 -
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effet, suivant le schéma classique de la distribution des populations dans une agglomération,
durant la deuxième moitié du 20ème siècle (avec la démocratisation de l’automobile), la
commune-centre a perdu de la population au profit des communes sub- et péri-urbaines.
De manière absolue, l’augmentation de population dans l’intercommunalité (sans Lourdes)
ne compense pas la diminution dans la commune-centre. En effet, cette dernière a perdu
2’736 habitants entre 1968 et 1999 alors que les huit autres communes en ont gagné 447
(soit une perte globale de 2’289 habitants).

Evolution de la population dans la Communauté de communes


du Pays de Lourdes entre 1968 et 199918
(Population sans double compte)
Population de la Population de l’EPCI
Années
commune de Lourdes sans Lourdes
1968 17 939 3 412
1975 17 870 3 600
1982 17 425 3 639
1990 16 300 3 749
1999 15 203 3 859

La département des Hautes-Pyrénées présente quant à lui une évolution faible de sa


population : une légère augmentation jusqu’en 1982 (+0.97 %), suivi une baisse de -1.49%.
On peut donc supposer que les flux migratoires sont internes à l’agglomération lourdaise et
entre d’autres agglomérations, à une échelle plus large que celle du département.

Evolution relative de la population de la Communauté


de communes du Pays de Lourdes depuis 196819
Indice : Base 100 de 1968
120
113.10 %

110
Evolution relative de la
population de l'lEPCI sans
Lourdes
100
Evolution relative de la
98.51 % population de la commune de
Loudres
90
Evolution relative de la
population du Département
84.75 %
80

70
1968 1975 1982 1990 1999 Années

18
Insee, Recensements de la population, 1968, 1975, 1982, 1990, 1999.
19
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, Recensements de la population, 1968, 1975, 1982, 1990, 1999.

2008-2009 - 20 -
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2.2.2 La structure de la population

Pyramides des âges relatifs de la population lourdaise et des Hautes-Pyrénées20

La structure de la population lourdaise en 1999 présente une part plus importante de


femmes que d’hommes, particulièrement dès la trentaine (ce qui se reflète dans la part des
emplois lourdais où les femmes représente 46.2% des 84.7% de salariés en emplois). Le
manque important de la population des 20-24 ans est dû à la migration de cette classe d’âge
pour poursuivre leurs études. Ce manque est plus important à Lourdes que dans le
Département car Tarbes (chef-lieu du département) possède une université, ce qui n’est pas
le cas de Lourdes. Mais ce manque se fait aussi ressentir à l’échelle départementale à cause
de la concurrence nationale des universités, dont celles de Toulouse et de Bordeaux sont
facilement accessibles depuis de Département des Hautes-Pyrénées.

20
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, Recensement de la population, 1999.

2008-2009 - 21 -
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Finalement, la baisse démographique que connaît Lourdes est accompagnée d’un


vieillissement de sa population :
 La part des moins de 20 est passée de 24.1% à 18.6% de la population entre 1982 et
1999.
 Celle des 60 ans et plus, de 24.5% à 31.1% durant la même période.
 Toutefois, la part des actifs n’a pas variée significativement.

Vieillissement de la population lourdaise entre 1986 et 199921


1986 1999
Nombre Pourcentages Nombre Pourcentages
0 – 19 ans 4'204 24.1 2’837 18.6
20 – 39 ans 4’628 26.6 3’787 24.8
40 – 59 ans 4’328 24.8 3’874 25.4
60 ans et plus 4’260 24.5 4’744 31.1
Totaux 4’260 100% 15’242 100%

21
Antoine Zbinden, 2008. Données : Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 61. Insee, Recensement
de la population, 1999.

2008-2009 - 22 -
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2.3 Le développement urbain

2.3.1 Les contraintes naturelles et topographiques

Lourdes, située au seuil des Pyrénées, à une altitude d’environ 400 mètres, peut être définie
comme une « ville de montagne » par ses caractéristiques topographiques. En effet, la ville
se trouve au bout de la plaine, au pied des montagnes, où convergent cinq vallées :
 La vallée de l’Echez : à l’est vers Anclades ;
 La vallée de l’Ousse : à l’ouest vers Loubajac et Pontacq ;
 La vallée du Gave : de direction première sud-nord et puis vers l’ouest en direction de
Pau et de Bayonne.
De plus, le lac de Lourdes (à 35 km à l’ouest de la ville, sur le territoire communal, d’une
superficie d’environ 45 hectares, cf. partie 1, point 1.2.3) est le seul lac naturel (et d’origine
glacière) de basse altitude de cette partie des Pyrénées.

Le relief lourdais : Les cinq vallées qui encadrent l’agglomération22

Le territoire communal présente donc un relief très contrasté allant de la paroi rocheuse aux
marécages : seulement le tiers des 3'900 hectares de la commune (soit 1'200 hectares) sont
des sols plats ou à faibles pentes. Ce relief important implique diverses contraintes dont tout
particulièrement les risques naturels.
Ces derniers sont recensés de quatre origines : les inondations (crues de la Gave qui traverse
la ville du sud à l’ouest, faisant un coude près du Sanctuaire), les mouvements et
éboulement de terrain, les séismes et les feux de forêt.
Une deuxième « contraintes » est la qualité paysagère offerte par la convergence des vallées
(et donc du relief qui en est issu) qui impose des réglementations dans les documents de
planification urbaine (le POS de la ville Lourdes). De plus, la commune de Lourdes est
22
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 15.

2008-2009 - 23 -
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soumise à la loi montagne (loi n°85-30 du 9 janvier 1985) avec les contraintes en matière
d’urbanisme et de préservation du paysage que cela implique. Toutefois certaines
communes de la Communauté de communes du Pays de Lourdes ne sont pas concernées
par cette loi : Lourdes se trouve au pied des Pyrénées...

2.3.2 La forme urbaine

La ville de Lourdes présente dans son histoire un rôle important et très marqué de forteresse
et ceci dès l’Empire romain. Entre le haut Moyen Age et jusqu’à la fin du 19ème siècle, la ville
est une place forte militaire d’Etat (et non un château de seigneurie à vocation locale).
Durant cette période, la ville s’étend au-delà du rempart est du château. Mais la ville
actuelle s’est véritablement développée à partir de 1858 : la vocation mondiale de ville de
pèlerinage provoque un rapide développement de Lourdes et conditionne son évolution
urbaine.

En effet, la plupart des constructions directement liées à l’activité de pèlerinage, puis du


tourisme, se développent en premier temps le long de l’axe reliant la gare SNCF au
Sanctuaire (Gare – Avenue de la Grotte – Porte St Michel). Puis, en deuxième temps, sur
l’axe reliant la ville au Sanctuaire (gare SNCF – rue du Bourg – rue de la Grotte – Porte St
Joseph).

Les actuelles structures spatiales et la forme urbaine de la ville sont les conséquences de
trois facteurs :
 Le relief : située au confluent de cinq vallées, la ville a connu son premier
développement au pied de la place fortifiée. Puis l’agglomération s’est agrandie sur
le plateau, en haut des déclivités très abruptes de la vallée et sur la rive droite du
Gave.
 Le Gave : son parcours sinueux a impliqué le développement d’une plaine alluviale
située à environ 30 km en dessous du plateau dont la caractéristique inondable de
ces secteurs explique le développement tardif de ces endroits (dès le début du 20ème
siècle).
 Le Sanctuaire : les apparitions dans la grotte de Massabielle sur la rive droite du Gave
(l’église a été construite au dessus) ont impliqué le développement de la « ville
basse » (rive gauche du Gave). En effet, les activités liées au Sanctuaire et au grand
nombre de visiteurs se sont naturellement localisées à proximité immédiate du lieu
saint.

Le développement urbain de Lourdes est donc intimement lié à la présence du Sanctuaire


dont deux bouleversements ont marqué la forme et l’extension urbaine de la ville :
1. Lors de la création du boulevard de la grotte dont les travaux ont été achevés en
1879. Il reliait le haut au bas de la ville, mais aussi la gare SNCF au Sanctuaire. Les
vieilles maisons ont, dès lors, été remplacées par des magasins et des hôtels.
2. Le deuxième bouleversement est le développement du quartier rive gauche à
proximité immédiate du sanctuaire et de la « ville basse ». L’occupation y est presque
exclusivement hôtelière, avec une très forte densité et des volumes hétérogènes.

2008-2009 - 24 -
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Le résultat de ces trois facteurs et deux bouleversements a été le développement d’une


dualité de la ville avec la « ville haute » et la « ville basse ». La ville haute regroupe la
population lourdaise (ainsi que dans les quartiers périphériques). On y trouve les secteurs
d’habitat, les équipements publics ainsi que les commerces liés à la population résidente. Au
contraire, la ville basse présente une vocation presque exclusivement hôtelière et
commerciale (principalement du commerce de piété). Hors de la saison de pèlerinage, seul
reste la population résidente et l’occupation humaine est presque limitée à la « ville haute ».
Alors que les quartiers bas de la ville sont presque déserts, et la plupart des hôtels et des
commerces sont fermés.

Lourdes présente donc un fonctionnement unique : elle vit a deux vitesses (comme les villes
estivales ou hivernales), mais est caractérisée en plus par une sectorisation spatiale. La
vocation de pèlerinage, la proximité de la montagne et l’activité touristiques qui en résulte,
ont conditionné incontestablement le développement de Lourdes (et ont marqué son
paysage).

Le tissu urbain lourdais23

23
Source : carte IGN, www.ign.fr

2008-2009 - 25 -
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2.3.3 Le bâti : le parc de logement

L’urbanisation fonctionnelle de la ville (en dehors de celle engendrée par le Sanctuaire) a


connu un schéma classique de développement dès l’après-guerre, le long des voies d’accès à
Lourdes mais aussi en périphérie.

Entre l’après-guerre et les années 1980, la forte extension urbaine est directement liée à
l’espace ouvert à l’urbanisation pendant cette période. Le nombre d’immeubles, à usage
d’habitation ou non, individuels ou collectifs, est passé de 2'314 à 3'486 sur Lourdes :
croissance de 50% qui correspond très exactement à l’extension de la zone occupée par les
constructions sur Lourdes (qui passait de 211 à 316 hectares entre 1954 et 1975). Depuis les
années 1970, l’extension urbaine de Lourdes s’est essentiellement réalisée le long de la RN
21 et la route de Pau.

Les années 1960 voient l’émergence du premier ensemble de logements collectifs (la
résidence Lannedarré), réalisé en 1959 avec les 200 logements : une nouvelle forme urbaine
apparaît. D’autres logements collectifs seront réalisés par tranches successives de 1959 à
1982, marquant ainsi le paysage périphérique de l’agglomération. Les résidences Lannedarré
(248 logements) et les Ophites (552 logements) représentent à elles seules 61% du parc de
logement HLM.

En parallèle, la construction de résidences principales en périphérie était importante (elle


représentait plus de 17% de l’ensemble du secteur de Lourdes entre 1968 et 1975) : les
villages voisins se transforment progressivement en faubourgs et ils se spécialisent dans la
construction d’habitations individuelles (grands logements). Ce phénomène est fortement
corrélé avec la répartition spatiale de la population entre Lourdes et les communes
périphériques (cf. point 2.2.1).

Mais la baisse démographique a impliqué une chute de la construction de logements dès les
années 1980. De plus, on observe une progression de logements vacants et une diminution
du nombre de logement dans le centre ancien, ce qui est dû à deux phénomènes :
 En centre ville, les baux commerciaux immobilisent des immeubles entiers dont les
étages sont vacants. L’affectation d’un rez-de-chaussée en activité commerciale
détourne le premier étage de son usage d’habitation (l’accès aux étages s’effectue
par le commerce en rez-de-chaussée).
 La mutation des petites structures hôtelières et pensions de famille qui périclitent en
centre ville.

En comparaison avec le département des Hautes-Pyrénées, le parc de logement présente


une proportion nettement supérieure de résidences principales à Lourdes, soit 85.5% alors
que le département en comprend 71.9%. Ceci s’explique par la proportion de résidences
secondaires très faible à Lourdes (1.5%) et particulièrement élevée dans le département
(19.9%). Pour comparaison, sur l’ensemble du territoire national, les résidences secondaires
représentent 9.2% du parc de logement.

2008-2009 - 26 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

Les logements par types : comparaison entre Lourdes et


le département des Hautes-Pyrénées24

Commune de Lourdes Département des Hautes-Pyrénées


11.6% 7%
1%
1.4%
1.5%
20%

72%
85.5%

Résidences principales Résidences secondaires


Logements occasionnels Logements vacants

Du point de vue du statut d’occupation, la comparaison de Lourdes avec l’ensemble du


département des Hautes-Pyrénées montre deux caractéristiques essentielles25 :
 Moins d’un ménage sur deux est propriétaire de son logement à Lourdes (45.3%),
alors que plus de 60% (60.8%) d’entre eux le sont dans le département.
 Une part plus importante de locataires en logements HLM à Lourdes que dans le
département (18.7% de la population lourdaise loge en HLM contre 11.3% dans le
département).

2.3.4 Les infrastructures de transports

La ville de Lourdes bénéficie d’une très bonne accessibilité, du point de vue routier,
ferroviaire et aérien. Sur les plus de cinq millions de visiteurs actuels, près de 2 millions
viennent en transports en commun et se répartissent selon les modes suivants (au début des
années 2000)26 :
 800'000 en train
 800'000 en autocars
 300'000 en avions
Les trois autres millions de visiteurs viennent donc par définition en transports individuels
privés, autrement dit, en automobile.

24
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, Recensement de la population, 1999.
25
Insee, Recensement de la population, 1999.
26
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 18.

2008-2009 - 27 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

Les tracés routiers et ferroviaires lourdais27

L’accès routier et le stationnement

Le territoire lourdais est désenclavé grâce à ses connexions routières et autoroutières.


L’autoroute A64 (« La Pyrénéenne ») permet une connexion au réseau national depuis
Tarbes, en direction de Biarritz/Bayonne, Pau et de Toulouse. Elle permet la jonction de
Tarbes à Toulouse et l’Océan en 1h30.

Le faisceau routier de desserte de l’agglomération lourdaise est organisé selon le schéma


d’une étoile à cinq branches (qui correspond aux cinq vallées qui convergent à Lourdes),
composée de deux routes départementales et une route nationale, en directions de :
 La RN21 : Tarbes au nord et Argelès-Gazost au sud (a été mise à 2x2 voies entre
Lourdes et Argelès-Gazost).
 La RD 937 : Pau à l’ouest et Montgaillard à l’est.
 La RD 940 : Pau via Pontacq au nord-ouest.
27
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 13.

2008-2009 - 28 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

Les accès routiers à Lourdes28

De plus, vis-à-vis des transports routiers collectifs, la ville comprend trois gares routières. La
principale (place Capdevielle) est destinée au trafic inter-urbain alors que les deux autres
assurent le départ d’excursions : la gare d’excursion Paradis (av. Paradis) et la gare routière J.
d’Arc (bd. du Lapacca).

Le parc de stationnement lourdais doit assurer une fonction double : répondre au


fonctionnement traditionnel et quotidien de la ville, et assurer l’accueil des pèlerins et
touristes pendant la saison (3 millions de voyageurs viennent annuellement en automobiles
privées).

Le stationnement destiné aux pèlerins est principalement situé à proximité du Sanctuaire,


soit en ville basse, de part et d’autre du Gave. Le stationnement pour le fonctionnement de
la ville se situe au contraire en ville haute, à proximité des principaux édifices publics et des
commerces. Au total, la ville comprend près de 4'000 places de stationnement, répartie de la
manière suivante :
Le stationnement lourdais en 199229
Ville Haute Ville Basse
Stationnement payant 959 1 288
Stationnement gratuit 1 190 362
Total 2 149 1 650

28
Source : carte IGN, www.ign.fr
29
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 44.

2008-2009 - 29 -
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Mais cette offre n’est pas suffisante pour répondre à la demande des pèlerins. En effet, on
peut constater un important de stationnement sauvage lors de la haute saison : les routes à
proximité du Sanctuaire (2x2 voies) voient souvent une de leurs voies vouée au
stationnement sauvage et ceci sur des longueurs importantes.

Par exemple, la photo30 ci-dessous présente une colonne de voitures en stationnement


sauvage, à proximité du Sanctuaire, qui a une longueur de près de 1.5 km.

L’accès ferroviaire

Le réseau ferroviaire lourdais est composé de deux lignes en directions de Tarbes et Pau, et
permet une desserte ferroviaire de l’ensemble du réseau national. Des liaisons directes
existent entre Lourdes et la capitale, via Tarbes, en plus de six heures. A noté que les projets
actuels de ligne à grande vitesse (LGV) réduiront à terme ce temps de parcours. Le projet de
LGV Sud-Europe-Atlantique (prolongement de la LGV Paris – Tours jusqu’à Bordeaux,
Bayonne et jusqu’en Espagne) permettra de se rendre de Bordeaux à Paris en 2h05, à
l’horizon 2016, soit une diminution du temps de parcours de près de 30%. De plus, le projet
d’un tronçon entre Bordeaux et Toulouse est à l’étude.31
Actuellement (début des années 2000), la gare SNCF de Lourdes accueille environ 800'000
voyageurs annuellement.32

La troisième voie ferrée partant du centre vers le sud, en direction de Pierrefitte, est
actuellement inutilisée.

30
GoogleEarth. Printscreen pris le 29 janvier 2009.
31
Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire.
Présentation de la LGV Sud-Europe-Atlantique. Consultable en ligne : http://www.transports.developpement-
durable.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=2329&debut_recherche=0 (Consulté le 3 décembre 2008)
32
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 18.

2008-2009 - 30 -
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L’accès aérien

Finalement, la desserte aérienne de Lourdes est nécessaire car la ville est un lieu de
pèlerinage international. Trois aéroports desservent la ville :
 L’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées
 L’aéroport de Pau
 L’aéroport de Toulouse (par navette)

L’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées est situé à Ossun, sur la RN21, à mi-distance entre


Tarbes et Lourdes (à 10 km de l’un et de l’autre, soit à 10 minutes de voiture33). Il comprend
quotidiennement, et durant toute l’année, trois vols avec l’aéroport de Paris Orly en
semaine (trois vols au départ et trois vols à l’arrivée), deux vols le samedi et uniquement un
départ le dimanche.
Cette offre est complétée en haute saison (de début avril à fin novembre) par des vols
touristico-religieux en liaisons avec divers pays européens et ils représentent 80% de
l’activité de l’aéroport. On observe les liaisons suivantes :
 Vols réguliers saisonniers : liaison avec Bruxelles.
 Vols charter saisonniers : liaisons avec l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande, les Pays-
Bas, l’Italie et Malte.
 Vols charters ponctuels : liaisons avec 34 aéroports (33 européens et l’aéroport de
Tel-Aviv).

Il est a noté que cet aéroport est équipé d’infrastructures uniques lui permettant d’accueillir
les voyageurs handicapés. Et un service entièrement gratuit est assuré aux personnes à
mobilité réduite.

L’aéroport a accueillis en 2007 près de 500'000 passagers (448'258) dont près de 350'000
internationaux (346’533)34. Il est donc sous-employé par rapport à sa capacité de 2 millions
de passagers, alors que l’aéroport de Toulouse-Blagnac est saturé et que la concurrence avec
l’aéroport de Pau n’est pas toujours bien gérée.

33
Aéroport Tarbes-Lourdes-Pyrénées : www.tarbes-lourdes.aeroport.fr (Consulté le 3 décembre 2008)
34
Insee Midi-Pyrénées. Transport aérien de passagers - Aéroport international de Tarbes-Lourdes-Pyrénées.
D’après les chiffres de la chambre du commerce et de l’industrie de Tarbes et des Hautes-Pyrénées.
Document consultable en ligne : www.insee.fr/fr/regions/midi-
pyrenees/default.asp?page=conjoncture/transp_tarbes_lourdes.htm (Consulté le 3 décembre 2008)

2008-2009 - 31 -
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2.4 Le secteur économique

Les activités économiques, hors agriculture en dehors de l’agglomération, se répartissent


selon trois axes35 :
 Des PME, des PMI ainsi qu’une grande entreprise (SEB : 495 emplois).
 Des activités, services et commerces traditionnels, liés au fonctionnement de la ville.
Et les services administratifs et de gestion de la commune (350 emplois).
 Des activités liées de près ou de loin à la présence du Sanctuaire et de la
fréquentation touristique de la ville.

2.4.1 Les différents secteurs économiques

La ville de Lourdes comprend environ 9'100 emplois en 1999 dont 65% d’entre eux sont
occupés par des lourdais, soit 4'306 personnes (contre 5'385 en 1990, 6'114 en 1982 et
6'570 en 1975).36
Quantitativement, la population active n’a que peu évoluée ces quarante dernières années,
contrairement au reste de la population (cf. vieillissement de la population, point 2.2.2 de
cette partie). Mais le nombre d’emplois a quant à lui diminué :

Evolution de la population active et du nombre d’emplois37


1968 1975 1990 1999
Population active 7 922 7 876 7 726 6 665
Actifs ayant un emploi 7 637 7 462 6 284 5 485

La structure de l’emploi comprend une part importante du secteur tertiaire. Les secteurs
primaire et secondaire, dont le nombre d’emplois est en diminution, sont donc inférieurs à
la moyenne départementale.

Emplois au lieu de travail selon les secteurs d’activités en 1999 :


Comparaison Lourdes – Département des Hautes-Pyrénées38
Lourdes Département
Evolution de
Nombre
Pourcentage l’emploi entre Pourcentage
d’emplois
1990 et 1999
Ensemble 9’109 100.0 % - 2.7 % 100.0 %
Agriculture 64 0.7 % - 30.4 % 5.9 %
Industrie 981 10.8 % - 30.3 % 14.1 %
Construction 491 5.4 % - 12.9 % 6.2 %
Tertiaire 7’573 83.1 % + 3.7 % 73.7 %
dont commerce 1’546 17 % + 1.4 % 12.4 %
dont services aux 549 6% + 11.6 % 8.1 %

35
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 64.
36
Insee, Recensement de la population, 1999. Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 62.
37
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 62. Insee, Communes de Lourdes : Chiffres clés : Evolution
et structure de la population, 2008. Page 5.
38
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, Recensement de la population, 1999.

2008-2009 - 32 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

entreprises
dont services aux
1’801 19.8 % + 20.4 % 10.5 %
particuliers

Secteurs d’activités à Lourdes et dans le département des Hautes-Pyrénées (1999)39

Hautes-Pyrénées

Lourdes

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Agriculture Industries Construction Territaire

La comparaison du nombre d’établissements actifs avec le nombre d’emplois met en


évidence que certains secteurs présentent des établissements plus importants (en terme du
nombre d’emplois) que d’autres secteurs. En effet, les secteurs des services et de l’industrie
présentent des établissements actifs plutôt importants : 5.1% des établissements actifs sont
dans le secteur industriel (63.9% dans le secteur des services) mais ils représentent 11.4%
des emplois lourdais (69.8% pour les services). Au contraire, les commerces et services de
réparations représentent environ le quart des établissements actifs mais ils sont
relativement de tailles peu importantes car ils représentent 13.5% des emplois.

39
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, Recensement de la population, 1999.

2008-2009 - 33 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

Postes de travail et établissements actifs par secteurs d’activités (au 31 décembre 2006)40

Postes de travail Etablissements actifs


11.4% 5.1%
4.4%

5.3%

13.5% 26.6%

63.9%
69.8%

Industrie
Construction
Commerces et réparations
Services

Du point de vue des catégories socioprofessionnelles (CSP), la commune de Lourdes


présente, comme l’on pouvait se l’imaginer, une faible part d’agriculteurs par rapport au
département. Les « artisans, commerçants, chefs d’entreprise » ainsi que les « employés »
sont les deux CSP au dessus de la moyenne départementale d’environ 3%, normal
connaissant la structure des entreprises (et des emplois), particulièrement tournée vers le
secteur des services.

CSP à Lourdes et dans le département des Hautes-Pyrénées (1999)41

Hautes-Pyrénées

Lourdes

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Agriculteurs exploitants Artisants, commercants, chefs d enteprises Cadres et professions intel. Supérieurs
Professions intermédiaires Employés Ouvriers

Finalement, la situation de l’emploi lourdais est particulière à cause de la saisonnalité du


secteur touristique, secteur qui concerne une part importante des emplois (en 1990, des
7'726 personnes de la population active, environ 2'500 emplois étaient dans le secteur

40
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, CLAP (Connaissance Locale de l'Appareil Productif)
Champ : ensemble d'activités hors agriculture, défense et intérim, 2008.
41
Antoine Zbinden, 2008. Données : Insee, Recensement de la population, 1999.

2008-2009 - 34 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

touristique dont 2'200 étaient des saisonniers). Cette situation explique la part importante
de demandeurs d’emplois : le taux de chômage lourdais, en 1999, est de 17.5% (de 1975 à
1990, le nombre de personne à la recherche d’un emploi sont passées de 414 à 1'442, soit
de 5.2% à 18.6%). Cet important taux s’explique parce que le recensement de la population
(de 1999) a été fait hors saison. Et, 46.5% des demandeurs d’emploi connaissent une période
de chômage relativement courte de 3 mois à 1 an (chiffre de 1990)42. Deux caractéristiques
des demandeurs d’emplois peuvent être notées :
 Le chômage touche plus les femmes que les hommes (le taux de chômage féminin en
1999 est de 20.7%).
 Toutes les classes d’âges sont touchées de la même manière pour les femmes que les
hommes.

2.4.2 Le secteur touristique

Les emplois touristiques

Les activités liées à la présence du Sanctuaire et donc à la fréquentation de la ville, sont le


premier facteur du maintien de l’économie lourdaise. Elles se déclinent en six « types »
d’emplois, dont certains sont en développement43 :

 Le fonctionnement du Sanctuaire : le Sanctuaire est l’un des premiers employeurs de


la ville (250 emplois).
 L’hébergement : 206 hôtels, 12 campings.44
 La restauration : nombreux restaurants qui fonctionnement essentiellement pendant
la saison touristique (ainsi que des activités agro-alimentaires, notamment présence
d’une fabrique de plats cuisinés).
 Les « Objets de piété » : fabrication de cierge, vente « d’objets de piété » par plus
d’une centaine de boutiques.
 Les transports et le tourisme : agences de voyage, compagnies de cars, gare SNCF
extrêmement active (800'000 voyageurs/an), l’aéroport de Tarbes-Ossun-Lourdes
(environ 500'000 voyageurs/an).
 Les bâtiments et travaux publics : plus d’une centaine d’entreprises de BTP sont
recensées à Lourdes. Une partie importante de l’activité est liée au développement
du tourisme et les chantiers les plus importants sont regroupés sur les mois d’hiver,
en dehors de la saison touristique.

42
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 62.
43
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 64.
44
Insee, Recensement de la population, 1999.

2008-2009 - 35 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

Capacité d’accueil : Le parc hôtelier

Le parc hôtelier lourdais présente une évolution composée de différentes phases, distinctes
les unes des autres, durant les trente dernières années :

 Les années 1980-1990 : Augmentation très forte de la capacité d’accueil. Entre 1983
et 1992, 1'240 chambres supplémentaires sont construites soit une augmentation de
la capacité d’accueil de +8.52%.
Durant cette période, l’évolution du parc présente une diminution du nombre
d’hôtels mais une augmentation du nombre de chambres. Ce phénomène s’explique
surtout par une densification des structures existantes, mais aussi par la fusion
d’hôtels et par la disparition de petites structures situées traditionnellement dans le
centre ancien.
En 1992, la ville de Lourdes possède presque 16'000 chambres d’hôtel. Lourdes est
alors la plus importante ville hôtelière de France après Paris, on compte plus de
chambres que d’habitants !

 Les années 1990-2000 : Diminution légère de la capacité d’accueil (-549 chambres


entre 1992 et 2000, soit une diminution du parc de -3.48%).
On observe alors une forte mutation spatiale : une disparité de la capacité d’accueil
entre les quartiers à tendance à s’amplifier. Les quartiers les plus éloignés du
Sanctuaire présentent une régression de la capacité d’accueil qui s’atténue en se
rapprochant du Sanctuaire. La ville haute voit alors sa capacité d’accueil se réduire
alors qu’elle augmente en ville basse. L’offre se développe à proximité du Sanctuaire :
90% des hôtels se situent à moins de 400 mètres du site (les hôtels les plus récents et
les expansions verticales se sont développés sur les deux rives du Gave,
principalement sur la rive gauche, presque exclusivement composée d’hôtels).
De plus, on observe une mutation des catégories hôtelières avec un passage de la
majorité des chambres à un standing de 2 à 3 étoiles. Les 2 étoiles regroupaient les
2/3 des chambres (10’000) en 1992 et s’est réduite de moitié (environ 5'000
chambres en 2000) :
o Les 2 étoiles : passage de 10'119 chambres à 5'482 entre 1992 et 2000.
o Les 3 étoiles : passage de 1'920 chambres à 7'769 entre 1992 et 2000.

 Années 2000-2006 : diminution importante de la capacité d’accueil de -13.74% en


terme de nombre de chambres mais aussi en terme de nombre d’établissements.

2008-2009 - 36 -
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La localisation du parc hôtelier lourdais (en 2000)45


(En noir : le parc – En rouge : le site du Sanctuaire – En bleu : Le Gave)

La capacité d’accueil des hôtels en nombre de chambre ainsi que les variations entre les
périodes46

1983 1992 2000 2006


14 533 15 793 15 244 13 402

Variation 1983-1992 Variation 1992-2000 Variation 2000-2006


Absolue Relative Absolue Relative Absolue Relative
1 240 8.52% -549 -3.48% - 1 842 - 13.74%

45
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 37.
46
Antoine Zbinden, 2008. Données : Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 38. Insee, Direction du
tourisme, 2008.

2008-2009 - 37 -
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Capacité d’accueil à Lourdes selon le standing (au 1er janvier 2008)47

Nombre de chambres totales : 13 402


Nombre d'hôtels : 206
5% 3% 4%

25%

Sans étoile
1 étoile
2 étoiles
3 étoiles
63%
4 étoiles et luxe

Finalement, l’hôtellerie lourdaise présente trois caractéristiques générales :


 La taille moyenne des établissements reste très importante (environ 56 chambres par
hôtel en 2008, dix de plus que dans les années 1990).
 L’hôtellerie de standing (3 étoiles) est de plus en plus présente. Cette évolution
correspond à l’adaptation de l’offre à la demande (notamment celle des tours
opérateurs).
 Il y a de moins en moins d’établissements de 1 étoile. Ce sont des petits
établissements (23 chambres en moyenne), localisés en dehors des quartiers de la
basse ville.

De plus, l’offre d’hébergement est complétée par des campings mais qui représentent
qu’une faible partie de l’offre. En effet, en 2008, on dénombre 12 terrains de campings qui
comptent au total 808 emplacements. Cette offre est aussi en régression car on comptait, en
2004, 13 terrains pour un total de 902 emplacements.48

47
Antoine Zbinden, 2008. Données: Insee, Direction du tourisme - hébergements touristique, 2008.
48
Insee. Communes de Lourdes : Chiffres clés : Evolution et structure de la population, 2008.

2008-2009 - 38 -
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2.5 Conclusion de la partie

Au final, ce diagnostic a permis de mettre en évidence, tout en mettant en évidence


différents points, aspects et exemples, que Lourdes s’est développée en fonction des flux
des pèlerins. En effet, contrairement à des stations balnéaires ou de montagne qui ont été
construites « en une fois », Lourdes s’est développée en même temps que la croissance des
flux touristico-religieux. La croissance urbaine et démographique de la ville le montre
clairement à travers l’histoire du dernier siècle et demi. Ceci a été permis parce que la
découverte de l’attrait touristique s’est fait avant le développement du tourisme de masse
(premières apparitions en 1858). De plus, le développement des moyens de transport dès
l’après-guerre a engendré un fort développement de l’offre d’accueil, en même temps que le
l’explosion des flux touristiques.

Le développement urbain des dernières trente années est particulièrement intéressant avec
la construction d’une offre hôtelière spatialement concentrée créant ainsi un quartier dédié
à l’accueil des pèlerins : la « ville basse ». La vie de ce quartier dépend donc fortement de la
saisonnalité touristique (fermeture de certains établissements). C’est pourquoi, pour la
partie suivante, nous sommes particulièrement intéressé aux effets de cette saisonnalité
ainsi qu’aux politiques et spécificités qu’elle engendre.

2008-2009 - 39 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

TROISIEME PARTIE :
Quelle durabilité urbaine pour un tourisme saisonnier ?

3.1 Les raisons de la saisonnalité

Dans le point 4.1.2, la saisonnalité du tourisme lourdais a été mise en lumière de façon
générale. Bien que la saisonnalité soit un phénomène courant dans le domaine du tourisme
(s’en est même une caractéristique principale) il nous a semblé pertinent d’interroger le
caractère saisonnier du tourisme lourdais. En effet, le tourisme lourdais repose
essentiellement sur la venue d’un type de touristes particulier : les pèlerins. Le motif du
déplacement puis des nuitées est donc religieux. Cependant la foi des croyants se vit toute
l’année et la question est alors légitime : Pour quelles raisons le tourisme lourdais est-il
saisonnier ?

3.1.1. Les facteurs touristiques classiques

Tout d’abord, des facteurs non dépendant de la nature même du tourisme lourdais
permettent de poser les bases de la saisonnalité.

La météorologie

Les températures de l’air et de l’eau à Lourdes49

49
Source : www.holidaycheck.fr

2008-2009 - 40 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

La courbe des températures moyennes annuelles à Lourdes distingue une saison estivale
chaude d’une saison hivernale plus froide. Cependant les températures, même les plus
basses, restent raisonnables en raison de la localisation géographique de Lourdes dans le
sud-ouest de la France. Il est indéniable que les mois où les températures les plus élevées
attirent le maximum des touristes et Lourdes ne déroge pas à la règle. Toutefois on peut
s’interroger sur l’opportunité d’un temps agréable pour se déplacer dans l’unique but
d’exercer un acte de foi. Il ne faut cependant pas oublier que Lourdes dispose également
d’un patrimoine naturel remarquable (forets, bois, massifs, grottes, lac) dont on ne connaît
certes pas l’attractivité pour eux même mais qui légitimeraient un temps agréable pour que
les touristes puissent en profiter, que ce soit ou non le motif principal de leur visite.

Le calendrier scolaire

De nombreuses familles programment leurs vacances en fonction du calendrier scolaire, qui


est, en été, corrélé à la courbe météorologique. Les enfants de l’enseignement primaire et
secondaire sont en grandes vacances les mois de juillet et d’août, les mois de forte
fréquentation du pic juin-septembre décrit dans le point 1.4.2. (1er rang pour août et 4e pour
juillet). Outre les congés estivaux, les scolaires disposent de quatre autres créneaux de
vacances dans l’année (variant de quelques semaines selon les académies) : fin octobre-
début novembre (Toussaint), fin décembre (Noël), février (hiver) et avril (Pâques). Parmi ces
périodes, deux sont corrélées avec la haute saison lourdaise : octobre et avril.

Bien que paraissant expliquer une partie de la saisonnalité du tourisme lourdais, ce critère
est à relativiser car on peut supposer que la structure familiale qui se déplace à Lourdes
n’est pas de même nature que celle qui se base sur le calendrier scolaire pour planifier ses
déplacements touristiques.

Ces deux critères, moteurs de la demande touristique classique, n’ont qu’un rôle mineur
dans l’explication de la saisonnalité touristique lourdaise. Par exemple, ils ne rendent pas
compte des pics de fréquentation en mai et en septembre. Les raisons majeures sont
davantage à rechercher en lien avec la nature même du tourisme, à savoir le caractère
religieux.

3.1.2. Les facteurs religieux

L’âge des pèlerins

Bien qu’aucune donnée ne puisse appuyer cela, on peut supposer que la majorité des
personnes désirant se rendre à Lourdes pour y effectuer un pèlerinage sont majoritairement
âgées. N’ayant pas d’enfants à charge, elles ne sont donc pas contraintes de partir durant les
vacances scolaires. Cela permet d’expliquer en partie les pics de mai et septembre, points
d’orgue de la fréquentation printanière-estivale par l’absence de contrainte professionnelles
ou familiales.

2008-2009 - 41 -
Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

Les dates des pèlerinages

Il est incontestable que les pèlerinages organisés sont le moteur de la fréquentation


touristique lourdaise, bien plus que les déplacements individuels ou familiaux (aucune
donnée n’est disponible pour confirmer cela !). Et, de quelque nature qu’ils soient
(nationaux, diocésains, corporatistes…), la majorité des pèlerinages sont organisés de mars à
octobre.

Le calendrier liturgique

Les deux pics de fréquentations remarquables (mai et août) sur la courbe du point 1.4.2 sont
liés au calendrier liturgique catholique, qui fixe la date des fêtes fixes et mobiles. Il s’agit de
deux événements relatifs à la Vierge Marie, qui est à l’origine de la destinée touristique
lourdaise depuis 150 ans, à savoir le mois de mai qui est le mois de la Vierge Marie et le 15
août, fête de son assomption.

2008-2009 - 42 -
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3.2 Les problèmes posés par la saisonnalité

La deuxième partie de ce travail nous a permis de mettre en évidence deux phénomènes qui
résultent de la saisonnalité touristique et qui ont des impacts directs sur l’organisation de la
ville :
 Le phénomène spatial : sectorisation spatiale de la ville entre la « ville haute » et la
« ville basse ».
 Le phénomène économique : important taux de chômage en basse saison (chômage
de courte durée).

3.2.1 La dualité de la ville

La séparation de la ville entre la « ville haute » et la « ville basse » se défini à deux niveau :
en terme topographique et en terme de fonctionnement et d’occupation. Ce deuxième
niveau, est le résultat de la saisonnalité touristique. En effet, la « ville basse » comprend
presque exclusivement de l’hôtellerie et des commerces (qui sont principalement dédiés aux
touristes : commerces de piété). De plus, l’affectation d’immeubles à vocation commerciale
peu induire une vacance des logements aux étages (activité en rez-de-chaussée, « coupant »
ainsi l’accès aux étages, cf. partie 2, point 2.3.3).

Hors de la saison touristique, soit de novembre à mars, Lourdes comprend uniquement


l’occupation résidente et l’occupation humaine est presque limitée à la « ville haute » où se
trouve les secteurs d’habitat, les équipements publics ainsi que les commerces liés à la
population résidente. La « ville basse » est alors quasiment déserte et la plupart des hôtels
et les commerces sont fermés. La saisonnalité touristique agit donc directement sur
l’occupation de la ville où la « ville basse » est, en saison, fréquentée par une foule
importante mais qui devient, hors saison, une « ville fantôme ».

Taux d’occupation des hôtels lourdais (2007)50


Pourcents
70

60

50

40

30

20

10

0
e
re

e
ût

e
s
r

in
ier

t
ril

ai
ie

br
ar

ille

br
br

ob
m

ju

ao
av
nv

vr

m
m
ju

t

ve
ja

ce
oc
te
p

no


se

L’aménagement de la ville doit alors non seulement prendre en compte les besoins d’une
ville de 15’000 habitants mais aussi les besoins de la « ville basse ».

50
Arnaud Beaumont, 2009. Données : Insee – CRT – CDT

2008-2009 - 43 -
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3.2.2 Le chômage de basse saison

Pour rappel, les emplois touristiques sont de « six types » : le fonctionnement du Sanctuaire,
l’hébergement, la restauration, les « objets de piété », les transports, les bâtiments et
travaux publics (cf. partie 2, point 2.4.2) dont le premier est le premier employeur de la ville.

En 1999, le taux de chômage lourdais était de 17.5% (6'665 actifs) et il a passé entre 1975 et
1990 de 5.2% (414 chômeurs) à 18.6% (1'422 chômeurs). En 1990, environ 2'500 emplois
étaient dans le secteur touristique, ce qui représente environ le tiers de la population active
(7'726 personnes), dont 2'200 étaient des saisonniers. Le taux de chômage de 1999 est
important car le recensement a été fait hors saison. En effet, 46.5% des demandeurs
d’emploi connaissent une période de chômage relativement courte de 3 mois à 1 an (chiffre
de 1990).51

A la fin de l’année 2007 (au 31 décembre), Lourdes comptait 1'505 demandeurs emploi.
Mais, comme le montre le graphique ci-dessous, la part des chômeurs de longue durée est
en quasi constante diminution durant la dernière décennie. La part des chômeurs de longue
durée chez les demandeurs d’emplois a été divisée par trois sur cette période.
Il est a noté que le nombre de chômeurs sur cette période a aussi diminué mais de manière
moins significative, passant de 1'920 demandeurs d’emploi en 1998 à 1'505.

Part des chômeurs de longue durée


(en fin de mois, aux 31 décembre)52
% de
Chomeurs LD
/ Chomeurs
25

21.4
19.9
20

17.1

15
13.3 12.7
12.5
12.2
11.4 10.8
10

7.6

5
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

La saisonnalité touristique a donc des impacts sur l’emploi et le chômage qui demande une
gestion adaptée et dont les autorités essaye de répondre.
51
Plan d’Occupation des Sols de Lourdes, 2002. Page 62.
52
Antoine Zbinden, 2009. Données : Insee, 1998-2007.

2008-2009 - 44 -
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3.3 Quelles politiques et quelles spécificités lourdaises

Face à ce déséquilibre territorial entre ville haute et ville basse et face à un taux de chômage
important qui est consubstantiel de la nature des revenus économiques de la commune, une
question se pose : comment les autorités publiques tentent-elles d’y faire face et quelles
solutions sont proposées ?

3.3.1 Maintenir et accentuer l’offre touristique

A travers le Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI), on peut lire les politiques à plus ou
moins long terme de la commune. Il en ressort de la lecture du PPI 2008-2014 de Lourdes un
souci de maintenir et de renforcer l’offre touristique existante.

Les opérations du PPI citées ci-dessous entre guillemets, rentrant dans ce cadre, concernent :
 L‘accueil des pèlerins : afin de répondre au manque d’offre de places de
stationnement durant les pics de haute saison (cf. point 2.3.4), le PPI prévoit
l’« aménagement du parking Paradis » permettant ainsi d’augmenter la capacité
d’accueil des véhicules.
 L’accueil des PMR : « accessibilité handicapés du foyer de Serre Sarsan » afin de
généraliser l’accessibilité des PMR.
 Le renforcement de l’offre touristique culturelle non religieuse à travers :
o le château fort communal : « études » « insertion », « subvention Etat », «
mobilier », « travaux » et « maçonneries » et « matériel transport »,
o le musée pyrénéen « œuvre » et « alarme, canons »
o autre action culturelle : « restauration des œuvres d’art »
 Développer l’offre touristique naturelle : « ascenseur pic du JER », « Tour du
Gavarnie ».

Ce renforcement des attraits touristiques lourdais peut aussi être lu d’une certaine façon
comme une diversification de l’offre. En effet, il s’agit de valoriser des sites qui n’attirent pas
par leur caractère religieux donc l’objectif est de maintenir cette offre alternative à
destination des pèlerins mais également tenter de la valoriser envers les touristes classiques.
En termes de diversification, le PPI fait également état de l’aménagement du lac de Lourdes
dont le projet a connu des péripéties et une question se pose à son sujet : que peut-on
attendre de ce projet en termes d’évolution de la fréquentation touristique et de sa nature ?

3.3.2 Diversifier l’offre touristique : le cas du lac de Lourdes

On l‘a vu dans le point 1.2.3. Lourdes dispose d’un lac, qui fait partie de ses atouts naturels.
Etant située sur un territoire communal voisin, la ville l’a acquis en 1989. Au début des
années 1990, la municipalité projetait d’y aménager autour un complexe de loisirs de six
hectares au travers d’une procédure d’UTN (Unité Touristique Nouvelle), ordonné autour
d'un restaurant de 500 places construit en marina sur les rives du lac. L'aménagement global
devait également comprendre un aquarium consacré à la faune des rivières et lacs
pyrénéens, une grande piscine ludique de 500 m², un centre nautique, un théâtre de verdure

2008-2009 - 45 -
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de 350 places, des terrains de sports, un parking paysager de 600 places ainsi que différents
« parcours nature » pour le plaisir des randonneurs. Ce projet n’a pas aboutit.

Actuellement un projet « à taille humaine » est entrain de voir le jour, en même temps que
l’instruction du projet de classement d’une partie du lac et de la tourbière bordant sa rive
ouest. Le projet comprend trois aménagements principaux : la création d’un nouveau
bâtiment principal de 450 m² dédié à la restauration sur le site de l'embarcadère, le
réaménagement d’une ferme en musée de la zone humide et l’aménagement d’un
cheminement sur pilotis pour découvrir le patrimoine naturel local et qui sera en liaison avec
un chemin « Natura 2000 » qui offrira un accès privilégié au site inscrit de la tourbière.

Le projet initial, plus ambitieux que le second, devait constituer un pôle d'attraction
touristique supplémentaire et avait comme objectif d’amplifier les retombées des
importantes activités touristiques liées aux pèlerinages en contribuant à augmenter la durée
moyenne des séjours. On peut douter que le projet actuel s’inscrive dans la même démarche
et le restaurant va peut être fixé sur place une partie des 300 000 visiteurs annuels du lac,
qui bénéficie de la proximité du golf. Cependant, les aménagements bénéficieront du label
« Tourisme Handicap », ce qui incitera peut être certains PMR à prolonger leur séjour en
hôtel à Lourdes.

3.3.3 Parer aux difficultés sociales et urbaines

Le PPI fait état d’un libellé « Maison de l’emploi » avec un budget d’investissement sur deux
ans (2008 et 2009) de 3 200 000 euros. Il devrait participer à la création et au financement
de la Maison commune emploi-formation du Pays des vallées des Gaves, pilotée par la ville
de Lourdes. L’objectif général des MCEF (il s’agit d’un label du CR Midi-Pyrénées) est de
faciliter l‘accès à l’emploi et à la formation d’un large public. Bien que nous ne disposions
pas d’informations complémentaires à son sujet, sa localisation à Lourdes (bien qu’elle
s’adresse à un public plus vaste) laisse penser que les pouvoirs publics tentent de remédier à
la spécificité du chômage lourdais qui est, comme présenté dans la partie 3.2, de plus en
plus dépendant de la saisonnalité touristique de la ville.

Sur le plan urbain, aucune mesure ne semble menée afin d’équilibrer la ville basse et la ville
haute lors de la basse saison. Il faut toutefois préciser qu’outre les hôtels et les commerces
qui font partie intégrante de la commune de Lourdes, la ville basse est occupée sur 51
hectares par le Sanctuaire, appelé aussi « Domaine de la grotte », qui est un domaine privé.
La municipalité n’a donc que peu de possibilité d’y intervenir et dans l’hypothèse où elle le
pourrait, elle s’y abstiendrait sûrement afin de préserver les qualités du site qui fait venir à
Lourdes chaque année 5.5 millions de touristes.

En ce qui concerne les projets urbains, Lourdes en a un de taille : l’aménagement d’une ZAC
sur 16 ha dans la ville haute. On peut y voir une réponse indirecte à la situation sociale
fragile de nombre de lourdais. En effet, le maire M. Artiganave tient à appuyer qu’il s’agit, je
cite, d’un « projet d’envergure sociale » à travers la création de logements sociaux qui ont
suscité un vif débat au sein de la municipalité.

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CONCLUSION

Tout au long de ce travail nous nous sommes efforcés de présenter le cas touristique
exceptionnel de la ville de Lourdes. Etant le premier moteur économique, social et urbain de
Lourdes, étant aussi une valeur sûre pour les générations à venir (la religion catholique ne va
pas « cesser son activité »), le tourisme fait vivre la ville, et la ville vit et croît grâce au
tourisme !

De notre questionnement premier (Comment une ville de cette taille accueille un nombre
aussi important de touristes ?), la réponse a été présentée au cours du travail. En effet, le
diagnostic territorial (la deuxième partie) a permis de mettre en évidence l’organisation
urbaine de la ville ainsi que les structures en place (particulièrement la capacité hôtelière)
qui permettent et favorisent l’accueil des pèlerins. Puis, la troisième partie a présenté des
difficultés dont doit faire face la ville ainsi que les actions « politiques » qui sont engagées
pour les années à venir et qui visent l’amélioration de la vie des citoyens et le
développement de l’offre touristique, religieuse, naturelle et culturelle.

La saisonnalité touristique d’un site religieux paraît comme un fait étonnant car la foi, elle,
ne se vit pas selon les saisons. La troisième partie du travail a mis en évidence les réponses à
cette question. Mais la saisonnalité de la fréquentation touristique de Lourdes doit tout de
même être traitée avec des gants. En effet, il ne faut pas oublier que nous avons affaire à un
cas particulier et donc à des chiffres « particuliers » : neuf millions de touristes en 2008. Avec
un tel nombre de pèlerins, il y a tout de même des touristes en basse saison, et même plus
que d’habitants (en moyenne mensuelle). C’est pourquoi il faut relativiser la saisonnalité et
parler plutôt de fluctuations, aussi énorme soient-elles.

Le plus grand impact du tourisme est, sans équivoque, la dualité de la ville engendrée par le
développement des structures d’accueil qui permettent l’hébergement du flux massif de
pèlerins en haute saison. Elle est donc la résultante de la réponse à l’énorme demande
touristique à laquelle est confrontée la ville. Mais la demande d’hébergement est fortement
dépendante de la fluctuation de la fréquentation : lors des pics de fréquentation, comme
lors de la visite du Pape Benoît XVI en 2008, l’offre ne permet plus de répondre à la
demande.
Lourdes ne fonctionne donc pas comme les stations balnéaire ou de montagne qui elles,
sont équipées, en termes d’équipements et de capacité d’accueil, selon les pics de
fréquentation. Mais ces derniers sont nettement plus homogènes que dans le cas de Lourdes.
Si Lourdes voudrait avoir les capacités d’accueillir l’ensemble de ses pèlerins lors des pics de
fréquentation, elle devrait se transformer en une « métropole fantôme de neuf millions
d’habitants ». La dualité de la ville se ferait alors tellement importante que Lourdes ne
pourrait plus être considérée comme une ville (sa morphologie urbaine serait inclassable) et
qu’elle deviendrait une forme urbaine nouvelle et jusqu’ici inconnue.

En définitive, Lourdes est confrontée à une situation qui est impossible à gérer : la ville ne
peut pas avoir les équipements et la capacité d’accueil permettant d’absorber l’ensemble de

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sa fréquentation. Les flux peuvent être (de courtes durées) tellement gargantuesques que la
ville ne peut pas les digérer… L’offre départementale, voire régionale, permet alors
d’absorber les surplus de demandes d’accueil lors d’hyper fréquentation.

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SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE

Documents officiels de la ville de Lourdes

 Documents du projet de ZAC : Règlement et plan de zonage.

 Plan Pluriannuel d’Investissement de Lourdes 2008-2014.

 Plan d’Occupation des Sols (POS) de Lourdes, 2002.

Ouvrages, articles et rapports

 Baudot J. Lourdes ajoute un lac à ses attraits touristiques. Dans : « Les Echos »,
n°16142, 1992.
Téléchargeable sur : www.archives.lesechos.fr

 Chadefaud JM. Lourdes : un pèlerinage, une ville. Aix-en-Provence : Edisud, 1981.

 Claverie E. Le monde de Lourdes. Paris : Gallimard, 2008.

 CARIFOREF, Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation


professionnelle de Midi-Pyrénées. Eléments de diagnostic territorial en Midi-Pyrénées.
Zone d’emplois Lourdes, décembre 2006.
Téléchargeable sur : www.cariforef-mp.asso.fr

 CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées. Les Chiffres clés, 2005.


Téléchargeable sur www.tarbes.cci.fr

 Plan de Prévention des Risques naturels prévisibles (P.P.R). Commune de Lourdes


(mai 2005). Approuvé par arrêté préfectoral du 14 juin 2005.
Téléchargeable sur : www.risquesmajeurs-hautes-pyrenees.pref.gouv.fr

 Projet d’Action Stratégique de l’Etat (Le P.A.S.E.D) 2004-2007, Diagnostic territorial,


Département des Hautes-Pyrénées.
Téléchargeable sur : www.hautes-pyrenees.pref.gouv.fr

 Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes. Lourdes Mode d’emploi 2007-2008, novembre


2007.
Téléchargeable sur : www.lourdes-france.com

 Insee. Communes de Lourdes : Chiffres clés : Evolution et structure de la population,


2008.
Téléchargeable sur : www.statistiques-locales.insee.fr

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 Insee. L’année touristique 2007 en Midi-Pyrénées. Dans : « Dossiers de l’INSEE »,


n°145.

Sites internet

 Aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées : www.tarbes-lourdes.aeroport.fr

 Conseil Général des Hautes-Pyrénées : www.cg65.fr

 Direction départementale de l’équipement des Hautes-Pyrénées : www.hautes-


pyrenees.equipement.gouv.fr

 Institut national de la statistique et des études économiques : www.insee.fr

 Le journal La Dépêche : www.ladepeche.fr

 Les Service de l’Etat dans les Hautes-Pyrénées : www.hautes-pyrenees.pref.gouv.fr

 Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de


l’Aménagement du territoire : www.transports.developpement-durable.gouv.fr

 Office du tourisme de Lourdes : www.lourdes-infotourisme.com

 Région Midi-Pyrénées : www.midipyrenees.fr

 Site d’information des services de l’Etat sur les risques majeurs recensés dans les
Hautes-Pyrénées : www.risquesmajeurs-hautes-pyrenees.pref.gouv.fr

 Ville de Lourdes : www.lourdes.fr

Document audiovisuel

 ZAC d’Anclades et logement social, un débat animé.


Consultable sur : www.wat.tv

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TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION......................................................................................................................- 3 -

PREMIERE PARTIE : Le tourisme et les touristes lourdais ....................................................- 4 -

1.1. Le tourisme religieux à Lourdes .................................................................................- 4 -


1.1.1 Le mythe initial : naissance d’un lieu de pèlerinage ...........................................- 4 -
1.1.2. Patrimoine et itinéraires .....................................................................................- 5 -
1.1.3. Tourisme et religion, indissociable de l'image de la ville ..................................- 6 -

1.2. Lourdes dans le tourisme départemental .................................................................- 7 -


1.2.1. Lourdes, moteur touristique des Hautes-Pyrénées ...........................................- 7 -
1.2.2. Les atouts touristiques du département ............................................................- 8 -
1.2.3. Un facteur d’attractivité pour les touristes lourdais ?.......................................- 8 -

1.3. La fréquentation touristique et son évolution..........................................................- 9 -


1.3.1. 1867 – 1939 : Stagnation du nombre de pèlerins ..............................................- 9 -
1.3.2. 1946 – 1979 : explosion du tourisme de masse lourdais.................................- 10 -
1.3.3. 1999 – 2008 : Entre 5 et 6 millions de touristes annuels .................................- 11 -

1.4. Les touristes lourdais................................................................................................- 13 -


1.4.1. L'origine géographique des touristes ...............................................................- 13 -
1.4.2. Les variations intra-annuelles de fréquentation touristique ..........................- 14 -
1.4.3. Un profil particulier de touristes : les malades et invalides ............................- 15 -

DEUXIEME PARTIE : Le développement de la ville / Diagnostic territorial .......................- 16 -

2.1 Situation géographique et administrative................................................................- 17 -

2.2 La croissance démographique...................................................................................- 19 -


2.2.1 Evolution de la population.................................................................................- 19 -
2.2.2 La structure de la population.............................................................................- 21 -

2.3 Le développement urbain .........................................................................................- 23 -


2.3.1 Les contraintes naturelles et topographiques...................................................- 23 -
2.3.2 La forme urbaine ................................................................................................- 24 -
2.3.3 Le bâti : le parc de logement..............................................................................- 26 -
2.3.4 Les infrastructures de transports.......................................................................- 27 -
L’accès routier et le stationnement.........................................................................- 28 -
L’accès ferroviaire....................................................................................................- 30 -
L’accès aérien...........................................................................................................- 31 -

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2.4 Le secteur économique .............................................................................................- 32 -


2.4.1 Les différents secteurs économiques ................................................................- 32 -
2.4.2 Le secteur touristique.........................................................................................- 35 -
Les emplois touristiques ..........................................................................................- 35 -
Capacité d’accueil : Le parc hôtelier .......................................................................- 36 -

2.5 Conclusion de la partie ..............................................................................................- 39 -

TROISIEME PARTIE : Quelle durabilité urbaine pour un tourisme saisonnier ?................- 40 -

3.1 Les raisons de la saisonnalité ....................................................................................- 40 -


3.1.1. Les facteurs touristiques classiques..................................................................- 40 -
La météorologie.......................................................................................................- 40 -
Le calendrier scolaire...............................................................................................- 41 -
3.1.2. Les facteurs religieux.........................................................................................- 41 -
L’âge des pèlerins ....................................................................................................- 41 -
Les dates des pèlerinages........................................................................................- 42 -
Le calendrier liturgique............................................................................................- 42 -

3.2 Les problèmes posés par la saisonnalité ..................................................................- 43 -


3.2.1 La dualité de la ville............................................................................................- 43 -
3.2.2 Le chômage de basse saison ..............................................................................- 44 -

3.3 Quelles politiques et quelles spécificités lourdaises................................................- 45 -


3.3.1 Maintenir et accentuer l’offre touristique ........................................................- 45 -
3.3.2 Diversifier l’offre touristique : le cas du lac de Lourdes ...................................- 45 -
3.3.3 Parer aux difficultés sociales et urbaines ..........................................................- 46 -

CONCLUSION........................................................................................................................- 47 -

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................- 49 -

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