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TRAITÉ

DE

MÉCANIQUE CÉLESTE.
,

TRAITÉ
DE

MÉCANIQUE CÉLESTE,
PARM. LAPLACE,
Chancelier du Sénat conservateur, Grand-Officier de la Légion d'honneur
membre de l'Institut et du Bureau des Longitudes de France-, des
Sociétés royales de Londres et de Gottingue ; des Académies des
Sciences de Russie, de Danemarck, d'Italie , etc.

TOME QUATRIÈME.

A PARIS,
Chez CouRCiER, Imprimeur - Libraire pour les Mathématiques, quai
des Augustins, n° 71.

AN XIII = i8o5.
PRÉFACE.
AmÈS avoir exposé dans les deux livres précédens,
de la lune; il reste à présenter
les théories des planètes et
comètes c'est le principal
celles des autres satellites et des :

De tous les satellites, les plus inté-


objet de ce volume.
ressans après celui de la terre, sont les satellites de Jupiter.

Les observations de ces astres les premiers que le téles-

cope a fait découvrir dans les cieux, ne remontent pas à


deux siècles :
compter qu'un siècle et demi
on ne doit même
d'observations de leurs éclipses. Mais dans ce court inter-
valle, ils nous ont offert par la
promptitude de leurs révo-

lutions, tous les grands changemens que le temps ne déve-


système planétaire
loppe qu'avec une extrême lenteur, dans le
fréquentes éclipses,
dont celui des satellites est l'image. Leurs
ont fait connaître leurs inégalités principales, avec une pré-

cision que l'on n'eût jamais obtenue des élongations obser-


vées de ces astres à Jupiter. Pour en
donner la théorie,

je développe d'abord les


équations différentielles de leurs
j^parviens à
mouvemens en intégrant ensuite ces équations,
:

leurs diverses inégalités. Elles sont peu différentes de celles

des planètes et de la lune cependant les rapports


:
qu'ont entre

eux moyens mouvemens des trois premiers satellites de


les

Jupiter, donnent à quelques-unes de ces inégalités, des va-


leurs considérables qui ont une grande influence sur
toute

Jeur théorie. Ces mouvemens sont à très-peu-près en pro-

gression sous-double. De là résultent plusieurs inégalités très?


vj PRÉFACE.
sensibles, dont les périodes différentes entre elles, se trans-
forment dans les éclipses, en une seule de 437j°'"',659. Bradley
remarqua le premier cette période, dans le retour des éclipses

du premier et du second satellite. Wargentin exposa ensuite


dans un grand jour, la loi des inégalités dont elle dépend,
et dont il attribua la cause à l'action mutuelle des trois pre-

miers satellites, mais sans la soumettre à l'analyse qui n'était


pas alors assez avancée pour cet objet. Les géomètres l'ayant
perfectionnée depuis, et l'ayant appliquée aux perturbations
des satellites de Jupiter; ces inégalités se sont présentées
les premières à leurs recherches, comme elles s'étaient les

premières, offertes aux observateurs. Je les développe ici

avec l'étendue qu'exige leur importance.


Leur combinaison donne naissance à une singularité jusqu'à
présent unique dans la théorie des mouvemens célestes. Le
mouvement moyen du premier satellite ,
plus deux fois celui
du troisième, serait égal à trois fois le mouvement du se-
cond si ces mouvemens étaient exactement en progression
;

sous-double: mais cette égalité est incomparablement plus


approchée que la progression elle-même, et ses petits écarts
sont dans les limites des erreurs des observations. Un résul-
tat non moins singulier est, que depuis la découverte des
satellites de Jupiter, la moyenne du premier,
longitude
moins trois fois celle du second, plus deux fois celle du
troisième, n'a jamais différé de deux angles droits, que de
quantités presque insensibles. On ne peut admettre sans in-

vraisemblance , que les mouvemens primitifs de ces trois

corps ont satisfait exactement à ces égaUtés : il est beaucoup


plus naturel de penser qu'ils en ont fort approché , et qu'en-

suite l'action mutuelle des satellites a rendu ces égalités rigou-


PRÉFACE. vij

reuses. C'est ce que j'ai reconnu par l'analyse , comme on l'a


déjà vu dans le huitième chapitre du second livre. Je re-
prends ici cet objet intéressant que je traite par une autre
méthode dont les résultats d'accord avec ceux du livre cité,
les confirment. On peut, dans les égalités précédentes, subs-
tituer aux moyens mouvemens et aux longitudes moyennes
sydérales, les moyens mouvemens et les longitudes moyennes
synodiques, et généralement rapporter à un axe mobile
suivant une loi quelconque, les mouvemens et les longi-
tudes des trois satellites; d'où il suit qu'ils ne peuvent jamais
être à-la-fois échpsés. Mais dans les éclipses simultanées du
second et du troisième, le premier est toujours en conjonc-
tion avec Jupiter : il est toujours en opposition, dans les
éclipses simultanées du soleil, produites sur Jupiter par les
deux autres satellites.

I.es moyens mouvemens et les


six des époques forment
vingt-quatre arbitraires que doivent renfermer les intégrales
des douze équations différentielles du mouvement des,
quatre sateUites. Les rapports précédens étabhssent entre
ces constantes, deux équations de condition qui les réduisent
à vingt-deux ;
mais les arbitraires que ces équations font
disparaître , sont remplacées par les constantes d'une iné-
galité que je désigne sous le nom de lihration des satellites y
et dont la période est d'un peu plus de six années. Cette
inégalité est répartie entre les trois premiers
satellites, sui-
vant nnrapport dépendant de leurs masses et de leurs dis-
tances. Toutes les recherches que Delambre
a faites pour
la démêler dans les observations, ayant été infructueuses;
elle doit être fort petite.
Ainsi à l'origine, les mouvemens
des trois premiers satelhtes et leurs époques
ont fort ap-
,

viij PRÉFACE.
proche de satisfaire aux deux égalités précédentes. Les équa-
tions séculaires des moyens mouvemens des satellites n'al-

tèrent point ces égalités. En vertu de l'action mutuelle


de ces astres , ces équations se coordonnent de manière que
l'équation séculaire du premier, plus deux fois celle du troi-
sième, est égale à trois fois l'équation séculaire du second:
leurs inégalités mêmes qui croissent avec lenteur, approchent
d'autant plus de se coordonner ainsi, que leurs périodes

sont plus longues. Cette libration ,


par laquelle les mou-
vemens des trois premiers satellites se balancent dans
l'espace, suivant les lois que nous venons d'énoncer, s'étend
à leurs mouvemens de rotation, si comme les observations
l'indiquent, ces mouvemens sont égaux à ceux de révolu-
tion. L'attraction de Jupiter, en faisant alors participer les

mouvemens de rotation des satellites , à leui-s équations sé-

culaires , coordonne ces mouvemens de manière que la ro-

tation du premier, plus deux fois celle du troisième, est

constamment égale à trois fois la rotation du second satel-

lite. On peut observer ici une grande analogie entre la li-

bration des satellites et la libration réelle de la lune, donc


la théorie a été exposée dans le cinquième livre. On y a vu
que l'attraction de la terre sur le sphéroïde lunaire, établit
entre ses moyens mouvemens de rotation et de révolution
une égalité rigoureuse et que les deux arbitraires que cette
,

égalité fait disparaître, sont remplacées par celles d'une iné-


galité qui forme la libration réelle. On a vu encore que
l'équation séculaire du moyen mouvement de ré volution

n'altère point cette égalité; l'action terrestre faisant parti-


ciper à cette équation , le mouvement de rotation de la lune.

Les grbes des satellites éprouvent des changeraens ana-


logues
,

PRÉFACK ix

logues aux grandes variations des orbes planétaires : leurs

mouvemens sont pareillement assujétis à des équations sé-


culaires semblables à celles de la lune. J'expose avec étendue,

la théorie de toutes ces inégalités dont le développement


observé fournit les données les plus avantageuses pour la
détermination des masses des satellites et de l'applatissement
de Jupiter. L'influence considérable de ce dernier élément
sur les mouvemens des nœuds , fixe sa valeur avec plus de
précision que les mesures directes. On trouve par ce moyen
le petitaxe de Jupiter égal au diamètre de son équateur
multiplié par 0,9287; ce qui diffère très-peu du rapport de
treize à quatorze, que donnent par un milieu, les mesures
les plus précises de l'applatissement de cette planète. Cet
accord une nouvelle preuve que la pesanteur des satel-
est

lites vers la planète pi'incipale, se compose des attractions

de toutes ses molécules; comme nous l'avons trouvé dans


le septième livre, pour la lune relativement à la terre.

Quelle que soit la perfection de la théorie ; il reste à l'as-

tronome une tâche immense à remplir, pour convertir en


tables , les formules analytiques. Bouvard a d'abord réduit
en nombres, les coefEciens de ces formules; mais dans cet
état, elles renfermaient encore trente-une constantes indé-
terminées , savoir , les vingt-quatre arbitraires des douze
équations différentielles du mouvement des satellites, les
masses de ces astres, l'applatissement de Jupiter, l'incUnai-
son de son équateur et la position de ses nœuds. Pour avoir
les valeurs de toutes ces inconnues ; il fallait discuter un très-
grand nombre d'éclipsés de chaque satellite, et les combiner
de la manière la plus propre à faire ressortir chaque élé-
ment. Delambre a exécuté ce travail important avec le plus
MÉCAN. CÉL. Tome IV. b
X PRÉFACE.
grand succès, et ses tables qui représentent les observations
avec l'exactitude des observations mêmes ^ offrent au navi-

gateur, un moyen sûr et facile pour avoir sur-le-champ


par les éclipses des satellites et surtovit par celles du pre-
mier, la longitude des lieux oiÀ il atterre.

L'un des plus curieux résultats de ces recherches, est la

connaissance des masses des satellites, connaissance que leur


petitesse extrême et l'impossibilité de mesurer directement
leurs diamètres, semblaient nous interdire. J'ai choisi pour
cet objet, les données qui, dans l'état actuel de l'astronomie,
m'ont paru les plus avantageuses ; et j'ai lieu de penser que
les valeurs des masses, auxquelles je suis parvenu, sont déjà
fort approchées: on vérifiera ces valeurs ,
quand la suite des

temps aura mieux fait connaître encore les variations sécu-

laires des orbites. Voici maintenant les principaux élémens


de la théorie de chaque satellite ,
qui résultent de la com-
paraison de mes formules avec les observations.
L'orbe du premier satellite se meut sur un plan fixe qui

passe constamment entre l'équateur et l'orbite de Jupiter,


par l'intei'section mutuelle de ces deux derniers plans dont
l'inclinaison respective est, suivant les observations, égale

à 30,435^. L'inclinaison de ce plan fixe, sur l'équateur de


Jupiter, n'est que de 20" par la théorie ; elle est parconsé-
quent insensible. L'inclinaison de l'orbe du satellite à son
plan fixe , est pareillement insensible ; ainsi l'on peut considé-
rer le premier satellite en mouvement sur l'équateur même
de Jupiter. On n'a point reconnu d'ex;centricité propre à son
ox^be qui, seulement, participe un peu des excentricités
des orbes du troisième et du quatrième satellite ; car en vertu
de l'action mutuelle de tous ces corps , l'excentricité propre
PRÉFACE. xj

à chaque orbe se répand sur les autres, mais plus faible-


ment à mesure qu'ils sont plus éloignés. La seule inéga-

lité sensible de ce satellite , est celle qui a pour argument


le double de l'excès de la longitude moyenne du premier
sur celle du second, et qui produit dans le retour des
éclipses, l'inégalité de 437',659: elle est une des données
dont j'ai fait usage pour avoir les masses des satellites 5 et
comme elle n'est due qu'à l'action du second , elle détermine
la valeur de sa masse, avec beaucoup d'exactitude.
Les éclipses du premier satellite ont fait découvrir la vi-

tesse de la lumière , que depuis , le phénomène de l'aberration


a mieux fait connaître. Dans l'état actuel de la théorie de
ce satellite, et ses observations étant devenues très-nom-
breuses ; il m'a paru qu'elles pouvaient déterminer ce
phénomène, avec plus de précision encore que l'observa-
tion directe. Delambre a bien voulu entreprendre cette
discussion , à ma prière , et il a trouvé 62',5 pour l'aberra-
tion entière, valeur exactement la même que Bradley avait
conclue d'un grand nombre d'observations très-délicates sur
les étoiles. Il est satisfaisant de voir un accord aussi parfait

entre des résultats tirés de méthodes si différentes. On peut


facilement en conclure que la vitesse de la lumière, dans
tout l'espace compris par l'orbe terrestre , est la même que
sur la circonférence de cet orbe, conséquence que l'on doit
étendre à tout l'espace compris par l'orbe de Jupiter ; car
à raison de son excentricité, la variation des rayons vecteurs
de cette planète, est très-sensible sur la durée des éclipses
des satellites, et la discussion de ces éclipses prouve que
son effet est exactement le même que dans l'hypothèse du
mouvement uniforme de la lumière.
b 2
,

xij PRÉFACE.
L'orbe du second satellite se meut sur un plan fixe qui

passe constamment entre l'équateur et l'orbite de Jupiter,


par leur intersection mutuelle , et dont l'inclinaison à cet

équateur est de 201". L'orbe du satellite est incliné de ÔiÔz",


à son plan fixe, et ses nœuds ont sur ce plan un mouvement
tropique rétrograde dont la période est de 29™*,9i42: elle est

une des données qui m'ont servi à déterminer les masses.

L'observation n'a point fait connaître d'excentricité propre


à l'orbe de ce satellite j mais il participe un peu des excen-
tricités des orbes du troisième et du quatrième. Ses deux
inégalités principales dépendent des actions du premier et

du troisième. Le rapport qu'ont enti^e elles les longitudes


des trois premiers satellites, réunit ces inégalités, en une
seule dont la période dans le retour des éclipses est de

437',659, et dont la valeur est la troisième donnée que j'ai

employée à la détermination des masses.

L'orbe dvi troisième satellite se meut sur un plan fixe qui

passe constamment entre l'équateur et l'orbite de Jupiter


par leur intersection mutuelle , et dont l'inclinaison sur cet
équateur est de 931". L'orbe dti satellite est incliné de 2284'
à son plan fixe, et ses nœuds ont sur ce plan un mouvement
tropique rétrograde dont la période est de 141 ^"^,739. Les as-
tronomes supposaient les orbes des trois premiers satellites en
mouvement sur l'équateur même de Jupiter ; mais ils

trouvaient une plus petite inclinaison à cet équateur sur


l'orbite de la planète ,
par les éclipses du troisième, que par
celles des deux autres. Cette différence dont ils ignoraient
la cause , vient de ce que les orbes des satellites ne se meuvent
point sur cet équateur, mais sur des plans divers et qui

lui sont d'autant plus inclinés, que les satellites sont plus
PRÉFACE. xiij

résultat semblable pour


éloignés de la planète. J'ai trouvé un
la lune , dans le second
chapitre du septième livre c'est de :

là que dépend l'inégalité lunaire en latitude, dont la valeur

déterminée par les observations , m'a donné l'ellipticité du


sphéroïde terrestre , avec autant d'exactitude que les me-
sures des degrés du méridien.

L'excentricité de l'orbe du troisième satelHte présente des

anomahes singulières dont la théorie m'a fait connaître la

cause. Elles dépendent de deux équations du centre , dis-

tinctes. L'une, propre à cet orbe, se rapporte à un perijove

dont le mouvement annuel et sydéral est de 29010' : l'autre

que l'on peut considérer comme une émanation de l'équation


du centre du quatrième satellite, se rapporte au perijove
de ce dernier corps. Elle est une des données qui m'ont
servi à déterminer les masses. Ces deux
équations forment

en combinant, une équation du centre variable , et qui


se

se rapporte à un perijove dont le


mouvement n'est pas uni-
forme. Elles coïncidaient et s'ajoutaient en 1682 , et leur
somme s'élevait à 2458'. En 1777 , elles se retranchaient l'une

de l'autre, et leur différence n'était que de Wargentin


949".

essaya de représenter ces variations, au moyen de deux


équations du centre ; mais n'ayant pas rapporté l'une d'elles

au perijove du quatrième satellite , il fut contraint par les

observations, d'abandonner son hypothèse, et il eut recours

à celle d'une équation du centre variable, dont il déter-

mina les changemens par les observations , ce qui le conduisit


à-peu-près aux résultats que nous venons d'indiquer.

Enfin , le quatrième satellite se meut sur un plan fixe


incliné de 4547" à l'équateur de Jupiter, et qui passe par la
xiv PREFACE.
ligne des nœuds de cet équateur , entre ce dernier plan et ce-

lui de l'orbite de la planète. L'inclinaison de l'orbe du satellite

à son plan fixe est de 2772", et ses nœuds sur ce plan ont un
mouvement tropique rétrograde dont la période est de 531
ans. En vertu de ce mouvement, l'inclinaison de l'orbe du

quatrième satellite sur l'orbite de Jupiter, varie sans cesse.


Parvenue à son minimum vers le milieu du dernier siècle,
elle a été à-peu-près stationnaire et d'environ 20,7 ,
depuis
1680 jusqu'en 1760, et dans cet intervalle, ses nœuds sur l'or-
bite de Jupiter ont eu un mouvement annuel direct de 8'^

à-peu-près. Cette circonstance que l'observation a présentée,


a été saisie par les astronomes qui l'ont employée long-temps
avec succès dans les tables de ce satellite. Elle est une suite de
mes formules qui donnent mouvement du
et l'inclinaison et le

nœud, à très-peu-près les mêmes que les astronomes avaient


trouvés par la discussion des éclipses ; mais dans ces der-
nières années , l'inclinaison de l'orbe a pris un accroissement
très-sensible dont il eût été difficile de connaître la loi sans

le secours de la théorie. Il est curieux de voir sortir ainsi de


l'analyse, ces phénomènes singuliers que l'observation a fait
entrevoir, mais qui résultant de la combinaison de plusieurs
inégalités simples , sont trop compliqués pour que les astro-

nomes en aient pu découvrir les lois. L'excentricité de l'orbe


du quatrième satellite est beaucoup plus grande que celles
des autres orbites. Son perijove a un mouvement annuel
direct de 7959": c'est la cinquième donnée dont j'ai fait usage
pour déterminer les masses.

Chaque orbe participe un peu du mouvement de tous


les autres. Leurs plans fixes ne le sont pas rigoureusement :

ils se meuvent très-lentement avec l'équateur et l'orbite de


PREFACE. XV
Jupiter, en passant toujours par leur intersection mutuelle.
Les inclinaisons de ces plans sur l'équateur de Jupiter va-
rient sans cesse ,
proportionnellement à l'inclinaison de l'or-

bite sur l'équateur de la planète.

La théorie des satellites étant fondée sur les observations


de leurs éclipses ; il importe d'avoir l'expression de leur
durée, en ayant égard à tout ce qui peut y influer , et prin-
cipalement à l'ellipticité du sphéroïde de Jupiter. Je parviens
à cette expression, en considérant généralement la figure

de l'ombre que projette un corps opaque éclairé par un


corps lumineux. On pourrait en conclure les durées des
éclipses des satellites, si ces astres s'éclipsaient au moment
où leurs centres commencent à pénétrer dans l'ombre de
la planète. Mais leurs disques, quoiqu'inappréciables par eux-
mêmes , le deviennent par le temps qu'ils mettent à dispa-

raître dans les éclipses : leur grandeur jusqu'ici peu connue,


leurs clartés différentes , les effets de la pénombre , et pro-
bablement encore ceux de la réfraction de la lumière du
soleil dans l'atmosphère de Jupiter j toutes ces causes qu'il
est presque impossible d'évaluer, nous obligent de recourir
aux observations, pour déterminer les durées moyennes des
éclipses des satellites de Jupiter, dans les nœuds ou lorsque
leur latitude au-dessus de l'orbite de la planète est nulle. Ces
durées observées sont 9426" pour le premier satellite; i ipSi"
pour le second; 14838" pour le troisième; enfin, 19780"
pour le quatrième.
Les observations de l'entrée et de la sortie des satellites

et de leurs ombres sur le disque de Jupiter, répandraient


beaucoup de lumière sur la grandeur de leurs disques , et
sur plusieurs autres élémens de la théorie des satellites. Ce
xvj PRÉFACE,
genre d'observations, trop négligé par les astronomes, me
paraît devoir fixer leur attention; car il semble que les

contacts intérieurs des ombres doivent déterminer l'instant

de la conjonction , avec plus d'exactitude encore que les

éclipses. La théorie des satellites est maintenant assez avancée,


pour que ce qui lui manque, ne puisse être déterminé que
par des observations très-précises ; il devient donc néces-
saire d'essayer de nouveaux moyens d'observation , ou du
moins, de s'assurer que ceux dont on fait usage, méritent la
préférence.
L'extrême difficulté des observations des satellites de
Saturne, rend leur théorie si imparfaite, que l'on connaît
à peine avec quelque précision , leurs révolutions et leurs
distances moyennes à cette planète; il est donc inutile jus-

qu'à présent de considérer leurs perturbations. Mais la po-


sition de leurs orbes présente un phénomène digne de
l'attention des géomètres et des astronomes. Les orbes des
six premiers satellites paraissent être dans le plan de l'an-

neau, tandis que l'orbe du septième s'en écarte sensiblement.


Il est naturel de penser que cela dépend de l'action de Sa-
turne qui ,
par son ellipticité , retient les six premiers orbes

dans le plan de son équateur, comme il maintient dans ce


même plan , l'anneau dont la planète est entourée. L'action
du soleil tend à les en écarter ; mais cet écart croissant très-

rapidement et à-peu-près comme la cinquième puissance du


rayon de l'orbe , il ne devient sensible que pour le dernier

satellite. Les orbes des satellites de Saturne se meuvent,


comme ceux de la lune et des satellites de Jupiter , sur des

plans fixes qui passent constamment entre l'équateur et


l'orbite de la planète par leur intersection mutuelle, et qui
sont
,

PREFACE. xvij
sont d'autant plus inclinés à cet équateur ,
que les satellites

sont plus éloignés de Saturne. Cette inclinaison est considé-


rable relativement au dernier satellite. Son orbe est incliné

liii-même au plan fixe qui lui correspond , et ses nœuds ont


sur ce plan un mouvement rétrograde dont j'essaye de dé-
terminer la valeur, en partant des observations déjà faites

sur cet objet; mais ces observations étant fort incertaines,


les résultats que je présente, ne peuvent être qu'une approxi-
mation très-imparfaite.

Nous sommes moins instruits encore à l'égard des satel-

lites d'Uranus. Il paraît seulement ,


d'après les observations
d'Herschel, qu'ils se meuvent tous sur un même plan pres-
que perpendiculaire à celui de l'orbite de la planète; ce qui
indique évidemment une position semblable dans le plan
de son équateur. Je fais voir que l'applatissement de la pla-

nète, combiné avec l'action des satellites, peut maintenir


à très-peu-près dans ce plan , leurs orbes divers. V oilà tout
ce que l'on peut dire sur ces astres qui, par leur petitesse
et leur éloignement, se refuseront toujours à des recherches
plus étendues.
La théorie des perturbations des comètes est l'objet du
neuvième livre. La grandeur des excentricités et des incli-
naisons de leurs orbites, ne permet pas d'appliquer à ces
astres, les formules relatives aux planètes et aux satelhtes. II
n'est pas possible dans l'état actuel de l'analyse, de repré-
senter leursmouvemens, par des expressions analytiques
qui embrassent un nombre indéfini de révolutions, et l'on
est réduit à les déterminer par parties , et au moyen des
quadratures. La méthode la plus simple pour y parvenir
est celle dont on est redevable à Lagrange, et qui consiste
MÉCAN. cÉL. Tome IV. t
,

xviij PREFACE.
à regarder l'orbite de la comète , comme une ellipse sans

cesse variable : chaque élément elliptique est alors ex-

primé par l'intégrale d'une fonction différentielle , et

l'analyse offre divers moyens pour avoir cette intégrale ,

d'une manière très-approchée. Je présente ici ces fonctions


différentielles, sous la forme qui m'a paru la plus commode,
et je donne un moyen très-exact de les intégrer par approxi-

mation. J'aurais bien désiré d'appliquer cette méthode au


prochain retour de la comète de lyôpj mais diverses occu-
pations m'en ayant empêché, je me borne à la développer
avec assez d'étendue, pour que l'on n'éprouve dans ses
applications , d'autres difficultés que celles des substitutions

iiumériques.
Je traite ensuite ,
par une analyse particulière , le cas

d'une comète qui approche assez d'une planète , pour que


son orbite en soit totalement changée : ce cas singulier mé-
rite d'autant plus d'attention, qu'il paraît avoir été celui de
la première comète de 1770. On connaît les tentatives in-
fructueuses des astronomes ,
pour assujétir les observations

de cette comète aux lois du mouvement parabolique. Lexel


reconnut enfin qu'elle avait décrit pendant son apparition
l'arc d'une ellipse correspondante à une révolution d'un
peu plus de cinq ans et demi. Burkart , par une discussion
approfondie des observations de cette comète, et des élé-
mens elliptiques propres à les représenter, vient de confir-
mer ce résultat remarquable qui ne doit maintenant laisser
aucun doute. Mais avec une révolution aussi prompte , cette

comète aurait dû plusieurs fois reparaître : cependant , on


ne l'a point observée avant 1770, et depuis , on ne l'a point
revue. Pour expliquer ce double phénomène , Lexel a re-
PREFACE. xîx
marqué qu'en 1767 et 1779, cette comète a passé fort près
de Jupiter dont l'action a pu diminuer en 1767, sa dis-

tance périhélie , au point de rendre la comète visible de


la terre, en 1770, d'invisible qu'elle était auparavant; et par
un effet contraire , cette action a pu en 1779, accroître sa
distance périhélie, de manière à rendre la comète doréna-
vant invisible. Mais cette explication suppose que les élé-

mens de l'orbite de la comète , déterminés par ses positions

observées en 1770 , satisfont aux deux conditions précé-


dentes , du moins en ne faisant à ces élémens , que des cor-
rections très-légères, comprises dans les limites des altérations
que l'attraction des planètes a pu y produire : c'est ce qui
résulte de l'application de mes formules aux perturbations
de la comète par de Jupiter, à ces deux époques.
l'action

La possibilité du double changement de la distance périhélie


aux mêmes époques, étant ainsi établie; l'explication donnée
par Lexel devient très-vraisemblable.
De toutes les comètes observées , la précédente est celle
qui a le plus approché de la terre; elle a dû parconséquent
en éprouver des altérations sensibles. Je trouve, en effet,

que l'action de la terre a augmenté de deux jours sa révo-

lution sydérale; mais la comète, en réagissant sur la terre,


a dû pareillement altérer la durée de l'année sydérale : l'ana-

lyse fait voir qu'elle serait diminuée de la neuvième partie


d'un jour , si la masse de la comète égalait celle de la terre.

Les recherches que Delambre vient de faire, pour perfec-


tionner les tables du soleil , ne permettent pas d'attribuer à
l'action de la comète, une diminution de trois secondes dans
cette durée ; nous sommes donc bien certains que la masse
de la comète n'est pas la cinq-millième partie de celle de
,

XX PREFACE.
la terre. En général , la correspondance des observations
avec les mouvemens des planètes et des satellites , déterminés

en n'ayant égard qu'à l'action mutuelle de ces corps ^ nous


prouve que malgré le grand nombre de comètes qui tra-

versent dans tous les sens le système planétaire, leiu' attrac-

tion a été jusqu'à présent insensible 5 ainsi leurs masses

doivent être d'une petitesse extrême , et les astronomes


n'ont aucune raison de craindre qu'elles puissent nuire à
l'exactitude de leurs tables.
Dans le dixième livre, je considère difFérens points rela-
tifs au système du monde. L'un des plus intéressans par ses
rapports avec l'attraction universelle et par son influence
sur les observations célestes, est la théorie des réfractions
astronomiques. L'air au travers duquel nous voyons les

astres, infléchit leurs rayons suivant des lois qu'il importe


aux astronomes de bien connaître : elles dépendent de la

constitution de l'atmosphère , et des variations qu'elle


éprouve dans sa pression et dans sa chaleur. J'en expose
avec étendue , l'analyse qui exige des artifices particuliers

lorsque l'astre est très-près de l'horizon. La réfraction de


sa lumière dépend alors de la loi suivant laquelle la chaleur
des couches atmosphériques diminue, à mesure qu'elles sont
plus élevées. La loi que je propose, réunit à l'avantage d'un
calcul facile , celui de représenter à-la-fois les expériences sur
la diminution de cette chaleur, et les observations des ré^
fractions et des hauteurs du baromètre à diverses élévations.
Heureusement, lorsque la hauteur des astres surpasse onze
ou douze degrés la réfraction ne dépend plus que de l'état
;

de l'air dans le lieu de l'observateur , et cet état est indiqué


par nos instrumens météorologiques. A températures égales,.
PREFACE. xxj
le volume d'une même quantité d'air est réciproque à la
pression qu'il éprouve ; mais pour avoir les variations de ce
volume , qui répondent à celles d'un thermomètre à mer-
cure , il faut connaître exactement la correspondance de cet
instrument avec un thermomètre à air. Gai-Lussac a fait

sur cela , un grand nombre d'expériences très-précises ; il a

mis un soin extrême à bien graduer pkisieurs thermomètres


de mercure et d'air , et surtout à bien dessécher les tubes
de verre dont il a fait usage ; car leur humidité dans les

expériences des divers physiciens sur cet objet, est la cause


principale de la différence de leurs résultats. En plongeant
ensuite ces thermomètres dans un même bain d^eau, à la

température de la glace fondante et à celle de l'eau bouil-


lante ; il a trouvé par un milieu entre un grand nombre de
résultats cori-igés de l'effet de la dilatation du verre, et des
variations du baromètre pendant chaque expérience, qu'un
volume d'air représenté par l'unité , au degré de la glace
fondante , devenait 1,875 à la chaleur de l'eau bouillante
sous une pression mesurée par la hauteur o'",76 du baro-
mètre. Tobie Mayer, physicien aussi exact que grand astro-
nome, avait trouvé par des expériences dont il garantit
l'exactitude, que par le même accroissement de tempéra-
ture , le volume i se change dans i,38o; ce qui diffère très-
peu du résultat précédent avec lequel les expériences de
Dalton sont parfaitement d'accord. Pour avoir la marche
correspondante de deux thermomètres d'air et de mercure,
Gai-Lussac a divisé exactement en deux parties égales, les

volumes que ces deux fluides remplissaient dans chaque


thermomètre, depuis le degré de la glace fondante jusqu'à
celui de l'éhuUition de l'eau , ce qui lui a donné le degré So
,

xxlj PREFACE.
de chaque thermomètre. En les plongeant dans un bain
d'eau , élevé à cette température , il a observé que leurs
différences étaient toujours extrêmement petites et alterna-

tivement de signe contraire , ensorte que la différence

moyenne déterminée par vingt expériences , a été insen-


sible ; d'où l'on doit conclure que depuis zéro jusqu'à la

clialeur de l'eau bouillante, la marche des deux thermo-


mètres est à très-peu-près la même. Ces résultats suffisent

à la théorie des réfractions, dans laquelle on n'a besoin que


de connaître la densité de l'air, correspondante aux indi-

cations du baromètre et du thermomètre. Mais dans la

théorie de la chaleur , il est nécessaire d'apprécier les degrés


réels de chaleur , indiqués par ceux du thermomètre à mer-
cure, et que les expériences dont je viens de parler,
c'est ce
donneraient avec beaucoup d'exactitude, si les accroisseinens
delà chaleur d'ime masse d'air, soumise à une pression cons-
tante , étaient proportionnels à ceux de son volume. Or cette
hypothèse est au moins très-vraisemblable;carsi l'on conçoit

que le«volume d'air restant toujours le même, sa tempéra-


ture augmente ; il est très-naturel de penser que sa force élas-

tique dont la chaleur est la cause, augmentera dans le même


rapport. En le soumettant dans ce nouvel état, à la pression
qu'il éprouvait dans le premier; son volume croîtra comme
sa force élastique, et parconséqueut comme sa température.
Le thermomètre à air me paraît donc indiquer exactement
les variations de la chaleur ; mais sa construction étant dif-

ficile, il suffit d'avoir comparé par des expériences précises


sa marche avec celle du thermomètre à mercure.
Jusqu'à présent on n'a point fait usage des indications de
l'hygromètre , dans le calcul des réfractions : il serait à de-
PREFACE. xxiij

sirer que l'on déterminât par des expériences directes , Tin-


fluence de l'humidité de l'air sur ces phénomènes. J'essaye

d'y suppléer, en supposant que les forces réfringentes de

l'eau et de sa vapeur, sont proportionnelles à leurs den-


sités respectives. Dans cette hypothèse vraisemblable , la

force réfringente de cette vapeur surpasse celle de l'air de


même densité • mais comme à pressions égales, l'air surpasse

en densité la vapeur aqueuse , il en résulte que la réfraction


due à cette vapeur répandue dans l'atmosphère , est à-peu-
près la même que celle de l'air dont elle occupe la place,
ensorte que l'effet de l'humidité de l'air sur les réfractions
est presqu'insensible. C'est ce que confirment quelques ob-
servations de hauteurs méridiennes du soleil vu à travers

des nuages qui laissaient appercevoir distinctement ses bords:


la réfraction de sa lumière n'a point paru changée par cette
circonstance.
On sait que l'air est un mélange des deux gaz azote et
oxigène. Il est vraisemblable que la force réfringente n'est
pas la même pour chacun d'eux, et qu'ainsi celle de l'at-

mosphère changerait, si la proportion de ces gaz venait à


s'altérer. Mais il suit des expériences nombreuses et très-

précises d'Humboltet de Gai-Lussac, que cette proportion


reste toujours à très-peu-près constante à la surface de la

terre, et Gai-Lussac étant allé dans un ballon, i-ecueillir de


l'air atmosphérique à plus de six mille cinq cents mètres de
hauteur, l'analyse de cet air lui a donné entre ces deux gaz,
le même rapport qui a lieu à la surface de la terre.

La force réfringente de l'atmosphère peut être détermi-


née, soit par des expériences directes sur la réfraction de
l'air, soit par les observations -astronomiques. Le grand
,

yixW PREFACE.
nombre et l'exactitude de ces observations m'a fait préférer ce
dernier moyen, et j'en ai conclu, pour avoir les réfractions

au-dessus de douze degrés de hauteur apparente, une formule


que je crois très-exacte, du moins si la force réfractive de
l'air est en raison de sa densité, et si sa température et son
humidité n'ont point sur elle d'influence sensible, trois

choses qu'il importe de vérifier par un grand nombre d'ob-

servations et d'expériences. Le moyen qui me semble le

plus propre à cet objet, consiste à observer dans les grands


froids et dans les fortes chaleurs, dans les grandes hauteurs

et dans les abaissemens extrêmes du baromètre, les hauteurs


méridiennes de quelques étoiles qui ne s'élèvent que de
douze ou quinze degrés sur l'horizon. On a commencé
dans cette vue, à l'Observatoire de Paris, une suite d'ob-
servations que l'on se propose de continuer pendant tm
grand nombre d'années. La théorie suppose encore la

densité constante dans une même couche d'air concen-


trique à la terre , et il est possible que les vents et d'auti'cs
causes y produisent des variations de densité qu'il est im-
possible de connaître , et qui cependant doivent influer sur
les réfractions : c'est à cela que l'on doit principalement attri-

buer les petites différences que présentent les observations


d'un même astre, en différens jours. Quelque perfection
que l'on donne aux instrumens d'astronomie, cette cause

d'erreur sera toujours un obstacle à l'extrême précision des


observations.
Les recherches précédentes, fondées sur la constitution
de l'atmosphère , m'ont conduit à une formule très-simple
pour mesurer la hauteur des montagnes par le baromètre
formule dans laquelle j'ai eu égard aux variations de la pe-
santeur.
,

PREFACE. XXV
santeur , dues à la différence des latitudes et des élévations
au-dessus du niveau, des mers. J'aurais bien désiré pouvoir
y introduire les indications de l'hygromètre; mais nous man-
quons d'expériences suffisantes pour cet objet. Ramond a
déterminé avec beaucoup d'exactitude, le coefficient principal
de cette formule, au moyen des observations nombreuses
et précises du baromètre, qu'il a faites sur plusieurs mon-
tagnes dont la hauteur est bien connue.
L'atmosphère éteint en partie les rayons de lumière
qui la traversent. Je détermine la loi de cette extinction
qui doit pareillement avoir lieu dans l'atmosphère du Soleil.

Il mes formules comparées à une expérience cu-


résulte de

rieuse de Bouguer sur l'intensité de la lumière des divers


,

points du disque solaire, que cet astre dépouillé de son


atmosphère nous paraîtrait douze fois plus lumineux.
L'un des principaux argumens que l'on opposa avi mou-
vement de la terre, fut la difficulté de concilier ce mouve-
ment avec celui des corps terrestres détachés de sa surface

et abandonnés à eux-mêmes. Dans l'ignorance des lois de


la mécanique, on était porté à croire que le spectateur de-
vait s'en éloigner avec toute la vitesse due au mouve-
ment de rotation de la terre et à sa translation autour
du soleil. La connaissance de ces lois ne laisse maintenant
aucun nucige sur cet objet; mais elles font voir que l'effet

de la rotation de la terre sur le mouvement des projectiles,


quoique très-peu sensible , peut le devenir par des expé-
riences propres à le manifester. J'en expose ici l'analyse
qui s'accorde avec les expériences que l'on a déjà faites
pour reconnaître le mouvement diurne de la terre , dans
la chute des corps qui tombent d'une grande hauteur.
MicAN. cit. Tome IV. d
xxvj PREFACE.
Après avoir examiné plusieurs cas dans lesquels le mou-
vement d'un système de corps qui s'attirent^ peut être exac-
tement déterminé 5
je reprends la théorie des équations sé-

culaires dues à la résistance d'un fluide éthéré répandu au-


tour du soleil, théorie que j'ai déjà considérée à la fin du
septième livre , mais que j'étends ici à un temps illimité.

Cette résistance aurait lieu dans la nature , si la lumière so-

laire consistait dans les vibrations d'un semblable fluide. Si


elle est une émanation du soleil; son impulsion sur les pla-
nètes et sur la lune, en se combinant avec les vitesses de ces
astres, produit dans leurs moyens mouvemensune accéléi^a-

tion dont je donne l'expression analytique ; mais cet effet est

détruit par la diminution de la masse du soleil, qui doit


avoir lieu dans cette hypothèse. Alors la force attractive
de cet astre diminuant sans cesse , les orbes des planètes se
dilatent de plus en plus , et leurs mouvemens se ralentissent

incomparablement plus qu'ils ne s^accélèrent par l'impulsion


de la lumière. Les observations n'indiquant aucune variation
dans le moyen mouvement de la terre ; j'en conclus , 1°. que
le soleil ,
depuis deux mille ans , n'a pas perdu la deux -mil-
lionième partie de sa substance ;
2°. que l'effet de l'impulsion
de la lumière sur l'équation séculaire de la lune est insensible.
L'analyse de cet effet, s'applique à la gravité considérée
comme produite par l'impulsion d'un fluide gravifique mu
avec une extrême rapidité vers le corps attirant. Il en ré-
sulte que pour satisfaire aux phénomènes, il faut supposer

à ce fluide, une vitesse excessive et cent millions de fois au

moins plus grande que cefle de la lumière. Cette vitesse

serait infinie, dans les hypothèses admises par les géomètres,

sur l'action de la gravité ; ces hypothèses peuvent donc être


,

PREFACE. xxvij
employées sans crainte d'erreur sensible. Nous observerons
ici que ces diverses causes d'altération dans les moyens mou-
vemens des planètes et des satellites , n'en produisent aucune
dans la position de leurs absides 5 et comme il est constant

par les observations, que le mouvement du périgée lunaire


est assujéti à une équation séculaire très-sensible, on doit
en conclure que ce n'est point à la résistance ni à l'impul-
sion d'un fluide, qu'il faut attribuer les équations séculaires
de la lune. Nous en avons développé dans le septième livre
les lois et la véritable cause.

Enfin, je termine ce volume par un supplément aux


théories de la lune et des planètes. Jupiter, Saturne et
Uranus forment un système à part , sur lequel les planètes
inférieures n'ont point d'influence sensible, mais qui, par
l'action mutuelle de ces trois corps, est soumis à de grandes
inégalités que j'ai développées dans le sixième livre. La dé-
couverte de ces inégalités a donné aux tables de Jupiter
et de Saturne, une précision inespérée. Pour les perfection-

ner encore, Bouvard a discuté de nouveau et avec le plus


grand soin, toutes les oppositions de ces deux planètes,
depuis Bradley jusqu'à nous, observées à Greenvick et à
Paris, au moyen de grandes lunettes méridiennes et des
meilleurs quarts de cercle. De mon côté, j'ai revu leur théo-
rie avec une attention particulière, et cela m'a conduit à
quelques inégalités nouvefles qui ont sensiblement rappro-
ché mes formules, des observations. Ces formules réduites
en tables par Bouvard, représentent avec une exactitude
remarquable, les observations modernes, celles deFlamsteed,
de Ticho, et même des Arabes et des Grecs, et les obser-

vations caldéennes que Ptolémée nous a transmises dans son


da
xxviij PREFACE.
Almageste. Cette précision singulière avec laquelle Jupiter
et Saturne ont obéi depuis les temps les plus reculés , aux
lois de leur action mutuelle, nous prouve que l'intluence
des causes étrangères au système planétaire est insensible.
L'un des principaux avantages de ces nouvelles recherches ,

est la connaissance précise de la masse de Saturne , dont la

valeur est fixée par ce moyen, beaucoup mieux que par les

élongations des satellites. Les inégalités produites par Uranus


sont trop peu considérables, pour en conclure la valeur de
sa masse : celle que j'ai adoptée dans le sixième livre me
paraît répondre assez bien aux observations.
Il ne me reste plus, pour remplir l'engagement que
j'ai contracté au commencement de cet Ouvrage, qu'à
donner une notice historique des travaux des géomètres
et des astronomes sur le système du monde : ce sera l'objet
de l'onzième et dernier livre.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE QUATRIÈME VOLUME.

THÉORIES PARTICULIÈRES DES MOUVEMENS CÉLESTES.

LIVRE VIII.

THEORIE DES SATELLITES DE JUPITER, DE SATURNE ET D URANU&.

O B J E T de cette théorie page i

CHAP. I. Equations du moui^ement des satellites de Jupiter ,

en ajant égard à leurs actions réciproques , à l'attraction du so-


leil et à celle du sphéroïde applati de Jupiter. . pag, 2, 7, n"* i , 2

CHAP. II. Des inégalités du mouvement des satellites de Jupi-


ter, indépendantes des excentricités et des inclinaisons des
orbites P^ge 8
Développement des équations du mouvement de ces satellites. Expressions analy-
tiques des perturbations de leurs rayons vecteurs et de leurs longitudes. L'action
du soleil y introduit une inégalité analogue à la variation dans la théorie de la
lune n" 3
Recherche de termes qui peuvent acquérir , dans ces expressions , des vakurs
considérables par les diviseurs que l'intégration leur donne et qui deviennent
fort petits, en vertu des rapports presque commensurables des moyens mou-
vemens des trois premiers satellites. Nécessité de conserver dans ces petits
diviseurs , les termes dépendans du produit de la partie constante de la force
perturbatrice par la variation du rayon vecteur ; ce produit ayant sur leur
valeur une influence sensible n° 4
Effet des termes de ce genre sur les retours des éclipses des trois premiers satellites.
1,

XXX TABLE DES MATIÈRES


Les inégalités qu'ils y introduisent dépendent toutes d'un même angle , et leur
période commune est de 437' "'^GSgj résultat conforme aux observations. . n" 5

CHAP. III. Des Inégalités du mouvement des satellites dépéri'


dantes des excentricités des orbites page 2.0

Expressions des diverses équations du centre des satellites , et des mouvemens de


leurs absides n" 6
Recherche des termes qui peuvent devenir sensibles par l'effet des petits diviseurs
que l'intégration leur donne, quoiqu'ils soient multipliés par les valeurs fort
petites des excentricités n° 7
L'action du soleil produit aussi dans le mouvement des satellites des inégalités
sensibles ,
quoique pareillement dépendantes des excentricités. Expression de ces
composée de deux parties analogues
inégalités. Celle qui affecte la longitude est

à V élection et à l'équation annuelle dans la théorie de la lune n" 8

CHAP. IV. Des inégalités du monuement des satellites en


latitude page

Expression analytique delà latitude des satellites et du mouvement de leurs nœuds, n" 9
La partie de cette expression qui dépend du déplacement de l'équateur et de l'or-
bite de Jupiter ,
représente la latitude qu'aurait chaque satellite , s'il se mouvait
sur un plan intermédiaire entre l'équateur et l'orbite de Jupiter, et mené par
leur commune intersection. Cet effet est analogue à celui que la terre produit
sur la lune, comme ou l'a vu dans le n' 20 du livre VIII ; mais il est beaucoup
plus sensible. Détermination de sa valeur n" lo
Recherche des termes qui acquièrent de très-petits diviseurs par l'intégration dans
l'expression de la latitude , en vertu des valeurs presque commensurables des
moyens mouvemens des trois premiers satellites. Évaluation de leur influence , n° 1

CHAP. V. Des inégalités dépendantes des carrés et des produits


des excentricités et des inclinaisons des orbites P^ge 5o

Calcul de ces inégalités. Il suffit d'y tenir compte des inégalités à longues pé-
riodes n° 12.
Les termes qui deviennent les plus considérables dans les équations séculaires des
satellites, sont ceux qui dépendent des variations séculaires de l'équateur et de

l'orbite de Jupiter, et du mouvement des nœuds du quatrième satellite. Ils sont


analogues à ceux qui produisent l'équation séculaire de la lune, et l'équation
du niovivement de la lune dépendante de la longitude de ses nœuds. Calcul de
ces termes n" l3

CHAP. VI. Des inégalités dépendantes du carré de la force


perturbatrice P^ge 5g

La plus remarquable de ces inégalités a déjà été discutée sous sa forme générale
DE LA SECONDE PARTIE. xxxj
dans le n" 66 du second livre : elle tient à ce que, dans l'oviglne , la longitude

moyenne du premier satellite moins trois fois celle du second, plus deux fois
celle du troisième a formé une somme à-peu-près égale à la demi-circonfé-
,

rence ; rapport qui a été rendu exact ensuite par l'action mutuelle de ces trois
corps. Développement de une méthode différente de celle qui
cette théorie par
a été employée dans le livre II.
, comme on l'a vu alors, que les
Il en ré.?ulte

moyens mouvemens des trois premiers satellites sont assujétis à une sorte de
libration qu'il importe aux astronomes de bien connaître , et dont on doit fixer
l'étendue par les observations : jusqu'ici elle a paru insensible. Le rapport qui
existe entre le moyen mouvement des trois premiers satellites, subsistera cons-
tamment dans la suite des siècles; et les deux inégalités du premier, causées
par l'attraction du second et du troisième, réunies par ce rapport, ne pourront
jamais se séparer n°' 14, i5
Les rapports des moyens mouvemens des trois premiers satellites modifient leurs
inégalités à longues périodes. Ces rapports ne sont point changés par leurs inéga-
lités séculaires qui se coordonnent toujours de manière à y satisfaire. n° 16 . .

Les rapports des moyens mouvemens des trois premiers satellites ont une influence
sensible sur les variations de leurs excentricités et de leurs perijoves. Examen
de cette influence et des termes qu'elle produit. Les inclinaisons et les nœuds
des orbites n'en reçoivent aucun changement n° 17
Le carré des termes dûs à ces rapports peut devenir sensible dans l'expression de
la longitude n' 18
Le carré de la force perturbatrice n'introduit aucun terme sensible dans l'équation
séculaire des satellites de Jupiter , ni dans celle de la lune n" i
g

CHAP. VI. Valeurs numériques des inégalités précédentes


P^gs 83
Elémens des orbites des satellites. Valeurs numériques des coefîiciens des inéga-
lités n° Î30
Expressions numériques des inégalités du rayon vecteur et de la longitude , indé-
pendantes des excentricités et des inclinaisons n° 21
Expressions numériques des inégalités dépendantes des excentricités n° sa
Expressions- numériques des inégalités des satellites en latitude n°
Expressions numériques des inégalités dépendantes du carré des excentricités et
des inclinaisons des orbites 24
Expressions numériques des inégalités dépendantes du carré de la force pertur-
batrice r n° 25

CHA.P. VII. Be la durée des éclipses des satellites. . page loS

Formules générales pour déterminer l'ombre projetée par un corps opaque de


figure quelconque. Première application de cette formule à l'ombre projétée par
Jupiter supposé sphérique. Deuxième application, en ayant égard à son ellip-
ticité : équation de son ombre et de sa pénombre. Calcul de l'arc décrit par les
satellites en les traversant. Formules pour déterminer la durée de l'éclipsé. n° l'S
TABLE DES MATIÈRES
CHAP. VIII. Détermination des masses des satellites et de Vap'
platissement de Jupiter page 121

Il faut pour déterminer ces quantités cinq données de l'observation. Choix des
,

données les plus propres à cet objet, dans l'état actuel de l'astronomie. Valeurs
des masses des satellites et de l'applatissement de Jupiter, qui en résultent. Le
rapport des deux axes des pôles et de l'équateur de cette planète , est déter-
miné par ce moyen, avec plus de précision que par les mesures directes ; il
s'accorde avec elles, et prouve ainsi que la pesanteur des satellites vers Jupiter,
se compose des attractions de toutes les molécules de la planète n° a/

CHAP. IX. Des excentricités et des inclinaisons des orbes des


satellites page 127

Formation et résolution des équations qui déterminent les excentricités de ces orbes
et le mouvement de leurs perijoves. La grande influence de l'applatissement de
Jupiter sur ces élémens , donne à chaque orbe une excentricité qui lui est propre ;

mais il participe des excentricités des autres orbes ,

Formation et résolution des équations qui déterminent les inclinaisons des orbes
des satellites, et le mouvement de leurs nœuds. La grande influence de l'appla-
tissement de Jupiter sur ces élémens, donne à chaque orbe une inclinaison qui
est propre ; mais il participe des inclinaisons des autres orbes. Ils se meuvent
Jiii

tous sur des plans d'autant plus inclinés à l'équateur de Jupiter que le satellite ,

est plus éloigné de Ces plans passent constamment entre l'équateur


la planète.

et l'orbite de la planète, par l'intersection mutuelle de ces deux derniers plans.


Calcul des inclinaisons de tous ces plans à l'équateur de Jupiter n° a8

CHAP. X. De la lihration des trois premiers satellites de


Jupiter. , page i55

Les longitudes moyennes des trois premiers satellites sont assujéties à ce théorème ;
savoir, que la longitude du premier, moins trois fois celle du second, plus deux
fois celle du troisième , est exactement et constamment égale à la demi-circon-
férence ce théorème n'était pas rigoureux; en moins de deux années les longi-
: si

tudes s'en écarteraient du quart de la circonférence. Les observations des éclipses


satisfont à ce théorème avec l'exactitude dont elles sont susceptibles. Piaison
,

pour laquelle elles pourraient paraître s'en écarter un peu. La libration des trois
se partage entre chacun d'eux , suivant un rapport dépendant des
satellites

masses et des distances. Calcul de ce rapport 11° 29

CHAP. XI. Théorie du quatrième satellite page i38


Détermination de son mouvement en longitude. Détermination de son mouvement
latitude au-dessus de l'orbite de Jupiter. Les astronomes avaient reconnu

par
DE LA SECONDE PARTIE, xxxiij

par les observations que depuis la découverte des satellites jusques vers 1760,
^

l'inclinaison de l'orbe des satellites sur l'orbite de Jupiter avait été à-peu-près
•de a",/, et que le mouvement de ses nœuds avait été direct et de 8' environ par
année. Ces résultats de l'observation sont une conséquence de nos formules ;
mais dans ces dernières années , l'inclinaison a pris un accroissement considé-
rable ,
qui ne permet plus d'employer ces résultats dans les tables. Formules
de la durée de ses éclipses n° 3o

CHAP. XII. Théorie du troisième satellite P^gs i5i

Détermination de son mouvement en longitude. Il a une excentricité qui lui est


propre et il participe très-sensiblement de celle du quatrième satellite ; ce qui
,

introduit dans son mouvement , deux équations de centre très-distinctes , dont


l'une se rapporte à son propre périjove, et l'autre au périjove du quatrième
satellite. De là résulte une équation du centre composée , et dont l'excentricité
est variable. Wargentin avait remarqué par les observations cette excentricité
variable, mais sans reconnaître la loi de ses variations.

Détermination du mouvement du satellite en latitude. Formule de la durée de ses


éclipses n° 3l

CHAP. XIII. Théorie du second satellite page i58

Détermination de ses mouvemens en longitude et en latitude. Formule de la durée


de ses éclipses n° 3a

CHAP. XIV. Théorie du premier satellite page i65

Détermination de ses mouvemens en longitude et en latitude. Formule de la durée


de ses éclipses n° 33

CHAP. XV. De la durée des éclipses des satellites. . page i6g

Formules de la durée des éclipses en supposant que les satellites s'éclipsent au


,

moment de l'immersion de leurs centres dans l'ombre de Jupiter. Comparaison


de cette durée avec les observations 34

CHAP. XVI. Des satellites de Saturne page lyS

On n'a point encore observé les inégalités du mouvement de ces corps. Le seul

phénomène remarquable qu'ils présentent , est la position constante de leurs


orbites dans le plan de l'anneau , à l'exception de la dernière qui s'en écarte
sensiblement. Explication de ce phénomène. Il tient à ce que l'orbe du dernier
satellite se meut sur un plan passant entre l'équateur et l'orbite de saturne par

MÉCAN. cÉL. Tome IV» e


î»xxîy TABtE DES MATIÈRES
leur intersection mutuelle , et qui est très-sensiblement incliné à cet éqnateur.
Détermination analytique et numérique du mouvement de l'orbe du satellite
sur ce plan n"' 35, 36 et 3/

CHAP. XVII. Des satellites d'Uranus page 190

L'action mutuelle de la planète et de ses satellites peut maintenir dans le plan


de ^on équateur, les orbes des satellites , , ^ n" 35
,

DE LA SECONDE PARTIE. X5KT

LIVRE IX.

THEORIE DES COMETES.

Difficultés de cette ttéorie. Les grandes excentricités des orbites des comètes ^

et leurs inclinaisons considérables , ne permettent pas d'appliquer à leurs per-


turbations les formules qui servent pour les planètes. Il faut calculer ces per-
turbations de distance en distance ,
pour les différentes portions de l'orbite ,

en se bornant à chaque fois à une étendue peu considérable page ig3

CHAP. I. Théorie des perturbations des comètes page 194


Equations générales de l'orbite troublée n° i

On peut satisfaire à ces équations par des formules analytiques qui embrassent
un grand arc des orbites ,
lorsque le rayon vecteur de la comète est très-petit ou
très-grand, par rapport à celui de la planète perturbatrice. Dans le premier
cas, l'action perturbatricedevient insensible et peut être négligée; dans le
second cas, comète se meut à fort peu-près dans une ellipse autour du
la
centre commun de gravité de la planète et du soleil n° 3
Formules générales pour déterminer les perturbations des élémens de la comète.
n° 3
Formule pour déterminer la différence de ses retours consécutifs au périhélie.
n° 4
Moyen d'obtenir les valeurs numériques des perturbations des élémens, en fai-
sant usage des fonctions génératrices. Exposé de cette théorie n° 5
Réflexions sur l'usage de ces formules et sur la manière d'en varier l'application
aux différentes portions de l'orbite n° S
Expressions analytiques et générales des perturbations, dans le cas où la planète
perturbatrice est très-éloignée n°' 7 et 8

Manière dont il faut employer ces formules , en les appliquant à une comète
par exemple à celle de lySg
, n° g

CHAP. II. Des perturbations que les comètes éprouvent lors-


qu'elles approchent très-près des comètes P^gs
On peut alors supposer à la planète , une sphère d'attraction dans laquelle elle

influe seule sar le mouvement relatif de la comète , et hors de laquelle son mou-
vement ne dépend plus que de l'action du soleil n' lO
Développement de cette hypothèse et détermination des élémens de
,
l'orbite de
la comète lorsqu'elle sort de la sphère d'attraction de la planète
,
n° n
Moyen plus simple d'arriver à ces valeurs, quand les perturbations ne sont pas
considérables ,
n° xa

e 2
:xxxv) TABLE DES MATIÈRES
Application de ces résultats à la comète de 1770. L'attraction de Jupiter a pu
changer son orbite en 1767 de manière à rendre la comète visible en 1770 ,
,

d'invisible qu'elle était auparavant. Cette attraction a pu , en 177g , changer


cette orbite , de manière à rendre la comète dorénavant invisible. Calcul des
perturbations que fa révolution sydérale a éprouvées de la part de la terre . . n° i3

CHAP. III. De l'action des comètes sur les planètes et de leurs


masses , . . . . page 22g

La comète de 1770, qui est celle qui a le plus approché de la terre ,


n'ayant pas
changé sensiblement l'année sydérale ; il s'ensuit que sa masse était fort petite
et au-dessous de de celle de la terre. On arrive à la même conséquence^
en considérant que cette comète a traversé tout le système des satellites de
;
Jupiter , sans causer d'altérations sensibles dans leurs mouvemens. Réflexions
générales tendantes à prouver que les masses des comètes sont toutes extrê-
mement petites , ensorte que la stabilité du système planétaire n'est point troublée
par leur action n° 14
1

DE LA SECONDE PARTIE.

LIVRE X.

SUR DIFFÉRENS POINTS RELATIFS AU SYSTEME DU MONDE.

CHAP. I. Des réfractions astronomiques P^ge 25

Équation du mouvement de la lumière dans les airs , en supposant


différentielle

toutes les couches de l'atmosphère sphériques , et de densités variables suivant


une fonction de leur hauteur nf i

Recherche de la réfraction que la lumière éprouve par l'attraction différente des


milieux qu'elle traverse. Il en résulte que le sinus d'incidence est au sinus de
réfraction , en raison constante dépendante de la nature des milieux. La réfraction
se change en réflexion au-delà d'un certain degré d'obliquité. Lorsque les milieux
successifs sont terminés par des faces planes et parallèles , la vitesse de la lumière
et sa direction sont à chaque instant les mêmes que si elle pénétrait immédiate-
ment dans chacun d'eux n" a
Application de ces résultats aux attractions successives que les différentes couches
de l'atmosphère exercent sur les molécules lumineuses qui les traversent. Équation
différentielle du mouvement de la lumière n° 3
Intégration de cette équation différentielle. Pour l'effectuer généralement, il faut
connaître la loi suivant laquelle la densité des couches de l'atmosphère diminue
lorsque leur hauteur augmente. Les deux limites de cette loi sont une densité
constante , une densité décroissante en progression géométrique pour des
et

hauteurs équidifférentes. Examen des réfractions dans ces deux cas. Le premier
donne une réfraction beaucoup trop faible n" 4

La seconde hypothèse suppose une température uniforme dans toute l'étendue de


l'atmosphère. Intégration de l'équation différentielle dans cette supposition , et
réduction de l'intégrale en fraction continue, par la méthode des fonctions
génératrices. Il en résulte une réfraction trop forte,, et parconséqu.ent cette
hypothèse ne peut être admise ce qui est conforme aux observations sur la
;

chaleur décroissante de l'atmosphère, à mesure qu'on s'élève n° 5

Intégration de l'équation différentielle


en supposant que la densité des couches
,

atmosphériques décroît en progression arithmétique quand les hauteurs suivent


,

une progression semblable. Cette supposition donne une réfraction trop petite ;
d'ailleurs elle ne satisfait point au décroissement de la chaleur de l'air ; cependant
elle s'en rapproche plus que l'hypothèse d'une densité constante. La vraie

constitution de l'atmosphère est donc intermédiaire entre ces deux suppositions.


n" G
Intégration de l'équation différentielle dans une hypothèse composée des deux
précédentes. Les formules qui en résultent pour les réfractions et le décrois-
sement de la chaleur de l'air, s'accordent avec les phénomènes observés. . n°'
/
1,

xxxvlij l'ABLE DES MATIÈRES


Formule qui donne les réfractions astronomiques , pour toutes les hauteurs qui
surpassent 12°. A ces hauteurs, la réfraction ne dépend plus que de l'état du
baromètre et du thermomètre , dans le lieu où se fait l'observation. .... n° 8

Discussion des élémens qui entrent dans cette formule , et qui sont , les variations
de densité de l'air par les variations de sa pression et de sa chaleur , la réfraction
de l'airatmosphérique pour une température et une pression données. Valeurs
les plus exactes de ces élémens n° g

Examen de l'influence que peut avoir l'humidité de l'air sur les réfractions. Théorie
de l'évaporation. Formule qui représente les variations de la force élastique des

vapeurs ,
correspondantes aux changemens de température. L'influence de la
vapeur d'eau sur la force réfractive de l'air est presque insensible, parceque
l'excès de sa force réfractive sur celle de l'air, est à-fort-peu-près compensé par
sa plus petite densité n" 10

CHAP. II. Des réfractions terrestres page 277

Définition de ces réfractions , et détermination des formules qui les expriment .n° . 1

CHAP. III. De l'extinction de la lumière des astres dans


l'atmosphère , et de l'atmosphère du soleil page 282

Formules qui donnent cette extinction pour les différentes inclinaisons du rayon
lumineux à l'horizon. On peut dans ces formules employer , sans erreur sen-
sible, l'hypothèse d'une température uniforme; alors les logarithmes des inten-
sités de la lumière sont comme les réfractions astronomiques , divisées par lej
cosinus des hauteurs apparentes n» 12
Calcul de la hauteur de l'atmosphère solaire en partant des expériences de Bouguer
,

sur les différentes intensités de la lumière de cet astre , vers ses bords et à son
centre. Détermination de l'affaiblissement que la lumière du soleil éprouve
en traversant l'atmosphère de cet astre le soleil dépouillé de son atmosphère
;

nous paraîtrait douze fois plus lumineux n° i3

CHAP. IV. Ds la mesure des hauteurs par le baromètre...


page 289

Relation qui existe entre les hauteurs du baromètre et du thermomètre, et l'élévation


au-dessus de la surface terrestre. Formule pour la mesure des hauteurs appli-
cable à toutes les latitudes , et dans laquelle on a égard à la diminution de la
pesanteur dans l'espace n° 14

CHAP. V. De la chute des corps qui tombent d'une grande


hauteur page 294

Équailon du mouvement d'un corps qui tombe , en ayant égard au mouvement


3

DE LA SECONDE PARTIE. x^raix

5e rotation de la terre, quelles que soient d'ailleurs la Ggure de la terre et la


résistance de l'air si le corps part du repos, il s'écarte dans sa chute, à l'orient
:

de la verticale, mais sa déviation est nulle vers l'équateur n° i5


Calcul de la déviation du corps lorsqu'il ne part point du repos ; s'il est lancé da
bas en haut, il retombe à l'occident de la verticale n" iS

CHAP. VI. Sur quelques cas où Von -peut rigoureusement obte-


nir le mouvement de plusieurs corps qui s' attirent page 3o6 . .

Conditions dans lesquelles ce mouvement peut s'obtenir , et détermination des


courbes que les corps décrivent ,
lorsqu'elles ont lieu. Application au mouvement
de trois corps. Si la lune eût été placée dans l'origine^en opposition avec le soleil,
que sa distance à la terre eût été la centième partie du rayon de l'orbe terrestre ,
et que la terre et elle eussent reçu des vitesses parallèles proportionnelles à ,

leurs distances au soleil ; cet astre et la lune se seraient succédés alternativement


sur l'horizon, et auraient toujours été en opposition l'un à l'autre n" 17

CHAP. VII. Sur les altérations que le mouvement des planètes


et des comètes peut éprouver par la résistance des milieux
qu'elles traversent , et par la transmission successive de la
pesanteur ^ pfig^ 3 1

EfFet de cette résistance pour diminuer l'excentricité de l'orbite et son grand axe ;

le périhélie reste immobile n" i8


Application de cette théorie à la résistance causée par le choc de la lumière sur
les corps célestes, soit qu'on la considère comme produite par les vibrations d'un
fluide élastique, ou comme une émanation du soleil. 11 en résulte une équation
séculaire dans le moyen mouvement n" ig

Comparaison des équations séculaires de la terre et de la lune , dues à l'action de


cette cause. Elles sont entr'elles comme l'unité à 63, 16g.
Recherche de l'équation séculaire de la terre qui doit résulter de là diminution de lia:
masse du soleil, si la lumière est une émanation de sa substance cette inégalité est •,

à la précédente comme —
là 0,00021 2 g. Il résulte de cette théorie, que l'impulsion
de la lumière du soleil sur la lune, n'influe pas d'un quart de seconde sur l'équa-
tion séculaire de ce satellite ;'il en résulte encore que depuis plus de deux mille
ans, la masse du soleil n'a n" 21
pas varié d'un deux-millionième
Recherche de l'équation séculaire que peut produire dans les mouvemens planétaires
la transmission successive de la gravité , en la supposant produite par l'impulsion
d'un fluide : cette équation est d'autant moindre ,
que la vitesse du fluide gra—
vifique est plus considérable. Si l'on voulait attribuer à cette cause ,
l'équation
séculaire de la lune , il faudrait donner au fluide gravifique, une vitesse sept mil-
lions de fois plus grande que celle de la lumière ; et comme il est certain que
cette équation est due au moins ,
presque en totalité à la diminution de l'excentri-
cité de l'orbe terrestre , il s'ensuit que la transmission successive de la gravité ne

peut y contribuer que pour une portion extrêmement petite , ce q^ui supposerait au-
xl TABLEDESMATIÉRES, etc.

fluide gravifique ,une vitesse au moins cent millions de fois plus grande que celle
de la lumière ; ensorte qu'on peut regarder sa transmission comme tout-à-fait
instantanée. L'équation séculaire de la terre , due à cette transmission , n'étant
qu'un sixième environ de celle de la lune ; elle est parconséquent nulle ou insen-
sible n" 23

CHAP. VIII. Supplément aux théories de Jupiter , de Saturna


et de la lune P^g^ ^^7
Recherche de quelques nouvelles inégalités qui ont lieu dans la théorie de Jupiter
et de Saturne, en vertu des rapports presque commensurables de leurs moyens
mouvemens. Applications de ces inégalités aux observations. Formules définitives

des mouvemens héliocentriques de Saturne et de Jupiter. n° a3


Recherche d'une petite inégalité du mêrue genre qui a lieu dans le mouvement de
la lune n» 24

CHAP. IX. Sur les masses des planètes et des satellites ..


........ ^ , . page

Manière de calculer ces masses en comparant les formules analytiques des per-
,

turbations à un grand
, nombre d'observations très-exactes. Tableau de leurs
valeurs les plus précises obtenues par ce procédé n° 25

Sur les tables astronomiques.

Moyen de rectifier et de perfectionner ces tables , en employant la méthode des


équations de condition r

FIN DE L.\ TABLE DU QUATRIÈME YOLCME.

TRAITÉ
T RA I T É
DE

MÉCANIQUE CÉLESTE.
SECONDE PARTIE.

THÉORIES PARTICULIÈRES
DES MOUYEMENS CÉLESTES.

LIVRE Y I I L
THEORIES DES SATELLITES DE JUPITER, DE SATURNE ET D'URAmS.

J E me propose de considérer dans ce livre ^ les perturbations des


satellites, et principalement celles des satellites de Jupiter. En
comparant les résultats de l'analyse, aux nombreuses observations
de leurs éclipses ^ on verra naître de leur attraction mutuelle,
et de celle du soleil, toutes leurs inégalités dont les expressions
réduites en tables, formeront des tables exactes de leurs raou-
vemens.
MÉCAN. cÉL. Tome IV, A
2 MÉCANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE PREMIER.
Équations du mouvement des satellites de Jupiter.

1. Les formules du second et du sixième livres, relatives aux


perturbations des planètes, s'appliquent également aux perturba-
tions des satellites de Jupiter. Mais les rapports presque commen-
surables qui existent entre leurs moyens mouvemens, et la grande
ellipticité du sphéroïde de Jupiter, donnent à plusieurs quantités
•quenous pouvions négliger dans ces formules, des valeurs assez con-
sidérables pour j avoir égard, lorsque l'on se propose de déterminer
avec précision les mouvemens des satellites. Nous allons ainsi re-
prendre les équations différentielles de ces mouvemens.
Soit m , la masse du premier satellite; soient Jc,y, z, ses trois
coordonnées rectangles rapportées au centre de gravité de Jupi-
ter, considéré comme immobile j et r= t^^^-j- j'-f- Mar-
quons d'un trait , de deux traits et de trois traits , les mêmes
quantités relatives au second, au troisième et au quatrième sa-
tellites. Nommons encore S la masse du soleil; X, J^, Z, ses

coordonnées-, et faisons -f- Z"^ -|- Z\ Enfin soit M la.

masse de Jupiter, et — +/^, la somme des molécules de cette

planète , divisées respectivement par leurs distances au centre


de m. Cela posé ; nommons iî , la fonction

m' .{xx'+yy'+zz'^ m", jxx" + yy" -f- zz" ) m", jxx'" -^-yy" + zz")

_^ s .{Xx+ YyJfZz)
{^"-xT + (y -yY -I- (a* -z )^ jî o\
{
s
— F.
{(^X-xy + (^Y-yr-\-iZ-zyY
. ) )J

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 5


Cette fonction renferme toutes les forces perturbatrices du mou-
vement du satellite m; et l'on a vu dans le n" 46 du second livre,
que les équations différentielles de ce .mouvement dépendent de
ses différences partielles.

Rapportons coordonnées, à d'autres plus commodes pour les


ses
usages astronomiques. Nommons v l'angle compris entre l'axe des x
et la projection du rayon vecteur r , sur le plan des x et desj)^.
Soit 5 la tangente de la latitude de m , au-dessus de ce plan. On
aura
X :

V/ 1 +w '

r.sin. v

En marquant dans ces expressions, les quantités r, s, v, suc-


cessivement d'un trait, de deux traits et de trois traits; on aura les
expressions de x% f, z'; x", j", z"; x'°,f,z''. Cela posé, si l'on
néglige les quantités de l'ordre s*" , on trouvera pour la partie de R .

relative à l'action des satellites

7^- K -1 I cos . (^W) -1-^/


(r»—ar/ . cos . (/— t<)-f
m'.r/. {ss' — 1 . -[- 5^') . cos . j.)

{r" — 2r/.cos.(i^'— v) -j-r'^js

{ r'— 2jt" COS. (v"— v)


^
.
]
m" rr" .{^^"—h 0" + ?"') cos- (^"—v)
.
}

{t^- zrr" COS. iv"—v) +r"'}^


m'" r w
+ -7^ • {(i— l^"'0-cos.(;.'"— ^
{r^—azT'" . COS. (1/"— v) +r"'^}'
m" . rr" . ( ss'" --.(is^ + s'"') . cos ( y" .
— y)
{1^— zn'" . COS. (v'"— V ) 4- r'"'')^

Il est facile d'en conclure que si l'on désigne par S', la tan-
gente de la latitude du soleil S au-dessus du plan fixe et par U,
,
l'angle que la projection de sur ce plan, fait avec l'axe des a;; D
A3
, —

4 MÉCANIQUE CÉLESTE;
]a partie de R relative à l'action du soleil est, en négligeant les

termes divisés par , ce que l'on peut faire , vu la grande dis--

tance de Jupiter au soleil, relativement à celle du satellite à


Jupiter

Pour déterminer la partie deiî, relative à l'attraction du sphé-


roïde de Jupiter j nous observerons que cette partie est, parce
qui précède , égale à —
F'. Si l'on suppose ce sphéroïde eJlip-
^
tique, et si l'on nomme p son ellipticité ; si l'on nomme encore cp,
le rapport de la force centrifuge à la pesanteur, à son équateur^
B, lerajon de cet équateur j v, le sinus de la déclinaisoii du
satellite m, relativement au même équateur 5 on aura par le
u° 55 du troisième livre ^

r^^. (^<P-P). (v'-i).


Si Jupiter n'est pas elliptique , on a par le n" 52 du livre III

^= Uf?- P )• ( V' ~l) + C ï - v^). cosa tj-}

7i étant une arbitraire dépendante de la figure de Jupiter , et 'zs-

étant l'angle formé par l'un des deux axes principaux de Jupiter ,
situés dans le plan de son équateur, avec le méridien de Jupiter,
qui passe par ledu satellite. Il est facile de se convaincre,
centre
par l'analjse suivante , que le terme dépendant de cos 2 n'a
aucune influence sensible sur le mouvement du satellite , à cause
de la rapidité avec laquelle l'angle -ar varie; ensorte que la valeur
de 7^ que l'on doit employer ici, est la même que dans l'hjpo-
thèse d'un sphéroïde elliptique dont l'ellipticité est p. Nous sup-
poserons donc

On a à très-peu-près , v = ^ 'S^, exprimant la tangente de la


latitude du satellite 771 au-dessus du plan fixe , en le supposant
mu dans le plan de l'équateur de Jupiter ; ou a donc pour la
, -

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 5


partie — V de l'expression de R,

2. Rappelons maintenant les équations différentielles du mou-


vement d'un corps sollicité par des forces quelconques. Parmi les
diverses formes que nous leur avons données d^ns les livres pré-
cédens, nous choisirons celles qui conduisent de la manière la
pins simple aux résultats que nous voulons obtenir. On a par
le n° 4^ du second livre

dt est l'élément du tems , et cet élément est supposé constant ; fi est


égal à la somme M-^m des masses de Jupiter et du satellite m 3

la différence partielle r (^-^.V^t égale à ^•(^^^~i~y-(^-^^-i-^-(^^^ '

d se rapporte aux seules coordon-


la caractéristique différentiel! .

nées de 77Z. Si l'on désigne pn


: la variation duè aux forces per-
turbatrices, on aura, en différentiant l'équation précédente pa,x

iAi.so
rapport k ,

On déterminera par cette équation différentielle, les perturba-


tions du rajon vecteur; on pourra même comprendre daus son
intégrale , l'excentricité de l'orbite du satellite; car vu l'extrême
petitesse de cette excentricité, on peut négliger son cqrré et ses
puissances supérieures, et l'on peut supposer. que la variation
2rJ r renferme non-seulement les inégalitésdues aux perturbations
mais encore la partie elliptiqae de r\ /•. [rrA inr.)h 'v

Si l'on nomme du^ l'angle intercepté entre les deux rayons vec-
teurs r et r~\-dr; on aura par le n" 4^ du second livre,

..dirh-)-dr^ !f .^-«^i .diî


+ '-^.fndf. r
'

a étant le demi-grand axe de l'orbe du satellite-, e étant le rap-


« MÉCANIQUE CÉLESTE,
porÉ de rexcentricité au demi-grand axe, et nt étant le moyen
mouvement du satellite.

En nommant v , l'angle décrit par la projection du rajon vec-


teur r , sur le plan fixcj on a par le même numéro,

fi/^ = du. —
s étant la tangente de la latitude de m , au-dessus du plan fixe j

ensorte que si l'on néglige le carré de s, on a

,Pour déterminer s , nous observerons que l'on a par le n° i5


du second livre, du étant supposé constant,

/dds\ { 3 r/dR\ dv l

-noir;.
^ /rfflx _
0+ff) fd'Rs
.

h'u^ '
du '
\ di' J ~^ h'^u' \du J ~^ h'u' 'KTdlJ'^
i étant la projection du rajon vecteur r sur le plan fixe, /î' étant

une constante qui, dans l'orbite elliptique, est par le n° 20 du


second livre, égale à — e") 5 enfin, la différence partielle

-jjj étant relative au cas où l'on considère iî comme fonction

de u, V et s. Considérons R
comme fonction de r, v et s , ainsi
que nous l'avons fait dans le numéro précédent j nous aurons

^''(S)+''-(S)=''-(f)+*-(f>
,
r étant égal à ^p— , on a

on a donc en comparant séparément dans l'équation précé-


dente,, les coefficiens àe ds ,

iJf-ss' \du \ ds J'~{,ds^'' _


,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII.


'l'équation différentielle en s devient ainsi,

o = (^H-0 •!-*/(§)• S}

Si la force perturbatrice est nulle , on a

en négligeant donc le carré de cette force, en restituant —


au lieu de z/, et en négligeant le produit de la force perturba-

tnce, par ^ --^r on aura ^

dds , , r" /dR\ r» ds /dR\


es;.
''=^d^^+''^¥'\-dr)-h^-T.\-d7y^
Ees équations (i), (a) et (5) donnent^ de la manière la plus
simple, toutes les perturbations des satellites, qui ne dépendent
que de la première puissance de la force perturbatrice.

t ï£q Èiio-

>b ahifibnsqfjb (Ji sb mVv


8 MÉCANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE I L
Des inégalités des mowemens des satellites de Jupiter,
indépendantes des excentricités et des inclinaisons des
orbites.

i.u.iihiàsT «3 t'.r/i...i . vn.o-3 ai ua ib iur»

5. RePïieî/^oN^S l'équation '


difFérenfîelIe (i)- du n» a.

Dans rhjpothèse elliptique, et si l'on néglige le carré de l'ex-


centricitéde l'orbite , la partie constante du rajon vecteur se
réduit au demi-grand axe a ; nous pouvons donc supposer r a,' =
dans l'équation précédente. Mais pour plus d'exactitude , et par
une considération que nous exposerons ci-après , nous conserverons
le produit de r<^r, par les parties constantes delà force pertur-
batrice; or cette force ajoute au rajon r, une partie constante que
nous désignerons par «Ta ; en substituant donc a + J'a, au lieu de r,

dans l'équation (i) , on aura

0=^^ + "^ .
(,_î^) + ../dS + ,.(f).
la partie de R, dépendante de l'action du sphéroïde de Jupiter ,
est par le n° i , égale à —
K; et si l'on néglige le carré de vy
on aura, en n'ayant égard qu'à cette partie, en prenant pour unité
de masse, celle de Jupiter, et pour unité de distance, le demi-
diamètre B de son équateur.

De là, il est facile de conclure

partant;

En
| .

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 9


En substituant + zrS'r, au lieu de r% on aura

Si l'on ne considère que l'action du second satellite m\ et si


l'on néglige les carrés et les produits de ^ j et de s', on a

iî = ~.cos.(t^ — p)-
{r^—zn' . COS. v)

Supposons que cette fonction développée en série de cosinus


d'angles multiples de v' —
v, soit égale à

7?i'. {i^w^^co .COS. (v'—v)+A^'^ .cos.2{v'—v)+A^''^ .coi.\v'—'v)-{-e{c. \

En changeant dans cette série, r en a, en a , v dans nt


r' g, et

v' dans n't + g', nt et îit étant les moyens mouveraens de m efc

de m' ; on aura
( A'^'Kcos. —nt-\-^—e)'
(n't

2/iR=— + n-n' ) + '^^'^ cos.2.(n't—nt + — g g)


^ a •<_^ _ ^^^^^ 3 _ [n'i—nt + g'— .
g) (

( + etc.

kr
a
étant une constante arbitraire ajoutée à l'intégrale fdR, Oa
aura ensuite

fa. I

/dRS

+ ÛÏ . (
j . COS. 2 . ^ g g)

J
. COS. 3 . («7 — g'
— g)

4- etc.

On déterminera les valeurs deA'^"'', A^'^ , A^"^ , etc., et de leurs


différences partielles en a et a, par les formules du n" 49 du se-
cond livre.

Comme nous nous proposons de conserver les parties constantes


MÉCAN. cÉL. 2 orne IK. B
,

lo MÉCANIQUE CÉLESTE,
dépendantes de la force perturbatrice, et qui multiplient rJ'r ;
nous devons ajouter aux expressions précédentes de 2fdR et de

les termes de ce genre, qu'ils contiennent. Si dans le


^i.'w)'
terme ^.^4^°^, de iî, on substitue a + ~ au lieu de r; il en ré-

sulte le terme m' .-^ .


(^-^-^} fonction 2fàR contient donc le

terme 77z'.~ . En substituant pareillement a -f-~ au lieu


de r, dans la fonction r ^-^^ } on voit qu'elle contient les termes

En changeant successivement les quantités relatives au satel-


lite m' , dans celles qui sont relatives aux satellites jn" et in"; on

aura les parties correspondantes de 2/diî et de r (~^^'

Pour avoir les parties relatives à l'action du soleil nous ob- ;

serverons qu'en n'ajant égard qu'à cette action , et en négligeant


les carrés et les produits de s et de S', on a par le n° 1

iî = -§-|^.fi+5.cos.3.(t'-2.)}.
U est la longitude du soleil vu du centre de Jupiter 5 en dé-
signant donc par Mt le raojen mouvement sjdéral de cette pla-
nète ; on aura, en négligeant l'excentricité de son orbite,

U;=Mt + E;
et alors on a

R=:—^—~.{i-\-Z. COS. (^ant-^2Mi + 2é — 2E)} ;

D' étant le demi-grand axe de l'orbe de Jupiter. On a par le


n" 16 du second livre, en négligeant la masse de Jupiter, rela-
tivement à celle du soleil,

jL — M^-
on aura donc, en n'ajoutant point de constante, à cette partie de
— M, —

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. n


l'expression de ifàR, parce qu'elle peut être censée contenue
dans la constante arbitraire k

3fàR =— + „— - COS. (ara/ 2Mi~i-2e — 2E) j ;

d'où l'on tire

2 .fdR=—^^-.M\rJ'r-~ l^y^fj . cos. (2«; — aM+ag— 2E) ;

r .
= ~~M\ rSr—\.M\a\cos.i^2nt~-2Mi-\-2e-'2E).

Cela posé , si l'on rassemble tons ces termes dans l'équation


différentielle (i) , et qu'on la divise par a' 5 si, de plus, on observe

que l'on a 7^'=


'

ou à très-peu-près n'' — —, m étant une très-

petite fraction au-dessous d'un dix-millième, la masse de Jupiter


étant prise pour unité 3 enfin, si, pour abréger, on suppose

la caractéristique 2 servant à exprimer la somme des termes sem-


blables à ceux qui la suivent, et qui dépendent de l'action des
satellites perturbateurs j on aura

— .
^ . C0S.(2«f — 2M + 2£— 2E)

, )+
..«^^=^}.cos.2.(/z7-7;/+6'-ê)y
j
-f-2.m .n\<
'
t \ da / '
n — n' i ^ '

+ etc.

Si l'on intègre cette équation , sans ajouter à l'intégrale, des cons-


tantes arbitraires qui peuvent être censées contenues dans les élémens

B2
12 MÉ CANI Q U E CELE S T E,
du mouvement elliptique, et si l'on néglige dans les termes dépen-
dans de l'aciion du soleil, et M N — n, vis-à-vis de n dont ils

ne sont que des fractions insensibles ; on aura

_f^.COS.(272if-— 2MiÇ+2€ — 2E)


Çn—n'y — N" i \ da n—n' \
j

,
^ „, 1 + ,.L^fi^^^._^:^.a^wl.cos.20^W^-:-'-0\

{a=/^V-^.a^C3)}.cos.3(«Wi-/-0
,
9-.{n—n'y—IS'- i \ da J ^ n—n 3 j
I

+ etc.

La partie constante de cette expression est ce que nous avons

désigné ci-dessus par on aura donc, en observant que iV" dif-

fère très-peu de 72%

Si l'on substitue les valeurs précédentes de ifàR, et

~, dans l'expression de J'p, donnée par la formule (2) du n" 2;

'
on aura, en observant que ;= n"; que /^;=i , k très-peu-près;

que M est très-petit, relativement hn, et que N diffère très-peu


de n ;

5*+<î=iti_|.f4-...V.(i^)}
M'
+ ¥-^-sin.(27z^— 2M4-2e—-aE)
(71 — n' ^ {n-n'y-N^ \ \ da J^n — n'
4.S + ^L-i7«^™+4-(^*-(«--(^)+î57"^")}~»("''-"'+

-}- etc.
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. i5

Le terme dépendant de —
— 2Mt-\-2i 2E) répond à
s'm.{2!it

l'équation connue dans de la lune sous le nom de va-


la théorie

riation ; mais il est moins sensible dans la théorie des satellites

de Jupiter, parce que le rapport -^-7 est beaucoup plus petit.

77t étant supposé exprimer le moyen mouvement de m , son coef-


ficient doitêtre nul dans l'expression précédente de i^; ce qui donne

En substituant cette valeur de k dans celle de ^2- on aura

d'où l'on tire

On aura les valeurs de , cT^'j ^^ "'^


~d^' chan-

geant dans les expressions précédentes de ^ et de cT^^, les quan-


tités relatives au premier satellite, successivement dans les quan-
tités semblables relatives au second , au troisième et au quatrième,
et réciproquement.

4. Les rapports qu'ont entre eux les mojens mouvemens des


trois premiers satellites, donnent des valeurs considérables à quel-
ques-uns des termes des expressions précédentes ces termes mé- :

ritent une attention particulière , en ce qu'ils sont la source des


principales inégalités observées dans les mouvemens des trois pre-
miers satellites. Le moyen mouvement du premier satellite est à
fort peu-près double de celui du second , qui lui-même est à très-

peu-près double de celui du troisième. Il suit de là que le terme

de l'expression de
^ , qui dépend de l'angle 2n't — 2ni-\-2e'— 2ê,

doit devenir fort grand par son diviseur 4 • — — ou")°


— 2n'-\-N).{2n — 2n' — N); car iVet sn' étant
{271 fort peu diffé-
rens de n diviseur 2n — 211'— N
, le très-petit, est et donne au
— ,

i4 MECANIQUE CELESTE,
terme dontil une valeur considérable. Ou voit en même fems
s'agit,

la nécessité de déterminer N
avec précision , comme nous l'avons
fait ; parceque sa différence d'avec n , due aux forces perturba-
trices, quoique très-petite, devient sensible dans la fonction

2n — — N, surtout à raison du terme —n


n' .
j'^^ que iV renferme;

et c'est la raison pour laquelle nous avons conservé les termes dé-
pendans de la force perturbatrice, dans lesquels rcTr est multi-
plié par des constantes , ces termes influant sur la valeur de N.
Dans les autres diviseurs qui ne sont point très-petits, on pourra
supposer, sans erreur sensible, N~n; en faisant donc

F \ da / n —n '

on aura, en n' ayant égai-d qu'au terme dépendant du cosinus de


2n't —2nt-\-2^ —
26, et observant que l'on peut, dans la fonc-
tion 2/z 2n'-\-N , supposer 2«' et égaux a. n , N
!
a"
—— .

2. (an —2/1'— ^ .COS.(2«^


;
A') ^
2ni-^2£'
2é).
'

L'expression de J^i^ donne , enn'ajant égard qu'aux termes qui ont

272 — 2n'— iV" pour diviseur

<J^P=
2.11
—— 211
'']^
—J\
Sin. (2»f
^
2«7 + 26 —
'
2€')'
'

Cette partie de J^p- est l'inégalité la plus sensible du mouvement


du premier satellite : elle est la seule que les observations aient
fait reconnaître.
dans la théorie du second satellite, on désigne par iV', la
Si ,

quantité qui correspond à dans la théorie du premier ; et si l'on


nomme A^^^ celle qui correspond à ^"-'^ dans les perturbations du
premier par le second satellite-, il résulte de ce qui précède, que
l'expression de renfermera le terme

' . ( + . co ? . COS. (/7/ - + 7i7

Le diviseur {n — n'f— IS'^ est égal à (/? — n'-{-]S').{n — —N'). n'

N' étant fort peu différent de 71 , et n étant à très-peu-près égal


SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. i5


à diviseur « — —
le très-petit ce qui donne au ternie
7i' 2V' est ,

précédent une valeur considérable. Soit

en faisant n=.2n' QlN'=in', dans la fonction n — n'-\-N'; on aura


—7i-= ;
s.. [il
^.co&Ant — nt-\-e—'i),
— «—A);
^ ' ^

On aura ensuite , en n'ajant égard qu'aux termes qui ont n — —N


n'
pour diviseur,

cTp ~ -,
ry.Sin. («ï — n t-\-i 6 ).

On doit observer ici que

a" a'" ^ '

ce qui donne

G= .
— 7 . — — a'. (-7-7-) H -,.a A'^'^\

or on a — = -3 .—=—.. et a
on aura, ainsi

\ da / 71 a' H — 7î' '

n — 2n' étant nul à fort peu-près, cette équation donne

Mais pour plus d'exactitude , nous ferons usage , dans le calcul nu-
mérique de G, de son expression rigoureuse.

Les valeurs précédentes de et de cTp', ne sont relatives qu'à


l'action du premier satellite. L'action du troisième produit encore
dans ces quantités, des termes sensibles. En effet, le mouvement
du second satellite étant à très-peu-près double de celui du troi-
sième il doit en résulter dans ces expressions, des termes ana-
-,

logues à ceux que l'action du second satellite produit dans les va-
;

i6 MÉCANIQUE CÉLESTE,
leurs de —etdeJ'f^. Nommons A"^°\ A''^'\ ^'^'^ etc., relativement

au second et au troisième satellites , ce que nous avons désigné


par A^"^ , etc., relativement au premier et au second.
Supposons ensuite

nous aurons par l'action du troisième satellite,

7— = ——
/.T/ —n^'.n'.F'
—a' 2.(211—A)
;
^,-.C0S,(2«f
211
T,
f
^
\, „j
271 1-4^26
,

'
r
2£ );
-s

2n — 2n, — ]\ ^ ' J

Eu réunissant ces valeurs aux précédentes ; on aura les termes les

plus sensibles de et de cTp»'.

Un rapport très-remarquable qui existe entre les mojens mou-


veraens des trois premiers satellites, permet de réunir en un seul,
les deux termes de chacune de ces expressiotis, dûs aux actions
du premier et du troisième satellites. Nous avons observé que le
mojen mouvement du premier satellite est à-peu-près double de
celuidu second, qui lui-même est double à-peu-près du mojen
mouvement du troisième satellite 5 ensorte que l'on a , d'une ma-
nière fort approchée,

n~2n'
d'oîi l'on tire
n — 3«'+2«"=o.
Mais cette dernière équation est beaucoup plus approchée que les
deux égalités d'où nous l'avons déduite. Elle l'est à un tel point,
que depuis la découverte des satellites de Jupiter, les observations
n'ont fait reconnaître aucune valeur sensible à son premier membre^
nous pouvons donc le supposer nul, au moins dans l'espace d'un
siècle. Nous verrons dans la suite, que l'action mutuelle des sa-
tellites rend la quantité n —
3«'+2«" rigoureusement égale àzéroj
ce qui donne
211 2n" n —n'. — —
Les

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 17


Les observations donnent encore à très-peu-près , depuis la dé-
couverte des satellites, la longitude moyenne du premier, moins
trois fois celle du second , plus deux fois celle du troisième , égale
à la demi-circonférence , ou a 200°; ensorte que, dans l'intervalle
d'un siècle au moins, on peut supposer

nt — '^n't-\-'3.r^t-\-i — 3ê'-^- 26'=200';

et parconséquent

27z7 — 2n7 + 2e' Q.i'=.nt — n't-\-i. — — 200'.


e'

Nous verrons dans la suite que ces égalités sont rigoureuses.


'
y S'/
Les termes de-^^et de cTp', qui dépendent de l'action du troi-

sième satellite, deviennent ainsi


/h' m".n'.F' f ^ ,^ ,

on a donc, par les actions réunies du premier et du troisième


satellites,

^= a.(nZr--A-0
n'
• ^
^(^—'^'F' \ •
COS. (ni— n7+e— ê') j

L'action du second satellite produit dans la théorie du troi-


sième, des termes analogues à ceux que l'action du premier pro-
duit dans la théorie du second 3 en faisant donc

on aura

MÉCAN. GEL. Toms IV. C


— ,

j3 Mécanique céleste.
Les valeurs de et de J^p" peuvent recevoir encore quelques

termes sensibles, de l'action du quatrième satellite j mais son mojen


mouvement étant sensiblement plus petit que la moitié de celui
du troisième satellite , ces termes doivent être peu considérables.
Nous y aurons cependant égard dans la suite.

On

11
peut observer ici que 77- différant très-peu de an', et n' à'iï-

férant très-peu de an"; ^ diffère très-peu de ^5. En effet,

Cette dernière quantité est à très-peu-près égale à {\y Çi .



Pareillement on a

ainsi ^- et ^ sont très-peu différens de (^/j or^f°^ A^'^ , etc. étant

de la dimension — i, en a et a', F et G sont de dimension nulle

ou fonctions de F' et G' sont des fonctions semblables de -2^;


a ' o.

on a donc à fort peu-près F'— F, etG'=G. Mais, pour plus


d'exactitude, nous aurons égard aux différences de ces quantités.

5. Considérons la loi des inégalités précédentes, dans les éclipses


de satellites. Pour cela, nous donnerons aux valeurs précédentes
de JV, cfp' et cTp-", les formes suivantes :

cTp = ( I ).sin. (27zZ —


2n't-{-2e 2ê')j
^
<rp>' =— ( 1 1 ). sin. ( 72/ — n't-^e — e');

J^p" =— (1 1 1) . sin . ( 7z'i — + — 72"/ ê' é") ;

les coefEciens (i), (11) et (m) étant positifs , comme on le verra

dans la suite. Au lieu de rapporter les angles 7z/ + g, n't-\-é et

n"( + i", à une ligne fixe-, nous pouvons les rapporter à im axe mo-
bile^ parceque la position de cet axe disparaît dans les angles
2nt--2n't-i-2e-^2£, nt n'i -j-e é, n't —
n"t-i- e e". Conce- — — —
VoûS que cet axe soit le rajon vecteur de Jupiter supposé mû uni-
;

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 19


formément autour du soleil. Dans ce cas, les angles /z/, n't,n"t,
exprimeront les moyens mouvemens sjnodiqnes des trois premiers
satellites. Concevons, déplus, que les angles ê et s' soient nuls,
c'est-à-dire, qu'à l'origine dutemsr, les deux premiers satellites
aient été en conjonction. L'équation

nt—'in!t + 2«7 + g— 3é'-i- 2/ =200%


qui a lieu encore relativement aux mouvemens synodiques , donne
é"=ioo°3 les expressions de cfp, et JV deviendront ainsi

cTp = ( I ).sin. (277/ — 27z'/)j

eTp' =— C
") • sin. {lit — lit)

S^u'-=. (l II), cos.

Dans les éclipses du premier au moment de sa


satellite,
conjonction moyenne, ni est nul, ou multiple de l^aa". Soit
m— 2«' = « -f- &) , ou Tz — 2n'z^cù; on aura alors

= (i) . sin. dût.

Dans les éclipses du second satellite, au moment de sa conjonction


moyenne, îi't est nul, ou multiple de 400° j on a donc alors

</p' =— (i i) .sin. cat.

Enfin, dans les éclipses du troisième satellite, à l'instant de sa


conjonction moyenne, «'7 +
ê" est nul, ou multiple
de 400" 5 on
aura donc alors, en vertu des équations n :in':=:in' 2n" efc — —
i'=IOO%
crp'"^(ni).sin. ù)t.

On voit ainsi que les valeurs précédentes de cTp, J^p' et cTp", dans
les éclipses , dépendent du même angle at. La période de ces va-
leurs est parconséquent la même, et égale à la durée de la ré-
volution synodique du premier satellite , multipliée par '
2.1-'

nt et n't étant moyens mouvemens synodiques des deux


ici les
premiers satellites. En substituant pour « ein', leurs valeurs; on
trouve cette période égale à 457'"''", ôSg. Tous ces résultats sont
entièrement conformes aux observations qui ont fait reconnaître
les inégalités précédentes,
avant qu'elles eussent été indiquées
par la théorie.
30 MÉCANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE m.
Des inégalités du mouvement des satellites, dépendantes
des excentricités des orbites.

6. Considérons présenfement les parties du rajon vecteur et de


la longitude des satellites, quidépendent des excentricités des or-
bites. Ces excentricités sont fort petites ; en faisant donc , dans
l'équation {A) dun°2, r'' égal à arcTr, on pourra supposer
que 2.r^r représente non-seulement les perturbations de r"", dues
aux forces perturbatrices, mais encore la partie de 7-° relative an
mouvement elliptique. Alors l'équation diiïérentielle (i)dun°2,
dans laquelle se transforme l'équation {^), lorsque l'on néglige le
carré de JV, donne par son intégration , non-seulement les per-
turbations du rajon vecteur, mais encore sa partie elliptique qui
résulte alors des arbitraires introduites par les intégrations. Dans
ce cas, l'expression de JV, donnée par l'équation (2)dun° 2, ren-
ferme la partie elliptique v , et cette partie est visiblement

égale à en négligeant le carré de l'excentricité de l'orbite,

et en ne considérant que la partie elliptique de rcT/-.

Les termes de l'équation différentielle (1) du n° 2 , dans les-


quels r^r est multiplié par des constantes, et ceux qui dépendent
des sinus et cosinus de nt-{-£, méritent une attention particulière,
en ce déterminent les variations séculaires de l'excentricité de
qu'ils
l'orbite et de son perijove. Nous avons déterminé dans le n° 3, les,

termes dans lesquels rcTr est multiplié par des constantes. Pour
déterminer les autres , considérons le terme m' A'^'^ cos.(v' v) de
. .

r î/
l'expression de iî. En j substituant a'-+--^ , au lieu de r, et

n't-\- 1'
+ —^-rj:-
aII at
} au lieu de v';' il en resuite la fonction
. ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 21


— (t)
- • • cos.(/2'^-«/+6 ^^^^ ^0) . sxn . {n t-nt+i-i)

de' étant l'excentricité de l'orbite de ni , et mx' étant la longitude

de son périjove; la partie elliptique de est, par le n° 22 du


second livre, — e'.cos.( +£'— ^«tr'). En la substituant dans la
fonction précédente, en résulte un
il terme dépendant du cosinus
de l'angle nt-\-i —
^ar', et il est facile de s'assurer qu'il est le seul

de ce genre, qui résulte du développement de la partie de R, dé-


pendante de l'action de m Les deux satellites rri! et nî' fournissent
.

dans R des termes analogues; mais il est aisé de voir , par l'expres-
sion de jRdun° I, que l'action du soleil n'en produit point, du
moins en négligeant les ternies divisés par Z)'+. ,

Maintenant, si l'on n'a égard qu'aux termes dépendans de nt


on a JAR R = ^
partant, en n'ayant égard qu'à ces termes , on a

L'équation différentielle (i) du n° 3 deviendra donc , en n'ajant


égard qu'aux termes dans lesquels rJ'j- est multiplié par des cons-
tantes, et à ceux qui dépendent des sinus et cosimis de nt; en

observant, de plus, que «' = ^, à fort peu près.

m . n .-^.{.aa .
+ .V (-^)}
. . cos.(n'^-.^ + .

sm'.«°.f/.7W f /dJO)\t

La manière la plus simple d'intégrer cette équation différentielle,


est d'y supposer

~=h. COS. (nt-\-i~gt-^T); '^—h'cos. (n't+^—gt—T); etc.


g étant un coefficient très-petit de l'ordre des forces perturbatrices
dont il dépend. En substituant ces valeurs, dans l'équation difïéren-
tielle précédente, et en ne conservant que les termes dépendans de
22 MECANIQUE CELESTE;
cos.(/z/+£ — gt — r); comparaison de ces termes donnera, en
la
négligeant le carré de

, , V zaa .
(
—du'
=-7— + ) a .
( , , , ]
fn' j^, ) \ \ dada' ) i

En substituant pour TV" sa valeur donnée par le n" 3j on aura

étant une fonction homogène en a


yi*^'^ et a' de la dimension —-i;
on a, par la nature de ces fonctions,

l'équation précédente devient ainsi ,

En faisant, comme dans le n° 55 du second livre,

(".)=-=^».{.-.(^)+i.-'.(^)}>

en désignant ensuite par (0,2), [oj^j. J


(o,3), {oj£j 5 ce que de-
viennent (0^1) et , lorsque l'on y change successivement ce
qui est relatif à m' , dans ce qui est relatif à ni' et iiï" -, enfin , en
^
désignant par (0) la fonction - -n , et par ;[oj la fonction
^~J'^
3
-,
4
.

M"
n
;
'
on aura
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII.
o = h. {â--(o) - [o] -(o,i) - (0,2) — (o,5)} -,
(/)

4- j^;r] .h'+ .7z"+(o,3).;i".

Si l'on considère pateillenjent les perturbations des mouveraens


de vï, m!' elni';\\ est visible qu'il en résultera une nouvelle
équation semblable à la précédente, et qui s'en déduit, en j chan-
geant les quantités relatives à m, successivement dans celles qui
sont relatives à m' , m" et m", et réciproquement. En écrivant donc
dans les fonctions (o),
j^, (o^O^ 0,1], etc., au lieu de o, le
n° du satellite troublé et les quantités qui lui sont-relatives, et au
lieu de I , le n° du satellite perturbateur et les quantités qui lui sont
relatives^ on formera les équations suivantes:

o^;/.(g._(i)_[T]_(i,o)-(i,2)-(i,5)}; (O
Ji".

o = — - [I] - -
Ti" . { (2) (2,0) (2, 1) (2, 3) } 5 (/J

+ f7,^./z+R7].;z'+ 2,0 .h'\

o g- - [5] - _ _ (5p)
.
{ (5) (5,o) (3, 1
)
} ;
(.•"')

+ [?,^ h + + [3^ U.
. [3,71 . h' .

On doit observer ici que l'on a, par le n° 55 du second livre,

{0,1). m .y a (^1,0). m .y a ;

et que la même équation subsiste en


j changeant les parenthèses
rondes en parenthèses carrées. Ces équations ont lieu entre les
mêmes fonctions relatives à deux satellites quelconques j ce qui
donne un mojen simple de dériver ces fonctions les unes des
autres.

Les quatre équations précédentes entre h, h', h" et //' sont ana-
logues aux équations (Z?) du n° 56 du second livre, et se résolvent
de la même manière. Elles donnent une équation finale en^, du
quatrième degré. Soient^^^,,^^, ses quatre racines j en faisant
. ——

34 MÉCANIQUE CÉLESTE,
on aura , au mojen des équations précédentes , Ç', C, efl

fonctions de g, et h sera une constante arbitraire. Soient ê',,

les valeurs de é', é", ê", relatives à la racine g,, et ^, une se-
conde arbitraire j soient S'^, ê'",.ces mêmes valeurs relatives

à la racine , et hi une troisième arbitraire ; soient enfin ,

mêmes valeurs relatives à la racine g^, et hj une


quatrième arbiti'aire; on aura, par la nature des équations diffé-
rentielles linéaires,

~= h.cos.Qit -j-s —gt—r) -|-7;,.cos.(;ï«-{-ê — g,t F,)

-f/îj. COS. {nt —gj—r.) +A3.cos.(nf -fs —g^t — F,);

—^—e.h.cos.{n't-\ s'—gt—V)-^ C[ .h,. COS. (n't+e'—g,t—T,')

-j- C'^.hi.cos.Qit-^s' —gj—T^)+ ^3.7!3.cos.(n'f-f s' g^t — T3);

= e".h.cos.{n"t+e"—gt—T)+ £';.h,.cos.{n"t-i-s"~g,t—T,)
+ q. h^.cos.(n"t-\-s"—gJ—T,')+ q./;3.cos.(re"£-f e"—g-jt—rs);
~r= r./;.cos.(;r"H6'"—gf—r)+ C'"^.h,.cos.{n"t+e"—ga—V,-)
+ q.h.cos.Çn^ti e"—gj-ra)+ C"'.hyco%.(jï"t+^"—g^t—r3) ;

r, ri^TictTs étant quatre arbitraires. Ces expressions sont com-


plètes, renferment
puisqii'elles huit arbitraires, c'est-à-dire,
deux fois autant d'arbitraires qu'il y a d'équations différentielles
du second ordre en rS"r , r'Sr , rSr" et i^Sr"

Ces arbitraires remplacent les élémens du mouvement ellip-


tique des satellites. Si l'on considère leurs orbites comme autant
d'ellipses dont va-
les excentricités et les positions des absides sont
riables; en nommant ae du premier satellite , et îp' la
l'excentricité
longitude de son périjove, comptée de l'axe où l'on fixe l'origine
diss angles j on aura

^=— ^.cos.(«f-f-6 — ^-ar)j

ce
— —

SECONDE PARTIE, LIVRE VII 1.

ce qui donne, eu comparant cette expression à la précédente,

e.cos.<î<r = — h.cos.(gt-^T) — h,.cos.(g,t-\~T,) — etc.

e.sin. î<!-=: — h.s'm.(gt-i-T) — .sin.(^-,^4-r,) — //, etc.;

d'où l'on tire facilement eet tsi. On


aura de la même manière,
e', fos' , etc. I/analjse du n" 68 du second livre conduirait aux
mêmes valeurs-, mais l'analyse précédente est un peu plus simple.
La partie elliptique de v est 2<?. sin.(/z/ + — g (Jjt), par le n" 23
du second livre 3 en la désignant par JV, on aura

JV = 2g. COS. tïr.sin. (nt-\-i) — 2g.sin.'3r.cos,(/2/ + g) j

ce qui donne

cTo'^: — 2/1 .
— gt — F) —
sin. {nt-\-'t. 2/7, . sin. {^nt-\-i —g^t — T,)
—^2/z^.sin.(«ï + gji — — £
r,) >/73 . sin. («/+^ — — Tj).

On aura de la même manière,

^v'——i^' h . . sin. («7+ ê'— F)— 2Ç; . h, • sin. {n't-\- é'—g^t-~T,)

— 2^^ . . sin. —gj — —2Q .773.sin.(«7+ê'


r,) g^t — F,);

^v'=::—2è''.h sin.(n"t-\-&—gt—T)—2C'[ h,
. . . sin. (n''t-i-e'~g,i—T,)

. \ . sin.(n"t-{-é"—gd—T,)—3€'^ . . sin.(/27+g''—^3/—F3);

J^p"=_2g'" h sin.(n"'t+i"'—gt—T)—2€:
. . . 7z, . sin.(«"^+€"— F.)

— 2g».;z..sin.(«"Y+g"'— F,)— 2e^'.;Î3.sin.(«"^-4-g"'— F.}.

Tout se réduitdonc à former et à résoudre les équations précé-


dentes (/), (i') , (i"), (i'"). Mais nous verrons dans la suite, qu'elles
sont incomplètes, et que les rapports qui existent entre les mojens
mouvemens des trois premiers satellites , leur ajoutent de nou-
veaux termes très-sensibles, quoique dépendans des carrés et des
produits des forces perturbatrices.

7. Les termes de la double intégrale —.^«i/^.diî de l'expres-


MÉGAN. cÉL. Tome IV. D
, —

a6 MECANIQUE CELESTE,
sion de J^P du 2, qni dépendent de
n° ni-— 2«'r+g — 2/, l'angle
acquièrent parles intégrations, diviseur (n — in'Y; étant le et 72

fort peu différent de 211 , ce diviseur est très-petit, et peut donner


une valeur sensible à ces termes, quoique multipliés par les pe-
des orbites nous allons donc les déterminer.
tites excentricités ;

Considérons le terme m'j4S'^ .coi.(y' — j;) de l'expression de R.

En y substituant a -f-
— - au heu de r , n t -\ - au
lieu de v' , a au lieu de r , et ?it + « au lieu de y 5 on voit que ce
terme contient la fonction suivante :

m . a . \^~2^jcos.[7it — nt-\-(. — ê)


sin.(«/-7Z^+e -e).
a'-^.n'dt

contient par le n° précédent, le terme h' .cos, (n't-{-i —gi—T);


r'S/
en le substituant au lieu de dans la fonction précédente , et

négligeant les quantités de l'ordre m!g; cette fonction produit


la suivante^

On a par le n° 4>

G.

le terme précédent devient ainsi

—— -cos.(«Z — 2ê'+^/ + r).


2n't-\-i

Considérons encore le terme m'.^'^'^cos. {2v'— 2v') , de l'expres-


, _ -r-. 1 . r<r?" 1 . 7 3 U ir)
. .

sion de R. En y substituant a-\ auheude r; 7z^-f-£H j t—


au lieu de z', «7+ é' au lieu de v' , et a' au lieu de r \ on voitque
ce terme contient la fonction suivante :

m ,
.

r^r
. a .
YfZ^W\
\-—^\ .co%.(^2nt
, ,
—>2nt-\-2s — 26), , > \

+ 4'"'- -i^-^ • sin. i^rît — 2nt-\-2{ — 2i).


CLTlCLi .
— ,

SECONDE PARTIE, LI\^RE VIII. 37


Substituons dans cette fonction, /î.cos. (/z^+ê gt — r), au lieu
de ^} nous trouverons qu'elle produit la suivante,

m' .h c /dA^'-^

L'expression de F du n" 4 donne .en y faisant n = znf,

le terme précédent devient ainsi ,

cos. {nt—2n't +— £ 2é' ^gt+T).

En le réunissant au terme dépendant du même cosinus , et que


nous venons de déterminer j on aura dans ifî, le terme

et il est facile de voir que l'action de m' sur m, n'en produit point
d'autres de ce genre.

Maintenant, si l'on observe que ^ peut être supposé égala l'unité,


dans la fonction — .ffndt.àR, àe l'expression de cTp' 5 cette fonc-

tion donnera dans cTp», en vertu du terme précédent de R, l'iné-.

galité

_ZI^^;^. G//}, sm

ri étant à fort peu-près égal à ara', il est que l'action de m'


clair
sur m! produit dans «Ta»' une inégalité analogue à la précédente
et parconséquent égale à

. \F'h'-i-^ G7z"}.sin.C«7— 27z''^


. + ê'—2/+§-/+r).
L'action de m
sur rri, produit encore dans J^p' une inégalité du
même genre, et que l'on peut facilement déterminer parle n° 65
du second livre-, car on a par ce n", en n'ajant égard qu'aux
termes dont il s'agit,
D 2
,

a8 MECANIQUE CELESTE,
'
m'.\/a'

ce qui donne pour "cette partie de cTp',

_ I _^ Ji _ sin.(«^— + 2/+^/4-r).

On peut réunir ce terme au précédent^ en observant que

ni — 272'^ + — = —
Ê 2s' n't 2ji"t + — 26"+ 200°
é'
j

et que n étant à fort peu-près égale à 2n', et étant égal à

( — ) 3 on a a tres-peu-pres

\/a' «

La réunion de ces ternies donne ainsi

{m.\Gh'+^.Fh\
W~ —, -.J \, ; V.sin.(;;f— 2«'H-e-2e'-)-gf+r>.

Enfin l'action de ?n' sur m", produit dans le mouvement de m",


une inégalité analogue à celle que l'action de m sur m' produit
dans le mouvement de tti', et qui parconséquent est égale à

- (.v-lz+ë -y • {^'^^"+5 • ^'''} •


sin.(«i-2«'/+€-2.'+5-/+r).

tes inégalités précédentes sont relatives à la racine g. Il est vi-


sible que chacune des trois autres racines g^, g^ et ^3 donnera
dans les mouvemens des trois premiers satellites des inégalités ,

semblables. Ce sont les seules sensibles parmi celles qui dépendent


à-!a-fois de l'action des satellites , et des excentricités des orbites.
"
8. L'action du soleil peut aussi produire dans les mouvemens des
satellites , des inégalités sensibles ,
quoique dépendantes des excen-
tricités des orbites. La valeur de R relative à cette action con-

tient, par le n° i, le terme ^ .cos.(2î' — 2V). En j substituant


— , &

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 29


pour r% + H- gt — T)]; pour v, nt
2/î.cos.(72/ ê -{-

— 2h.%in.{nt-\- i—gt — T); D' pour Z); et M' pour on aura -^tj;

dans R, le terme

4
,co%.{nt—2Mt-{-i — 2E+gt+Y).
La valeur de iîrelative à l'action du soleil, contient encore le terme

— En y substituant pour D , D' .{i—H,co%.{Mt-i- E —I)].

H étant le rapport de l'excentricité au demi-grand axe de l'or-


bite de Jupiter, et I étant la longitude de sou périhélie 5 on ob-
tient le terme

S
Si l'on néglige le terme de l'expression de R, qu'il est inutile

de considérer; on a

cela posé, l'équation différentielle (i) du n° 2 devient, en ne


considérant que les termes dépendans des cosinus des angles
nt—.2Mt + — 2.E-\-gt+V, Mt + E -~ I
& et , et en observant
que^ et M sont relativement k n
très-petits

= J^:-f.iV^ (i_5A.cos.(«/4-^-^^-r)}

— 97H\ /z.cos. {nt—iiMt+i—2E+gt-\-Y)— \.M\H.co%.{Mi+E—l).

•On a vu dans le n° 3, que l'expression de contient le terme

—— .cos.(2«/ — 2M/+2:— produit 2 JS); le

— ~ h cos.(nt -i-e—gt — T)
5A'= . . .

contient ainsi le terme -. ilf- . /i . cos.Cni — 23Ii-{-i — 2E-\-gt-^T)t


5o MECANIQUE CÉLESTE,
N' étant à très-peu-près égale à n^; l'équation difFéreiitielle pré-
cédente devient donc

''^S^ + N\'-^-^^.M\h. COS. (nt-2 Mt+,~aE+gt+T)


— ^.M\H.cos.(Mt-\-E — I);
d'où l'on tire en négligeant g et M
eu égard à n , excepté dans
le facteur 2M —
^ + —
n, à cause de sa petitesse ,

r^r i5 h

-h-^-P cos.{Mt + E — I).


.

L'expression de du n° 2 donnera à très-peu-près , en y subs-

tituant ^, au lieu de a',

i5 h

— ^-^ .H .%in.{Mt+E—I).
La
première de ces inégalités répond à V élection dans la théo-
rie de la lune mais elle n'est pas unique , et il est clair que cha-
-,

cune des trois racines ^, , g^, g^, fom-nit une inégalité semblable.
Cette inégalité se confond dans les éclipses, comme l'évection ,
avec l'équation du centre, et la diminue. En effet, dans ces phé-
nomènes, la longitude du soleil vu du centre de Jupiter, est
moindre que celle du satellite , de 200° ; ensorte que l'on a

u.Mt -f- 2£ -f- 400" = ^nt -f


l'inégalité précédente devient ainsi

L'équation correspondante du centre est par le n' 6^

— 2h.%va..{nt -}- Ê —gt — r) j


SECONDE PARTIE, LIVRE VII T. 3r
ainsi la valeur de h déterminée par les éclipses, est plus petite

que la véritable, dans le rapport de i — 4^ {p,M-{-N—n—g )^^'^^^^^^'

La seconde inégalité correspond à l'équation annuelle du mou-


vement de la lune sa période étant fort grande, on verra ci-après
:

qu'elle est sensiblement modifiée par les termes dépendans du


carré de la force perturbatrice.

En changeant ce qui est relatif à m , successivement dans ce qui


est relatif à m', ni et iri"; on aura les inégalités correspondantes
des autres satellites.
53 MÉCANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE lY.

JDes inêf^alîtés du mouvement des satellites en latitude.

9. Reprenons l'équation différentielle (3) du n* 2.

Supposons

^ 3r=i.5W4.^CO.cos.(t/— v)+£W.cos.2.C/— 0+etc.

'On aura par en négligeant l'excentricité de l'orbite ^ ce


le n" t.,

qui re\îient à supposer r=.a,

|î {^/— i (/-O }
. -COS.

I
+ i a. ^ ay^CO .COS. (w'
. —
+a^C') .cos. 2 (/ v) 4-etc.
t/) —
-aV.{i/— i.(j^+/0-cos.(/— i/)}.(i.fiW4-£CO.cos.(/— f)+.5W.cos.2(f'— V-

— -.— .
(1—3i'_3>S"'+3. (1—j'—5'0-cos. (au— 2C/)+i2i5'.cos. (v—

Si l'pn ne considère que les termes multipliés par s , et ceux


qui dépendent du sinus ou du cosinus de v , termes dont dépendent
les variations séculaires des éléraens de l'orbite 5 si l'on observe
ensuite que /i" est à très-peu-près égale à a; l'équation différen-
tielle précédente devient

_ 2i(pzd52 . s, . S' cos.(Z7— ^)— 2 m'a^a'.E^'^


. . . s' . cos.(t^W).

Pour


SECOMDE PARTIE, LIVRE VIII. 33

Pour intégrer cette équation , supposons

s =1 .sin.(2' pt A);
s'=.l' .ûn.{v' -\-pt-\-K);
s"=l" .sm.(v''-i-pt-i- A);
r.sin.(j;'"H-;;/+ A);
S'=L' .sin.(U-j-pt-j- A);
Si =L .sin.( V -\-pi-{- A).

L'éqnation différentielle précédente donnera en substituant dans

s, s', etc. , ^'^j 3-" lisii de pt , en comparant entre eux les coeffi-

ciens de siv. .(v -\~ pt -\- A), et en négligeant le carré de p, p étant


une très-petite quantité de l'ordre des forces perturbatrices ,

o = {P _ iLZpl _
/. 3
. _, _ 2 . m'a^a' .
l

+ ^^^^ ^ - . . + i . 2 /TzW.
. ÎB^o.^'.

Si l'on fait; comme dans le n" 49 second livre, a, et

on aura

or on a par les n^^ 55 et 5g du second livre,

Zm' m'n.a.\b'^f>
(o,i) = .

4.(1—
. net.'- . b'^'}

4
'

OH aura donc

= /. {;;-(o)-0_(o,l) -(0,2)^(0,5)}
+ i + [£] i' + !)./'+
(o) . r 4-Co,5)
. (o, (0,2) . . r.

On trouvera de la même manière ,


MÉCAN. cÉL. Tome IV. E
,

54 MÉCANIQUE CÉLESTE,
o = {p-(i)- [i] - (i,o)-(i,2)-.(i,3)}
/' .

+ .L+\7\ Z'+
(i) + r-
. (i.o) . .
/' (i,5) .

o = /".{;;-(:2)-[T|-(2,o)-(2,i)-(3,3))

+ (2)i' +
. /+ /+ (3,0) .
(2,1) . (2,3) .

o=r - [3] -
.
{ _ (3) (3,0) (3, i) (3,2) }

+ (5).i+ [5] i' + ./+(3,i). + (3,2).r. . (3,o) -?'

Il existe entre les quantités une équation p, l, l' , l" , 1"' , L et TJ ,

qui dépend du déplacement de l'équateur de Jupiter, en vertu


des actions réunies du soleil et des satellites. Pour obtenir cette
équation , il faut déterminer la précession des équinoxes de Ju-<
piter, et la nutalion de son équateur par rapport au plan fixe. Si
l'on désigne, comme dans le n° 5 du cinquième livre, par 9 l'in-
clinaison de cet équateur sur ce plan , et par le mouvement
rétrograde de son nœud descendant sur le même plan, et compté de
l'axe fixe des x : si l'on nomme encore y l'inclinaison de l'or-
bite de Jupiter sur le plan fixe ; 7 la longitude de son nœud as-
cendant , comptée de l'axe des x; y, l'inclinaison de l'orbite du
satellite m sur ce plan, et 7, la longitude de son nœud ascendant^
on aura par le n° 5 du cinquième livre, en négligeant le carré de 0,

5.(aC—^— ^) f TlfV 7. sin. (7 + -^) 1

dt 4i C . t 4- 2.m;z\5/,.sin. (7, + J '

it étant le mouvement de rotation de Jupiter. On aura pareille-


ment par le n° 6 du même livre

^' l+g.mre\>',.cos.(7, + ^) )

La première de ces équations, multipliée par sin. "P, et ajoutée


à la seconde multipliée par cos. donne

J.(9.sin.--P) '5, .{o.C—A— B') f (i»/^ +S . mziO . â . COS.'*- 1


'
dt 4i.C 1 -f-M^'j/ . COS. 7 4-2 . mra*. . COS. Il J

on aura semblablement
SECONDE PARTIE, LIVRE VII 1. 55

— (l/' + S
— 5.(2.C—J—B)
d.^i.cos.'^') f . mra') . e . sin.f -i


dl 4i.C •
1 -I- Jf"^ . sm.'!+ 2 . . sin.1, /

Pour intégrer ces deux équations, nous observerons que la la-


titude du premier satellite mu dans le plan de l'équateur de Ju-
piter est au-dessus du plan fixe, — â.sia.(z' -f-'^') j mais cette la-
titude est par ce qui précède , égale à une suite de termes de la
forme L.sin.Çv -j- pt A) nous désignerons
: cette suite par

2' . L . siu.( H- /Pi -f- A ) j

la caractéristique 2' servant ici à désigner la somme de tous les


termes de la forme de celui qu'elle précède, dont la fonction est
composée j tandis que 1^ caractéristique 2 désigne la somme des
termes relatifs aux divers satellites. On aura donc

= — 2'.Z.sin.(;p^-f A);
6.sin."i'

Q.cos.'i-t= — A). 2'.Z/.cos.(yO/-f-

Pareillement, la latitude du soleil au-dessus du plan fixe, est


^.sin.(Z7 — 7)j mais cette latitude estégale à2'.Zv'.sin.(t'^-|-yC/4-A)i
ce qui donne

;j/ . sin. 7 = — 2' . i' sin.(pt -f- A) ;


.

5/. COS. 7= X' .L' .cos.(pt-i- A).

On a pareillement

y,, sin. 7, = — 2'./. sin.(yE7^-f- A)j

.COS. 7,= ^' .1. COS. (pt-\- A).

Si l'on Substitue ces valeurs dans les expressions précédentes


^ ^
de ^etde -; on aura, en comparant séparément
les coefficiens des mêmes sinus

= pL + ^ .
^"-^-f-^
l . . (L'— 2. mn^. (/—£)}.

On peut observer ici qu'en supposant Jupiter un sphéroïde ellip-

E 3
36 MÉCANIQUE CÉLESTE,
tique , on a par le n° i4 du livre V,
(aC— /j—^) ./n R\ dR
c ~ 3(p—/n./î+.ds
f (?) .
_
'

n étant la densité de la couclie elliptique dont le rayon est i?,


et les intégrales étant prises depuis iî=o jusqu'à R égal à l'unité.

Considérons particulièrement
lo. les équations précédentes, et
donnons-leur la forme suivante :

o={y^-(o)-[o]-(o, i)-(o,2)-(o,5)} (£-/) .

+(o,i).(Z:-/)+(o,3).(Z:-0+(o,5).(Z-r)-f[ïï].(L-L')-y"£;

o={p-(i)-\T]-(i,o)-(i,2)-(i,5)].{l~l')
+(i,o).(Z:-/)+(i,2) (L-r)+i.,5).(L~l"')+[7\.(L-^L')-pL ;

+ (2,0) (L—/)H-(2,i) (L-l')-j-{2,5).{L-r')+\7\.{L~L')—pL;

o={p-(5)- 3 _(3,o)-(3,i)-(5,:a)}.(Z:-r)
H-(3,o).(z-/)+(3,i).(z:-o+(3,2).(r-r)+ 3 .(l—l')-^pL;

^__^ {P-C A ^\
rM\{L—L')+mji\iL—l)+m'ji'\{L—l')-\.m\n"\{L—l'')+m'\ji'''\fL-

Il faut réunir à ces équations, celles qui


déterminent le dépla-
cement de de Jupiter, et qui donnent les valeurs de p et
l'orbite
de L' correspondantes à ce déplacement sur lequel l'action des
satellites n'a point d'influence sensible.

Les valeurs de p qui sont relatives au déplacement de l'équa-


teur et de l'orbite de Jupiter, sont beaucoup plus petites que celles
qui dépendent des actions mutuelles des satellites et de Jupiter,
comme on le verra dans la suite j on peut donc négliger alors p
vis-à-vis de (o) , (0,1), (i), etc. Dans ce cas, si l'on suppose

L — l = X (L — L');,

Z — = A' (L — L');
/'
.

L — l"= A' (L — L');


.
. . L

SECONDE PARTIE, LIVRE VII


les quatre premières des équations (H) donneront

o = + ( (o) + (o, i) + (op) + A (o,5) } .

_ - (o, i) . A' (0,2) . A" - A"'_


g
(0,3) . -,

o={(i)H-[T| + (i,o) + + (i,5)}.A'


(i,2)

-(i,o).A_(i,2).A"-(i,3).A"'-[T];
G ={ (2) + [2] + (2,0) + (2,1) + (2,5) } . A'

- A - -
(2,0) A'"- \7\
.
(2, i) . A' (2, 3) .
;

o= + [3] + + +
{ (3) A" (5,o) (3,1) (3,2) } .

— (3,o).A — (3,i).A'— (3,2).A"—


On déterminera, au. moyen de ces équations, les valeurs de
A, A', A" et A".

La latitude du satellite 7n , au-dessus de l'orbife de Jupiter est


égale à une suite de termes de la forme (/ j&').sin.(2.-f-y»^H-A) j —
elle est parconséquent égale à

2'. (l—L'). sin.(t'-f-yp/-f- A).

Si l'on n'a égard qu'à la partie de cette expression, qui dépend du


déplacement de l'équateur de l'orbite de Jupiter j on a,
et comme on
vient de le voir , L— —
l=X.(L L'), d'où l'on tire
/— i' = (i— A) .(/. — i').
En n'ayant donc égard qu'à cette partie, on a

2' . (i—TJ) . sin. (p-\.pt-i-A)=(i —A) .


2' (L—L') . sin,(t'4-/7/+ A).

Si le satellite était rau dans le plan de l'équateur de Jupiter ;

sa latitude au-dessus de l'orbite de Jupiter serait

:E' .(L—L') .sia.(v-{-pt-i-A);


la partie

(1— K).:E'. (L — L'). sin. (v+pi+ A)


de l'expression de la latitude du satellite , au-dessus de l'orbite
38 MÉCANIQUE CÉLESTE,
de Jupiter , est donc la latitude qu'il aurait dans la supposition
où il serait mu sur im plan passant entre les plans de l'équateur
et de l'orbite de Jupiter, par la commune intersection de ces
deux plans , et dont l'inclinaison sur le plan de l'orbite de Jupi-
ter , est à l'inclinaison de l'équateur de Jupiter sur la même or-
bite, comme i —A
à l'unité. Soit, comme dans le n° 7 du
est
livre V, S' l'inclinaison de l'équateur de Jupiter sur son orbite,
— la longitude de son nœud descendant sur cette orbite, cette
longitude étant comptée de l'axe des x-, la partie de la latitude
du satellite m, au-dessus de l'orbite de Jupiter, et relative aux
seuls déplacemens de cet orbite et de l'équateur, sera

(à— i') .
6' . sin. (î^ + 'i'').

Ce résultat est analogue à celui que nous avons trouvé pour la


lune, dans le n° 2g du livre VII; mais pour
la lune, i A est —
très-petit, au lieu qu'il diffère peu de l'unité, pour les satellites
de Jupiter.
Déterminons
les valeurs de 9, , h' et"^', dépendantes du dé-
placement de l'équateur et de l'orbite de Jupiter. Nous observe-
rons d'abord, que l'on satisfait à très-peu-près aux équations (ff),
en j faisant

la dernière des équations (//) donne alors

i.'i-C—A—B)
p ^ |, . sj^j^.Tn.n-K -f-7n' . n'^ ^'-^77^"
. . n"- A"-f
. m" . n"^ .a"] ;

et la valeur de L reste arbitraire : nous la désignerons par — '£


et nous nommerons '/7, la valeur précédente de p. Nous aurons
ainsi, en n'ajant égard qu'à cette valeur, la latitude du satellite
au-dessus du plan fixe, égale à — 'i. sin.(2^ -|- ';;^H- 'A), 'A étant
la constante arbitraire relative à 'p. Mais cette latitude est pa-
reillement égale à — &.sin.(i' + '^'); d'où l'on tire

9. sin.'^'rr^ 'Z . sin. ('yDi;-f-"A);

g. cos.'i'= 'L . COS. ('pC-i-' A).


SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 3g
^pi exprime la précession moyenne des équinoxes de Jupiter^ mais
la vraie précession est modifiée par le déplacement de l'orbite de
Jupiter, comme on a vu dans le livre V, que le déplacement de
l'écliptique modifie la précession des équinoxes sur la terre. Pour
déterminer ces modifications, nous observerons que la dernière
des équations QH) donne

p étant ici une des valeurs de p relatives au déplacement de l'orbite


de Jupiter. Cette équation donne

p—p
et parcoiiséquent , en n'ayant égard qu'aux valeurs de p relatives
au déplacement de l'orbite de Jupiter, on a

a . àin. ^=> .
2' .
iLéilM+H,
p—'p

^ P—P
En réunissant ces valeurs aux précédentes^ on aura

e . = '£ sm.('pt^'A)-\-'p 2' ^L±îi_i£^hAlj


sin.-^ . . .

e.cos.•^ = ^Z.cos.(y^+'A) + ^/^^2^ ^-'^-''"'i^^'^^l


P P

D'où il est facile de conclure,

9 . =
sin. (<ir—^pt) . sin. ' A + 'yo .2' ./L'dt cos. (pt
. —yt + A) ;

9. cos.Ç-^—'pt) = 'i . COS.- A— .


2' ./L'dt. sin. (j}t~-'pt-{-A).

Or on a par ce qui précède ,

y.ûïi.1 — --1'.L'.ûn.(^pt~\-h)y
>-.cos.7=: 2'.i'.cos.(;7î+ A)î

ce qui donne
— — —

4o MÉCANIQUE CÉLESTE,
>.sin,(7 +>-'0 = — — A); S'.X'.sin.C/;/
y. -i-'pt)—
COS. ( 1 .L' (pt — A); 1' .COS. 'pt-{-

partant

6 . sin. — pt) = "Z . sin. "


A + .fydt cos. (
. 7 + ;

9. cos.(-^— = 'L. 'pt) COS.' A-j-'p.fydt. sm.(l -j- 'pi).

On aura au mojen de ces deux équations, l'excès 'i' 'pt, de la —


précession vraie des équinoxes de Jupiter , sur la précession moyenne,
et l'inclinaison Q de son équateur, au plan fixe.

La latitude du satellite supposé mu dans l'équateur de Ju-


piter , étant — 9 .sin. (v -}-'^) , et sa latitude au-dessus du même
plan , en le supposant mu sur l'orbite de Jupiter, étant y . sin.(z' — 7);
la différence de ces deux latitudes, sera la latitude du satellite
supposé mu dans le plan de l'équateur , au-dessus de l'orbite de
Jupiter; mais cette dernière latitude est 6' .sin. -{-'•¥') ; on

a donc

—9 . sin.(2^H-'*')— >- . sin.(i'— 7)=-— 6'. sin.(r + -^'')

V élant indéterminé, si on le suppose successivement égal à 'pt,

et à ioo° 'pt; l'équation précédente donnera

.sm.(-^'—'pt)=Q . sin. (^—'pt)--y . sin. (1-h'pt);

& .COS.Ç-^' 'pt)=:ô . C0S.('i' 'Pi)+y • C0S.(7-f-'yP/).

Ces équations feront connaître la précession "î'' et l'inclinaison


6' de l'équateur, rapportées à l'orbite de Jupiter.

11 suffit pour les besoins actuels de l'astronomie, d'avoir les


valeurs de ces quantités, en séries convergentes pendant deux ou
trois siècles. Prenons pour plan fixe, celui de l'orbite de Jupiter
au commencement de lySo, et fixons à cet instant l'origine du
temps t. Prenons de plus , pour axe des jr , la ligne de l'équinoxe
du printemps de Jupiter, à cette époque. Supposons ensuite que
l'on ait, en réduisant en série, et négligeant le carré de^,

y . sin. 7= a/ j

y . cos.7 = bt;
a
SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL 4t
ffi et 3 étant des constantes faciles à déterminer par les forranles
du déplacement de l'orbite de Jupiter, données dans le sixième
livre. Les équations précédentes donneront

'A=:o;

Ensorfe que 'Zi est l'inclinaison de l'équateur à l'orbite de Jupi-


ter en lySo.
Enfin, si l'on nomme y, l'inclinaison de l'orbite du satellite m,
au plan fixe, et 7, la longitude de son nœud ascendant on aura, j

lorsque l'on ne considère que les quantités relatives au déplace-


ment de l'orbite et de l'équateur de Jupiter,

i — /=A (X — Z'); .

ce qui donne

d'où il est facile de conclure

y, . sin.7,=:(i— X) . 9 . sin.'f- +A .
y . sin.7 ;

y, .cos.7, = (à — i) . Q . cos.SP' +A .
y . cos.7.

Ainsi, en n'ayant égard qu'au déplacement de l'équateur et de


on aura
l'orbite de Jupiter j

y, . sin. V = (i-~X) .'L . 'pl-i-X . at;


. cos.7, =(à— i) .
'/^-f-A . Z»/^.

Relativement aux valeurs de p qui dépendent de l'action mu-


tuelle des satellites, L' est nul; puisque l'orbite de Jupiter n'est
point déplacée sensiblement par l'action des satellites. peut en- On
core négliger la valeur de L relative à ces valeurs, eu égard aux
valeurs correspondantes de/, /, etc.j car il résulte delà dernière
des équations (H) , que la valeur de pL est multipliée par le petit
facteur ^— elle est donc de l'ordre du produit de l'ellipti-

cité de Jupiter, par les masses des satellites, quantités que nous
MÉCAN. cÉL. Tojne /F". F
) 5 .

43 MÉCANIQUE CÉLESTE,
avons négligées dans ce qui précède j ainsi, nous pourrons négligée
pL, et (o)..L, par rapport à(o)./, etc. Les quatre pre-
mières des équations (//) deviendront alors

o = { — — [o] — — — (o,3)}
(o) (o, i) (0,2) . /

+ (o,i)./ + (o,2)./" + (o,3).r;


o=:{;;-(0-Q]-(i,o)-(i,2)-(i,3))./'
+ +
(i,o) . / +(1,2) .
/'
(,,3) .

o= - - Ul -
{y" - (2,1) - (2,3)}
(2) (2,0) . l-

+ (2,0)./ +(2,1)./ + (2,3)./"'


= - - [3] - - - 2)} r
{ yt. (3) (3,o) (3, i) (3, .

+ (3,o). / +(5,i) + (3,2) .


/' . l";

Si l'on suppose

l'^tl.l; r'—^-.l;
l disparaîtra des équations précédentes qui donneront quatre équa-
tions entre les indéterminées ^, '(^'
,
Ç'" et p , d'où l'on tirera /7, au
moyen d'une équation du quatrième degré. Soient p, p^, p^^ p^^
les quatre racines de cette équation, et désignons par

f
9/ 9u 9m, p, 9i, 9m, 9 9ti 9iu
Q,, ' ^,1 ^ Si ' S:^ ' Sa ' Sa ^ S3 ' Ss >

ce que deviennent 'C, 'C , lorsque l'on j change successive-


ment p en p,,p^ et p^; supposons ensuite que s, s', s" et s", au
lieu d'exprimer comme ci-dessus les latitudes des satellites , m', m
m" et irî" , au-dessus du plan fixe, expriment leurs latitudes au-dessus
de l'orbite de Jupiter, latitudes qu'il importe surtout de connaître
dans le calcul de leurs éclipses ; nous aurons

5 = (À— i) .
6' . %m.{v + -^')

+ / . sin.(i' -|- pt A)
+-/,. sin.(v-i-p,t-i- A,)
+A • sin.(2^-f-yPj + A,)
+ /a . sin.( +/53i + A3

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 4^

s'i={K'—i).6'. sin. (/+'^'')


+ {' . / . s'm.(v'-i-pt +A )

+ l[-h. sin. {v-\-pJ^-\- A,)

jt' — {X'—i) 6'sin.(p'+^') .

+ 1' .ûn.(^v"+pt -^K)


. l

+ ^;. .sin.(i^"+;7,^+A,)
/,

.
4.sin.(/+;7,f+A,)

+ l^'^.l,.sin,{v"+p,t-\-K,)
+ ^". ^ +A. sin.(2;"'+;7^ )
'

+ }j\l^.i\n.{v"'+p,t + K)
~\-^l.l^.ûn.(v"'+pJ + K)

+ + A3).
<^;'./3.sin.(2;"'+;;3^

Les constantes l, l^, l^, l^-, A, A., A^ et A3 sont huit arbitraires


que l'observation seule peut déterminer. Si l'on veut avoir les
latitudes des satellites au-dessus du plan fixe, il suffit d'ajouter aux
valeurs précédentes de s, s', s", s'", leurs valeurs, dans la suppo-
sition où ces astres seraient mus sur l'orbite même de Jupiter.

II.Considérons présentement les inégalités du mouvement des


satellites en latitude , qui dépendant de leur configuration mu-
tuelle , acquièrent de très-petits diviseurs , par les intégrations. II
est clair que les termes de l'équation différentielle (5) du n" 2,
qui dépendent d'un angle très-peu différent de v, acquièrent de sem-
blables diviseurs ; or si l'on ne considèi-e que la première puissance
des inclinaisons des orbites, tous les angles des différens termes
decette équation sont compris dansla formez. (i' v')zt:v'..v' étant
très-peu différent de l v, l'angle i {v — v')dt.v' différera très-peu de v,

si ——= I ) ce qui donne ou /= i , ou i= 5, Dans le cas de z= i,


Fa
,

44 MECANIQUE CÉLESTE,
l 'angle dont il réduit à v
s'agit se dans cas de = 5 cet angle
, et le f ,

se réduit à Si» — Nous venons d'examiner premier de ces


4^'. le

deux cas, dont dépendent les variations séculaires de l'orbite il 5

nous reste donc à considérer les inégalités dépendantes de l'angle

L'expi'ession de R contient le terme m' .^^^^ .cos.f^/^v — 40?


terme — Jf-'d^-Vdv) ' l'équation différentielle (3) du n° 2 ,
pro-

duit donc, en j faisant 5=/.sin.(2'+yP/ + A), et en substituant


- au lieu de et a au lieu dcri, le terme

/^m' . aA'^^^ . l . sin. {/^v — 4^') • cos. (^-\-^v-{- k ^.

En substituant^- pour v', ce que l'on peut toujours faire, lorsque

l'on néglige les' excentricités des orbites 5 la fonction précédente-


donnera par son développement , le terme

2m' . aA'^^'^ . / . sin. ( '5v


\
— —n . p — -
n
. v — A /\
Le terme de l'équation différentielle (5) du n'adonne
les suivans,

m'.a^a'. . ^{s.{B^'-'^-{-B^''^).coi,(i/iV—/iv')—B^'Ks'.cos.ÇSv—Zv')^ ^

d'où résulte dans l'équation (3) , le terme

i.OT'.aV.{5t3Y_i.(£C5)_|_£C3))./j.si„. (^3y_^ j;_A^.

Cette équation devient ainsi , en n'ayant égard qu'aux termes dé-


pendans de l'angle "Zv — /^v'

iV* étant par le n° 9, égal à


SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 45
On a par le n° 49 second livre,

» i »

la formule («) du même n° donne

7*

et l'on a par le même n%

Z,C4)^ 1 ^
T 7
d'où l'on tire

l'équation différentielle précédente devient ainsi

dv^ ^ 2 i ^ \ n n /

ce qui donne en intégrant

Le diviseur est égal à {5 iV, }.{3 iV,}.

étant très-petit, iV^, étant très-peu différent de l'unité, et n étant

à très-peu-près égal a. 2. lï ; le facteur 3 —^—^— iV, , est fort

petit, et le facteur 3 —— — + - ^st à très-peu-près égal à 2;

ce qui donne, en restituant 2^' pour - .2^, et ? pour - iooc — >t b

m' .cL^.hfil' —l") . sin. (Sf— 41/'— pf — A)

\ n n
,

46 MÉCANIQUE CÉLESTE,
II est clair que les différentes valeurs de p, de / et l' , donnent dans
l'expression de * , autant de termes semblables au précédent.
Ces inégalités de 5 surpassent considérablement les autres qui
résultent de l'action des satellites sur m, a, cause de la petitesse de
leurs diviseurs 5 ce sont parconséquent les seules auxquelles il soit
nécessaire d'avoir égard j et cependant, nous verrons dans la suite,'
qu'elles sont insensibles. L'action du soleil produit dans la valeur
de 5 une inégalité que la petitesse de son diviseur peut rendre sen-
sible cette inégalité dépend de l'angle 2^
: 2?/; et l'on trouve —
aisément par le n" g , que l'équation différentielle en 5 devient ,
en n'ajant égard qu'à elle seule.

dds .
,
3M»
. {Il — /) . sin.^y^— V — 2. v — A^;
^

d'où l'on tire en intégrant

. —
;
— . (L — .sin.i V — . V — . V —A 1

s
n n

En réunissant donc les parties de s dépendantes des configu-


rations des satellites et du soleil , on aura

m'.ct\frf' . (/'— /) . sin. (5t/_4/ — pf— A)


S =
\ n n /
. (Z,'_/)sin. (v — sî/— pf — A)
n n

cbacun de ces termes étant supposé représenter la somme des termes


semblables , correspondans aux diverses valeurs de p.
Dans les éclipses du satellite m U , étant égal à fort peu près
k V — 200' ; la seconde de ces inégalités se réduit à

. {L'—l) . sin. ( v + pi + A)
n 11
,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 47


Lorsque les valeurs de p sont relatives aux mouvemens de l'ëqua-
teur et de l'orbite de Jupiter on peut négliger eu égard kM;
,

de plus , la somme de tous les termes {1! -^l^ s'm.(v-\-pt-{-A) .

est alors égale à (A — i) . â' . sin.(2^+"î^'} j


l'inégalité précédente
devient donc

'

n
,

— i

ainsi l'inclinaison 6' de


l'équateur à l'orbite de Jupiter, conclue
par les éclipses du satellite , m
doit être diminuée dans le rap-

port de l'unité à i
+
Considérons de la même
manière, les inégalités périodiques du
mouvement du second en latitude. Reprenons pour cela,
satellite,
l'équation différentielle (3) du n° 2; elle devient, relativement
au second satellite,

dds' . , .
, d/ /dR\ ,
/dR\

R' étant ce que devient R relativement à ce satellite. Les termes


de cette équation différentielle qui dépendent de l'angle 22' 3^, —
acquièrent im petit diviseur , parce que v étant très-peu différent
de 2/, le coefficient de v' , dans l'angle 2.v "Sv' , diffère très-peu —
de l'unitéj il importe .donc de considérer ces termes. En n'ayant
égard qu'à eux seul^ , il est facile de voir par le n° , que l'équa-
9
tion différentielle précédente devient

0= dds'
dv'^
-i\'fy— (a'.^W-f-i.a'^a.(Z^C0-|_5C55)).,nZ'.sin.(af— 3i^'— A).

IVf étant ce que devient relativement à in, et les valeurs de


B^'\ B^^\ etc. étant les mêmes pour R que pour R. On
aura donc par le n" % du second livre.
,

43 MÉCANIQUE CÉLESTE,
7 Z,ço_«àC3)1 i.l'

o— SI i Ai 4 i /
>'»(?''-'''-J''-0-
)
+ \.^b^P .ml
On a par le n" cité,

r 4 » 4 » ï

ce qui donne

d'où l'on tire en intégrant

Tn^.h^\n—Ï^ . sin. f^^.v'— 3/— ^ . V/'— A^


I \" n y

\n n /
L'action du troisième satellite ajoute encore à l'expression de s'.

un terme qui peut devenir sensible par son petit diviseur, et


qui est analogue à celui que l'action de rd sur m produit dans

l'expression de 5j en nommant donc i'^^, ce que devient rela-

tivement au second satellite comparé au troisième ; on aura pour


la partie de s dépendante de l'action de w!'

m" .d\(j:'—ï).b'f .An. (3/— 4/'— pi — A)

On peut réunir dans un seul les deux termes de l'expression de s'f


qui dépendent de l'action du premier et du troisième satellites;
en effet, on a à très-peu-près, comme on l'a vu,
V — 3/4-2/ = 200°;
ce qui donne

sin. (3/ — 4/ — — A) =
• yPif sin. (21^ — 3/ ~pt-^A).
Si l'on joint à ce terme celui qui dépend de l'action du soleil,
et si l'on considère que l'équation n on' 2/2" o , donne — + =
|p — 3=3— on aura pour l'expression des inégalités du mou-
vement
— ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 49


vement du second satellite en latitude, relative aux configura-
tions mutuelles des satellites et du soleil,
*

s' = ^ ~ —^ .sin. (2V-^5v'—pi^A)

3M\ (L'—l') . sin. (y'— aU—pt—h)

On trouvera de la même
manière, pour l'expression des inéga-
lités correspondantes du troisième satellite en latitude ,

/CS)
m', a'. n".il'—l").b
7-7
3

sïn.(2i/ — 5u' -^pt— A)


\ 71 n '
/
5M^ (L^— f )
. sin. (i."— a?/— pt — A)

Enfin la même expression devient relativement à s",

ZM\{L'- T) . sin. {y'— 3 U—pt—K )

iV," et Nf étant ce que devient N, , relativement au troisième et au

quatrième satellites. On doit appliquer au dernier terme de cette


expression , et, aux termes semblables des expressions de s' et de s",
ce que nous avons dit sur le terme correspondant de 5 , c'est-à-
dire que dans les éclipses , il se confond avec celui qui dépend
de l'inclinaison de l'équateur à l'orbite de Jupiter, et qu'ainsi,
il diminue l'inclinaison conclue de ces phénomènes. On doit ob-

server encore , que dans toutes ces expressions , on peut suppo-


ser sans erreur sensible

MÉCAN. cÉL. Tome IV. G


, —

5o MÉCANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE V.

Des inégalités dépendantes des carrés et des produits des

excentricités et des inclinaisons des orbites.

12. Ïl suffit dans le calcul de ces inégalités, d'avoir égard aux


inégalités séculaires analogues à celles que nous avons détermi-
nées pour les planètes, dans le n° 5 du sixième livre. Il résulte
de ce n° , que si l'on n'a égard qu'à l'action de m' sur ?7Z , la
partie de anR, dépendante des seules inégalités séculaires , est

— i.(o,i).{e° + c'=} +[ôyî] .ee'.cos.(^' <ot)

+ î • (o, • •
y\ COS. ( 7; - + >f
7,) } 5

j/, et y[ étant les inclinaisons des orbites de m et de sur le

plan fixe ; 7, et 7; étant les longitudes de leurs nœuds ascen-


dans sur ce plan.

La partie de ara. iî , dépendante de l'action du soleil, et re-


lative aux inégalités séculaires, est par le u° i ,

— i-[ô]-{e°+^'~>'H-2>i->'-cos.(7, — — 7)

Enfin, la partie de an.R, dépendante de l'ellipticité du sphé-


roïde de Jupiter, est par le même n°

^.{â^-f- 29.5.,. COS. + •

On aura donc
SECONDE P A RTI E, LIVREVIII. 5i

KCo) + R
— ^ — + + + (o,3)).e.co;.^
(o^0 (o.2)
AI?
an.aR=. a. (e. cos. ^ j
'Zir). l

{
— }
[o,i| .e'.cos.-w'
'

— [0,2^ . e". cos.V



.

[o^ .e'".cos.-w"'l
\

( — [o, I
[
.e'. sin. t!r' — lo,2| . e". sin. nir" — U),5 . e" . %ïn.'ûiy''\

-t^.{,,.cos.i,)if^°^-+0+(°i;)+(°'=')+«''^))->'--'. \
(+(o).ôxos.'i'— [oJ.>..cos,7— (o,i).j.;.cos.7;— (o,2).;;^\cos.7';— (o,3).>;xos.7;>

4-i.(>..sin7)
^l(«) + + ^°^O + (o.-) + (o.3)}.5..sin.7. )

'
(—{o)S.sm.-^—[ô\.y.?,ïn.']—(p, i).>;.sin.7;— (o,2).>\sin.7?— (o,3).5/;'.sm.7;
\

On a par le n° 6,

c.sin. =—^ 'Œr . sin. (^/-f-r) — etc.;


e . COS. ^ = — /z . COS. ( -f. r) — etc. j

les équations entre h, h', etc., du n° cité, donneront ainsi les


suivantes :

d. (e.
= + [ô] + (o^0+(o.2) +
sin. tt")
((o) (o,3)}.e.cos.<t3-

— [0,^ ot'—
[o, I ! . e' . cos.-zB-'— e" . ces. fo.,oJ .e .cos.'tjr -,

tZ.

5^ = -{(o) + [oJ + + (o,2)+(o,5)}.^.sin.-^


(e cos.ot")
. . . I 1

(o,i)

+ |ÔJT| . e'. sin. 1^,1] . e". sin. 't«r''+ fô, 3] .e"'.sin. -ar".

On a ensuite
^ = 3^, . sin. (2^— 7,).

En comparant cette équation à celle-ci ,

s=^l. sin.C^v -\-pt-{. A) + /. . sin. + p,t + A,) + etc.;

on a
y, . sin. 7,= — /, sin. (y»^ + A) ^ etc.;
.cos. 7,= / cos. (ycZ + A) + etc. .

Les équations entre du


/, etc. n° 9 donneront donc les suivantes :
— ,

53 MECANIQUE CÉLESTE,
^HZi^^_((o) + [g + (o,i)+(o,2) + (o,3)}..^,.cos.7,
--(o).9.cos.'f*+[^.>.cos.7+(o,i).>;.cos.7;+(op),5.;'.cos.7;'+(o,3).>f.cos.7fj

'^•^^•r"^'^
= {(o) + [o] + (o,0+;(op) + (o,5)}.>,.sin.7,
— (o) J. sin [o] . j'. siii .7— (o, i) .3 siu .7;— (op) ,5, siii J';— (o, 3) ,>f .sin ^

En substituant ces valeurs de d .(^e . sin. ts- ) , d . (^e'. cos. 'ttr


) ,

^/(j/, . sin. 7, ), <î?(5', . COS. 7,), dans l'expression précédente de


an dR; on trouve
. qu'elle se réduit à zéro.

Reprenons maintenant l'équation ( 2 ) du n° 2, ou plutôt sa


différentielled'où nous l'avons tirée dans le n° 4^ du second
livre ,

d .
Çzr .
d . S'r dr .
S'r^ 'San r^ni ^ '^^\

dt ~ y'i —
On peut ici faire abstraction du diviseur i K
e", et le sup- —
poser égal à l'unité. A la vérité, si le numérateur renfermait une
d S' V'
constante g, elle produirait dans "^^ , le terme ^^.e% à raison

de ce diviseur développé en série, et il serait nécessaire de con-


server ce terme. Mais la constante^ produirait dans cTPi , le terme
gt, et alors, ne serait plus le mojen mouvement de m, ce qui
est contraire à nos suppositions-, il faut donc que la constante^ soit
nulle, ce que l'on peut toujours faire, en ajoutant une constante
convenable à l'intégrale /dR.

Si l'on n'a égard qu'aux inégalités séculaires de e et de ^ar

on a
r = a.{ï — e.cos.(77/-f-« — j

cTr^ ai .j^.cos. (7?/+^ — /5r)+e.-^.sin. — (Sr)! ;

ce qui donne, en ne conservant que les termes multipliés par t

sans sinus et cosinus de nt , et négligeant les différences^ ^^"^ *


SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 53

li sont incomparablemqit plus petites que ^ et ~,


;i.r.dJr-\-dr.^r . ç d Ce.sin.rc) . c/. fe. cos.iî-) i

En différenciant et négligeant les différences et les produits des


... r de , d-ar
quantités^ et on aura

d.{ar.d.h +dr.r'r)
= 5.{e.cos.^.
^ _ ^ „ '^(e.sin.^) d(e .cos.'a^)^
^i-^.sin.^.-L__2|. .

" d.(e.cos.T^)
En substituant au lieu de ^(^^^^ l ^ leurs valeurs

précédentes j on aura

d.(2r.d.S^r4-dr.Sr) i r/ n , —
I 1 , / % ,
/" s ^

-i. (^"— ar)— 1. [^,3]


.
|ô77j .ee'.cos.('î3-'— .iïr)— [ô^ . e''e.cos. .e'"^.cos.(^"'—

Le terme /dM est nul par ce qui précède il résulte du n° 5 :

du livre VI, qu'en ne considérant que l'action de m' sur m,


et faisant ft = i, la partie constante de > q"i est mul-
tipliée par les carrés et les produits des excentricités et des incli-

naisons des orbites, est égale à

+T {••'»' -B^+oV (^)} . . {r;-'y.y. cos.a; -7) +>;].

L'action des satellites m" et m" produit des termes analogues.

L'action du soleil produit dans > le terme

— 2.0. {e^+H^—y^ + 2y,y . cos. ( 7, — — 7 ) }.

Enfin la partie de ~. ^ •(-^), dépendante de l'ellipticité de Jii-


— /

54 MÉCANIQUE CELESTE,
piter, produit le ternie

d o V
on aura donc ainsi l'expression de '^^
'

. Pour avoir celle de

ou, ce qui revient au même, de la projection de ff. cTt^ sur

le plan fixe, et divisée par di; il faut, par le n° 5 du livre VI,


ajouter a > la quantité
—jf-

T f n .sin.l,') . „ c?. fa-, . cos.7.') 1

ou

- f • {(o) + [o] + (o, + (op) + (o,3) ) .

I (o) 9
.
. .
.
cos.(^+ 70+î • • •
cos (
7,—7 )-|-i(o, i) .
.
cos.( 7,— 70

+ 1 . (0,2) .
5., . . cos.( 7 7';)+|(o,3) y, y- cos. ( .
.
. 7,— 7f )•

En rassemblant ensuite tous les termes de et intégrant j on


aura l'équation séculaire du satellite m. On doit observer ici que

eé , cos.(-jtr' vi)-=.e . cos-'Est . d . coè.^'-\-e . sin.-îjr .e' . sin.'SJ-'.

Par ce qui précède, e.sin.'Ztr est égal à la somme des termes


— h.sin.(gt-\-T) — /z, .sin. (g,i-\-T,) — etc. , et e.cos.-îjr est égal
à lasommecoiTcspondante —h .cos.(gt-{-T) — 7z, .cos.(^',f-f-r,) — etc.
e'.sin.'w', e'.cos.fw', etc. sont les sommes de termes semblables;
on aura ainsi dans l'expression de^^^, i°, des termes constans;

2°. des termes multipliés par cosinus de 2ot-j-2T, 2gJ-}-


les ,

(g
— g,')t-\-T — r,, etc. On pourra négliger les termes conslans,
parceque termes qui en l'ésultent après l'intégration , étant
les
proportionnels au temps , ils se confondent avec le mojen mou-
vement de m. On doit appliquer les mêmes considérations aux
termes dépendans des inclinaisons des orbites.
i3. Les termes les plus considérables de l'expression de 1 equa»
, ,,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 55


tion séculaire de m,
sont relatifs aux variations séculaires de l'équa-
teuc et de l'orbite de Jupiter ils sont analogues à ceux d'où ré- :

sulte l'équation séculaire de la lune, que nous avons développée


||||

dans le septième livre. Pour les obtenir, il faut substituer dans

l'expression précédente de —^, les valeurs de y.ûw. 1 , y cos. 7,

"ir, 9, ^, .sin. 7,, etc. trouvées dans le n° lO. On aura ainsi, en né-
gligeant les termes constans , et supposant que l'excentricité H
de l'orbite de Jupiter développée en série, est égale à fl",-{-i??-{-etc.
i/, étant la valeur de à l'origine du temps t H
^= 4\^.(i—xy.'L.l>t—6.(o).X\'L.bt

+ (i—A) . A {(o) -H [o]


.
+ (0,0 + (o,2) + (o,3)} . 'L.bi

—^.X.(o).'L.bl—i.(ï—X).^.'L.bl
4-|.(o,i).{(A_i).A'+(A'— O.Aj.'i.Z-^
+i •
(0,2) . {fA— . i) . A} . . be

~hl-Co,5).{ (A— I ) A"'+(A"'— I ) A )


. . . '.L . bt—4 . \V\ //, ci ; . .

d'où il est facile de conclure au mojen des équations entre A, A', A",
A", données dans le n° 10,

dt
= 4 —A)\
. ( I
.
"Z Z-^— 6(0)
. . A^ Jv .
4 [o]. . .
j

ce qui produit dans cT*^ , ou dans le mouvement du satellite m


l'équation séculaire.

2 • (i— A)^ . 'Z Z-r— 5 (o)


. . . A^ L > . Z>i^—2 |T| . . ST,

Nous observerons ici, que relativement aux trois premiers satel-


lites, les rapports qui existent entre leurs moyens mouvemens ,
changent considérablement leurs inégalités séculaires, comme on
le verra dans la suite.

Lorsqu'il n'j a qu'nn satellite, on a par le n"


10,

13+ (o)
, | ^

56 MÉCANIQUE CÉLESTE,
Dans la théorie de la lune, [ôj est incomparablement plus grand
que (o) ; on a ainsi à très-peu-près ,

ensorte que X diffère très-peu de l'unité; ce qui réduit l'expres-


sion précédente de l'équation séculaire , au seul terme — 2.rol.iy,c./*.

En substituant f. — , au lieu de o , elle devient — |. — .H^.cV;ce,

qui s'accorde avec ce que nous avons trouvé dans le n° 23 du


livre VII.
Après les termes que nous venons de considérer , et qui doivent
à la longue devenir très-sensibles , les plus grands sont ceux qui
dépendent des produits de 9/, b'I', etc. ; car on verra dans la suite,
que /, l' , etc. sont de petites quantités dont on peut négliger ici
les carrés, sans erreur sensible. Considérons, cela posé , le terme

^ •
E •
""^^-^
^
'

de l'expression de ^j-- Il est facile de s'assurer que

— ^>?.-cos.(7,—7) + >.;}

est égal à la partie indépendante de v , dans le carré de l'expression


de la latitude de m, sur le plan de l'orbite de Jupiter. Nous
avons donné cette expression dans le n° lo: en développant son
carré , en sinus et cosinus de v et de ses multiples , et négligeant
les carrés et les produits de / et de l'; on trouve pour le double
de la partie indépendante de ces sinus et cosinus

,N../^-cos.(^/-fA-->?')+/,.cos.(;;,^H-A,—
>Vfl'^j_orx

le terme précédent de produit donc le suivant :

/ (x—.^ Toi U
/^-cos-C/^Z+A— ^')+/,.cos.(;7,^ + A,—
Considérons
. . —

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 5j


Considérons ensuite le terme

— 3 (o)
. . {ô^+ 29 . cos.(^'+70 + y\}.
L'expression de la latitude du satellite m, au-dessus du plan de
l'équateur de Jupiter , est

X.6'.sin.(i'-f-'i'') + /.sin.(i' + ;of+ A) + /..sin.(v+yC7,«-|- A,)

-}-/. . sin.(y -f- PJ-+-A,) + h • sin.(v -{-pît-h A3) j

d'où il est facile de conclure que le ternie précédent de '^-^ pro-


duit le suivant :

—" W f^-cos.(;;Z+A — ^O + A.cos.C/^.i+A.— )


fi^n^ X
^ (pj + A. — + A3 —
fl' *
• ^ • •
COS. COS. (Pii i'' ) S
I -H ^3 •

Considérons encore le terme de


'

{aV.^co+«3^'.(î^^)|.(^;-.2>;.3...cos.(1;~.7.) + y;}.
Nous observerons que y'^ .cos. 7^— j', .cos. 7, et 5/\sin.7^ sin.7,

étant de l'ordre A qui est une très-petite fraction relativement


aux satellites de Jupiter, le produit —2y'y,.cos.(V —%)-^y'^ de
ces deux quantités est de l'ordre A*, et qu'ainsi on peut le né-
gliger sans erreur sensible.

Considérons enfin le terme de

i . {>..cos.7,. ^^^^
'
-y, sm. 7, }.
.

Il est facile de s'assurer que l'on a

y, COS. 7, = — (A i) .
9'. cos.'*''-}-/. cos.C;t7if4-A)-j-etc.— j'.cos. 7 ;

y,.sm. 7, =— (A— sin.SP"' — sin.(/t7r-f-A)— etc. y. sin.7 }

le terme précédent produit ainsi les suivans:

V g/ (pl. COS. (pt + A—-i'')+pJ,. COS. {p,t + A, — -<i'-) i

MÉCAN. cÉL. Tome IV, H


^

58 MÉCANIQUE CÉLESTE,
Maintenant si l'on réunit ces difFérens termes, et si l'on intègre;

ou aura pour la partie correspondante de cTp,

C- 5in.(pf+A— ^
. . sin. + A, — î
cr.-;=;-{6.(o).A+4-(i-^)-E|)-6'-Y / h
• V + _f . sin .
•* ')
+- • sin (A'si + ^ 3—

Cette partie de cT/^ est peu sensible, et l'on peut n'y avoir égard
que relativement au quatrième satellite. Elle doit être modifiée
relativement aux autres satellites, en vertu des termes dépendans
du carré de la force perturbatrice.
Si l'on transporte cette expression à la lune , où l'on a vu que

X =z= I — ~: , et relativement à laquelle p est à très-peu-près égal

à [ô] j
on a

équation qui coïncide avec sa correspondante trouvée dans le n° 29


du livre VII, en supposant dans celle-ci l'oblicpiité de l'écliptique
très-petite.
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 5g

CHAPITRE VI.

JDes inégalités dépendantes du carré de la force


perturbatrice.

14. Nous avons déjà considéré dans le chapitre VIII du second


livre, la plus remarquable de ces inégalités. Elle dépend, comme
on vu, de ce que dans l'origine, la longitude moyenne du
l'a

premier satellite , moins trois fois celle du second , plus deux fois
celle du troisième, a très-peu différé de la demi-circonférence j
et alors, l'attraction mutuelle de ces trois satellites a suffi pour
faire disparaître cette différence. Nous allons reprendre ici cette
théorie délicate, par une autre méthode; lui donner plus de dé-
veloppement , et déterminer son influence sur les diverses inéga-
de ces satellites.
lités

Si l'on considère les orbites comme des ellipses variables; ^re-


présentant la longitude moyenne du satellite m, on a par le n° 65
du second livre,
ddï^ = Zandt . dR.

Ne considérons dans l'expression du moviveraent des satellites,


que les —
termes dépendans de l'angle ni 5n't -j- 2n"t + — SZ+Sé"^
ê

et qui ont pour diviseur Çn — 5n-\-2n"y, l'extrême petitesse de


ce diviseur poiavant les rendre sensibles. Il est clair que 5andt.dR
renfermant des termes dépendans de l'angle dont il s'agit; ces
termes acquièrent par la double intégration, ce diviseur. Mais
ils ne peuvent être introduits dans v, que par l'expression de ^; car

il est facile de s'assurer par l'inspection des valeurs de de


, dtir,

de, de', etc. données dans le chapitre III


du second livre, qu'elles
ne peuvent produire dans v de semblables termes , du moius si
l'on n'a égard qu'au carré de la force perturbatrice. En ne coa-
Ha
— ,

6o MECANIQUE CÉLESTE,
sidérant donc que les termes qui doivent par les infcgratlons
acquérir ce diviseur j ou aura

ddi> = 5andt . di?.

On aura pareillement

ddv"=.^<i"n\dt.^'R\

R' et R" étant ce que devient R relativement aux satellites m' et m%


et les caractéristiques d rapportant respectivement aux
,
d', d" se

coordonnées de m',m'',Ilfaut maintenant déterminer les termes de


à,R, ^R', d"iî", qui dépendent de l'angle /z/—3«7+27z'V-t-£—3ê'+2é''.

Les expressions de R, R', R" ne renferment point d'angles dé-


pendans de v —
^v'-^-su"; elles ne donnent par leur développement,
que des termes dépendans des rayons vecteurs, des latitudes, des
élongations v— p', v — v", v — v" , des satellites et des multiples
de ces élongations. Mais en y substituant au lieu de r, v, v' , etc.

les parties de leurs valeurs dépendantes des forces perturbatrices j


il peut en résulter dans à.R , d'iî', d''^", des termes de l'ordre
du carré des forces perturbatrices, et dépendans de l'angle
nt —
•'hn!t-\-in"t-\~s —
36'+ ae". Nous avons déterminé précédem-
ment les perturbations de r, v, r' , v', r", 2^"; et nous avons vu dans
le n" 4 que les principales inégalités de r et de z', dues aux forces
perturbatrices dépendent de l'angle 272/ —
2«'/j que celles de r et
de v' dépendent des deux angles nt 'Ti't et 2/z7 —:in"t; enfin, que

celles de r" et de î»" dépendent de l'angle n't —


n"t. Ces inégalités

acquièrent par les intégrations , de très-petits diviseurs qui les


rendent beaucoup plus grandes que les autres inégalités, ensorte
que l'on peut ne considérer qu'elles dans la question présente.
Quelques-uns des argumens de ces inégalités, en se combinant
avec les élongations des satellites, et leurs multiples, par ad-
dition ou par soustraction, peuvent former l'angle nt "^n' t-\- an!' t. —
Les argumens ant —
zn't et n't —
n!'t ne peuvent visiblement le

former par leur combinaison avec les angles v v' , v v" , v' —
z»", — —
et leurs multiples, y changeant v , v', v" , dans nt \- s, n't-{-&f
en
n'i-^-i'; ainsi dans les expressions de dR, à'R', d"R% on peut se
, .

SECONDE PARTIE, LIVRE VIIT. 6f


dispenser de considérer les perturbations des satellites m et m" ;

il suffit d'avoir égard à celles du satellite m' Son inégalité re-


.

lative à l'angle an't — 2n"t , en se combinant par voie de sous-


traction avec l'angle v — v', et son inégalité relative à l'angle
nt — n't,combinant de la même manière avec l'angle if'
en se — ^u",
produisent des termes dépendans de l'angle

Considérons terme m' .A'-''^ .co%.(v


le — a^') de l'expression de R.
En n'ayant égard qu'à ce terme , on a

—^ j .dr. COS. ((^ — (


')

Si l'on néglige les perturbations de et les excentricités m des


orbites, on a dr=:o et df ndt; partant —
àR-=. — rd.A^'^.nd. %va..(v — v');

ce qui donne dansdi?^ les termes de l'ordre du carré des forces


perturbatrices

.
^^'5 . ndt. S-v' . coi.(y—v')—m' .
(^^) - ndt . J^r' . sin . (^'~/).

On a par le n" 4> considérant que les perturbations dé-


pendantes de l'angle 2n't — s/i"/,

-7-=
a'
-r—,
2.(a7i' — 2/1— TT^
-,

iN')
. +
COS. (un t in t '
2ê 2= ) :

Sv' = —r— —

zn
"

a;i
„'

T77
A'
. sin. (2n't—^2n''t +
^
— 2i' 21").
/

En substituant ces valeurs dans les termes précédens ; en ne con-


servant que les termes dépendans de nt 5n't-\- 3n"i — , et obser-
vant que n est à fort peu près égal à 2n'; on aura

idt.àR=z .dt\sm.0it-Sn't+an'ti-(~5/+ZB"),
^.{2n'-2,i"—N')
8.(27l'— 2;i"— A")

On a à très-peu près par le n" 4,


. , — ^ ,

62 MÉCANIQUE CÉLESTE,
G=»'.^c.,_„...(égi).,

de plus, zn' —'in' est égal à n du moins à très-peu près —


ensorte que leur difiFérence est jusqu'à présent insensible; on aura
donc, en changeant nt-\-e, n't~\-i, n"t~\-t, respectivement dans
V , v' , v", ce qne l'on peut faire ici , et en substituant ddt^ au lieu
de ^afîdt.dR,
Zn?.m'm" .=^.F'G
ddv :

8.(.-n'-A0 •
sin. (i' - + 3^'

La partie de R
relative- à l'action de m" sur m, ne renfermant
que des termes dépendans de l'angle v v' et de ses multiples j —
elle n'ajoute aucun terme à cette valeur de

Considérons présentement le terme m. COS. (i' v') , de la

partie de l'expression de R' qui dépend de l'action de m sur m',


comme on l'a vu dans le n' 4- En n'ajant égard qu'à ce terme,
on a

d'il' =m . A^^ . dv' . sin. 0' — /) + m .dr'


.{^
. ces. {y — v').

Cette fonction développée renferme la suivante ,

m.
[ . . d^v' . sin. {y—v')^in. dJ^r' .
(^-) • cos.

-m.A^P .n'dt.S'v' .cos.(y —/)4-to da'


.n'dt.Sr' .sin.Çv—i^').

En substituant pour cTr' et «T/, leurs valeurs précédentes , et ob-


servant qne «" =
}.«', à fort peu près , et que l'on a par le n* 4>
d'une manière fort approchée ,

dji^
da'

on aura
m ni' .F'G.df^
tr f / 7. 1/Ti/ ^/i'
3a' n'dt d'iî'= - ^g_(^_„._^,/j
. .


.

im-(y—
, >t /

+ 2ui _ i?\
).
— ;

SECONDE PARTIE, LIVRE VTII. 65


On peut observer ici, en comparant deux expressions pré-
les

cédentes de Sa/idl .dR, et de 5andl.à'R', que l'on a

0:= m. dR + ?7i' . d'R'

ce qui est conforme à ce que nous avons trouvé dans le n' 65 du


second livre.
La partie de iî' relative à l'action de m" sur m' renferme le
terme m" .A'^"'^ .cos.(2v' — zp"). Eii n'ajant égard qu'à ce terme,
on a

d'R'—— 2m". A'^'\ dv'. sin.Ca/— 2/)+7«Vr'. coS.(2/— 2/).

Cette fonction développée renferme la su'ivante,

—2TO".^'W.(i'J'v'.sin.(2/—2/)—4;7î\^'W.;ïV/.J^/.cos.(2/— 2/)
~2m".ndUr'.(^-^^^ .sin.(2/— aO+^ra". ^^^'(^^) .cos.(2/—2/).

On a par le n° 4f en ne considérant que l'action du satellite m


sur m',

Sr'
—r= -,
m.n' .G

;
jvT^ • cos.
, ,
{nt-~nt + —
,

i é')

—y""; .sin.(/z/ n't-i-i — t');

En observant donc que 71 = 3n' a fort peu près , et que l'on a


par le n° 4 l'équation très- approchée^

. = -4a'.^--.-.(^);
on aura

5a' n'dt d'R'


. . == gl^Éi^r^^T^ F' G • . sin. (-y— 5/ +2/).

'

En l'éunissant ces deux valeurs de 5a'n'dt .d'R', on aura

Il nous reste à considérer la valeur de d'/î". Le terme de R


64 MECANIQUE qÉLESTE;
dépendant de — par ce qui précède
at-' iv" est , , égal à
m'.^''^*^cos.(2P'' — 2/); en n'ayant donc égard qu'à ce terme,
on aura

Î^^).C0S.(2/—

Cette fonction renferme la suivante,

4m^^'w.nV/.J^/.cos.(2/--2/)+2m'.«V^£rr'.(^î^j.sin.(2/--2/).

En substituant pour cTp' et J^r', les parties de leurs valeurs qui


dépendent de l'angle nt —
«7, et observant que re's=j«, et
71" =:^n à fort peu près^ on aura

d'où il est facile de conclure qu'en n'ajant égard qu'à l'action ré-
ciproque de rn' et m", on a

o:=:m'.d'R' + m'.d'R';
ce qui est conforme au n° 65 du second livre. On a donc

ddu" 3n? .mm' .F'G cl . , 1 i , ii\

df- 64- ('î n — A*) a ^ '

Soit

7 3n.F'G (a , B,Q g ,
1"

et nommons (p l'angle v — + 5p'' 2p"; on aura, en réunissant les


1
valeurs de
, ddv
^ .
.

^
3 ddv'
, et
3 ddv"
.

^^Â:.7.-.sin.(p.

i5. On
peut supposer dans cette équation, k et «' constans
parceque leurs variations sont très-petites 5 son intégrale donne
alors

Y C — Zk.iv' .COi.<f

&
.

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 65


c étant une constante arbitraire dont la valeur peut donner
lieu aux trois cas suivants :

Cette constante peut surpasser a/c.ra^ abstraction faite du


1°.

signe alors elle est nécessairement positive l'angle db (p croissant


-,
:

indéfiniment, il devient égal à une, deux, trois, etc. circon-


férences j

2°. La constante c peut être moindre, abstraction faite du


signe, que iikn% k étant positif. Dans ce cas, le radical
y c — devient imaginaire, lorsque rbç est égal à zéro, ou
^A'/z^.cos.cp
a une , deux, etc. circonférences ; l'angle cp ne peut donc alors
qu'osciller autour de la demi-circonférence à laquelle sa valeur
mojeune est égale ;

Z\ La constante c peut être moindre , abstraction faite du


signe , que 2^«" , k étant négatif. Dans ce cas , le radical
y c — 2^/^^cos.(p devient imaginaire, lorsque icp est égal à un
nombre impair de demi-circonférences j
l'angle cp ne peut donc
alors qu'osciller antour de zéro , ensorte que sa valeur moyenne
est nulle.

Le cas de l'égalité entre c et dizzkn^ peut être censé compris


dans les précédons il est d'ailleurs
: infiniment peu probable.
Voyons lequel de ces difFérens cas a lieu dans la nature.

Nous verrons dans la suite, que k est nne quantité positive;


ainsi le troisième cas n'existe point, et l'angle ±(p doit ou croître

indéfiniment , ou osciller autour de la demi-circonférence.


Supposons
(p = db (îs-
j

'7C étant la demi- circonférence dont le rajon est l'unité nouf


;

aurons

Y ç-\- zhn'- .COS. isi

Si les angles db(p et -ar croissent indéfiniment, c est positif et


plus grand que 2kn^; on a donc dans l'intervalle compris depuis
^= jusqu'à mr égal au quart de la circonférence, dt <— y n. 2k
MÉCAN. cÉL. Tome IV. I
, j

66 MÉCANIQUE CELESTE,
et parconséquent / <— -7=5
2k
ainsi le tems t que l'augle tïï em-
n. Y
ploierait à parvenir au quart delà circonférence, serait moindre
que ——7='
y
ara
Nous
. 2,k
verrons ci-après que ce tcms est au-dessous de

deux années; or depuis la découverte des


ts- a satellites, l'angle
toujours paru nul, ou du moins très-petit; ne croît donc point il

indéfiniment, et il ne peut qu'osciller autour de zéro ensorte


que sa valeur moyenne est nulle. C'est ce que l'observation con-
firme, et en cela elle fournit une preuve nouvelle et remarquable
de l'attraction mutuelle des satellites de Jupiter.
De là résultent plusieurs conséquences importantes. L'équation
V — 3(^'-}- 2p"= TT-f-^ , donne en égalant séparément à zéro , les
quantités qui ne sont pas périodiques


ni 5n't-\- 2n't-{-e — 55'-f-2e"=7r ;

d'où l'on tire «— 5n' 2n" —


o. Ainsi, 1°. le moyen mouvement
du premier satellite, plus deux fois celui du troisième, est rigou-
reusement égal au triple de celui du second satellite; 2°. la lon-
gitude moyenne du premier , moins trois fois celle du second ,
plus deux fois celle du troisième, est exactement et constamment
égale à la demi-circonférence. Le même résultat a lieu relative-
ment aux longitudes moyennes synodiques; car on peut dans
l'équation

72if — 3/27 -f- 2 «7 + — ê 3ê'


-f. 2 ê" == TT.

un axe mobile suivant une loi quelconque ,


rapporter les angles à
puisque de cet axe disparaît dans cette équation
la position
on peut donc y supposer que nt-j-e, n't~\-e, «"/-f-e" expriment
des longitudes moyennes synodiques.

De là il suit que les trois premiers satellites ne peuvent jamais


être éclipsés à-la-fois. En effet, nt~\-t, n't-\-i', n"t-\-k' étant
supposés exprimer des longitudes moyennes synodiques , on a
dans les éclipses simultanées du premier et du second satellites ,
nt-\-i et n't-\-i égaux à tT; l'équation précédente donne donc
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. G
ainsi la longitude moyenne du troisième satellite est alors égale
à I TT.

Dans les éclipses simultanées du premier et du troisième, + g

et rit-\'i sont égaux à -tT} ce qui donne

3«'^ + =5â' 27r ;

ainsi la longitvide moyenne sjnodique du second satellite est


alors \ tt. Enfin., dans les éclipses simultanées du second et du
tBoisième satellites, + et n!'t-\-t" sont égaux à -Tf) ce qui
donne
-f- Ê =: 2-7?.

La longitude moyenne synodique du premier satellite est donc


nulle alors, et au lieu d'être éclipsé, il peut produire sur Jupiter
une éclipse de soleil.
Ona vu dans le n° 4 que les deux principales inégalités du se-
cond satellite, produites par les actions du premier et du troi-
sième, se réunissent en vertu des théocêmes précédens, dans un
seul terme qui forme la grande inégalité que les observations
ont indiquée dans le mouvement du second satellite; ces inéga-
lités seront donc constamment réunies, et il n'est point à craindre

que dans la suite des siècles elles se séparent.


Sans l'action mutuelle des satellites , les deux équations

n — 3«' -f- a/z' =o ;

n'auraient aucune liaison entre elles ; il faudrait supposer d'ail-


leurs, qu'à l'origine, les époques et les moyens mouvemens des
ont été ordonnés de manière à satisfaire à ces équations,
satellites
ce qui est infiniment peu vraisemblable; et dans ce cas même,
la force la plus légère, telle que l'attraction des planètes et des
comètes, aurait fini par changer ces rapports. Mais l'action réci-
proque des satellites fait disparaître ces invraisemblances, et donne
de la stabilité aux rapports précédens. En effet, on a par ce qui
précède, à l'origine du mouvement

/"^ ~
~
dv Z.dv
TS^-liÂ"-^-^ — K
, a.dv"
^^^
,

a/t.cos.(6
',

— ~, -f-aO.

I 2
,

68 MECANIQUE CELESTE,
c étant moindre que 2kn''\ il suffit donc pour l'exactitude des ttéo-
rêmes précédons, qu'à l'origine, la fonction — ~^l^t~'^^*
été comprise entre les limites

+ 2/t.sin.(i.g— + |e'

— 2y^.sin.(l.£--f6' + ê");

et pour la stabilité de ces théorèmes, il suffit que les attractions


étrangères laissent toujours la fonction précédente dans ces limites.
Les observations nous apprennent que l'angle m est très-petit

cos.'W= i
et qu'ainsi l'on peut supposer — \.<^'' ; soit donc

c -f- a/;7i°

€ étant une arbitraire, à cause de l'arbitraire c qu'il renferme j

l'équation différentielle entre ^nr et t donnera

tzs- =: S .sin. (ni .y k -\- ^) ;

jd étant une nouvelle arbitraire.


Le mouvement des quatre satellites de Jupiter étant déterminé
par douze équations différentielles du second ordre ; leur théorie
doit renfermer vingt-quatre constantes arbitraires quatre de ces :

constantes sont relatives aux moyens mouvemens des satellites, ou,


ce qui revient au même, à leurs moyennes distances quatre sont :

relatives aux époques des longitudes moyennes huit dépendent :

des excentricités et des aphélies, et huit autres dépendent des in-


clinaisons et des nœuds des orbites. Les théorèmes précédens éta-
blissent deux relations entre les moyens mouvemens et les époques
des longitudes moyennes des trois premiers satellites , ce qui ré-
duit à vingt-deux, ces vingt-quatre arbitraires. C'est pour y sup-
pléer, que l'expression de -ît renferme les deux nouvelles arbi-
traires Q, et A.
Si l'on reprend la valeur précédente de ^ ; en y substituant

K-^Q.ûxi.int.V k-\-A), au lieu de î' — "in' -\- iif ; on aura

ààv Zr? .ttÎ . m' F' G


. a ^ • / . i / r" • -<\
,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL G9


ce qui donne en intégrant et négligeant les constantes arbitraires
qui font partie de l'époque et de la longitude moyenne

m F' G
^ =- Zn? m!
8 n^k
.
.

.
.

in-n'-N')
.


'a
^ •
-
^ sm.

, y-

(
^
.
«/T
A: + ^^\
>

} )

et parconséquent , en substituant pour A: , sa valeur, on a.

^
e.sin. {lit. v/fe +^ )
'

_l_
ga'
;
-m
.m a"
l
4a. m' ~^ 4a m" .

On trouvera pareillement

-, e sin. {nt. \/k-\-A)


4a. m . .

qa .m
1+^^ ,

^"
4a. m' 4^^-

^.C.An.{nt.K/k + A)
oa .771 a .m
1 + 4a 7,
. m' 4a m" •

Les trois premiers satellites sont donc assiijétis à une inégalité


dépendante de l'angle nt. V
k-\-A. Les observations seules peu-
vent fixer son étendue qui dépend de l'arbitraire Q , et l'instant
où elle est; nulle, et qui dépend de l'arbitraire A. Cette inéga-
lité mérite une attention particulière de la part des astronomes :

on peut la considérer comme une libration des mouvemens raojens


des trois premiers satellites, en vertu de laquelle la différence des
deux premiers, moins le double de la différence du second et du
troisième , oscille sans cesse autour de la demi-circonférence :
par cette raison , nous désignerons cette inégalité sous le nom de
libration des satellites de Jupiter. Elle a beaucoup d'analogie
avec la libration du sphéroïde lunaire , dont nous avons donné
l'analyse dans le chapitre II du cinquième livre elle remplace^ :

comme elle , deux arbitraires des longitudes mojennesj elle est en-
core insensible comme elle, ce qui tient aux circonstances particu-
lières des mouvemens primitifs des satellites.

Les rayons vecteurs des trois satellites sonf assujétis à la même


inégalité. En effet, elle produit dans l'expression du moyen mou-
,

70 MÉCANIQUE CÉLESTE,
veraent Jndt, l'inégalité

g.sin.(7ît. \/k-\- A) _

Çfdm a m '

ce qui donne dans n considéré comme variable, l'inégalité

nX. \/ k. .V'7<+ A)
COS. Qit
a"m
C)am
^ '^4^'^ 4am"

En désignant cette inégalité par cT/z, et observant que az^n \


on aura
f.
9 ill
'
n

c'est la variation du rayon vecteur r , dépendante de l'inégalité


précédente. On obtiendra de la même manière, les variations cor-
respondantes de r' et r".

i6. La libration des trois premiers satellites de Jupiter modi-


fie toutes leurs inégalités à longues périodes: elle donne à leurs
expressions une forme particulière qui les lie entre elles , et
qui est un cas très-singulier de l'analjse des perturbations. Sup-
posons que A.sin.(zY-j-o) soit une inégalité à longue période, du sa-
tellite m , qui aurait lieu si elle n'était pas modifiée par l'action
des deux autres satellites. Soient X'.sin.(/i-j-o) et X'.sin. {it-\-d),
les inégalités correspondantes des satellites nï et to"; on aura, en
n'ajant égard qu'à ces inégalités,

àdv
/''.A . sin. (z'^-^-o) ;

i"-. A', sin. {it-\-o);

V"
rj-= — A", sin. (//-j-o) j

Mais on a par ce qui précède , en ne considérant que l'inéga-


lité de la libration
m , o

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 71

ddv /:.7^^sin.(v— 5/+at/")


dt^ c^a'm dm

En réunissant ces deux valeurs de on aura

ddv kn'-.ûn.Cv — + Si-' ai/") . , . . \

1 1^--
^am' /{am"

Soient donc Q.sin.(it-\- o) , Ç'.sin.(zV o) et Q''.sin.(/f o) , + +


les inégalités de v , v et v' , dépendantes de it-]-o, et modi-
fiées par l'action réciproque des satellites. En supposant v—'Si''-\-2ui'
égal à
-7r
+ (Ç — 3Q' + 2Q").sin.(/i+o)j
on aura

ddv Si" .K
.9" « f .sin. (zZ-f-
dV j ^ 1
I

d'où l'on tire, en substituant Ç-siu-C^V + o) pour i', dans le pre-


mier membre" de cette équation

On trouvera de la même manière

4a,

a'
Sam'
(qa m a m\
4am 4"'" /

Ces trois éqimtions donnent ',-


, ,,

72 MECANIQUE CÉLESTE,
parconséquent

V =:/A -\ ^—
J- -r—r\ .Sin.(i/ + o);
— Sa -)-aA
f.'
.

= <X' ^ -,

-,
)

^r-r\
.

.%\.n.{it-\-o);

\ 40771 4am"/
-Il

-T,.hn'. (a_3à'+2;/')
, ,
8a77i" . • / V I \

On doit faire ici une remarque importante. L'analjse précé-


dente suppose beaucoup plus petit que n
/ in!, ou re' o.n' — —
En effet, pour pouvoir changer, comme nous l'avons fait dans
le i4, nt-\-i, iït-\-î, n"t-\-i, respectivement en v,
n" v' , v"
dans l'angle nt —
'^n't-\-in"i-\-i 3c' 2ê"j il faut que le — + même
changement soit permis dans les expressions de et de S'u'

dont nous avons fait usage dans Je n" cité. Ces expressions dé-
pendent des angles nt «V+ê— ê', — et 2n'l~2ri't-{-2i' — 2'.
Considérons d'abord la partie de dépendante de l'angle

nt —
7z'f-f-£ —
g'. On a par le n° 5 , en n'ajant égard qu'aux
termes dépendans de cos.(î' —v)

P étant un coefficient constant. Si l'on substitue pour v , nt-{-&


-f-Ç-sin.(iV-j-c>), et pour v' ,n't-\-t -{-(^ .sm.(it-\-o); on aura en
développant cos.(i' — v'^ , en série ,

o^^^.+l^'^.'^'^P .<^o,.{nt^n't+.-i)
+ ^ (Q — •

2
. coiXnt — nit -f-
-
i—i'—it— o )

d'où
— — , ,

SECONDE PARTIE, LIVRE 75 YIII.


d'où l'on en intégrant, et observant que i et n
tire 2«' sont —
très-petits par rapport à , et que JN' diffère très-peu de

/(T/
—r^
a'
=— P
n.{ri~ii


-,

A')
.COS. {nt-'rit-\-t
^
— e')
'

p f Q' Q)

~ i;rT;éfe#^ • COS. («i ~ + «'i 6'


+ +0 ).

Si l'on suppose assez petit pour pouvoir être négligé sans


^_J_^,7
erreur sensible, on aura

,j,
,
p rcos. (nt— n't + ê— s') .

• \.~ 3 l_cos.(rtt— n'i + £— s'+ji + o) /)


En substituant v et respectivement t^owx nt-{-i-\-Q.%in,(^it-\-o)
2^'

et «'/-|-e' + Ç'-8in.(zï+£)), on aura

—7j-= — ; -rry- . COS. (P —U ).

Il est aisé de voir que l'inégalité correspondante de cTp' sera

7
n.(7i
2.P
''

n

— ^-sin-Cî^
A" ) ^ '

On appliquera le même raisonnement aux parties de et de


tTp'' dépendantes de l'angle 2n't — 2n''t-\-2i' — 2e', et l'on trou-
vera que l'on y peut changer semblablement les angles n't t et +
r!!t-\-i , respectivement dans v' et v" , pourvu que l'on ne considère
que les inégalités de v' et de v" dépendantes d'un angle quel-
conque it-\-o, dans lequel z est beaucoup moindre que « 2«', —
ou 2/z". —
L'inégalité dépendante de Mt E J," que nous avons déter- + —
minée dans le n° 8, est de ce genre; sa période étant environ
dix fois plus grande que celle de l'angle 2n't. L'expression —
de cette inégalité , trouvée dans le n" cité, donne en la compa-
rant à celle-ci X.sin.(it-^o)

Il ' n ' n
MÉCAN. cÉL. Tome IV. K
74 MÉCANIQUE CÉLESTE,
d'où l'on tire

A— 3A' + 2X'' = — Si^.fî-j


m on a donc , en n'ajant égard qu'à cette inégalité ,

d ;= • ; I H ; ;
t,—rC H. sin. (Mt-\-E—
- ) 32.a77i".(i¥'-/i7iO.(i+^; + j

Nous avons déterminé dans le n" 12 les inégalités séculaires


des satellites. Leurs parties les plus sensibles. sont celles qui dé-
pendent des variations séculaires de l'orbite de Jupiter et de la
position de son équateur. Les valeui's de i qui leur sont relatives
sont très-petites, ensorte que l'on peut négliger eu égard à kn''"^
on a donc, en ne considérant que ces inégalités,

y =3 2'. 5 ^ 9a'7?t a m [ . ûa..{it-{-o) ;

.y Oq' 77t. (A — 5/+ 3-.")


1

\ 4am i\am J)

la caractéristique 2' 'se rapportant, comme dans le n° g, à toutes


les inégalités de la forme sin,(// + o). De là on tire

ainsi les inégalités à- longues périodes , dans lesquelles est

considérablement plus petit que kn'' , ne troublent point les rap-


ports que nous venons d'établir sur les longitudes moyennes et
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. yS
sur les moyens mouvemens des trois premiers satellites: par l'ac-
tion mutuelle de ces corps, ces inégalités se coordonnent de ma-
nière à satisfaire à ces rapports. C'est ainsi que nous avons vu
dans le n" i6 du second livre/ que l'action de la terre sur le
sphéroïde lunaire, fait participer le mouvement de rotation de
ce sphéroïde aux inégalités séculaires de son mouvement de ré-
volution, et maintient par-là l'égalité de ces deux moyens mou-
vemens.
Représentons par C.r, C.^' et les équations séculaires
des trois premiers satellites, dépendantes des variations séculaires
de l'orbite et de l'équateur de Jupiter , et même de la résistance
de l'éther , et qui auraient lieu sans l'action mutuelle de ces
corps. On
aura ces équations séculaires, en développant en sé-
ries , 2'. A. sin.(/«-l-o)
, S'.X'.sin. (/f o), 2'.À".sin.(zV+o) , +
jusqu'aux secondes puissances de /, et en observant que les termes
des séries , indépendans de t se confondent avec les époques des
longitudes, et xjue ceux qui dépendent de la première puissance
de t se confondent avec les moyens mouvemens. Les expressions
précédentes de p , v', v", donneront ainsi pour les expressions des
équations séculaires modifiées par l'action réciproque des sa-
tellites,

il
l
'
-t-
, aam,

4am'
,

-T
a
/^am"
Tn \
\
;
.t \

^, Za'm. (_C — 5C+2C) N

, / aa'm am \ \ .

d'm.jC—ZC+Q.C") 1

\ 40771 40771 /J

Ces valeurs peuvent être employées sans erreur sensible, pendant


plusieurs siècles, et elles suffiront pendant long-temps aux besoins,
de l'astronomie.
17. Les rapports presque commensurables des moyens mouve-
mens des trois premiers satellites ajoutent des termes sensibles aux
équations (z), (z'), (i"), du n° 6, qui déterminent les variations
des excentricités et des périjoves des orbites. Reprenons en effet
K 3
— \ '

j6 MÉCANIQUE CÉLESTE,
les valeurs de df et de df' du n° 67 du second livre. Elles donnent,
en observant que i à fort peu-près,

d. (e cos,'7jr)=;
. — ~^ÉL=.{2.cos.^'-\-je . cos.'Zîr-f4e.cos.(t/— -aj-)}.
^-^^
^~~"^~*
— a^ndt — .y/' . sin. v-f-^h
/ cll{.\

d.(^e.%m,'ixi)^—'-;^^^==\2.ûxi.^^

H- a^'ndl . y/' i— . cos. v .

Si l'on néglige l'excentricité e dans le second membre Je cette


équation , et si l'on ne considère dans R que les termes

— ^^~|^^ + m' . . cos. (2(^ — 22;'


) j

la première de ces équations donnera , en y substituant a'+arcTr,


au lieu de et + ê cTf^ , au lieu de

d .{e .C'0'S>>t!f^'=^ ^cindt .m'A^'''^ — . sin.(2f


cos.» 2^»') .

-—a'nd£. m . ( cos.(2f — 2p).sin.t'


J.

— . . sm.(nt+é) — ndt . cr*'.cos,(«/-f.ê)

H- 4«^/ .
fci^^ ^ . sin. («^ + 0.
Ne considérons dans le second membre de cette équation , que
les termes dépendans de l'angle nt — 2«'^ + — é 2s'j et observons
que l'on a à très-peu-près par. le n° 4>

rfr
cû-
— — a« — A')
—V = -— 2.(2«
m' . nF
-,
^ . COS. (2«r
^
, ^
2«/+2£—-as, ,

,
^
}

tTp = 271
^
— ""T
2ra —N . sin. C272/
^
— 2«7 + 2« — 2s')i •'

ti que l'on a par le même n%


,. — — ;

•SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 77


on aura
j
<ï.(e.cos.'w)=:
^
N
'
m'.F.ndt
3
.
C
<
1
1
271
(o)
^^-7
211 — N)
1
;r7>-.sin.
• /
(nt, — zn + — t
,
s 2= ).

La longitude moyenne dans l'ellipse variable, est augmentée


par le n° 7^ de termes qui deviennent sensibles à raison des

grands diviseurs qui les alFectent , et qui dépendent de l'angle


nt-m2n't-\-é —
2i -{'gt-\-Y. Soient

Ç.sin.(«/ 2n't-\-e — aZ + + r); g-f

Ç'.sin.(772t — 2i -{-gt-\-Y);

les termes de v et de dépendans de cet angle. Il faut augmen-


v',

ter nt et n't respectivement de ces quantités dans le terme pré-


cédent,

m'.F.ndt
E

c

1 ^ — 2» - _ Co) 1

. ,
sin. ( »^ — 27> ^ + — 36
g
);

et il en résulte dans l'expression de d .{e .cos.fw) , le terme


m! .Fndt C (d) ^, „
-4—- V "~2T3rsz=iv} 1

,
C^Ç'-Ç)
.

• sin.C^^+r).

On a par le n° 6

e cos.'^r = — h. cos. (gt + r)


il faut donc augmenter la valeur de hg donnée par l'équation (/)
du même n" , de la quantité

m' . Fa

ce qui revient à retrancher cette quantité, du second membre de


cette équation. Le terme

est de l'ordre du cube de la force perturbatrice; mais à raison


de la grande ellipticité du sphéroïde de Jupiter; et de la com-
raensurabilité très-approchée des moyens mouvemens des deux
. — —
, . ' ,

78 MÉCANIQUE CÉLESTE/
premiers satellites, la fraction p^j
est à-peu-près égale à j;

il est donc nécessaire d'y avoir égard.


L'expression de d(e .cos. donne pareillement, en ne consi-
dérant dans jR' que les termes

^m'.A<i'K COS. ((^~v') + m" . A'^'^ . cos. ( 2/— 2v')


d. {e' . cos. 'w')= — 2a' . lïdt . m . A^^ . sin. (f p') . cos.f

— a'*
n'dt.m . [
^J,
) . cos.(f v') sin.w'

-f- 4 a' n!dt m"


. . . A"^'^ . sin.(2/— 2^-') . cos.f'

a'' . n'dt . m" .


(^^) cos-Cap'— az^") . sin. i^'

^ ^-^^i^ sin.(nt+e')—n'dtS-^^^
n'dt. . . cT*.'. cos.(ra'fH-E')

+ 4«'^.Çî^. î:^.sin.(«'^+0;
or on a par le n" 4 >

r'<r/ m. 11. G . . /. , ,^
m'.n'.F' , , , , ,

"•^ — n—n'—N' ^ ^ ' '


n—n'-JS'

Par le même' n% on a à très-peu-près

on aura donc, en ne conservant que les termes dépendans des


angles nt 2n't-{-i —
2/ et n't 2n!'t-\-&' —2i", — — •

ti.re .cos.Ts )= 2
. G. \
l
i
n — V—
n—
S77?-sin. (nt
A' J ^
— anf-fe — 2/) '
-'

.F'. I y__lgin.(ra'f— 2rt''«4.ê'— 2/).

Soit Q" .ûa.{nt — 2n't-\-i — 2É'-f-^^+r), le terme de cTf^', que


SECONDE PARTIE, LIVRE VII T. -ç^

nous avons déterminé dans le n° 7. Si l'on observe que

nt — iTÎt + — = 7r+ —
Ê 2ê' rît iri't + î — 2/;
on aura dans COS. -îtr) , le terme

„-i'iA. }-a.C2(2-(?).sin.Cff^+r)

~î^-.«V/.{i-^^-^^^}.ir'.(2Q''_Ç').sin.Câ-^+r)-,
^

il faut donc ajouter au second membre de l'équation (i') du n* 6,


la quantité

H-f-"'-{'-;r=S::F}-'f'-(='2'-Ç')-

On trouvera de la même manière, qu'il faut ajouter au second


membre de l'équation (i") du même n°, le terme

les équations (z), (i') , (j") et {f) deviennent ainsi

,^7î.(â— (o)-[g--(o,i)-(o,2)-(o,3)}

{^-(o-[3-o.«)-(i.2)-(i,5)}

o = //".(,§'_(5)_[5]-(3.o)-(5,i)-(3,2)}.
, . + —

8o MÉCANIQUE CÉLESTE,
On pourrait croire que les équations (H) du n' lo, et qui
sont relatives aux inclinaisons et aux nœuds des orbites peuvent ,

en vertu des considérations précédentes , acquérir quelques termes


sensibles dépendans du carré de la force perturbatrice ; mais il
est facile de se convaincre que cela n'est pas, en considérant les
équations différentielles de ces mouvemens, trouvées dans le n" 71
du second livre.
18. Le
carré de l'inégalité principale des satellites, que nous
avons développée dans les aP^ 4 et 5, peut produire un terme sensi-
ble , que nous allons déterminer. Cette inégalité peut être supposée
relative à une ellipse variable; et dans ce cas, elle affecte l'ex-
centricité et le périjove de l'orbite. Ainsi (i) sin .(2/2;— 2«'^+2ê . si')

exprimant par le n° 5 cette inégalité dans mouvement du premiec le

satellite , et 2e, sin. (nt-\-i — tw) étant


premier terme de la par- le

tie elliptique de v; si l'on représente par cr.(e.sin.'w) et par


<r.(e.cos.'Zti'), les variations de e.sin.'W et e.cos.ftir, dépendantes de

la force perturbatrice; on aura dans v l'inégalité

2 cT (e cos. <zir). sin. (nt-^e)


.
. —2 . . sin . -w) cos.
.

Donnons à l'inégalité (i).sin. (2/2^ — 2n't~{-2i — 2i), la forme


suivante :

(1). COS. {nt — 2n'i -f- s — 2/) . sin. (ni + e)

-j- (i) . sin. (nt — 27i't -f- ê — 2e) cos, (nt + é).

En la comparant à l'inégalité précédente , on aura

2. J^.(e.sin.'î«r) =— (i).sin. (nt — 2«7 + — £ 2g');

2 . cT . (e . cos.'zsr) = (i) . cos.(«^ — 2n't H- — 2/). e

Ces valeurs sont les mêmes que celles auxquelles nous sommes
parvenus dans le n° précédent. En effet, nous avons trouvé

j r ^
d.(e.cos.Tï)=
m'.Fndt
. (
/
1
^— N
(o)
-A.sm.Qit,
. ,
— 2n + t—Ss').
,
i
, ,v

d'où l'on tire en intégrant

Si
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 81
Si l'on observe maintenant que N est à très-peu-près égal à
n'{i — (o)}, et que par le n° 4>

m' F n
(.0
, ,

— 2„_2,j'_r7v' . .

on verra que cette seconde valeur de 2 J^.(^.cos.'Z!r) coïncide .

avec la précédente. Maintenant l'expression elliptique de v con-


tient le terme |.e\sin.(2/2^ -j-2£ — 2^), ou

I (e\ COS."
. -ar —e" . sin.* izir) . sin.(2«^ as)

— • |.e''.sin.'t«r.cos.'îa'.cos.(2«i + 2€).

En changeant e.sin.'jjT dans e.sin. -ar + cr(e.sin.'ar) , et ^.cos.'zy


dans e.cos.'sr-f-J^.(e.cos.'Z«r)} on voit que l'expression de v con-
tient la fonction

f .{(J^.ecos.'sr)' — (J^.esin.^)''}.sin.(2«i-{-2«)
— f . cT . e cos.^ . cT' . e sini-ar cos. (a/zf -\- 2s).
.

En substituant pour .ecos.'nr , et cT.esin. 'Eb-, leurs valeurs pré-


cédentes j il en résulte dans v l'inégalité

^ . (I )\ sin. (4«i — 4«7 +4^ — 40 •

On trouvera de la même manière dans v , l'inégalité

^.(l l)^.sin. (27Z^ 2«7 + 2£— 2ê') )

et dans v", l'inégalité

,
^.(iii)\sin.(2«'if — 2ra''^4-2Ê'— 2ê'').

Ces inégalités sont très-petites-, celle qui est relative à v' est la
seule qui mérite d'être considérée.

Le carré de la force perturbatrice introduit encore dans les


coefficiens de la principale inégalité des trois premiers satellites,
des quantités qui augmentent considérablement par le diviseur
{n — 2«')% quiles affecte. Nous avons eu égard dans len° 4^ à la
partie sensible de ces quantités , qui dépend du produit des
masses
des satellites par l'ellipticité du sphéroïde de Jupiter, en dé-
MÉSAN. cÉL. Tome IV. L
82 MECANIQ.UE CÉLESTE,
terminant avec précision les valeurs de TV, iV' et N". Les autres par-
ties sont assez petites pour pouvoir être négligées sans erreur sensible.
ig. Nous avons déterminé dans le n° i3 les équations séculaires
du mouvement des satellites de Jupiter, et nous avons observé
que la seule partie de ces équations qui puisse (Revenir sensible
à la longue, est celle qui dépend des variations séculaires des
éléraens de l'orbite de Jupiter, et de la position de son équa-
teur. Si la partie de dR, dépendante du carré de la force per-
turbatrice , renfermait des termes de la forme ÇH^.dt, Q étant
im coefficient constant, et H étant comme précédemment l'ex-
centricité de l'orbe de Jupiter; il est visible que la partie cor-
respondante de la double intégrale ff "Rancit qui entre dans AR
l'expression de v , acquerrait par les intégrations un diviseur de
l'ordre du carré de la force perturbatrice, ce qui le l'endrait sen-
sible , et du même ordre que les quantités déterminées dans le
11° i3; il importe donc d'avoir les termes de ce genre, ou de
s'assurer qu'il n'en existe point.
J'obssrve d'abord que //^ dans R ne peut pas être multiplié par
le sinus ou cosinus de 2/, / étant la longitude du périhélie de
Jupiter parceque la valeur de
;
R
est indépendante du point
arbitraire où l'on fixe l'origine des longitudes. La partie non
périodique de R, due au carré de la force perturbatrice, et mul-
tipliée par ne peut être que le résultat de la combinaison
de deux angles qui se détruisent mutuellement sous le signe cosinus'^,
car R ne renferme évidemment que des cosinus. Donnons à H'^
cette forme ,

f i.^iit—Mi + — E^-V^.iMt^E-I-)^
i

Une partie de l'angle compris sous le signe cosinus peut appar-


tenir aux coordonnées de vi , et cette partie est la seule que l'on
doit faire varier dans R, pour obtenir d/î; or quelle que soit
cette partie, il estque la différentielle du terme précédent est
clair
nulle-, d/î ne renferme donc aucun terme delà forme Q.H'^.dt,
dépendant du carré de la force perturbatrice. Il est visible que le
même raisonnement s'applique aux termes dépendans du dépla-
cement de l'équateur et de l'orbite de Jupiter. Ainsi le carré de
la force perturbatrice n'introduit auciiue quantité sensible dans l'é-
quation séculaire des satellites de Jupiter et dans celle de^la lune.
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 83

CHAPITRE VI.

Valeurs numériques des inégalités précédentes.

20, Po u R réduire en nombres les inégalités déterminées ci-


dessus, il faut connaître les durées de la révolution sydérale
des satellites, et leurs moyennes distances au centre de Jupiter.
Ces durées sont par les tables,

1er sat. liour^


^5gj3^^87-,
II sat. 3-', 551181017;
III sat, 7', 154552808;
IV sat. 16', 689019596.

Les valeurs de n , n', n' et rî" étant réciproques aux durées pré-
cédentes , on a
n = «".9,453419;
n' — «"'.4,699569;
Tf= «".2,552645,

Pour déterminer les moyennes distances a, a', a' et a", nous


observerons que la plus grande élon^ation du quatrième satellite à
Jupiter, dans ses moyennes distances, et vue de la moyenne distance
de Jupiter au soleil, a été observée par Pound, de i55o'',864. A
cette mêine distance
le diamètre de l'équateur de Jupiter a été
,

observé par même


astronome, de i2o",37o4; en prenant donc
le
• ce demi-diamètre pour unité, on a

«"=25,45590.
Il peut y avoir sur ce rapport de a'°au demi-diamètre de Ju-
piter, une incertitude qui tient principalement à l'évaluation du
L 3
,

84 MÉCANIQUE CÉLESTE,
diamètre de Jupiter , et à l'influence de l'irradiation sur Sa me-
sure ; mais elle ne peut produire d'erreur sensible dans les ré-
sultats suivans j seulement l'unité dont nous faisons usage, peut
ne pas représenter exactement le demi-diamètre de l'équaleur de
Jupiter.

Quant auxdistances a , a', a", il est beaucoup plus exact de


les déduire de la valeur de a" par la loi de Kepler, que de les
tirer immédiatement des observations. Suivant cetteloi, lamojenne
distance a du premier satellite au centre de Jupiter, est
3

a . — . Mais l'exactitude de cette expression est un peu al-

térée par les forces perturbatrices du mouvement des satellites

qui, comme on l'a vu dans le n° 3, ajoutent aux niojennes


distances a et d" les quantités à'a et ^d" , dont nous avons donné
les valeurs analytiques dans le même n°. Le seul terme sensible
de ces valeurs est celui qui dépend de l'applatissement de Jupiter,
et qui, pour cTrt, est égal à a. ^^-g^^ 5 il faut donc ajouter cette

quantité à la valeur de a, que donne l'équation «^"=^3 on a


ainsi

On a par la même raison ,

on aura donc
3

expression dans laquelle on peut substituer d' . \/^ -^.j au lieu


*

de a, dans le diviseur—. Il est facile d'en conclure les expres-

sions de d et de a". —
La valeur de (p ~(^) peut être déterminée
avec précision , par les-mouvemens des orbites des satellites. Une
première approximation m'a donné 0,0217794 pour cette quan-
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 85
tité : cette valeur est suffisamment approchée, pour que l'erreur
dont elle est encore susceptible n'ait aucune influence sensible
sur les déterminations suivantes. On trouve ainsi

a = 5,698491 ; ^ ,

a = 9,066548 ;

a'= 14,461893;
a"'= 25,43590.

En comparant ensuite les satellites deux à deux on a Conclu ;

au mojen de ces valeurs et des formules du n° 49 ^li second


livre, les résultats suivans :

/ et II satellites,

« = 0,62851829; odx^,^=-J^
d'où l'on a conclu

Z»^, =2,202968796; '^^i=-— 0,595719117,

Ensuite

Z'^;^=2,25884oo; Z>w=o, 75431 17; Z-f^—o, 56321 43;


n ï î

Z'f =0,1923542
a
; Z>f = o,io65i i5;
3,
Z»f
a
= o,o6o5324 ;

Z>f = 0,0349955 ;
3^^ = 0,0204800;

dbf db['^ db^:^


-^=1,099916; ^=i,75ooi4; -^=1,452760;

db^P dbf dbf^


-^=1,084600; -^=0,775248; -X — 0,557010;.
db<-P
-^=o,36663g. .

^^'^=: 2,57 161 5.


86 MÉCANIQUE CÉLESTE,
/ et III satellites.

a =r 0,5940549095
d'où l'on a conclu

Z,Co) __ 2^078416342 è^.=:— 0,5862 3 i55o.


;

Ensuite

3^;5= 2,0852435 5 Z»^'^ = 0,4 1 94902 ; Z>«= 0,1 248495-,

Z>?^=o^o4ii4io 5
Z'^'^'=o,oi42i 10 ;
Z'f^=o,oo5o8oo,
â a 3

db^^ db\'^ db^P


-^=0,4760875 -^ = 1,2082555 -^=0,681569;

dh^'^ db\^^

-^=0,329802 j -^ = 0,149798.
/ et IV satellites.

a= 0,224035410 j

d'où l'on a conclu

Z»'-"-' , = 2,025175212 j Z''-'\ = — 0,222618894.


Ensuite •

a
2,02585 1 j
Z'?^=o,228587
2
5 3f =o,o384562
2
;

3[''==o,oo7i875 j
Z>^*^= 0,00 14098 3 Z>^=^= 0,0002 846.
a 2 a

db^^ db^p

^=
db['^
-^=:o,25738i j -^=1,0595795 0350827 J

db^p '
db^p
-^=0,0977213 -^=0,025197.
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII.
II et III satellites.

a= o,6269267i4.
d'où l'on a conclu

.
==2,20 1 9 1 1 334 j = — 0,594386339.
Ensuite

2,2570986 J 0,7515340 ;
b^'
s. a

3.
0, 1
906386 ; bf^ s.
0, io52g3 }
a.

0,034428 ;
0,020107.

db^^ db^^
2
1,093 i5o ;
i,74365o ;
dct

dhf
2

f?£t
1,076290 ;
dct
0,765517 -,

dct

db<-p
2
^=0,361124.
,

Z»'f= 2,537577.

II et IV satellites.

a = 0,356447000 ;
d'où l'on a conclu

3^^ = 2,0640485523 b^'\=. — 0,350692291,


Ensuite

i'^°^=2,o685o85 ; bf7=^o,^j%i 7 -, bf=^ o, ioo8oo5 ;

Z>f-' = 0,0300272 ;
3^*^=0,0093817 ;
b'f^=o,oo5o2'jj,

db'f^ db['^ db^P


-^ = o,4i5i4i ; -^ = 1^1646673 -^=0,5993923
dh^p db^p
^^-__o,2635i7j -^ = 0,108542.
;

88 MECANIQUE CÉLESTE,
/// et IV satellites,

a = o^5685623gi ;

d'où l'on a conclu

3« , ;= 2, i6520o864 ; Z.^^ . =—0,544549802,


a a

Ensuite , .
,

Z/f =2,1996536 ; Z-f =0,6558357 ; ^«=0,284370 ;

Z>f =0,135969; =0,068124; Z»f =o,o55i8o ;

0^=0,018696; 3^^=0,010398.

d^f^
-^=0,878931;
dbY^
-^ = 1,545882; ^=
dbf
1,190293;

db^'^ dbf dhf^


-^=0,812421; -^=0,526520; -^=0,330751;

-^=0,201993.

21. Au moyen de ces valeurs et des formules du n° 5, on a


conclu les résultats suivans, dans lesquels on a supposé, comme
dans le n° précédent,

p— !-.<?= 0,2 17794.


Les valeurs de iV, N', N" et iV" dépendent de cette quantité ,

et elle principalement sensible dans la valeur de N. Ces va-


est
leurs dépendent encore des masses m, m', m" et in" des satellites.
Une première approximation m'a donné

m = 0,00001841 i3
m' = 0,0000258325 ;

m"= o,oooo865i85 ;

m"'s=. 0,00005590808;

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 89


la masse de Jupiter étant prise pour unité. La petitesse de l'in-
fluence de ces masses sur les valeurs de N, N', etc. rend insen-
sibles les erreurs qui peuvent avoir lieu dans les évaluations pré-
cédentes. La masse m' est multipliée dans l'expression de iV% par
la fonction

cette fonction est , par le n" 55 du second livre , égale à

a ,

a.(i— a^)" '

on pourra donc l'obtenir aisément, ainsi que les fonctions ana-


logues, aumoyen des résultats numériques donnés précédemment.
Cela posé, on a trouvé

2V" = «".9,4269167 ;

iV'= «".4,6979499 •

N'= «".2,3323090 j

iV'"= «"'.0,9999070.

En supposant ensuite la révolution sydérale de Jupiter, de


4532^°"", 602208, on a

M = «". 0,003851965
de là on a conclu les formules suivantes, dans lesquelles les quan-
tités m, m', m" et /«" expriment les masses des satellites, mul-
tipliées par dix mille.

i87'',4465.sin. («'^— «f+ê'— ê) "j

2i736",4865.sin.2 (n'i—nt-i-é'—e) l

7o",83i5.sin.3.(«'ï nt-\-è — &) I

1 6",9261 . (n't—
sin.4 • — nt-\-é' £) j

5",4o39sin.5.(«7 nt-\-^ — «) 1

2",i435.sin.6.(«7 nt~\-é — ê) J
MÉCAN. cÉL. Tome IV. M
3 —— —

90 MÉCANIQUE CÉLESIE,
2i",g334.sin. -0 {n't--nt-\-&"
— -0
i8",5i97 .sin.2 {ii't—~nt+i
— i",goi7.sin.3.(/z'7—-nt-\-i' -0
— o",3569.siia.4.(///-~nt-\-i' -0
.

3",6i09.sin. {n^t— nt+f--0


a
— i",5588.sin.2 (n^i— nt+e"--0
— o'',i079.sin.5.(«"'/— nt-^e'"- -0
H- o", 1
460 . sin, (2nt — aMi -+-2£—2E).
' 0^000084865
+ 0,00046652 .
— COS. — (n't nt-\-e'
— 0,09764199.005.2 — — (n't nt-\-&'
— 0,00040917.003 — nt-\-é —3. (//f
— 0,00010761 («7
.C0S.4.nt-\-t —
— . 0,00003824. 5. («7 nt-\-î —
COS.

— 0,00001642.003.6. («7 nt-\-d —

0,00000703
+ 0,00007780.003. (/// riî-\-i- -0

H- 77/ . < — o,oooio63i .C0S.2 (n't — nt-\-i.'- -0


— 0,0000 1 3 1 o cos. 3. . (ri't — nt-\- é'
-0
— 0^00000269 C0S.4 . . (n!'t — nt + é" - -0

0,0000011

+ 0,00001478. COS. (ni — nt-\-"--0


— 0,00000968.003.2 (n"t — nt+i--0
— 0,00000078 003.3 . . (n"t — nt — --0 î."

+ 0,00000095
— 0,00000095.003.(2^1//? — 2/2;; + 2iS
———

SECONDE PARTIE, L I V R E V 1 1 1. 91

— 6g5i",466o.sin. {nt — n't-\-i — g'

— 52",63i5.sin.2 [nt — n't-^-i — e'

— io",5253.sin.3.(«/: — «7+6— g'

— 5",3448.sin.4.(7z^— é'

— > i''j2969.sin.5.(/7^ >n't-\-6 — t

i84'',5i72.sin. {n"t—n't+é'—e:
— i i2io8"j9920.sin.2 {n't — yït-\-i' — e'

— 68",8828.sin.5.(«7— «7+/— g'

— i5",7643.sm.4.(«7— reV+g"— e'


— 5",2597.sin.5.(«''/;— /z'Z+g'—
g"

— 2",o8i4.sin.6.(«7— /zV+ê"— g'

i2",3755.sin. {rf-t—n't-\-t"—d)
m — io",8356.sin.2 {j. rt7+g"' — g') (
— i",o646.sin.3.(/,

H- 0^5881 .sin.(2«'/î — 2Mif+26' — 2£)


— 0,00044608
-}- 0,050693 18. COS. {nt — —
n't-\-i g')

+ 0,00059197.003.2 [nt — n't-\-i— g')


m —
;

+ 0,00014002 .C0S,3.(/zi Tlt-\-é g')

+ 0,00004784 C0S.4 .

o
• (nt — +—
n't g g'
)

+ 0,0000 928 cos 5


1
. . . (/zf <n't-^€ — g'
)

0,00006497
4- 0,00073255.003. — n't-\-{ —
{n"t
g'

— 0,08670960.003.2 .(/z'V —
'n't-\-{
g'

+ m" — o,ooo65 398 cos 3 . . . {d't—n't + — g" g'

— 0,0001 6685. 4 COS. —


{n"t —
n't-{-i'
g'

— 0,00006067 C0S.5 . . —
{n"t g"-^
n't-{- g'

Ma
+

92 MÉCANIQUE CÉLESTE,
r 0,00000798
\ -j_ 0,00007146 .COS. {n'"t—n't-\-i'' — f)
+ "^'-j o,oooioi33 .C0S.2 («"f— ê')

C — i
0,00001189 .C0S.3.(«"'ï—•«7+6"' £')

>-)- 0,00000609
— 0,00000609. COS. (2 Tiff 2«'/ + 2£— -3ê').

24'',2648.sin. («^— e")

: m '
o'',7o44.sin.2.(«/— w'^+ê— e")

Ql',\2'f'] .%m.'S.{nt—n"t+i—i')

ç _ 347'8",2675.s*in, (//^— «7 +£'—£')


'

— 5o",9399.sin.2 .(«7— «'7+ê'— £")


— io",207i .8in.3.(«7— «7H-£' — ê")

+ m'. ( — 3", 2 5o5 . sin .4 . («7 — «7 + — £' £"


)

— i",255i .sin.5.(«7— n7+£'— £")


— o",5455 sin.6 . . («7— «7 4- £'—£")
1 06", 1 6 1 4 sin
. . (n"i~n"t-\- e" — e"
)

— 362",io3o.sin.2 («7 — «7 +£"—£")

?n"
— 25",4655 . sin. 3 . {n"'t — + — e" g")
H-
— 5",922'7 sin.4 («'7
. . — «7 — e" £"
)

^ i",88oo.sin,5 (/z7 — «7+£"' — £")

— o",6997 .sm.6.(/i'7— ?z7+£"'— £")

+ 2",5870.sin.(2/27— 2M/; + 2£"— 2^;).


— 0,00054798
+ 0,00059147.008. (nt — «7 + — £ £')
J'r'=m .

+ 0,00001906.003.2 .(«/ «74-£ £'")

+ 0,00000348. COS. 3. «7 + £ £"')


— —— )

SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL


— 0,00070942 >

H- 0,041 37743. COS. — + — («7 «"•/ £'


6")
I

+ 0,00091726.003.2 — n"t-{-È' é") f

+ 0,0002 («7 —
17 12. COS. 3. n"t-\~t' é") \

+ 0,00007409. 4. — COS. («'^ Tl!'t-\-& ê")


I

+ 0,00002980. 5. («7 n"t-\-é — COS. ê")


I
4- o, 00001 3 1 8. cos.6.(«'i— «"/+£'—.e") /

io,oooo685o —
-f- 0,00075191 .COS. {rft —{)
rfl-^^i"
|
— o,oo44g6i .cos.2.(/i"'^ — «'V+ê" — g") 1

— 0,00039801 .COS.3.(«"'i — + — 72''^ 6"' é'') l

ï — 0,00010474. cos.4.(/2'"/—n"/+ê"'—Ê") 1

/ — o,oooo3569.cos.5.(«"'i— Tz'VH-a"'— g") I

l — 0,00001 379. — —
cos.6.(«"'i g") j

-\- 0,00005944.
— o,oooo5944-cos. {aMt — 2TÏ"t-\-:iE — 2e*).

i
+ i4'',2458.sin. — «*^4-ê—
(/2if .é*) )

\ — o",02o6.sin.2(/z/ — ^€ 72"/ ê") J

22'',452I .Sin. («'i— + 6'— .72*^ .£*)

m o",5o85.sin,2 .(«7— «"'^+ê'— ê")


o'',o54o sixi.3. . {rit— rfl + — e' ê"
)

35',4372.sin. {n"t—n''t-\-t'—f)
1 5^,9570 sin.2 {rit
. . — ri"t -}- ê" — €"'

+ m' . / — 5",3293. sin.3. («7— ê")

I ",o 1 97 . sin. 4 . {rit — «"7 + g"


e"
)

o", 3 7 35 . sin ,5 . {rit — + —


ri't ê" £"'
)
, — — — — ,

94 MÉCANIQUE CÉLESTE,
+ i2%g88i .sin.(2n''t—2M't—2e'—3E)

o,ooo88i52
^r" = m. ^ + 0,00057018. cos, («/—.«"f+g—g"')
+ 0,00000 3 1 1 . C0S.2 («i. n'"t +6 s")

— o^ooogSgSi
, + 0,0009 1758.
] COS. (n't — n"t+i — é")

+ 0,0000 095 CCS 2 1 . . . {n't + —


Tl''t 6 &
)

H- 0,00000 1 66 C0S.3 , . {n't — +&' —


n''t
s"'
)

r — 0,001 14445
, ) -f- 0,00326071 .COS. {n"t— n^t î")


,ooo57836.cos.2.(«''/— «"V+g"— g")
( + ,000 1
o,c 36 1 4 . COS. 5 . {rî't — rft+ — e"
g"
)

+ 0,00037741
— 0,00037741 .cos.(2M 2n'°t+2E — 22").

22. Considérons maintenant lesinégalités dépendantes des excen-


tricités des orbites. Représentons , comme dans le n° 1 7 , les inégali-

tés decT/^, cTp"', tTt'", dépendantes de l'angle — 2n't-\-e — 2t''\-gt-\-V


par

Ç .sin.(«/ 2n't-\-è — 2g'+^/-f-r) -,

Ç',sin.(/2^ 2n't-{-e—2e'-\-gt-\-Y);

.Q".sin.{nt — 2Ji't-i-e—2e -{-gt+T).


On aura par le n° 7

m.{Gh'+^-.Fh} )
Ç,^
V
5n'^ S
'

[F'h'+^.G'h"])
— ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. gS

r)»
^
—_ (n an
n"^
/
l
_|_
c
.
p' h' . 1
J

Nous avons donné dans le n° 4 les valeurs analytiques de F, G,


F', G[, ce qui donne pour les valeurs numériques

F= 1,483732 j

G = — 0,857159 -,

F'= 1, 466380 ;

G' =—0,855370.

Au mojen de ces valeurs, on trouve

^ ——m ,
.-
{i6,85o2o4-^
-
— 6,118274.^')
N. •
g
V "^3ooi3oo"/
Q,_ ^ {15,507450.^ — 4.851.907.^-)
C'"^3ooi3oo)
„ {4,i55o8o.^- — 1,511467. A")
'
g
Y
'

\^5ooi5ooV
Q>,__ ^ { 5, 348904 — 88 55 )
// 1 , 1 1 . /z"

\ ^3ooi3ooV

On déterminera les au moyen


quantités h, H, ¥, If et g,
des équations (jF) du ces équations en
n° 17. Pour réduire
nombres, nous observerons que la valeur 0,0217794, qu'une pre-
mière approximation m'a donné pour p fcp , étant susceptible —
d'incertitude, nous ferons

p — f 0,02177945
/A étant un coefficient indéterminé. On trouve ainsi par le n° 6,

(0) = 553878', 76. = io3",27j


(1) = iogoo3",2o.;tAj |T] = 207'',29j

(2) = 2i264",89./a; |T| = 4i7".635

(3) = 2946",95.^5 fsl = 974", 19.


- ,

96 MÉ C A N I Q U EXC E L E S T E
ni

m"
59826^005

52o5'',o5;
R= m'
Ht*

m" 25ii'',5q;
^0,2)
\ ' j °d .

(0,5)
— m' 767", 12 j
771" . 2i3",46.

(1,2)
771 .3i575",7ij

m" i9566",65j
M == 771

771" .14460", 66;


[7^
m' . i8o4",i8) [7,3
1
= 771" . 79o",56.

3267",52} .K„P." /P. .


771 . 771 . 1070 ,40}

771' . 1 5492", 62 ;
1^2,1 = TTl' .ii456",9o;

(2,3) 771' 5886", 85 j 2,3 771 . 3995",o3.

(5,0) m . 363",095 3,0 TTL . ioi",o3}

771 . 1077", i5; 5,1 77l' 47i'',99>

(3p) m". 4438",875 3,2 m" .3oi2",57j

les équations {V) du n° 17 deviennent ainsi,

o=[g— 553878",78.//— io3",27.— 398a6",oo.7n'.— 52o5",o5.7n'—7S7",i2.m"}.A


4- 395i6",oa m'A' -f- a5i i",39 m H' +- 2i3",4S m'"A"
. . .

-1 6888o3" 771+456089" . m' } m' A+{ aSo 1 o5"7>i -f 1 58545" m.'+ 3 1 SgSi" m" } m'A' -I-78234" m'
. . . .

3ooi3oo'

o={g— io90o3",2o.|ti—207",99—3i573",7i .m — i9566*,65.m"— i8o4",i8.m'') . A'

+ 234oo",o4.mA+ i4469",66.m"A"-f 79o",56.m"A".


^{2265o3".m + 143201 ".m' — 196007 . 7/1"
j . mh

C' ~^3ooi3oo")

{ 82343". m' + 5ao68" .m77i' — 14069G . m77i" +946o3" . 7?i'm" 4-60174" .m"'}
___
h'
.

^
V ^3ooj3oo"/
+
}

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 97

+ ( _ aS/aS" m 4- 54596" + aaS 8" m" .„


.
7?t' 1 .

m ,
.11 ,
^
V "'"SooiSooV
o={g— 2i2G4.'',89 4i7",63—3267'',32 .m— 15492",62 .771'—SSSG^eS .m"}, ^'
+ 1 576",4S . TTiA + 1 i456",9o . m'/i' + 3g95",o3 . m^W
577o5".m77i^—(20953".m— 28176". m^—i7qai".m'').77i^y—(i0279.m^+6554".7rt").77i';i'

+3ooÎ3oo")
o={g-— 2946',95.iu— 974''i9— 363",io.77i— io77",i5. 771'— 4438",87 . 7?i" } A»
.

+ 1 o I ",o3 . 771/1
+ 47 1",99 . 771'
A'
+ 3o 1 2",37 . m' h"

Lorsque les masses m, m!, m" et m" seront connues, ainsi


que l'indéterminée fx; on aura en résolvant ces équations , quatre
'
valeurs de g, et les rapports correspondans des indéterminées h,
lï, W et H", à l'une d'entre elles , qui restera indéterminée. Ces
quatre systèmes àe g , h , h', h", U" donneront autant de valeurs
pour Ç, Q' et Ç'.

L'action du soleil ajoute encore au mouvement du satellite

les deux inégalités

_Ë^^.sin.(M/+£— J);

La première n'est sensible que pour le troisième et le quatrième


satellites, et l'on peut j supposer n '\- g ;=:]S , ce qui réduit le

coefficient de cette inégalité à — ^ ensuite,

I. satellite.
4»i
— 0,001 53 '
1:2 ;
'

II. sat. ^ 0,0030757 j

III. sat. = 0,0061926 ;

IV. sat. ~ 0;Oi44449'


MicAN. CËL. Tome IV, N
. . . .

98 MÉCANIQUE CÉLESTE,
Nous avons observé dans le n° i3 , relativement à la seconde
inégalité, qu'elle est modifiée par l'action réciproque des satel-
lites. On peut ensuite prendre pour H.sin,(Mt-j-E /), la moi- —
tié du premier terme de la plus grande équation du centre de Ju-
piter , et ce terme est égal à

6 1 2 08", 2 3 sin (M/ H- £ . . — /)


Cela posé, on aura , en n'ayant égard qu'à l'inégalité précédente /

Sv"'= — 349",79 . sin. (M + £ — / )

25. Déterminons les inégalités du mouvement des satellites,


en latitude. Les équations entre À, K' , X" et K'" du 11° 10 de-
viennent

0= {553878",76 .
-f- 1 o3",27 -f- SgSae^oo . m'+ 52o5";o5 . m" -f 767", 12 . m"} a
.

— 39826",oo . m'
h'
— 52o5",o5 m" h" — 767", 2
'
— o3",27
. 1 . m"',\'" 1 ;

0= {- 1 090o3",2o . + 207",29 -f 3i 573",7 + 19566",65 7?i"+ 1 . 771 . 1 8o4",i 8 771"] \'. .

— 3i 573",7i 771A— 19566",65 m" a"—


. 8 m'V'"— 1 804", 1 . 207"',2S ;

o = {2ia64",89 + 4i7",63 + 3267",32 + 15492",62


./X . 771 . 77i'-|-5886",85 . m"}, h"
— 3267",32 77i\— i5492",S2
. 588S",85 77i'V"— 4i7/'63 . 77î'a'— .
;

0= { 2946",95 . iJ. + 974", 1 9 + 363", 1 o . 771 + 1 077", 1 5 . m'+ 4438",87 .771"}.


— 363", 1 o 771A— 1 077", 1 5
. . 77i' a'— 4438",87 .
771" a" — 974" , 1 9

Les équations entre /, /, l", l" et p du même n' deviennent

o=:(p— 553878",76./>c— io3",27— O9826",oo.77i'— 52o5",o5.77i"-767",i2.77i"]Z.


+ 39826",oo . 77i'/-|- 52o5",o5 771"/'+ 7G7", 1 a. . tti"'/" ;

o=(p— i090o3",2o.//—207",29—3i573",7i.77i— i9566",65.77z"— i8o4",i8.?7i"']./'


8.771"/'"
-f 3i573",7i .771/+ i9566",65.7n"/"+ 1 804", 1 ;
. . .. . ;

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 99


o = {p— 3i264",89./-c— 4i7",63—32S7",32./n— i5494",62.7n,'— SaSG^SS-m"}.?'
+ 3267",32 .ml+i 5494",62 m'l'+ 5886",85 m"'r ;

o = f p _ 2946",95 ,"—974", 19— 363", 10 .m—i 077", 5


. 1 . m'— 4438",87 .m'). ï"
+ 363", 10. Tnl+ 1077", 1 5 .
+4438",87 m t.

Lorsque fx, et les masses m , m', m' et to" seront connues , on aura
au mojeu des quatre équations entre les indéterminées A, A', A" et A",
les valeursde chacune de ces indéterminées. Les quatre dernières
équations donneront en éliminant, une équation en p du qua-
trième degré, et l'on en tirera par les formules du n" 10 la la-
titude des satellites au-dessus de l'orbite de Jupiter.

On a vu dans le n" 10 que la partie de la latitude 5 qui dé-


pend de l'inclinaison â' de l'équateur de Jupiter à son orbite , est

(A—.i).â'.sin.(v+^')
Si l'on prend pour plan fixe l'orbite de Jupiter en lySo, et pour
origine de v et l'équinoxe du priutems de Jupiter , à cette
époque ; on a par le même n'

On déterminera a et b , au raojen des équations suivantes qui ,

résultent des formules différentielles du n° Sg du second livre,

a= (4,5) . /. COS. n + (4,6) . cos. n' j

è=— (4,5) /. sin. . n— (4,6) r sin. n'

les valeurs de (4,5) et de (4,6) étant celles du n° 24 du livre VL


On doit observer de diminuer dans la première de ces valeurs la
masse de Saturne, dans le rapport de 3559,4 à 35i5,6j comme
on le verra dans la suite. I est ici l'inclinaison de l'orbite de
Saturne sur celle de Jupiter en lySo. n est à la même époque la
la longitude de son nœud ascendant sur cette orbite , et comptée
de l'équinoxe du printems de Jupiter. 1' et Yl' sont les mêmes
quantités relativement à Urauus, Les observations donnent à fort
peu-près,
N a
lOO MÉCANIQUE CÉLESTE,
d'où l'on tire

h =o'',07o55o.

On a ensuite par le n* 5o ,

Si l'on suppose que Jupiter est un sphéroïde elliptique, on a par


le n° i4 du livre V,

étant la densité d'une couche du sphéroïde dont le rayon est R,


et Rdevant être supposé égal à l'unité , à la surface. Si l'on
suppose les densités des couches de Jupiter et de la terre à des
distances proportionnelles aux diamètres de ces deux planètes ,
en raison constante, ou, ce qui revient au même, si est re-
présenté parla même fonction de R, pour ces deux planètes;
alors la fraction

fi.RKdR

est la mêmepour ces planètes. Dans l'hypothèse que nous ve-


nons de si les deux planètes étaient fluides , leurs ellip-
faire ,

ticités seraient, par le n° 4^ du livre ITI, proportionnelles aux


valeurs respectives de cp pour chacune d'elles, ou aux ellipticifés
qu'elles auraient, si elles étaient homogènes. Supposons que cela
ait encore lien dans leur état actuel, et l'on a vu dans le n°.
cité, que cela est à-peu-près conforme aux observations j alors

les valeurs de seront pour chacune de ces planètes, res-

pectivement proportionnelles aux ellipticités relatives au cas de


l'homogénéité. Ces ellipticités sont par le même n° comme les
nombres 0,10967 et 0;Oo43344ij ensorte que l'on a
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. lo

zC—J—B / Q.C—A—B \ 10,967


c c J- 455,441
'

'^^~^~*^ second membre de cette équation


la valeur de cl^ns le

étant relative à la terre. Cette dernière valeur est, parle n' i4


du cinquième livre, égale à

OjOoSigSaS
1 +C. 0,748493'

On a de plus, par le n° 44 du livre VI,

3.(1 4.^);= 2,566.

Au raojen de ces données , on trouve pour Jupiter /

(T- — = 0,14735.
Les observations donnent la durée de la rotation de Jupiter
égale à o'°"'',4i377 , et celle de sa révolution sjdérale, égale à
4332^,6 j d'où l'on tire

M q/, 41 377
T"— 4332>,6'
On aura ainsi
> = 3'',559i
+ m .2i34'',6o.X
+ m' . 529', 78.
A'

+ m". i3o',52.A''

Une première approximation m'a donné

A = 0,00063534 j

X' = 0^0064232 3

0,02998023
K'^ 0,1 346123.
—2 — — ,

102 MÉCANIQUE CÉLESTE,


en adoptant les valeurs précédentes des masses des satellites,
on aura
•;7 = 9'',8788;
d'où l'on tire ,

fl' = 'Z + 0^070550 j

Telle est donc à-peu-près la précession annuelle des équinoxes


de Jupiter sur son orbite.

Pour réduire en nombres les inégalités dti mouvement pério-


dique des satellites en latitude, déterminées dans le n° 11, nous
observerons que l'on peut y supposer sans erreur sensible,

N.+l=:^, ^':+^=^'

Cela posé , on trouve

s = 7îi' . 0,000494^7 • — • sin. (^u — 4^' pi —


— 0,000
. 1 53 1 2 (L'—^l)
. . sin (v .
—2 U—pt— A) ;

s' =(7^.0,00276975 —
(/ /')-[-?«"• 0,00 17 09 — io.(/" /)}.sin.(2(.' 5u' — pt
— 0,00030736 . (L' — /') . sin.(i'' 3 U—pt— A) ;

s" = 0,001 355o5 (/'—/")


tn' . . . sin.(at^'—2p"—pt—A)
— 0,00061925. — (L' /") . sin.(i'" — U—pt— A) ;

s'" = — 0,00 4478 5 (L'— 1 1 .


/"') . sin. {v''—2 U—pt—K).
'

24. Considérons maintenant les inégalités dépendantes du carré


des excentricités et des inclinaisons des orbites, dont nous avons
donné les expressions dans
la longue le n° i3. Les plus sensibles à
sont les équations séculaires dépendantes des va- des satellites ,

riations séculaires de l'orbite et de l'équateur de Jupiter. Mais il


est facile de s'assurer qu'elles ont été jusqu'à présent insensibles ,
et qu'elles le seront long-tems encore. En effet, la plus grande
est celle du quatrième satellite , et son expression est par le n° 1
3
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. io3
On a par ce qui précède ,

b = o",07o35o j 'X = 3%4444j


on a ensuite
2C = i",9446 ;

en faisant donc usage des valeurs de X", 3 et (5), données pré-


cédemment, et supposant jx—x dans (3)-, on trouve l'équation
séculaire du quatrième satellite égale à

— o''jOOOi35./';
et parconséquent elle sera long-temps insensible.

Le n° i3 nous offre encore l'inégalité suivante, dans le moyen


mouvement du quatrième satellite, rapporté à l'orbite de Jupiter,

~
{4.(i-x"').L3j-i.(i-A"').;^+6.(5).r} _

.f}'.l\ûn.{pt-\-\—-r).

Une première approximation m'a donné

pt+ A — ^'=i. 7541" — 52875"


r=2772"5

l'inégalité précédente devient ainsi

—49'',5i.sin.(^. 7541"— 52875').

Les inégalités de ce genre sont insensibles, relativement aux


autres satellites,

25. Il nous reste à considérer les inégalités dépendantes du carré


de la force perturbatrice. On a vu dans le n° 18 que le second
satellite est assujéti à l'inégalité

7^ ( 1
. 1 . sin (2«/
.
'
— m't + 2i — 2é').
j

io4 MECANIQUE CELESTE,


Les observations donnent à fort peu -près

(il) = 11923'
rinégalité précédente devient ainsi

6g", jS sin.
. (snt — 2n't -\-2é — 2/).
Les inégalités du même genre sont insensibles, relativement aux
autres satellites.

CHAPITRE
j

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. io5

CHAPITRE VII.
De la durée des éclipses des satellites.

26. IS'ous n'observons point immédiatement le mouvement


des satellites de Jupiter autour de cette planète. Leur élongation
à Jupiter, vue de la terre, est si petite, que les plus légères er-
reurs dans les observations en produisent de plusieurs degrés, dans
leursmouvemens jovicentriques. Mais leurs éclipses offrent un
mojen incomparablement plus exact pour déterminer ces mouve-
mens , et nous devons à l'observation de ces phénomènes, la con-
naissance de leurs inégalités. Jupiter projette derrière lui , rela-
tivement au soleil , une ombre dans laquelle les satellites se plongent
près de leurs conjonctions. I/incIinaison des orbites des trois pre-
miers satellites, à l'orbite de Jupiter, et leurs distances à la pla-
nète, sont telles que ces corps s'éclipsent à chaque révol tion j
mais le quatrième cesse souvent de s'éclipser, et cela joint à la
durée de sa révolution, rend ses éclipses plus rares que celles
des autres satellites.
Un satellite disparaît à nos jeux avant qu'il soit entièrement
plongédans l'ombre de Jupiter. Sa lumière afFaibliepar la pénombre,
et parceque son disque s'enfonce de plus en plus dans l'ombre de
la planète, devient insensible avant qu'il soit totalement éclipsé
son bord, au moment où nous cessons de le voir, est donc en-
core à une petite distance de l'ombre de Jupiter, et si l'on con-
çoit à cette distance une surface semblable à celle de l'ombre/
l'immersion du satellite dans l'intérieur de cette surface , et sa
sortie , seront pour nous le commencement et la fin de son
éclipse.

Cette ombre fictive n'est pas la même pour tous les satellites.
Elle dépend de leur distance apparente à Jupiter dont l'é-

,
clat affaiblit leur lumière : elle dépend de l'aptitude plus ou
MÉCAN. cÉL. Tome IV. O
îo6 MECANIQUE CELESTE,
moins grande de leurs surfaces, à réfléchir la lumièi'e : elle dé-
pend encore de la pénombre, et probablement de la réfraction
et de l'extinction des rajons solaires dans l'atmosphère de Jupiter.
La plus grande durée des éclipses d'un satellite ne peut donc pas
nous faire connaître avec précision celle des autres satellites;
mais la comparaison de ces durées doit nous éclairer sur l'influence
des causes que nous venons d'indiquer. Les variations des distances
de Jupiter au soleil et à la terre, en changeant l'intensité de la
lumière que nous recevons des satellites , influent siir la durée
de leurs éclipses l'élévation de Jupiter sur l'horizon , la pureté
:

de l'atmosphère terrestre, enfin la force des instrumens dont se


sert l'obsei'vateur, influent pareillement sur cette durée. Toutes
ces causes répandent de l'incertitude sur les observations des
éclipses des satellites, et principalement sur celles du troisième
et du quatrième. Heureusement, on peut observer assez fréquem-
ment l'immersion de ces deux satellites , dans les mêmes éclipses;
ce qui donne l'instant de leur conjonction d'une manière assez
précise, et indépendante de la plupart des causes dont nous ve-
nons de parler.

Déterminons d'abord de Jupiter. Si cette


îa figure de l'ombre
planète et le soleil étaient sphériques , l'ombre de Jupiter serait
un cône tangent à la surface de ces deux corps. Mais Jupiter
est sensiblement elliptique ; la figure de son ombre doit donc
différer sensiblement de celle du cône.

Considérons généralement l'ombre d'un corps opaque éclairé


par un corps lumineux, quelles que soient les figures de ces
corps. Si par un point quelconque de la surface de l'ombre , oo
mène un plan tangent à cette surface, il sera tangent à-la-fois
aux surfaces des deux corps. Il est visible que les trois points
de contingence seront sur une même droite qui coïiicidera par-
conséquent avec la surface de l'ombre ; cette surface est donc
formée par les intersections d'une suite de plans tangens aux sur-
faces des deux, corps opaque et lumineux. Soit

X = ay -{- bz~i- c

i'éqnation générale de ces plans, a, ^, c étant des quantités te-


,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL 107


riables d'un plan à l'autre. Nous pouvons appliquer ici les con-
sidérations du n° 63 du second livre, relativement aux orbes pla-
nétaires considérés comme des ellipses variables. Si l'on fait varier
infiniment peu les coordonnées a:,y,z, elles pourront encore être
censées appartenir au même plan ; ainsi l'on peut différencier
réquation
X z=: aj bz -\- c

en regardant a, h, c comme constans , ce qui donne

dx = ady -|- bdz.

En la différenciant en faisant tout varier et retranchant


ensuite ,

la première différentielle de la seconde, on aura

a z=i y .da z db
. de )

ensorfe que si l'on considère b et c comme fonction de a , on.

aura
. db , de
°=y-^^-Ta-^d-a

Soit maintenant, /a=:o, l'équation à la surface du corps lu-


mineux. Nommons X, JT, Z, les trois coordonnées de cette sur-
face , au point où elle est touchée par le plan. Pour qu'il soit
tangent à cette surface il faut non-seulement que ses coordonnées
,

puissent appartenir à l'équation de cette surface , mais qu'elles


puissent encore appartenir à sa différentielle.

Substituant pour dX sa valeur adY+bdZ ; on aura

Cette dernière équation doit évidemment avoir lieu, quels que


soient dV et dZ ; on a donc
O 2
,

,o8 MÉCANIQUE CÉLESTE,

En combinant ces équations avec celles-ci

/A étant fonction de X, Y, Z ; on aura en éliminant X, Y,


une équation finale en a, b , c.

Soit ensuite //—o l'équation à la surface du corps opaque ;


et nommonsX', Y', Z', les coordonnées correspondantes aux points
où elle touchée par le plan, t^' étant considéré comme fonc-
est
tion de ces coordonnées , cette équation fournira de la même
manière les quatre suivantes :

fji' = o; X'^aY' + bZ' ~i-c;.

d*où l'on tirera une seconde équation en o , 5 , c. Au moyen;


de cette équation et de la première;, on aura b et c en fonctions
de a. Substituant ces fonctions dans les deux équations

= + +c Z'z ;

, db , de

on aura deux équations entre x, y, z, etc. éliminant a, on :

aura entre x , y , z, une équation finale qui sera celle de la


surface de l'ombre. Telle est donc la solution générale du pro-
blême de la détermination de l'ombre du corps opaque, solution
qui donne également l'équation à la surface de la pénombre j car
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. log
il est clair que cette surface est formée,
l'ombre, comme celle de
par les intersections successives des plans qui touchent les sur-
faces du corps lumineux et du corps opaque, avec la seule diffé-
rence, que dans le cas de l'ombre, on doit considérer les inter-
sections des plans qui touchent ces surfaces, du même côté;
au lieu que dans le cas de la pénombre , il faut considérer les .

intersections des plans qui touchent ces surfaces, des côtés op-
posés. Appliquons cette solution à l'ombre de Jupiter.

Supposons d'abord Jupiter et le soleil, sphériques. Soit R le


demi-diamètre du soleil, R' celui de Jupiter. Soit la distance D
des centres de ces deux corps , et fixons au centre du soleil l'ori-
gine des coordonnées. L'équation de la surface du soleil sera

X' + + — R' = o
Z'- ;

ensorte qu'ici in z= -{-


F'''
-\- Z' — R''; on aura donc par ce qui
précède , les quatre équations

X" + J"^ + Z» — = G iî^ ;

Z-^bX=='o;
X^zaT-i- bZ + c.

Les trois premières équations donnent

X' .(i-{-a' + b') — R'.


Les trois dernières donnent

d'où l'on tire >

c' = R\(ï-j-a'-{-b'').
L'équation de la surface de Jupiter est

(X' — Dy + r''-^Z'' — R'' = o;


ensorte qu'ici/=:(X'—Z))^-f-jr'='+Z'"—iî'% on aura donc par ce qui
iio MECANIQUE CÉLESTE,
précède^ les quatre équations

{X' — DY + r'-{-Z'' — R'z=o;


Z' + b.{X' — D)-.o;
X' — D=ar' + bZ' + c-~D;

d'où l'on tire

en faisant donc
=
on aura

et parconséquent
^
D
1 — i-.

L'équation

donnera ainsi, en faisant

l'équation
=/' — a'.
Celle-ci
x=:aj bz +c
deviendra ,

En différentiant cette dernière équation par rapport à a seul ,

on aura
az
SECONDE PARTIE, LIVRE VIIT. m
d'où l'on tire
fy

et parconséquent

D
X
ou

(73:7-^)W*-(r+^');
équation à la surface du cône, y et z étant nuls à son sommet,
on aura à ce point
D

c'est la distance du sommet du cône, au centre du soleil. En en


retranchant , on aui'a la distance du sommet du cône au centre
de Jupiter , égale à

Maintenant, pour avoir égard à relliptîcité de Jupiter> nous


supposerons que son équateur comcide avec le plan de son or-
bite. L'erreur qui peut résulter de cette supposition serait nulle,
si Jupiter était sphériquej elle n'est donc que de l'ordre du pi'o-
duit de l'ellipticité de Jupiter, par l'inclinaison de son équa-
teur ; elle doit parconséquent , être insensible. Cela posé , on
aura comme précédemment^

L'équation de la surface de Jupiter sera

R' étant le demi-petit axe de Jupiter^ en représentant donc par /u,'


112 MECANIQUE CELESTE,
le premier membre de cette équation , on aura par ce qui précède ;

Y' -\-a.{X' — D) = o;
X -^D^^aF' + bZ' +C — D;
d'où l'on tire

Soit

^ —

on aura, en négligeant le carré de p,

ce qui donne pour l'équation du plan.

En la différentiant par rapport à a seul, on a

o = y — az .
— ^- 77-;;
+ „

Eliminant a, au moyen de ces équations, on aura l'équation de


la surface de l'ombre. Mais on peut simplifier le calcul, en ob-
servant que si l'on suppose

Vy + a'
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. ii3

'

-^^ étant la valeur de a, dans l'hypothèse sphérique, on a


l^

'
Lc'équation du plan devient ainsi,

d'où l'on tire

""""

y est égal à — —\y —


/J»
radical devant avoir le

signe — , parceque x est moindre que * ainsi à très-

peu-près

D étant considérablement plus grand que R ; on aura donc

c'est l'équation delà figure de l'ombrede Jupiter. On trouvera par


la même analyse , que l'équation de la pénombre est

Considérons une section de l'ombre de Jupiter, par un plan per-


pendiculaire à l'axe , à la distance r du centre de la planète.
On aura dans ce cas, a; = i> + r> partant

Dn a d'abord en négligeant p ,

MÉCAN. cit. Tome /F". P


n4 MÉCANIQUE CÉLESTE,

substituant cette valeur , dans le ternae affecté de p ^ on aura

K.D

Cette équation est celle d'une ellipse dont l'ellipticité est


1
_ -.
L
La quantité ^ étant peu considérable même relati-

K.D
renient au quatrième satellite ; on voit que cette ellipse est à
peu-près semblable à l'ellipse génératrice de Jupiter. Son demi-
grand axe est

OÙ l'on doit observer que (i-f-p).iî' est le demi-diamètre de l'équa-


teur de Jupiter. Soit a ce demi-grand axe, et faisons

r(.-A) — 1^ '

nous aurons pour l'équation de la section de l'ombre de Jupiter ;

et .
2* sera la plus grande largeur de cette section.
..
En faisant X négatif dans les valeurs de a. et de p', l'équation
précédente deviendra celle de la section de la pénombre 5 d'où il'

suit grande largeur de la pénombre , à la distance


que la plus
r du centre de Jupiter, étant égale à la différence des deux va-
leurs de X, relatives à l'ombre et à la pénombre; elle sera

^.(i-j-p).iî', OM^^, R étant le demi-diaraètre du soleil.


,,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL n5


Nommons présentement Z la hauteur d'un satellite, au-dessus
de l'orbite de Jupiter , au moment de sa conjonction , r sa dis-
tance au centre de Jupiter, et f, l'angle décrit par le satellite
sur l'orbite de la planète, depuis l'instant de la conjonction, en
vertu de son mouvement synodique. Prenons ensuite pour axe
des Xla projection du rajon vecteur du satellite sur l'orbite de
,

Jupiter, au moment de la conjonction, ou, ce qui revient an


même, le prolongement du rajon de l'orbite de Jupiter, à cet
instant^ on aura
yx __ ^^î_2î^ _ sin'.z',.

L'équation de la section de la surface de l'ombre devient ainsi

z*).sin^î;,=:a=' —
Nous négligerons les quantités de Tordrez"^ et z°.sin*.t', , ce qui
réduit l'équation précédente à celle-ci,

r'.sin'.j^, = — a'
or on a

z = Z-f-sin.î',.-^ II'.
rr 1 •
-j- i.sm'.î^,
iflZ
.^^-f-etc.
,

on aura donc à très-pen-près •

^^sin^^^ = —
a» (i H-p')'-
'
-^2ol'r_L_r'N>
(i-^-p')' .
cîn 1,
sin.v,. 7
Z . ~ ;

d'où l'on tire

dZ
sm.Vi =— a

s étant supposé exprimer la tangente de la latitude du satellite


au-dessus de l'orbite de Jupiter, au moment de sa conjonction,
on a à fort peu-près Z=:rs, r étant à très-peu-près constant;
l'équation précédente devient ainsi,

sin... = -(x-fp'y.g±l/{î+(i-fp')..}.{î_0+/)..}.
,

ii6 MÉCANIQUE CÉLESTE,


Cette formule
prise en donnant signe + au radical,
le exprime
le sinus de l'arc décrit par le satellite , en vertu de son mouve-
ment sjnodique, depuis la conjonction jusqu'à l'émersion. Avec
le signe , —
elle exprime moins le sinus de ce même arc, depuis
l'immersion jusqu'à la conjonction.

Soit T
le temps qiie le satellite emploie à décrire la demi-
largeur a de l'ombre, en vertu de son mouvement sjnodique ,
et / le temps qu'il met à décrire l'angle y,. Supposons

X étant une très-petite quantité, a étant la mojenne distance du


satellite à Jupiter, ^ est le sinus de l'angle sous lequel la demi-

largeur a serait vue à cette distance. Soit £ cet angle ; on aura


à très-peu-près.

,_ 7-u..(i-X)

Si l'on substitue dans cette expression, au lieu de v,, son sinus


qui en diffère très-peu j au lieu de sin.v, sa valeur précédente,
et € au lieu de -, on aura

Si l'on n'a égard qu'aux équations du centre des satellites , on a


comme l'on sait,

et il résulte encore du n° 4) <1"6 la même


équation subsiste, en
ayant égard aux principales inégalités des satellites} on aura donc
à très-peu-prës
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 117
Si l'on nomme 1! la durée ezitière de l'éclipsé \ on aura

i'=2r.(i~^).^/{i+ix+(i+p')-^}.{i + î^Y-(i+/)4}-'

"
d'où l'on tire
g .
v/47". (1— X)— t'"


27'. (1+/). Cl -.Y)

Cette équation servira à déterminer les constantes arbitraires que


renferme l'expression de 5 , en choisissant les observations des
éclipses dans lesquelles ces constantes ont eu le plus d'influence.

La durée des éclipses étant un des points


importans les plus

de leur théorie , nous allons examiner particulièrement les formules


précédentes. La demi-largeur a. de l'ombre varie avec les dis-
tances du satellite à Jupiter, et de Jupiter au soleil. En nom-
mant ly —
ê^D la distance de Jupiter au soleil, D' étant sa
moyenne distance, et faisant comme ci-dessus, r = a. — fX),
(i
la variation de ix. sera

i-Xest toujours fort petit par rapporta-^,-, et cette dernière

quantité est H. cos. (Mt-^ E — I); ainsi la variation de a. est

à fort peu-près,

d'où il suit que dans les formules précédentes, il faut substituer

au lieu de ^ , la fonction

f
. {i - cos.(M/+£-/)} 5

Ç dans cette fonction, étant relatif aux mojens mouvemens et


aux moyennes distances du satellite à Jupiter, et de Jupiter au
soleil.
ii8 MÉCANIQUE CÉLESTE,
T exprimant le temps que le satellite emploie à traverser la

demi-largeur a de l'ombre ; ce temps diminue par la variation


de a, de la quantité

T. .~.H. cos.(M+.£—/);

mais il augmente , parceque le mouvement sjnodique est à fort

peu-près dans l'instant dt

{n-~M).dt.[i~{-X-^^.H.coè.{Mt + E~l)];

ce qui donne pour l'accroissement de T dû à cette cause.

En négligeant donc X, comme nous l'avons fait ci-dessus, on


trouvera qu'en vertu des deux causes précédentes réunies, T se
change dans

+ ^)-^-cos.(»+£-/)}

mais ces deux causes n'ont d'effet sensible que sur les éclipses

du quatrième satellite.

Dans ces éclipses , vers les limites de ces phénomènes, les quan-
tités de l'ordre que nous avons négligées sous le radical de
s^,

l'expression précédente de t, peuvent devenir sensibles. Mais la

seule qui ait quelque influence est le carré de (i "H p ) • qu^'il


f^J" '
aurait fallu ajouter à la quantité comprise sous ce radical. On
en tiendra compte , en augmentant sous ce radical , ainsi que

dans les expressions de t' et de s, X de la quantité qT^'-

Nous avons confondu l'arc v, avec son sinus; mais on a à


très-peu-près

î», = sin. î», + I . sin^ ;


,

SECONDE PARTIE, LIVRE 119 VIII.


/ doit donc être multipliée par i+|.sin*.2',.
la valeur précédente de
Relativement au premier satellite, est d'environ dix degrés, ce

qui rend sensible le produit de t' par . sin\z',. Mais cette erreur
est corrigée en grande partie , par la supposition que nous avons

faite de-
a
= ê; '
car on a-a = sin.€5 nous aurions dû parconsé-

quent supposer -
a
=^— ^ • ^ > ce qui revient à peu-près à mul-

tiplier la valeur de t' par i


— |.sin'.Ç, parceque le terme
— -> compris sous le radical de l'expression de t', étant

une petite fraction dans la théorie du premier satellite , on peut

négliger son produit par j.sin^.ê. La valeur t' déterminée


par la formule précédente , doit donc être multipliée par
i-j-^. sin\ î»,
— l^.sin^.Ç, ou par i— T^.cos.at^i + rr-cos.aÇ. L'arc
V, différant peu de C , relativement au premier satellite, le pro-
duit de / par .(cos.at^, — cos.aÇ) est insensible.

La valeur de T, déterminée par un très-grand nombre d'éclipsés,


donnerait la distance moyenne du satellite au centre de Jupiter ,
en parties du diamètre de l'équateur de cette planète , si le sa-
tellite disparaissait à l'instant où son centre entre dans l'ombre
de Jupiter. En effet , ^ étant ici le sinus de l'angle sous lequel
la demi-largeur de l'ombre est vue du centre de Jupiter, dans
les mojennes distances de la planète au soleil , et du satellite à
Jupiter ; nous nommerons q cet angle , et nous aurons par ce qui
précède

( {i — K) a ]

La valeur observée de T donnera celle de l'angle ç , qui n'est


que l'arc correspondant décrit par le satellite , en vertu de son
mojen mouvement sjnodiquej on aura donc les quatre équations
suivantes :
I20 MECANIQUE CÉLESTE,

.ji _._J_sin.^î
Chacune de ces quatre équations donne une valeur de •

^;
c'est-à-dire, la valeur de a* en parties du rayon (i+p').iî' de
l'équateur de Jupiter j car il y a très-peu d'incertitude sur le rap-
cl'
port de^, donné par les observations de Pound^ citées par

Newton", et les rapports —


a"
y
(f
»
et
sont bien déterminés par le

n° 20. Les différences de ces valeurs de a" feront connaître les


erreurs de la supposition que les satellites s'éclipsent au moment
de l'entrée de leurs centres dans l'ombre. En effet la pénombre,
la grandeur et le plus ou le moins de clarté des disques , la ré-
fraction que les rajons solaires peuvent éprouver dans l'atmos-
phère de Jupiter , sont autant de causes d'erreur qu'il est très-
difficile d'apprécier.

CHAPITRE
,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 121

CHAPITRE VIII.

Détermination des masses des satellites et de Vapplatis-

sement de Jupiter.

27. Les formules du chapitre VI renferment un grand nombre


de constantes indéterminées dont la connaissance est indispen-
sable pour établir la théorie de chaque satellite. Les principales
sont les masses des quatre satellites et l'applatissement de Jupiter:
nous allons d'abord nous en occuper. Pour en fixer la valeur
il faut cinq données de l'observation. Nous prendrons pour pre-

mière donnée, l'inégalité principale du premier satellite, inéga-


lité dont le plus grand terme, d'après les recherches de Delambi-e,

est égal à 225",47i en temps, c'est-à-dire qu'il avance ou re-


tarde les éclipses du satellite, de cette quantité, dans son maxi-
mum. Pour le convertir en arc de cercle, il faut le multiplier
parla circonférence entière, ou par ^00°, et le diviser par la
durée de la révolution sjnodique du premier satellite, durée qui
est égale à i^'^yôgSôi. On aura ainsi pour ce terme

o^,5o5o5g.

Le plus grand terme de cette inégalité est, par le n° 21,

to'. 2°, 17 364863.

En égalant ces deux quantités, on trouve

m' = 0,232355.
Nous prendrons pour seconde donnée, l'inégalité principale du
second satellite , dont le plus grand terme , d'après les recherches
MÉcAN. cÉL. Tome IV. Q
. . ,,

122 MECANIQUE CÉLESTE,


de Delambre , est égal à loSg", i8 en temps. Pour le réduire en
arc de cercle, il faut le multiplier par 4^0°, et le diviser parla
durée de la révolution synodique du second satellite, durée qui
est égaleà 3-',554o65j on aura ainsi pour ce terme

i°j 192068.

Par le n" 21, le plus grand terme de cette inégalité est

. 6g5i ",466 + /7z" . 1 2 1 oS^gga

En égalant ces deux quantités, on aura

77Z = 1,714845 — m". 1,741954} (l)"

La troisième donnée dont nous ferons usage, est le mouve-


ment annuel et sjdéral du perijove du quatrième satellite , mou-
vement qui , d'après les recherches de Delambre, est égal à
7959", io5. Nous supposerons donc dans la dernière des équations
en g- du n° 22, ^=:795g",io5. Elle devient alors, en la divisant
par /i ,

o=6g84",gi5— 2946",g5./-t— 365",io,7?z— i077'',i5.7?z'—4438",87.7?i"

+ 1 1 ", O3 . 777 .
p -f 47 1 ", 99 . J7l" . + 30 1 2", 3 7 . 772" . |ïr

Pour réduire cette équation à ne renfermer que les indéterminées


/A, m et 771", il faut en éliminer les fractions La com-
paraison d'un grand nombre d'éclipsés du troisième satellite
avec la théorie, m'a fait voir que l'expression de son mouve-
ment renferme deux équations du centre très-distinctes, dont une
se rapporte au perijove du quatrième satellite. Delambre a fixé
cette équation à 756",6o5 , et il a trouvé l'équation du centre du
quatrième satellite égale à 9265",56j ce qui donne

n '^^Îr'f'^t
9265 , 56
= 0,0816578. '

C'est la quatrième donnée que nous tirerons des observations


pour déterminer les masses, L'équation précédente devient ainsi
. . . ^

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. i33

0=67 54'',634 — 2946"; 95 .fJi — 365', I o . m+ 1 o I ',03 . m


5(2)
-4i92'.89./;/+io9",67.^;.
|

Les trois premières équations en g du n' 22 deviennent > en jr

h"
substituant pour ^, ?n et , leurs valeurs précédentes, et en les
H"
divisant par Ji",

=—[z48i 7",58+553878",78 . 5g20i ',5 7n+52o5",o5 m'+ySy", 13 m."}


. .

+ {i536i',8i + 578o5',9.77i — 49445",3.7n"}. J >'

+ 1681 ",67. m" + 2 13",46 .


771'"

= [56497',7-nï + 2253o6"j4-"i° — i95ooi",4.m7n'] .-^


(7751", 8i5 — 109003", 2.// — 436o8",i .m — 4'432",o-"i" — i8o4'',i8./u"'i
+l_8i8o7",5. 771^+ 139953". W— 59856",! .m"^

mm" + 1 Sag'.oS m'^


J
'
A' >
; (4)

4- 1 834"j5o . 77i"
-f 79o",56 7n'"— 2o89",63
. .

O=:i49i3",3.m.p + (4i75",a3-484a",59.7?i + 4i42",o4.m''].|^ )

+ 27G'',79— i736",44./>t — 36G",8o.7n — i23",70.7jx" +35i4'',34.m".5

Enfin ,cinquième donnée dont nous ferons usage , est le mou-


la
vement annuel et sjdéral du nœud de l'orbite du second satel-
lite sur leplan fixe. Ce mouvement est rétrograde et égal à
i3387o",4> d'après les dernières recherches de Delambre c'est :

la valeur de p. En la substituant dans la seconde des équations


du n' 33, en p, l, V, etc., et divisant cette équation par l', on
aura

3=: i33663",io — iogoo3",ao.//c—3i573'',7i .ttï.^i — — igSSS'^GS.z/i". ^1 —


—^|
(Z"'\ •,(6)
1— jY

La première, la troisième et la quatrième des mêmes équations,


deviennent, en les divisant par / et substituant pour et ot', leurs

Q2
.

124 MÉCANIQUE CÉLESTE,


valeurs précédentes,

o = 9253",7.9+{ 1 345 1 3",3— 553878",7G /y.— 52o5",o5 . . m"- 7S7", 1 2 m'")


. . ^
i">
> 3 (7)
l"
+ 52.o5",o5.m" .j--i-'jS'j",i2.m"'
^

.j- 1

o = 3Soo",26+3267",32 . m. j, + [ 1 2g85a",5i—21 264",89 ./a—3267",32 , m— 5886",85 . m'"]

l'"

+ 5886",85.77i".j
. o=25o",28 + 3S3",io.77i.j + 4438",87.7n".j7' )

)> (9)
+ { 32645",93— 2946",9 5 — 363" ,10. m— 4458", S7
l'"
1 .
m" }
. .

^j

Pour tirer de ces équations les valeurs des neuf inconnues ,

IX, m, ni', ni", -jp observera que les cinq der-


> > j >
J> J }
nières étant peu considérables , on peut d'abord les supposer nulles
dans équations (2), (5) et (6). En éliminant ensuite
les de ces m
trois équations , au mojen de sa valeur en m", donnée par l'équa-
tion (i); on aura trois équations entre /a, m' et ni", au moyen
desquelles on déterminera ces trois inconnues, et parconséquent zn,
au mojen de l'équation (i).

On substituera ces premières valeurs approchées de fx, m, m", ni",


dans les équations (5) et (4) , et l'on en conclura les valeurs

de ^ et de On substituera encore ces mêmes valeurs appro-

chées dans les équations (7) , (8) et (9) , et l'on en conclura les
l l" ï" '
h
valeurs de on substituera ensuite ces valeurs de
j,, j , ^ j ,

/,' / 2" t'


dans les équations (2), (5) et (6), qui ne renferme-
j^u) j> j) Y }

ront plus alors que les quatre inconnues fx, m, ni', m"'. On en
éliminera , m
au moyen de l'équation (i) , et en résolvant en-
suite ces équations , on aura des valeurs de yw, , m", ni", et par-
conséquent aussi de plus approchées que les premières.
77Z,

On fera de ces secondes valeurs approchées le même usage


que des premières. On continuera ainsi , jusqu'à ce que les deux
valeurs approchées consécutives de chaque inconnue soient extrê-
, ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. isS


mement peu différentes, ce qui aura lieu après un petit nombre
d'opérations. On a trouvé ainsi

= i,oo55g'j4;
m = 0,173281 ;

m' = o,232555 ;

m" = 0,884972 ;

0,426591 ;

h = 0,00206221
/z". J

h' = 0,0173350
7z"'.
j

/l' = A". 0,08 16578;


/ = /. 0,0207938;
r = — /'.o,o34255o;
/* = — 0,000931 164.
La quantité détermine l'applatissement de Jupiter. Pour cela;
nous observerons que l'on a par le n° 22 ,

p — f (p = /*. 0,0217794.

En substituant pour fJt, sa valeur précédente, on aura

p
— T<P = 0,0219013.
Pour déterminer (p , nommons t la durée de la rotation de Jupi-

ter, et T celle de la révolution sydérale du quatrième satellite j


on aura à très-peu-près ,

On a par le n' 20

a" = 25,4359 ;

r=i&,689oi9;
suivant Cassini
i = o^',4i3889.
On aura ainsi
(p = 0,0987990;
ce qui donne
,

126 ME C ANIQUE CEL ESTE,


p = 0^0710008.
Le demi-diamètre de l'équaf eur de Jupiter étant pris pour l'unité
le demi-axe du pôle sera i —
p, et parconséquent égal à 0,9286992.
Le rapport de l'axe du pôle à celui de l'équateur a été mesuré
en difFérens temps. Le milieu entre les diverses mesures est 0,92g,
ce qui ne diffère du résultat précédent que d'une quantité insen-
sible. Mais si l'on considère la grande influence de la valeur
de fji, sur les mouvemens des nœuds et des absides des orbes des
satellites , on voit que le rapport des axes de Jupiter est donné
par les observations des éclipses, avec plus d'exactitude que par
les mesures les plus précises. L'accord de ces mesures avec le
résultat de la tliéorie, nous montre d'une manière sensible, que
la pesanteur vers Jupiter se compose des attractions de chacune
de ses molécules, puisque la variation dans la force attractive de Ju-
piter, qui résulte de l'applatissement observé de cette planète ,
représente exactement les mouvemens des nœuds et des absides
des orbes des satellites.
Rassemblons maintenant que nous venons de trou-
les résultats

ver. Si l'on divise les valeurs de jn, itl , m" et m'" par dix mille,
on aura, par le n" 21, les rapports des masses des satellites à
celle de Jupiter, et ces rapports seront

I. satellite 0,0000175281 ;

II, sat , 0,0000252555 ;

III. sat 0,0000884972 -,

IV. sat 0,0000426591 ;

le rapport des deux axes de Jupiter sera 0,9286992.


Si l'on adopte les valeurs des masses de Jupiter et de la terre ;
que nous avons données dans le n" 21 du livre VI, on trouve que
la masse du troisième satellite est 0,027337, celle dé la terre
étant prise pour unité. Nous avons trouvé dans le n" 44 du

même livre, la masse de la lune égale à g^g, ou 0,0145995 ainsi

la masse du troisième satellite de Jupiter est presque double de


celle de la lune, à laquelle la masse du quatrième est presque
égale.
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 127

CHAPITRE IX.

Des excentricités et des inclmaisons des orbes des


satellites^

29. A- P R Ë s avoir déterminé l'applatissement de Jupiter et les


masses de ses satellites , nous allons évaluer en nombres les
inégalités séculaires des élémens de leurs orbes. Ees excentricités
et les mouveraens des absides dépendent de la résolution des équa-
tions en g du n° 22. Si l'on j substitue pour /a, m, m! , m', et vi ,
leurs valeurs précédentes , elles deviennent

'+3oor3oo"^i \ +3001300"

\ V'^3ooi3ooV'
i7495",3i 4qi85/'95
ot=Uo54",77- .h'

3ooi3oo" )
"^Sooiloo" + 3ooi3oq"
2o8o4",4o
-f \i28o5",3-(- .A"+337",25.À";

C "^3ooi3oo'0
4362",G5
= Kh'

( V "^SooiSooV
3ooi3oo"^ J \ ^3ooi3ooV
19 02", Go
+ )g-28478",7- '.A" + i7o4",2o.A"';
1-
(' "^3ooi3oo")

c r= 1 7",5o6 . A + 1 09",67 //
.
+ 2665",86 . h' + (g'— 8 1
79', 1 3 ) . A'" ; (4)
5 ,

128 MECANIQUE CELESTE,


Ces équations donnent une équation finale en g , d'un degré
fort élevé. A
chacune des valeurs de g répond un système des
constantes h h', h" et Ji", dans lequel trois de ces constantes sont
,

données au mojen de la quatrième qui reste arbitraire. Ainsi


la nature du problême ne demandant que quatre arbitraires
l'équation en g n'a que quatre racines utiles. La grande influence
de l'applatisseraent de Jupiter sur les mouvemens des absides des
satellites, rend les valeurs de g peu différentes de celles qui au-
raient lieu par l'effet seul de cet applatissement on aura ainsi
:

une première approximation de ces valeurs , en égalant à zéro


les dans lesquels se trouve l'in-
termes des équations précédentes ,

connue g. Cette considération facilite extrêmement la détermi-


nation des valeurs de g, que l'on peut obtenir par une approxi-
mation prompte de la manière suivante :

On
observera d'abord que la première valevir de g, dans l'ordre
des grandeurs, est peu différente de 620000" on supposera donc :

=
^ 620000", dans les équations (2), (5) et (4), et après les
h' h" h"
avoir divisées par h, on en tirera les valeurs de j, On
substituera ensuite ces valeurs dans l'équation (i), et l'on mettra

pour^, 620000" dans le diviseur +3^^^^') • On aura ainsi

une valeur de g plus exacte que la valeur supposée. On fera de


cette nouvelle valeur le même
usage que de la première et ainsi ,

de suite , jusqu'à ce que l'on trouve deux valeurs consécutives


de g qui soient à très-peu-près les mêmes. Un petit nombre d'essais
suffira pour cet objet, et alors on sera certain que les équations
(i), (2), (3) et (4) seront satisfaites, ce que l'on vérifiera d'ailleurs
h' h!' H"
en j substituant pour ^, j) -j^) leurs valeurs. On trouve ainsi

g = 6o6Q8g",g ;

/î' =0,01 852 38.


7z"= — 0,0034337.71;
7î"'= — 0,00001735.72.

Les valeurs de h', h", h", relatives à cette valeur de g, étant


plus petites que h, on peut considérer h comme l'excentricité
propre
5

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 139


propre du premier satellite , dont l'abside a un mouvement annuel
et sydéral de GoGgSg'jg.

La seconde valeur de g est donnée par approximation , en éga-


lant à zéro le terme de l'équation (2) qui contient g cette va- :

leur est à-peu-près de 180000". On supposera donc ^ 1 80000% =


dans les équations (i) , (3) et (4), et en les divisant par h', on
h 11' Ji"
en tirera les valeurs des fractions substituera en-
Y'
suite ces valeurs dans l'équation (2) divisée par lï, et l'on y fera
g-srziSoooo", dans le diviseur (^'"f-
gppfg^Q -^
• On aura ainsi une
valeur plus approchée de ^ , dont on fera le même usage que de
la première. En continuant ainsi , on trouve

g = i78i4i",7-,

h = — o^oSySSga.^'j
h" = — 0,0436686. 7i'j

h"" = 0,00004357 . h'.

Les valeurs de 7i, h", h" étant ici plus petites que h'; on peut
considérer h' comme l'excentricité propre dusecond satellite
dont l'abside a un mouvement annuel et sjdéral de i78i4i",7.

La troisième valeur de g est donnée par approximation, en


égalant à zéro le terme qui contient g dans l'équation (3). Cette
valeur est à-peu-près de Soooo". On supposera donc g-= 30000",
dans les équations (i), (2) et (4), et en les divisant par h", on en
tirera les valeurs de
^, ^ et que l'on substituera dans l'équa-
tion (3) divisée par h", et l'on j fera ^= 30000", dans le divi-

seur H~ goofsoo "') ' aura ainsi une valeur de g plus appro-

chée et dont on fera le même usage que de la première, En con-


tinuant ainsi, on trouve

g = 29009', 8 ;

h =:o,o238iii./î'j
A'= 0,2 529201 . /j'

71"= — o,i29i564./ï'.
MÉcAN. cÉL. Tome IV, R
;

j3o mécanique CELESTE,


Ces valeurs de h, h', //'étant plus petites que on peut consi-
dérer h" comme l'excentricité propre au troisième satellite dont

l'abside a un mouvement annuel et sjdéral de 29oo9",8.

Enfin, la quatrième valeur de g est celle que les observations


donnent pour le mouvement annuel et sjdéral de l'abside du qua-
trième satellite , et l'on a vu précédemment que dans ce cas,

g =7959">io5 5

h = 0^0020622 .h"
7/ =0,0173350. /i'";
7^" = 0,0816578. Â".

Les valeurs de h, h', h" étant ici plus petites que h";
on peut
considérer h" comme au l'excentricité propre
quatrième satellite
dont l'abside a un mouvement annuel et sjdéral de 7969", io5.

On voit par là que chaque excentricité qui lui


satellite aune
est propre. Cette circonstance qui n'a pas lieu dans la théorie
des planètes, est due à l'applatissement de Jupiter , dont l'elFet sur
les perijoves des satellites est très-considérable. Il ne s'agit plus
maintenant que de connaître les excentricités propres à chaque
satellite, et les positions de leurs absides à une époque donnée.
Nous dirons , en exposant la théorie de chaque satellite , ce que
les observations ont appris sur cet objet.

Considérons présentement les inclinaisons et les mouvemens des


nœuds des orbes des satellites. Ces élémens dépendent des équa-
tions en A et en /, données dans le n° 23. Rappelons ici ces
équations. Les équations en À deviennent, en j substituant pour
jx, m, m') TTz" et TTz'", leurs valeurs précédentes,

o =— iç)3",27 + 57i269",64.A— 9253",8o./— 46o6",3a.A"— Sp.y^aS.;/";


o = — 207",36 — 547 a A 1 ", 1 .
-f- 1 35377",33 .k'—i 701 5", s4 .k"— jSq" fi5 .k'" ;
o= — 4i7",G3— 5S6",i6.A— 3599",79.A' + a8478",73.^" -25ii",25.a"';
o = — 974",i9— 62",cj2.h— sSo^aS.^'— 39a8",28 .a" -f- 8179",! 1 . a".

En résolvant ces équations, on trouve


^ ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VUE i3i

A = OjOOoSySyg;
X' = o,oo585888 ;

0^02708801 ;

?.."= 0,1 3255804.

Ces valeurs de X, X', X" et K" déterminent la partie de la lati-


tude des satellites qui dépend de l'inclinaison de l'équateur de
,

Jupiter à son orbite. Il résulte du n" 10 que 200° — 'i'' étant


la longitude du nœud ascendant de cet équateur sur l'orbite
de la planète, et 6' exprimant l'inclinaison mutuelle de ces deux
plans; on a en faisant pour abréger, 200° —
'i''=/, pour ces par-
ties de la latitude des satellites sur l'orbite de Jupiter,

(i —A — /);
).6'.sin.(z;

(i _ ).6'.sin.(/— I);
X'

(i _ A'').9'.sin.(2;"— /)•,

(i _ x'").iï.sin.(p"— I).
L'inclinaison ô' de l'équateur de Jupiter à son orbite , et la lon-
gitude / de son nœud ascendant sur cette orbite, doivent être dé-
terminées par les observations. Delambre a trouvé pour l'époque
de lySo,
6'= 3%435i9j
/= 348%62i2g.

Ces valeurs de 6' et de / ne sont pas rigoureusement constantes;


on a vu dans le n° 23, que la valeur de S' croît cbaque année
de o",07o55 , et que la valeur de / diminue annuellement de o",825g,
relativement à un équinoxe fixe. Ces quantités sont si petites
que l'on peut se dispenser d'j avoir égard dans tout l'intervalle
de temps que comprennent les observations des satellites ; mais il
sera facile de les faire entrer dans le calcul , si on le juge à
propos.

Les équations en / du n° 23 deviennent, en j substituant pour


(À,, m, m', m" et ni", leurs valeurs précédentes
R 2
MÉCANIQUE CELESTE,
= (p — 57126^" M J + 9253",8o ) .
/'
+ 46o6",33 . l"
+ Znf.^S . l" ; (5)

o = 547 1 ", 1 2 . /
+ (/;-! 33377",33) J' + 1
73 1 5",94 •
/"
+ 7G9",65 . r ; (6)

o = 5G6", iG . / + 35,99",79 .l'-^ip- 28478",73) .


Z" + sSn^aS . Z'";
(7)

c= 62",92J+ 25o",a8.Z' + 3928'>8J" + (p — 8179 ",11 )./"'; (8).

Ces quatre équations donnent une équation en p du quatrième


degré. Pour en obtenir les racines, on fera usage de la méthode
d'approximation que nous venons d'employer pour déterminer les
valeurs de g. On aura ainsi une première valeur de p relative à
l'orbe du premier satellite, en égalant à zéro le coefficient de /
dans l'équation (5), ce qui donne p 1 26(^' En supposant =
donc à p cette valeur dans les équations (6), (7) et (8), on en
/' Z" Z'"
tii-era les valeurs j, -j , j. On substituera ces valeurs dans

l'équation (5) divisée par l, et l'on aura une nouvelle valeur de p


plus approchée. On fera de cette nouvelle valeur le même usage
que de la première, et l'on continuera ainsi jusqu'à ce que l'on
arrive à deux valeurs consécutives de p extrêmement peu diffé-
rentes. On trouve ainsi, après un petit nombre d'essais,

q = 5j i58g" ,52 ;

l' =. — 0,0124527 .1

1" = — 0,0009597 . / ;

ï" = — 0,0000995 . /.

Les valeurs de ï , V , moindres que l\ on peut con-


l" , étant ici
sidérer cette quantité comme
exprimant l'inclinaison propre de
l'orbe du premier satellite, sur un plan qiii , passant coiistam-
ment par les nœuds de l'équateur de Jupiter, entre cet équafeur
et l'orbite de la planète, est incliné de l'angle à ce même KM
équateur. Si l'on substitue pour A et 6' leurs valeurs précédentes ;
on trouve cette inclinaison de i9",88. La valeur précédente de p
exprime alors le mouvement annuel et rétrograde des nœuds de
l'orbe sur ce plan, mouvement qui parconséquent est de 57i38g",32.

La seconde valeur de p est relative â l'orbe du second satel-


lite. Elle est donnée par les observations , et l'on a vu dans le
SECONDE PARTIE, LIVRE YIII. i33
n* précédent, que l'on a dans ce cas

p =z 1558^0" 4;
l= 0,0207938./' ;

r = — o,o34255o./';
r — 0.00095 12
z=z -,

La troisième valeur de p est relative à l'orbe du troisième sa-


tellite ; on en aura une première valeur approchée , en égalant
à zéro le coefficient de /" dans l'équation (7), ce qui donne

p = 28478",73. En substituant cette valeur dans les équations (5),


l l' l"
(6) et (8), on en tirera les valeurs de j„, j, et Ces valeurs ,

substituées dans l'équation (7) divisée par/, donneront une seconde


valeur de p dont on fera le même usage que de la première. En
continuant ainsi, on trouve

p = 28575'',48 ;

/ = 0,01 1626./"1
j

/'= 0,1640530./";
/"'= — 0,1965650./'^

Les valeurs de /, /', /"' étant ici moindres que /", cette quantité
peut être considérée comme exprimant l'inclinaison propre de l'orbe
du troisième satellite sur un plan qui , passant constamment par les
nœuds de l'équateur de Jupiter, entre l'équateur et l'orbite de la
planète, est incliné de X".6' à cet équateur. En substituant pour
A" et 6', leurs valeurs précédentes , on trouve cette inclinaison
de 93o",52. Le mouvement annuel des nœuds de
et rétrograde
l'orbe du troisième satellite, siu- ce plan, est de 28575",48.
Enfin, la quatrième valeur de p est relative à l'orbe du qua-
trième satellite. On en aura une première valeur approchée, en
égalant à zéro le coefficient de dans l'équation (8), ce qui donne
P = 8i79'',ii. En substituant cette valeur dans les équations (5),

(6) et (7); on en tirera les valeurs de ^, Ces valeurs


substituées dans l'équation (8) divisée par /'% donneront ime se-
t34 MECANIQUE CELESTE,
conde valeur de p dont on fera le même usage que de la pre-
mière. En continuant ainsi , on trouve

= 7682",64 ;

/ =0,0019856./'"-,
/' =0,0234108,/";
r = 0,1248622./".
Les valeurs de /, sont ici moindres que /"'; cette quantité
peut donc être considérée comme exprimant l'inclinaison propre
de l'orbe du quatrième satellite, sur un plan qui, passant cons-
tamment par les nœuds de l'équateur de Jupiter, entre l'équa-
teur et l'orbite de la planète, est incliné à cet équateur, de
l'angle A'".&'. En substituant pour A* et ô' leurs valeurs précé-
dentes, on trouve cette inclinaison de 4546",74' Le mouvement
annuel et rétrograde des nœuds de l'orbe du quatrième satellite,
sur ce plan, est de 7682'',64.

On voit par là que l'orbe de chaque satellite a ime inclinai-


son qui lui est propre ; circonstance qui est due à l'applatisse-
ment de Jupiter, dont l'influence sur les mouvemens des nœuds
des orbes des satellites est très-considérable. Il reste maintenant
à connaître les inclinaisons propres à chaque orbe , et les posi-
tions des nœuds. Nous verrons bientôt ce que les observations
ont appris snr cet objet.

\
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. i55

CHAPITRE X.

De la libration des trois premiej^s satellites de Jupiter.

29. wN a vu dans le n° i5, que les mojens mouvemens des trois


premiers satellites de Jupiter sont assujétis au théorème suivant
qui a lieu généralement par rapport à un axe mobile suivant une
loi quelconque.

Le moyen moiwement du premier satellite, plus deux fois


celuidu troisième , est rigoureusement égal à trois fois le moyen
mouvement du second satellite.

Pour faire voir jusqu'à quel point ce théorème est conforme


aux observations, je vais rapporter ici les mojens mouvemens
séculaires de ces trois corps, tels que Delarabre lésa déterminés
par la discussion d'un nombre immense d'éclipsés. 11 a trouvé
qu'en cent années juliennes ces mouvemens sont , par rapport à
l'équinoxe^

le', satellite 825826i",633i3 ;

II. sat 41 ^4i-5%8i277 ;

III. sat 2042057^90598.

Le moj en mouvement du premier, moins trois fois celui du se-


cond, plus deux fois celui du troisième, est ainsi égal à 2j",S.
Cette différence est si petite, que l'on doit être étonné de l'ac-
cord de la théorie avec les observations. Cependant, comme les
tables doivent être rigoureusement assujéties au théorème précé-
dent , Delambre a , pour cet objet , légèrement altéré les trois
résultats précédens.
5

136 MECANIQUE CELESTE,


Parle n' i5, les époques des moyens mouveinens des trois sa-
tellites sont assujéties au théorème suivant :

L'époque du premier satellite moins trois fois celle du se-


,

cond, plus deux fois celle du troisième , est exactement e'gale


à la demi - circonférence , ou à 200°. '

Delambre a déterminé ces époques par la discussion d'un très-


grand nombre d'éclipsés, et il a trouvé les époques suivantes^ pour
le minuit commençant le premier janvier de lySo.

I". satellite 16% 69584-,


II. sat . . . î 546°,o52 1

III. sat ii%4i354.

L'époque du premier , moins du second , plus deux


trois fois celle

fois celle du troisième, est ainsi égale à 200%oig62, ce qui surpasse


la demi-circonférence, de i96",2. Les observations satisfont donc
un peu moins exactement au théorème sur les époques, qu'à celui
sur les moyens mouvemens. Elles pourraient en différer encore
plus ,
par la considération suivante.

A la distance où nous sommes des satellites de Jupiter, ils dis-


paraissent à nos yeux, avant que d'être entièrement plongés dans
l'ombre de cette planète ; ils ne reparaissent qu'après s'en être en
partie dégagés. Pour déterminer l'instant de la conjonction d'un
satellite on suppose qu'au moment de l'immersion, son centre est
,

à la même distance du cône d'ombre qu'au moment de l'émersion ;


or il peut arriver que la partie du disque du satellite, qui se plonge
la première dans l'ombre , et qui parconséquent reparaît la pre-
mière , soit plus ou moins propre à réfléchir la lumière du soleil,
que la partie qui s'éclipse la dernière , et alors il est visible qu'au
moment de l'immersion , la distance du centre du satellite à la
surface du cône d'ombre , sera plus ou moins grande qu'au mo-
ment de l'émersion. L'instant de la conjonction, tiré des obser-
vations , donc plus ou moins avancé que le véritable instant.
sera
Les époques des longitudes moyennes des trois premiers satellites,
^îonclues des observations de leurs éclipses , peuvent différer ainsi
des époques réelles , et ne pas satisfaire exactement au théorème
énoncé
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 1^7
énoncé ci-dessus. A la vérité, cela suppose du disque que la partie

qui s'éclipse la première , est toujours sensiblement la même; et


c'est ce qui a lieu dans la nature , les satellites présentant cons-
tamment, comme on sait, la même face à Jupiter, ainsi que la
lune , à la terre. La considération que nous venons de présenter ,

n'empêche pas les observations de satisfaire au tbéorême sur les


moyens mouvemens qui , donnés par la différence des époques sé-
parées par de grands intervalles , sont indépendans des inégalités
qui peuvent exister dans la lumière des diverses parties du disque
des satellites , du moins lorsque l'on considère autant d'immersions
que cl'émersions.
La différence entre le résultat des observations et le tliéorême
sur les époques, étant peu considérable 5 Delambre a jugé plus con-
venable d'j assujétir époques de ses tables; les corrections qu'il
les
faut faire aux observations , étant dans les limites des erreurs dont
elles sont susceptibles.

Les deux donnent lieu, comme on l'a vu


tliéorêraes précédens
dans le n° i5 , à une inégalité particulière que nous avons désignée
sous le nom de libration des satellites, et dont nous avons donné
l'expression analytique. Pour l'évaluer eu nombres, nous obser-
verons que l'on a par le n° 22 ,

jF'= 1, 466580 j

G — — 0,857 i5g.
L'expression k du n° 14, devient ainsi

k = 1 23^855 .

(Il
. m'm"-\--
4
. mm" + 4iï
. vim' \
J
;

la valeur de k est donc positive, comme nous l'avons annoncé daniî


le n° i5, où nous avons fait voir que le signe de k détermine si
la longitude moyenne du premier satellite, moins trois fois celle
du second , plus deux fois celle du troisième , est égale à zéro ou
à la demi-circonférence le signe négatif déterminant le premier
;

cas , et le signe positif, le second cas.

Si l'on substitue pour m, m' , m" , leurs valeurs précédentes ,

on aura
MÉCAN. cÉL. TomcIV. S
i38 MÉCANIQUE CELESTE,
k = OjOOOoooGoySoa.

Nous avons observé dans le n° i5 , que si le théorème sur les


moj'cns mouveraens des trois premiers satellites n'était pas rigou-
reusement exact, les observations s'en écarteraient de ioo% dans
IOO°
un temps plus petit que
^ \/~k'
^^^^ ^ durée de la révolution

sjdérale du premier satellite, on aura nT—^oo"^; le temps pré-


T-=^. En
cèdent devient ainsi substituant pour T , sa valeur
Q.k

donnée dans le n" 20, il devient 4oi'''"">5i4j parconséquent , il est


au-dessous de deux années , comme nous l'avons annoncé dans le
n° i5.

Les expressions àe v , p' et v" dépendantes de la libration, et


que nous avons trouvées dans le n° i5 , deviennent en y substituant
pour m, m' et m", leurs valeurs précédentes,

=:P.ûn.{nt.\^lc -\- A);


v' ~— P. 0,889912. sin.(/2if.\/'F + ^) -,

v" P.o,o62n5.sin. («^.y^X: -\-A);

P et A étant deux arbitraires que les observations doivent déter-


miner. La durée de la période de cette inégalité est ,
' ou
^ n.\/h
T
^^5 cette durée est donc de aayoio^s^iSj c'est-à-dire d'un peu
plus de six ans.

Après avoir considéré l'ensemble du système des satellites nous -,

allons développer la théorie particulière de chacun d'eux , en


commençant par le quatrième.
,

>

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII.

CHAPITRE XI.

Théorie du quatrième Satellite.

5o. D ELAMBRE a trouvé , par la discussion de toutes les éclipses


observées du quatrième satellite , que son mouvement moyen
par rapport à l'équinoxe terrestre du printemps, est en cent
années juliennes, égal à

875427%45956.

Il a trouvé, de plus, que la longitude moyenne de ce satellite/


par rapport au même équinoxe , à l'instant du minuit commen-
çant le premier janvier de lySo (et c'est ce que j'entendrai dans
la suite par l'époque de lySo), était égale à

8o°,6i349.
Soit donc

6" = 80^61249 + 1 . 8754%2745956.

t expi'imnnt. ici un nombre d'années juliennes écoulées depuis le


co 'uii. . ent de 17505exprimera la longitude moyenne du
6""

quatrième satellite ^ observée du centre de Jupiter et rapportée


à l'équinoxe terrestre du printemps.
Delambre a pareillement trouvé que le périjove de ce satellite
avait un mouvement annuel et sjdéral de 7959", io5, ou de
8ii5",755, par rapport à l'équinoxe du printemps; et que la lon-
gitude moyenne de ce périjove était, en 1750, égale à-

aoo^SSoSô;
soit donc
Si
.

i4o MECANIQUE CÉLESTE,


^"' = aoo%58o55+i .8ii5",7355

d" — zêr'" sera l'anomalie moyenne du satellite, comptée du périjove,


et l'on aura

B'"—^'" = 28o%25i94 + 1 . 8j55%465a22i.

On a vu dans le cliap.IX, que le coefficient du plus grand terme


de l'équation du centre est égal à 9265 ",56. Il est facile d'eu
conclure que la partie elliptique de la longitude du quatrième
satellite est

6"' +9265", 56. sin. (9"'—^"')

+ 42",i4.sin.2(Ô"'—-sr'")

4- o", 2 7 . sin 5 . (b'" — ^"')

Le quatrième satellite participe un peu de l'équation du centre


du troisième. Delarabre a trouvé le coefficient de cette équation
égal à i709",o5, et la longitude du périjove correspondante, en
1750, égale à

545°,82o67.

Le mouvement annuel et sjdéral de ce périjove est, par le n° 28 ,

égal à 29009",8, et parconséquent, son mouvement annuel tro-


pique est égal à 2gi6i^',/\.5. Soit donc

-ïtr' = 543°,82o67 + / . 29i64'',43.

Désignons par 6" la longitudemojenne tropique du troisième ?a-


tellite ; h" Tir" sera sa longitude moyenne, comptée du périjove.
Pour déterminer 6", nous observerons que Delambre a rro'n le ''

mouvement annuel de ce satellite , en cent années juliennes ,

égal à
2o42o57°,9o4o,

et sa longitude moyenne, à l'époque de 1750, égale à

11 ",40092;
on a ainsi
, ,

SECONDE PARTIE, LIVRE YIII. i4i

6"=: ii%59349 + ^ • 20420^579040^

et parconséqueut

6" — ^" = 67%57282 + t . 2041 7%662597.

L'équation du centre du troisième satellite sera ainsi

i709'>5 . sin. (^"— -sr").

On a par le cbap, IX, relativement à cette équation du centre,

//'=— 0,1291564. //j

l'équation du quatrième satellite, dépendante du périjove du troi-


sième , sera donc

— 1 709",o5 . o, 1 291 564 . sin. (ô" —


et parconséquent elle sera

— 220", 73 .sin. (Ô"'—^").

Si l'on nomme H moyenne de Jupiter, rapportée à


la longitude
l'équinoxç du printemps; l'expression de JV" du n° 21 devient,
en y substituant pour m!' sa valeur trouvée dans le n° 27 , et
négligeant les termes dépendans de m
et de m' , ce que l'on peut
faire ici sans erreur sensible

— 51", 36. sin. {b"—b"')


'

— i4",i2.sin. 2.(i"— r)
— 2", 95. sin. 3.(6"— 9"')
— o", 90. sin. 4.(6"— 9"')
— o", 33. sin. 5.(6"—Ô")

+ i2",99.sin.(2S"'— an).

Si l'on considère ensuite que par le n° 6, , a/i'" étant le coeffi- —


cient duplus grand terme de l'équation du centre du quatrième
satellite, on a en considérant la plus grande équation du centre.
,,

i43 MECANIQUE CELESTE,


— 2^' = 9265'',56î
on aura par le n* 22 , l'inégalité

0,0144449 •
k •
9265'''56 . sin. (â'+ca-"— an)

inégalité qui se réduit à

66',94 . sin. (â" + ^' — an).


En désignant par V l'anomalie moyenne de Jupiter, comptée
du périhélie j on a par le n"' 22, l'inégalité

—349", 79. sin. F".

Enfin, on a par le n" 24, l'inégalité

— 49°,5i .sin.(if . 754i'4-3i%9i988).

7541" est le mouvement annuel et sjdéral supposé au nœud du


quatrième satellite; mais nous avons trouvé dans le chap. IX, que
ce mouvement est un plus grand et égal à 7682",64. Il en faut
retrancher la variation annuelle de "Y, qui, par le n° 23, est
égale à o",8259 ; l'inégalité précédente devient ainsi

— 49'',5i . sin.C/.768i",8i + 3 10,9 1988).

En rassemblant toutes ces inégalités; on a pour la longitude i»"


du quatrième satellite , comptée sur son orbite , de l'équinoxe du
printemps terrestre.
,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIÎI. i43

+ 42%i4.sin.2.(r—-ar*)
4- o^27.sin.5.(ô"—-ar")
— 3i",36.sin. (9"— S")

~ i4',i2.sin.2.(ô"— â'")

— 2',95.sia.3.(9'— 9")

9'")
o',9o.sin.4.(9"—
— o",33.sm.5.(9"— 9")

— 22o",73.sin. (B'"—'^")

+ i2",9g.sin. (29"— 20)

+ 66",94.sin. (0"+^"'—20)
— 349",79.sin. V
— 49",5i.sin.(^.768i",8i4-3i%9i988).

Considérons maintenant le mouvement en latitude. Ce mouve-


ment dépend de l'inclinaison de l'équateur de Jupiter à son or-
bite , et de la longitude de son nœud ascendant à une époque
donnée. Delambre a trouvé par la discussion d'un très-grand
nombre d'éclipsés principalement du troisième et du quatrième
satellite , que l'inclinaison de l'équateur à l'orbite de Jupiter
était de 3%4552, en ijSo , et qu'à la même époque, la longi-
tude de son nœud ascendant était 348%62i3. De plus , la pré-
cession moyenne annuelle des équinoxes étant i54'',63, et la pré-
cession annuelle de l'équinoxe de Jupiter étant n° 23 par le
égale à o",825g, lemouvement annuel de ce second équinoxe
relativement au premier, sera i53'',8; ensorte que la longitude
du nœud ascendant de l'équateur de Jupiter sera

548%62i3 + ^. i53",8.

Le terme (X" — i).O.sir\.(v"'-^'if') de l'expression de la latitude s"


du quatrième satellite, trouvée dans le n° lo, deviendra ainsi

(i— A") . 3°,4352 sin


. . (v"— 348%62 1 3 —M 53",8) j
i44 MECANIQUE CELESTE,
en substituant pour A"' sa valeur donnée dans le n° 28 , on aura

Le terme 1"'
.sin.Çv" ~{- pi A) , qui, par le n° 10, entre dans
l'expression de s", et qui est relatif à l'inclinaison propre de l'or-
bite du quatrième satellite sur son plan fixe , suppose la cou-
naissance de /" et de A. Delambre a trouvé

r;=— 277i",6,
et en ij5o,
A = 83%2986i.
La valeur de p relative à ce terme est, par le chap. IX, 'j682",6^;
pour le rapporter à l'équinoxe mobile du printemps terrestre, il
faut en retrancher i54'',655 le terme précédent devient ainsi

— 277i",6.sin. (2^''-f-83%2986i -f- ^.ySaS^oi ).

La comparaison des éclipses du troisième satellite a donné à


Delambre, la valeur de propre à l'orbite du troisième satel-
lite , égale à — 2283",g , et la valeur de A qui lui est relative
égale en 1750, à 2o8°,32562. De plus, la valeur correspondante
de;? est, par le n° 28, 28d75",48; en en retranchant i54",63, on
aura 2822o",85 pour le mouvement annuel tropique du nœud de

l'orbite du troisième satellite sur son plan fixe, La partie de s"


relative à ce mouvement est donc

— 2283'',9 sin. . ( v" + 2o8%32562 + i . 2822o'',85).

Pour avoir la partie correspondante de s'", il faut multiplier le


r
coefficient de ce terme par , et cette fraction, par le chap. IX,
est égale à — o, igGSôSo, ce qui donne dans s" le terme

448'',95 sin. .
( -f- 2o8%52562 + /.2822o",85).
Delambre a trouvé la valeur de /' relative à l'inclinaison propre
de l'orbite du second satellite sur son plan fixe, égale à 5i52",2, —
et la valeur correspondante de A en 175O; égale à 3o3%76542.
La
( ) ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 145


La valeur de p relative à cette inclinaison est, par le n° 28,
i5587o",4' En en retranchant i54",63, on aura iSSyiS'^yy, pour
le mouvement annuel tropique du nœud de l'orbite du second
satellite sur son plan fixe. La partie de s' relative à ce mouve-
ment est donc

— SiSa'^a.sin.Cz^'-f- 3o3%76542 + f.i357i5',77).


Pour avoir la partie correspondante de s", il faut multiplier le

coefficient de ce terme par j-, et cette fraction, par le chap. IX,


est égale à — 0,000931 164. ce qui donne > dans s" le terme

4',80 .
+ 3o3% 76542 +
sin. (z^" f . 1 337 15'',77 ).

Il nous reste à considérer l'inégalité de s"

— 0,001447815. (Z' — r).sin.(p''— 2 fJ—;;/-, A)

donnée à la fin du n' 25. Si l'on suppose que la valeur de p soit


relative au déplacement de l'équateur et de l'orbite de Jupiter
on a par le n' 10,

et parconséquent

(i—>^'").(L — L').sm.(v''-{-pt-]-A) est la latitude du satellite au-


dessus de l'orbite de Jupiter, en le supposant mu sur son plan
fixe, et nous venons de voir que ce terme est égal à

2%g8o5i .sin. p"'


+ 5i%3787 — i. i55",8) ;

l'inégalité précédente de s" deviendra donc

2%98o5 1 00 1 4478 1 5
.
. sin. ( 2^" — 2 i7 — 5 r, 3787 + if . 1 55',
8) ,

et parconséquent elle sera

43", 1 5 . sin . ( t^" — 2 5 1 % 3787 +^ 1 53',8


MÉCAN. cÉL. Tome IV. T
( . )

,46 MECANIQUE CELESTE,


parmi les autres termes renfermés dans l'expression

— 0,001447815 .
L' — l") sin. (/' — 2 U—pt — A
le seul qui soit sensible est celui qui est relatif à l'inclinaison
propre de l'orbite du satellite sur son plan fixe. Dans ce cas,
L' est nul, puisque la position de l'orbite de Jupiter n'est point
sensiblement altérée par l'action des satellites. On a de plus , par
ce qui précède,

r.8in.((^"'+;;/+A)=— 277i",6.sin.(i^'"+85%2986i + /.7528>i)5


le terme précédent devient ainsi

— 4'',oi . sin. {v'"—2 Z7— 83% 29861 — 752 8', 01 ).

En rassemblant ces diÉFérens termes de la latitude s" du quatrième


satellite , au-dessus de l'orbite de Jupiter , on aura

5"' = 2%98o5i.sin.(2^"'+ 5i%5787 — /.iSS^S)


— 277i",6 .%\n.{v'" 83%2986i +/'.7528",oi)

4- 448",93.sin.(i'"'H-2o8%52562 + ï.2822o",85)
+ 4",8o.sin.(2^"'+ 3o3%76542 +i^.i337i5",77)
+ 45'',i5.sin.(ï>"' — 2Z:r— 5i%3787 +^.i53'',8)
— 4",oi .ûa-iv" — 2U— 83%2986i — f.7528",oi).

Dans les éclipses du dans celle de Jupiter par ce sa-


satellite et
tellite, ces expressions de v" et de s" se simplifient; car on peut
y supposer 2!! et 2Z7 égaux à 2&"' et à 21^"'; et alors on a dans
ces phénomènes
— .

SECOxNDE PARTIE, LIVRE YIÎL


2.."—
+ 9198^62. — sin. .(â" <3r")

42",i4 — sin. 2 .(ô"' far")

. ûn
0",27 — Jo. {()"' t!r"')

— — ô')
.sin. (G"

— —
l4",I2 sin. 2. (6' 6"')

2 ,95 — sin. 5. (6" 6"')

o",90 .sin.4-(o — a )

o',55. sin.5.(â' — r) — 22o',73.sin.(Ô''

549^79 sin. V
49",5i. sin. 7681^81 + 3i%9i988);
^'" = 2%97 621 .sin. 5i%3787 — i55",8) /.

— 2767'',6.sin.(t^"4- 83%2986i+/. 7528'>i)

+ 448",93 + 2o8%32562 +
.sin. (2^"' t. 2822o",85)

4- 4^8o v" + 3o5% 76542 +


. sin. ( / . 1 537 1 5", 7 7 )

Cette expression de s"" donne d'un phénomène


l'explication
singulier que les observations ont présenté relativement à l'incli-
naison de l'orbe du quatrième satellite et au mouvement de ses

nœuds. L'inclinaison sur l'orbite de Jupiter , a paru à-peu-près


constante depuis 1680 jusque vers 1760, et à-peu-près égale à 2°,^,
Les nœuds sur cette orbite, ont eu dans cet intervalle un mouve-
ment direct d'environ huit minutes par année. L'inclinaison depuis
1760, a augmenté d'une quantité très-sensible. On aura l'inclinai-
son de l'orbite et la position de ses nœuds à une époque déterminée,
en donnant à ^ la valeur qui convient à cette époque. Mettons l'ex-
pression précédente de s" sous cette forme ,

A . sin. v" —^ . COS. v".

On déterminera ^ et jB, en faisant successivement 2^*= loo* , et

j;"' — 200% dans l'expression de -s") ^ sera la tangente de la lon-

gitude du nœud, et ^^"^ sera l'inclinaison de l'orbite. Cela


posé, si l'on fait successivement / = — 70, i=. — 3o, t=io,
T 2
,

i48 MECANIQUE CELESTE,


ce qui répond aux années 1680, 1720 et 1760, on aura

Inclinaison. Longitude du nœud.


1680 -,
2°,75i5-, 546%oi9i ;

1620 2%72iOj 548%ii86 ;

1760 2°,7i23; 352%3238.

Si l'on représente l'inclinaison parla formule 2%75i5+iV7+P^'


t étant ici un nombre d'années juliennes écoulées depuis 1680
,

on aura, en comparant cette formule aux trois inclinaisons pré-


cédentes,

iV= — o%ooio35 5 P = o%ooooo68i25.


Le minimum de la formule répond à 75,963, ou à l'année 1756.
La moyenne des trois inclinaisons précédentes est 2°,7283; le
mouvement mojen annuel du nœud, depuis 1680 jusqu'à 1760,
est de 7',88. Ces résultats sont entièrement conformes à ceux que
les astronomes ont trouvés par les éclipses observées dans cet in-
tervalle. Mais depuis 1760, l'inclinaison a varié d'une quantité
très-sensible. La valeur précédente de
donne, en 1800, cette s'"

inclinaison égale à du nœud égale à


, et la longitude
355%88i7. Les observations, en confirmant ces résultats, nous
forcent ainsi de renoncer à l'hjpothèse d'une inclinaison cons-
tante , il eût été difficile,
et sans le secours de la théorie, de
connaître la loi de ses variations.

Pour avoir la durée des éclipses du quatrième satellite , noiis


reprendrons la formule du n° 26,

s"' dr

Dans T
est la demi-durée moyenne des éclipses
cette formule,
du dans ses nœuds. Delambre a trouvé, par un milieu
satellite
entre toutes les observations, cette demi-durée égale à 9942".
Mais depuis l'invention des lunettes acromatiques, la demi-durée
lui paraît moindre de Sa", par la discussion de toutes les éclipses
SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL j%
cbsevvées depuis cette époque. Nous supposerons donc T^rgSgo".
C est le moyen mouvement sjnodique du satellite , pendant le
temps T, et l'on a ê = 236i3". La valeur de p' est, parle n" 26,
égale à

(1 — A)
'
l D'

On a vu précédemment que p= 0,071500825 de là on tire

p' = 0,0729603.
1 fff

La valeur de Xest, par le n° 26, à très-peu-près égale à -t^-^i.,

etparconséquent, en ne considérant que le plus grand terme de v",


on aura
X= o,oi45545.cos. — ^").
On a vu encore dans le n° 26 , que la valeur de T doit être mul-
tipliée par le facteur

ï
zM
+ l;?^^
f (1 —^.;^j.fl".cos.
a) a'" 1
rr
r;

H étant ici l'excentricité de l'orbite de Jupiter. Ce facteur de-


vient ainsi

I 0,00061 OI .COS.

Nommons ^ la valeur de ^
— j on aura

^ = i,55258o.sin.(i^"+ 5i%3787 —t. i53",8)


— 25759. sin.((^'"+ 83%2986i+^.
0,1 7528",oi )

+ 0,020399. + 2o8%32562 +
sin. (2^"'
t. 2822o",85)

+ 0,0002 8 + 3o3°,76542 +
1 . sin . (
p'"
^ . 1 337 1 5", 77 ).

Cela posé, si l'on néglige le carré de X, ce qui réduit la quan-


tité sous le radical de l'expression de jf, à i + X — ^=3 si l'on

néglige les produits de X et de H pav^; on aura


MÉCANIQUE CÉLESTE,
t = — 3S6", 833 . ~ dz g 890", . ( i ~X— o,oooG 1 o1 . sin . • 1 + -Y— >,'•

Il est facile d'enconclure les instans de l'immersion et de l'émer-


sion du satellite, en observant que t, par le n" 26, exprime le
temps écoulé depuis l'instant de la conjonclion du satellite pro-
jeté sur l'orbite de Jupiter, instant que l'on détermine au mojen
des tables de Jupiter et des expressions précédentes de v" et de s".
La durée entière de l'éclipsé sera

i978o".(i —X— 0,0006101 .sin. V)Y + X — ^\ i


SECONDE PARTIE, LIVRE YIII. i5i

CHAPITRE XII.

Théorie du troisième satellite.

3i. On a vu dans le chapitre précédent, que

6"= I i%5g349 4-/. 20420^579040 j

'eît" = 345%82o67 + ^.29i64",43.

On a vu encore , que l'équation du centre propre à ce satel-


lite est

i709",o5.sin.(ô" — -ar").

Ce satellite a, comme on vu, une seconde équation du centre,


l'a

relative au perijove du quatrième, et égale à

756",6i.sin. {(i" — ^'").

L'expression de S'v" du n° 20 devient , en j substituant pour


m , m' et m"', leurs valeurs,

<r/;= 4^2I.sin. ( 9 —6")


— 8o8'',20.sin. (
â'— 6")
— ii'',84.sin.2.( (,'—&")
— 2'',37.sin.3.( — 6") 6'

— 45",29.sin. — (
Ô" 6"')

+ i54",47.sin.2 6"— (
6"')

4- io",86.sin.3.( — 6" 0"')

+ 2",53.sin.4 — ( b" 6"')

+ 2",5g.sin. —aO). (25"


,

i52 MECANIQUE CÉLESTE,


Le théorème sur les époques des trois premiers satellites donne

e — 6'=200'' + 5â'-'5Ô';
les deux termes
4',2i.sin. (9 —6")
— 2''p7.sin.5.(â' — 6")

se réunissent ainsi dans un seul, — G'jSS.sin, —V).


Si, dans l'expression de Q" du n" 22 on substitue d'abord pour^,
,

sa valeur relative à l'abside du troisième satellite, et qui estégalo


à 29009",8; si l'on y substitue encore pour sa valeur relative

à cette valeur de^, et si l'on observe qu'ici

— = yoQ'joS 2/i" I
;

l'inégalité Q" .ûn.{nt — 2n'i-\-i — 2i ~\-gt+Y) du n' 22 deviendra

— gS^ 8 — + ^').
1 . sin. (9 29'

S — 2V est égal à — ce qui change


200'' -j- 9' 29", pré- l'inégalité
cédente dans celle-ci

95",i8.sin.( 9' — + 29' -ht").

En substituant dans Q', pour^, la valeur relative à l'abside du

quatrième satellite, et pour les valeurs dépendantes de

cette valeur de g, et en observant, de plus, qu'ici

— 2//" = 9265",56 j

la même inégalité devient

/jS'^SS.sin.CÔ' — + 29'' '5r")

L'inégalité du n° 22,

'5a"m hi'
'
l49";96
(

V + -- - -
.

/- , Qa'zn ,
a"m.
)
\\
.sin.(M + £— /)

devient.
— ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VITL i55


devient, en y substituant pour m, m', m" et k, leurs valeurs,

— i47"j42 -sin. iP^.

L'inégalité du n* 22,

— ,£: /w- /,"


.sin. (n't — 2Mi-\-e — 2E+gt-hT)
produit, à cause de la double excentricité du troisième satellite
les deux inégalités suivantes :

+ — 20 + ^")
5",2g.sin.(S''

+ 2",34.sin, ~ 2n + (6" 'ZJr'").

Il nous reste à considérer l'équation de la libration du troisième;


satellite;mais il résulte du n° 2g, que cette équation n'est pas
un dixième de celles du second et du premier satellite, et celles-ci
n'ayant pu encore être remarquées, il en résulte que celle du troi-
sième est tout- à-fait insensible. En réunissant donc toutes les iné-
galités du troisième satellite; on aura pour l'expression de sa lon-
gitude dans ses éclipses où l'on peut supposer 211=; aS",

+ 1 7o3",76.sin. (0" —
754",27.sin. (6" —
8o8",20.sin. (6' G")

ii",84.sin.2.(6' — G")


6'',58.8in.5.(6' G")

45",22.sin. — (Ô' G'")

+ i54",47.sin.2.(6' — G'")

+ —
io'',86.sin.3.(8'' â")

+ 31^4.(6"
2'',53. 6"')

95',i8.sin. — 2G'-f (G'

45',58.sin. — (G' aG'-f-

i47'',42.sin. V.

Le troisième satellite présente dans ses raouvemens , des varia-


MÉCAN. cÉL. Tome IV. V
,

i54 MECANIQUE CÉLESTE,


lions singulières qui dépendent de la double équation du centre,
que renferme sa théorie. Pour les expliquer , Wargentin eut
recoursà deux équations particulières dont les périodes dans les
éclipses, sont de douze ans et demi et de quatorze ans, et qui sont
en elles-mêmes deux équations du centre , rapportées à des ab-
sides mues avec difFérentes vitesses ; mais les observations l'ajant
forcé de les abandonner , il leur a substitué une excentricité va-
riable. La première hypothèse de ce savant astronome était
comme on vient de le voir, conforme à la nature j mais il s'était
trompé sur la période et la grandeur de ces équations, parcequ'il
ignorait que l'une d'elles se rapporte à l'abside du quatrième sa-
tellite. On a par ce qui précède,

-zjT-'" = 20o%38o55i + ^. 8ii3",735.

En comparant ces deux expressions, on voit que les deux peri-


joves du troisième et du quatrième satellite coïncidaient en 1682,
et alors le coefficient de l'équation du centre était égal à la
somme des coefficiens des deux équations partielles, c'est-à-dire,
à 2458",o3. En 1777, le perijove du troisième satellite était plus
avancé de 200°, que celui du quatrième, et alors le coefficient de
l'équation du centre était égal à la différence des coefficiens des
deux équations partielles , ou à 949",49« Ces résultats sont entiè-
rement conformes aux observations.

Considérons présentement le mouvement du satellite en latitude.


La partie

( I — À").ô'.sin.(î'"-f-;;iî-l- A)

de l'expression de s" dn n° 10 devient, en y substituant pour X',


6', p et A, leurs valeurs,

3%342i3.sin. (p" + 5i'',5y8rj _ 1. 153",8).

Le terme l" .sin.Çv" pt -\- A) , qui, par le même n°, entre dans
l'expression de s", et qui est relatif à l'inclinaison propre de l'orbite
du troisième satellite, est par le n° précédent.
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. i55

— 2283'',g.sin.(2^"4-2o8%32568 + /.2822o",85).
Si l'on substitue dans le même terme, pour y!7 et A , leurs valeurs
relatives à l'inclinaison propre de l'orbe du quatrième satellite ;

il devient par le n" précédent,

— 277i",6.-^.sin. (V + 83%2986 + 1. ySaS'^oi )}

or on a dans ce cas, par le chap. IX,

= o, 1 24862 j

le ferme précédent devient ainsi,

— 346",07 .sin. + 83%2986 + / . 7528^01 ).

Le terme l" .sm.(v"-{-pt-i- A) devient encore, en j substituant


pour ;p et A , leurs valeurs relatives à l'inclinaison propre de l'orbe
du second satellite.

—5 1 52'',2 . -Ç sin.
. ( + 5o3%76542 + ^ . 1 337 1 5", 7 7 )

on a dans ce cas, par le chap. IX,


Z"
= 0,034253 j

le terme précédent devient ainsi,

i76",48.sin.('y''-4- 3o3%76542 -f t. i55ji5%7j).

Le seul terme sensible de s', parmi ceux que nous avons donnés
à la fin du n° 23 est celui-ci, :

— 0,00061925. (Z/' — /'),sin. (v" — 21/-— pi — A)


en y substituant pour l", p et A, les L'—
valeurs relatives à
l'équateur de Jupiter, il devient

2o",70.sin. {v" — 2U-' 5i%5y8'j -i- 1 . i55",8).


Va
,

i56 MÉCANIQUE CÉLESTE,


Si l'on y substitue encore pour 1", p et A , leurs valeurs relatives

à l'inclinaison propre de l'orbe du troisième satellite, et si l'on

considère qu'alors L'=o, on aura

— i'\42.sin.(v" — 2U— 2o8%52562 — t .28220", 85);

en rassemblant tous ces termes de la latitude , on aura dans les

éclipses ou 2Z7=2P'" à fort peu-près,

i" = 3%34oo6 .sin.((^''+ 5i%5j8j —t. iSS^S)


— 2282",5 + 208%32562 + 28220",85)
.sin.(l^" if.

— 346'',07.sin.(i^"+ 85%2986i + 7528",oi) ^. •

+ + 303^76542 -h i.i357i5",77).
i76",48.sin.(ï'"

Pour avoir la durée des éclipses du troisième satellite , nous re-


prendrons la formule du n° 26

r r, J-

('+^^+(i+/'') ?)-('+^^-(i+/)'Ç)>

Dans T'est la demi-durée moyenne des éclipses


cette formule,
du satellite nœuds
dans Delambre a trouvé cette demi-durée,
ses :

depuis l'invention des lunettes acromatiques, égale à 7419"' Nous


supposerons donc à T cette valeur C est le moyen mouvement :

sjnodique du satellite, pendant le temps T , et l'on a Ê'=4i4io"'


La valeur de p' est ici 0,072236; la valeur de Xest par le n° 26,
à très-peu-près égale à^,*^, et parconséquent, en ne considérant

que les plus grands termes de v" , on a

X = 0,00268457 . COS. (
6" — -ar"
)

^ 00 8848 cos
0, 1 1 . . (
ô" — 'W'")

— o,ooi26g52 .cos,(6' — > 6"),

On a vu encore dans le n" 26, que la valeur de T doit être


mullipliée par le facteur
4

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 157

ce facteur devient ainsi

— OjOOoSgSyi .sin. P".

^
Nommons Ç la valeur de
^' "^g ^
> on aura

{ = o,86485o.sln.(t^"+ Si^SySy — i5d',8)

— o,o59ioi.sin.(f^'' + 2o8%32562 +/. 2822o",85)


_o, 008961. sin.(p"+ 85%2986i+/. ySaS^^io)

4- o, 004570. siu. ( p" H- 3o3% 76542 -I- 1 3371 5"; 77 ).

Cela posé, on aura

t - — 517", .
^+ 7419" . ( 1 - X- 0,00039871 . sm. F) .
Vi +Jt_~.

Il est facile d'en conclure les instans de l'immersion et de l'émer-


sion : la durée entière de l'éclipsé sera

i4838'. ( I — X~ 0,00039871 . sin. F) \r . i + X—


, j

1^8 MÉCANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE XIII.

Théorie du second Satellite.

52. La discussion des éclipses de ce satellite adonné son mou-


vement séculaire , par rapport à l'équinoxe du printemps terrestre,
égal à
4i i4i^5%8i2765

et sa longitude moyenne, à l'époque de lySo, égale à

i46°,4893i.

Soit donc

e'=i46%4895i -j-^.4ii4i%258i2765.

Les diverses équations du centre du satellite sont comprises dans


le terme
— 2h' .%ïn.{n't'\-^ —gt — T).
Les valeurs de h et de h', relatives aux deux premières valeurs de^,
ont paru insensibles à Delambre, malgré les tentatives qu'il a faites
pour les reconnaître 5 les orbes du premier et du second satellite
ne paraissent donc point avoir d'excentricité propre sensible, seu-
lement ils participent des excentricités des orbes du troisième et
du quatrième satellite. On a par le chap. IX, relativement à la
troisième valeur de ^, l'excentricité propre de l'orbe du troi-
sième satellite,

h! =o,7.\ 52920 , // 3

or on a par le n° précédent
SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL iSg

— = ijog",o5 2/î*
;

ainsi l'équation du centre du second satellite , relative à cette


valeur de est

567^95. sin.( 6'— <!îr').

On a relativement à la quatrième valeur de g,


7/ = 0,0173350. /î";

mais on a par le n° 5o,

— 2^" = 9265^,56 j

l'équation du centre du second satellite , relative à cette valeur


de g, est donc
i6o',62.sin.(6' — ^").
Si l'on substitue pour in, m' et rn", leurs valeurs précédentes,
dans l'expression de J"*^' du n° 21; et si l'on considère que le
théorème des époques donne

9 — = 200° + — 2G"î
6' 29'

on aura

^v'^— 163^29 sin. (â' — ô")

+ ii92o'',67.sin.2.(6' — 9")

H- 60^96. sin. 3. ( 6' — r)


+ 4^83.8in.4.(9' — G")

4- 4'',66. sin. 5.(6' — 6")

+ 5'',66.sin.6.(G' r- G")

— 5",28.sin. (6' — G'")

+ 4",62. sin. 2.(9' — G")

+ o",59.sin. (29' — 20).


Il faut réunir à ces termes, l'inégalité du n° 25, 69', 7 8. sin. (2 9 — aG'),

ou
69'',78.sin.(49'--4G").
, —

i6o . MÉCANIQUE CELESTE,


Les valeurs de Ç' relatives aux diverses valeurs de g sont

Q' == 1, 634693. 7z j

Q'= 2,488106.7/5
= — 0,662615.72";
Ç' = — 0,055055.72",

De là il que l'excentricité propre du premier satellite est


suit
plus sensible dans les éclipses du second que dans celles du pre-
mierj car l'équation du centre du premier est 272.sin.(6 îjt)
,

et quoique le coefficient 27z soit plus grand que la valeur de Q'
qui lui est relative, cependant le mouvement du second satellite
étant deux fois moins rapide que celui du premier , l'inégalité
dépendante de Q' produit en temps, une plus grande variation dans
les éclipses du second satellite, que l'équation du centre du pre-
mier, dans ses éclipses. Il est encore curieux de remarquer que
l'équation du centre du second satellite serait plus sensible par
l'inégalité dépendante de Q' que par elle-même; puisque son coef-
ficient est 272', tandis que celui de l'inégalité dépendante de Q'
est 2,488106.72'.

On a par ce qui précède,

— =27^' i709'',o5;

— 272"=9265",56;
les deux inégalités dépendantes de Q' et relatives à h' et h",
seront donc

566',22.sin.(ô — + ^")
20'

+ 254",97 .sin. (6'— + 29' -ar").

L'inégalité du n° 22

ç^a'm.kn^'
S,' =-74";98 . ( 1 ) .sin.iMt+E-I)

{ S 4am, 4a7)i y'

devient, en y substituant pour m, m' et m", leurs valeurs;


SECONDE iPARTIE, LIVRE VIII. tôt

^v*z=^-^ iii'',34.sin. P^.

les autres inégalités du même n" sont insensibles. Enfin, le coef-


ficient de l'équation de la libration, relative au second satellite

«st; par le n" 2g,


— 0,889902. P,
P étant le coefficient de la même
équation relative au premier;
d'où il suit que cette inégalité doit être la plus sensible dans le
mouvement du second satellite; cependant les observations ne
l'ont point fait reconnaître.

En réunissant toutes ces inégalités , on aura dans les éclipse«


du second satellite.

567",95.sin. (6'—^')
+ i6o",62.sin. (6'—^"')
i63'',29.sin.— (6' 6")

ii92o',67.sin.2.(ô' — ô")

6o",96.sin.5.(ô' — ô")

+ 74'',6i.sin.4 — (â' Ô")


4'',66.sin.5.(Ô' 6')

3",66.sin.6.(ô' — 6")

5'',28.sin. (ô'— r)
6"')
4'',62.8in.2.(â'—
566",22.sin. (ô —2^'+ .-sr')

254^97. sin. (ô'_.26'' + ^"')

II i'',34.sin. V.

Considérons maintenant le mouvement du second satellite en


latitude. La partie

(i — X').6'.sin.((^' + + A)
;?/

de l'expression de $' du n" lo devient, en y substituant pour


à'j 6', et A , leurs valeurs,
yt7

MÉCAN. cÉL. Tome IK, X


5

mécanique céleste,
5°,4i5o7 f.'+5i%5787 — 253',8)
. sin. ( ?. ,

le ferme /'.sin, (v'-j-pt-^ A) , qui , par le même n% entre dans l'ex-


pression de s', et qui est relatif à l'inclinaison propre de l'orbite
du second satellite est, par le n" 3o,

— 5i52",2.sin.(2^' + 3o3% 76542 + ^. i337i5",77).

On a par le chap. IX, relativement à la première des valeurs de p,

1! — 0,012455./
mais l'observation n'a point fait reconnaître d'inclinaison propre
à l'orbe du premier satellitej on ne peut donc y avoir égard.
Relativement à la troisième valeur de , on a par le chap. IX,

Y'= o,i64o53.
Le terme + + A) devient, relativement à valeur,
/'.sin. {v' cette

— 2283",9.y + 208% 52568 + 28220", 85);


.sin.(p' /f.

on a donc dans s' l'inégalité

— 574",68.sin. (2;' + 2o8%32568 + ;.2822o'',85).


La valeur de relative à la quatrième valeur de p est

-p = 0^02341 ï.

Le terme précédent devient donc, relativement à cette valeur


de yp,

— 64'',88 . sin.
(
v' + 83%2986i + t .
-jS^S^oi).

On peut négliger, sans erreur sensible, tous les termes de s'

donnés à la fin du n° 23 , à l'exception du terme

— o, 00050736. ( L' — /'). sin. (a;' — 2 C — yt?^— A),


,

SECONDE PARTIE, LIVRE VlII. i63


qui devient , relativement à l'inclinaison de Torbite de Jupiter
à son orbite,

io'',49.sxn. (î^' — 2U—'5i%5'j8'j + 1. 155%8)

et relativement à l'inclinaison propre de l'orbe du second satel-


lite, il devient

— i^SS.sin.Ci;'— 2Z7— 5o3%76542 — ;.i337i5',77).


En rassemblant tous ces termes, on aura dans les éclipses du
second satellite, où l'on peut supposer zU et an égaux à ap"',

y = 3',4i4o2.sin.(2''+ — 5i%3787 i55",8)

— 5i5o",6 + 3o5% 76542 +


.sin. (2^' 13571 5',77)
— 374^68. + 2o8%32568 +
sin.(a^' ^. 2822o",85)
— 64",88.sin.(2^'+ 850,29861 + ^. 7528>i).

Pour avoir la durée des éclipses du second satellite , nous re-


prendrons la formule du n^ 26,

Dans cette formule, T


demi-durée moyenne des éclipses
est la
du satellite dans ses nœuds, ou lorsque
s' est nul. Delarabi'e a

trouvé cette demi-durée, depuis l'invention des lunettes acroma-


tiques, égale à 5976", 7 nous supposerons donc à T cette valeur;
;

g est le mojen mouvement sjnodique du satellite pendant le


temps T, et l'on trouve € =
67254",2. La valeur de p' est ici
0,0718862. La valeur de Xest, par le n° 26, à très-peu-près égale

^ et P^rconséquent, en ne considérant que les plus grands


ITdt'
termes de 2^', dans lesquels l'argument diffère peu de S'

X;= 0^00057797. sin. (S' — «ts-")

+ 0,0187249 .sin.2.(â' — 6").

X3
)

i64 MÉCANIQUE CÉLESTE,


On peut négliger sans erreur sensible, pour ce satellite et pour
le premier, le facteur

qui , par le n° 26 , doit multiplier la valeur de T. Nommons ^


la valeur de nous aurons

^ = 0,507629 .sin.Cz^'H- 5i%3787 —t. fi)


r— 0,0765.69 . sin. ( 2^' + 3o3% 76542 -j- ^ . 1 337 1 5",
77
— 0,005571 .sin.(t''+2o8'',32562 -f-/. 2822o'',85)

— 0,000921 4. sin.(f^'+ 83%2587i+/. 7528",oi)*

Cela posé , on aura

/ = -63i",29.^.§-d=5975",7.(i~X).v^r+X-ë-
La durée entière de l'éclipsé sera

1
1
95 1",4 .( I — X) V i-l-X—
.
, , . ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIIL i65

CHAPITRE XIV.
Théorie du premier Satellite,

33. La discussion des éclipses de ce satellite a donné son


mouvement séculaire par rapport à l'équinoxe du printemps
égal à
8258261% 63o35

et sa longitude moyenne à l'époque de ij5o, égale à

i6%68o93.
Soit donc
6'= i6%68o95 + t.82582%6i65o55
les diverses équations du centime du satellite sont comprises dans le
terme
— 2h.sm.(nt -\- £ — gt — r);
et l'on a vu dans le ri" précédent, qu'il suffit ici de considérer
la troisième et la quatrième valeur de g. On a par le cliap. IX,
relativement à la troisième,

h = 0,023811 .h'^-j

or on a par ce qui précède ,

— 2ih" = I 'jog",o5 ;

l'équation du centre du premier satellite , relative à cette valeiî?


de ^, est donc
40", 69 . si n . ( — /Ztr" )

On a relativement à la quatrième valeur de g,

h = 0,0020622 . h'"
, j

i66 MECANIQUE CÉLESTE,


et par ce qui précède,

-^-zh" 7=9265", 56;

l'équation du centre du premier satellite relative à cette valeur


de g, est donc

Si l'on substitue dans l'expression de J^p du n" 2ï, au lieu de m'


et m', leurs valeurs, et si l'on néglige les termes dépendans de m";
si l'on considère, de plus, que le théorème des époques donne

aG — = 200» H- 39 —
26" 36'
on aura
J^;^!=-. 43',56.sin. (ô— ô'

— i9'',4i. COS. 1.(9 — 6'

+ 5o5o",59.sin.2 .(6-
+ o'^oy-sin. 3 .(9—9':
+ 3',76.sin.4 .(9-9':
H- i^58.sin.5 — .(9 9':

Les valeurs de Q relatives aux diverses valeurs de g, sont


Ç= — 2,690499.72 ;

Q= 1,397738. /«';

Q=z 0,208780.;/;
Ç= 0,016482.72".

Il estencore remarquable que l'excentricité de l'orbite du pre-


mier satellite serait plus sensible par l'inégalité dépendante de
Q, que par elle-même. En substituant pour h", sa valeur
— |.i709",o5, et pour h", sa valeur — l.g265",56; on aura les
deux inégalités

— i78",4i.sin. — + ^")
(^ 2^'

— 76",36.sin. — + ^"')5
(9 2â'

l'inégalité dépendante de V, du n° 22, ne s'élevant pas à 3' de


degré , on peut la négliger ici.
En réunissant toutes ces inégalités, on aura dans les éclipses
où l'on peut supposer 2n=2(^,
, . ..

SECONDE PARTIE, LIVRE Vm. Vin. 167

^ + ^o'fSg 6 . sin

+ II. — ^") 19", sin. i^

— 43",56.sin. 6-6')
— i9",4i.cos.f — 6 6')

4- 5o5o", 59 . sin. 2 6-6')


+ 3",76.sin.4. 6-6')
4- i",58.sin.5. 6-6')
— i78",4i.sin. 9 _ + 26' 'sr"
)

— 76", 36. sin. G _ + mr"


26' }.

. Considérons maintenant le mouvement du premier satellite en


latitude. La partie

(i — A).6'.sin,((^+;7iÇ+ A)
de l'expression de s du n° 10 devient, en j substituant pour A,
6', et A leurs valeurs

3%45320.sin. (t' + 5i%3787 — ^. i53^8).

Le terme /.sin.(j'+yP^+A), qui, par le même n% entre dans


l'expression de s, et qui est relatif à l'inclinaison propre de l'orbe
du premier satellite, a paru jusqu'à présent insensible. On a
relativement à la seconde et à la troisième valeur de p, par le
chap. IX,
/ = 0,020794./'; / = 0,01 1x63
Le terme l .sin, (v-{- pt~\- A) devient donc, relativement à ces
valeurs

— io5",o4.sin. + 3o3% 76542 +


((^ / . 133715"; 77 )

— 25",49.sin.(2;4-2o8-%32568 4-ï. 2822o",85);

relativement aux autres valeurs de p , ce terme est insensible


dans les éclipses. On peut encore négliger sans erreur sensible-,
tous les termes de s donnés à la fin du n° 23. Nous conserve-
rons cependant le terme

— 0,0001 53i2.(Z' — l).s'm.(p — 2V — pi — A)


qui devient, relativement à l'inclinaison de l'équateur de Jupiter
,

i68 MECANIQUE CELESTE,


à son orbite,

5",26. sin. (2^ — 2 Z7— 5i%3787 + 1. 153",8 ).

En réunissant tous ces termes, on aura dans les éclipses où l'on


peut supposer 2Z7= 21^,
j= 3°,43267.sin.(^+ Si'^SySy —t. i53",8)
— I o5'>4 . sin .
( H- 5o 3 % 7 6542 + ^ . 1 3 3 7 1 5", 7 7 )

— 25",49. sin.(t^ + 208% 32568 + 2822o",85).

Pour avoir la durée des éclipses du premier satellite , nous


reprendrons la formule du n" 26,

7'.(i-X).{-(i+p').i.^±(/'(i+iX+O+/).0.(i+lX-(i+p')4)

Dans cette formule , T


demi-durée moyenne des éclipses
est la

du satellite dans ses nœuds. Delambre a trouvé cette demi-durée,


depuis l'invention des lunettes acromatiques, égale à 4713". Nous
supposerons donc à T cette valeur. € est le mojen mouvement
sjnodique du satellite, pendant le temps T, et l'on trouve
ê= io65i6". La valeur de p' est ici 0,0716667. La valeur de X
est, par le n° 26, à très-peu-près égale à et parconséquent,

en ne considérant que le plus grand terme de , on a à fort


peu-près
X=;: 0,0079334.003.2(6—6').

Nommons ^ la valeur de (i-f-p').^; nous aurons

^ = 0,345364. sin.(î;+ 5i%3787 — iSS^S)


— 0,00 1057. + 3o3% 76542 4-
sin. (a^ ^, 1 3371 5'',77)
— 0,000256 (i'+2o8°,32567
. sin. -f-/. 28220", 85).

Cela posé , on aura

i = — 788",55 ^ § .
rfc 47 1 3' . C I — X) • îT^-^ /

et la durée entière de l'éclipsé sera

9426".(i-X).vAi-j-X-e.
CHAPITRE
, , ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. i6g

CHAPITRE XV.

De la durée des éclipses des Satellites.

54. IN'ous avons donné à la fin du n" 26, l'expression du sinus


de l'angle décrit par chaque satellite, pendant la demi-durée de
ses éclipses, en supposant que le satellite s'éclipse au moment
où son centre pénètre dans l'ombre de la planète. Cet angle di-
visé par la circonférence et multiplié par la durée de la révolu-
tion sjnodiquedu satellite , donnera cette demi-durée et en la ;

comparant à la demi-durée observée, on aura l'erreur de la sup-


position précédente et des autres élémens qui entrent dans ce
calcul. Reprenons les expressions citées

(1 '0
a {-
{a K
: sm. q ;

, lit

(!+/>)«' (1 ^)
sin.^/î
d" {7 K u] ;

m ^
(1
; sin.y'j
a K
(1
sin. q".
a A

(i + p).lî' étant par le n° 26, le demi-diamètre de l'équateur de


Jupter \ on a par le n° 20

( i4-p).R-
a"
_
~
^i3o",75o4 /
i53û",864 »

or on a par le même n", £z"' = 25,435go cette Valeur de a" a été


:

conclue de l'équation précédente, en prenant (i-j-p).iî' pour


l'unité j on a donc

.a — I

MÉcAN. ciL. To^we JF. Y


= 5 .

170 MECANIQUE CELESTE,


on aura parconséquent

'
d" '
a a

la valeur de a, étant celle que nous avons donné dans le n" 20.
On a ensuite par le n° 26,
(1 +p).«'
R
R étant le demi-diamètre du soleil vu de Jupiter. Son demi-dia-
mètre vu de la mojenne distance du soleil à la terre, est de
r '7Cif

SgSô"; il est donc, vu de Jupiter, égal à » J^' étant la dis-

tance moyenne de Jupiter au soleil , celle de la terre étant prise


pour unité. On a par le n° 20, 2 .(i-f- p)./î'=i2o",37o4; on a donc

=0,105469.
On a de plus,

\J —^ .
^
—= I. sm 1 20 , 3704=0,0000945387
.

De là on tire

^ ^-4r . -^^
. = 0,000801823.
Les quatre équations précédentes deviennent ainsi

— 0,000801823 = sin. ^ ;

— — 0,000801823= sin, 9'

4r — 0,000801823 = sin. o":'


a '

-^r
—-0,000801823 = sin. g'".

En substituant pour a, a', a", a", leurs valeurs trouvées dans le


n° 20 , on aura

ç'= 6%9846;
ç"= 4%35445
f= 2%4524j
SECONDE PARTIE, LIVRE VIIT. 171

ce qui donne pour les demi-durées des éclipses, les valeurs sui-
vantes :

I. sat. 494^" >^7 '}

IL sat. 62o5',g5f

IIL sat. 7801^30 j

IV. sat. i027i/,64.

Les demi-durées observées sont par ce qui précède

1. sat. 47i5" j

IL sat. 5976"}
m. sat. 7419";
IV. sat. 9890".

Elles sont toutes plus petites que les demi-durées calculées, et cela
doit être , à raison de l'étendue des disques des satellites. Quoique
très-petits, ils vus du centre de Ju-
sont cependant sensibles,
piter; un ne disparaît donc pas au moment de l'entrée
satellite
de son centre dans l'ombre de Jupiter, et la demi-durée de son
éclipse est diminuée de tout le temps qu'il met à disparaître
après cet instant. Elle peut encore être diminuée par la réfrac-
tion de la lumière solaire dans l'atmosphère de Jupiter j mais
elle est augmentée par la pénombre. Ces causes diverses ne suf-

fisent pas pour expliquer la différence entre les demi-durées obser-


vées et les demi-durées calculées. Considérons le premier satel-
lite , relativement auquel les effets de la pénombre et de la lumière

réfractée l'atmosphère de Jupiter sont très -peu sensibles.


par
Pour avoir la largeur de son disque vu du centre de Jupiter ,
suposons sa densité la même que celle de la planète. En prenant
pour unité, le demi-diamètre de Jupiter; le demi-diamètre appa-
3

. rent du satellite vu du centre de Jupiter, sera égal à-^^. En


substituant pour a et m
leurs valeurs précédentes, on a 28o9",95
pour ce demi-diamètre. Cet angle multiplié par la durée de
Ja révolution sjnodique du satellite, et divisé donne
par 4^o°,
I27",gi3 pour la diminution de la demi-durée de l'éclipsé, due
à la grandeur du disque. En retranchant cette quantité , de
Y 2
: ,

lya MÉCANIQUE CÉLESTE,


4945/, 870 , on a 48i7",957 pour la demi-durée calculée. Cette
demi-durée est plus grande encore que la demi-durée observée
et cependant il j a lieu de penser que le satellite disparaît
avant que d'être totalement plongé dans l'ombre-, il paraît donc
qu'il faut diminuer d'un So'™" au moins, le diamètre de Jupiter,
supposé de i2o",37o4^ et le réduire à 118".

Si l'on calcule de la même manière, les disques des satellites


vus du centre du Jupiter et le temps qu'ils emploient à péné-
,

trer perpendiculairement dans l'ombre j on trouve les résultats


suivans

Discpes des satellites ras du centre de Jupiter, Temps de leur entre'e

dens leurs distances moyennes dans l'ombre.

I. sat. 56i9'',86 sSS^SaG;


IL sat. 4oo7'',3o 356",o55j

IIL sat. 39,23" 44 702",9i4;

IV. sat. i749".o4 732",567.

De là il est facile de conclure les temps de l'entrée et de la


sortie des satellites et de leurs ombres sur le disque de Jupiter.
En comparant ces temps, à ceux que
l'on observe j au aura les
densités des satellites de Jupiter , lorsque leurs masses seront
bien connues. L'observation des éclipses de Jupiter par ses sa-
tellites peut, en général, répandre beaucoup de lumières sur
leurs théories on peut presque toujours en observer le commen-
:

cement et la fin ; et cette observation pouvant être à-la-fois re-


lative aux satellites et à leurs ombres, elle équivaut réellement
à quatre observations , tandis que le plus souvent on ne peut ob-
server que le commencement ou la fin des éclipses des satellites.
Ce genre d'observations, beaucoup trop négligé par les astro-
nomes, me paraît donc mériter toute lenr attention.
,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 173

CHAPITRE XYI.
Des satellites de Saturne.

35. LA théorie des satellites de Saturne est très-impârfaife


parceque nous manquons d'observations suffisantes pour en dé-
terminer les élémens. L'impossibilité où l'on a été jusqu'ici,
d'observer leurs éclipses, et la difficulté de mesurer leurs élon-
gations à Saturne , n'ont permis de connaître encore avec quelque
précision, que les durées de leurs révolutions et leurs distances
moyennes. Il reste même sur ce dernier point , une incertitude qui
rend un peu douteuse , la valeur qui en résulte pour la masse de
cette planète. Ignorant donc l'ellipticité des orbites de tous ces
corps , il est impossible de donner la théorie des perturbations
qu'ils éprouvent jmais la position constante de ces orbites dans
le plan de l'anneau, à l'exception de la dernière qui s'en écarte
sensiblement, est un phénomène digne de l'attention des géomètres
et des astronomes. Il est analogue à celui dont nous avons donné
l'explication dans le dernier chapitre du cinquième livre, et qui
consiste dans la permanence des anneaux de Saturne dans un
même plan. Nous avons déjà observé dans l'endroit cité , que
ces deux phénomènes dépendent d'ime même cause , savoir , de
l'applatissement de Saturne dont l'action maintient les anneaux
et les satellites dans le plan de son équateur. Mais nous allons
ici développer la raison pour laquelle l'orbite du dernier satel-
lite s'écarte de ce plan , d'une quantité très-sensible.

Reprenons l'équation (3) du n° 2 ,

dds Cds /dR\


°—d^^'^^~h^ ~"

\ihr) Vdijr
Si l'on néglige l'ellipticité de l'orbite, on a h''=a, et r=^a. De plus.
174 MECANIQUE CÉLESTE,
si l'on prend pour plan fixe celui de l'orbite primitive du satellite, ^
est de l'ordre des forces perturbatrices ; en négligeant donc le carré

de ces forces, on pourra négliger les produits de ^ et de ^ , par ces


forces. L'équation précédente devient ainsi,

Supposons que cette équation se rapporte au dernier satellite de


Saturne , et déterminons la valeur de R
qui lui est relative. On
a par le n° i , en vertu de l'action seule du soleil.

Prenons pour axe des x ,\a. ligne menée du centre de Saturne,


au nœud ascendant de l'orbite primitive du satellite sur l'orbite
de Saturne. Soit A l'inclinaison mutuelle de ces deux orbites. En
nommant X' et F'' les coordonnées du soleil, rapportées à l'or-
bite de Saturne j on aura

X= X';
r= r'.cos.x;
Z = — l^'.sin.A.
mais on a
X'= £) .COS.

F' = D. sin. U;
x~a.cos.v; j;=a. sin. v; z;=:as;

on aura donc, en ne conservant dans > que les termes

multipliés par le sinus et le cosinus de v, les seuls dont dépend


le mouvement séculaire de l'orbite,

^ /'dR\ 5S.a^ .
^

Pour déterminer la partie de qui dépend de la non-


splîéricité de Saturne, nous observerons que par le n' i, la
. ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. lyS


partie de R qui lui est relative est égale à

M étant la masse de Saturne , et B son rajon mojen nous pren- :

drons l'un et l'autre pour unité. Si l'on nomme y l'iaclinaison


de l'orbite primitive sur le plan de l'anneau, et la distance "if"

de son nœud descendant sur ce plan à son nœud ascendant sur


l'orbite de Saturne , le premier de ces nœuds étant supposé plus
avancé que le second, suivant l'ordre des signes j v "ir sera la —
distance du satellite au nœud descendant de son orbite avec l'an-
neau; et l'on trouve facilement que si l'on néglige le carré de s,
on aura

v' = sinS y sin'. (p — — 25 . sin. . cos. y .sin.{v—''i^)-j


ce qui donne

" •
\~d7)— a-'

sin.>.cos.> .sin.(z; —
Il nous reste à considérer l'action des anneaux et des six pre-
miers satellites. Si l'on considère un satellite intérieur dont le
rajon soit / et dont m' soit la masse, son orbite étant supposée
dans le plan de l'anneau ou de l'équateur de Saturne ; on aura
par le n° i , relativement à ce satellite

m' {xx' -f- yy'


. + zz')

Prenons ici pour axe des x, l'intersection du plan de l'orbite


primitive, avec celui de l'équateur de Saturne , ou de l'anneau;
nous aurons
= r.cos.(v — '^);
X
j=j\sin.(v — '^);

z = rs;

x' = 7''. cos. v';

y — .cos.y r' .sin. i>'


;

z' =?'.sin.5/.sin.P''j
,

176 MECANIQUE CELESTE,


v' étant la distance angulaire du satellite vï , au nœud descendant de
l'orbite primitive sur le plan de l'anneau. Si dansa. on change
7' et / en a et a! \ si l'on rejette les termes qui ne dépendent
point du sinus ou du cosinus de 2^ , et ceux qui sont multipliés
par s ; on aura
(dR \ m'a^a . sin •> sin
.

^
. . v'

^^ [a'+fi'^ — 2aa'.cos.(i/ — 'F).cos.iy' — aaa'. cos. 3/. sin. (1/


— ^I ) .sin.i''

Supposons a' peu considérable par rapport à a , comme cela a


lieu relativement aux satellites intérieurs et aux divers points

des anneaux 5 on aura, en négligeant les termes de l'ordre —,

a .
/dR\
( -j- )
= Zm'a^.d^
5
.

sin.v.cos y.iva.Av
• /
— t n
).

En considérant donc les anneaux comme la réunion d'une in-


finité de satellites, on aura, en vertu de leur action et de celle
des satellites intéi'ieurs à l'orbite du dernier satellite

a. ^-^^=— ^.sin.j/.cos.j/.sin. {y — '^');


S étant ici un coefficient constant dépendant de la masse et de
la constitution des anneaux et des satellites intérieurs. Soit

l'équation différentielle en s deviendra

o =:^^-\-s-{-2K. sin.X cos.X . . s'm.i^ —2K' . sin. . cos.y sin. (v


.
— ^') ;

d'où l'on tire , en intégrant et négligeant les constantes arbi-


traires, comme on le peut ici,

s^rfii-.sin. X.cos.X. COS. v —^^V.sin. j/.cos.^.cos. — (î' '^').

Concevons maintenant, parle centre de Saturne, un plan pas-


sant par les nœuds de son équateur avec son orbite , entre ces
deux derniers plans. Soit â, l'angle qu'il forme avec le plan de
cet
— — — —

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 177


cet équateur. Nommons , de plus, -tir l'inclinaison de l'orbite du
satellite à ce nouveau plan , et T l'arc de cette orbite , com-
pris entre le nœud ascendant de la même orbite sur ce plan, et
son nœud ascendant sur l'orbite de Saturne , le premier de ces
nœuds étant supposé moins avancé que le second, suivant l'ordre
des signes. Enfin, soit n la distance du premier de ces nœuds,
au nœud ascendant de l'équateur de Saturne avec son orbite ,
supposé plus avancé que le premier en longitude. Cela posé , si
l'on fait varier 'zs- de cT'Zjr, n étant supposé constant j il en résultera
pour 5 une valeur égale à J'iw .sin. (v -}-T). Si ta- étant supposé
constant , on fait varier n de cTn ; il en résullera pour s une
valeur égale à cTn. sin. <ar. cos. +
F) j on aura donc, en faisant
tout varier à-la-fois,

5= cT/zs-.sin. (i'-j-T) + £rn.sin.'î«r .cos.(i' + F).


En égalant cette valeur à la précédente , on aura

sin.(i'-f-r)-t-'''n.sin.'3r.cos.(i'-f-r)=A'i'.sin.^.cos.A.co.=.y K'v.sïn.y.cos.y.cos.Ç^i/—-^) ;

si l'on ne porte l'approximation que jusqu'à la première puis-


sance de , on a

en dans le second membre de l'équation (ï) ,


substituant
COS. (z; — r-HT),
au lieu de cos.v, et cos. (v T SP"+r), au — —
lieu de 008.(2^^ "i"), et développant par rapport aux sinus et
cosinus de v-\-T; \a. comparaison de leurs coefficiens avec ceux
du premier membre , donnera les deux équations

~z=K sin. A.cos.A.sin.r K' .siD.y.cos.y.sm.(-f-{-T);

4^.sin.'î«r=X.sin.A.cos.A,cos.r K' .sin.y.cos.y .cos.("i'-{-T).

Si l'on nomme A l'inclinaison de l'équateur de Saturne à son


orbite , les formules trigonométriques donneut
MÉCAN. CÉL. Tome IV. Z
lyS MÉCANIQUE CÉLESTE,
sin.Â.sin. T ;= (A — 9).sin. n
sin. ;

sin.A.cos. r =:sin.'3r.cos.(^— 9)-|-cos.'Zir.sin.(^ — 9).cos. Hj

COS. A. = COS. <w.cos.(^ — — 9 ) sin. ^. sin. (A — 9).cos, FI j

sin. y =
sin. ('*"4"0 ^ • ^ >

sin. y.cos, ("ï^+r) = — sin. -îtr.cos. 9 + cos. sr sin,9.cos. n 5,

COS. y= +
cos. 'ZJT.cos. 9 sin. 'sr. sin. 9. cos. FI.

En faisant donc

X.sin.(^— 9).cos.(^ — 9) = Â'.sin.9.cos.9}


ce qui donne pour déterminer 9 j l'équation

on aura

sin^ ^ _ 9) + ii'
d
^——^.{K. ( . sin\9} sin. . .sin. 2X1;

{K.cos\(A-~B)-hK'.cos\9}.cos.^

— {fL.sin". — â) -f -S:'.sin":.ô).cos.^.cos*.n.

Soit donc

p^ l:{ K^ K'+S/ K'-t 2KK' .co%:.2A,+.K''}—qy


on aui*a

1^
- =—q . sin. ts* . sin. ail ;

^=p .cos.'Z^ — y , ces. . cos. 2n 5

d'où l'on tire


d-vr.cos.-nr o.(?n.sin.an
sia.n- '
'
p — q.cos.zCl
3

SECONDE PARTIE, LIVRE VlII. 179


En intégrant et regardant p et q coinme constans, on aura

b
sin. ^
y/p — q
;

. C03.2 n

b étant une constante


constante arbitraire
arbitr ;
l'expression précédente de ~
donnera donc
, dn
— q zoi.'iXV^ .{p — — h'^ (/.COS. an)
'

équation différentielle dont l'intégration dépend de la rectifi-


cation des sections coniques. On peut la mettre sous une forme
plus simple, en faisant

tang.n = l/£^.tang. n'


elle devient alors

dv =
COS. an

Cette équation donne en intégrant , l'expression de n' en v. On


aura ensuite , par le n° 22 du second livre ,

n =n' — . g . sin. an'


H-
Y . sin. 40' . sin. 60' -f- etc. ;

€ étant déterminé par l'équation

36. Pour appliquer des nombres à ces formules , il faut con-


naître les valeurs de K et de A'. Celle de K est facile à déter-
S
miner ; car l'attraction du soleil sur Saturne, est égale à la force

centrifuge due au mouvement de Saturne dans son orbite , et


cette force est égale au carré de rajonj la vitesse, divisé par le
en nommant donc T
la durée de la révolution sjdérale de Sa-
turne, et la demi-circonférence dozit le rayon est l'unité j la

force centrifuge sera ^-^rj^ : en l'égalant h j^, on aura


Z 2
i8o MÉCANIQUE CÉLESTE,
S __4^

Si l'on nomme T la durée de la révolution du dernier satellite >

ou aura pareillement
l_ 4rr\
^3 T'a f

on aura donc

les observations donnent

T= 79^-", 3296 j

T'= 10759^085
d'où l'on tire
K =: 0^0000407759.

La valeur de K' est égale à ^^^j^--|-|.jB. Dans cette expression,

le rajon moyen du sphéroïde de Saturne est pris pour unité. L'ap-


platissement p de cette planète est inconnu , ainsi que la quan-
tité B qui dépend des masses des anneaux et des six premiers
satellites; il est donc impossible de déterminer exactement la
valeur de K'. Mais on peut déterminer d'une manière appro-
chée , la partie de cette valeur qui dépend de l'applatissement de
Saturne. Pour cela, nommons tla. durée de la rotation de Sa-
turne j on aura

Les observations donnent

/ = 0^4285 a = 59, i54;


d'où l'on tire
tp =: 0,165970.

Supposons que l'applatissement de la terre soit à la valeur de <p


qni lui correspond , comme l'applatissement de Saturne est à la
Valeur correspondante de cp on a vu dans le n* 4^
: troisième
livre, que cette proportion a lieu à-peu-près pour Jupiter, com-
paré à la terre, cp est égal à pour la terre; en supposant donc
SECONDE PARTIE, LIV RE VIIl. i8i

l'applatissement de cette planète j-jj, conformément aux expé-


riences du pendule j on aura

ainsi en n'ajant égard qu'à la partie de K dépendante de cette


quantité , on aura

On ne doit pas supposer à K' une plus petite valeur j car elle
est augmentée par l'action des satellites intérieurs, et de l'anneau.
A étant par les observations, égal à 33°,3333} cette valeur
de K' donne
ô = 24°,oo83 ;

Les observations faites par Bernard à Marseille , en 1787 , donnent

> = i3%593j
d'où j'ai conclu
^=7i%354;
rw = i6%96i ;

n = 37%789 ;

et parconséquent
Z>* = 0,0*0000364457.
On a ensuite à fort peu-près, par les formules précédentes,

ce qui donne, en réduisant en nombres et déterminant la cons-


tante arbitraire f de manière que FI soit égal à 37%789 en 1787,

n = 38%72i +z.944",8o5— g937",7 .sin. 2 .(58% 721 +/.944'',8o5) ;

i étant le nombre des années juliennes écoulées depuis 1787.


Ces résultats sont subordonnés à l'exactitude des observations
,

ï82 ME C A NI Q UE CE LESTE,
citées, et snrtout au rapport précédent de K' à K. Ce dernier
élément dépend de tant d'élémens divers et si difficiles à con-
naître, qu'il est presque impossible de le déterminer à priori.
On pourra le connaître à posteriori , lorsque l'observation aura
donné exactement le mouvement annuel de l'orbite du satellite
sur l'orbite de Saturne. En effet, l'analjse précédente donne,
en supposant que le plan fixe auquel nous avons rapporté l'or-
bite du satellite, est l'orbite même de Saturne, ce qui change
<ar en A , et rend F nul

^ — —'K'. sin.j/.cos.^/.sin. 'i'j

dn -rr
K.cos.X
,
—K-rrl
.

sin "V
. . COS .y '

^.cos.'^F.
_

En y substituant les valeurs précédentes de ^z,""? et A , on trouve


K'
i4o",o3 .
pour la diminution annuelle de A en 1787; ce qui
donne — 59",074 pour cette diminution , en adoptant le rapport
précédent de K' à K. On trouve ensuite pour le mouvement annuel
du nœud sur l'orbite

-692", 76+i75'p7.f 5

ce qui donne — 6i8',8i pour ce mouvement, dans la même hj-


pothèse. Jusqu'ici les observations sont trop incertaines pour
conclure de leur comparaison avec la formule précédente, le rap-
K'
port elles suffisent uniquement à faire voir que le nœud de
:

l'orbite sur l'orbite de la planète, est effectivement rétrograde.

Le rapport-^ est, comme on l'a vu, réciproque à la puissance

cinquième du demi-axe de l'orbite du satellite, ou de sa distance


mojenne à Saturne , du moins en tant qu'il dépend de l'action
de cette planète. Ainsi pour le sixième ou avant-dernier satel-

lite, il faut multiplier la valeur précédente de^ par


^ ^'^'^^0
»

pour avoir la valeur de qui lui est relative. On aura ainsi


. — > —

SECONDE PAR TIE, LIVRE VIII. i85

K 88,754
ce qui donne

L'inclinaison du plan fixe que nous avons considéré, à l'équa-


teur de Saturne, est donc insensible pour nousj et comme le
satellite se meut à très-peu-près sur b
ce plan , si l'arbitraire
est nulle ou on voit que l'action de Saturne peut
très-petite;
maintenir à fort peu-près dans un même plan, l'orbite de l'avant-
dernier satellite , et à plus forte raison , celles des satellites plus
intérieurs, et des anneaux de Saturne, ce qui est conforme à
ce que nous avons démontré dans le dernier chapitre du livre V.

Cependant, si la masse du dernier satellite était un deux-cen-


tième de celle de Saturne, le plan fixe sur lequel se meut l'or-
bite de l'avant -dernier satellite serait assez incliné au plan des
anneaux, pour que le satellite s'écartât de ce dernier plan, d'une
quantité sensible. Pour le faire voir, nous observerons que le
plan fixe sur lequel nous concevons l'orbite du satellite , en mou-
vement , peut se déterminer en considérant le satellite mu sur
ce plan , et retenu sur lui par la destruction mutuelle des forces
qui tendent à l'en écarter. Reprenons, en effet, l'expression de s,
trouvée précédemment,

s ;= Kv sin. A cos.Â
. cos. K'v .sin.y. cos. y . cos. (p — "i").

Le plan fixe sur lequel se meut l'orbite du dernier satellite étant


incliné de l'angle 9 à l'équateur de Saturne, si l'on conçoit l'or-
bite du satellite , couchée sur ce plan , on aura

partant

s=:v.co5.i'.[K.sin.(A — 9). cos. (A — 9) K'.sin. 9. cos. 9} ;

s sera donc nul, et le satellite restera sur le plan fixe, si l'on a

^.sin.(^— 9).cos.(^—•9)=A'.sin.9.cos.9j
c'est l'équation par laquelle nous avons déterminé précédemment
l'inclinaison 9 du plan fixe, à l'équateur.
. ^

i84 MÉCANIQUE CÉLESTE,


Considérons maintenant l'avant-dernier satellite, et supposons
que a , V , s , B , K
et K' ?,e rapportent à lui, et que m' et 6' se
rapportent an dernier satellite. Soit 6' l'inclinaison âl'équateur,
du plan fixe du dernier satellite, et concevons que les deux sa-
tellites se meuvent sur leurs plans fixes. Il est aisé de voir, par

ce qui précède, que l'action du dernier satellite introduit dans


l 'expression de 5 le terme

7 . m . .a-
(9'— 9)
. . sin. . COS. (9'— 9) . co?. c ;

ainsi l'on a

^ =V . COS. w . ( A^ sin. fl) . COS. (^--fl)--/^^ sin.fl . cosi+l -'^^^^1^ . . sin.(é'— fi) .

Le plan fixe relatif à l'avant-dernier satellite sera donc déter-


miné par l'équation

— K.sm. {A— 'S) . COS. (^—9) -rK' sin. ô . cos. +f .


°
,
. sin. (Ô'-ô) C05.(fl'— â)
.
;

d'où l'on tire

K.sm. a A -f-
é
^.sm. 26

tsLXig.iQ— ^
~~
,3 ,
JTl CL CL
K' -J^K. COS. 2A-\-— ^-.cos.fli,'
(a'-|-a'0~

Les observations donnent


.^= 33',533j a =: 20,295 j
a'=.5g,ï54;

T = 5^°%9453 1 ; T' = i oySg^» ,08 ;

en faisant donc comme précédemment

â' = 24%oo83j 1^=: 88,754}


et observant que
K— ^ —•
on aura

r= 10921,21 .m .K;
en
C

SECONDE PARTIE, LIVRE V 1 1 L i85

en supposant m' — — on trouve ,

â'= IO%622,

Cette inclinaison est trop considérable , pour avoir échappé aux


observations qui n'ont fait reconnaître aucune déviation sensible
de l'avant-dernier satellite , du plan de l'anneau. On ne peut donc
pas supposer à m' une plus grande valeur -, il y a même lieu de
croire que la véritable valeur est plus petite encore j ce qui pa-
raîtra bien vraisemblable, si l'on considère que la masse du plus
gros satellite de Jupiter n'est pas im dix-millième de celle de la
planète, et que le dernier satellite de Saturne est très-difficile
à appercevoir.

57. Les plans fixes auxquels nous rapportons les orbites des deux
derniers satellites de Saturne, sont analogues à ceux auxquels nous
avons rapporté les orbites de la lune et des satellites de Jupiter,
dans le chapitre II du livre VII, et dans le n° 9 de ce livre.
Ces plans passent constamment par les nœuds de l'équateur et
de l'orbite deSatiu'ne, entre ces deux derniers plans-, les or-
bites des satellites se meuvent sur eux, en y conservant une in-
clinaison à-peu-près constante , et leurs nœuds ont un mouve-
ment rétrograde presque imiforme. Mais ces plans ne sont pas
rigoureusement fixes; leur position varie par les mouvemens de
l'équateur et de l'orbite de Saturne. Déterminons ces mouvemens
et leur influence sur les mouvemens des orbites des satellites.

Soit 9, l'inclinaison de l'équateur de Saturne , à un plan fixe


très-peu incliné à l'orbite de cette planète. Soit 'i', la distance de
son nœud descendant sur ce plan, à un axe fixe pris sur ce même
plan, et plus avancé que ce nœud, suivant l'ordre des signes.
Soient encore, comme dans le n° 4 du livre V, A, B , C , les
momens d'inertie du sphéroïde de Saturne, par rapport à ses axes
principaux^ et nt le mouvement angulaire de rotation de ce sphé-
roïde; on aura par le n" cité,

J9. __ (^-f-^— 2C)


dt 271 .C ' '

^.sin.9.=^î^=4-i).p.
dt an .

Mkcan. cél. Tome IV. Aa


. ,

,86 MÉCANIQUE CELESTE,


P et P' sont déterminés par les équations

P = ^.[(r'—Z''). sia.d, COS. 9. + rZ . (. cos% 9. — sin\ 9, )} ;

P'~ ^,[xr. sin.9,+ XZ.cos.9J.

Dans L est la masse de l'astre attirant; r est


ces équations,
sa distance au centre de Saturne X, , Z sont ses trois coor-
;
Y
données , les deux premières étant dans le plan fixe et l'axe ,

des Xoù l'on fixe l'origine de l'angle étant dii-igé vers le


nœud descendant de l'équaleur de Saturne.
Nommons présentement K l'inclinaison de l'orbite de L au
plan fixe, et A la longitude de son nœud ascendant , comptée
du nœud descendant de l'équateur de Saturne. Soient X', Y' , Z'
les coordonnées de h rapportées à l'axe mené du centre de Sa-
turne au premier de ces nœuds, et à deux autres axes perpen-
diculaires à celui-ci, l'un dans le plan fixe, et l'autre perpen-
diculaire à ce plan. En nommant v la distance angulaire de
l'astre L à son nœud ascendant , on aura
X' = r.cos.
Y' — A p
r. cos. . sin. ;

2' = À.sin.
'"-sin. j

On aura ensuite

X= X'.cos.A — Jr'.sin.A;
Jr= X' . sin. A 4- . cos. A ;

Z = Z'.
Partant ,

X= r . cos. A . cos. —r . cos. X . sin. A .sin.v 5


Y= r sin.
. A . cos. 2^ -j- r . cos. A cos.. A . sin. 2' 5

Z= sin. X .sin. v.

En négligeant donc les termes périodiques dépendans de l'angle


on aura
— ,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 187

J' — Z* =: ^ (cosS A — sin'.A cos.^A


» . .
) j

XJT = — 2
. sinS A . sin. A.cos. A:

XZ — . sin. A . COS. A. sin. A;

YZ = — 2
. sin. A . COS. A, COS. A:
on aura ainsi

— —4" ^ .—
M,L— (A-\-B—zC)
i I 1
3Z, f
1 sm.
.....9,
.

.sm°. A.. sin. A.cos. A— cos.


, ,
S,
.
a1
.sm. A.cos.X.sin.Aj-
, •

t/i ' ' '

(i-F, .
_ (q.C— A—B) '5L pin.fl,.cos.5i.(cos'.A — sin'.A.cos.'A}
-^.sin. ^
1
r*'i + {cos^ôi — sin^ 9i] .sin. A.cos.Â. COS. A. J
j

Il résulte d'abord de ces expressions , que les satellites dont les

orbites sont situées dans le plan de l'équateur de Saturne^ n'ont

aucune influence sur les valeurs de -~ et de ; car on a rela-

tivement à ces corps, A=:ô, et A =200% ce qui rend nulles ces


valeurs. Les anneaux pouvant être considérés comme la réunion
d'une infinité de satellites , et étant situés dans le plan de l'équa-
teur ne peuvent influer sur ses mouveraens; l'équateur de
; ils

Saturne ne peut donc être sensiblement déplacé que par l'action


du dernier satellite et du soleil. Relativement à ce satellite, on
avait en 1787, en prenant pour plan fixe celui de l'orbe de Sa-
turne à cette époque

A =: 25°,222 ;

A= i75%i34 j

9'= 33%533.
On a ensuite

mt étant ici le moyen mouvement du satellite , et L étant sa,

masse , celle de Saturne étant prise pour unité. La valeur de


^—^ — est inconnue : nous supposerons, conformément au n" 23,
Aa2
,

i88 MÉCANIQUE CÉLESTE,


qu'elle est à sa valeur correspondante pour la terre , comme le

rapport de la force centrifuge à la pesanteur à l'équateur de Sa-


turne, est à ce même rapport sur la terre. Nous supposerons en-
suite, que l'on a pour la terre

c
= i+e.o:748495 ^
3.(i+g) = 2,566;
et comme on a par ce qui précède,

<p = 0,16597;
et que pour la terre, (^=5-35; on aura pour Saturne^

^ ^ = 0,00583585 . 289 .
0,16597.

On trouve ainsi pour la variation annuelle -n^ de ,

g:-
dt
= 6i95M..
On a vu précédemment que L est au-dessous d'un deux-centième j

est donc au plus de Sa", et il j a tout lieu de croire qu'il

est fort au-dessous, et qu'il n'excède pas deux ou trois secondes.

d"^ y

La valeur de-^', due à l'action du soleil, est à très-peu-près

égale à o",878, et parconséquent, elle est insensible.

de là que le déplacement de l'équateur de Saturne sur


Il suit
l'orbite de cette planète, est beaucoup plus lent que celui de
l'orbite du dernier satellite, et il est facile de s'assurer, parles
formules du second et du septième livre , que le déplacement
de l'orbite de Saturne, rapporté à son équateur , est pareillement
beaucoup moindre que celui de l'orbite de ce satellite. Cela
posé , reprenons l'équation du n° 35

d'nr.coi.'ûr qdXl.Aa.zTl
sin.ar p — 17.cos.2n*
Cette équation donne, en négligeant le carré de q,

sin.-zr = Z>
.
|i 4-^-cos.2n — ;os. nYl.d.'^;
SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. 189
h étant une constante arbitraire. Ainsi , en n'ajant point égard
aux quantités périodiques dépendantes de l'angle afl, l'inclinai-
son fOT de l'orbite du satellite, sur le plan intermédiaire entre
l'orbite et l'équateur de Saturne , reste toujours la même , mal-
gré les variations de ce plan; ce qui est conforme à ce que nous
avons trouvé pour la lune, dans le septième livre, n° 3. L'équa-
teur de Saturne entraîne dans son mouvement le plan intermé-
diaire, et l'orbite du satellite, qui conserve toujours sur ce plan
la même inclinaison moyenne , avec un mouvement rétrograde
presque tmiforrae, mais cependant un peu variable, à raison des
variations de l'inclinaison respective de l'équateur et de l'orbite
de Saturne.
j

190 MECANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE XYII.
Des satellites â^TJranus.

38. N
ou s avons, relativement aux satellites d'Uranus, beau-
coup moins de connaissances encore que par rapport à ceux de
Safurne. Herscliel est jusqu'ici le seul qui les ait observés, et il

résulte de ses observations , qu'ils se meuvent tous à peu-près


dans un même plan presque perpendiculaire à celui de la pla-
nète 5 c'est donc le seul pliénomèue que nous ajons à expliquer.
En appliquant à ces corps, les formules du chapitre précédent;
on voit que l'action seule de la planète ne suffit pas pour main-
tenir l'orbite du dernier
dans le plan des autres orbites.
satellite
Quoique nous ignorions la durée de la rotation d'Uranus, il n'est
cependant pas vraisemblable qu'elle soit beaucoup plus petite que
celles de Jupiter et de Saturne. Supposons qu'elle soit la même
que pour Saturne; nous aurons par le chapitre précédent,

K'— K Ti
Ici T'= SoôSg'""", et suivant Herschel , a = 91,008, d'où l'on
tire
^' = 0,39824.^.
Le plan de l'équateur d'Uranus étant supposé à très-peu-près
perpendiculaire à son orbite, et exprimant l'inclinaison mu-
tuelle de ces deux plans; si l'on fait^'=:^ — -tT étant la demi-

circonférence dont le rayon est l'unifé ; sera un très-petit

angle. Soit 6' = ^— Ô ;


l'équation

K.sm.zA
tan g. 39=:
n
,
„ —
,

SECONDE PARTIE, LIVRE VIII. rgr

Irouvée dans le chapitre précédent, donnera à très-peu-près

or A — 9, ou — 6' étant l'inclinaison du plan sur lequel se meut


l'orbite du satellite, à l'orbite de la planète, cette inclinaison est

KA' o,39824
K — K" ou '
^
0,60176
. A .r
\

elle est donc très-petite, si l'on n'a égard qu'à l'action du satel-
lite et d'Uranus. Le plan fixe coïnciderait alors à très-peu-près
avec l'orbite de la planète , et le dernier satellite cesserait, à la
longue, de se mouvoir dans le plan de l'équateur d'Uranus et
des orbes des autres satellites. Mais il peut être retenu dans ce
dernier plan par l'action des satellites intérieurs. Pour le faire
voir, nous observerons que par le n° 35, si l'on nomme aie rap-
port du rajon de l'orbe de l'avant-dernier satellite, à celui de
l'orbe du dernier j la valeur de K' est augmentée par l'avant-der-

nier satellite, de la quantité ^.m'.a'.^j'^ in' étant la masse de

ce satellite, en parties de celle d'Uranus, prise pour unité 3 et

b'^P étant déterminé par les formules du n" 49 du second livre.

a. est à très-peu-près \ , par les observations d'Herschel , ce qui


donne à fort peu-près ,

la valeur de X' est donc augmentée de la quantité Si l'on sup-

pose cette quantité égale k K , on aura

if' = 1,39824.^1: j

et parconséquent
^'
9= ,39824'

l'inclinaison de l'orbite du dernier satellite, à l'équateur d'Ura-


nus, sera donc très-petite»
192 MECANIQUE CÉLESTE,
La durée de la révolution sjdérale dece satellite estde iO'j'°"",6c)/^/^;

ainsi K, relativement à Uranus, est égal à o^ooooogaSSgSy, ce


qui , en supposant
3i .m'
'
192
donne
m' = 0,0000572055 ;

or cette masse de l'avant-dernier satellite , et même une masse


supérieure, est très-admissible 5 l'orbe du dernier satellite peut
donc être retenu dans le plan de l'équateur de la planète , par
l'action des satellites intérieurs. Quant aux orbes des autres sa-
tellites, l'action seule d'Uranus suffit pour les maintenir dans le

plan de son équateur -, car le rapport de augmentant ré-


à -ST

ciproquement, comme la cinquième puissance du rajon de l'orbite,


il est, relativement à l'avaut-dernier satellite , trente-deux fois

plus grand que relativement au dernier ; ensorte que l'on a alors

K'= 1 2,7437. AT;


ce qui donne
___£_
— 11,7437

ainsi â est très-petit et insensible.

La
SECONDE PARTIE, LIVRE IX.

LIVRE IX.

THÉORIE DES COMÈTES.

Les grandes excentricités des orbites des comètes, et leurs


inclinaisons considérables à l'écliptique , ne permettent pas d'ap-
pliquer aux perturbations que ces astres éprouvent, les formules
relatives aux planètes , et qui ont été présentées dans le second
et dans le sixième livres. Il n'est pas possible, dans l'état actuel
de l'analjse, d'exprimer ces perturbations par des formules ana-
Ijtiques qui embrassent, comme celles des planètes, un nombre
indéfini de révolutions 'on ne peut les déterminer que par par-
:

ties, et au mojen de quadratures mécaniques. La méthode du


chapitre VIII du second livre, est très-propre à cet objetj car
elle donne , par de simples quadratures, les altérations de chaque
élément de l'orbite supposée elliptique j et pour avoir à chaque
instant le mouvement de la comète , il suffit de substituer les
élémens augmentés de ces altérations , dans les formules connues
du mouvement elliptique. Je vais donc ici développer cette mé-
thode, en sorte que ceux qui voudront l'appliquer au mouvement
d'nne comète, n'éprouveront d'autre embarras que celui des substi-
tutions numériques.

MÉCAN. cih. Tome IV, '


Bb
194 MECANIQUE CELESTE,

CHAPITRE PREMIER.
Théorie générale des perturbations des Comètes.

I. Soient, comme dans le n" 4^ du second livre, x, y, z,


les trois coordonnées de la comète m rapportées au centre du ,

soleil ; soient x', y', z', celles de la planète perturbatrice m') et


supposons, comme dans le même n°.

_
m' {xx' -\-yy'
.
+ sz')

r et r' étant les rayons vecteurs de m et de m'. Représentons


encore par l'unité, la masse du soleil, et faisons 1 + 772=/*; on
aura par le n° cité.

ddx ,
[JL.x
,
^d.R\

^— dt'^ ^\dy)'
ddz ,
u.z , /dR\

Dans le cas où R est nul, ces équations appartiennent à une


orbite elliptique, comme on l'a vu dans le second livre; mais
la valeur de R étant très-petite, si l'on nomme é'x , J'y, J'z,
les altérations qu'elle produit dans les valeurs de z, rela-
tives à l'orbite elliptique , et si l'on néglige les carrés et les
produits de ces altérations ; les trois équations précédentes donne-
ront les suivantes :

dd.^x ,
S'x 5a:. Jr ,
(^dR\

dd.S'z gz.Jr ,
/"dR-^
"T"
dt- H r+ 'T'KdzJ'
SFXONDE PARTIE, LIVRE IX. igS
Il suffit de satisfaire à ces équations; car en réunissant les va-
leurs de cT^c, cTy, cTz, qui y satisfont, aux valeurs de o^^j^-, re-
latives au mouvement elliptique, et qui renferment six constantes
arbitraires on aura les intégrales complètes des trois équations
-,

différentielles primitives du mouvement de la comète.

2. Considérons la valeur de R dans les deux limites de la dis-

tance de la comète au soleil. Lorsque le rapport p de son rajon

vecteur à celui de la planète, est une très-petite fraction j la

valeur de est très-petite relativement à celle de


^ , et le

rapport de la première à la seconde de ces deux valeurs, est de

l'ordre '^^yj--. Dans ce cas , on peut considérer à fort peu-près R


comme nul, et le mouvement de la comète, comme elliptique.

Si ^, est un grand nombre, c'est-à-dire, si la comète est beau-


coup plus loin du soleil, que la planète-, en réduisant alors R dans
une série descendante par rapport à r, et négligeant dans cette
série, les termes de l'ordre on aura

(f)= ^IL^ + ^+ 5m'. +yf + zz') ^ .


,

l'équation différentielle en devient donc

+ TT 1
;5 )r — ->r^rn.{xx -)-yy +zz )

Les équations différentielles en Sy et cTz, donnent évidemment


des équations semblables. Supposons maintenant

S'x = Ax 4- A'x' ;

é'z^Az-j- A'z' ; I

et observons que l'on a à très-peu-près,

ddx X ddx' x'


196 MECANIQUE CELESTE,
l'équation différentielle en J'o; donnera

O _
— A'.x'
— 73
A' .x'
73
SA.x
ri
ZA' .x.{xx'-\-yy'-\.zz')
-i

m' {x — x") m' x' . Zm' .X. {xx' -\-yy' + z.z')


—-i
. ,

H p 1 •

On satisfait à cette équation > en faisant

A^~; A' = m';


ce qui donne
cTjc =f , m'x m'x' ;

cTz = I . m'z + 7n'z'.

Ces valeurs satisfont donc à l'équation différentielle en S'x et ,

il est clair qu'elles satisfont encore aux équations différentielles

en Jy et J'z.
Le résultat précédent est du théorème
un corollaire fort simple
que nous avons donné dans le n° 10 du second livre. Suivant
ce théorème, lorsque la comète est à une grande distance du
soleil , elle peut être considérée comme étant attirée vers le centre
commun de gravité du soleil et de la planète , par une masse
égale à la somme de ces trois corps; elle décrit donc alors à
très-peu-près une ellipse autour de ce point, et la force attractive
~^ '"^"^
qui la lui fait décrire est ^
. r+cfr étant le rajon vec-

teur de cette nouvelle ellipse, représentons par x -^S"x y-^-^y


,

et z-{-é^z, les coordonnées correspondantes.


peut supposer On
cette ellipse entièrement semblable à celle dont les coordonnées
sont X, y, z, et décrite dans le même temps. Pour cela, il
suffit que les forces attractives, dans les points correspondans
des deux ellipses, soient entre elles comme r-\-i'r est à r , ce
qui donne

d'où l'on tire


SECONDE PARTIE, LIVRE IX. 197

les coordonnées de la nouvelle ellipse sont parccnséquent

Q+t)-^'
Ces coordonnées sont rapportées au centre commun de gravité du
soleil et de la planète. Pour avoir ses coordonnées rapportées au
centre du soleil, il faut y ajouter les coordonnées de ce centre
de gravité, relativement au centre du soleil, et ces coordonnées
sont évidemment m'x', m'y', m'z'; les coordonnées de la comète,
rapportées au centre du soleil , seront donc

(i+y).^-f-7«V5 Q+^yy^mY; Q+'^yz'+m'z';

ce qui est conforme à ce qui précède ; et comme ces coordon-


nées renferment six arbitraires, elles satisfont complètement aux
équations différentielles du mouvement de la comète , lorsque
l'on y suppose

Iî = -.^^m'. {xx'+yf+zz'). {y,-^).


Cela posé, soit généralement

iî'=iî + ^ + m', {xx'+yf^ zz'). - 1,).


et

^z=^~ z+m'z' -Jr


. S^zr,

les équations différentielles en cTx, cTy et «Tz, donneront

• dd.^x, Sx, S-r.Jr. ,


/dR'\ ]

° — -dF ~^\dyj' /

dd.Sz, ,
Sz, 3î . <r,-. ,
/dR\ I
,

iqs Mécanique céleste.


Dans ces équations, ce que devient J'r , lorsque l'on y
cTr, est

change «Ta;, en J'a;,, «Tj, , cTz,. Ces équations ne dif-


jy, «Tz,
fèrentdes équations (^) qu'en ce que Ry
devient /2'. Elles peuvent
servir avec beaucoup d'avantage, pour le calcul des perturbations
de la comète, dans la partie supérieure de son orbite; parceque
R' est alors très-petit.
3. Considérons maintenant les variations des élémens de l'or-
bite.Prenons pour plan fixe celui de l'orbite primitive de la co-
mète, ce qui permet de négliger le carré àe z, comme étant de
l'ordre du carré de la force perturbatrice. En faisant , comme
dans le n" 5o du second livre,

h = e.sin.'W, lz=e.cos.'sr ',

e étant le rapport de l'excentricité de l'orbite, au demi-grand


axe; et "îs* étant la longitude du périhélie, comptée de l'axe des x;
on aura par le n° 64 du même livre

dh = dx.{x. (^) _ y .
(^)} + (xdy-yda:) .
;

dl^dy\y. (g) -x.(^)] + {ydx-^xdy (^). ) .

Ces deux équations donnent les valeurs de de et de dfs;\ car on a

de = «//z.sin.'sr + dl .cq'&.'w ;

edira :=.dh. co$. tôt — d.l.%vix. ;

et si pour plus de simplicité, on prend la ligne même des ab-


sides, pour l'axe des x; on aura
de = dl; edts = dh.
Les équations du mouvement elliptique donnent, par le n° 20
du second livre,
— — u — e.sin.
fndt-\~i f!Sf
'\

r = ^z.(i — e.cos.z^); J •
tang.i.(f— ^) = |/'î±f .tang.iwj l (O)

72 = -^ \
— ,

SECONDE PARTIE, LTVUE IX. 19g


ffjdt-}-iest la longitude moyenne de la comètej fndt-\-i — .t«r

est son anomalie moyenne; v est son anomalie vraie, — «tër et u


est son anomalie excentrique, x
y étant les coordonnées de ot,
ei
si l'on prend la ligne des absides pour l'axe des abscisses , et si
l'on compte les x du foyer vers le périhélie ; on aura

a; = r . C08. (y— rîjrj


; y = r.sin.(v nff).

La seconde et la troisième des équations précédentes (O) donnent


ainsi

X =:a . COS. u—ae; y=:a.\/'i — e^.sin.u.


Si l'onnomme ensuite X l'inclinaison de l'orbite de la planète sur
celle de la comète , et y ]a. longitude de son nœud ascendant
comptée de l'axe des absides; si, de plus, on désigne par v' l'angle
que le rayon r' fait avec la ligne des nœuds; on aura

x':=r cos.y. . cos.i^' — r'. sin.y. cos.X. sin.î'';

y= r'. cos.y. sin.y'+r'. sin.y. cos.î'';


z' = r' . sin. X . sin. p'.

La valeur de R donne
fdRS m' .x' m'.(^x'—x)

f étant supposé égal à C^'— + On a


pareillement
_ m' .y m', (y' -y)

Cela posé, la valeur de dl donnera

de=: — m', adu .\/ — 1 -e". cos.«.{a:y'-— a'j} . j^Tî — p|


— m'. — a'-du.\/' \ (i — g COS. ) |^ — ~ ^•^'^ j ;

La valeur de dh donnera pareillement

e . dm = — w! .adu . sin. u .{xf —x'y). —


{x' ( v'— x) )
,

aoo MEC ANIQUE CELESTE,


Par 64 du second livre, on a dans l'ellipse variable,
le n° et en
observant que est à très-peu-près égale à l'unité

d. -
a
= 2dR; '

la caractéristique difFérenlielle d ne se rapportant qu'aux seules


coordonnées de m. En négligeant Je carré de z, on a

.jx' âx -^'y' dy-) m^ ((x^-x) .t?.r + (/ — y)


a/% — rt{
— «
-p
. dy }
j

et parconséquent

+ m'adu . I— . cos. « .
|^ — ^ /^~~}'
d'où l'on tire

da — '3^rtib. a^du .sin.« .


jpj
— ^—^—^|
• — 2wz'. aW«. v^î"^^^. cos.w 1^ , — ^^-^^}-
On a ensuite^
dn = 'San . àR ;

et parconséquent

fndt = Nt-^ 5f(ndt .faàR) ;

N étant une constante. On


aura donc ainsi les variations de l'ex-
centricité et du périhélie de
l'orbite, de son grand axe, et du
mojen mouvement de la comète.
Pour avoir la variation de ê, ou de l'époque de la longitude
mojennej nous observerons que dans le cas de l'ellipse invariable,
la première des équations (O) donne en la difFérentiant,

ndt = du . {i — e . cos, u).

Dans le cas de l'ellipse variable, on doit avoir la même équation;


par le chapitre VIII du second livre j ce qui donne

dé — dira du .(i—e. cos.u) — de . sin. u ;

u ne variant ici qu'à raison des variations de e et de ^, au lieu


que
,

SECONDE PARTIE, LIVRE IX. aoi


qne dans le ne varie qu'à raison du temps t.
premier cas, il

La troisième des équations (O) donne, eu ne faisant varier que


G et -or,

__ du I y^i + e îif/e.tang.-la

En substituant pour cos.\f .(î^ — '^r), sa valeur donnée par la môme


équation, on aura

du
(Zî3- . ( 1 — e.cos.M) de. sin. T/

V 1

d'où l'on tire


(?3-. ( 1 — e.cos. uy de.sm.u. (a — — e'
e cos. a)
'

t/i — 1— e" ^
T'

équation qui détermine —


etparconséquentla valeur de de.
t/ê dtsr,,

En intégrant par des' quadratures , les différentielles àe e , tar, a,


n, &; on aura pour un instant quelconque, tous les éléraens
du mouvement de la comète dans son- orbite on aura en- :

suite sa position , au raojen des équations (O). Il ne reste plus


maintenant qu'à déterminer la situation de cette orbite.
Reprenons pour cela les équations du n° 64 d,u second livre ,

dc':=.dt.{z.(^^)^x.(^^)); i-.L
-q
fit r-

{..(f)^^.(f)}.
Si l'on nomme (p l'inclinaison de l'orbite sur le plan des x- et
desj, et 9 la longitude de son nœud ascendant) on aura 'par
le même n"

ang.(p = i2ï±Z!)tang:9=£j
a.(l — e'')=r"c'-f-»<#t4*ic''*ii J, jU,^ .) ^1

Lorsque l'on prend pour plan fixe celui de l'orbite primitive ,


c et c" sont, ainsi que z,'' de l'ordre des forces perturbatrices
j
MÉCAN. cÉL. Tome IV, C c
, ^ ,

203 MECANIQUE CE I. E S TE
en négligeant donc le carré de ces forces , et substituant pour R
sa valeur, on aura

dt
- — — m'a . (cos. u — . z' . — -j^ ;

dt
— m'a . 1 — e\ sin. u . z' .

(J^
— p-^
c = v^ a.(i — ê") ;

or on a par ce qui précède

ndt:=.du.(ï —e . cos. ; n* = -^;


on aura donc

de'
c
m'a?'

V
. du
.{i—e. COS. Il ) .
(cos. — e) . Z .
— jfT j î

— =; — mV.(7'z/.(i *-e.cos.z/).sin.Zi;.2'. —
En intégrant ée's deux équations , on déterminera pour un ins-
tant quelconque, l'inclinaison de l'orbite sur le plan fixe, et la
position de ses nœuds.

4. Le point le pins important de la théorie des perturbations


des comètes, est la différence de deux de ses, retours consécu-

tifs au périhélie; voyons comment on peut la déterminer. Pre-


nons pour exemple la comète de 1682 , qui a repassé à son pé-
rihélie en 175g. Soit T
le temps compris entre ses deux passages
au périhélie, en 1682 et 1759, Ou peut déterminer 2Vde manière
C[ue •iV^îT— 2'?i' , 'X étant la demi-circonférence dont le rajon est
Pnijité. Ou. a par le n° précédent.

Si l'on fait commencet l'intégrale /cli? à l'instant du passage âe


la comète, par le périb^ie. t^e 1602, où nous fixons l'origine du
temps / 3 ou ppiuTa supposer ...... ^>r , -r

^
........... t
+ j

SECONDE PARTIE, LIVRE IX. ao3


S^q étant une arbitraire. Maintenant on a par le n° précédent,

Vx=:tfndt -j- ê — «zjr,

V étant l'anomalie mojenne de la comète ; on aura donc

F'= iVz . ( I cT^ ) 4- 3iz ./{Ndt ./d/î) -f- ê — cTê —


tTê et «T^ étant les variations de g et de <7<r, depuis le passage au'
périhélie de 1682; ê et ttr se rapportant à ce passage, g — <ra- est
nul à cet instant, puisqu'alors V=.o , par la supposition. De
plus, on a supposé que t étant égal à T, V\=.nt , et iVr=2 7rj
on a donc

o = J^g cT-OT + ^T^' . iVr+ Za .f(Ndt .fàR) ;

les variations cTê etque la double intégrale, étant


«T'tjr, ainsi
étendues depuis t—o jusqu'à t=T. Cette équation donnera la
valeur de cTy , et parconséquent on aura pour un instant quel-
conque, la valeur de n. Cette valeur donnera celle du grand axe
de l'orbite, au mojen de l'équation «"=^.
Nommons N' à l'instant du passage au péri-
la valeur de 7z ,

hélie de lySg. Prenons ensuite cet instant pour l'origine du


temps t j nous aurons

N't + — J^g + 5a. ./ {IS'dt .fdR) ;

et cT'ZJr commençant ici, ainsi que les intégrales, à l'instant


du passage au périhélie en lySg, et a, étant le demi-grand axe
de l'orbite à cette époque. Les valeurs de 'Zîr, i, e , seront dé-
terminées par les observations de la comète, faites à la même
époque ; car c, étant connu par ce qui précède , la distance pé-
rihélie en lySg, donnera la valeur correspondante de e. Soit T'
l'intervalle inconnu du passage au périhélie en lySg, au prochain
passage par le périhélie. A ce dernier instant, V^27t; partant

iV'r ^Tg — + 3a. ./(A^W; ./di?) =2 TT ; .


,

les valeurs de cTg et de J^'zjt s'étendant comme les intégrales , de-


puis ^=0 jusqu'à f = r. Cette équation déterminera T.
CC2
.

ao/f MÉCx\NIQUE CÉLESTE,


On peut faire disparaître dans ces expressions , les doubles ia-
tégrales^ eu observant que

5fl, ./( -N'dt JàR ) = ZN't JaAR — 3a. .f^'t . dR ;

en marquant donc d'un trait horizontal placé au-dessus , les quan-


tités étendues depuis le périhélie de 1682 jusqu'à celui de lySg^
et d'un double trait celles qui s'étendent depuis le périhélie de
175g jusqu'au prochain périhélie 5
l'expression précédente de n
donnera

. iVT = 2^ —Te + J^^ + 5ci ./Nt . dR.

Cette équation déterminera iV', et parconséquent a,. On aura


'
ensuite . ,

— 3a /Nt dR .
+ 5a, .fN't . dR ;

équation qui déterminera la différence T' — T des deux révolu-


tions anomalistiques.de la comète.

5. Toute donc à déterminer numérique-


la difficulté se réduit
ment les altérations l'orbite. Nous avons déjà
des élémens de
observé que l'on rie peut j parvenir que par des quadratures mé-
caniques , et l 'analyse fournit pour cet objet divers moyens. Je
Vais exposer ici Ig. formule qui me paraît la plus commode et la
plus simple, et pour cela, je vais rappeler en peu de mots, le
fjrincipé de là théorie des fonctians génératrices^

Soit u une fonction quelconque de t, et supposons qu'en la dé-


Velqppant suivant les puissances de ^, on ait

% '

u sera \s.fonction génératrice des divers coefficiensj'^°^,j'^'',j*-''-', etc.


Il est clair quejy'^'!' étant le coefficient de t', dans le développe-
ment de u , i\ sera le coefficient indépendant de t, dans le dé-
veloppement de or on a

^î.:(.+l-.)'=,,4,+,^(i-,)+^EI.(i-,)•+etc.«
— — . .

SECOÎ^DE PARTIE, LIVRE IX. 2o5

Le coeiEcient indépendant de t , dans — etévideraraeiit

jv'"'^
j'^"^) ou A.j^°'^, la caractéristique A étant celles des diffé-

rences finies» Il est visible encore qu'en considérant •


Q— i
^
comme une nouvelle fonction génératrice ; son développement, en
n'ajant point égard aux puissances négatives de i, sera

A + A .yW. + A t .
jW. +A ^3 _|_ efc^

De là il suit que le coefficient indépendant de t, dans le dé-

veloppement de « .
— .
(j
— i^, ou u .
(j
— est A.j<^'^ A.j'^"'^,

ou A'.j'^°^. En suivant le même raisonnement, on voit que le ,

coefficient indépendant de i(, dans le développement de —


est A^.j*^"^, et ainsi de suite-, l'équation (/) donnera donc, en
repassant des fonctions génératrices aux coefficiens,

^(0
_ + jCo) / . A .
jCO 4. LllZl A- .
.
jCo) _|_ . A3 .
jCo)
^ e te

Quoique cette expression de jy® n'ait été conclue qu'en suppo-


santz im nombre entier positif; cependant on i'étend à une va-
leur quelconque de i. Alors j'^'^ est l'ordonnée d'une courbe pa-
rabolique dont l'abscisse est z, et qui passe par les extrémités des
ordonnées équidistantes j"*^"^, j"*^'^, j*^'^, etc.", l'inteivalle qui les
sépare étant ici pris pour unité. Quelle que soit la nature de la
courbe que l'on considère ; on sait que chacun de ses arcs très-
petits peut ê(re pris pour un arc parabolique dont l'ordonnée y'^'^-
est exprimée par luie série de puissances successives de l'abscisse,
comptée depuis l'origine de l'arc. Les coefficiens de ces puissances
devant être déterminés de manière que la courbe passe par les
extrémités des ordonnées voisines j'^''', etc.; on aura évi-
demment l'expression précédente de j'^'^. En la multipliant par di,
et en l'intégrant depuis z;=o jusqu'à z:=i , on aura

+ etc.

Ce sera l'aire de la courbe, comprise entre j^"^ etj'^'^ L'aire com-


2o6 MÉCANIQUE CÉLESTE,
y'^''^ sera pareillement
prise entre l'ordonnée et l'ordonnée y'^'-^
,

_y3'W.fl'/=j<:'5 4- i- . A .y^'^ — ii • A'. /'^-f- etc.;

et ainsi de suite, fy'-'^.di représentant donc l'aire entière com-


prise entre les ordonnées jk'-"-' et j'-"-', on aura
yyw. (jr/—jM ^ jCO _^

4- I . { A + A .y-^-l-A
.j-W ... 4- A .J<^"— ^}

— {A'.jW + A'./'^-f- A'.jW A'.j'^''-'^}

-|- etc.

or on a

On a pareillement

.jC"'
+ A° .
j"^'' + •
y'^"~''' —A , —A .
;

et ainsi de suite; partant.

I a
I
.(A .jW —A
4- 2 4
t
.{A^j*^"^ — A^'.jy*-"-'}

7io
1 9
.{A3./">-
4- I
3
6
.{A'f.j*^"^ — A'f,j-'^°^}

^^"^ A=.jW}
6 4 6

etc.

Les valeurs de A,/"^ A\jW^ dépendent de j<:"+0^ etc. etc.


et l'on est censé n'avoir calculé que les ordonnées j^'^j'^''. .jK*""'* . .

Pour résoudre cette difficulté, on observera que le coefficient à^f"^,


dans le développement de la fonction z/.Q — , est A'.j-^"^; or

on a

0_iy=ii.o-{y.{i-(i-f)}-'="-(i-O'-{i+'-.(i-O+~--(»-O'+etc.}.
A

SÏÏ.CONDE PARTIE, ÏX. 207LI7RE


Le coefficient de V, dans le développement de —-iJ)» est gé-
néralement A'.j'^''~'\ L'équation précédente donne donc, en re-
passant des fonctions génératrices aux coefficiens.

A'._yC') := ù^' .y'-"-'^ -|- r.A''+".jCi-i-rO_f. LizLi.A'+^.j"-'— etc.

En faisant successivement r=i, r = 2, r=3, on aura des


etc.
valeurs de A.y'^"^, à.'^.y^"^, etc. qui ne dépendront que des or-
données j'^"^, y^''~'^, etc. En les substituant dans l'expression précé-
dente de fy'-^.di, on aura

— ^ .{A ._y<;"-') —
— ^ .{A\j<:''T=)-f- A=.jWj

— .{A^./''-« + A^.jWj
— etc.

6. Pour appliquer la formule (P) aux variations des élémens


de l'orbite de la comète, on prendra pour abscisse l'anomalie
excentrique de la comète, que nous avons désignée précédemment
par u \ et si l'on représente par Q.dii la variation djfFérentielle
d'un des élémens de l'orbite, on fera varier ic de degré en de-
gré , et l'on déterminera les valeurs correspondantes de Q, En les
désignant par Q^"^ , Q^'^ Q^"^, la formule (P) donnera la va-
leur /Q.du, ou la variation de l'élément de l'orbite, correspon-
dante à la variation supposée dans l'arc de l'anomalie excen-
trique.Le plus souvent, il suffira de ne considérer dans cette for-
mule, que la première différence finie; mais vers les points où la
comète est près du minimum de sa distance à la planète pertur-
batrice , ce qui rend fort considérables les valeurs dej3,et par-

conséquent celles de Q,\\. faut avoir égard aux différences sui-


vantes-, il sera même utile alors de diminuer l'intervalle qui sé-

pare les coordonnées équidistantes, en faisant varier l'anomalie


excentrique, de demi-degré en demi-degré.
, ,

2o8 MÉCANIQUE CÉLESTE,


7. On
a vu dans le n° i , que ]a partie la plus sensible des per-
turbations d'une comète , peut être exprimée analytiquement
lorsque la comète est considérablement éloignée de la planète
perturbatrice , ou lorsqu'elle est dans la partie supérieure de son
orbite, ce qui donne un moyen à-la-fois exact et simple, de cal-
culer ces perturbations. Nous allons développer par ce moyen, les

variations correspondantes des éléraens de l'orbite.

Reprenons l'expression de dh,

*=rf..{..(f)-^.(f)}+(.,?.-j</.).(f).
En faisant , comme dans le n° 3 ,

on a vu dans le n° cité, que R' est peu considérable relative-


ment à l'autre partie de R, lorsque le rajon vecteur r de la

comète est beaucoup plus grand que celui de la planète perturba-

trice. Par le même n°, les perturbations de la comète, dues à


cette dernière partie de R, sont représentées en supposant

Cela posé, on a par le n° 64 du second livre, en négligeant le


carré de z

En faisant varier cette équation par rapport à la caractéristique «T,

on aura

„ fi dx^'i fJr .
iidx.dS'x) ,
xdx.dSy . x.dfx.dy . dx.dy

Si Ton substitue pour J'x, cTj, cTz, leurs valeurs précédentes,


on aura

, f dx* xdxdy) , , (i dx^} , ,


{xx'-^yy'') ^n^ydxd^

m' xdxdy'
. m' xdydx'
. m .x' . dxdy
~~-
rf? 5F 5F
Cette
,,

SECONDE PARTIE, LIVRE IX. 209


^efte valeur de , augmentée d'une constante arbitraire, ex-
prime l'altération de h , due à la partie de R indépendante de R';
elle doit donc résulter de l'intégration de l'expression précédente
«le dh , en y substituant pour iîla fonction

c'est en efifet ce que le calcul confirme à posteriori, en obser-

Vant que I on peut supposer ici , ^75-, etc. égaux a — -"5^»

— m'.^^-, etc. Si l'on substitue dans cette valeur de cT^,


V T dx^ xdxdy
A, ,
au heu de j.^ ^} on aura

—m ,
.
dx. (^xdy — y'dx

-f- x' dy — ydx')

Il suit de là que pour obtenir la variation de h, depuis un


point donné de l'orbite jusqu'à un autre point, due à la partie
de R indépendanfe de R'; il suffit de retrancher la valeur du
second membre de l'équation précédente dans le premier point
de sa valeur dans le second point.
Si l'on change dans l'équation précédente, h en /, x] en y
x' en y' , et réciproquement on aura la variation de
; /, due à la
partie de R indépendante de R' , ce qui donne

^'^'^y' —y'dx + x'dy —ydx'-)


4- m'dy .
^

En retranchant la valeur du second membre de cette équation


dans un point donné de l'orbite, desa valeur dans un autre point j
on aura dans cet intervalle, la variation de / due à la partie de R
indépendante de R'. Les variations de h et de /, donnent celles
de e et de tjr, en observant que l'on a

eJ'e = Wh + /cT/ ; e'J'tir = /cT/z — hS/.


MicAN. c^L. Tome JT. Dd
,

2IO MÉ CA NI Q U E CÉLE S TE
On a par le n" 64 du second livre,

â ?~ \ j '

ce qui donne
£a aJr . adx.d^x+sdY.cî^y

En
on aura
substituant pour J'x et cT/, |m';r+mV et f/wy + m'y):

fi" 3- r ^3 " •
de

dP
*

Si l'on substitue dans cette équation^ au lieu de sa va-

leur - 1-
— n '
on aura

De là on conclura cT/?, au raojen de l'éqtiation «*= qui donne-


*
£71 5 ££.

et parconséquent

r i-' dl'

En retranchant les valeurs de J"a et de J^n , k un point donné de


l'orbite , de leurs valeurs à un autre point on aura les varia- ;

tions de a et de n, dans cet intervalle, dues à la partie de iî


indépendante de R'.
Pour avoir la variation de l'anomalie moyenne, due à la même
partie de iî j on observera que cette variation est égale à
yj'n.dt J'é — cT'i^r. Nommons
cT/z , au é'n la valeur entière de
point de l'orbite, où l'on commence à considérer séparément
cette partie de R, c'est-à-dire, la valeur de ctn, qui résulte des
perturbations antérieures 5 on aura en faisant commencer ici le

tems ^ , à ce point.
, — J

SECONDE PARTIE, LIVRE IX. ait


ê'n étant la variation de n, depuis le point dont il s'agit, due
à la partie de R indépendante de B!. On a par le n° 3,

et le second membre de cette équation est égal à

constante ^ . — ^=
:

,
.du.fi
,
—e.cos.wl +2e.<rz3-. du. sin.u.(i
- . .
— ecos.ti)
.
1
ie.du.Ci
^=
— e. cos.

u) (acos.
. i£ + e)-)
!
1

^
/i— 1—
ndt étant par le n" 3 égal à du,(i —ecos.u). On a par ce qui
précède,

h = o; S'il = e . cT-îtr ; l = ti ; ^lz=. J'e.

Désignons par m'nç , la valeur de l'expression précédente de J'n


à la nouvelle origine que nous avons assignée au tems i ; oa
aura
cf'/Z = cT^ 77l'flÇ ;

-en substituant ensuite pour SIi et cT/, leurs expressions précé-


dentes, on trouvera •

/'é n.dt-^à^i
.
— S7!=: — m .nd.t-\
. ,
ri .

m'.{xy' — x'y)-^ "


/7;.(i — ecos.ii)'

— il.sin.u.Ca — — e.cos.tt) + constante. R e' sillfiQ 'i*^

\ :?i l'O 51

Si l'on retranclie la valeur du second membre dp «cette- équa-


tion, à la nouvelle origine de i , de sa valeur à itn autre point
de l'orbite j on aura la variation de l'anomàiie moyenne dans
cet intervalle, due à la partie de R indépendante de R\
Pour avoir les variations de l'inclinaison de l'orbite et du
nœud, dues à la mênae partie de R; on doit observer que par
le n" 64 du second livre, on a

xdz — zdx p vdz — zdy


,

dt ' — Jt '

D d a
213 ME CxiNI QUE CELESTE,
ce qui donne
x.diz-l- S'x.dz — z.dS'x — Sz.dx
dt ^

y.diz-^Sy.dz —z .
d^y Sz.dy ^
'~~ '
dt

Si l'on substitue pour cT/z, et ^z, respectivement f /n'jC'-f-Tn'j;,

^my-\-m'y , i m'z-^-m'z' ; on aura

cTc- = 2m' + m'


c' .
^""^"^
+ 7 "^-'^^ ~ '.^^ : .

Observons maintenant que z , ^ , c' et c" sont ou nuls ou de


l'ordre des forces perturbatrices; en négligeant donc le carré de
ces forces , on aura

de— m. (xdz' — z'dxy^


f\„/
,

'
dt

équation d'où l'on tirera par le n° 3, les variations des incli-


naisons de l'orbite et du nœud, dues à la partie de indépen- R
dante de R', dans la partie de l'orbite que l'on considère,
8. On
aura les variations des élémens de l'orbite, relatives à
ïa partie R' de R, par les formules des 5 et 4> ^n changeant

R en R', dans les expressions de dh, dl, d.-^, de', de', et en


les intégrant par des quadratures. Dans la portion supérieure de
l'orbite, R' étant de ces intégrales seront
fort petit, les valeurs
aussi très-petites; mais dans cette portion où il est avantageux de
partager ainsi R en deux parties , on peut déterminer sans qua-
dratures et par des séries convergentes, les variations des élémens
de l'orbite correspondantes à R'. Reprenons pour cela l'expression
de R! du n° 2. En la développant en série, on aura

1 r.'
jxx'+yy'+zz'-jr'^y ,
(^xx' +yy' + zz' - j /'Y ete. ;
— ,

SECONDE PARTIE, LIVRE IX. 2i5

or on a
X z= r . COS. ; f = r.sia.f; z=0}

1
-f.
e.cos. (f — îô)
'

on a ensuite x' , y' , en fonctions de sinus et de cosinus de v'


z' ,

et de ses multiples. En substituant au lieu de jR, dans les R


expressions différentielles des éléraens de l'orbite j en dévelop-
pant ces expressions , et en observant que par le n" i6 du second
livre ,

r^dfJ = dt . \r — e") ;

r'^diJ = dt' . a'.(i—e") ;

la partie dechacune de ces expressions différentielles, corres-


pondante à R', sera exprimée par une suite de termes de la
forme
H. dv'. COS. (îp + i'p' A") ,

i et i' étant des nombres ou négatifs, entiers positifs et fl" et A


étant des constantes. L'intégrale de ce terme est

constante + j- . sin. (zV+iV+ A) H.-, .


j di^. cos. {iv-\-i'v' -\- h).

Si l'on substitue dans ce dernier terme, pour dv , sa valeur

/' dv' e')'


_
'
^ ' v/â'.(i— e'O
il devient

l
, -, A . I —-— . COS. (ip + i v K).

Ce terme est beaucoup plus petit que l'intégrale

H ./dp' .cos.{iv-{-i'v'+K)
lorsque-- est une petite fraction; il est encore diminué par le

facteur -—^S^-Zî!;- • car a(\ — é) est la distance périhélie de la


,

2i4 MÉCANIQUE CÉLESTE,


comète , et cette distance est beaucoup plus petite que a! , rela-

tivement aux trois planètes supérieures. L'intégrale

H .fdu' . COS. ( w + ïv' 4- A )

est donc à fort peu-près égale à constante + y. sin.(zV+/V'-j- A).

Pour avoir une valeur encore plus approcliée de cette intégrale;


il faut retrancher de sa première valeur, l'intégrale


^ i t/a.(i— e^) rr"" dv'
—^•COS.Çw + li' +A).
.
r • ^ •' ' \ k \

? -r7^===à

En substituant au lieu de — , sa Valeur

a'.Çi — (i +
e''')'. (y
e .cos. -g) ] — '

a=.(i — e^)^ (i + e'.cos. (v/'—

et observantque e' est très-petit on développera cette intégrale -,

dans une suite de termes de la forme

H' .fdv' . sin . ( .v;'


+ +A ) ,

et l'on intégrera chacun de ces termes, parla méthode que nous


venons d'exposer. Ou aura ainsi d'une manière fort convei-gente
la valeur de

H .fdv' . sin. (iV + i'


v'
+ A) ;

et parconséquent, on aura par des formules analytiques, les va-


riations des élémens, dans la partie supérieure de l'orbite.

g. On pourra donc ,
par les formules précédentes , calculer les
perturbations que la comète de lySg a éprouvées dans ses révo-
lutions successives, et prédire son pi-ochain retour on procé- :

dera de la manière suivante. On commencera par discuter de


nouveau, et avec le plus grand soin, les observations de cette
comète, dans ses deux apparitions de 1682 et de lySg, et l'on
déterminera les élémens de l'orbite à ces deux époques , en la sup-
posant une ellipse dont le grand axe répond à la durée de la ré-
volution de 1683 à lySg. En partant ensuite des élémens de 1682;
on déterminera par ce qui précède, les altérations des élémens
et de l'anomalie moyenne , dans les trois premiers quarts de l'ano-
,

SECONDE PARTIE, LIVRE IX. aiS


malle excentrique, on depuis «=o
jusqu'à u=.5oo\ Pour le der-
nier quart, il est préférable de reraoiiter de l'époque de lySg à
l'extrémité de ce quart , ce qui revient à fixer l'origine de l'angle
au périhélie de lySg, et à remonter vers 1682, en faisant né- z*;

gatif, et eu partant des éléraens et de l'époque observés en lySg.


Dans le premier et le dernier quart de l'ellipse, la comète est
plus près des planètes perturbatrices, et surtout de Jupiter, la
plus considérable de toutes, que dans le second et troisième quart;
il importe donc d'avoir alors, le plus exactement qu'il est pos-

sible, sa position et sa distance à ces planètes dont les attrac-


tions jieuvent changer d'un grand nombre de degrés, leurs élon-
gations à la comète. Pour plus d'exactitude encoi-e , on pourra
calculer de nouveau les altérations des élémens et de l'anomalie
moyenne, depuis 1682, en employant le grand axe correspondant
à cette époque, et que l'approximation précédente aura fait con-
naître. On
pourra ensuite, à 25° degrés d'anomalie excentrique,
employer les élémens de la nouvelle ellipse qui correspond à cette
anomalie , et calculer par son moyen les altérations qu'elle
éprouve depuis 25° jusqu'à 5o° d'anomalie.' On rectifiera de nou-
veau l'ellipse à cette époque, et l'on calculera dans cette ellipse
ainsi rectifiée, les perturbationsdepuis 5o° jusqu'à 100°. On rec-
tifierade la même manière l'ellipse fondamentale à ioo° et à 200",
et l'on déterminera les perturbations jusqu'à 3oo° d'anomalie ex-
centrique. En partant ensuite des éléraens et de l'époque de lySg ,
et rectifiant l'ellipse à —
25°, 5o° et— —
'loa", on aura les al-
térations dans le dernier quart de l'anomalie excentrique. On
aura donc ainsi, par une seconde approximation et avec beaucoup
d'exactitude, les perturbations de la comète, depi\is 1682 jus-
qu'en lySg. On fera les mêmes
opérations depuis lySg jusqu'au
prochain périhélie ; mais comme l'instant du passage à ce dernier
point est inconnu; lorsqu'on sera parvenu à 3oo°, on rectifiera
l'ellipse de 25° en 25° jusqu'à /^oo". Ces calculs avec soin
faits
doivent donner, à quelques jours près, l'instant du passage de
la comète à son prochain périhélie la seule incertitude qui puisse
:

exister est; relative à la masse de la planète Uranus , et l'obser-


vation de ce passage sera l'im des moyens les plus propres à la
déterminer»
2l6 MÉCANIQUE CÉLESTE,

CHAPITRE II.

D es perturbations du moupement des Comètes ,


lorsqu'elles
approchent très-près des Planètes.
*
10. Considérons maintenant le cas où la comète approche
très-près de la planète perturbatrice. Si cette planète est Jupiter,
la comète peut en éprouver une action beaucoup plus grande que
de la part du soleil, et cette action peut entièrement changer
les élémens de son orbite. Ce cas singulier, qui paraît avoir eu
lieu relativement à la première comète observée en 1770, mérita
une attention particulière.

On a par le chapitre précédent, les six équations suivantes :

*'
ddx
= -5F + ('+"')- 7^ +
, , , . JC ,
"
ra'x' m' . (jc'

f
— a:)
'

o = ddx'
o =
mz H 771.(2' —
O = ddz'
+ , / ,
z'
73 + -7r-
, ,

p z) •

Supposons

X'—x':^xr, j—y^j^r, Z'-z'^zr,


les
,

SECONDE PARTIE, LIVRE IX. 217


les six équations précédentes donneront les trois suivantes:

o=%-(-r,.{=^ + ^l+y.(^-
o = *+...{"-ii^ + ^}+z'.(^-
Dans ces équations, jKi» ^1 sont les coordonnées de la co-
mète, rapportées au centime de gravité de la planète, et est la f
distance mutuelle de c€s corps. Si l'on supposey^ assez petit pour

que l'emporte considérablement sur les termes dépendans de

l'action du soleil j on pourra, du moins dans une première approxi-


mation, négliger ces derniers termes, et alors les trois équations
précédentes donneront le mouvement elliptique de 7n autour de m'.
La différence des actions du soleil sur la comète et la planète
est une force perturbatrice de ce mouvement elle est, relative-
:

ment à l'action de la planète sur la comète , de l'ordre

^Tpj. Tant que cette dernière quantité sera peu considérable j on


pourra, sans erreur sensible, supposer elliptique le mouvement
relatif de la comète autour de la planète. Lorsqu'au contraire

cette quantité sera fort grande j on pourra négliger j^, relative-

ment à^, et considérer le mouvement de la comète autour du


soleil, comme elliptique. Ce n'est donc qu'entre ces deux états
qu'il peut y avoir de l'incertitude; mais vu la rapidité du mou-
vement de comète, l'intervalle de tems qui sépare ces deux
la
états, est que l'on peut sans erreur sensible j considé-
si petit,
rer à volonté ie mouvement de la comète, ou comme elliptique
autour de la planète , ou comme elliptique autour du soleil. Ce-
pendant, pour fixer avec quelque précision la limite en-deçà da
laquelle on peut considérer le mouvement de la comète corara*
elliptique autour de la planète, et au-delà de laquelle on peut
l'envisager comme elliptique autour du soleil; concevons la co-
mète située entre la planète et le soleil. L'action du soleil sur
MÉGAN. cÉL. Toj7ie IV, Ee
,

2i8 MÉCANIQUE CÉLESTE,


]a comète sera ^3 celle de la planète sur la comète sera il faut

donc qu'au-delà de la limite que nous supposons à la sphère d'ac-

livité de'la planète, ^ l'emporte beaucoup sur ^^7^^^. La dilFé-

reiice des actions du soleil sur la comète et la planète est

-L i- •
on a à tiès-peu-près '^^'^.g : en-deçà de la limite , cette

quantité doit être fort petite relativement à satis-


j^^^^y.'

fera à ces deux conditions, si l'on suppose ^^J^-j-y mojen propor-


~'
tionnel entre ~ et 2 . - , ce qui donne pour le rayon r' — r de
la sphère d'activité de la planète

L'erreur sera d'autant moindre , que la masse de la planète sera


plus petite. On peut même beaucoup augmenter le rayon de
cette sphère , sans qu'il en résulte d'erreur sensible. En effet, si
l'on reprend la première des équations (Ç)

ddxi ( m+ "î' ) • ^i _i ^

on voit que le terme ^— n'ajoute à la valeur de x, que la

double intégrale ffdV .(%, — ~ri^'i or cette double intégrale est

très-petite , lorsqu'elle ne s'étend qu'à une valeur de t peu consi-

dérable j car la fonction ^ — ^ est fort petite, x' et r' différant


très-peu de ^ et de r. On peut donc, dans le calcul des pertur-
bations d'une comète qui approche très-près d'une planète, sup-
poser à la planète ime sphère d'activité dans laquelle le mouve-
ment relatif de la comète n'est soumis qu'à l'attraction de la
planète, et au-delà de laquelle le mouvement absolu de la co-
mète autour du soleil n'est soumis qu'à l'action du soleil.

Développons cette hjpothèse, et déterminons les nouveaux


II.
éîémens de l'orbite de la comète au sortir de la sphère d'attrac-
, . ,

s ECONDE PART I E LIVRE


, I X. 219
tion de la planète. Pour cela, commençons par déterminer les

élémens de l'orbite relative de la comète autour de la planète ,

dans cette sphère d'attraction. On a par le n" 18 du second livre

les six équations suivantes :

X, dy, — y, dx, x,.dz, — Zi.f?3:, '

y,.dz, — z,.dy,

— .

dt
.

~'
,

dt' » di

, m'y y