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collection albert cohen

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Sciences

collection albert cohen erm ES Sciences Sociales Politiques programme 2012 Livre du professeur Cédric Passard Sous

Sociales

Politiques

programme 2012
programme 2012

Livre du professeur

Cédric Passard

Sous la direction de et

Pierre-Olivier Perl

Professeur à l’Institut d’études politiques, Lille

Professeur à l’École nationale de commerce, Paris

Rémy Brunet

Professeur au lycée Henri Wallon, Valenciennes Diplômé de l’Institut d’études politiques de Bordeaux

Victoire Patouillard

Professeur au lycée Alphonse de Lamartine, Paris Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris

Nathalie Pons

Professeur au lycée Jeanne d’Albret à Saint-Germain-en-Laye Diplômée de l’Institut d’études politiques de Lille

Les auteurs et les éditions Bordas remercient vivement Sandrine Poirson-Clausse

Professeur au lycée international de Saint-Germain-en-Laye

éditions Bordas remercient vivement Sandrine Poirson-Clausse Professeur au lycée international de Saint-Germain-en-Laye

Programme

Enseignement de spécialité - Sciences sociales et politiques

Cet enseignement de spécialisation doit permettre aux élèves de se familiariser avec les apports des sciences sociales et politiques à la réflexion informée et critique sur l’évolution de la vie politique contemporaine en France et en Eu- rope. S’inscrivant dans le prolongement de l’enseignement de la classe de première et en complément avec le pro- gramme spécifique de la classe terminale, ce programme de spécialisation est basé principalement sur les acquis de la science politique. Ouverte à l’influence d’autres modes de raisonnement des sciences sociales (l’histoire et la sociolo- gie notamment), la science politique constitue une discipline propice à un enseignement de spécialisation susceptible d’aborder scientifiquement les questionnements contemporains. Cet enseignement suppose l’apprentissage des sa- voir-faire nécessaires à un travail sur les documents et données empiriques disponibles. Les épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel qu’il figure ci-dessous ; les indications complé- mentaires bornent ce qui est exigible.

 

Thèmes et

   

questionnements

Notions

Indications complémentaires

1.

Le système politique démocratique

 

1.1 Quelles sont

Régime

Largement ouvert à des illustrations historiques et comparées, ce thème sensibilisera les élèves à la diversité des solutions constitutionnelles mises en œuvre dans les démocraties occidentales pour séparer le pouvoir exécutif du pouvoir législatif. Acquis de première : État de droit.

 

les composantes

parlementaire,

institutionnelles

régime semi-

des régimes

présidentiel, régime

politiques

présidentiel.

démocratiques ?

 

1.2 Comment

Pluralisme politique, modes de scrutin, parité, démocratie délibérative.

Centré sur le gouvernement représentatif, ce point permettra d’étudier les enjeux socio-politiques de la compétition électorale contemporaine. Une attention particulière sera accordée à la place des organisations partisanes et aux effets des modes de scrutin (majoritaire, proportionnel notamment) sur la sélection des gouvernants. On identifiera les biais liés au genre et la diffi- culté particulière rencontrée pour assurer une représentation équitable des deux sexes en politique. On s’interrogera sur les évolutions de la vie démo- cratique contemporaine en Europe et notamment les places respectives de la démocratie représentative et d’autres figures de la démocratie (participative, délibérative). Acquis de première : démocratie représentative, démocratie participative.

 

s’organise

la compétition

politique en

démocratie ?

 

1.3 Quelle est la contribution des organisations politiques au fonctionnement de la démocratie ?

Mobilisation

On étudiera la contribution des partis politiques à la mobilisation des élec- teurs et à la politisation de ces derniers. On évoquera, à partir d’exemples historiques ou comparés, la contribution d’autres organisations (syndicats, associations, groupes d’intérêt, etc.) au fonctionnement des démocraties actuelles (coopération, contestation et influence). Acquis de première : groupe d’intérêt.

électorale, société

civile organisée.

 

2.

La participation politique

 

2.1 Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?

Culture politique/

On montrera que les attitudes politiques reflètent souvent des cultures poli- tiques particulières mais aussi des modes de socialisation (primaire comme secondaire) spécifiques. La question de l’identification partisane et celle du clivage gauche/droite fourniront des illustrations simples de ces processus de formation des dispositions politiques. Acquis de première : socialisation primaire, socialisation secondaire.

civique, socialisation

politique,

comportements

politiques.

2.2 Quels sont les répertoires de l’action politique aujourd’hui ?

Répertoires d’action

Tout en insistant sur l’importance de l’acte électoral et de son rituel, on proposera une conception ouverte de la notion de répertoire d’action politique ne se résumant pas à la pratique régulière du vote. On présentera notamment les dimensions individuelles comme collectives de l’action de protestation politique. L’évolution des répertoires d’action politique sera appréciée tant dans le temps long des transformations de l’ordre politique démocratique que dans le temps court de la conjoncture politique.

politique.

272

Programme

 

Thèmes et

questionnements

Notions

Indications complémentaires

2.3. Comment

Participation et abstention électorale, variables lourdes du comportement électoral, vote sur enjeu.

On analysera l’évolution des taux d’inscription sur les listes électorales, des taux de participation et/ou d’abstention et leurs déterminants sociaux et politiques. Les principaux résultats de la sociologie de l’orientation électorale seront présentés (poids de la variable religieuse, vote de classe, etc.). L’évo- cation de l’émergence d’un vote sur enjeu, influencé par les conjonctures poli- tiques (campagnes électorales notamment), permettra de prendre la mesure de la volatilité électorale. La question de l’articulation entre médias, commu- nication et vie politique sera également abordée afin de comprendre son éven- tuel impact sur les attitudes politiques (pratiques et opinions).

expliquer

le comportement

électoral ?

3. L’ordre politique européen

 

3.1 Quel est l’impact de la construction européenne sur l’action publique ?

Principe

On présentera les caractéristiques institutionnelles (Parlement européen, Commission européenne, Conseil européen) et politiques de l’Union euro- péenne. À partir de quelques exemples, on présentera les effets de la construc- tion européenne sur la conduite de l’action publique. Acquis de première : action publique.

de subsidiarité,

gouvernance

multi-niveaux.

3.2 Vers un ordre politique supranational ?

Système politique

On s’interrogera sur les transformations démocratiques qui accompagnent la construction communautaire. La question du devenir post-national de l’ordre politique européen servira de support à cette réflexion. Acquis de première : citoyenneté, souveraineté, État unitaire, État fédéral.

européen,

citoyenneté

 

européenne.

Savoir­faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques

L’enseignement de sciences sociales et politiques doit conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des documents statistiques.

Calcul, lecture, interprétation

– Proportions, pourcentages de répartition

– Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane, écart-type

– Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés

– Taux de participation électorale

– Taux de mobilisation électorale

Lecture et interprétation

– Tableaux à double entrée

– Représentations graphiques : histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques

– Indice d’Alford

– Indice de volatilité électorale

Programme

273

Sommaire

ThèME 1 Le système politique démocratique 276 I p Quelles sont les composantes institutionnelles 1
ThèME 1
Le système politique démocratique
276
I
p
Quelles sont les composantes institutionnelles
1
des régimes politiques démocratiques ?
276
T
1
2
Qu’est-ce qu’un régime démocratique ?
Quelles sont les formes de séparation des pouvoirs ?
277
278
a
3
La France, un régime politique hybride ?
279
vers Le baC
R
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
281
281
I
p
T
2
Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?
282
1
Quels sont les enjeux de la compétition électorale ?
h
283
2
Quel rôle jouent les partis dans la compétition électorale ?
a
284
3
Quels sont les effets des modes de scrutin ?
285
R
E
4
Comment expliquer la sous-représentation politique des femmes ?
287
5
Quelle est la place de la démocratie délibérative ou participative en Europe ?
288
vers Le baC
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
289
h
290
E
I
C
T
p
3
Quelle est la contribution des organisations politiques
au fonctionnement de la démocratie ?
291
R
1
Comment les partis politiques organisent-ils la mobilisation électorale ?
a
291
2
Pourquoi la démocratie a-t-elle besoin d’une société civile organisée ?
292
3
Quels sont les modes d’intervention de la société civile ?
293
C
E
vers Le baC
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
h
294
295
ThèME 2
La participation politique
T
296
R
C
I
E
p
4
Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?
296
a
1
Qu’est-ce que la culture politique ?
297
2
Comment s’opère la socialisation politique ?
298
3
Quel est le rôle du clivage gauche-droite dans la formation des attitudes politiques ?
h
300
4
Peut-on parler d’une reproduction des préférences politiques ?
302
C
274
Sommaire
vers Le baC Exercices pour réviser Sujets pour s’entraîner 304 304 I p 5 Quels
vers Le baC
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
304
304
I
p
5
Quels sont les répertoires de l’action politique aujourd’hui ?
305
T
1
2
Le vote : un rituel politique ?
La protestation : une forme de participation politique ?
306
307
a
3
Comment expliquer la protestation politique ?
308
4
Comment les répertoires de l’action politique évoluent-ils ?
310
vers Le baC
R
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
311
311
I
p
T
6
Comment expliquer le comportement électoral ?
313
h
1
Pourquoi la participation électorale décline-t-elle ?
314
2
Quels sont les principaux déterminants du vote ?
a
315
3
Comment analyser la volatilité électorale ?
316
R
E
4
Dans quelle mesure les médias influencent-ils les attitudes politiques ?
318
vers Le baC
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
319
320
h
E
C
ThèME 3
L’ordre politique européen
321
I
T
p
7
Quel est l’impact de la construction européenne sur l’action publique ?
321
R
1
Quelles sont les grandes institutions européennes ?
322
a
2
Comment prend-on des décisions à 27 ?
323
3
Régions, États, Union : comment s’organise une gouvernance multiniveau ?
324
C
E
4
Comment l’Union européenne influence-t-elle les politiques publiques nationales ?
324
vers Le baC
h
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
325
325
T
I
R
p
8
Vers un ordre politique supranational ?
328
E
a
C
1
L’Union européenne : quelle forme politique ?
329
2
Quelles transformations démocratiques ont accompagné la construction européenne ?
330
3
Vers une citoyenneté européenne ?
331
h
vers Le baC
Exercices pour réviser
Sujets pour s’entraîner
333
333
C
Sommaire
275
Chapitre 1
Chapitre
1

Quelles sont les composantes institutionnelles des régimes démocratiques ?

➜
institutionnelles des régimes démocratiques ? ➜ ObjECTIfS pÉDagOgIQUES Ce chapitre a pour objectif de

ObjECTIfS pÉDagOgIQUES

Ce chapitre a pour objectif de proposer une typologie des régimes démocratiques. On s’appuie pour cela sur les travaux désormais classiques en science politique de Maurice Duverger. C’est lui en effet qui a repris la distinction entre régime parlementaire et régime présidentiel, et l’a enrichie avec la notion de « régime semi-présidentiel ». Maurice Duverger a, par ailleurs, été l’un des premiers à souli- gner les transformations profondes entraînées en France par l’élection du président de la République au suffrage universel direct.

C’est la façon dont les pouvoirs sont séparés institutionnellement qui permet de classer les différents régimes démocratiques dans une catégorie. Les régimes présidentiels reposent en effet sur une sépa- ration stricte des pouvoirs, tandis que les régimes parlementaires reposent sur une séparation souple des pouvoirs. Cela suppose donc que les élèves soient capables de distinguer les pouvoirs législatif et exécutif, et de décrire et caractériser leurs relations. Des difficultés peuvent surgir, qui tiennent aux termes employés et aux confusions qu’ils peuvent entraîner. Ainsi, le régime présidentiel n’est pas un régime qui donne tout le pouvoir au président, pas plus que le régime parlementaire n’est un régime qui donne tout le pouvoir au Parlement.

Le programme invite à des « illustrations historiques et comparées ». Nous avons choisi de nous ap- puyer sur les exemples classiques de l’Angleterre pour le régime parlementaire, des États-Unis pour le régime présidentiel et de la France pour le régime semi-présidentiel.

La première partie de ce chapitre vise à définir les régimes démocratiques et permet de faire le lien avec le programme de première. La seconde partie reprend la séparation des pouvoirs de Montes- quieu et s’appuie sur elle pour opposer régime parlementaire et régime présidentiel. La troisième partie présente à partir du cas français le régime semi-présidentiel comme un régime hybride em- pruntant au régime parlementaire comme au régime présidentiel. Il ouvre un questionnement sur le passage à une VI e République.

questionnement sur le passage à une VI e République. bIbLIOgRaphIE OUvRagES – D uhamel O., Droit

bIbLIOgRaphIE

OUvRagES

– Duhamel O., Droit constitutionnel et institutions politiques, Seuil, 2009. Un ouvrage clair et accessible sur les différents régimes politiques.

– Manin B., Principes du gouvernement représentatif, Flammarion, coll. Champs, 2008. On associe aujourd’hui démocratie et élections. Pourtant, dans la démocratie athénienne, c’est le tirage au sort qui paraissait l’instrument démocratique par excellence. C’est beaucoup plus tard, au tournant du xviii e siècle, en Europe et aux États-Unis, qu’un renversement va s’opérer, faisant advenir l’idée qu’une démocratie est, par essence, un gouvernement représentatif.

– Quermonne J.-L., Les régimes politiques occidentaux, Seuil, coll. Points, 2006. Un livre didactique pro- posant une analyse comparative éclairante.

– Sen A., La démocratie des autres, Payot, 2005. Un livre court, sous-titré « Pourquoi la démocratie n’est pas une invention de l’Occident », qui permet de relier la réflexion sur la démocratie à la question du développement et de montrer que la démocratie ne se limite pas à l’organisation d’élections libres.

276 Thème 1 Le système politique démocratique

SITOgRaphIE – http://www.assemblee-nationale.fr – http://www.dictionnaire-montesquieu.ens-lyon.fr/ Dictionnaire

SITOgRaphIE

http://www.assemblee-nationale.fr

http://www.dictionnaire-montesquieu.ens-lyon.fr/

Dictionnaire électronique pour approfondir la notion de séparation des pouvoirs.

http://www.parliament.uk/education/(en anglais) Présentation didactique du Parlement anglais.

http://www.revue-pouvoirs.fr/

Site de la Revue d’études constitutionnelles dont les archives sont en ligne.

http://www.senat.fr/

http://www.vie-publique.fr/

Sur les institutions françaises.

1
1

qu’est-ce qu’un régime démocratique ?

➜
DOC
DOC

1

DOC 1 L’opposition à la dictature militaire en Birmanie ➜ Manuel p. 12

L’opposition à la dictature militaire en Birmanie Manuel p. 12

Ce document permet d’aborder la question de la démocratie sous l’angle du pluralisme et des droits de l’opposition. La dépêche d’agence date de juin 2011. Entre-temps, la situation a pu changer en Birmanie. Ainsi, de nouvelles élections, organisées en avril 2012 et remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi (Ligue nationale pour la démocratie), ont permis à celle-ci d’obtenir son premier mandat officiel : celui de députée. Il peut être intéressant de prolonger l’étude de ce document par une recherche sur la situa- tion actuelle : comment la campagne et les élections se sont-elles déroulées ? Qui est au pouvoir ?

1. Aung San Suu Kyi est une femme politique birmane, elle dirige le principal parti de l’opposition, elle

a reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement. Elle a été de nombreuses fois assignée à résidence

par la dictature militaire au pouvoir.

2.

Le parti de l’opposition a été dissous, sa secrétaire générale et porte-parole a été placée en résidence

surveillée pendant les élections, la dictature veut la contraindre à fermer le siège du parti et lui interdire

d’envoyer des communiqués de presse.

3.

Le régime birman organise des élections, mais cela ne suffit pas à en faire une démocratie : les élec-

tions ne sont pas libres, les droits de l’opposition ne sont pas respectés, la compétition n’a rien d’équi-

table. Les élections ne sont donc ici qu’un simulacre, une mise en scène au cours de laquelle la dictature militaire se donne l’apparence d’un régime démocratique.

DOC
DOC

2

DOC 2 Pluralisme politique et libertés individuelles ➜ Manuel p. 12

Pluralisme politique et libertés individuelles Manuel p. 12

1.

Une démocratie doit garantir le pluralisme politique et la possibilité de débattre et délibérer libre-

ment entre citoyens.

2.

Les succès électoraux remportés par des dictateurs comme Staline ou Saddam Hussein illustrent le

fait que les élections n’ont aucune portée si elles ne s’accompagnent pas de débats publics libres.

3.

Une démocratie qui ne protège pas les libertés individuelles de ses citoyens n’est pas une démocratie.

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3

DOC 3 Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ➜ Manuel p.

Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple Manuel p. 13

1. Dans une démocratie directe, le pouvoir (notamment législatif) est exercé directement par les ci-

toyens qui se réunissent pour débattre et voter. Dans une démocratie représentative, les citoyens élisent des représentants à qui ils délèguent leur pouvoir de faire les lois.

2. Le fait de désigner des gouvernements par l’élection comporte des éléments aristocratiques : le pou-

voir n’est plus partagé à égalité entre les citoyens, mais détenu par une élite politique, les « quelques- uns » qui auront été jugés dignes de gouverner.

3. Les maires, les députés, les parlementaires européens sont élus par les citoyens pour les représenter.

Chapitre 1 Quelles sont les composantes institutionnelles des régimes démocratiques ?

277

DOC
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4

DOC 4 L’État de droit, condition de la démocratie ➜ Manuel p. 13 La notion d’État

L’État de droit, condition de la démocratie Manuel p. 13

La notion d’État de droit a été abordée en classe de première.

1. Dans une réelle démocratie, les droits et les libertés des citoyens sont protégés. On parle alors d’État

de droit. Les régimes autoritaires ou totalitaires en sont des contre-exemples.

2. La liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté de circulation, le droit de grève, la pro-

priété, la proportionnalité des peines.

3. Le principe du contrôle de constitutionnalité est de confier à un organe extérieur au Parlement la

tâche de vérifier que les textes de loi respectent la hiérarchie des normes et sont conformes à la Consti- tution qui se trouve à son sommet. En France, cette tâche est confiée au Conseil constitutionnel.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 13

La Constitution ne doit pas se contenter d’une désignation des représentants par l’élection. Elle doit veiller aux droits et aux libertés des citoyens, à la possibilité de débattre, aux droits de l’opposition, etc.

2
2

quelles sont les formes de séparation des pouvoirs ?

➜
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DOC

1

DOC 1 La confusion des pouvoirs ➜ Manuel p. 14

La confusion des pouvoirs Manuel p. 14

Les deux tableaux sont de Hyacinthe Rigaud. Le tableau représentant Louis XIV, achevé en 1701 et me- surant près de trois mètres de haut, se trouve au musée du Louvre. C’est une commande qui permet de comprendre comment Louis XIV souhaitait se mettre en scène. Le portrait de Louis XV, datant de 1727, est conservé au château de Versailles.

1.

Dans ces deux tableaux de grande dimension, Louis XIV et Louis XV sont représentés seuls, en pied,

au centre du tableau, occupant tout l’espace, dans une posture solennelle. Tous deux sont en costume de sacre. Le peintre utilise la même technique dans les deux tableaux : une marche au premier plan qui donne de la hauteur au personnage et le place sur une scène. C’est une mise en scène spectaculaire (le rideau rouge dans le tableau de gauche évoque un rideau de théâtre). À travers elle, on cherche à mar- quer les esprits. Des symboles du pouvoir sont utilisés : la couronne et la main de justice posées à côté d’eux rappellent le pouvoir judiciaire du roi ; les fleurs de lys rappellent Saint-Louis ; le sceptre, l’épée et la croix autour du cou rappellent le fondement religieux du pouvoir.

2. Tous les pouvoirs sont entre ses mains : exécutif, législatif et judiciaire.

3. Les démocraties contemporaines reposent sur le principe de séparation des pouvoirs. Un chef d’État

qui tiendrait de tels propos serait accusé d’abus de pouvoir.

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2

DOC 2 Le principe de séparation des pouvoirs théorisé par Montesquieu ➜ Manuel p. 14

Le principe de séparation des pouvoirs théorisé par Montesquieu Manuel p. 14

1. La puissance législative désigne le pouvoir de faire les lois : d’en débattre, de les corriger, de les voter,

de les abroger. La puissance exécutrice « des choses qui dépendent du droit des gens » désigne le pouvoir de diriger la police et l’armée, les relations internationales. La puissance exécutrice « des choses qui dépendent du droit civil », ou puissance de juger, désigne le pouvoir judiciaire, celui de juger, de régler les différends entre particuliers et de punir.

2. La puissance législative donne le pouvoir de faire les lois ; la puissance de juger donne le pouvoir de

punir ceux qui les transgressent.

3. La séparation des pouvoirs est une garantie pour les citoyens car elle permet d’éviter l’arbitraire du

pouvoir : des décisions prises selon le bon vouloir d’une seule personne sans souci de justice et d’équité. Elle permet d’éviter que ceux qui détiennent le pouvoir se comportent comme des tyrans.

278 Thème 1 Le système politique démocratique

DOC
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3

DOC 3 Le régime parlementaire anglais : une séparation souple des pouvoirs ➜ Manuel p. 15

Le régime parlementaire anglais : une séparation souple des pouvoirs Manuel p. 15

1.

Le régime parlementaire anglais présente une situation d’interdépendance. Il y a révocabilité mu-

tuelle des pouvoirs exécutif et législatif. Le gouvernement est responsable devant le Parlement, et la Chambre des représentants peut être dissoute par la reine à sa demande.

2.

Comme le Premier ministre, chef du gouvernement, est aussi le chef de la majorité parlementaire, il

concentre entre ses mains le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.

3.

La séparation peut être qualifiée de souple car il y a collaboration entre le Parlement et le cabinet, les

pouvoirs exécutif et législatif sont mêlés.

DOC
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4

DOC 4 Le régime présidentiel américain : une séparation stricte des pouvoirs ➜ Manuel p. 15

Le régime présidentiel américain : une séparation stricte des pouvoirs Manuel p. 15

1. Les pères fondateurs voulaient un président puissant capable de diriger le pays, mais dont la puis-

sance ne soit pas sans limites.

2. Le Congrès n’a pas la possibilité de révoquer le président, le président ne peut dissoudre le Sénat ou la

Chambre des représentants. Ils peuvent donc être de tendance politique opposée sans pouvoir changer la situation (ainsi, en 2006, lors des élections de mi-mandat du président Bush – républicain –, la Chambre des représentants a basculé en faveur des démocrates. Il s’est produit la même chose en 2010 pour les élections de mi-mandat du président Obama : la Chambre des représentants a basculé en faveur des ré- publicains). Par conséquent, ils doivent travailler ensemble malgré leurs différends éventuels sous peine de blocage politique. Le compromis est donc bien la conséquence de la stricte séparation des pouvoirs.

3. Le Congrès est un contrepoids au pouvoir du président. Le pouvoir du Congrès sur le président s’exerce

par un contrôle parlementaire et par le recours éventuel à la procédure d’impeachment. Le contrôle par-

lementaire est assuré par des commissions permanentes qui siègent sans interruption, sont ouvertes au public et peuvent se faire communiquer tout document.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 15

Les trois fonctions de l’État (exécutive, législative et juridictionnelle) doivent être exercées par des organes distincts. Théorisé par Montesquieu. Régime présidentiel américain : le président détient le pouvoir exécutif et le Congrès détient le pouvoir législatif. Régime parlementaire anglais : le Premier ministre est le chef du gouvernement et le chef de la majorité parlementaire.

3 la france, un régime politique hybride ? ➜ DOC 1 Le président français :
3
la france, un régime politique hybride ?
DOC
1
Le président français : un « monarque républicain » ? ➜ Manuel p. 16

L’expression « monarque républicain » est empruntée à Maurice Duverger qui l’a utilisée pour décrire le rôle du président de la République sous la V e République.

1. Les portraits présidentiels s’inscrivent dans une longue tradition (voir le portrait de Louis XIV par

Rigaud, page 14). Les premiers portent l’habit de cérémonie, la personne s’efface derrière la fonction, le regard est grave, la distance avec le spectateur est grande. Par la suite, les différents présidents cherche- ront à marquer leur différence (Chirac dans les jardins de l’Élysée, Mitterrand en lecteur). Néanmoins, la bibliothèque du palais de l’Élysée reste un décor privilégié. On peut étudier l’usage du drapeau, l’expres- sion du visage, le regard, les plans plus ou moins rapprochés.

2. Sa légitimité vient de son élection au suffrage universel direct.

Chapitre 1 Quelles sont les composantes institutionnelles des régimes démocratiques ?

279

3.

Le portrait officiel du président de la République est un élément important qui contribue à donner

une image à la fonction présidentielle. C’est ce portrait que l’on retrouve dans de nombreuses adminis- trations et dans les mairies. La fonction de ce portrait est d’incarner le pouvoir et de le personnaliser. Il

s’agit d’une mise en scène qui vise à produire un effet sur les spectateurs.

4. On retrouve les codes des portraits des souverains : une personne seule, occupant tout l’espace, in-

carnant le pouvoir et la nation.

DOC
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2

DOC 2 Quel rôle pour le président : arbitre ou chef de gouvernement ? ➜ Manuel

Quel rôle pour le président : arbitre ou chef de gouvernement ? Manuel p. 16

Le texte est un plaidoyer pour le passage à une VI e République.

1. Exemple possible : un journal télévisé où le président présente et défend l’action du gouvernement.

2. La présidentialisation de la V e République entraîne un déséquilibre : le président a plus de pouvoir,

mais il n’est pas responsable devant le Parlement. Il ne joue plus le rôle d’arbitre au-dessus des partis

que lui avaient confié les rédacteurs de la Constitution.

3.

Il s’agit de laisser le Premier ministre être chef du gouvernement et de retirer au président de la Répu-

blique les compétences lui permettant de gouverner, notamment en fixant l’ordre du jour du Conseil des

 

ministres.

DOC
DOC

3

DOC 3 Les règles du jeu institutionnel français ➜ Manuel p. 17

Les règles du jeu institutionnel français Manuel p. 17

1.

Possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale pour le chef de l’État ; possibilité de renverser le gou-

vernement pour l’Assemblée. À représenter schématiquement avec deux flèches.

2. La responsabilité politique, c’est le fait de pouvoir être contraint à la démission (voir encadré, page 16).

3. Elle lui a donné une légitimité populaire.

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4

DOC 4 La France : un régime semi-présidentiel ➜ Manuel p. 17

La France : un régime semi-présidentiel Manuel p. 17

1. Le président est élu au suffrage universel, comme dans le régime présidentiel. Il existe un Premier

ministre nommé en fonction de la majorité parlementaire et responsable devant le Parlement, comme

dans le régime parlementaire.

2. Si la majorité au Parlement n’est pas de la même tendance politique que le président, on parle de

« cohabitation ». F. Mitterrand et J. Chirac ont connu cette situation lorsqu’ils étaient présidents.

3. Il emprunte des éléments aux deux régimes : la désignation du président au suffrage universel, les

relations du Premier ministre avec le Parlement. C’est donc bien un régime hybride.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 17

Régime présidentiel :

• Le président est élu au suffrage universel

• Le président n’est pas responsable politiquement devant le Parlement

• Il y a une stricte séparation des pouvoirs

• Le président est à la fois le chef de l’État et le chef du gouvernement

Régime parlementaire :

• Le Premier ministre est à la fois chef du gouvernement et chef de la majorité parlementaire

Régime semi-présidentiel :

• Le président est élu au suffrage universel

• Le président n’est pas responsable politiquement devant le Parlement

• Le Premier ministre est à la fois chef du gouvernement et chef de la majorité parlementaire

280 Thème 1 Le système politique démocratique

vERS LE baC /

ExERCICES pOUR RÉvISER

Manuel p. 20

eXercice 1
eXercice
1

1. a et c – 2. a et d – 3. c et d – 4. b et d (Abraham Lincoln était président des États-Unis).

eXercice 2
eXercice
2

1. Vrai. Pour être une démocratie, un régime politique doit garantir les libertés individuelles de ses

citoyens.

2. Faux. Aux États-Unis, le gouvernement n’est pas responsable devant le Parlement.

3. Vrai. C’est l’un des critères de définition du régime présidentiel.

4. Faux. Le Premier ministre anglais est le chef de la majorité parlementaire et le chef du gouvernement,

ce qui lui donne un pouvoir équivalent à celui du président américain, et parfois supérieur.

eXercice 3 – Régime parlementaire :
eXercice
3
– Régime parlementaire :

Flèches (de gauche à droite) : pouvoir de dissolution, suffrage universel, pouvoir de contraindre à la

démission.

– Régime présidentiel :

Flèches (de gauche à droite) : suffrage universel, suffrage universel.

– Régime semi-présidentiel :

Flèches (de gauche à droite) : pouvoir de dissolution, suffrage universel, pouvoir de contraindre à la

démission, suffrage universel.

vERS LE baC /

vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER ➜ M a n u e l p p

SUjETS pOUR S’ENTRaîNER Manuel pp. 21-22

vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER ➜ M a n u e l p p
vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER ➜ M a n u e l p p
vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER ➜ M a n u e l p p
vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER ➜ M a n u e l p p
vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER ➜ M a n u e l p p
SUjET 1 ➜ Manuel p. 21 Suggestion de plan
SUjET 1
Manuel p. 21
Suggestion de plan

I. Le régime politique français emprunte des traits caractéristiques du régime parlementaire.

a. Le chef de l’État a la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale. C’est ce que fait F. Mitterrand

lorsqu’il est élu en 1981. Cela lui permet d’avoir une majorité et un gouvernement de la même ten- dance politique que la sienne.

b. En retour, le Premier ministre et son gouvernement sont responsables devant le Parlement.

II. Mais il présente aussi certaines caractéristiques du régime présidentiel.

L’élection du président au suffrage universel, « trait le plus saillant du régime présidentiel ».

III. N’appartenant ni à la première catégorie, ni à la seconde, le régime politique français peut être

qualifié de semi-présidentiel.

SUjET 2 ➜ Manuel p. 22 Suggestion de plan
SUjET 2
Manuel p. 22
Suggestion de plan

I. Un président et un Congrès dotés chacun d’une forte légitimité. La puissance donnée au président est

contrebalancée par le pouvoir de contrôle du Congrès.

II. Une stricte séparation des pouvoirs (irrévocabilité mutuelle).

III. Une relation de collaboration forcée.

Chapitre 1 Quelles sont les composantes institutionnelles des régimes démocratiques ?

281

Chapitre 2
Chapitre
2

Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?

➜
s’organise la compétition politique en démocratie ? ➜ ObjECTIfS pÉDagOgIQUES Après avoir montré la diversité

ObjECTIfS pÉDagOgIQUES

Après avoir montré la diversité des régimes possibles dans un système politique démocratique, il s’agit dans ce chapitre de mettre en évidence ce qui fait la spécificité des démocraties pluralistes. En effet, alors que, dans les régimes totalitaires, un parti unique encadre la population pour la sou- mettre à une domination totale, dans les démocraties pluralistes, la compétition politique prend la forme d’une compétition entre partis pour la conquête du pouvoir. Comprendre le fonctionnement des démocraties suppose donc d’analyser cette compétition et de mettre en évidence le rôle des par- tis politiques dans les démocraties contemporaines.

La question des modes de scrutin est une question classique en science politique depuis les travaux fondateurs de Maurice Duverger. La question de la parité et des démocraties délibérative et parti- cipative est plus récente, mais fait l’objet d’un travail de recherche important en science politique aujourd’hui.

Le chapitre suit dans sa progression et son découpage les indications complémentaires du pro- gramme. Le thème des partis politiques sera à nouveau traité dans le chapitre 3.

politiques sera à nouveau traité dans le chapitre 3. bIbLIOgRaphIE OUvRagES – B ereni Laure, C

bIbLIOgRaphIE

OUvRagES

– Bereni Laure, Chauvin Sébastien, Jaunait Alexandre, revillard Anne, Introduction aux Gender Studies. Manuel des études sur le genre, De Boeck, 2008. Précieux ouvrage de synthèse qui fait preuve d’une grande fermeté théorique et qui tient compte des recherches les plus récentes.

dormagen Jean-Yves, MouChard Daniel, Introduction à la science politique, De Boeck, 2010. Manuel à

destination des étudiants de licence, clair et bien rédigé. Le chapitre 7 consacré aux partis politiques et le chapitre 8 consacré aux professionnels de la politique peuvent être lus avec profit pour traiter ce chapitre.

– Sintomer Yves, BaCQuÉ Marie-Hélène (dir.), La démocratie participative. Histoire et généalogie, La Dé- couverte, 2011.

REvUES

– Marin Bernard, « Volonté générale ou délibération ? Esquisse d’une théorie de la délibération poli-

tique », Le Débat, 33, 1985. Sur les différentes formes de démocratie, l’article de Bernard Manin est considéré comme fondateur.

– Manin Bernard, « L’idée de démocratie délibérative dans la science politique contemporaine. Intro- duction, généalogie et éléments critiques », Politix, 57, 2002 (article disponible sur le site de Persée). Bernard Manin revient sur la réception de cet article aux États-Unis et en Europe, et sur les évolutions de la recherche autour de cette notion dans un entretien avec la revue.

282

autour de cette notion dans un entretien avec la revue. 282 SITOgRaphIE – http://www.ina.fr/politique . Le

SITOgRaphIE

– http://www.ina.fr/politique. Le site de l’INA contient de nombreuses archives sur les campagnes électorales et les discours politiques.

Thème 1 Le système politique démocratique

fILMOgRaphIE – Duels présidentiels. L’intégrale des débats de l’entre-deux-tours (1974-2002), coffret 3 DVD,

fILMOgRaphIE

Duels présidentiels. L’intégrale des débats de l’entre-deux-tours (1974-2002), coffret 3 DVD, INA.

1974. Une partie de campagne, film documentaire de Raymond DePardon sur la campagne de Valéry Giscard

d’Estaing.

Primary, film documentaire de Robert DreW et Richard LeaCoCK sur les élections primaires du Parti démo- crate entre John F. Kennedy et Hubert Humphrey.

1 quels sont les enjeux de la compétition électorale ? DOC 1 L’important, c’est de
1
quels sont les enjeux de la compétition électorale ?
DOC
1
L’important, c’est de gagner ? ➜ Manuel p. 24
➜

1. Les points communs entre ces deux compétitions sportive et électorale : souci d’équité, souci de ré-

duire les fraudes, recours à la violence prohibé, plusieurs équipes s’affrontent, réflexion stratégique pour gagner, le public peut se passionner pour l’enjeu de ces compétitions, jeu des pronostics, joie de la victoire, l’issue de la compétition désigne des gagnants et des perdants, rôle des médias (la politique et le sport comme spectacle), rôle du financement. Les différences : l’enjeu n’est pas le même (gagner un championnat, être désigné pour gouverner le pays), dans la compétition politique, ce sont des idées, des programmes, des systèmes de valeurs qui s’affrontent. Il y a derrière le candidat l’appareil d’un parti et ses adhérents. Ce sont les électeurs qui tranchent.

2. Dans la compétition électorale, la sélection du candidat peut être opérée par les cadres du parti, par

les militants du parti (modèle des primaires américaines), par les citoyens de la tendance politique du parti (modèle des primaires organisées par le Parti socialiste). La compétition est arbitrée par le Conseil

constitutionnel qui veille au respect des règles (ex : dépôt des « 500 signatures » pour être candidat à l’élection présidentielle) et par les citoyens qui voteront le jour de l’élection.

3. Pour que la compétition soit équitable, il faut garantir une presse libre, un accès équitable aux médias

et le respect du pluralisme (plusieurs partis politiques doivent pouvoir se présenter).

DOC
DOC

2

DOC 2 La compétition politique : une conquête du pouvoir sans les armes ➜ Manuel p.

La compétition politique : une conquête du pouvoir sans les armes Manuel p. 24

1.

Les démocraties organisent l’accès aux positions de pouvoir par l’élection, sans recours à la force. On

ne prend pas le pouvoir les armes à la main. L’affrontement entre les candidats est pacifique. C’est ce qui fait la singularité des régimes démocratiques dans l’histoire.

2.

Coup d’État de Mussolini qui prend le pouvoir en Italie en 1922 à la suite de la Marche sur Rome. Coup

d’État du 11 septembre 1973 en Argentine dans lequel Augusto Pinochet prend le pouvoir par la force pour instaurer une dictature militaire, le président Salvador Allende se donne la mort alors que les puts- chistes attaquent le palais présidentiel.

3.

Le mot « naturelles » est mis entre guillemets pour souligner que ces règles n’ont justement rien de

naturel. Un long processus de mise en place et d’acceptation de ces règles par les citoyens est nécessaire

pour qu’elles leur semblent évidentes et ne soient plus remises en question. Ce processus est qualifié en sociologie de processus d’institutionnalisation.

DOC
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3

DOC 3 Une compétition ouverte qui nécessite le respect du pluralisme ➜ Manuel p. 25

Une compétition ouverte qui nécessite le respect du pluralisme Manuel p. 25

1.

Objectif d’égalité entre les candidats : mise à disposition des salles communales, panneaux électo-

raux. Objectif de régularité de l’élection : respect des horaires, clés pour fermer l’urne, vérification du matériel.

2. Sur la photo, des panneaux électoraux. Chaque candidat dispose donc exactement de la même surface

pour coller son affiche. Tous les candidats sont présentés les uns à côté des autres. Cette photo illustre

donc bien le pluralisme politique, c’est-à-dire la diversité des opinions et le fait que plusieurs partis soient en concurrence dans la compétition électorale.

Chapitre 2 Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?

283

DOC
DOC

4

DOC 4 Un accès libre et équitable aux médias ➜ Manuel p. 25 Ce document du

Un accès libre et équitable aux médias Manuel p. 25

Ce document du CSA porte sur le respect du pluralisme en temps normal, c’est-à-dire en dehors des élec- tions. Lors des deux semaines qui précèdent l’élection présidentielle, l’égalité des temps de parole entre les candidats et leurs représentants doit être totale. Ce n’est pas le cas de figure qui est présenté ici. Pour comprendre le schéma et les données chiffrées présentes dans l’article, il faut savoir que 100 % cor- respond au temps de parole cumulé du « bloc majorité » et du président lorsqu’il s’exprime sur les sujets de politique nationale. Si l’opposition a un temps de parole de 120 %, cela signifie que son temps était supérieur de 20 % à celui de la majorité et du président. Si l’opposition a un temps de parole de 90 %, cela signifie que son temps était inférieur de 10 % à celui du gouvernement et du président.

1. D’après le CSA, si l’opposition a eu un temps de parole correspondant au minimum à 50 % du temps

accordé dans les médias à la majorité présidentielle, on considère que le pluralisme est respecté.

2. 100 %.

3. L’accès aux médias est un enjeu démocratique, car c’est en accédant aux médias que les différents

partis politiques vont pouvoir nourrir le débat démocratique et discuter les décisions prises par le gou- vernement.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 25

Caractéristiques

Contre-exemples

Une compétition pacifique

Prendre le pouvoir par la force, un coup d’État

Un pluralisme politique

Un parti unique se présentant à l’élection

Une compétition équitable

Des fraudes électorales

2
2

quel rôle jouent les partis dans la compétition électorale ?

➜
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1

DOC 1 Des élections sans partis ➜ Manuel p. 26

Des élections sans partis Manuel p. 26

Alexis de Tocqueville appartient à la vieille noblesse normande. Ce texte célèbre dans lequel il fait le récit de son élection comme député permet de documenter les débuts du suffrage universel. Tocqueville en effet se présente sans parti ; sa réputation, son statut de notable, la relation qui l’unit à la population sont des ressources politiques suffisantes pour être élu.

1.

C’est la relation d’un seigneur aux gens qui vivent sur ses terres ou d’un berger à son troupeau : rela-

tion marquée par le respect et l’obéissance. Ils l’écoutent, le respectent et suivent ses consignes. Il est en position de supériorité bien qu’il ait l’intelligence de ne pas le montrer (il reste à son rang).

2.

La plupart des électeurs votent pour la première fois. Le vote n’est pas pour eux un choix individuel,

c’est l’acte d’un groupe, un acte d’allégeance (ils forment une procession, ils votent en groupe). L’auto- rité du notable n’est pas contestée. Il était donc prévisible que Tocqueville qui était connu de tous allait recevoir la majorité des suffrages.

3.

Aujourd’hui, les électeurs ne vont plus voter en groupe. Voter est devenu un acte individuel. L’isoloir

en est le symbole.

DOC
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2

DOC 2 Les partis politiques, enfants de la démocratie et du suffrage universel ➜ Manuel p.

Les partis politiques, enfants de la démocratie et du suffrage universel Manuel p. 26

1. Un notable est une personne qui se trouve à un rang élevé dans la hiérarchie sociale et qui, à ce titre,

est considéré comme « important » et peut donc exercer une influence sur la population.

2. Le suffrage universel transforme la compétition électorale car il modifie la relation des élus à leurs

électeurs. Désormais, celui qui se présente ne peut matériellement plus connaître personnellement ceux qui vont l’élire. Il devra donc « conquérir » leur suffrage en utilisant de nouvelles méthodes.

284 Thème 1 Le système politique démocratique

3.

Dans les partis ouvriers, les leaders sont des avocats, des instituteurs, des journalistes ; à la différence

des notables, ils n’ont pas de capitaux individuels : pas ou peu de notoriété, pas de « noms » connus, pas

ou peu de capitaux économiques pour financer la campagne. C’est sur le nom du parti, sur les ressources financières du parti qu’ils pourront faire campagne et espérer l’emporter.

DOC
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3

DOC 3 Les différentes procédures de désignation des candidats par les partis ➜ Manuel p. 27

Les différentes procédures de désignation des candidats par les partis Manuel p. 27

1.

Première modalité : le candidat est investi par les militants du parti (la « base ») ; deuxième modalité :

le candidat est investi par les états-majors des partis.

2.

Aux États-Unis, le candidat républicain à la présidentielle a été désigné par les militants à la suite

d’une série de primaires (même chose pour Éva Joly, candidate d’Europe-Écologie, les Verts en France). Pour les élections législatives en France, les candidats du PS et de l’UMP sont désignés par les instances dirigeantes des deux partis.

3.

Avantage : désignation démocratique qui valorise les militants en donnant de l’importance à leur

choix. Désavantage : le candidat choisi par les militants n’est pas forcément celui qui convaincra l’ensemble des électeurs.

DOC
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4

DOC 4 Des campagnes stratégiques et coûteuses ➜ Manuel p. 27

Des campagnes stratégiques et coûteuses Manuel p. 27

1. La campagne du Parti démocrate se concentre sur les États qui pourraient basculer (les swing States)

et sur les États déjà acquis aux républicains. Elle délaisse les États traditionnellement démocrates.

2. Le terme de « machine » désigne à la fois les militants, les ressources financières, la capacité d’action

du parti. Elle suggère la dimension technique et collective de l’élection. Le candidat ne gagnera pas l’élection seule, mais appuyé sur la « machine » du parti qui seule peut l’emmener vers la victoire.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 27

Extension du suffrage Processus de démocratisation
Extension
du suffrage
Processus
de démocratisation
p. 27 Extension du suffrage Processus de démocratisation Sélection des candidats Rôle central des partis
p. 27 Extension du suffrage Processus de démocratisation Sélection des candidats Rôle central des partis
Sélection des candidats
Sélection
des candidats
27 Extension du suffrage Processus de démocratisation Sélection des candidats Rôle central des partis politiques
27 Extension du suffrage Processus de démocratisation Sélection des candidats Rôle central des partis politiques
Rôle central des partis politiques
Rôle central des
partis politiques
3 quels sont les effets des modes de scrutin ? DOC 1 Les principaux modes
3
quels sont les effets des modes de scrutin ?
DOC
1
Les principaux modes de scrutin ➜ Manuel p. 28
➜

1. Un mode de scrutin, c’est une règle électorale qui transforme les voix des électeurs en sièges des élus.

2. Dans un scrutin majoritaire à un tour, il n’est pas nécessaire d’avoir la majorité des voix pour être élu,

le plus grand nombre de voix suffit pour être élu.

3. Le scrutin proportionnel semble le plus équitable car il accorde des sièges en proportion des voix

obtenues. La distorsion opérée est plus faible que celle du scrutin majoritaire.

DOC
DOC

2

est plus faible que celle du scrutin majoritaire. DOC 2 Le mode de scrutin majoritaire favorise

Le mode de scrutin majoritaire favorise la bipolarisation de la vie politique Manuel p. 28

1. En 2007, l’UMP avait recueilli 40 % des suffrages exprimés et obtenu 55 % des sièges à l’Assemblée

nationale.

2. Le scrutin majoritaire favorise les grands partis et donne une prime au parti arrivé en tête (29 points

d’écart en faveur de l’UMP entre la part des voix et la part des sièges en 2002 ; 20 points d’écart en faveur du PS en 1997). Les petits partis sont défavorisés (écart de – 1 point pour le PC et de – 4 points pour le FN).

Chapitre 2 Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?

285

3.

En favorisant les deux grands partis, le PS et l’UMP, le scrutin majoritaire conduit à une bipolarisation

de la vie politique. Elle est structurée autour de ces deux partis. En outre, le scrutin majoritaire, parce qu’il renforce la tendance exprimée dans les suffrages, facilite la construction d’une majorité stable : le parti arrivé en tête n’a pas besoin de négocier une coalition avec d’autres partis pour être majoritaire et désigner un gouvernement.

4. Les avantages : le scrutin majoritaire permet de construire une majorité stable et cohérente pour

gouverner, il protège la vie politique de l’instabilité des gouvernements (dérive de la IV e République). Les

inconvénients : le scrutin majoritaire donne une image déformée des suffrages des électeurs, il désavan- tage les petits partis, ce qui peut affaiblir la démocratie.

DOC
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3

DOC 3 Le mode de scrutin proportionnel : une représentation plus juste ? ➜ Manuel p.

Le mode de scrutin proportionnel : une représentation plus juste ? Manuel p. 29

1.

Le FN avait obtenu un siège aux élections législatives de 1997. Avec un scrutin proportionnel, il en

aurait obtenu 92 de plus, soit : 93 sièges de députés.

2.

Le mode de scrutin majoritaire avantage les grands partis et donne une prime au parti qui arrive en

tête ; ils perdent cet avantage avec la représentation proportionnelle. C’est pourquoi le PS aurait perdu 26 sièges et le RPR 24 sièges avec un changement de mode de scrutin.

3.

Aucune majorité ne se dessine à l’issue des élections (il faudrait 288 sièges pour avoir la majorité).

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4

DOC 4 Les effets politiques des modes de scrutin ➜ Manuel p. 29

Les effets politiques des modes de scrutin Manuel p. 29

1. Voir ci-dessous dans Faire le bilan.

2. Si l’on ne raisonne plus théoriquement en imaginant une grande circonscription dotée d’un nombre

important de sièges, sans règle de seuil, on s’aperçoit que la représentation proportionnelle n’aboutira pas nécessairement en pratique à une représentation des électeurs à proportion des suffrages exprimés. En effet, en fonction de la taille des circonscriptions, ou bien en fonction des seuils fixés pour avoir des représentants (par exemple un seuil de 5 % des suffrages), des distorsions seront opérées dans le pas- sage des voix aux sièges, ce qui limitera la fragmentation partisane.

3. Exemple : la « Gauche plurielle », alliance de partis de gauche de 1997 à 2007, formée autour du gou-

vernement de Lionel Jospin, comprenait le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste, le Mouvement

des citoyens, le Parti radical de gauche.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 29

 

Scrutin majoritaire

Scrutin proportionnel

Effets

Amplifie le succès du parti vainqueur.

Reproduit la diversité politique des suffrages exprimés.

mathématiques

Avantages

Limite la fragmentation partisane, favorise la formation de majorités stables et cohérentes.

Une représentation plus juste des citoyens.

Inconvénients

Une déformation du suffrage, un affaiblissement des petits partis, une bipolarisation de la vie politique.

Un multipartisme anarchique, une instabilité gouvernementale.

286 Thème 1 Le système politique démocratique

4
4

comment expliquer la sous-représentation politique des femmes ?

➜
DOC
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1

DOC 1 Le sexisme ordinaire du monde politique ➜ Manuel p. 30

Le sexisme ordinaire du monde politique Manuel p. 30

1.

Le sexisme se manifeste par des remarques déplacées, une manière d’être réduite à son corps ou sa

façon de s’habiller, de la condescendance (être appelée par son prénom), une mise en doute des compé- tences et de l’intelligence (la « blonde »).

2.

Les femmes politiques sont sans cesse ramenées à leur rôle de séductrice ou de mère. Les hommes

politiques, même lorsqu’ils sont père de famille, ne sont pas interrogés sur leurs enfants. On s’adresse à eux de façon respectueuse en utilisant leur titre alors qu’on a tendance à appeler les femmes politiques par leur prénom, ce qui est une manière de les dévaloriser.

3.

Ce sexisme du monde politique s’explique par le fait que la politique a longtemps été un domaine

exclusivement masculin, dont les femmes étaient exclues (elles n’étaient ni électrices ni éligibles). En plus d’être majoritairement masculin, le monde politique est aussi âgé et peut être marqué par des repré- sentations traditionnelles des femmes.

DOC
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2

DOC 2 À quand la parité ? ➜ Manuel p. 30

À quand la parité ? Manuel p. 30

1. 45 % des députés sont des femmes en Suède, contre 18,9 % en France, soit plus de deux fois moins.

2. Les femmes sont sous-représentées notamment au Parlement. Alors qu’elles représentent plus de

50 % de l’électorat, 18,5 % seulement des députés étaient des femmes dans la chambre élue en 2007, 21,8 % des sénateurs étaient des femmes dans la chambre élue en 2011. La France se situe en dessous de la moyenne européenne et en dessous de la moyenne mondiale, s’agissant de la part des femmes dans la chambre basse du Parlement.

3.

Le manque d’expérience des femmes dans le monde politique ainsi que le sexisme mis en évidence

avec le document 1 peuvent expliquer la sous-représentation politique des femmes. L’intériorisation par les femmes d’un rôle subordonné peut aussi être mobilisée (poids de la socialisation différenciée vue en classe de Première). La longue exclusion des femmes de la politique en France peut également être un facteur d’explication (la situation est différente en Suède par exemple). À ce titre, la croyance dans l’universalisme républicain, qui suppose de ne pas faire de différences entre les citoyens, a pu rendre aveugle aux discriminations spécifiques dont étaient victimes les femmes. Le dispositif prévu par la loi sur la parité peut à ce titre sembler insuffisant puisqu’il n’est que peu contraignant pour les élections législatives.

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3

DOC 3 Distribution inégale des ressources politiques et biais liés au genre ➜ Manuel p. 31

Distribution inégale des ressources politiques et biais liés au genre Manuel p. 31

1.

Les hommes ont des caractéristiques objectives qui les placent dans une meilleure position dans la

compétition politique : plus d’expérience (ils ont plus souvent que les femmes exercé des responsabilités politiques) et donc plus de notoriété et plus de relations. Or, expérience, notoriété et réseau sont des ressources politiques qui augmentent les chances d’être sélectionné et de gagner l’élection.

2.

Le poids des stéréotypes peut aussi expliquer la sous-représentation politique des femmes. Les

femmes seraient de par leur « nature » féminine dépourvues des qualités nécessaires pour réussir en po- litique : le charisme, les qualités d’orateur, la combativité, la maîtrise technique. En creux, il se dessine

un portrait peu flatteur des femmes : incompétentes techniquement, faibles, enfermées dans leur vie de famille et leur vie privée.

3.

Les exemples sont nombreux. Simone Weil, Christine Taubira, Hillary Clinton, Martine Aubry, Marga-

ret Thatcher, Angela Merkel, Nathalie Kosciusko-Morizet, Najat Vallaud-Belkacem, Marielle de Sarnez, Christine Lagarde.

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4

DOC 4 Le bilan de la loi sur la parité ➜ Manuel p. 31

Le bilan de la loi sur la parité Manuel p. 31

1. La France est au 66 e rang mondial du classement de féminisation des chambres basses (l’article date

de 2010, en 2011, la France se trouve au 61 e rang mondial, cf. tableau du document 2, p. 30), elle est au 19 e rang européen.

Chapitre 2 Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?

287

2.

Certains partis préfèrent payer des amendes plutôt que respecter l’obligation de présenter 50 % de

candidates aux élections législatives. En outre, les femmes candidates le sont souvent dans des circons- criptions où l’on anticipe une défaite, ce qui fait que l’augmentation de la part de femmes candidates ne se répercute pas en augmentation de la part des femmes députées. Ainsi, l’esprit et la lettre de la loi ont été contournés.

3. On peut imaginer une loi plus contraignante en supprimant la possibilité de payer des amendes et en

appliquant aux élections législatives les mêmes règles que pour les élections au Parlement européen :

ainsi, un parti qui ne présenterait pas un quota de 50 % de femmes ne pourrait se présenter aux élections.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 31

Ce discours pourrait contenir les éléments suivants :

– des progrès (les conseils régionaux, le Parlement européen) ;

– la persistance d’une sous-représentation des femmes (avec des éléments de comparaison internationale) ;

– les limites de la loi sur la parité ;

– des nouvelles perspectives.

5
5

quelle est la place de la démocratie délibérative

➜

ou participative en europe ?

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1

DOC 1 Le vote du budget participatif lycéen ➜ Manuel p. 32

Le vote du budget participatif lycéen Manuel p. 32

1. Un budget participatif, c’est un ensemble de dépenses décidées par les usagers eux-mêmes.

2. Dans le cas de Porto Alegre, le budget participatif a permis à la ville et à ses habitants de connaître un

véritable développement économique et social. De façon générale, on peut penser que la participation des citoyens aux décisions sur les dépenses qui les concernent directement devrait permettre de prendre de meilleures décisions, de gagner en efficacité.

3.

Ce dispositif est démocratique car il repose sur la participation des citoyens à égalité. Ce ne sont pas

des représentants politiques ou des experts qui prennent la décision.

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2

DOC 2 Démocratie délibérative, démocratie participative : quelles différences ? ➜ Manuel p. 32

Démocratie délibérative, démocratie participative : quelles différences ? Manuel p. 32

1.

La démocratie ne se limite pas à l’acte de vote pour désigner un représentant : c’est aussi le débat, la

discussion argumentée entre citoyens qui fait la force d’une démocratie.

2.

La démocratie représentative désigne un régime politique où les citoyens délèguent la prise de déci-

sion à des représentants élus. La démocratie participative repose en revanche sur une participation di- recte des citoyens à la gestion des affaires publiques. Enfin, la démocratie délibérative valorise le débat argumenté et la délibération entre citoyens.

3.

L’Assemblée nationale, une assemblée générale dans un mouvement social, la délibération des juges

au moment de décider d’une sanction au tribunal correctionnel sont des exemples de démocratie délibé-

rative : la délibération y est valorisée, on cherche à convaincre, on confronte des points de vue.

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3

DOC 3 En Espagne, une méthode délibérative pour gérer une ressource rare ➜ Manuel p. 33

En Espagne, une méthode délibérative pour gérer une ressource rare Manuel p. 33

1. Ce dispositif porte sur la gestion de l’eau dans une région aride.

2. Les citoyens ont été associés à la décision politique : un échantillon représentatif de citoyens ont

participé à un forum rassemblant des groupes d’intérêt et des experts, ils ont été informés et ont pu délibérer des solutions à apporter au problème de la rareté de l’eau dans la région.

3. Les idées que se faisaient les citoyens ont été modifiées par la délibération : c’est l’économie d’eau

dans l’agriculture qui est désormais la solution privilégiée.

288 Thème 1 Le système politique démocratique

DOC
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4

Un approfondissement de la démocratie représentative ? ➜ Manuel p. 33 Manuel p. 33

1. Du fait de la taille de la population, les démocraties modernes ne peuvent organiser une grande dis-

cussion publique, comme le faisait la démocratie athénienne.

2. La démocratie participative permet de surmonter les limites de la démocratie représentative : elle

permet de faire participer aux débats les citoyens et de faire entendre à leurs représentants comment les

décisions qu’ils prennent vont les affecter.

3. D’après Bernard Manin, il ne faut pas opposer ces deux formes de démocratie : elles sont complémen-

taires, la démocratie participative permet d’approfondir la démocratie représentative : de la rendre plus efficace et de rendre ses citoyens plus actifs.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 33

1. Démocratie participative.

2. Démocratie délibérative.

3. Démocratie délibérative et représentative.

vERS LE baC /

ExERCICES pOUR RÉvISER

Manuel p. 36

eXercice 1
eXercice
1

1. Vrai – 2. Vrai – 3. Faux – 4. Faux – 5. Faux – 6. Vrai.

eXercice 2 1. Le rôle des partis.
eXercice
2
1. Le rôle des partis.

2. La démocratie comme compétition politique.

3. Les biais liés au genre.

4. La démocratie comme compétition politique.

eXercice 3
eXercice
3

1. L’UMP obtient 54,25 % des sièges contre 32,24 % pour le PS.

2. Il y a une prime au parti arrivé en tête, ce qui permet à l’UMP d’être majoritaire à l’Assemblée sans

avoir besoin de faire d’alliance. En revanche, les petits partis apparaissent désavantagés.

3. L’UMP n’a pas besoin de faire d’alliance pour être majoritaire : c’est la garantie d’une majorité stable

et cohérente (pas d’alliance, donc pas de compromis à nouer autour des programmes). La vie politique française apparaît en outre structurée autour de deux grands partis : le PS et l’UMP. Les autres ne sont pas en situation de rassembler suffisamment d’électeurs pour pouvoir espérer gouverner. On peut parler de bipolarisation de la vie politique.

Chapitre 2 Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?

289

vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER

Manuel pp. 37-38

➜ M a n u e l p p . 3 7 - 3 8 SUjET
SUjET 1 ➜
SUjET 1

Manuel p. 37

Éléments de réponse Le document 1 met en évidence un décalage. La part des femmes candidates a augmenté fortement. C’est un effet de la loi sur la parité qui sanctionne les partis qui ne présentent pas autant d’hommes que de

femmes. En revanche, la part des femmes députées reste faible, même si elle est en augmentation. Cela permet de souligner une stratégie de contournement de la loi par les partis : les femmes sont souvent présentées comme candidates dans des circonscriptions difficiles à gagner, ce qui explique ce décalage. Le document 2 ne porte pas directement sur la parité en politique. C’est un extrait de La Domination masculine de Pierre Bourdieu qui permet d’éclairer les stéréotypes auxquels s’affrontent les femmes. Suggestion de plan pour structurer la réponse :

– premier obstacle : le poids des stéréotypes sexués ;

– deuxième obstacle : les stratégies de contournement des partis politiques.

SUjET 2 ➜
SUjET 2

Manuel p. 38

Éléments de réponse Le sujet doit être traité en articulant la question de la démocratie participative à l’idée d’une « crise » de la démocratie participative. Voici les idées qui doivent permettre de construire une réponse structurée :

– enrichir le débat démocratique ;

– rendre les citoyens plus actifs et plus impliqués dans la vie de la cité ;

– prendre des décisions plus efficaces et plus justes ;

– donner plus de légitimité à la démocratie représentative.

290 Thème 1 Le système politique démocratique

Chapitre 3
Chapitre
3

Quelle est la contribution des organisations politiques au fonctionnement de la démocratie ?

➜
politiques au fonctionnement de la démocratie ? ➜ ObjECTIfS pÉDagOgIQUES Après un chapitre consacré à la

ObjECTIfS pÉDagOgIQUES

Après un chapitre consacré à la compétition entre partis autour de l’élection, il s’agit ici de rappeler que le système démocratique ne se limite pas au temps de la compétition électorale et de souligner à la fois le rôle des partis politiques dans la mobilisation électorale et le rôle de la « société civile organisée ». Ce terme, en vogue dans les organisations internationales, constitue le cœur de ce cha- pitre. Pour ne pas en rester à une approche simplement descriptive, nous avons choisi de le réinscrire dans le prolongement des réflexions de Alexis de Tocqueville et de Pierre Rosanvallon sur les corps intermédiaires.

et de Pierre Rosanvallon sur les corps intermédiaires. bIbLIOgRaphIE Les références bibliographiques proposées

bIbLIOgRaphIE

Les références bibliographiques proposées ici permettent d’enrichir l’analyse d’une dimension his- torique et sont soucieuses d’articuler leur objet à une réflexion plus large sur le fonctionnement des démocraties modernes.

OUvRagES

oFFerlÉ Michel, Sociologie des groupes d’intérêt, Montchrestien, 1998.

– Rosanvallon Pierre, Le modèle politique français. La société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Le Seuil, 2004.

REvUE

– Cossart Paula, « À quoi servent les meetings dans une campagne électorale ? », article publié sur le

blog Mediapart du collectif « Spel », collectif de politistes rassemblés pour proposer une sociologie

politique des élections de 2012 : http://blogs.mediapart.fr/edition/sociologie-politique-des-elec- tions.

1
1

SITOgRaphIE

http://www.conseil-economique-et-social.fr/. Site du Conseil économique et social.

comment les partis politiques organisent-ils

➜

la mobilisation électorale ?

1

organisent-ils ➜ la mobilisation électorale ? 1 Un intérêt inégal pour la politique ➜ Manuel p.

Un intérêt inégal pour la politique Manuel p. 40

1. 6 % des inscrits sur les listes électorales ne sont pas tout intéressés par l’élection présidentielle.

53 % des inscrits sur les listes électorales sont à la fois beaucoup ou assez intéressés par la politique en général et beaucoup ou assez par la campagne de 2012.

2. 56 % de la population inscrite sur les listes électorales (53 % + 3 %).

Chapitre 3 Quelle est la contribution des organisations politiques au fonctionnement de la démocratie ?

291291

3.

Les citoyens déclarent plus d’intérêt pour l’élection présidentielle que pour la politique en général :

75 % des inscrits s’y intéressent assez ou beaucoup, contre 56 % pour la politique en général.

4. L’élection présidentielle suscite de l’intérêt : les partis politiques peuvent donc espérer mobiliser les

citoyens pour cette élection.

DOC
DOC

2

DOC 2 Mobilisation et politisation partisanes ➜ Manuel p. 40

Mobilisation et politisation partisanes Manuel p. 40

1.

La participation électorale a augmenté : elle était faible et très inférieure à la moyenne sous la III e Ré-

publique (autour de 40 %), elle devient forte et supérieure à la moyenne nationale dans certaines com- munes.

2.

Les campagnes du xix e siècle comme les communes ouvrières du xx e siècle étaient peu politisées et

pourtant très mobilisées lors des élections.

3.

Le Parti communiste a joué tout au long du xx e siècle un rôle de mobilisation électorale et de politisa-

tion des ouvriers.

DOC
DOC

3

DOC 3 Le meeting, une mise en scène du candidat ➜ Manuel p. 41

Le meeting, une mise en scène du candidat Manuel p. 41

1.

La télévision n’a pas transformé les meetings en spectacles, mais elle a modifié leur conception : les

meetings sont désormais pensés et construits afin de s’adresser à un public qui n’est pas dans la salle,

mais devant son écran.

2.

Un meeting obéit à une mise en scène, il est destiné à produire des images, il fait appel à la théâtrali-

sation et à l’émotion. En cela, il s’agit bien d’un spectacle.

3.

Les meetings remplissent une fonction auprès des militants dont ils entretiennent l’espérance et la

ferveur. Plus largement, ils sont une vitrine pour l’image du parti et de son candidat.

DOC
DOC

4

DOC 4 Les nouvelles technologies, des outils au service de la mobilisation électorale ➜ Manuel p.

Les nouvelles technologies, des outils au service de la mobilisation électorale Manuel p. 41

1. La technique du canvassing, la mobilisation des électeurs potentiels via Internet et via les téléphones

portables.

2. Le travail sur le terrain, la distribution de tracts, le porte-à-porte supposent beaucoup de main-

d’œuvre. Ce travail est réalisé de façon bénévole par les militants. Ils constituent à ce titre une véritable richesse pour le parti.

3. D’abord, parce que les médias ne permettent pas de toucher toute la population, ensuite, parce qu’un

contact direct peut être plus efficace qu’un message transmis par les médias.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 41

1. Faux, tous les citoyens ne s’intéressent pas à la politique. C’est le rôle des partis de les ame-

ner à s’y intéresser.

2. Vrai, ils utilisent des techniques de mobilisation pour les amener à se rallier à leur parti et à

leur donner leurs voix.

3. Vrai, l’objectif des partis est de conquérir le pouvoir. Ce n’est pas le cas des associations.

4. Faux, les meetings ont toujours été des spectacles, ils sont simplement devenus des spec-

tacles retransmis à la télévision.

2
2

Pourquoi la démocratie a-t-elle besoin

d’une société civile organisée ?

➜
DOC
DOC

1

besoin d’une société civile organisée ? ➜ DOC 1 e-G8, le point de vue de la

e-G8, le point de vue de la société civile oublié ? Manuel p. 42

1. La Quadrature du Net vise à défendre l’accès libre à Internet, la liberté d’expression et la protection

de la vie privée sur le Net, elle informe les citoyens sur les débats autour de la loi Hadopi.

2. Ce sont des associations de défense des consommateurs, des associations de défense des libertés des

citoyens, des ONG.

292 Thème 1 Le système politique démocratique

3.

Ils n’ont pas été écoutés lors du e-G8, où la parole a été monopolisée par les représentants des gou-

vernements et des entreprises. Ils interviennent en marge de ce sommet pour le dénoncer.

DOC
DOC

2

DOC 2 Une protection face à la menace d’une tyrannie de la majorité ➜ Manuel p.

Une protection face à la menace d’une tyrannie de la majorité Manuel p. 42

1. Exemple du conformisme (tyrannie de l’opinion publique).

2. La liberté d’association et la place laissée aux associations politiques sont le remède préconisé par

 

Tocqueville.

 

3.

Dans les sociétés aristocratiques, le risque de tyrannie de la majorité est limité par l’existence de

« corps secondaires », des institutions intermédiaires qui participent à la vie politique face au pouvoir du monarque.

DOC
DOC

3

DOC 3 Un nouvel espace démocratique ? ➜ Manuel p. 43

Un nouvel espace démocratique ? Manuel p. 43

1.

L’action de La Quadrature du Net (document 1) peut illustrer la phrase soulignée : l’association s’ef-

force de défendre l’accès libre au Net et le partage auprès des pouvoirs publics. La mobilisation des associations féministes au cours des années 1960 et 1970 pour dépénaliser l’avortement aussi. Les asso- ciations de lutte contre le sida qui réclament des campagnes de prévention.

2.

Les associations participent au fonctionnement de la démocratie, car elles sont un lieu d’engagement

et d’action pour les citoyens, un lieu où ils peuvent se saisir d’enjeux concrets de la vie en société.

3.

On a l’habitude d’opposer les associations et les groupes d’intérêt, les premières cherchant à défendre

l’intérêt général, l’intérêt de l’ensemble de la collectivité, quand les groupes d’intérêt ne défendraient que des intérêts particuliers. C’est une distinction normative : dire qui défend l’intérêt général, c’est un jugement de valeur, et c’est l’enjeu d’une lutte pour définir ce qui est légitime. En pratique, il est difficile de faire cette distinction. Parler de l’action d’un groupe de citoyens comme de l’action d’un groupe d’in- térêt, c’est chercher à les délégitimer.

DOC
DOC

4

DOC 4 Les syndicats, facteurs de stabilité politique ➜ Manuel p. 43

Les syndicats, facteurs de stabilité politique Manuel p. 43

1. La CGT, la CFDT, Sud.

2. Les syndicats étaient considérés par les pouvoirs publics comme une menace pour l’ordre public.

3. L’interdiction des syndicats conduit à une radicalisation des mouvements et des grèves. Autoriser les

syndicats pourrait pacifier les relations sociales et permettre leur régulation.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 43

partis politiques – démocratie – société civile – syndicats – majorité – élections – stabilité.

3 quels sont les modes d’intervention de la société civile ? ➜ DOC 1 Le
3
quels sont les modes d’intervention de la société civile ?
DOC
1
Le recours à l’interpellation ➜ Manuel p. 44

1. La Fondation Abbé Pierre pour dénoncer les problèmes d’accès au logement ; Act Up-Paris pour récla-

mer l’ouverture du mariage à tous les couples hétérosexuels comme homosexuels ; des viticulteurs pour défendre le vin d’Alsace ; des syndicats pour le maintien de la retraite à 60 ans.

2. Les affiches et banderoles s’adressent en premier lieu aux pouvoirs publics, au gouvernement pour

qu’il intervienne ; en second lieu à l’ensemble des citoyens pour les interpeller sur cette question ; l’opi- nion publique est donc elle aussi ciblée par ces campagnes.

3. En faisant usage du nombre (la manifestation), de l’humour (l’affiche d’Act Up), du scandale (l’af-

fiche de la Fondation Abbé Pierre parue dans la presse après un incendie meurtrier), il s’agit de faire pression sur les pouvoirs publics et de mettre à l’agenda certaines questions.

Chapitre 3 Quelle est la contribution des organisations politiques au fonctionnement de la démocratie ?

293

DOC
DOC

2

DOC 2 L’influence des groupes d’intérêt ➜ Manuel p. 44

L’influence des groupes d’intérêt Manuel p. 44

1.

L’Association des paralysés de France, par exemple, défend l’intérêt des personnes avec un handicap

lourd et leur accessibilité dans les transports et les lieux publics.

2.

Un lobbyiste est un professionnel du lobbying. Il s’agit d’influer sur les décisions politiques en in-

formant les décideurs, en apportant son expertise. Ce travail se fait donc en montant des dossiers, en construisant des argumentaires, en organisant des rendez-vous.

3.

Les lobbys sont utiles parce qu’ils fournissent une information précise et précieuse aux décideurs (ici,

par exemple, aux députés européens), ce qui leur permet de prendre de meilleures décisions en ayant appréhendé leurs différents effets.

DOC
DOC

3

DOC 3 La coopération néo-corporatiste ➜ Manuel p. 45

La coopération néo-corporatiste Manuel p. 45

1.

Le système d’assurance chômage est cogéré par les partenaires sociaux : les syndicats d’employeurs

et les syndicats de salariés participent à sa gestion administrative.

2.

Dans un modèle néo-corporatiste, ils sont intégrés aux processus de décisions et de gestion aux côtés

des pouvoirs publics.

3.

L’exemple du néo-corporatisme montre que l’État et les représentants de la société civile organisée

peuvent être associés au sein de certaines politiques (comme la protection sociale), ils ne s’opposent

pas, mais collaborent.

DOC
DOC

4

DOC 4 Les activités des groupes d’intérêt selon trois modèles ➜ Manuel p. 45

Les activités des groupes d’intérêt selon trois modèles Manuel p. 45

1. Modèle pluraliste : lobbying auprès du gouvernement ; modèle néo-corporatiste : coopération insti-

tutionnelle ; modèle protestataire : opposition à travers des manifestations et des grèves.

2. Dans le modèle pluraliste, une association pourra organiser une campagne pour sensibiliser l’opinion

sur une question, ce sera très rarement le cas dans un modèle néo-corporatiste.

3. Ce tableau présente trois modalités différentes d’intervention de la société civile. Il n’existe donc pas

un seul modèle, une seule manière d’intervenir. Selon les cultures politiques et selon les organisations,

la relation qui unit les organisations de la société civile à l’État est différente.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 45

Stratégie 1 : campagne de communication pour interpeller l’opinion publique. Stratégie 2 : manifestation et pétition. Stratégie 3 : lobbying auprès des parlementaires et des partis politiques.

vERS LE baC / ExERCICES pOUR RÉvISER

Manuel p. 48

vERS LE baC / ExERCICES pOUR RÉvISER ➜ Manuel p. 48 eXercice 1 Les partis politiques,
eXercice 1
eXercice
1

Les partis politiques, les associations de consommateurs, les syndicats, les groupes d’intérêt, les asso- ciations écologistes font partie de la société civile organisée.

eXercice 2
eXercice
2

1. c – 2. a, b, c, d – 3. b – 4. d – 5. a, b.

eXercice 3
eXercice
3

1. Les partis politiques, en organisant des débats, des meetings, des campagnes d’affichage, en déve-

loppant leurs idées dans les médias, cherchent à développer l’intérêt des citoyens pour la politique.

294 Thème 1 Le système politique démocratique

2.

Une démocratie suppose la participation du peuple et l’existence de contre-pouvoirs. Une société

civile organisée et dynamique contribue donc à la bonne santé démocratique d’un pays.

3. Associations et syndicats peuvent s’associer à la définition des politiques et à la gestion des adminis-

trations qui en découlent. Ils peuvent chercher à peser sur les décisions politiques en mettant en avant

leur expertise. Ils peuvent aussi s’opposer de façon conflictuelle au gouvernement.

eXercice 4
eXercice
4

La stratégie proposée doit mettre en avant des techniques utilisées pour amener les citoyens à s’intéres- ser à l’enjeu de cette élection et à se déplacer le jour du vote.

vERS LE baC /

SUjETS pOUR S’ENTRaîNER

Manuel pp. 49-50

SUjET 1 ➜
SUjET 1

Manuel p. 49

Le premier document donne les résultats d’un sondage réalisé pendant la campagne électorale. Le temps de la campagne est pour les partis politiques un moment où l’on cherche à rallier de nouveaux électeurs. D’après les personnes interrogées en janvier 2012, le candidat du PS était en train de gagner des points pour l’élection présidentielle, tandis que le candidat de l’UMP en perdait.

Le deuxième document porte sur le programme que présentent les différents partis politiques en com- pétition. Ce programme est un des éléments de la compétition électorale : il doit « donner envie de voter pour les candidats du parti ». Ce texte peut être enrichi par des exemples empruntés à l’actualité.

Éléments de réponse

La mobilisation électorale est organisée par les partis politiques pour rallier les électeurs lors d’une élec- tion. Elle repose sur :

– des actions médiatiques et une mise en scène du parti et des candidats (meeting, déplacement, bain de foule) ;

– un programme ;

– une stratégie de terrain (porte-à-porte, distribution de tracts, etc.).

SUjET 2 ➜
SUjET 2

Manuel p. 50

La société civile désigne les citoyens regroupés dans des organisations diversifiées : syndicats, associa- tions et groupes d’intérêt. Les partis politiques n’en font pas partie.

Le traitement du sujet peut être enrichi en l’articulant à la question des limites de la démocratie repré- sentative. La démocratie représentative n’a en effet pas vocation à permettre au plus grand nombre de participer à la décision politique. La prise en compte de la société civile peut à ce titre améliorer ce mode de gouvernement.

Éléments de réponse

La contribution de la société civile au fonctionnement des démocraties est multiple :

– rôle de représentation des citoyens afin d’éclairer les pouvoirs publics (c’est pourquoi la Commission européenne a favorisé l’organisation de groupes de lobby afin de défendre les intérêts des jeunes, des consommateurs, des femmes, comme l’indique le texte) ;

– rôle d’expertise ;

– rôle de régulation sociale (c’est le « dialogue social » avec les syndicats) ;

– rôle de contre-pouvoir.

Chapitre 3 Quelle est la contribution des organisations politiques au fonctionnement de la démocratie ?

295

Chapitre 4
Chapitre
4

Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?

➜
de la culture politique sur les attitudes politiques ? ➜ ObjECTIfS pÉDagOgIQUES Le choix opéré consiste

ObjECTIfS pÉDagOgIQUES

Le choix opéré consiste à traiter ce chapitre à travers quatre dossiers. Dans le premier dossier (« Qu’est-ce que la culture politique ? »), nous cherchons à dépasser les analyses développementa- listes en termes de « culture civique » (G. Almond et S. Verba), normatives et empreintes d’ethno- centrisme. Loin d’être autonome, homogène et harmonieuse, toute culture politique nationale est constituée d’une pluralité de « sous-cultures politiques » qui s’affrontent et interagissent pour pro- mouvoir des modèles de société divergents.

Dans le deuxième dossier (« Comment s’opère la socialisation politique ? »), il s’agit de montrer que si la famille joue un rôle fondamental dans la transmission des cultures politiques, d’autres agents interviennent et contribuent aussi bien à renforcer cette socialisation familiale qu’à l’infléchir. Le contexte et les événements « générationnels » pèsent également sur nos apprentissages politiques. Nous évoquons les contenus « spécifiques » qu’elle transmet, tout en montrant qu’elle ne s’achève pas au sortir de l’adolescence. Nous abordons enfin les débats autour de sa nature et de son rôle.

Dans le troisième dossier (« Quel est le rôle du clivage gauche-droite dans la formation des attitudes politiques ? »), l’objectif est d’abord de montrer que la droite et la gauche correspondent à des sys- tèmes de valeurs distincts. Le clivage gauche-droite renvoie cependant à de multiples dimensions qui se superposent moins facilement aujourd’hui. Nous nous demandons si ce clivage reste la principale matrice de nos attitudes et comportements politiques.

Dans le dernier dossier (« Peut-on parler d’une reproduction des préférences politiques ? »), nous abordons enfin la question de la continuité et de l’héritage des préférences politiques. La notion d’identification partisane sera ici mobilisée, tout en précisant sa portée limitée en France. Si, le plus souvent, reproduction il y a, cette dernière n’a rien de mécanique.

il y a, cette dernière n’a rien de mécanique. bIbLIOgRaphIE OUvRagES – B rÉChon P., Comportements

bIbLIOgRaphIE

OUvRagES

– BrÉChon P., Comportements et attitudes politiques, Presses universitaires de Grenoble, 2006.

– B r ÉC hon P., L aurent A., P errineau P. (dir.), Les cultures politiques des Français , Presses de Sciences Po,

2000.

– CuChe D., La notion de culture dans les sciences sociales, La Découverte, coll. Grands Repères Manuels,

2010.

– Mayer N., Sociologie des comportements politiques, A. Colin, coll. U, 2010.

REvUES

– Hastings H., « Droites, gauches : quels clivages ? », Cahiers français. La science politique, n° 364, septembre-octobre 2011.

– Muxel A., « Les temporalités et les instances de la socialisation politique », Cahiers français, nº 350, mai-juin 2009.

– Navarro M., « Les comportements politiques : continuité ou opposition entre les générations ? »,

296 Thème 2 La participation politique

Regards croisés sur l’économie, n° 7, janvier 2010.

– Tournier V., « Le rôle de la famille dans la transmission politique entre les générations. Histoire et bilan des études de socialisation politique », Politiques sociales et familiales, n° 99, mars 2010.

– Sauger N., Avant-propos au dossier de Problèmes politiques et sociaux. Gauche-droite : quels clivages aujourd’hui ?, nº 958, La Documentation française, mars 2009.

1
1

SITOgRaphIE

http://www.cevipof.com/

Site du Centre de recherches politiques de Sciences Po.

http://www.le-politiste.com/p/science-politique.html

De bonnes fiches de science politique constituées par Nicolas Rouillot.

qu’est-ce que la culture politique ?

➜

1 La société esquimaude : une culture politique originale Manuel p. 54

: une culture politique originale ➜ Manuel p. 54 1. Chez les Esquimaux, les conflits non

1. Chez les Esquimaux, les conflits non résolus par le dialogue se règlent par le recours légitime des

individus à la violence ou devant le « tribunal de l’opinion publique » (le groupe réuni en assemblée, voir

photographie). La société esquimaude traditionnelle s’autogouverne : c’est l’ensemble de la société qui exerce le pouvoir politique, directement et sans médiation.

2. Les sociétés esquimaudes traditionnelles sont nomades, n’ont pas d’État, ni même de chef, la com-

munauté politique n’est pas délimitée par des frontières territoriales précises et il n’y a pas de normes juridiques codifiées. Ce sont des sociétés à pouvoir politique « immédiat », contrairement aux sociétés occidentales (pouvoir politique « institutionnalisé », J.-W. Lapierre).

DOC
DOC

2 La notion de culture politique Manuel p. 54

2 La notion de culture politique ➜ Manuel p. 54

1. Culture politique : système de normes, de valeurs, d’idéaux, de croyances et de représentations qui

 

structurent les attitudes et orientent les comportements politiques des membres d’une collectivité.

2.

La « culture politique » s’inscrit dans un système culturel global structurant le rapport à autrui et à

l’argent, la vision des hiérarchies, des inégalités, etc. Elle n’est pas « unique et homogène » : de multiples cultures politiques s’affrontent pour promouvoir des modèles de société concurrents.

3.

Un pouvoir est légitime s’il est reconnu, obtient le consentement de ceux qui y sont soumis. En France,

divers courants contestent les principes de la démocratie représentative : royalistes, extrême droite,

libertaires, une grande partie de l’extrême gauche.

DOC
DOC

3

DOC 3 La « culture civique » : les fondements culturels de la démocratie ➜ Manuel

La « culture civique » : les fondements culturels de la démocratie Manuel p. 55

Selon la célèbre enquête menée par les politologues américains Almond et Verba, la démocratie nécessi- terait, pour fonctionner, un système de valeurs spécifique : la « culture civique ».

1. « Culture civique » : ensemble des attitudes et des comportements politiques qui favorisent la stabi-

lité des institutions démocratiques, le « bon » fonctionnement de la vie politique et la participation des citoyens. Pour eux, elle serait idéalement une combinaison harmonieuse des trois types, la démocratie exigeant à la fois la participation et la soumission.

2. La « culture civique » française peut être vue comme une combinaison originale des trois types (à

discuter…) :

– « participation » : des citoyens plutôt actifs et critiques ; forte compétition politique ; sentiment d’être acteurs du système politique, par le vote ou d’autres moyens, etc. ;

– « sujétion » : système politique centralisé, étatisme, jacobinisme, déférence à l’égard du pouvoir (res- pect de l’autorité présidentielle) ;

Chapitre 4 Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?

297

– la « culture paroissiale » tend à s’effacer (nationalisation de la vie politique) ; mais existence de véri-

tables « fiefs » politiques locaux, survivance de partis de notables, décentralisation, régionalismes, etc.

3. – Apports : la politique a des fondements culturels permettant aux individus de s’accorder sur les

institutions ; chaque pays se caractérise par une culture politique originale, cohérente.

– Critiques :

• Les sous-cultures politiques sont ignorées, comme les fondements sociaux de la participation et de la

compétence politiques ;

• Analyse normative (le « bon citoyen », la « culture civique » idéale), reproduisant certains stéréotypes nationaux et ethnocentristes (supériorité supposée du modèle anglo-saxon) ;

• La culture politique, conçue comme unitaire, assure la cohésion et la permanence du système : les

conflits, la contestation, les « contre-cultures » n’apparaissent pas (ou comme le fruit d’un échec de la

socialisation).

2
2

4 L’exemple de la culture républicaine en France Manuel p. 55

de la culture républicaine en France ➜ Manuel p. 55 1. Éléments évoqués dans le texte

1. Éléments évoqués dans le texte :

– des références philosophiques : théories du droit naturel, Lumières ;

– célébration de la Révolution française ;

– jusqu’à la V e République, des institutions privilégiant les assemblées pour contrôler l’exécutif (crainte de dérives autoritaires) ;

– libéralisme économique et protection des plus faibles (État limitant les inégalités) ;

– promotion de la méritocratie et rôle de l’école publique dans la socialisation civique.

Autres éléments : laïcité, défense des droits de l’homme, mythe de la « Grande Nation », État unitaire, centralisé, morale républicaine, etc.

2. C’est une culture politique composite et évolutive, intégrant différents héritages : République, libé-

ralisme politique, jacobinisme, libéralisme économique, démocratie sociale, etc.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 55

1. Faux – 2. Vrai – 3. Vrai – 4. Vrai.

comment s’opère la socialisation politique ?

➜

1 Quel est le rôle des « Guignols » dans la socialisation politique des jeunes ? Manuel p. 56

la socialisation politique des jeunes ? ➜ Manuel p. 56 1. Loin d’être un simple divertissement,

1. Loin d’être un simple divertissement, les « Guignols » influenceraient les représentations politiques

des jeunes : source d’information, effets de cadrage et d’amorçage.

2. Ce passage met en avant la crise de la représentation politique. Elle se traduit par une défiance crois-

sante envers la classe politique et les institutions (coupure gouvernants/gouvernés) et peut constituer le ferment d’attitudes populistes allant jusqu’à remettre en cause les principes de la démocratie.

3. Elle joue un rôle ambivalent dans la socialisation politique. Les « Guignols » donneraient une vision

désabusée de la politique, risquant de renforcer le « cynisme politique » des jeunes.

2 Les mécanismes de la socialisation familiale Manuel p. 56

de la socialisation familiale ➜ Manuel p. 56 1. Un rôle primordial : la socialisation familiale

1. Un rôle primordial : la socialisation familiale transmet des valeurs, croyances et dispositions poli-

tiques fondamentales, permet l’acquisition de compétences politiques.

2. Le changement social relativise l’influence familiale en modifiant l’univers politique des enfants : dé-

mocratisation de la famille, allongement des études, brouillage des classes, affaiblissement des idéolo- gies, déclin du catholicisme, montée du libéralisme culturel, de l’individualisme, de l’« indifférentisme »

en politique, diversification de l’information, progrès de la participation protestataire, etc. Il ne peut donc y avoir une stricte reproduction familiale.

298 Thème 2 La participation politique

3.

La socialisation n’est pas que reproduction et contrainte : elle est aussi interaction, conflit et af-

firmation de soi. L’individu a une part d’autonomie : ses apprentissages politiques ne se limitent pas à

l’inculcation d’attitudes et de comportements « prêts à porter ».

DOC
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3 La socialisation politique ne s’achève pas avec la socialisation primaire Manuel p. 57

3 La socialisation politique ne s’achève pas avec la socialisation primaire ➜ Manuel p. 57

1. – L’école socialise à la politique :

• apprentissage d’autres relations de pouvoir, expérimentation de la contrainte sociale ;

• transmission de savoirs spécialisés sur la vie politique, les institutions, les conflits ;

elle est une « institution de prises de rôles » (élection des délégués, représentation des élèves, débats en classe, etc.) ;

initiation à la participation : rôle des pairs dans la cristallisation des opinions et des comportements (la première manifestation) ;

influence du professeur qui peut infléchir les opinions et attitudes politiques.

Le type d’établissement va aussi compter : école laïque/confessionnelle ; école de centre-ville/établis- sement rural/ZEP, etc. – L’influence des médias est diffuse, mal connue. La télévision permet l’irruption du politique dans l’es- pace privé. Elle joue un rôle ambivalent : elle peut rendre les jeunes plus compétents car mieux informés, mais peut aussi contribuer à dévaluer la politique. Les conditions de réceptivité des messages diffèrent selon le niveau culturel des familles.

2.

L’individu peut jouer un rôle actif dans ses apprentissages. La socialisation politique se prolongeant à

l’âge adulte (socialisation secondaire), l’identité politique n’est jamais achevée.

3.

Pour une classe d’âge, tel événement « matriciel » peut avoir valeur d’emblème/de repoussoir et af-

fecter durablement son rapport au politique. Chez les 25-35 ans, le 21 avril 2002 marque une inflexion majeure : l’éveil brutal d’une conscience politique débouchant sur une mobilisation citoyenne a permis une participation massive au second tour.

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À quoi sert la socialisation politique ? Manuel p. 57

1. La soumission peut être recherchée par la force. Mais la socialisation permet, sans recours à la vio-

lence, de préparer l’individu à accepter les fondements apparents de l’ordre social et politique, et de

participer activement à son fonctionnement.

2. Si tout le monde semble s’accorder sur les valeurs fondatrices de la démocratie, nombreux sont les

conflits sur la signification à leur donner. Ex. : les notions de liberté et d’égalité sont très polysémiques.

3. Selon Bourdieu, par la socialisation, les dominés intériorisent leur infériorité et acceptent l’ordre

social et politique, perçu comme « naturel », évident. La violence symbolique est une violence « euphé- misée », dissimulant les fondements véritables de la domination. Elle permet à l’ordre établi de perdurer sans recourir à la force en le faisant accepter par ceux qui le subissent.

4. Marx : l’idéologie dominante (celle de la classe dominante) permet l’acceptation de l’ordre établi

(aliénation). L’État, la démocratie représentative, le droit… servent les intérêts des possédants. Bour- dieu : la domination est plus culturelle et orchestrée de manière moins consciente. La socialisation po- litique favorise la reproduction « en douceur » des formes de domination. Mais selon A. Percheron, elle peut aussi donner des outils pour résister à l’ordre établi, voire le modifier.

Chapitre 4 Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?

299

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 57

PAR QUI ? Agents de la socialisation politique

Famille, école, pairs, médias, milieu professionnel, couple, parti, syndicat, association, etc.

POURQUOI ? Objectifs de la socialisation politique

Pour l’individu :

– intégration politique et sociale ;

– construction d’une identité politique ;

– acquisition de compétences politiques.

Pour la société et le système politique :

– stabilité et cohésion du système politique (fonctionnalisme) ;

– reproduction de l’ordre politique et social (légitimation, soumission).

QUOI ?

Des connaissances, préférences, attitudes, comportements et rôles politiques. Une identité politique et sociale.

et rôles politiques. Une identité politique et sociale. SOCIaLISaTION pOLITIQUE QUAND ? Temporalités Tout
et rôles politiques. Une identité politique et sociale. SOCIaLISaTION pOLITIQUE QUAND ? Temporalités Tout
SOCIaLISaTION pOLITIQUE
SOCIaLISaTION pOLITIQUE

SOCIaLISaTION

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SOCIaLISaTION pOLITIQUE
SOCIaLISaTION pOLITIQUE
identité politique et sociale. SOCIaLISaTION pOLITIQUE QUAND ? Temporalités Tout au long de l’existence :
identité politique et sociale. SOCIaLISaTION pOLITIQUE QUAND ? Temporalités Tout au long de l’existence :

QUAND ?

Temporalités

Tout au long de l’existence :

socialisation primaire/

secondaire.

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quel est le rôle du clivage gauche-droite dans la formation

➜

des attitudes politiques ?

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1 Valeurs de gauche, valeurs de droite : un même rapport à l’argent ? Manuel p. 58

: un même rapport à l’argent ? ➜ Manuel p. 58 1. Gens de droite et

1. Gens de droite et gens de gauche ont une perception radicalement différente de l’argent.

– À droite, gagner de l’argent apparaît comme une valeur en soi. Travailler et entreprendre sont les

moyens privilégiés d’y parvenir. L’impôt est vu comme une ponction injuste pénalisant l’effort des plus méritants.

– À gauche, on critique l’idolâtrie de l’argent tout en identifiant la droite aux riches et aux valeurs capi- talistes. Le rapport à l’argent est plus distancié. D’évidence, les comportements ne correspondent pas toujours aux valeurs affichées : il y a des gens

généreux à droite, des personnes de gauche qui affichent ostensiblement leur richesse.

2. Les cultures de droite et de gauche renvoient à des systèmes de valeurs que l’on peut opposer.

– À droite, enrichissement individuel, accumulation, initiative privée, responsabilité, mérite sont des

valeurs centrales (libéralisme économique).

– À gauche, la solidarité prime. Les inégalités sont souvent perçues comme injustes. Il faut les réduire par la redistribution et la démocratisation scolaire.

3. L’argent induit un nivellement des valeurs : nous ne demandons plus ce que sont les choses, mais

combien elles valent, ce que sont les hommes, mais combien ils gagnent.

300 Thème 2 La participation politique

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Les principales dimensions du clivage gauche-droite Manuel p. 58

1.

Différences

gauche

Droite

culturelles et

Égalité, solidarité, libéralisme culturel, etc.

Compétition, réussite individuelle, autorité, etc.

idéologiques

économiques

Corriger les défaillances du marché par l’intervention de l’État.

Libéralisme économique.

historiques

Progressisme. Visée émancipatrice.

L’ordre et les traditions. Naturalité et reproduction de l’ordre social.

sociologiques

Salariés, couches populaires et moyennes (défense des plus faibles).

Propriétaires, cadres du privé, prof. libérales, artisans, commerçants, agriculteurs.

politiques

Priorité au Parlement, aux assemblées élues par le peuple.

Grandeur et indépendance de la France. Pouvoir exécutif fort.

2.

– Libéralisme économique : doctrine selon laquelle les activités économiques doivent être orientées

par la concurrence et régulées par les mécanismes du marché (rôle minimal de l’État).

Libéralisme culturel : système de valeurs qui défend l’autonomie et l’épanouissement de l’individu.

3.

Consensus croissant sur le modèle de l’« économie sociale de marché » et sur certaines questions de

société.

 
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3 Positionnement sur l’axe gauche-droite et valeurs politiques des Français Manuel p. 59

3 Positionnement sur l’axe gauche-droite et valeurs politiques des Français ➜ Manuel p. 59

1. – « Très à gauche » : plus diplômés que la moyenne, très présents dans le public.

– « À gauche » : exercent plus souvent un emploi public, niveau de diplôme plus élevé qu’à droite.

– « Au centre » : proportion plus importante d’indépendants.

– « À droite » : présence encore plus marquée des indépendants.

« Très à droite » : beaucoup moins diplômés, forte présence d’indépendants, faible présence de salariés du public. - « Ni à droite ni à gauche » : peu de diplômés, présence dans l’emploi.

2. Il y a une nette différenciation des valeurs selon l’autopositionnement politique.

– Libéralisme économique : une minorité à gauche (40 %) approuve l’item 4, contre une nette majorité

de la droite (75 %). On observe le même écart (35 points) concernant l’item 5. Sur ces questions, le centre et les non-alignés sont plus proches de la droite que de la gauche.

Libéralisme culturel : la question de l’immigration polarise toujours ; à droite, l’item 2 recueille l’adhé- sion des trois quarts des personnes interrogées (le centre est partagé, les non-alignés penchent plus à droite). La dimension autoritaire reste structurante : défense de la peine de mort et anxiété sécuritaire sont nettement plus présentes à droite mais les écarts diminuent (respectivement 25 et 18 points). Les non-alignés sont plus proches de la droite sur ces thèmes. Convergence sur la question des mœurs : l’ac- ceptation de l’homosexualité dépasse partout les 70 %.

3.

Non, ce clivage n’est pas dépassé, même s’il s’atténue : il s’articule toujours autour du libéralisme

économique mais semble un peu moins marqué sur les questions de société (sauf immigration et insécu- rité). Centristes : plus proches de la droite sur l’économie et de la gauche en termes de libéralisme cultu- rel. Le refus de positionnement (en progression) semble manifester un rejet des formations classiques.

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Un brouillage du clivage gauche-droite ? Manuel p. 59

1. Le changement des structures sociales et l’évolution des valeurs atténuent le clivage gauche-droite

(société plus tolérante et plus permissive, plus individualiste ; exode rural et urbanisation ; déclin de la classe ouvrière ; brouillage des classes sociales ; mobilité sociale et géographique ; élévation du niveau d’instruction, etc.) tendent à homogénéiser la société française.

2. Plusieurs clivages traversent les deux camps, sans se superposer. Les systèmes de valeurs des indivi-

dus ne sont donc pas nécessairement homogènes.

3. Le clivage gauche-droite s’atténue, mais sans disparaître (cf. doc. 1 à 3).

Chapitre 4 Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?

301

faire le bilan
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le bilan

Manuel p. 59

– Plutôt à droite : sécurité, argent et libéralisme économique : privatisation, compétition, trop de

fonctionnaires, libre marché et concurrence, patrons, responsabilité, propriété.

– Plutôt à gauche : État-providence, solidarité, laïcité, nationalisation, droit de vote des étrangers,

changer la société, impôt sur les grandes fortunes, RTT, lutte contre les inégalités, SMIC et libéra- lisme culturel : liberté des mœurs, mariage homosexuel, dépénalisation de l’usage de la drogue.

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Peut-on parler d’une reproduction des préférences politiques ?

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1 Hérite-t-on des choix politiques de ses parents ? Manuel p. 60

1 Hérite-t-on des choix politiques de ses parents ? ➜ Manuel p. 60

1. – 1 re photo : elle n’illustre pas tant l’idée de reproduction des préférences politiques que celle de la

 

transmission d’un comportement politique (l’acte de voter).

2 e photo : un exemple classique de filiation ou de lignée politique : tous deux sont ou ont été cadres dirigeants de haut rang du même parti, le PS, et ont occupé des fonctions ministérielles.

2.

Même en démocratie, la politique est souvent une histoire de famille (dynasties politiques aux États-

Unis : les Kennedy, les Bush, etc.). Le paysage politique français compte aussi beaucoup de « filles » et « fils » de … : les Debré (trois générations), les Sarkozy (Jean), les Le Pen, etc.

3.

La question (à débattre) traverse tout le dossier. Sa formulation renvoie à l’analyse holiste.

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Le poids de l’identification partisane Manuel p. 60

1.

« Paradigme de Michigan » : le citoyen américain des années 1950 hériterait très tôt d’une loyauté

partisane, d’un profond attachement affectif à l’un des deux grands partis. Cette « identification parti-

sane » explique la stabilité du vote. Ce modèle a été importé et adapté en France (cf. encadré).

2.

L’identification partisane s’explique par le rôle déterminant joué par la famille et l’environnement so-

cial dans la socialisation politique : la socialisation primaire contribue à la formation durable d’attitudes

 

politiques.

 

3.

La montée du « nomadisme électoral » semble affaiblir ce modèle. La « mobilité » des électeurs (chan-

gement de vote d’un scrutin à l’autre) manifesterait leur émancipation des liens partisans ou du clivage gauche-droite : se déterminant par rapport aux enjeux du moment, ils seraient plus autonomes et plus imprévisibles.

4.

La crise des identités partisanes et l’affaiblissement de l’hérédité politique s’expliquent par des

facteurs structurels : passage à une société « postindustrielle » (tertiarisation, désindustrialisation), hausse des valeurs « postmatérialistes », individualistes, hédonistes et antiautoritaires (Inglehart), apparition de nouveaux enjeux (féminisme, environnement, etc.). Plus instruits, mieux informés, plus contestataires, les citoyens se seraient affranchis des clivages traditionnels.

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3 Affiliés et désaffiliés : quelle proportion d’« héritiers politiques » ? Manuel p. 61

3 Affiliés et désaffiliés : quelle proportion d’« héritiers politiques » ? ➜ Manuel p. 61

1. Exemples d’« affiliés » :

– « filiation de droite » : voter UMP, avec une mère centriste et un père gaulliste ;

– « filiation de gauche » : un sympathisant du Front de gauche dont le père soutient le PS, la mère n’ayant

pas de préférence ;

– « filiation apolitique » : on identifie ses parents comme n’étant ni de droite, ni de gauche et on refuse

de se classer soi-même. Exemples de « désaffiliés » :

– « filiation non homogène » : le père vote FN, la mère Lutte ouvrière et la personne interrogée centriste ;

302 Thème 2 La participation politique

– « changement » : la personne soutient les Verts alors que ses deux parents sont proches de l’UMP ;

– « décrochage » : la personne se dit « ni de droite, ni de gauche », ses parents soutiennent l’UMP.

2. En 2007, sur 100 jeunes de 18 à 30 ans interrogés, 14 en moyenne disaient s’inscrire dans une conti-

nuité politique de droite, comme leurs parents, et 30 dans une continuité politique de gauche ; seules 5 % des personnes interrogées déclarent avoir changé radicalement d’orientation par rapport à leurs deux parents classés de façon homogène à gauche ou à droite.

3. Trois Français sur quatre (72 %) peuvent être considérés comme des « héritiers politiques ». Cela

confirme la forte consistance de l’identification parentale, le rôle décisif de la famille dans la structura- tion des identités politiques.

4. La « filiation apolitique » manifeste une forme de socialisation politique négative révélant un défaut de

contenu (non un défaut de transmission). Elle est nettement plus fréquente dans les milieux populaires et parmi les individus peu diplômés, donc plus fréquemment associée à une origine sociale modeste.

5. Non, cf. doc. 2, p. 56 : l’influence des parents contribue à orienter les valeurs des enfants, leur posi-

tionnement idéologique, mais pèse peu sur leurs pratiques politiques et leurs choix partisans.

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Le rôle de la socialisation secondaire dans le changement des préférences politiquesleurs pratiques politiques et leurs choix partisans. DOC 4 ➜ Manuel p. 61 1. Origine modeste,

Manuel p. 61

1. Origine modeste, père fonctionnaire, deux parents orientés à gauche ; appartient à la « génération

de Mai 68 », a milité dans des organisations étudiantes juives, a participé aux mobilisations de Mai, aux

luttes féministes, aux combats contre les droites, études de lettres, profession intellectuelle.

2. En épousant un journaliste de télévision, orienté à droite, son univers change : aisance matérielle,

voyages, fréquentation de la haute société, etc.

3. En cas de trajectoires sociales dissonantes, les éléments de socialisation les plus récents, s’ils sont

marquants, peuvent remettre en cause la socialisation familiale.

faire le bilan
faire
le bilan

Manuel p. 61

Continuité des préférences politiques entre générations (reproduction)

Rupture des préférences politiques entre générations (changement)

– Les parents s’intéressent à la politique

– Faible intérêt des parents pour la politique ou vision négative de la politique

– Préférences peu visibles, changeantes ou non homogènes

– Leurs positions politiques sont visibles, fortes et homogènes

– Niveau d’instruction élevé

– Discussions fréquentes autour de la politique

– Multiplicité des instances de socialisation, parfois dissonantes

– Changement social

– Les parents fournissent à l’enfant des repères clairs

– Individu plus autonome

– Les parents transmettent des valeurs allant dans le sens de l’évolution des mœurs

– Les parents ont un discours relayé par d’autres agents et milieux

– Les expériences ultérieures renforcent la socialisation familiale

– Événement(s) générationnel(s) induisant une rupture dans la socialisation

– Expériences sociales contradictoires avec les apprentissages initiaux (mobilité sociale, mariage, etc.)

Chapitre 4 Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?

303

vERS LE baC / ExERCICES pOUR RÉvISER

Manuel p. 64

vERS LE baC / ExERCICES pOUR RÉvISER ➜ Manuel p. 64 eXercice 1 culture politique –
eXercice 1
eXercice
1

culture politique – colonisés – importation – démocratie – valeurs – représentations – culture – sous- cultures – attitudes – comportements – droite-gauche – actions politiques – culture.

eXercice 2
eXercice
2

1. a – 2. d – 3. g – 4. h – 5. e – 6. b – 7. c – 8. f.

eXercice 3
eXercice
3

1. Vrai – 2. Faux – 3. Faux – 4. Faux – 5. Vrai – 6. Faux – 7. Vrai – 8. Faux.

vERS LE baC / SUjETS pOUR S’ENTRaîNER

Manuel pp. 65-66

➜ M a n u e l p p . 6 5 - 6 6 SUjET
SUjET 1 ➜ Manuel p. 65 Suggestion de plan
SUjET 1
Manuel p. 65
Suggestion de plan

I. Un clivage fondamental hérité de l’histoire

a. Une origine historique précise, mais des contenus changeants

b. Un clivage multidimensionnel

II. Un clivage remis en cause

a. Un certain brouillage depuis les années 1980…

b.… dans un contexte nouveau

III. Un clivage toujours très structurant

a. Libéralisme économique, libéralisme culturel et attitudes politiques

b. Le totem et la balise de notre vie politique

SUjET 2 ➜ Manuel p. 66 Suggestion de plan
SUjET 2
Manuel p. 66
Suggestion de plan

I. Un rôle déterminant : le creuset de l’identité sociale et politique

a. Le poids des premiers apprentissages (socialisation primaire)

b. Le poids de l’origine sociale dans le rapport à la politique

II. Un rôle évolutif dans une société changeante

a. L’univers politique des enfants change, ainsi que les valeurs transmises

b. Mais la transmission des préférences idéologiques se renforce

III. Un rôle conditionné et partagé

a. La famille n’a pas le monopole de la socialisation politique

b. La socialisation secondaire peut renforcer ou contredire la transmission familiale

304 Thème 2 La participation politique