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de-novembre-les-touristes-continuent-de-bouder-paris.php

consultado em 24/06/2016

Six mois après les attentats de novembre, les touristes continuent de bouder Paris
 Par Paul Louis2, AFP agence

 Publié le 11/05/2016 à 18:21

Les professionnels de l'hôtellerie-restauration souffrent toujours de la baisse de fréquentation de leurs


établissements dans la capitale. Certains espèrent rectifier le tir lors de l'Euro 2016. Les lieux culturels
pâtissent également de la faible activité.

Six mois après les attentats de Paris, le secteur du tourisme peine à relever la tête. Dans les hôtels et restaurants
de la capitale, on fait face comme on peut à la désaffection de la clientèle mais le constat est sans appel:«On a
fait un mois tout à fait mauvais», explique au Figaro Didier Chenet, président du Syndicat National des
Hôteliers, Restaurateurs, Cafetiers et Traiteurs (Synhorcat).
Le mois d'avril s'est étonnamment révélé être le pire enregistré depuis novembre dernier, selon les chiffres du
cabinet MKG group. En effet, le taux d'occupation dans l'hôtellerie a diminué de 11 points, passant de 81,4%
en avril 2015 à 70,4% aujourd'hui. Une baisse notamment imputable à la clientèle étrangère, toujours prudente,
mais aussi française: «Ce sont essentiellement les touristes japonais et américains ainsi que quelques touristes
de province qui ont peur de venir à Paris». Même constat pour les restaurants dont la baisse de fréquentation
s'est avant tout fait ressentir le soir, après 22 heures.
Des causes multiples
Si Georges Panayotis, PDG de MKG Group, conçoit que les attentats de Bruxelles «ont influencé énormément
la baisse de la fréquentation des hôtels et restaurants parisiens», il regrette également «la perte de compétitivité
de la destination parisienne qui manque d'animation culturelle par rapport aux grandes villes européennes». De
son côté, Didier Chenet constate que la capitale «accueille beaucoup de touristes avec un faible pouvoir d'achat
et qui se tournent de fait vers les meublés touristiques».
Selon une étude de ForwardKeys datant de mars dernier, les réservations des visiteurs étrangers ont diminué de
22% à Paris par rapport à 2015. Pour répondre à la baisse de fréquentation, les hôteliers n'ont pas hésité à agir
sur les tarifs en proposant des prix plus attractifs. Résultat, le RevPar (revenu par chambre disponible) a subi
une diminution de 19,6% dans la capitale. Pour autant, les touristes ont préféré se diriger vers les régions du sud
de la France qui ont «enregistré des taux d'occupation tout à fait soutenus», selon Didier Chenet.
Les professionnels de l'hôtellerie-restauration en Ile-de-France misent énormément sur l'Euro de football qui se
déroulera en France à partir du 10 juin pour voir leur taux d'occupation reprendre des couleurs. Cependant, la
compétition ne devrait pas profiter à tout le monde. «Pour les hôteliers qui sont à proximité des sites de
l'événement, on enregistre un important taux de réservation. En revanche, pour Paris intra-muros, on ne ressent
absolument rien. Ce qui montre qu'il s'agit plus d'une “clientèle-supporters” que d'une “clientèle-touristes-
supporters”», analyse Didier Chenet.
Le théâtre, les musées et les magasins également touchés
Les lieux culturels ont aussi pâti de l'absence de touristes. Le musée d'Orsay par exemple a vu sa fréquentation
diminuer de 8% depuis le début de l'année. Au Louvre, le nombre de visiteurs serait «reparti à la hausse depuis
le week-end de Pâques» selon la direction citée par l'AFP mais reste «en dessous des chiffres habituels». Côté
spectacle, les concerts ont retrouvé le succès, au contraire du théâtre dont la fréquentation reste décevante.
Enfin, les grands magasins parisiens du boulevard Haussman accusent également le coup en raison de la baisse
du nombre de touristes étrangers et notamment Japonais. Ces derniers désertent également les boutiques de luxe.
Le groupe LVMH a vu ses ventes de mode-maroquinerie stagner au premier trimestre.