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Bordeaux, le 27 mai 2004

GROUPE DES VERTS


Mesdames et Messieurs les Maires,
Messieurs les Présidents de Syndicats
Intercommunaux de distribution de l’eau
potable en Gironde

Objet : Pour une politique de l’eau en Gironde.

Mesdames et Messieurs les Maires, Messieurs les Présidents,

Directement concerné par la problématique de l’eau dans notre département, je suis


intervenu à plusieurs reprises sur ce dossier, soit en ma qualité d’élu communautaire et
membre de la Commission Locale de l’Eau ou tout simplement en tant que militant
écologiste.

Après avoir fait du principe de « maîtrise de la consommation de l’eau » un cheval de


bataille nécessaire pour répondre à l’enjeu d’économie imposé par le SAGE (30 millions de
m3 d’ici 2010/2015), il m’a semblé également que la nature de la gestion du service public de
l’eau et sa compréhension était un élément déterminant pour l’atteinte des objectifs du SAGE.

C’est pourquoi, à titre personnel, j’ai entamé un travail de recherche et de


compréhension sur le prix de l’eau et de l’assainissement dans notre département que vous
trouverez en pièces jointes.

J’ai reporté les données publiques du prix de l’eau, par commune ou par groupement,
sur la carte de notre département par unité de distribution de l’eau. Pour ce qui concerne le
coût de l’assainissement, les données sont moins exhaustives, j’ai par conséquent repéré les
prix de quelques communes afin de donner une vue d’ensemble.

Si ces données n’ont pas de valeur scientifique et peuvent être interprétées


diversement, ce qui est important à mon sens, c’est la tendance générale à partir de laquelle on
peut faire un certain nombre de constats :

- Il n’existe pas de prix unique de l’eau, en Gironde.


- Par contre, on constate une grande variabilité de prix avec des écarts importants alors
que la nature de la ressource est quasi la même (nappes profondes) et que les
conditions de productions sont assez semblables.
- Il n’existe pas à priori de solidarité sur le département en dehors de celle apportée par
le Conseil Général ou l’Agence de l’eau, mais qui ne corrige pas les disparités.
- On n’observe pas de corrélation à priori entre des similitudes ou des écarts de prix et
des logiques géographiques ou de continuité territoriale.
- Les prix les plus bas peuvent côtoyer des prix très hauts quel que soit le territoire.
- On constate la prédominance très importante de la société Lyonnaise des Eaux dans la
gestion des contrats.
___________________________________________________________________________
Groupe des Verts de la Communauté Urbaine de Bordeaux
Laure Curvale, Marie-Claude Noël, Pierre Hurmic, Noël Mamère, Gérard Chausset, Michel Dané
Esplanade Charles de Gaulle - 33076 Bordeaux cedex
Tel : 05 56 99 89 34 - Télécopie : 05 56 99 89 01 - Courriel : dnicolas@cu-bordeaux.fr
Les causes de ces disparités sont sûrement en partie justifiées soit par la nature des
investissements entrepris ou à entreprendre. La qualité du service rendu peut lui aussi
expliquer certaines différences. Cependant cette quasi absence d’homogénéité appelle
plusieurs remarques et doit nous interroger.

Même si la distribution de l’eau est une compétence communale, donc forcément


morcelée, par rapport à un service somme toute relativement équivalent avec des
problématiques hydrologiques très voisines voir identique, force est de constaté en Gironde
l’inégalité du citoyen consommateur au regard du prix de l’eau peu compatible avec un accès
égal à cette ressource vitale.

Ces variabilités de prix, si elles sont justifiées par plusieurs facteurs interdépendants
ou non, sont à mon sens une difficulté supplémentaire pour répondre aux contraintes
nécessaires imposées par le SAGE au regard de la préservation des nappes profondes,
notamment l’éocène mais également l’oligocène.

Ces disparités tarifaires sont une difficulté supplémentaire pour réaliser les
investissements nécessaires à l’économie de la ressource en eau et à une plus grande efficacité
du système de production et de distribution de l’eau. Mais également, ces disparités freineront
l’introduction de la solidarité et de l’équité pour les communes qui ont de réelles difficultés.

Bien que des efforts aient été entrepris, notamment par l’intermédiaire de la
Commission Locale de l’Eau et la prise de conscience qui en résulte, force est de constater
que face à la problématique du SAGE, le nombre important de contrats en Gironde et leur
diversité est un handicap supplémentaire à l’atteinte des objectifs du SAGE.

Ceci est d’autant plus urgent que la prédominance des sociétés privées sur le
département en fait des partenaires incontournables dont les objectifs actuels de rentabilité
basé sur la vente de l’eau ne sont pas forcément en accord avec les préconisations du SAGE.

La rentabilité de la plupart des contrats des sociétés privées est basée sur la croissance
de la vente de l’eau, considérée comme une simple marchandise. La logique de rémunération
des contrats de concession doit être révisée, pour être rendue compatible au principe
d’économie voulu par le SAGE.

A l’heure ou des contrats ou des avenants arrivent régulièrement à échéance, il faut


proposer un système qui dissocie la rentabilité des contrats des volumes de vente d’eau. En
conséquence, il semblerait utile de réfléchir à une organisation collective à l’échelon
départemental qui définisse une politique de l’eau potable en Gironde.

Le service public de l’eau départemental est en quelque sorte à construire autour d’une
politique de l’eau à définir en fonction des objectifs du SAGE, enjeu de développement
soutenable afin d’imposer la prise en compte réelle de la préservation de la ressource par
l’ensemble des acteurs de la distribution de l’eau et particulièrement les sociétés privées.

Ce serait également l’occasion de clarifier la gestion de l’eau en Gironde afin que le


consommateur puisse comprendre réellement le prix de l’eau et s’assurer que ce coût sert
réellement à la pérennité de la ressource, objectif principal du SAGE nappes profondes.
C’est pourquoi je souhaite que vous vous associez à la demande que je formule auprès
du Président du Conseil Général, d’organiser une conférence sur la politique de l’eau en
Gironde, en collaboration avec le Préfet, qui réunirait tous les Maires et Présidents de
Syndicats intercommunaux ayant la compétence de l’eau mais également les associations afin
de mettre à plat le dossier et d’envisager des pistes d’action pertinentes.

Je vous saurai gré de bien vouloir m’adresser vos observations et vos suggestions pour
la réussite d’une telle initiative.

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Maires, Messieurs les Présidents,


l’expression de mes salutations distinguées.

Gérard CHAUSSET,

Adjoint au Maire de Mérignac


Conseiller communautaire
Vice-Président du SMEGREG
Membre de la Commission Locale de l’eau