Vous êtes sur la page 1sur 6
Emile Gaspardone Matsumoto Nobuhiro : Nihon shinwa no kenkyu Kodai bunka ron In: Bulletin de

Matsumoto Nobuhiro : Nihon shinwa no kenkyu Kodai bunka ron

In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 32, 1932. pp. 565-569.

**

Id. :

Citer ce document / Cite this document :

Gaspardone Emile. Matsumoto Nobuhiro : Nihon shinwa no kenkyu d'Extrême-Orient. Tome 32, 1932. pp. 565-569.

**

Id.

: Kodai bunka ron. In: Bulletin de l'Ecole française

de l'Ecole française http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1932_num_32_1_4600

— 565 —

Japon.

Matsumoto Nobuhiro ^ $ ||,

<2)

Щ $£ [Etudes de mythologie japonaise]. — Tokyo, Dôbunkan Щ $£ fg ,

193 1, in-i2°,

Nihon shinwa по кепкуп 0

fo ffi n£

[2J-3-274 p. et 24 p. d'index.

Id., Kodai bunka ron "é f^ 3Ç ftj PÉ [Essais sur la civilisation ancienne]. — Tokyo, Kyôritsusha $£ jl Й» 19Ъ2> in- 8°, [2]-2i6p., 2 f. h.-t. et 1 carte.

M. Matsumoto est connu en Europe par des thèses remarquées sur la mythologie japonaise et la linguistique extrême-orientale (v. BEFEO., XXX, 170 s.). Il y ouvrait un champ presque neuf à certaines théories françaises récentes. Tourné maintenant vers le public japonais, il poursuit son oeuvre en l'initiant à ces théories par des recherches nouvelles. Il a déjà publié un assez grand nombre d'articles et de

traductions. A moins d'un an d'intervalle, il vient de donner deux livres qui permettent de se faire une idée des résultats où il est parvenu. Le volume sur l'ancienne civilisation de l'Asie orientale se compose de quatre esquisses sur les origines de cette civilisation, celle de l'Asie du sud-est, quelques tendances des études mythologiques, et la société chinoise antique. Le premier article se fonde sur les dernières découvertes archéologiques jusqu'au Sinanthropus. Le second s'appuie sur les théories linguistiques austroasiatique et océanienne. Le tro isième réserve une place plus grande aux recherches japonaises ~J* et chinoises. Les

exagérations de la critique de Gra.net par Ting Wen-kiang

relevées (p. 138 s.). Le quatrième est un essai d'explication sociologique du clan,

sing #£, dans la Chine antique. On y trouvera, entre autres, p. 187 s., une liste et une discussion des noms de clans attestés dans le Tch'ouen-ts'ieou et le Tso tchouan

(Cp. Matsumoto

ébauches forment un ouvrage où l'auteur, prenant la Chine pour centre, insiste sur l'indépendance des origines de la civilisation extrême-orientale et l'importance de la linguistique comparative et de l'ethnographie pour la connaissance de son histoire.

Le volume sur la mythologie inaugure la collection de la Société d'études françaises, Furansu gakkai Щ: ff. C'est une refonte complète de l'Essai sur la mythologie japo

"ЗС СП у sont justement

N. in Mita hyôron 2£ Щ Щ fjfo, mars-juin 1921). Ces quatre

naise publié par l'auteur en 1928. S'inspirant à la fois des recherches de Yanagida K. et de la méthode sociologique de Granet, Przyluski et Mauss (Préf., p. 2), il étudie les

mythes en les liant aux rites et

1-40). La légende de l'hospitalité aux étrangers. — Le dieu du mont

en les comparant. Voici les sept études de son livre :

I

(p.

Tsukuba yfc $£ et celui du Fuji fg ^ ayant jadis, le jour du niiname %ft '$, accueilli différemment le Dieu-ancêtre, Sôjin no mikoto Щ jjiljt CD :Ц:, le Fuji reste fermé par les neiges en toute saison, tandis que le Tsukuba reçoit beaucoup de pèlerins au

printemps et à l'automne

rapporte la légende à la croyance primitive suivant laquelle qui, aux fêtes saisonnièr

es,festoyait les dieux de l'autre race Jt| ^ (Г) fi$, devait obtenir une récompense

sexes et ses

échanges de biens, relie cette légende à la fête de l'ours chez les Aïnous (sur laquelle KiNDAicHi K. in Min\oku gaku, I, 2, p. 77 s.) et aux fêtes à potlatch des Paléoasiat essibériens et des Indiens d'Amérique (Boas, Jochelson, Bogoras). Dans les sociétés proches du totémisme, ces sortes de fêtes doivent assurer le succès des récoltes, chasses ou pêches, l'année suivante ; l'hospitalité s'y étend des hôtes à tous les assistants et

au centuple.

(Hitachi

fudoki *ffî Ш Ш 3u Ш, art.

avec sa licence

Tsukuba). M. M.

Le kagai #J| Щ, du Tsukuba,

entre les

— 566 —

l'accueil qu'on y reçoit n'est autre que celui fait aux bêtes et aux plantes. M. M. pense que le niiname comportait ces distributions et ces échanges à l'origine. II (p. 41-100). Un examen de la légende de Toyotama. hime. — Cette légende

complexe est étudiée avec quelque détail par M. M., qui relève les

du texte unique du Kojiki et des trois passages du Nihon shoki (le Hitachi fudoki présente l'analogie du concours entre Yamasachi hiko jl| 3f Ш et Umisachi hiko Ш 2^ ]|r). M. M. s'efforce d'en démêler les états superposés. Il ne s'agit pas de le

suivre ici. Le thème est pour lui une sorte de contre-partie du précédent : la prospér ités'y obtient en allant con: me hôte à l'étranger. La forme primitive lui semble être celle-ci: un homme poursuit l'animal qu'il a blessé jusque dans le royaume des bêtes,

où elles ont forme humaine; il le guérit;

variantes de noms

cet animal est aussi une jeune femme: il

rentre sur un wani, fu }ff

l'épouse, s'enrichit par ce mariage

et rentre chez lui. Il

(Kojiki) ou fc Щ (Nihon shoki) : crocodile,

pour un animal fabuleux dont les anciens Japonais faisaient le despote de la mer. Toyo

tama était wjni. Il y a là un fonds totémique recouvert par des traditions diverses. De son côté, Hikohohodemi est descendant solaire. Il se rend chez le dieu marin dans un panier; il surprend sa femme accouchant dans sa forme de wani: de honte, elle abandonne son fils sur la plage et la communication entre terre et mer est coupée.

et aux mythes de

requin, serpent ? M. M.

le tient plutôt

Ces variantes se mêlent au mythe de Hlruko y\K jg? ^J* (infra, VI) Mandchourie et de Corée c-ù la fille du ccmte du Fleuve ffl f^( 7)

placée dans

un lieu obscur, est poursuivie par le soleil et en a un fils qui fuit et devient roi ailleurs

après avoir traversé le fleuve sur un y a-pie JB Ц . Ordalie par l'eau, dit M. M., et preuve que l'enfant divin, protégé des poissons, se rattache au dieu des eaux par le sang maternel. La couleur nettement chinoise de la légende dans le Nihon shoki a

été surajoutée par le compilateur, selon M. M., qui introduit les rapprochements avec

deux côtes du Pacifique nord :

les mythes répandus dans les mers du sud et sur les

Frobenius, Zeitalterdes Sonnengottes, p. 180 s.; Dixon, Oceanic mythology, p. 156, 2I3;Cosquin, Etudes folkloriques, p. 163 s.; Kindaichi in Shukyó кепкуп, п. s., Ill, б ; Sk.eat, Malay magic, p. 151s. L'Amérique du nord et l'Asie du sud con

naissent

i£ ,

le mariage du héros avec l'animal blessé et la rupture à cause de la désobéis

sancedu mari. A. Lang, Custom and myth, 64 s., attribue la rupture à la violation

fë "h > Kodai Кепкуп

née de l'introduction au village de la

"ET fÇ ffi уЕ > JŠ f& M > I> 5. à

du

tabou

III

(p.

fait au

temps

du mariage;

Origuchi N.

la

fjf

P

la querelle

rire et

femme de race et de mœurs étrangères, ayant un corps totémique étranger. M M.

ajoute un appendice sur l'attitude des anciens à l'égard des familles étrangères.

est une

traduction revue du passage sur la cérémonie du rappel des âmes dans l'Essai sur la

mythologie japonaise, p. 81 s., à quoi l'auteur joint ce qu'il a tiré de Couchoud,

qu'il avait inspiré (Mercure de France, 15 juil. 1929, p. 337 s.), et de Yanagida K.,

Щ CD j|E fâ. Les origines de la littérature

du rire, in Chuo

confirmée comme un rite de rire, nécessaire pour stimuler la renaissance des forces naturelles et de. la déesse du soleil, source d'abondance, lors des fêtes saisonnières entre hiver et printemps. La première mention historique du chinkonsai est rapportée d'après le Nihon shoki à la 14e année de l'empereur Temmu (685 p. C). IV (p. 131- 175). Susano-o no mikoto et les dieux d'I*umo. — Susano-o est le plus complexe des dieux japonais. M. M., s'appuyant sur les rites anciens conservés dans

d'Ame no Uzume est

101-129). Les rites de

mythologie. — Cet article

Warai no bungaku no kigen ^ СО ^ ^ ^

kôron Ф

W, sept.

1928. La danse

— 567 —

les fudoki, les norito et la tradition populaire étudiée par Yanagida, explique son

double caractère, bon et mauvais, en identifiant le dieu avec l'orage et la foudre, le serpent et l'eau. Son expulsion du ciel est ramenée au rite de purification, misogi f$, et à la nécessité de renvoyer l'orage en hiver. Ses descendants, les dieux d'Izumo,

0 Í» lié au serpent, sorcier et

guérisseur, paraît issu d'un corps de sorciers, politiquement puissant à Izumo. Le pouvoir d'Izumo semble avoir été le corps politico-religieux autour de ces cultes de l'eau et de la foudre. (Si j'entends bien, la foudre divinisée est un aboutissement du culte du feu en Izumo, l'autorité n'ayant été nulle part complète que par la maîtrise sur ces deux éléments. Ainsi s'expliquerait encore la présence, au second rang, de dieux comme Niwa Takatsuhi Л§ Щ ffï f| ). Quand Yamato, possesseur d'une ■descendance directe du soleil, eut subjugué Izumo, il dut avoir encore besoin du service religieux d'Izumo pour compléter d'une consécration par l'eau sa consécration par le feu : eau et feu étant les deux pouvoirs objets de la vénération des anciens,

leur double épreuve manifestait la nature divine du souverain. Ainsi Homuchiv\ ake 7f£ $L

n'obtint la parole

■qu'après un pèlerinage au dieu de l'eau d'Izumo (Kojiki) ; ainsi Hikohohodemi, prince du feu de Yamato, par son mariage avec Toyotama, déesse de l'eau, acquit puissance sur l'eau. L'Engishiki $[£ J£ ^, §& fâ gs j£, nous a conservé la cérémonie delà nomination du préfet, kuni no miyatsuko ffl jfj ; c'est une survivance. Plus tard, le clan d'Izumo vit son rôle réduit à celui d'un suppléant. Des deux centres religieux, l'un absorbant l'autre, se préparait l'unification religieuse du Japon. L'exemple des Sadets jarai, qui s'imposait, permet de soupçonner un état exogamique où les gens de l'autre clan aident à la cérémonie du couronnement. V (p. 177-219). Un aspect du mythe japonais des origines. — Complexe aussi

^e? Î;D Ш,»

ont ses caractères. Son petit-fils, Ô kuni nushi fc

dieu

de Yamato, dieu

du

feu,

muet à

sa naissance,

est ce mythe, si l'on adopte avec l'auteur la classification deDixoN (о. с). La première partie est du type généalogique : les noms des dieux sont des métaphores de la formation ■du monde et la figurent génétiquement. La deuxième partie, depuis Izanagi et Izanami, est du type créationiste. Un mythe des Lteou-k'ieou sur la création des îles (Cf. Ifa

Ts. & À ШШ, Omoro sôshi senshaku is & h S

fë Ш) sert d'intermédiaire avec les mythes créationistes du sud. D'après Dixon, le type créationiste est malais en Indonésie. M. M. signale des mythes de création dans

toutes les régions du Japon antique : par ex. la légende fameuse de YI^umo fudoki

sur la falaise de Kitsuki Ifc Ш halée du Silla pour agrandir les terres d'Izumo, qui ressemble en gros aux créations polynésiennes et indonésiennes. De même, la création japonaise des premiers hommes a des parallèles aux Lieou-k'ieou et à Formose (Ami) ; Izanagi et Izanami donnant naissance à des pays ont leur réplique chez les Maori, ainsi que leur querelle origine de la mort et de la naissance (E. Best, Maori

colonne se retrouve au Kouei-

tcheou, au Tonkin et chez les Munda, mais en relation avec les réunions saisonnières, qui n'en ont pas trace au Japon (cp. Nakayama T. ф ill ^C Щ in Nihon min{okugaku,

rites de ces fêtes dont les rapprochements

•éclairent un peu l'enchevêtrement d'une grande partie de ces mythes.

Ь

L Ш Щ, p- 7, et le ф

Ш

relig. and

ijiljl ^

mythol., p. 32 s. et 80) ; le tour de la

j|, p. 366). Ce sont pourtant les

VI (p. 221-252). Hiruko ÈJ? fâ et Hirume В ÍZ- — Hiruko est le premier enfant

d'Izanagi, incomplet, et abandonné sur la mer dans une nacelle, amenoiwakusufune

5c %î Ш $p- Hirume n'est autre que Ô hirume no muchi ^;

Д Щ Ж ou Amaterasu,

déesse solaire. Him = soleil, dans l'ancienne langue des mythes. Hiruko est donc

— 568 —

si Hiruka

s'oppose à Hirume, et si le vaisseau où il fut placé ne désigne pas le vaisseau sacré qui

servait à exposer les fils de princes que l'on soumettait à cette épreuve de l'eau. Examinant la légende du déluge, il relève le thème méridional du frère et de la sœur* ancêtres de l'humanité nouvelle, sauvés dans un mortier 03 (cf. Yanagida, Kainan shôki $$ $3 t]\ 1Й, p- 175 s., etc.). Frobenius, о. с, I, 264 s., propose l'explication par sa « Nachtmeergefàngnis » (cp. Granet, Danses et légendes, II, 435 s.). M. M. rappelle le rôle des instruments de musique employés à certaines fêtes et pense qu'il convient de chercher l'explication dans l'étude de rites plus particuliers. Le vaisseau de Hiruko est, selon lui, le même que celui dans lequel furent envoyés du ciel, dans le Kojiki, Tatemikazuchi Ш ШШ ^ Nigihayahi ШШ H • H est comparable à la couverture dans laquelle on s'isolait pendant la retraite, au Щ ^ de l'empereur au cours du taijôsai ^ i|j* %£. II assurait la séparation d'avec l'extérieur et la résurrec tionsubséquente, la communication à travers l'eau qui sépare le monde des âmes et le monde réel ; en d'autres termes, c'était l'instrument du rite de passage. L'âme de l'empereur, identifié au soleil, est aussi enfermée dans une boîte à la cérémonie du chinkonsai. Ce thème, c'est M. M. qui le note, est répandu sur les deux rives du Pacifique nord. Chez les sorcières, les rites d'initiation comportaient la séparation par la couverture et la réclusion temporaire dans un lieu obscur. Or Amaterasu offre des

traits de sorcière : elle tisse les vêtements divins, dirige la fête du niiname et corrige par des paroles les méfaits de son frère. Sa querelle avec Susano-o, interprêtée par certains comme la lutte du soleil et de l'orage, est pour M. M. celle du chef religieux contre le chef femme au moment où le pouvoir féminin était en voie de céder la place à l'autre. M. M. s'appuie ici sur les faits litou-k'ieou, où le rôle religieux des femmes

est resté eminent (cf. Origuchi, 0. c, I, 84 ; II, 1264 ; et Ifa, in

VII (p. 253-269). La descendance des dieux solaires. — Ce court article reprend l'examen des emblèmes solaires, l'épreuxe imposée aux sorciers, l'origine du temple

d'Ise et la soumission des Hayato J^ Д, déjà traités dans YEssai de 1928. Sile mythe d'Amaterasu remonte au temps où le double pouvoir, politico-religieux, appartenait à la sorcière, le mythe des descendants solaires montre ce pouvoir aux mains des sor

ciers : on peut conjecturer qu'entre les deux époques un événement en

transfert. L'histoire de Jimmu fournit des indices du culte solaire célébré à l'origine par des chefs religieux: chaque région dut avoir son centre. La puissance impériale soumit les tribus, et sa mythologie incorpora leurs mythes. Le culte d "Ó hirume-Ama- terasu, reléguée à Ise, rayonna sur tout le Japon.

«fils du soleil», comme Hirume,

«fille

du

soleil». M. M. se

dénia de

Minçoku, II, 2, 242).

a opéré le

gros les thèses de M. M. La nécessité de les résumer d'une façon

manière discursive, sinueuse et comme tâtonnante,,

quoiqu'elle soit nettement orientée, et la prudence des conclusions. L'ensemble confirme les positions de 1928 et les renforce de preuves plus nombreuses et mieux distribuées. Les parallèles, très généralement bornés aux faits japonais et à ceux du Pacifique, gagnent par là une solidité qui n'exclut pas la perspective. Une sorte d'unité semble ainsi s'établir, qui est très vraisemblable, mais dont il convient de n'être pas dupe: elle sert avant tout à ne point s'égarer dans les implications de la mytho logie et du folklore universels. Parmi les postulats de ces interprétations, l'idée d'un ancien mouvement du sud au nord, d'où M. M. était parti, est restée en évidence,, malgré les analogies septentrionales de plus en plus nombreuses dont il a été amené à tenir compte. Or il n'est pas impossible, dans l'état présent des recherches, de

Telles

sont en

cohérente en rend

mal

la

569

penser à d'autres orientations d'influences, si l'on admet celles-ci. Pour ne rien ajouter nous-même, il ne sera peut-être pas inopportun de signaler comme exemple, en termi nant, les ressemblances i econnues par M. P. V. van Stein Callenfels (i) entre la hache de pierre papouane de la Nouvelle-Guinée, la hache dite dravidienne et le type de hache japonaise de Minro, Prehist. Jap., fig. 15. Deux haches de ce type, chez M. С , proviennent du Minahassa (Celebes du nord), où M. M., p. 63, a rencontré un pendant

au

aux

mythologiques. M. C. propose une influence par le nord, à travers les Philippines. C'est une hypothèse nouvelle. Elle devait naître, complétant le cycle des hypothèses en emploi. Il ne reste plus maintenant qu'à poursuivre l'inventaire des faits.

mythe de Toyotama. Il y a donc des analogies archéologiques à joindre

E. Gaspardone.

Masumi yuranki Ш: ШШШШ [Carnets de voyage], édités et transcrits par Yanagida Kunio Щ Щ Щ Щ. — Tokyo, Masumi yuranki kankôkai,

h. -t. ;

1929-1930, 5 vol. doubles,

21 x 15cm., 43 fos_86

p.,

1

carte

70

fOá-i62

p. ; 40 f^-72 p., 6 p. h. -t. ; 36 fos-84 p., 2 p. h. -t., 1 carte ;

40

fOri-22O p.

Yuranki est le titre générique donné par la postérité aux récits de voyage de

il Л ffî, de son vrai nom Shirai Hideo g říř Щ ŽÍÉ» littérateur

et peintre de l'école nationale (kokugakusha), né près de Toyohashi Ц" flf, province de Mikawa, vers 1752, et mort à Tsunodate jfy §§, province d'Akita, la 12e année bunsei, 1829. M. Yanagida Kunio, qui est avec M. Origuchi Nobuo fjf P fs ^ un des pionniers des études folkloriques au Japon, a consacré deux notices à Sugae dans le premier de ces cinq volumes et dans la revue Shimi $£ |§и I, 1929, p. 216. On y lit que Sugae Masum' était issu d'une famille aisée, non paysanne, qu'il quitta vers trente ans, la 2e ou 3e année temmei (1 782-1 783), pour des raisons qui semblent être restées son secret. Il se livra dès lors à sa passion des voyages, qui l'avait déjà porté à Suruga, à Kyoto et au Yamaio, et il s'enfonça peu à peu vers le nord en visitant les

provinces. Il étudiait en chemin la géographie, les produits, les antiquités, les coutumes, la psychologie des habitants et leur vie réelle. Ses observations, qui trahissent un vif sentiment de la nature et une grande pénétration de la vie des campagnes, font de lui un précurseur de l'ethnographie régionale aujourd'hui fort goûtée. On connaît de lui

72 relations, écrites dans un style difficile, à la manière du Heian-chô, et agrémentées de

poèmes japonais (waka) et d'illustrations en couleurs, fines et fra'ches. Ce masque de littérature et d'art faisait passer son observation des faits sociaux et sa familiarité des paysans, qui lui eussent valu autrement la haine des fonctionnaires locaux: une traditio veut même que ses notes lut aient été confisquées à sa sortie du pays de Tsugaru f=f£ Щ pour l'avoir trop exactement décrit, et envoyées après sa mort à

Sugae Masumi ^

0) Problems oý the Stone-age in the Far East, Science Congress, Java, 1929, p. 376-377,

in Proceedings, Fourth Pacific

37