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La revuefiduciaire Novembre 2004

RF CONSEIL
L’information juridique et pratique au service de l’entrepreneur
SUPPLÉMENT

Attraits
et inconvénients
du régime de la
microentreprise

ISSN 1167-7848
La revuefiduciaire

ARF
c t uCONSEIL
en bref
Le mensuel d’information juridique au service de l’entrepreneur

RF CONSEIL
100, rue La Fayette
75485 Paris Cedex 10
• Tél. : 0826 80 52 52 (0,15 ¤ TTC/mn) •
S i les termes PME (petites et moyennes
entreprises) et TPE (très petites entreprises)
www.GroupeRF.com
Groupe Revue Fiduciaire sont aujourd’hui largement entrés dans
le langage courant, il n’en est pas encore
tout à fait de même pour celui de « micro-
entreprise ». Pourtant, cela devrait bientôt
être le cas ; selon une étude récente,
les microentreprises représentent une force
importante de l’économie nationale à l’origine
de nombreuses créations d’emplois.
Notamment pour cette raison, depuis
quelques années, les différents gouvernements
ont pris diverses mesures pour rendre l’envi-
ronnement de ces
structures plus souple, sur le plan fiscal
en particulier.

Mais attention. Si, à bien des égards,


ces mesures ont effectivement eu pour effet
de rendre le dispositif de la microentreprise
attractif, celui-ci présente certains inconvé-
nients que le chef d’entreprise ne doit pas
négliger. L’objet de ce supplément est
d’aider le postulant à la microentreprise
à retenir ce régime en toute connaissance
de cause.

RF Conseil

2 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Sommaire
Pages

Fiche 1 Idées reçues sur la microentreprise 4


Fiche 2 Les différents régimes d’imposition 5

1 Qui est le microentrepreneur ?


Fiche 3 Portrait type du microentrepreneur 6
Fiche 4 Pas de microentreprise sans franchise en base de TVA 8
Fiche 5 Bien apprécier les limites de chiffre d’affaires 10

2 Les avantages du régime


de la microentreprise
Fiche 6 À microentreprise, microformalisme 12
Fiche 7 Des obligations comptables allégées 14
Fiche 8 Une exonération des plus-values à la clef 16
Fiche 9 La microentreprise et les autres impôts 19

3 Des limites à ne pas négliger


Fiche 10 Les revers de la simplicité 20

4 Changer de régime d’imposition


Fiche 11 La sortie volontaire du régime micro 23
Fiche 12 La sortie obligatoire en cas de dépassement des seuils 25
Fiche 13 Conséquences du changement 27

5 Le microentrepreneur
sur les plans juridique et social
Fiche 14 Le microentrepreneur : un travailleur indépendant 28
Fiche 15 Microentrepreneur : quelles obligations sociales ? 29
Fiche 16 La place du conjoint du microentrepreneur 31

• RF CONSEIL • Novembre 2004 3


1. Idées reçues
sur la microentreprise
Nouveau statut juridique l'autre régime étant celui du réel qui
pour les uns, régime comprend le « réel normal » et le « réel
d'imposition pour les simplifié ». Selon la nature de l'activité
exercée par l'exploitation, on parle de
autres, instrument de
« micro BIC ou de micro BNC ».
défiscalisation pour
certains… les idées sur
■ Pourquoi un régime pour
la microentreprise sont
les petites entreprises ?
nombreuses mais La création du dispositif de la micro-
beaucoup sont fausses. entreprise est partie de la volonté de
mieux tenir compte des spécificités des
■ Un nouveau statut petites entreprises. Il était en effet
juridique d'entreprise ? inadapté de faire peser sur le chef d'en-
Contrairement à une idée souvent avan- treprise individuelle les mêmes obliga-
cée, la microentreprise n'est pas un nou- tions déclaratives et comptables que
veau statut juridique. Il n'est d'ailleurs dans les grandes structures. D'autant
pas possible de créer une microentre- que dans les petites entreprises, très
prise. Actuellement, le particulier qui souvent, l'exploitant est seul (ou assisté
souhaite « monter sa boîte » a le choix de son conjoint, le cas échéant) pour
entre deux formes de structure : l'en- faire marcher l'entreprise et effectuer
treprise individuelle ou la société (ex. : les démarches administratives et juri-
SA, SARL, SNC). La micro-entreprise diques. Le régime de la microentreprise
appartient à la première catégorie de n’est donc qu’un dispositif ultrasimplifié
structure : c'est une entreprise indivi- d'imposition et de déclaration des résul-
duelle qui, sous réserve de certaines tats (voir pp. 6 et 7, fiche 3).
spécificités, répond à toutes les caracté-
ristiques de cette structure (pas de capi- ■ À microentreprise,
tal minimum, responsabilité illimitée de microprojet ?
l'exploitant). Non. Bien entendu, le régime fiscal
d'une entreprise n'est pas lié à l'impor-
tance « qualitative » du projet en jeu.
■ Un nouveau Cela dit, compte tenu des conditions
régime d'imposition ? d'application de ce régime et notam-
Non. S'il est bien vrai que la micro- ment du montant du chiffre d'affaires à
entreprise correspond à un régime d'im- ne pas dépasser, en pratique, on
position, pour autant celui-ci n'a rien de constate qu'il s'applique essentielle-
nouveau, il existe même depuis plusieurs ment aux projets qui nécessitent peu
années. En fait, c'est surtout depuis 1999 de fonds pour leur constitution.
que ce dispositif a pris de l'essor. En
effet, à cause de la suppression du régi- ■ Un bon moyen
me du forfait cette année-là, il est deve-
de frauder le fisc ?
nu le régime d'imposition qui s'applique
Voilà encore une idée fausse qu'il
de plein droit aux petites entreprises,
convient de chasser, d'autant qu'elle

4 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


peut coûter cher. Les revenus tirés peut décider de se placer sous un autre
d'une microentreprise ne sont pas régime d'imposition (voir pp. 23 et 24,
exonérés. À ce titre, ils doivent être fiche 11).
déclarés tous les ans. À défaut, le chef
d'entreprise s'expose à une procédure ■ Une microentreprise
d'évaluation d'office des résultats de
fonctionne sans salariés ?
son exploitation majorée de pénalités.
Pas nécessairement, même si, en pra-
Cela dit, il est vrai que compte tenu du
tique, il n'est pas rare que l'exploitant
mode d'évaluation forfaitaire du béné-
soit seul dans l'entreprise ou, seule-
fice imposable et de la non-obligation
ment assisté de son conjoint (surtout
d'établir un bilan, un contrôle fiscal sur
en phase de démarrage), il peut tout à
une structure imposée selon le régime
fait recruter des salariés.
de la microentreprise sera, de fait,
beaucoup plus difficile à mener, notam-
ment pour reconstituer le chiffre d'af- ■ Un régime adapté
faires réellement réalisé. aux pluriactifs
Compte tenu de sa simplicité et de sa
souplesse de fonctionnement, le régi-
■ Un passage obligé me de la microentreprise convient par-
pour les créateurs faitement aux pluriactifs. Par exemple,
d'entreprise ? le salarié qui, par ailleurs, réalise
Non, d'une part parce qu'il existe plu- quelques travaux d'essais avant de se
sieurs causes d'exclusion qui sont liées lancer dans un projet commercial per-
soit à la nature de l'activité, soit à la sonnel et qui, à ce titre, ne souhaite
structure de l'exploitation (voir pp. 6 et pas encore se plier à toutes les forma-
7, fiche 3) ; d'autre part, parce que dès lités exigées aux entreprises. ■
le démarrage de l'activité, l'exploitant

2. Les différents régimes


d’imposition
Entreprises Chiffre d’affaires Régime
Normal Option
Toutes entreprises sauf N’excédant pas 76 300 ¤ Micro BIC et RS (2) (et
celles exclues du micro BIC ou 27 000 ¤ franchise TVA franchise de plein
(1) et les sociétés de plein droit droit) ou RR (3)
civiles de moyens

Toutes entreprises Entre 76 300 ¤ et


y compris celles exclues 763 000 ¤ ou entre RS (2) RR (3)
du microBIC (1) et les 27 000 ¤ et
sociétés civiles de moyens 230 000 ¤

Toutes entreprises, Plus de 763 000 ¤ –


à l’exception des sociétés ou plus de 230 000 ¤ RR (3) –
civiles de moyens

(1) Bénéfices industriels et commerciaux. (2) RS : Régime simplifié d’imposition. (3) RR : Régime réel normal
d’imposition.

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Les conditions
3. Portrait type
du microentrepreneur
Quatre conditions (entreprise unipersonnelle à responsa-
sont requises pour bilité limitée), ils ne peuvent pas bénéfi-
bénéficier du régime cier du régime de la microentreprise.
de la microentreprise.
Comme nous l'avons dit précédem- ■ Non soumis à la TVA
ment, le régime de la microentreprise Deuxième condition exigée pour
est un régime (ultrasimplifié) d'impo- bénéficier du régime de la micro-
sition et de déclaration des résultats. entreprise : le chef d’entreprise ne doit
À ce titre, comme tout régime d'im- pas être soumis à la TVA. Deux cas de
position, son application est liée au figure sont possibles : soit l’exploitant
montant du chiffre d'affaires réalisé n’est pas soumis à la TVA parce que
par l’entreprise (voir p. 5, fiche 2, les son activité est hors du champ de cet
différents régimes d’imposition). Mais impôt, soit, parce que, bien qu’exer-
d’autres conditions sont requises. çant une activité normalement soumise
Elles sont cumulatives et impératives ; à la TVA, il bénéficie de la franchise en
donc, sauf quelques tolérances admi- base de TVA pour l’année entière.
ses, le non-respect de l’une d’elles Pas de commentaires particuliers si
entraîne la perte du régime de la l’activité est hors du champ de la TVA.
microentreprise (sur les tolérances en En revanche, il convient de s’arrêter
cas de petits dépassements, voir sur la notion de franchise en base de
pp. 25 et 26, fiche 12). TVA. Il ne s’agit pas d’un régime d’im-
position mais d’exonération applicable,
notamment aux exploitants individuels
■ Un exploitant individuel dont le montant du chiffre d’affaires ou
Le régime de la microentreprise est des recettes de l’année précédente ne
exclusivement réservé aux contri- dépasse pas les seuils ci-contre. Ce dis-
buables qui exercent leur activité en positif d’exonération entraîne des
nom propre, c’est-à-dire les exploi- conséquences non négligeables pour
tants individuels. Les sociétés sont for- l’entreprise, ce qui d’ailleurs, en pra-
mellement exclues quel que soit le tique, explique une des causes de sor-
montant de leur chiffre d’affaires. tie volontaire du régime de la micro-
Cette condition est interprétée de entreprise (sur une présentation
façon stricte puisqu’elle vise aussi bien détaillée de la franchise en base de
les sociétés dont les résultats sont sou- TVA, voir pp. 8 et 9, fiche 4).
mis à l’impôt sur les sociétés (ex. : SA)
que celles soumises à l’impôt sur le
revenu (ex. : SARL de famille ayant opté ■ Activités exclues
pour l’IR, sociétés de personnes, socié- Quel que soit le montant de leur
tés civiles…). Conséquence directe de chiffre d’affaires, sont exclues du régi-
cette condition : les exploitants indivi- me de la microentreprise les entre-
duels qui envisagent de se mettre en prises qui se livrent à certaines activi-
société doivent donc garder à l’esprit tés. Il s’agit notamment :
qu’en optant pour le statut de l’EURL - des marchands de biens, promoteurs,
lotisseurs et agents immobiliers, des

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opérations portant sur des immeubles à défaut, sous réserve de certaines
ou fonds de commerce. Ne sont pas tolérances, il est obligatoirement sou-
concernés par l’exclusion les loueurs mis à un autre régime d’imposition.
en meublé ni ceux qui donnent en loca- Fixés initialement à 70 000 F, puis rele-
tion-gérance des fonds de commerce ; vés à 100 000 F ces seuils sont, depuis
- des loueurs de matériel et de biens 1999, fixés à 500 000 F et 175 000 F
de consommation durables ; selon la nature de l’activité.
- des opérations portant sur des mar- Compte tenu du passage officiel à l’eu-
chés financiers. ro, depuis le 1er janvier 2002, les seuils
Pour les contribuables se livrant à des d’application du régime de la micro-
activités non commerciales, certaines entreprise ont été convertis. Ils sont
activités empêchent aussi l’application désormais fixés à :
du régime de la microentreprise - 76 300 ¤, pour les entreprises dont le
(micro BNC). C’est le cas : commerce principal est de vendre, en
- pour les officiers publics et ministé- l’état ou après fabrication ou transfor-
riels, des bénéfices provenant de leur mation, des marchandises, objets, four-
charge et office ; nitures et denrées à emporter ou à
- des bénéfices réalisés par les contri- consommer sur place ou encore celles
buables qui proviennent de production dont l’activité consiste à fournir le
littéraire, artistique, scientifique ou de la logement ;
pratique d’un sport lorsqu’ils ont - 27 000 ¤, pour les entreprises de
demandé à être imposés sur la base prestations de services (autres que le
d’un revenu égal à la moyenne des logement).
bénéfices de l’année d’imposition et des Il convient de noter que tous ces seuils
deux ou quatre années précédentes. s’apprécient hors taxe.
En pratique, l’application de ces seuils
■ Un chiffre d’affaires peut parfois soulever des difficultés
plafonné lorsque l’exploitant se livre notamment
Dernière condition pour bénéficier du à des activités relevant de ces deux caté-
régime de la microentreprise : le gories ou exploite plusieurs entreprises
chiffre d’affaires annuel de l’exploitant (sur ces questions, voir pp. 10 et 11,
ne doit pas dépasser certaines limites ; fiche 5). ■

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Les conditions
4. Pas de microentreprise
sans franchise en base de TVA
Pour bénéficier du régime Le régime de la franchise en base de
micro, le chef d’entreprise TVA et celui de la microentreprise
doit impérativement béné- sont deux dispositifs autonomes mais
étroitement liés. Pour preuve, il ne
ficier de la franchise en base.
peut y avoir microentreprise sans fran-
Sur les quatre conditions exigées pour chise en base ; mais l’inverse reste pos-
bénéficier du régime de la microentre- sible (des sociétés commerciales,
prise, c’est bien celle de la franchise en civiles, voire des associations peuvent
base de TVA qui, de toute évidence, bénéficier de la franchise pour autant
soulève le plus d’interrogations. D’une qu’elles remplissent les conditions
part, parce qu’elle est la moins explicite, d’application de ce dispositif).
d’autre part, parce qu’elle a des réper-
cussions importantes que l’exploitant
doit connaître pour, le cas échéant, en
■ Ne pas dépasser
tirer les conséquences qui s’imposent.
certains seuils
Pour savoir si un redevable peut béné-
ficier ou non de la franchise en base de
■ La notion de franchise TVA, il faut tenir compte du montant
en base de TVA du chiffre d’affaires ou des recettes
La franchise en base est un dispositif réalisé au cours de l’année civile précé-
qui dispense les assujettis normale- dente. La franchise en base s’applique
ment redevables de la TVA du paie- de plein droit si ce montant ne dépas-
ment de cette taxe. se pas :
- 76 300 ¤ HT, pour les livraisons de
biens, ventes à consommer sur place
Franchise en base des avocats, et les prestations d’hébergement ;
auteurs et artistes - 27 000 ¤ HT, pour les autres presta-
Pour les prestations relevant de leur tions de services.
activité réglementée, les avocats et Ces limites sont applicables en métro-
avoués bénéficient d’une franchise en pole et dans les départements d’outre-
base de TVA lorsque leur chiffre d’af- mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique,
faires de l’année civile précédente ne Réunion).
dépasse pas 37 400 ¤ (depuis janvier
Les avocats, avoués, ainsi que les
2002). Pour leurs autres opérations
auteurs et artistes bénéficient d’une
(non réglementées), ils bénéficient
franchise en base spécifique (voir enca-
d’une franchise en base lorsque le
chiffre d’affaires correspondant ne
dré ci-contre).
dépasse pas 15 300 ¤ HT.
Les auteurs, artistes-interprètes béné- ■ Bien apprécier
ficient également d’une franchise en les limites
base au titre de leurs œuvres lorsque Pour apprécier les plafonds de 76 300 ¤
le chiffre d’affaires de l’année précé- et de 27 000 ¤, il faut notamment rete-
dente ne dépasse pas 37 400 ¤ HT nir le montant hors taxe des livraisons
(245 000 F avant 2002). de biens, ventes à consommer sur
place, prestations d’hébergement, opé-

8 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


rations relatives au commerce exté- 76 300 ¤ HT ou de 27 000 ¤ HT selon
rieur ou encore des opérations immo- la nature de l’activité exercée. En cas
bilières non taxées. Les honoraires et de dépassement de ces seuils, il devient
recettes rétrocédés par les membres redevable de la TVA soit, dès le
de professions libérales à un confrère 1er jour du mois du franchissement de
sont pris en compte s’il sont soumis à la limite, soit le 1er janvier de l’année
TVA (c’est le cas, par exemple, des suivante. Tout dépendra en fait de l’im-
rétrocessions d’honoraires liées à une portance du dépassement (voir pp. 25
mise à disposition de clientèle). et 26, fiche 12) ;
- il n’opte pas pour le paiement de la
■ Opérations bénéficiant TVA. La franchise en base de TVA
de la franchise en base n’est donc pas un dispositif irrévocable.
Lorsque les conditions de seuils sont Compte tenu des conséquences
remplies, la franchise s’applique à l’en- qu’elle entraîne, l’exploitant peut en
semble des livraisons de biens, qu’elles effet avoir intérêt à opter pour le paie-
soient internes ou intracommunau- ment de la TVA (sur les conséquences
taires (sauf les livraisons intracommu- de la franchise en base, voir pp. 12 et
nautaires de moyens de transport 13, fiche 16). L’option pour la TVA
neufs) et aux prestations de services peut se faire dès la création de l’entre-
réalisées par l’exploitant (sauf les opé- prise ou à n’importe quel autre
rations qui concourent à la production moment (voir encadré ci-dessous et
ou la livraison d’immeubles). p. 23, fiche 11). ■

■ Perte de la franchise
en base
L’exploitant soumis au régime de la
microentreprise bénéficie de la franchi-
se en base tant que :
- son chiffre d’affaires de l’année en
cours ne franchit pas les seuils de

Entreprise nouvelle et franchise en base


Sauf option expresse pour le paiement de la TVA, l’entreprise nouvellement créée
est placée de plein droit sous le régime de la franchise en base dès le début de son
activité (option dans les quinze jours du début d’activité, lors du dépôt de la
déclaration d’existence et d’identification). Pour l’année de sa création, l’entre-
prise bénéficie de la franchise tant que le chiffre d’affaires réalisé (sans ajustement
prorata temporis) ne dépasse pas le seuil de 84 000 ¤ ou 30 500 ¤. Pour l’année
suivante, sachant que la franchise en base est liée au montant du chiffre d’affaires
réalisé l’année civile précédente, l’entreprise bénéficiera donc de la franchise si le
chiffre d’affaires de l’année de sa création, ajusté en fonction du nombre de jours
d’activité, ne dépasse pas les seuils de 76 300 ¤ ou 27 000 ¤.

• RF CONSEIL • Novembre 2004 9


Les conditions
5. Bien apprécier les limites
de chiffre d’affaires
Précautions à prendre pour applicable, il convient normalement de
bien apprécier les limites tenir compte de la nature de l’activité
de chiffre d’affaires. exercée. Certaines difficultés peuvent
toutefois se poser lorsque cette activi-
Comme tout régime d’imposition, té consiste à la fois, d’une part, en la
celui de la microentreprise est lié au vente de marchandises, objets et den-
montant du chiffre d’affaires réalisé par rées à emporter ou à consommer sur
l’exploitant. L’appréciation des seuils place et, d’autre part, en la fourniture
peut soulever certaines difficultés d’autres prestations de services. C’est
lorsque l’activité relève de plusieurs le cas, par exemple, des entreprises du
secteurs ou encore lorsque l’exploi- bâtiment qui fournissent non seule-
tant exerce plusieurs activités. ment la main-d’œuvre mais aussi les
matériaux ou matières premières qui
■ Éléments du chiffre entrent à titre principal dans l’ouvrage
d’affaires à retenir qu’elles réalisent. Dans ce cas, le régi-
Le chiffre d’affaires à comparer aux me de la microentreprise est applicable
limites de 76 300 ¤ et de 27 000 ¤ si le chiffre d’affaires global de l’entre-
comprend l’ensemble du montant hors prise n’excède pas la limite de
taxe des opérations que l’exploitant 76 300 ¤ HT et si le chiffre d’affaires
réalise annuellement avec les tiers dans annuel relatif aux opérations autres
l’exercice de l’activité normale et cou- que les ventes et fournitures de loge-
rante de son entreprise. Par mesure de ment n’excède pas 27 000 ¤.
simplification, les micro BIC peuvent
tenir compte des recettes effective-
ment perçues (et des dépenses
■ Pluralité d’activités
payées).
de même catégorie
Lorsqu’un entrepreneur exploite per-
Pour apprécier les limites, il n’est pas
sonnellement plusieurs entreprises,
tenu compte : des subventions d’ex-
commerciales ou non commerciales,
ploitation, des redevances pour
l’ensemble de ses recettes annuelles
concession, des débours et honoraires
est globalisé puis comparé aux limites
rétrocédés à des confrères, des pres-
du régime micro.
tations en espèces allouées par le régi-
Dans l’hypothèse où chaque membre
me d’assurance maladie des travailleurs
d’un même foyer fiscal exploite plu-
non salariés, des produits financiers
sieurs entreprises, commerciales ou
ainsi que des recettes à caractère
non commerciales, les limites de
exceptionnel telles que le produit de
chiffre d’affaires sont appréciées sépa-
cession de biens professionnels ou de
rément si chacun d’eux exploite l’en-
transfert de clientèle.
treprise à titre individuel.
En revanche, s’ils exploitent ensemble
■ Activités mixtes la même entreprise, les recettes sont
Pour déterminer lequel des deux globalisées.
seuils, de 76 300 ¤ ou 27 000 ¤, est Pour apprécier cette situation d’exer-
cice individuel ou collectif de l’activité,

10 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


le fisc va notamment tenir compte du activités relèvent de deux catégories
régime matrimonial des époux ou de d’imposition différentes. Les limites
l’immatriculation faite au registre du des régimes micro BIC et micro BNC
commerce et des sociétés. sont appréciées séparément.
En revanche, si elles sont exercées au
■ Pluralité d’entreprises sein de la même entreprise, en applica-
tion de l’article 155 du code général
de catégories différentes
des impôts, les modalités d’apprécia-
Dans le cas où l’exploitant individuel
tion des limites diffèrent selon que l’ac-
exerce séparément une activité com-
tivité commerciale est prépondérante
merciale et une activité non commer-
ou non (voir tableau ci-dessous). ■
ciale, les recettes tirées de ces deux

Pluralité d’activités BIC et BNC


Mode Recettes à Régimes d’imposition applicables
d’exercice retenir pour
des activités l’appréciation Recettes totales Recettes totales
des limites  27 000 ¤ HT (1) > 27 000 ¤ HT (1)

Pluralité d’activités
BIC et BNC dans le
cadre d’une même
entreprise

1) Article 155 du CGI Cumul du chiffre Imposition en BIC Imposition en BIC réel
applicable d’affaires commercial régime micro ou micro (2)
et des recettes non
commerciales
2) Article 155 du CGI Cumul du chiffre Impositions distinctes (3) : Impositions distinctes (3) :
non applicable d’affaires BIC et des - BIC régime micro - BIC réel
recettes BNC - BNC régime spécial - BNC déclaration
contrôlée

Pluralité d’entreprises Chiffre d’affaires BIC Impositions distinctes : Impositions distinctes :


activités BIC et BNC recettes BNC - BIC régime micro (7) - BIC réel ou micro (4)
séparées appréciées catégorie - BNC régime spécial (7) - BNC déclaration
par catégorie (6) contrôlée ou régime
spécial (5) (7)

(1) Ou 30 500 ¤ HT pour la première année de franchissement.


(2) Application de la règle prévue pour les activités mixtes si l’activité commerciale est une activité de ventes.
(3) Imposition unique BNC possible.
(4) Micro BIC si les recettes  76 300 ¤ HT ou  27 000 ¤ HT ( 84 000 ¤ HT ou  30 500 ¤ HT pour
la première année de franchissement pour les contribuables qui réalisent des opérations soumises à la TVA.
(5) Régime spécial BNC si les recettes BNC  27 000 ¤ HT (1).
(6) Cumul du chiffre d’affaires BIC et des recettes BNC pour l’application de la franchise en base de TVA.
(7) Si application de la franchise en base de TVA. Dans le cas contraire : BIC réel et BNC déclaration
contrôlée.

• RF CONSEIL • Novembre 2004 11


Les avantages
6. À microentreprise,
microformalisme
Difficile de faire plus faires retirés de l’activité microentre-
simple en matière de prise doivent, selon la nature de l’acti-
formalités avec le régime vité, être mentionnés, en euros, dans
les cadres prévus à cet effet sur la
de la microentreprise.
déclaration complémentaire 2042 C
Comme on l’a écrit dans les pages pré- (feuillet de 4 pages adressé au domici-
cédentes, l’une des raisons ayant gou- le du contribuable ou disponible dans
verné la mise en place du régime de la un centre des impôts).
microentreprise a été la volonté de
tenir compte de la spécificité des ■ Un bénéfice évalué
petites structures dans lesquelles l’ex- forfaitairement
ploitant est souvent le seul à s’occuper, Le bénéfice net soumis à l’impôt sur le
d’une part, des relations avec les revenu selon le barème progressif est
clients, fournisseurs et autres tiers et déterminé automatiquement par le fisc
d’autre part, de l’ensemble des forma- en appliquant sur le revenu profession-
lités administratives. En pratique, cela nel déclaré, comme indiqué précédem-
s’est donc traduit par la mise en place ment, un abattement forfaitaire censé
de règles qui aboutissent à un formalis- représenter l’ensemble des charges
me très allégé pour les exploitants. supportées par l’entreprise (frais géné-
raux divers, frais financiers, charges
■ Pas de déclaration sociales, amortissement). Selon la
nature de l’activité exercée, le montant
de résultats spécifique
de l’abattement est égal à :
Contrairement aux exploitants impo-
- 72 %, pour les activités de vente et de
sés selon un régime réel d’imposition
fourniture de logement ;
qui doivent joindre à leur déclaration
- 52 %, pour les autres prestations de
d’ensemble la déclaration de résultats
services ;
professionnels correspondante (impri-
- 37 %, pour les titulaires de bénéfices
mé 2031, pour les activités commer-
non commerciaux.
ciales, et 2035 pour les titulaires de
Dans tous les cas, le montant de l’abat-
BNC), ceux qui bénéficient du régime
tement appliqué ne peut être inférieur
de la microentreprise échappent à
à 305 ¤.
cette contrainte. Ils sont en effet pure-
ment et simplement dispensés du
dépôt des déclarations de résultats ■ Pas de TVA à déclarer
spécifiques. Il leur suffit de reporter et à payer
sur la déclaration d’ensemble des reve- Autre caractéristique majeure du régi-
nus le montant brut du chiffre d’affaires me de la microentreprise : l’exploitant
réalisé ou des recettes encaissées au est dispensé de la facturation et du
cours de l’année. Cette somme servira paiement de la TVA. Cette solution est
de base pour calculer le bénéfice impo- la conséquence directe de l’exonéra-
sable (voir ci-dessous). tion de TVA ou de la franchise en base
Ainsi, pour la déclaration des revenus dont il doit bénéficier pour être sou-
2004, les recettes ou le chiffre d’af- mis au régime de la microentreprise.

12 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Concrètement, cela signifie qu’il ne ■ État spécial n° 2042 P
peut faire apparaître de la TVA sur les Les obligations déclaratives des bénéfi-
factures, notes d’honoraires ou tout ciaires du régime de la microentreprise
autre document en tenant lieu qu’il sont allégées, elles ne sont pas pour
délivre à ses clients. En lieu et place de autant inexistantes. Pour preuve, les
la TVA, il doit indiquer la mention : exploitants doivent joindre à la déclara-
«TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». tion d’ensemble 2042 un état spécial
Cette formule est obligatoire. Évidem- 2042 P. Les informations portées sur
ment n’ayant pas de TVA à facturer, cette déclaration doivent notamment
l’exploitant est aussi dispensé du servir à établir la taxe professionnelle
dépôt, mensuel ou trimestriel, des (voir sur ce point p. 19, fiche 9). ■
déclarations de TVA CA 3 ou de la
déclaration annuelle de régularisation
CA 12 selon qu’il aurait été soumis, en
matière de TVA, au régime du réel
normal ou du réel simplifié.

Activité
industrielle, artisanale,
Libérale
commerciale
Régime d’imposition Micro BIC Micro BNC
Ventes Prestations de services
(voir p. 7, fiche 3) (voir p. 7, fiche 3)

Chiffre d’affaires annuel 76 300 ¤ 27 000 ¤ 27 000 ¤


maximum

Abattement pour frais 72 % des recettes 52 % des recettes 37 % des recettes


professionnels

TVA Non (voir pp. 8 et 9, Non (voir pp. 8 et 9, Non (voir pp. 8 et 9,
fiche 4) fiche 4) fiche 4)

Formalités déclaratives - Déclaration 2042 C, - Déclaration 2042 C, - Déclaration 2042 C,


- État 2042 P - État 2042 P rubrique 5,
paragraphe D ou E

• RF CONSEIL • Novembre 2004 13


Les avantages
7. Des obligations comptables
allégées
Selon que son chiffre ver rapidement le justificatif recherché.
d’affaires dépasse ou non Seule contrainte toutefois, en cas d’utili-
18 300 ¤, le poids des sation d’un procédé de télétransmission
des factures, l’entreprise doit conserver
obligations comptables
les informations émises ou reçues dans
de l’entreprise sera plus leur contenu originel pendant un délai
ou moins important. de six ans (les trois premières années,
sur support informatique, et les trois
■ Pas de comptabilité suivantes sur le support choisi par
complète obligatoire l’entreprise). De façon générale, il faut
Autre manifestation du formalisme garder à l’esprit que les documents et
allégé qui pèse sur les « microentre- pièces comptables doivent être conser-
preneurs » : ils sont dispensés d’établir vés pendant dix ans.
un bilan et un compte de résultat. Bien
entendu, cela ne veut pas dire pour
autant que l’exploitant n’est pas tenu ■ Le formalisme
d’établir une comptabilité. Pour preuve lié au livre-journal
d’ailleurs, la non-tenue des livres obli- Depuis l’année dernière, les entre-
gatoires est passible de sanctions prises placées sous le régime micro
pénales et fiscales. En fait, les obliga- doivent tenir un livre-journal (voir
tions comptables diffèrent selon que le tableau ci-contre). Il s’agit d’un livre
montant du chiffre d’affaires dépasse aux pages numérotées qui enregistre
ou non 18 300 ¤ (voir tableau ci- quotidiennement le montant des
contre). recettes professionnelles en distin-
guant les règlements en espèces des
autres modes de règlement et en indi-
■ Archivage des
quant les références des pièces justifi-
documents comptables catives. Les recettes correspondant à
Comme toute entreprise, en cas de
des ventes au détail ou à des services
contrôle fiscal, celles soumises au régi-
rendus à des particuliers peuvent être
me de la microentreprise doivent être
inscrites globalement à la fin de la jour-
en mesure de justifier la réalité des
née lorsque leur montant n’excède pas
opérations portées dans leurs livres
76 ¤.
comptables. C’est pourquoi l’exploi-
tant doit conserver l’ensemble des Pour être opposable, le livre-journal
pièces justificatives relatives aux doit être coté (attestation du nombre
achats, ventes et prestations de ser- de pages qui sont numérotées) et para-
vices réalisées (ex. : factures, tickets de phé (certification qui lui donne date
caisse enregistreuse…). L’exploitant certaine) par le tribunal de commerce
est libre de retenir le mode d’archiva- ou le tribunal de grande instance.
ge le mieux adapté à son activité et à Chaque livre reçoit ainsi un numéro
ses besoins (dossier, classeur…) ; l’es- d’identification répertorié par le gref-
sentiel est que le système retenu lui fier sur un registre spécial. ■
permette, en cas de besoin, de retrou-

14 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Obligations comptables
Prévues par le code de commerce Prévues par le CGI

Obligations comptables des commerçants soumis au régime des microentreprises


En cours Tenue d’un livre mentionnant Tenue d’un livre-journal servi
d’exercice chronologiquement le montant et au jour le jour présentant le
l’origine des recettes perçues détail des recettes professionnelles,
(entreprises dont le CA n’excède pas factures et autres pièces justificatives
18 300 ¤) Registre des achats

À la clôture - Dispense de bilan et de compte État dont le contenu doit permettre


de l’exercice de résultat (c. com. art. L. 17-4) le suivi des immobilisations (prix
- Pour les entreprises dont le chiffre d’acquisition, amortissement, prix de
d’affaires dépasse 18 300 ¤ : relevé des cession), mentionner le nombre
recettes encaissées, des dépenses de salariés et le montant des salaires
payées, des dettes financières, versés (LF 1999, art. 7-11-5.3)
des immobilisations et stocks

Obligations comptables des commerçants soumis au régime réel simplifié


En cours Comptabilité simplifiée : Comptabilité supersimplifiée :
d’exercice - comptabilité de trésorerie, - enregistrement forfaitaire des
- centralisation mensuelle des dépenses de carburant ;
journaux auxiliaires sur - absence de justification des frais
le livre-journal généraux accessoires payés en
espèces dans la limite de 1°/°° du CA
et d’un minimum de 150 ¤ depuis
janvier 2002
Enregistrements des créances et Idem
dettes (c. com. art. L. 123-25)
Dispense de compte de régularisation Idem
pour les charges, autres que les achats,
dont la périodicité n’excède pas
l’année (c. com. art. L. 123-26)
Évaluation forfaitaire des stocks et Marchandises et produits :
productions en cours selon une application sur le prix de vente
méthode fixée par décret (c. com. d’un abattement correspondant
art. L. 123-27) : à la marge pratiquée (globale)
À la clôture - biens en stock : application d’un
de l’exercice abattement correspondant à la marge Travaux en cours : acomptes
pratiquée sur chaque catégorie réclamés aux clients (CGI, ann. IV,
de biens art. 4 LA)
- travaux en cours : acomptes
réclamés aux clients
Bilan et compte de résultat simplifiés Fiscalement, dispense de bilan lorsque
le total de leur bilan est inférieur à
153 000 ¤ depuis janvier 2002
pour la généralité des entreprises et
54 000 ¤ pour les prestataires
de services
Dispense de l’annexe prévue par Le droit fiscal ne prévoit pas
le plan comptable l’établissement d’annexe

• RF CONSEIL • Novembre 2004 15


Les avantages
8. Une exonération à la clef
pour les plus-values
Sous réserve de remplir ■ Un régime de faveur
certaines conditions, les pour les PME
plus-values peuvent être, L’exploitant « microentrepreneur » qui
totalement ou cède des biens professionnels peut se
partiellement, exonérées. prévaloir d’un dispositif général et per-
manent d’exonération qui permet de
À défaut, elles sont faire échapper à l’impôt les plus-values
soumises à un régime réalisées. Il vise aussi bien les plus-
particulier d’imposition. values réalisées dans le cadre d’une
activité commerciale, artisanale que
■ Déclaration et imposition libérale. Ce régime a récemment été
distincte des plus-values modifié. Depuis le 1er janvier 2004, les
Les plus-values réalisées suite à la ces- plus-values réalisées peuvent être exo-
sion de biens utilisés pour l’exercice de nérées si les conditions suivantes sont
la profession, commerciale ou non remplies.
commerciale, ne sont pas prises en - D’une part, l’activité doit être exer-
compte pour l’application de l’abatte- cée depuis au moins cinq ans (cette
ment forfaitaire de 72 %, 52 % ou 37 %. condition n’est pas modifiée). En géné-
Pour rappel, cet abattement ne s’ap- ral, le délai de cinq ans est décompté à
plique que sur les bénéfices retirés de partir du début de l’activité qui corres-
l’exploitation courante et normale de pond le plus souvent à la date de créa-
l’entreprise (voir p. 10, fiche 5). tion ou d’acquisition de la clientèle ou
Comme pour les plus-values réalisées du fonds de commerce mais, il faut
dans le cadre d’activités imposées selon savoir qu’en cas de contrat de loca-
un régime réel d’imposition, les plus- tion-gérance, le délai est décompté à
values de microentreprises sont sou- partir de la date de mise en location.
mises à des règles particulières d’imposi- - D’autre part, le montant des recettes
tion. De ce fait, elles sont déclarées de annuelles réalisées pendant l’année civile
façon distincte sur la déclaration 2042 C, ne doit pas excéder 250 000 ¤ TTC (au
dans les cases spécialement prévues à cet lieu de 152 600 ¤ TTC jusqu’au 31
effet. Leur montant doit également être décembre 2003), pour les entreprises qui
reporté sur l’état annexe 2042 P que le se livrent à la vente de marchandises ou à
microentrepreneur doit toujours joindre la fourniture de logement et
à sa déclaration d’ensemble 2042. 90 000 ¤ TTC (au lieu de 54 000 ¤ TTC
En pratique toutefois, bien souvent ces jusqu’au 31 décembre 2003), pour les
cases n’ont pas à être remplies car les entreprises prestataires de services et les
exploitants, soumis au régime de la titulaires de bénéfices non commerciaux.
microentreprise, peuvent bénéficier Autre nouveauté, également applicable
d’un régime d’exonération. Il faut donc aux plus-values réalisées au cours des
garder à l’esprit que c’est uniquement exercices clos à compter du 1er janvier
dans le cas où les conditions d’exonéra- 2004, au delà des seuils précités, l’imposi-
tion ne sont pas satisfaites que les plus tion ne sera plus immédiatement totale.
ou moins-values doivent être déclarées. En effet, selon la nature de l’activité exer-

16 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


cée par l’entreprise, si les recettes entrepreneurs » qui exercent leur activi-
annuelles sont comprises entre 250 000 ¤ té depuis moins de cinq ans. Le dépasse-
TTC et 350 000 ¤ TTC ou 90 000 ¤ TTC ment des limites de 250 000 ¤ ou de
et 126 000 ¤ TTC, les plus-values ne sont 90 000 ¤ étant peu probable dans le
taxées que sur une fraction de leur mon- cadre de notre étude de la microentre-
tant. Cette fraction imposable est déter- prise, puisque dans ce cas, l’entreprise
minée d’après le rapport qui existe entre ne peut, de fait, plus bénéficier de ce
le montant des recettes qui excède régime d’imposition puisque les seuils
250 000 ¤ TTC (ou 90 000 ¤ TTC) et plafonds de la microentreprise sont
100 000 ¤ TTC (ou 36 000 ¤ TTC pour dépassés, de même que les seuils de
les prestataires de services et titulaires de tolérance prévus (voir p. 25, fiche 12). À
bénéfices non commerciaux). Ce n’est l’approche du délai de cinq ans, l’exploi-
qu’au-delà des seuils de 350 000 ¤ TTC tant peut donc avoir intérêt à attendre
et 126 000 ¤ TTC que l’imposition avant de céder des biens professionnels
deviendra désormais totale. pour pouvoir ainsi bénéficier de l’exoné-
ration des plus-values réalisées. Jusqu’au
■ En cas d’activité mixte 31 décembre 2005, il pourra, s’il remplit
En cas d’activité mixte, c’est-à-dire se rat- les conditions, demander à bénéficier du
tachant à la fois aux ventes et aux presta- nouveau dispositif d’exonération des
tions de services, les plus-values sont exo- plus-values. Mis en place par la loi pour
nérées en totalité si le montant global des le soutien à la consommation et à l’in-
recettes n’excède pas 250 000 ¤ TTC et vestissement votée le 9 août 2004, ce
celui des recettes afférentes aux presta- dispositif permet d’exonérer en totalité
tions de services n’excède pas 90 000 ¤ les plus-values résultant de la cession
TTC. Compte tenu des nouveautés appli- d’une branche complète d’activité com-
cables à partir du 1er janvier 2004, si l’un
ou l’autre de ces seuils est dépassé, sans
dépasser toutefois 350 000 ¤ TTC et Les biens professionnels
126 000 ¤ TTC, seule une fraction de la des microentreprises
plus-value sera imposée. Le régime d’exonération ici décrit vise
En pratique, la situation d’activité mixte la plus-value résultant de la cession des
concerne souvent les artisans du bâti- biens professionnels. Il s’agit en prin-
ment qui, dans leur secteur d’activité, cipe des biens inscrits au bilan de l’ex-
fournissent généralement les matériaux ploitation. S’agissant des microentre-
et matières premières nécessaires à la prises, qui ne sont pas obligées
réalisation de leurs prestations de ser- d’établir un bilan, le fisc considère
vices. Pour apprécier ces limites, les qu’ont la nature de biens professionnels
exploitants concernés doivent donc dis- d’une part, les biens affectés par nature
tinguer, sur les factures remises aux à une exploitation professionnelle (ex. :
clients, la quote-part du montant qui se fonds de commerce, matériels,
rapporte aux prestations de services et outillage), d’autre part, les biens affec-
celle qui se rapporte aux ventes. tés par destination à une exploitation
professionnelle. Entrent dans cette
■ L’exonération appliquée catégorie tous les biens qui peuvent
aux microentreprises aussi bien faire l’objet d’une utilisation
professionnelle que personnelle
Lorsque les conditions de l’exonération
(immeuble, voiture particulière). En cas
ne sont pas remplies, les plus-values doi-
d’utilisation mixte, l’affectation profes-
vent alors être déclarées ; elles sont
sionnelle est déterminée en retenant la
ensuite imposées (voir ci-dessous). En fraction du prix de revient qui corres-
pratique, cette hypothèse d’imposition pond à l’utilisation professionnelle.
ne peut concerner que les « micro-

• RF CONSEIL • Novembre 2004 17


Les avantages
prenant un fonds de commerce ou une moins de deux ans ; elle est à long
clientèle dont la valeur retenue pour le terme dans le cas contraire.
calcul des droits d’enregistrement ne Étape 2 : Calcul de la plus ou
dépasse pas 300 000 ¤. Ce dispositif moins-value nette. L’ensemble des
s’applique aux cessions réalisées du 16 plus ou moins-values à long terme réa-
juin 2004 au 31 décembre 2005. Il s’ap- lisées pendant l’année fait ensuite l’ob-
plique quels que soient la durée d’activi- jet d’une compensation entre elles. Il
té de l’exploitant (plus ou moins 5 ans) en résulte soit une plus-value nette à
et le montant de son chiffre d’affaires. long terme, soit une moins-value nette
à long terme. Le même calcul de com-
■ Calcul et imposition pensation est fait pour les plus et
des plus-values : les étapes moins-values à court terme réalisées
Étape 1 : Calcul de la plus-value. pendant l’année.
Pour savoir si l’exploitant qui cède un Étape 3 : l’imposition des plus ou
bien professionnel réalise une plus ou une moins-values. À chaque plus ou
moins-value, il doit comparer le prix de moins-value correspond un traitement
cession du bien par rapport à sa valeur fiscal particulier :
d’origine (ex. : prix d’acquisition) de celui- - Les plus-values nettes à long terme
ci diminué des amortissements linéaires sont imposées au taux réduit de 16 %
qui sont réputés avoir été pratiqués. (27 %, pour l’imposition des revenus
Dans la mesure où, dans le cadre du régi- 2004, compte tenu des prélèvements
me de la microentreprise, l’abattement sociaux).
forfaitaire intègre les amortissements - Les plus-values nettes à court terme
linéaires et qu’en l’absence de comptabi- sont soumises à l’impôt sur le revenu
lité complète, l’exploitant ne dispose pas selon le barème progressif.
de tableau d’amortissement, c’est donc à - Les moins-values nettes à long terme
lui, en cas de cession d’un bien profes- sont imputées sur les plus-values à long
sionnel, de reconstituer la valeur nette terme réalisées au cours des dix exer-
comptable du bien qui sera ensuite com- cices suivants.
parée au prix de cession. Ce calcul doit - Les moins-values nettes à court
être effectué pour chaque bien cédé. terme sont génératrices d’un déficit
La plus ou moins-value est à court reportable sur le revenu global. ■
terme si le bien cédé est détenu depuis

Tableau récapitulatif (entreprises relevant de l’IR)


Durée Plus-values Moins-values
de détention
des biens Moins de 2 ans Au moins 2 ans Moins de 2 ans Au moins 2 ans
Éléments court terme (1) – court terme court terme (2) court terme (2)
amortissables pour les amortis-
sements déduits ;
– long terme
pour le surplus (1)

Éléments court terme long terme court terme long terme


non amortissables

(1) Ces plus-values sont majorées, le cas échéant, du montant des amortissements expressément exclus des
charges déductibles ainsi que des amortissements irrégulièrement différés.
(2) Ces moins-values sont diminuées, le cas échéant, du montant des amortissements expressément exclus
des charges déductibles ainsi que des amortissements différés.

18 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


9. La microentreprise
et les autres impôts
Au regard des autres pour la taxe 2004). Depuis 1999, les
impôts, le microentrepre- salaires versés par les petits exploitants
neur est un chef d’entre- ne sont plus pris en compte. Étant
donné le faible montant du chiffre d’af-
prise comme les autres.
faires réalisé par les microentreprises,
Sous réserve de quelques aménage- celles-ci ne sont généralement pas
ments appliqués à certains impôts, le tenues de souscrire la déclaration
régime de la microentreprise concerne annuelle de taxe professionnelle (impri-
exclusivement l’imposition des résultats mé 1003). Pour autant, elles doivent
et la TVA (voir pp. 12 et 13, fiche 6). Au indiquer sur l’état annexe 2042 P, cer-
regard des autres impôts, l’exploitant tains éléments nécessaires pour établir
est un exploitant comme les autres. la taxe.

■ Plus-values ■ Taxes sur les salaires


professionnelles et taxes parafiscales
À s’en tenir à la définition stricte du régi- Les contribuables qui bénéficient de la
me de la microentreprise, celui-ci n’a pas franchise en base de TVA sont exoné-
d’impact sur l’imposition des plus-values rés de taxe sur les salaires à raison des
professionnelles. Mais, étant donné que rémunérations versées (même s’ils
le régime d’exonération des plus-values optent pour le paiement de la taxe).
réalisées par les petites entreprises est Ils sont également dispensés des taxes
étroitement lié aux limites de chiffre d’af- fiscales et parafiscales qui sont recou-
faires des micro-entreprises, il en ressort vrées suivant les mêmes règles que la
en pratique que, sous réserve de TVA. ■
quelques exceptions, les plus-values pro-
fessionnelles réalisées par les exploitants
soumis au régime de la microentreprise
sont exonérées d’impôt (voir pp. 16 et Microentreprise à domicile
suivantes, fiche 8). et taxe professionnelle
Très souvent, le microentrepreneur
exerce son activité à son domicile.
■ Taxe professionnelle Même dans cette hypothèse, il est tout
Pas d’exonération particulière ni d’abat- de même redevable de la taxe profes-
tement spécifique pour les exploitants sionnelle. Celle-ci est calculée d’après
soumis au régime de la microentreprise. la valeur locative de la pièce identifiée
Tous les ans, ils doivent donc en princi- comme étant le siège de l’entreprise.
pe acquitter cette taxe locale qui, pour Dans la mesure où cette pièce est en
rappel, est calculée, d’une part, sur la principe déjà soumise à la taxe d’habi-
base de la valeur locative des biens sou- tation, une double imposition est alors
mis à la taxe foncière (ex. : local profes- possible. Pour éviter cela, il convient
sionnel…) et, d’autre part, pour les alors de démontrer que les aménage-
exploitants dont l’activité relève des ments professionnels réalisés la ren-
bénéfices non commerciaux, d’une frac- dent impropre à l’habitation.
tion des recettes (8 % au lieu de 9 %

• RF CONSEIL • Novembre 2004 19


Les limites
10. Les revers de la simplicité
Être imposé sous le régime de la microentreprise entraîne
certaines conséquences qui peuvent justifier un changement
de régime d’imposition.

À bien des égards, compte tenu du peu ■ Pas de déficit


de formalisme qu’il implique, le régime reportable possible
de la microentreprise est idéal pour les L’évaluation forfaitaire du résultat
créateurs en phase de démarrage ou imposable présente aussi l’inconvénient
pour les salariés qui souhaitent en de ne pas permettre la constatation
parallèle « monter leur boîte ». Mais, d’un déficit (situation souvent fréquen-
en rythme de croisière, ce régime peut te les premières années d’activité). Or,
trouver ses limites car il implique cer- il faut garder à l’esprit que les déficits
taines conséquences qui peuvent des entreprises soumises à l’impôt sur
entraver l’essor de l’entreprise. le revenu ne sont pas perdus ; ils vien-
nent diminuer le montant de l’impôt
■ Pas de prise en compte que le chef d’entreprise doit payer. S’il
des charges réelles ne veut pas perdre son déficit, l’entre-
Si l’application d’un abattement forfai- preneur a donc là aussi tout intérêt à
taire pour déterminer le bénéfice changer de régime d’imposition.
imposable a le mérite de dispenser
l’entrepreneur d’avoir à justifier de la ■ Des plafonds bas
réalité du montant des charges, elle et vite atteints
peut aussi tourner à son désavantage. Excepté peut-être pour le pluriactif
C’est le cas, par exemple, si le montant qui, à raison de quelques activités
des charges réellement supportées est ponctuelles dans l’année, a peu de
important. Il peut alors être plus inté- risques de dépasser les plafonds, pour
ressant d’opter pour un régime réel les autres (notamment, pour le créa-
d’imposition. teur d’entreprise), il faut savoir que les
Pour être certain de faire le bon choix, seuils de 76 300 ¤ et de 27 000 ¤ sont
la meilleure solution consiste donc à vite atteints. Compte tenu des régula-
comparer les charges réelles avec risations qu’un changement de régime
celles résultant de l’application de d’imposition peut impliquer, notam-
l’abattement forfaitaire. Pour ce calcul ment en matière comptable pour le
comparatif, il faut toutefois garder à rattachement des créances et des
l’esprit que les charges de début d’acti- dettes (voir p. 27, fiche 13), il peut par-
vité sont souvent plus importantes que fois être plus intéressant d’opter, dès
celles dégagées en rythme de croisière. le début de l’activité, pour un régime
Autre remarque, l’avantage fiscal gagné réel d’imposition.
en optant pour un régime réel peut
être limité compte tenu des
contraintes déclaratives liées à ce régi- ■ Le revers des obliga-
me (voir p. 27, fiche 13). tions comptables allégées
Ne pas être obligé d’établir tous les
ans un bilan et un compte de résultat
est une mesure tout à fait adaptée
pour le microentrepreneur qui réalise

• RF CONSEIL • Novembre 2004 20


peu de revenus (ex. : le pluriactif ponc- ■ Adhérents de centres
tuel). Par contre, ce peut être un de gestion pénalisés
inconvénient pour le créateur d’entre- En contrepartie de l’obligation qu’ils
prise qui, une fois la phase de démar- ont de tenir une comptabilité sincère
rage passée, souhaite se développer. et d’accepter les règlements par
L’absence de bilan et de compte de chèques, les adhérents de centres
résultat empêche l’entreprise de faire (pour les professions commerciales) et
des prévisions fiables sur le moyen d’associations (pour les professions
terme. Cela peut aussi être un handi- libérales) de gestion agréés bénéficient
cap si elle souhaite obtenir un emprunt d’avantages fiscaux :
bancaire. - un abattement de 20 % sur la fraction
du revenu qui ne dépasse pas un certain
■ Pas de TVA récupérable seuil (seuil fixé à 115 900 ¤ pour 2003) ;
On l’a vu, une des caractéristiques du - une réduction d’impôt de 915 ¤
régime de la microentreprise est le maximum pour frais de tenue de
non-paiement de la TVA (sur le régime comptabilité et d’adhésion ;
de la franchise en base, voir pp. 8 et 9, - une majoration de la limite de déduc-
fiche 4). À première vue, c’est un gain tion du salaire du conjoint qui travaille,
de trésorerie à la clef. Attention, tou- de façon effective, dans l’exploitation.
tefois, car cela entraîne en contrepar- Il faut savoir que ces avantages sont
tie des conséquences qui peuvent être réservés aux exploitants imposés, de
pénalisantes. plein droit ou sur option, à un régime
D’une part, l’exploitant qui ne paye pas réel d’imposition ; l’exploitant qui
de TVA ne peut récupérer celle qui lui bénéficie du régime de la microentre-
est facturée sur ses achats et investisse- prise ne peut donc en bénéficier (sur
ments. C’est un inconvénient majeur l’impact de ces avantages, voir exemple
pour tous ceux dont l’activité nécessite chiffré ci-dessus).
des achats de matières premières ou de
matériaux importants, ou encore, plus ■ Pas d’amortissements
généralement pour ceux en phase de L’exploitant soumis au régime de la
démarrage, période pendant laquelle les micro-entreprise ne peut amortir les
charges sont souvent importantes. biens qu’il utilise pour son activité. Cela
D’autre part, l’exploitant qui ne paye vaut aussi bien pour l’amortissement
pas de TVA ne peut en faire apparaître linéaire, qui est déjà pris en compte par
sur les factures qu’il délivre à ses le biais de l’abattement forfaitaire, que
clients. Pas de problème lorsque les pour l’amortissement dégressif. Ce
clients sont des particuliers ou des mode accéléré d’amortissement est en
bénéficiaires de la franchise en base de effet réservé aux entreprises soumises à
TVA, puisque dans tous ces cas ils ne un régime réel d’imposition.
payent pas la taxe. C’est plus gênant,
par contre, lorsque les clients sont des
professionnels soumis à la TVA car ils ■ Pas d’allégement pour
ont besoin de TVA récupérable pour les entreprises nouvelles
diminuer le montant de la taxe qu’ils Actuellement, dans le cadre de la poli-
doivent payer. Être soumis au régime tique d’aménagement du territoire, des
de la microentreprise peut alors être dispositifs d’exonération, totale ou
un élément « commercial » pénalisant. partielle, de l’impôt sur les bénéfices

21 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Les limites
réalisés ou de la taxe professionnelle cier car ces dispositifs sont réservés
sont accordés aux entreprises qui aux exploitants soumis à un régime
s’installent dans certaines zones délimi- réel d’imposition. ■
tées. L’exploitant soumis au régime de
la microentreprise ne peut en bénéfi-

• RF CONSEIL • Novembre 2004 22


Changer de régime
11. La sortie volontaire
du régime « micro »
Plutôt que d’avoir à subir mal réside essentiellement dans le
son mode d’imposition, poids des obligations déclaratives
l’entreprise peut aussi (nombre de tableaux et annexes à
fournir) qui est beaucoup plus impor-
l’anticiper et choisir celui
tant dans le cadre du régime réel nor-
qui répond le mieux mal. Ceci explique qu’en pratique les
à ses besoins. microentreprises optent surtout pour
L’impossibilité de récupérer la TVA ou le régime du réel simplifié.
de dégager un déficit d’exploitation Date et durée de l’option. Pour les
reportable, le fait que le montant réel entreprises relevant de la catégorie des
des charges soit supérieur au montant bénéfices industriels et commerciaux,
de l’abattement forfaitaire ou l’anticipa- l’option pour un régime réel, simplifié ou
tion d’une phase de développement, normal d’imposition doit être exercée
tout cela peut justifier que l’exploitant auprès du centre des impôts dont
décide d’abandonner le régime de la dépend l’entreprise, avant le 1er février
microentreprise alors même que son de l’année au titre de laquelle l’entrepri-
chiffre d’affaires ne dépasse pas les se souhaite bénéficier du régime réel. La
limites d’application de ce régime. Il peut loi de finances pour 2002 a modifié la
alors opter soit pour un régime réel durée de l’option qui désormais ne dure
d’imposition de ses résultats, soit pour plus cinq mais deux ans. Par conséquent,
le paiement de la TVA, soit pour les une option exercée avant le 1er février
deux. Le choix n’est pas neutre, car 2003 produira ses effets pour les années
selon l’option effectuée, il faut savoir que 2003 et 2004. En matière de bénéfices
les conséquences ne sont pas les non commerciaux, l’option, qui dure éga-
mêmes. lement deux ans, doit être exercée au
plus tard le 30 avril. Comme en matière
■ Opter pour un régime de BIC, elle se renouvelle par tacite
réel d’imposition reconduction par période de deux ans.
Réel simplifié ou réel normal. Les Comment opter ? Pas de formalisme
entreprises relevant de la catégorie particulier pour l’option. Le fisc exige
des bénéfices industriels et commer- simplement qu’elle soit expresse : une
ciaux (BIC) qui décident d’opter pour option faite sur papier libre et dûment
un régime réel d’imposition ont le signée produit donc tous ses effets
choix entre le régime du réel simplifié (voir modèle  page ci-contre). En
et celui du réel normal. Celles relevant revanche, le dépôt des déclarations
de la catégorie des bénéfices non com- correspondant à un régime réel d’im-
merciaux ne peuvent opter que pour le position (imprimé 2031 pour les BIC et
régime dit de la « déclaration contrô- 2035 pour les BNC) n’a pas valeur
lée ». Dans les deux cas, l’exploitant d’option. L’entreprise qui souhaite
détermine son bénéfice imposable en renoncer à l’option précédemment
tenant compte des charges réellement exercée doit également le faire par
supportées par l’entreprise. La diffé- courrier adressé au centre des impôts
rence entre réel simplifié et réel nor- dont elle dépend.

23 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Changer de régime
une seule fois, en avril, lors du dépôt
 Option pour un régime de la déclaration annuelle CA 12.
simplifié d’imposition Date et durée de l’option. L’option
Monsieur l’Inspecteur, pour le paiement de la TVA peut être
« J’ai l’honneur de vous faire savoir que exercée à tout moment auprès du ser-
j’opte pour le régime simplifié d’imposi- vice des impôts dont relève l’entre-
tion des bénéfices à compter de l’année prise. Elle est valable deux ans et prend
.... Sous réserve de continuer à respec- effet dès le premier jour du mois au
ter les conditions de l’article 293 B du cours duquel elle est déclarée. Une
CGI, j’entends continuer à bénéficier de
option exercée, par exemple, le 26 mai
la franchise en base de TVA.
2004 produira donc ses effets du
Veuillez agréer,… »
1er mai 2004 au 31 décembre 2005.
Date et signature
Pour rappel, depuis cette année, l’op-
tion pour un régime réel d’imposition
Portée de l’option. À l’inverse de des résultats dure également deux ans.
l’option pour le paiement de la TVA, L’option n’est soumise à aucun forma-
celle pour un régime réel d’imposition lisme particulier, ni à une déclaration
des résultats ne produit d’effets que fiscale spécifique : une simple lettre
pour l’imposition des bénéfices. Pour suffit donc, dès lors qu’elle manifeste
le reste, l’entreprise continue à bénéfi- clairement la volonté de l’exploitant
cier de la franchise en base de TVA (voir modèle  ci-dessous). Pour les
(sous réserve, bien entendu, de conti- entreprises nouvelles, l’option produit
nuer à respecter les conditions d’appli- ses effets dès le début d’activité si elle
cation de ce régime). est exercée dans le premier mois d’ac-
tivité de l’entreprise.
■ Opter pour le Portée de l’option. Alors que l’op-
paiement de la TVA tion pour le paiement de la TVA ne
Régime des acomptes ou CA 3 ? produit d’effets que pour l’imposition
L’entreprise qui opte pour le paiement des résultats, celle pour le paiement de
de la TVA est en principe automati- la TVA est lourde de conséquences car
quement soumise au régime simplifié. elle concerne à la fois les BIC (ou
Celui-ci se caractérise normalement BNC) et la TVA. En d’autres termes,
par le paiement, pendant l’année, de elle entraîne l’exclusion automatique
quatre acomptes de TVA et par le régime du « micro » pour l’imposition
dépôt d’une déclaration de régularisa- des résultats. L’entreprise relève alors
tion CA 12. Chaque acompte versé en du régime du réel simplifié d’imposi-
avril, juillet, octobre et décembre est tion mais peut opter pour le régime du
égal à 25 % de la TVA payée l’année réel normal. ■
précédente pour les trois premiers et
20 % de ce montant pour celui de  Option pour le paiement
décembre. L’entreprise peut toutefois de la TVA
préférer se placer sous le régime du Monsieur l’Inspecteur,
réel normal. Tous les mois, elle devra « J’ai l’honneur de vous informer que
alors souscrire des déclarations de j’opte pour le paiement de la TVA à
TVA CA 3. Depuis le 1er janvier 2003, compter du 1er ... 2004. En raison de
les entreprises qui ont payé moins de cette option, je serai exclu du régime
1 000 ¤ de TVA (hors TVA déductible des microentreprises pour l’imposition
sur les immobilisations) au titre de l’an- des bénéfices réalisés en 2004 et 2005.
née ou de l’exercice précédent n’ont Veuillez agréer,… »
pas d’acompte à verser en cours d’an- Date et signature
née. Le versement de la TVA a lieu, en

• RF CONSEIL • Novembre 2004 24


12. La sortie obligatoire en cas
de dépassement des seuils
Selon l’importance du 84 000 ¤ ou 30 500 ¤). Dans ce cas, le
dépassement des seuils, régime de la microentreprise est main-
la sortie sera plus ou tenu au titre de la première année de
dépassement des seuils limites. Par
moins immédiate.
contre, le 1er janvier de l’année suivan-
À s’en tenir aux règles qui régissent la te, l’entreprise devient redevable de la
fiscalité, le régime d’imposition d’une TVA et son bénéfice est, de ce fait,
entreprise est notamment déterminé imposé selon les règles du réel (voir
en fonction du montant de son chiffre tableau page ci-contre). L’abattement
d’affaires. Dépasser les seuils du régi- forfaitaire de 72 %, 52 % ou 37 % s’ap-
me de la microentreprise entraîne plique jusqu’au plafond de 76 300 ¤ ou
donc, en principe, la sortie obligatoire 27 000 ¤. Au-delà de cette limite, aucun
du régime « micro » et l’imposition abattement n’est appliqué.
sous un régime réel. À noter également que le maintien du
régime « micro » au titre de la premiè-
■ Bénéfices et franchise re année de franchissement des seuils
en base étroitement liés ne s’applique ni en cas de changement
En cas de dépassement en cours d’an- d’activité, ni pour les entreprises nou-
née des seuils d’application du régime velles qui dépassent les limites au titre
« micro », le fisc admet que l’exploitant de leur première année d’activité.
continue à bénéficier de ce régime
ultra-simplifié d’imposition au titre de ■ Sort des « grands »
la première année de dépassement des dépassements
limites, si pour la totalité de cette Aucune tolérance, en revanche, si le
même année l’entreprise est exonérée chiffre d’affaires ou les recettes de l’an-
de TVA ou bénéficie de la franchise en née en cours dépassent 84 000 ¤ ou
base de TVA. Or, sur ce point, tout 30 500 ¤, l’entreprise devient alors
dépend de l’importance du dépasse- redevable de la TVA, pour au moins
ment des limites. deux ans. Le paiement est effectif à
compter du premier jour du mois du
■ Une tolérance pour les franchissement des limites.
« petits » dépassements Conséquence du paiement de la TVA :
Pour éviter que l’entreprise n’ait à subir les résultats de l’entreprise ne relèvent
de façon trop brutale les conséquences plus du régime « micro ». Ils sont impo-
d’un changement de régime d’imposi- sés sous le régime simplifié d’imposi-
tion, une tolérance légale a été prévue. tion dès l’année du dépassement (à
Ainsi, le régime de la « franchise en compter du 1er janvier) et de l’année
base de TVA », indispensable pour suivante (voir tableau ci-dessous).
bénéficier du régime « micro », conti-
nue-t-il à s’appliquer si le seuil de 76 ■ Incidences d’une baisse
300 ¤ n’est dépassé que de 7 700 ¤ et du chiffre d’affaires
celui de 27 000 ¤ de 3 500 ¤ (soit un Les aléas de l’activité économique de
chiffre d’affaires n’excédant pas l’entreprise peuvent avoir pour consé-

25 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Changer de régime
quence que, après une année de hausse franchise en base, qui s’apprécient en
du chiffre d’affaires, celui-ci baisse l’année fonction du chiffre d’affaires de l’année
suivante. Si cette variation à la baisse précédente, ne sont pas remplies. Les
implique de refaire passer l’entreprise résultats restent donc imposés selon les
sous les limites du régime « micro », se règles du réel l’année suivant celle du
pose alors la question de savoir quel franchissement des seuils (voir tableau
régime d’imposition des résultats doit ci-dessous). Sous réserve de respecter
être appliqué. L’entreprise repasse-t-elle les conditions relatives au chiffre d’af-
automatiquement au régime « micro » faires, il faudra donc attendre deux exer-
dès l’année de la baisse ? Non, car les cices pour que l’entreprise puisse à nou-
conditions d’application du dispositif de veau bénéficier du régime « micro ». ■

Tableau récapitulatif
CA compris entre 2004 2005
76 300 ¤ et 84 000 ¤ HT
(ventes) ou 27 000 ¤ HT et Paiement
30 500 ¤ HT (PDS) Baisse du de la TVA
chiffre et régime
d’affaires simplifié
Micro-
Maintien du régime de en 2004 d’imposi-
Situation entreprise Micro-
Évolution la microentreprise (BIC) et et en tion (car la
de (BIC) et entreprise
du de la « Franchise en base de 2005, le franchise
l’exploi- « franchise (BIC) et
chiffre TVA » pour l’année entière ramenant en base,
tant en base « Franchise
d’affaires sous appréciée
individuel de TVA » en base
en 2003 CA supérieur à 84 000 ¤ HT les limites en fonction
en 2002 de plein ou 30 500 ¤ F HT de TVA »
d’applica- du CA
droit
tion de l’année
– Régime simplifié
du régime précédente,
d’imposition à compter
« micro » ne s’ap-
du 1er janvier 2003
plique pas)
– Paiement de la TVA
à compter du 1er jour de
dépassement des limites

• RF CONSEIL • Novembre 2004 26


13. Conséquences du changement
Qu’elle soit volontaire ou obligatoire, l’imposition pour un régime
réel entraîne les conséquences suivantes.

tats. Il s’agit de la déclaration 2031 pour le revenu global des six années sui-
les titulaires de bénéfices industriels et vantes.
commerciaux et de la déclaration 2035
pour les titulaires de bénéfices non ■ Sort des ARD
commerciaux. Dans les deux cas, l’ex- L’imposition sous un régime réel d’im-
ploitant détermine son bénéfice impo- position permet la constatation d’amor-
sable en tenant compte des charges tissements linéaires et dégressifs (amor-
réellement supportées. tissement plus rapide sur certains types
de biens), en revanche, elle ne permet
■ TVA récupérable plus la prise en compte des « ARD »
L’exploitant qui opte pour le paiement (amortissements réputés différés),
de la TVA peut ainsi la facturer à ses ceux-ci ayant disparu. En effet, la loi de
clients et récupérer celle qui lui est fac- finances pour 2004 a modifié les règles
turée sur ses achats et investissements. d’imputation des déficits dans les socié-
En contrepartie, s’il opte pour le réel tés relevant de l’IS. Désormais, l’imputa-
normal, tous les mois il devra souscri- tion est possible sans limitation de
re une déclaration de TVA CA 3 ; si le durée, comme les ARD. Du coup, les
montant de la TVA payée l’année pré- ARD ont perdu leur raison d’être.
cédente n’a pas dépassé 400 ¤, la Cette solution, s’applique aussi aux
déclaration pourra cependant être sociétés soumises à l’IR.
effectuée par trimestre.
■ Plus-values constatées
■ Un déficit reportable en franchise d’impôt
L’option pour un régime réel d’imposi- Les contribuables qui exercent pour la
tion, réel simplifié et normal ou une première fois l’option pour un régime
déclaration contrôlée, est particulière- réel d’imposition peuvent constater,
ment intéressante pour les entreprises en franchise d’impôt, les plus-values
déficitaires puisque, dans ce cas, le acquises sur les éléments non amortis-
déficit d’exploitation dégagé peut être sables à la date de l’option. ■
reporté sur l’ensemble des autres
revenus de l’exploitant et des
membres de son foyer, réalisés au
cours de la même année. Si le revenu
global n’est pas suffisant, l’excédent est
alors reporté, jusqu’à épuisement, sur

■ Une déclaration de
résultats
Tous les ans, les exploitants soumis à un
régime réel d’imposition doivent
joindre à leur déclaration d’ensemble
des revenus une déclaration de résul-

27 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Statuts juridique et social
14. Le microentrepreneur :
un travailleur indépendant
Conséquences juridiques Activité artisanale. L’inscription se
du fait que le statut fiscal fait au répertoire des métiers par le
de la microentreprise est biais du CFE tenu par la Chambre de
métiers.
réservé aux entrepreneurs
Activité libérale. Le CFE compétent
individuels. est l’URSSAF du département. Pour les
activités réglementées, bien que l’agré-
■ Déclarer son activité ment préalable par les autorités compé-
L’entrepreneur individuel soumis au tentes ne soit pas requis par le CFE,
régime de la microentreprise doit, en l’inscription auprès de certaines sections
tout début d’activité, accomplir rapide- de la CNAPVL n’est possible qu’après
ment certaines formalités d’immatricu- avoir justifié de son inscription à l’ordre
lation et d’affiliation. Celles-ci s’effec- professionnel, ou sur un tableau propre
tuent en un lieu unique, le centre de à la profession ou encore de l’agrément
formalités des entreprises (CFE), ce qui par les autorités publiques.
permet de souscrire au moyen d’un seul
document les diverses déclarations obli- ■ Local de l’entreprise
gatoires d’ordre juridique, administratif, La jouissance du local où s’exerce l’ac-
fiscal, social et statistique. tivité peut résulter d’un bail (quant au
Activité commerciale ou indus- choix, voir RF Conseil 129, pp. 12 à
trielle. Le créateur doit s’inscrire au 16), d’une domiciliation collective ou
registre du commerce (RCS) par le encore d’un titre de propriété si le
biais du centre de formalités des entre- micro-entrepreneur s’installe dans un
prises tenu par la Chambre de com- local lui appartenant (voir encadré).
merce et d’industrie.
■ Risques liés à l’activité
L’entreprise individuelle n’est pas une
Local professionnel : personne ; elle se confond avec son
propriétaire qui est indéfiniment res-
le fisc défavorise les libéraux ponsable sur ses biens des dettes de
Les contribuables titulaires de BIC, qui
utilisent un local leur appartenant
l’entreprise (RF Conseil 118, p. 13).
pour leur activité professionnelle, sont Risque supplémentaire : même s’il n’in-
autorisés à déduire de leur résultat tervient pas dans l’activité, le patrimoi-
imposable le loyer de l'immeuble ne du conjoint peut aussi parfois être
même non inscrit à l'actif de leur mis en danger (voir p. 30, fiche 15).
bilan. Cette solution n'est pas transpo-
sable aux titulaires de BNC. ■ Démarches sociales
Le microentrepreneur relève en prin-
cipe du régime social des non-salariés.
Ses obligations déclaratives et les
conditions de versement de ses cotisa-
tions peuvent toutefois varier s’il s’agit
d’un pluriactif (voir p. 29, fiche 15). ■

• RF CONSEIL • Novembre 2004 28


15. Microentrepreneur :
quelles obligations sociales ?
Le microentrepreneur est valeur de la base mensuelle de calcul des
astreint aux obligations prestations familiales la première année et
d'un travailleur non salarié, 27 fois cette valeur la seconde année. Par
ce biais, la troisième année, la régularisa-
même si elles sont allégées
tion sera généralement moins lourde. À
en début d'activité. noter que le régime diffère sensiblement
pour les libéraux. Depuis 2004, l’entre-
■ La protection sociale preneur individuel soumis au régime
d'un indépendant micro BIC ou micro BNC peut toutefois
Progressivement, ces dernières demander que ses cotisations soient cal-
années, les prestations et le niveau de culées sur ses revenus réels de l’année.
cotisations des régimes de protection Rien à payer au début. Aucune coti-
sociale du régime général des salariés sation n’est appelée au cours des trois
et de celui des indépendants se sont premiers mois d’activité. En pratique,
rapprochés (RF Conseil 113, p. 11). cette règle peut même aboutir à un
Une réelle différence demeure cepen- délai de paiement de six mois. Ainsi,
dant : sauf assurance volontaire auprès pour les cotisations personnelles URS-
d'un des deux organismes facultatifs SAF, si le délai entre le début d’activité
existants (la GSC ou l’APPI), les tra- et la date limite officielle de paiement
vailleurs indépendants ne bénéficient des cotisations (15 février, 15 mai,
pas du droit à l’indemnisation chômage 15 août et 15 novembre) n’atteint pas
au cas où l’entreprise péricliterait. 90 jours, le versement est reporté à
l’échéance suivante.
■ Charges sociales
allégées au démarrage ■ Le pluriactif ponctuel
Base de calcul forfaitaire unique. n’échappe pas à l’URSSAF
Faute d’éléments de référence, les coti- Le régime fiscal de la microentreprise est
sations des deux premières années se fort utile en cas d’activités multiples. Mais
calculent sur la base d’une assiette for- ce n’est pas si simple sur le plan social.
faitaire unique valant pour toutes les Par exemple, un salarié complétant ses
cotisations (sauf les cotisations d’assu- revenus par des droits d’auteur doit
rance vieillesse complémentaires des doublement cotiser : au régime général
artisans et les cotisations invalidité- des salariés et à celui des non-salariés
décès des artisans et commerçants). dont relève son activité indépendante
Ces cotisations font l’objet d’une régu- (RF Conseil 120, p. 15). Même occasion-
larisation la troisième année, une fois les nelle, une prestation non salariée doit
revenus réels connus. être déclarée au CFE. Peu importe que le
Une base progressive les deux pre- microentrepreneur bénéficie déjà d’une
mières années. Pour ne pas obérer, par couverture sociale en tant que salarié ou
de lourdes régularisations, les capacités de qu’il s’avère ensuite que, au vu des pla-
financement des créateurs, l’assiette de fonds, aucune cotisation n’est finalement
calcul de leurs cotisations des deux pre- due en tant qu’indépendant (RF Conseil
mières années est progressive : 18 fois la 125, p. 8).

29 Novembre 2004 • RF CONSEIL•


Statuts juridique et social
Depuis le 1er janvier 2004, cependant, les tout en conservant leur emploi salarié
salariés en activité ou bénéficiant de l’al- peuvent, sur leur demande et dans la
location parentale d’éducation (rempla- limite d’un plafond de revenus, être exo-
cée par la PAJE pour les enfants nés ou nérés de cotisations personnelles dues
adoptés après le 1er janvier 2004) qui au titre de leur nouvelle activité. ■
créent ou reprennent une entreprise

• RF CONSEIL • Novembre 2004 30


16. La place du conjoint
du microentrepreneur
L’entrepreneur doit actes (ex. : souscription d’une garantie)
songer aux incidences de ou prises de décision par le conjoint
son statut sur la situation dans l’entreprise pourraient être invo-
qués par les créanciers pour étendre
de son conjoint, qu’il par-
leurs poursuites. C’est surtout vrai à
ticipe ou non à l’activité. l’égard du conjoint bénévole. Le salarié
qui s’en tient à son rôle de subordon-
■ Un statut professionnel né ou le conjoint-collaborateur qui
adapté au conjoint n’est qu’un mandataire de l’entrepre-
Le régime fiscal de la microentreprise neur sont davantage à l’abri.
étant réservé à l’entrepreneur indivi-
duel, son conjoint n’a d’autre choix ■ Protection sociale liée
que de collaborer : au statut professionnel
- soit en bénévole sans statut particu- Le choix du statut du conjoint, dont
lier. S’il n’a pas sa propre activité, il est découle sa protection sociale, dépend
considéré sans profession, largement du fait qu’il exerce ou non
- soit en tant que conjoint-collabora- une activité personnelle par ailleurs lui
teur inscrit au RCS ou à l’URSSAF, conférant déjà une protection. Ayant
droit reconnu depuis peu au conjoint droit de l’entrepreneur, le bénévole est
du professionnel libéral (RF Conseil pris en charge pour les risques mais ne
129, p. 17), perçoit pas d’indemnités. Tandis que le
- soit comme conjoint salarié de son conjoint-collaborateur peut bénéficier
époux s’il peut démontrer la réalité du d’une couverture sociale gratuite plus
lien de subordination. étendue, la plus large protection étant
néanmoins assurée au salarié (RF
■ Risques liés à l’activité Conseil suppl. 118, pp. 16 et 17).
Outre les risques financiers encourus
directement par l’entrepreneur (voir ■ Salaire du conjoint
p. 28, fiche 14), le patrimoine de son Le bénévole et le conjoint-collaborateur
conjoint peut aussi être mis en péril n’étant pas rémunérés, il n’y a pas de
même s’il n’intervient pas dans l’activité. revenu imposable ou déductible ; dans
Ainsi, en cas de mariage sous le régime certaines limites, les cotisations volon-
de la communauté des biens, les créan- taires versées pour le conjoint-collabora-
ciers de l’exploitation peuvent se payer teur peuvent néanmoins être déduites
sur les biens propres du chef d’entrepri- du résultat. La rémunération du conjoint
se et sur le patrimoine commun dont la salarié est entièrement déductible (à
moitié appartient à l’autre époux. D’où condition de ne pas être excessive et de
la nécessité d’adapter son régime matri- correspondre vraiment au travail fourni)
monial (RF Conseil suppl. 118, p. 6). si les époux sont séparés de biens. À
Responsabilité accrue. Le régime défaut, le salaire n’est déductible, pour
de séparation des biens doit permettre l’exercice civil 2003, qu’à hauteur de
de cantonner les risques au patrimoine 2 600 ¤ ou 41 890 ¤ en cas d’adhésion
du microentrepreneur. Mais certains à un centre de gestion agréé. ■

31 Novembre 2004 • RF CONSEIL•