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Ce jour-la, en attaquant Londres de jour, la Luftwaffe subit un revers si sérieux qu'elle abandonna la bataille d‘Angleterre. Les acteurs de cette journée capitale, Al nent. Ne 2 aa id nr, a, ep a aac DOCAVIA ire nage “Fillemagne SP oy 5 pu Z ‘Attaque frontale. Composition de Lucio Perinotto. ‘Toures mores DR, enue aesnon comm. laviat = chy, epyeuble SRS ae fe Sr SREY ACB ecpex ial nan atsnsedhinsiarwere ae: 014103813 nsoe ionic coun REDACTION, sam araoaae gdactutn ene Mefiel Bérchow lcci: tel aot dave: Mel ius ars eeoael ae. feorophts cou Segoe a eee. a ry nee oa es one, ses neuer “gE Eh ee en TEAS iesietialte PETITES ANNONCES CLASSES . ate Behont Tél 20141403492 Fan! 0141 4035 12 ‘ABONNEMENTS Tél, : 0147565400 Pail azspeah smal: abo@edivons-arviere fe Email: ype@editionsarviee ft “ARIES ABONNEMENT 1 AN range ata gb ue gi Sisa "ane pi oi 7855€ {fone de avadon et ane pubis Ea CINE es ra aol Uc “Suis Lammas pede 80 ‘de Taintedonmunattace Fns9572071 885 Cop TY S815 Par deans 572.071 HY CEDEX, Sasa Cs Tee DENISE Bac O18 A005. SOIMMAIRE HORS-SERIE N° 240% Objectif Londres Par Alfred Price. Traduit de l'anglais par Patrick Facon. Titre original: The Battle of Britain Day. Editions Greenhil Books. Prologue: 4000 m au dessus de Brixton. 8 La carte du site Les ordres de bataille ‘De minuit 810 heures Premiéres escarmouches De 10810. 13 heures Attaque 4 midi De 13 heures 4 13845 Interméde BA ABABRS anscerécit,touteslesindications de temps sont ’heured’été bri- tannique. Celle-cise situe 60 mi- nutes apres celle de Greenwich, mais aussi de Pheure d'été alle mande,le Sommerzeit,en usage dansla Lutt- wwaffe. Les personnescitées dansle texte ont les grades, ct les positions higrarchiques qui Gtaient les leurs le 15 septembre 1940, En ce qui conceme les unités, les désignations de la Luftwaffe ont été conseryées::Jagdgesch- wader pour les groupes de chasse, Kampf- geschwader pour les groupes de bombarde- ment,etAufklrungsgruppe pourles groupes de reconnaissance. Comme elles ne tradui- sent pas exactement les mémes réalités que dans les autres forces aériennes, les appel- lations telles que Staffel, Gruppe ou Ges- chwader ont été elles aussi maintenues. Les dénominations de Bf 109 et BE L10,cor- respondant respectivement aux Messersch- mitt 109 et 110 (BI, pour Bayerische Flug- zeugwerke), reviennent dans divers ou- vragi Les documents officiels allemands, igés 4 l'épogue, utilisent aussi bien les premiers que les seconds. Ici, seule Vabré- viation Me est employée. Sans Vaide librement consentie par beau- coup de personnes, 'écriture de ce récit au- rait été impossible, Je souhaiterais remer- ier tout particuliérement Arno Abendroth. Theodor Rehm et Horst Schultz, en Alle- ‘magne, qui m’ont permis de reconstituer cette histoire du cdté de la Luftwaffe. En Grande-Bretazne méme, Alan Cooper a ac- compliun travail remarquableenconsultant Jesdocumentsofficiels du Public Record Of- fice de Kew, Entre autres choses, il est par- vyemuarassembler lacollection presque com- plete des rapports rédigés par les pilotes de Ja Royal Air Force ce jour-la. Herr Noack, conservateurau Bundesarchiy Militararchiv, de Freiburg, m’a fourni une aide trés pré- cieuse en exhumant les archives conservées 1anas a toa Lattaque de l'aprés-midi De 14023. minut Les autres actions du jour Le 15 septembre 1940 Yue d’ensemble [ZZ] Communiqués de presse Avec du recul Controverses fi Sur un événement Les pertes des belligérants, Je 15 septembre 1940 encelieu,sans parlerdu Généralde brigade Lewendon, du Royal Artillery Museum, de Woolwich, Ces historiens infatigables de la bataille d’ Angleterre que sont Andy Saun- ders et Peter Comwell ont gentiment mis & ma disposition la documentation qu’ils ont rassemblée et m’ont adressé bon nombrede remarques d'une grande pertinencesurmon manuserit, Ron McGill m’a communiqué tous les documents qu'il a amassés, Parmi tous les autres qui m’ont aidé figurent le Major John Ellingworth, John Vasco, Phil Goss, LG. Smith, Michael Payne, Dilip Sar- kar, Max Probst et Colin Brown, Comme toujours,le Wing Commander Norman Han- cock, de la Battle of Britain Pilot's Associa- tion, m’a apporté un concours précieux. Le ‘Wing Commander T.Neilm’a accordélaper- mission de citer sa magnifique autobiogra- phie Gun Button t0 Fire. Le Meteorogical Office de Bracknell m’a four des précisions sur les conditions mé- téorologiques de cette période de 24 heures. LeNational RailwaysMuseum d’York amis, ma disposition les clichés des dommages infligés au réseau ferré. Bon nombre de bi- bliotheques publiques détiennent les ar- chives dela défensecivile pendant la guerre chacune dans son secteur respe j’adresse ma reconnaissance pour son aide aupersonneldesarchivesdela ville de West- minster, de la Battersea District Librairy,la Central Librairy de Tower Hamlets, la Re- ference Librairy de Stratford, la Southwark Librairy de Borough le service des archives du Kent, la Central Librairy de Bromley et Ja Guildhall Librairy de la ville de Londres. Enconclusion, etplusque tout, je souhaite adresser mes remerciements les plus cha- Jeureuxaux témoins quim’ontpermis d’en- registrer leurs histoires. Les recherches engagées pource hors-série reposent prin- cipalement sur les témoignages cités dans les pages qui suivent Alired Price 3h 4000 m au-dessus 4900 m au-dessus de la commune de Brix- ton, prés de Londres, 1209. Gaz & fond, en montée rapide,le Fight Lieutenant Peter Brothers,du Squa: dron 257, placa son “Hurricane” en position de tir dans Ja queue d'un Dornier a Varriere de la formation allemand. Les quatre autres pilotes de sa section, échelonnés a droite, le suivaient, Agé de 22ans,originaire du Kent, Brothers avait déja huit victoires & son crédit, Aprés s’étre employe a ali- gner le réticule de son viseur sur le bombardier qu'il avait choisi pour cible et mis sesailes Vhorizontale. il appuya sur la détente d'un coup sec. Emettant le craquement du calicot quisse déchire, les mitrailleuses crachérent des balles perfo- antes, incendiaires et tragantes,a la cadence de 18 par secon de, Huit doigts de feu convergerent vers le bombardier. Brothersn’était pas le seul a tirer. Les mitrailleursallemands ayant réagi, des langues lumineuses encadrérent le “Hurri- cane” de téte,s’entremélant aveccellesdu pilote britannique. Brothers sentit son avion encaisser des coups: “Les tirs ne provenaient pas tellement de Vappareil dont je m'occupais, ‘mais de ceux quise trouvaient a sa droite. Nayant noté aucun effet immédiat sur fe comportement de mon avion, j'ai pour- suivimon attaque.” Apres avoir laché decourtes rafales, Bro- thers vira serré et plongea afin de s’6loigner de sa victime et de permettre aux quatre “Hurricane” de la deuxiéme section attaquer @ leur tour. Puisle squadron se scinda en deux for- mations qui partirent, chacune de son c6té, & la recherche autres bombardiers. Plus d’une centaine de chasseurs bri- tanniquesse trouvaient a proximité, bourdonnant autourdes Dornier comme des guépes furieuses défendant nid La formation d’attaque allemande comprenait 24 Dornier 17 du Kampfgeschwader 76, dont un était piloté par le Feldwe- bel Wilhelm Raab. Celui-ci, un jeune homme de 25 ans ori- ginaire de Dresde, s’était battu en Pologne et en France, et il en était asa 44* mission opérationnelle Il avait survolé An. gleterre 8 15 reprises, mais n’avait encore jamais rencontré opposition aussi déterminée. Depuis qu’elle avait dépassé Ashford, environ 20 minutes plus tot, son unité avait subi des attaques répétées. A présent, Jes chasseurs ennemis chargeaient les Dornier avec une rage acerue. Raab s'appliqua a maintenir son avion en ligne droi te et Phorizontale pendant approche de Pobjectif, tandis qu’a Varrigre,al'étroit dans leurs postes.les mitrailleurs ren: daient coup sur coup 4 ’ennemi, Les Dornier laisserent par- tirleursbombes puis.leurtacheachevée, virérent surla gauche et s'éloignérent qu’ils avaient provoqué. Les intercepteurs, 4 de Brixton... poursuivirent leurs assauts sans relache, Peu de temps apres, Raab sentit'appareil tresaillr comme sl avait encaissé une rafale bien placée. “Un coup dail sur les aiguilles des comp- te-tourset, par le diable !. le moteur de gauche fonetionnat au ralenti ln’ avaitaucune fumée, aucun feu, mais Phélice tow naitsilentement que je pouvais distinguer les pales. Lentement, nous nous sommes éloignés dela formation Nousallions deve nr une proie tré facile pour les chasseurs ennemis. Leseul espoir ce Raab était de plongerdansdescumulus, un peu plus loin, en des- sous. Lal serait aPabri , desaitaques.Le pilote ¢ allemand ayant abaissé le nezdu bom- bardier, la vitesse aug- menta rapi dement,mais cela ne suffi- sail pas. Plu- sieurs chasseurs, qui s‘étaient détachés de VPessaim, fondirent sur le Dornier endomma pilotes de“Hurricane”.le Flight Lieutenant Gi Sheddon, du Squadron 242, devait déclarer plus tard: “Nous étions aprés lui comme we meute de chiens. Le Squadron Leader Brian Lane, du Squadron 19, se prépa: rait a attaquer une autre formation ennemie lorsque le Dor- nier de Raab passa pres de lui: “Inversant mon virage, je Vai suivi, ouvrant le feu sur son moteur de droit. Comme je me placais derriére le Boche, un “Hurricane” est venu derriére ‘moietatirédson tour. Tournant latét, j'ai apergu deux autres cchasseursderriére ce dernier. Bigre ! Quiavaitapercule Boche en premier? Puis jai réalisé que les autres “Hurricane” douted la poursuite du Dornier lorsque 'avaisdécidédem'oc- cuper de tui. Peut-éere, apres tout, étais-je mélé de ce qui ne me regardait pas.J’ai observé encore plus loin derriére etm ai rien vu d’autre. Non, il n'y avait que le Boche, les “Hurrica ne” et moi-méme, Prenant ma place dans la file dattente, j'ai attend mon tour pour owvrirle few. Le piloie allemand ne semblait vouloir ten: ter aucune maneuvre d’évasion, te Dornier plongeait sim plement verslesnuages. N’en pouvant plusd’attendre,j'aiviré etentamé une attaque parle cdté, visantd nouveau son moteur tribord. Cette fois, il m'a semblé avoir atteint, mais il aurait puaussibiens’agird’un des pilotesde“Hurricane” quitiraient enmémetempsque moi, Liavionennemiacommencéa piquer plus sec.” Pour Wilhelm Raab, la course vers les nu: jamais devoir finir: “Quand elles faisaient m s semblait ne che, les bales enemies produisaient une sorte de cliquetis identique @ celui de pois secs qui auraient été versés dans une cuvette. A deux reprises, avant que nous n’ayons pu atteindre le havre protec- teur des cumulus, notre bombardier, déja bien mal en point, a 6 towché. Puis nous avons gonité un moment de repos; nous nous en étions sortis. | Une fois dans le cocon blane, Raab comprit que son équi page et lui-méme n’étaient pas tirés d'affaire, mais qu’ils bénéticiaient d'un sursis, Le mitralleur supérieur, tué lors de la derniére attaque, était alfaissé sur son sidge. Les com- mandes de pas des helices s’étaient coineées: le pilote ne pouvait mettre en drapeau celle du moteur de gauche, qui ne fonetionnait plus, pour réduire la trainée. Au lieu de cela, hélice moulinait dansle vent relatif,ce quiralentissait consi- ablement Pappareil. Le moteur tribord n’avait pas ét endommagé, maisson hélice étant régiée sur le mauvais pas, i fournissait une puissance réduite. Raab s‘intéressa aux volets, mais n’obtint rien. La faiblesse du seul moteur qui lui restait lempéchait de défier les lois de la pesanteur. Meme avec un angle de volets optimum, le Dornier continuait de descendre & 30m par minute. A tout moment, le bombardier pouvait sortir des nuages. Raab et ses compagnonsse retrouveraient alorsanouveau face auxchas- seursennemis,mais.cette fois, sans défense vers V'arriére, Soudlain,leciel sedégageaet, Un Dornier 17 du Kampfgeschwader 76 va s'écraser prés d’Oxted, un moteur en feu. Cette photo saisissante a été prise au cours des combats du 18 aout 1940, au-dessus de l'Angleterre presque immé- diatement,!’appareil frémit sous les impacts. Les “Hurricane” revenaient & la charge. A présent, Peter Brothers avait rejointles chasseursqui traquaient le bombardier allemand. Il se rap- procha du Dornier pour lui porter Pestocade, mais sa vietime volait moins vite qu'il ne Pavait supposé. Brothers avait sous: estimé la vitesse de rapprochement et il dut dégager brus- quement pour éviter la collision: “'ai da donner du manche pour abaisser mon aile gauche et ne pas le oucher. Puisils'est produit un bruit sourd; mon edble d aileron avait laché.” Bas- culant sans aucun contrdle sur la gauche, le chasseur frdla Te bombardier Collé contre son blindage dorsal pour étre protégé du mieux possible des balles, Wilhelm Raab vit le “Hurricane” passer devant lui: “J'ai jeté un el sur la droite et j'ai apercu le chas- seur ennemi me doubler, trés incliné. Son aile a raté la mien- rede Sem seulement.” Raab n’eutpasle tempsde se deman- der pourquoi le “Hurricane” était passé si pres: il avait autres chats 8 fouetter. L’attaque avait endommagé les cables des ailerons et des gouvernes de profondeur, et le Dornier commengait & échapper au controle de son pilote Celui-ci ordonna aux deux membres survivants de son équi- page de se parachuter, avant de les suivre par la trappe du poste de pilotage. Tournant autour du Dornier en compagnie des autres chas- seurs britanniques, Brian Lane observait la scene, Plus tard, il devait écrire: “Réduisant les gaz, j'ai incliné mon avion afin d’avoir une meilleure vue de Vappareil aux croix noires Jai regardé son ombre, derriére, se rapprocher des arbres, des hhaies, des champs et des routes. Alors que le contact avec le sol devenait imminent, latrajectoire du bombardier semblait le conduire sur une maison. A mon plus grand soulagement, je Pai vu passer Vobstacle. Le Dornier et son ombre se sont rejoints dans un immense jaillissement de flammes quand Favion a heurté le sol et que ses réservoirs de carburant ont, explosé.” Le Dornier s'abima prés d’Underriver, au sud de Sevenoaks. Wilhelm Raab atterrit dans un taillis,a quelques centaines de metres du point impact. La coupole de soie s'accrocha au sommet d'un bouleau de haute taille, laissant le pilote allemand flotter au gré du vent. Aprés plusieurs tentatives, Raab parvint & en agripper le tronc. Il y enroula ses jambe: se laissa glisser avec de grandes précautions, puis défit les harnais: “Je n'avais encore jamais foulé le sl de l’Angleter- re,etcan’a pas été une mince affaire dy parvenir! n'y avait aucune prise, et les branches faitiéres ne powvaient supporter ‘mon poids. Liarbre était sans cesse secoué par le vent.” Len- tement, le pilote allemand descendit vers le bas, jusqu’a ce quill atteignit le sol. Peu apres, il se rendit & un civil qui le conduisit & deux membres de la Home Guard. Controlant avec peine son “Hurricane”, Peter Brothers le mit en montée afin de gagner un peu d'altitude et de se para- chuter. Mais, alors que sa vitesse déclinait, V'aviateur sentit que lavion répondait beaucoup mieux a ses sollicitations.A 250) km/h, manche a fond a droite il vit qu’il pouvait main tenir l'appareil en vol horizontal. Jetant un ceil sur [aile auche,il constata que aileron était enti¢rementrelevé vers Tehaut, Rien d’étonnant a ce que le “Hurricane” se fat mon- tré incontrOlable & grande vitesse! Brothers monta jusqu’a 1200 m et effectua une rapide vérification: “J'ai ralenti jus qu'd 120 mph (190 km/h), et7'ai découvert que je perdais alors tout controle en roulis et que Vavion s‘enfoncait. ai alors aceéléré é 140 mph (225 krn/h) etj’en ai retrouveé le contrdle. Brothers pensa qu'il controlait suffisamment la situation pour tenter un atterrissage sur laérodrome le plus proche celui de Biggin Hill. Il aceomplit une longue approche plate et jeta le chasseur récalcitrant sur la piste en herbe, & pres de 250 km/h, deux fois la vitesse d’atterrissage normale du ‘Hurricane”. Puis, par des actions sur les freinsil parvint & arréter le chasseur 8 la limite du terrain, sans le mettre en pyldne, Peter Brothers avait réussi lui aussi a rejoindre sain et saul le sol britannique. Les deux aviateurs avaient eu la chance de sortir vivants des combats de ce 15 septembre 1940, Apres la guerre, Wilhelm Raab devint professeur, enseignant aux éleves allemands la langue anglaise, qu'il avait apprise lors de sa captivité au Canada, Peter Brothers fit carriére dans la Royal Air Force et atteignit le grade d’Air Commodore avant de prendre sa retraite. Au cours des recherches menées pour ce livre, 'au- teur, ayant interrogé les deux hommes, parvint a les réunir tune seconde fois dans le cadre d’une rencontre plus amica- le. Ce fut la suite d’une histoire que chacun des deux ayia- teurs n’oublierait jamais. 7 __ PRELUDE] Londres, le samedi 14 _En attendant septembre 1940 Jonctionne beaucoup plus di m an ch e tmnt trop tard.” © OO ioideabernon Un détail des remparts britanniques: la chaine de radars. Ici, les antennes de la station de Swingate, pres de Douvres Les émetteurs étaient sur les tours de 106 m, les récepteurs sur des tours de 73 m. Ces antennes semblent fragiles. En fait, leur structure en treilis, trés = peu sensible a effet de souffle, était extrémement difficile € abattre avec des bombes, Parad amedi 14 septembre 1940. Le début de la Seconde Guerre mondialedataitd’a peineunan, Depuisquatre mois que Winston Chur- chill était devenu Premierministre, la Grande-Bretagne et ses alliés n’avaient cessé de subir des d faites. Début mai, les Allemands avaient achevé occupation de la Norvage et, dans la demni@re se- maine du mois suivant, les Pays- Bas la Belgique eta Franceavaient 6téconquises.A présentlesilesbri- tanniquessetrouvaientsouslame- nace d’une Luftwaffe au faite desa puissance, et d'une armada consti tuée de péniches et de petits bat mentsrassemblésdanslesports du nord de Europe en vue d'une in- vasion programmée, Les actions aériennes connues au- jourd’hui sous le nom de bataille ’Angleterreavaientcommencéen juillet, lorsque les bombardiers s‘Gtaient attaqués aux convois an- lais qui franchissaient le détroit du Pas-de-Calais. Cette entreprise gagna rapidement en férocité et, dans la deuxiéme semaine daotit, la Luftwatfe dirigea son offensive vers les aérodromes du Fighter ‘Command. Son intention était de conquérir la supériorité dans les airs,préalable indispensable a'in- vasion. ‘Comme dans les campagnes pr eédentes,laLuftwaife prévoyaitde soumettre les forces aériennes ad- verses en bombardant ses terrains etenabattanttousleschasseursqui tenteraient des’opposer delle. Les altaques causérent des dommages a plusieurs aérodromes du sud de Angleterre, mais les cratéres de ‘bombes furent comblés en peu de temps, et seules quelques plate formes d’envol furent rendues i utilisables pour plus de deux heures. Le Fighter Command fut soumis & rude épreuve, mais il ne fut jamais réellement menacé par ces attaques Dra rag Pay ers Debut septembre, les Allemands appliquerent une autre tactique pour subjuguer leurs ennemis:lan cer une série de grandes attaques aériennessur Londres. Lanouvelle phase de la bataille s‘ouvrit dans ‘apres-mididusamedi7septembre, el des dommages considérables fu rent causés aux docks du quartier de East End. Plus de 400 civils fu rent tués.et un millierd’autresbles- sés. Ce brusque changement d'ob- jectifprit les défensesbritanniques 8 par surprise, et de nombreux squa- drons de la RAF n’interceptérent aueunbombardier-Lorsd’une suite tions désordonnées, le Fighter Command perdit 28 appareils, 'as- saillant une quarantaine,Cettenuit- 1a,comme lorsdechacune desnuits quiallaient suivre,les bombardiers allemandsrevinrent surla capitale, causant davantage de morts et de destructions. Pendant la deuxitme attaque de joursurlaville,lelundi9,lesnuages empéchérent un bombardement précis. 27 avions allemands furent détruits, pour la perte de 19 chas- seurs britanniques. Deux jours plus tard, le 11, la Luftwaffe survola de nouveau lacité provoquant denou: veaux dommages dans le secteur desdocks Le Fighter Command fut Hugh Dowding, 58 ans, commandant en chef du Fighter Command pendant la bataille Angleterre. Ce “technocrate” mmisa sur le radar et Fintégra ala défense britannique; iljoua de ce fait un role décisif inegalé dans la bataille. Mais ilen fut aussi le mal aimeé... Marshal Keith Park. Néo-2élandais de 48 ans, ancien pilote de chasse, il commandait le 11 group de la RAF, auquel incomba le gros de la défense londonienne, en septembre 1940, Pour Hitler, important était de menacer Angleterre d’un débarquement allemand leperdant de cette bataille,avee 29 pitlire” et “Hurricane” detruits, contre 23 appareilsennemis, Le 14 Jes bombardiers allemands ten rent une autre attague sur Vagglo- mération londonienne, confrontés unenouvellefoisa des nuagesmas- quant objectif,Cejour-lalespertes furent égales, avec 12 avions abat- tus de chaque c0té. Lorsde chacun des quatre premiers raids de jour sur Londres, les controleursbritanniques,pour une raison ou une autre, n’avaient pas réussiadirigercontrelesforcesen- nemies un nombre suffisant d'in- tercepteurs Lorsdelapremitre attaque,lebom- bardement de la capitale constitua tunesurprise,leschasseursayant &16 répartis pour arréter une attaque attendue sur les aérodromes. Au cours des trois assauts suivants, les contrariérent la précision des bombardements, mais aussi observation des formations alle mandesparlesguetteuts.cequiren- ditdiffcileleguidagedessquadrons de chasse. Comme la suite des 6 nements le montrera, cette série déchees devait conduire les ser- vives de renseignement dela Lutt waffe a se tromper lourdement sur les capacités du Fighter Command A poursuivre la bataille Per Peau Les récits des bombardements fi- guraient a la une de tous les quoti- diens londoniens du dimanche 15 septembre, imprimésdans asoi- rée du 14, Dans un article du Sun- day Times, Lord Elton écrivait: “Cela devait se produire. Qui ne Va as ressenti jusqiaw plus profond desoncwur meme pendaniles mois déconcertants de la dre de guerre. Maintenantque celaestarrive,apré- sent que le premier choc psychique a été prestementabsorbé par Vesprit tenace etinébranlable de la popula tion,ileonvient que nousanalysions froidement et précisément le mons- trucuxphénonéne.S agi-ild 'unacte froidement caleulé ou d'une réac- tion de colére? Qu’il en aille d'un calcul, cela est certain. Le Premier ‘inistrenousaavertismercredi-des préparatifed invasion méthodiques sedéveloppentioutaulongdescotes, dela Norvégeaugolfede Gascogne.” Selon Elton, les Allemandsdevaient Sattendre a une grosse déception en croyant entamer la détermina tion du peuple britannique a dé. fendre son territoire: “Le chemin ‘que nous devons suivre des @ pré= sent est difficile et peut-étre long,