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Le patio partiellement planté de pelouse devant le salon, préserve la famille du monde extérieur. En plus d’être une aire de jeu idéale pour les enfants, c’est une véritable pièce à vivre sur laquelle s’ouvrent le salon, la cuisine, la salle à manger, l’entrée et la pièce de lecture. Fauteuils “Spun” de Thomas Heatherwick pour Magis.

Vues

à turin

de l’intérieur

Un Turin urbain, mais avec jardin. Pour un couple et ses deux enfants, cet ancien atelier de menuiserie a été transformé en une maison moderne qui s’organise autour d’une cour centrale faisant le lien entre passé industriel et présent résidentiel.

Par Emmanuelle Paris Photos Ruy Teixeira

E n quête d’une surface atypique et spacieuse pour vivre avec leurs deux enfants, Rebecca et Fabrizio rêvaient de s’installer dans un lieu chargé d’histoire. Cet atelier de menuiserie, construit sur deux étages à la fin du xix e siècle et resté “dans son jus” depuis, était idéalement placé, à proximité du Pô et des espaces verts et

à distance raisonnable du centre ville. Caché au fond d’une cour, derrière

des immeubles de style Art nouveau caractéristiques du quartier de la Gran Madre, cet immense bâtiment de 600 m 2 pouvait se prêter à toutes les transformations. Son volume, la forme de son toit, ses briques ont été conservées par les deux architectes Emanuela Maffei et Lodovica Roncaglione qui ont choisi de ren-

forcer l’esprit industriel en privilégiant le métal noir et le béton brut. Restait

à adapter cette usine à la vie de famille et également à amener la lumière là

où elle n’était pas. Un pari réussi grâce au patio de 70m 2 imaginé par les architectes et autour duquel ils ont organisé les pièces. S’il préserve des regards extérieurs, où que l’on soit dans la maison, on a en revanche une vue sur ce jardin intérieur, et à travers les grandes baies, sur l’autre côté de l’habi- tation. Pour la décoration, après une année de travaux, le couple a résisté à la tentation du “tout industriel” et adouci les incontournables lampes en métal noir, tabourets en inox et meubles en bois naturel par des petites touches “design” signées Hans Wegner, Eero Saarinen, Joe Colombo ou Isamu Noguchi. Une autre manière de faire le lien entre l’histoire du lieu et la vie de cette famille attachée au confort et à l’espace.

L’usine a conservé ses briques et son âme.

Au rez-de-chaussée comme à l’étage, les pièces de la maison s’ouvrent sur le patio avec de grandes baies vitrées aux huisseries métalliques peintes en noir qui accentuent le caractère industriel et baignent la maison de lumière. Le sol, dallé en pierres de Limestone, prolonge la cuisine pour que la famille puisse s’installer autour de la table en métal “Bistro” de Fermob, dès l’arrivée des beaux jours.

La cuisine, dessinée sur mesure par les architectes, est la seule pièce de la maison qui a conservé un mur en briques comme celui du patio. Le plan de travail et le sol ont été réalisés en ciment, la hotte et les meubles de cuisine sont en métal bruni. Sur le plan de travail, éclairé par des appliques Gras, on aperçoit des vases “Grid” de Tom Dixon (galerie Tom design à Turin), la radio “Cubo” de Brionvega et une photo prise en Afrique par le propriétaire. L’escalier au fond dessert les chambres.

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Tableau de Giuseppe Capogrossi, fauteuil “Gilda” de Carlo Mollino pour Zanotta. Ancienne lampe de théâtre des années 60, Philips.

Dans la pièce de lecture, fauteuil club acheté aux puces de Saint-Ouen à Paris, photos de Louis Klemantasky. Lampadaire “Bestlite” de Robert Dudley Best pour Gubi.

La chambre dispose de son propre dressing éclairé par un Velux. Une œuvre avec des calligraphies vietnamiennes offerte à la famille est posée sur une commode en chêne huilé “Imari” dessiné par Philipp Mainzer pour E15. Lampe “Cord Lamp” des designers Form Us With Love pour Design House Stockholm.

La cuisine qui donne directement sur la cour intérieure est éclairée par deux grosses suspensions Philips des années 60. Tabouret en aluminium “Navy” d’Emeco.

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Toutes les chambres sont à l’étage, sous les toits. Dans celle du couple, comme dans les autres pièces de la maison, le blanc domine. Quelques éléments noirs s’harmonisent avec les huisseries. La table en marbre de Knoll, dessinée par Eero Saarinen, fait office de table de chevet. Lampadaire “Akari” d’Isamo Noguchi, lit “Archimede” de Cappellini. Réédition d’une lampe en métal du Bauhaus. Sur le lit, plaid en laine, “Mega K” de Hay. Photo de Nick Brandt.

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RENDEZ-VOUS SUR

du Bauhaus. Sur le lit, plaid en laine, “Mega K” de Hay. Photo de Nick Brandt.