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Concevoir des espaces extérieurs

en environnement urbain:
une approche bioclimatique
Le matériel présenté dans cette publication est un résultat du projet RUROS – Rediscovering the Urban Realm
and Open Spaces – coordonné par le CRES, Département des bâtiments (http://alpha.cres.gr/ruros/)

Editeur : Dr Marialena Nikolopoulou. coordinatrice du projet


Centre for Renewable Energy Sources, Department of Buildings

Auteurs

Introduction 1

1. Modèles de confort thermique pour les espaces extérieurs en milieu urbain 2


Dr Marialena Nikolopoulou, Spyros Lykoudis and Maria Kikira
Centre for Renewable Energy Sources, Department of Buildings, Greece

2. Prise en compte du vent dans les espaces urbains 8


Niels-Ulrik Kofoed and Maria Gaardsted
Esbensen Consulting Engineers Ltd., Denmark

3. Evaluation des conditions de rayonnement dans les espaces urbains 14


Prof. Gianni Scudo, Dr Valentina Dessi and Prof. Alessandro Rogora
B.E.S.T. Building Environmental Science and Technology Department, Milan Polytechnic, Italy

4. Morphologie urbaine 20
Dr Koen A. Steemers, Marylis C. Ramos and Maro Sinou
The Martin Centre for Architectural and Urban Studies, Department of Architecture, University of Cambridge, UK

5. Cartographie du confort thermique et zonage 26


PD Dr Lutz Katzschner, Ulrike Bosch and Mathias Roettgen
Faculty of Urban and Landscape Planning, Department of Climatology, University of Kassel, Germany

6. Confort visuel dans les espaces urbains 32


Dr Raphaël Compagnon and Joëlle Goyette-Pernot
Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale: Ecole d’ingénieurs et d’architectes de Fribourg, Suisse

7. Environnement sonore et confort acoustique dans les espaces urbains 38


Prof. Jian Kang, Wei Yang and Dr. Mei Zhang
School of Architecture, University of Sheffield, UK

8. Principes de conception et applications 44


Prof. Niobe Chrisomallidou, Prof. Max Chrisomallidis and Dr. Theodore Theodosiou
Laboratory of Building Construction and Building Physics, Faculty of Civil Engineering, Aristotle University of
Thessaloniki, Greece

9. Considérations sociales dans la conception des espaces publics urbains 50


Kallisteni Avdelidi
National Centre for Social Research, Greece

10. Evaluation des outils 57


Dr Marialena Nikolopoulou avec les contributions des auteurs des chapitres respectifs

Glossaire 62

Mise en page et supervision de la production : Maria Kikira


Centre for Renewable Energy Sources, Department of Buildings

Avertissement légal
Les auteurs sont seuls responsables des informations contenues dans cette publication. Les avis exprimés dans
cette publication ne représentent pas nécessairement ceux de la Commission européenne. Ni la Commission
européenne, ni aucune personne agissant au nom de la Commission européenne, n’est responsable de l’usage
qui pourrait être fait des informations contenues dans cette publication.

ISBN: 960-86907-2-2 (pour la version Anglaise)


Copyright 2004, Centre for Renewable Energy Sources (C.R.E.S.)
Des extraits de cette publication peuvent être reproduits pour autant que la source soit mentionnée.
Imprimé en Grèce.
INTRODUCTION
La qualité des espaces publics urbains présente un intérêt Le projet RUROS a produit une base de données unique,
majeur et il est reconnu que ces espaces peuvent contribuer rassemblant des campagnes extensives de mesures
à une bonne qualité de vie en milieu urbain tout comme, à micro-climatiques et de modélisations effectuées sur
l’opposé, accroître l’isolement et l’exclusion sociale. Ceci plusieurs espaces publics urbains répartis en Europe. Ces
dépend de l’environnement physique et du tissu social ; en campagnes ont été réalisées à l’aide d’interviews guidées
effet les hypothèses sous-jacentes sont que ces conditions par des questionnaires soumis aux usagers de ces
affectent le comportement des usagers dans les espaces espaces. Deux espaces publics de typologies différentes
extérieurs. ont été étudiés dans chacune des 7 villes concernées par
Ce guide étudie la conception des espaces publics selon un l’étude (Athènes [GR], Thessalonique [GR], Milan [IT],
certain nombre de critères bioclimatiques, tels qu’évalués Fribourg [CH], Cambridge [UK], Sheffield [UK], Kassel
dans le cadre du projet RUROS. Une méthodologie [D]). En tout, la base de données regroupe plus de 10.000
commune a été élaborée visant à l’étude des espaces interviews et données environnementales associées, le
publics urbains, combinant l’environnement physique tout formant la base des différents modèles présentés
(microclimat, confort thermique, visuel et acoustique, dans cette publication.
morphologie urbaine, etc.) avec les desiderata des usagers
ainsi que leur degré de satisfaction.
Différents modèles ainsi que des outils de complexités
Copenhagen
diverses ont été développés, permettant de traiter les
Sheffield
différents aspects physiques de l’environnement ainsi que
Cambridge
les performances qui en résultent. Ceux-ci offrent un aperçu
Kassel
des différents aspects de l’environnement ainsi que des
moyens d’analyse pour différents degrés de complexité et
divers usagers allant du débutant à l’expert. Les outils Fribourg
développés comprennent notamment :
Milan
• Des modèles simplifiés permettant la prédiction des
conditions de confort thermique à partir des données
météorologiques disponibles pour le public de même que Thessaloniki

des critères de sensation thermique et des caractéristiques Alimos


d’adaptation.
• Une méthodologie permettant l’évaluation du profil de
vent dans un espace urbain de conception simplifiée,
accompagnée de recommandations portant sur les effets du
Ces modèles et outils sont destinés à être employés par
voisinage sur les conditions de vent dans les espaces
des architectes, planificateurs ou urbanistes au stade de
publics.
l’avant projet pour évaluer l’impact environnemental de
• Un outil graphique permettant d’évaluer le confort différentes variantes projetées. Certains de ces outils (par
thermique d’un projet en fournissant une variation des exemple : les modèles de confort thermique, les modèles
charges thermiques radiatives en fonction de l’utilisation des acoustiques, l’effet des matériaux et l’analyse de
différents matériaux. l’environnement radiatif) peuvent être employés
• Une méthodologie pour l’évaluation de l’impact directement par le concepteur en suivant les descriptions
environnemental de formes urbaines alternatives, examinant et les différentes étapes présentées dans les chapitres
la performance environnementale des textures urbaines et respectifs. Les autres outils, comme l’analyse de la texture
contribuant à l’analyse de la température, du soleil et du urbaine et l’effet sur le microclimat ou la cartographie de
vent. l’environnement thermique, nécessitent divers logiciels
pour leur application dans des cas où une information
• Une méthode permettant de dessiner des cartes de
détaillée est désirable.
confort, se concentrant sur l’analyse spatiale des zones de
confort thermique. Pour démontrer comment ces nouvelles connaissances
• Des relations entre des paramètres mesurables et la peuvent être employées, une évaluation des divers outils
perception des usagers à propos de l’environnement et méthodologies est présentée dans le cadre d’un projet
lumineux ainsi qu’une méthode permettant d’évaluer la de future voie piétonne à Thessalonique. L’environnement
pénétration cumulée de la lumière du soleil dans un espace physique de la zone à l’étude est identifié et analysé selon
donné à l’aide de projections multi stéréographiques. ses performances environnementales, ainsi que les
paramètres sociaux et les caractéristiques des différents
• Une méthodologie permettant de décrire l’environnement groupes de population qui la fréquentent.
acoustique d’un espace public, considérant des
caractéristiques des différentes sources sonores, l’effet Dans l’ensemble ce guide propose un pas significatif vers
acoustique de l’espace, des aspects sociaux et autres ainsi l’identification des paramètres importants qui doivent être
que des modèles simplifiés de la propagation du son dans considérés au stade de la conception d’espaces publics,
les places urbaines. lors d’interventions sur le tissu urbain ou même lors de
nouveaux développements urbains. L’approche proposée
• Une méthodologie faisant le lien entre les aspects
offre une assistance dans la conception des villes par la
sociaux de la vie urbaine contemporaine et les propriétés
planification d’espaces extérieurs et de leurs usages en
physiques caractérisant les espaces publics. Les indicateurs
favorisant différentes activités ainsi que des interactions
et questions qui en sont ressortis permettent de faire un lien
sociales, ce qui redonne vie aux espaces publics urbains.
entre la fonction sociale de l’espace public urbain et les
Finalement, ces connaissances systématiques peuvent
analyses descriptives d’un certain nombre d’espaces en
contribuer au développement durable des villes de
accord avec une procédure de développement.
demain.
1
1. MODÈLES DE CONFORT THERMIQUE POUR LES ESPACES EXTÉRIEURS EN MILIEU
URBAIN
1.1 Introduction

Un des premiers objectifs de la conception environnementale dans un


contexte urbain est la création de zones urbaines offrant des espaces
extérieurs confortables. De ce fait les paramètres microclimatiques sont
de prime importance du point de vue des activités qui ont lieu sur le site
et jusqu’à un certain point, déterminent l’usage que l’on en fait. Les
réponses au microclimat sont la plupart du temps inconscientes mais
montrent néanmoins souvent des usages différents associés à des
conditions climatiques différentes (Fig. 1.1) [1]. C’est pourquoi,
comprendre la richesse des caractéristiques microclimatiques d’un
espace extérieur en milieu urbain ainsi que les implications en terme de
confort des usagers, ouvre de nouvelles possibilités au développement
d’espaces urbains.
Les paramètres influençant les conditions thermiques à l’extérieur bien
que semblables à ceux rencontrés à l’intérieur, occupent une plus grande
palette et sont plus variables. C’est pourquoi, du fait de cette complexité
en terme de variabilité, temporelle et spatiale aussi bien que du fait du
Figure 1.1: Différents types d’usages de
l’espace sous différentes conditions
grand nombre d’activités humaines impliquées, les tentatives de
microclimatiques, haut _ journée d’été, bas compréhension du confort en conditions extérieures demeurent peu
_soirée d’été. nombreuses.
2

1.2 Adaptation
St.Dev.

1
1 St.Dev
+/- 1

Dans la plupart des études portant sur le confort thermique des espaces
ASV+/-

0
ASV

extérieurs, un modèle purement physiologique est employé impliquant un


MeanMean

-1
modèle mathématique de thermorégulation du système permettant de
calculer un indice de satisfaction thermique dépendant des conditions
-2
5 10 15 20 25 30 35 40 environnementales, de l’activité de la personne et de son degré
Tair (0C)
Tair (oC)
2 d’habillement.
St.Dev.

1
Les mesures faites sur le terrain ont cependant révélé qu’une approche
+/- 11St.Dev

purement physiologique est inadéquate pour caractériser les conditions


ASV +/-

0 de confort thermique à l’extérieur alors que la notion d’adaptation devient


ASV

de plus en plus importante. Cela implique tous les processus par lesquels
Mean
Mean

-1
l’individu passe pour améliorer l’adéquation entre l’environnement et ses
propres besoins, autant d’un point de vue physique que psychologique.
-2
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5 Dans le contexte des espaces extérieurs, cela implique des changements
Wind
WindSpeed (m/s)
Speed (m/s)
personnels [2] tels que la modification de l’habillement selon la saison ou
Figure 1.2: Distribution de vote moyen de la variation de la chaleur métabolisée à partir de la consommation de
sensation effective (ASV), en fonction boissons froides, mais aussi des changements de posture et de position.
respectivement de la température de l’air (haut) Psychologiquement parlant [3], le choix personnel, la mémoire et les
et la vitesse du vent (bas), à partir des enquêtes
menées à Athènes.
attentes ont montré qu’ils étaient des paramètres déterminants sur la
satisfaction avec un environnement thermique.
50%
45%
PMV
40%
35%
ASV 1.3 Sensation thermique
Frequency (%)

30%
25%
Dans le contexte du projet actuel, les conditions de confort thermique
20%
15% extérieur ont été évaluées à partir d’une campagne de mesures sur le
10% terrain dans 14 sites répartis en Europe. La sensation thermique
5%
exprimée par les individus a été évaluée sur une échelle présentant 5
0%
-6 -4 -2 0 2 4 6 niveaux allant de « très froid » à « très chaud » et a été définie comme
ASV, PMV
étant le vote de sensation effective (ASV : Actual Sensation Vote).
Figure 1.3: Comparaison entre les votes de L’analyse des données collectées a révélé des corrélations entre
sensation effective (ASV) obtenus à partir des paramètres microclimatiques et ASV.
questionnaires et le vote prévisible moyen (PMV)
d’Athènes, calculé à partir du modèle
mathématique, pour chaque interview.
2
Season code

Spring Winter Autumn Summer


La Figure 1.2 montre la variation de l’ASV en fonction de la température 1.4 8

de l’air et de la vitesse du vent. En examinant les valeurs moyennes de 1.2 6

l’ASV, la corrélation est évidente avec les deux variables. Comme 1.0
4

2
attendu, la corrélation est légèrement négative avec la vitesse du vent,

clo
.8

signifiant que l’ASV diminue avec l’augmentation de la vitesse du vent.

levels,
.6
8S

clo
Cependant, les corrélations relativement faibles entre les paramètres

levels,
.4
6

Clothing
microclimatiques et l’ASV montrent qu’un seul paramètre n’est pas

Clothing
.2
4

suffisant pour traiter des conditions de confort thermique. 0.0


10 20 30 40
2
50 0 10 20 30 40

Tglobe, deg C Tglobe, deg C


Les données subjectives collectées à partir des interviews ont été Tglobe, degC Tglobe, degC

comparées à un indice thermique appelé le Vote Prévisible Moyen (PMV: Figure 1.4: Variation saisonnière de l’habillement
Predicted Mean Vote) [4], développé à l’origine pour des conditions (clo) en fonction de la température de globe (°C),
environnementales intérieures et depuis, graduellement employé en Athènes (gauche) et Kassel (droite).
confort extérieur également. Dans son calcul, le PMV prend en compte
les paramètres environnementaux objectifs moyens enregistrés pendant Karaiskaki SquareSea-shore
Karaiskaki Square Summer Sea-shore of Alimos
of Alimos Summer
Piazza Petazzi
Piazza Petazzi Summer Piazza IV Novembre
Piazza IV Novembre Summer

la durée de l’interview tels que le degré d’habillement et le taux de

SUMMER
75%

SUMMER
75%

Percent
Percent
50%

métabolisme de chaque personne interviewée. En comparant le PMV 50%

25%
25%

individuel avec l’ASV correspondant, on note un grand fossé entre les 0% 0%


Piazza Petazzi Autumn Piazza IV Novembre Autumn

deux indices, ceci du fait que le confort thermique effectif semble être Karaiskaki Square Autumn Sea-shore of Alimos Autumn

75%

AUTUMN
75%

AUTUMN
bien plus élevé que le niveau de celui-ci résultant du modèle

Percent
Percent
50%
50%

mathématique (Fig. 1.3). 25% 25%

0% 0%
Karaiskaki Square Winter Sea-shore of Alimos Winter Piazza Petazzi Winter Piazza IV Novembre Winter

La grande variété des conditions micro climatiques dans les espaces

WINTER
75%

WINTER
75%

extérieurs renforce le fait qu’une approche purement physiologique est

Percent
Percent
50%
50%

insuffisante pour parvenir à caractériser des conditions de confort à 25% 25%

l’extérieur étant donné que la notion d’adaptation devient de plus en plus 0%


Karaiskaki Square Spring Sea-shore of Alimos Spring
0%
Piazza Petazzi Spring Piazza IV Novembre Spring

importante. Changements personnels, avec adaptation de la tenue 75%

SPRING
75%

SPRING
Percent

Percent
50% 50%

vestimentaire en fonction de la saison (Fig. 1.4), variation du taux de 25% 25%

métabolisme grâce à la consommation de boissons fraîches [2], 0%


No Yes No Yes
0%
No Yes No Yes
Standing
Standingininthe sun Standing
Standing in in
thethe
sun sun
déplacement et variations de posture (Fig. 1.5), de même que the sun Standing ininthe
Standing the sun
sun Standing
Standing inin
thethe
sunsun

psychologiquement [3] avec le choix personnel, la mémoire et les Figure 1.5: Variation saisonnière des individus se
tenant au soleil (standing in the sun) ou à l’ombre
attentes (Fig. 1.6) ont été identifiés comme des paramètres déterminants. en différents sites d’Athènes (gauche) et Milan
(droite).
L’importante différence entre le confort théorique et le confort effectif en
40
milieu extérieur nous a amenés à chercher et à développer des modèles
(deg C)

35 y = 0.9433x
R2 = 0.4883
de confort thermique adaptés pour l’étude du confort à l’extérieur. Ils se
temperature (degC)

30

basent sur des données empiriques recueillies pendant les mesures 25


Neutraltemperature

20
faites sur le terrain et provenant des presque 10.000 interviews réalisées 15
en Europe, plutôt que sur des modèles théoriques existants. 10
5
Neutral

1.4 Modèles de confort thermique -5


-10
-10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35
Du point de vue de la conception, il est très utile de développer des Meteorological air temperature
Meteorological (deg C)
air temperature (degC)

modèles simples qui permettent de prédire les conditions de confort


thermique en utilisant des données aisément accessibles. Des modèles Figure 1.6: Neutralité thermique, ex. Lorsque les
linéaires simples ont été développés qui emploient des données personnes ne ressentent ni le chaud ni le froid, tout
près de la température météorologique de l’air (°C),
météorologiques disponibles et publiques d’une station de proximité. Ces de tous les questionnaires effectués en Europe,
modèles sont importants pour la prédiction de l’ASV de façon adéquate c’est une indication de l’influence de l’expérience
étant donné qu’ils peuvent être une sorte de plateforme pour l’élaboration récente de ces personnes.
de nomogrammes du confort thermique extérieur et de cartes. Il faut Table 1.1:
garder à l’esprit que les paramètres personnels que les individus Conditions météorologiques pour les nomogrammes.
apportent avec eux dans les espaces publics extérieurs de même que les
effets de l’adaptation physique et psychologique, sont intrinsèques dans Temperature Radiation Humidité Vitesse
de l’air (ºC) solaire relative du vent
les modèles présentés ci-dessous. -2
(W.m ) (%)
-1
(m.s )
1.4.1 Indice de confort urbain 0 100 20 0.1
Les modèles permettant le calcul de l’ASV sont présentés pour 5 400 40 1.0
différentes villes, correspondant à différentes zones climatiques et se 10 800 80 3.0
basant sur des données horaires. Les paramètres employés sont la 15 5.0
température de l’air (Tair_met, °C), la radiation solaire globale (Sol_met, 20
W.m-2), la vitesse du vent(V_met, m.s-1)et l’humidité relative (RH_met,%): 25
30
• Athènes (GR):
ASV = 0.034 Tair_met + 0.0001 Sol_met – 0.086 V_met – 0.001 35
RH_met – 0.412 (r = 0.27) 40

3
Athens Thessaloniki Fribourg
Milan Cambridge Kassel • Thessalonique (GR):
Sheffield
ASV = 0.036 Tair_met + 0.0013 Sol_met – 0.038 V_met + 0.011
RH_met – 2.197 (r = 0.51)
1
• Milan (IT):
ASV = 0.049 Tair_met – 0.0002 Sol_met + 0.006 V_met + 0.002
0,8
RH_met – 0.920 (r = 0.44)
Feeling Comfortable %

• Fribourg (CH):
0,6
ASV = 0.068 Tair_met + 0.0006 Sol_met – 0.107 V_met – 0.002
RH_met – 0.69 (r = 0.68)
0,4
• Kassel (D):
ASV = 0.043 Tair_met + 0.0005 Sol_met – 0.077 V_met + 0.001
0,2 RH_met – 0.876 (r = 0.48)
SUMMER • Cambridge (UK):
0 ASV = 0.113 Tair_met + 0.0001 Sol_met – 0.05 V_met – 0.003
-2 -1 0 1 2 RH_met – 1.74 (r = 0.57)
ASV

1
• Sheffield (UK):
ASV = 0.07 Tair_met + 0.0012 Sol_met – 0.057 V_met – 0.003
RH_met – 0.855 (r = 0.58)
0,8
Ces modèles qui indiquent les plus importantes contributions de Tair_met
Feeling Comfortable %

et V_met, peuvent être employés pour obtenir un indice de confort pour


0,6
une ville et différentes saisons. La combinaison des données initiales
avec les données saisonnières agrégées de chaque site, a permis de
0,4 développer un modèle combiné après qu’il soit clairement apparu que les
niveaux du vote de sensation effective ne pouvaient pas être interprétés
uniformément, en terme de confort/inconfort, soit pour une ville ou une
0,2
saison. C’est pourquoi nous avions besoin d’un modèle pour le calcul de
AUTUMN l’ASV et d’un autre pour obtenir le rapport confort/inconfort pour une ville
0 donnée (Fig. 1.7).
-2 -1 0 1 2
ASV De la Figure 1.7, il est clair que les conditions « très froides » sont plus
1
tolérables durant l’été et le printemps comparativement aux deux autres
saisons dans le cas de toutes les villes. Les conditions « très chaudes »
sont considérées comme confortables principalement en automne et au
0,8
printemps.
Feeling Comfortable %

1.4.2 Nomogrammes de confort


0,6
Pour des applications en architecture, il est utile de pouvoir offrir au
concepteur des modèles présentés sous la forme de nomogrammes. De
0,4
tels graphiques (nomogrammes) donnant une valeur moyenne de l’ASV
ont été établis selon un modèle combiné pour l’Europe et présenté ci-
0,2 dessous. Une série de paramètres météorologiques sélectionnés ont été
SPRING utilisés, typiquement représentatifs de zones climatiques différentes dans
0 les villes européennes à l’étude.
-2 -1 0 1 2
ASV • Modèle combiné pour l’Europe:
1
ASV = 0.049 Tair_met + 0.001 Sol_met – 0.051 V_met + 0.014
RH_met – 2.079 (r = 0.78)
0,8 Les valeurs de radiation solaire de 100, 400 et 800 W.m-2 correspondent
respectivement à de faibles niveaux d’insolation (ex. ciel couvert ou de fin
Feeling Comfortable %

d’après midi ensoleillée), à des valeurs moyennes (ex. ciel partiellement


0,6
couvert ou ciel d’hiver dégagé) ainsi qu’à des conditions de forte
luminosité (ex. ciel estival dégagé). Les valeurs d’humidité relative de
0,4 20%, 40% et 80% correspondent respectivement à des conditions très
sèches, moyennes et humides. Enfin, des vitesses de vent allant de 0.1,
0,2
à 1 puis 3 et 5 m.s-1 correspondent à des conditions stables, de légère
brise et de vent fort étant donné qu’au-delà de 5 m.s-1 les effets
WINTER
mécaniques du vent se font sentir de façon beaucoup plus importante
0 que les effets thermiques (Section 2.1).
-2 -1 0 1 2
ASV
Pour les valeurs spécifiques des paramètres météorologiques, le
Figure 1.7: Part des usagers se sentant concepteur peut se référer à ces modèles (soit au modèle européen soit
confortables pour différents ASV, dans
différentes villes selon la saison
(Summer=été, Autumn=automne, Spring=
printemps, Winter=hiver). 4
à ceux spécifiques à chaque ville) et calculer les valeurs du vote de
sensation effective correspondantes. On doit attirer l’attention sur le fait
que le plus petit nombre d’interviews réalisées en conditions plus
extrêmes de température (« très chaud » et « très froid ») a entraîné un
léger biais vers les valeurs centrales. Il n’y a aucun moyen statistique d’y
remédier. Pour cette raison, le concepteur doit être avisé de n’utiliser le
modèle et les nomogrammes que pour une gamme de températures
allant de 5 à 35°C. A cause de l’ambiguïté associée à l’interprétation de
la valeur moyenne de l’ASV en termes de confort/inconfort, les résultats
peuvent ensuite être combinés aux courbes spécifiques des villes afin
d’obtenir la part des personnes se sentant confortables avec cette valeur
moyenne du vote de sensation effective.
Le concepteur est ainsi en mesure de calculer ou d’estimer la valeur
d’ASV correspondant aux conditions climatiques de la région d’intérêt, en
utilisant soit l’équation du modèle soit les nomogrammes présentés en
Figure 1.8. Il peut ensuite entrer cette valeur dans la courbe de la Figure
1.7 afin d’obtenir la part d’usagers qui devraient se sentir effectivement
confortable. Enfin, en employant des facteurs tenant compte des
modifications micro climatiques associées à certains types d’options de
conception et en répétant cette tache, il peut ainsi évaluer en quoi les
options du plan de développement retenues peuvent affecter le
pourcentage d’usagers confortables.
RH=20%, Wind Speed=0.1 m.s-1 RH=50%, Wind Speed=0.1 m.s-1 RH=80%, Wind Speed=0.1 m.s-1
1,5 2,0 2,0

1,5 1,5
1,0
1,0 1,0
0,5
0,5 0,5
meanASV

meanASV
meanASV

0,0 100 W/m²


0,0 0,0 400 W/m²
-0,5 800 W/m²
-0,5 -0,5
-1,0
-1,0 -1,0
-1,5
-1,5 -1,5
-2,0 -2,0 -2,0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Air Temperature (oC) Air Temperature (oC)
Air Temperature (oC)

RH=20%, Wind Speed=1 m.s-1 RH=50%, Wind Speed=1 m.s-1 RH=80%, Wind Speed=1 m.s-1
1,5 1,5 2,0

1,0 1,0 1,5

1,0
0,5 0,5
meanASV

0,5
meanASV

meanASV

0,0 0,0 100 W/m²


0,0 400 W/m²
-0,5 -0,5 800 W/m²
-0,5
-1,0 -1,0
-1,0
-1,5 -1,5 -1,5

-2,0 -2,0 -2,0


0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40
Air Temperature (oC) Air Temperature (oC) Air Temperature (oC)

RH=20%, Wind Speed=3 m.s-1 RH=50%, Wind Speed=3 m.s-1 RH=80%, Wind Speed=3 m.s-1
1,0 1,5 2,0

1,0 1,5
0,5
1,0
0,5
0,0
0,5
meanASV

meanASV
meanASV

0,0 100 W/m²


-0,5 0,0 400 W/m²
-0,5 800 W/m²
-0,5
-1,0
-1,0
-1,0
-1,5 -1,5 -1,5

-2,0 -2,0 -2,0


0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40
Air Temperature (oC) Air Temperature (oC) Air Temperature (oC)

RH=20%, Wind Speed=5 m.s-1 RH=50%, Wind Speed=5 m.s-1 RH=80%, Wind Speed=5 m.s-1
1,0 1,5 2,0

1,0 1,5
0,5
1,0
0,5
0,0
0,5
meanASV
meanASV

meanASV

0,0 100 W/m²


-0,5 0,0 400 W/m²
-0,5 800 W/m²
-0,5
-1,0
-1,0
-1,0
-1,5 -1,5
-1,5

-2,0 -2,0 -2,0


0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40
Air Temperature (oC) Air Temperature (oC) Air Temperature (oC)

Figure 1.8: Nomogrammes pour le vote moyen de sensation effective (ASV) pour différents paramètres météorologiques.
5
1.4.3 Indice de confort à micro échelle
Dans le cas de régions présentant une grande variété d’espaces, allant
de la végétation dense avec ombrage excessif à des zones
complètement exposées au soleil et au vent, les données de la station
météorologique ne peuvent pas représenter adéquatement les conditions
micro climatiques du site. Les modèles de confort doivent être en mesure
d’approcher la micro échelle pour les besoins de la conception et faire la
distinction entre une zone ombragée et une zone ensoleillée, entre une
zone protégée et une zone dégagée du vent, ce qui finalement affecte
directement les conditions de confort thermique dans un espace donné. Il
est de ce fait important d’imaginer un moyen d’ajouter des paramètres
relatifs à la conception dans les données environnementales.
L’identification de facteurs de correction simplifiés entre des conditions
mesurées localement sur le terrain et celles de la station météorologique,
peut permettre de mettre à jour les modifications apportées au micro
climat. De tels facteurs de correction peuvent être ensuite employés en
tant que paramètres modifiés pour les modèles orientés vers la
conception du confort en reflétant la micro échelle, d’importance pour les
concepteurs.
Dans ce contexte la végétation peut affecter le microclimat de
nombreuses façons en réduisant la température de l’air comparativement
à des surfaces non végétales, en procurant de l’ombrage et améliorant la
protection au vent. En faisant référence aux modèles présentés dans la
Section 1.4.1, il est possible d’inclure de tels effets pour évaluation. Dans
le contexte urbain [5], une réduction de la température environnante de
1-2°C est attendue avec l’installation d’un bosquet dense (Fig. 1.9) alors
que la radiation solaire entrante peut être réduite de 20-60% suivant la
densité des arbres. De tels taux de réduction sont attendus en été, pour
des journées avec ciel dégagé alors que ces facteurs de correction ne
devraient pas être utilisés sous conditions nuageuses. Concernant le
vent, un facteur de perméabilité de 0.4 peut être employé afin d’évaluer
la réduction de la vitesse du vent du fait de la végétation qui peut être
Figure 1.9: Variation du microclimat due à
la végétation réduit à 0.2 dans le cas où la végétation est employée comme coupe
vent.
Ex. Dans le cas d’Athènes, en été, à midi (typiquement Tair=33°C,
Sol_met=1000W.m-2, V_met=1m.s-1, RH_met=30%), l’effet d’un groupe
dense d’arbres sur l’ASV peut être calculé en employant le modèle
présenté à la Section 1.4.1:
ASV = 0.034 (Tair_met–2) + 0.0001(0.2 x Sol_met) – 0.086 (0.4 x V_met)
– 0.001 RH_met – 0.412.
ASV=0.034x(33–2) + 0.0001x(0.2x1000) – 0.086(0.4x1) – 0.001x30 –
0.412 = 0.6, présentant une réduction de 14% de la valeur sans
ombrage.

1.5 Liste de contrôles


Les différentes étapes suivantes peuvent être suivies:
• Déterminer la localisation géographique et obtenir les données
météorologiques.
• Identifier la ville présentant les plus grandes similarités climatiques
avec la ville à l’étude ou employer le modèle européen.
• Calculer l’ASV pour la ville correspondante ou lire la valeur à partir du
nomogramme prenant en compte les valeurs approximatives.
• Lire à partir des courbes le pourcentage de personnes se sentant
confortables.
• Inclure dans les paramètres de la conception de l’espace les facteurs
de correction afin de calculer l’ASV pour différents espaces,
répondant à différentes options de conception.

6
• Lire à partir des courbes le pourcentage de personnes se sentant
confortables.
• Répéter les étapes précédentes, autant que nécessaire.

1.6 Conclusions

La méthodologie présentée ci-dessus peut être employée aux premiers


stades de la conception afin d’identifier différentes zones à problème,
évaluer différentes stratégies génériques, ex. ombrage, protection au
vent, etc. Ce ne sont pas des modèles de précision permettant de justifier
les actions des concepteurs et ils se doivent d’être combinés au reste du
travail présenté dans ce guide, concernant le rôle des matériaux (Section
3), etc.
A l’occasion de la conception d’espaces extérieurs, le contact avec la
nature est un des objectifs prioritaires en vue de l’utilisation de l’espace
et doit être mis en valeur par la conception. La stimulation
environnementale est une raison importante de l’utilisation d’un espace
pour différents types d’activités, tout au long de l’année et un
développement prudent peut contribuer à aller dans ce sens en tenant
compte du fait que les variations journalières ou saisonnières nécessitent
des solutions différentes (Section 4.3.6).
Le concepteur urbain dispose de différents choix de solutions ; forme des
bâtiments, matériaux, végétation, éléments à base d’eau, certains
équipements urbains peuvent même contribuer au succès d’un projet
urbain en offrant protection contre des aspects négatifs ou exposition à
d’autres aspects positifs du climat accroissant ainsi l’usage de cet espace
tout au long de l’année.

1.7 Références
[1] Nikolopoulou, M., Baker, N. and Steemers, K. (2001). Thermal comfort in outdoor
urban spaces: the human parameter, Solar Energy, Vol. 70, No. 3.
[2] ISO 7730 (1994). Moderate thermal environments - determination of the PMV and
PPD indices and specification of the conditions for thermal comfort, International
Standards Organization, Geneva.
[3] Nikolopoulou, M., Baker, N. and Steemers, K. (1999). Thermal comfort in urban
spaces: different forms of adaptation, Proc. REBUILD 1999: The Cities of
Tomorrow, Barcelona.
[4] Nikolopoulou, M. and Steemers, K. (2003). Thermal comfort and psychological
adaptation as a guide for designing urban spaces, Energy and Buildings, Vol. 35,
No.1.
[5] Dimoudi, A. and Nikolopoulou, M. (2003). Vegetation in the urban environment:
microclimatic analysis and benefits, Energy and Buildings, Vol. 35, No.1.

7
2 PRISE EN COMPTE DU VENT DANS LES ESPACES URBAINS
2.1 Environnement éolien
Tableau 2.1:
Caractéristiques du critère 5 m/s. Un des facteurs les plus importants influençant les conditions de confort
A= Acceptable, I= Inconfortable, des piétons dans les espaces ouverts extérieurs est le vent.
TI= Très inconfortable / Dangereux [3]. L’environnement éolien est difficile à prévoir puisqu’il est influencé par un
Activité Emplacement Caractéristiques
nombre de facteurs globaux, régionaux, et locaux. A l’échelle globale,
l’air se déplace des zones de hautes pressions vers des zones de basses
A I TI pressions. La vitesse du vent ainsi que sa direction, générés par les
Marche Chaussée, 43% 50% 53% systèmes météorologiques à l’échelle synoptique sont par la suite
rapide chemins modulés par la topographie régionale et locale. Il est alors important de
Déambuler Parcs, rues 23% 34% 53% comprendre qu’il peut y avoir de grandes différences dans
marchandes l’environnement éolien d’une partie de la ville comparativement à une
autre ou même à micro-échelle d’un lieu à un autre.
Debout / Parcs, espaces 6% 15% 53%
assis pour urbains Le vent n’est pas un phénomène constant – il varie constamment en
une courte
période
direction et en grandeur (rafales) et ses variations peuvent être
saisonnières ou annuelles. Les vitesses du vent dans ce guide font ainsi
Debout / Restaurants 0.1% 3% 53% toujours référence à des valeurs moyennes.
assis pour extérieurs
une longue Les effets directs du vent peuvent être divisés en deux catégories
période
principales – effets mécaniques et effets thermiques [1]. Les effets
Exemple : l’environnement éolien sera mécaniques peuvent être ressentis avec des vitesses du vent
acceptable pour des personnes assises à supérieures à 4-5 m.s-1. Au-dessus de 10 m.s-1, la marche sera malaisée,
l’extérieur pour de courtes périodes si la vitesse
-1
et au-dessus de 15m.s-1 il existe un risque réel d’accidents [2].
moyenne du vent n’excède pas 5 m.s plus de Considérant les effets thermiques, le critère de confort de 5 m.s-1 du
6% du temps. Si ces personnes restent assises Tableau 2.1 peut être utilisé, si nous présumons que les gens adaptent
-1
pour de plus longues périodes, les 5 m.s ne
leur comportement et leurs vêtements selon la saison [3]. Le tableau peut
doivent pas être dépassés plus de 0.1% du
temps. être utilisé pour une température de l’air supérieure à 10ºC.
Il est à relever que, selon le climat, un vent d’une certaine intensité
pourrait être perçu comme peu souhaitable ou même souhaitable. Dans
des climats froids, le vent diminuera presque toujours les conditions de
confort à l’extérieur, tandis que l’inverse est vrai dans des climats
Tableau 2.2:
La hauteur géostrophique et la rugosité pour trois chauds.
types de surface [1,2]
2.2 Les données de vent
Surface Hauteur (m) α

Terrain plat 275 0.16 Le vent en altitude non influencé par la surface terrestre est appelé le
vent géostrophique. L’altitude géostrophique varie d’environ 275 m à
Boisé, banlieue 400 0.28
environ 500 m selon la rugosité de la surface (α) terrestre (Fig. 2.1 et
Ville densément 500 0.4 Tableau 2.2).
bâtie
Les données locales de vent sont essentielles pour l’évaluation de
l’environnement éolien dans les espaces extérieurs. La donnée la plus
importante est la vitesse moyenne du vent et sa direction pendant la
période ou l’espace est occupé. Si un espace est occupé toute l’année,
les données doivent être disponibles sur une base saisonnière et
mensuellement si des différences importantes existent durant les mois
d’une même saison. La vitesse et la direction du vent sont habituellement
mesurées à 10 m au-dessus du sol dans des stations météorologiques
situées à l’extérieur des villes. Des données sur le vent peuvent être
trouvées dans des atlas - les roses des vents pour différentes régions
d’un pays peuvent généralement être procurées par les centres
météorologiques nationaux. La rose des vents est une représentation
graphique simple illustrant les vitesses et directions des vents locaux
pour une région particulière basée sur des mesures effectuées sur une
longue période de temps (Fig. 2.2).
Figure 2.1: profils de vitesses du vent pour Une vitesse de vent mesurée à une hauteur de 10 m par une station
trois différents types de surfaces. La rugosité météorologique située dans un lieu plat et à découvert peut être
α est plus forte dans une ville dense avec des
immeubles hauts.
transformée en un vent représentatif d’une surface urbaine pour une
hauteur (H) en utilisant le Tableau 2.3. H est la hauteur au-dessus de la

8
Tableau 2.3:
surface en milieu urbain et S représente la relation existant entre la
Valeurs de S = VH / V10 pour différentes hauteurs H
vitesse du vent en milieu urbain à hauteur H (VH) et la vitesse du vent en en environnement suburbain et urbain.
milieu plat à découvert à 10 m de hauteur (V10). Ainsi, S = VH / V10.
H [m] S S
Notons que les données du Tableau 2.3 ne sont valides que pour des
(suburbain) (urbain)
altitudes situées au-dessus de la surface urbaine (au-dessus des toits) et
pas aux endroits où les obstacles locaux influencent la vitesse et la
10 0.6 0.36
direction du vent comme c’est le cas pour les immeubles. Ainsi, le
Tableau 2.3 peut être utilisé pour calculer les conditions de vents au- 20 0.73 0.47
dessus des toits pour une surface où sont situés les espaces ouverts et 30 0.82 0.55
non pas pour calculer les conditions de vents pour la zone piétonnière
40 0.89 0.62
dans cet espace.
50 0.94 0.68
VH ou V10 peuvent être modifiées en une vitesse et une direction du vent
pour la zone piétonnière en utilisant des simulations réalisées dans une 60 0.99 0.73
soufflerie ou par des simulations numériques en dynamique des fluides. 70 1.04 0.77
Une alternative est d’utiliser des diagrammes illustrant des relations
80 1.08 0.82
simples entre VH ou V10 et la vitesse du vent dans la zone piétonnière [1,
2, 6], qui ont été dérivés à partir de mesures ou de calculs avancés. 90 1.11 0.86
Cependant, il n’est pas conseillé de transférer les résultats d’une étude 100 1.14 0.89
générique ou d’un cas spécifique à un autre espace dans des conditions
110 1.18 0.93
réelles. La complexité de l’écoulement de l’air dans une zone piétonnière
en milieu urbain est grande et même de petits changements dans 120 1.21 0.96
l’aménagement de cet espace ou de son voisinage peuvent modifier de 130 1.24 0.99
façon drastique les flux d’air dans cet espace. Ainsi donc, chaque espace
doit être étudié comme un cas particulier. 140 1.27 1.02
150 1.29 1.05
Exemple: la vitesse du vent à une hauteur de
2.3 Tests grandeur nature, tests en soufflerie ou simulations 100m en zone urbaine correspond à 89% de la
numériques vitesse du vent à une hauteur de 10 m sur un site
plat et dégagé.
Il existe plusieurs possibilités pour évaluer la distribution du vent dans un
espace ouvert. Il est possible de prendre des mesures (grandeur nature
sur le site ou dans une soufflerie) ou d’utiliser un modèle numérique afin
de simuler l’écoulement de l’air.

Les mesures sur le site ont l’avantage que les résultats obtenus sont
ceux d’une situation réelle, où l’influence de tous les immeubles et des
obstacles sont inclus. L’inconvénient d’une telle démarche est que celle-
ci peut devenir coûteuse puisque, idéalement, la période de mesures
devrait être assez étendue pour couvrir les combinaisons de vitesses et
de directions de vent les plus fréquentes, ce qui nécessite un grand
nombre de points de mesure. Il est difficile, aussi, d’évaluer de nouvelles
configurations d’aménagement.
Les tests en soufflerie ont l’avantage que des résultats fiables pour un
grand nombre de combinaisons de vitesses et de directions du vent
peuvent être obtenus rapidement. Il est également possible de tester
l’environnement éolien pour de nouvelles surfaces lorsque ces dernières
sont encore en stade de planification, et de tester de nouveaux
aménagements. Cependant, il est essentiel de faire appel à un
laboratoire expérimenté et de développer un modèle précis de la surface
concernée ainsi que de ses environs. Ainsi, des essais en soufflerie
peuvent être coûteux en temps et en argent.
Une alternative à la soufflerie est de développer un modèle numérique de
l’espace et de ses environs afin d’y simuler la circulation de l’air – une
sorte de soufflerie virtuelle. Les programmes pour ce type de simulations
sont appelés «logiciels de simulation en dynamique des fluides» (CFD) et
comportent l’avantage que n’importe laquelle des combinaisons de
vitesses et de directions du vent et de configuration de l’espace et des Figure 2.2: Rose des vents et données tabulées,
environs peuvent être évaluées. Cependant, les calculs impliquent des aéroport de Copenhague (DK), (1993-2002).
ressources informatiques considérables et il est nécessaire que Exemple : durant 4% de l’année, le vent vient de
-1
l’utilisateur de ces logiciels soit expérimenté et qu’il comprenne bien cette l’ouest avec une vitesse supérieure à 7.5 m.s
(source: Danish Meteorological Institute).
problématique complexe de circulation d’air.

9
2.4 Un exemple d’analyse des conditions de vents avec CFD

Les objectifs de cet exemple d’étude sont d’évaluer les effets de


différents paramètres sur les conditions de vent au niveau du piéton
(1.5m au-dessus du sol), dans un espace quadrilatère entouré
d’immeubles. La topographie des lieux environnants est incluse dans le
modèle CFD pour prendre en compte les effets des structures urbaines
environnantes (Fig. 2.3). La hauteur du voisinage considéré est de 18 m
(HNeighbourhood). L’étude prend en compte les paramètres suivants :

Figure 2.3: Représentation graphique du 1. Les dimensions du quadrilatère (ASquare): 1600m² et 3600m².
modèle CFD avec les directions du vent (0°, 2. La vitesse du vent en site dégagé à 10 m de hauteur (V10): 2.5m.s-1 et
15°,30°, 45°). Le square est situé au centre du 5m.s-1.
modèle et entouré par un voisinage suburbain 3. La hauteur des immeubles aux bords (HBoundary): 9 m, 18 m, 27 m.
modélisé par des blocs de 18 m de haut.
4. La direction du vent: 0º, 15º, 30º, 45º (Fig. 2.3).
5. Largeur et position des quatre ouvertures du quadrilatère (Figs. 2.4 –
2.5).

2.4.1 Observations et conclusions de l’étude

Observations:
• Plus le quadrilatère est grand – plus intense est la vitesse du vent
dans cet espace, avec une relation quasi-linéaire entre ASquare et la
vitesse du vent.
Figure 2.4: Square avec les ouvertures au • Plus le quadrilatère est grand – plus l’écoulement est turbulent.
milieu – largeur: 10 m, 20 m, 30 m.
• Plus la vitesse du vent V10 est grande – plus la vitesse du vent dans
le quadrilatère est grande, avec une relation quasi-linéaire entre V10
et la vitesse du vent.
• La configuration et le niveau de l’écoulement ne sont presque pas
influencés par V10.
• Plus hauts sont les immeubles aux bords par rapport aux voisins -
plus intense est le vent dans le quadrilatère (Fig. 2.6).
Figure 2.5: Square avec les ouvertures en
coin – largeur: 7 m, 14 m, 21 m. • Plus hauts sont les immeubles aux bords par rapport aux voisins -
plus intense est la turbulence éolienne (Fig. 2.7).
• Il n’existe pas de relation claire entre la direction générale du vent et
la vitesse du vent dans le quadrilatère (Fig. 2.6).
• Plus grand est l’angle d’admission du vent – plus intense est la
turbulence. Il existe une tendance claire que l’écoulement devient
plus chaotique lorsque la direction du vent s’écarte de l’orientation
principale de cet espace.
• Il n’existe pas de relation claire entre la vitesse du vent dans le
quadrilatère et la position des ouvertures donnant sur le quadrilatère.
V(Max) / V(10)
• Les ouvertures dans les coins du quadrilatère produisent un
0,60
écoulement plus turbulent que des ouvertures situées au milieu de ce
dernier (Fig. 2.8).
0,40
• Plus les ouvertures sont grandes – plus le vent est turbulent dans le
quadrilatère.
0,20 45° 30°
15° 0°
0,00 Les conclusions – le quadrilatère devrait être configuré :
0,25 0,75 1,25 1,75
H(Boundary) / H(Neighbourhood) • Le plus petit possible: un grand quadrilatère – un environnement plus
venteux.
Figure 2.6: VMax/V10 en fonction de HBoundary / • Avec des immeubles aux bords plus bas que le voisinage
HNeighbourhood. Une vitesse de vent inférieure est environnant. Plus les immeubles dépassent leurs voisins – plus
observée quand les immeubles aux bords sont
moins élevés que ceux du voisinage. venteux est l’environnement.
Exemple: VMax vaut environ 20% de V10 dans
• Avec des ouvertures au milieu de l’espace et avec l’axe principal du
cette situation. quadrilatère orienté parallèlement à la direction des vents dominants
et de l’orientation dominante des alignements des rues voisines.

10
2.5 Paramètres de l’aménagement, recommandations et solutions

2.5.1 Paramètres de l’aménagement

Il existe un nombre de paramètres généraux à prendre en considération


en vue de l’évaluation des conditions de vent dans un espace ouvert.
La localisation géographique, ou la zone climatique à laquelle l’espace
ouvert appartient. Est-ce qu’un niveau de vent est souhaité ou non
souhaité ? Est-ce un endroit venteux où des vents violents peuvent
survenir ?
Le type d’espace, par exemple la forme de l’espace ainsi que les
caractéristiques des environs. Est-ce que l’espace est couvert ou situé
dans un espace ouvert ? Est-ce que les immeubles peuvent influencer
l’écoulement du vent dans l’espace ouvert ?
Le dernier paramètre à considérer est le type d’utilisation, c.-à-d., qui
utilise cet espace, quand est-il fréquenté et pourquoi l’est-il ? Un parc est
un exemple d’un espace ouvert où les usagers sont invités à demeurer
pour de longues périodes, ce qui impose des exigences élevées pour
l’environnement extérieur.

2.5.2 Recommandations d’aménagement


Figure 2.7: Graphique vectoriel montrant les
Il est important de considérer chaque espace comme un cas unique. Il directions et vitesses du vent dans le
est ainsi difficile de proposer des recommandations détaillées pour square. Hauteur des bâtiments aux bords: 9
l’aménagement des espaces urbains. Cependant, il est possible de m (haut) et 27 m (direction du vent 15°).
Plus hauts sont les bâtiments aux bords
proposer des recommandations à propos des aspects sur lesquels les comparativement au voisinage, plus le vent
concepteurs doivent prêter attention. est turbulent.

Éviter de placer un espace urbain près des immeubles qui sont plus
hauts que la hauteur moyenne de l’espace urbain environnant. De tels
immeubles peuvent générer des mouvements verticaux gênants
s’écoulant le long des façades vers le bas des immeubles (downwash)
ainsi qu’un fort vent autour des coins (Fig. 2.9). Plus l’immeuble est haut,
plus le vent est intense. Le résultat peut s’avérer être un environnement
venteux autour de la base et des coins de l’immeuble et un vent
horizontal s’éloignant de l’immeuble à l’encontre du vent dominant (effet
Wise). Des contres mesures visent en premier lieu de construire moins
haut. Si un immeuble haut ne peut être évité, alors une possibilité est
d’introduire une structure qui puisse dévier l’écoulement descendant
(downwash), par exemple une véranda (Fig. 2.10). Les effets de coins
sont difficiles à éviter mais au niveau des piétons, ils peuvent être réduits
en utilisant des paravents.
Éviter de placer un espace urbain en ligne directe avec de longues
avenues linéaires. Les structures urbaines linéaires comme les
immeubles peuvent créer un effet de canalisation où le vent peut
s’accélérer et ainsi engendrer un environnement désagréable. Cet effet
peut survenir lorsque les voies sont plus longues que 100 – 125 m [4].
L’effet peut même être pire si les rues forment un entonnoir (effet Venturi,
Fig. 2.11). Des contres mesures sont par exemple, d’éviter des voies
directes entre l’espace et la rue, de faire des rues plus courtes (nouveaux
espaces), d’éviter la construction de rues dans le sens du vent dominant,
de casser l’alignement de la rue (des rues incurvées ne conviennent pas
car la résistance au vent est faible dans de telles rues) et de reboiser la
rue afin d’augmenter la résistance au vent.
Les passages situés entre ou sous les immeubles menant à un espace Figure 2.8: Graphique vectoriel montrant les
ouvert peuvent aussi former une sorte d’entonnoir où le vent peut directions et vitesses du vent dans le square
avec une ouverture de taille moyenne
s’accélérer et de ce fait engendrer un environnement déplaisant. Cet effet placée au milieu (haut) et aux coins
peut être radicalement aggravé lorsqu’il est combiné à de hauts (direction du vent 15°). Les ouvertures aux
immeubles ou de longues avenues linéaires (voir ci-dessus). coins donnent l’écoulement le plus turbulent.

11
Les dimensions des espaces urbains peuvent être conçues de manière à
ce que le vent s’écoule plutôt au-dessus et non dans cet espace réservé
aux piétons en créant ainsi des conditions inconfortables. Cet effet est
appelé effet de maille [4, 5]. Un facteur important est la relation existant
entre la surface de l’espace urbain et la hauteur des immeubles
avoisinants (ou celle d’autres structures comme les paravents), facteur
qui s’exprime comme suit : ASpace/ (HBoundary)² = K.
K est un paramètre sans dimension dont la valeur ne doit pas dépasser
6. Il est important que la largeur des ouvertures en direction de l’espace
ne soit pas supérieure à 25% de la longueur du périmètre de la place. Un
exemple est donné par l’espace du quadrilatère de la section 1.4, où
HBoundary = 18 m. Dans ce cas, la surface maximale du quadrilatère
devrait être ASpace = 18² x 6 = 1944m² (44 x 44 m²) et la largeur maximale
Figure 2.9: Trajectoire de l’écoulement des ouvertures = 0.25 x 4 x 44 = 44m. Avec quatre ouvertures de même
du vent autour d’un haut et d’un bas taille cela donne une largeur 44/4 = 11m par ouverture. Il est préférable
bâtiment. que les ouvertures ne fassent pas face à la direction du vent dominant.
L’effet de maille est aussi valide dans les cas d’autres formes que des
quadrilatères et des rectangles. Il existe une relation complexe entre la
configuration du vent dans la zone piétonnière et la largeur et longueur
de cet espace (LSpace, WSpace), la hauteur des structures aux bords
(HBoundary) et la direction du vent. Une étude réalisée en soufflerie pour
des espaces rectangulaires a démontré [6] qu’avec des espaces réduits
et moyennement réduits (WSpace / HBoundary = 1-4), la longueur optimale de
l’espace est de 4 à 5 fois la hauteur des bords. Avec de grands espaces
(WSpace / HBoundary = 8), la longueur optimale de l’espace est de 6 à 8 fois
la hauteur des bords.
Des paravents peuvent être utilisés pour protéger les piétons dans
l’espace urbain des vents intenses et de la turbulence et peuvent être à
Figure 2.10: Exemple d’une contre mesure la fois des structures entières (immeubles, murs, etc.) ou partielles
sur l’écoulement descendant (downwash) –
une véranda à la base d’un haut bâtiment.
(végétation, clôtures, etc.). Des paravents entiers peuvent être efficaces
près des structures, mais tendent à accélérer le vent et à créer des
turbulences dans leur sillage. Ainsi, dans la plupart des cas, il est
préférable d’employer des structures partielles. La végétation constitue
un paravent efficace car les branches et les feuilles ralentissent le vent
sans pour autant créer beaucoup de turbulence (Fig. 2.12). Des études
ont montré qu’une plate bande de bonne densité produit la meilleure
protection et la plus uniforme (50-65% de la surface ouverte) [7]. Il est
impératif que la plate bande produise la même protection en pleine
hauteur, ainsi il est nécessaire de combiner différent type de végétation
par exemple en utilisant des arbres pour protéger en hauteur et des
arbustes/buissons pour la protection près du sol. De telles plates bandes
peuvent protéger efficacement sur une distance équivalent à 4 à 5 fois
leur hauteur en aval de la barrière [4]. Il est important que les ouvertures
dans la barrière soient distribuées sur toute la surface ainsi plusieurs
petits trous produiront un vent plus agréable à supporter qu’un petit
Figure 2.11: Un cas particulier de l’effet de nombre de trous de plus grandes dimensions.
canalisation – l’effet Venturi.

2.6 Liste de contrôles

• Définir le climat, le type d’espace et le type d’utilisation.


• Définir les critères de confort approprié pour cet espace – les critères
peuvent éventuellement être différents pour les différentes parties de
cet espace (Tableau 2.1).
• Etablir les statistiques du vent pour le site en question (vent moyen
V10 selon les mesures effectuées à la station météorologique la plus
proche et selon le profil du vent de la région avoisinante (Fig. 2.1 et
Tableau 2.2).
Figure 2.12: La végétation utilisée comme
paravent. • Analyser comment le voisinage et l’espace influencent les conditions
de vent sur l’espace en utilisant des mesures sur le site, des tests en

12
soufflerie, des simulations CFD ou des suggestions d’aménagements
simplifiées (par exemple, Sections 2.4 et 2.5).
• Comparer les résultats des analyses avec les critères de confort et
changer la disposition de l’espace et de son voisinage si les
conditions ne sont pas acceptables.

2.7 Références
[1] Penwarden, A.D. and Wise, A.F.E. (1975). Wind environment around buildings.
Department of the Environment BRE, Her Majesty’s Stationery Office, London.
[2] Bjerregaard, E. and Nielsen, F. (1981). SBI direction 128 Wind environment around
buildings. (In Danish): Danish Buildings Research Institute, Hørsholm.
[3] Davenport, A.G. (1972). An Approach to Human Comfort Criteria for Environmental
Wind Conditions, Swedish National Building Research Institute, Stockholm.
[4] Houlberg, C. (1979). An introduction to wind environment part II: Wind and Shelter
in Built-up Aareas with commented stock of bibliography for BSA. (In Danish): The
Royal Danish Academy of Fine Arts, Copenhagen.
[5] Gandemer, J. (1977). Wind environment around buildings: Aerodynamic concepts,
Proc.: Fourth International Conference on Wind Effects on Buildings and Structures,
Cambridge University Press.
[6] Smith, F. and Wilson, C.B. (1977). A parametric study of airflow within rectangular
walled enclosures, Building and Environment, Vol. 12, pp. 223-230.
[7] Houlberg, C. (1976). An introduction to wind environment part I: Living fences and
windscreens with commented stock of bibliography, 2nd edition. (In Danish): The
Royal Danish Academy of Fine Arts, Copenhagen.

13
3. ÉVALUATION DES CONDITIONS DE RAYONNEMENT DANS LES ESPACES URBAINS
3.1 Introduction

La recrudescence de l’intérêt porté à la qualité des espaces urbains


ouverts est liée au besoin essentiel des gens à accroître leur vie sociale
en relation avec un environnement physique confortable. Peu d’études
analytiques sont disponibles visant à évaluer les exigences de confort
liées aux microclimats urbains spécifiques générés par la morphologie
des lieux, par les matériaux, par l’eau et la végétation, et elles sont
malheureusement trop compliquées ou peu adéquates pour la pratique.
Les conditions de confort thermique dans les espaces urbains sont
déterminées par une combinaison de facteurs socio-psychologiques et
physiques qui ont été étudiés dans le cadre du projet de recherche
RUROS [1], [2], et [3]. Les facteurs physiques concernent l’adaptation au
microclimat local déterminée par l’environnement physique ambiant.

Figure 3.1: Longueurs d’ombrage dans des rues


Les objets qui constituent l’environnement urbain,– incluant les matériaux
orientées NS. de construction, les abris, la végétation –, jouent un rôle important dans
(a.m. = matin, p.m. = après-midi) la modification du microclimat et des conditions de confort thermique.
Leurs températures superficielles influencent le bilan thermique et le
confort par des échanges radiatifs qui sont dominants dans un
environnement peu ventilé, ce qui correspond aux conditions les plus
fréquentes des espaces urbains à la hauteur des piétons.
Tandis que l’effet général des matériaux de construction sur le
microclimat, dans un contexte urbain lié à des dispositions spécifiques, a
été étudié en détail en climatologie urbaine (l’îlot de chaleur urbain estival
et hivernal, la distribution des albédos, les flux radiatifs dans les canyons,
etc) les effets de matériaux particuliers n’ont été étudiés que récemment
EW oriented street - time: 3 p.m. [4]. Toutes ces études, cependant, ne sont pas destinées à la
50

45 problématique de l’aménagement, puisqu’elles sont constituées soit de


40

35
mesures, soit d’études de cas ou de simulations réalisées avec des
30 modèles complexes.
25

20 Le but de ce guide est de fournir un outil graphique simplifié permettant


15

10
aux concepteurs de développer une sensibilité « au rayonnement » dans
5 la conception d’espaces urbains thermiquement confortables. En d’autres
0
0,06 0,17 0,28 0,39 0,50 0,61 0,72 0,72 0,61 0,50 0,39 0,28 0,17 0,06
termes, cet outil aide les concepteurs à évaluer les conditions de confort
W/H
thermique du schéma d’aménagement proposé, en indiquant une
Copenhagen Milan Athens variation de la température moyenne radiante (Mean Radiant
Temperature ou MRT), en fonction de l’utilisation de différents matériaux
Figure 3.2: Valeurs de MRT dans les rues de (et de morphologie).
référence orientées EW (Est-Ouest).

3.2 Méthodologie d’évaluation des conditions de rayonnement

Une méthode graphique simplifiée destinée à évaluer les conditions de


rayonnement dans un contexte urbain a été développée sur la base de
NS oriented street-time: 3 p.m.
48 simulations numériques avec le logiciel Solene [5]. Les résultats de cette
43 méthode constituent une approximation de la MRT qui peu être utilisée
38
33
pour calculer des indices de confort comme la PET ou d’autres [6].
28
23 Un intérêt particulier de la recherche visait l’étude des variations spatio-
18
temporelles du champ de rayonnement selon l’utilisation de divers
13
8
matériaux et de leurs propriétés physiques, qui est considérée comme
0,05 0,16 0,27 0,38 0,5 0,6 0,72 0,72 0,61 0,5 0,38 0,27 0,16 0,05
variable principale, dans un aménagement urbain nouveau ou rénové.
W/H Trois régions climatiques ont été considérées : l’Europe du nord, celle du
Copenhagen Milan Athens
centre, et celle du sud, correspondant respectivement aux villes de
Copenhague, Milan et Athènes.
Figure 3.3: Valeurs de MRT dans les rues de La condition de référence a été définie comme une valeur constante de
référence orientées NS. MRT dans un plan horizontal illimité. Un plan vertical (simulant une

14
façade d’un immeuble) modifie la valeur de MRT autour de cet espace en
fonction de la taille, de l’orientation et des matériaux (Fig. 3.2, 3.3).
Le modèle prend en considération différentes configurations spatiales
variant d’une rue de largueur infinie (avec seulement une façade) à une
rue étroite, ainsi que les effets de coins. Les dimensions sont spécifiées
par un rapport Largeur/Hauteur (W/H).
Les simulations impliquent des variations des paramètres suivants :
• Latitude (Copenhague, Milan, Athènes)
• Orientation des éléments verticaux (S-N, E-W)
• L’albédo de la chaussée (0.2, 0.8)
• Dimensions de la rue (100, 50, 26, 16, 12 de largeur, 18 de hauteur)
• Effets de coins (toutes les unités sont en m. 30x30, 60x60, 30x60,
60x30, 18 hauteur)

Figure 3.4: Variation de MRT dans les rues de Les simulations considèrent un vent faible (moins de 1.5 m.s-1), valeur
référence – orientation EW (Est-Ouest) – en typique dans un contexte urbain durant une journée ensoleillée d’été, et
matinée. les températures de l’air sont typiques d’une journée chaudes (Tableau
sunny area= zone ensoleillée 3.1).
shaded area=zone ombrée
Tableau 3.1: Les températures de l’air pour cinq périodes à Milan, Athènes et
Copenhague[7]

Température de l’air
Milan Athènes Copenhague
(°C)
Matinée 24 26 20
Midi 30.5 33.5 24.5
Après-midi 32.5 37 25.5
Soirée 29 33.5 22.5
Nuit 22 24.5 17

Les conditions de rayonnement qui varient constamment ont été divisées


en cinq périodes de conditions « semblables » : nuit, matinée, midi,
après-midi, et soirée. Pour chacune d’elles, les valeurs de MRT à l’ombre
ou au soleil ont été évaluées. Durant ces périodes les conditions de
rayonnement sont considérées constantes, constituant les variations
contrôlées par les mécanismes physiques et psychologiques
Figure 3.5: Variation de MRT dans les rues de d’adaptation.
référence – orientation NS – en matinée.
Dues aux différents rayonnements récoltés, les valeurs de MRT
calculées pour des surfaces adjacentes peuvent changer de façon
significative. Les valeurs moyennes de MRT sont reportées dans les
différents tableaux en association avec les variations prévues durant ces
mêmes périodes.

3.3 Critères d’évaluation

Zones climatiques : Trois villes ont été retenues en Europe: Copenhague


(Latitude 55°), Milan (Latitude 45°) et Athènes (Latitude 37°).
Type de matériaux : Les matériaux sont regroupés en deux classes
dépendant de l’albédo et de la capacité thermique. Les matériaux frais
sont normalement ceux possédant une couleur claire et une forte
capacité thermique, tandis que les matériaux chauds diurnes sont ceux
possédant une couleur sombre et une capacité thermique faible.
Les urbanistes traditionnels choisissent des matériaux sur la base de
différentes exigences techniques, lesquelles remplissent des besoins et
des usages locaux spécifiques, satisfaisant aussi des législations au
niveau de la perception visuelle, de la sécurité, de la santé, de la
Figure 3.6: Variation de MRT dans les rues de durabilité, du coût, etc. Les considérations environnementales ne sont
référence – orientation EW (Est-Ouest) – à midi. habituellement pas prises en compte. Ainsi, afin de promouvoir le confort

15
thermique dans les espaces extérieurs, il est nécessaire d’associer ces
exigences techniques avec celles liées à l’environnement, comme décrit
ci-après.
Le rayonnement est contrôlé par la couleur (albédo), la capacité
thermique par la masse.
La méthode simplifiée considère les matériaux les plus fréquemment
utilisés comme revêtement : le béton. Ce matériau est défini par ses
propriétés thermiques, c.-à-d., sa chaleur spécifique (1000 J.Kg-1K-1), sa
densité (2200 Kg.m-3), et sa conductivité (0.9 W.m-1K-1).
Les modifications du rayonnement ont été considérées par l’albédo. Plus
précisément, un matériau clair réfléchissant 80% du rayonnement solaire
incident et un matériau sombre ne réfléchissant que 20% ont été retenus
(Tableau 3.2).
Tableau 3.2: Classification des matériaux en trois catégories en fonction de leur albédo [8]

Albédo Albédo Albédo


0.1 – 0.3 0.4 – 0.6 0.7 – 0.9
Figure 3.7: Variation de MRT dans les rues de Asphalte noir Béton clair Pierre calcaire
référence – orientation NS – à midi. Béton sombre Cuivre oxydé Marbre blanc
Surfaces Pelouse Brique rouge Peinture blanche
Ardoise Pierre

Type d’espace : la méthode simplifiée est appropriée pour des espaces


urbains tels que rues et places. Une large plage de rapports W/H a été
considérée allant des plus petits 0.06, où une façade d’un coté
n’influence pas les conditions climatiques de l’autre coté de la rue, à des
valeurs plus élevées 0.72, où les deux cotés de la rue exercent une
influence combinée sur le microclimat de toute la section. L’effet
intéressant à évaluer sur les places est l’effet de coins dû au croisement
de deux façades perpendiculaires formant une niche microclimatique. Le
comportement thermique de la niche est considéré comme une variation
de la rue correspondante (avec le même rapport dimensionnel).
Les places avec des rues le long des façades, c.-à-d., sans effet de
coins, ont un comportement semblable aux rues à cause de la
pénétration du rayonnement solaire sur les côtés.
Type d’utilisation : la méthode simplifiée est adéquate pour assister les
concepteurs à planifier des activités et des équipements dans les
Figure 3.8: Variation de MRT dans les rues de espaces urbains, selon les conditions de confort thermique de ceux-ci.
référence – orientation EW (Est-Ouest) – dans Par exemple, les activités « au repos » à faible niveau métabolique
l’après-midi. comme la lecture, etc, ont des besoins différents que les activités de
« déplacement », comme la marche ou le jogging, qui peuvent aussi être
considérées, mais d’une façon plus critique [9].
Le temps : cinq périodes temporelles ont été prises en considération afin
de couvrir le cycle diurne : la matinée, le midi, l’après-midi, la soirée et la
nuit.

3.4 La végétation

Les deux effets principaux de la végétation sont l’effet d’ombrage du


rayonnement solaire (la plupart des arbres feuillus ont une transmissivité
faible à l’égard du rayonnement solaire, entre 2 et 5%) et la conservation
d’une température du feuillage proche de celle de l’air, soit entre 20-35
°C inférieurs aux températures des surfaces des matériaux urbains
communs, comme l’asphalte, les blocs de béton, etc. Comme résultat, la
température de globe sous un grand arbre est habituellement de 15 à 20
°C plus faible que la température de globe de la même surface sans
ombre.
Figure 3.9: Variation de MRT dans les rues de
référence – orientation NS – dans l’après-midi. 16
Les effets microclimatiques de la végétation dépendent aussi de la
maturité de cette dernière. Les arbres âgés ont des températures de
feuillage légèrement inférieures à celle de l’air, tandis que les jeunes
arbres et les pergolas ont des températures de feuillage quelques degrés
au-dessus de celle de l’air.

Figure 3.10: Variation de MRT aux centres de Figure 3.11: Variation de MRT aux coins d’une Place de différentes géométries
places de différentes géométries comparativement à des rues d’orientations et de dimensions similaires.
comparativement à des rues d’orientations et de
dimensions similaires.
Night=nuit, Morning=matinée, Noon=midi,
Afternoon=après-midi, Evening=soirée. 3.5 L’Application de la méthode simplifiée pour évaluer MRT

La méthode graphique pour définir en gros les conditions de confort


thermique dans les espaces urbains est facile d’usage. La méthode
procure une information sur les valeurs de MRT et leurs variations pour
les cinq périodes de la journée (Figs. 3.4-3.9 et 3.12-3.15), en période
estivale à un moment ensoleillé en fonction des paramètres suivants : (i)
la latitude, (ii) l’albédo de la chaussée, (iii) la protection solaire, et (iv) de
la géométrie de l’espace et (v) de son orientation.

Les étapes pour appliquer la procédure sont les suivantes :


1. Définir la latitude du lieu à l’étude,
2. Vérifier l’orientation de l’espace urbain ainsi que les sections en
termes de rapport H/W,
3. Définir la période du jour,
Figure 3.12: Variation de MRT dans les rues de 4. Lire la valeur approximative de MRT sur le graphique approprié.
référence – orientation EW (Est-Ouest) – en
soirée.

17
Les valeurs de MRT ainsi que leurs variations moyennes, en fonction de
l’albédo et de la protection solaire locale, peuvent êtres lues sur les
graphiques des rues (Figures 3.4 -3.9 et 3.12-3.15).
Les valeurs de MRT se réfèrent à : i) des surfaces totalement
ombragées, ii) surfaces ensoleillées, iii) surfaces ensoleillées disposant
d’une protection locale contre le rayonnement solaire direct (100%).
L’interpolation est possible pour des conditions différentes, c.-à-d., pour
une protection solaire ayant une transparence de 50%. Comme les
valeurs de MRT sur une place sont différentes de celles sur une rue de
dimension similaire, les Figures 3.10 et 3.11 indiquent les valeurs de
MRT à différents endroits de la place (en terme de différence par rapport
à la valeur de MRT prévue dans une rue de dimensions semblables).
Figure 3.13: Variation de MRT dans les rues de Quatre places ont été simulées avec des dimensions et orientations
référence – orientation NS – en soirée.
différentes ; pour chaque place les différences de MRT en 5 points sont
indiquées, comme des niches microclimatiques (centres et coins).
Par exemple, si nous considérons une rue 18H, 50W, orientée NS à
Milan, la valeur de MRT prévue durant la matinée est environ 24°C avec
une variation de ±3°C au soleil et de 12.5°C à l’ombre, tandis que pour la
surface ensoleillée avec une protection solaire locale la valeur de MRT
prévue est de 15°C ± 1°C.
Si nous considérons une place rectangulaire de 30x60m, 18H, à Milan, la
température prévue durant la matinée est de 0.5°C supérieure dans le
coin SE (à l’ombre) comparée à la valeur sur la rue de dimension
Figure 3.14: Variation de MRT dans les rues de semblable. Dans des conditions identiques, dans le coin NE la MRT
référence – orientation EW (Est-Ouest) – durant prévue sera de 13°C plus élevée.
la nuit.

3.6 Législation (lignes directrices)


2001. TOROC (Torino Organising Committee XX Olympic Winter Games)
- Linee guida di sostenibilità nel progetto, nella costruzione e nell'
esercizio dei villaggi olimpici".

2003. ITACA. Protocollo ITACA (Istituto per la Trasparenza,


l’Aggiornamento e la Certificazione degli Appalti)- Gruppo di lavoro
interregionale in materia di bioedilizia. “Protocollo ITACA” per la
valutazione della qualità energetica ed ambientale di un edificio.
Figure 3.15: Variation de MRT dans les rues de
référence – orientation NS – durant la nuit.
3.7 Liste de contrôles

• Niche microclimatique
• Conditions de rayonnement
• Albédo de la chaussée
• Morphologie

3.8 Références
[1] Nikolopoulou, M. and Steemers, K. (2003). Thermal comfort and psychological
adaptation as a guide for designing urban spaces, Energy and Buildings, Vol. 35,
* sun protection in a sunny area= dans une zone ensoleillée No.1.
avec protection solaire
[2] Katzshner, L. (2002). Bioclimatic characterization of urban microclimates for the
usage of open spaces, Proc.: Architectural and Urban Ambient Environment,
air temperature in Milan Nantes.
air temperature in Athens [3] Scudo, G., Rogora, A. and Dessì, V. (2002). Thermal comfort perception and
air temperature in Copenhagen evaluation in urban space, Proc.: EPIC 2002 AIVC, Lyon.
[4] Asaeda, T. and Ca Thanh, V. (1996). Heat storage of pavements and its effect on
the lower atmosphere, Atmospheric Environment, Vol. 3°, No 3.
[5] SOLENE++ Guide d’Utilisation, Laboratoire CERMA, École d’ Architecture de
Nantes.

18
[6] Dessì, V. (2001). Evaluation of microclimate and thermal comfort in open space,
th
Proc.: 18 Passive and Low Energy Architecture (PLEA) International Conference,
Florianópolis.
[7] http://www.meteotest.ch
[8] Santamouris M. and Doulos L. (2001). Comparative Study of Almost 70 Different
Materials for Streets and Pavements, M.Sc. Final Report, University of Athens,
Department of Physics, Athens.
[9] Dessì, V. (2002). People’s behaviour in an open space as design indicator –
comparison between thermal comfort simulation and users’ behaviour in an open
th
space, Design with the environment, Proc.: 19 Passive and Low Energy
Architecture (PLEA) International Conference, Toulouse.

19
4 MORPHOLOGIE URBAINE

4.1 Introduction

Des recherches, menées au Martin Centre à Cambridge, ont montré que


des applications innovantes de techniques d’analyses d’images sur des
textures urbaines tri-dimensionnelles permettent de relier, à un niveau
simplifié, les caractéristiques micro-climatiques avec la forme urbaine. Plus
Figure 4.1: Modèle tri-dimensionnel du All
Saint’s Garden, Cambridge.
précisément, des paramètres de la forme urbaine ont été extraits à l’aide
de techniques d’analyses d’images. Celles-ci se sont avérées très utiles
pour explorer les corrélations entre la forme urbaine et divers aspects des
performances environnementales concernant l’environnement solaire et
éolien ainsi que la consommation d’énergie. Ceci ouvre la possibilité de
progrès significatifs dans la caractérisation du micro climat urbain et dans
la capacité d’évaluer, sans la nécessité de modèles élaborés, l’impact
environnemental de formes urbaines alternatives ainsi que de propositions
de changements.
Les paramètres environnementaux qui ont été identifiés comme jouant un
rôle majeur sur le confort dans le contexte urbain à une échelle locale sont
ceux qui sont directement influencés par les altérations micro climatiques
dues à l’urbanisation. Les facteurs micro climatiques clefs comprennent la
température (effet d’îlot de chaleur), l’ensoleillement, le mouvement du
vent, l’environnement acoustique et la propagation du bruit urbain.
Figure 4.2: Modèle d’élévation numérique
(DEM). Une image 2D en niveaux de gris L’analyse morphologique urbaine peut principalement contribuer à l’étude
avec des valeurs comprises entre 0 (noir) et de la température, de l’ensoleillement et du vent, ainsi que procurer un
255 (blanc), où le noir et le blanc aperçu des questions relatives à la propagation du bruit.
correspondent respectivement aux
hauteurs maximales et minimales de la
zone.
4.2 Morphologie urbaine

En parlant de ‘morphologie urbaine’ on signifie simplement la forme tri-


dimensionnelle d’un groupe de bâtiments ainsi que les espaces qu’ils
créent. La raison principale de travailler avec cette façon de voir la forme
urbaine est qu’elle permet aux concepteurs et planificateurs de
comprendre les conséquences de choix stratégiques sans perdre les
questions de détails architecturaux. La morphologie urbaine est
d’importance primordiale pour le micro climat extérieur.
Pour décrire la morphologie urbaine, on utilisera une gamme de
descripteurs de forme qui permettent de faire des liens avec les
performances environnementales. Par exemple, on peut discuter de
l’influence de la géométrie des bâtiments sur l’ensoleillement, le vent ou le
bruit dans un espace ouvert. Le but n’est pas de décrire en détail la
Figure 4.3: Carte d’occupation du sol. physique ou la complexité des phénomènes mais de définir des relations
Une image en noir et blanc où le noir simplifiées.
indique une zone construite et le blanc un
espace ouvert.

4.3 Paramètres morphologiques et leurs influences sur les espaces


urbains ouverts.
4.3.1 Introduction

Une gamme de paramètres géométriques et leurs relations avec le micro


climat urbain sont décrits ci-dessous. L’accent est porté sur les facteurs
morphologiques qui ont un impact sur le confort extérieur.Une collection de
paramètres morphologiques est listée à la Figure 4.4, qui indique aussi le
flux d’information entre les diverses cartes produites par analyses d’images
ainsi que la façon dont elles sont superposées et combinées pour servir au
processus de conception. Pour ces recommandations relatives à la
morphologie urbaine, le site du All Saint’s Garden à Cambridge (UK) a été
retenu comme étude de cas.
Figure 4.4: Carte du facteur de vue du
ciel. Les tons clairs correspondent aux
facteurs de vue du ciel élevés. (Algorithme
Matlab de Ratti [1]) 20
Figure 4.5: Organigramme du processus d’analyse de la morphologie urbaine. INPUT=données d’entrée, OUTPUT=données de sortie.

En spécifiant un modèle 3D (Figure 4.1), un modèle d’élévation numérique


(DEM) (Figure 4.2), une carte d’occupation du sol (Figure 4.3) ainsi que
des données géographiques et micro climatiques, des sorties telles que
des cartes du facteur de vue du ciel, d’ombrage solaire et d’obstruction du
vent peuvent être produites afin de caractériser les espaces ouverts et
d’identifier les zones qui requièrent des interventions. Cette caractérisation
peut aussi aider à formuler des stratégies de conception s’occupant de
questions liées à la morphologie urbaine et au micro climat.
4.3.2 Le facteur de vue du ciel
Le facteur de vue du ciel (SVF) est simplement une mesure de l’angle
solide sous lequel le ciel est vu depuis un espace urbain. Il détermine les
Figure 4.6: Carte d’ombrage solaire. Les
échanges de chaleur par rayonnement entre la ville et le ciel. Un SVF de 1 gris les plus sombres correspondent aux
signifie que la vue du ciel est dépourvue de toute obstruction – par zones qui demeurent le plus souvent à
exemple depuis un champ isolé – et que, par conséquent, les l’ombre en moyenne annuelle.
températures suivront de près les valeurs météorologiques. Un SVF de 0
signifie que la vue du ciel est totalement obstruée et que, dès lors, les
températures seront fortement influencées par le contexte urbain. Ainsi,
dans une ville médiévale avec des rues étroites on s’attend à un SVF faible
– autour de 0.2 – alors que dans un environnement urbain plus ouvert avec
des rues et des espaces larges, le SVF sera plus près de 0.8. Dans une
ville donnée, il peut y avoir des valeurs de SVF typiques qui déterminent
globalement les variations de températures mais il peut aussi y avoir des
variations significatives du SVF à l’intérieur du tissu urbain.
Une cartographie du facteur de vue du ciel pour notre site est illustrée à la
Figure 4.4. En terme de conception, le facteur de vue du ciel est
directement lié à l’effet d’îlot de chaleur urbain [2], et influence fortement
les variations de température dans l’environnement urbain. Généralement,
un faible facteur de vue du ciel implique une augmentation de l’effet d’îlot
de chaleur urbain bien que d’autres facteurs, comme le besoin d’ombrage
qui peut être résolu par des rues étroites, doivent aussi être considérés.
Le SVF peut être exprimé comme des variations de la température
résultante estivale. Il montre les environnements thermiquement plus Figure 4.7: Carte de durée d’insolation
produite à partir de la carte d’ombrage
stables (les zones noires ont des variations de température plus faibles) solaire (Figure 4.6). Chaque couleur
comparativement à ceux qui suivent de plus près les conditions correspond au nombre moyen d’heures
synoptiques (variations de température plus importantes). Dans les d’ensoleillement.

21
environnements plus stables, particulièrement dans les cours profondes,
des températures estivales diurnes plus fraîches que l’air ambiant ont été
mesurées ce qui confirme la présence d’îlots de fraîcheur urbains.
Toutefois, les températures nocturnes dans ces espaces confinés sont
plus élevées que celles de l’air ambiant et correspondent bien à l’intensité
de l’îlot de chaleur telle que définie par Oke [2].
Visuellement, un plus grand facteur de vue du ciel procure un sentiment
d’ouverture qui s’est avéré être un facteur important pour les usagers des
espaces ouverts.
4.3.3 Ombrage solaire et durée d’insolation
La représentation de l’ombrage solaire nécessite de tracer les ombres pour
Figure 4.8: Carte d’obstruction du vent.
Obtenue à partir de simulations effectuées
chaque heure diurne durant une journée de chaque saison, puis de
avec 12 différentes directions du vent, cette superposer ces images afin de créer un profil annuel des ombres portées
carte montre la fréquence moyenne sur le site. Cette carte d’ombrage solaire est représentée à la Figure 4.6.
annuelle de l’écoulement du vent. Les L’accès au soleil et l’ombrage solaire sont des aspects importants dans la
zones sombres correspondent au zones les
plus abrités du vent.
conception, principalement lorsque l’on considère l’ensoleillement et
l’éclairage naturel. Comme l’ensoleillement a un impact significatif sur le
confort thermique, la disponibilité du soleil et de l’ombre représentée par
une valeur de seuil sur le nombre d’heures d’ombrage est un indicateur
simplifié de la diversité spatiale.
Figure 4.9: Roses des vents pour A partir de la carte d’ombrage solaire, il est possible de représenter le
Cambridge, UK
nombre d’heures d’ensoleillement que chaque partie d’un site urbain reçoit.
Pour simplifier l’image, des contours de durées d’insolation peuvent être
tracés (Figure 4.7), des valeurs de seuils peuvent être établies et, à partir
de là, des zones principalement ensoleillées ou ombrées peuvent être
identifiées.
4.3.4 Porosité et obstruction du vent
L’écoulement du vent constitue un autre paramètre important à prendre en
compte lors de la conception d’espaces urbains. Le vent peut être
considéré comme un facteur positif ou négatif selon le climat général du
lieu et selon la saison. Comme c’est un élément assez perceptible du
micro climat urbain, il influence beaucoup le confort thermique.
Pour étudier le comportement du vent dans les villes, nous avons employé
une soufflerie virtuelle pour observer les écoulements du vent provenant
de 12 directions différentes. Les résultats ont été superposés en une seule
Figure 4.10: Rose de porosité. Elle illustre carte (Figure 4.8) où chaque cas a été représenté par une transparence
la perméabilité de la zone en indiquant proportionnelle à son pourcentage de fréquence directionnelle obtenu
l’obstruction causée par les bâtiments selon
toutes les directions. (Algorithme Matlab de d’après la rose des vents. Ainsi une zone abritée du vent identifiée pour
Ratti [1]) une direction du vent prédominante est plus significative qu’une zone
abritée observée pour une direction moins fréquente. Pour ce projet, nous
avons utilisé la rose des vents de Cambridge pour établir la carte
d’obstruction du vent (Figure 4.9). Cette carte illustre les zones le plus
fréquemment calmes comparativement aux zones le plus souvent
exposées au vent.
La rose de porosité de la Figure 4.10 constitue encore un autre indicateur
de l’écoulement et de la circulation du vent à l’intérieur du site. Elle indique,
pour chaque direction, les obstructions créées par les zones construites.
Un plus grand degré de porosité dans une certaine direction indique des
cheminements dans lesquels le vent peut circuler. Ainsi, une porosité
élevée donne une indication sur les vitesses du vent et sur l’efficacité de
ventilation.
4.3.5 Champ de vision
La carte de l’aire de visibilité (Figure 4.11) est simplement une illustration
Figure 4.11: Carte de l’aire de visibilité.
Une représentation du champ visuel depuis des surfaces visibles lorsqu’on se situe au centre du site. Cette
le centre du site. Les zones blanches représentation du champ de vision est un outil de conception utile lorsque
correspondent aux zones et surfaces l’on considère les stimuli visuels ressentis dans un espace urbain.
comprises dans le champ visuel potentiel
de l’observateur.
(Algorithme Matlab de Ratti [1])
22
4.3.6 Diversité environnementale
Lors de la conception d’espaces urbains ouverts, il est important de se
rappeler qu’il est préférable de créer une variété de conditions
environnementales car c’est la façon naturelle dont les choses se
présentent dans les espaces extérieurs [3]. En faisant cela, on sera
capable de créer toute une variété de conditions environnementales
favorables adaptées à une plus large gamme de préférences personnelles.
L’interaction entre les différents paramètres de la morphologie urbaine crée
un profil de diversité unique sur chaque site. Pour visualiser le potentiel de
diversité environnementale dans un contexte urbain, nous avons
superposé, avec les couleurs primaires Rouge/Vert/Bleu, les cartes de
seuils du ciel, de l’ensoleillement et du vent. Les images en tons de gris du
facteur de vue du ciel (Figure 4.4), de l’ombrage solaire (Figure 4.6) et de
l’obstruction du vent (Figure 4.8) ont été réduites selon des seuils et
assignées séparément aux canaux RVB d’images en couleur (Figure 4.12).
La carte résultante (Figure 4.13) montre qu’un mélange complexe de
conditions environnementales différentes est disponible. Le graphique de
la répartition des différents profils environnementaux montre que le site
dispose d’une prédominance de lieux ‘calmes-ensoleillés et ‘dégagés-
ensoleillés-venteux’ assez bien adaptés au climat anglais en particulier
parce qu’il y a aussi quelques lieux ‘calme-ombragés’ et ‘venteux-
ensoleillés’. Pour un climat tempéré, l’absence presque totale de lieux
‘venteux-ombragés’ dans les espaces extérieurs n’a pas grande
importance hormis durant des journées caniculaires, que l’on prédit plus
fréquentes à cause des changements climatiques, où cette absence
pourrait constituer une limitation notable du confort. Des mesures
correctives, telles que l’ombrage et le refroidissement par évaporation par
des arbres, pourraient améliorer la situation. D’autre part, on pourrait
concevoir ou procurer l’accès à des espaces intermédiaires disposant de
Figure 4.12: Cartes de seuils.
caractéristiques thermiques adéquates telles que : inertie thermique SKY : Ciel (Noir= peu de ciel, rouge= plus
élevée, orientation sur les vents dominants pour augmenter les de ciel, seuil=0.5)
mouvements d’air, orientation septentrionale, etc. SUN : Ensoleillement (Noir= peu
d’ensoleillement, vert= plus
Ce type de carte de diversité environnementale peut être produit pour d’ensoleillement, seuil=0.25)
n’importe quel climat, site ou saison de façon à explorer leurs WIND : Vent (Noir peu de vent, bleu= plus
de vent, seuil=0.5)
caractéristiques relatives. L’analyse peut être plus ou moins détaillée, bien Ces cartes sont employées comme canaux
que la quantité d’information contenue, même sur une carte relativement Rouge/Vert/Bleu dans la carte de diversité
simple comme présentée ici, atteint probablement la limite d’une utilité (Figure 4.13).

Figure 4.13: Profil de diversité environnementale d’un espace ouvert. L’image de gauche montre le résultat de la superposition des cartes
de seuils du facteur de vue du ciel, d’ombrage solaire et d’obstruction du vent. Le graphique à droite montre la distribution des différentes
combinaisons environnementales présentes sur le site.

23
Tableau 4.1: Classement des profils pratique. Le but principal de ce type de carte est d’indiquer le degré relatif
environnementaux pour Cambridge, UK.
W: hiver, A/Sp: automne/printemps, Su: été,
de diversité environnementale en fonction de la forme urbaine.
An: année L’évaluation de la diversité environnementale sous la forme de gamme et
ENVIRONMENTAL A/
de quantités de diverses conditions thermiques disponibles doit refléter le
PROFILE W Sp Su An contexte climatique. On pourrait considérer comme ‘diversité appropriée’ là
SHADE+STILL+SKY -1 -1 -1 -1 où les facteurs négatifs sont réduits et où des conditions positives sont
SUN+STILL+COVER 1 1 -3 0
SHADE+WIND+COVER -3 -3 1 -2 augmentées. Dans un climat chaud et aride, on viserait à avoir plus
SUN+WIND+COVER 0 0 0 0 d’ombrage et de stabilité thermique alors que dans un climat chaud et
SHADE+WIND+SKY -2 -2 2 -1
SUN+STILL+SKY 2 2 -2 1 humide, le vent et l’ombrage sont critiques. Dans un contexte froid, du
SUN+WIND+SKY 1 1 1 1 soleil et des conditions peu venteuses devraient prédominer. De façon
SHADE+LEE+COVER -2 -2 -2 -2
+3 – best condition similaire, dans les climats à fortes variations saisonnières, il est possible
-3 – worst condition de définir certains espaces ayant des conditions appropriées
Adapted from Brown, G.Z. and DeKay, M., 2001 [5]
+3=meilleure condition principalement en été et d’autres pour un usage hivernal. Cependant, pour
-3=pire condition tous les climats ou saisons, il y a un avantage à disposer d’une gamme
appropriée de conditions afin d'augmenter la liberté de choix.

4.3.7 Désirabilité
Pour affiner l’analyse, un classement de différentes combinaisons
environnementales a été produit à partir d’une méthodologie proposée par
Brown et de Kay [4]. Dans ce livre, un ensemble de valeurs
recommandées pour différentes variables micro climatiques ont été
identifiés par climat et par saison. Ces valeurs ont ensuite été combinées
afin d’attribuer des points aux différentes combinaisons entre soleil,
ombrage, calme et venteux. Nous avons adapté cette table pour y inclure
le ciel et le couvert puis, en sélectionnant une classification climatique
appropriée pour Cambridge, nous avons généré l’évaluation des
combinaisons environnementales du Tableau 4.1. A partir de cette
évaluation, le degré de désirabilité des différentes parties de l’espace
ouvert peut être représenté sur une base annuelle ou saisonnière (Figure
4.14). Ces cartes donnent une indication sur les zones propices au
développement et permettent d’identifier celles qui requièrent des
interventions, particulièrement celles comprises dans l’espace considéré et
colorées dans le bleu le plus foncé. Une table d’évaluation complète est
disponible dans la partie consacrée à la morphologie urbaine du rapport
final RUROS.

4.4 Logiciels
Ce qui suit est une liste des types de logiciel et de quelques exemples
correspondants de progiciels qui peuvent être employés pour produire des
images et pour procéder à l'analyse décrite dans ces directives:
Tableau 4.2: Types de logiciels utilisés pour l’analyse des morphologies urbaines.

Tâche Type de logiciel Exemple


Modélisation 3D Conception et dessin AutoCAD
assistés par ordinateurs
Modèle d’élévation Rendu 3D, traitement 3D Studio MAX, Maya, Lightwave,
numérique et carte d’image Adobe Photoshop, Corel
d’occupation du sol PhotoPaint, Matlab
Cartes du facteur de Traitement et analyse Matlab
vue du ciel, rose de d’image [1]
porosité, carte de l’aire
de visibilité
Cartes d’ombrage Rendu 3D ou traitement 3D Studio, Maya, Lightwave,
solaire et de durée d’image Matlab, Adobe Photoshop, Corel
d’insolation Photopaint
Obstruction du vent Logiciel de simulation en Flovent, Fluent, Maya, 3D Studio
physique et dynamique MAX
Figure 4.14: Cartes de désirabilité
des fluides
saisonnière et annuelle (de haut en bas:
Eté, Hiver et Année) basées sur le profil de Cartes de diversité et de Traitement d’image Matlab, Adobe Photoshop, Corel
diversité (Figure 4.13) et un classement des désirabilité Photopaint.
préférences générales (Tableau 4.1). Les
zones foncées indiquent un degré de
désirabilité moindre.
24
4.5 Conclusion
Il est peu important de vouloir définir ou de chercher à atteindre des
conditions thermiques optimales en milieu urbain. Par contre, l’évaluation
du succès d’un environnement urbain en terme de diversité est plus
pertinente. Ainsi, le but consiste à maximiser une diversité adéquate afin
d’augmenter les possibilités de choix en relation avec le climat, les activités
et les préférences des usagers.

4.6 Références
[1] Ratti, C. (2001). Urban analysis for environmental prediction, PhD Dissertation,
University of Cambridge.
[2] Oke, T. (1987) Boundary Layer Climates, 2nd ed., Routledge. London
[3] Proshansky, H.M., Ittelson, W.H. and Rivlin, L.G. (eds.) (1976) Environmental
Psychology: People and their physical settings, Holt, R. and W., New York.
[4] Brown, G.Z. and DeKay, M. (2001). Sun, Wind & Light: Architectural Design
Strategies, John Wiley and Sons, New York.

25
5 CARTOGRAPHIE DU CONFORT THERMIQUE ET ZONAGE

5.1 Introduction

La méthodologie de la cartographie du confort bioclimatique est


présentée, orientée davantage sur les besoins des preneurs de décisions
urbains, planificateurs et architectes. Les cartes de confort se rapportent
à l’environnement urbain à l’échelle du quartier et visent à faciliter la
prévision des conditions bioclimatiques, celle de l’utilisation de l’espace
et influencer l’aménagement urbain en :
• se concentrant sur l’analyse spatiale des zones de confort thermique
dans un site,
• facilitant la comparaison des conditions de confort thermique en
différents sites,
• permettant la comparaison des conditions de confort thermique entre
différentes conceptions d’aménagement,
• procurant de l’information sur le lien existant entre le confort
thermique et l’utilisation de l’espace.
Comme il est mentionné dans les chapitres précédents de ce guide,
l’acceptation et l’utilisation des espaces ouverts sont influencées par les
conditions micro climatiques offertes aux gens. Le microclimat et la
sensation thermique dépendent fortement de l’aménagement urbain et
présentent de fortes variations spatio-temporelles. Par conséquent, il
existe un besoin pour des connaissances sur l’aménagement des
espaces ouverts tenant compte des aspects climatiques.
Ainsi, la question soulevée est comment estimer les conditions de confort
thermique en relation avec le comportement humain, avec l’utilisation de
l’espace et avec l’aménagement urbain. Des indices bioclimatiques
comme PMV ou PET [1], qui prédisent la sensation thermique moyenne
des gens en se basant sur des paramètres météorologiques de même
que sur l’habillement et sur l’activité des gens, peuvent être utilisés.
Malheureusement, le calcul de ces indices dans le contexte d’un
environnement micro climatique urbain est une tâche attribuée aux
spécialistes et (en pratique) est une question de temps et d’argent. Par
exemple, afin d’obtenir une distribution spatiale des PET, des
informations détaillées sur les conditions météorologiques d’un espace
ouvert sont requises lesquelles devront êtres recueillies à partir de
campagnes de mesures ou devront être obtenues à partir de simulations
numériques sur ordinateurs. Ces désavantages nous portent à réfléchir
sur l’offre aux urbanistes, planificateurs et preneurs de décisions, de

Figure 5.1: Structure de base du zonage du confort thermique Figure 5.2: Méthode de zonage du confort thermique

26
techniques alternatives adéquates ou d’outils permettant d’évaluer
différents scénarii de planification en termes de confort thermique et
d’utilisation de l’espace.

5.2 Méthodologie sur la cartographie du confort

La méthodologie pour la cartographie des conditions de confort


thermique pour un contexte urbain a été développée sur la base des
résultats obtenus lors de campagnes de mesures, bien que la procédure
de cartographie en elle-même ne requiert pas nécessairement de telles
données.
Figure 5.3: Etude de cas: site Florentiner
Platz (vue de la direction OSO)
5.2.1 Campagnes de mesures

Ces démarches impliquent un monitorage environnemental et humain


(mesures météorologues de l’environnement thermique en plus des
interviews ainsi que des observations sur la perception et sur le
comportement des gens), pour plusieurs espaces publiques ouverts en
Europe.
Ainsi, de ces campagnes de mesures des informations détaillées ont été
obtenues sur la variation spatiale et temporelle des paramètres
climatiques et des indices de confort (par exemple PET) en plus de
l’évaluation du confort et de l’utilisation de l’espace à l’intérieur des sites
[2]. En général, un lien étroit entre le comportement humain, la
morphologie des structures et le confort thermique à été démontré. A
partir de là, le développement de la méthodologie de la cartographie et,
en plus, l’évaluation des conditions de confort et des conseils de
Figure 5.4: Etude de cas: site
planification s’y joignant peuvent être envisagés. Bahnhofsplatz (vue de la direction OSO)

5.2.2 Procédure de cartographie

La Figure 5.1 illustre la structure de base du processus de zonage de


confort qui a été développé. Le but le plus important est de se focaliser
sur un outil facile d’utilisation et de compréhension aisée, dédié aux
intérêts spéciaux et besoins des planificateurs ainsi qu’à ceux des
architectes. Par conséquent, trois aspects influents principaux sont pris
en considération :
• morphologie du site
• paramètres météorologiques et
• paramètres temporels.
Concernant les paramètres météorologiques, une attention particulière
est portée au rayonnement solaire et à la vitesse du vent. Ces deux
variables possèdent de fortes variations spatio-temporelles causant, par
exemple, des conditions de confort différentes à l’intérieur d’un site au
même instant [3, 4]. La température de l’air et la pression de vapeur sont
plus homogènes et deviennent, par conséquent, des paramètres
importants dans le contexte de « l’étalonnage » et de la validation.
En ce qui concerne les paramètres temporels, l’analyse se concentre sur
des périodes spécifiques, à définir en fonction des problématiques.
Finalement, une distribution spatiale des zones possédant des conditions
de confort similaires est fournie, suivie d’une évaluation en termes de
risque ou de pertinence.
Les questions de l’aménagement et de l’utilisation de l’espace ouvert
sont considérées comme étant des facteurs/variables influents, agissant
dans deux « directions » différentes ; d’une part ils influencent la
cartographie et l’évaluation des résultats, et, d’autre part, la validation
peut provoquer la nécessité de changements/d’adaptations dans
l’aménagement, l’utilisation de l’espace, etc.

27
La Figure 5.2 présente la procédure de cartographie en détail. Comme
mentionné auparavant, le rayonnement solaire et le vent sont les
paramètres météorologiques les plus influents. Concernant la structure
morphologique et les types de surfaces, ces aspects peuvent être
analysés (en utilisant différents outils) et classifiés. Par exemple, le
rayonnement solaire peut être calculé avec le logiciel TOWNSCOPE [5],
le rayonnement infrarouge peut être dérivé du rayonnement global en
association avec les caractéristiques des surfaces, pendant que le
rayonnement réfléchi des façades avoisinantes constitue un indicateur
important. La combinaison des trois cartes thématiques produit un
zonage thermique qui doit être étalonné en fonction du climat régional.
Avec ceci, il est possible d’appliquer la méthodologie à différentes
régions climatiques. En considérant en plus le facteur de vue du ciel, des
informations importantes ainsi qu’une assistance à l’interprétation des
conditions de confort durant le cours de l’année ou du jour peuvent être
obtenues.
En comparaison avec le calcul des indices bioclimatiques comme PET, la
méthodologie décrite est assez simple, et semble être appropriée pour
prendre les aspects climatiques en considération dans le processus de
planification sur une base fréquente.

5.3 Application de la méthodologie de la cartographie du confort -


Résultats

Dans ce qui suit, l’approche théorique décrite ci-avant sera illustrée en


présentant les résultats de la cartographie pour deux sites à Kassel
(centre de l’Allemagne) : Florentiner Platz et Bahnhofsplatz. Ces deux
sites sont situés au centre de la ville de Kassel, mais diffèrent
considérablement par leur taille, leurs dimensions, et par leur couvert
végétal (Figures. 5.3 – 5.4).
La production des cartes à été réalisée en utilisant différents logiciels
ainsi qu’un GIS.

5.3.1 Les cartes de confort thermique


Figure 5.5: Les couches thématiques
"radiation" et "vent" ainsi que la carte
Les zones de confort sont dérivées des couches thématiques "radiation"
résultante des "zones de confort thermique" et "vent". La Figure 5.5 illustre les cartes respectives et le zonage de
pour la Florentiner Platz confort qui en est déduit, pour la Florentiner Platz, pour un jour ensoleillé
durant le solstice d’été. Les conditions de confort thermique sont décrites
par une fourchette de plusieurs classes, représentant des surfaces ayant
des conditions de confort et de sensation thermique similaires. La relation
entre les classes et les zones de confort respectives dépend du climat
régional, selon un certain type d’utilisation. Pour Kassel, ceci a été fixé à
partir de la campagne de mesures en référence aux activités sur le site,
comme la position assise, debout, etc. (Fig. 5.6).
Concernant l’évaluation et la perception des personnes interrogées, en
plus de l’utilisation de l’espace, il peut être constaté, de cette campagne
de mesures, que les gens (à Kassel en Allemagne) aiment ressentir un
certain degré de stress (chaleur) physiologique. Des surfaces
ensoleillées (avec des valeurs de PET > 220C) ont été sollicitées et sont
favorisées pour une grande partie de l’année. C’est seulement durant les
chaudes journées d’été qu’un nombre grandissant de gens se plaignent
de conditions insuffisantes de confort, tandis que des zones relativement
plus fraîches (ombrées et plus venteuses) deviennent plus achalandées
Figure 5.6: Relation entre puisque jugées plus confortables.
les classes de confort
thermique et les sensations La Figure 5.7 présente le zonage de confort pour la Bahnhofsplatz. En
thermiques, pour Kassel, comparaison avec la Florentiner Platz, la morphologie des lieux
considérant les activités
sur le site
complètement différente produit des conditions plus homogènes et plus
chaudes.

28
5.3.2 Évaluation
Comme décrit ci-avant, à partir des cartes de confort thermique on
constate à quel point les conditions de confort thermique varient à
l’intérieur d’un seul site. En considérant et en superposant l’usage
existant du schéma spatial, ceci permet son évaluation. Par exemple,
dans le cas de la Florentiner Platz, la localisation d’un café (sous un gros
arbre dans la région bleue au centre du site) n’est pas appropriée pour
les conditions de confort thermique. Mais en considérant et en évaluant
les conditions climatiques de tout le site, on remarque que la gamme et la
fréquence des différentes classes de confort sont élevées et bien
réparties, comme l’indique l’analyse statistique livrée sous la forme
d’histogrammes (Figures 5.8). Les structures non homogènes existantes
permettent différentes activités des utilisateurs potentiels et offrent la
possibilité de choisir différentes conditions de confort thermique, tandis
qu’à la Bahnhofsplatz, la situation est plus homogène.

Figure 5.7: Le zonage du confort


thermique pour la Bahnhofsplatz

Figure 5.8: Histogrammes pour la Florentiner Platz (gauche) et la Bahnhofsplatz (droite)

Ce type d’analyse est aussi profitable lorsqu’on relie les statistiques aux
surfaces appropriées exclusivement pour le séjour, la position assise,
etc. (c.-à-d., en excluant les surfaces dédiées à la circulation). La Figure
5.9 présente les résultats pour la Florentiner Platz et pour la
Bahnhofsplatz , où il devient évident que le potentiel de confort thermique
de ces deux sites est différent.

Figure 5.9: Histogrammes pour la Florentiner Platz (gauche) et la Bahnhofsplatz (droite) –


en laissant de côté les zones de trafic etc.

29
Dans ce contexte la définition d’un “climat urbain idéal” vaut la peine d’être
mentionnée : "[…] est une situation atmosphérique, à l’intérieur de la couche
limite urbaine, avec une forte variation dans le temps et l’espace conduisant à
des conditions thermiques inhomogènes pour les personnes sur une distance de
150 m. Il doit être dépourvu de pollution de l’air et de stress thermique en fonction
des différences de climats régionaux, au moyen de plus d’ombrage et de
ventilation (climats tropicaux et chauds) ou de protection contre le vent (climats
modérés et froids)" [6].

5.3.3 Caractérisation par le facteur de vue du ciel (SVF)

La Figure 5.10 présente le calcul de l’ouverture vers le ciel pour la


Florentiner Platz et pour la Bahnhofsplatz (calculé avec le logiciel
TOWNSCOPE). Le facteur de vue du ciel moyen (SVF) pour la
comparativement petite Florentiner Platz avec plusieurs vieux gros arbres
en son centre est de 36%, tandis que pour la Bahnhofsplatz, il est de
58%. En plus des cartes de confort thermique, cette différence renseigne
sur les conditions de confort thermique durant le cours de la journée et
de l’année. Plus élevé est le SVF, plus grande est la différence thermique
entre la nuit et le jour ou entre l’été et l’hiver. Par conséquent, la
Florentiner Platz possède des conditions thermiques plus régulières que
la Bahnhofsplatz.

5.4 Conclusions

Une méthodologie destinée à produire des cartes de confort


microclimatique est disponible, pouvant être appliquée à n’importe quel
site d’une façon relativement simple et efficace. A partir des cartes de
confort thermique, une comparaison et une évaluation entre des
conceptions d’aménagement alternatives et différentes peuvent être
réalisées, faisant suite aux besoins de l’aménagement urbain et des
activités associées. De plus, une caractérisation et une évaluation de
différentes structures urbaines, ainsi que des modèles climatiques et
Figure 5.10: Comparaison: SVF de la
Florentiner Platz (moyenne: 0.36) et de la urbains, peuvent être dérivées.
Bahnhofsplatz (moyenne: 0.58)
Les cartes de confort thermique montrent en détail la façon dont les
structures urbaines, les matériaux et la végétation ont un effet sur le
confort thermique. Considérant la planification et l’aménagement des
espaces ouverts, le rayonnement peut être influencé essentiellement par
les structures urbaines, la végétation, les matériaux et leurs couleurs,
tandis que le vent, en tant que deuxième facteur dominant des conditions
thermiques, peut être canalisé ou affaibli en utilisant la végétation.
La procédure de cartographie peut être utilisée dans différents types de
processus de planification urbaine, spécialement à cette échelle de
planification des quartiers et des espaces ouverts. En termes de
législation allemande, il n’existe pas de standard spécifique, mais
plusieurs obligations générales et lignes directrices pour l’insertion des
aspects climatiques dans l’aménagement. Ainsi, la méthodologie pour
cartographier le confort thermique est un supplément/outil approprié et
utile pour l’aménagement d’espaces ouverts confortables.

5.5 Législation/loi

BauGB. Baugesetzbuch (Code fédéral du bâtiment).


VDI 3787/1. Environmental meteorology - Climate and air pollution maps
for cities and regions.
VDI 3787/2. Environmental meteorology - Methods for the human-
biometeorological evaluation of climate and air hygiene for urban and
regional planning at regional level - Part I: climate.

30
5.6 Liste de contrôles

• Analyse spatiale du rayonnement à l’aide de diagrammes d’ombrage


et des distances par rapport aux immeubles.
• Analyse de la distribution spatiale des vents.
• Calcul du zonage du confort thermique avec l’indice thermique
associé.
• Évaluation avec mesures mobiles.

5.7 Références
[1] VDI (1998). Guideline 3787/2. Environmental meteorology – Methods for the
human-biometeorological evaluation of climate and air hygiene for urban and
regional planning at regional level – Part I: climate, Düsseldorf.
[2] Katzschner, L., Bosch, U. and Röttgen, M. (2002). Behaviour of people in open
spaces in dependency of thermal comfort conditions, Design with the environment,
th
Proc.: 19 Passive and Low Energy Architecture (PLEA) International Conference,
Toulouse, pp. 411-415.
[3] Matzarakis, A. (2001). Die thermische Komponente des Stadtklimas, Berichte des
Meteorologischen Institutes der Universität Freiburg Nr. 6, Freiburg.
[4] Bauer, B. (1999). Mikrometeorologische Analyse und Bewertung kleinräumiger
Platzstrukturen, UFZ-Bericht 3/1999, Stadtökologische Forschung, Nr. 18, Leipzig.
[5] Teller, J. and Azar, S. (2001). TOWNSCOPE II - A computer system to support
solar access decision-making, In Solar Energy, Vol. 70, No. 3, pp. 187-200.
[6] Katzschner, L. (1997). Urban climate studies as tools for urban planning and
architecture, Anais IV, ENCAC, Salvador.

31
6 CONFORT VISUEL DANS LES ESPACES URBAINS

6.1 Introduction

Dans l’esprit des gens, le succès d’un espace ouvert est souvent associé
à une expérience visuelle positive. Plusieurs facteurs peuvent contribuer
à cette satisfaction, par exemples: des vues dégagées vers le paysage
ou les bâtiments environnants, une belle végétation, des façades
spectaculaires, un mobilier urbain de qualité. Tous ces facteurs relèvent
de l’esthétique et sont par conséquent sources “d’agrément visuel” ([1]
contient un chapitre entier consacré à ces aspects).
Dans le projet RUROS, le “confort visuel” a été étudié par une approche
plus technique empruntée au domaine de l’éclairage. Pour assurer le
“confort visuel”, des niveaux d’éclairement (mesurés en lux) adéquats
doivent être fournis sur l’ensemble de l’espace tout en évitant des
sensations d’éblouissement. Plus précisément, un éblouissement
perturbateur ou inconfortable apparaît lorsque le champ visuel contient
soit des luminances élevées (mesurées en cd.m-2), soit des grands
contrastes de luminances.
Cette approche, qui laisse délibérément de côté les aspects concernant
“l’agrément visuel”, est appropriée à l’étude des espaces ouverts en lien
avec leur microclimat. Le “confort visuel” est ainsi une qualité qui résulte
d’une conception de l’espace ouvert bien adaptée à la ressource
lumineuse naturelle diurne du site. Le confort visuel nocturne procuré par
l’éclairage public n’est pas traité ici car c’est déjà un sujet déjà
abondamment documenté.
La pénétration de la lumière naturelle à l’intérieur du tissu urbain a été
reconnue comme un important facteur de qualité nécessitant des moyens
de préservation, particulièrement dans les villes très denses. Comme
montré dans [2], des règlements traitant du zonage urbain ont souvent
été établis dans ce but.
Ce chapitre se concentre sur les caractéristiques micro climatiques de
l’environnement lumineux mesuré à la hauteur des rues et aux réactions
des usagers observées simultanément. Les relations empiriques
présentées dans ce qui suit entre des paramètres mesurables et les
réactions ou sensations des usagers ont été déduites d’enquêtes de
Frequency (%)

100
shade sun
90
terrain conduites sur une douzaine d’espaces ouverts répartis en Europe.
80

70

60
6.2 Niveaux d’éclairement et éblouissement dans les espaces
50
ouverts urbains
40

30
Il est communément admis que pour des tâches visuelles usuelles, les
niveaux d’éclairement requis pour une perception visuelle confortable
20
vont de 100 à 1000 klux selon la taille des détails géométriques qui
10
doivent être discriminés (niveaux d’éclairement plus élevés pour des
0
1 15 30 45 60 75 90 105 120
détails plus fins). Comme montré à la Figure 6.1, les niveaux diurnes
Eh (klux) d’éclairement horizontal enregistrés sur des espaces ouverts dépassent
Figure 6.1: distribution des niveaux presque toujours 1000 lux, même à l’ombre. Ceci permet d’accomplir
d’éclairement diurnes observés sur deux aisément n’importe quelle tâche visuelle courante. Les niveaux
espaces ouverts situés à Fribourg (CH). d’éclairement peuvent devenir insuffisants à l’aurore ou au crépuscule,
Les mesures ont été prises sur deux
semaines de chaque saison. Les bornes
ou sur des zones très denses dans des canyons urbains profonds.
supérieures des intervalles de niveaux La Figure 6.2 montre quatre causes possibles d’éblouissement sur des
d’éclairement figurent sur l’axe horizontal.
espaces ouverts urbains. Pour chaque image, des valeurs de luminances
Des distributions semblables ont été mesurées en certains points clés sont listées au Tableau 6.1. Ces
observées dans d’autres lieux en Europe.
valeurs résultent à la fois des réflectances des matériaux et de
Shade= à l’ombre l’éclairement naturel par les rayons solaires directs ainsi que la lumière
Sun= au soleil diffuse provenant du ciel, du sol et des bâtiments environnants. Les
contrastes de luminances observés dans ces situations présumées

32
éblouissantes n’excèdent pas 1:65, ce qui est un rapport plutôt bas en
comparaison de ceux pouvant aller jusqu’à 1:4000 que l’on rencontre
fréquemment à l’intérieur par éclairage naturel ou artificiel. Bien sûr,
quand le regard s’oriente près de la direction du soleil, de très forts
contrastes de luminances peuvent être atteints. Cependant, ce cas
extrême n’est pas pertinent car personne n’est susceptible de maintenir
une telle direction du regard pour plus de quelques secondes.

Table 6.1: Valeurs de luminances et rapports de contrastes mesurés sur les quatre lieux
illustrés à la Figure 6.2.
Luminance des points Rapport de contraste
clés (cd.m-2) maximal
Façade Ciel bleu: 4000
exceptionnel- Façade claire: 13000
lement claire Sol ombré: 500
1:26
Façade Ciel bleu: 5000
exceptionnel- Façade foncée: 400
lement foncée Façade claire: 8000 1:20
Sol ombré: 700
Mobilier clair Table ombrée: 2800
Table ensoleillée: 19000
Sol ombré: 500 1:38
Toiture Sol ensoleillé: 2600
translucide Sol ombré: 800
Toiture translucide: 52000 1:65
Les ciels couverts agissants comme de larges diffuseurs de lumières qui
égalisent les luminances du champ visuel (les ombres disparaissent), les
rapports de contrastes dans ces circonstances ne peuvent jamais
dépasser ceux observés par ciels clairs.
A partir de ces observations, il apparaît que tant les niveaux
d’éclairement que les contrastes de luminance rencontrés sur des
espaces ouverts urbains influencent le confort visuel extérieur diurne
d’une manière quelque peu différente qu’à l’intérieur. Par conséquent,
des relations empiriques entre des paramètres mesurables, comme les
niveaux d’éclairement, et les réactions des usagers ont été établies à
partir d’enquêtes de terrain. La section suivante présente ces relations.

6.3 Appréciation du champ lumineux par les usagers

Pour évaluer l’appréciation du champ visuel par les gens, des questions
spécifiques ont été posées concernant:
• l’apparence lumineuse de l’espace, définie par un Vote de Sensation
Lumineuse (LSV) évalué sur une échelle à 5 points allant de "très
sombre" à "très clair",
• les conditions d’ensoleillement, évaluées sur une échelle à 3 points
allant de "trop de soleil" à "je préfèrerais plus de soleil", et
• l’éblouissement par les surfaces environnantes.
Simultanément, quelques observations ont été faites pour étudier le
comportement des gens en relation avec le champ lumineux.
La Figure 6.3 montre les corrélations observées entre l’éclairement
Figure 6.2: Causes possibles d’éblouissement
horizontal mesuré au même endroit où les personnes étaient interrogées sur des espaces ouverts urbains (de haut en
et les réponses ou observations enregistrées. Chaque point des bas):
graphiques a été obtenu en moyennant les résultats de 30 interviews. - façades exceptionnellement claires
- façades exceptionnellement sombres
Le premier graphique montre comment les gens jugent leur sensation de - mobilier urbain clair
clarté. Etonnamment, même avec de très faibles niveaux d’éclairement, - couverture translucide
très peu de votes négatifs (côté sombre de l’échelle LSV) ont été

33
enregistrés. Se tenir à l’extérieur semble être suffisant pour que les gens
2 shade sun
évaluent la clarté de l’environnement avec LSV>=0. La courbe de
People's luminous sensation vote

1
régression s’élève régulièrement jusqu’à LSV=+1 (signifiant “clair”) pour
des niveaux d’éclairement autour de 50 klux. Le LSV est aussi décalé
0 vers le haut ou le bas par la présence ou l’absence d’ensoleillement à
0 20 40 60 80 100 120 140
Eh (klux) l’emplacement de l’utilisateur: pour un même niveau d’éclairement, le
-1 LSV est augmenté d’environ +0.2 unités à un emplacement ensoleillé par
rapport à un emplacement ombré. Pour des niveaux plus élevés typiques
-2
de ciels clairs, la régression semble rapidement atteindre une valeur
1 maximale constante autour de LSV=1.2. Ceci dénote l'effet très efficace
d'adaptation du système visuel. Bien que le LSV moyen semble suivre
People's vote for sun

une courbe lisse, les votes individuels sont en fait largement dispersés.
Une majorité de personnes jugent le champ lumineux comme “clair”.
0
0 20 40 60 80 100 120 140
Cependant, il y a toujours 40% ou plus de personnes votant autrement.
Eh (klux) C’est là un signe clair montrant que la perception de la clarté varie
significativement selon les individus.
-1: less sun 0: OK +1: more sun
-1
Le deuxième graphique montre la préférence des gens pour plus (+1) ou
80 moins (-1) d’ensoleillement. La tendance apparaît clairement: le moins
70 d’éclairement les personnes reçoivent, le plus d’ensoleillement elles
% of people feeling glare

60
préfèrent. Etonnamment, cette préférence marquée ne disparaît que pour
50
40
des valeurs d’éclairement plutôt élevées (~115 klux) qui ne sont atteintes
30 qu’en période estivale ensoleillée aux alentours de midi.
20
10 De ces résultats, une loi empirique simple semble se dégager: les
0 utilisateurs d’espaces ouverts apprécient toujours plus de lumière et
0 20 40 60 80 100 120 140
Eh (klux)
particulièrement celle du soleil. Cependant, le troisième graphique
50 montre qu’une une fraction plutôt élevée des personnes ressent une
% of people wearing sunglasses

40
certain éblouissement, même sur des emplacements ombragés et sous
des niveaux d’éclairements relativement faibles. A nouveau, l’effet
30
d’adaptation visuelle peut expliquer la faible décroissance de la
20 régression au-delà de 70 klux. La Figure 6.4 montre quelles parties du
10 champ visuel apparaissent comme éblouissantes. Curieusement, les
0
façades des bâtiments environnants apparaissent comme la cause
0 20 40 60 80 100 120 140
Eh (klux)
d’éblouissement la plus fréquente. Le ciel ou les verrières apparaissent
comme seconde cause d’éblouissement. Finalement, le terrain ou le
50
revâtement du sol provoquent aussi de l’éblouissement mais ceci ne se
% of people screening their eyes

40 produit que sous de forts niveaux d’éclairement qui ne peuvent pas être
30
atteint à l’ombre.
20 Les deux graphiques qui suivent montrent les fréquences de deux
10 réactions observées: le port de lunettes de soleil et les mouvements pour
protéger les yeux d’une lumière excessive, par exemple placer les mains
0
0 20 40 60 80 100 120 140 au-dessus des yeux, tourner ou pencher la tête, cligner des yeux, etc.
Eh (klux)
Ces comportements peuvent être considérés comme des moyens
50 d’adaptation pris par les gens, consciemment ou non, pour faire face au
% of people reading or writing

40 champ lumineux local.


30 Le dernier graphique montre la fraction des personnes en train de
20 réaliser des tâches visuelles de lecture ou d’écriture. Dans ce cas,
10
aucune préférence marquée n’apparaît. Ceci montre à nouveau le
puissant effet d’adaptation visuelle qui permet aux personnes de lire ou
0
0 20 40 60 80 100 120 140 d’écrire dans n’importe quel environnement lumineux extérieur. Ceci
Eh (klux)
indique aussi, qu’à l’extérieur, le confort visuel est probablement plus
Figure 6.3: corrélations empiriques observées affecté par l’ensemble du champ lumineux perçu que par l’éclairement de
sur deux espaces ouverts situés à Fribourg la tâche visuelle elle-même.
(CH). Le niveau d’éclairement horizontal (en
klux) figure sur l’axe horizontal. En comparant les corrélations présentées à la Figure 6.3 avec celles
(De haut en bas) observées à d’autres endroits en Europe, quelques ressemblances ou
- Vote moyen de sensation lumineuse différences intéressantes apparaissent.
- Préférence d’ensoleillement
- % de personnes éblouies • Les courbes de LSV suivent des formes similaires d’un site à l’autre.
- % de personnes portant des lunettes de soleil
- % de personnes protégeant leurs yeux
Elles n’excèdent jamais non plus une valeur LSV de +1.2. Toutefois,
- % de personnes en train de lire ou d’écrire pour les faibles niveaux d’éclairement, les courbes débutent à de plus
petites valeurs de LSV pour les emplacements situés plus au nord et
inversement pour ceux situés plus au sud.

34
• La régression concernant la préférence pour l’ensoleillement montre Ground & pavement Surounding buildings Urban furniture Canopy or sky No

100

Frequency (%)
un plus fort désir de soleil aux latitudes nordiques alors qu’aux 90

latitudes méridionales la régression s’aplatit proche de la neutralité. 80


70
Ceci est du au climat local qui modifie les fréquences relatives des 60
ciels clairs ou couverts : là où les ciels couverts dominent le soleil est 50

beaucoup plus préférable qu’aux endroits où les ciels clairs règnent 40


30
plus largement. 20
10

• La fraction des personnes portant des lunettes de soleil est le 0

15

30

45

60

75

90

105

120
paramètre qui varie le plus. Aux emplacements méridionaux, au Eh (klux)

moins 20% des gens portent des lunettes de soleil même sous de très
Figure 6.4: Surfaces considérées comme
faibles niveaux d’éclairement. Sous des niveaux d’éclairement élevés éblouissantes en fonction de l’éclairement
cette fraction augmente jusqu’à 60% alors que dans des horizontal. Ground & pavement= terrain et sol,
emplacements nordiques, cette fraction ne dépasse jamais 15%– Surrounding buildings= bâtiments
30%. environnants, Urban furniture= mobilier
urbain, Canopy or sky= verrière ou ciel,
Pour la conception, des valeurs de LSV comprises entre 0.5 et 1 peuvent No= pas d’éblouissement.
être considérées comme des objectifs appropriés. Le premier graphique
(Figure 6.3 haut) montre que le LSV reste à l’intérieur de cet intervalle
pour des niveaux d’éclairement horizontal allant de 10 à 50 klux au soleil
et de 25 à 60 klux à l’ombre. Lors de la conception d’un espace ouvert,
ces intervalles devraient être compares aux niveaux d’éclairement
régnants durant les périodes où l’on s'attend à ce que le plus de
personnes visitent le site. Les niveaux d’éclairement horizontal (en klux)
peuvent être estimés simplement en divisant par 8 la radiation solaire
globale (en W.m-2). Si les niveaux d’éclairement dépassent 50 klux, un
certain ombrage doit être procuré au moins sur une partie du site.

6.4 Pénétration du soleil et confort visuel

Comme montré au chapitre précédent, l’ensoleillement est fortement


apprécié dans les espaces ouverts. Pour assister la conception, un outil
d’évaluation de la pénétration solaire dans les espaces ouverts est
fortement souhaitable. Des diagrammes de la course solaire superposés
avec des projections stéréographiques des obstructions environnantes
sont couramment employées pour évaluer l’accès au soleil en des points
uniques [3]. Toutefois, pour étudier l’intégralité d’un espace ouvert, ces Figure 6.5: (Gauche) projection
projections n’apportent pas une grande aide car elles diffèrent stéréographique des obstructions vues depuis
un point unique situé dans l’espace ouvert
considérablement d’un point à l’autre. indiqué sur le plan ci-dessus (coloré en vert)
Une nouvelle méthode a été conçue pour surmonter ce problème. Elle (Droite) projection multistéréographique
calculée pour l’ensemble du site. Le niveau de
est aussi basée sur une projection stéréographique. Cependant, au lieu gris indique la fraction de la surface du site qui
d’être calculée en un seul point, cette dernière combine les projections a un accès dégagé dans une direction donnée
établies pour des points répartis sur une grille régulière couvrant sur la voûte du ciel.
l’intégralité de la surface étudiée. C’est la raison du nom
“multistéréographique” donné à cette nouvelle projection. La projection
multistéréographique apparaît comme une vue défocalisée du ciel et des
obstructions environnantes (Fig. 6.5). Chaque pixel coloré par un ton de
gris indique la proportion de la surface du site ayant un accès dégagé à
la direction correspondante sur la voûte du ciel.
A ce stade une condition de conception peut être proposée. Le confort
visuel est mieux préservé quand la champ visuel offre suffisamment de
contrastes près de la direction horizontale, là où les activités humaines
ont lieu. Cette condition pour de la variété dans le champ visuel est
également soutenue par d’autres [1], [4]. La pénétration solaire au niveau
Figure 6.6: La projection
du sol est sûrement la principale source de contrastes qui, en plus, multistéréographique de la voûte du ciel est
varient avec le temps. Ainsi, cette condition de conception peut être divisée en trios zone: (noir= directions du
traduite sous forme d’un critère concernant la proportion ensoleillée de ciel obstruées sur plus de 80% de la surface
l’espace ouvert qui devrait couvrir de 20% à 80% de la surface du site. du site, jaune= directions du ciel obstruées
sur moins de 20% de la surface du site,
En employant la projection multistéréographique, il est facile d’identifier la blanc= critère respecté). Finalement, le
zone du ciel qui respecte ce critère (Fig. 6.6). Finalement, après diagramme de la course solaire pour la
superposition du diagramme de la course solaire, il est possible d’évaluer latitude du lieu est superposé en gris.

35
visuellement à quel point et quand cette condition est ou n’est pas
remplie.
Comme montré sur la zone colorée en jaune de la projection
multistéréographique (Fig. 6.6), les bâtiments qui entourent ce square ne
procurent pas suffisamment d’ombrage, particulièrement en été de l’aube
jusqu’à 16h30 (heure solaire vraie). Afin respecter la condition
demandant au moins 20% de surface ombrée, des arbres devraient être
plantés. L’effet résultant pourrait aussi être vérifié à l’aide d’une
projection multistéréographique.
Pour calculer une projection multistéréographique, un modèle numérique
3D des bâtiments qui entourent le site doit être fourni. Le calcul est
ensuite automatiquement réalisé à l’aide d’un logiciel de lancer de
rayons. Un tel outil sera mis à disposition sous forme d’un service en
ligne sur Internet dès juin 2004 (www.eif.ch/ippf/).

6.5 Vue du ciel depuis les espaces ouverts

En analysant où les usagers des espaces ouverts regardent, il apparaît


que la plus fréquente direction du regard est orientée soit vers la partie la
plus « ouverte » du site (c’est à dire là où le ciel est le moins obstrué),
Figure 6.7: Carte illustrant les parties soit vers quelques activités spécifiques (par exemple des enfants qui
formant le “noyau” de ce square (haut: jouent). Comme montré sur la Figure 6.4, il apparaît aussi que les
site existant, bas: après la construction façades des bâtiments environnants sont souvent considérées comme
d’un nouveau bâtiment sur la bordure éblouissantes.
sud). Blanc= point compris à l’intérieur
du “noyau”. Noir= point hors du L’effet relatif du ciel et des façades des bâtiments peut être estimé
“noyau”
géométriquement à l’aide du concept d’éclairement cylindrique (Voir
La place de jeux est indiquée par une Glossaire). Par exemple, il est possible d’identifier les points où le ciel
zone rouge. occupe une plus grande partie du champ visuel que les bâtiments
environnants. En ces points, le “confort visuel” est supposé être amélioré
et moins sensible aux couleurs ou matériaux des façades. Cela signifie
aussi, qu’en ces points, les conditions de confort ou d’inconfort visuel
sont moins contrôlables par les concepteurs.
Au stade de la conception, il peut être utile de cartographier les parties
d’un espace ouvert où domine une vue dégagée du ciel. De telles zones
peuvent être considérées comme formant le “noyau” d’un espace ouvert.
Le “noyau” est très sensible à la hauteur des bâtiments environnants. Par
exemple, dès que le rapport hauteur/largeur d’un canyon urbain dépasse
~1:2, son noyau disparaît entièrement.
La Figure 6.7 présente une cartographie des parties formant le “noyau”
d’un square existant ainsi que la modification qui pourrait résulter de la
construction d’un nouveau bâtiment sur sa bordure sud. La carte
modifiée permet, par exemple, de s’assurer que les conditions de confort
offertes sur la place de jeux ne changeront pas dramatiquement une fois
le bâtiment projeté construit.
Ces cartes des parties formant le “noyau” peuvent aussi être produites
automatiquement à partir d’un modèle numérique 3D. Ce service sera
également disponible sur Internet dès Juin 2004 (www.eif.ch/ippf/).

6.6 Liste de contrôles

Concernant la taille d’un espace ouvert:


• Pour percevoir entièrement la façade d’un bâtiment, les usagers
doivent la voir sous un angle inférieur ou égal à 27° au-dessus du
plan horizontal passant au niveau des yeux [5]. Cette condition est
réalisée pour des personnes se tenant à une distance plus grande ou
égale à deux fois la hauteur de la façade.

36
• La distance maximale entre usagers permettant encore de
reconnaître un visage est de 24 mètres.
Concernant le niveau d’éclairement et la pénétration du soleil dans les
espaces ouverts:
• Hormis dans de très profonds et étroits canyons urbains ou sous des
arcades, les niveaux d’éclairement diurnes devraient toujours être
suffisants.
• Entre 20% et 80% de la surface du site devraient être ensoleillée à
tout moment. Des héliodons réels ou virtuels peuvent être employés
pour s’assurer que ce critère est respecté. Cependant, la projection
multi-stéréographiques présentée dans ce chapitre est un outil encore
mieux adapté à cette fin.
Concernant la direction du regard préférée dans les espaces ouverts:
• Les zones d’activité intense ainsi que celles appartenant au “noyau”
du site sont toujours plus attractives que le reste du site. Pour assurer
l’existence d’un “noyau”, le rapport hauteur/largeur, mesuré entre les
façades environnantes et la largeur de l’espace, devrait être maintenu
en dessous de ~1:2. Pour des géométries complexes, le “noyau”
devrait être déterminé à partir d’un modèle numérique 3D du site.

6.7 Références
[1] Carmona, M. et al. (2003). Public Places – Urban Spaces, Architectural Press.
[2] Bryan, H. and Stuebing, S. (1986). Natural light as an urban amenity, Lighting
Design and Application, Vol. 16, June.
[3] Littlefair, P.J. et al. (2000). Environmental Site Layout Planning: Solar Access,
Microclimate and Passive Cooling in Urban Areas, Building Research
Establishment, London.
[4] Lozano, E.E. (1974). Visual needs in the urban environment, Town Planning
Review, Vol 45, No.4.
[5] Ashihara, Y. (1970). Exterior design in architecture, Van Nostrand Reinhold
Company.

37
Chaque source 7 ENVIRONNEMENT SONORE ET CONFORT ACOUSTIQUE DANS
LES ESPACES URBAINS
Niv. de pression sonore
7.1 Introduction
Spectre

Conditions temporelles L’environnement sonore est un aspect essential du confort physique des
espaces publics urbains. Celui-ci est systématiquement abordé dans ce
chapitre. Ce chapitre débute avec un système pour décrire le paysage
Variation (heure, jour, etc)
sonore des espaces publics urbains. Il aborde ensuite la perception
Durée acoustique des gens basée sur des enquêtes effectuées en Europe. Ceci
est suivi d’une série d’outils et considérations de conception adaptés
Caractér. impulsionnelles pour différents niveaux d’utilisateurs. Finalement, la législation pertinente,
des références ainsi qu’une liste de contrôle sont fournies.
Lieu, distance

Mouvement de la source
7.2 Description du paysage sonore
Caractéristiques
Psychologiques /sociales Pour concevoir un bon environnement acoustique en milieu urbain ouvert,
non seulement l’aspect physique, mais les aspects sociaux,
Son Naturel /Artificiel psychologiques et physiologiques doivent être pris en compte. L’étude du
paysage sonore et du confort acoustique se concentre sur les relations
Relation aux activités entre l’ouïe, l’être humain, l’environnement sonore et la société. Il est
Signification également important de considérer l’interaction entre l’environnement
sonique et les conditions microclimatiques, telles que décrites dans les
Descriptif ou holistique autres chapitres de ce fascicule.
Repère sonore Un modèle utilisé pour décrire le paysage sonore dans les espaces
publics ouverts est illustré à la Figure 7.1. La description comporte quatre
Effet de l’espace parties : notamment les caractéristiques de chaque source sonore, l’effet
acoustique de l’espace, l’aspect social, et les autres aspects. Puisque le
paysage sonore peut différer dans les différents lieux d’un espace public
Réverbération ouvert, la description doit se baser sur un nombre de récepteurs typiques.
Sons marquants autour Les sons dans un espace public ouvert peuvent être définis comme
de cet espace
tonals, signaux/sons d’avant plan, ainsi que repères sonores [1]. Les
Bruit de fond sons tonals sont analogues à ceux utilisés en musique où ils identifient la
tonalité fondamentale d’une composition autour de laquelle la musique
Modèle de réflexion
est articulée. Les sons d’avant plan aussi appelés « signaux sonores »,
sont destinés à attirer l’attention. Les sons qui attirent particulièrement
l’attention des citoyens et des visiteurs sont appelés « repères sonores »
Aspect social par analogie aux repères visuels.
Pour chaque source sonore, le niveau de pression sonore (SPL), le
Caractéristiques sociales
spectre, les conditions temporelles, la localisation de la source et la
des usagers
distance des usagers, le mouvement de la source, les caractéristiques
psychologiques et sociales, doivent être pris en considération. Pour le
Condition acoustique au niveau sonore, tant l’état stationnaire que la statistique du SPL [2] doivent
travail et au domicile des
usagers, exp. acoustique
être considérés. Il est mesuré en dBA, un système pondéré
correspondant à la sensibilité de l’être humain face aux sons. Pour le
spectre, si une composante tonale est constatée, il peut s’avérer utile de
Autres aspects considérer un spectre à bande étroite [2].
L’effet acoustique d’un espace public ouvert est important. Les éléments
Température, éclairage, des bords et du paysage peuvent causer de la réverbération dans un
humidité etc. espace urbain ouvert, ce qui perturbe le confort acoustique. La
réverbération peut être exprimée en utilisant des courbes de
Particularités visuelles
paysagères, architect. décroissance ou des temps de réverbération. Le temps de réverbération
(RT) est défini comme le temps pris par un son pour décroître de 60dB
Activités sur le site après l’arrêt de sa source. Le RT est habituellement obtenu de -5dB
à -35 dB à partir d’une courbe de décroissance [2]. Le EDT qui est
Figure 7.1: Cadre de travail pour décrire le fortement corrélé avec l’intelligibilité de la parole est basé sur la
paysage sonore dans les espaces publics décroissance de 0 à -10dB. Dans les deux cas, la pente est extrapolée
urbains pour correspondre à une diminution de 60dB [2-3]. En plus de la
réverbération, le modèle de réflexion et/ou l’échogramme doit être vérifié
38
5 5

pour de possibles problèmes acoustiques tels que les échos et les effets
de focalisation [2-3]. Il est aussi utile de connaître le bruit de fond ainsi Sound level rating
2
y = 0.001x - 0.0707x + 3.4458
que les sources sonores spéciales autour de l’espace urbain ouvert 4 2
R = 0.7721
4

étudié/aménagé aussi bien que dans toute la ville. Il a été montré que
l’environnement acoustique environnant peut affecter l’évaluation
subjective d’un espace urbain ouvert. 3 3

A c o u s tic c o m fo rt ra tin g
Les aspects sociaux des utilisateurs jouent aussi un rôle important et des

S o u n d le v e l ra tin g
informations pertinentes doivent ainsi être obtenues. Celles-ci incluent le
2 2
genre, le groupe d’âge, le lieu de résidence (c.-à-d., résident local ou Acoustic comfort rating
d’autres villes), les expériences acoustiques précédentes, 2
y = 0.0026x - 0.3109x + 11.484
2
l’environnement acoustique domestique et au lieu de travail, aussi bien R = 0.5413
1 1
que l’expérience culturelle et éducationnelle en général [4-6]. 50 55 60 65 70 75 80 85
SPL, Leq dB(A)
L’interaction entre le confort acoustique et les autres facteurs comme le
confort thermique et visuel doivent aussi être pris en compte. Par Figure 7.2: Relation entre niveau
exemple, les effets des images visuelles réduisent l’impression négative sonore (SPL), niveau sonore évalué
de la qualité sonore qui équivaut parfois à une réduction de 10dB du (sound level rating) et évaluation du
SPL. confort acoustique (acoustic comfort
rating) sur le site Peace Gardens, à
Sheffield.

7.3 La perception du paysage sonore

7.3.1 Le niveau sonore

Le niveau sonore équivalent (Leq) sur une période de temps a été


largement adopté comme indice d’utilité générale pour le bruit
environnemental [2]. Pour des espaces publics urbains, cependant, le
niveau de bruit de fond, disons Leq90, noté pour l’excédent du 90e
percentile de niveau sonore [2], est un autre indice indispensable. Une
faible valeur de Leq90 peut faire en sorte que les gens se sentent plus 100

paisibles, même si les sons au premier plan atteignent des niveaux


Favourite
élevés. 80

Généralement, l’évaluation subjective du niveau sonore s’apparente bien


P ercentage (% )

avec le Leq moyen, spécialement lorsque le Leq est plus faible qu’une 60
certaine valeur, disons 73 dBA. Cependant, le confort acoustique n’est
pas nécessairement corrélé au niveau sonore subjectif car il existe une 40
adaptation psychologique à la perception du paysage sonore. Le contenu
d’un son, par exemple, s’il est pourvu ou dépourvu d’un sens, est très
20
important dans le processus d’évaluation. La Figure 7.2, montre une
relation entre le niveau sonore mesuré, le niveau sonore subjectif, et Annoying

l’évaluation du confort acoustique. 0 (a)


10~17 18~24 25~34 35~44 45~54 55~64 >65
De plus, les gens issus d’un environnement bruyant tendent à mieux Age groups

s’adapter aux espaces publics urbains bruyants [5].


100

7.3.2 Préférence sonore


80
Annoying
La préférence des sons semble dépendre de beaucoup plus de facteurs
Percentage (% )

que le niveau sonore. Les différences au niveau des préférences sonores 60


sont de trois niveaux [5]. Le premier niveau est la préférence de base
essentielle. Les gens partagent généralement une opinion commune en
40
préférant des sons naturels et culturels plutôt que des sons artificiels. Les
sons provenant des véhicules et de la construction sont considérés
comme très impopulaires, tandis que ceux des activités humaines sont 20

normalement estimés comme neutres. En second lieu, les origines Favourite


(b)
culturelles ainsi que la longue expérience environnementale jouent un 0
rôle important au niveau du jugement à l’égard de la préférence sonore. 10~17 18~24 25~34 35~44 45~54 55~64 >65
Age groups
Les gens issus d’un environnement similaire peuvent démontrer une
Figure 7.3: Différences de préférence
tendance similaire de leur préférence sonore, pouvant être définie sonore entre les classes d’âge.
comme une macro-préférence. Troisièmement, les différences inter- (a) Chants d’oiseaux;
personnelles comme le genre et l’âge, influencent de surcroît les (b) Bruit des voitures.
préférences sonores, ce qui peut être défini comme micro-préférence.
39
Description du paysage sonore Jeunes et vieux peuvent montrer quelques différences essentielles dans
l’évaluation des sons. Par exemple, en vieillissant, les gens sont
généralement plus favorables ou tolérants aux sons liés à la nature, à la
culture ou aux activités humaines. Par ailleurs, les jeunes gens sont plus
favorables ou tolérants aux sons comme la musique de rue et des sons
mécaniques. La Figure 7.3, montre quelques différences de préférence
SPL>65dB sonore entre les groupes d’âge.
Entre hommes et femmes il n’existe que de petites différences. La
Réduction du SPL
préférence sonore des femmes tend à être influencée par l’émotion. Elles
peuvent être plus prédisposées ou tolérantes aux sons comme les
Forme de l’espace cloches d’églises, ceux de l’eau, la musique de rue, des cloches ou de la
musique provenant de carillons ainsi que les cris d’enfants.
Bords et mobilier

Barrières anti bruit, 7.3.3 Les facteurs de l’évaluation acoustique


etc.
Il est important d’identifier quelques facteurs pour l’évaluation du paysage
SPL<65dB
acoustique. Une analyse sémantique différentielle a démontré que ces
facteurs incluent la détente (confort-inconfort, calme-bruyant, agréable-
désagréable, naturel-artificiel, aimer-détester, doux-dur), la
communication (social-asocial, expressif-inexpressif, calme-agité,
brusque-posé), la spatialité (varié-simple, réverbérant-diffusant) et la
Conception de repères sonores dynamique (rapide-lent et solide-souple).
Créer des repères sonores actifs Pour évaluer le paysage sonore dans un espace urbain ouvert, un
échantillon d’une taille autour de 150 est typiquement acceptable.
Concevoir des repères sonores
passifs
7.4 Aménagement du paysage sonore

Figure 7.4: Procédure de conception du 7.4.1 Réduction du niveau de bruit de fond


paysage sonore
Un cadre de travail pour l’aménagement du paysage sonore est illustré à
la Figure 7.4. Pour créer un bon environnement acoustique il est
recommandé de réduire le niveau de bruit de fond à un certain niveau,
généralement 65 dBA [4-9].
La réduction sonore peut être considérée selon trois aspects: la source,
la trajectoire du son, et le récepteur [2]. Dans un champ dégagé, chaque
doublement de la distance se traduit par une chute du SPL de 6 dB pour
une source ponctuelle et de 3 dB pour une source linéaire. Des barrières
anti bruit peuvent être aménagées pour réduire le niveau sonore [2].

7.4.2 Modèles informatiques

Pour prévoir la propagation du son dans les places, deux modèles


informatiques ont été développés à l’Université de Sheffield, l’un basé sur
la méthode de radiosité, et l’autre à partir de la méthode image source [7-
9]. La première est destinée aux surfaces réfléchissantes diffuses (c.-à-d.,
acoustiquement rugueuses) tandis que la deuxième se rapporte aux
surfaces géométriquement réfléchissantes (c.-à-d., acoustiquement
lisses). Les modèles ont été validés avec des mesures [3].
Le logiciel de cartographie du bruit CADNA [10] ainsi qu’un logiciel
d’acoustique des salles comme Raynoise [11] peuvent être utilisés pour
l’analyse du paysage sonore dans les espaces urbains ouverts.

7.4.3 Formules

Dans les places urbaines possédant des bords diffusants, le temps de


réverbération peut être calculé avec [8]

40
-10
0.16V LW
RT 30 = −
(88.6 + 49α b + 2.7 ) -15
H 25x25
− SLn (1 − α ) + 4mV -20 50x50
100x100
-25

SPL (dB)
où L est la longueur de la place, W sa largeur, H est la hauteur, S est -30

l’aire totale de la surface et α est le coefficient d’absorption moyen, les -35

deux incluant un plafond imaginaire sur la place. V = LWH, m est le -40

facteur d’absorption de l’air, et α b est le coefficient d’absorption moyen -45 (a)


-50
des bords, c.-à-d. seulement les façades et le sol. 0 30 60 90 120
Source-receiver distance (m)

La distribution du son avec une source ponctuelle peut être calculée avec -10

-15
Q 3H 4 50x50
L = LW + 10 log( + ) 100x25
4πr W +L R
2 -20

-25

SPL (dB)

où R = Sα T /(1 − α T ) et α T = α + 4mV / S . LW est le niveau de puissance
-30

-35

sonore de la source, Q est le facteur de directivité de la source, et r est la -40

distance source-récepteur. -45 (b)


-50
0 30 60 90 120
Source-receiver distance (m)
7.4.4 Forme de la place -10

-15
Les effets des changements architecturaux et de l’aménagement urbain -20
50
20
sur le champ sonore des places urbaines ont été étudiés avec des -25
6

modèles informatiques développés à l’Université de Sheffield [7-9]. Des

SPL (dB)
-30
résultats typiques sont résumés ci-dessous, considérant la taille de la
-35
place, la hauteur des immeubles et leur rapport d’aspect, aussi bien que
-40
l’absorption aux bords :
-45 (c)
(1) Lorsqu’un côté de la place est allongé d’un facteur deux, le SPL -50
0 30 60 90 120
est typiquement de 6-9 dB plus faible dans le champ lointain, tel Source-receiver distance (m)

qu’illustré à la Figure 7.5a.


Figure 7.5: Effets de la taille de la place,
(2) Avec un plus grand rapport d’aspect, la différence entre bords du rapport d’aspect et de la hauteur. La
diffusants et géométriques deviennent plus importantes, et configuration de base pour la place est
l’atténuation du SPL est considérablement plus importante dans le 50x50m, hauteur 20m, et coefficient
champ lointain, spécialement pour les bords diffusants, tel d’absorption 0.1
qu’illustré à la Figure 7.5b.
(3) Entre des hauteurs d’immeubles de 6m et de 50m, avec des bords
diffusants, la différence de SPL est typiquement de 8 dB, comme
illustré à la Figure 7.5c.

7.4.5 Bords de la place et mobilier

Avec une augmentation du coefficient d’absorption des bords, le SPL


diminue proportionnellement, et la baisse est typiquement de 12 dB
quand le coefficient d’absorption augmente de 0.1 à 0.9, comme montré
à la Figure 7.6.
Dans les places urbaines ayant des bords réfléchissants diffusants, la
réverbération est beaucoup plus courte et l’atténuation sonore est plus
forte que dans le cas des bords géométriquement réfléchissants, à moins -10
que le rapport hauteur/côté soit élevé, disons environ 1:1. Même pour les -15

façades et pour le sol où seulement environ 20% de l’énergie incidente -20


0.1
sur les bords est réfléchie de façon diffuse, le champ sonore dans une -25
0.3
0.5
SPL (dB)

place urbaine est proche de celui résultant d’une surface réfléchissante -30
0.7
0.9
purement diffuse [9]. Cela signifie que l’effet d’ajouter même une petite -35

quantité de diffusion sur une place urbaine, où les réflexions sont -40

principalement spéculaires, peut être bénéfique du point de vue de la -45

réduction du bruit urbain. De façon similaire aux bords diffusants, le -50


0 30 60 90 120
mobilier de rue, tel que les lampadaires, les bancs, les cabines Source-receiver distance (m)

téléphoniques, et les abribus, peuvent également être efficaces pour Figure 7.6: Effet du coefficient d’absorption
réduire le bruit [12]. La Figure 7.7 compare des deux sortes de bords en des bords

41
termes de SPL et de réverbération. La végétation sur les façades des
immeubles et au sol, peut augmenter la diffusion aux bords du son
incident et aussi y augmenter l’absorption et ainsi réduire le bruit.
L’efficacité de la végétation sera plus grande dans les places urbaines
par rapport à celle d’un champ ouvert par effet des réflexions multiples.
De la même façon, les effets des arbres dans les places urbaines seront
d’y introduire une absorption et une dispersion additionnelles.

7.4.6 Repères sonores

Lorsque le SPL est réduit à environ 65 dBA, la qualité du paysage sonore


peut davantage être améliorée en incorporant plus de sons favorables.
Les repères sonores actifs et passifs peuvent être pris en compte.
Les “repères sonores actifs” sont liés aux sons générés par des activités
Figure 7.7: Comparaison entre bords intéressantes, lesquelles peuvent ajouter des éléments spectaculaires au
diffusants (noir) et géométriques (gris). paysage sonore. Il est important de fournir des lieux spécifiques pour de
telles activités/occasions et de considérer l’aménagement acoustique de
cet espace. La musique "live" est toujours très appréciée. Les gens ne
sont pas seulement intéressés par la seule musique, mais également
attirés par les activités des musiciens. Dans ce cas, le type de musique
(p. exemple, musique classique et musique populaire) n’est pas très
important. Cependant, lorsque la musique est issue de haut-parleurs, le
type de musique et le niveau sonore doivent être soigneusement
considérés. La plupart des gens n’aiment pas la musique forte provenant
de haut-parleurs, quel que soit le type.
Afin d’introduire des repères sonores passifs, plusieurs manières de
concevoir des sons favorables peuvent être appliquées, en même temps
que pour des raisons fonctionnelles et esthétiques. L’eau, sous la forme
de fontaines, ruisselets ou cascades, est souvent utilisée en tant
qu’élément paysager dans les espaces publics urbains ouverts. Les sons
de l’eau sont attrayants pour la plupart des gens, mais une attention
particulière doit être portée au taux d’écoulement. Il est suggéré que le
taux d’écoulement d’une telle installation ne soit pas constant. Conserver
ce taux au même niveau sonore peut faire en sorte que les gens s’en
désintéressent et l’effet sur leur adaptation psychologique peut faiblir
avec le temps.

7.5 Liste des lois pertinentes

EU Green Paper on Future Noise Policy, 1996.


http://europa.eu.int/en/record/green/gp9611/noise.htm
EU Environmental Noise Directive 2002/49/EC, 2002.
http://www.eeb.org/activities/noise/main.htm
ISO 1996, Acoustics: Description and measurement of environmental
noise
WHO: Guidelines for Community Noise, 1999.
http://www.who.int/peh/noise/guidelines2.html
PPG24 Planning Policy Guidance Note 24, 1994.
http://www.planning.detr.gov.uk/ppg/ppg24/pdf/ppg24.pdf

7.6 Liste de contrôles


• Sources sonores et leurs caractéristiques physiques/sociales/
psychologiques/culturelles
• Effets des immeubles environnants et du mobilier des places sur
l’environnement acoustique.

42
• Caractéristiques des usagers et leurs préférences sonores.
• Lois pertinentes
• Relations entre aspects acoustiques et autres aspects.

7.7 Références
[1] Schafer, M.R. (1976). The Turning of the World. McClelland and Stewart, Toronto.
[2] Egan, M.D. (1988). Architectural Acoustics. McGraw-Hill, Inc., New York.
[3] Kang, J. (2002) Acoustics of Long Spaces: Theory and Design Guide. Thomas
Telford Publishing, London.
[4] Yang, W. & Kang, J. (2001). Soundscape design in urban open public spaces.
Proceedings of the 17th International Conference on Acoustics (ICA 2001), Rome.
[5] Yang, W. & Kang, J. (2003). A cross-cultural study of soundscape in urban open
public spaces. Proceedings of Tenth International Congress on Sound and
Vibration, Stockholm.
[6] Kang, J. & Zhang, M. (2002). Semantic differential analysis on the soundscape of
open urban public spaces. The Journal of Acoustical Society of America,112, 2435.
[7] Kang, J. & Zhang M. (2003). Acoustic simulation and soundscape in urban squares.
Proceedings of the 10th International Congress on Sound and Vibration, Stockholm.
[8] Kang, J., Meng Y. & Brown G. (2003). Sound propagation in micro-scale urban
areas: simulation and animation. Acustica/acta acustica, 89,S68-69.
[9] Kang, J. (2002). Computer simulation of the sound fields in urban squares:
comparison between diffusely and geometrically reflecting boundaries. Proceedings
of the 32nd International Acoustical Conference (IAC), Slovakia.
[10] Datakustik (2003). CadnaA: Software Program for Noise Prediction, Munich.
[11] LMS Numerical Technologies (2003). Raynoise Users’ Manual. Leuven.
[12] Kang, J. (2000). Sound propagation in street canyons: Comparison between
diffusely and geometrically reflecting boundaries. The Journal of Acoustical Society
of America, 107, 1394-1404.

43
8 PRINCIPES DE CONCEPTION ET APPLICATIONS

La réhabilitation d’un espace extérieur existant ou la conception d’un


nouvel espace peuvent offrir la possibilité d’améliorer les conditions de
confort extérieur. Les solutions possibles aux problèmes spécifiques
auquel fait face le site en question sont illimitées et dépendent de la
morphologie locale, du climat et de la nature esthétique du projet envisagé.
Sans se préoccuper de cette variété de solutions,il y a certaines
considérations que le concepteur doit absolument prendre en compte de
manière à proposer avec succès un environnement attractif et confortable.

Figure 8.1: Des panneaux peuvent être


Le premier point qui émerge lors du processus de conception est le profil
employés pour créer de l’ombre et canaliser le saisonnier de l’usage de l’espace extérieur. En dehors des considérations
vent en été ainsi que pour faire barrage à l’air acoustiques qui ne sont pas affectées par la saison de l’année, le confort
froid en hiver. visuel et encore plus thermique, nécessite certaines actions de manière à
promouvoir un environnement agréable et plaisant comparativement aux
conditions ambiantes.
Concernant la saison estivale, le contrôle de la température est essentiel
afin d’atteindre le confort. Plus particulièrement aux latitudes
septentrionales, l’ombre est le facteur le plus important permettant le
contrôle de la température ainsi qu’un facteur déterminant du confort
visuel. Une grande variété d’installations générant de l’ombre ainsi que
divers types de végétation peuvent être employés suivant le type
Figure 8.2: Des arbres à feuilles caduques d’ombrage recherché. Des installations verticales ou légèrement en pente
offrent de l’ombre en été et, s’ils sont telles que des murs, panneaux ou buissons sont préférablement placées
sélectionnés de façon appropriée, peuvent
accroître le refroidissement par
sur le côté occidental du site, tout en considérant les restrictions
évapotranspiration. En hiver, ils permettent potentielles qu’ils peuvent induire sur, notamment, la ventilation de
l’exposition du site au soleil. l’espace extérieur (Figure 8.1). Un ombrage similaire peut également être
obtenu à partir d’arbres avec l’avantage d’un effet de refroidissement de
l’air ou d’une possibilité d’exposition au soleil l’hiver (Figure 8.2). Les
installations horizontales, incluant le type "pergola", permettent d’offrir de
l’ombre durant une plus grande période de la journée et sont utiles pour
ombrager chemins ou espaces étendus en longueur tels des zones
piétonnes (Figure 8.3). Là encore, elles doivent être conçues de manière à
empêcher le maintien d’air chaud en dessous.
Figure 8.3: Des galeries le long d’une zone Le fait de canaliser le vent en été peut être également un bon moyen
piétonne peuvent offrir ombre et protection d’extraire la chaleur d’un espace extérieur. Des murs verticaux ou de la
contre la pluie.
végétation peuvent être employés de manière à rediriger l’air vers
certaines zones de l’espace extérieur. De plus, des surfaces en eau sous
la forme de film d’eau, chutes, étang ou fontaines peuvent aussi contribuer
à un rafraîchissement de l’air en combinaison avec des stratégies de
ventilation.
Les matériaux de surface sont d’importants facteurs qui affectent à la fois
les environnements thermique et visuel. Des couleurs pâles, de même que
les surfaces réfléchissantes, peuvent empêcher une surchauffe de la
surface mais peuvent également causer éblouissement et réflexion
Figure 8.4: Les espaces extérieurs semi- thermique sur les usagers de même que sur les surfaces ou bâtiments
enterrés sont des solutions intéressantes pour
la protection contre le bruit et le vent. De
environnants. A l’inverse, les surfaces foncées peuvent s’échauffer mais
grandes installations d’ombrage peuvent être seulement lorsqu’elles sont exposées à la radiation solaire. La plupart des
employées sans pour autant nuire à la vue en surfaces végétales ne font pas que prévenir des réflexions mais
dehors. contribuent aussi au refroidissement par évapotranspiration.
En hiver, le point principal du processus de conception est de protéger
l’espace extérieur du vent froid et de la pluie et de favoriser
l’ensoleillement. Un exemple intéressant est l’espace extérieur semi-
enterré (Figure 8.4). En combinaison avec d’autres mesures, il peut être
très efficace en tant que protection au vent en le laissant passer au-dessus
de l’espace. Les arbres à feuilles caduques permettent l’exposition au
soleil alors que les arbres au feuillage persistant agissent comme
d’efficaces coupe-vent (Figure 8.5). Les implications sociales de telles
solutions doivent cependant être considérées avec prudence.
Figure 8.5: Un couvert arborescent dense Concernant la réduction du bruit, la végétation peut être employée comme
agit comme coupe vent lorsqu’il est placé face barrière au bruit tout en étant également utile comme pourvoyeuse
à la direction dominante du vent en hiver.

44
d’ombre et coupe-vent. Les espaces semi-enterrés sont également
efficaces vis-à-vis de la réduction du bruit.
En résumé, il n’y a pas de mesures directes étant donné que toute
intervention va affecter les autres paramètres. Le projet de conception doit
être intégratif et prendre en compte tous les paramètres de confort de
même que les caractéristiques spécifiques du point de vue de la
morphologie et du climat du site.
Les sections suivantes présentent un ensemble de solutions concernant la
conception de différents espaces extérieurs étudiés dans le détail en
Grèce.

45
8.1 Etudes de cas
8.1.2 Place Makedonomahon

Ce site est localisé dans le centre de 8.1.1 Place Kritis


Thessalonique à la jonction de deux
Le site est représentatif d’un espace ouvert extérieur d’une zone
rues importantes, entraînant une
résidentielle densément bâtie, dans la ville de Thessalonique. Les
circulation dense et bruyante.
activités commerciales y sont limitées, la circulation automobile autour du
D’autres problèmes significatifs sont
site est faible et en conséquence, il n’y a pas de source de bruit
les fortes températures de l’air et des
significative. En général, la place attire de nombreuses personnes du fait
surfaces en été, l’éblouissement par
de la végétation dense. Seul l’usage de l’amphithéâtre demeure limité du
les surfaces au sol et les façades des
fait de l’exposition au soleil. Les problèmes de surchauffe de même que
bâtiments.
l’éblouissement résultant de la clarté des matériaux employés pour les
Le site est employé essentiellement surfaces sont les principales raisons d’inconfort en été.
durant l’été et les saisons
La proposition de design (Figure 8.6) concerne essentiellement cette
intermédiaires de l’année. En dépit de
partie du site étant donné que le reste de l’espace offre déjà des
la présence de relativement hauts
conditions pour un microclimat attractif avec un ombrage adéquat par les
immeubles sur trois des côtés de la
arbres et taillis ainsi qu’un aspect visuel confortable. Seules des
place, l’exposition au soleil est un des
modifications du revêtement du sol de manière à accroître les possibilités
facteurs d’inconfort les plus
d’accès à d’autres endroits du site sont nécessaires. L’intervention la plus
importants.
significative dans la partie nord ouest du site concerne la construction
d’une grande surface en eau. Un kiosque offre une zone ombragée
La protection solaire la plus efficace, confortable pour le repos et le divertissement. Plusieurs modifications
en dehors des arbres déjà existants, sont proposées concernant la forme et l’ombrage de l’amphithéâtre de
serait l’installation d’un dispositif façon à le rendre plus attrayant pour les usagers.
d’ombrage horizontal de type pergola.
Sur ces pergolas, de la vigne vierge
pourrait être plantée qui contribuerait
à accroître l’ombrage durant l’été et
permettre l’exposition au soleil durant
l’hiver (Figure 8.7). Leur contribution
vis-à-vis du confort visuel n’est pas
négligeable non plus du fait de la
réduction de l’éblouissement dû au
ciel, aux façades des immeubles
environnants et au type de
revêtement du sol.
Des surfaces en eau sous la forme
d’une fontaine, d’un petit ruisseau et
d’une chute d’eau peuvent également
contribuer à l’amélioration du
microclimat par refroidissement de
l’air.
La réduction du bruit peut être Figure 8.6: Stade actuel et de la Place Kritis. Plus en détail, une coupe de
l’amphithéâtre.
obtenue en construisant une barrière
anti-bruit sur le bord le plus bruyant
du site, où la principale source de
bruit est localisée. La barrière anti-
bruit est plus épaisse que nécessaire
car elle est conçue pour contenir
l’équipement mécanique d’amenée
d’eau pour la chute d’eau et le sol
nécessaire à la croissance des vignes
qui, tous deux, recouvrent ses
surfaces. Une saillie sur le côté
intérieur du site offre de l’ombre aux
personnes qui traversent cet espace.
La présence de la chute d’eau en
plus de ses caractéristiques
rafraîchissantes contribue à améliorer
les conditions acoustiques de
l’environnement par l’apport d’un bruit
masquant celui de la circulation Figure 8.7: Proposition de conception pour le site de la Place Makedonomahon et détail de
routière. certaines constructions proposées.

46
8.2 Applications pilote

8.2.1 Rue Karaoli & Dimitriou,


Municipalité de Thermi, Grèce

La rue Karaoli & Dimitriou se situe


au centre de la municipalité de
Thermi au nord de la Grèce. Elle
se trouve à proximité d’un nœud
de circulation important et s’étire le
long d’un axe orienté selon un
angle de 20° avec l’orientation Est-
Ouest. La plupart des immeubles
adjacents au site sont des
bâtiments de deux étages, d’une
hauteur moyenne de 14 mètres et
la longueur totale du tronçon qui
doit être rénové est de 370 m.
Le processus de conception doit
se soumettre à un certain nombre
de restrictions qui n’existent pas
dans le cas des parcs ou places
car, ici, l’objectif est de transformer
la vocation d’une rue ouverte à la
circulation automobile en une zone
piétonne. Dans ce cas, un certain
nombre de paramètres rendent la
solution au problème plus
compliquée et déterminent
comment des solutions
conventionnelles ou non vont
pouvoir être adoptées.
Les restrictions les plus
importantes relèvent du besoin
d’offrir une route d’accès adéquate
pour les véhicules de livraison des
magasins à certaines heures de la
journée, habituellement de bonne
heure le matin, tout en tenant
compte aussi de la largeur limitée
de l’espace. De plus, le concepteur
ne peut ignorer l’existence de
places de stationnement à
proximité des bâtiments de même
que la possibilité de futurs
changements de propriété
d’immeubles existants ou la
construction de nouveaux. Ces
aspects jouent un rôle important
dans le projet de conception.

Figure 8.9: Vue en plan et coupe de la proposition de conception (partie de la rue)

Figure 8.8: Modèle physique de la


proposition de conception
47
Finalement, parmi ces problèmes, la géométrie et la position des
bâtiments adjacents devraient être inclues. Dans de nombreux cas, leur
existence peut affecter l’esthétisme d’un tel projet. Une proposition
intégrative doit inclure la rénovation des façades selon des critères
bioclimatiques. Malheureusement, une telle application intégrative est
considérée comme étant difficile et nécessitant une grande
consommation de temps du fait des actions complexes requises pour
imposer des rénovations sur des biens privés.
Les caractéristiques principales de la proposition sont:
• Une galerie unique située dans le centre de la zone piétonne
composée d’éléments cubiques identiques, mesurant 6 x 6 x 6m, est une
Figure 8.11: Projet initial des particularités majeures de ce concept, abritant principalement un
chemin pour les piétons et, secondairement, un espace pour les
véhicules légers (Figures 8.8-8.9). Le sol fait d’asphalte rouge est large
de 4 mètres (moins que la galerie de manière à limiter la circulation). Le
Avant cette dernière solution décrite ici, toit supporte une installation générant de l’ombre composée de lames
deux autres solutions avaient été orientées au sud, espacées à intervalles réguliers les unes des autres, de
proposées. Elles ont été présentées à la manière à permettre le passage d’un flux d’air et prévenir la surchauffe.
communauté locale de la municipalité La pente de ces lames permet au soleil de pénétrer dans la galerie
de manière à promouvoir la discussion durant l’hiver et garantit un plein ombrage durant l’été (Figure 8.10).
avec les citoyens de façon à enregistrer
leurs opinions ainsi que d’autres • La question du matériau employé pour ces lames est une autre
besoins plus spécifiques. difficulté de ce processus de conception. Le besoin en niveaux de
Le concept initial se concentrait sur la luminosité adéquats, l’entretien facile, la résistance à la force du vent
création de galeries latérales en contact ainsi que les autres effets environnementaux a conduit à sélectionner des
direct avec les façades des bâtiments feuilles en polycarbonate, réfléchissantes sur leur face supérieure pour
sur les deux côtés de la zone piétonne. limiter l’échauffement.
Cette décision recoupait deux
• Le passage pour les piétons est interrompu, à intervalles réguliers,
nécessités principales :
par de petites places couvertes d’éléments colorés qui entrent dans la
• Les façades des immeubles ne sont galerie de manière à couper la continuité de la rue (Figure 8.8). A
pas alignées. Cela résulte en une l’intérieur de ces petits espaces de repos, des installations en eau,
irrégularité du fait que certains d’entre végétation de petite taille et arbres sont installés de manière à augmenter
eux se trouvent en retrait par rapport à l’effet de refroidissement. Il a été proposé que tous ces éléments soient
l’axe et d’autres en avant. Les galeries conçus par des artistes de renom afin que le site devienne une galerie
latérales, de largeurs variables, avec sculptures et, après d’autres mesures supplémentaires, puisse
pouvaient partiellement répondre à ce intégrer le "guide des villages d’art".
problème.
• La barrière anti-bruit située à l’entrée nord est du site est destinée à
• De plus, les galeries auraient offert réduire le niveau de bruit causé par le volume relativement important de
ombrage et protection au vent et à la la circulation dans le centre adjacent de la municipalité. Après que sa
pluie, rendant la zone plus confortable taille ait été estimée de façon appropriée et efficace, une sculpture
et agréable, ce qui devait favoriser la donnera à la barrière son aspect final. Elle se composera de verre et
présence de monde tout au long de d’eau courante et sera également illuminée.
l’année.
• Au centre de la zone piétonne, le
projet incluait des installations avec
films d’eau, de la végétation de petite
taille et des arbres, des espaces
légèrement en contre bas qui devaient
guider les piétons et leur offrir un
caractère attractif pour se reposer ou
socialiser. La proposition devait être
acceptée par tous les propriétaires
d’immeubles étant donné que les
bordures des galeries devaient
s’appuyer sur leurs propriétés. Sous la
législation en cours, il n’était pas
possible de mettre en œuvre cette
proposition sans la permission préalable
des propriétaires qui l’ont évaluée de
façon plutôt sceptique. L’importance de
ce débat public a conduit à une seconde
solution alternative qui n’a pas non plus
été adoptée.
Figure 8.10: Vue en coupe de la proposition
48
Les lames au sommet des galeries sont faites d’aluminium perforé et 8.2.2 Place du 3 septembre,
leurs dimensions et pentes sont calculées de telle manière à maximiser Municipalité d’Alimos, Grèce
les apports solaires durant l’hiver et favoriser l’ombrage en été (Figure
8.12). L’ombre couvre la plupart des surfaces couvertes des galeries Le site est situé dans la
ainsi qu’une partie des zones adjacentes selon la saison et l’heure de la municipalité d’Alimos, près
journée et protège les usagers de la radiation solaire, créant un d’Athènes, dans une zone
environnement plaisant. résidentielle composée de
Des parterres de végétation de petite taille sur les pourtours du site bâtiments de 3 à 5 étages. Il est de
créent un environnement naturel protégeant également les enfants qui forme triangulaire avec son plus
jouent. Le plus bas niveau du couvert végétal se situe en deçà de la taille long côté orienté à l’Est et une
moyenne d’un individu de façon à conserver le contact visuel avec surface totale de 520m2. Sur le
l’environnement avoisinant. site il y a déjà un terrain de jeux,
de petites surfaces végétalisées et
La surface du sol consiste en des blocs solides de couleurs variées selon des arbres de taille moyenne.
l’usage principal de chaque zone. Deux surfaces aquatiques (films d’eau)
contribuent à refroidir l’air et, ensemble avec l’ombrage, la végétation et Les principaux problèmes
les couleurs attrayantes, créent un environnement agréable. microclimatiques sont, en été,
l’exposition au soleil et les fortes
températures de l’air et, en hiver,
l’exposition directe au vent froid
dominant. Il n’y a pas de source de
bruit significative du fait de la faible
circulation et du caractère
résidentiel du quartier. Un autre
aspect limitant est la taille
relativement petite de l’espace en
question (240m² sans les trottoirs
extérieurs).
D’autres facteurs significatifs
doivent être pris en considération
dans la proposition de conception,
qui sont la sécurité (surveillance
des enfants, contact visuel avec
l’espace environnant) et la
connexion de la place avec la
future zone piétonne qui sera
située sur la face Est de celle-ci.
Figure 8.13: Vue en plan de la proposition de conception La caractéristique principale de la
proposition de conception (Figures
8.12-8.14) est la construction de
galeries qui vont permettre de
créer des allées ombragées. Sur
les bordures de ces allées des
bancs et des fleurs offrent des
conditions plaisantes pour se
reposer.

Figure 8.14: Vue en perspective de la proposition de conception Figure 8.12: Vue en coupe selon un axe
Nord-Sud.

49
9 CONSIDÉRATIONS SOCIALES DANS LE CADRE DE LA
CONCEPTION DES ESPACES PUBLICS URBAINS

9.1 Introduction

Le projet de confort dans les espaces ouverts est un raffinement du


projet urbain, ayant pour but d’améliorer les conditions sociales dans le
contexte urbain contemporain en se concentrant sur les propriétés
physiques de micro-échelle de ces espaces ouverts. L’objectif de ce
chapitre est de voir comment établir un lien entre des problèmes sociaux
ressentis dans le cadre de la vie urbaine contemporaine et les propriétés
physiques caractéristiques de ces espaces.
Il est bien clair que pour utiliser un espace public urbain, organisation et
structure sociales de même qu’aspects culturels et économiques,
Figure 9.1: Schéma des interrelations sociales et interagissent avec les fonctions de base humaines en communication,
physiques à considérer dans le cadre d’un déplacement et confort. Il est également évident que les conditions
processus de conception. spatiales déterminent d’une certaine façon les activités humaines dans
un tel espace (Fig 9.1).
Dans le cadre du projet RUROS, la relation “usagers – conditions physiques de l’espace public” a été étudiée à l’aide
d’une enquête sociale, telle qu’expliquée ci-dessous:
y Les enquêtes se sont basées sur différents questionnaires (questionnaires techniques avec spécifications sociales, questionnaires sociaux
avec spécifications urbaines) adaptés à une variété de conditions (différents groupes cibles de population, différent types d’espaces publics
dans différents pays, différentes villes avec divers contextes d’environnements urbains).
y L’étude quantitative s’est concentrée sur les usages actuels de même que les usagers de ces espaces, en évaluant les données collectées
directement sur le terrain par questionnaires auprès de la population (8500 usagers) sur 14 espaces publics différents de 7 villes européennes
différentes.
y Concernant les questionnaires d’ordre social, l’information a été collectée en interrogeant directement les personnes concernées (400
résidents) dans les environs de 6 espaces publics de 3 municipalités (Alimos, Thessalonique et Thermi en Grèce). Les enquêtes provenant de
3 espaces publics ont été sélectionnées (2 à Alimos et 1 à Thermi) en vue de l’application pilote dans le cadre de RUROS et combinées avec
d’autres études faites en parallèle; une étude anthropologique à Alimos et Thermi à partir d’un groupe de population spécifique (familles
sélectionnées parmi les résidents locaux âgés), ainsi qu’une étude socio-urbaine à partir du type d’espace public urbain (adressée à 25
résidents - usagers de 10 espaces publics sélectionnés afin d’être représentatifs de Alimos).
y L’étude qualitative s’est concentrée sur la perception que les usagers ont de la fonction globale de l’espace en question. Premièrement en se
concentrant sur l’intérêt porté par les usagers eux-mêmes – essentiellement à travers leurs relations personnelles et leur perception de
l’espace public – et secondairement, en analysant les réponses obtenues à partir des différentes enquêtes menées sur le terrain ainsi qu’en
quantifiant les catégories analysées

Les résultats et indicateurs qui sont ressortis, lient ensemble les fonctions
sociales des espaces publics urbains et l’analyse descriptive des
espaces ouverts sélectionnés avec la procédure de conception urbaine.
La méthode décrite dans ce chapitre se base sur les résultats empiriques
de RUROS. Elle devrait aider le concepteur à décrire un espace urbain et
à suivre sa transformation (Fig. 9.2). L’objectif de cette méthode est de
considérer tous les aspects des espaces publics ainsi que leurs impacts
au niveau social. L’étape initiale est de définir ces aspects et de
caractériser la fonction globale et les conditions. En modifiant les
conditions générales d’un espace public, le concepteur peut agir en
identifiant les problèmes qui interfèrent avec la conception du confort et
tenter de les évaluer.
Des tableaux spécifiques ont été développés sous la forme d’un système
d’organisation de la description de l’espace. Chaque tableau fait
référence à une identité, telle qu’elle est perçue et identifiée par les
individus (usagers, résidents, preneurs de décisions, concepteurs ou
autre intervenants). Chaque identité se réfère à des questions
Figure 9.2: Schéma des méthodes proposées spécifiques dans les espaces publics urbains contemporains, ce qui
pour l’analyse favorisant la connexion entre le
social et le physique dans le cadre du processus constitue une grille permettant de regrouper l’information caractérisant
de conception l’espace ouvert. Ces questions peuvent être étudiées grâce aux
observations ou aux enquêtes et analysées comme étant des variables.
Les données descriptives qui ont été collectées peuvent être groupées
dans des catégories, relatives aux facteurs physiques ayant des impacts
au plan social. Ces catégories peuvent être utilisées comme des unités
statistiques permettant de comparer différents espaces publics ouverts,

50
References from interrogated inhabitants analyzed and categorized within identities
Comparison between two different Open Spaces on
their Identities
de quantifier un aspect social, économique ou culturel (comme montré 35,00%
Case Study 3: Agios Dimitrios Pedestrian Street of Alimos
Case Study 6: Karaoli-Dimitriou Street of Thermi
dans les exemples présentés dans les figures 9.4, 9.5, 9.6 et 9.7) ou 30,00%

(in percentages calculated per sample)


encore d’évaluer une politique ou un programme. Elles peuvent aussi 25,00%

servir d’indicateurs au cours du processus de conception. Pour cela, les 20,00%

catégories présentées à l’intérieur des tableaux sont ordonnées selon 15,00%

leur importance décroissante, telle qu’évaluée d’après les enquêtes. Leur 10,00%

nombre, leur contenu et leur importance relative devraient être examinés 5,00%

séparément pour chaque espace ouvert étudié, étant donné qu’ils 0,00%

peuvent changer d’une étude de cas à une autre. Toutes les identités des

ty
y

ty

y
y

ty

ty

ty

tity
ntit

ntit

ntit

ntit

n ti
ntit

nti

nti

nti
nti

de
de

Ide

Ide

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sI
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tableaux suivants caractérisent l’espace ouvert tel que montré sur la

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Figure 9.3 et par conséquent peuvent être évaluées lorsque des

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Bu

tur

nP

cia
Na

So
No
changements se produisent sur l’espace en question.
Figure 9.3: Les fonctions globales de 2 sites
différents analysés d’après les questionnaires d’ordre
social à Alimos et Thermi.

Tour d’horizon de la méthode


Approche de la fonction globale de l’espace public et étapes:
Etape 2: Enregistrer la Etape 3: Rapporter les Etape 4: Noter les catégories
Etape 1: Enregistrer la
signification de la usages actuels d’usagers
signification de l’espace ouvert
communauté
y Identifier chaque aspect séparément en utilisant les tableaux:
Identités: Questions de perception caractérisant les espaces ouverts dans leur ensemble. Tous les aspects doivent être considérés
pour chaque espace ouvert considéré.
Les individus (usagers et concepteurs) perçoivent l’espace public ouvert de manière dynamique. Afin d’exprimer leurs points de
vue, ils identifient le même espace à partir d’aspects variés à différentes échelles. En tant qu’entité à part entière, avec son
environnement alentour, en considérant la vie locale, en évaluant les services, en parlant des activités et fonctions qui pourraient
potentiellement s’adapter à l’espace, en faisant référence aux besoins et attentes socio-économiques individuels ou collectifs, en
proposant des équipements bâtis spécifiques, en imaginant des caractéristiques naturelles, en observant les usages non-prévus
voire non-autorisés, en ressentant l’usager public présent, à partir de préférences personnelles pour l’utilisation de l’espace ou en
fonction d’antécédents sociaux, culturels ou économiques.
Variables: Questions relatives aux règles de conception urbaine d’espaces ouverts par identité (numérotées de 1 à 34 dans les
tableaux). Pourraient être étudiées indépendamment en sélectionnant une approche valable pour le contenu de chaque question,
en collectant de l’information (études préalables et/ou questions directes à la population).
Catégories: Correspondent à chacune des variables. Questions empiriques incluant les caractéristiques physiques avec impact social
se référant au contexte de RUROS. Nombre, contenu et importance des catégories doivent être considérés pour chaque cas
d’espace ouvert et pour chaque transformation.
Les références [A] ou [B] dans les tableaux indiquent que l’ordre des catégories (numérotation par pourcentage décroissant)
correspond aux données quantifiées relatives à un échantillon de l’enquête sociale de RUROS ou des enquêtes techniques
respectivement. Il est également possible d’utiliser cela, simplement en vérifiant les catégories proposées.
y Sélectionner dans les tableaux quelles catégories pourraient être influencées ou affectées par la planification et la conception de confort en
les utilisant comme des indicateurs.
Indicateurs relatifs: Dans le processus de conception, chaque catégorie pourrait être définie comme un indicateur en relation avec le
sujet, les moyens et la méthode sélectionnée par le concepteur ou le preneur de décision.
Ces exemples de développements d’indicateurs sont reliés, dans ce chapitre, au profil social de l’espace ouvert ou de son
environnement. D’autres paramètres techniques pourraient être développés tels que des indicateurs afin de balancer les aspects
socio-économiques et environnementaux articulés à différents niveaux dans les tableaux.

9.2 Signification urbaine de l’espace public ouvert

Un espace ouvert, existant ou futur, est un site significatif dans une ville.
Le site comprend en fait l’espace entier avec son contexte de
localisation. Les individus le perçoivent en effet comme tel, comme par
exemple à l’échelle urbaine. De façon à exprimer leurs points de vue, ils
identifient l’espace ouvert comme un tout spatial ou une entité d’usage en
faisant référence à une fonction urbaine dominante, une propriété
physique (exemple “c’est un espace confiné”), ou une signification
culturelle.
De façon similaire, l’identité de l’espace ouvert pourrait être identifiés par
les individus avec sa localisation, ce qui signifie par exemple que
l’espace ne se distingue pas de son environnement ou même d’une plus
grande région urbaine. Cela dépend comment le site s’intègre dans
l’espace urbain, des conditions géomorphologiques de la plus grande
région, de l’organisation sociale et de la structure avec ses impacts sur la
localité ainsi que des conditions géo-climatiques.

Figure 9.4: Indicateurs de la portée sociale de différents espaces ouverts,


développés à partir de l’analyse des 14 sites à Alimos, Thessalonique, Fribourg,
Milan San Sesto, Cambridge, Sheffield et Kassel.

51
Paramètre du site concernant la fonction globale des espaces ouverts
Identification de l’espace Catégories
entier
1. fonction publique urbaine 1. Rue, 2. Square, 3. Rue piétonne, 4. Parc/Jardin, 5. Zone de loisirs, 6. Place urbaine frontale, 7.
(prescrite à partir de lois et Ilôt urbain, 8. Plantation/Taillis [A]
règlements)
1. Espace (concept général de la forme urbaine), 2. Poumon de la ville (ex. source d’air), 3. Espace
2. Propriétés physiques et
libre (cassure dans l’environnement bâti. ex. pour les tremblements de terre), 4. Espace ouvert (ex.
environnementales
ouverture pour la vue), 5. Point de repère [A]
3. Importance sociale, Caractère socio-économique (ex. place du marché), Reconnaissance architecturale (ex. monument
économique, culturelle et d’architecture datant de la Renaissance), Importance historico-politique (en relation à un événement
politique spécifique)

Identité de la localisation Catégories


4. Contexte urbain Zone bâtie adjacente (ex. 1.bâtiments bordiers, 2.rues perpendiculaires [A]), Environnement
alentours (types et densités d’occupation du sol), Grande région urbaine ou zone métropolitaine
(centre-ville, frange urbaine/faubourgs, banlieues)
5. Contexte 1.Element du paysage (ex. bord de mer), 2.Eléments topographiques (ex. colline) [A]
géomorphologique
6. Contexte institutionnel local 1.Etat avec impact territorial (banlieue, municipalité, ville), 2.Etat avec impact des citoyens
(associations) [A]
7. Contexte géo-climatique Zones climatiques terrestres

9.3 Signification des espaces ouverts pour la communauté

Un espace ouvert est un nœud complexe d’activités sociales,


économiques et culturelles au sein de la communauté locale. Il constitue
en soi une raison visant à son utilisation, ainsi qu’au développement local
de même qu’à l’installation dans les zones environnantes (Fig 9.5).
Les activités socio-culturelles qui peuvent potentiellement se développer
dans un espace ouvert ont un rapport avec sa fonction dans le cadre de
la communauté (“structure sociale minimale de quelque sorte” [5]). Les
usagers révèlent les vues pratiques qu’ils ont de l’espace ouvert. (ex. “il
devrait y avoir des activités prévues pour les enfants”, “un marché devrait
avoir lieu pour Noël”). Ainsi, les services offerts aux citoyens,
l’infrastructure socio-économique du site, constituent une question très
importante pour les usagers. Ils ont des attentes pour plus de confort
social (ex. “meilleure surveillance policière” ou “moins de vidéo-
surveillance”) ou pour des raisons de contrariétés (ex. “sale” ou “trop
propre”).
Activités communautaires et paramètre d’organisation de la
fonction d’ensemble des espaces publics ouverts
Identité de la vie Catégories
locale
8. Activités collectives 1. Culturelle, 2. Scolaire, 3. Sport, 4. Célébration, 5. Commercial,
organisées 6. Politique, 7. Religieux, etc [A]
9. Activités 1. Scène de rue, 2. Cérémonies festives (ex. coutume grecque
spontanées de cerf-volants en papier pour la fête de Koulouma) [A]

Identité des Categories


services
10. Entretien 1. Nettoyage, 2. Préservation des équipements, 3. Préservation
de l’espace naturel [A]
11. Accessibilité 1. Passage public et utilisation par les usagers, 2. Passage
piéton confortable pour les enfants et les personnes
handicapées. [A]
12. Sécurité 1. Surveillance, 2. Contrôle de la circulation [A]

Figure 9.5: Indicateur de l’impact sur le


développement local de différents sites,
développé à partir de l’analyse des 2 sites à
Alimos et Thermi.

52
9.4 Usages réels/actuels au sein des espaces ouverts

Au cours de la vie de tous les jours, différents individus, activités et


fréquences peuvent être observées dans un même espace public urbain.
Les usages réels et actuels d’un espace de ce type sont la résultante des
interactions entre facteurs humains, spatial et social (incluant
économique, politique, culturel, historique et ethnique).
A partir de l’analyse réalisée dans le projet RUROS, il a pu être mis en
évidence que les interactions entre critères humains, spatial et social
déterminent l’utilisation publique contemporaine de l’espace et sont
fortement reliées à la vie quotidienne des individus. Ces corrélations
varient entre individus ou au sein de groupes de population, néanmoins
elles dépendent de la fonction globale de l’espace en question.
Les usages d’un espace ouvert sont générés par les individus à quelque
moment que ce soit. Le résultat n’est pas le même pour un espace bâti
qui est le produit d’une opération politique, économique et sociale
complexe mais concrète, dont la forme dure souvent pour des siècles.
Paramètre humain et fonction globale de l’espace ouvert

Les résultats empiriques ayant trait à la perception des individus ont


montré que l’identité d’un espace ouvert correspond aux activités ou
fonctions individuelles telles que les activités physiques (promenade,
s’assoire, rester debout, faire du sport, jouer, etc, catégories qui sont
apparues le plus souvent dans l’ensemble des données analysées), les
fonctions psycho-physiologiques (non définies ou non identifiées à partir
d’activités précises) ainsi que les activités et fonctions pleinement
sociales et économiques.
Identité orientée sur Catégories
les usagers
13. Activités et fonctions (a) Activités physiques (toutes les variantes possibles entre 1. s’assoire librement, 2. marcher 3. s’assoire et
relatives à la physiologie consommer, 4. rester debout, 5. faire du sport, 6. jouer avec un enfant/personne/animal, 7. jouer à des jeux de
humaine société échecs/boules) [B]
(b) Fonctions psycho-physiologiques (ex. ordonnées selon les catégories analytiques quantifiées trouvées dans
les réponses des 320 individus sélectionnées sur 10 sites à Alimos et un à Thermi: 1. repos, 2. récréation, 3.
relaxation, 4. fuite, 5. liberté, 6. amusement, 7. contact avec la nature, 8. sentiment esthétique, 9. sentiment de
confort etc)] [A]
14. Activités et fonctions 1. Fonctions sociales (rencontrer du monde, communication, participation à des activités collectives), 2. Activités
économiques et sociales socio-économiques relatives aux nécessités de la vie quotidienne (commissions, accompagner des enfants, etc)
[A]

Paramètres intra-site spécifiques de la fonction globale d’un espace


ouvert
Certaines activités à l’intérieur d’un espace ouvert sont déterminées par
sa forme et son équipement. Les résultats empiriques ont montré que les
individus peuvent assimiler un espace ouvert avec sa région alentours
(proposant des usages prescrits) ou même avec son équipement
technique. L’environnement bâti est sujet à de fortes critiques relatives au
confort des usagers et à des conditions spécifiques à chaque espace.
D’un autre côté, l’environnement naturel est lié, tel qu’espéré, à des
attentes de même qu’à la fonction idéale d’une espace ouvert. Le
caractère public d’un espace ouvert implique également des usages non-
spécifiés, non contraints par les conditions de l’espace. Les conflits entre
usages spécifiques et/ou non spécifiques (ex. "rendre le passage des
piétons difficile du fait de la présence des voitures", "utilisation de
l’espace public à titre de jardin privatif", "violation par une compagnie
privée") font souvent surface au cours de la vie courante du dit espace,
tout autant qu’au cours de son évolution urbaine. Il est important
d’observer de tels usages de manière à considérer les conséquences du
développement d’un espace public urbain.

53
Identité de l’environnement bâti Catégories
15. Sous régions prescrivant des 1. Endroit pour s’asseoir et consommer boisson/nourriture, 2. Place de jeux pour les enfants (terrain
usages spécifiques (différentes places de jeux), espace pour d’autres types de jeux, 3. Lieu de circulation (voitures/motos, transports
et chemins) publics), 4. Zone d’activités commerciales, 5. Espace piéton, 6. Endroit pour s’asseoir librement, 7.
Place de stationnement, 8. Espace pour faire du sport, 9. Place entourant un bâtiment, 10. Piste
cyclable, 11. Transport public/station des taxi, 12. Autres comme: Chantier ou construction, Chemin
pour personnes handicapées, Espace pour s’étendre/se reposer librement, Endroit pour attendre,
Espace pour les chiens, Passage souterrain [A]
16. Equipement technique prescrivant 1. Equipement au sol, 2. Couleur du revêtement au sol, 3. Bancs, 4. Balançoires, 5. Eclairage de
des usages spécifiques (équipements rue, 6. Couleur des bâtiments, 7. Feux de signalisation routière, 8. Poubelles, 9. Fontaines/eau
et matériaux variés) potable, 10. Clôture, 11. Cabine téléphonique, 12. Panneau d’affichage, 13. Vidéo-surveillance, 14.
Toilettes, etc. (Fortement dépendant du type d’espace) [A]

Identité de l’environnement Catégories


naturel
17. Végétation urbaine 1. Espace vert, 2. Espèces (arbres, fleurs, herbe) [A]
18. Atmosphère 1. Air (qualité de l’air ex. a. air propre, b. oxygène, c. iode marin), 2. Lumière du jour, 3. Température
(température de l’air), 4. Bruit, 5. Soleil (radiation solaire), 6. Vent (vitesse du vent), 7. Humidité [A]
19. Caractère du biotope 1. Caractéristiques géologiques (ex. a. type de sol, b. eau), 2. Flore relative au biotope local, 3.
Faune sauvage (ex. a. oiseaux, b. autres animaux) [A]

Identité des usages non-prescrits Catégories


20. Affectant/réduisant les conditions spatiales existantes 1. Subdivisions spatiales, 2. Entretien de l’équipement [A]
21. Affectant/réduisant les usages prescrits existants 1. Accessibilité de certains groupes spécifiques d’usagers, 2. Accessibilité du
public [A]

9.5 Catégories d’usagers des espaces ouverts


Users by Occupation
Les usagers d’un espace public urbain, plus précisément les visiteurs
100% occasionnels et les plus ou moins réguliers usagers ou acteurs, de même
90%
80% que les visiteurs et les usagers potentiels, sont dans un sens large, le
70%
60% public de l’espace public urbain. La proportion respective de chacun des
50%
40% groupes d’usagers indique le profil social de chacun des espaces.
30%
20%
10%
0% Paramètre de profil social de la fonction globale des espaces
AllSaints
Karaiskaki

Florentiner

Silver Street
Sea-shore

Passage
Bahnhofsplatz

ouverts
Platz

Les individus perçoivent différentes caractéristiques des usagers qui


utilisent l’espace régulièrement ou occasionnellement, soit en visitant
ALIMOS KASSEL CAMBRIDGE l’espace ou en vivant ou travaillant à proximité. Les ajustements urbains
et l’adaptation sont liés aux besoins des personnes de même qu’aux
pupils / students attentes sociales en interrelation avec les identités propres de chacun
non working categories des espaces. L’identité de l’espace public est liée aux différentes
working persons catégories d’usagers tel qu’il a pu être montré à partir des résultats
empiriques. L’âge constitue un facteur très important dans la
Figure 9.6: Indicateur de l’identité du profil
social pour différents sites, développé à partir classification des usagers de même que le caractère du grand ou large
de l’analyse de 6 sites à, Alimos, Kassel et public sans distinctions, suivi des différentes relations interpersonnelles,
Cambridge. des relations familiales ainsi que la désignation de toutes les catégories
d’usagers pour chacun des sites.

Identité d’orientation vers le Catégories


public
22. Relations urbaines non 1. Public général, 2. Groupes spécifiques d’usagers (conducteurs automobiles, étrangers,
personnalisées habitants locaux, immigrants, musiciens, politiciens, chiens errants, personnes suspectes,
touristes, etc.), 3. Groupes professionnels spécifiques (gardiens, jardiniers, etc) [A]
23. Relations urbaines personnalisées 1. Groupes familiaux (ex. parents avec enfants, grand-parents avec petits enfants) 2. Autres
groupes de relations personnelles (a. amis, b. gardiennes d’enfants, c. personnes avec des chiens,
etc) [A]

54
Identité de fréquence Catégories
24. Raisons de l’usage actuel 1. Accompagnant un enfant pour jouer, 2. Se rencontrant, 3. De passage à travers, 4. Se promenant,
5. Consommant boisson ou/et nourriture, 6. Se relaxant, 7. Pour des rasions de circulation-transport, 8. Loisirs,
9. Faisant les magasins, 10. Pause en cours de travail, 11. Pour l’environnement naturel du site, 12. Emploi,
(Usagers classés 13. Raisons liées à l’architecture, l’histoire, l’urbanité du site, 14. Sports, 15. Pour tuer le temps, 16. Pour les
individuellement ou selon des avantages spatiaux du site, 17. Evénement culturel, 18. Affaires personnelles, 19. Distraction, 20. Pour les
actions combinées relatives services offerts par le site, 21. Culture et éducation, 22. Pour accompagner quelqu’un, 23. Sociabilité,
aux points présentés dans les 24. Participation à un rassemblement de masse, etc. [B]
tableaux)
Indicateurs relatifs:
Exemple 1 provenant d’un échantillon de 6500 usagers sur 12 sites en Europe interviewés pendant deux
semaines durant des différentes saisons de l’année 2002 en ayant groupé les catégories tel que suit:
1. pour le loisir (31,06 %), 2. pour des raisons personnelles (21,63%), 3. pour consommer (12,93%), 4. pour le
traverser (12,45 %), 5. pour les avantages du site (10,49 %), 6. pour le travail (5,31 %), 7. pour une pause
(5,08 %), 8. pour des raisons culturelles et d’éducation (1,05 %), 9. pour participer à un rassemblement de
masses (0,01%) [B]
Exemple 2 voir la Figure 9.5 (échantillon de 1900 personnes interviewées sur deux sites à Fribourg) [B]
25. lieu ou activité précédent 1. A la maison, 2. En commissions, 3. Au travail, 4. Dans un endroit relatif à l’éducation (ex. école, université,
la visite du site autre cours), 5. A une activité sociales (ex. mariage), 6. A un rendez vous d’affaire personnel (ex. docteur),
7. Sur leur chemin (ex. bus), 8. A une activité artistique /cultuelle (ex. concert), autre [B]
26. Instant de la visite Durant la journée (matin, midi, après midi, soirée, nuit), Selon le jour de la semaine (jour de semaine,
vacances), selon la saison (été, automne, hiver, printemps).
27. Fréquence de l’usage 1. Usagers fréquent (1. quotidien, 2. hebdomadaire, 3. mensuel [B]), 2. Usager occasionnel (1. annuellement,
2. parfois, 3. première fois [B]), 3. Usager potentiel (non utilisateur pour l’instant)

Identité des Catégories


caratéristiques d’origine
sociale
28. Age 1. Enfants, 2. Petits enfants, 3. Personnes âgées, 4. Jeunes personnes, 5. Bébés, 6. Adultes, 7. Adolescents
[A]
29. Résidence 1. Résidents locaux, 2. Résidents non-locaux [B]
30. Occupation principale 1. Personnes salariées, 2. Ecoliers/Etudiants, 3. Retraités, 4. Personnes ne travaillant pas [B]
31. Origine Groupes géographiques regroupés selon des critères socioculturels spécifiques à la société locale (ex.
pays/villes/villages d’origine des touristes, des immigrants)
32. Ménage Personne célibataire, Cohabitation sans enfant, Famille avec enfants, Famille élargie
33. Genre Homme, Femme
34. Niveau d’éducation Primaire, Secondaire, Niveaux supérieurs

9.6 Critères de description et d’évaluation

Développer un espace afin d’atteindre des conditions confortables peut Users by Reason of Actual Use
entraîner une modification de ses conditions physiques. Dans le cadre de
cette procédure de transformation, les performances de chaque 100%
90%
conception pour un espace existant ou un nouvel espace doivent être 80%
70%
étudiées à un niveau collectif. Il doit être évalué dans le temps, en reliant 60%
50%
les objectifs sociaux aux niveaux de confort physique individuels actuels. 40%
30%
Les aspects critiques relatifs au développement des usages d’un espace 20%
10%
– sur le site ou à un niveau intra-site – ou au niveau de groupes 0%

d’usagers doivent être mis en évidence, de manière à prendre en Place de la Gare Jardin de Perolles
considération la fonction globale d’un espace ouvert. Cependant des
Community organization related
conflits peuvent exister à un stade présent de la conception et peuvent
Intra-site prescriptions related
aussi émerger dans le futur. Site related
Human related
L’information concernant un espace ouvert organisée selon des identités Figure 9.7: Indicateur de l’identité de
n’est valable que pour une situation donnée dans le temps. C’est fréquentation de différents sites dans la même
pourquoi il est important de comparer différentes situations en différents région urbaine, développé à partir de l’analyse
de deux sites à Fribourg.
endroits, en conditions réelles ou virtuelles, de façon à évaluer les
changements désirables ou indésirables. Les facteurs qui décrivent et
évaluent une transformation d’un espace ouvert sont: les différentes
catégories en terme de critère de variété, combien et quelles catégories
sont les plus fréquentes en terme de critère de dominance, et quelles
catégories n’ont pas été observées du tout en tant que critère d’absence.
Cette méthode pourrait être appliquée pour différentes conditions et
périodes de temps durant la journée (Fig 9.8).

55
9.7 Références
Means to describe and to evaluate all
issues of all aspects of an open space [1] Anderson, S. (ed.) (1986), On Streets, The MIT Press, Cambridge Massachusetts.
[2] Basham, R. (1978), Urban Anthropology: Cross-Cultural Study of Complex Societies,
Mayfield Publishing Company, California.
variety dominance absence
[3] Gourdon, J.-L. (2003), ‘’Paris - «La rue on partage», il dépend comment’’, in Revue
Urbanisme, No 329, Paris.
of categories of some [4] Moudon, AV. (ed.) (1991), Public Streets for Public Use, Columbia University Press
appearing of appearance of categories Morningside Edition, New York.
within a a category within a [5] Southall, A. (ed.) (1974), Urban Anthropology: Cross-Cultural Studies of Urbanization,
variable variable Oxford University Press, London.

Figure 9.8: Moyens de décrire et évaluer tous


les enjeux et aspects d’un espace ouvert.
Variété des catégories apparaissant dans une
variable.
Dominance dans l’apparition d’une catégorie
Absence de certaines catégories dans une
variable

56
10 EVALUATION DES OUTILS

10.1 Introduction

Ce chapitre propose une évaluation des différents outils et méthodologies


présentés dans les chapitres précédents, à l’occasion du principal projet
de conception portant sur la rue Karaoli et Dimitriou (décrite dans la
section 8) à Thermi. L’environnement physique est identifié et analysé du
point de vue de ses performances environnementales de même que les
paramètres sociaux et les caractéristiques des différents groupes de
population présents dans ce quartier.

10.2 Application pilote de Thermi

10.2.1 Confort thermique


De manière à examiner les conditions de confort thermique de la région,
le modèle permettant la prévision de l’ASV de Thessalonique (Section
1.4.1) est employé avec les données climatiques suivantes :
ASV=0.036Tair_met+0.0013Sol_met–0.038V_met+0.011RH_met –2.197
Les données de la température maximum moyenne, ainsi que
l’ensoleillement important, le manque de vent (ex. vent calme) et
l’humidité relative assez forte causée par la proximité avec la mer sont
inclus dans l’équation. Ainsi :
ASV =0.036 x 33 + 0.0013 x 1000 –0.038 x 0.5 + 0.011x 70 –2.197= 1.04
Le pourcentage de la population se disant confortable en été est de 65%
sur la Figure 1.7. De ce fait, un ombrage est nécessaire. Elle sera
produite grâce aux pergolas:
ASV =0.036 x(33-1) + 0.0013 x (1000x0.2) – 0.038 x 0.5 + 0.011 x 70 –
2.197 = –0.03.
La Figure 1.7 montre que 90% des individus se sentiraient confortables
dans de telles conditions avec seulement 10 % se trouvant dans la zone
d’inconfort. Un tel cas de figure se retrouve dans les espaces intérieurs
où l’atmosphère est bien contrôlée. De la même façon, différentes
saisons et différents problèmes peuvent être évalués.
Ensuite, afin de maximiser l’utilisation de l’espace, la conception doit
prévoir des solutions pour tenir compte des fluctuations tant de l’hiver
que de l’été de manière à augmenter les possibilités de choix des
usagers. Pour cela, il est suggéré que certains sièges soient installés
sous la galerie afin d’accroître leur usage durant les différentes saisons,
permettant le repos en hiver mais aussi en été à la recherche de l’ombre.

10.2.2 Environnement du vent


La direction dominante du vent est du Nord-Ouest tous les mois de
l’année excepté le mois d’août où il provient du Sud. La vitesse moyenne
annuelle est de 5.5m.s-1, avec quelques petites fluctuations durant
l’année, tel que mesuré à l’aéroport le plus proche. La zone en
construction est un espace linéaire divisé selon 4 sections (A-D) chacune
de 70 à 100 mètres de long et placées sur un axe approximativement
Est-Ouest.
Les vitesses du vent mesurées à l’aéroport peuvent être rapportées à
des vitesses du vent approximatives au-dessus du site étudié en utilisant
le Tableau 2.2. Il est présumé que l’aéroport est situé dans un espace
ouvert. Il est également présumé que la hauteur du quartier est de 20
mètres (hauteur au-dessus de laquelle la vitesse du vent ne sera plus
affectée par les constructions).
Figure 10.1: Vue en plan et image du
modèle physique du projet de conception.
57
Ainsi S = VH / V10 = 0.73 et la moyenne de la vitesse du vent au-dessus
de la zone urbaine peut être calculée. La vitesse moyenne annuelle est
de 4.0m.s-1 (Hiver = 4.1m.s-1; Printemps = 3.9m.s-1; Eté = 4.5m.s-1;
Automne = 3.7m.s-1). Ce n’est pas une vitesse de vent critique si l’on se
fie au critère des 5m.s-1 du Tableau 2.1.
Au niveau des piétons, la vitesse et la direction du vent vont être
affectées par l’allure du quartier. Les observations suivantes peuvent être
faites à partir des plans.
L’espace est linéaire, d’une longueur totale d’environ 200 m. Il y a ainsi
un danger (si la longueur dépasse les 100-125 mètres) de création d’un
canal de vent par la présence des façades des bâtiments et du couvert
au centre de la rue, qui pourrait augmenter de la vitesse du vent.
Cependant, la conception comporte un certain nombre d’éléments qui ont
pour but de limiter ce risque:
• La direction dominante du vent coupe l’axe principal de la rue.
• La présence des arbres va réduire le risque de canalisation en
agissant comme coupe-vent. Cet effet sera d’autant plus accentué si
ces arbres sont placés à des distances variables des façades des
immeubles puisque, à l’inverse, des arbres alignés en colonne
peuvent avoir aussi pour effet de canaliser le vent plus
particulièrement lorsque la direction du vent est parallèle à l’axe
majeur de la rue (Ouest ou Est).
• Les arbres supplémentaires plantés autour des quatre places
couvertes (une à chaque intersection) sont pour la même raison une
très bonne idée. En général, plus on place d’arbres dans un espace
vert, mieux c’est. Suffisamment d’arbres dans un espace vert vont
agir comme une barrière pour le vent en sectionnant la rue en plus
petits tronçons où le vent ne pourra pas être accéléré.
• Les façades des immeubles ne sont pas placées en ligne droite le
long de la rue. Il y a plusieurs créneaux et resserrements qui offrent
Reference street h/d = 0.36
de la résistance au vent.
Morning Albedo = Sun Sun
Albedo = 0.8
AirT 26°C 0.2 protection protection
10.2.3 Evaluation des conditions radiantes
A, B, C(sun) 24.5/35 15/23 20/31.5 14.5/18.5

Midday Albedo = Sun Sun


Albedo = 0.8
AirT 33.5°C 0.2 protection protection

A A,C (sun) 43.5 35 32/35 18.5/26

B (shade) 25 --------- 22 ---------


C
Afternoon Albedo = Sun Sun
B AirT 37°C 0.2 protection
Albedo = 0.8
protection

A,C (sun) 42/52 30/42 39/43.5 27/31.5


H/D = 0.43 Æ rue de référence = 0.36 EO
ouH/D = 0.75 Ærue de référence = 0.69 EO B (shade) 28 --------- 26.5 ---------

Figure 10.2: Vue en plan de la proposition de conception avec les différents endroits où Reference street h/d = 0.69
l’environnement radiant a été évalué (A, B et C, voir également les tableaux de droite).
Morning Albedo = Sun Sun
Albedo = 0.8
AirT 26°C 0.2 protection protection
Karaoli-Dimitriou est une rue orientée selon la direction Est-Ouest. Les A, B, C(sun)
25.5/36.
17/24 24/32 16/19
5
façades environnantes présentent différentes hauteurs. Pour cette raison
deux rapports doivent être considérés comme rue de référence, h/w = Midday Albedo = Sun Sun
Albedo = 0.8
AirT 33.5°C 0.2 protection protection
0.69 ainsi que h/w = 0.36.
A, C (sun) 43.5 35 32/36 24.5/27

A partir des analyses de la Section 3, de bonne heure le matin, les B (shade) 25.5 --------- 23 ---------
emplacements ensoleillés avec des albédos des matériaux de
Afternoon Albedo = Sun Sun
revêtement allant de 0.2 à 0.8 sont confortables même sans installations AirT 37°C 0.2 protection
Albedo = 0.8
protection
offrant de l’ombre. La zone B est au soleil de temps en temps. IL serait A,C (sun) 42/53 39/43 40/44 25.5/32
utile de pouvoir l’ombrager avec des installations adaptables et
B (shade) 31 --------- 29.5 ---------
temporaires, si les activités de repos doivent être localisées à cet endroit.

58
Mrt 20°C (sans ombrage) Æ PET Mrt 30°C (sans ombrage) Æ PET
= 22°C = 26.3°C
Mrt 25°C (sans ombrage) Æ PET Mrt 35°C (sans ombrage) Æ PET
= 24°C = 28.7°C
A midi, la zone B se trouve en conditions de confort. Cependant, les
zones A et C sont beaucoup plus critiques. Il est ici absolument
a. nécessaire de combiner des installations favorisant l’ombre ainsi que des
matériaux de revêtement clairs de manière à obtenir des conditions de
confort acceptables.
Mrt 20°C (à l’ombre) Æ PET = Mrt 35°C (sans ombrage) Æ PET
27.1°C = 34°C
Mrt 25°C (à l’ombre) Æ PET = Mrt 40 (sans ombrage) Æ PET =
29.3°C 36.5°C
Mrt 30°C (sans ombrage) Æ PET
= 31.6°C
b.
Durant l’après midi, la situation est similaire. Toutefois plus l’exposition
au soleil est longue, plus les valeurs de MRT sont grandes et ainsi des
installations favorisant le refroidissement deviennent nécessaires
(utilisation d’eau, surfaces évaporantes, etc).

Mrt 25°C (à l’ombre) Æ PET = Mrt 35°C (sans ombrage) Æ


32.5°C PET = 37°C
Mrt 30°C (à l’ombre) Æ PET = Mrt>40°C(sans ombrage)Æ PET
c. 34.7°C > 39.4°C
Suggestions en terme d’activités: le matin, il est possible de rester sur
place (par exemple pour s’asseoir) ou avoir des activités dynamiques
(traverser, jouer pour les enfants) dans toute la rue mais en gardant à
l’esprit le besoin de protéger l’extrémité Sud du site par des installations
mobiles. A midi et l’après midi, il est préférable d’y avoir des activités de
plus courtes durées (et préférentiellement à faible dépense métabolique).
Durant l’après midi, la zone ombragée au Sud est adaptée pour des
activités tranquilles. Les deux autres zones sont à la limite du confort
même en mettant en œuvre des stratégies limitant la MRT. Il est donc
suggéré d’y ajouter les activités à faible dépense métabolique.

10.2.4 Analyse morphologique


L’environnement du site présente un bon mélange de tous les profils
souhaitables ainsi qu’une grande part de lumière du ciel et de zones
d. ensoleillées (Fig. 10.3). Le plus grand pourcentage est de 24%
ciel/soleil/calme (jaune), situation la plus favorable en hiver mais pas en
été. Le profil couvert/ombre/calme (noir) est de 16%. Il existe également
un autre profil soleil/couvert/calme (vert) à 9% qui correspond au pire cas
durant l’été grec et qui nécessite absolument un ombrage. Dans
l’ensemble, le site présente un bon mélange de ces différentes
conditions. Le site lui-même est une zone appréciée avec le plus haut
pourcentage ciel/soleil de 32% idéal en hiver mais nécessitant de l’ombre
en été. La bonne utilisation des installations procurant de l’ombre est une
solution de conception appropriée dans la mesure où elle permet le
passage du soleil en hiver. Plus encore, l’optimisation du flux d’air dans
les zones régulièrement les plus chaudes est un aspect important à
considérer en pensant à la surchauffe estivale.

10.2.5 Environnement visuel


e.
Figure 10.3: (De haut en bas) (a) Modèle d’élévation
Le couvert placé au-dessus de la rue relève du défi en limitant la vue
numérique (DEM) du site montrant les bâtiments les libre vers le ciel depuis la partie centrale de la rue, faisant ainsi en sorte
plus hauts colorés en gris le plus foncé (hauteur que les façades alentours apparaissent plus claires. L’asphalte proposé
maximum 12m) (b) A gauche: carte du facteur de vue ayant un plus grand pouvoir de réflexion que les trottoirs environnants,
du ciel (SVF), les gris les plus clairs correspondent à
de plus élevés SVF ; à droite: carte d’ombrage solaire,
une sélection judicieuse des couleurs du sol est nécessaire de manière à
les teintes les plus sombres correspondent aux éviter l’effet d’un entourage "clair" vu d’un centre protégé plus "sombre",
régions où l’ombre est prédominante. (c) Carte
d’obstruction du vent, les zones les plus foncées
correspondent aux plus fortes vitesses du vent. (d) 59
Carte de diversité pour Thermi (e) Profil
environnemental du site.
ce qui pourrait créer une source d’éblouissement. La végétation prévue
autour des bancs et places de repos est appropriée afin de réduire cet
effet: lorsque les plantes sont suffisamment denses, elles permettent de
masquer certaines parties des façades se trouvant à la hauteur des yeux.
Les lames constituant le couvert sont orientées de manière à bloquer le
soleil durant l’été mais à le laisser passer pendant l’hiver. Dans cette
dernière situation, le motif répétitif de zones d’ombre et de soleil qui va
apparaître sur le sol, risque de devenir visuellement inconfortable. La
taille de ces lames doit être déterminée avec prudence de même que
l’espace proposé entre-elles de façon à atténuer ce motif contrasté (étant
donné que le soleil n’est pas une source ponctuelle mais occupe un
minuscule angle solide dans le ciel, des lames de petites tailles
pourraient transformer l’ombre et le soleil en une pénombre relativement
homogène).
Comme il est montré sur la Figure 10.4, l’effet d’ombrage procuré par la
galerie remplit parfaitement les besoins de présence simultanée de soleil
et de zones ombragées au niveau de la rue dans des proportions variant
entre 20% et 80% (Section 6.4).

10.2.6 Environnement acoustique


La considération du paysage sonore et du confort acoustique se base sur
la description du système expliqué à la Section 7.2. La principale source
de bruit est la circulation à une des extrémités de la rue. En se basant sur
le calcul utilisant le modèle de radiosité (Section 7.4.2), le niveau de bruit
atteint par la circulation sera de moins de 50-60 dBA à une distance de
50m. Cela signifie que la majorité de l’espace ne se trouve pas
significativement affectée par le bruit issu de la circulation, selon la
relation entre le confort acoustique et le niveau de bruit (Section 7.3.1). Il Figure 10.4: Application de la méthode
d’analyse par projection
est à noter que les façades sont plutôt du type à diffuser les sons ce qui multistéréographique (telle que décrite
est apprécié dans un contexte où l’on souhaite atténuer le bruit ainsi que dans le chapitre 6.4) au projet pilote de
diminuer la réverbération (Sections 7.4.4 et 7.4.5). Le mobilier urbain Thermi:
ainsi que les arbres aident également à diffuser le bruit. Haut: rue sans galeries (situation
actuelle): la pénétration du rayonnement
Cependant, il serait utile d’avoir une paroi anti-bruit à l’extrémité de la rue solaire direct semble trop importante
de manière à étendre la zone de confort acoustique. Une paroi en béton durant plusieurs mois de l’année (la
a été conçue, recouverte de végétation de manière à absorber un peu course du soleil recoupe la zone en
plus ainsi qu’un film d’eau courante, masquant les sons non plaisants jaune)
(Section 7.3.2 et 7.4.6). Toutefois, au stade final, du fait de coupures Bas: rue avec la galerie telle que
budgétaires et de raisons fonctionnelles, la paroi a été écartée du projet. proposée. La lumière du soleil et les
zones d’ombre occupent l’espace dans
de bonnes proportions tout au long de
10.2.7 Paramètres sociaux impliqués dans l’utilisation de l’espace
Les enquêtes sur le terrain menées auprès des résidents et des
professionnels du quartier ont révélé un certain nombre de points
importants. Concernant la signification de l’espace urbain, le site a été
identifié comme étant le centre local de Thermi pour 54% des
interviewés. Pour 61% de la population, la circulation des personnes, des
voitures et des bus est un aspect important du quartier. L’anonymat et les
relations interpersonnelles des conditions sociales urbaines ont interféré
avec la vie rurale locale de la communauté locale.
Les étrangers/immigrants constituent un groupe d’usagers important,
mentionné dans 34% des cas. Les activités principales relevant du
secteur tertiaire et des évènements culturels, dans cette zone très dense,
ont été citées dans 90% des interviews, tant au niveau local qu’extra
local. Un petit nombre (7%) a également parlé de groupes tels que des
musiciens, danseurs ou politiciens, relativement à des évènements
culturels ou politiques ayant lieu sur le site.
Les conditions à l’intérieur du site sont liées à un nombre important
d’usages selon les personnes interviewées. 56% des personnes
questionnées notent un besoin en places de stationnement. Cette rue
étant une rue commerciale centrale et étant connectée à d’importants 60
mouvements et une circulation abondante, elle nécessite une forme
adaptée pour favoriser le passage.
Dans 49 % des cas, les personnes questionnées font part d’un besoin en
végétation. Un meilleur éclairage semble aussi être un besoin. Dans 49%
et 37% des cas, les gens souhaitent respectivement des éclairages de
rue ainsi que des bancs. Des endroits pour s’asseoir et consommer une
boisson ou de la nourriture sont souhaité30
s dans 27% des cas. Enfin, 32% de la population souhaite une place de
jeu alors que le besoin en trottoirs plus larges est mentionné par 12% de
la population.
Concernant les relations urbaines personnalisées et l’échelle de la
communauté locale, tel que rencontrer un ami, elles offrent de
nombreuses occasions d’utiliser l’espace par des usagers de différentes
classes d’âge. Cette catégorie non familiale de relations personnelles est
caractéristique de "l’identité publique" du site dans la situation actuelle.
Les fonctions psychophysiologiques de récréation, repos et amusement
sont des caractéristiques significatives pour le site de même que pour les
autres espaces ouverts du tissu urbain. Se promener, se retrouver et
faire les magasins sont les principales activités des individus dans cet
espace, proposant ainsi des raisons significatives pour l’utilisation du site
relatives au centre commercial dans le contexte d’une petite localité. La
surveillance de même que l’entretien du site sont aussi des aspects
importants dans le contexte de la communauté.
En résumé, cet espace est visité par des usagers pour les boutiques,
pour les lieux où consommer boissons et nourriture est possible, pour
l’espace extérieur et pour les jeux d’enfants. La mise en zone piétonne
de la rue est significative pour de telles activités, non interrompues par la
circulation automobile. Ainsi, concevoir pour améliorer l’environnement
physique, comme décrit dans ce chapitre en offrant des conditions de
confort thermique, visuel et acoustique, va renforcer les activités et
permettre de plus fortes interactions sociales entre les usagers.

61
GLOSSAIRE

Vote de sensation effective (Actual Sensation Vote ASV) Sensation thermique des personnes évaluée sur une échelle
comprenant 5 points (très froid, froid, ni chaud ni froid, chaud, très chaud) définie par le projet RUROS. Dans les calculs des
modèles présentés au chapitre 1, le vote dépend principalement de la température de l’air et de la vitesse du vent car l’effet
du rayonnement solaire est masqué par celui de la température de l’air à cause de la forte corrélation entre ces paramètres.
Adaptation Décroissance graduelle de la réponse de l’organisme à une exposition répétée à un stimulus, y compris toutes les
actions qui le rendent plus apte à survivre dans un tel environnement.
Albedo Fraction du rayonnement solaire incident réfléchie par une surface.
Effet de canal (Channel Effect) Accélération du vent entre des structures urbaines linéaires avec création d’un environnement
venteux désagréable.
Logiciel de simulation en dynamique des fluides (Computational Fluid Dynamics CFD) Logiciel permettant de simuler
l’écoulement de l’air en détail. Dans le présent contexte, ce type de logiciel est utilisé comme une soufflerie virtuelle.
Eclairement cylindrique (Cylindrical illuminance) Pour relier les sensations des individus
aux caractéristiques physiques du champ lumineux, un paramètre représentatif doit être
mesuré. La première idée qui vient à l’esprit consiste à mesurer l’éclairement horizontal (en
[lx]) avec un luxmètre disposant d’une gamme de mesure suffisamment large (le niveau
d’éclairement extérieur peut facilement dépasser 100'000 lx en plein soleil). Cependant,
l’éclairement lumineux est une mesure de la quantité de lumière incidente sur le site mais
pas sur les yeux des usagers qui sont essentiellement des capteurs verticaux. Comme
montré sur la figure 1 (bas) un luxmètre horizontal ne prend pas en compte la lumière
réfléchie par le sol qui pourtant atteint les yeux des personnes. En outre, bien que les
façades verticales occupent une large partie du champ visuel des usagers, l’éclairement
horizontal sous-évalue fortement la lumière provenant des façades proches de l’horizon.
Le niveau d’éclairement cylindrique (soit la quantité de lumière qui atteint un petit cylindre
vertical) est un meilleur paramètre mesurable à l’aide d’un capteur spécifique.
L’éclairement cylindrique prend en compte la lumière provenant de toutes les directions.
Ainsi, pour un lieu défini, cette mesure caractérise toutes les directions possibles du
regard. La figure 1 (haut) montre une portion d’un espace tel que vu par le capteur En dessous de l’horizon :
d’éclairement cylindrique. On voit clairement la similitude avec une vue en perspective partie non mesurée du champ visuel
traditionnelle.
L’éclairement cylindrique en un lieu défini peut être calculé en utilisant cette approche Figure 1: Un espace ouvert situé
simplifiée: entre deux bâtiments tel que vu par
un capteur d’éclairement cylindrique
Ecyl = π 2 ⋅ ( f sky ⋅ Lsky + fbuildings ⋅ Lbuildings + (1 − f sky − f buildings ) ⋅ Lground ) , où: (haut) et par un luxmètre horizontal
(bas). On remarque sur l’image du
Lsky, Lbuildings et Lground sont les luminances moyennes du ciel, des bâtiments et du sol bas le grand tassement géométrique
autour de l’horizon: le rez du
respectivement.
bâtiment disparaît presque
fsky and fbuildings sont des “facteurs de forme” qui donnent les proportions du ciel et des complètement.
bâtiments “perçues” depuis le lieu considéré. Ces deux facteurs sont compris entre 0 et 1.
De plus fsky+ fbuildings<1
Ecoulement descendant (Down Wash) Ecoulement vertical du vent vers le bas, le long d’une façade. Généralement produit
par un vent horizontal dévié vers le bas par la façade d’un bâtiment.
Modèle d’élévation numérique (Digital Elevation Model DEM) Matrice de valeurs d’élévation régulièrement espacées qui
contient des informations 3D en un format 2D digital. Le modèle est représenté sous forme d’une image à 256 niveaux de
gris. Le ton de gris est proportionnel à la hauteur des bâtiments.
Diversité environnementale (Environmental Diversity) Degré de variété existant sur un site par la combinaison et
l’interaction des paramètres morphologiques et micro climatiques.
Niveau de pression acoustique équivalent (Equivalent Sound Pressure Level) Dix fois le logarithme en base dix du rapport
entre la moyenne temporelle quadratique de la pression acoustique instantanée, durant un intervalle de temps défini et le
carré de la pression acoustique de référence (ANSI 1994).
Carte d’occupation du sol (Figure Ground Map) Image binaire (noir et blanc) où la ‘figure’ correspondant aux zones
construites, est indiquée en noir sur un fond blanc qui correspond aux espaces ouverts.
Vent géostrophique (Geostrophic Wind) Ecoulement du vent à une hauteur élevée libre de l'influence de la surface de la
terre est appelé vent géostrophique. La vitesse et la direction du vent géostrophique sont uniquement déterminées par les
différences de pression dans l’atmosphère et par la rotation de la Terre. Le vent situé sous le vent géostrophique est donc
influencé par la topographie de la surface de la Terre.
Hauteur géostrophique (Geostrophic Height) Plus petite hauteur au-dessus de la surface du sol et au-delà de laquelle se
manifeste le vent géostrophique. Sur un terrain plat, cette hauteur se situe au-delà d’environ 275 à 500m selon la rugosité de
la surface du sol. A noter que la hauteur géostrophique peut être encore plus grande dans les régions montagneuses.
Eblouissement (Glare) Inconfort ou affaiblissement de la vision que l’on expérimente lorsque des parties du champ visuel sont
excessivement claires comparativement à l’entourage.
Eclairement (Illuminance) Flux lumineux incident par unité de surface, mesuré en [lx] (Lux ou Lumens par mètre carré).
L10, T Niveau de bruit dépassé durant 10% de la période de mesure spécifiée (T). Il donne une indication sur la limite
supérieure d’un bruit qui fluctue.

62
L50, T Niveau de bruit dépassé durant 50% de la période de mesure spécifiée (T). Il donne une indication sur la moyenne
d’un bruit qui fluctue.
L90, T Niveau de bruit dépassé durant 90% de la période de mesure spécifiée (T). Il donne une indication sur la limite
inférieure d’un bruit qui fluctue.
Luminance Mesure physique du stimulus lumineux qui produit la sensation de clarté, mesurée en [cd.m-2].
Vote de sensation lumineuse (Luminous Sensation Vote LSV) Echelle arbitraire à 5 niveaux (très sombre, sombre, ni
sombre ni clair – neutre, clair, très clair) qui permet aux personnes d’évaluer leur sensation concernant la clarté à l’extérieur.
Cette échelle a été définie par le projet RUROS.
Température radiante moyenne (Mean Radiant Temperature MRT) Température uniforme d’une surface enveloppante qui
procure un rayonnement de corps noir (coefficient d’émissivité ε = 1) donnant lieu, pour le corps humain, aux mêmes apports
radiatifs que les flux radiatifs, souvent très variables, qui prévalent dans les conditions d’un espace ouvert. En d’autres mots,
la MRT est une valeur moyenne des températures des surfaces, solides ou fictives (comme la voûte du ciel), pondérées par
des facteurs de forme.
Effet de maille (Mesh Effect) Fait que les dimensions d’un espace urbain ou d’une région urbaine peuvent être conçues de
manière à ce que le vent s’écoule principalement au-dessus de l’espace/la région, et non au travers de l’espace en créant des
conditions inconfortables dans les zones piétonnières.
Paramètres morphologiques (Morphological Parameters) Aspects ou propriétés de l’environnement urbain qui résultent de
la morphologie urbaine. Cette dernière est composée par la forme tridimensionnelle d’un groupe de bâtiments ainsi que les
espaces qu’ils créent.
Projection multi-stéréographique (Multistereographic Projection) Type de projection stéréographique obtenue après
superposition d’une série de projections stéréographiques calculées sur plusieurs points régulièrement répartis sur la totalité
de la surface d’intérêt. La vue résultante apparaît sous forme d’une projection stéréographique défocalisée, comme si
plusieurs photographies fish-eye avaient été superposées les unes sur les autres. Ce type de projection permet d’évaluer la
pénétration solaire (ou les effets d’ombrages) sur l’intégralité de la surface d’un espace ouvert.
Température de neutralité (Neutral Temperature) Température qui correspond à la neutralité thermique pour laquelle les
gens ne ressentent ni le chaud ni le froid.
Température physiologique équivalente (Physiological Equivalent Temperature PET) Température de l’air à laquelle, dans
un environnement intérieur typique (sans vent ni radiation solaire), le bilan thermique du corps humain s’établit avec les
mêmes températures interne et de peau que celles qui prévalent dans les conditions extérieures complexes que l’on évalue.
De cette façon, cette température permet à toute personne novice de comparer les effets résultants de conditions thermiques
complexes avec sa propre expérience du climat intérieur.
Porosité (Porosity) Estimation simplifiée de l’effet d’obstruction au vent d’une géométrie urbaine. Aussi définie comme "graphe
de variance" ou "rose de perméabilité". Elle donne une indication sur la rugosité d’un morceau particulier du tissu urbain et est
employée pour étudier plus en détail les cheminements du vent à travers l’environnement urbain.
Vote prévisible moyen (Predicted Mean Vote PMV) Indice de sensation thermique, basé sur le bilan thermique du corps
humain. Cet indice prédit la valeur moyenne des votes d’un grand groupe de personnes sur une échelle de sensation
thermique comprenant 7 niveaux. Il est basé sur des paramètres environnementaux comme la température de l’air, la
température radiante moyenne, la vitesse du vent, l’humidité de l’air, ainsi que sur le taux de métabolisme et l’isolation des
vêtements (ISO 7730, 1994).
Temps de réverbération (Reverberation Time) d’un espace clos. Pour une fréquence spécifiée ou une bande de fréquence,
temps nécessaire pour que le niveau de la moyenne temporelle quadratique de la pression acoustique dans l’espace
décroisse de 60dB, après arrêt de la source sonore (ANSI 1994).
Facteur de vue du ciel (Sky View Factor SVF) Mesure de l’angle solide de vue du ciel depuis un espace urbain. Le facteur de
vue du ciel est une mesure de l’ouverture vers le ciel d’une texture urbaine et a une influence sur divers phénomènes
climatologiques tels que l’îlot de chaleur urbain, l’éclairage naturel et l’absorption de chaleur.
Ombrage solaire (Solar Shadowing) Représentation graphique des ombres portées qui montre le profil d’ombrage d’une
morphologie urbaine particulière sur une saison spécifique ou sur l’année entière.
Absorption du son (Sound Absorption) Changement de l’énergie acoustique en une autre forme, généralement en chaleur,
qui se produit lorsque le son traverse un milieu ou rencontre une surface (ANSI 1994).
Niveau de pression acoustique (Sound Pressure Level) Dix fois le logarithme en base dix du rapport entre la moyenne
temporelle quadratique de la pression acoustique d’un son, dans une bande de fréquence spécifiée, et le carré de la pression
acoustique de référence (ANSI 1994).
Chaleur spécifique (Specific Heat) Quantité de chaleur nécessaire pour élever la température d'une unité de masse de 1
degré Kelvin (J.kg-1K-1).
Projection stéréographique (Stereographic Projection) Représentation de l’hémisphère entière de la voûte du ciel sous
forme d’un disque circulaire avec son centre qui correspond au zénith (soit la verticale au-dessus du lieu), et son périmètre qui
représente l’horizon. La vue résultante ressemble à une photographie fish-eye à 180° prise par un photographe couché sur
son dos.
En conception bioclimatique, la projection stéréographique est souvent employée comme un outil commode pour évaluer les
effets d’ombrage. Ceci se fait en superposant le diagramme de la course solaire avec les obstructions dues aux bâtiments
environnants.
Durée d’insolation (Sun-hours) Durée moyenne pendant laquelle une zone particulière est ensoleillée au cours d’une journée.
Elle est déterminée à partir d’un indicateur d’obstruction placé sur un diagramme de la course solaire.

63
Diagramme de la course solaire (Sunpath diagram) Représentation graphique des directions du soleil tel que vu sur la voûte
du ciel depuis un lieu déterminé. Le diagramme peut être dessiné pour différentes périodes (par exemples: une date donnée,
une saison entière, toute l’année).
Rugosité de surface (Surface Roughness α) Mesure de la force de friction d’une surface (0-1). Plus la rugosité est élevée,
plus la friction est grande et plus épaisse est la couche limite (plus la hauteur géostrophique augmente).
Capacité thermique (Thermal Capacity) Quantité d’énergie nécessaire pour élever la température d’un objet de 1 degré
Kelvin (J.kg-1K-1).
Turbulence Variation aléatoire de la vitesse moyenne du vent et de sa direction souvent due à la friction contre des surfaces
solides et des structures (les courants d’air thermiques verticaux peuvent aussi créer de la turbulence). Ses effets se
manifestent par des rafales, des accalmies et des tourbillons de vent.
Morphologie urbaine (Urban Morphology) Forme tridimensionnelle d’un groupe de bâtiments ainsi que les espaces qu’ils
créent.
Effet Venturi (Venturi Effect) Type particulier et plus critique de l’effet de canal qui se produit là où les structures urbaines
forment un entonnoir.
Aire de visibilité (Viewshed) Etendue des surfaces qui sont visibles depuis un emplacement situé dans un espace urbain.
Rose des vents (Wind Rose) Représentation graphique des vitesses et directions du vent pour un site spécifique. Elle est
établie à partir de mesures enregistrées sur une longue période de temps.
Profil de vitesse du vent (Wind Velocity Profile) Courbe montrant la relation entre la vitesse (moyenne) du vent et une
certaine hauteur au-dessus du terrain, généralement représente entre la surface du terrain et la hauteur géostrophique.
Souvent présenté pour différents types de terrain.
Effet Wise (Wise Effect) Ecoulement d’air horizontal dans le sens opposé à la direction principale du vent. Est souvent le
résultat d’un écoulement descendant.

64
LE CONSORTIUM

Coordonnateur
Centre for Renewable Energy Sources – CRES, Department of Buildings, Greece
Dr Marialena Nikolopoulou (e-mail: mnikol@cres.gr)
tel: + 30 210 6603300, fax: + 30 210 6603301,2

Autres contractants principaux


Esbensen Consulting Engineers Ltd., Denmark
Niels-Ulrik Kofoed (e-mail: n.u.kofoed@esbensen.dk)

B.E.S.T. Building Environmental Science and Technology Department, Milan Polytechnic, Italy
Prof. Gianni Scudo (e-mail: scudo@mail.polimi.it)

The Martin Centre for Architectural and Urban Studies, Department of Architecture,
University of Cambridge, UK
Dr Koen A. Steemers (e-mail: kas11@cam.ac.uk)

Faculty of Urban and Landscape Planning, Department of Climatology, University of Kassel,


Germany
PD Dr Lutz Katzschner (e-mail: katzschn@uni-kassel.de)

Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale: Ecole d’ingénieurs et d’architectes de


Fribourg, Suisse
Dr Raphaël Compagnon (e-mail: raphael.compagnon@eif.ch)

School of Architecture, University of Sheffield, UK


Prof. Jian Kang (e-mail: j.kang@sheffield.ac.uk)

Laboratory of Building Construction and Building Physics, Faculty of Civil Engineering,


Aristotle University of Thessaloniki, Greece
Prof. Niobe Chrisomallidou (e-mail: niobe@civil.auth.gr)

Contractants associés
National Centre for Social Research, Greece
Dr Eleni Kovani and Kallisteni Avdelidi (e-mail: kavdelidi@ekke.gr)

Municipalités de:
• Alimos, Grèce
• Thermi, Grèce
• Ville de Fribourg, Suisse

Cette publication a été co-financée par la Commission européenne, Direction Générale de la


Recherche, dans le cadre de l’action clef 4 "La ville de demain et le patrimoine culturel" du programme
"Energie, Environnement et Développement Durable" compris dans le cinquième programme-cadre.

Impression et Production: EPTALOFOS S.A. – tel. 0030 210 921 7513 – www.eptalofos.com.gr