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Troubles de l’humeur : définition

Troubles de l'humeur : symptômes


Quels sont les manifestations des troubles de l’humeur ?
Quels sont les mécanismes en cause dans les troubles de l’humeur?
A quoi reconnaît-on qu’il s’agit bien d’un trouble de l’humeur ?
Y a-t-il une prévention possible ?
A quel moment consulter le médecin ?

Troubles de l’humeur : définition

On différencie les variations d’humeur Humeur En anatomie, terme qui désigne un


liquide produit par l’organisme (humeur aqueuse par exemple). En psychologie,
l’humeur définie un état émotionnel, un « état d’âme ». « normales » des
pathologiques ; ces dernières peuvent, selon les sujets et les périodes s’exprimer sur deux
modes : l’euphorie et la dépression.

On différencie, les épisodes dépressifs majeurs (qui peuvent se limiter à un seul épisode) des
troubles unipolaires (épisodes dépressifs récurrents) et des troubles bipolaires caractérisant
une maladie durant laquelle alternent épisodes de dépression Dépression Maladie de
l’humeur dont les expressions et les degrés de gravités sont multiples. Il ne s’agit, ni d’une
fatalité, ni d’une faiblesse de la personne. Médicalement, une dépression avérée est qualifiée
d’épisode dépressif majeur. Elle nécessite toujours une évaluation médicale. Un traitement
antidépresseur et/ou un soutien psychologique sont parfois utiles. et d’hyperactivité
maniaque.

Située aux frontières de la maladie bipolaire, la cyclothymie se caractérise par une


alternance d’épisodes mineurs de dépression Dépression Maladie de l’humeur dont les
expressions et les degrés de gravités sont multiples. Il ne s’agit, ni d’une fatalité, ni d’une
faiblesse de la personne. Médicalement, une dépression avérée est qualifiée d’épisode
dépressif majeur. Elle nécessite toujours une évaluation médicale. Un traitement
antidépresseur et/ou un soutien psychologique sont parfois utiles. (humeur sub-dépressive) et
d’hypomanie (forme atténuée d’une manie). Elle n’est pas pathologique en soi ; elle devient
préoccupante si elle déstabilise trop la vie du sujet.

Troubles de l'humeur : symptômes


Les troubles de l’humeur sont particulièrement fréquents.

1- Une à deux personnes sur 10 est susceptible de faire un épisode dépressif au cours de sa
vie. Celui-ci, surtout s’il est méconnu et mal pris en charge, expose au suicide dont le risque
est estimé entre 10 et 15% chez les personnes non traitées.

La dépression est aussi source d’isolement social, professionnel et affectif ; elle porte
préjudice à l’entourage (enfants durablement affectés par une mère dépressive par exemple) et
retentit sur la santé.

2- Les accès maniaques sont plus rares. Ils concernent 1 à 2 % de la population.

Le sujet en proie à un épisode maniaque adopte des conduites dispendieuses : dépenses


d’argent effrénées, achats impulsifs et considérables comme une voiture de sport, voyage à
l’improviste, et/ou des comportements à risque, préjudiciables à lui-même ou autrui :
consommations de drogues, rupture professionnelle ou affective brutale, etc.

La caractéristique de ces crises est l’enthousiasme impulsif qui balaye toute prudence, tout
scrupule, exposant à l’interdit bancaire et au délit réprimé par la loi, le sentiment de toute
puissance et une absence d’auto-critique.

Quels sont les manifestations des troubles de l’humeur ?

Les symptômes de la dépression et de la manie se situent aux antipodes.

La dépression dans sa forme la plus typique associe de façon variable des signes
psychologiques (tristesse, perte de plaisir, troubles de la concentration, effondrement de
l’estime de soi, incapacité à se projeter dans l’avenir, etc.) et/ou physiques (douleurs,
insomnie, asthénie, etc.).

Mais les visages de la dépression sont multiples. La souffrance psychique est parfois masquée
par des signes physiques, une hypersomnie (sommeil excessif), une douleur isolée.

Au cours de l’accès maniaque (voir fiches Troubles bipolaires ou troubles maniaco-


dépressifs), le sujet est hyperactif ; il est excessif dans les activités dans lesquelles il s’engage
(sociales, professionnelles, sexuelles), communique sans mesure avec une sensation
d’accélération de la pensée (tachypsychie) et une fuite des idées. Il dort et mange peu, a une
idée grandiose de lui-même.

Un temps, il peut être très bien accepté socialement, considéré comme une locomotive
infatigable jusqu’au moment où il devient insupportablement fatigant pour autrui, déclenchant
alors une inquiétude médicale.

Quels sont les mécanismes en cause dans les troubles de l’humeur?

Les causes des troubles de l’humeur sont plurielles.

On peut différencier trois grandes familles :

 génétique,
 neurobiologique
 et psychosociale.

Mais cette distinction est artificielle dans la mesure, où elles interagissent toutes entre elles.

Néanmoins, selon le type de trouble, le rôle des facteurs génétiques est plus ou moins marqué.
Il existe une forte composante génétique dans les troubles bipolaires : pour un sujet donné,
une à deux fois sur quatre, un parent du 1er degré est lui-même affecté d’un trouble de
l’humeur Humeur En anatomie, terme qui désigne un liquide produit par l’organisme
(humeur aqueuse par exemple). En psychologie, l’humeur définie un état émotionnel, un «
état d’âme ». .

Les facteurs neurobiologiques font intervenir les neuromédiateurs (sérotonine, dopamine,


GABA notamment) dont le taux varie selon les états.

A quoi reconnaît-on qu’il s’agit bien d’un trouble de l’humeur ?

Il est important de consulter un médecin pour établir le diagnostic d’un trouble avéré de
l’humeur car les pièges pour le patient et l’entourage sont nombreux, même si la majorité des
signes ou symptômes sont facilement reconnaissables.

D’une part, il est nécessaire de pas attribuer à tort un sens pathologique et traiter
abusivement une tristesse ou une excitation passagère.

D’autre part, il faut se méfier de toutes les formes inhabituelles de dépression ou d’accès
maniaque. Seule une démarche médicale rigoureuse permet d’affirmer le diagnostic et parfois
d’en identifier l’origine.

Y a-t-il une prévention possible ?

Le fait d’avoir une bonne hygiène de vie (alimentation, exercice physique et respect des
besoins en sommeil et en repos) est un atout pour garder un bon équilibre psychologique.

La consommation abusive d’alcool ou de substances psycho-actives, parfois utilisée comme


des automédications, donne l’illusion d’une amélioration mais aggrave le déséquilibre
psychologique et la souffrance.

Il est surtout possible de réduire la gravité, la durée des épisodes dépressifs ou maniaques, le
risque de rechutes ou de récurrences, en consultant sans délai et suivant les prescriptions
médicales associées à une prise en charge psychothérapeutique.

A quel moment consulter le médecin ?

Dès lors que le patient prend conscience de ses symptômes ou exprime une souffrance
psychologique, ou que l’entourage observe chez un proche des comportements, des attitudes,
des propos inhabituels ou inquiétants, il est nécessaire de consulter.
La consultation permet d’établir un diagnostic, de rechercher des facteurs favorisants
éventuels (une maladie de la thyroïde par exemple), des facteurs de gravité (risque suicidaire)
et de mettre en place sans tarder des traitements appropriés.

Source/Auteur : Dr Catherine Feldman


En collaboration avec Dr Victor Batlaj
Date : 26/08/2010