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Anton LaVey, Légende et Réalité

Réalisé par sa fille Zeena et par Nikolas Schreck - 2 février 1998

Anton Szandor LaVey (1930-1997), aux côtés de Charles Manson, Timothy Leary, et autres gourous
messianiques pop, fut une des figures de proue de la contre-culture issue des expérimentations sociales
des années 60. En tant que Grand-Prêtre flamboyant de L'Eglise de Satan et auteur de La Bible
Satanique, il tint le rôle d’un "grand méchant loup" idéal dans la presse à sensations américaine de cette
période tumultueuse.

Son intrigante célébrité fut essentiellement due à une légende qu'il forgea de ses propres mains. Il est fort
probable en dernière analyse, que cette légende méticuleusement orchestrée, soit l'héritage le plus
durable qui provienne de LaVey. LaVey propagea sa légende grâce à des interviews dans les journaux,
des entretiens personnels avec ses disciples, et aussi deux [auto]biographies officielles (apparemment
écrites discrètement par LaVey lui-même)La première de celles-ci, parue en 1974 et intitulée Le Vengeur
du Diable ( attribuée à l'associé de LaVey, Burton Wolfe), enjolivée par des mensonges que Wolfe avait
déjà esquissés dans son Introduction à La Bible Satanique. La seconde, en 1990, intitulée La vie secrète
d'un satanisme (attribuée à Blanche Barton, la secrétaire qui partageait sa vie et fut la mère de son fils)
contredisait un grand nombre des propres déclarations de LaVey dans son premier livre, tout en donnant
en pâture au public de nouvelles légendes. Alors que des historiens du fait social et des spécialistes des
mouvements occultes commençaient à étudier la vie de LaVey et les différentes périodes de celle-ci dans
un cadre historique objectif, une pléthore d'informations sur l'homme aux cornes de démon sont apparues
en pleine lumière. Cet inventaire sommaire a pour but de fournir un guide qui permettra de faire la
distinction entre les tromperies délibérées et les simples faits, si humains, trop humains. Dans un souci de
brièveté, seuls les aspects les plus connus de la légende seront clarifiés ici.

LA LEGENDE: prétendait que "Anton Szandor LaVey" était son véritable nom.

LA REALITE: Son nom était: "Howard Stanton Levey"

LES SOURCES: certificat de naissance du 4/11/1930, Compté de Cook, Illinois, USA. Confirmé par des
proches parents.

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LA LEGENDE: prétendait que ses parents étaient Joseph et Augusta LaVey

LA REALITE: ses parents furent Michael et Gertrude Levey


LES SOURCES: certificat de naissance du 4/11/1930, Compté de Cook, Illinois, USA. Confirmé par la fille
d'ASL, Zeena, et sa fille Karla, en conformité avec ce qui figure sur le certificat de décès de ASL.

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LA LEGENDE: prétendait qu'il fut initié au Côté Sombre par sa grand-mère tzigane de Transylvanie, qui,
alors qu'il était enfant, le nourrissait de folklore surnaturel et de contes de vampires et autres loups-
garous.

LA REALITE: la grand-mère d'ASL ne venait pas de Transylvanie, pas plus qu'elle n'était de souche
tzigane. Elle était ukrainienne et se nommait Cecile Luba Primokov-Coulton. ("Coulton" venait du nom
Koltonoff anglicisé) En dépit de ses fréquentes déclarations à ce sujet, ASL n'eut aucun ancêtre tzigane.

LES SOURCES: des parents, y compris les propres parents d'ASL.

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LA LEGENDE: en 1945, âgé de 15 ans, ASL fut conduit à travers les ruines de l'Allemagne d'après-guerre
par son oncle, officier des Gardes-Côtes US. Là, on projeta à l'adolescent des films top-secret inspirés de
groupes sectaires satanistes et de leurs rituels. ASL déclara que les rituels "allemands" dans son livre de
1972 Les Rituels Sataniques, sont calqués sur les rituels filmés qu'il eut sous les yeux étant adolescent.

LA REALITE: le jeune Howard passa toute l'année 1945 dans les banlieues du nord de la Californie, et n'a
jamais mis les pieds en Allemagne de toute sa vie. L'oncle qui soi-disant le conduisit en Allemagne, était
incarcéré au Pénitencier de MacNeill Island pour sa participation à des activités criminelles en relation
avec Al Capone, et n'a jamais été dans l'armée. La loi martiale des Alliés interdisait aux citoyens
américains de visiter l'Allemagne d'après-guerre. Les rituels "Allemands" dans Les Rituels Sataniques
furent écrits dans un allemand anglicisé extrêmement sommaire. Ils ont été manifestement plagiés, tout
en étant adaptés, de la nouvelle Les Chiens de chasse de Tindalos, écrite par Frank Belknap Long et du
roman célèbre de HG Wells, L'Ile du Dr Moreau.

LES SOURCES: des parents de ASL, sa première épouse Diane LaVey, Les Rituels Sataniques, Les
Chiens de chasse de Tindalos, L'Ile du Dr Moreau. , Rosalind Herkommer, membre de L'Eglise de Satan.
(qui traduisit Les Rituels d'ASL en Allemand)

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LA LEGENDE: âgé de 15 ans, ASL joua en tant que second hautbois avec le San Francisco Ballet
Orchestra, ce qui fit de lui le plus jeune musicien ayant jamais joué avec cette prestigieuse formation.

LA REALITE: le San Francisco Ballet Orchestra n'existait pas en 1945. Le San Francisco Ballet était
accompagné par un orchestre local, dont les archives ne font apparaître aucun musicien de hautbois du
nom de "Levey" ou "LaVey".
LES SOURCES: San Francisco Performing Arts Library & Museum, San Francisco, California

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LA LEGENDE: en 1947, ASL fugua et se joignit au Cirque Clyde Beatty. Le cirque l'employa alors qu'il
était âgé de 17 ans, comme dompteur de lions. Puis il remplaça le joueur d'orgue et accompagna de
célèbres artistes comme les Concellos, Harold Alanza, et les Christianis.

LA REALITE: les volumineuses archives Beatty n'ont enregistré aucun "Levey" ou "LaVey" comme
dompteur de lions ou musicien. Les Concellos, Alanza ou les Christianis n'on jamais travaillé avec Beatty.
Il travaillèrent en exclusivité pour le Cirque Ringling Brothers.

LES SOURCES: Livre de Tournée de Beatty de 1947, Musée Mondial du Cirque, Baraboo, Wisconsin
(Wrignt, "SD", page 67); des parents d'ASL.

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LA LEGENDE: en 1948, âgé de 18 ans, ASL fut engagé pour jouer de l'orgue au théâtre burlesque
Mayan. Il y rencontra une jeune strip-teaseuse du nom de Marilyn Monroe, avec qui il vécut une histoire
d'amour passionnée, juste avant qu'elle ne devienne une star du cinéma. D'après ASL, Monroe eut
recours au strip-tease afin de pouvoir payer son loyer. Comme preuve de sa relation avec Marilyn Monroe,
ASL montrait par la suite à ses hôtes un exemplaire du fameux calendrier où Monroe avait posé nue, sur
lequel était écrit: "Cher Tony, tout ça, tu l'as eu sous les yeux bien souvent! Amoureusement, Marilyn"

LA REALITE: ASL n'a jamais fait la connaissance de Marilyn Monroe. Des intimes de Monroe, Robert
Slatzer, et Harry Lipton qui fut son imprésario en 1948, ont relevé et démonté cette fable. Lipton payait
toutes ses dépenses, y compris son loyer. Paul Valentine, le directeur du théâtre Mayan, déclara que le
Mayan n'avait jamais été un théâtre burlesque et que ni Monroe ni ASL n'avaient jamais travaillé pour le
Mayan dans aucun domaine. Diane LaVey, la première femme d'ASL, reconnut que ce fut elle qui rédigea
la dédicace de "Monroe" sur le calendrier. Edward Webber, le premier agent de publicité d'ASL déclara
qu'ASL admit lui-même n'avoir jamais connu Monroe.

SOURCES: Diane LaVey, Paul Valentine (Wrignt, "SD", n°68), Harry Lipton (conversation entre Aquino et
Lipton du 1/12/82), Robert Slatzer (lettre à Aquino du 27/11/82), Edward Webber (interview par Aquino du
2/6/91)

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LA LEGENDE: ASL a été confronté à la férocité de la nature humaine pendant son travail de photographe
à la Police de San Francisco au début des années 50.

LA REALITE: les anciennes listes du personnel du Département de la Police de San Francisco ne font
aucune mention ni d'un "Howard Levey", ni d'un "Anton LaVey". Frank Moser, qui fut un des photographes
de la Police au début des années 50, confirma qu'ASL n'avait jamais travaillé pour ce Département.

LES SOURCES: archives du SFDP, Frank Moser (Wright, "SD", page 68)

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LA LEGENDE: ASL étudia la criminologie à la Faculté Urbaine de San Francisco pendant la Guerre de
Corée.

LA REALITE: la FUSF n'a gardé aucune trace de l'inscription d'ASL à quelque période que ce soit.

LES SOURCES: archives de la FUSF. (Wright, "SD", page 68)


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LA LEGENDE: ASL acheta la maison du 6114 California Street (qui devait devenir par la suite le quartier-
général de l'Eglise de Satan - l'infâme "Maison Noire") parce qu'il découvrit dès la première visite qu'elle
avait abrité la première maison-close de Barbary Coast, madame Mammy Pleasant. La demeure était
truffée de trappes et de passages secrets construits par Pleasant pour fausser compagnie à la police lors
de ses raids.

LA REALITE: le 6114 était la maison des parents d'ASL. Ca n'a jamais été une maison-close, et Mammy
Pleasant n'y a jamais vécu ou exercé une activité. Les parents d'ASL ont d'abord autorisé ASL et sa
première épouse Carole à y habiter, puis lui en ont transféré la propriété conjointement à sa seconde
épouse Diane en 1971. Les passages secrets et pièces cachées qui existent ont été mis en place par
ASL.

SOURCES: des parents, le service du Cadastre de San Francisco (Michael et Gertrude Levey, Joint
Tenancy Grant Deed, 9 Juillet 1971)

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LA LEGENDE: dans les années 50, ASL se rendit à Nice, en France, où fut enregistré un album de
musique d'orgue sous le pseudonyme de "Georges Montalba".
LA REALITE: le premier et seul voyage d'ASL en France eut lieu dans le milieu des années 70, quand son
disciple hollandais Marteen Lamers, propriétaire d'un club "hot", finança son voyage. L'histoire
"ASL=Montalba" fit son apparition en 1989, quand un membre crédule de l'Eglise de Satan trouva un
album de Montalba et suggéra qu'il ressemblait à la propre musique d'ASL. ASL, qui n'aimait pas la
rivalité, répondit avec la grotesque prétention pseudonymique - qui est toujours ardemment défendue par
ses adeptes posthumes.

SOURCES: Diane LaVey, Zeena LaVey

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LA LEGENDE: ASL fut l'organiste officiel de San Francisco jusqu'en 1966, se produisant lors de soirées
de gala comme des réceptions du gouvernement et des rassemblements politiques.

LA REALITE: San Francisco n'eut jamais le moindre "organiste officiel". Selon la première épouse d'ASL,
Carole, son seul revenu de 29,91 dollars par semaine provenait de son emploi dans la boîte de nuit "Lost
Weekend", où il faisait office d'organiste sur un piano électrique Wurlitzer.

LES SOURCES: Julie Burford, Civic Auditorium; San Francisco, California. Procès-verbal du divorce de
Carole LaVey.

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LA LEGENDE: dans la nuit du 30 Avril 1966 (le festival Allemand satanique de Walpurgisnacht), ASL,
dans un "éclair aveuglant" s'institua lui-même Grand Prêtre de Satan, proclamant que l'âge de Satan avait
commencé, et fonda l'Eglise de Satan en tant qu'institution religieuse.

LA REALITE: en 1966, ASL se procurait des revenus complémentaires en faisant des conférences le
week-end sur des thèmes exotiques ou occultes, et en animant des "Ateliers de Sorciers". Il encaissait 2
dollars par participant, remplissant son salon de curieux et se bâtissant une réputation d'excentrique. Le
publicitaire professionnel Edward Webber suggéra à ASL qu'il "ne se ferait jamais d'argent en donnant
des conférences le Vendredi soir en s'attendant à des dons... ce serait mieux qu'il fasse une sorte d'église
en la faisant enregistrer auprès de l'Etat de Californie... j'ai dit à Anton à ce moment que la presse allait se
jeter là-dessus et qu'il en tirerait un maximum de notoriété". Durant l'été 1966, longtemps après la date
fictive de fondation, un article de journal sur les conférences d'ASL le mentionna avec désinvolture comme
"prêtre de l'église du diable". Ce mélange des idées de Webber et de la description du journal eut pour
résultat la création de l'Eglise de Satan en tant qu'entreprise commerciale et moyen de se faire de la
publicité. Jack Webb, un enquêteur de la Police de Los Angeles qui connaissait ASL de l'époque de la
boîte de nuit "Lost Weekend", lui fit aussi la suggestion de monter une sorte d'église afin de tirer profit de
ses quelques connaissances.

LES SOURCES: Edward Webber (interviewé par Aquino le 2/6/91), Jack Webb, Diane LaVey

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LA LEGENDE: le traditionnel crâne rasé d'ASL fut le résultat d'une cérémonie le 30 Avril 1966, afin
d'officialiser sa fonction de Grand Prêtre de Satan. Ce rituel fut accompli selon la tradition des adorateurs
du démon appartenant aux tribus Yezidi d'Iraq, qui étaient sensés pratiquer ce genre de cérémonies.

LA REALITE: ASL se rasa le crâne durant l'été 1966 à cause d'un pari qu'il fit avec son épouse pour
s'amuser. Le "look LaVey" n'a rien à voir avec la fondation de l'Eglise de Satan et n'a pas non de
signification mystique telle que celle qui lui fut attribuée plus tard. Et les qawwals (enseignants religieux)
Yezidi ne se rasent pas le crâne.

SOURCES: Diane LaVey; Ethel S. Drower, Peacock Angel, 1941; C.J. Edmonds, A Pilgrimage to Lalish,
Royal Asiatic Society, 1967.
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LA LEGENDE: en 1966, ASL créa lui-même l'emblème du Baphomet représentant l'Eglise de Satan.
Détenant les droits de ce dessin, il prétendait que celui-ci ne pouvait être reproduit sans acquérir les droits
de reproduction à l'Eglise de Satan.

LA REALITE: l'emblème du Baphomet utilisé par l'Eglise de Satan n'était ni une création originale et
n'avait pas non plus été réalisé par ASL, de ce fait il ne pouvait pas non plus être enregistré comme
marque déposée. L'original du Baphomet remonte au moins aussi loin que les Templiers. Le dessin pour
l'actuel emblème du bouc/pentagramme fit sa première apparition en 1931 dans un livre d'OSwald Wirth.
L'emblème complet avec les cercles et les lettres hébraïques "LVYThN" se trouve sur la couverture d'un
livre de Maurice Bessy deux ans avant la création de l'Eglise de Satan. D'anciennes photos des activités
de l'Eglise montrent ASL ou ses disciples en train d'utiliser le livre de Bessy comme accessoire lors des
prises de vues, à cause de cette couverture-Baphomet qui frappait les regards, et le vit inclure ce livre
dans la bibliographie de son livre "Compleat Witch". (la Bible Satanique)

LES SOURCES: Oswald Wirth, La franc-maçonnerie rendue intelligible a ces adeptes - II, "Le
compagnon", Paris: Derry-Livres, 1931, page 60; Maurice Bessy, A Pictorial History of Magic and the
Supernatural, London: Spring Books, 1964 [l'édition originale de ce livre - Histoire en 1000 images de la
magie - fut publiée en 1961 aux Editions du Pont Royal]; Thomas H. Hilton, Sex and the Occult, Vol. I, Los
Angeles: Centurion Press, 1974; des membres de l'Eglise de Satan, The Black Flame. (un magazine des
années 80 de l'Eglise de Satan)

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LA LEGENDE: l'une des falsifications les plus universellement admises d'ASL fut sa prétention à avoir
travaillé comme conseiller technique sur le film de Roman Polanski, Rosemary's Baby, en 1968. ASL
prétendait aussi avoir joué le rôle du diable, dont, chose curieuse, on ignore qui l'incarna réellement.

LA REALITE: ASL n'eut rien à voir avec Rosemary's Baby. L'ami intime de Polanski Gene Gutowski (le
producteur original du film) assura qu'il n'y a pas eu de conseiller technique, et que ASL n'avait jamais
rencontré Polanski. Le producteur William Castle, qui décrit en détail tous les aspects de la production du
film dans son autobiographie, ne mentionne jamais ASL. Il décrit en fait comment Polanski s'attacha à
construire son film en respectant scrupuleusement le roman d'Ira Lewin dont il était l'adaptation, éliminant
du coup tout besoin de conseil technique. Le père de l'actrice qui jouait la doublure de Mia Farrow dans la
scène du diable se rappela qu'un jeune et très mince danseur professionnel joua le rôle, vêtu d'une légère
combinaison en latex. En 1971 cette combinaison fut achetée par Studio One Productions de Louisville,
Kentucky, afin d'être utilisée dans un film d'horreur à petit budget, L'Asile de Satan. Michael Aquino,
conseiller technique pour ce film, conclut qu'avec ses 1,83 mètres et ses 100 kg il était impossible qu'ASL
ait pu la porter. [la combinaison fut portée par une jeune femme dans le film L'Asile. Pas un seul des
acteurs ou des membres de l'équipe de Rosemary's Baby n'a jamais mentionné la participation d'ASL. En
1968, un théâtre de San Francisco a bien demandé à ASL de faire une apparition lors de la première du
film, pour en faire un évènement promotionnel. Voilà qui semble bien avoir été le seul contact d'ASL avec
le film qui produisit dans les années 60 un engouement pour le satanisme.

LES SOURCES: Gene Gutowski; William Castle, Step Right Up! I'm Gonna Scare the Pants off America,
New York: Pharos Books, 1992; Diane LaVey, Michael A. Aquino (COS, page 17).

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LA LEGENDE: Jayne Mansfield, sex-symbol et actrice hollywoodienne, fut une adhérente Sataniste et eut
une liaison avec ASL.

LA REALITE: L'agent de publicité Tony Kent, un associé d'Ed Webber, arrangea la rencontre entre
Mansfield et ASL comme un coup publicitaire. ASL était fol amoureux de l'actrice. Mansfield, qui ne
dissimulait pas ses nombreuses liaisons, nia connaître ASL intimement, et aucun de ses associés n'a
jamais confirmé une supposée histoire d'amour avec ASL. Dans une interview en 1967, elle déclara: "il
était tombé amoureux de moi et voulait vivre avec moi. C'était comique." D'après l'agent de publicité
d'ASL, Edward Webber, Mansfield aurait tourné en ridicule son soupirant Satanique en l'appelant de sa
maison de Los Angeles et en le provoquant au téléphone tandis que ses amis écoutaient la conversation.
Les déclarations publiques d'ASL selon lesquelles il avait eu une aventure avec Mansfield, commencèrent
seulement après la mort de Mansfield dans un accident de voiture, qu'il prétendit avoir été le résultat
d'une malédiction qu'il avait lancée contre son amant Sam Brody.

LES SOURCES: Edward Webber (interview avec Aquino le 2/6/91); interview avec Mansfield cité dans
Jayne Mansfield par May Mann, Pocket Books, 1974.

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LA LEGENDE: ASL écrivit La Bible Satanique, son oeuvre principale, afin de pourvoir au besoin de sa
congrégation de posséder des Ecritures auxquelles se référer.

LA REALITE: La Bible Satanique fut conçue comme un vecteur publicitaire par l'éditeur de livres de poche
Avon Books. Avon pris contact avec ASL pour qu'il lui fournisse un écrit de style satanique afin de se faire
de l'argent en profitant de la mode Satanisme & Sorcellerie de la fin des années 60. Mis sous pression par
le délai fixé par Avon, ASL recourut au plagiat, incorporant des extraits d'un pamphlet obscur de 1896 -
Might is Right (La Puissance c'est le Droit) de Ragnar Redbeard dans un "Livre de Satan" pour en faire la
BS, dont il s'autoproclama l'auteur. [de façon assez ironique, ces passages empruntés au MiR sont ceux
que ses disciples citent le plus.] Le dernier tiers de la BS est emprunté aux "Clés d'Enoch" de John Dee,
littéralement plagié tel quel, encore une fois sans en indiquer la source, à savoir Equinox d'Alistair
Crowley. Les "Neufs Principes Sataniques" de la BS, l'une des doctrines fondamentales de l'Eglise de
Satan, est une paraphrase, encore une fois sans attribution d'auteur, de passages du livre d'Ayn Rand,
Atlas Shrugged. Les derniers mots de la BS - "Yankee Rose" - ont intrigué les lecteurs durant des
années. "YR" est en fait le nom d'une rengaine populaire qui faisait partie du répertoire de la boîte de nuit
où jouait ASL.

LES SOURCES: ASL, The Satanic Bible; Ragnar Redbeard, Might is Right, Port Townsend: Loompanics
(réédition), 1896; Ayn Rand, Atlas Shrugged (Galt's speech, ca. pages 936-993); "Yankee Rose" by
Sidney Holden & Abe Frankl (Irving Berlin Music, 1926).

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LA LEGENDE: ASL prétendit qu'au zénith de la popularité de l'Eglise de Satan, celle-ci comptait des
dizaines de milliers de membres actifs.

LA REALITE: Diane LaVey (qui fut la gestionnaire de l'Eglise en tant que Grande Prêtresse de 1966 à
1984), Michael L. Aquino (Maître senior de l'Eglise et Editeur de sa lettre de nouvelles Cloven Hoof de
1971 à 1975), et Zeena LaVey (Grande Prêtresse de L'Eglise de 1985 à 1990) ont tous affirmé que les
chiffres avancés par ASL étaient grossièrement exagérés. Les adhérents de l'Eglise de Satan n'ont jamais
dépassé 300 personnes, dont certains n'étaient pas réellement affiliés, mais seulement des abonnés à la
lettre de nouvelles ou des amis d'ASL à qui il envoyait des mailings.

LES SOURCES: Diane LaVey, Michael A. Aquino, Zeena LaVey.

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LA LEGENDE: ASL prétendait être multimillionnaire, posséder trois maisons dans le nord de la Californie,
un couvent en Italie, un château en France, une ribambelle de voitures de luxe, un yacht de 56 mètres,
trois bateaux de sauvetage et d'autres biens.

LA REALITE: Au cours du procès de Diane [LaVey] contre ASL et du jugement de banqueroute qui
s'ensuivit, ASL déclara sous serment qu'il ne possédait rien de plus que la moitié de la maison dont ses
parents avaient fait une donation conjointe, à lui et à Diane, en plus des affaires personnelles qui s'y
trouvaient. Au cours de ses dernières années, ASL subsista grâce à l'aide sociale de l'Etat. Les experts
déclarèrent que la maison était en si piteux état qu'elle ne valait quasiment plus rien sur le marché
immobilier. Des membres de la famille ont certifié que dans le milieu des années 70, les LaVey vivaient
dans une quasi-pauvreté, obligés de recourir fréquemment à la générosité du père d'ASL. Selon d'autres
proches parents, ASL ne cessa de dépendre de la générosité d'amis et de parents jusqu'à la fin de sa vie.

LES SOURCES: Hegarty v. LaVey (San Francisco Superior Court Case n°891863), Anton LaVey
Bankruptcy, Chapter 7 (U.S. Bankruptcy Court, Northern California, Case n°91-34251), Zeena LaVey,
d'autres parents.
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LA LEGENDE: ASL fut un ami intime de Sammy Davis Junior, et l'introduisit à l'Eglise de Satan.

LA REALITE: Sammy Davis Junior fut invité à devenir membre d'honneur de l'Eglise de Satan par
Michael Aquino. Après que Davis eût donné son accord à Aquino le 17 Mars 1973, il fut reçu comme
membre d'honneur le 13 Avril, par Aquino et Karla LaVey uniquement. ASL ne rencontra pas Davis avant
Août 1973.

LES SOURCES: lettre de Davis à Aquino du 17/3/73; Bulletin de la Prêtrise de L'Eglise de Satan du
30/4/73; Aquino, COS, Chapitre 23; Sammy Davis, Hollywood in a Suitcase (extrait publié dans le Daily
News, New York, 11/9/80), Karla LaVey.

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LA LEGENDE: ASL donnait de lui l'image d'un chef de famille attentionné.

LA REALITE: ASL battit violemment sa femme Diane tout au long de leur mariage. En 1984, un rapport de
police a été rédigé, décrivant comment Diane fut étranglée par ASL jusqu'à perdre connaissance, tandis
que lui se trouva dans un tel état de folie meurtrière que sa fille Karla dut le séparer de Diane puis la
traîner hors de la maison afin de lui sauver la vie. ASL avait l'habitude de frapper physiquement et de
maltraiter celles de ses adeptes féminines avec qui il avait des relations sexuelles, les obligeant à se
prostituer grâce à son statut de "conseiller satanique", puis encaissant leurs gains. En 1986, ASL assista
sans intervenir à des abus sexuels sur son petit-fils par un ami de longue date, qui fut par la suite
condamné pour crimes sexuels envers des mineurs. En 1990, il mit au courant un rôdeur malade mental
d'un des rendez-vous de sa fille Zeena, mettant ainsi sciemment sa vie en danger.

LES SOURCES: procès-verbaux de la Police de San Francisco concernant les agressions d'ASL contre
Diane LaVey, Zeena LaVey, Stanton LaVey.

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LA LEGENDE: ASL était lié d'une profonde affection à son lion domestique, Togare.

LA REALITE: Alors qu'ASL prenait soin de se dépeindre publiquement comme un amoureux des animaux,
en privé il était cruel avec ses animaux de compagnie et ne s'en occupait quasiment pas. Togare n'était
qu'un lionceau quand on le lui donna en 1964, et il était loin de posséder les qualifications requises pour
prendre soin d'un tel animal exotique et sauvage, en dépit de ses prétentions d'avoir été dompteur. Alors
que Togare grandissait et devenait de plus en plus incontrôlable, ASL utilisait fréquemment une pique
électrique à bétail pour le frapper et l'effrayer de manière à le soumettre. De nombreux défenseurs des
animaux, notamment la dernière propriétaire de l'animal, Tippi Hedren, s'accordaient pour dire qu'il était
préjudiciable au développement d'un animal sauvage d'être ainsi élevé dans un environnement
domestique. ASL fut appréhendé à cause du comportement incontrôlable de Togare, et on lui imposa d'en
faire don au Zoo de San Francisco. Après s'être exécuté, ASL ne fit que deux visites à Togare. Du fait des
traumatismes reçu dans son jeune âge, il fallut s'occuper de Togare avec un soin particulier non
seulement dans le Zoo, mais aussi dans toutes les structures d'accueil pour animaux où il vécut par la
suite.

LES SOURCES: Jack Castor (Gardien des lions, Zoo de San Francisco), Diane LaVey, Zeena LaVey,
Tippi Hedren (The Cats of Shamballa, McGraw-Hill, 1985).

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LA LEGENDE: ASL était rempli d'affection pour ses autres animaux de compagnie.

LA REALITE: à la fin des années 60, ASL fit l'acquisition d'un Doberman Pinscher (Loki) dans le but de
renforcer son image "ténébreuse". ASL ne prit jamais le temps de lui apprendre la propreté ou de le
dresser, et le confinait dans une arrière cour complètement dévastée et en friche, cela par tous les temps.
Si Loki essayait de rentrer dans la maison pour se mettre à l'abri, ASL avait l'habitude de se servir contre
lui de la pique à bétail de Togare en le terrorisant pour le mettre dehors. Lorsqu'il fut âgé, Loki se retrouva
atteint d'arthrite à un tel point qu'il ne pouvait même pas monter sur le perron à l'arrière de la maison pour
prendre sa nourriture, et il commença à dépérir à cause de la malnutrition. A ce moment, ASL l'offrit à une
de ses "étudiantes" prostituées qui put témoigner qu'au moins Loki fut à l'abri et au chaud jusqu'à sa mort
quelques mois plus tard. Durant sa petite enfance, Zeena, la fille d'ASL fut réveillée brutalement en pleine
nuit par des bruits de coups accompagnés des hurlements de son chiot berger allemand. Se précipitant au
rez-de-chaussée, elle vit ASL en train de battre sauvagement avec une planche de bois la chienne
acculée dans un coin et terrorisée. Quand Zeena supplia ASL d'arrêter en lui demandant ce que la
chienne avait fait pour mériter un tel traitement, ASL s'écria: "elle ne m'écoute pas, je vais lui apprendre à
m'obéir!" ASL continua de battre l'animal jusqu'à ce qu'il ait le visage couvert de son sang, puis laissa
tomber la planche et abandonna la chienne toute tremblante dans le couloir, si blessée et effrayée qu'elle
ne laissa pas même Zeena s'approcher d'elle. La chienne en fut traumatisée pour longtemps.

LES SOURCES: Diane LaVey, Zeena LaVey.

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LA LEGENDE: le certificat de décès d'ASL précise que sa mort a eu lieu le 31 Octobre 1997 (jour
d'Halloween)

LA REALITE: une enquête officielle de la Ville de San Francisco détermina que la véritable date du décès
d'ASL était le 29 octobre 1997, et que la "date d'Halloween" résultait d'un faux en écritures.

LES SOURCES: Certificat de Décès n°380278667, Département de Santé Publique de San Francisco; Dr
Giles Miller (médecin qui assista à la mort d'ASL), Rectification du Médecin sur le Certificat de Décès,
26/11/97.

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REFERENCES DES RECHERCHES: Wright, Lawrence, "Sympathy for the Devil", Rolling Stone n° 612,
September 5, 1991. Saints and Sinners. New York: Alfred A. Knopf, 1993. Aquino, Michael A., The Church
of Satan. San Francisco: Temple of Set, 1983. Nous adressons tous nos remerciements aux parents et
collaborateurs d'ASL qui nous ont fait part de leurs souvenirs.

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Document original: http://www.churchofsatan.org/aslv.html

Traduction: David Brother