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DU MÊME AUTEUR

A l'Apostolat des Editions

"'-* .,., "*-***,*É*À,&Éffry9rysûn "

L'Ecrrse Du sTLENCE ToRTUnÉr pouR LE Cunrsr

(8" édition, 101ème mille)

Snnuoxs AU cAcHor (3 édition)

SouvrBNS-Tor DE TES rnÈnus (2 édition)

Run DEs Jums (2" édition) Sr LES MURs pouvArENT nARLER (2' édition)

RÉpoNsE, A LA Brnr,n DE Moscou

Aux Editions Casterman

MEs PRrsoNs AVEc Dmu

DE SABINA \TURMBRAND

La. FEMME Du Pesrnun (5" édition, Apostolat des

Editions)

DE MICHEL WURMBRAND

Ln FrLS DU Pestr,un (3 édition, Apostolat des

Editions)

Richard WunnaBRAND

KART MARX

ET SATAN

Troisième édition

reuue et aagmentée

APOSTOLAT DES EDITIONS

EDITIONS PAULINES

L'r,rriginal

(U.S.A.)

de ce livre

sous le titre :

Traduit de l'américain

a

paru

par L.

aux Editlons

et M.

P.

Diane de

Satanlst ?

Itlas Karl Marx a

P.

Glendale

O

Apostolat

des Edltlons pour le texte français.

Tous droits réservés.

Apostolat des Edltlons, 48 rue du Four

ISBN 2-7122-0039-x

75006 PARIS

Edltions Paullnes,

Qué HIH ll"l

ISBN G8884G46I.I

3965 est, boulevard Henri-Bourassa MONTRÉ,AL

CANADA

Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec

Dépôt légal ler trimestre 1978

INTRODUCTION

Avant de devenir économiste et communiste de

renom, Marx était un humaniste.

Aujourd'hui le

tiers de la planète est marxiste. En effet, sous

une forme ou une autre, des quantités de gens

sont marxistes, même en pays capitaliste.

des chrétiens, voire des hommes d'Eglise

sont convaincus gu, tout

comme Jésus a donné Ia clé sur la manière d'aller

au ciel, Marx a donné la clé sur la manière de

venir en aide aux affamés, aux pauvres, aux op-

primés de cette teme.

Marx était profondément humain. Une idée le

hantait : comment secourir les masses exploitées ?

Jusqu'à

-

cer-

tains de haut mng

Ce qui les achemine vers I'appauvrissement , af-

firmait-il, c'est le capiralisme. Selon lui, une fois

aboli ce sysrème pourri er après une période de

transition sous dictature prolétarienne, l'Etat dé-

périrait et ce serait le paradis pour le travailleur. Dans la société communiste tour le monde travail-

lerait, chacun suivant sa compétence, dans des

usines ou des fermes appaftenant à la collectivité,

et chacun serait rémun en fonction de ses

besoins. I1 n'y aurait plus d'Etat pour gouverner

les individus, plus de guefres, plus de révolutions,

mais seulement une fraternité universelle et per-

pétuelle.

Cependant pour que les masses accèdent au bon-

heur, il faut plus que l'abolition pure et simple

du capitalisme. Marx écrit : << La destruction de

la religion, en tant que bonheur illusoire des

hommes, est indispensable à leur bonheur réel.

L'appel à I'abandon de leurs illusions suf leur

condition est un

appel à l'abandon d'une condition

qui a besoin d'illusions . La uitique de la reli-

gion est donc Ia uitique de cette vallée de laç

mes dont la religion

la philosophie du Droit, de

à la Critique de

Hegel).

est le halo >> ( Inmoduction

Marx était anti-religieux parce

Que, pour lui,

de I'idéal

la religion fait obstacle à Ia Éalisation

communiste qu'il consid &ait comme la seule so-

lution aux problèmes du monde.

C'est ainsi que les marxistes expliquent leur po-

sition. Certains hommes d'Eglise Ia fondent de la

même manière. Le Révérend Osterreicher (Gran' de-Bretagne) déclarait dans I'un de ses sermons

6

<< Le communisme quelles que soient actuelle-

ment ses diverses formes d'expression est à I'origine un mouvement destiné à libérer I'hom- me de son exploitation par I'homme. Or du point

de vue sociologique I'Eglise a été et est encore

pour une large part du côté des << exploiteurs >>.

Karl Marx, dont les théories voilent mal une pas-

sion authentique pour la justice et la fraternité

prenant racine chez les prophètes d'Israël, haÏs-

sait la religion cat elle servait d'insmument pour

le maintien d'un statu quo des enfants étaient

traités en esclaves e t tavaillaient à en mourir

pour que les auffes s'enrichissent. Et cela se pas-

même, er Grande-Bretagne. Il y a cent

sait ici

ans, quand on disait que << la religion est I'opium

du peuple >>, ce n'était pas une critique sans fon-

dement

En tant que membres du Corps Mysti-

que nous devons faire amende honorable et savoir

reconnaître simplement que nous avons une fa-

meuse dette envers tout communiste >> (Sermon

prononcé à Ste-Marie, Fontafrâ, Londres l-968).

Quant à moi, je suis chrétietr. J'aime I'huma-

nité et je veux son bien. C'est la raison pour

laquelle j'accepterais sans scrupule l'anarchie, le

communisme, La démocratie ou le fascisme si cela

aux hommes le bonheur. Pen-

pouvait apporter

dant longtemps je me suis penché sur l'æuvre

de Marx pour mieux comprendre son esprit. J'ni

."*---*rr*r'""*

-

découvert au cours de cette étude un certain nom- bre de choses surprenantes que j'aimerais main-

tenant paftager avec mes lecteurs.

Le marxisrne fait impact surtout à cause des

succès qu'il remporte, mais au fond les succès

prouvent-ils quelque chose ? Les sorciers-guéris-

seurs en ont aussi. Le succès confirme I'erreur

tout autant que la vérité et d'ailleurs les insuc-

cès nous sont d'un prix inestimable : ils ouvrent

la voie à une vérité plus profonde. Aussi ferons-

nous I'analyse de certaines æuvres de N{arx sans

tenir compte du succès qu'elles ont ou n'ont pâ.s

eu.

,'

1

A LA CHASSE DE DIEU

Dans sa prime jeunesse, Karl Marx était chré-

tien. Le première de ses æuvres écrites

du

moins de celles qui nous sont parvenues s'in-

titule Union du fidèle au Cbrist C)n y trouve ce

beau mot : <( Par I'amour dont nous aimons le

Christ, nous orientons en même temps nos cæurs

vers nos frères qui nous sont intimement liés et pour lesquels I1 s'est donné Lui-même en sacri-

fice >> (Marx ancl

Engels, collected works, Vol.

I, fnternational Publishers, N. Y. L974).

N{arx connaissait donc un moyen pour les hom-

mes cle devenir frères enue eux : c'est le chris-

tianisme.

il poursuit : <( L'union alr Christ est capable

de procurer I'exaltation intérieure, le réconfort

dans la douleur, une confiance paisible et un

cæur susceptible cl'aimer humainement tout ce

----,- . -, ; ;., .,,'*;;i;ryÛËffiffiii*l*

qui est noble et grand, non par désir d'ambition

ou de gloire, mais à cause du Christ. >>

A peu près vers \a même époque il é.rit dans

Itoit homme sur le

religion elle-même

sa thèse Considérations d'un choix d'une carrière : << La

nous enseigne que I'Idéal vers lequel tous ten-

dent leur effort s'est sacrifié Lui-même pour I'hu- manité. Qui oserair lui opposer un démenti ? Si

donc nous avons choisi la situation où nous pcu-

pour-

vons fake pour Lui le maximuffi, nous ne

rons jamais ême écrasés par le fardeau, puis-

que ce dernier ne sera pas autre chose que les

sacrifices consefltis pour I'amour de tous. >>

n n'est conversion ni apostasie qui puisse tran-

former son hornrne à cent pour cent. Il arrive sou-

vent eue, par la suite, ses anciennes croyances ou

incroyances remontent au champ de sa conscience,

prouv ant ainsi qu'elles n'ont pas été totalement effacées de son esprit mais seulement refoulées dans le subconscient . L'ancien complexe chrétien

apparuît en filigrane dans les écrits de Marx long-

temps après qu'il soit devenu un militant acharié contre la religion.

Mêrne dans ce livre touffu, cons acté à l'écono-

mie politique, qu'esr Le Capital, livre dans lequel

des téflexions sur la religion sonr pafiairemenr

10

déplacées, Marx, le froid advers aire de la religion,

écrit, complètement en dehors de son sujet : << Le

christianisme avec son culte de I'homme abstrait et plus particulièrement dans ses forrnes bour-

geoises comme Ie protestantisme, le déisme, etc.,

est la forme

de religion la plus pafiaite >> (Châ-

pime f, section IV).

il ne faut pas oublier que Marx a été d'abord un chrétien convaincu. A sa sortie du lycée, son

certifi cat porte sous la rubrique <( Instruction re-

ligieuse )> cette appréciation : << Sa connaissance Ce

la foi et de Ia morale chrétienne est lucide et

bien fondée. Il possède également dans une cer-

taine mesure I'Histoire de I'Eglise >> (Archiaes

pour l'histoire du Socialisme et le Mouuenzent

des Trauailleurs, L925, en allemand).

Peu de temps après I'obtention de ce certificat il se passe dans sa vie quelque chose de mysté-

rieux. En effet, bien longtemps avant que Moses

Hess ne I'arnène, en 184L, aux convictions socia-

listes, il était déjà devenu profondément et pas-

sionnément antireligieux.

Au cours de ses années d'études supérielrres,

un autre Marx avait surgi. Lui-même écrit dans

un poèrne : << Je veux me venger de Celui qui

règne au-dessus de nous. >>

Il

est donc persuadé

1L

que << Ià-haut Quelqu'un

contre lui. Pourt ant ce

règne >> er il a un grief Quelqu'un ne lui a fait

aucun mal. Marx

appartient à une famille relati-

vement aisée. Il n'a pas connu la faim dans son

enfance, et il est plus favorisé que beaucoup de

ses condisciples. Q,r'est-ce qui a donc pu faire

naîme en lui

cette haine implacable conre

Dieu ? Ses motifs personnels nous échappent.

Faut-il en conclure que Marx dans cette décla-

ration est simplement le porte-parole d'un autre ?

A l'âge tout jeune homme normal noumit

le beau rêve de faire du bien à son prochain er de se préparer à sa carrière, pour quelle raison écrit-il les vers suivants dans son poème Inao-

cation d'un désespéré:

L2

<< Ainsi un dieu m'a arraché "mon tout"

Dans les malédictions et dans les coups du sort.

Tous ses mondes se sont évanouis

Sans espoir de retour,

Et il

ne me reste plus désormais que

la ven-

geance. )>

<< Je veux me bâtir un trône dans les

hauteurs,

Son sommet sera glacial et gigantesque,

il auta pouf rempart une terreur

suppestitieuse,

Pour maréchal, la plus sombre agonie. >>

Quiconçlue

<<

Le

porte vers ce mône un regard sain,

détournera, pâle et muet comme la mort,

Tombé entre les griffes d'une

Puisse son bonheur creuser sa

mortalité aveugle

I et frissonnante.

tombe ! >>

(Karl Marx, Morceaax choisis, Vol. I - New York, International Publishers, L97 4)

Les mots << Je veux me bâtir un trône >> et

I'aveu que de Celui qui y est assis ne peuvent

émaner qu'angoisse et temeur n'évoquent-ils pas

Lucifer et son programme : <( l'escaladerai les cieux ; plus hactt que les étoiles de Dieu i'éri- gerai rnon trône >> ( Isaïe 74,13 ) ?

Pourquoi Marx veut-il un tel mône ? La répon-

se se trouve dans un drame peu connu, composé

pendant ses années d'études, intitulé

également

Oulanenî. Pour expliquer ce titre, il nous faut

faire une digression.

il existe une église de Satan. L'un de ses rites

est la messe noire, célébrée à minuit par un prê-

tre du Malin. Les cierges sont placés sur les chan-

deliers la tête en bas. Le prêtre est revêtu des

ornements, doublures à I'extérieur. Il dit tout ce qui est prescrit dans le livre de prières, mais à

rebours, en commençant pat la fin. Les saints

noms de Dieu, de Jésus et de Marie sont lus à

I'envers. Une hostie consacrée volée dans une

L3

église reçoit I'inscription << Satan >> et sert à une communion dérisoire. Au cours de cette messe

noire, une Bible est consumée pat le feu. Tous

les assistants jurent de commetme les

sept péchés

capitaux énumérés dans le catéchisme catholi-

que. La cérémonie se termine pat une orgie.

Le culte du diable est mès ancien. Nous lisons dans le Deutéronome (32,L7) : << Ils sacrifient à des démons. )> Plus tard, Jérobo âffi, roi d'Israël

institua des prêtres des démons

(2 Chroniques

7 7 ,L5) i constituit sibi sacerdotes excelsorum et

dæmoniorum uitulorumque quos fecerat - Vul-

gate).

A dessein Oulanem est I'inversion d'un nom

sacré ; c'est l'anagramme d'Ernmanuel, nom bi-

blique de Jésus qui signifie en hébreu << Dieu

esr

avec nous >>. De tels noms inversés ont leur effi- cacité en magie noire.

Et maintenant nous ne serons à même de com-

prendre le drame d'Oulanem que si nous écou- tons d'abord l'étrange confession de Marx dans

son poème Le ménestrel :

<< Les vapeurs infernales me montent au cerveau

Et le remplissent jusqu'à ce que je devienne fou

Et que mon cæur soit complètement changé.

Regarde cette épée :

Le Prince des ténèbres me l'a vendue. )>

L4

Dans les rites d'initiarion supérieure du culte

satanigue, le candidat reçoit une épée enchanrée

qui lui assurera le succès. Il I'ach,ète au prix d'un

pacte, signé du sang pris à son poignet, selon le- quel son âme après sa mort appaftiendra à Satan

Voici maintenant un extrait d'Oulanem :

<( Il bat la mesure et donne le signal.

De plus en plus hardiment, je joue la danse de

I la mort.

Et ils sont aussi Oulan€ffi, Oulanem.

Ce nom résonne comme la mort, Puis se prolonge jusqu'à s'éteindre misérablement.

Anêtez ! Jb le tiens ! Il

s'élève maintenanr de

I mon esprit, Clair comme l'ait, aussi consistant que mes pro-

I Pres os. )>

Mais j'ui le pouvoir, avec 'mes bras, De vous écraser et de vous broyer (<< vous >> -

[l'hum anité personnifiée)

Avec la force d'un ouragan,

Tandis que pour nous deux I'abîme s'ouvre béant

I dans les ténèbres.

Vous allez y sombrer jusqu'au fond, Je vous y suivrai en riant, Vous sussurant à I'oreille :

<< Descendez, venez avec moi, mon ami ! >>

L5

La Bible que Marx avait étudiée durant ses

années de lycée et qu'il n'avait pas oubliée dans sa maturité dit que le diable serait enchaîné par

an ange et précipité dans I'abîme ( abyssos, en

grec : Apoc. 20,3\, C'est dans cet abîme réservé

au diable et à ses anges que Marx souhaite pré-

cipiter I'hum anité tout entière.

A qui donc Marx prête-t-il sa voix dans ce

drame ? N'est-ce pas dépourvu

de bon sens de

s'attendre de la part d'un

qu'il poufsuirre comme rêve de sa vie une telle

de l'hum anité enmaînée dans I'abîme des

jeune étudiant à ce

ténèbres (les ténèbres extérieures, expression bi-

à I'enfer) tandis que lui-mêffi€, mauvais, suit ceux qu'il a con-

duits à I'incroyance ? On ne trouve nulle part au monde la recherche d'un tel idéal, si ce n'est dans

secoué d'un rire

blique équivalant

"iriort

les rites d'initiation de l'église de Satan, et en'

core dans les degrés supérieurs.

Mais le moment de la moft est amivé pour

Oulanem. Ecoutons ses dernières paroles ;

<< Perdu. Perdu. Mon heure est venue.

L'horloge du temps s'est arrêtée,

La maison pygrnée s'est effondrée.

Bientôt j'embrasserai sur mon sein l'éternité,

Bientôt je proférerai sur I'humanité

D'horribles malédictions. >>

r6

Marx aimait ce mot de Méphistophélès dans

Faust : << Dans I'existence tout mérite Ia destruc-

tion. >> << Tout )>, y compris le prolét aùat et les

camarades. Marx, dans Le 18 Brumaire, a cité ces paroles. Staline les a prises à la lettre, allant jrrc-

qu'à détruire sa propre famille.

La secte de Satan n'est pas matérialiste. Elle croit à la vie éternelle. Oulanffi, personnage à

qui Marx prête sa voix, ne la conteste pas. Il

affirme son existence, mais elle consiste en une

vie de haine poussée av paroxysme.

Notons en passant gu€, pour les diables, éter-

nité est synonyme de tourments. C'est ainsi que

Jésus s'entendit reprocher : << Es-tu aenu ici pour

nous toarmenter auant Ie temps ?

n en va de même pour Marx :

( Ah ! l'éternité, nome tourment éternel,

Une mort indicible et incommensurable,

Abjecte, artificiellement conçue pour nous nârguer, Nous autres, rouages aveuglement mécanisés, Faits pour être les calendriers absurdes

Du Temps et de I'Espace,

Sans autre objet que de se trouver

Pour êue démuits. )> Nous commençons

un peu à comprendre ce qui

Marx. Il avait eu des con-

rnais il n'avait pas rnené une

était arrivé au jeune

victions chrétiennes,

2 - Karl

Marx

17

vie conforme à ses principes. Sa correspondance

avec son père fait foi de grosses sommes d'ar-

gent gaspillées dans les plaisirs et de ses perpé-

tuelles disputes avec I'autorité de ses parents pouf

ce motif et pour d'autres encore. C'est alors,

vraisemblablement, qu'a pu avoir lieu son en- doctrinement dans l'église hautement secrète de

Satan er qu'il a été initié à ses rites. Satan parle

par la bouche de ses adorateufs qui le voient au

couf,s d'hallucinations orgiaques. Et c'est ainsi

que iVIarx n'est autfe chose que son porte-parole lorsqu'il déclare : << Je veux me venger de Celui qui règne là-haut. >>

Ecoutons plutôt la fin d'Ou\a,nenz :

( S'il y

Je m'y

â quelque chose capable de détruire,

jetterai à corps perdu,

Quitte à mener Ie monde à la ruine.

Oui, ce monde qui fait écran entre moi et I'ab1me, Je le fracasserai en mille morceeux A force de malédictions ;

J'étreindrai

I)ans

dans mes bras sa Éalité

bnrtale,

mes embrassements il mouma sans un mot

Et s'effondrera dans un néant total,

Liquidé, sans existence :

Oui, la vie, ce sera vraiment cela ! >>

(Ces citations sont tirées du livre de Robert

18

Payne, The Unknott)n KarI Marx,

Karl Marx

inconnu, New York University Press, 197 I).

Dans Oulan€ffi, Marx fait exactement comme le diable : il livre à la damnation toute la race humaine. C'est sans doute le seul drame au mon- de tous les acteurs soient pleinement cons-

cients de leur propre comuption, qu'ils ne crai-

gnent d'ailleurs pas d'étaler et dont ils font état avec conviction. Pas de noir et blanc. II n'y a ici

ni Claude et Ophélie, ni Iago et Desdémone, tout est noir et révèle les maits de Méphistophélès.

Tous les personnages sont des suppôts de Satan,

corrompus, damnés.

*

A l'époque il écrit cela, Marx, génie préco- ce, n'a pas vingt ans. 11 a déjà fait le programme

de sa vie. Pas un mot sur le service de I'huma-

nité, le prolét aûat ni Ie socialisme. Il veut mener

le monde à sa perte. Il veut bâtir un trône <( qui

aura pour fempart le frisson des hommes )>.

De ce temps-là également datent certains pas-

sages à mots couverts de la correspondance échan-

gée entre Karl Marx et son père. Le fils écrit :

<< Le rideau est tombé. Mon Saint des Saints s'est

L9

déchité et il a fallu installer de nouveaux dieux. >>

Ces lignes du 10 novembre L837 sont d'un jeune

homme gui, jusque-Ià, avait f.ait profession de

christianisme. Il avait déclaré précédemment que

le Christ était dans son cæur. Il n'en est plus

ainsi désormais. Qui sont << les nouveaux dieux >>

installés à sâ place ? Son père lui répond : << Je

me suis abstenu d'insister poLlr avoir une expli-

cation sur une question mès mystérieuse, bien

qu'elle me paraisse fort douteuse. cette question mystérieuse ? Aucun des biogra-

phes de Marx n'â encore donné I'interprétation

de ces mots étranges.

\(/erner Blumeberg, dans son livre Portrait de

Marx, cite une letme du père de Marx à son fils.

Elle est dauée du 2 mars IB37 : <( Ton avance-

ment, I'espoit de voir un jour ton nom hautement

réputé et ton bien-être en ce monde ne sont pas

les seuls désirs cle mon cæur. Ce sont 1à, il est

vtai, des rêves longtemps caressés ; ie puis ce-

pendant t'assurer que leur réalisation ne m'aurait

pas rendu heureux. Mais si ton cæur demeure

pur, s'il bat avec I'hum anité et si nul démon ne

réussit à le priver de ses sentiments les plus no-

bles, alors seulement je serai parfaitement heu-

reux.

Qu'est-ce qui a soudain poussé le père à expri

20

mer sa crainte d'une influence démoniaque sur

son jeune fils bon chrétien jusque-là ? Etait-ce

les pièces de vers qu'il avaît reçus de lui comme

caclear-r d'anniversaire pour ses cinquante-cinq

ans ?

Voici une autre citation où Marx, dans son

poèrne Sur IIegel, révèle lui-même sa pensée, ins-

pirée de Hegel : <( J'enseigne des mots enchevê-

més dans un embrouillamini diabolique, ainsi cha-

cun peut croire vrai ce qu'il choisit de penser. >>

Ailleurs, clans le poème La uierge pâle, it

avoue :

<< Ainsi j'ai perdu le ciel,

Je le sais très bien.

Mon âme naguère fidèle à Dietr

A été marquée pour I'enfer. >>

Ceia se passe de commentaire.

Au début, Marx avait des anrbitions d'artiste.

Mais ses poèmes et drames, dépourvus de valeur

littéraire, ne connurent aucun succès ; ils sont ce-

pendant utiles pour nous dévoiler l'état de son

coeur,

L'échec en peinture et en architecture nous a donné un Hitler. L'échec dans le genre dramati- gue, un Goebbels. L'échec en philosophie er en peinture nous a valu respectivement deux auffes

2T

criminels de guerre, Rosenberg et Smeicher.

à Marx, obligé de renoncer à la poésie, il

au nom de Satan dans une carrière révolution-

entre

Quant

naire contre une société qui n'avait pas su appré-

cier ses æuvres. Evidemment

d'un rnodf

enue autres

il ne s'agit là que

de sa révolte ab-

solue. {.Jne aume chose : il était méprisé en tant

que juif.

Deux ans plus tard le jeune Marx écrit La dif-

f érence entre Ia philosopbie de la nature cltez Démocrite et chez Epicure il fatt sienne, dans

la préface, Ia déclaration d'Eschyle

:

<<

Je noumis

de la haine pour tous les dieux. >>

que peu cetre affirmation en disant qu'il est con-

tre tous les dieux sur terre e[ dans le ciel qui ne

reconnaissent pas comrne déité suprême la cons- cience de I'homme.

Marx était l'ennemi déclaré de tous les dieux

Il atténue quel-

lui qui

avait acheté son épée âu Prince des

Il s'était fixé comme but d'enmaîner

ténèbres.

I'hum anîté tout entière dans I'abîme de perdition

et de I'y rejoindre en ricanant.

Marx a-t-il réellement acheté son épée à Satan ?

Dans un livre intitulé T be Moor and tbe Gene-

ral. Remembrances about Marx and Engels, (Edi-

tions Dietz, Berlin L964) sa fille Eleanor nous

22

dit que lorsqu'elles étaient petites, elle et ses sæurs, leur père se plaisait à leur raconter des

histoires. Il y en avait une surtout

entre toutes

;

qu'elle aimait

il y était question d'un certain

Hans Rôckle. Mais laissons-lui la parole : << Le

récit en durait des mois et des mois cat c'était

une histoire très longue et

qui

Hans Rôckle était un sorcier

n'en finissait plus.

il

avait un ma-

gasin de jouets

Mal-

sa qualité de sorcier, sâ caisse était toujours

et beaucoup de dettes !

vide, aussi fut-il conraint de vendre au diable, pièce par pièce, toutes ces jolies choses qui lui

appartenaient

Plusieurs de ces aventures étaient

terrifiantes et nous faisaient dresser les cheveux

sur la tête. >>

Est-ce normal qu'un père de famille parle ainsi à des jeunes enfants de choses homibles ayant

trait à la vente au démon de ce qu'ils ont de

plus cher ? Robert Payne dans Marx (Simon and

Schuster, New

avec abondance de détails ressemblant à ceux

York, 1963) fait allusion à cela

fournis par Eleanor. I1 insiste sur le fatt que

Rôckle, le magicien, était mès malheureux er que

c'est bien à contrecæur qu'il finissait pat con-

sentir à céder ses jouets, cherchant jusqu'au der-

nier moment à les retenir. Mais son

pacte avec

le diable était signé et iI n'y avait donc pas

moyen d'y échapper.

23

L'auteur ajoute : <( Ces histoires interminables

étaient, selon toute probabilité, une autobiogra-

phie

Satan ; il en avait aussi la malignité. D'ailleurs

il semble bien parfois être conscienr de faire

Marx avait la vision du monde propre à

l'æuvre du Mal.

Quand

il termin ait Oulanem et les aurres écrits

de

jeunesse il avoue avoir fait alliance avec

le diable, Marx ne pensait

pas du tout au socia-

lisme. Il le combattait même. II était rédacteur

d'une revue allemande, Rheiniscbe Zeitung, <( qui

n'accorde même pas de valeur théorique aux

idées communistes sous leur forme actuelle et

qui souhaite encore moins leur réalisation prati-

eue, la trouvant, de toute façon, impossible,

Des

tentatives de la part des masses en vue de pro-

mouvoir ces idées cornmunistes sont à accueillir

par une cannonade dès qu'elles deviennent un

danger

)>

Parvenu à ce stade, Marx rencontre Moses

Hess, I'homme qui jouera dans sa vie le rôle

le plus important, celui qui lui {em embrasser

I'idéal socialiste. Mais ce n'est pas ce que dit Hess

à son sujet : <( Docteur Marx mon idole qui donnera le coup de grâce à la religion et à la politique du Moyen Ag de grâce à la religion >> est donc bien son but

24

principal. Un <