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Bilan carbone de la sidérurgie de l’acier

Sujet : Pour redorer son image suite à l’OPA hostile sur ARCELOR,
Mittal Steel envisage de lancer une campagne de publicité en France
mettant en avant les efforts de la sidérurgie de l’acier en matière de
développement durable.
Vous êtes de jeunes ingénieurs mandatés par l’agence de publicité pour
avoir dans un 1er temps une vision claire et objective du bilan carbone de
cette industrie.

Simon AMBOISE
Cédric AUDRY
Weronika KRAKOWIAK
Brice PEILLEY

1
Les risques de changement climatique ont fait l'objet de nombreux débats au
cours de ces dernières années. Actuellement, la plupart des experts estiment que
ces risques sont réels et directement liés aux émissions de gaz à effet de serre, et
tout particulièrement de CO 2 .
Les émissions de CO 2 ont fortement augmenté au cours des dernières
décennies. Elles entraînent une augmentation de la teneur en CO 2 dans
l'atmosphère.
Cette augmentation de la concentration serait responsable de la tendance au
réchauffement climatique déjà observée (on le voit cet hiver avec le manque
apparent de neige dans nos stations de haute montagne), et pourrait avoir dans
l'avenir des conséquences beaucoup plus dramatiques (par exemple la multiplication
de phénomènes météorologiques extrêmes tels que les tsunamis ou les cyclones) si
aucune mesure n'est prise.
C'est sur la base d'un tel constat, qu'a été établi le protocole de Kyoto dont
l'objectif général est une réduction des émissions des gaz à effet de serre de 5,2%
entre 2008 et 2012, par rapport aux émissions de 1990.

Dans l'avenir, la maîtrise des émissions de CO va nécessiter la mise en


2
œuvre de solutions nouvelles et les secteurs de l’industrie et de l’énergie sont les
premiers concernés.
Le domaine de la sidérurgie de l’acier est notamment en plein renouvellement
concernant son « bilan carbone », soit la gestion, l’utilisation et le devenir de
l’élément carbone.

Nous allons donc détailler tout d’abord ce concept de « bilan carbone » dans
la sidérurgie en analysant son évolution historique et son importance relative vis-à-
vis du bilan global.
Mais ses évolutions sont notamment accompagnées de recherche et
développement. Les nouvelles techniques et les procédés innovants seront donc
développés par la suite.
Ensuite, nous nous placerons du coté de l’industriel et tenterons d’analyser les
intérêts que ces entreprises (très importantes dans le cas présent de Mittal Steel) ont
à promouvoir cette notion de « bilan carbone ».
Dans chacune de ces parties, nous étudierons aussi les perspectives
envisagées dans un futur proche ou plus lointain, dans le but de conclure sur la
pertinence des projets et de leur possibilité à enrayer ce phénomène de croissance
de plus en plus rapide de la teneur en CO 2 .

2
I) Le « bilan carbone » dans l’industrie sidérurgique :
quelques chiffres

Dans cette première partie nous allons étudier de manière quantitative et


qualitative le bilan carbone : nous verrons comment de grandes quantités de CO 2
sont produites dans l’industrie sidérurgique tant au niveau mondial, européen que
national. Nous comparerons le bilan carbone dans le secteur de la sidérurgie aux
autres rejets dus aux différentes sources d’émission de CO 2 puis nous verrons un
exemple actuel de rejet carbone à travers une industrie métallurgique.

1. La provenance du rejet de carbone (de CO 2 ) dans la sidérurgie de


l’acier

La sidérurgie est la fabrication de fonte, d’acier, et de fer à partir essentiellement


de minerai de fer. Cette technique s’accompagne obligatoirement de rejet de gaz à
effet de serre tels que le protoxyde d’azote (N 2 O), le méthane (CH 4 ) ou encore des
halocarbures. Mais le dioxyde de carbone (CO 2 ) est le principal gaz émis lors des
opérations de sidérurgie. D’où provient-il ? Le fer est obtenu par réduction des
oxydes de fer (Fe 2 O 3 ) contenus dans le minerai de fer [1]. Le réducteur est le
monoxyde de carbone CO , celui-ci est obtenu par la réaction suivante :
1
C + O 2 → CO
2
Qui se décompose en deux réactions successives :
C + O 2 → CO 2
Puis:
CO 2 + C → 2CO (1)
Puis l’équation chimique de réduction :
Fe 2 O 3 + 3CO → 2Fe + 3CO 2 (2)
On note évidemment la formation de dioxyde de carbone : c’est de cette réaction
chimique que provient l’émission de CO 2 .
Une partie du dioxyde de carbone rejeté est alors réutilisée pour produire du
monoxyde de carbone grâce à l’équation (1), cependant le bilan global (1) + (2)
donne toujours du CO 2 :
C + Fe 2 O 3 + CO → 2Fe + 2CO 2
C’est le rejet de carbone auquel nous allons nous intéresser dans les paragraphes
suivants.

2. Evolution historique

L’industrialisation de la sidérurgie s’est fortement développée au 18 ème


siècle
grâce à l’invention de la machine à vapeur, mais c’est seulement à partir du milieu du
20ème siècle que l’on constate une réelle augmentation de la quantité de CO 2 , due à
l’activité humaine, émise dans le monde, en Europe et en France. D’après le peu de
données fournies sur les émissions de carbone avant 1970-1980, il semble que la
quantité de carbone rejetée par l’activité sidérurgique est en constante augmentation

3
depuis le 18ème siècle. Cependant on remarque une diminution de celle-ci à partir de
1980 (au moins en France et en Europe) due à la récession économique et aux
directives de plus en plus sévères des états concernant les émissions de gaz à effet
de serre.

• Les chiffres [2], [3]

La quantité de carbone émise par l’activité sidérurgique en Europe depuis 1980:

Année 1980 1990 2000


Millions de tonnes de
187 153 125
CO 2 émise

La quantité de carbone émise par l’activité sidérurgique en France depuis 1980 :

Année 1980 1990 2000


Millions de tonnes de
8,1 5,8 5,2
CO 2 émise

3. Importance dans le bilan carbone total


• Importance de l’émission de CO 2 du secteur industriel

On peut d’abord considérer les émissions de CO 2 du secteur industriel par


rapport aux autres sources d’émission pour se donner une idée de la quantité de
carbone totale rejetée.
Le secteur industriel inclut les rejets des industries chimiques et pétrochimiques, les
industries du verre, les industries pharmaceutiques.
Au niveau européen on a les statistiques suivantes [4]:

Evolution des émissions de CO 2 en Europe (Mt = millions de tonnes)

4
On peut tout d’abord signaler que le secteur industriel est l’une des
principales sources d’émission de carbone dans une quantité non négligeable par
rapport à la quantité globale de CO 2 rejeté. Les émissions de l’industrie diminuent
clairement depuis 1980 ce qui confirme la diminution du rejet de carbone par l’activité
sidérurgique. La proportion relative par rapport aux autres secteurs diminue aussi.
On constate qu’en 1980 le secteur résidentiel et industriel (24% et 23%) ont la même
proportion, supérieure au secteur des transports (16%). En 1990, la proportion
relative des rejets de carbone du secteur industriel égale à 18% est devenue bien
plus petite que celle des transports (25%) et celle du secteur résidentiel (21%).
En 2000, la tendance se confirme et l’industrie rejette 16% des émissions de carbone
en Europe ce qui représente environ 503 Mt de CO 2 . En comparaison au secteur
résidentiel (20%) et des transports (25%), c’est celui qui émet le moins de carbone.

Contrairement à d’autres secteurs, l’industrie essaie d’améliorer en continu


son efficacité énergétique et de réduire ses émissions. Mais différents scénarios
existent pour l’évolution de la quantité de CO 2 rejetée par l’industrie mondiale [5] : si
les différentes instances internationales prennent des mesures très strictes en faveur
du développement durable, alors les prévisions les plus optimistes misent sur une
réduction de la quantité de CO2 émise de 33% en 2100 par rapport à 2000. Au
contraire, si rien n’est entrepris dans ce sens, les prévisions les plus pessimistes
prédisent une augmentation de ces émissions de 300% en 2100 par rapport à 2000.
Mais quel que soit le scénario envisagé, toutes les études menées prévoient une
augmentation de la quantité de CO2 émise au moins jusqu’en 2040 (la diminution
des réserves de pétrole changera la donne en matière d’énergie).

En France, en 2000 voici la quantité de carbone rejeté en fonction de chaque


secteur [6]:

L’industrie et la sidérurgie rejettent environ 25% (une part plus importante que
la moyenne Européenne) de la quantité totale de carbone émise ; c’est une part
importante dans le bilan. Mais on constate aussi que cette proportion est moindre
que celle pour les transports et celle associée au tertiaire/résidentiel.

5
• Importance des émissions de CO 2 dues à la sidérurgie

On peut obtenir la proportion relative en 2000 des rejets de carbone de la


sidérurgie par rapport au secteur industriel et par rapport au bilan général résumé
dans le tableau suivant :

Pourcentage par rapport Pourcentage par rapport


au secteur industriel au bilan global
Europe 24,8% 4%
France 22,2% 4,9%

La proportion est environ égale à 5% aujourd’hui dans le bilan global. C’est


apparemment assez peu mais chaque secteur doit diminuer ses émissions pour
atteindre les objectifs fixés par l’Europe et la France. Voici les émissions de CO2 en
Mtep (millions de tonnes d’équivalent pétrole) en France pour 2000 et les prévisions
pour 2050 [7] :

2000
2050

La progression de l’émission de CO 2 dans le secteur de la sidérurgie est très


faible (moins de 4% d’augmentation en 50 ans). Ceci s’explique par une stagnation
de la production française et par l’apport de nouveaux procédés et technologies.

4. Bilan carbone aujourd’hui dans la sidérurgie


On peut estimer actuellement la quantité de carbone émise pour la production
française. Avec les procédés utilisés maintenant pour produire une tonne d’acier
entièrement à partir de minerai de fer, il faut émettre en moyenne 870 kg de carbone
(chiffe 2005). A partir d’acier recyclé, il faut émettre 300 kg de carbone. Ces chiffres
tiennent compte de la quantité d’énergie nécessaire à la fabrication d’une tonne
d’acier.
Pour une tonne d'acier partiellement composée d'acier recyclé, à supposer
que l'on connaisse le taux de ferrailles (ou de recyclé) X% dans la matière première,
on peut prendre l'interpolation suivante [8]:

Kg équivalent carbone par tonne d'acier = 300 * X% + 870 * (1-X%)

Pour avoir des ordres de grandeurs, on peut donner l’exemple d’un grand
groupe sidérurgique comme Arcelor. Chaque année, il émet 72 millions de tonnes de
carbone (en tenant compte comme précédemment des émissions directes de CO 2 et
de celles créées par la consommation d’électricité) [9]. Différentes technologies sont
étudiées et mises en place pour pouvoir réduire ces émissions.

6
II) Procédés et techniques visant à dépolluer les émissions
gazeuses industrielles du secteur de la sidérurgie
Dans un cadre général, l’industrie des métaux est très polluante. Le
phénomène de pollution s’articule autour de plusieurs sources :

- les déchets solides (copeaux, résidus de coulées, poussières…)


- le transport de matières premières
- les émissions gazeuses, première source de pollution en quantité et en
gravité

En ce qui concerne le domaine de la sidérurgie en particulier, il s’avère que


les principales difficultés environnementales rencontrées sont liées aux émissions
gazeuses [10]. En effet, ces fumées contiennent, en quantités non négligeables, des
poussières de matériaux lourds, ainsi que du CO 2.

1. Les solutions techniques

Des efforts sont menés par les industriels pour réduire ces émissions qui
sont financièrement pénalisantes. Depuis plusieurs dizaines d’années, se
développent diverses solutions consistant à filtrer ces gaz, les récupérer ou les
concentrer dans les fumées produites. Trois solutions sont retenues et utilisées
actuellement. Elles sont également développées afin de les optimiser. D’autres en
parallèle sont en étude dans les laboratoires des plus grandes entreprises, qui sont
parfois en partenariat avec des universités ou des écoles.

Les éléments filtrants – Récupération en post-combustion

Les fumées émises par les hauts fourneaux


sont composées de vapeur d’eau (issue de
l’hydrogène utilisé pour la combustion du minerai),
de CO2 en très grande majorité (90% du volume
total de fumées émises), et de poussières lourdes.
Ces poussières cancérigènes contiennent des
métaux lourds qu’il est nécessaire de piéger, pour
respecter les normes environnementales.
La solution utilisée pour éliminer efficacement
ces éléments est la technique des électrofiltres
[11]. Ces filtres installés en sortie des hauts
fourneaux captent les particules de métaux lourds
grâce à leurs propriétés électriques. Ces filtres
sont capables de récupérer tous les types de
métaux lourds présents dans les fumées émises.
Cependant, leur aptitude à capter la totalité du Schéma d’un électrofiltre.
volume de particules présentes dans les fumées
n’est pas totale. C’est pourquoi des efforts sont menés pour accroître le rendement
de ces éléments dont les résultats sont très prometteurs. De nouvelles générations

7
sont actuellement étudiées pour les améliorer. On obtient des réductions de l’ordre
de 30% des particules en présence dans les gaz du fait de l’installation de ces
systèmes. Autre point fort, ils sont faciles à installer et peu onéreux.

Filtres cyclones à solvants Comme on vient de le voir, on


sépare les fumées de leurs métaux
lourds avant de traiter le CO 2 qu’elles
contiennent.
Une autre solution permet
d’éliminer ces métaux lourds. On
utilise des cyclones [11] appelés
aussi pots à poussières, qui stoppent
ces poussières lourdes. Ces cyclones
viennent en aval des filtres
électrostatiques. Les fumées circulent
à travers ces dispositifs et sont
« lavées » en partie de leurs
poussières lourdes par un solvant
(contenant le plus souvent des
amines) qui les conduit jusqu’à un
collecteur de poussières. Les fumées sont acheminées vers d’autres systèmes
(filtres électrostatiques par exemples) pour en finir le traitement. Le solvant, quant à
lui, est réinjecté dans le cyclone et circule en circuit fermé puisqu’il est
automatiquement recyclé après le collecteur de particules. Mais cette régénération
du solvant nécessite 3-4.10 9 J/ tonne de CO2 sous forme de vapeur d’eau. Pour produire
cette vapeur d’eau, il y a deux solutions possibles : soit on utilise une chaudière
spécialement pour cet effet, soit on procède à la récupération de vapeur à partir du
réseau basse pression de l’installation. Cette dernière solution a le mérite de
participer à un excellent rendement de l’installation. Globalement, la récupération par
solvant est aujourd’hui la plus mature sur le plan industriel.

Comment éliminer le CO2 présent dans les fumées ?

C oncrètement, il s’agit d’installer des pompes centrifuges sur les canalisations


conduisant vapeurs et fumées. Ce sont ces mêmes pompes qui permettent
d’acheminer les gaz jusqu’aux éléments filtrants présentés précédemment.
AFFETI [12] est une société spécialisée dans la conception de systèmes de
filtrations de pompage des gaz émis par tout type d’industrie polluante et en
particulier pour la sidérurgie. Mais là encore, un problème subsiste. Il faut bien
comprendre que, chimiquement, la production de fonte et d’acier induit
inévitablement la production de CO 2 . Il est donc inconcevable, à l’heure actuelle,
d’imaginer ne plus produire de CO 2 . En revanche, il existe des technologies de
production d’aciers et fontes permettant de réduire cette production, en augmentant
le rendement des fours, ou encore, des réactions chimiques qui s’y produisent.

8
Différents types de production de fontes et aciers.

Afin de minimiser la production de CO , les industriels, écoles et universités


2
axent leurs recherches sur des solutions visant à diminuer la production de CO 2 en
amont de la chaine. On voit alors apparaître des fours électriques qui sont nettement
moins pollueurs (0.2t de CO 2 produite par rapport à 1.5t de CO 2 produite pour la
filière fonte, pour une tonne d’acier. [11]). Ces nouveaux fours n’utilisent plus la coke
pour amener le métal en température, mais seulement pour apporter le carbone
nécessaire pour que le fer devienne acier. Toutefois, cette technologie est très
consommatrice d’énergie électrique et le bilan carbone n’est peut être pas réellement
favorisé dans ce cas ; on le verra plus loin dans ce rapport.

Une autre solution efficace consiste à enrichir le fourneau en oxygène, de façon à


améliorer la combustion du minerai et concentrer le CO 2 dans les gaz de sortie.
Concentrer le CO 2 dans les gaz émis, (90% des fumées) permet de le séparer plus
facilement des vapeurs d’eau et poussières lourdes, et donc de le récupérer plus
facilement en sortie des hauts-fourneaux. Cette technique est elle aussi largement
étudiée puisque même si la production d’oxygène pur est coûteuse, des recherches
en laboratoire promettent de pouvoir produire cet oxygène en quantité, avec des
coûts moindres. Mieux encore, les biomasses peuvent se révéler particulièrement
intéressantes. Il paraît fort utile, par exemple, de remplacer le charbon par de
l’eucalyptus, pour obtenir le même produit fini [11].

La capture du CO 2 peut aussi s’effectuer en amont de la combustion : la


précombustion. Il s’agit de convertir le combustible fossile en gaz de synthèse (on
fait cela en entrée d’installation) qui est un mélange de CO et d’hydrogène. On
travaille ici sur la chimie des réactions se produisant dans les hauts-fourneaux, plutôt
que sur les technologies permettant de récupérer le CO 2 . Ensuite, pendant une
seconde étape, le CO au contact de l’eau, produit du CO 2 et de l’hydrogène. On
récupère alors le CO 2 , et l’hydrogène est utilisé pour produire de l’électricité. Si cette
solution technique est très intéressante, elle nécessite encore quelques années de
développement pour la rendre efficace et moins onéreuse.

2. Trouver une technologie en rupture

L’avenir de l’industrie sidérurgique dépendra de sa capacité à faire évoluer ses


procédés, en particulier les procédés de production de fer à partir du minerai de fer,
pour réduire de manière significative les émissions de CO 2 . Il s’agit là de développer
les technologies déjà employées (récupération des gaz en sortie du gueulard, en

9
précombustion, optimiser la concentration du CO 2 dans les fumées), en augmentant
leur rendement. Pour cela les industriels pensent déjà à l’utilisation de biomasses là
où l’on parle actuellement d’oxygène et d’eucalyptus. Tout cela constitue le squelette
de l’organisation et la mise en place de ce qu’on appelle alors la technologie de
réduction d’émissions de CO 2 en rupture.

En bout de projet, se trouve une nouvelle solution récemment développée et très


étudiée, car particulièrement prometteuse. Il s’agit de l’enfouissement du CO 2
récupéré en sortie des hauts fourneaux des usines. On a vu précédemment que des
systèmes sont capables de récupérer et faire transiter le CO 2 . Il faut ensuite stocker
ce CO 2 .

Le transport du CO2 entre le lieu de captage et le lieu de stockage peut se faire


par 2 moyens [13] :
- le transport maritime : le CO 2 est transporté en phase liquide à pression
modéré et à basse température
- l’utilisation des pipelines : le CO 2 est transporté en phase gazeuse à l’état
supercritique (supérieur à 74 bars), il est aussi envisagé de le transporter à
l’état liquide (10 bars et – 40°C).

Ce CO2 peut être exploitable géologiquement de 3 manières [14]:


- L’injection dans les gisements de pétrole ou de gaz en fin d’exploitation. Le
gaz, par sa pression, permet de récupérer le reste de pétrole ou de gaz
présent dans le gisement (en mettant en œuvre des systèmes de
récupération pour ne pas extraire, en plus de l’hydrocarbure, du CO2). De
plus, ces structures sont imperméables ; elles ont confinées des
hydrocarbures durant des millions d’années.
- L’injection dans les veines de charbon qui ne sont pas exploitées (ou
abandonnées) qui permet de récupérer du méthane : le charbon tend à
absorber le CO 2 et à libérer le méthane initialement présent. Le problème
est que l’on ne sait pas encore si la faible perméabilité du milieu permet
l’injection d’importante quantité de CO 2 .
- Le stockage dans les aquifères salins profonds. Ce sont des nappes d’eau
salée située en grande profondeur mais, faute d’étude, on ne connait pas à
long terme leur comportement au stockage de CO 2 .

La capacité de stockage [15] est de 930 milliards de tonnes de CO 2 pour les


gisements d’hydrocarbures, 40 milliards de tonnes de CO 2 pour les mines de
charbons (ce qui parait peu mais cette solution permet de récupérer du méthane) et
jusqu’à 10000 milliards de tonnes de CO 2 pour les aquifères salins profonds qui sont,
de plus, présents sur l’ensemble de la planète.

10
Transport et stockage du CO2

Les émissions mondiales de CO2 [16] sont de 23 milliards de tonnes. Les


secteurs de l’industrie représentent 4 milliards de tonnes de CO2 et le secteur de la
production d’électricité produit 10 milliards de tonnes de CO2. Le concept de
stockage du CO2 permet de régler le problème pour plusieurs centaines d’années.
Les recherches et les développements futurs permettront de répondre à la
sécurité des sols (qui est une préoccupation d’ordre sanitaire) et de réduire les couts
de stockage.

Exemples de projets soutenus par l’union européenne

De grands groupes industriels se sont unis pour réaliser des projets


‘grandeur nature’. C’est le cas pour le projet CASTOR [17], réalisé sur 4 ans. Il a
pour but de réduire les couts de captage du CO 2 de 50-60 € à 20-30€ (cela
représente 65% du budget). Pour cela, plusieurs solvants pour capter le CO 2 présent
dans de grandes quantités de fumée à pression atmosphérique sont testés [18]. De
plus, il validera la faisabilité des 3 principales méthodes d’enfouissement du CO 2
dans le sous-sol terrestre (25% du budget). Mais il élaborera aussi une stratégie
européenne pour le captage, le transport et le stockage du CO 2 (10% du budget).
Des entreprises et des universités ont associé leurs efforts de R&D dans le
cadre d'un programme de la Commission Européenne, le projet ULCOS (ultra low
CO 2 steelmaking), visant à réduire les émissions de CO 2 de la sidérurgie.
Regroupant un consortium de 48 entreprises, coordonné par Arcelor, le projet a été
lancé le 12 Mars 2004. Son objectif est de fournir dans 5 ans un concept de
production. ULCOS va étudier une série de concept de rupture pour la production
d'acier ayant un potentiel de réduction des émissions spécifiques de CO 2 de la
sidérurgie de l'ordre de 30 à 70%. Technologie fondée sur le recyclage des gaz de
gueulard après décarbonations, technologies de capture et de stockage du CO 2 ,
électrolyse, utilisation d'hydrogène, utilisation de la biomasse, ... sont autant de
possibilités qui seront étudiées. Les projets sélectionnés entreront ensuite dans une
phase pilote de 5 ans pour confirmer leur viabilité technique et économique.

11
III) Analyse économique du point de vue industriel

Les techniques et procédés, dans la partie précédente, sont en grande partie


développés par les grandes entreprises du secteur de la sidérurgie (Arcelor, Mittal
Steel, Nippon Steel…) avec l’aide éventuelle de certains états s’impliquant dans ces
démarches.

En nous plaçant comme ingénieur chez Mittal Steel, nous allons rechercher
les divers intérêts actuels ou futurs qu’a ce type de sociétés à promouvoir cette
notion « d’amélioration du bilan carbone ».

1. Une stratégie toute bénéfique

Etudions tout d’abord, les retombées d’une telle campagne sur l’image de
marque de la société. Nous avons tous entendu parler de cette affaire entre les deux
géants du secteur, Arcelor et Mittal Steel ; Mittal a lancé, début 2006, une OPA
hostile sur Arcelor. L’énorme médiatisation de cet épisode dépassa largement le
cadre économique pour devenir un bras de fer politique… En effet, pour les
européens, l’Offre Publique d’Achat proposée était inacceptable et cela a donc nuis
à la réputation de la société Indo néerlandaise.

Quoi de mieux qu’un tel projet jouant la carte de la défense de


l’environnement pour se racheter et redorer son image?

En effet, le débat environnemental est plus que jamais au cœur de toutes les
discussions. Le « live earth » (concerts mondiaux organisés en juillet 2007 pour lutter
contre le dégagement de CO 2 ), voire même les récents sondages concernant le vote
des Français pour M. Hulot (avant le retrait de sa candidature) à l’occasion de
l’élection présidentielle l’attestent. De fait, en mettant l’accent sur sa forte implication
dans le développement durable, Mittal est sûr de toucher un large public.

Ainsi cette campagne environnementale, outre le fait d’avoir pour but


d’enrayer le changement de climat, va permettre à Mittal de faire parler d’elle, et est
par conséquent une grande opération de publicité.

On le voit sur l’exemple de publicité page suivante : Arcelor utilise également


ce concept pour faire de la communication et augmenter ses parts de marché. Cela
est donc très judicieusement joué de la part des grandes entreprises car plutôt que
d’investir des dizaines de millions d’euros dans des campagnes massives de
publicité [19], ils font d’une pierre deux coups en finançant des projets
environnementaux dont les retombées leur profitent.

Cependant, un autre facteur peut également améliorer l’image de marque de


ces sociétés. Il y a la possibilité, pour les pays signataires du protocole de Kyoto,
comme la France, d'investir dans des projets permettant une réduction des
émissions de CO 2 dans les pays en développement n’ayant pas ratifié ce protocole
tels que la Chine ou le Brésil. Cela est donc perçu par les populations comme une

12
aide précieuse faisant remonter la côte de l’entreprise dans ces pays émergents qui
représentent les grandes puissances de demain.

Campagne de publicité du groupe Arcelor

Mais ce qui est d’autant plus intéressant pour ces grosses entreprises, c’est
que le pays investisseur obtient, en contrepartie, des crédits d'émissions
supplémentaires. Ainsi la compagnie sidérurgique peut augmenter sa production de
rejet de CO 2 et donc sa quantité de production d’acier grâce à ces investissements à
l’étranger.

Appuyer ce concept de « bilan carbone » est donc très avantageux que ce soit
pour l’image, la communication ou les investissements de la société au niveau
national ou international.

2. Quand l’écologique rejoint la rentabilité

Comme nous venons de le voir précédemment, d’importantes innovations en


matière de bilan carbone, tant au niveau du rendement qu’au niveau de la
récupération du CO 2 , sont en train de voir le jour.
L’intérêt écologique de l’optimisation de ces techniques ne fait aucun doute.
Pourtant, un simple calcul approximatif de rendement des méthodes appliquées
montre que la technologie a besoin d’être améliorée :
Pour une centrale thermique [20], la production d’1kWh d’électricité rejette
environ 843g de CO 2 dans l’air ! Or le procédé de post combustion visant à

13
récupérer le CO 2 demande environ 3 à 4 milliards de Joules soit environ 1000kWhe
pour 1 tonne de CO 2 stockée !
1000 kWh récupère donc environ 1 tonne de CO 2 mais produisent plus de 800 kg de
CO 2 ce qui nous amène à un rendement d’à peine 20% pour des centrales
thermiques !
Il faut donc développer ses solutions de production d’électricité (avec les
énergies alternatives ou le nucléaire) et de captage dont la caractéristique
« énergivore » devrait fortement et rapidement baisser. Il convient donc d’investir
encore dans ce domaine pour aboutir à des résultats satisfaisants en terme de
rendement.

Du point de vue économique, on peut d’abord souligner l’importance


d’améliorer le rendement dans la fabrication même de l’acier. Autrement dit, il faut
que pour la même quantité de charbon (d’où provient le carbone) en entrée, nous
fabriquions davantage d’acier. Conséquences : moins de rejet de carbone mais
également une économie substantielle au niveau des coûts car le prix des matières
premières a fortement augmenté récemment (prix du coke multiplié par 5 en 2 ans).

De plus, malgré les coûts de recherche et développement, investir semble tout


de même intéressant pour une société comme Mittal Steel pouvant raisonner sur le
long terme en raison de son chiffre d’affaire très élevé. Pesant plus de 30 milliards de
dollars, cela lui permet de consacrer un budget important à la R&D sans se mettre
dans le rouge.

Mais pourquoi dépenser de telles sommes serait bénéfique ?


A la suite de la signature du protocole de Kyoto, l’union européenne a mis en
place une directive instaurant des quotas d’émission de CO 2 [21]. Chaque pays fixe
un quota d’émission total de CO 2 et le repartit entre les différentes entreprises de
son pays. Lorsqu’elles dépassent ce quota alloué, elles paient une amende de 40
euros par tonnes excédentaires (fixé par l’union européenne). En parallèle, il existe
plusieurs marchés boursiers (Powernext Carbon en France) pour que les entreprises
puissent se vendre leur excédent de quota [22]. Cependant, l’état français a accordé
trop de quota [23] ; 13% des quotas alloués n’ont pas été utilisés, entraînant
l’écroulement du cours du CO 2 . Cependant, en 2008 [24], l’amende sera portée à
100 euros par tonnes excédentaires et la France a été priée de revoir ces quotas
(fixé à 133 millions de tonnes de CO 2 rejeté). L’augmentation de ces taxes et la
baisse des coûts de récupération du CO 2 incitent les industriels à améliorer leur bilan
carbone (surtout pour une entreprise comme Mittal produisant plus de 57 millions de
tonnes d’acier par an). Dans le secteur de la sidérurgie, l’investissement anti-CO2
représenterait jusqu’à 30% du chiffre d’affaire [25].

Il était donc important pour Mittal de ne pas louper ce tournant dans


l’innovation technologique, tant au niveau de l’implication dans la défense de
l’environnement dans une filière souvent critiquée, que du point de vue économique
qui promet, grâce à ces nouveaux systèmes, de réelles économies et une avance
accentuée sur les concurrents qui n’auraient pas su anticiper le phénomène ou qui
n’en auraient pas eu les moyens.

14
Conclusion :
Loin d’être gagnée d’avance, la chasse au CO 2 entraîne de grands changements au
sein des entreprises concernées par ce problème. Sous la pression des instances
gouvernementales, les entreprises s’activent dans la recherche et le développement
de solutions pour limiter l’utilisation de matière première et d’énergie engendrant une
quantité importante de CO 2 . La récupération du CO 2 émis reste un moyen à
développer, mais les lieux de stockage doivent être encore étudier pour attester de
leurs sécurité. L’exemple du dégazage du Lac Nyos au Cameroun ayant entraîné de
nombreuses morts dans les populations alentours montre la dangerosité de certain
site. En parallèle, il faudrait promouvoir cette solution que le grand public ne connaît
pas. Ajoutons à cela le fait qu’un enjeu économique certain se trouve au centre de
ces débats, et nous obtenons une problématique complexe. Comment limiter les
émissions de CO 2 au moindre coût et mieux que notre concurrent ? Les chiffres le
montrent, des efforts importants doivent être faits, mais les industriels doivent trouver
seuls des solutions techniques à ces problèmes. Economiquement très menacé par
les politiques écologiques menées par de nombreux gouvernements, ce secteur
industriel se révèle pourtant capable d’obtenir des résultats probants. Seule une
politique internationale appliquée à tous les secteurs (énergie, transports…)
permettra de réduire en conséquence la concentration de CO 2 dans l’atmosphère.

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BIBLIOGRAPHIE
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nal.pdf> (consulté le 11 février 2007)

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Mots Clés / Key words :
Réduction du minerai de fer : iron ore reduction
quantité de carbone émise : quantity of carbon thrown out by
par l’activité sidérurgique the steel industry
par l’activité sidérurgique : CO 2 waste of the industrial sector
les émissions de CO 2
du secteur industriel
870 kg de carbone pour produire : 870 kg of carbon to produce one ton
une tonne d’acier of steel
Acier : steel
Fonte : cast
Sidérurgie : iron and steel metallurgy
Enfouissement : burying
Rupture : breaking
Poussières lourdes : heavy dust
Pré-combustion : pre combustion
Filtre électrostatique : electrostatique filter
Capter le CO 2 : To catch carbon gas
Stocker : to stock
Gisement pétrolifère : oilfield
Hydrocarbure : hydrocarbon
Intérêts : interest
L’Offre Publique d’Achat = OPA : takeover bid (Brit)
tended offer (USA)
Opération de publicité : advertising operation
Image de marque : public image
Investissements : investment
Rendement : output
Économie : savings
Chiffre d’affaire : turnover
Quotas : quotas
Concurrents : competitors

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Summary:
Since the Kyoto agreement, industrials have been trying to reduce their
amount of carbon. We can observe that the amount of carbon dioxide emissions has
been dropping down since 1980. However, the steel industry is a sector which now
produces almost 25% of the whole amount of the carbon dioxide emitted into the
atmosphere. There are many different technologies elaborated in order to reduce
these emissions. We can point out three main methods of reducing these emissions:
recuperating the emitted gases, filtrating (electrostatic filters) or storing. To eliminate
carbon dioxide from the fumes we can also use centrifugal pumps. Moreover the
methods used in the steel industry can be modified – by using electrical stoves or by
precombustion.
European Union is also involved in the process of reducing the emissions of carbon
dioxide. There are certain projects held like CASTOR or ULCOS. We must also keep
in mind the initiative of Mittal Steel of asking for a ‘Bilan Carbone’ after their takeover
bid against Arcelor. That is how we observe that ‘Bilan Carbone’ is very beneficial for
the image, investments and status of an enterprise. All in all, it is convenient to invest
in the reduction or even elimination of carbon dioxide emissions, taking into
consideration not only material profits but also environment.

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