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I.P.S.T.

Institut de Promotion
Supérieure du Travail

Electrotechnique

Machines électriques

Le moteur asynchrone

Université de Provence 3, Place Victor-Hugo 13331 Marseille Cedex 3 ! 04-91-10-64-11


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I. Structure

• Stator : Il porte l’induit triphasé identique dans son principe au

modèle de la machine synchrone. Il crée le champ S

• Rotor : Enroulement polyphasé n ≥ 3 . Identique dans son principe à

celui du stator. Cet enroulement polyphasé est toujours en court

circuit franc. Il crée le champ R.

Il existe deux types de rotor :

∗ n=3 : Enroulement identique au stator et monté en étoile. Les 3

autres extrémités sortent sur 3 bagues.

∗ n>3 : Enroulement en court circuit. Si le nombre de barreau est

pair on considère qu’une phase est représentée par deux

barreaux diamétralement opposés. Si le nombre de barreaux est

impair alors chaque barreau représente une phase. Par

construction on incline les barres pour supprimer certaines

harmoniques .

a) Principe de fonctionnement

Le couple électromagnétique est dû à l’interaction de deux champs

magnétiques. Le champ tournant S produit par les courants sinusoïdaux

qui circulent dans les enroulements du stator et le champ tournant R

crée par les courants circulant dans les enroulements du rotor

(courants induits dû au champ S.)

Le couple s’exprime alors par le produit vectoriel :

! ! ! ! !
Cem = k. R ∧ B.sin( R, B )

Si le rotor tourne à la vitesse de synchronisme

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les conducteurs du rotor ne sont plus balayés par le champ S d’où

perte du champ induit R donc le couple disparaît.

Si le rotor tourne à une vitesse différente de la vitesse de

synchronisme les conducteurs du rotor sont toujours balayés par le

champ S donc le champ R existe toujours.

Cette différence de vitesse s’exprime de la façon suivante :

Ωe = Ωm + Ωr
Vitesse des courants
Vitesse de rotorique
synchronisme Vitesse
mécanique

Dans cette expression on voit que si Ω r = 0 alors le rotor tourne à la

vitesse de synchronisme, c’est le cas des machines synchrones où le

rotor est alimenté en courant continu donc les pulsations rotoriques

Ω r sont nulles.

Remarque : Toutes les machines nécessitent la création d’un champ magnétique

S et R pour fonctionner. Dans la machine asynchrone le seul apport d’énergie

s’effectue par le stator, c’est donc ce dernier qui est à l’origine des deux

champs.

b) Remarque sur la vitesse du rotor

2. π . Nr
Le rotor tourne à une vitesse ω mr = Nr étant la vitesse
60

mécanique. Vitesse électrique Ne = p. Nr

Le champ statorique S tourne à une vitesse électrique de Ne (tr/mn).

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Donc le rotor voit le champ S tourner à une vitesse

60. (ω e − ω er )
Ne − Ner = avec ω e − ω er représentant la fréquence des forces

électromotrices et des courants rotoriques.

Donc le champ R tourne par rapport au rotor à une vitesse

60. (ω e − ω er )
Ne − Ner = ce qui signifie que S et R tournent à la même

vitesse et sont donc immobiles l’un par rapport à l’autre.

Pour ne pas toujours écrire ω e − ω er on fait intervenir le glissement g

ω e − ω er Ner − Ne
tel que : g= = et g. ω e représente la fréquence des
ωe Ne

courants du rotor.

c) Fonctionnement en génératrice

Rien n’empêche de faire tourner le rotor plus vite que le champ S car

le rotor n’est pas accroché au champ (comme la machine synchrone)

puisque sa vitesse peut varier suivant la charge. Pour cela on

entraîne le rotor à une vitesse ω r supérieure à celle du champ S ω e .

Dés que la vitesse du rotor devient supérieure à celle du champ S

alors on fournit de l’énergie au réseau ( attention passer un certain

point le couple diminue quand la vitesse augmente donc le groupe peut

s’emballer). Il est primordial de ne pas débrancher alors la machine

du réseau sinon le champ S disparaît et le groupe s’emballe, ce qui

signifie qu’il faut d’abord lancer la machine en mode moteur avant de

la basculer en génératrice.

Il est toutefois possible de fonctionner en génératrice autonome. En

effet on place sur le stator des capacités préalablement chargé on

obtient ainsi un système oscillant. Une fois les capacités couplées on

branche la charge.
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Moteur
Graphe mode moteur et génératrice d’une machine bipolaire.

Ns
Couple N (tr/mn)

Génératrice

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II. Elaboration du schéma équivalent

Dans la machine synchrone à chaque point de fonctionnement il est

possible de modifier les paramètres de la machine, ce qui n’est pas le

cas de la machine asynchrone. En effet tout changement de point de

fonctionnement entraîne un changement de courant Is donc du champ S

donc du champ R etc... donc séparer force électromotrice à vide et

force électromotrice de réaction magnétique d'induit n’a pas

d’intérêt. On travaillera directement avec la force électromotrice en

charge.

Is Rs Xfs Rsr Xfr* Ir*

Echs

Vs Rfs
Xµ Echr*
Rfr

3. Echs 2 * paramètres dépendant de g.ω e


Pf =
Rfs

Remarque : La résistance Rs n’est pas la même si on la mesure en


courant continu ou en alternatif à cause de l’effet pelliculaire.

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a) Mise en place des éléments Rf et Xµ.

!
∗ Pertes fer : Elles dépendent de la fréquence f et de l’induction B .

Elles réagissent donc de la même manière que la force électromotrice

car E chs = j. n. ω . B. S . Rfe sera placé en // avec Echs . Il en est de même

coté rotor mais Pfstatorique < Pfrotorique puisque la fréquence des

courants rotoriques est plus petite.

∗ « Pertes » magnétiques : si on entraîne le rotor à la vitesse de

synchronisme le champ R disparaît mais pas le champ S donc les

enroulements statoriques apparaissent comme un circuit RL ce qui se

traduit par la mise en place de Xµ .

Dans les machines asynchrones le stator travaille toujours en saturation, ce


!
qui rend le champ B non linéaire. Comme les pertes fer et magnétisantes
dépendent de ce champ elles ne peuvent pas être linéaires.

b) Passage de n phases à 3 phases au rotor

Rr 
n . R r . I r 2 = 3. R r 3 . I r 2 avec Rr3 = 
n
 ⇒ n . E ch r . Ir . cos ρ = 3. E ch r 3 . I r . cos ρ
Xf r 
n . X f r . I r 2 = 3. X f r 3 . I r 2 avec Xf r3 = 
n

comme Echr 3 et Xf r 3 dépendent de g. ω e on en déduit :

Echr 3 * g. Echr 3 Ech3


Ir* = = =
Rr 3 + j. Xf r 3 * Rr 3 + j. g. Xf r 3 Rr 3
+ j. Xf r 3
g

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d’où le schéma du rotor suivant :


Rr 3 Xfr3 Rr 3
g g

Ir

Ech3
Rr3. (1 − g ) Rr3
g

On travaille avec un rotor bloqué fictivement, on va donc séparer les

vraies pertes joules Pj r = 3. Rr 3 . I r 2 , des « fausses » pertes joules qui

sont en vérité la puissance mécanique fournie par le rotor à la charge

3. Rr 3 .(1 − g ). I r 2
Pm =
g

Attention : Pu = Pm − pertes méca

III. Schéma équivalent


R 'r
g
"$$$#$$$%
X ' fr = m2 . Xfr3
Is Rs Xfs I ' r = Ir. m−1

I10 R' r . (1− g )


R' r
Vs g

Rfe Xµ

Ir Ir
Is = I10 + I ' r I ′r =
⇔ Is = I10 +
m m
R ′r "consomme" les pertes Joules du rotor
R ′r (1 − g )
"consomme" la puissance mécanique
g

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a) Essai rotor bloqué

Pabs = 3.( Rs + Rr′ ). I s 2 en négligeant Rfe et Xµ ( Is = I ′r ) car on

travaille a tension réduite.

Comme on a mesuré Rs (à 50Hz) on en déduit la valeur de R' r . De

plus la mesure de P (méthode des 2 Wattmètres), permet la

connaissance de Vs min i et Is donne un cos ϕ . On en déduit Q

tel : Q = P. tgρ = 3.( Xf s + X ′f r ). I s 2

A ce stade on peut connaître Xf s + X ′f r mais on ne sait pas

séparer la somme. On admet que les selfs de fuites du stator

et du rotor sont identiques du fait que l’entrefer est

constant et faible.
Ligne de fuite
stator

Ligne de fuite
Rotor
Entrefer

b) Essai à vide

Ech 2
Sous la tension nominal on mesure Is0 et P0 = 3. Rs. Is 0 2 + 3.
Rfe

qui représente les pertes joules statorique + pertes fer

statorique.

Ech0 = Vs − ( Rs + j. Xfs ). Is0 car on connaît Xfs de l’essai rotor

bloqué. D’où 3. Ech0 2


Q0 = P. tgρ0 = 3. Xfs. Is 0 2
+

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IV. Couple électromagnétique

(1 − g ) ω
PElectoméca = 3 Rr′ . . I ' r 2 = (1 − g ). . Γe avec Γe couple électromécanique
g p

p Rr′
d’où Γe = 3. . . I ′ 2 reste à trouver I r′ 2 .
ω g r

E chs 2
D’après le schéma équivalent on a : I r′ 2 = 2
 R ′r 
 + ( X ′fr )
2

 g 

R ′r
Rfe / / Xµ / /+ j. X ′fr
g
et Echs = Vs. en notation complexe.
R ′r
Rs + j. Xfs + Rfe / / Xµ / / + j. X ′fr
g

Dans notre hypothèse Rfe, Xµ , Rs et Xfs sont constant d’où on pose :

R ′r R ′r
Rfe / / Xµ / / + j. X ′fr = Yfe / / + j. X ′fr
Zs = Rs + j. Xfs g g
1 1 1
Yfe = + =
Rfe j. Xµ 1
Yfe +
R ′r
+ j. X ′fr
g

Ce qui donne :

R ′r
+ j. X ′fr
g
 R ′r  R ′r
1 + Yf e.  + j. X ′fr  + j. X ′fr
 g  g
Echs = Vs = Vs.
R ′r R ′r  R ′r 
+ j. X ′fr + j. X ′fr + Zs + Zs. Yfe.  + j. X ′fr 
g g  g 
Zs +
 R ′r 
1 + Yf e.  + j. X ′fr 
 g 

Le produit Zs. Yfe donne un nombre complexe sans dimension.

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R ′r
+ j. X ′fr
g
Echs = Vs. Posons K = 1 + Zs. Yfe
 R ′r

 g
(
)
+ j. X ′fr  1 + Zs. Yfe + Zs

R ′r
+ j. X ′fr
Vs g Zs
d’où Echs = . Posons = Rx + j. Xx
K  R ′r  Zs K
 + j. X ′fr  +
 g  K

R ′r
+ j. X ′fr
Vs g
soit Echs = . on en déduit alors I r′ 2 tel que :
K  R ′r 
 + Rx + j. ( X ′fr + Xx )
 g 

2
 R ′r 
 + X ′fr
2

 g 
I ′r 2 =
 R ′r  2  2 
2   R ′r 
+ Rx  + ( X ′fr + Xx ) 
2
  + X ′fr . 
 g    g  

R ′r
2
p Vs g
L’expression du couple est donc : Γe = 3. . .
ω K 2  R ′r 
2
+ Rx + ( X ′fr + Xx )
2

 g 

Détermination du couple maximal

En simplifiant par g l’équation du couple devient :

p Vs 2 R ′r
Γe = 3. . 2 .
ω K R ′r 2
g
(
+ 2. R ′r. Rx + g. Rx 2 + ( X ′fr + Xx )
2
)

On a le couple maximal lorsque


R ′r 2
g
(
= g. Rx 2 + ( X ′fr + Xx )
2
)

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On recherche alors la solution de cette équation.

R ′r
d’où g = ± ce qui donne pour le couple
Rx 2 + ( X ′fr + Xx ) 2

p Vs 2 R ′r
Γe max = 3. . .
ω K2 R ′r R ′r
( Rx )
2
+ ( X ′fr + Xx )
2
+ 2. R ′r. Rx ± 2
R ′r
Rx + ( X ′fr + Xx )
2 2
±
Rx 2 + ( X ′fr + Xx )
2

en simplifiant par R ′r on obtient alors :

On s’aperçoit que le couple


p Vs 2 1
Γe max = 3. . 2.
ω K  2
2.  Rx ± Rx 2 + ( X ′fr + Xx )  maximal est indépendant de la
 
résistance du rotor R ′r .

Le signe ± montre que le module du couple maximal en mode moteur est

légèrement plus faible qu’en mode génératrice.

V. Bilan des puissances

Pabs = 3.Vs. Is.cos ϕs

R ′r (1 − g )
Pt = 3. . I ′r 2 Pméca = 3. R ′r. . I ′r 2
s→ r g g

Puissance utile

Pjs = 3. Rs. Is 2

Pertesméca
E ch 2 Pjr = 3. R ′r. I ′r 2
Pfer = 3. = g. Pt
Rfe

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Rappel des équations

Impédance ramenée au primaire

R ′r = Rr. m 2 Rr : Résistance d’une phase rotorique.

X ′fr = Xfr. m 2 Xfr : Self de fuite du rotor.

U1 Ir
m= I ′r = : Courant rotorique Ir ramené au primaire.
U2 m

Puissance absorbée

Pabs = 3.Vs. Is.cos ϕ

Pertes statorique

Ech 2
pjs = 3. Rs. Is 2 pfs = 3.
Rfe

Ech 2
P0 = 3. Rs. Is 0 2
+ 3.
Rfe

Puissance transmise au rotor s -> r

Pt = Pabs − pfs − pjs


R ′r
pjr R ′r Pt = 3. . I ′r 2
= = 3. . I ′r 2 g
g g

C’est la puissance électromagnétique

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Pertes rotorique

pjr = 3. R ′r. I ′r 2 = g. Pt
On néglige pratiquement toujours les pertes fer
pfr = g. p h + g 2 . p F

rotoriques du fait de la fréquence faible des courants du rotor

fr = g. f

Puissance mécanique

C’est la puissance électromagnétique ôtée des pertes rotoriques

R ′r .
Pméca = Pt − protor = 3. . I ′r 2 − 3. R ′r. I ′r 2 − ( g. p h + g 2 . p F )
g négligé
= (1 − g ). Pt

Puissance utile

Pu = Pméca − p m On néglige le plus souvent les pertes fer du rotor car

l’induction y varie à la fréquence fr = g. f ;or g est faible en

fonctionnement normal. Si on voulait en tenir compte, il faudrait

écrire :

Pu = (1 − g ). Pt − pm − pfr

Rendement

Pu Pméca − p m (1 − g ). Pt − p m
η = = =
Pabs Pabs Pabs

(1 − g ). (Pabs − pjs − pfs) − p m


η =
Pabs

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Couple mécanique

Pm Pm (1 − g ). Pt Pt
Cm = = = =
Ωr Ωs.(1 − g ) Ωs.(1 − g ) Ωs

Couple utile

pm (1 − g ). pt − pm − pfr
Cu = Cm − =
Ωr Ωr
1
= Cm − .( pm + pfr )
Ωr

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Impédance apparente vue des bornes du moteur

1) En ne négligeant aucuns éléments

 R ′r 
 + jX ′fr  . ( jXµ. Rfe)
1  g 
Z app = Rs + jXfs + = Rs + jXfs +
1 1 1  R ′r 
+ +  + jX ′fr  . ( Rfe + jXµ ) + jXµ. Rfe
Rfe jXµ R ′r  g 
&$'$( + jX ′fr
jXµ . Rfe g
Rfe + jXµ

 R ′r 
 + jX ′fr  . ( jXµ. Rfe)
 g 
Z app = Rs + jXfs +
 R ′r 
 + jX ′fr  . ( Rfe + jXµ ) + jXµ. Rfe
 g 

2) En négligeant la résistance Rfe ( Rfe → ∞ )

 R ′r 
 + jX ′fr  . jXµ
1  g 
Z app = Rs + jXfs + = Rs + jXfs +
1 1 1 R ′r
+ + + jX ′fr + jXµ
Rfe jXµ R ′r g
) + jX ′fr
= 0 g

 R ′r 
 + jX ′fr  . jXµ
 g 
Z app = Rs + jXfs +
R ′r
+ jX ′fr + jXµ
g

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