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GEJ8 C9

Lazare témoigne du Seigneur

1. Lazare dit : « N'as-tu pas lu dans l' Écriture : Quand le Seigneur viendra sur cette
terre en tant que Fils d'homme, le petit nombre des justes verra les anges monter et descendre
du ciel pour Le servir ? Que direz-vous donc si je vous affirme que j'ai vu cela, et bien
d'autres avec moi, et que ce n'était pas un songe, encore moins une quelconque illusion, mais
une réalité parfaitement tangible ! Et ce jeune homme est justement un ange, et même un
archange !
2. Quant aux sept hommes, l'esprit en eux leur a annoncé, au plus profond de l'Égypte,
que la Promesse s'était accomplie chez nous, les Juifs, et c'est pourquoi ils sont partis, guidés
par l'esprit, afin de voir de leurs yeux le Seigneur de toute gloire marcher dans la personne
d'un homme et enseigner parmi nous, hommes trop aveugles pour reconnaître ce que ces
hommes qui vivent si loin de nous voient déjà si clairement.
3. Pour ce qui est la faculté qui m'a permis de savoir ce que vous disiez entre vous, je
ne l'avais jamais possédée jusqu'ici, et c'est le Seigneur, cet insigne Galiléen, qui me l'a
accordée à cause de ma foi en Lui et de l'amour que j'ai pour Lui et, à cause de Lui, pour mes
frères pauvres.
4. Ce que je vous dis là est une vérité sacrée : mais je ne puis vous la prouver, si ce
n'est en vous disant une fois pour toutes : voilà ce qu'il en est, et voilà pourquoi je crois que
l'insigne Galiléen est en toute vérité le Messie promis, Yahvé Sabaoth. Qui croit en Lui,
L'aime par-dessus tout et aime son prochain comme soi-même aura en lui la vie éternelle !
5. A présent, faites comme vous voudrez, car c'est là une autre parole sacrée du
Seigneur : même au diable, il faut laisser tout son libre arbitre : car sans cela, l'homme ne
serait pas homme ni à la mesure de Dieu. Il ne serait qu'un animal à l'âme privée de liberté,
donc contraint d'agir selon ce que lui dicterait la toute-puissance divine.
6. Tout ce que vous voyez sur cette terre et au firmament est jugé et soumis à la loi
immuable de la nécessité. L'homme doit accepter pour un temps limité cette loi immuable et
figée, pour son corps seulement : car seule la toute-puissance divine gouverne le corps humain
pour ce qui est de sa forme, de sa croissance et de sa belle organisation, ainsi que pour la
durée normale de la vie physique, et c'est d'ailleurs pourquoi Dieu peut guérir instantanément
un corps malade par la puissance de Sa volonté. Mais la toute-puissance divine ne doit pas
toucher à l'âme libre de l'homme ! C'est pourquoi les règles que Dieu a données aux hommes
pour la conduite de leurs âmes n'ont pas été formulées comme une contrainte, mais comme un
devoir*.
7. Ainsi donc, nous n'avons pas reçu les lois divines comme une nécessité et pouvons
les observer si nous le voulons : de même, à présent, nul n'est forcé de se mettre à croire dans
le Seigneur, et le font ceux qui le veulent librement. Mais que l'on songe aux conséquences
pour l'âme dans l'au-delà, où elle sera tout aussi libre qu'ici-bas, mais avec cette différence
qu'elle devra se créer par elle-même tout ce dont elle aura besoin pour sa subsistance
éternelle. Que deviendra-t-elle alors, si elle n'a pas accumulé ici-bas, selon le conseil de Dieu,
les richesses et les matériaux spirituels ?
8. Et, comme Il le fait ici-bas à présent, de par Son ordonnance éternelle, Dieu ne fera
jamais peser Sa toute-puissance sur l'âme des hommes, afin de préserver leur libre arbitre.
Mais ici-bas, l'homme a cet avantage que la toute-puissance divine met à sa disposition toutes
sortes de richesses grâce auxquelles, s'il en fait bon usage selon le conseil de Dieu, il peut
gagner d'immenses trésors spirituels pour son âme éternelle. Dans l'au-delà, au contraire, les
richesses et les nourritures du monde créé par Dieu disparaissent tout à fait, et chaque âme, à
l'image de Dieu, doit tout créer par elle-même, selon sa propre sagesse et sa propre volonté
parfaitement libre. Mais quel sera son sort si elle n'a jamais été reliée à la volonté, à la sagesse
et à l'amour de Dieu ?
9. Que fera alors une âme aveugle et ignorante, donc sans force et privée de toutes les
richesses intérieures de l'esprit ? Si vous songez ne serait-ce qu'un peu, vous comprendrez
nécessairement à quel point il serait stupide de refuser d'avoir part à la grâce divine du
Seigneur, en un temps où cette occasion merveilleuse nous est offerte comme elle ne le sera
peut-être plus jamais à ce degré extraordinaire !
10. A présent que je vous ai dit tout ce que pouvait dire un ami soucieux de vérité, il
ne me reste plus qu'à vous répéter une dernière fois qu'en ce qui me concerne, rien ne vous lie
ni ne vous contraint à quoi que ce soit, car vos âmes sont tout aussi libres que la mienne. »
11. Quand Lazare eut achevé ce discours aux Pharisiens, le second orateur, qui,
comme on l'a dit, était un grand érudit, déclara : « Il est plus qu'évident que notre ami Lazare,
dont nous savons qu'en tant que particulier, il est pour ainsi dire l'homme le plus riche du
pays, ne saurait avoir un intérêt personnel à nous donner ce conseil. Qu'aurait il à faire de
notre or et de notre argent, de nos perles et de nos pierres précieuses ? Il en a déjà tant qu'il
pourrait s'acheter un royaume ! S'il nous dit que nous devons croire dans le Galiléen, ce n'est
donc pas pour nous faire quitter le Temple afin que nous placions à intérêt nos richesses à sa
banque de change ; cette pensée doit être d'autant plus éloignée de nous qu'il a définitivement
fermé cette banque il y a deux ans ! Lui qui, comme chacun sait, porte sur tout ce qui peut
arriver en ce monde un jugement très lucide, il a à coup sûr étudié avec impartialité cette
affaire du Galiléen, et son esprit pénétrant en a découvert le fin mot ; aussi ferions-nous sans
doute bien mieux de suivre son conseil sans plus hésiter !
12. Nous n’avons vraiment plus grand-chose à gagner au Temple ! Le bénéfice
matériel s'est quasiment réduit à néant, et quant à nos âmes, elles ne font qu'y perdre chaque
jour davantage sans jamais rien gagner : nous agirions donc à coup sûr fort sagement en
considérant enfin, sur nos vieux jours, ce qui pourrait advenir de nos âmes après notre mort
physique, qui ne saurait plus guère tarder. Si vous faisiez de même, je serais tout prêt à me
dégager tout à fait du Temple !
13. J'y mettrais une seule condition, facile à remplir : je voudrais d'abord m'entretenir
une dernière fois avec le jeune homme que notre ami Lazare vient de nous désigner comme
un archange. Serait-ce encore possible, ami Lazare ? »
14. Lazare : « Oh, rien de plus facile ! Je n'ai qu'à l'appeler, et il viendra sur-le-
champ ! »
15. Le second orateur : « Fais-le donc, ami, je t'en prie, car je brûle du désir de voir
cet homme-archange et de lui parler ! »