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« Notre combat Gramscien au sein de la Gauche française. Notre contribution aux Etats Généraux
« Notre combat Gramscien au sein de la Gauche française. Notre contribution aux Etats Généraux
« Notre combat Gramscien au
sein de la Gauche française.
Notre contribution aux Etats
Généraux du Parti Socialiste »
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Avec la publication du livre Réformistes et Socialistes, Génération 6 Mai est le premier collectif
Avec la publication du livre
Réformistes et Socialistes,
Génération 6 Mai
est le premier collectif
à contribuer aux
Etat Généraux du Parti
Socialiste.

Esquissant les contours d’une social-démocratie à la française,

G6M appelle la Gauche à révolutionner sa pensée et son fonctionnement.

Doter la société de structures citoyennes dignes de ce nom, redéfinir idéologiquement le concept de progrès, repenser la régulation économique et nos garanties collectives, décentraliser et digitaliser le PS, ou encore profondément réinventer la place et le rôle de la France en Europe, voilà les premières pistes de réflexions que G6M propose à la Gauche d’explorer pour préparer son avenir.

Une nouvelle carte d’identité pour le PS ?

Génération 6 Mai dit « chiche » à ses dirigeants et contribue à poser les bases d’une formation politique pleinement renouvelée, vers la constitution d’une grande union des réformistes de Gauche.

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Notre combat gramscien au sein de la Gauche française. 1
Notre combat gramscien
au sein de la Gauche
française.
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Choisissant d’interroger le concept de social-démocratie en France, nous en sommes arrivés, à la suite de nos travaux de recherches et diverses rencontres, à poser un double constat.

Le premier est que la social-démocratie,- le modèle « classique » correspondant aux pays scandinaves, anglo-saxons et germanique, renonçant au renversement révolutionnaire du capitalisme, parti de masse quasi unique à gauche, lié organiquement à un syndicat de masse, recherchant en permanence des accords avec l’Etat et les organisations patronales -, n’existe pas en France.

Le second constat, partant du premier, est qu’il appartient aux réformistes de gauche que nous sommes de proposer, modestement, l’esquisse d’un modèle français spécifique pour déboucher vers une social-démocratie à la française.

La social-démocratie à la française que nous appelons de nos vœux s’adresserait non pas au seul travailleur, mais au citoyen dans son entier. C’est une social-démocratie centrée sur le lien politique qui unit les individus, au niveau national comme européen.

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Notre combat gramscien au sein de la Gauche française 1
Notre combat gramscien
au sein de la Gauche
française
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Notre leitmotiv est de faire avec et pour les citoyens afin que ceux-ci contribuent à la fabrication des réformes, des lois autrement pour mieux y adhérer et faciliter leurs mises en œuvre.

Nous nous inscrivons pleinement dans les pas de l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin qui décrivait que « plus qu’un système, la social-démocratie (…) est une inspiration, une façon d’agir, une référence constante à des valeurs démocratiques et sociales. ».

Cette définition reflète le particularisme du modèle, l’ADN français, notre combat Gramscien au sein de la Gauche française.

Les conditions du dialogue social n’étant pas optimales pour établir une pratique citoyenne renouvelée, nous proposons de reconsidérer les structures citoyennes et la Culture de la citoyenneté. Leviers essentiels sur lesquels nous devons agir.

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Se réapproprier et redéfinir la notion de Progrès 2
Se réapproprier et
redéfinir la notion de
Progrès
2

Sur les questions d’émancipation et de progrès, nous appelons la gauche réformiste à élaborer une nouvelle matrice idéologique.

« Comment se fait-il que des gens sérieux continuent à croire au progrès alors que les évidences les plus massives auraient dû, une fois pour toutes, les conduire à abandonner cette idée ? » 1 .

Il ne s’agit pas de confondre le progrès avec le scientisme, l’historicisme ou bien encore les théories évolutionnistes. En somme toute, la croyance au progrès ne suffit pas.

Refuser le fatalisme sans agir, sans combattre, est vain. Il nous appartient donc d’accompagner et de rendre possible l’émancipation et de définir le progrès.

L’œuvre est gigantesque et doit mobiliser l’ensemble des structures citoyennes. Il nous appartient d’élaborer une vraie culture de la citoyenneté, fondée sur les valeurs républicaines, qui nous permettrait d’être des citoyens éclairés.

1 LASCH, Christopher, Le seul et vrai Paradis. Une histoire de l’idéologie du progrès et de ses critiques, Champs essais, Flammarion, 2006.

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Se réapproprier et redéfinir la notion de Progrès 2
Se réapproprier et
redéfinir la notion de
Progrès
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Les structures citoyennes et la culture de la citoyenneté, sont deux leviers essentiels sur lesquels nous devons agir pour lutter contre les régressions intellectuelles, les reculs sur des combats que l’on croyait acquis, la montée des sectarismes.

« Le modèle républicain fondé sur la conception d’une collectivité nationale rassemblée autour d’un système de valeurs commun est en crise ». 2

Il nous faut mieux former à la citoyenneté, aux valeurs républicaines qui sont des guides essentiels à l’émancipation et au progrès. Il faut resocialiser la société.

Loin de croire à l’évolution naturelle qui tendrait vers le modèle social parfait sans la main de l’homme. Le progrès dépend de notre volonté consciente et de notre capacité collective à s’approprier le débat et à y structurer, ensemble, une vraie culture de la citoyenneté.

Nous devons définir le progrès comme une vision politique commune de nos objectifs et actions.

2 MERMET, Gérard, Réinventer la France, Manifeste pour une démocratie positive, éd. L’Archipel, Paris, 2014.

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Se réapproprier et redéfinir la notion de Progrès 2
Se réapproprier et
redéfinir la notion de
Progrès
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L’émancipation est une question de progrès pour laquelle il ne faut pas tracer un chemin, mais ouvrir toutes les routes. Il est essentiel d’affirmer que l’émancipation n’est possible sans pacte social défini par des citoyens éclairés.

Notre pacte social dépend de la réappropriation de la notion de progrès par la société et de sa redéfinition permanente.

La réforme est progrès. Construire une social-démocratie à la française c’est la capacité de s’auto-réaliser, en libérant le citoyen de contraintes qui prédéterminent ses choix politiques, lui permettant ainsi d’exercer une citoyenneté éclairée.

La social-démocratie à la française est progrès lorsqu’elle affirme une méthode qui ne tient pas tant au choix des réformes à conduire qu’à la capacité de les faire émerger de la population afin qu’elle y adhère et facilite leur mise en œuvre.

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Un Parti Socialiste à la recherche d’un nouvel horizon 3
Un Parti Socialiste à la
recherche d’un nouvel
horizon
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« Pour nous, le PS devrait être le promoteur d’un nouveau patriotisme réformiste, humaniste et citoyen : la Social-démocratie à la française. »

La forme fédérale du Parti nous permet d’être un véritable laboratoire. Les primaires socialistes ainsi que le Tour de France, bien que questionnant la place et le rôle du militant, en sont des exemples. Ce cadre structurant est une véritable chance pour penser les systèmes démocratique et de représentation au sein du Parti.

Entamons une véritable réforme décentralisatrice en interne du Parti !

Pour plus de présence sur les territoires les plus reculés, une présence de terrain qui anticipe et accompagne la réforme des collectivités territoriales ainsi qu’une présence numérique.

L’impression qu’au PS tout se décide à Paris, entre 60 membres du bureau national persiste. Entamer une vraie réforme décentralisatrice interne redonnerait de la vigueur à l’action politique de nos fédérations et un peu de pouvoirs à nos militants. La politique doit être au plus proche des citoyens (et par la même des militants) et plus accessible.

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Un Parti Socialiste à la recherche d’un nouvel horizon 3
Un Parti Socialiste à la
recherche d’un nouvel
horizon
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La lutte contre le Front National, nous, militants de l’Aisne ou de Paris, du Calvados ou de l’Ardèche, du Val-de-Marne ou de la Gironde, de la Bretagne, de Marseille, Lyon, Angers ou encore Strasbourg, considérons qu’une campagne de Terrain est plus efficace que de multiplier de coûteux meetings dans les théâtres parisiens.

Le PS devrait circonscrire des zones politiques prioritaires à reconquérir pour ne pas les laisser tomber aux mains des extrêmes.

Pour accompagner cette décentralisation, nous pensons que le numérique est l’outil, voire l’arme principale, pour agir dans ce nouvel espace public virtuel qu’est la toile du net. Un lieu occupé par une Fachosphère suractive. Cet espace public ne doit pas être déserté.

Le PS a de nombreuses ressources, un nouvel élan doit être impulsé politiquement pour une meilleure coordination de nos objectifs.

La création d’un « Secrétariat national au numérique » renforcerait et doterait de vrais moyens à notre action. Le Secrétaire National au PS numérique serait un véritable Premier Secrétaire digital, avec une visibilité importante sur le web et une vraie compétence en la matière reconnue de tous.

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Un Parti Socialiste à la recherche d’un nouvel horizon 3
Un Parti Socialiste à la
recherche d’un nouvel
horizon
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Les outils numériques créent du lien politique avec les citoyens et améliorent notre analyse, mais ne se substituent nullement à notre présence physique et militante sur le Terrain.

À l’heure où les français expriment une grande défiance à l’égard des partis politiques – 92 % déclarant ne pas leur faire confiance – notre présence sur tous ces deux fronts est plus que jamais nécessaire. 3

3 Résultats issus d’un sondage Ipsos pour Le Monde, CEVIPOF, Fondation Jean Jaurès et France inter, réalisé par internet du 8 au 14 janvier 2014

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Notre avenir : jamais sans l’Europe ! 4
Notre avenir : jamais sans
l’Europe !
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Une Europe sociale et démocratique ; une Europe social-démocrate.

Comme le rappelait Lionel Jospin, « les sociaux-démocrates seront d’autant plus forts qu’ils travailleront de concert à l’échelle européenne. Mais à une condition : ils doivent comprendre que les réalités nationales, les histoires propres, les paysages politiques, doivent absolument être pris en compte et préservés. » 4

Inspirés comme beaucoup par Jacques Delors, nous défendons l’idée d’une « Fédération d’Etats-nations » européenne. C’est pourquoi nous souhaitons promouvoir une culture commune aux sociaux-démocrates européens : le dialogue et le compromis. La réussite de cet objectif dépend de la relation franco-allemande. Elle est le véritable moteur de l’Union Européenne, mais doit être rendue plus tangible à l’échelle des citoyens. Nous souhaitons vivre l’Europe concrètement. Pourquoi ne mettrions-nous pas plus d’Europe à la télévision ?

Mobiliser l’ensemble des citoyens sur la question européenne, c’est nous donner toutes les chances de transformer l’Europe vers plus de démocratie et plus de considération pour les questions sociales.

4 Ma social-démocratie », Lionel Jospin, Libération, 19 novembre 1999.

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Notre avenir : jamais sans l’Europe ! 4
Notre avenir : jamais sans
l’Europe !
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Nous venons de dire « Au revoir, nous ne te regretterons pas… » à Junker. Il incarne l’Europe que nous ne voulons pas. Une Europe austère, autoritaire, ravageuse pour les peuples et destructrice pour les démocraties.

Nous souhaitons une Europe plus réformiste, plus sociale et davantage démocratique. Nous appelons à sortir d’une Europe idéalisée, inapplicable au regard des cultures politiques de nos voisins. Nous proposons un modèle garant des valeurs de Justice sociale et de solidarité mais aussi de rationalité et de liberté.

Pour nous, la France est un magnifique miroir de l’Europe, sur le principe de la laïcité, de la séparation des Eglises et de l’Etat, elle permet le vivre- ensemble qu’elle doit affirmer encore. Si nous sommes ambitieux, déterminés et prêts à surmonter les obstacles parce que portés par une profonde conviction européenne, nous inventerons alors un modèle qui saura allier l’exigence allemande, la liberté anglaise, l’organisation scandinave et la solidarité méditerranéenne.

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Un cadre d’action et un horizon commun mondial 5
Un cadre d’action et un
horizon commun mondial
5

La crise de l’ensemble des institutions issues de la modernité classique apparaît comme le résultat d’évolutions que l’on résume sous le terme de « mondialisation ». Crise de la souveraineté nationale, désétatisation, crise de l’Etat social, crise monétaire, crise financière, crise environnementale, etc., la « mondialisation » est connotée négativement et a son corollaire « la crise ».

Les fondements spatio-temporels nationaux sont transformés et atteignent un point critique où se produit un renversement du rapport de la société nationale à elle-même, tant sur le plan individuel que collectif.

C’est donc un changement de vision que nous souhaitons encourager.

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Un cadre d’action et un horizon commun mondial 5
Un cadre d’action et un
horizon commun mondial
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Nous ne devons subir ni la mondialisation ni les transformations politico- sociales. Nous faisons nôtre la vision de Pierre MENDÈS FRANCE sur le progrès, lorsque ce dernier déclarait que « même si l’avenir meilleur pour tous n’est pas aussi prochain que nous le voudrions, un nombre croissant d’hommes savent que leur sort peut s’améliorer et, du coup, ils cessent d’être résignés. Ils veulent se battre pour plus de Justice et d’Humanité. Et, tout compte fait, c’est cela le progrès ». 5

Notre pensée progressiste et réformiste saisit la mondialisation par le prisme selon lequel nous sommes acteurs de la mondialisation et des transformations politico-sociales.

Ainsi la mondialisation et les transformations sont à la fois notre cadre d’action et notre horizon.

5 Cité in « La vérité guidait ses pas, Relire Pierre MENDÈS FRANCE », François LONCLE, Fondation

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Jean Jaurès, Paris, 2012, pp. 53-54

Un cadre d’action et un horizon commun mondial 5
Un cadre d’action et un
horizon commun mondial
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La logique bottom up, fondée sur nos valeurs républicaines et les intérêts communs, doit être le moteur des réflexions stratégiques coopératives que porte le multilatéralisme dans les domaines politiques, moraux, économiques et sociaux.

Il nous appartient de définir l’échelle territoriale à partir de laquelle nous souhaitons repenser notre place, notre rôle, nos institutions dans la mondialisation, dans l’Europe.

La social-démocratie doit se déployer à chacune des échelles pour assurer aux propositions et aux actions une réelle cohérence. Elle assurerait une méthode, la co-construction dans chacun des processus décisionnels ; elle tiendrait le cap pour atteindre plus de justice sociale, plus d’équité ; enfin, elle veillerait à maintenir un rapport juste et équilibré entre les peuples.

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Signataires
Signataires

Matthieu MAYER, Delphine KECLARD, Guillaume WEISSBERG, Julien BOUDIN, Jérémy QUERUEL, Mickael BELLANCE, Marie GALLET, Isabelle MALLE, Anissa AZZOUG, Youssara ID CHIFFR, Diego MELCHIOR, Yassir HAMMOUD, Barnabé LOUCHE, Elodie MASSE

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