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LA REFORME DU 20 MAI 2010

RELATIVE A LA PROCEDURE DE SORTIE IMMEDIATE


DES PERSONNES HOSPITALISEES
SANS LEUR CONSENTEMENT

Depuis de nombreuses années, l’évolution du statut des personnes hospitalisées ainsi que des
majeurs protégés a connu de nombreuses réformes législatives qui, toutes, visent à une meilleure
prise en compte de ces justiciables plus fragiles que les autres.

La réforme de 2002, en matière d’hospitalisation, a ouvert des droits plus importants aux
patients.

La récente réforme du statut des majeurs protégés a, là aussi, pris en compte d’une façon plus
humaine le statut juridique mais aussi personnel desdits majeurs protégés.

C’est dans le cadre de ces réformes qu’est entré en vigueur, le 20 mai 2010, le décret n° 2010-526
de la même date qui a modifié les articles R.3211-1 et suivants du Code de la Santé Publique.

Il s’agit d’une modification de la procédure qui existait déjà mais qui était peut-être plus limitée,
permettant à une personne hospitalisée sans son consentement (hospitalisation d’office ou
hospitalisation à la demande d’un tiers) de saisir le Juge des libertés et de la détention du Tribunal
de Grande Instance dont dépend l’Etablissement où elle se trouve.

Cette possibilité de saisir le Juge doit être notifiée à toute personne hospitalisée sans son
consentement dés qu’elle est en état d’appréhender ce recours juridique.

Les possibilités pour la personne hospitalisée de saisir le Juge des libertés et de la détention sont
très grandes puisqu’elle peut le faire soit seule par un simple courrier envoyé au Tribunal, soit par
l’intermédiaire d’un Avocat, notamment si elle en connaissait un par le passé et auquel elle a pu
demander d’intervenir, soit par l’intermédiaire d’un tiers (étant précisé que le tiers peut aussi agir
seul mais qu’il sera demandé à la personne hospitalisée si elle est d’accord avec cette demande),
soit en demandant à déclarer sa volonté de saisir le Juge au Directeur de l’Etablissement.

Dans cette hypothèse, le Directeur de l’Etablissement doit dresser un procès-verbal qu’il lui fera
signer, si la personne peut le faire, ou dans lequel il mentionnera qu’elle n’a pas pu le faire.

Ce procès-verbal du Directeur d’Etablissement doit être immédiatement transmis au Juge.

A compter de la réception de la demande, le Juge a un délai très bref pour statuer : 12 jours, délai
qui peut éventuellement être prorogé à 25 jours si le Magistrat, à la réception de la demande et
des pièces communiquées par l’Etablissement (pièces notamment médicales qui doivent
immédiatement être transmises par ce dernier dés qu’une demande est enregistrée quelle qu’en
soit l’origine), a besoin de désigner un Expert judiciaire.

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La personne doit être entendue lors de l’audience, ce qui impose, sauf cas de danger pour sa
sécurité (et non la sécurité des tiers), à l’Etablissement de permettre à la personne d’être amenée
devant le Juge ou éventuellement au Juge de se rendre dans l’Etablissement.

Dans le cadre de cette procédure, la personne a la faculté de se faire désigner un Avocat.

Si elle le demande, le Juge commet un Avocat qui interviendra ou non au titre de l’Aide
Juridictionnelle, selon la situation financière de la personne hospitalisée.

La décision est rendue immédiatement et est exécutoire tout aussi immédiatement.

Le délai d’appel est de 10 jours.

Là encore, le Premier Président de la Cour d’Appel doit statuer dans les 12 jours de sa saisine,
délai porté à 25 jours s’il ordonne une expertise.

Cette demande peut être renouvelée à tout moment, étant précisé que la personne doit justifier
d’éléments nouveaux.

En effet, le Juge des libertés et de la détention peut rejeter d’office toute demande réitérée et
apparaissant incontestablement abusive.

Il convient aussi de préciser que le Juge n’est plus compétent dés que la personne est transférée
dans un Etablissement qui n’est pas dans le ressort du Tribunal de Grande Instance dont il
dépend.

En revanche, le dossier est transféré auprès du Juge des libertés et de la détention


territorialement compétent.

De même, en cas de fugue de la personne hospitalisée, le délai est interrompu jusqu’à ce qu’elle
réintègre l’Etablissement.

Cette procédure augmente le droit des personnes hospitalisées.

Elle a connu dans les Alpes-Maritimes un grand développement dû à un refus, toujours


d’actualité, de la Préfecture de NICE d’accorder des mainlevées et surtout des sorties à l’essai
permettant un retour à la vie normale d’une personne ayant fait l’objet d’une hospitalisation de ce
type.

Si le Juge des libertés et de la détention n’est pas compétent pour ces sorties à l’essai, cela amène
la personne hospitalisée à solliciter d’une façon automatiquement plus importante une mainlevée
totale.

Les services hospitaliers psychiatriques estiment d’ailleurs que c’est dommage car cela leur enlève
un outil médical que constituent ces sorties à l’essai.

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